La ville de Tsfat a été le théâtre d’un rassemblement massif ce dimanche pour les obsèques du Rav Yossef Itshak Vilshansky, fondateur et directeur de la Yéchiva Habad de la ville. Selon les chiffres de la police, plus de 3 000 personnes venues de tout Israël ont participé à la Lévaya, dont de nombreux rabbins, émissaires du Rabbi, étudiants actuels et anciens de la Yéchiva, ainsi que des représentants des autorités locales. Le cortège, qui a paralysé le centre-ville pendant plusieurs heures, s’est achevé au cimetière de Tsfat où le Rav a été inhumé après une vie entièrement dédiée à l’éducation juive et à la diffusion des enseignements de la Torah.
TSFAT, ISRAËL — La ville de Tsfat a été le théâtre d’un impressionnant rassemblement ce dimanche alors que plus de 3 000 personnes ont participé à la Lévaya du Rav Yossef Itshak Vilshansky, éminent érudit et directeur de la Yéchiva Habad-Loubavitch de Tsfat, décédé samedi soir à l’âge de 74 ans après une longue maladie.
Selon les estimations de la police, la foule, composée principalement de hassidim de Habad venus de tout le pays, a dépassé les 3 000 personnes, transformant le centre historique de la ville en une mer de kippot noires et de chapeaux traditionnels.
Un cortège funèbre qui a paralysé la ville
La Lévaya a débuté à 11h du hall principal de la Grande Yéchiva Habad-Loubavitch, située au 17 rue Jérusalem, où la dépouille du Rav avait été amenée la veille à minuit. Des centaines de personnes s’étaient relayées tout au long de la nuit pour réciter des Tehilim près du corps, conformément à la tradition juive.
La procession s’est ensuite dirigée vers la synagogue Habad dans le quartier Kiryat Habad de Tsfat, où plusieurs Esped ont été prononcés, avant de se poursuivre vers le cimetière de la ville, où le Rav a été inhumé peu après midi.
Face à l’ampleur de l’événement, la municipalité de Tsfat avait annoncé dès le matin des modifications importantes dans la circulation de la ville. Plusieurs axes majeurs ont été fermés entre 11h30 et 13h15, notamment la rue HaShiva Shazar, la rue du Rav Bistritsky, la zone piétonne de Jérusalem et la rue de la Brigade Yiftach. Le stationnement était également interdit sur le marché municipal, entraînant d’importantes perturbations pour les habitants et les visiteurs.
Une assemblée prestigieuse pour un dernier hommage
Parmi les participants à la Lévaya se trouvaient de nombreuses personnalités éminentes du monde juif orthodoxe : des rabbins de premier plan du mouvement Habad, des émissaires du Rabbi (chlou’him) venus de diverses communautés à travers le pays, des centaines d’étudiants actuels de la Yéchiva ainsi que d’anciens élèves de toutes générations.
Des représentants des autorités locales étaient également présents pour rendre un dernier hommage au Rav Vishansky, notamment le maire de Tsfat et plusieurs membres de l’administration municipale, soulignant ainsi l’influence et le respect dont il jouissait bien au-delà de sa communauté.
Un héritage éducatif exceptionnel
Le Rav Yossef Itshak Vilshansky était une figure emblématique du mouvement Habad en Israël. Né en France en 1951 et orphelin de mère à l’âge de trois ans, il avait été envoyé en Terre Sainte par le Rabbi de Loubavitch en 1976. Un an plus tard, suivant les directives du Rabbi, il fondait la Yéchiva Loubavitch de Tsfat qui allait devenir, sous sa direction, une des plus grandes institutions d’études talmudiques du mouvement Loubavitch dans le monde.
Sa vision éducative révolutionnaire consistait à intégrer dans un même établissement des étudiants issus de familles traditionnelles hassidiques et des jeunes en quête spirituelle revenant au judaïsme, créant ainsi une synergie unique entre différentes sensibilités.
Au fil des décennies, son influence s’est étendue avec la création d’antennes de la Yéchiva à Haïfa, Nof HaGalil et Tel-Aviv, ainsi que d’autres institutions éducatives adaptées à différents publics.
Une succession déjà organisée
Le Rav Vilshansky laisse derrière lui son épouse, Mme Malka Pearl, six fils et deux filles, tous engagés dans des postes de responsabilité au sein du mouvement Habad. Son fils aîné, le Rav Menachem Mendel Vilshansky, qui dirige déjà la branche de Haïfa de la Yéchiva, devrait reprendre la direction de l’institution de Tsfat selon plusieurs sources proches de la famille.
Lors des oraisons funèbres, plusieurs intervenants ont souligné l’impact considérable du Rav Vilshansky sur des milliers de jeunes juifs et sur le renouveau du judaïsme hassidique en Israël. « Son départ laisse un vide immense, mais son héritage continuera à vivre à travers les milliers d’étudiants qu’il a formés et les institutions qu’il a créées », a déclaré l’un de ses anciens élèves, résumant le sentiment général de l’assemblée.
Ce sentiment de continuité était palpable alors que la communauté accompagnait le Rav jusqu’à sa dernière demeure au cimetière de Tsfat, où il a été inhumé.
Une communauté en deuil mais déterminée
Si la tristesse et l’émotion était forte parmi les participants, beaucoup ont également exprimé leur détermination à poursuivre son œuvre éducative et spirituelle. « Le Rabbi nous a enseigné que face à la douleur, notre réponse doit toujours être de redoubler d’efforts dans l’étude de la Torah et la pratique des Mitsvot », confiait un jeune étudiant de la Yéchiva à l’issue de la cérémonie.
