Le massacre de Ma’alot est l’un des actes terroristes les plus traumatisants de l’histoire d’Israël. Le 15 mai 1974 (23 Iyar 5734), trois terroristes du Front démocratique pour la libération de la Palestine ont pris d’assaut une école dans la ville de Ma’alot, entraînant la mort de 26 personnes, dont 21 adolescents. Cet événement tragique a acquis une dimension spirituelle particulière lorsque le Rabbi a établi un lien entre cette tragédie et sa récente « campagne de Mezouza », révélant des découvertes troublantes qui allaient transformer une catastrophe en enseignement profond.

 

 

Contexte et déroulement de l’attaque

Le 15 mai 1974, trois terroristes déguisés en soldats israéliens ont infiltré le territoire israélien depuis le Liban. Malgré la détection de cette infiltration par les services de sécurité, les forces de défense n’ont malheureusement pas réussi à intercepter les assaillants avant qu’ils ne mettent leur plan à exécution.

Leur parcours meurtrier s’est déroulé en plusieurs étapes :

  1. Premier assaut : À leur arrivée dans la région de Ma’alot, ils ont tendu une embuscade sur une route adjacente, attaquant un véhicule et tuant une femme tout en blessant une autre passagère et le conducteur.
  2. Massacre d’une famille : À l’aube, ils ont pénétré dans une résidence de Ma’alot où ils ont sauvagement assassiné un couple et leur fils de quatre ans.
  3. Prise d’otages à l’école : Les terroristes se sont ensuite dirigés vers l’école élémentaire « Netiv Meir », pensant y trouver des élèves arrivant pour leur journée scolaire. Au lieu de cela, ils ont découvert que le bâtiment hébergeait temporairement un groupe de 102 étudiants et 10 enseignants de Safed qui y passaient la nuit dans le cadre d’une excursion.

À leur arrivée à l’école, les terroristes ont immédiatement abattu un garde de sécurité et deux autres personnes. Ils ont ensuite rassemblé tous les élèves et enseignants dans une seule classe, les transformant en otages. Une vingtaine d’élèves sont parvenus à s’échapper en sautant par les fenêtres, mais environ 90 étudiants et plusieurs adultes sont restés captifs.

Négociations et assaut final

Les terroristes ont exigé la libération de 23 terroristes palestiniens détenus dans les prisons israéliennes, menaçant d’exécuter tous les enfants en cas de refus. Le gouvernement israélien a entamé des négociations, mais les pourparlers ont échoué lorsque les terroristes n’ont pas reçu un message codé attendu de Damas.

À 17h45, soit seulement 15 minutes avant l’ultimatum fixé par les terroristes, l’unité d’élite « Sayeret Matkal » a lancé l’assaut pour libérer les otages. Malheureusement, en raison de plusieurs erreurs tactiques, les forces spéciales ont perdu quelques secondes cruciales pendant l’intervention, permettant aux terroristes de repérer leur approche. Avant d’être neutralisés, les terroristes ont eu le temps d’ouvrir le feu sur les enfants sans défense, utilisant des armes automatiques et des grenades.

Le bilan final fut catastrophique : 26 Israéliens assassinés, dont 21 adolescents âgés de 14 à 16 ans, et plus de 60 personnes blessées. Ce carnage a profondément traumatisé la société israélienne et est entré dans l’histoire sous le nom de « Massacre de Ma’alot ».

 

 

La campagne de Mezouza du Rabbi

Quelques mois avant cette tragédie, le Rabbi avait initié une campagne nationale pour encourager tous les foyers juifs à vérifier et, si nécessaire, à remplacer leurs Mezouzot (parchemins contenant des passages de la Torah placés sur les montants de porte). Cette initiative, connue sous le nom de « campagne de Mezouza », visait à renforcer cette pratique fondamentale du judaïsme qui, selon les textes sacrés, offre une protection divine aux habitants des maisons.

