Découverts après sa mort en 1952 et publiés 25 ans plus tard, les travaux mathématiques de R’ Israel Arié Leib (Mark Gurari) connaissent une seconde vie à l’ère du numérique. Ce manuscrit sur les matrices complexes, que son frère, le Rabbi de Loubavitch a fait publier, s’avère aujourd’hui fondamental pour comprendre la physique quantique et les réseaux complexes. Comment des équations écrites à la main il y a 70 ans sont devenues des outils essentiels pour résoudre les défis technologiques du XXIe siècle.
En 1975, le Rabbi tenta de faire publier à titre posthume un article académique rédigé par son frère. Après le décès de R’ Israel Arié Leib, une étude incomplète dans un domaine des mathématiques avancées (rédigée en allemand) fut trouvée parmi ses possessions.
Grâce à une relation que le Rabbi développa avec le mathématicien Paul Rosenbloom, l’article fut finalement publié en 1978 sous le titre « The Location of Eigenvalues and Eigenvectors of Complex Matrices » dans le Journal of Approximation Theory.
Lorsque Rosenbloom présenta au Rabbi une évaluation écrite du document et des suggestions pour le rendre publiable, ce dernier lui révéla : « Je n’étais pas disposé à vous dire qui est l’auteur, pour ne pas vous influencer, mais il a été écrit par mon frère. Il était plus jeune que moi et il est décédé. C’est la seule chose qui reste de lui. »
En travaillant sur le manuscrit tout l’été, Paul Rosenbloom découvrit que R’ Israel Arié Leib était parvenu indépendamment aux mêmes conclusions que certains mathématiciens éminents, bien qu’il l’ait fait avec des preuves différentes. Le Rabbi donna instruction à Rosenbloom de ne pas mentionner que l’auteur était le frère du Rabbi de Loubavitch, car il voulait que l’article soit reconnu pour ses propres mérites.
Cette histoire remarquable témoigne non seulement du génie mathématique de R’ Israel Arié Leib, mais aussi de l’amour profond et du respect que le Rabbi portait à son frère cadet, préservant ainsi sa mémoire intellectuelle pour les générations futures.
Conclusions sur les découvertes mathématiques de Mark Gurari (par l’intelligence artificielle)
Qui était Mark Gurari et pourquoi ses travaux sont importants
Mark Gurari était un mathématicien qui a travaillé dans les années 1940-50. Il a écrit un manuscrit important en allemand, retrouvé après son décès en 1952. Ses travaux ont été publiés 25 ans plus tard car ils contenaient des idées si importantes qu’elles méritaient d’être partagées avec le monde scientifique.
Gurari s’est intéressé à un problème que peu de chercheurs étudiaient à son époque : comprendre où se situent les « vecteurs propres » des matrices complexes. Pour simplifier, il cherchait à prédire comment certains systèmes mathématiques se comportent quand on les transforme.
Les grandes contributions de Mark Gurari
Un nouveau regard sur un théorème célèbre Gurari a amélioré notre compréhension du théorème de Perron-Frobenius, une règle mathématique importante qui s’applique aux matrices positives (tableaux de nombres positifs). Il a trouvé une façon élégante de mesurer la distance entre différentes solutions mathématiques, un peu comme si on pouvait calculer précisément à quel point une estimation s’éloigne de la valeur exacte.
Prédire les effets des petits changements Un des apports majeurs de Gurari est sa capacité à nous dire précisément ce qui arrive quand on modifie légèrement un système. C’est comme si, au lieu de simplement dire « le temps va changer », il pouvait prédire exactement de combien la température va baisser et à quelle vitesse le vent va souffler.
Contrairement à d’autres chercheurs qui se contentaient de dire si un changement aurait un effet, Gurari a fourni des formules permettant de calculer l’ampleur exacte de cet effet.
L’invention des « matrices à bordure dominante » La découverte la plus originale de Gurari est l’identification d’un type spécial de matrices qu’il a appelées « matrices à bordure dominante ». Imaginez un tableau dont les nombres tout autour (sur la première ligne et la première colonne) sont particulièrement importants et déterminent le comportement de tout le système.
Gurari a montré que ces matrices ont des propriétés spéciales et prévisibles. C’est comme s’il avait découvert que certains réseaux, où quelques nœuds centraux contrôlent toute la structure, suivent des règles précises qu’on peut calculer.
Pourquoi ces travaux sont remarquables
Une approche équilibrée et pratique Gurari a réussi à trouver le juste milieu entre la théorie abstraite et les applications pratiques. Il ne s’est pas contenté de concepts théoriques impossibles à calculer – il a fourni des formules précises qu’on peut utiliser pour résoudre des problèmes réels.
Une vision qui dépasse son temps Bien que ses travaux datent des années 1950, Gurari a anticipé des problèmes qui ne deviendraient importants que des décennies plus tard. C’est comme si quelqu’un avait écrit un manuel sur la façon de réparer des smartphones 30 ans avant leur invention.
Des outils mathématiques polyvalents Les méthodes développées par Gurari peuvent s’appliquer à de nombreux domaines différents :
Pour comprendre comment les informations circulent dans les réseaux sociaux
Pour prévoir la stabilité des écosystèmes quand une espèce est perturbée
Pour concevoir des systèmes électroniques plus fiables
Pour analyser les modèles économiques et financiers
Applications concrètes dans le monde d’aujourd’hui
Pour la science des données et l’intelligence artificielle Les outils de Mark Gurari aident à comprendre comment les réseaux de neurones artificiels apprennent et comment rendre cet apprentissage plus stable et fiable.
Pour la physique quantique Dans le domaine mystérieux de la physique quantique, les travaux de Mark Gurari permettent d’analyser comment les particules subatomiques se comportent et interagissent dans des conditions changeantes.
Pour l’ingénierie et la technologie Les méthodes de Mark Gurari sont utilisées pour concevoir des structures plus résistantes, des systèmes de communication plus fiables et des matériaux aux propriétés nouvelles.
Conclusion : un héritage mathématique qui continue à porter ses fruits
Les travaux de Mark Gurari nous montrent comment des idées mathématiques peuvent rester pertinentes et utiles bien au-delà de leur époque. Alors qu’il travaillait avec un crayon et du papier, ses formules sont aujourd’hui appliquées par des ordinateurs puissants pour résoudre des problèmes qu’il n’aurait jamais pu imaginer.
Ce qui rend ses contributions si précieuses, c’est qu’elles combinent :
Une rigueur mathématique exceptionnelle
Des résultats qu’on peut vraiment calculer dans la pratique
Une intuition profonde sur les structures mathématiques fondamentales
Même pour les non-mathématiciens, l’histoire de Gurari nous rappelle que la recherche fondamentale, même quand elle semble très abstraite, peut avoir un impact concret et durable sur notre compréhension du monde et le développement de nouvelles technologies.
Le Professeur Paul Rosenbloom : L’homme du Rabbi en mathématiques
Portrait d’un mathématicien hors du commun
Paul Rosenbloom (1920-2005), connu sous son nom hébraïque Pesach Betzalel, incarnait l’alliance rare entre excellence académique et profonde spiritualité. Ce mathématicien brillant possédait une curiosité intellectuelle insatiable et une capacité exceptionnelle à apprendre les langues. Lors de ses voyages, il lisait systématiquement les journaux locaux pour pouvoir discuter des sujets importants avec les habitants. Durant un congé sabbatique à Princeton, il côtoya Albert Einstein avec qui il se rendait quotidiennement à l’université.
Paradoxalement, ce génie des mathématiques était d’une humilité et d’une distraction légendaires. Incapable de conduire car jugé trop dangereux, il ne reconnut pas sa propre maison après que son épouse l’ait repeinte, faisant tourner le taxi plusieurs fois dans le quartier. Son gendre, Eli Magy, raconte qu’une fois, lors d’une Yehidout particulièrement longue avec le Rabbi, la famille craignit qu’il n’ait été kidnappé dans les rues difficiles de Brooklyn.
La rencontre avec Loubavitch : un tournant providentiel
La connexion entre Rosenbloom et le mouvement Loubavitch commença de façon inattendue. En 1962, lors d’une Yehidout préparant leur mission au Minnesota, le Rabbi donna une directive inhabituelle au Rabbin Moshe Feller : il suggéra que son épouse, qui possédait un diplôme prestigieux, rejoigne le département de mathématiques de l’Université du Minnesota. C’est ainsi qu’elle commença à travailler pour le Professeur Rosenbloom sur son programme novateur « mini-math », un curriculum mathématique pour enfants.
Bien que membre respecté de la communauté juive, Rosenbloom connaissait peu la pratique religieuse. Le Rabbin Feller raconte : « Nous sommes devenus très proches. Je conduisais ses enfants à notre camp d’été car le professeur ne pouvait pas conduire. En peu de temps, ils ont considérablement renforcé leur judéité. Je lui ai acheté des tefillin, casherisé sa cuisine, et ils ont commencé à observer Shabbat. »
La première Yehidout : une rencontre déterminante
Après avoir assisté à un Farbrenguen (rassemblement hassidique), Rosenbloom eut l’opportunité d’une rencontre privée avec le Rabbi. Pour cette première Yehidout, il prépara des notes sur l’éducation, domaine où il pensait partager des intérêts communs avec le Rabbi.
Il proposa l’idée d’intégrer les études de Torah et les études séculières dans les écoles juives. Cette suggestion choqua le secrétaire du Rabbi qui rétorqua : « Il doit y avoir une distinction entre le sacré et le profane ! » Mais la réponse du Rabbi fut toute différente : « Les enfants devraient apprendre que tout est connecté à la Torah. Quand ils réalisent une expérience scientifique, ils doivent comprendre que c’est la puissance créatrice divine qui cause les réactions chimiques qu’ils observent. »
Le Rabbi poursuivit : « Certains ont deux bibliothèques séparées, une pour les textes sacrés et une autre pour les livres profanes. C’est la mauvaise approche. Si quelqu’un considère la sagesse séculière comme sans rapport avec la Torah, il ne comprend ni la Torah, ni véritablement le sujet séculier qu’il étudie. »
Le manuscrit du frère du Rabbi : une mission particulière
En 1975, Rosenbloom reçut un colis du bureau du Rabbi contenant un manuscrit mathématique à éditer et publier. Lors du Farbrenguen de Youd Shevat qui suivit, il discuta de ce document avec le Rabbi.
