Pessa’h 5785 : Le Beth Loubavitch accompagne la communauté juive avec 120 000 exemplaires d’un nouveau guide complet

Pessa’h 5785 : Le Beth Loubavitch accompagne la communauté juive avec 120 000 exemplaires d’un nouveau guide complet

En préparation de la fête de Pessah qui se déroulera du samedi 12 avril au soir jusqu’au dimanche 20 avril 2025, le Beth Loubavitch, sous la direction du Rav Mendel Azimov, vient de publier son traditonnel « Guide pour vivre les fêtes ». Tiré à plus de 120 000 exemplaires papier et diffusé par email à 15 000 personnes supplémentaires, ce guide pratique offre toutes les clés pour une préparation et une célébration optimales de cette fête fondamentale du calendrier juif.

Le Beth Loubavitch, organisation phare du mouvement Habad en France, sous la direction du Rav Mendel Azimov, vient de publier son traditionnel « Guide pour vivre les fêtes » à l’occasion de Pessa’h. Cette ressource essentielle, tirée à plus de 120 000 exemplaires en format papier et envoyée par email à 15 000 personnes, constitue un véritable compagnon spirituel et pratique pour la communauté juive pendant cette période importante. Le guide contient probablement des explications détaillées sur les rituels, les prières, les règles alimentaires spécifiques (notamment concernant le ‘hametz), les traditions familiales, ainsi que le calendrier précis des différentes célébrations qui composent Pessa’h. Cette initiative s’inscrit dans la mission éducative et communautaire du Beth Loubavitch, qui cherche à rendre accessibles les traditions et enseignements juifs au plus grand nombre, renforçant ainsi les liens au sein de la communauté pendant cette fête qui commémore la libération du peuple juif de l’esclavage en Égypte.

« Pessa’h, le temps de notre liberté »

Comme le rappelle l’éditorial du guide, Pessah est un moment central de la tradition juive, marquant « le temps de notre liberté ». Au-delà de la commémoration historique de la sortie d’Égypte, cette fête invite chaque juif à une démarche personnelle de libération intérieure. « Dans chaque génération, chacun est tenu de se considérer comme s’il était lui-même sorti d’Égypte », rappelle le texte, citant le Talmud.

L’événement historique devient ainsi une expérience contemporaine, invitant chacun à briser ses propres limites et à échapper aux « contraintes que nous font subir au quotidien nos habitudes, notre mode de vie ». Le guide présente cette quête de liberté authentique comme un processus d’auto-libération permanent.

Des instructions pratiques détaillées

Le guide se distingue par sa clarté et son aspect pratique, proposant des explications étape par étape pour toutes les observances de Pessah :

  • La vente du ‘Hamets (aliments levés interdits pendant la fête) avec un formulaire de procuration
  • La recherche et la destruction du ‘Hamets, avec les horaires précis et les textes des bénédictions
  • Les spécificités de cette année où la veille de Pessah tombe un Chabbat
  • La préparation du Séder, avec l’explication détaillée de chacun des éléments du plateau
  • Le déroulement des 15 étapes rituelles du Séder

Un calendrier minutieux

Particulièrement utile, le guide propose un calendrier détaillé des huit jours de la fête avec tous les horaires spécifiques à l’Île-de-France : allumage des bougies, fin du temps autorisé pour la consommation du ‘Hamets, horaires de fin des fêtes.

Cette année, les préparatifs sont particulièrement complexes puisque la veille de Pessah tombe un Chabbat, nécessitant des aménagements spécifiques que le guide détaille avec précision.

Une dimension spirituelle et pédagogique

Au-delà des aspects pratiques, le guide propose plusieurs méditations sur la symbolique profonde de la fête. Les rubriques « Lumières sur Pessah » offrent une interprétation spirituelle des différents éléments rituels :

  • Le ‘Hamets, comparé à « l’enflure de l’ego », dont il faut se débarrasser
  • La Matsa, présentée comme « l’aliment de la foi » et « l’aliment de la guérison »
  • Les herbes amères (Maror), rappelant l’amertume de l’esclavage
  • Les quatre coupes de vin, symbolisant les quatre expressions de la délivrance

Des repères historiques permettent également de situer chronologiquement les événements de l’Exode, depuis l’asservissement des Hébreux en Égypte jusqu’au don de la Torah au mont Sinaï.

Une publication de référence

Édité par Beth Loubavitch sous la direction du Rav Mendel Azimov, ce guide s’inscrit dans la mission d’éducation et de diffusion du judaïsme portée par le Beth Loubavitch. Sa conception soignée, avec illustrations en couleur et mise en page claire, en fait un outil accessible tant aux pratiquants réguliers qu’aux personnes moins familières avec les détails de la tradition.

Le Beth Loubavitch met également à disposition des Matsot Chemoura (matsot surveillées) pour le Séder, disponibles dans ses centres de la rue Lamartine (9e) et de la rue Petit (19e).

« Ce guide représente un outil essentiel pour aider chaque foyer juif à vivre pleinement cette fête de la liberté, particulièrement dans une période où le rattachement aux valeurs et traditions juives prend tout son sens », explique un responsable du Beth Loubavitch.

Le guide est disponible gratuitement dans les centres communautaires et sur le site loubavitch.fr, où l’on peut également effectuer la procuration pour la vente du ‘Hamets et consulter les horaires spécifiques à chaque région.

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Trump menace l’Iran : « Désormais, chaque tir des Houthis sera considéré comme le vôtre »

Trump menace l’Iran : « Désormais, chaque tir des Houthis sera considéré comme le vôtre »

Le président américain intensifie sa menace implicite d’attaquer la République islamique, et déclare que les bombardements de son armée au Yémen pourraient s’étendre à d’autres endroits : « Téhéran dicte chaque mouvement des Houthis et leur fournit argent, armes et renseignements. À partir de maintenant, chaque tir de leur part sera considéré comme provenant des dirigeants iraniens, qui en porteront la responsabilité et en subiront les graves conséquences »

 

Le président des États-Unis, Donald Trump, a intensifié ce soir (lundi) ses menaces implicites d’attaquer militairement l’Iran, soulignant que les frappes de l’armée américaine au Yémen pourraient ne pas se terminer là, et a déclaré que désormais, chaque tir des Houthis serait considéré comme un tir de Téhéran. « Que personne ne s’y trompe – les centaines d’attaques menées par les Houthis, ces criminels et brutes malveillants basés au Yémen, et détestés par le peuple yéménite, commencent et sont créées en Iran », a écrit Trump dans un message publié sur son réseau social Truth Social. « Toute attaque ou réponse supplémentaire des ‘Houthis’ sera confrontée à une grande force, et il n’y a aucune garantie que cette force s’arrêtera là. »

Trump a ajouté que « l’Iran a joué la ‘victime innocente’ de terroristes incontrôlables qu’elle aurait perdus de vue, mais elle n’a pas perdu le contrôle. Ils (l’Iran) dictent chaque mouvement, leur fournissent des armes, et leur transfèrent de l’argent et du matériel militaire des plus sophistiqués, et même ce qu’on appelle du ‘renseignement’. À partir de maintenant, chaque tir effectué par les Houthis sera considéré comme un tir provenant des armes et de la direction de l’Iran, et l’Iran en assumera la responsabilité et en subira les conséquences, et ces conséquences seront sévères ! »

Les propos de Trump sont intervenus peu après que des dizaines de milliers de partisans du régime houthi ont participé à une manifestation massive dans la capitale yéménite Sanaa, lors d’un événement destiné à servir de démonstration de force des Houthis face à l’opération de bombardement lancée contre eux par les États-Unis il y a deux jours. Lors de la manifestation à Sanaa, diffusée en direct sur la chaîne de télévision « Al-Masirah » des Houthis, les foules ont scandé comme à leur habitude « Mort à l’Amérique ! Mort à Israël ! »

Sur la place de Sanaa, les participants ont brandi des drapeaux yéménites et palestiniens aux côtés de fusils, et portaient des affiches et des impressions de la couverture du Coran. « Le Yémen ne reculera jamais, nous défions les Américains et les sionistes », a lancé un homme aux manifestants par microphone. Parallèlement à cet événement, des manifestations de soutien aux Houthis se sont également déroulées dans d’autres régions sous leur contrôle, comme Saada, Hodeida, Dhamar et Amran.

Les manifestations de l’après-midi ont été organisées à la demande du leader des Houthis, Abdul-Malik al-Houthi, qui a appelé hier les Yéménites à sortir « par millions » pour protester contre les bombardements américains. L’armée américaine a lancé cette opération en fin de semaine sur instruction de Trump, après que les Houthis ont annoncé qu’ils reprenaient leurs attaques contre les navires « liés à Israël » en mer Rouge et perturbaient les routes commerciales. Les attaques menées selon les Houthis « en solidarité avec Gaza » ont causé depuis octobre 2023 des dommages considérables au commerce maritime mondial, obligeant les navires qui passaient habituellement par le canal de Suez à choisir des routes plus sûres et augmentant drastiquement les coûts d’assurance.

Lors de l’ouverture de l’opération samedi, Trump a promis qu’un « enfer » attendait les Houthis et leur a annoncé que « leur temps était écoulé ». Selon les Américains, ils ont depuis éliminé plusieurs commandants de haut rang de l’organisation yéménite. Les Houthis, de leur côté, ont jusqu’à présent rapporté 53 morts et 98 blessés dans les bombardements américains, affirmant que beaucoup d’entre eux sont des civils, dont cinq enfants et deux femmes tués. Washington a précisé que les attaques pourraient se poursuivre pendant des semaines.

