Nous sommes tenus, lors des jours de célébration de la foi juive, de nous abstenir de préparer des mets destinés au soir suivant ou au lendemain. Toutefois, lorsque l’une de ces fêtes coïncide avec un vendredi, il est de coutume de préparer, avant le début de la fête, un mets cuit au four ainsi qu’un mets cuit à l’eau. Cette préparation témoigne de notre anticipation, avant même la fête, de la préparation des repas pour le Chabbat.
Ainsi, il convient de préparer une Matsa ou une Pita d’un poids minimum de 27 grammes, accompagnée d’un mets cuit tel que de la viande, du poisson ou un œuf. Au moment de procéder à cette préparation, nous récitons la bénédiction suivante :
« Baroukh Ata Ado-naï Elo-hénou Mélèkh Haolam Achère Kidéchanou Bémitsvotav Vétsivanou Al Mitsvat Erouv. » (« Béni sois-Tu, Éternel, notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui nous as sanctifiés par Tes commandements et nous as ordonné le commandement de l’Erouv. »)
Ensuite, nous prononçons les paroles en araméen qui suivent :
« BÉDÈNE YÉHÉ CHARA LANA LAAFOUYÉ OULVACHOULÉ OULÉATMOUNÉ OULÉADLOUKÉ CHÉRAGUA OULTAKANA OULMÉÉVAD KOL TSOR’HANA MIYOMA TAVA LECHABATA LANA OULE’HOL ISRAËL HADARIM BAÏR HAZOT. »
Que la permission nous soit accordée pour la préparation, la cuisson, la cuisson à l’eau, l’allumage des bougies, l’arrangement et la préparation de tous nos besoins, depuis le bon jour de la fête jusqu’à notre arrivée au Chabbat, pour nous et pour tout Israël, résidant dans cette ville.
Puis on les mettra soigneusement de côté et on les consommera pendant un des repas de Chabbat.
Grâce à cet Erouv, tous les membres de la famille (et les invités) pourront cuire, porter, allumer les bougies et, en général, procéder vendredi à tous les préparatifs pour Chabbat.
À l’aube de 1922, le Rabbi précédent quitte Rostov pour s’installer à Pétersbourg, établissant ainsi le centre du mouvement Habad dans cette ville chargée d’histoire. Ce moment crucial rappelle une mission périlleuse qu’il accomplit dans sa jeunesse, témoignant d’un dévouement sans faille pour la communauté juive. Ce récit extraordinaire illustre jusqu’où le futur sixième Rabbi de Loubavitch était prêt à aller pour protéger l’éducation juive face à l’antisémitisme d’État.
Une mission dictée par le devoir filial
Dans sa jeunesse, le jeune Yossef Its’hak Schneersohn, qui allait devenir plus tard le sixième Rabbi de la dynastie Habad-Loubavitch, fut chargé par son père d’une mission de la plus haute importance. Le Rabbi Rachab, cinquième Rabbi du mouvement, l’envoya à Pétersbourg, alors capitale impériale russe, pour tenter d’annuler un décret menaçant l’éducation juive.
– « Combien de temps dois-je rester à Pétersbourg ? », demanda le jeune Yossef Its’hak, conscient de la difficulté de la tâche.
-« Jusqu’au sacrifice de soi », répondit simplement son père, marquant par ces mots lapidaires la gravité de l’enjeu.
Cette réponse, d’une puissance évocatrice rare, résume parfaitement l’essence même de la philosophie Habad : l’abnégation totale au service de la communauté, jusqu’au risque ultime s’il le faut. Le Rabbi Rachab connaissait les dangers qui guettaient son fils dans la capitale impériale, mais la préservation de l’éducation juive représentait un enjeu si fondamental qu’aucun sacrifice personnel ne pouvait être considéré comme trop grand.
L’éducation juive traditionnelle était en effet la cible privilégiée des autorités tsaristes qui y voyaient, à juste titre, le pilier de la transmission et de la survie identitaire du peuple juif. Les écoles juives, les héderim et les yeshivot étaient régulièrement soumises à des restrictions visant à les affaiblir ou à les contraindre à adopter un programme d’études conforme aux volontés du régime.
À son arrivée dans la capitale, le jeune Yossef Its’hak découvrit que la situation était encore plus critique qu’anticipée : le décret attendait déjà sur le bureau du ministre de l’Intérieur Piotr Stolypine, prêt à être signé. Le destin de l’éducation juive était entre les mains d’un homme connu pour son antisémitisme virulent, qui « organisait personnellement des pogroms ayant coûté la vie à des milliers de Juifs », comme le rapportent les chroniques de l’époque.
Face à l’hostilité du pouvoir russe
Dans la Russie tsariste de cette période, les Juifs vivaient dans une précarité juridique permanente. Confinés principalement dans la Zone de Résidence, ils faisaient l’objet de discriminations systématiques et de violences sporadiques souvent encouragées par les autorités elles-mêmes. L’antisémitisme n’était pas seulement une attitude populaire, mais une véritable politique d’État.
Les décisions importantes reposaient souvent sur les épaules des ministres, le tsar lui-même étant décrit comme « peu perspicace ». Dans les couloirs du pouvoir, on murmurait même que le tsar « n’était pas perspicace du tout », euphémisme diplomatique pour éviter de qualifier plus directement son incompétence. Cette réalité rendait la mission du jeune Yossef Its’hak d’autant plus complexe, car il devait naviguer dans les méandres d’une administration notoirement hostile aux Juifs.
Le ministre Piotr Stolypine incarnait parfaitement cette hostilité institutionnelle. Si l’histoire l’a parfois présenté comme un réformateur, les communautés juives de Russie connaissaient son véritable visage : celui d’un antisémite convaincu dont les politiques avaient directement contribué à l’organisation de pogroms meurtriers. Sa signature sur le décret anti-éducation juive n’était donc qu’une formalité, à moins qu’une intervention extraordinaire ne vienne bouleverser le cours des événements.
Multipliant les rencontres au sein de la communauté juive de Pétersbourg, le jeune Yossef Its’hak cherchait désespérément une ouverture. Les notables juifs, cependant, malgré leur réseau et leur influence relative, semblaient impuissants face à la détermination de Piotr Stolypine. Chaque jour qui passait rapprochait le moment fatidique où le décret serait officiellement promulgué, portant un coup terrible au judaïsme russe.
C’est alors, au moment où tout espoir semblait perdu, que le jeune Yossef Its’hak entendit parler d’un ancien professeur de Piotr Stolypine. Cette information, qui pouvait sembler anodine, représentait peut-être l’unique fil ténu auquel s’accrocher. Après avoir localisé ce professeur âgé, qui vivait modestement dans un quartier périphérique de la capitale, il parvint à établir un contact.
« Malgré ses préventions envers les Juifs, le professeur fut impressionné par l’intelligence et l’érudition du jeune Rabbi », racontent les témoins. Leurs longues conversations sur des sujets profonds créèrent un lien inattendu entre ces deux hommes que tout semblait opposer. Le jeune Yossef Its’hak, formé aux subtilités de la philosophie hassidique et aux profondeurs de la Kabbale, se révéla également versé dans les domaines de la littérature russe et de la philosophie occidentale, surprenant agréablement son interlocuteur.
Au fil des jours, les discussions s’étendirent à des questions existentielles, à la nature de l’homme et à la spiritualité, créant un terrain d’entente intellectuel qui transcendait les différences religieuses et culturelles. Le professeur, homme de principes malgré ses préjugés, reconnut en son jeune visiteur un esprit brillant dont la sagesse dépassait largement son âge.
Lorsque le jeune Yossef Its’hak lui expliqua enfin sa mission et lui demanda d’intercéder auprès de Piotr Stolypine, le professeur fut catégorique : « Même si je lui parlais, ce serait une perte de temps. Je le connais depuis son enfance ; c’est un homme cruel et mauvais, imperméable à toute considération morale lorsqu’il s’agit des Juifs. »
Cette réponse, loin de décourager le jeune Rabbi, le poussa à imaginer une solution plus audacieuse. Touché par la sincérité du jeune homme et probablement aussi par sa détermination, le professeur lui offrit une aide inespérée : « En tant qu’ancien précepteur de Piotr Stolypine, j’ai reçu une autorisation spéciale pour entrer au ministère quand je le souhaite. Je ne peux vous expliquer les graves conséquences qui nous menaceraient si vous étiez découvert, mais j’ai appris à vous estimer. Je suis prêt à vous confier cette autorisation. »
Ce geste, dont le professeur mesurait pleinement les risques, témoignait de l’impact profond que le jeune Yossef Its’hak avait eu sur lui. Il s’agissait littéralement de mettre sa vie entre les mains d’un jeune Juif rencontré quelques jours plus tôt, tant la punition aurait été sévère si la supercherie avait été découverte.