« Il contient du matériel qui mérite d’être publié mais nécessite des révisions, une introduction et des références, » indiqua le professeur. Le Rabbi lui révéla alors : « Je n’ai pas voulu vous dire qui en était l’auteur pour ne pas vous influencer, mais il a été écrit par mon frère. J’avais un frère plus jeune que moi, décédé il y a dix ans. C’est tout ce qui reste de lui. »
Rosenbloom accepta non seulement de superviser ce travail mais de le réaliser lui-même. Le Rabbi, visiblement ému, répondit : « Je vous dois des remerciements supplémentaires ! Merci beaucoup !! » Dans ses lettres ultérieures, le Rabbi souligna que ce travail représentait « presque une révision totale » du document et constituait un « Chesed Shel Emes » (acte de bonté véritable) envers quelqu’un qui n’est plus de ce monde.
Le Beth Habad de Columbia : un foyer d’inspiration
Lorsque Rosenbloom fut recruté par l’Université Columbia à New York, il obtint un appartement sur le campus qui devint rapidement un véritable centre Chabad informel. Son fils Lee raconte : « C’était fascinant de voir combien mon père aimait enseigner le judaïsme. Bien que sa spécialité fût les mathématiques, il avait une passion particulière pour les longs récits hassidiques qu’il racontait avec délectation à notre table de Shabbat. »
De nombreuses personnes approfondirent leur judaïsme grâce à ces rencontres. Un étudiant juif suédois, initialement non-pratiquant, remarqua le fils Rosenbloom portant des tzitzit sur le campus. Présenté au professeur, il se rapprocha progressivement de la pratique religieuse, finit par épouser une baalat teshuva (nouvelle pratiquante) de Boston et fonda une famille religieuse à Monsey.
Science et Hassidout : une synthèse intellectuelle unique
Le statut académique prestigieux du Professeur Rosenbloom permettait de créer des ponts entre mondes intellectuel et religieux. Le Rabbin Tzvi Freeman témoigne : « Sa haute position dans le monde académique m’a profondément impressionné lors de mes premiers pas vers le judaïsme. C’était un professeur classiquement distrait qui parlait science et mathématiques – logique. Il évoquait la physique quantique et ses conversations avec Einstein à Princeton, tout en étant profondément religieux. »
Lors des « Pegisha » (rencontres organisées pour les étudiants et professeurs juifs), Rosenbloom expliquait des concepts hassidiques profonds en établissant des parallèles avec la science moderne. Le Rabbin Kasriel Kastel se souvient : « Il donnait une conférence sur le concept complexe de ‘yesh me’ayin’ (création ex nihilo) en établissant un parallèle avec les protons et les électrons. Le Rabbin Zalman Posner était en extase, tandis que nous restions perplexes devant les termes scientifiques qu’il citait ! »
Une de ses analogies favorites concernait les magiciens de Pharaon qui reconnurent la puissance divine lors de la plaie des poux : « Ils furent forcés d’admettre le pouvoir divin car ils ne pouvaient pas affecter des éléments aussi petits. De même avec la science moderne : nous pouvons tout expliquer jusqu’à l’atome, mais qui a créé l’atome ? À cette question, il n’y a pas de réponse. »
La « Professor’ke » : une partenaire exceptionnelle
L’épouse du Professeur Rosenbloom développa également une relation privilégiée avec le Rabbi, qui l’appelait affectueusement « Professor’ke ». Leur fils témoigne : « Elle était la seule personne que je connaissais qui se sentait suffisamment à l’aise pour poser n’importe quelle question au Rabbi. Leurs Yehidouten duraient généralement des heures et le Rabbin Groner était désespéré d’essayer de les faire sortir – mais le Rabbi ne les laissait jamais partir. »
Cofondatrice de l’organisation F.R.E.E. pour aider les immigrants russes, elle louait le sous-sol d’une synagogue sur l’Upper West Side de Manhattan, le remplissait de meubles et vêtements obtenus auprès de grandes entreprises, et ouvrait chaque mardi aux familles nécessiteuses. Son équipe de bénévoles était composée d’amies fortunées : « C’était toujours un spectacle intéressant de voir ces femmes arriver en Cadillac avec chauffeur, puis retrousser leurs manches et se mettre au travail. »
Trois visions complémentaires
Trois perspectives différentes motivaient la carrière du Professeur Rosenbloom :
Lui-même, introverti et passionné, ne cherchait ni la gloire ni la fortune, souhaitant simplement poursuivre ses recherches mathématiques.
Son épouse, reconnaissant son brillant esprit, espérait qu’il devienne plus connu pour générer davantage de revenus qu’elle pourrait consacrer à ses œuvres caritatives.
Le Rabbi avait une vision plus large : il souhaitait que sa renommée serve de Kiddush Hashem (sanctification du Nom divin), démontrant qu’on pouvait être simultanément un scientifique de premier plan, un Juif pratiquant et un hassid.
L’héritage transmis : un impact intergénérationnel
Cette relation exceptionnelle influença profondément la famille Rosenbloom. Leur fils bénéficiait également d’une attention spéciale du Rabbi qui l’encourageait régulièrement à participer au camp Gan Yisroel. Le Rabbi s’impliqua même dans l’organisation de sa fête d’anniversaire, envoyant des livres sur Hanoukka comme cadeaux pour tous les participants.
Lorsque vint le temps des rencontres matrimoniales, le Rabbi guida subtilement ses choix en ne répondant pas immédiatement aux demandes de bénédiction pour certaines candidates, mais en donnant promptement sa bénédiction pour celle qui deviendrait son épouse.
L’héritage du Professeur Rosenbloom illustre parfaitement comment le Rabbi savait utiliser les talents uniques de chacun pour élever la spiritualité dans tous les domaines de la vie, créant ainsi des ponts entre science et foi, érudition et dévotion, à travers une vision intégrée où tout converge vers un même but divin.
Le Rav Ruvi New, Directeur du Beth Habad de l’Est de Boca, en Floride, écrit à propos du Rav Sholom D. Lipsker obm : « Beaucoup a été et sera écrit et partagé sur le Rav Lipsker. Ce qui suit sont les leçons de vie que j’ai personnellement apprises de lui et peut-être que vous en apprendrez aussi. »
Par le Rav Ruvi New, Directeur du Beth Habad de l’Est de Boca, en Floride
Il existe une vieille blague juive cynique issue des noms des portions de la Torah – « Aharei Mot/Kedochim » – littéralement « saint après la mort » – selon laquelle certaines personnes sont soudainement considérées et rappelées comme saintes seulement après leur décès. Pas tellement durant leur vie…
Ce n’est pas le cas, comme moi et beaucoup d’autres à travers le monde réfléchissons cette semaine à la vie du Rav Shalom D Lipsker OBM, décédé ce dernier Shabbat. Sa vie était imprégnée de sainteté et c’était évident pour tous ceux qui le connaissaient.
Le mot hébreu « kedoshim » connote non seulement « saint » mais aussi « unique », « distinct », « spécial ».
C’est dans l’esprit de cette définition que je partage avec vous ce que j’ai appris du Rav Lipsker. Non pas parce qu’il n’était pas saint au sens conventionnel du terme, mais parce que la sainteté seule n’est pas ce qui le rendait si spécial. La sainteté peut parfois signifier abstrait, abscons, détaché, totalement transcendant. La version de « Kedoshim » – sainteté – du Rav Lipsker était aussi très humaine. Son idéalisme était ancré. Sa vision était pratique.
Je partage mes pensées et réflexions en tant que collègue Chalia’h/émissaire du Rabbi, un rôle dans lequel le Rav Lipsker excellait de façon extraordinaire, faisant de lui, pour moi du moins (et je suppose pour beaucoup de mes collègues) un Chalia’h emblématique. De nombreuses façons, directes et indirectes, il était mon mentor, mon modèle et mon inspiration.
Beaucoup a été et sera écrit et partagé sur le Rav Lipsker. Ce qui suit sont les leçons de vie que j’ai personnellement apprises de lui et peut-être que vous en apprendrez aussi.
LA LÉGENDE
Avant même de rencontrer personnellement le Rav Lipsker, j’ai croisé son nom sur un… menu. Dans les années quatre-vingt, le restaurant laitier incontournable du sud de la Floride était Sara’s sur la 125e rue, du côté ouest de la chaussée qui mène à Surfside/Bal Harbor. Sara’s était célèbre, entre autres, pour mon plat préféré – le shmopper – un cheeseburger fait avec du soja. Sur le menu des salades de Sara’s figurait la « Salade du Rav Lipsker ». Ne me demandez pas quels en étaient les ingrédients, mais je me souviens avoir pensé, mon D.ieu, avoir une salade qui porte votre nom ? – c’est un autre niveau. Cet homme est une légende !
C’EST UNE AFFAIRE SÉRIEUSE !
Ma première rencontre personnelle avec le Rav Lipsker a eu lieu au début des années quatre-vingt-dix lorsque j’étais un Chalia’h débutant à Marietta, en Géorgie, une banlieue d’Atlanta. Comme beaucoup d’autres Chlou’him (de cette époque), je suis arrivé en Géorgie plein d’inspiration, anxieux et enthousiaste de partager la vision du Rabbi avec le monde.