La chaîne de télévision « Al-Masirah » des Houthis a rapporté qu’aujourd’hui, les États-Unis ont continué à bombarder des cibles houthies, notamment dans la ville portuaire de Hodeida et dans la région d’Al-Jawf au nord de Sanaa. Les Houthis ont affirmé qu’en réponse aux bombardements américains des deux derniers jours, ils ont mené au cours des dernières 24 heures deux attaques contre le porte-avions américain Harry Truman au nord de la mer Rouge, mais jusqu’à présent, ils n’ont fourni aucune preuve à l’appui. Le leader des Houthis a menacé hier que son organisation attaquerait des navires en mer Rouge tant que l’armée américaine continuerait à bombarder le Yémen.

Les prodiges de Rabbi Levi Its’hak de Berditchev : quelques annecdotes

Les prodiges de Rabbi Levi Its’hak de Berditchev : quelques annecdotes

Quand le péril menaçait et que les miracles devenaient nécessaires, même l’Alter Rebbe dirigeait ses disciples vers un homme exceptionnel : Rabbi Levi Yitzchak de Berditchev. Découvrez comment un hassid en danger fut témoin d’une scène stupéfiante où le célèbre « avocat d’Israël » corrigeait des textes sacrés pendant son sommeil. Plongez dans la vie extraordinaire de ce maître hassidique dont la joie débordante, l’amour inconditionnel pour chaque Juif et les comportements parfois surprenants ont marqué l’histoire du judaïsme.

 

Qui était Rabbi Levi Its’hak de Berditchev ?

Rabbi Levi Its’hak de Berditchev est né en l’an 5500 (1740). Après son mariage, il est allé étudier auprès du Maguid de Mezritch. Il a servi comme Rav de la ville de Berditchev et était l’un des Rabbis les plus célèbres.

Rabbi Levi Its’hak était connu comme le « saneigor » (avocat) des Juifs, trouvant toujours du mérite dans chaque situation. Il s’est éteint le 25 Tichri 5570 (1809).

La ferveur qui renversait les tables

En récitant la Haggada, Rabbi Levi Its’hak de Berditchev était rempli d’une immense ferveur (hislahavus). Quand il arrivait aux mots « Matzah zou », il était tellement emporté dans sa communion spirituelle (dvekout) qu’il tombait de sa chaise au sol, renversant le plateau du Séder, les matzot et le vin. Le temps qu’il reprenne ses esprits, la table était à nouveau dressée, et on lui tendait un autre long kittel blanc pour remplacer celui taché de vin. En le revêtant, il disait avec un plaisir visible : « Ah ! Matzah zou… »

Le chapeau qui cache le ciel

Le Rabbi précédent (Frierdiker Rabbi) a raconté :

Rabbi Levi Its’hak de Berditchev mettait en garde ses hassidim de ne jamais porter de chapeaux à visière. Il expliquait que lorsqu’un Juif regarde vers les Cieux, cela lui rappelle Hachem et constitue donc un moyen puissant (segula) pour la crainte des Cieux (yirat Shamayim). Cependant, si l’on porte un chapeau à visière, son regard vers le Ciel est bloqué, et il manque l’éveil spirituel de la crainte des Cieux.

Un jour vint où le Tsar Nicolas décréta que seuls les chapeaux à visière pouvaient être portés. Les Juifs cachaient donc leurs chapeaux traditionnels (shtreimelach) et marchaient à l’extérieur avec des chapeaux à visière, et quand ils arrivaient dans un endroit sûr, ils sortaient leurs shtreimelach et les mettaient.

Quand ce décret atteignit Berditchev, les gens là-bas aussi commencèrent à porter des chapeaux à visière. Un jour, Rabbi Levi Its’hak vit un hassid portant un chapeau à visière, et il lui sembla évident que cet individu était assez à l’aise avec son nouveau look.

Le Tsaddik s’approcha de lui et demanda : « Pourquoi au milieu des reproches divins (Tochaha) est-il dit qu’ils seront punis pour avoir abandonné Hachem ‘avec joie’ ? Ces mots viennent nous enseigner que même si l’on est, à Dieu ne plaise, forcé de s’écarter du chemin du service divin pour des raisons indépendantes de sa volonté, on ne devrait au moins pas s’en réjouir… »

Le cœur pur et le violoniste

R. Shlomo de Chashnik, un hassid dévoué de l’Alter Rabbi, était un violoniste talentueux, et ses mélodies faisaient fondre les cœurs de ses auditeurs. Lors du mariage à Zhlobin entre les petits-enfants de l’Alter Rabbi et de Rabbi Levi Its’hak de Berditchev, R. Shlomo jouait du violon pendant que les deux Tsaddikim dansaient ensemble.

À cette occasion, Rabbi Levi Its’hak a découvert sa poitrine et a dit à R. Shlomo : « Regarde mon cœur et tu n’auras pas de pensées étrangères (machashavot zarot) pendant la prière. » R. Shlomo a témoigné plus tard que depuis ce moment, il n’avait effectivement jamais eu de pensées étrangères quand il priait.

La poule qui s’est enfuie

Le Rabbi Rachab a une fois raconté :

Rabbi Levi Its’hak de Berditchev avait terminé son étude de la Chehita et se préparait à abattre sa première poule. Il a pris l’oiseau dans sa main gauche et l’a soigneusement préparé pour l’abattage. Dans sa main droite, il tenait le couteau

Avec une concentration intense et une extase profonde, Rabbi Levi Its’hak a récité la bénédiction sur la Mitsva qu’il avait le privilège d’observer pour la toute première fois. Entre-temps, la poule a décidé que, dans ces circonstances, il était grand temps pour elle de s’enfuir…

Le Berditchever a conclu la bénédiction et s’est exclamé (le Rabbi a cité en yiddish avec un accent polonais) : « ‘Vi is di hin? Où est la poule…?' »

Quand le Machiah viendra aujourd’hui

Lors d’un repas (tish) avec ses hassidim, Rabbi Levi Its’hak de Berditchev a une fois demandé : « Pourquoi le Machia’h a-t-il dit à Rabbi Yehoshua ben Levi qu’il viendrait ‘aujourd’hui’ ? N’est-il pas écrit qu’Hachem enverra le prophète Élie avant ce jour redoutable ? »

Personne n’a proposé de réponse, alors Rabbi Levi Its’hak a répondu lui-même : « Le prophète Élie doit venir pour élever tout le monde au-dessus de leurs préoccupations mondaines et les préparer pour le Machia’h. Cependant, ‘Si vous écoutez la voix d’Hachem’ – c’est-à-dire, si nous nous réveillons de nous-mêmes – alors Machia’h pourra venir aujourd’hui, immédiatement, sans qu’Élie n’ait à venir nous prévenir. »

La joie d’être juif

Un Juif est une fois entré dans la chambre de Rabbi Levi Its’hak de Berditchev et l’a vu danser joyeusement tout en récitant les bénédictions du matin (Birchot HaShahar).

« Pourquoi toute cette joie ? » a-t-il demandé.

Rabbi Levi Its’hak a répondu : « Quand je suis arrivé à la bénédiction de ‘shelo assani goy’ (qui ne m’a pas fait naître non-juif), j’ai pensé au grand privilège d’être Juif. Après tout, les choses auraient pu être autrement… »

Jaloux du pécheur

Il vivait à Berditchev un Juif qui, délibérément et par défi, ne respectait pas la Torah et les Mitsvot. Rabbi Levi Its’hak de Berditchev l’a rencontré un jour et lui a dit : « Je suis jaloux de toi ! » Le Juif a répondu : « Rabbi ! Vous êtes jaloux de moi ? Vous me connaissez, et vous savez qui je suis et ce que je suis. »

Rabbi Levi Its’hak a répondu : « Il est écrit que les péchés délibérés sont transformés en mérites pour celui qui fait Techouva. Imagine le niveau élevé que tu pourrais atteindre si seulement tu faisais Techouva… »

Le prodige du sommeil vigilant

Reb Mordechaï Liepler était actif dans le rachat des captifs (pidyon shvuyim) et l’exemption des jeunes hommes du service dans l’armée du Tsar. Finalement, le gouvernement l’a découvert et a prévu de l’arrêter, alors Reb Mordechaï s’est précipité vers l’Alter Rabbi pour une bénédiction. À cette époque, la petite-fille de l’Alter Rabbi venait d’épouser le petit-fils de Rabbi Levi Its’hak de Berditchev à Zhlobin, et Reb Mordechaï est arrivé pendant la semaine des sheva brachot. Quand il a présenté sa requête, l’Alter Rabbi lui a conseillé de s’adresser à son beau-père par alliance, le Rav de Berditchev.

Les assistants (gabbaïm) de Rabbi Levi Its’hak ne voulaient pas le laisser perturber l’emploi du temps du Tsaddik, mais quand ils ont entendu sa situation – surtout l’instruction de l’Alter Rabbi – ils lui ont conseillé de se cacher dans la pièce derrière un rideau, puis de présenter sa requête à un moment opportun. De sa cachette, Reb Mordechaï pouvait observer le service divin assidu de Rabbi Levi Its’hak.