Dans les jours qui viennent, de nombreuses initiatives d’étude et de prière en sa mémoire seront organisées à travers le réseau des institutions Habad en Israël et dans le monde, tandis que la Yéchiva de Tsfat poursuivra son activité sous une nouvelle direction, fidèle à la vision de son fondateur.
En 1962, Harvey Swados, romancier et critique social américain, a rendu visite au Rabbi de Loubavitch. Il souhaitait connaître les opinions du Rabbi sur des questions liées à l’Holocauste.
Le récit de cette discussion par Swados, paru dans le New York Times une trentaine d’années plus tard, revêt un intérêt particulier aujourd’hui, alors que l’antisémitisme est à nouveau banalisé dans les rues des grandes villes et sur les campus universitaires à travers le pays.
Il a commencé la conversation en interrogeant le Rabbi sur le comportement des masses allemandes. À la grande surprise du romancier, le Rabbi « n’a fait aucune référence à des abstractions, qu’elles soient théologiques ou philosophiques. Il a plutôt pointé les réalités politiques. »
Swados a demandé au Rabbi s’il était donc de son avis « que la tragédie n’était pas une visitation unique sur le peuple juif, et qu’elle pourrait se reproduire? »
« Morgen in der fruh. Demain matin, » répondit-il sans hésitation. Une déclaration surprenante, peut-être, venant du Rabbi, qui était connu pour son optimisme inébranlable.
Et lorsque Swados a demandé au Rabbi pourquoi il en était si certain, ce dernier « n’a pas parlé de façon mystique, et n’a pas non plus insisté sur le caractère national allemand et sa supposée affinité pour la haine des Juifs.
« Il a plutôt insisté sur l’obéissance des Allemands à l’autorité et leur exécution sans questionnement des ordres – même les plus bestiaux – comme un phénomène culturel-historique qui était le produit de nombreuses générations d’inculcation délibérée. »
Le Rabbi a ensuite retourné les questions vers son visiteur et lui a demandé comment il expliquait « la survie du judaïsme pendant trois millénaires. » En réponse, Swados a évoqué « la force négative de la persécution [qui] a certainement rapproché les gens. » Il n’était pas sûr, dit-il, qu’en l’absence d’une telle persécution, notre judéité ne se désintégrerait pas.
Le critique social avait peut-être mis le doigt sur quelque chose.
Après tout, les Juifs se rassemblent effectivement lorsqu’ils sont menacés. Sous la menace, des Juifs de divers courants s’unissent. Les étudiants viennent chez Habad et dans d’autres lieux juifs. Des personnes qui n’avaient jamais fréquenté des espaces communautaires juifs auparavant cherchent des moyens de donner et de recevoir du soutien. Et cette solidarité est louable.
Mais cela suscite une réflexion : qu’adviendrait-il de la continuité juive si nous n’étions pas isolés par une telle haine ? La persécution est-elle en quelque sorte essentielle au projet de continuité juive ?
Maintenant, alors que les forces négatives se font menaçantes, il est bon de nous rappeler que la vie juive ne naît pas d’une énergie négative, mais plutôt des forces fertiles d’une communauté qui partage un engagement envers nos valeurs historiques, qui tire force, vitalité et joie réelle de notre héritage intellectuel et spirituel.
À présent, la réponse des shluchim de Habad à chaque événement négatif est familière, au point, peut-être, de sembler un cliché. Mais l’augmentation des actes de bonté souligne réellement notre conviction que nous n’avons pas besoin d’être persécutés pour être juifs ; que nous tirons notre force et notre vitalité de la lumière.
Une force négative, insistait le Rabbi dans sa conversation avec M. Swados, ne pourrait absolument pas être la seule réponse à notre continuité.
Le Rav Yossef Itshak Vilshansky, fondateur et directeur de la yeshiva Loubavitch de Tsfat, s’est éteint Chabbat 8 Adar 5785 à l’âge de 74 ans, après une longue maladie.
Né en France en 1951, orphelin de mère à l’âge de trois ans, rien ne prédestinait ce jeune homme à devenir l’une des figures les plus influentes du mouvement Habad-Loubavitch en Israël. Pourtant, son parcours remarquable et sa détermination l’ont conduit à bâtir un empire éducatif dont l’influence dépasse largement les frontières de la ville mystique de Tsfat.
Un parcours exceptionnel
Élevé par son grand-père, l’émissaire Rav Alexander Sender Menkin, le jeune Yossef Itshak a reçu une éducation traditionnelle hassidique en France avant de rejoindre le siège mondial du mouvement Loubavitch à New York en 1969-1970.
Sa vie a pris un tournant décisif en 1976 lorsque le Rabbi l’a envoyé en Israël dans le cadre d’un groupe d’émissaires chargés de renforcer la présence du mouvement en Terre Sainte.
« Il était animé d’une mission claire et d’une foi inébranlable », témoigne un proche collaborateur. « Pour lui, l’éducation était le pilier central sur lequel construire l’avenir du judaïsme. »
Bâtisseur infatigable
En 1977, à peine un an après son arrivée en Israël, le Rav Vilshansky a fondé la yeshiva Habad de Tsfat, un établissement qui allait devenir, sous sa direction, la plus grande institution d’études talmudiques du mouvement Loubavitch dans le monde.
Sa vision éducative était révolutionnaire pour l’époque : intégrer dans un même établissement des étudiants issus de familles traditionnelles hassidiques et des jeunes en quête spirituelle revenant au judaïsme. Cette approche inclusive a permis à des milliers d’étudiants de bénéficier d’une éducation juive de qualité dans un cadre respectueux des traditions.