L’acte d’audace inouïe
Le lendemain matin, après une nuit de prière et de réflexion, le jeune Yossef Its’hak prit sa décision. Il se présenta au ministère de l’Intérieur, l’un des bâtiments les plus imposants et les mieux gardés de la capitale impériale. Le contraste était saisissant : un jeune Juif hassidique, avec son apparence traditionnelle si reconnaissable, s’apprêtait à pénétrer dans l’antre même du pouvoir qui opprimait son peuple.
Le garde à l’entrée fut stupéfait de voir ce Juif orthodoxe, reconnaissable à ses péot et sa barbe, avec son accent yiddish prononcé, porteur d’une autorisation aussi rare dans la Russie tsariste. Cette vision incongrue aurait dû immédiatement éveiller ses soupçons. Toutefois, fidèle au principe de ne jamais poser de questions à ses supérieurs hiérarchiques ou à leurs mandataires — principe profondément ancré dans la culture administrative russe — il le laissa néanmoins entrer sans poser de questions.
Les premiers moments dans le bâtiment furent angoissants et désorienteraient. Les couloirs interminables du ministère, conçus précisément pour impressionner et intimider les visiteurs, se ressemblaient tous. « Le jeune Yossef Its’hak se perdit dans ce dédale bureaucratique et dut finalement demander à un employé où se trouvait le bureau du ministre, risquant ainsi d’être démasqué », relate la chronique.
Cette demande de renseignement représentait un risque considérable. Le moindre soupçon, la moindre question sur la légitimité de sa présence aurait pu conduire à son arrestation immédiate et à des conséquences dramatiques, non seulement pour lui-même mais aussi pour le professeur qui lui avait fourni l’autorisation.
Par une coïncidence que les hassidim attribuent naturellement à l’intervention divine, au moment précis où le jeune Yossef Its’hak se dirigeait vers le bureau, Piotr Stolypine en sortait ! Dans un instant de tension extrême, le ministre passa à côté du jeune Rabbi sans lui prêter attention, probablement trop préoccupé par d’autres affaires d’État pour remarquer la présence incongrue de ce visiteur juif dans les couloirs de son ministère. Ce croisement fortuit, qui aurait pu signifier la fin immédiate de la mission, se transforma en opportunité providentielle.
Une fois dans le bureau désert, le jeune Yossef Its’hak découvrit des piles de documents soigneusement organisées sur le bureau ministériel. À côté se trouvaient deux tampons : l’un marqué « Approuvé », l’autre « Rejeté » — outils bureaucratiques d’un pouvoir qui décidait quotidiennement du sort de millions de sujets de l’empire. Il chercha fébrilement parmi les documents et, avec un mélange de soulagement et d’appréhension, trouva le projet de loi menaçant l’éducation juive, prêt à être signé.
Le moment était venu de prendre la décision la plus audacieuse de sa vie. Sans hésiter, guidé par la responsabilité envers son peuple et les paroles de son père résonnant dans son esprit, il saisit le tampon « Rejeté », l’apposa fermement sur le document, puis plaça celui-ci dans la pile des lois rejetées avant de quitter précipitamment les lieux, le cœur battant mais l’âme apaisée par la certitude d’avoir accompli son devoir.
Ce geste audacieux, qui incarnait littéralement le « sacrifice de soi » évoqué par son père, sauva l’éducation juive en Russie d’un coup terrible qui aurait pu avoir des conséquences dévastatrices pour des générations entières.
L’héritage d’un dévouement sans limites
Ce n’était pas la seule fois où le jeune Yossef Its’hak risqua sa vie pour défendre les droits des Juifs dans une Russie de plus en plus hostile à la présence juive. Son parcours est jalonné d’actes de bravoure similaires, chacun témoignant de son engagement indéfectible envers la préservation de la vie juive sous toutes ses formes.
Une autre histoire, moins connue mais tout aussi révélatrice, illustre ce dévouement extraordinaire. Alors que les rencontres avec les notables juifs de Pétersbourg s’étaient avérées infructueuses face à une autre menace législative, il fut décidé que le jeune Yossef Its’hak rencontrerait un ministre influent auprès de Piotr Stolypine, un certain Pobiédonostsev, qui, bien qu’antisémite lui aussi, respectait les hommes de foi et avait accepté de recevoir le jeune rabbi.
La rencontre fut fixée pour un vendredi soir — le début du Shabbat, période sacrée pour les Juifs — dans la banlieue de Pétersbourg, où aucun Juif ne résidait légalement. Cette programmation, probablement délibérée, plaçait le jeune Yossef Its’hak face à un dilemme spirituel considérable. Confronté de surcroît au froid glacial de l’hiver russe, il dut trouver refuge dans une taverne locale avant la rencontre prévue.
« On peut facilement imaginer les heures interminables passées dans cette taverne », raconte-t-on, « entouré d’ivrognes hostiles aux Juifs. Le jeune Yossef Its’hak dut passer le saint Shabbat, jour normalement consacré à la prière et à l’étude, en feignant de participer aux festivités de ces hommes avinés. » Cette expérience, spirituellement éprouvante pour un homme profondément pieux, illustre une nouvelle fois jusqu’où il était prêt à aller pour protéger sa communauté.
Le Rabbi Menachem Mendel Schneerson, gendre du Rabbi précédent et futur septième Rabbi de Loubavitch, commentait ainsi cet épisode : « Mon beau-père a risqué sa vie malgré l’incertitude du succès. Il aurait pu dire que si les cieux avaient décidé d’annuler le décret, celui-ci serait annulé de toute façon, et que si ce n’était pas la volonté divine, même ses efforts seraient vains. Pourtant, quand il a entendu qu’un décret allait nuire aux Juifs, il a ignoré tous les calculs et fait tout ce qu’il pouvait humainement faire. »
Cette remarque du Rabbi Schneerson mérite qu’on s’y attarde, car elle touche à une question fondamentale : celle du rapport entre la providence divine et l’action humaine. Contrairement à une interprétation fataliste qui verrait dans la volonté divine une force rendant inutile l’effort humain, la perspective hassidique présentée ici insiste sur la responsabilité de l’homme d’agir, indépendamment des calculs sur les chances de succès ou même de la certitude que tout est ultimement entre les mains de Dieu.
Des années plus tard, en 1922, le jeune Yossef Its’hak, devenu entre-temps le Rabbi précédent, sixième dirigeant de la dynastie Habad, revint à Pétersbourg pour y établir le nouveau centre du mouvement. Cette ville, où il avait autrefois risqué sa vie pour la communauté, devenait le foyer d’un renouveau spirituel juif sous sa direction. Ce retour symbolique marquait une étape dans ce que la tradition Habad nomme les « dix exils » du mouvement, périple qui conduirait finalement le Rabbi précédent aux États-Unis, où il établirait les fondations du rayonnement mondial actuel du mouvement Loubavitch.
À Léningrad (ancien nom de Pétersbourg à l’époque soviétique), malgré la répression communiste qui avait remplacé l’oppression tsariste, le Rabbi précédent poursuivit son œuvre de préservation du judaïsme, établissant un réseau clandestin d’éducation juive. Cette action s’inscrivait dans la continuité directe de son intervention audacieuse des années plus tôt : la même détermination à préserver l’éducation juive, quelles que soient les circonstances politiques.
« La souffrance des autres doit nous toucher jusqu’au fond de l’âme », enseignait le Rabbi. « Lorsque nous entendons qu’un autre Juif souffre, que ce soit physiquement ou spirituellement, nous ne devrions pas pouvoir rester indifférents. Cette compassion active doit nous pousser à agir, même quand les chances de succès semblent minces. » Ces paroles résonnent comme le testament spirituel d’un homme qui incarnait pleinement cette valeur, n’hésitant jamais à mettre sa propre sécurité en péril pour défendre sa communauté face à l’oppression.