D’abord, le Tsaddik s’est assis à une table en communion spirituelle pendant que ses deux assistants lui mettaient des cuillerées de nourriture dans la bouche, dont seules de petites portions étaient effectivement mangées. Le repas s’est vite terminé et le Tsaddik âgé a été allongé sur un lit. Ses assistants se sont assis près de lui, l’un à sa tête et l’autre à ses pieds, et ils ont lu simultanément des passages des Michnayot et du Zohar respectivement. Le Tsaddik était profondément endormi, mais de temps en temps, il les arrêtait et corrigeait leur lecture. Peu après, Rabbi Levi Its’hak s’est levé et s’est lavé les mains (neggel vasser).

À ce moment, Reb Mordechaï est sorti de sa cachette et a demandé une bénédiction. Au début, Rabbi Levi Its’hak l’a réprimandé pour avoir mis sa vie en danger en s’impliquant dans des activités qui s’opposaient au gouvernement, mais en apprenant que c’était sur instruction de l’Alter Rabbi, il a concédé : « S’il en est ainsi, tu es juste dans ta cause. Va en paix ! » Et c’est ce qui s’est passé.


 

Biographie de Rabbi Levi Its’hak de Berditchev : Le défenseur du peuple juif

Rabbi Levi Its’hak de Berditchev (1740-1809) est l’une des figures les plus aimées et vénérées du mouvement ‘hassidique, connu comme le « Défenseur du peuple juif » et l' »Amant d’Israël ».

 

Origines et formation

Né dans une lignée de 26 générations de rabbins, son âme spéciale fut remarquée dès sa naissance par le Baal Chem Tov qui organisa une fête, déclarant que « l’âme du Défenseur du peuple juif » venait d’entrer dans le monde.

Après son mariage, il étudia auprès de Rabbi Shmelké Horovitz, puis devint un disciple dévoué du Maguid de Mézeritch, successeur du Baal Chem Tov à la tête du mouvement ‘hassidique.

Un parcours difficile avant Berditchev

Sa carrière rabbinique fut marquée par des difficultés dans plusieurs villes (Ryczywol, Zelitchov, Pinsk) où il affronta l’opposition des adversaires du ‘hassidisme. À Ryczywol, il dut même fuir pour sa vie le jour de Hochaana Rabba, n’emportant que son loulav et son étrog.

L’épanouissement à Berditchev

En 1785, il s’installa finalement à Berditchev où il servit comme rabbin et établit sa cour ‘hassidique pendant près de 25 ans, jusqu’à sa mort. Fait remarquable, il choisit délibérément de rester dans cette ville fortement influencée par le mouvement des « Lumières » et connue pour son sentiment antireligieux, afin de contrer ce climat et de défendre les intérêts de son peuple.

Après son décès le 25 Tichri 5570 (1809), les habitants de Berditchev ne nommèrent plus jamais de rabbin officiel pour le remplacer, se contentant d’un dayan (juge rabbinique). Sa tombe à Berditchev reste jusqu’à aujourd’hui un lieu de pèlerinage pour les Juifs du monde entier.

Un amour inconditionnel pour chaque Juif

Rabbi Levi Its’hak est resté célèbre pour son amour extraordinaire envers chaque Juif, sans distinction de niveau spirituel ou matériel. Il voyait constamment le bien chez les autres et trouvait des mérites même dans les comportements apparemment répréhensibles.

Une anecdote emblématique raconte comment, voyant un Juif fumer pendant Chabbat, il s’adressa à Dieu : « Maître de l’univers, vois la sainteté de Ton peuple ! Ils préfèrent se déclarer pécheurs plutôt que de proférer un mensonge ! »

L’avocat du peuple juif devant Dieu

Sa réputation de « défenseur » vient de sa façon unique de plaider devant Dieu pour le peuple juif. Il s’adressait directement au Créateur, qu’il appelait « der derbaremdiger » (le Miséricordieux), parfois de manière audacieuse et même conflictuelle.

Il pouvait par exemple dire : « Maître de l’univers, Tu dois pardonner à Israël ses péchés. Si Tu ne le fais pas, je dirai au monde que Tes téfiline ne sont pas valables, car le verset qu’elles contiennent ‘Qui est comme Ton peuple Israël, une nation unique sur terre’ ne serait pas vrai. »

Selon le Tséma’h Tsédek (troisième Rabbi de ‘Habad), une salle spéciale appelée « La salle de Rabbi Levi Its’hak fils de Sarah Sasha » a été ouverte dans les cieux en son honneur, où tout Juif récitant des Psaumes pour son mérite sera certainement aidé.

Une ferveur spirituelle extraordinaire

Rabbi Levi Its’hak était connu pour son enthousiasme extatique dans le service divin. Certaines parties de la prière le plongeaient dans un état de communion profonde (dvekout) où il pouvait sauter sur la table ou agir sans conscience de son environnement.

On raconte qu’une fois, dans sa hâte d’accomplir la mitsva du loulav au lever du soleil, il passa sa main à travers une vitre sans même s’en apercevoir, ne remarquant sa main ensanglantée qu’après avoir terminé la bénédiction.

Sa relation avec Rabbi Chnéour Zalman et le mouvement ‘Habad

Une amitié et un respect profonds liaient Rabbi Levi Its’hak et Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi, fondateur du mouvement ‘Habad. Lorsqu’il reçut un exemplaire du Tanya nouvellement publié, Rabbi Levi Its’hak s’exclama avec admiration : « C’est incroyable qu’il ait réussi à faire tenir un Dieu si grand dans un livre si petit ! »

Les deux familles s’unirent lorsque le petit-fils de Rabbi Levi Its’hak épousa la petite-fille de Rabbi Chnéour Zalman lors du « Grand Mariage » de Zhlobin. Ils maintinrent une correspondance significative, notamment lors de l’arrestation de Rabbi Chnéour Zalman et du décès du fils de Rabbi Levi Its’hak.

En 1982, le Rabbi de Loubavitch déclara lors d’un discours : « Il est su et reconnu dans tous les mondes que Rabbi Levi Its’hak était un amoureux d’Israël, un défenseur de chaque Juif et quelqu’un qui faisait pencher la balance céleste en faveur de chaque Juif. »

L’héritage spirituel de Rabbi Levi Its’hak continue d’inspirer les Juifs du monde entier par son message d’amour inconditionnel, de défense du peuple et de ferveur religieuse.

 

Le Rogatchover : La destruction du Temple et la Histalkout du Tsadik; deux évènements qui défient le Temps

Le Rogatchover : La destruction du Temple et la Histalkout du Tsadik; deux évènements qui défient le Temps

La conception traditionnelle de la destruction du Beth HaMikdach (Temple de Jérusalem) comme événement historique ponctuel est remise en question par une analyse approfondie des sources juives. Une lecture attentive des textes talmudiques et des commentaires des grands maîtres, notamment du Gaon de Rogatchov, révèle une vision radicalement différente : la destruction comme phénomène continu et présent qui façonne l’expérience juive quotidienne à travers le temps.

 

En l’honneur de la récente yahrzeit (anniversaire du décès) du Gaon de Rogatchov (11 Adar), l’Institut Tzfunot, dirigé par le Rav Binyomin Bitton, est heureux de présenter l’article Tzfunot ci-joint, adapté des enseignements du Rogatchover, et lié à la histalkous (départ) d’un Tsadik.

L’article, qui dévoile et simplifie les profondeurs des idées du Rogatchover d’une manière claire et accessible, est principalement basé sur une responsa que le Rogatchover a envoyée au rav et hassid Rabbi Yehoshua Nimotin, quelques jours avant Chavouot 5680 (1920).

Il semble que dans sa lettre précédente au Rogatchover, Rabbi Nimotin ait mentionné le récent décès du Rabbi Rachab, survenu environ deux mois plus tôt, le 2 Nissan de cette même année.

Cela a cependant soulevé la question halakhique suivante : est-il permis de discuter du décès d’un défunt pendant la période de trente jours précédant une fête (yom tov).

Dans son style unique, le Rogatchover analyse la question et la relie à la hakira (investigation conceptuelle) concernant la définition de la mitsva de la construction du Temple — s’agit-il de « l’action de construire », ou d' »avoir un Temple construit ».

De cette hakira, discutée longuement dans les enseignements du Rogatchover, plusieurs ramifications se développent. Parmi elles — la mitsva de construire le Temple est-elle une mitsva « ponctuelle », ou continue ? Et inversement — le hourban Beit HaMikdach (destruction du Temple) doit-il être considéré comme un événement « ponctuel », qui s’est produit il y a plus de 1950 ans, ou « continu », qui se répète encore et encore, y compris en ce moment même ?

La conclusion du Rogatchover est que la histalkout d’un Tsadik, qui est comparée à la destruction du Temple, est un événement continu ; car le Tsadik est toujours présent parmi nous et ne nous manque que d’une manière révélée.

Par conséquent, il conclut, en se basant sur les diverses raisons concernant la loi susmentionnée sur la mention d’un défunt pendant les trente jours précédant une fête, qu’en ce qui concerne un Tsadik, il est permis de mentionner sa histalkout.

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I. REPENSER L’ÉVÉNEMENT COMME PROCESSUS

Un changement de paradigme

Dans la conscience collective, la destruction du Temple évoque généralement deux dates précises : le 9 du mois hébraïque d’Av de l’an 3338 selon le calendrier juif (586 avant l’ère commune) pour le Premier Temple, et le même jour de l’an 3830 (70 de l’ère commune) pour le Second. Ces événements, bien que séparés par plus de six siècles, sont commémorés ensemble, suggérant déjà une certaine intemporalité de la catastrophe.