Mais j’étais assez limité en ce qui concerne les rouages de la construction d’une organisation. Il n’y avait pas de formation pour les Chlou’him à cette époque et on s’attendait à ce que vous compreniez au fur et à mesure. Outre le manque de compétences organisationnelles, j’étais (et je le suis toujours) réticent à la collecte de fonds. Faire « la demande » n’a jamais été facile ou naturel. (OK c’est devenu un peu mieux avec le temps, Baroukh Hachem)
Quand une invitation est venue du Rav Lipsker pour assister à un séminaire d’une journée sur la collecte de fonds à Miami avec lui-même et Mel Landow, un philanthrope dont il était devenu très proche, (qui a été étonnamment et providentiellement présenté dans le « My Story » de JEM ce dernier Shabbat, le jour du décès du Rav Lipsker) moi et mon frère le Rav Yossi New, qui était déjà un peu un vétéran mais qui a pensé qu’il pourrait toujours en apprendre davantage, avons sauté sur l’occasion.
Nous avons pris l’avion le dimanche matin et nous nous sommes rapidement installés dans une modeste boutique sur Harding Ave qui était La Synagogue de Bal Harbor, pour le séminaire. Je ne peux pas prétendre me souvenir de grand-chose du séminaire, mais ce dont je me souviens, c’est l’impression que le Rav Lipsker m’a faite. Il a montré du sérieux, que le Shlichus (être un émissaire Habad du Rabbi) était une « affaire sérieuse ». Si vous prenez la mission au sérieux, les gens vous prendront au sérieux. Vous devez être organisé, stratégique et responsable. Responsable du temps et responsable envers les donateurs.
Mel a dirigé la plupart du séminaire et je me souviens vivement de lui prêchant à propos du bloc jaune et de la liste des tâches quotidiennes. Chaque jour, vous devriez avoir une liste de tâches écrites sur votre bloc jaune ligné et les cocher au fur et à mesure qu’elles sont accomplies. Apprenez à prioriser les tâches et à les reporter si nécessaire, mais ne laissez jamais une tâche inachevée. La liste des tâches quotidiennes, j’ai appris plus tard, était une stratégie que mon père a strictement respectée tout au long de sa carrière commerciale de plusieurs décennies.
AU-DELÀ DES LIMITES – OSEZ PENSER GRAND !
La petite devanture où nous étions assis était dans l’ombre de La Synagogue qui était en construction sur Collins Ave. La vue de la coque du bâtiment à elle seule était impressionnante – témoignage de la vision grande et audacieuse du Rav Lipsker et de son attitude « au-delà des limites ». La Synagogue a changé la donne pour Habad dans le monde entier, particulièrement aux États-Unis. C’était un pionnier et un modèle pour les Chlou’him pour qui le Rav Lipsker avait ouvert une nouvelle voie, élargi la portée de ce qui est possible, défiant chaque Chalia’h de penser grand. Beaucoup plus grand que beaucoup n’auraient jamais pensé aller. Aujourd’hui, il y a de nombreuses Beth Habad qui s’appellent en fait « The Shul » (La Synagogue) modelées sur La Synagogue de Bal Harbor. L’admiration, l’inspiration et l’aspiration que j’ai ressenties ce jour-là en contemplant ce bâtiment grandiose et majestueux ne m’ont jamais quitté.
Lorsque j’ai envisagé pour la première fois une campagne d’investissement à Boca et que je voulais obtenir l’adhésion de la communauté, j’ai demandé au Rav Lipsker s’il viendrait parler. Il a tout de suite accepté. Je voulais que les gens entendent un véritable visionnaire et bâtisseur de communauté, pour élargir leurs horizons et concevoir les possibilités de ce que nous pourrions construire. Le Rav Lipsker a livré la marchandise…
PENSEZ… PETIT !
Une histoire que le Rav Lipsker partageait souvent lors des conférences des Chlou’him était comment lors d’une « Yehidout » – audience privée avec le Rabbi – avec sa partenaire extraordinaire, Mme Hanni Lipsker, qu’elle vive et se porte bien, il a fait rapport au Rabbi de certains de ses succès, accomplissements et réalisations à Miami. Alors que la Yehidout touchait à sa fin, il pouvait sentir que le Rabbi attendait quelque chose de plus. Il ne pouvait pas penser à quoi d’autre partager.
Le Rabbi lui a demandé « et qu’en est-il de la jeune fille dont vous m’avez écrit récemment ? » Je ne me souviens pas des circonstances exactes, mais le Rav Lipsker, dans l’un de ses rapports écrits réguliers au Rabbi, avait mentionné une certaine jeune fille de sa communauté et une lutte qu’elle avait. Le Rabbi attendait de savoir comment elle allait.
Le Rav Lipsker se souvenait à quel point il avait été stupéfait par la sollicitude et la sensibilité du Rabbi envers cette fille et a réalisé comment les « grands » programmes, les « grands » accomplissements et le « grand » bâtiment ne devraient jamais éclipser l’attention et la sensibilité envers une « petite » jeune fille. Dans la « grande » vision du monde du Rabbi, chaque « petit » individu est un monde.
L’histoire est devenue une histoire de référence pour les Chlou’him. Peu importe la taille de votre organisation, le tableau d’ensemble ne devrait jamais éclipser le petit.
N’OUBLIEZ PAS LES OUBLIÉS
En 1981, le Rav Lipsker a fondé l’Institut Aleph, une organisation qui fournit un soutien matériel et spirituel et un plaidoyer pour les Juifs en prison (et pour le personnel militaire juif). Les Juifs en prison sont une population largement inconnue, inouïe et pratiquement oubliée. Le Rabbi ne les a pas oubliés et a confié au Rav Lipsker la tâche de construire une organisation pour les soutenir.
L’Institut Aleph a tiré parti de la présence des Chlou’him dans les villes, les banlieues et les petites villes à travers les États-Unis. Comme beaucoup d’autres Chlou’him, je me suis retrouvé aumônier de prison dans une prison fédérale et dans des prisons d’État et de comté également. Aleph a fourni les noms et les emplacements des détenus, ainsi que du matériel de soutien et de la nourriture casher. Pour moi, entrer dans ce monde très inconnu a été une expérience qui a changé ma vie. C’est une chose d’avoir un cours de Torah et de diriger un service dans une Maison Habad, c’en est une autre de le faire dans une prison. Pour beaucoup de détenus, j’étais le seul visiteur qu’ils avaient et de nombreux liens profonds et forts ont été forgés entre eux et moi, et plus important encore, entre eux et D.ieu. Occasionnellement, Ahuva me rejoignait lorsque je visitais des prisons pour femmes, ce qui a abouti à une correspondance spéciale avec des détenues qui appréciaient tant qu’elles n’étaient pas oubliées. Mon expérience en tant qu’aumônier m’a rappelé de ne jamais oublier les oubliés.
VENDEZ DE LA SUBSTANCE. SOYEZ UN FOURNISSEUR DE CONTENU !
Dans les années quatre-vingt, lorsque les Lipsker se sont installés pour la première fois à Bal Harbor, le programme signature de La Synagogue était le cours de Torah du mardi soir du Rav Lipsker. Il est devenu une sorte de légende dans les cercles de Habad. Le Rav Lipsker était un enseignant de Torah pionnier. Bien avant que l’Institut d’Apprentissage Juif ne change le paysage de l’apprentissage juif pour adultes, le Rav Lipsker a compris que la véritable clé pour atteindre l’âme d’un Juif est à travers la Torah. Le Rav Lipsker a été l’un des pionniers de l’enseignement de la Torah dans un langage compréhensible pour le Juif moderne et sophistiqué. À bien des égards, le cours du mardi soir a jeté les bases de ce qui deviendrait la révolution de la vie juive à Bal Harbor.
Le Rav Lipsker m’a rappelé, ainsi qu’à de nombreux autres Chlou’him, que notre travail consiste à vendre de la substance – à être des fournisseurs de contenu – c’est-à-dire à enseigner la Torah. Que les gens n’ont pas besoin d’un Chalia’h pour les tenir informés des nouvelles, pour offrir des commentaires politiques ou pour connaître les dernières folies de la culture pop. (Il ne préconisait pas qu’un Chalia’h devrait être ignorant de ce qui se passe dans le monde, mais comme je l’ai entendu dire une fois : lire cinq minutes des gros titres du Wall Street Journal vous fournira tout ce que vous avez besoin de savoir sur ce qui se passe dans le monde). Avant tout, le Chalia’h doit être un enseignant et un pourvoyeur de la sagesse de la Torah, et utiliser un langage qui est compréhensible et résonnant. Rien ne pénètre l’âme plus profondément que la Torah.
COMMUNIQUEZ AUTHENTIQUEMENT
Outre ses compétences oratoires, il avait une plume habile. Il générait des lettres qui étaient une fusion de contenu significatif et qui avaient en même temps une touche personnelle décisive.
J’ai toujours été émerveillé de voir comment il était au courant des Simchas (célébrations) personnelles de ma propre famille ou des pertes et prenait le temps d’écrire et de transmettre un message significatif et personnel.
Il signait toujours sa lettre par : « avec les bénédictions de la Torah, je reste… ». Sa constance à toujours imprégner la correspondance de contenu, parle de quelqu’un qui était profondément et authentiquement connecté à ces idées.
CHÉRISSEZ LA MITSVA
Alors que la Torah pénètre l’âme, les Mitsvot enveloppent l’âme et chaque Mitsva crée une connexion puissante et indestructible entre la personne et D.ieu. La valeur des Mitsvot singulières était un enseignement fondamental du Rabbi et la base théologique des campagnes de Mitsvot. Peut-être la plus omniprésente d’entre elles est la campagne des Tefilines, dans laquelle le Rav Lipsker excellait.
Ce n’est pas toujours facile ou confortable de demander à quelqu’un de mettre des Tefilines. Pour la plupart d’entre nous, notre impulsion naturelle est de nous occuper de nos affaires et de laisser les autres tranquilles, surtout quand il s’agit de leur vie spirituelle. Pour engager une autre personne dans une offre non sollicitée de faire une Mitsva, et pour le faire constamment et ne pas céder à mesure que vous vieillissez, vous devez partir d’une conviction profondément ancrée que cette Mitsva singulière de ce Juif est vraiment importante. Le Rav Lipsker vivait et incarnait cette conviction.