L’héritage du Rabbi précédent perdure aujourd’hui à travers le réseau mondial d’émissaires. Chaque école juive établie dans un environnement hostile, chaque initiative pour préserver les traditions juives face à l’assimilation ou l’oppression, s’inscrit dans la lignée directe de ce courage exemplaire manifesté dans les couloirs du ministère de l’Intérieur tsariste. C’est ce même esprit de détermination et de sacrifice qui anime les milliers d’émissaires Habad qui s’établissent aujourd’hui aux quatre coins du monde pour raviver la flamme du judaïsme, perpétuant ainsi la mission historique du jeune Yossef Its’hak : assurer la survie et l’épanouissement de l’éducation et de la vie juives, quels que soient les obstacles.
Parmi les grandes figures qui ont façonné le mouvement Habad-Loubavitch, Rav Hillel de Paritsh (1795-1864) occupe une place singulière, incarnant le modèle parfait du hassid dans toute sa splendeur. Dans le lexique Habad, son nom est devenu plus qu’une simple référence historique : un concept en soi, définissant l’archétype idéal du disciple accompli. Son influence reste vivace dans la tradition hassidique, où il est vénéré tant pour sa profondeur intellectuelle que pour son authenticité spirituelle exceptionnelle.
De prodige talmudique à chercheur spirituel
Né en 1795 dans la petite ville de Khometz, entre la Russie et l’Ukraine, au sein d’une famille affiliée au courant hassidique de Tchernobyl, Rav Hillel manifesta dès son plus jeune âge des capacités intellectuelles extraordinaires. Surnommé « le génie de Khometz », il maîtrisait l’ensemble du Talmud et des décisionnaires à seulement 13 ans, s’immergeant également dans les profondeurs de la Kabbale et adoptant les techniques méditatives de l’Ari Zal.
Selon la tradition hassidique, Rav Hillel se maria très jeune, à l’âge de 11 ans, avant même sa bar-mitsva, ce qui lui valut le surnom de « Hol Hamoed’nik » (comme les jours intermédiaires des fêtes), car il portait déjà un talith avant de mettre les tefilines. Cette précocité exceptionnelle se manifestait dans tous les domaines de sa vie spirituelle et intellectuelle.
Disciple du célèbre Rabbi Abraham Dov d’Avritch, auteur du « Bat Ayin », il suivit initialement les enseignements du courant hassidique de Tchernobyl, comme son père. « Nous pensions être des justes parfaits ! Puis le livre du Tanya nous est parvenu, et nous avons réalisé que nous n’étions même pas encore au niveau des ‘intermédiaires’… C’est alors que nous avons ôté nos châles de prière et ouvert la porte qui était fermée… », confia plus tard Rav Hillel, évoquant sa première rencontre avec les enseignements profonds du fondateur de Habad.
Sa transition vers le mouvement Habad ne fut pas sans difficultés. Craignant la réaction de son maître de Tchernobyl, qui fut effectivement sévère, Rav Hillel quitta précipitamment la ville et tenta désespérément de rencontrer Rabbi Chnéour Zalman (l’Admour Hazaken). Dans sa quête, il poursuivit le maître de ville en ville, mais chaque fois qu’il arrivait quelque part, le Rabbi venait juste d’en partir.
Une anecdote célèbre raconte comment, résolu à ne pas manquer sa chance, Rav Hillel se cacha un jour sous la table où le maître devait enseigner, avec l’intention de lui poser une question complexe sur le traité talmudique Arakhin. « L’érudit qui a une question sur le traité Arakhin devrait d’abord s’évaluer lui-même, et seulement ensuite venir interroger », déclara l’Admour Hazaken en entrant, révélant sa conscience de la présence cachée de Rav Hillel. Ce dernier s’évanouit sur place, tant il fut impressionné par cette clairvoyance. Lorsqu’il revint à lui, le maître avait déjà quitté la ville.
Sa vie spirituelle prit un tournant décisif après avoir entendu un enseignement de l’Admour Hazaken rapporté par Rabbi Zalman Zezmer sur le verset talmudique : « L’homme devrait toujours inciter son bon penchant contre son mauvais penchant ». « Pendant trois ans, témoigna-t-il, ces paroles ont résonné en moi. Durant ces trois années, j’ai travaillé sur mon corps et mes membres pour qu’ils atteignent le niveau du ‘bien véritable’ et non simplement celui de la ‘justice’ extérieure. »
Au service des maîtres de Loubavitch
N’ayant jamais pu rencontrer personnellement l’Admour Hazaken, Rav Hillel devint un disciple fervent de ses successeurs : l’Admour HaEmtzai (Rabbi Dov Ber) et le Tsemah Tsedek (Rabbi Menachem Mendel). Son parcours auprès des maîtres Loubavitch illustre parfaitement ce que la tradition hassidique appelle le « bitoul » – l’abnégation totale devant ses guides spirituels.
Bien qu’il fût lui-même un géant de l’érudition et de la piété, il se tenait devant ses maîtres « avec crainte et tremblement, dans une soumission totale, les consultant pour chaque chose, grande ou petite, comme s’il était dépourvu de toute sagesse propre ». Cette humilité extrême était d’autant plus remarquable qu’il possédait une intelligence exceptionnelle et une connaissance encyclopédique de la Torah.
En 1818, l’Admour HaEmtzai lui confia une mission qui allait devenir sa vocation principale : visiter les colonies juives de la province de Kherson pour « collecter du matériel et semer du spirituel ». Cette fonction l’amena à parcourir régulièrement des dizaines de communautés juives rurales du sud de la Russie, où vivaient des milliers de Juifs agriculteurs établis sur l’initiative de l’Admour HaEmtzai.
Chaque été, Rav Hillel entreprenait ces voyages, enseignant la Torah et la hassidout même aux Juifs les plus simples, dont beaucoup ne savaient ni lire ni écrire. Il collectait également des fonds pour aider les prisonniers juifs (particulièrement les « cantonistes », jeunes recrues juives dans l’armée impériale) à observer les commandements et à recevoir de la nourriture cachère.
« Grâce à ses paroles pures et à la force de sa sagesse spirituelle, il ramena de nombreuses âmes égarées et rapprocha les cœurs pour qu’il n’y ait pas de division parmi nos frères d’Israël », témoigna Rabbi Abraham David Lavout, qui avait intercédé auprès du Tsemah Tsedek pour institutionnaliser ces voyages annuels.
Rav Hillel s’installa dans la ville de Paritsh (d’où son nom) et fut également nommé rabbin de la communauté de Babrouïsk. Les deux Rabbis de Loubavitch qu’il servit lui confiaient régulièrement de jeunes disciples à former, reconnaissant ses qualités exceptionnelles d’éducateur spirituel.
L’éducateur et le guide spirituel
Dans la terminologie Habad, on distingue deux types de personnalités spirituelles : le « Maskil » (l’intellectuel) et l' »Oved » (le serviteur). Rav Hillel incarnait avant tout cette seconde catégorie – celle où l’accent est mis non pas sur l’intellect seul, mais sur le service divin pratique, sur la transformation intérieure et l’application concrète des enseignements.
Le Rabbi Yossef Yitzchak Schneersohn expliquait ainsi la différence : « Le ‘Maskil’ se concentre sur l’intellect. Sa préoccupation principale, son être essentiel est celui de la conscience. Par une intense activité intellectuelle, il atteint cette profondeur religieuse qui imprègne toute sa vie. L »Oved’, en revanche, bien qu’étudiant les mêmes textes et méditant sur les mêmes concepts, n’oriente pas l’essentiel de sa colonne vertébrale spirituelle vers la capacité d’approfondissement intellectuel. Pour lui, même les cognitions les plus merveilleuses sont annulées face au Transcendant, face à l’Infini divin. »
« La différence entre deux cèdres du Liban de la hassidout Habad – le génie hassidique Rabbi Its’hak de Homil et le génie hassidique Rabbi Hillel de Paritsh – est que tous deux sont des intellectuels en hassidout et tous deux sont des serviteurs dévoués, mais Rabbi Its’hak est principalement un intellectuel, tandis que Rabbi Hillel est principalement un serviteur », précisait-il encore.