Pourtant, l’analyse minutieuse développée par le Gaon HaRav Yossef Rozin (1858-1936), connu sous le nom de Gaon de Rogatchov, va bien au-delà. À travers une exégèse talmudique rigoureuse, il établit que la destruction du Temple n’est pas un événement conclu, mais un processus continu qui se renouvelle à chaque instant.

Cette révolution conceptuelle s’enracine dans une analyse précise du commandement de construire le Temple, tel qu’il apparaît dans le livre de l’Exode (25:8) : « Et ils Me feront un sanctuaire, et Je résiderai parmi eux. »

La subtilité linguistique qui change tout

Le Rogatchover observe une nuance cruciale dans la formulation employée par Maïmonide (1138-1204) dans son code de loi, le Michné Torah. Au début des lois concernant le Temple (Hilkhot Beit HaBechira 1:1), Maïmonide écrit : « C’est un commandement positif de faire une maison pour l’Éternel », utilisant le terme « la’asot » (faire) plutôt que « livnot » (construire).

Cette distinction terminologique, que beaucoup pourraient considérer comme insignifiante, est pour le Gaon de Rogatchov la clé d’une compréhension profonde. Maïmonide indiquerait ainsi que l’essence du commandement ne réside pas dans l’acte de construction lui-même, mais dans l’existence effective du Temple. Le verbe « faire » suggère un résultat, tandis que « construire » met l’accent sur le processus.

Ainsi, le commandement divin ne concernerait pas principalement l’édification de l’édifice, qui n’est qu’une préparation nécessaire (hekhsher mitzva), mais l’état de fait où un sanctuaire existe et permet la présence divine parmi le peuple d’Israël.

II. LA DESTRUCTION COMME RÉALITÉ ONTOLOGIQUE

Une absence qui se renouvelle constamment

Si l’essence du commandement est l’existence même du Temple, alors ce commandement s’accomplit à chaque instant où le sanctuaire se tient sur son emplacement. Par conséquent, son absence n’est pas simplement le résultat d’une destruction historique, mais constitue une violation continue du commandement divin.

Dans les termes du Rogatchover : « Le commandement est quelque chose de continu, à chaque instant où il [le Temple] existe – on accomplit le commandement… Et inversement, à chaque moment où il est détruit – c’est à chaque instant une nouvelle destruction. »

Cette conception bouleverse notre rapport au temps. La destruction du Temple n’appartient pas au passé historique, mais au présent ontologique. Nous ne vivons pas après la destruction du Temple, mais dans sa destruction perpétuellement renouvelée.

Témoignage du Talmud de Jérusalem

Cette interprétation trouve un ancrage puissant dans le Talmud de Jérusalem (Yoma 1:1) qui affirme : « Toute génération où le Temple n’est pas reconstruit de son temps, c’est comme s’il avait été détruit par elle. »

Là où une lecture superficielle pourrait voir une simple exhortation morale, le Gaon de Rogatchov découvre l’expression d’une réalité métaphysique : chaque génération qui ne reconstruit pas le Temple participe activement à sa destruction. Il ne s’agit pas d’une métaphore ou d’une hyperbole, mais d’une description précise de la relation au temps qui caractérise cette catastrophe nationale.

III. DIMENSIONS THÉOLOGIQUES ET SPIRITUELLES

La Présence Divine en exil

La conception traditionnelle juive associe le Temple à la présence manifeste de Dieu parmi son peuple. Le terme « Shekhina » (présence divine) est souvent décrit comme étant en exil depuis la destruction du Temple. Les kabbalistes parlent de « galout ha-Shekhina » (l’exil de la Présence divine), suggérant que Dieu lui-même, d’une certaine manière, partage l’exil de son peuple.

Si la destruction du Temple est un processus continu, alors cet exil de la Présence divine n’est pas non plus un état historique figé, mais une condition qui se renouvelle constamment. Chaque jour sans Temple est un jour où la manifestation optimale de la relation entre Dieu et son peuple est entravée à nouveau.

Rabbi Nachman de Breslov (1772-1810) comparait cet état à celui d’un roi dont le palais a été incendié et qui erre désormais dans les champs. Cette image poignante prend une dimension encore plus profonde lorsqu’on considère que cet « incendie » n’est pas un événement passé, mais un phénomène présent et actif.

L’unité fractionnée d’Israël

Le Temple représentait également l’unité du peuple d’Israël. Trois fois par an, lors des fêtes de pèlerinage (Pessah, Chavouot et Souccot), le peuple entier se rassemblait à Jérusalem, transcendant les différences tribales, régionales et sociales.

La destruction continue du Temple signifie donc également une fracture permanente dans l’unité du peuple. Les divisions internes qui caractérisent souvent la communauté juive ne sont pas simplement des phénomènes sociologiques, mais des manifestations spirituelles de cette destruction perpétuelle du centre unificateur.

IV. LA PERLE PERDUE : MÉTAPHORE DU DEUIL PERPÉTUEL

Au-delà de la disparition physique

Pour illustrer la nature particulière de la perte du Temple, le Gaon de Rogatchov s’appuie sur une parabole talmudique concernant la perte d’une perle précieuse (Meguila 15a). Contrairement à un objet définitivement détruit, la perle perdue continue d’exister quelque part dans le monde – elle n’est pas anéantie, mais seulement séparée de son propriétaire.

Cette métaphore souligne que le Temple, dans sa dimension spirituelle, continue d’exister sur un autre plan de réalité. C’est cette existence continue, parallèle à notre monde mais inaccessible à nous, qui rend sa perte particulièrement douloureuse et perpétuelle. Comme l’explique le Rogatchover : « C’est une perte continue, puisque la chose existe, mais n’est simplement pas avec nous, et à chaque instant, c’est une destruction. »

Parallèle avec la Histalkout des justes

Cette conception éclaire également la comparaison talmudique entre la destruction du Temple et la Histalkout des justes : « Le départ des justes équivaut à l’incendie du Temple » (Rosh Hashana 18b).

Le juste, après son départ de ce monde, continue d’exister spirituellement – comme la perle ou comme le Temple dans sa dimension céleste. Sa disparition physique n’est pas un simple événement historique, mais une absence qui se fait sentir à chaque instant. C’est pourquoi le Rogatchover affirme que « la mort du juste » constitue « une nouvelle destruction à chaque instant », exactement comme pour le Temple.

Cette analogie a des implications halakhiques (légales) concrètes : elle justifie notamment la permission d’évoquer le souvenir d’un grand maître spirituel récemment décédé même à l’approche d’une fête, période où l’évocation des défunts est normalement restreinte, car cette perte conserve toujours le statut de « deuil récent ».

V. IMPLICATIONS PHILOSOPHIQUES ET EXISTENTIELLES

Une temporalité non-linéaire

La conception développée par le Gaon de Rogatchov défie notre compréhension conventionnelle du temps comme progression linéaire. Elle introduit une temporalité cyclique, ou plutôt spiralée, où certains événements majeurs ne sont jamais véritablement « passés » mais continuent d’exister dans un présent perpétuel.

Cette vision rejoint certaines conceptions contemporaines de la physique quantique et de la philosophie du temps, qui remettent en question la séparation nette entre passé, présent et futur. Elle évoque également les réflexions d’Emmanuel Levinas sur la « trace » et le « visage », où le passé continue d’interpeller le présent et de l’orienter vers un avenir de responsabilité.

L’expérience juive du temps historique

Cette conception éclaire également l’approche juive particulière de l’histoire. Dans la tradition juive, les événements majeurs comme la sortie d’Égypte ou le don de la Torah au Sinaï ne sont pas simplement commémorés – ils sont revécus rituellement. Pendant le Seder de Pessah, chaque participant doit se considérer « comme s’il était lui-même sorti d’Égypte ».

La destruction continue du Temple s’inscrit dans cette même conception du temps : elle n’est pas commémorée comme un événement passé, mais expérimentée comme une réalité présente. C’est pourquoi les coutumes de deuil liées à la destruction du Temple ne se limitent pas au jeûne du 9 Av, mais imprègnent de nombreux aspects de la vie quotidienne – depuis la place laissée non peinte dans les maisons juives jusqu’aux verres brisés lors des mariages.

VI. PERSPECTIVES PRATIQUES ET CONTEMPORAINES

Reconstruire le Temple : une urgence quotidienne

Si la destruction du Temple est un phénomène continu, sa reconstruction devient une urgence permanente. Ce n’est pas un projet eschatologique lointain, mais une nécessité immédiate pour mettre fin à une catastrophe qui se renouvelle à chaque instant.

Cette perspective transforme le rapport à la prière quotidienne pour la reconstruction du Temple. Les trois prières quotidiennes sont orientées vers Jérusalem et contiennent de multiples mentions du Temple et de son rétablissement. À la lumière de l’analyse du Rogatchover, ces prières ne sont pas simplement des expressions de nostalgie historique, mais des réponses actuelles à une catastrophe présente.

L’étude comme reconstruction spirituelle

La tradition talmudique établit que l’étude des lois du Temple équivaut à sa construction spirituelle. Cette idée prend une dimension nouvelle à la lumière de notre analyse : si la destruction est un phénomène actuel, alors l’étude constitue une forme de résistance immédiate à cette destruction.

C’est pourquoi l’étude détaillée des sections bibliques et talmudiques concernant le Temple et son service, loin d’être un exercice académique déconnecté de la réalité, représente une action concrète pour contrer la destruction perpétuelle.

Le Temple intérieur : une réponse mystique

Les maîtres hassidiques, notamment le Rabbi de Loubavitch, ont développé le concept de « Temple intérieur » (Mikdash Me’at). Chaque individu peut et doit construire en lui-même un espace sanctifié où la présence divine peut résider.