VIVEZ AVEC MACHIAH DANS UNE CONSCIENCE RÉDEMPTRICE
Dans une interview sur la venue de Machiah, le Rav Lipsker a dit : « Dans le passé, nous attendions Machiah, maintenant Machiah nous attend. » Commencez à vivre maintenant dans la conscience de Machiah/rédemptrice, a-t-il dit. Il ne l’a pas seulement prêché, il l’a fait.
Alors, à quoi ressemble ce type de conscience ? Pour un Juif, cela signifie embrasser notre élection et apporter la lumière, la clarté et la conscience de D.ieu au monde qui nous entoure. Lors d’un Farbrengen dans notre Maison Habad il y a quelques années, le Rav Lipsker a parlé de la façon dont même des rencontres fortuites avec des personnes peuvent avoir un impact. Apportez la conscience de D.ieu dans les rencontres et les conversations quotidiennes, a-t-il dit. Lorsque la personne à la caisse du supermarché vous demande comment vous allez, assurez-vous de répondre « grâce à D.ieu » et assurez-vous de demander comment ils vont et essayez de partager quelque chose de significatif. Encouragez les gens à être charitables et, lorsque c’est possible, enseignez les Sept Lois de Noé aux non-juifs.
Encore une fois, ce n’étaient pas les idées originales du Rav Lipsker en soi, elles venaient toutes du Rabbi. Mais ce qui était unique, c’était la passion avec laquelle il vivait et pratiquait ces idées, ne perdant rien de sa passion et de son idéalisme avec le passage du temps.
Les prophéties messianiques parlent d’un monde d’abondance et de profusion, donc en termes très pratiques, vivre avec Machiah signifie vivre avec un état d’esprit d’abondance. Voici une illustration très pratique de cela. À plusieurs occasions, j’ai rencontré le Rav Lipsker pour discuter des projets sur lesquels je travaillais, pour qu’il évalue leur mérite et pour demander si je pouvais solliciter certains des membres de La Synagogue que je pensais pouvoir être intéressés à soutenir le projet.
Le Rav Lipsker ne m’a jamais interdit d’approcher ses membres pour obtenir des fonds. Dans le monde des organisations à but non lucratif et de la collecte de fonds, c’est énorme et rare. Naturellement, les collecteurs de fonds protègent leurs soutiens. Partager volontiers un donateur, c’est vivre dans un état d’esprit d’abondance – rédempteur de la manière la plus réelle.
CLASSE HASSIDIQUE Le comportement du Rav Lipsker, jusqu’à sa façon de s’habiller, était une combinaison unique de hassidique et de classe. Élégant mais modeste. Classe mais sans ostentation. Il avait une élégance et un magnétisme uniques à son sujet et a démontré que l’on peut être actuel sans être compromettant.
AMOUR POUR LE Rabbi La première fois que j’ai vu le Rav Lipsker, c’était probablement vers 1985 aux services de Minha avec le Rabbi à 770. C’était juste un après-midi ordinaire en milieu de semaine, pas de fête spéciale ou d’occasion. Le mot parmi nous, étudiants de la Yeshiva, était que pour le Rav Lipsker, juste pour observer le Rabbi entrer et sortir des services, prier avec lui un mercredi ordinaire, et voler directement après, cela valait le vol aller-retour depuis Miami et suffisait à recharger sa batterie.
À la fin des années quatre-vingt, lorsque le Rabbi recevait des milliers de personnes chaque dimanche à la célèbre ligne des « dollars », on voyait souvent le Rav Lipsker aux côtés de partisans et de membres qu’il amenait avec lui pour recevoir la bénédiction du Rabbi.
Le décès du Rabbi en 1994 n’a pas diminué son amour et sa connexion au Rabbi. Il m’a dit qu’il prenait souvent le dernier vol de Miami à New York, passait la nuit à l’Ohel et revenait sur le premier vol. Il m’a confié que sa première réunion annuelle du conseil d’administration avec son comité exécutif a eu lieu dans une maison près de l’Ohel. Il a été le premier à amener de grands groupes à l’Ohel et a ouvert la voie à ce qui est devenu un programme de base pour de nombreuses communautés de Beth Habad à travers le monde. Après avoir vu une vidéo de l’un de ses voyages « Journey of Souls », j’ai également lancé un voyage annuel pour notre communauté à l’Ohel chaque année avant Rosh Hashana que nous avons surnommé Soul Trek.
Son amour pour le Rabbi venait du cœur et débordait et était évident pour quiconque interagissait avec lui. Et semble n’avoir fait que grandir avec le temps.
Dans l’une des entrées de Hayom Yom – une compilation de méditations hassidiques, il est dit que la plus grande preuve d’amour est quand vous aimez ce que votre bien-aimé aime. Le Rav Lipsker aimait ce que le Rabbi aimait. Il avait un amour profond et passionné pour la Terre d’Israël, le Peuple d’Israël, la Torah d’Israël et le D.ieu d’Israël.
Pour moi, entendre le Rav Lipsker, être autour de lui, m’élevait toujours à ce que les Hassidim appellent être un « Tefach Hecher » – « une largeur de main » plus haut que le monde. Moins attaché au monde, plus lié à la raison pour laquelle nous sommes ici. Moins défini par le monde qui nous entoure. Plus défini par Celui qui est au-dessus de nous. C’est « Kedoshim » à son meilleur – saint/distinct/idéaliste/visionnaire mais ancré, pratique, transformateur.
L’héritage du Rav Lipsker continuera à nous guider, nous inspirer, nous élever, nous revigorer tous pour vivre Au-Delà des Limites – un Tefach Hecher.
Puisse sa quête inlassable de rédemption se réaliser maintenant !
Une interview realisee par Mendy Pellin il y a quelques années nous plonge dans l’univers fascinant de Charlie Buttons, personnage emblématique des célébrations juives de Brooklyn. Cette interview intime révèle le parcours atypique d’un homme licencié quatre fois du service postal américain, devenu incontournable dans la communauté. Entre ses ballons colorés et sa philosophie unique, Charlie Buttons nous livre sa vision singulière du monde.
L’interview tant attendue
« Bienvenue à cette édition très spéciale du Mendy Pellin. Pendant que notre équipe est en vacances pour les fêtes de Shavouot, nous vous avons préparé un moment exceptionnel. Pour tous ceux qui l’ont demandé, voici l’intégrale de l’interview de Charlie Buttons. Alors, servez-vous un morceau de cheesecake, détendez-vous et profitez de l’émission de cette semaine, » annonce Mendy en ouverture de son émission.
Le présentateur ne cache pas ses motivations : « Tout ce que je veux vraiment, c’est essayer sa salopette. C’est tout ce que je veux depuis que je suis petit. J’ai toujours été un grand fan, j’ai toujours voulu essayer sa salopette, et j’espère que si on crée une connexion, j’y arriverai peut-être. » Cette ambiance décontractée donne le ton à une conversation authentique et sans filtre.
Le traumatisme postal et la renaissance
La première révélation est percutante : Charlie a été licencié quatre fois du service postal américain. « C’était une expérience traumatisante, » confie-t-il. « J’essaie de récupérer mon poste, mais ce n’est pas facile. Dans le service postal, vous avez besoin d’un Rav, d’un parrain, d’un sponsor. Le problème, c’est que j’ai probablement le meilleur Rav et parrain du métier, mais je ne voyais pas la forêt à cause des arbres. »
Cette perte professionnelle a créé un vide que Charlie a choisi de combler d’une façon particulière. « J’avais besoin de quelque chose pour remplacer ce vide, et aller aux simhas (célébrations) a comblé ce manque, » explique-t-il. « Mais c’était aussi une distraction, car je devrais consacrer plus de temps à récupérer mon poste au service postal. »
L’art des ballons comme mission divine
Le talent de Charlie pour les ballons est devenu légendaire. « Ça remonte à des années. Je suis venu à un mariage et je devais faire quelque chose. Alors quelqu’un a dit ‘des ballons’, et j’ai répondu ‘super’, » raconte-t-il avec simplicité. Son record ? « Deux sacs en une journée, soit environ 200 ballons. »
Lorsque Mendy lui demande s’il pense qu’il devrait être payé pour cette activité, Charlie répond : « Ce serait bien. Ça couvrirait mes dépenses en ballons et autres choses. Mais vous savez, si j’ai besoin d’argent pour plus de ballons, je leur dis simplement que j’ai besoin d’argent pour plus de ballons. » Cette mission, Charlie la poursuit sur instruction divine : « C’est ce que le Rav a dit. C’est pourquoi je vais aux mariages. »
Une spiritualité vécue au quotidien
La vie de Charlie est imprégnée de spiritualité. Il passe la majeure partie de ses journées à la synagogue Lincoln Square. « Je ne fais pas vraiment quelque chose de spécial, je me prépare simplement, je rassemble mon équipement, » explique-t-il avec modestie. Lorsqu’on lui demande son mikva préféré, il répond sans hésiter : « Le mikva Union » avant d’entonner : « Purifié, glorifié et sanctifié. Pur, glorieux et saint. Prépare-toi à rencontrer le Seigneur. »
Charlie évoque également son « malakh » (ange) personnel, qui lui indique où se rendre. « Il a une barbe… blanche, » révèle-t-il, avant de s’interrompre : « C’est poser beaucoup de questions. Je ne devrais pas révéler tous ces détails sur mon malakh. »
Entre prophéties et salopette
L’interview prend un tournant mystique lorsque Charlie évoque une prophétie : « Le Rav Rodman de Las Vegas m’a donné des probabilités que les États-Unis soient à nouveau attaqués si je ne récupère pas mon poste au service postal. » Cette déclaration énigmatique s’inscrit dans une vision du monde où les événements personnels et collectifs sont interconnectés.