La relation entre ces deux grands maîtres hassidiques était particulièrement profonde. Rabbi Its’hak de Homil, son ami le plus proche, incarnait l’aspect intellectuel de la hassidout, tandis que Rav Hillel représentait la dimension du service divin. Leur complémentarité enrichissait mutuellement leur compréhension et leur pratique de la voie Habad.
Son dévouement envers chaque Juif était légendaire. On disait de lui, par métaphore, qu’il « ressuscitait les morts » : « Qu’est-ce que la mort spirituelle ? La froideur. Les pauvres en enthousiasme sont considérés comme morts. Quand on prie sans ferveur, quand on étudie et accomplit les commandements sans chaleur, même quand on chante et danse sans enthousiasme – c’est la mort spirituelle. Mais Rabbi Hillel créait des âmes ardentes, éduquait des Juifs pleins de ferveur. »
Sa méthode d’enseignement combinait une profondeur intellectuelle exceptionnelle avec une chaleur émotionnelle authentique. Il consacrait la première moitié de sa journée à l’étude et à la prière, puis ouvrait ses portes à tous ceux qui cherchaient conseil, tant pour des questions spirituelles que matérielles. Des dizaines d’anecdotes circulent parmi les hassidim sur sa grandeur morale et intellectuelle et sur sa discipline intérieure.
Lors de ses visites dans les colonies agricoles, tous les paysans juifs avec leurs femmes et enfants sortaient l’accueillir. Une fois, dans un village sans synagogue, il enseigna en pleine rue. Voyant plusieurs auditeurs pleurer, il leur demanda pourquoi. « Nous pleurons parce que nous sommes ignorants et ne comprenons rien à vos paroles », répondirent-ils. « Je m’adresse à vous, Juifs, précisément à vous, Juifs simples, répliqua Rav Hillel. C’est à vos âmes que je parle. Et vos âmes comprennent tout. »
Sa rigueur personnelle était légendaire. On raconte qu’il avait acquis une telle maîtrise de son corps qu’il pouvait s’endormir exactement au moment propice selon la mystique hassidique. Il observait scrupuleusement chaque détail de la loi juive et s’imposait des restrictions supplémentaires par dévotion. Par exemple, il refusait d’emprunter les routes construites par le tsar et pratiquait régulièrement le jeûne.
Le Tsemah Tsedek aurait dit de lui qu’il était un « demi-Rabbi », reconnaissant ainsi son niveau spirituel extraordinaire. Cette expression est devenue célèbre dans les cercles Habad : « Le Tsemah Tsedek avait deux disciples et demi » – le « demi » étant Rav Hillel, considéré comme presque au niveau d’un maître hassidique à part entière.
Un héritage musical et intellectuel vibrant
La contribution de Rav Hillel à la tradition Habad s’exprime également à travers ses compositions musicales profondes. Grand mélodiste, il accordait une importance capitale au nigoun (mélodie hassidique) comme véhicule d’élévation spirituelle. Il avait composé près de vingt mélodies caractérisées par leur profondeur méditative et leur capacité à éveiller la ferveur du cœur.
Ces nigounim faisaient partie intégrante de sa méthode d’enseignement. Il les faisait jouer plusieurs fois avant de délivrer ses enseignements hassidiques, créant ainsi l’atmosphère émotionnelle propice à la réception de la sagesse spirituelle. L’une de ses compositions les plus connues est une mélodie pour le poème liturgique « Azmèr Bishvahin » de l’Ari Zal.
« Même dans sa vieillesse, quand il était trop faible pour danser, il disait à son petit-fils : ‘Pinie, danse pour moi. Nous avons la vie, il faut la savourer pleinement !’ » Cette anecdote illustre la joie profonde qui animait sa vie spirituelle, malgré la rigueur de sa pratique religieuse.
Son œuvre littéraire reste une référence fondamentale dans la pensée Habad. Scribe prolifique, il transcrivait méticuleusement tous les enseignements reçus de ses maîtres, les enrichissant de ses propres commentaires. Ses écrits, notamment la série « Pelah HaRimon » (La Tranche de Grenade) sur les livres de la Torah et le Cantique des Cantiques, ainsi que « Imrei Noam » (Paroles Agréables) sur diverses fêtes juives, reflètent sa profonde immersion dans la tradition Habad tout en y apportant une touche personnelle et directe.
Bien que fermement enraciné dans la pensée Habad et fidèle à ses maîtres dans le contenu comme dans le style, on peut percevoir dans ses écrits une certaine directité et une approche « du bas vers le haut » qui diffère subtilement du style des Rebbeim eux-mêmes, dont les enseignements semblent provenir « d’en haut ». Cette nuance stylistique témoigne de sa position unique à la fois comme disciple dévoué et comme maître à part entière.
Parmi ses disciples les plus éminents figurent Rabbi Shalom Cohen (connu sous le nom de « Rabbi Shalom de Rabbi Hillel »), Rabbi Levi Yitzchak Siminovski (qui publia ses enseignements), Rabbi Dov Zev Kozevnikov, Rabbi Israel Isser Yaakov Klatzkin, et plusieurs autres qui perpétuèrent sa méthode et son approche dans les générations suivantes.
Rav Hillel quitta ce monde le 11 Av 5624 (1864) dans la ville de Kherson, où il s’était rendu pour l’une de ses missions spirituelles. Sentant sa fin approcher après le jeûne du 9 Av, qui tombait un jeudi cette année-là, il demanda à être transporté rapidement à Kherson, car il avait pour principe de ne pas voyager le vendredi. Il arriva à Kherson avant midi le vendredi et rendit son âme au Créateur le Chabbat 11 Av.
Son influence perdure dans les académies hassidiques du monde entier, où l’expression « comme Reb Hillel » évoque toujours l’idéal du hassid parfait, unissant profondeur intellectuelle, engagement spirituel authentique et amour inconditionnel de chaque être humain. Comme l’écrivait le Rav Shlomo Yossef Zevin, éminent érudit et hassid Habad : « Le mouvement Habad s’est distingué dès ses débuts non seulement par la révélation d’une nouvelle méthode d’étude de la Torah et de service divin, mais aussi par la création d’un nouveau type de serviteurs de D.ieu. Parmi ceux-ci, nous trouvons des personnalités d’une stature exceptionnelle, des figures majestueuses qui incarnaient dans leur personnalité un modèle humain, moral et religieux sublime. » Rav Hillel de Paritsh fut indéniablement l’une des incarnations les plus accomplies de cet idéal.
La communauté juive de Montréal s’est rassemblée pour célébrer Lag BaOmer avec une impressionnante parade organisée par Habad Loubavitch. Près de 2000 enfants issus de 15 écoles juives ont participé à cet événement emblématique qui s’est déroulé sous un ciel bleu éclatant. Dix chars représentant les campagnes de Mitsvot du Rabbi ont défilé, suivis de festivités comprenant un concert, des spectacles acrobatiques et diverses activités.
Une tradition inébranlable de Habad Montréal
Habad Montréal a une fois de plus organisé avec succès la parade de Lag BaOmer qui s’est déroulée, b’siyata d’Shmaya, sous un ciel bleu dégagé offrant un cadre parfait pour une célébration joyeuse et édifiante.
Que Lag BaOmer tombe un dimanche ou en semaine, et indépendamment des conditions météorologiques, la communauté Habad de Montréal reste déterminée à organiser chaque année une parade complète. C’est l’un des rares endroits au monde qui maintient cette tradition avec constance. Cet événement annuel, marquant la hiloula de Rabbi Chimon bar Yohaï, sert de puissante démonstration d’unité et de fierté juives, rassemblant la communauté dans une expression forte et publique d’engagement envers la Torah et les Mitsvot.
Deux mille enfants unis pour célébrer Rabbi Chimon bar Yohaï
Cette année, 2000 enfants ont participé, représentant plus de 15 écoles juives de Montréal. L’événement a débuté devant le parc Van Horne avec une présentation des Dix Campagnes de Mitsvot, selon les instructions du Rabbi.