Au fil des années, son influence s’est étendue avec la création d’antennes de la yeshiva à Haïfa, Nof HaGalil et Tel-Aviv, ainsi que d’autres institutions éducatives adaptées à différents publics.
Un héritage assuré
Le Rav Vilshansky laisse derrière lui une famille entièrement dévouée à la poursuite de son œuvre. Ses six fils et deux filles, ainsi que leurs conjoints, occupent tous des postes de responsabilité au sein du mouvement Habad, assurant ainsi la pérennité de sa vision.
Son fils aîné, le Rav Menachem Mendel Vilshansky, qui dirige déjà la branche de Haïfa de la yeshiva, devrait reprendre le flambeau à Tsfat selon plusieurs sources proches de la famille.
« Son départ laisse un vide immense, mais son héritage continuera à vivre à travers les milliers d’étudiants qu’il a formés et les institutions qu’il a créées », a déclaré l’un de ses anciens élèves.
Il laisse derrière lui son épouse, Mme Malka Pearl (née dans la famille du Rav Moshe Ashkenazi).
Ses fils:
Rav Menachem Mendel Vilshansky – Rav de la communauté Neve Geula, directeur spirituel et responsable de la yeshiva Habad Loubavitch de Haïfa
Rav Meir Vilshansky – Directeur spirituel, enseignant et inspirateur à la yeshiva Habad Loubavitch de Safed
Rav Haïm Eliezer Vilshansky – Responsable des yeshivas Hanokh Lena’ar de Safed
Rav Shmuel Alexander Sender Vilshansky – Émissaire du Rabbi, directeur de l’institut de sémikha (ordination Rabbinique) à Milan, Italie
Rav Israël Shneur Zalman Vilshansky – Conférencier et l’un des directeurs de la petite yeshiva Habad Loubavitch de Safed
Rav Betzalel Vilshansky – Émissaire du Rabbi dans le quartier Pninat HaCarmel à Haïfa, enseignant à Tomchei Tmimim Krayot et conférencier à l’institut Lema’an Yilmedu, branche Nefesh Haya
Ses filles:
Mme Zlateh, épouse du Rav Shmuel Shlomo Lifshitz – Enseignant à la yeshiva Tomchei Tmimim de Migdal HaEmek et membre du conseil d’administration de l’organisation Yad L’Achim
Mme Haya Mushka, épouse du Rav Levi Yitzchak Niselvich – Inspirateur principal et membre du conseil d’administration de la petite yeshiva Habad Loubavitch de Safed.
Lecture des Tehilim à la Yeshiva Habad Loubavitch de Tsfat ce soir à minuit : 17 rue Jérusalem, Tsfat, jusqu’aux funérailles.
Les funérailles auront lieu demain (dimanche) à Tsfat à 11h du matin et partiront du hall de la Grande Yeshiva de Tsfat, en direction de la synagogue Habad dans le quartier Kiryat Habad de Tsfat, puis se poursuivront vers le cimetière de Tsfat où il sera inhumé.
Les funérailles du Rav Vilshansky modifient la circulation à Tsfat
Le service de communication de la mairie de Tsfat a publié ce matin (dimanche) une annonce concernant les modifications de circulation suite aux funérailles du Rosh Yeshiva de Habad Loubavitch à Tsfat, le Rav Yosef Yitzchak Vilshansky, de mémoire bénie.
Dimanche 9 mars
Levaya : Des milliers de participants sont attendus, c’est pourquoi des embouteillages et des changements dans les dispositions de circulation et de stationnement sont prévus dans la ville.
11:30-12:30 1 – רחוב השבעה שז »ר מצומת ההסתדרות. 2 – רחוב הרב ביסטריצקי מכיכר אמית/ג. שושנה.
12:15-13:15 1 – מדרחוב ירושלים מהפניה ימינה אחרי הגשר. 2 – העלייה מכיוון אגד, אחרי צומת הפניה שמאלה לפלמ »ח. 3 – רחוב חטיבת יפתח.
11h30-12h30 :
1 – Rue HaShiva Shazar depuis le carrefour de la Histadrout.
2 – Rue du Rav Bistritsky depuis le rond-point Amit/Gesher Shoshana.
12h15-13h15 :
1 – Zone piétonne de Jérusalem depuis le tournant à droite après le pont.
2 – La montée depuis la direction d’Egged, après le carrefour du tournant à gauche vers Palmach.
3 – Rue ‘Hativat Yiftach.
De plus, le stationnement des véhicules ne sera pas autorisé sur le marché municipal.
Les conducteurs sont priés de faire preuve de patience et de suivre les instructions de la police sur les axes routiers.
La communauté juive de Rome est l’une des plus anciennes au monde, remontant à l’époque de la destruction du Second Temple, voire même avant. De nombreux Juifs sont arrivés dans la ville comme prisonniers lors de la marche triomphale de Titus qui détruisit le Temple. Ils furent installés dans un quartier spécial sur les rives du Tibre, où se trouve encore aujourd’hui le centre de la communauté juive.
Par le Rav Menachem Mendel Lazar • Rome, Italie
Une communauté millénaire
La communauté juive de Rome est l’une des plus anciennes au monde, remontant à l’époque de la destruction du Second Temple, voire même avant. De nombreux Juifs sont arrivés dans la ville comme prisonniers lors de la marche triomphale de Titus qui détruisit le Temple. Ils furent installés dans un quartier spécial sur les rives du Tibre, où se trouve encore aujourd’hui le centre de la communauté juive.