Le moment tant attendu arrive enfin en conclusion de l’interview. « Puis-je essayer votre salopette maintenant ? » demande Mendy avec excitation. La scène qui suit, où Mendy enfile la célèbre salopette de Charlie, marque l’apothéose de cette rencontre extraordinaire. « C’est comme une double boucle, » s’exclame Mendy. « Nous avons la chanson de la salopette, tous ensemble dans la salopette. »
« Wow, c’était révélateur, » conclut Mendy. « Merci d’avoir regardé cette édition spéciale Farbrengen. Rendez-vous la semaine prochaine pour notre programmation régulière du Mendy Pellin. Merci de nous suivre et rappelez-vous que le schnazzle s’arrête ici, car nous veillons sur vous. »
La dépouille du sergent Tzvi Feldman hy’d , portée disparue depuis le combat de Sultan Yacoub en juin 1982, a été rapatriée en Israël la semaine dernière lors d’une opération spéciale du Mossad et de Tsahal. Cette mission complexe, menée au cœur de la Syrie avec l’implication de la Russie, marque une étape importante dans la résolution d’un dossier qui a hanté Israël pendant plus de quatre décennies.
Une opération secrète au cœur de la Syrie
La dépouille du sergent Tzvi Feldman hy’d a été rapatriée en Israël lors d’une opération spéciale menée conjointement par le Mossad et Tsahal. L’opération s’est déroulée en territoire syrien, où les forces israéliennes ont guidé les secouristes vers un cimetière d’où le corps a été prélevé. Durant cette mission, les agents du Mossad ont également retrouvé la combinaison de Tzvi. Selon les informations communiquées par le journaliste Moti Kastel, la Russie aurait joué un rôle significatif dans cette opération délicate.
« L’opération de rapatriement du sergent Tzvi Feldman hy’d s’est concrétisée grâce à une mission complexe et secrète, rendue possible par des renseignements précis et l’utilisation de capacités opérationnelles qui ont mis en valeur la force d’ingéniosité et le courage de nos équipes », ont déclaré le Mossad et le porte-parole de Tsahal dans un communiqué officiel.
Après la localisation du corps, celui-ci a été ramené en Israël et identifié au centre génomique d’identification des victimes du Rabbinat militaire. Les représentants de Tsahal ont ensuite transmis la nouvelle à la famille Feldman lors d’une cérémonie émouvante organisée en présence du Premier ministre.
Qui était Tzvi Feldman hy’d ?
Tzvi Feldman hy’d était le fils aîné d’Avraham et Penina, né à Tel Aviv le 29 décembre 1956. Son père avait immigré en Israël depuis l’Europe après avoir perdu toute sa famille pendant la Shoah, tandis que sa mère était venue du Maroc. Tzvi portait le nom du père d’Avraham, assassiné pendant la Shoah.
Après son service dans les forces blindées, il avait travaillé comme guide nature pour des élèves de lycée. Tzvi prévoyait de commencer ses études universitaires, ayant été accepté pour le semestre d’automne. En parallèle, lui et sa fiancée avaient prévu de se marier.
Lorsque la première guerre du Liban a éclaté, Tzvi a rejoint ses camarades et a combattu dans un char aux côtés du commandant Hezi Shai et de Zacharia Baumel qui servait comme conducteur du char. Il a été envoyé à la bataille de Sultan Yacoub le 11 juin 1982, seulement dix jours avant la date prévue de sa libération de l’armée.
La bataille de Sultan Yacoub: un affrontement meurtrier
La bataille de Sultan Yacoub s’est déroulée les 10 et 11 juin 1982, quelques heures seulement avant un cessez-le-feu lors de la première guerre du Liban. Une colonne israélienne de chars M48 Magah se dirigeait vers le nord pour s’emparer de la route Beyrouth-Damas lorsqu’elle a reçu des tirs de tous calibres près du village de Sultan Yacoub. Les forces syriennes ont utilisé des RPG-7 et des missiles anti-char Milan, tandis que l’aviation syrienne est intervenue avec des MiG-21.
Le bilan de cette bataille fut lourd pour Israël: 8 chars détruits ou capturés, 20 soldats tués, 30 blessés, 2 prisonniers et 3 soldats portés disparus – Tzvi Feldman, Zacharia Baumel et Yehuda Katz. Un des chars M-48 intact capturé a été longtemps exposé au musée de Teshrin à Damas, symbole de cette défaite israélienne. En 2016, suite à une demande du Premier ministre Benjamin Netanyahou, le président russe Vladimir Poutine a accepté de rendre un de ces chars capturés qui était exposé au Musée des blindés de Koubinka près de Moscou.
En 2019, le corps de Baumel a été localisé et ramené en Israël, et en 2025, le corps de Feldman a également été rapatrié. Le sort de Yehuda Katz reste inconnu à ce jour.
Un engagement solennel pour le dernier disparu
Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a participé personnellement à l’annonce faite à la famille Feldman. « Pendant des décennies, Tzvi est resté porté disparu, et les efforts pour le retrouver, aux côtés des autres disparus de cette bataille, n’ont jamais cessé », a-t-il déclaré.
« Pendant de longues années, j’ai autorisé de nombreuses opérations secrètes pour localiser les disparus de Sultan Yacoub, et j’ai promis à la famille Feldman que je ne cesserais jamais d’œuvrer pour ramener Tzvi à la maison », a ajouté le Premier ministre.
Le ministre de la Défense et le Premier ministre ont exprimé leur profonde appréciation pour cette opération et ont souligné que le système de défense continuerait à travailler pour le rapatriement de tous les soldats tombés et disparus de Tsahal – reflétant un engagement profond envers les valeurs de l’État et de ses soldats.
Tsahal a également informé la famille du sergent Yehuda Katz, le dernier disparu de la bataille de Sultan Yacoub, et a assuré que les efforts pour le retrouver se poursuivent sans relâche. « Aujourd’hui, nous avons ramené Tzvi, et nous ne cesserons pas d’agir pour le retour du sergent Yehuda Katz qui reste disparu de cette même bataille », a affirmé Netanyahou.
À l’occasion du Yahrzeit du 13 Iyar, les membres de la communauté Habad et les étudiants se sont rassemblés samedi soir au cimetière de Safed. Ce pèlerinage annuel honore la mémoire du Rav Israël Arié Leib, fils du kabbaliste Rabbi Levi Its’hak et frère cadet du Rabbi de Loubavitch. Sa tombe, située dans l’ancien cimetière de la ville mystique, continue d’attirer de nombreux fidèles chaque année.
Un pèlerinage empreint de ferveur spirituelle
La cérémonie commémorative s’est déroulée dans une atmosphère de recueillement profond, alors que les fidèles de la communauté Habad-Loubavitch se sont rassemblés autour du monument funéraire. Plusieurs Rabbanim ont dirigé les prières traditionnelles, notamment la récitation des Tehilim (Psaumes) et l’étude de textes hassidiques. « Cette commémoration représente bien plus qu’un simple hommage, elle perpétue la connexion spirituelle avec une âme exceptionnelle », a confié l’un des participants.
Des témoignages émouvants ont ponctué la cérémonie, rappelant l’influence profonde que Rav Israël Arié Leib continue d’exercer sur la communauté. « Son dévouement à l’étude et sa quête intellectuelle restent une source d’inspiration pour nous tous », a souligné un ancien étudiant de la yeshiva locale.
Un érudit aux multiples talents
Né à Nikolayev dans une famille illustre, Rav Israël Arié Leib Schneersohn était le fils cadet du célèbre kabbaliste Rabbi Levi Its’hak. Doté d’une intelligence remarquable, il s’est distingué très tôt par ses aptitudes exceptionnelles dans plusieurs domaines, notamment les mathématiques et la philosophie religieuse.
« Il possédait une capacité d’analyse extraordinaire et une curiosité intellectuelle qui le poussait constamment vers de nouveaux horizons de connaissance », raconte un historien spécialiste du mouvement Loubavitch. Son parcours académique brillant lui a valu une reconnaissance bien au-delà des cercles hassidiques, témoignant de sa polyvalence intellectuelle et de sa profondeur spirituelle.
Un lien privilégié avec les leaders du mouvement
Rav Israël Arié Leib entretenait une relation particulièrement étroite avec le Rabbi précédent, Rabbi Yossef Its’hak Schneersohn, qui lui témoignait un attachement spécial. Cette proximité s’est manifestée par des échanges intellectuels profonds et un soutien constant dans ses entreprises spirituelles.
Son frère aîné, qui devint plus tard le septième Rabbi de Loubavitch, veilla personnellement à l’organisation de ses funérailles après son décès survenu en Angleterre le 13 Iyar 5712 (1952). « Cette attention particulière témoigne du lien indéfectible qui unissait les deux frères, malgré les distances géographiques qui les séparaient parfois », explique un Rav présent lors de la cérémonie commémorative.
Un héritage spirituel perpétué
L’héritage du Rav Israël Arié Leib se perpétue notamment à travers les enseignements que son frère, le Rabbi, partageait régulièrement en son nom lors des rassemblements hassidiques. Ces leçons tirées de sa vie et de sa philosophie continuent d’éclairer le chemin spirituel de nombreux fidèles.
« Le Rabbi récitait le Kaddish chaque année à cette date et puisait dans les réflexions de son frère pour illustrer certains aspects du service divin », rappelle un ancien secrétaire du mouvement. Cette transmission fidèle des enseignements constitue un témoignage vivant de la profondeur intellectuelle et spirituelle du Rav Israël Arié Leib.
La communauté de Safed, ville imprégnée de mysticisme et d’histoire juive, veille avec une attention particulière sur ce lieu de mémoire. Comme l’a souligné le Grand Rabbin de la ville : « Sa présence dans notre cimetière ancestral fait de Safed un point de connexion entre les générations passées et futures du judaïsme hassidique. »
Alors que les fidèles quittaient le Beth HaHaïm (cimetière) après avoir déposé leurs prières et leurs vœux, nombreux étaient ceux qui exprimaient leur intention de revenir l’année prochaine pour perpétuer cette tradition empreinte de respect et de dévotion.