De jeunes élèves ont ouvert le programme en récitant les 12 Psoukim, suivis par les allocutions du Rav Berel Bell et du Rav David Banon.
« Cette parade annuelle représente un moment fort pour notre communauté, où les enfants peuvent exprimer leur fierté juive dans un cadre festif et éducatif », a déclaré le Rav Berel Bell lors de son discours d’ouverture.
Un défilé haut en couleur présentant les dix campagnes de Mitsvot
Trois chars créatifs ont été présentés par les Bahourim de la Yeshiva Zal, les Bahourim de la Mesivta Ateres Menahem, et les chlou’him du Beth Habad CSL. En outre, dix voitures décorées affichaient chacune l’une des Dix Campagnes de Mitsvot, accompagnées de deux Tanks de Mitsvot.
Les enfants ont défilé avec des pancartes en anglais et en français, invitant les autres à « Étudier la Torah » et à « Aimer son prochain ». « Voir tous ces jeunes proclamer fièrement les valeurs de notre tradition est véritablement inspirant », a commenté le Rav David Banon.
Le défilé a continué le long de l’avenue Westbury jusqu’au parc Mackenzie King, où les festivités se sont poursuivies dans une ambiance de joie collective.
Une fête communautaire riche en activités et en remerciements
Les célébrations au parc comprenaient un concert animé avec Rav B et Yo Aisenstark, des spectacles acrobatiques, des bénédictions, des collations, des sandwichs et des glaces rafraîchissantes. Ce fut une autre célébration inoubliable de Lag BaOmer à Montréal.
Le Rav Berel Mockin, chliah principal de l’Organisation de la Jeunesse Habad Loubavitch, en collaboration avec le Rav Dovid Cohen, coordinateur de l’événement, a organisé ce magnifique festival en l’honneur de la hiloula de Rabbi Chimon bar Yohaï.
« Notre objectif est de créer un événement qui renforce l’identité juive de nos enfants tout en honorant l’héritage de Rabbi Chimon bar Yohaï », a expliqué le Rav Mockin.
Des remerciements particuliers ont été adressés à la Ville de Montréal, au conseiller municipal M. Sonny Moroz, au service de police PDQ 26, à Hatzoloh Montréal, Chaverim Montréal, aux Rabbanim Nachum Greenwald, Mendy Wolinsky, Moshe Cohen, Sholom Lesches, à Abraham Finegold, à la Yeshiva T.T.L. ZAL, à Avi New et la fanfare de TTL Grade 6, à la Mesivta Kerem Menahem, la Mesivta Ateret Menahem, au Séminaire Chaya Mushka, ainsi qu’à tous les conducteurs de chars et bénévoles.
Le succès de la parade de cette année est le fruit des efforts collectifs de tous les participants. Cela reflète véritablement l’essence et l’objectif de la parade de Lag BaOmer : l’unité, la solidarité, la fierté juive dans la Torah et les Mitsvot, et Ahavat Israel.
Par le mérite de Rabbi Chimon bar Yohaï, puissions-nous quitter cet exil et accueillir le Machia’h maintenant.
Les rues de Stamford Hill à Londres ont vibré au rythme des célébrations de Lag Baomer avec un défilé rassemblant plus de 400 enfants et des centaines d’adultes enthousiastes. Une fanfare composée de garçons de huitième année a mené la parade, accompagnée de bannières magnifiquement illustrées promouvant les Mitsvot et de jeunes hommes déguisés en clowns joyeux. Cette tradition annuelle, qui perdure depuis 1960, s’est distinguée cette année par une cérémonie d’upsherin sur scène, symbolisant la continuité des traditions juives au cœur de la capitale britannique.
Une tradition vivante perpétuée dans les rues de Londres
Ce vendredi dernier, les rues de Londres débordaient de joie, de musique et de fierté juive alors que des centaines de participants célébraient la parade annuelle de Lag Baomer. Organisé par le Rav Sholem Ber Sudak et le Rav Mendel Sudak de Loubavitch Stamford Hill, avec le soutien de leurs épouses et de l’équipe du Centre pour enfants Loubavitch, l’événement a célébré l’unité juive, les valeurs de la Torah et l’héritage du Rav Shimon bar Yochaï.
« Cette parade représente l’essence même de notre tradition et notre capacité à la vivre pleinement et fièrement dans l’espace public », a expliqué le Rav Sudak. « Voir ces centaines d’enfants défiler avec tant d’enthousiasme est profondément émouvant et porteur d’espoir pour l’avenir. »
La vision du Rabbi incarnée par une nouvelle génération
L’événement s’inspire profondément de la vision et du leadership du Rabbi, qui encourageait passionnément les parades publiques de Lag Baomer comme moyen de favoriser la fierté juive et de renforcer le lien des enfants avec leur héritage. Le Rabbi considérait les enfants comme les garants de l’avenir juif et exhortait les communautés du monde entier à organiser des événements festifs et significatifs pour Lag Baomer.
En tête du défilé se trouvait un Tank de Mitsvot nouvellement décoré spécialement pour Lag Baomer. Marchant fièrement derrière, des enfants de toute la communauté tenaient des bannières artisanales promouvant les Mitsvot, qu’ils avaient préparées à l’avance. Ces bannières apportaient une expression significative et colorée de l’enthousiasme des enfants pour la vie et la pratique juives.
Musique et festivités: une célébration communautaire vibrante
Les enfants ont joyeusement récité les 12 Psoukim, tandis que la foule bordait les rues pour les encourager. Un moment fort fut la prestation de la fanfare des garçons de huitième année, dont la performance énergique a ajouté dynamisme et excitation à l’atmosphère. Le défilé était également animé par huit clowns joyeux, ravissant les participants de tous âges par leur humour et leurs costumes vibrants.
La musique live était interprétée par le chanteur Mendel Moses et le talentueux musicien Meni Dubrawsky, qui ont apporté ruach et rythme à l’ensemble de l’événement.
« La musique est un langage universel qui unit toutes les générations », a déclaré Mendel Moses. « Voir ces jeunes musiciens porter notre tradition avec tant de fierté et de joie est particulièrement inspirant. »
Un moment particulièrement émouvant est survenu lorsque Levi Ganz, qui venait d’avoir trois ans, a célébré son upsherin sur scène, avec le Dayan Raskin honoré de donner le premier coup de ciseaux—apportant des sourires à la foule et ajoutant une touche personnelle et mémorable à la journée.
Un événement unificateur pour la communauté juive britannique
En coulisses, de nombreux Bahourim ont travaillé sans relâche pour assurer le bon déroulement de l’événement, assistant à la mise en place, à la logistique et à la coordination—le tout sous la direction dévouée de Meir Sudak. Leur dévouement et leurs efforts ont joué un rôle clé dans le succès de l’événement.
Le Rav Brandman s’est adressé à la foule avec des paroles édifiantes, encourageant les enfants à intérioriser l’esprit de Lag Baomer et à vivre fièrement comme ambassadeurs de la Torah et des Mitsvot.
« Chaque génération a la responsabilité de transmettre notre héritage avec fierté et joie », a souligné le Rav Brandman. « Ces enfants sont notre avenir, et aujourd’hui, ils montrent qu’ils sont prêts à porter ce flambeau. »
Avec un temps magnifique, un fort sentiment d’unité et une participation venue de tout le Royaume-Uni—y compris des invités d’aussi loin que Gateshead—la parade de Lag Baomer de cette année a été un puissant rappel de la force, de la joie et de l’héritage durable de la fierté juive à Londres.
Des milliers d’enfants de toutes communautés ont convergé vers la parade centrale de Lag Baomer à Jérusalem, organisée par les jeunes de l’association Habad sous la direction du Rav Naftali Roth. L’imposant défilé, ponctué de drapeaux, de tambours et de prières émouvantes, a traversé les rues de la ville sainte jusqu’à la place Ezrat Torah. Ce rassemblement festif et spirituel a offert aux participants une expérience éducative inoubliable, entre prières collectives, spectacles et activités ludiques.