Au cœur de Rome se dresse l’Arc de Triomphe, érigé pour glorifier la victoire de l’Empire sur le peuple juif et la destruction du Temple. Sur cet arc sont gravées des scènes représentant la procession des captifs de Judée et les objets du Temple. Face à l’arc se trouve le Colisée, dont la construction fut achevée par Titus et qui servait aux jeux des païens, où les prisonniers juifs étaient envoyés pour combattre des bêtes sauvages sans aucune arme.
En raison de cette histoire particulière, les Juifs de Rome possèdent un rite de prière spécifique, antérieur aux rites ashkénaze et séfarade – c’est le « rite romain », le plus ancien parmi les rites connus aujourd’hui. Ce rite est celui utilisé dans la Grande Synagogue de Rome et dans d’autres synagogues de la ville. Ses origines remontent aux anciennes liturgies babyloniennes, ainsi qu’à d’anciens rites de la Terre d’Israël.
Pendant des siècles, les Juifs de Rome ont connu des hauts et des bas, mais durant la Shoah, avec la promulgation des lois raciales en Italie, leur situation s’est considérablement détériorée. Ils furent déportés vers les camps d’extermination et beaucoup ne sont jamais revenus. Quelques années plus tard, de nombreux Juifs originaires de Tripoli en Libye s’installèrent dans la ville. Aujourd’hui, cette communauté compte environ 15 000 personnes et constitue la plus grande des communautés juives d’Italie. Elle possède dix synagogues, dont la plus grande et la plus importante est la Grande Synagogue de Rome.
Malheureusement, de nombreux Juifs romains sont assimilés et ne participent pas à la vie communautaire organisée – et c’est vers eux, bien sûr, que les émissaires du mouvement Habad dirigent principalement leurs efforts.
Une mission à Rome
« Je suis né à Milan », raconte le Rav Menahem Lazar, « et naturellement, je parle italien depuis mon plus jeune âge et je connais le mode de vie du pays. C’est pourquoi nous avons pensé qu’il serait approprié pour nous de partir en mission en Italie. Il y a une grande communauté juive dans la ville, dont le noyau central se trouve dans la zone du ghetto juif, à côté de la communauté des Juifs de Tripoli dans la zone ‘Piazza Bologna’ à l’est de la ville, qui a commencé avec les Juifs qui ont fui la Libye sous le règne du tyran Mouammar Kadhafi. »
« Quand nous sommes arrivés ici, nous avons découvert un grand abandon spirituel. Bien que les Juifs aient préservé leur judaïsme en Libye, il s’avère que lorsqu’ils sont arrivés en Italie, beaucoup d’entre eux se sont séparés de la communauté et se sont assimilés parmi les non-Juifs. Nous avons travaillé dur pour les rapprocher, et aujourd’hui, grâce à D.ieu, on constate un grand redressement. »
En 2017, le Rav Menahem Lazar s’est installé dans un grand bâtiment destiné à abriter le Beth Habad sous sa direction. Il y a établi une magnifique salle de prière, une riche bibliothèque d’études juives, une salle pour les repas de Shabbat et les événements, un comptoir d’information pour les touristes juifs et même un poste permanent pour vérifier les Tefilines et mezouzot. Parallèlement, l’un des plus grands défis qu’il a rencontrés était l’absence de mikvé (bain rituel).
« Nous avons été stupéfaits de découvrir qu’il n’y avait pas de mikvé dans toute la région. Il s’est avéré que même les Juifs pratiquants ne considéraient pas cela comme une nécessité vitale, et nous avons donc pensé que nous devions d’abord nous assurer qu’il y ait un mikvé. Et en effet, tout au long du chemin, nous avons vu en cela une grande aide divine. »
Le défi du mikvé
Il fallait d’abord trouver un terrain. Il s’est avéré que la communauté possédait un terrain sur lequel se trouvait un petit bâtiment ancien, et les dirigeants de la communauté l’ont volontiers alloué pour la démolition de l’ancien bâtiment et la construction du mikvé.
« Nous voulions construire un grand et magnifique mikvé », raconte le Rav Menahem Lazar. « Nous avions même prévu un mikvé pour les ustensiles donnant sur la rue, afin qu’il ne soit pas nécessaire d’entrer dans le bâtiment. Une précieuse famille – la famille Fadlon – a accepté, à notre demande, de contribuer aux coûts de construction. Mais lorsque le projet était sur le point de démarrer, la municipalité a rejeté le plan, arguant que le nouveau mikvé dépassait les limites du bâtiment d’origine. Pendant un moment, il semblait que tout l’investissement considérable allait être perdu, jusqu’à ce qu’un expert qui a examiné les permis et les plans découvre qu’en fait, la municipalité de Rome avait approuvé il y a des décennies un bâtiment beaucoup plus grand, mais que la communauté, faute de financement suffisant à l’époque, avait construit un petit bâtiment. À la lumière de cela, nous pouvions maintenant construire le nouveau bâtiment plus grand sur la base de l’ancien permis, sans besoin de nouvelles autorisations. »
Un foyer pour tous les Juifs
Le Beth Habad du Rav Menahem Lazar accueille régulièrement des voyageurs israéliens et des Juifs du monde entier, et comme mentionné, il travaille également auprès des étudiants israéliens qui étudient en Italie. « Il y a une grande population d’étudiants juifs en médecine qui étudient à Rome pour diverses raisons, et nous leur servons de maison pour toutes les questions spirituelles et matérielles. Nous les accueillons pour les Shabbats et divers événements, et nous avons vu de nos propres yeux comment, précisément en diaspora, les cœurs s’ouvrent. Plus d’une fois, des jeunes m’ont témoigné que chez nous, pour la première fois de leur vie, ils ont mis les Tefilines et appris sur le judaïsme », s’émeut le Rav Menahem Lazar. « Quel symbole puissant que ce soit ici à Rome, près de l’Arc de Titus qui célèbre et glorifie la destruction du Temple et de Jérusalem, que des Juifs apprennent sur leur judaïsme et qu’il renaisse ici. »
Le Michloa’h Manot qui atteint l’âme
Voici maintenant une histoire lumineuse liée à la fête de Pourim.