Le Rabbi lui-même avait déclaré plus tard qu’il avait ressenti une impulsion inexplicable à promouvoir cette Mitsva spécifique : « J’ai personnellement été poussé à promouvoir avec ardeur le ‘mivtza Mezouza’. J’ai été pressé et n’ai pas eu de repos jusqu’à ce que je parle et exhorte à l’observance de la Mitsva de Mezouza. Je ne sais pas moi-même pourquoi. »

La découverte troublante des Mezouzot défectueuses

Dès l’annonce de la prise d’otages, le Rav Aryeh Leib Kaplan, émissaire du Rabbi à Safed, et le Rabbi Avraham Eisenbach ont pris une initiative remarquable. Ils se sont rendus à l’école de Safed d’où provenaient les élèves pris en otage pour vérifier l’état des Mezouzot.

À leur grande consternation, ils ont découvert que les 17 Mezouzot installées dans l’établissement étaient toutes invalides selon la loi juive. Dans un rapport détaillé adressé au Rabbi, le Rav Kaplan a écrit : « Nous avons vérifié les Mezouzot de l’école à Safed en présence de nombreux élèves qui nous ont aidés dans cette tâche, et tous ont vu comment chaque Mezouza que nous avons retirée était invalide. »

Par une coïncidence troublante, alors même qu’ils effectuaient cette vérification, les médias ont annoncé que le nombre de victimes s’élevait à 17 – exactement le même nombre que les Mezouzot défectueuses découvertes. Quelques heures plus tard, le bilan s’est alourdi de quatre victimes supplémentaires. Informé de ce fait, le Rabbi a immédiatement demandé qu’on vérifie à nouveau s’il n’y avait pas d’autres portes dans l’école qui auraient pu être oubliées lors de la première inspection.

Lors de cette seconde vérification, les enquêteurs ont effectivement découvert quatre portes supplémentaires, principalement dans la cantine et la cuisine, dont deux Mezouzot étaient clairement invalides et deux autres douteuses. Cette correspondance exacte entre le nombre de victimes et le nombre de Mezouzot défectueuses a profondément marqué tous ceux qui en ont eu connaissance.

L’investigation s’est également étendue à la maison de la famille assassinée à Ma’alot. Le Rav Kaplan rapporte qu’ils ont d’abord pu vérifier uniquement la Mezouza extérieure, qui s’est avérée invalide. Par la suite, en cherchant à accéder à l’intérieur de l’appartement, ils ont appris par un officier de police que, hormis la porte d’entrée, aucune autre Mezouza n’était présente dans toute la maison.

Les enseignements du Rabbi suite à la tragédie

Le samedi suivant le massacre, le 26 Iyar 5734, le Rabbi a abordé cette tragédie lors d’un Farbrenguen. Il a ouvert la session avec une expression grave, expliquant que même si le Chabbat est normalement un jour de joie, il était nécessaire de discuter de cet événement terrible car « on s’occupe des besoins de la communauté même le Chabbat. »

Le Rabbi a cité le Rambam sur le verset de la parasha de la semaine « Si vous marchez avec Moi dans le hasard [keri] » (Lévitique 26:21), expliquant qu’on ne doit pas considérer les malheurs comme de simples hasards ou accidents naturels. Lorsqu’une calamité survient, il est du devoir des leaders spirituels d’appeler à l’introspection et à la repentance, car selon la Torah, c’est « à cause de leurs mauvaises actions que le mal leur est arrivé. »

Le Rabbi a souligné que dans le Shema, texte fondamental récité quotidiennement par les Juifs, il est écrit que l’accomplissement de la Mitsva de Mezouza « assure une longue vie pour vous et vos enfants ». Cela signifie que la Mezouza protège non seulement la personne juive, mais aussi sa maison, même lorsque ses habitants sont absents.