À la lumière de notre analyse, cette construction intérieure n’est pas simplement une métaphore spirituelle, mais une réponse directe et urgente à la destruction perpétuelle du Temple extérieur. Elle permet de réaliser, à un niveau personnel, le commandement « qu’il y ait un sanctuaire » dans l’attente de sa réalisation collective et matérielle.

VII. LEÇONS UNIVERSELLES

La persistance du traumatisme collectif

L’analyse du Gaon de Rogatchov offre un modèle pour comprendre comment les traumatismes collectifs majeurs continuent d’agir sur la conscience d’un peuple bien au-delà de l’événement initiateur. La Shoah, les génocides, les déplacements forcés de populations ne sont pas simplement des événements historiques, mais des réalités qui continuent de structurer l’expérience des communautés affectées.

La destruction perpétuelle du Temple nous enseigne que certaines catastrophes ne se résorbent pas simplement avec le passage du temps – elles créent une blessure dans le tissu même de la temporalité, une déchirure qui continue de saigner tant qu’elle n’est pas proprement réparée.

Réparation et responsabilité

Finalement, cette conception souligne notre responsabilité active face aux injustices historiques. Si chaque génération qui ne reconstruit pas le Temple participe à sa destruction, alors nous sommes tous impliqués dans les grandes blessures de l’histoire qui n’ont pas été réparées.

Cette perspective résonne avec le concept juif de « Tikkun Olam » (réparation du monde), suggérant que notre responsabilité ne se limite pas aux injustices contemporaines, mais s’étend également aux blessures historiques non cicatrisées qui continuent d’affecter le présent.

CONCLUSION : LE PARADOXE DE L’ESPOIR

La conception de la destruction du Temple comme phénomène perpétuel pourrait sembler profondément pessimiste. Elle suggère que près de deux millénaires après l’événement historique, nous vivons toujours dans la catastrophe, que la blessure est aussi vive aujourd’hui qu’au premier jour.

Pourtant, cette même conception contient un puissant message d’espoir et d’agentivité. Si la destruction est continue, alors la reconstruction est toujours imminente. Si chaque génération participe activement à la destruction par son inaction, alors chaque génération a également le pouvoir d’y mettre fin par son action.

Cette perspective transforme notre rapport au temps messianique. La reconstruction du Temple n’est pas un événement lointain qui surviendra à la fin des temps – elle peut arriver à tout moment, dès l’instant où nous déciderons collectivement d’y mettre fin. Comme l’a écrit Maïmonide, chaque individu doit se considérer comme si le monde entier était en équilibre parfait entre mérite et faute, et qu’une seule bonne action de sa part pouvait faire pencher la balance vers la rédemption.

La destruction perpétuelle du Temple nous rappelle ainsi que nous ne sommes pas simplement les héritiers passifs d’une histoire achevée, mais les acteurs d’un drame cosmique continu où chaque instant offre l’opportunité de la réparation et de la rédemption.

 

Un Hassid Habad nommé Vice-président corporatif mondial de Microsoft

Un Hassid Habad nommé Vice-président corporatif mondial de Microsoft

Le Rav Its’hak Keselman, Hassid Habad de 42 ans, vient d’être nommé au prestigieux poste de Vice-président corporatif au sein du géant technologique Microsoft. Cette nomination exceptionnelle marque un jalon historique pour la communauté juive orthodoxe dans le monde de la haute technologie.

 

Par Sarah Toledano, correspondante économie et technologie
Le 17 mars 2025

NEW YORK — Une nomination qui résonne comme un véritable Kiddoush Hashem (sanctification du Nom divin). Le Rav Its’hak Keselman, 42 ans, vient d’être promu Vice-président corporatif (CVP) chez Microsoft, devenant ainsi l’ingénieur juif orthodoxe le plus haut placé au sein du géant technologique américain.

Un rôle stratégique au cœur de l’innovation

Dans ses nouvelles fonctions, le Rav Keselman dirigera la division d’analyse de données en temps réel, supervisant une équipe d’environ 400 employés. Il est notamment responsable du développement de « Fabric », une plateforme stratégique permettant même aux employés occupant des postes non techniques de générer des analyses significatives à partir d’immenses volumes de données.

L’importance capitale de ce produit pour l’avenir de Microsoft a été soulignée par Satya Nadella, PDG de l’entreprise, lors d’une conférence en mai dernier. Le dirigeant avait alors déclaré que cette solution « alimentera la prochaine génération de services d’intelligence artificielle » de la firme de Redmond.

De Riga à New York, en passant par Lod

Actuellement établi à New York avec son épouse et leurs cinq enfants, le Rav Keselman a auparavant vécu dans le quartier Habad de Lod en Israël, où il était un membre actif de la communauté. C’est dans cette ville qu’il s’est rapproché du mouvement Habad-Loubavitch, sous l’influence du Rav Moshe Bronpman, avec qui il étudiait quotidiennement les textes talmudiques et la Hassidout à la synagogue « Beit Aryeh ».

Son parcours personnel est aussi remarquable que son ascension professionnelle. Né à Riga, en Lettonie, dans une famille laïque, il a immigré en Israël à l’âge de six ans avec ses parents, tous deux diplômés universitaires. Il a grandi à Ramleh, dans un quartier mixte arabo-juif, avant de devenir l’un des premiers employés orthodoxes du centre de développement israélien de Microsoft.

Entre Torah et technologie

Le nouveau vice-président de Microsoft incarne parfaitement l’harmonie possible entre études traditionnelles juives et excellence scientifique, une dualité qu’il a cultivée dès son plus jeune âge.

« Le matin, j’étudiais le calcul différentiel et intégral et les structures de données dans le cadre du programme académique de l’armée, et le soir, j’étudiais le traité talmudique Berakhot et la Hassidout à la yeshiva », a-t-il raconté dans une interview antérieure.

Cette nomination intervient dans un contexte où les entreprises technologiques américaines intensifient leurs efforts pour intégrer l’intelligence artificielle dans leurs produits et services. Le domaine d’expertise du Rav Keselman, l’analyse de données en temps réel, est considéré comme fondamental pour le développement d’applications d’IA performantes et adaptées aux besoins des entreprises.

Une source d’inspiration pour la communauté

Pour de nombreux membres de la communauté juive orthodoxe, cette nomination représente bien plus qu’une simple promotion professionnelle. Elle démontre qu’il est possible de maintenir un mode de vie strictement religieux tout en atteignant les plus hauts échelons du monde des affaires et de la technologie.

« Le succès du Rav Keselman est une source d’inspiration pour toute notre communauté, et particulièrement pour nos jeunes », commente le Rav David Goldstein, directeur d’un programme éducatif visant à intégrer les juifs orthodoxes dans l’industrie high-tech. « Il prouve que l’étude de la Torah et l’excellence professionnelle ne sont pas mutuellement exclusives, mais peuvent au contraire se nourrir l’une l’autre. »

Cette nomination s’inscrit dans une tendance croissante d’intégration des juifs orthodoxes dans les secteurs de pointe de l’économie mondiale, un phénomène particulièrement visible aux États-Unis et en Israël, où les programmes de formation spécialement adaptés aux besoins de cette communauté se multiplient.


MICROSOFT FABRIC

Microsoft Fabric est une plateforme unifiée d’analyse de données qui combine plusieurs outils permettant d’intégrer, de traiter et d’analyser des données à grande échelle. Lancée en 2023, cette solution est considérée comme l’une des réponses stratégiques de Microsoft face à la montée en puissance de l’intelligence artificielle générative.

La plateforme permet notamment :

  • L’intégration fluide de données provenant de multiples sources
  • L’analyse en temps réel de flux de données massifs
  • La création de visualisations accessibles aux non-spécialistes
  • L’application de modèles d’IA pour identifier des tendances et générer des prédictions

Le développement de Fabric représente un enjeu majeur pour Microsoft dans sa compétition avec d’autres géants technologiques comme Google, Amazon et Salesforce sur le marché en pleine expansion de l’analyse de données et de l’intelligence artificielle d’entreprise.

Jérusalem : Célébration solennelle de la clôture du 44e cycle d’étude du Rambam à la Yechiva Torat Emet

Jérusalem : Célébration solennelle de la clôture du 44e cycle d’étude du Rambam à la Yechiva Torat Emet

Une cérémonie de grande envergure réunissant d’éminentes figures rabbiniques a marqué la clôture du 44ème cycle d’étude du Michné Torah de Maïmonide vendredi dernier à Jérusalem. L’événement, qui alliait profondeur intellectuelle et ferveur spirituelle, a mis en lumière la portée universelle de cette œuvre codifiant l’intégralité de la loi juive et l’impact durable de l’initiative du Rabbi de Loubavitch, qui a institué ce cycle d’étude il y a plus de quarante ans.

 

JÉRUSALEM — Une cérémonie impressionnante marquant la conclusion du 44ème cycle d’étude des œuvres de Maïmonide (Rambam) s’est déroulée vendredi dernier, le 7 Adar, à la prestigieuse Yeshiva Torat Emet de Jérusalem. L’événement, qui a également inauguré le 45ème cycle, a rassemblé d’éminentes personnalités rabbiniques et des centaines d’étudiants dans une atmosphère empreinte de solennité et de joie.