Une parade qui unit toutes les communautés
La majestueuse procession de Lag Baomer a rassemblé des milliers d’enfants de tous horizons dans les rues de Jérusalem. Organisée par les jeunes de l’association Habad, cette parade s’est élancée de l’esplanade du séminaire Beth Yaakov, menée fièrement par des porte-drapeaux et l’orchestre de tambours des enfants « Pir’hei Hatmimim – Torat Emet ». À sa tête, l’émissaire du Rabbi, le Rav Naftali Hacohen Roth, guidait cette impressionnante manifestation qui a attiré l’attention de toute la ville.
La diversité des participants témoignait de la capacité de cet événement à transcender les clivages habituels, unissant les enfants de toutes les communautés dans une célébration commune de la tradition juive. Ce défilé coloré et rythmé a transformé les rues de Jérusalem en un corridor de joie et d’harmonie, rappelant l’importance de l’unité au sein du peuple.
Prières et chants pour les blessés et les otages
Le point culminant de la journée fut sans conteste l’immense rassemblement sur la place « Ezrat Torah », spécialement fermée à la circulation et décorée de bannières encourageant l’étude de la Torah et la pratique des commandements. Dans une atmosphère empreinte de ferveur, les enfants ont participé à la récitation intégrale du livre des Psaumes, suivie d’une prière spéciale pour la guérison des blessés et la libération des otages.
Dans un moment particulièrement émouvant, la foule a fait vibrer les rues de Jérusalem en entonnant le chant « Ani Maamin » (Je crois), tandis que parents et enfants versaient des larmes d’émotion. Cette démonstration de foi collective a incarné l’essence même de Lag Baomer, jour de résilience et d’espérance dans la tradition juive.
Un festival d’activités pour la joie des enfants
Au-delà de la dimension spirituelle, l’événement a offert un véritable festival d’activités récréatives pour les jeunes participants. Le spectacle du jongleur Daniel a captivé l’audience, tandis que la performance musicale du chanteur Mendi Lévy, accompagné au clavier par Avrami Cohen, a ajouté une touche mélodieuse à la célébration. Pour encourager l’étude, des centaines de livres sacrés ont été distribués par tirage au sort parmi les participants.
La grande nouveauté de cette année fut l’installation du parc « Ahavat Israël » – un espace géant de structures gonflables qui a ajouté une dimension ludique et éducative à l’événement. Ce dispositif innovant a permis aux enfants d’intégrer les messages d’amour divin et de crainte du Ciel d’une manière interactive et mémorable, transformant l’apprentissage en expérience joyeuse.
L’esprit de Lag Baomer perpétué par les émissaires du Rabbi
Cette célébration impressionnante a été rendue possible grâce au dévouement des organisateurs de la communauté Habad-Loubavitch. Des paroles de Torah et de bénédiction ont été prononcées par le Rav Naftali Roth, ainsi que par le Rav Yaakov Halperin, représentant de Habad auprès de la municipalité de Jérusalem, qui œuvre activement pour soutenir les parades de Lag Baomer dans la ville. De nombreux Rabbanim, émissaires et personnalités publiques ont également honoré l’événement de leur présence.
L’organisation méticuleuse de cette journée mémorable a été assurée avec un dévouement exemplaire par le Rav Noam Roth, directeur général des jeunes de l’association Habad à Jérusalem, en collaboration avec les émissaires du Rabbi – le Rav Israël Cohen et le Rav Shlomo Sho’hat. Leur engagement infatigable reflète la mission du mouvement Loubavitch de transmettre la joie et les valeurs du judaïsme à travers des événements communautaires rassembleurs.
Le massacre de Ma’alot est l’un des actes terroristes les plus traumatisants de l’histoire d’Israël. Le 15 mai 1974 (23 Iyar 5734), trois terroristes du Front démocratique pour la libération de la Palestine ont pris d’assaut une école dans la ville de Ma’alot, entraînant la mort de 26 personnes, dont 21 adolescents. Cet événement tragique a acquis une dimension spirituelle particulière lorsque le Rabbi a établi un lien entre cette tragédie et sa récente « campagne de Mezouza », révélant des découvertes troublantes qui allaient transformer une catastrophe en enseignement profond.
Contexte et déroulement de l’attaque
Le 15 mai 1974, trois terroristes déguisés en soldats israéliens ont infiltré le territoire israélien depuis le Liban. Malgré la détection de cette infiltration par les services de sécurité, les forces de défense n’ont malheureusement pas réussi à intercepter les assaillants avant qu’ils ne mettent leur plan à exécution.
Leur parcours meurtrier s’est déroulé en plusieurs étapes :
Premier assaut : À leur arrivée dans la région de Ma’alot, ils ont tendu une embuscade sur une route adjacente, attaquant un véhicule et tuant une femme tout en blessant une autre passagère et le conducteur.
Massacre d’une famille : À l’aube, ils ont pénétré dans une résidence de Ma’alot où ils ont sauvagement assassiné un couple et leur fils de quatre ans.
Prise d’otages à l’école : Les terroristes se sont ensuite dirigés vers l’école élémentaire « Netiv Meir », pensant y trouver des élèves arrivant pour leur journée scolaire. Au lieu de cela, ils ont découvert que le bâtiment hébergeait temporairement un groupe de 102 étudiants et 10 enseignants de Safed qui y passaient la nuit dans le cadre d’une excursion.
À leur arrivée à l’école, les terroristes ont immédiatement abattu un garde de sécurité et deux autres personnes. Ils ont ensuite rassemblé tous les élèves et enseignants dans une seule classe, les transformant en otages. Une vingtaine d’élèves sont parvenus à s’échapper en sautant par les fenêtres, mais environ 90 étudiants et plusieurs adultes sont restés captifs.
Négociations et assaut final
Les terroristes ont exigé la libération de 23 terroristes palestiniens détenus dans les prisons israéliennes, menaçant d’exécuter tous les enfants en cas de refus. Le gouvernement israélien a entamé des négociations, mais les pourparlers ont échoué lorsque les terroristes n’ont pas reçu un message codé attendu de Damas.
À 17h45, soit seulement 15 minutes avant l’ultimatum fixé par les terroristes, l’unité d’élite « Sayeret Matkal » a lancé l’assaut pour libérer les otages. Malheureusement, en raison de plusieurs erreurs tactiques, les forces spéciales ont perdu quelques secondes cruciales pendant l’intervention, permettant aux terroristes de repérer leur approche. Avant d’être neutralisés, les terroristes ont eu le temps d’ouvrir le feu sur les enfants sans défense, utilisant des armes automatiques et des grenades.
Le bilan final fut catastrophique : 26 Israéliens assassinés, dont 21 adolescents âgés de 14 à 16 ans, et plus de 60 personnes blessées. Ce carnage a profondément traumatisé la société israélienne et est entré dans l’histoire sous le nom de « Massacre de Ma’alot ».
La campagne de Mezouza du Rabbi
Quelques mois avant cette tragédie, le Rabbi avait initié une campagne nationale pour encourager tous les foyers juifs à vérifier et, si nécessaire, à remplacer leurs Mezouzot (parchemins contenant des passages de la Torah placés sur les montants de porte). Cette initiative, connue sous le nom de « campagne de Mezouza », visait à renforcer cette pratique fondamentale du judaïsme qui, selon les textes sacrés, offre une protection divine aux habitants des maisons.
Le Rabbi lui-même avait déclaré plus tard qu’il avait ressenti une impulsion inexplicable à promouvoir cette Mitsva spécifique : « J’ai personnellement été poussé à promouvoir avec ardeur le ‘mivtza Mezouza’. J’ai été pressé et n’ai pas eu de repos jusqu’à ce que je parle et exhorte à l’observance de la Mitsva de Mezouza. Je ne sais pas moi-même pourquoi. »
La découverte troublante des Mezouzot défectueuses
Dès l’annonce de la prise d’otages, le Rav Aryeh Leib Kaplan, émissaire du Rabbi à Safed, et le Rabbi Avraham Eisenbach ont pris une initiative remarquable. Ils se sont rendus à l’école de Safed d’où provenaient les élèves pris en otage pour vérifier l’état des Mezouzot.