Dans un monde souvent marqué par la quête effrénée du bonheur, les enseignements du Rav Adin Even-Israel (Steinsaltz) sur la joie résonnent avec une profondeur particulière. Loin des conceptions superficielles du bonheur comme accumulation de plaisirs, ce grand érudit juif nous invite à explorer la Sim’ha – la joie authentique – comme un état d’être fondamental et une pratique spirituelle délibérée. Les enseignements du Rav Steinsaltz sur ce sujet offrent une perspective unique sur comment vivre pleinement et joyeusement dans un monde complexe et souvent douloureux.
La joie : un travail spirituel, non une émotion passagère
« La joie est quelque chose sur lequel l’homme doit travailler, » nous enseigne la Hassidout. Contrairement à l’idée répandue que la joie survient spontanément en réaction à des circonstances favorables, elle est considérée comme une pratique, un engagement quotidien, voire un commandement divin.
Cette conception repose sur des fondements bibliques profonds. Comme le rappelle le Deutéronome (28:47) : « Parce que tu n’auras pas servi l’Éternel, ton Dieu, avec joie et de bon cœur. » Cette injonction suggère que la joie n’est pas simplement un bénéfice collatéral du service divin, mais une dimension essentielle de celui-ci. Dans la Hassidout, la joie devient une voie spirituelle en soi.
Ce n’est pas simplement que l’homme ressente occasionnellement de la joie au gré des événements heureux. La joie authentique nécessite un effort, une intention, une culture intérieure. Elle demande que nous nous y exercions activement, que nous apprenions à l’habiter comme un musicien apprend à maîtriser son instrument. Cette discipline intérieure devient paradoxalement le chemin vers une spontanéité authentique.
Les multiples visages de la joie
La richesse de la langue hébraïque révèle la complexité du concept. Il existe au moins dix termes différents pour désigner la joie, chacun capturant une nuance particulière de cette expérience :
L’exultation (tzahala) : une joie qui s’exprime bruyamment, qu’on entend
L’allégresse (ditza) : une joie qui se manifeste par le mouvement, notamment la danse
La gaieté (alizut) : une forme plus légère et quotidienne de la joie
Ces synonymes ne sont pas interchangeables. « Ils ne sont pas identiques, car s’ils l’étaient, ils seraient superflus. » Chaque terme révèle une facette différente, une modalité particulière de l’expérience de la joie.
Certaines joies sont tumultueuses, d’autres profondément silencieuses. Certaines s’expriment par des manifestations extérieures, d’autres habitent l’âme dans une quiétude parfaite. Cette diversité nous rappelle que la joie n’est pas un état uniforme mais une constellation d’expériences reliées par un fil commun.
La joie comme plénitude intérieure
Quelle est donc l’essence de la joie, au-delà de ses différentes expressions ? La tradition nous offre une définition lumineuse : la joie est un état de plénitude, un sentiment de complétude.
« La joie, c’est lorsque les choses sont comme elles devraient être. » Ce n’est pas seulement l’absence de problèmes ou de souffrances, mais une présence positive – la présence d’une harmonie fondamentale entre l’être et son existence.
Cette conception nous aide à comprendre des expressions mystiques comme « que se réjouissent les cieux« . Les cieux ne rient pas, ne dansent pas – leur joie est leur perfection même, leur état de plénitude et d’harmonie.
La joie se rapproche ainsi de l’expression « être satisfait » ou « comblé« . C’est l’état où l’on peut dire sincèrement : « il ne me manque rien d’essentiel« . Non pas que tous nos désirs soient assouvis, mais que nous ressentons une complétude fondamentale, une acceptation profonde de ce qui est.
Les dimensions de la plénitude
Cette plénitude comporte plusieurs dimensions qui s’entrecroisent :
Plénitude intérieure – Un sentiment d’être entier, complet en soi-même, indépendamment des circonstances extérieures. Cette dimension rejoint le concept de shlemut (complétude), où l’âme retrouve son intégrité originelle.
Plénitude relationnelle – L’harmonie dans nos relations avec autrui et avec le monde. La tradition évoque cet aspect lorsqu’elle parle d’être « soi-même, avec son monde, avec ses préoccupations« . La joie authentique n’est jamais isolée ou narcissique ; elle implique une juste relation avec ce qui nous entoure.
Plénitude spirituelle – La connexion avec une dimension transcendante, que la tradition nomme devekut (attachement au divin). Cette dimension spirituelle n’est pas séparée de l’existence quotidienne mais l’imprègne et lui donne sens.
En intégrant ces dimensions, la joie devient bien plus qu’une simple émotion – elle devient un mode d’être qui touche aux fondements mêmes de notre humanité. Elle reflète, selon les mots du Psalmiste, « la plénitude de joies en Ta présence » (Psaumes 16:11).
La joie dans l’accomplissement des commandements
Dans la tradition juive, l’accomplissement des commandements divins (mitzvot) doit idéalement se faire avec joie. Mais on observe que trop souvent, les pratiquants accomplissent leurs obligations religieuses dans l’anxiété :
« Il y a des gens qui, même lorsqu’ils accomplissent un commandement, sont toujours remplis d’inquiétudes… Peut-être que mes phylactères ont bougé de leur place ? Peut-être que mon talith a besoin d’un fil plus long ? »
La véritable « joie du commandement » (Sim’ha shel mitzva) naît lorsque l’individu ressent un sentiment d’harmonie dans cet accomplissement. Il ne s’agit pas nécessairement d’une exubérance ou d’une célébration extérieure, mais d’une satisfaction profonde – « Comme je suis heureux qu’un commandement me soit échu en partage ! »
Ce sentiment rejoint l’expression liturgique : « Heureux sommes-nous, combien notre part est bonne, combien notre sort est agréable. » La joie du commandement est cette reconnaissance de la valeur de ce que nous sommes appelés à faire, sans besoin de validation externe ou de récompense supplémentaire.
Accepter l’existence avec joie
L’aspect peut-être le plus profond et le plus difficile de cet enseignement concerne notre attitude face aux difficultés de l’existence. La Hassidout aborde la question troublante : comment peut-on être dans la joie face à la souffrance ?
« Si un homme atteint un niveau élevé, alors même dans les difficultés, il peut être dans la joie. » Cette affirmation s’enracine dans la tradition juive qui invite à « bénir le mal comme on bénit le bien » – non pas à se réjouir du mal, mais à l’accepter avec une certaine sérénité.
Cette conception fait écho à la bénédiction quotidienne juive de Dayan HaEmet (« le Juge de Vérité »), récitée face à des nouvelles douloureuses. Cette tradition ne nie pas la réalité de la souffrance, mais propose une perspective qui transcende la dichotomie simpliste entre bonheur et malheur.
Cette acceptation n’est pas résignation passive ni déni de la souffrance. C’est plutôt une façon de recevoir la réalité telle qu’elle est, sans l’amertume qui ajoute une souffrance à la souffrance. « Il reçoit la chose, la situation telle qu’elle est, il peut l’accepter sans amertume, la recevoir comme elle est et la vivre comme elle est. »
Souffrance et transformation
La Hassidout nous invite à une compréhension nuancée de la relation entre joie et souffrance. Dans la tradition juive, particulièrement après la destruction du Temple et l’exil, s’est développée une réflexion profonde sur la signification de la souffrance et sa possible transformation. Le hassidisme a apporté une dimension nouvelle à cette réflexion en enseignant que même les expériences douloureuses peuvent être vécues avec une certaine joie intérieure.
Cette approche reconnaît la réalité de la douleur tout en affirmant qu’elle n’est pas le dernier mot de l’existence. La joie authentique n’est pas l’opposé de la souffrance mais sa transformation.
Cette dimension de la joie demande une maturité spirituelle particulière. Elle nous invite à transcender la division habituelle entre ce que nous aimons et ce que nous n’aimons pas, pour trouver une façon d’être en paix avec la totalité de notre expérience. la Hassidout nous montre ainsi que la joie véritable n’est pas l’absence de difficultés, mais une présence intérieure qui demeure même au cœur des turbulences de l’existence.
Cultiver la joie authentique au quotidien
Comment pouvons-nous intégrer cette vision profonde de la joie dans notre vie quotidienne ? La Hassidout suggère plusieurs voies pratiques qui peuvent transformer notre existence ordinaire en un chemin de joie authentique.
Pratiques pour une vie de joie
Développer le sentiment de plénitude – Apprendre à reconnaître la complétude fondamentale de notre être, au-delà des manques apparents. La tradition propose des méditations quotidiennes sur notre valeur intrinsèque comme être créé « à l’image divine ». Elle nous rappelle régulièrement que notre essence n’est pas définie par nos manques ou nos échecs, mais par notre plénitude potentielle.
Pratiquer la gratitude consciente – « Se réjouir de sa part » en appréciant ce que nous avons plutôt qu’en nous focalisant sur ce qui nous manque. Cette pratique, enracinée dans la tradition de hakarat hatov (reconnaissance du bien), peut prendre la forme d’un rituel quotidien où nous énumérons consciemment nos bénédictions. Comme l’enseigne le Talmud : « Qui est riche ? Celui qui se réjouit de sa part. »
Accomplir nos obligations avec présence totale – Transformer nos devoirs et responsabilités en opportunités de connexion et d’harmonie. La tradition nous invite à aborder chaque action, même la plus ordinaire, comme une occasion de manifester notre plénitude. Cette approche rejoint le concept d’avoda b’Sim’ha (service dans la joie) qui transforme les tâches quotidiennes en actes sacrés.
Cultiver l’acceptation active – Recevoir les circonstances de notre vie, favorables ou difficiles, avec une attitude d’ouverture plutôt que de résistance. Cette acceptation n’est pas passive mais créative – elle nous permet de répondre aux situations avec flexibilité et résilience. La tradition suggère de pratiquer quotidiennement l’acceptation en commençant par les petites contrariétés avant d’aborder les défis majeurs.