Une tradition instaurée par le Rabbi de Loubavitch

La cérémonie a débuté par la récitation du chapitre des Psaumes correspondant à l’âge du Rabbi de Loubavitch, initiateur de cette étude quotidienne mondiale du Michné Torah du Rambam. Le Rosh Yeshiva, le Rav Avraham Yoel Lapidot, a ouvert la soirée par un discours de bienvenue, soulignant l’importance de cette initiative qui unit des milliers de juifs à travers le monde dans l’étude quotidienne de l’œuvre fondamentale de Maïmonide.

« Lorsque le Rabbi a institué cette étude en 1984, peu imaginaient qu’elle deviendrait un pilier de l’unité juive mondiale », a déclaré Rav Lapidot. « Aujourd’hui, nous célébrons non seulement la conclusion d’un cycle, mais la vitalité perpétuelle de la Torah orale. »

Une présence prestigieuse de la communauté Erloy

L’assemblée a ensuite accueilli avec des chants enthousiastes le Gaon Rav Avraham Binyamin Sofer, Rosh Yeshiva de ‘Ohel Shimon – Erloy’. L’animateur de la soirée, Rav Yinon HaCohen Roth, l’a invité à prendre la parole. Dans son discours, Rav Sofer a évoqué avec émotion les liens chaleureux que son père, le regretté Rav d’Erloy, entretenait avec le Rabbi de Loubavitch.

« Mon père, de mémoire bénie, vouait un profond respect au Rabbi et attachait une importance particulière aux cérémonies de clôture du Rambam », a-t-il témoigné avant d’approfondir brillamment des aspects de la paracha Terouma en relation avec l’anniversaire du décès de Moïse notre maître, qui coïncidait avec cette date du 7 Adar.

Une interprétation lumineuse de la pensée du Rabbi

L’étudiant Asher Deutsch a ensuite présenté un exposé remarquable sur une Si’ha du Rabbi concernant l’ordre des noms des tribus gravés sur les pierres de l’éphod du Grand Prêtre. Avec une clarté impressionnante, le jeune homme a explicité l’interprétation du Rabbi selon laquelle cette disposition symbolise l’unité absolue du peuple juif tout en préservant la singularité de chaque individu.

« Ce parallèle avec l’étude quotidienne du Rambam est saisissant », a expliqué Deutsch. « Tout comme les pierres de l’éphod portaient les noms des douze tribus dans un ensemble harmonieux, l’étude commune du Rambam unit tous les segments du peuple juif tout en respectant les particularités de chacun. »

Clôture officielle du 44ème cycle

Le point culminant de la soirée a été marqué par la conclusion officielle du 44ème cycle d’étude, présentée par Rav Its’hak Meir HaLevi Segal, l’un des plus brillants enseignants de la Yeshiva, reconnu pour ses analyses profondes des traités talmudiques et ses cours sur le Rambam.

Dans son intervention érudite, Rav Segal a cité une lettre peu connue de Maïmonide adressée à l’un de ses disciples, dans laquelle le sage médiéval prédit : « Un temps viendra où la jalousie disparaîtra et où les hommes cesseront de rechercher le pouvoir. Alors, ils n’étudieront que mes livres, délaissant tous les autres. »

S’appuyant sur cette citation, Rav Segal a développé une interprétation fascinante : « Avant l’institution de cette étude quotidienne par le Rabbi, nous n’avions jamais assisté à un tel engouement systématique pour l’étude méthodique de l’œuvre de Maïmonide. Cette initiative constitue ainsi une préparation à l’ère messianique, où selon la prophétie de Maïmonide lui-même, son œuvre occupera une place centrale. »

Ouverture du 45ème cycle sous le signe de la gratitude

L’ouverture du 45ème cycle a été confiée au Rav Yossef Tzvi Tzirkus, enseignant d’exception à la Yeshiva et orateur brillant. Rompant avec l’approche académique traditionnelle, Rav Tzirkus a présenté l’étude quotidienne du Rambam sous un angle novateur.

« Ne considérons pas cette étude comme une obligation supplémentaire imposée par le Rabbi », a-t-il exhorté l’assemblée. « Il s’agit d’un cadeau précieux, d’une transmission de force spirituelle qui nous permet d’embrasser l’intégralité de la Torah en une seule année. Chaque jour, nous avons le privilège de participer à cette entreprise collective qui transcende les frontières et les générations. »

Le témoignage inspirant d’un médecin érudit

Un moment particulièrement touchant de la soirée fut l’intervention du Dr Daniel Goldberg, médecin senior à l’hôpital Shaare Zedek. Malgré un emploi du temps chargé, ce praticien réputé suit fidèlement le cycle d’étude des trois chapitres quotidiens du Rambam depuis dix cycles consécutifs.

« Dans la frénésie de ma vie professionnelle, ce rendez-vous quotidien avec le Rambam constitue une ancre de stabilité et de sens », a confié le Dr Goldberg. « Cette discipline intellectuelle enrichit non seulement ma vie spirituelle mais améliore également ma pratique médicale en m’inculquant une vision holistique de la personne humaine. »

Partageant son expérience personnelle, le médecin a souligné l’importance d’étudier le Rambam tôt dans la journée : « Commencer la journée avec le Rambam, c’est l’aborder avec clarté d’esprit et méthode. J’ai constaté que cette rigueur intellectuelle facilite même mon approche des études talmudiques. »

Le discours magistral du Gaon de Komemiyut

Le discours principal de la soirée a été prononcé par le Gaon Rav Israël Its’hak Mendelson, Grand Rabbin de Komemiyut-Jérusalem et fils du célèbre Gaon Rav Binyamin Mendelson de sainte mémoire.

D’emblée, Rav Mendelson a évoqué son attachement personnel à la Yeshiva Torat Emet, rappelant qu’il y venait régulièrement prier les samedis dans le passé. Il a partagé avec émotion sa rencontre récente avec plusieurs étudiants venus l’inviter à l’événement.

« Chacun des jeunes hommes qui sont venus me voir à mon domicile m’a impressionné par sa maîtrise des textes et son intelligence vive », a-t-il déclaré avec enthousiasme. « Après avoir discuté avec eux de sujets talmudiques complexes, je peux affirmer que chacun d’entre eux a le potentiel de devenir une autorité rabbinique en Israël. »

Rav Mendelson a ensuite évoqué les liens étroits que son père entretenait avec le Rabbi de Loubavitch, partageant une anecdote révélatrice : « Le Rav Its’hak Yehuda Yeruslavski, secrétaire du tribunal rabbinique Habad en Israël, qui a étudié auprès de mon père pendant une période, lui a rendu visite à l’improviste un jour pour recevoir sa bénédiction avant de partir voir le Rabbi. À sa surprise, il a trouvé mon père plongé dans l’étude passionnée des enseignements du Rabbi. Lorsque Rav Yeruslavski a rapporté ce fait au Rabbi lors d’une audience privée, celui-ci a réagi avec étonnement et admiration, en faisant un geste d’émerveillement : « Rav Binyamin étudie mes discours ?! » »

Le point culminant de l’intervention de Rav Mendelson fut son analyse brillante de passages difficiles du Michné Torah qui posent des défis d’interprétation selon les commentateurs ultérieurs. Avec une éloquence exceptionnelle, il a proposé des explications originales éclairées par la perspective hassidique, engageant un débat animé avec Rav Shmuel Peresman, l’un des plus éminents mashpi’im (mentors spirituels) de la Yeshiva, connu pour ses cours profonds sur la philosophie hassidique et ses Farbrenguen (rassemblements hassidiques).

Cet échange intellectuel vibrant, auquel se sont joints plusieurs étudiants, s’est poursuivi pendant plus d’une heure, transformant la cérémonie formelle en un véritable beit midrash (maison d’étude) où la Torah était disséquée et célébrée simultanément.

Réjouissances traditionnelles et « hakafot »

La cérémonie officielle s’est conclue par des chants de joie traditionnels célébrant l’achèvement d’un cycle d’étude de la Torah. Cette soirée faisait suite à un farbrengen qui s’était tenu à Torat Emet lors du Chabbat Terouma, en présence de Rav Peresman et du Rav Ginzburg de Borough Park (New York).

Ce rassemblement sabbatique s’était terminé de façon spectaculaire par des « hakafot » (processions circulaires) où les participants avaient dansé pendant une heure entière avec un exemplaire du Michné Torah du Rambam, dans une atmosphère rappelant la fête de Simhat Torah.

 


LE CYCLE D’ÉTUDE DU RAMBAM

Institué par le Rabbi de Loubavitch en 1984 (5744), ce programme d’étude mondiale propose trois voies d’étude quotidienne de l’œuvre monumentale de Maïmonide (1138-1204) :

  • Trois chapitres par jour, permettant de compléter l’ensemble du Michné Torah en un an
  • Un chapitre par jour, complétant le cycle en trois ans
  • L’étude quotidienne du Sefer HaMitzvot (Livre des Commandements) en parallèle

Cette initiative vise à unifier le peuple juif à travers l’étude d’une œuvre qui codifie l’ensemble de la loi juive, avec la particularité d’inclure également les lois qui ne s’appliquent que pendant l’ère messianique, créant ainsi une anticipation spirituelle de la rédemption finale.

 

Reportage : Les excellents élèves de la branche « Hapanasaim » de Lod en excursion spéciale au Mont Hermon

Reportage : Les excellents élèves de la branche « Hapanasaim » de Lod en excursion spéciale au Mont Hermon

Environ 120 jeunes de « Tsivot Hashem » (les Armées de Dieu), élèves exceptionnels de la branche « Hapanasaim » de Lod, se sont dirigés vers le nord d’Israël à l’occasion de Shoushan Pourim pour une excursion spéciale, « conquérant » symboliquement le mont Hermon. Cette sortie récompense leur engagement et leurs performances exceptionnelles tout au long de l’année.