Face aux critiques qui l’accusaient de suggérer que l’absence de Mezouzot casher avait « puni » les victimes, le Rabbi a fermement réfuté cette interprétation : « Personne n’ose dire que cette brutalité s’est produite parce que les Mezouzot n’étaient pas casher. De telles tragédies se produisent à cause des meurtriers ! Néanmoins, la Torah a décrété que la Mezouza est aussi une shemira (protection) contre de telles personnes malfaisantes. »

Le Rabbi a comparé la Mezouza à un équipement de protection : « Une Mezouza est comme un garde du corps ! Un soldat porte un casque d’acier en raison de la possibilité qu’une balle se dirige directement vers sa tête. Un soldat serait très imprudent s’il négligeait de porter ce casque. »

Appel à l’action et impact

À la suite de cet événement, le Rabbi a intensifié son appel pour que tous les Juifs du monde entier, particulièrement en Terre Sainte, renforcent leur observance de cette Mitsva en s’assurant qu’une Mezouza casher soit fixée sur chaque montant de porte requis. Il a également rappelé l’importance de faire vérifier régulièrement les Mezouzot – au moins deux fois tous les sept ans selon le Code de la Loi Juive – pour s’assurer qu’elles restent casher.

Le Rabbi a également souligné que les femmes ne devraient pas se reposer uniquement sur leurs maris pour faire vérifier les Mezouzot, mais qu’elles devraient également s’assurer que cette vérification soit effectuée.

Suite à cette tragédie et aux enseignements du Rabbi, une vague de vérifications et de remplacements de Mezouzot s’est répandue dans les communautés juives du monde entier. À Safed et à Ma’alot, toutes les Mezouzot des écoles et de nombreux bâtiments publics ont été immédiatement remplacées.

Le Rav Kaplan a rapporté dans son compte-rendu qu’après avoir partagé cette découverte avec le directeur du département de l’éducation de Safed, M. David Bouchnik, ce dernier a été profondément choqué et a immédiatement accepté de faire vérifier toutes les Mezouzot dans toutes les écoles de la ville.

Durant les jours qui ont suivi la tragédie, les émissaires du Rabbi ont également visité les familles endeuillées pour leur offrir du réconfort, étudiant des Michnayot en mémoire des victimes et partageant cet enseignement spirituel.

Conclusion : Un héritage spirituel issu de la tragédie

Le Rabbi a conclu son discours par une réflexion profonde : « Nous ne devrions pas – et ne pouvons pas – expliquer de telles tragédies insensées; nous pouvons seulement en tirer des leçons. » Il a appelé les fidèles à crier vers D.ieu pour qu’Il mette fin à toute souffrance et envoie le Machia’h.

Cette tragédie a ainsi donné naissance à un renouveau dans l’observance de la Mitsva de Mezouza, transformant un événement profondément douloureux en une source d’inspiration spirituelle et de renforcement de la foi. Le Rabbi a révélé que la campagne de Mezouza qu’il avait lancée quelques mois avant la tragédie avait été, avec le recul, une forme de préparation spirituelle : « Et maintenant, nous voyons que tout cet événement était lié à la Mitsva de Mezouza… »

Aujourd’hui encore, le massacre de Ma’alot et l’enseignement du Rabbi continuent d’influencer la pratique religieuse dans les communautés juives, rappelant l’importance de cette protection spirituelle millénaire. La campagne de Mezouza se poursuit comme l’un des « Mivtsaïm » (campagnes) les plus importants du mouvement Loubavitch, touchant des millions de foyers juifs à travers le monde et perpétuant ainsi le message du Rabbi : même dans les moments les plus sombres, la Torah offre une lumière et une direction pour aller de l’avant.

Le massacre de Ma’alot reste gravé dans la mémoire collective d’Israël comme l’une des attaques terroristes les plus brutales contre des enfants. Au-delà de la douleur et du deuil, cette tragédie a également donné naissance à un enseignement spirituel profond sur l’importance de la Mezouza et son rôle protecteur selon la tradition juive.