Le Rav Menahem Lazar connaît certes beaucoup de succès dans ses activités et est généralement bien accueilli partout, mais ce ne fut pas le cas avec Alberto (nom fictif). Alberto est l’un des plus grands hommes d’affaires de Rome, contrôlant de nombreuses entreprises en Italie et son nom apparaît souvent dans la presse économique. Le Rav Menahem Lazar avait appris qu’Alberto était un Juif casher, et que son grand-père avait même été un Juif pieux et administrateur de synagogue, mais son père s’était déjà éloigné de ses racines, et Alberto s’était encore plus éloigné, au point qu’il semblait sur le point de se détacher complètement de l’arbre juif. Cependant, tous les efforts du Rav Menahem Lazar pour établir un contact avec lui s’étaient soldés par un échec.
Comme Alberto vivait dans la région de Piazza Bologna, le Rav Menahem Lazar le croisait de temps en temps et essayait de l’intéresser aux activités juives, mais en vain. « Ses connaissances m’ont dit », raconte le Rav Menahem Lazar, « qu’il n’y avait aucune chance avec lui. Il ne s’intéressait à rien de juif et il était inutile d’essayer. L’homme était uniquement absorbé par les affaires, et en effet, quelles que soient mes tentatives pour toucher son cœur, je n’ai pas réussi. »
Une année, le jour de Pourim arriva, et le Rav Menahem Lazar s’y prépara comme il se doit – prière et lecture de la Meguila avec une foule nombreuse à la synagogue, suivies d’un événement spécial pour la communauté et d’un festin de Pourim ouvert à tous, avec des boissons à volonté. Alberto, bien sûr, était absent de tous ces événements.
« À cette époque », dit le Rav Menahem Lazar, « Alberto venait d’ouvrir une nouvelle chaîne de magasins de vêtements – un grand réseau opérant dans toute l’Italie, et des publicités étaient diffusées partout. Il était clair que l’homme était très occupé. »
Néanmoins, pendant la journée de Pourim, alors que le Rav Menahem Lazar distribuait comme à son habitude des Michloa’h Manot (cadeaux de Pourim) aux personnes âgées et à ceux qui avaient du mal à se rendre aux événements communautaires, il passa devant la somptueuse maison d’Alberto. Immédiatement, le Rav Menahem Lazar eut l’idée d’entrer et de lui offrir un Michloa’h Manot. Qui refuserait un cadeau contenant du vin et des chocolats ? Le Rav Menahem Lazar frappa à la porte. Le serviteur ouvrit, et lorsque le Rav dit qu’il souhaitait offrir un Michloa’h Manot au maître de maison pour la fête, celui-ci entra et revint quelques instants plus tard avec un message du maître qui surprit le Rav Menahem Lazar : « Alberto vous invite à entrer. »
Le miracle de Pourim
Le Rav Menahem Lazar entra dans le bureau somptueux d’Alberto, qui l’accueillit avec une joie évidente et quelque peu surprenante. « Je me suis dit », raconte le Rav Menahem Lazar, « que puisque j’étais chez lui, je lui proposerais de mettre les Tefilines. Qu’avais-je à perdre ? Il m’avait dit non mille fois. Peut-être que cette fois serait différente… »
À sa surprise, Alberto accepta cette fois. Il retroussa sa manche, mit les Tefilines et récita le Shema avec grande dévotion. Après avoir terminé, Alberto se tourna vers le Rav Menahem Lazar et dit : « La vérité est que je vous suis très reconnaissant d’être venu me rendre visite, et désormais je souhaite mettre les Tefilines chaque jour. Je veux acheter des Tefilines… » Le Rav Menahem Lazar était stupéfait. « Je ne m’attendais pas à cela », nous dit-il. « J’étais heureux du simple fait qu’il m’ait invité chez lui, qu’il ait accepté le Michloa’h Manot et qu’il ait même accepté pour la première fois de mettre les Tefilines avec moi, mais qu’il veuille acheter des Tefilines ?! J’étais stupéfait et je pensais que vraiment, pendant Pourim, des miracles se produisent. Pourim est placé sous le signe de ‘venahafoch hou’ (et tout fut renversé), et les gens révèlent l’intériorité de leur âme, mais j’étais curieux de savoir comment ce miracle s’était produit. »
Le Rav Menahem Lazar n’avait pas à s’étonner trop longtemps. Alberto lui-même s’assit sur sa chaise et lui dit : « Non seulement je veux mettre les Tefilines chaque jour ; je veux que vous m’enseigniez ce qu’est le judaïsme et comment je dois être un meilleur Juif. Je souhaite apprendre de vous et participer à des cours sur le sujet. »
Le Rav Menahem Lazar attendait une explication qui ne tarda pas à venir. « Écoutez, Rabbin », expliqua Alberto, « je ne sais vraiment rien sur le judaïsme. Je ne me souviens même pas si on m’a fait une bar-mitsva. Mais il y a quelques semaines, ma première petite-fille est née, et le jour de sa naissance, je l’ai regardée et j’ai pensé : voilà, ce bébé est la continuation de mes générations, je suis son grand-père, pour la première fois j’ai une troisième génération. Mais quand elle grandira et que je lui dirai que je suis juif et qu’elle l’est aussi, et qu’elle me demandera ‘Que signifie être juif ?’ – je ne saurai rien lui répondre. Et si je ne lui dis pas, qui lui dira ? J’avais un grand-père pieux, un Juif dont je me souviens encore avec affection, mais qui suis-je, moi ?! »
« Je me suis dit », conclut Alberto avec émotion, « que je devais en apprendre davantage sur mon judaïsme. Le problème, c’est que je suis justement en train d’ouvrir une nouvelle chaîne de mode, et je n’ai soi-disant pas de temps pour cela maintenant. J’ai repoussé et repoussé encore, mais voilà que vous êtes arrivé, vous avez frappé à la porte, vous êtes entré et m’avez proposé un Michloa’h Manot – eh bien, j’ai immédiatement saisi l’occasion. »
Une renaissance spirituelle
En fin de compte, ce Pourim a marqué le début d’une merveilleuse amitié entre le Rav et ce Baalé Techouva sincère. Le Michloa’h Manot de vin et de chocolats s’est transformé en un don spirituel dont la saveur ne s’est jamais estompée.