Chercher l’harmonie relationnelle – Être en accord avec soi-même, avec ses actions et avec le monde qui nous entoure. La tradition enseigne que la joie véritable se trouve dans l’harmonie de nos relations. Elle nous encourage à examiner régulièrement la qualité de nos interactions et à cultiver la bienveillance active envers autrui.
La joie dans un monde fracturé
La conception de la joie dans la Hassidout prend une résonance particulière dans notre monde contemporain marqué par l’anxiété, la dépression et la quête souvent frénétique du bonheur.
Au-delà du bonheur superficiel
Notre société tend à confondre le bonheur avec la satisfaction des désirs et l’accumulation d’expériences positives. Cette approche transactionnelle du bonheur le réduit à une marchandise qu’on peut acquérir avec les bons outils ou les bonnes pratiques.
La tradition nous propose une alternative : la joie n’est pas quelque chose qu’on obtient mais quelque chose qu’on est. Elle ne dépend pas principalement des circonstances extérieures mais de notre manière d’habiter ces circonstances.
Une sagesse pour temps difficiles
Dans un monde confronté à des défis multiples, la Hassidout offre des ressources précieuses. Sa conception de la joie comme capacité à rester en contact avec une plénitude fondamentale même dans l’adversité nous invite à développer une résilience spirituelle profonde.
Cette vision de la joie ne nous détourne pas des souffrances du monde. Au contraire, elle peut nous donner la force intérieure nécessaire pour y faire face sans être submergés. La joie authentique nous permet d’agir dans le monde avec plus d’efficacité précisément parce qu’elle n’est pas conditionnée par les résultats immédiats de nos actions.
Conclusion
La joie dans la Hassidout n’est pas une fuite de la réalité mais une manière plus profonde de l’habiter. Elle n’est pas l’absence de difficultés, mais une façon de traverser ces difficultés avec grâce et intégrité intérieure.
Cette vision nous offre une alternative puissante à la conception contemporaine du bonheur comme accumulation d’expériences plaisantes ou réalisation de tous nos désirs. Elle propose plutôt un bonheur ancré dans l’être, dans la plénitude intérieure et dans une relation juste avec la réalité.
« Comment un homme peut-il vivre sa vie dans la joie ? » demande la tradition. Sa réponse est à la fois un défi et une promesse : en cultivant un état d’être où, quelles que soient les circonstances extérieures, nous puissions nous tenir « complets dans la situation » – présents, ouverts et en harmonie avec ce qui est.
Dans un monde qui cherche souvent le bonheur dans l’avoir et le faire, la Hassidout nous rappelle cette vérité fondamentale : la joie authentique est une manière d’être. Elle n’est pas ce que nous cherchons mais ce que nous découvrons lorsque nous cessons de chercher au-dehors ce qui réside déjà en nous – cette plénitude qui est notre héritage le plus précieux.
« La joie n’est pas dans les choses, elle est en nous. »
Reb Israël Arié Leïb est né le 21 iyar 1909 à Nikolaïev, troisième fils du Rabbi Levi Its’hak et de la Rabbanit Hanna Schneerson. Son nom lui vient de son oncle Israël et de son arrière-grand-père Israël Arié Janowski.
Doué d’une intelligence exceptionnelle dès son plus jeune âge, il consacrait l’essentiel de son temps à l’étude de la Guemara, du Rachi et de la Kabbale. Sa mère devait souvent l’interrompre pour qu’il mange ou dorme. Son père remarquait qu’il « avait le cerveau du Rabbi Tsema’h Tsedek ». Après des études au Talmud Torah, il poursuivit avec un professeur particulier à domicile, s’imprégnant de l’atmosphère hassidique familiale.
En 1924, il se rendit à Léningrad où résidait le Rabbi précédent. Le Rabbi Yosef Its’hak avait une affection particulière pour lui. À la synagogue, il répondait naturellement à toutes sortes de questions sur la Guemara et recevait des enseignements réguliers sur la Torah. Durant cette période, il étudia également à l’université.
Par la suite, il dut changer son nom pour Gourarié. En 1930, il quitta l’URSS pour Berlin où il vécut avec son frère, le futur Rabbi. Ils échangeaient régulièrement avec leur père sur des sujets d’étude de la Torah.
En 1934, il immigra en Terre sainte et s’installa à Tel-Aviv, travaillant comme bibliothécaire municipal. En 1939, il se fiança avec Mademoiselle Genia, alors que son père était exilé au Kazakhstan. Ni ses parents ni ses frères ne purent assister à son mariage.
Malgré les difficultés, il maintint le contact avec son frère et les hassidim en Israël. Passionné par la hassidout, il passait de longues nuits à en discuter avec ses amis. Quand son frère s’installa aux États-Unis en 1941, ils reprirent contact fréquemment. Il fut impressionné par les publications envoyées par son frère, reconnaissant sa profondeur intellectuelle.
En 1948, il reçut une proposition pour parfaire ses connaissances en Angleterre. Avec la bénédiction du Rabbi Yossef Its’hak, il partit pour Liverpool en 1950 où il poursuivit ses études scientifiques, particulièrement en mathématiques. Il enseigna et publia plusieurs articles innovants dans ce domaine.
Le 13 iyar 1952, il décéda à l’âge de 48 ans. Sa dépouille fut transportée jusqu’en Israël et enterrée au cimetière de Safed. Le Rabbi, ne voulant pas retarder l’enterrement, ne put y assister. Pour protéger sa mère, le Rabbi ne lui révéla jamais le décès de son fils, allant jusqu’à imiter son écriture pour lui envoyer des lettres fictives.
Sa femme Genia et leur fille unique Dalia eurent deux fils : Arielle (nommé d’après son grand-père) et Daniel, qui occupèrent des postes scientifiques prestigieux en Israël.
En 1991, le Rabbi commenta les prénoms de son frère selon la hassidout : Israël (les lettres forment les initiales des mots liés aux 600 000 âmes du peuple juif), Arié (le lion, symbolisant force et courage dans le service divin), et Leïb (traduction yiddish de « lion », soulignant l’importance de servir Dieu même dans le domaine matériel).
La municipalité d’Aubervilliers a organisé une cérémonie solennelle pour marquer le 80ème anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale. L’école ChnéOr a joué un rôle prépondérant lors de cette commémoration avec une participation remarquable de ses élèves et représentants. Cette rencontre mémorielle a été l’occasion pour les autorités locales d’exprimer leur gratitude envers la communauté juive pour son apport significatif à la vie culturelle et sociale de la ville.
Une cérémonie empreinte d’émotion et de recueillement
La cérémonie commémorative du 8 mai 1945 s’est déroulée dans une atmosphère à la fois solennelle et chaleureuse. Les habitants d’Aubervilliers, toutes générations confondues, se sont réunis pour honorer la mémoire des victimes du conflit et célébrer la paix retrouvée. Les représentants municipaux ont tenu à souligner l’importance de ce moment historique dans la construction de l’Europe contemporaine.
« Ces commémorations sont essentielles pour transmettre aux jeunes générations les valeurs de paix et de tolérance qui ont émergé des cendres de ce conflit mondial », a déclaré un représentant de la municipalité lors de son discours d’ouverture.
L’école ChnéOr, gardienne de la mémoire
La présence de l’institution ChnéOr a constitué l’un des moments forts de cette journée commémorative. Mme Haya Nisilevitch, directrice des institutions, a livré une élocution particulièrement touchante sur l’importance de la transmission de la mémoire.
« Notre devoir est double : honorer ceux qui nous ont précédés et préparer nos enfants à devenir des artisans de paix et de fraternité », a-t-elle souligné avec émotion. « L’éducation est notre plus puissante arme contre l’oubli et l’indifférence. »
Son intervention a rappelé comment l’histoire juive s’entrelace avec celle de la France et comment les valeurs partagées peuvent contribuer à un avenir plus harmonieux.
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Les Tsivot Hachem : une jeunesse engagée et inspirante
Un moment particulièrement applaudi fut la prestation des Tsivot Hachem, ces jeunes soldats spirituels de la communauté juive. Vêtus d’uniformes bleu marine ornés d’insignes distinctifs, ils ont défilé en formation disciplinée dans la cour de la mairie d’Aubervilliers, portant fièrement leurs instruments de musique et le drapeau français.
La fanfare des Tsivot Hachem, composée d’une vingtaine de jeunes élèves de l’école ChnéOr âgés de 8 à 13 ans, a interprété avec brio le chant liturgique « Haaderet vehaemouna » (Splendeur et Foi) adapté sur l’air de la Marseillaise. Ce choix musical, loin d’être fortuit, s’inscrit dans une tradition remontant à 1973, lorsque le Rabbi de Loubavitch lui-même créa cette association mémorable.
En effet, cette année-là, une centaine de juifs français s’étaient rendus à New York pour célébrer les fêtes de Tichri auprès du Rabbi. Durant les hakafot de Simhat Torah, le Rabbi, qui connaissait particulièrement bien la France pour y avoir étudié à la Sorbonne, rassembla ces français autour de lui et entonna la prière Haadéret Vehaémouna sur l’air de la Marseillaise. La surprise fut totale pour les visiteurs français qui s’associèrent avec enthousiasme à ce chant patriotique transformé en prière. Cette mélodie se propagea rapidement parmi les hassidim présents, qui apprirent l’air auprès des Français, et depuis lors, ce nigoun est devenu une tradition dans les communautés Habad-Loubavitch du monde entier.
« Cette mélodie représente le pont symbolique entre notre identité juive et notre attachement à la France », a expliqué un parent d’élève présent à la cérémonie. « Lorsque nos enfants chantent l’Haaderet vehaemouna sur l’air de la Marseillaise, ils perpétuent une tradition profonde et significative. »
Cette performance méticuleusement orchestrée par le Rav Shmoulik Tewel, Chalia’h du Rabbi de la communauté Habad-Loubavitch locale, s’inscrivait dans une démarche plus large. Après la prestation musicale, le Rav Tewel s’est adressé brièvement à l’assemblée pour expliciter la signification de ce moment.