À leur grande consternation, ils ont découvert que les 17 Mezouzot installées dans l’établissement étaient toutes invalides selon la loi juive. Dans un rapport détaillé adressé au Rabbi, le Rav Kaplan a écrit : « Nous avons vérifié les Mezouzot de l’école à Safed en présence de nombreux élèves qui nous ont aidés dans cette tâche, et tous ont vu comment chaque Mezouza que nous avons retirée était invalide. »
Par une coïncidence troublante, alors même qu’ils effectuaient cette vérification, les médias ont annoncé que le nombre de victimes s’élevait à 17 – exactement le même nombre que les Mezouzot défectueuses découvertes. Quelques heures plus tard, le bilan s’est alourdi de quatre victimes supplémentaires. Informé de ce fait, le Rabbi a immédiatement demandé qu’on vérifie à nouveau s’il n’y avait pas d’autres portes dans l’école qui auraient pu être oubliées lors de la première inspection.
Lors de cette seconde vérification, les enquêteurs ont effectivement découvert quatre portes supplémentaires, principalement dans la cantine et la cuisine, dont deux Mezouzot étaient clairement invalides et deux autres douteuses. Cette correspondance exacte entre le nombre de victimes et le nombre de Mezouzot défectueuses a profondément marqué tous ceux qui en ont eu connaissance.
L’investigation s’est également étendue à la maison de la famille assassinée à Ma’alot. Le Rav Kaplan rapporte qu’ils ont d’abord pu vérifier uniquement la Mezouza extérieure, qui s’est avérée invalide. Par la suite, en cherchant à accéder à l’intérieur de l’appartement, ils ont appris par un officier de police que, hormis la porte d’entrée, aucune autre Mezouza n’était présente dans toute la maison.
Les enseignements du Rabbi suite à la tragédie
Le samedi suivant le massacre, le 26 Iyar 5734, le Rabbi a abordé cette tragédie lors d’un Farbrenguen. Il a ouvert la session avec une expression grave, expliquant que même si le Chabbat est normalement un jour de joie, il était nécessaire de discuter de cet événement terrible car « on s’occupe des besoins de la communauté même le Chabbat. »
Le Rabbi a cité le Rambam sur le verset de la parasha de la semaine « Si vous marchez avec Moi dans le hasard [keri] » (Lévitique 26:21), expliquant qu’on ne doit pas considérer les malheurs comme de simples hasards ou accidents naturels. Lorsqu’une calamité survient, il est du devoir des leaders spirituels d’appeler à l’introspection et à la repentance, car selon la Torah, c’est « à cause de leurs mauvaises actions que le mal leur est arrivé. »
Le Rabbi a souligné que dans le Shema, texte fondamental récité quotidiennement par les Juifs, il est écrit que l’accomplissement de la Mitsva de Mezouza « assure une longue vie pour vous et vos enfants ». Cela signifie que la Mezouza protège non seulement la personne juive, mais aussi sa maison, même lorsque ses habitants sont absents.
Face aux critiques qui l’accusaient de suggérer que l’absence de Mezouzot casher avait « puni » les victimes, le Rabbi a fermement réfuté cette interprétation : « Personne n’ose dire que cette brutalité s’est produite parce que les Mezouzot n’étaient pas casher. De telles tragédies se produisent à cause des meurtriers ! Néanmoins, la Torah a décrété que la Mezouza est aussi une shemira (protection) contre de telles personnes malfaisantes. »
Le Rabbi a comparé la Mezouza à un équipement de protection : « Une Mezouza est comme un garde du corps ! Un soldat porte un casque d’acier en raison de la possibilité qu’une balle se dirige directement vers sa tête. Un soldat serait très imprudent s’il négligeait de porter ce casque. »
Appel à l’action et impact
À la suite de cet événement, le Rabbi a intensifié son appel pour que tous les Juifs du monde entier, particulièrement en Terre Sainte, renforcent leur observance de cette Mitsva en s’assurant qu’une Mezouza casher soit fixée sur chaque montant de porte requis. Il a également rappelé l’importance de faire vérifier régulièrement les Mezouzot – au moins deux fois tous les sept ans selon le Code de la Loi Juive – pour s’assurer qu’elles restent casher.
Le Rabbi a également souligné que les femmes ne devraient pas se reposer uniquement sur leurs maris pour faire vérifier les Mezouzot, mais qu’elles devraient également s’assurer que cette vérification soit effectuée.
Suite à cette tragédie et aux enseignements du Rabbi, une vague de vérifications et de remplacements de Mezouzot s’est répandue dans les communautés juives du monde entier. À Safed et à Ma’alot, toutes les Mezouzot des écoles et de nombreux bâtiments publics ont été immédiatement remplacées.
Le Rav Kaplan a rapporté dans son compte-rendu qu’après avoir partagé cette découverte avec le directeur du département de l’éducation de Safed, M. David Bouchnik, ce dernier a été profondément choqué et a immédiatement accepté de faire vérifier toutes les Mezouzot dans toutes les écoles de la ville.
Durant les jours qui ont suivi la tragédie, les émissaires du Rabbi ont également visité les familles endeuillées pour leur offrir du réconfort, étudiant des Michnayot en mémoire des victimes et partageant cet enseignement spirituel.
Conclusion : Un héritage spirituel issu de la tragédie
Le Rabbi a conclu son discours par une réflexion profonde : « Nous ne devrions pas – et ne pouvons pas – expliquer de telles tragédies insensées; nous pouvons seulement en tirer des leçons. » Il a appelé les fidèles à crier vers D.ieu pour qu’Il mette fin à toute souffrance et envoie le Machia’h.
Cette tragédie a ainsi donné naissance à un renouveau dans l’observance de la Mitsva de Mezouza, transformant un événement profondément douloureux en une source d’inspiration spirituelle et de renforcement de la foi. Le Rabbi a révélé que la campagne de Mezouza qu’il avait lancée quelques mois avant la tragédie avait été, avec le recul, une forme de préparation spirituelle : « Et maintenant, nous voyons que tout cet événement était lié à la Mitsva de Mezouza… »
Aujourd’hui encore, le massacre de Ma’alot et l’enseignement du Rabbi continuent d’influencer la pratique religieuse dans les communautés juives, rappelant l’importance de cette protection spirituelle millénaire. La campagne de Mezouza se poursuit comme l’un des « Mivtsaïm » (campagnes) les plus importants du mouvement Loubavitch, touchant des millions de foyers juifs à travers le monde et perpétuant ainsi le message du Rabbi : même dans les moments les plus sombres, la Torah offre une lumière et une direction pour aller de l’avant.
Le massacre de Ma’alot reste gravé dans la mémoire collective d’Israël comme l’une des attaques terroristes les plus brutales contre des enfants. Au-delà de la douleur et du deuil, cette tragédie a également donné naissance à un enseignement spirituel profond sur l’importance de la Mezouza et son rôle protecteur selon la tradition juive.
Une nouvelle étoile spirituelle brille désormais à Larnaca, Chypre, avec l’inauguration officielle du Beth Habad lors d’une cérémonie festive animée par le célèbre présentateur Kobi Arieli. Le Rav Mendi et son épouse Esti Lipsker, jeune couple dynamique originaire de Beitar, entament cette mission avec enthousiasme pour transformer l’île prisée des touristes en un nouveau foyer de judaïsme rayonnant. L’événement s’est conclu par une collecte de fonds sous le slogan novateur : « Investissons dans le prochain exit juif ».
Une nouvelle ère spirituelle sur l’île méditerranéenne
La ville de Larnaca à Chypre entre dans une nouvelle dimension avec l’ouverture d’un centre Habad qui promet de devenir un véritable phare spirituel tant pour les résidents locaux que pour les nombreux touristes juifs qui visitent la région. La soirée d’inauguration, orchestrée avec brio par le communicant Kobi Arieli, a offert une ambiance à la fois légère et inspirante aux participants venus nombreux.
« Ce n’est pas simplement une nouvelle destination sur la carte mondiale, c’est un nouveau cœur juif qui reçoit une étreinte chaleureuse », a déclaré avec émotion le Rav Naftali Lipsker, directeur du département des branches de Tsahal et père du jeune émissaire. Ses paroles traduisent parfaitement la philosophie qui anime le mouvement Loubavitch dans sa mission d’étendre la présence juive aux quatre coins du monde.