« Alberto a commencé à mettre les Tefilines chaque jour, et bien sûr, je lui en ai immédiatement acheté. Il a commencé à participer à des cours, à assister aux prières à la synagogue et est devenu depuis l’un des piliers magnifiques de la communauté, parfois accompagné de sa famille et de sa petite-fille. »
« Même dans son monde des affaires, Alberto sanctifie le nom de D.ieu », ajoute le Rav Menahem Lazar. « Il a organisé un événement d’ouverture pour la nouvelle chaîne, où toute la nourriture servie était strictement casher, et il m’a invité à prononcer des paroles de Torah devant tous les invités importants. De plus, il a décidé d’installer des mezouzot dans tous les magasins de sa chaîne. » C’est véritablement le secret de la puissance du jour de Pourim, où les Juifs dominent leur mauvais penchant.
Plus de trois mille trois cents ans qu’Israël se souvient de « ce qu’Amalek t’a fait ». Dans cette mitsva particulière – « Parshat Zakhor » – nous lisons le commandement divin de ne pas oublier les actions d’Amalek et l’obligation qui nous incombe d’effacer son souvenir de sous les cieux.
Par le Rav Menahem Brod
Il existe un mal tellement élémentaire qu’il est impossible de coexister avec lui, et l’obligation de l’éliminer du monde. Nous entendons les témoignages des victimes qui ont survécu. Nous avons vu les horreurs que ces monstres ont perpétrées dans la joie la plus totale. Et après toutes les morts qu’ils ont causées, ces monstres continuent à effectuer des rituels barbares sur les tombes de nombreux enfants, aux yeux d’une foule immense qui applaudit leurs actes.
Face à nous se dresse une culture de carnage, de cruauté et de mal absolu. Le monde civilisé ne peut tolérer l’existence d’un tel mal. C’est pourquoi ceux qui ont pris les terroristes comme des héros ou des leaders ne peuvent avoir leur place parmi les humains et la civilisation. C’est pourquoi il a été décidé d’appliquer le commandement « Tu effaceras le souvenir d’Amalek de sous les cieux ».
PAS DE DROIT D’EXISTER
Le judaïsme établit une distinction claire entre les peuples, même s’ils sont pécheurs et idolâtres, et Amalek. Les autres peuples peuvent se réformer et il est possible de vivre en paix avec eux. Avec Amalek, aucune paix n’est possible. Son jugement est une destruction totale, jusqu’à ce qu’il ne reste aucun souvenir de ce mal extrême.
C’est pourquoi cette guerre ne peut se terminer par des négociations ou par l’utilisation de l’échiquier politique habituel. Cela nous rappelle aussi la fin de la Seconde Guerre mondiale – l’élimination totale des nazis. Ce n’est pas seulement une question de crainte d’une vengeance supplémentaire, si – à Dieu ne plaise – le mal subsistait encore parmi nous. Si toutes les garanties du monde nous étaient données que cela ne se reproduirait plus (bien qu’il n’y ait pas de telles garanties), il serait quand même interdit de permettre [leur existence].
À L’ATTENTE DU « RENVERSEMENT »
À la lumière de toute cette situation, nous voyons les miracles de D.ieu, en particulier face aux puissants affrontements que les nations du monde et les États-Unis (l’ancien gouvernement) nous ont imposés, comme cela devient de plus en plus évident. Grâce à D.ieu, l’Amérique se tient à nos côtés et voit d’un œil à œil avec nous qu’il est essentiel d’éliminer le mal et d’éduquer les habitants du monde entier.
Ce combat qui se dresse devant nous nous oblige à prendre part au « renversement » comme les Juifs l’ont fait à l’époque, comme il est écrit « les jours où les Juifs ont eu du répit de leurs ennemis ». Jusqu’au grand jour où les ennemis d’Israël ont été vaincus, tandis que « pour les Juifs, ce fut lumière et joie » – ainsi en sera-t-il pour nous, avec l’aide de D.ieu, maintenant et à l’avenir.
Le mois d’Adar est notre mois de chance, et nous mériterons de célébrer ensemble les miracles de la victoire.
Cette semaine, la Yechiva Loubavitch de Cergy, sous la direction du Roch Yechiva Rav Yossef Itshak Dawidowicz, a célébré avec éclat le 44e Siyoum Harambam. Cet événement d’envergure a rassemblé étudiants, invités prestigieux et Rabbanim autour d’un programme exceptionnel spécialement élaboré pour honorer l’achèvement du cycle d’étude quotidienne des œuvres du Rambam, Maïmonide, l’un des plus grands Maître du judaïsme.