Par David Elmaleh
Correspondant spécial en Israël
Le 17 mars 2025

HERMON — Ils étaient environ 120 garçons, le visage rayonnant et le cœur battant, à monter dans les bus ce matin de Shoushan Pourim. Destination : le mont Hermon, sommet emblématique d’Israël. Ces jeunes garçons, âgés de 8 à 13 ans, sont tous membres d’élite de la branche « Hapanasaim » du mouvement éducatif « Tsivot Hashem » de Lod.

Une récompense exceptionnelle pour des efforts soutenus

« Ce voyage représente l’aboutissement de mois d’efforts pour ces jeunes », explique Rav Yossi Cohen, directeur de la branche locale, rencontré sur place. « Certains ont dû surmonter d’importantes difficultés personnelles et scolaires pour atteindre l’excellence que nous célébrons aujourd’hui. »

Pour mériter cette sortie, les participants ont été sélectionnés sur des critères stricts : assiduité aux activités extrascolaires, résultats exemplaires dans leurs études religieuses et comportement irréprochable. Un défi de taille que ces jeunes ont relevé avec brio.

« J’ai pris des photos pour mon grand-père »

Moshe, 12 ans, les yeux encore émerveillés par sa journée, nous confie : « Quand j’ai appris que j’étais sélectionné, j’ai sauté de joie pendant au moins dix minutes ! À la maison, mes parents étaient tellement fiers qu’ils ont organisé un petit dîner spécial. »

Ce qui l’a le plus impressionné ? « Être au sommet et voir trois pays en même temps. Mon grand-père me parlait souvent du Hermon, mais je n’imaginais pas que c’était si grand et si beau. J’ai pris plein de photos pour lui montrer. »

Pour lui, les sacrifices consentis valaient largement cette récompense : « Parfois, quand mes amis allaient jouer dehors, je devais rester pour terminer mes devoirs. Mais maintenant, je sais que ça valait vraiment le coup ! »

Première rencontre avec la neige

« C’était ma première fois dans la neige ! », s’exclame Yossi, 10 ans, les joues encore rougies par le froid. « Au début, j’étais surpris, mais c’était tellement amusant de faire des boules de neige. J’ai même construit un petit bonhomme de neige avec mon ami Ari. »

Le garçon raconte avoir surmonté sa peur du téléphérique grâce aux récits de Rav Cohen : « Il nous a expliqué pourquoi cette montagne est importante dans notre histoire et comment elle protège Israël. »

Pour Yossi, cette journée fut aussi une leçon de géographie inattendue : « Je ne savais pas qu’il pouvait neiger en Israël alors qu’à Lod il fait chaud ! C’est comme si on avait voyagé dans un autre pays. »

Des responsabilités pour les aînés

À 13 ans, Eli fait partie des élèves les plus âgés du groupe. Cette sortie revêtait pour lui une signification particulière : « Cette année était ma dernière chance de participer avant de passer au programme pour adolescents. J’ai redoublé d’efforts pour y arriver. »

Une dimension supplémentaire s’est ajoutée à son expérience : « Les organisateurs m’ont demandé d’être ‘grand frère’ pour trois élèves plus jeunes pendant la journée. J’étais nerveux au début, mais finalement, c’était gratifiant de les aider. »

La vue panoramique du sommet a également suscité chez lui une réflexion plus mature : « J’ai pu voir jusqu’au Liban et à la Syrie, et ça m’a fait réfléchir sur notre situation en Israël. C’est différent d’en entendre parler aux informations et de voir réellement ces frontières de ses propres yeux. »

Un programme aux multiples bénéfices

Yossi Levy, Coordinateur pédagogique du programme, souligne les transformations qu’elle observe chez les participants : « Prenez David par exemple, il y a six mois, il était timide et renfermé. Aujourd’hui, je l’ai vu prendre l’initiative d’aider les plus jeunes dans le téléphérique et partager son enthousiasme avec tout le monde. »

Pour lui, le programme développe bien plus que des connaissances : « Observer comment les enfants s’organisent entre eux pour partager un chocolat chaud ou s’entraider sur la luge, c’est la preuve que notre méthode porte ses fruits. Ces moments informels sont souvent plus formateurs que nos leçons structurées. »

Un regard professionnel sur l’expérience

Présent comme conseiller, Dr. Shlomo Stern, psychologue scolaire, analyse les bénéfices de cette sortie : « Dans mon travail avec les enfants de Lod, je constate souvent les effets du stress. Cette sortie en nature offre une pause essentielle et thérapeutique. »

Il a observé avec intérêt les dynamiques de groupe se transformer : « Des enfants habituellement en marge se sont retrouvés au centre de l’attention pour leurs compétences, comme Shmuel qui a montré à tous comment faire une luge parfaite. Ces moments de reconnaissance par les pairs sont inestimables pour le développement de l’estime de soi. »

Selon la spécialiste, ces expériences créent des « souvenirs d’ancrage » – des moments forts qui serviront de référence positive dans leur parcours éducatif : « Quand un enfant sera confronté à un défi à l’avenir, il pourra se rappeler : ‘Si j’ai pu conquérir le Hermon, je peux surmonter cette difficulté aussi’. »

« Notre véritable réussite »

En fin de journée, alors que le soleil se couchait sur les pentes enneigées, Rav Cohen a rassemblé le groupe pour une réflexion collective. « Cette montagne que vous avez conquise aujourd’hui restera dans vos cœurs », a-t-il déclaré aux jeunes. « Et chaque fois que vous ferez face à un obstacle dans votre vie, souvenez-vous que vous avez déjà prouvé votre capacité à atteindre les sommets. »

Épuisés mais enthousiastes, les 120 jeunes ont repris le chemin de Lod, emportant avec eux bien plus que des souvenirs. Comme l’a si bien exprimé Yossi Levy avant de monter dans le bus : « Notre véritable réussite ne se mesure pas à la hauteur du Hermon que nous avons gravi aujourd’hui, mais à la hauteur des ambitions que nous avons suscitées dans le cœur de ces enfants. »


LE MOUVEMENT « TSIVOT HASHEM »

« Tsivot Hashem » (Les Armées de Dieu) est un mouvement éducatif mondial fondé en 1980 par le Rabbi de Loubavitch, proposant un cadre d’activités extrascolaires pour les enfants juifs. La branche « Hapanasaim » de Lod est particulièrement active dans cette ville israélienne à population mixte, offrant un encadrement structuré pour les jeunes de la communauté.

Le nom fait référence à un verset biblique où les enfants d’Israël sont décrits comme les « armées de Dieu », symbolisant non pas une vocation militaire mais une mission d’amélioration du monde par des actions positives quotidiennes.

 

Kiev : Des soldats juifs quittent le champ de bataille pour les célébrations de Pourim

Kiev : Des soldats juifs quittent le champ de bataille pour les célébrations de Pourim

Dans le contexte des négociations de cessez-le-feu en Ukraine, des combattants juifs sont venus directement du front pour célébrer Pourim avec la communauté juive de Kiev dirigée par le Grand Rabbin Yonatan Markovitch.

 

16 mars 2025 – 16 Adar 5785

Les célébrations de Pourim de cette année dans la communauté juive de Kiev se sont déroulées sous l’ombre des négociations de cessez-le-feu entre l’Ukraine et la Russie, avec la médiation des États-Unis. Dans ce contexte, l’une des scènes les plus émouvantes a été l’arrivée d’un groupe de soldats juifs qui ont reçu une permission spéciale du front pour participer aux événements de Pourim.

À la principale synagogue de la ville – le Centre communautaire juif Beth Menahem – dirigée par le Grand Rabbin de la ville, le Rav Yonatan Markovitch, des centaines de membres de la communauté se sont rassemblés pour la lecture de la Meguila. Aux côtés des résidents de la ville, les soldats en uniforme se distinguaient, étant arrivés directement du champ de bataille.

« C’était une scène particulièrement émouvante, » a déclaré un membre de la communauté. « Des soldats qui étaient encore hier dans les tranchées au front, assis aujourd’hui dans la synagogue, écoutant la Meguila et participant à la célébration de la fête. »

Parmi les participants à l’événement principal figuraient le chef de la Direction principale du renseignement d’Ukraine et conseiller du Président, le Général Budanov, l’ambassadeur israélien Michael Brodsky, le Consul honoraire d’Israël, le responsable de l’Agence juive en Ukraine, ainsi que de hauts responsables militaires et politiques ukrainiens.

« Je suis venu spécialement du front est, j’ai voyagé presque 12 heures pour être ici aujourd’hui, » a déclaré le Capitaine Igor, un soldat juif de l’armée ukrainienne. « L’opportunité de célébrer Pourim avec la communauté juive est un moment de lumière pendant une période difficile. Cela me rappelle pourquoi nous nous battons – pour notre liberté, pour le droit de vivre nos vies et de maintenir nos traditions. »

La communauté juive de Kiev a organisé des activités de Pourim dans plusieurs cercles cette année. Parallèlement aux événements principaux, le Rabbin Markovitch, qui sert également comme Rabbin du Service pénitentiaire ukrainien, a conduit des lectures de la Meguila dans des centres de détention et organisé des Michloa’h Manot (cadeaux de nourriture traditionnellement échangés durant Pourim) pour les détenus juifs à travers le pays.