La famille Lipsker poursuit la tradition d’émissaires
Les nouveaux émissaires, le Rav Mendi et son épouse Esti Lipsker, ont été accueillis avec enthousiasme par une assistance composée d’amis proches, de collègues du monde de la production, de membres de leur famille et d’entrepreneurs de la communauté juive, venus tant de Chypre que d’Israël.
Le choix du slogan « Investissons dans le prochain exit juif ! » pour cette inauguration ne manque pas d’audace et fait écho au vocabulaire des startups, suggérant intelligemment le potentiel spirituel, social et communautaire que représente l’ouverture d’un nouveau point de lumière Habad sur le globe.
Un soutien familial et institutionnel remarquable
Le Rav Naftali Lipsker a partagé avec sincérité son émotion de voir un autre membre de sa famille rejoindre les rangs des émissaires mondiaux du mouvement Loubavitch. « Voir mon fils et ma belle-fille s’engager dans cette voie sacrée me remplit d’une fierté indescriptible », a-t-il confié à l’assemblée visiblement touchée.
De son côté, le Rav Zeevi Raskin, émissaire principal à Chypre, a présenté le développement impressionnant des activités Habad dans la région : « La mission à Larnaca constitue une étape cruciale dans notre objectif de transformer chaque recoin de l’île en un centre juif vibrant et accueillant. Cette nouvelle maison Habad représente bien plus qu’un simple bâtiment, c’est un foyer spirituel pour tous les Juifs, qu’ils soient résidents ou visiteurs. »
Une mobilisation collective pour un rayonnement pérenne
La soirée s’est conclue par une séance de collecte de fonds spécifiquement dédiée à l’établissement de cette nouvelle maison Habad. Les participants ont fait preuve d’une générosité remarquable, conscients de l’importance de soutenir ce projet qui apportera chaleur et traditions juives à tous ceux qui franchiront les portes de ce nouveau centre.
« Chaque don représente bien plus qu’une simple contribution financière », a souligné le Rav Mendi Lipsker, « c’est un investissement dans l’avenir du judaïsme et dans la perpétuation de nos valeurs à travers le monde. »
Cette initiative s’inscrit dans la mission globale du mouvement Habad-Loubavitch d’établir des centres communautaires juifs là où le besoin se fait sentir, offrant ainsi un espace d’accueil, d’étude et de célébration pour tous les Juifs, quels que soient leur niveau de pratique ou leur origine.
Avec l’ouverture de ce nouveau centre à Larnaca, c’est une nouvelle page de l’histoire juive de Chypre qui commence à s’écrire, promettant de nombreuses rencontres, célébrations et moments de partage dans ce nouveau foyer de judaïsme méditerranéen.
À l’épicentre des dizaines d’événements de Lag Baomer organisés à travers Moscou, le grand feu de joie a débuté par une émouvante hadlaka réalisée par le fils du Rav Ariel Tsadik, de mémoire bénie, un ‘hassid Habad décédé dans la tragédie de Meron. Cette cérémonie fut suivie d’un défilé festif et d’un Kinous rassemblant des centaines d’enfants et de familles. Une atmosphère d’excitation et d’élévation spirituelle a enveloppé les foules venues de tous les quartiers de Moscou pour participer à la plus grande célébration de Lag Baomer de la ville.
Une cérémonie d’allumage chargée d’émotion
La soirée a commencé par une prière festive de Maariv et le décompte du Omer « Hod sheb’Hod » à la synagogue centrale « Marina Roscha ». Debout à l’omud se tenait le jeune shliach HaTamim Elazar Hillel Tsadik, honorant le quatrième anniversaire du décès de son père. Son père, Reb Ariel Tsadik, était un ‘hassid connu et aimé du quartier Bayit VeGan et un visiteur fidèle de Meron. Il faisait partie des quarante-cinq kedoshim victimes de la terrible tragédie de Meron survenue quatre ans auparavant. Miraculeusement, ses chers fils ont survécu et poursuivent la mission de toute une vie de leur estimé père dans l’éducation (chinuch) et les actes de bonté (chessed).
Après la conclusion de Maariv, la foule s’est dirigée en procession festive vers le terrain voisin du Centre de ‘Hessed Shaarei Tzedek. Là, les responsables de la synagogue, en coordination avec le Centre de ‘Hessed Shaarei Tzedek, avaient préparé de nombreuses tables et chaises, garantissant un espace sûr et approprié pour tous, tant pour s’asseoir que pour danser.
Une célébration communautaire vibrante
Tandis que HaTamim Its’hak Lifshitz jouait des niggunim émouvants au clavier, de nombreux participants se sont approchés du podium spécial pour ajouter de l’huile d’olive et du coton au baril préparé pour le feu de joie. Le Rav Mordechai Weisberg, Directeur des Communautés Juives de Moscou, a ouvert l’événement en appelant HaTamim Elazar Hillel Tsadik sur scène pour allumer la torche. Beaucoup ont essuyé des larmes lorsque le nom de son père a été mentionné, se souvenant des quarante-cinq âmes saintes qui ont été appelées à la Cour Céleste ce Lag Baomer quatre ans auparavant, et se connectant au mérite de Rabbi Shimon bar Yo’haï.
Tenant la torche enflammée, le Grand Rabbin de Russie, Rav Berel Lazar, a parlé de la sainteté de cette journée, tandis que la foule chantait « lekovod HaTana Eloka Rabbi Shimon bar Yo’haï ». La foule a éclaté en danses joyeuses, guidée par des musiciens et chanteurs talentueux qui interprétaient des niggunim familiers. Le Chœur du ‘Heder Mena’hem a chanté sous la direction du Rav Mena’hem Mendel Markowitz. L’énergie était palpable alors que les invités dansaient avec enthousiasme et unité, exprimant leur connexion spirituelle à ce jour saint.
L’hommage aux victimes de Meron
Immédiatement après la hadlaka, un farbrengen a été organisé, rassemblant des centaines de participants. De longues tables étaient dressées avec des mets festifs, où familles, amis et invités partageaient des paroles de Torah et des histoires de tsadikim, s’immergeant dans une atmosphère de kedoucha et de sim’ha. Tout au long de la soirée, davantage de personnes ont rejoint le rassemblement après être revenues des événements de Lag Baomer organisés dans divers Maisons Habad et communautés juives de la ville.
L’événement a été marqué par un moment particulièrement émouvant lorsque des prières ont été récitées en mémoire des quarante-cinq victimes de la tragédie de Meron. Cette bousculade tragique, survenue le 30 avril 2021 lors des festivités de Lag Ba’omer sur le mont Méron en Galilée, avait fait 45 morts et plus de 150 blessés. À l’époque, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou avait déclaré que cette catastrophe était « l’une des plus graves qui aient frappé l’État d’Israël » et avait décrété un jour de deuil national le 2 mai 2021. Parmi les victimes se trouvait le Rav Ariel Tsadik, dont le fils a maintenant pris le relais pour honorer sa mémoire lors de cette même célébration à Moscou, symbolisant ainsi le lien indéfectible entre tragédie et renouveau spirituel.
Festivités pour les enfants et traditions Loubavitch
Avant et après la hadlaka, divers défilés et événements de Lag Baomer ont eu lieu dans toute la ville, organisés par les nombreuses Maisons Habad et institutions juives, apportant joie et inspiration aux Juifs de tous âges.
Le lendemain matin, un grand défilé d’enfants s’est déroulé sur le terrain du Musée Juif et Centre de Tolérance. Cet événement spécial réunissait des élèves des écoles et institutions juives de toute la ville. Les enfants ont récité des pesoukim, prié ensemble et participé à des activités passionnantes et significatives pour honorer l’anniversaire du décès de Rabbi Shimon bar Yo’haï, conformément à la demande et à l’encouragement du Rabbi.
La tradition de Lag Baomer, célébrée avec tant de ferveur à Moscou, illustre parfaitement la continuité et la résilience de la communauté juive, capable de transformer même les souvenirs les plus douloureux en sources d’inspiration et de renouveau spirituel. Comme l’a souligné le Grand Rabbin Lazar lors de son discours, « la lumière du feu de Lag Baomer symbolise la lumière éternelle de la Torah qui continue de briller même dans les moments les plus sombres. »