Un programme exceptionnel reflétant la richesse des enseignements du Rambam
La cérémonie a débuté par une Siha profonde du Rabbi, magistralement présentée par le Rav Mendel Sitbon. Son interprétation éclairée et accessible a immédiatement plongé l’assemblée dans une atmosphère de recueillement et d’élévation spirituelle, établissant le cadre parfait pour cette célébration d’une grande importance dans le calendrier académique de la Yechiva.
Le moment solennel du Siyoum proprement dit a été confié à Hatamim Dovber Lachkar, qui a conclu avec émotion et érudition le 44e cycle d’étude du Rambam. Sa présentation, à la fois précise et empreinte de révérence, a mis en lumière les derniers enseignements de ce cycle, soulignant leur pertinence intemporelle pour notre époque contemporaine.
Dans la continuité de cette tradition d’étude ininterrompue, Hatamim David Choulsky a eu l’honneur de lancer officiellement le 45e cycle du Michné Torah. Son exposé, enthousiaste et rigoureux, a ouvert de nouvelles perspectives sur l’œuvre monumentale du Rambam, invitant chacun à s’engager avec une ardeur renouvelée dans l’étude quotidienne de ces textes fondamentaux.
Une conférence captivante sur la vie et l’œuvre du Rambam
L’un des moments forts de la journée a été la conférence donnée par R’ Mendele Kulski, משפיע (mashpia) respecté de la Yechiva. S’appuyant sur les Sihot (causeries) du Rabbi de Loubavitch, il a brossé un portrait fascinant de Maïmonide, éclairant sa biographie, son parcours intellectuel et son immense contribution à la pensée juive. À travers des anecdotes peu connues et des analyses profondes, R’ Kulski a su rendre vivante la personnalité complexe du Rambam, médecin, philosophe et décisionnaire halakhique dont l’influence transcende les siècles.
Des invités de marque apportant une dimension supplémentaire
La présence de deux éminentes personnalités a considérablement enrichi cette célébration. Le Rav Moché Vichedtski, Chliah (émissaire) de la communauté Beth Haya Mouchka, a captivé l’auditoire par un Pilpoul (analyse talmudique dialectique) d’une rare profondeur sur une Hala’ha particulière du Rambam. Sa maîtrise impressionnante des sources et sa capacité à établir des connexions entre différents aspects de la pensée maïmonidienne ont suscité d’intenses discussions parmi les participants.
Dans un registre complémentaire, le Rav Binyamin Apelbaum, Chliah et traducteur renommé du Michné Torah en français, a partagé son expérience unique dans l’art délicat de la traduction des textes du Rambam. Il a notamment insisté sur l’importance fondamentale de comprendre le « pshuto shel mikra » – le sens littéral et simple des écrits – comme base indispensable avant d’explorer les niveaux d’interprétation plus profonds. Son intervention a mis en lumière les défis linguistiques et conceptuels que pose la transmission fidèle de la pensée maïmonidienne à un public francophone contemporain.
Un impact spirituel et intellectuel durable
Ce Siyoum exceptionnel a indéniablement suscité une grande satisfaction spirituelle, conformément à la vision du Rabbi qui avait instauré ce cycle d’étude quotidienne du Rambam pour unifier le peuple juif autour d’un même apprentissage. L’enthousiasme palpable des Bahourim (étudiants) présents témoignait de l’impact profond de cette célébration, qui a ravivé leur engagement envers l’étude assidue des textes du Rambam.
Au-delà de la simple commémoration, cette journée a constitué un véritable moment d’unité communautaire et d’élévation intellectuelle collective. Les discussions animées qui se sont poursuivies bien après la conclusion officielle de l’événement attestaient de la vitalité de l’héritage du Rambam et de sa capacité à inspirer la réflexion et le débat même huit siècles après sa disparition.
Perspectives d’avenir pour l’étude du Michné Torah
Nous nourrissons l’espoir sincère que cette célébration mémorable marquera un tournant décisif dans l’engagement des Ba’hourim de la Yechiva Loubavitch de Cergy envers l’étude approfondie du Michné Torah. Les graines semées lors de cet événement promettent de fleurir en un enthousiasme redoublé pour l’exploration des enseignements du Rambam, dans toute leur richesse et leur complexité.
La direction de la Yechiva envisage déjà d’enrichir le programme d’étude avec des sessions supplémentaires dédiées aux commentaires classiques sur le Rambam, ainsi que des ateliers pratiques permettant d’appliquer ses enseignements halakhiques dans la vie quotidienne contemporaine.
Puisse cette célébration du 44e Siyoum Harambam être le prélude à une année d’étude fructueuse et enrichissante, contribuant à perpétuer et à revitaliser l’héritage intellectuel inestimable du Rambam pour les générations futures.
En direct, chaque vendredi, étude du Likoutei Si’hot
avec le Rav Levi Azimov de 10h30 – 11h30 Tél.: +33159423068 – code: 33 41 593 (♯) ET SUR RADIO HASSIDOUT RADIO HASSIDOUT
Tetsavé – Tradition et archéologie Source : Likouté Si’hot volume 26, deuxième Si’ha sur Tetsavé
La controverse du Tsits : Une divergence existe entre la tradition talmudique, qui affirme que l’inscription « Saint pour D.ieu » sur le Tsits était gravée sur deux lignes, et le témoignage de Rabbi Eliezer ben Rabbi Yossi qui déclare avoir vu à Rome un Tsits avec l’inscription sur une seule ligne.