En même temps, des bénévoles de la communauté ont visité les domiciles de personnes âgées et malades qui ne pouvaient pas participer aux événements, distribuant des Michloa’h Manot. Des activités spéciales ont été dédiées aux soldats restés au front, à qui des Michloa’h Manot et des colis cadeaux ont été envoyés.

Le Rav Yonatan Markovitch, Grand Rabbin de Kiev, a résumé les événements de Pourim : « En ces jours de discussions sur un cessez-le-feu, la présence émouvante de soldats juifs venus du front symbolise la résilience du peuple juif. Pourim nous enseigne que même dans les moments les plus difficiles, il y a de la place pour la foi et l’espoir. Le message de ‘lo yichra v’lo yishtachaveh’ (לא יכרע ולא ישתחווה – ‘il ne s’agenouillerait pas et ne se prosternerait pas’) est plus pertinent aujourd’hui que jamais. Nous continuons à maintenir notre tradition, forts dans notre foi. »

 

Réouverture du Terminal 1 de l’Aéroport Ben Gourion avant l’afflux de Pessa’h

Réouverture du Terminal 1 de l’Aéroport Ben Gourion avant l’afflux de Pessa’h

L’Aéroport International Ben Gourion d’Israël s’apprête à rouvrir son Terminal 1, avec 1 300 vols attendus pour arriver en Terre Sainte juste à temps pour Pessah. Voici les compagnies aériennes qui proposent actuellement des vols vers et depuis Israël, et celles qui ne le font pas encore.

L’Aéroport Ben Gourion va rouvrir son Terminal 1 lors de la dernière semaine de mars, en prévision d’une hausse du trafic attendue pendant la période des fêtes de Pessah.

Cette annonce intervient alors que les voyages aériens vers Israël sont de nouveau en hausse, ou du moins, se préparent à l’être. Les tensions entre Israël et ses voisins ont commencé à diminuer (quelque peu) et les compagnies aériennes internationales ont, à leur tour, commencé à annoncer leur retour respectif dans ce pays du Moyen-Orient.

Comme détaillé dans notre liste constamment mise à jour des compagnies aériennes desservant Israël, la majorité des transporteurs ont repris leurs vols vers le pays, et plusieurs autres — notamment Delta, British Airways, Cathay Pacific, Iberia et United Airlines — devraient revenir dans les mois précédant juin.

Trafic Important Prévu en Avril

Le Terminal Un de Ben Gourion gérera plus de 1 377 départs en avril, selon les chiffres de l’Autorité Aéroportuaire Israélienne. Ces vols — qui seront assurés par diverses compagnies dont El Al, Arkia, Israir, Wizz Air, Ryanair et EasyJet — représenteront environ 25% du trafic total de passagers au départ de l’aéroport.

L’IAA a entamé une vague d’embauches en prévision de la saison des fêtes de printemps, recherchant des dizaines de nouveaux employés pour les opérations et la sécurité.

La réouverture du terminal fait suite à sa dernière fermeture en novembre 2024 pour des réparations. Le terminal avait initialement été fermé après les événements du 7 octobre 2023, et est resté ainsi jusqu’à une brève réouverture en juin dernier.

Compagnies Aériennes Desservant Israël

La liste ci-dessous est susceptible de changer à mesure que les événements continuent de se dérouler, mais voici un aperçu de la situation des compagnies aériennes vis-à-vis d’Israël, au 2 mars 2025 :

Compagnies proposant actuellement des vols vers et depuis Israël (par ordre alphabétique) :

  • Aegean Airlines (Europe)
  • Air Baltic (Europe)
  • Air Europa (Europe)
  • Air France (Europe)
  • Air India (Asie)
  • Arkia (Europe, Moyen-Orient) – nouvelle route directe (New York vers Tel Aviv) disponible depuis février 2025
  • Austrian Airlines (Europe)
  • Azerbaijan Airlines (Europe)
  • Blue Bird (Europe, Moyen-Orient)
  • Biz Airlines (Europe)
  • Brussels Airlines (Europe)
  • Bulgaria Air (Europe)
  • Corendon Airlines (Moyen-Orient)
  • Cyprus Airways (Europe)
  • El Al (Europe, Amérique du Nord, Asie, Afrique)
  • Ethiopian Airlines (Afrique)
  • Etihad Airways (Moyen-Orient)
  • Eurowings (Europe)
  • FlyDubai (Moyen-Orient)
  • Georgian Airways (Europe)
  • Hainan Airlines (Asie)
  • Heisaki (Europe)
  • Israir (Europe, Moyen-Orient)
  • ITA (Europe)
  • KLM (Europe)
  • LOT (Europe)
  • Lufthansa (Europe)
  • Smart Wings (Europe)
  • Sun D’Or (Moyen-Orient)
  • Swiss Airlines (Europe)
  • TAP Air Portugal (Europe)
  • TUS Airways (Europe, Moyen-Orient)
  • Virgin Atlantic (Europe)
  • Wizz Air (Europe)

Compagnies reportant actuellement leurs vols vers Israël :

  • Air Canada (Amérique du Nord) – reprise des vols en juin, avec une nouvelle liaison directe vers Toronto, suivie de vols vers Montréal en août
  • American Airlines (Amérique du Nord) – vols annulés jusqu’en septembre 2025
  • British Airways (Europe) – vols directs (Tel Aviv vers Londres) reprenant le 5 avril
  • Cathay Pacific (Asie) – vols vers Israël reportés jusqu’au 27 mai
  • Croatia Air (Europe) – vols annulés pour une durée indéterminée
  • Delta (Amérique du Nord) – vols directs de New York vers Israël reprenant le 1er avril
  • Easyjet (Europe) – vols vers Israël annulés au moins jusqu’au 29 mars
  • Emirates (Moyen-Orient) – vols suspendus pour une durée indéterminée
  • Finnair (Europe)
  • Iberia (Europe) – vols suspendus jusqu’au 1er avril
  • Icelandair (Europe) – vols suspendus pour une durée indéterminée
  • Korean Air (Asie) – vols suspendus pour une durée indéterminée
  • Ryanair (Europe) – reprise des vols prévue pour l’été 2025
  • Transavia (Europe) – vols annulés jusqu’après mars 2025
  • United Airlines (Amérique du Nord) – reprise des vols le 15 mars (Newark vers Tel Aviv), avec une seconde liaison directe débutant le 29 mars
  • Vueling (Europe) – vols annulés pour une durée indéterminée

 

 

La Fête de Pourim au cœur de Moscou : Une célébration communautaire exceptionnelle

La Fête de Pourim au cœur de Moscou : Une célébration communautaire exceptionnelle

La grande synagogue centrale et le centre juif « Marina Rochtcha », situés au cœur de Moscou, dressent un bilan très positif des festivités de Pourim cette année. Ces célébrations, qui se sont déroulées sans interruption, ont touché toutes les couches de la population de la capitale russe.

 

Les festivités ont débuté par une distribution exceptionnelle de « Kimha DePourya » (aide alimentaire de Pourim), sous forme de grands colis alimentaires. Ces derniers ont été distribués à des milliers de personnes âgées isolées et à des familles nombreuses, une initiative organisée par le « Centre de Bienfaisance Juif Shaarei Tsedek » de Moscou.

Une Affluence Remarquable

Dans l’après-midi du jour de jeûne d’Esther, une foule composée d’hommes, de femmes et d’enfants a commencé à affluer vers la synagogue centrale, magnifiquement décorée et prête à accueillir les masses. Les organisateurs de la communauté ont guidé chaque personne vers sa place pour l’écoute de la lecture de la Meguilah (le rouleau d’Esther), tout en veillant au maintien de l’ordre et du respect des traditions.

Célébrations Officielles

À l’entrée de la fête de Pourim, le directeur de la communauté, le Rav Mordechai Weisberg, a accueilli le public avec un chaleureux message de bienvenue et a détaillé le programme des événements prévus dans les différents étages et halls du grand bâtiment. Il a ensuite invité le Grand Rabbin de Russie, le Rav Berel Lazar, à prononcer un discours central sur l’essence et le contenu de la fête.

Après la lecture de la Meguilah par le lecteur principal, le Rav Meir Kanalsky, un buffet généreux a été servi à tous les participants, tandis qu’un festin spécial était organisé pour les amis et les soutiens de la communauté.

Des Activités Continues

Tout au long de la nuit de Pourim et de la journée suivante, les responsables ont organisé des lectures de la Meguilah en continu, auxquelles ont participé des Juifs venus de toute la ville. Parallèlement, des émissaires se sont rendus aux domiciles des personnes âgées, des personnes isolées, des détenus dans les prisons, et auprès de tous les Juifs, où qu’ils soient, afin de leur permettre d’accomplir les préceptes de la fête.

Élargissement de la Communauté

Une activité particulière a été organisée par l’organisation « Gotov », dirigée par le Rav Shneur Halperin, qui rassemble des centaines de milliers de Juifs russes. Grâce à son action, de nombreux nouveaux visages ont été aperçus et, pour la première fois, ces personnes ont visité la synagogue et découvert les commandements et les coutumes du jour.

Une Conclusion Festive

En fin de journée, les membres de la communauté se sont réunis pour un repas de fête et, en déployant une nappe, ont sanctifié et accueilli le Chabbat, la joie de Pourim se mêlant ainsi à celle du saint Chabbat. Cette combinaison a créé une atmosphère de grande réjouissance, comme Moscou n’en avait pas connu depuis de nombreuses années.