La position de Maïmonide : Il concilie ces positions en statuant que l’idéal est d’avoir l’inscription sur deux lignes, mais qu’une inscription sur une seule ligne reste valide a posteriori.
Parallèle avec la Menorah : Une controverse similaire existe concernant la forme des branches de la Menorah (candélabre), droites selon la tradition, alors que l’Arc de Titus à Rome montre des branches courbes.
Trois approches explicatives :
Selon le Meïri : L’objet vu à Rome n’était pas le véritable Tsits du Temple
Selon Maïmonide : Il s’agissait d’un Tsits valide mais non idéal
Selon le Likouté Si’hot : Il pouvait s’agir d’une imitation ou d’un leurre
Enseignement : Les découvertes archéologiques, même appuyées par des témoignages oculaires, ne peuvent pas remettre en question la tradition massorétique transmise de génération en génération depuis Moïse. Les objets trouvés peuvent être des copies ou avoir été mis de côté précisément parce qu’ils n’étaient pas conformes.
La Paracha Tetsavé, que nous lisons cette semaine, nous plonge dans les détails minutieux de la préparation des vêtements sacerdotaux et du service dans le Tabernacle. Au-delà des descriptions techniques, cette portion de la Torah nous livre des enseignements profonds sur la relation entre l’homme et le divin.
L’Huile Pure pour le Candélabre : La Lumière née de l’Amertume
La Paracha s’ouvre sur le commandement de préparer l’huile d’olive pure pour le candélabre. Seules les olives cueillies au sommet de l’arbre et pressées une unique fois manuellement peuvent produire cette huile destinée à éclairer le sanctuaire.
Comme le soulignent nos Sages, il est remarquable que la plus douce des lumières provienne d’un fruit aussi amer que l’olive. Cette apparente contradiction nous enseigne que la lumière née de l’obscurité transformée brille plus intensément qu’une lumière originelle. De même, la douceur qui émerge de l’amertume surmontée possède une qualité supérieure.
Cette métaphore nous rappelle que nos plus grands accomplissements spirituels proviennent souvent de nos luttes intérieures les plus difficiles. C’est précisément l’effort et la persévérance face à l’adversité qui révèlent la profondeur de notre engagement envers Hachem.
Les Habits Sacerdotaux : L’Extérieur Reflète l’Intérieur
La description détaillée des huit vêtements du Grand Prêtre (le pectoral, l’éphod, le manteau, la tunique, la ceinture, la toque, la plaque frontale et le pantalon) nous enseigne que la dignité extérieure doit refléter l’élévation spirituelle intérieure. Ces vêtements n’étaient pas simplement décoratifs, mais symboliques.
L’éphod et le pectoral, constamment attachés l’un à l’autre, nous rappellent que l’injustice commise envers autrui provient d’un manque de foi authentique. Comme l’expliquent nos Sages, si une personne était véritablement convaincue qu’Hachem gouverne chaque instant de l’existence, elle ne commettrait jamais d’injustice, sachant que toute iniquité sera ultimement redressée.
Le manteau du Grand Prêtre, orné de clochettes et de grenades, nous rappelle quant à lui que même le Juif le plus éloigné de la pratique reste « rempli de mitsvot comme une grenade ». Cette image nous exhorte à toujours voir le bien chez nos frères et sœurs, quelle que soit leur apparence extérieure.
La Cérémonie d’Investiture : L’Humilité comme Préalable
La cérémonie détaillée d’investiture des prêtres, qui s’étendait sur sept jours, comportait plusieurs sacrifices d’expiation. Cette exigence de purification préalable à l’entrée en fonction nous enseigne une leçon fondamentale : dans le domaine spirituel, l’élévation appelle l’humilité et non l’orgueil.
Contrairement aux cérémonies mondaines qui célèbrent le pouvoir et le prestige, l’investiture sacerdotale commençait par reconnaître la fragilité humaine. Nos Sages soulignent d’ailleurs que Moïse dut convaincre Aaron et ses fils d’accepter leur fonction, car les véritables dirigeants spirituels ne recherchent pas les honneurs mais acceptent leurs responsabilités uniquement lorsqu’ils comprennent que c’est à eux qu’incombe cette mission sacrée.
L’Encens et l’Autel d’Or : La Pureté des Intentions
L’autel d’or, destiné uniquement à l’encens, symbolise la prière pure, dépourvue de considérations matérielles. Nos Sages expliquent que l’encens, associé à l’odorat, possède un pouvoir unique pour repousser la mort et l’impureté, car ce sens fut le seul à ne pas être affecté par la faute originelle.
Cette observation nous rappelle que même dans un monde imparfait, il existe des dimensions de pureté intrinsèque que nous pouvons cultiver dans notre service divin. La sincérité de la prière et la pureté des intentions constituent le véritable encens que nous offrons quotidiennement.
Conclusion : Le Service de Hachem au-delà de la Raison
En cette veille de Pourim, la lecture spéciale de Chabbat Za’hor nous rappelle notre obligation de nous souvenir d’Amalek, symbole de l’opposition irrationnelle à la spiritualité. Pour contrer cette attitude, nous devons cultiver un engagement envers Hachem qui dépasse également les limites de la pure raison – un attachement qui jaillit des profondeurs de notre âme.
En méditant sur les leçons de Tetsavé, puissions-nous tous être inspirés à servir Hachem avec une joie authentique qui transcende la raison, illuminant ainsi notre monde comme l’huile pure illuminait jadis le sanctuaire.