« Les Tsivot Hachem représentent l’avenir et l’espoir. Ils incarnent notre mission de transmettre des valeurs positives dans un monde qui a tant besoin de lumière », a-t-il expliqué avant de rappeler le message prophétique de « Tsarfat oufaratsta » (France et expansion).
« Oufaratsta » (Tu te répandras) – « Tsarfat » (France en hébreu) – 770
Le Rav Tewel a partagé avec l’assistance l’enseignement du Rabbi sur la relation spirituelle entre ces deux termes : « Oufaratsta » (Tu te répandras) et « Tsarfat » (France en hébreu) sont en réalité des anagrammes. De plus, selon la Guématria, procédé numérologique d’interprétation des textes hébraïques, le total de leurs lettres est de 770, nombre qui correspond au numéro de la maison du Rabbi à New York. Cette concordance n’est pas une coïncidence mais révèle, selon la tradition Habad, le rôle particulier que la France est appelée à jouer dans la diffusion de valeurs spirituelles universelles.
« Ce n’est pas un hasard si nous sommes réunis ici aujourd’hui, en France, pour commémorer la victoire contre l’obscurantisme nazi », a poursuivi le Rav Tewel. « La France, terre des droits de l’homme, et la tradition juive partagent cette aspiration commune à la dignité humaine et à la paix entre les peuples. »
Le maire d’Aubervilliers, visiblement touché par cette prestation, s’est approché des jeunes musiciens pour les féliciter personnellement. « Vous avez apporté une dimension supplémentaire à notre commémoration », leur a-t-il dit. « Votre présence ici montre que la transmission de la mémoire est bien vivante. »
« Ces jeunes portent en eux les valeurs universelles qui ont permis à l’humanité de se relever après la guerre », a commenté le Rav Tewel à l’issue de la présentation. « Leur enthousiasme nous montre le chemin vers un monde meilleur. Dans la tradition juive, nous croyons que les enfants sont nos bâtisseurs d’avenir, et aujourd’hui, ils ont construit un pont entre le passé douloureux et un futur d’espérance. »
Une reconnaissance municipale pour un engagement communautaire
La conclusion de la cérémonie a été marquée par les remerciements chaleureux de la municipalité envers la communauté juive d’Aubervilliers. Les autorités locales ont tenu à souligner l’apport considérable de cette communauté à la vie sociale, culturelle et économique de la ville.
« Votre présence aujourd’hui, comme au quotidien, enrichit notre ville et renforce notre tissu social », a déclaré un élu municipal. « La diversité d’Aubervilliers est sa force, et la communauté juive en est une composante essentielle et précieuse. »
Cette reconnaissance publique témoigne des liens solides tissés au fil des années entre la municipalité et les institutions juives locales, dans un esprit de respect mutuel et de collaboration fructueuse qui s’inscrit pleinement dans les valeurs républicaines célébrées lors de cette commémoration.
C’est avec une profonde tristesse que la communauté Habad-Loubavitch apprend le décès du Rav Shalom Weiss, figure emblématique de Manchester. Pendant plusieurs décennies, il a dirigé avec dévouement la Yechiva Tomchei Tmimim, depuis sa fondation jusqu’à il y a cinq ans. Ce pilier de la communauté hassidique, qui avait récemment élu domicile à Ramat Shlomo à Jérusalem, laisse derrière lui un héritage spirituel considérable et une famille nombreuse.
La nouvelle a été annoncée ce jeudi avec une grande émotion. Le Rav Shalom Weiss, personnalité respectée de la communauté hassidique de Manchester, nous a quittés. Son nom restera indéniablement lié à la Yechiva Tomchei Tmimim de Manchester, qu’il a dirigée pendant de longues années depuis sa création jusqu’à il y a cinq ans.
« Le Rav Weiss a consacré sa vie à l’enseignement et à la transmission des valeurs de la Torah et du hassidisme, » témoigne un proche de la famille. « Son influence sur les générations d’étudiants qui ont fréquenté la Yechiva est inestimable. »
Sous sa direction, l’institution est devenue un centre d’excellence pour l’étude de la Torah et de la philosophie Habad. Sa vision pédagogique et son dévouement ont permis à de nombreux jeunes de s’épanouir spirituellement et intellectuellement.
Un héritage familial impressionnant à travers le monde
Le Rav Weiss laisse derrière lui une famille exceptionnellement nombreuse, témoignage vivant de son engagement envers les valeurs qu’il a défendues toute sa vie. Ses enfants, répandus à travers le monde, poursuivent pour la plupart le travail de diffusion du judaïsme.
Parmi eux, on compte le Rav Dov Ber Weiss à Kingston en Pennsylvanie, ainsi que plusieurs de ses filles mariées à des émissaires Habad. Le Rav Shmoulik Weiss, un de ses fils, est actif au Beth Habad du Mur occidental à Jérusalem, tandis que le Rav Mendy Weiss sert comme émissaire en Virginie.
« Notre père nous a toujours encouragés à servir la communauté et à diffuser la lumière du judaïsme, » confie l’un de ses enfants. « C’est un héritage que nous portons avec fierté. »
De Manchester à Jérusalem: un parcours exemplaire
Après des décennies d’activité intense à Manchester, le Rav Weiss avait choisi de s’installer à Jérusalem ces dernières années. Résidant dans le quartier de Ramat Shlomo, il est resté actif au sein de la communauté Habad locale malgré son âge avancé.
Ce déménagement en Terre Sainte représentait pour lui l’accomplissement d’un rêve spirituel, la possibilité de terminer son parcours dans la ville sainte par excellence du judaïsme.
« Même à Jérusalem, il n’a jamais cessé d’inspirer ceux qui le rencontraient, » raconte un membre de la communauté de Ramat Shlomo. « Sa porte était toujours ouverte, et sa sagesse disponible pour quiconque en avait besoin. »
Le Rav Weiss était remarié à Madame Hadassa, après le décès de sa première épouse, Madame Tova Gitel Weiss, survenu il y a dix ans. Cette dernière avait été sa partenaire dévouée pendant de nombreuses années dans son travail éducatif.
L’adieu à un Hassid respecté
La Levaya du Rav Weiss a eu lieu à Jérusalem au cimetière du Mont des Repos.
La nouvelle de son décès a suscité une vague d’émotion dans les communautés Habad du monde entier, notamment à Manchester où son impact reste profondément ancré.
« C’est une perte immense pour notre communauté, » déclare un ancien élève de la Yechiva Tomchei Tmimim. « Le Rav Weiss était bien plus qu’un directeur d’institution, il était un véritable père pour des générations d’étudiants. »
Outre ses nombreux enfants, le Rav Weiss laisse derrière lui ses frères et sœurs : le Rav David Gershon Weiss, directeur d’un kollel à Bnei Brak, Madame Tzivia Rivka Weiss à Boston, et Madame Yehudit Rachel Manes à Londres.
En cette période de deuil, les pensées de la communauté hassidique se tournent vers sa famille, espérant qu’elle trouvera réconfort dans l’héritage spirituel exceptionnel laissé par le Rav Shalom Weiss, dont l’influence continue de rayonner à travers ses nombreux disciples et sa famille dédiée aux valeurs du judaïsme.
Tsadik Halévi Nesofer, connu sous le nom de « Charlie Buttons », figure emblématique du quartier de Crown Heights à Brooklyn, s’est éteint le 10 Iyar 5785 (mai 2025) à l’âge de 80 ans. Reconnaissable à son habit de travail orné de nombreux pins et badges, ce hassid au parcours atypique a marqué la vie du 770 pendant plusieurs décennies. Son dévouement à la communauté et sa joie contagieuse ont fait de lui un symbole vivant des valeurs de partage et d’optimisme chères au mouvement Loubavitch.
De Manhattan à Crown Heights : l’itinéraire d’un fidèle dévoué
Né le 18 Tamouz 5704 (juillet 1944) de son père Israël Eliezer (Izzy) Halévi, Tsadik – son prénom officiel – a grandi à Manhattan. C’est dans cette ville qu’il rencontra pour la première fois les émissaires du Rabbi, une rencontre qui allait changer le cours de sa vie. Peu à peu, il commença à fréquenter régulièrement le quartier de Crown Heights, bastion de la communauté Loubavitch, jusqu’à devenir l’une de ses figures les plus reconnaissables.
Dans les premières années, il croisait souvent le Rabbi lors de sa sortie du métro, sur le chemin vers le 770, et engageait régulièrement la conversation avec lui. Employé pendant un temps au service postal américain, Charlie était également membre d’une organisation caritative de New York, pour laquelle il défilait une fois par an dans son uniforme officiel après le dîner annuel de l’organisation.
En 2020, il déménagea dans une maison de retraite tenue par les hassidim de Satmar dans le quartier de Williamsburg, où il recevait la visite de nombreux fidèles lors des fêtes juives. Son 80ème anniversaire, célébré le 18 Tamouz 5784 (juillet 2024) au 770, fut un événement marquant avec comme orateur principal le Rav Menahem Gerlitzky. À cette occasion, on lui offrit une grande photographie le montrant aux côtés du Rabbi qui l’encourageait avec un large sourire.
Une relation privilégiée avec le Rabbi
Au fil des années, Charlie a bénéficié d’une attention particulière de la part du Rabbi. Il reçut de nombreux encouragements et sourires bienveillants, particulièrement lors des distributions de dollars pour la charité.
Charlie racontait souvent une anecdote personnelle qui l’avait profondément marqué : alors qu’il nageait sur une plage de Long Island, sa kippa fut emportée par le courant. Il eut alors le privilège de recevoir une nouvelle kippa directement des mains du Rabbi – un souvenir qu’il chérissait particulièrement et qu’il aimait partager.
Cette relation spéciale était visible lors de nombreux événements communautaires, comme en témoigne la photo mémorable de Charlie recevant un traitement particulier du Rabbi pendant la distribution du Tanya lors du 19 Kislev 5751 (décembre 1990).
Un personnage haut en couleur aux traditions uniques
Jusqu’à son entrée en maison de retraite, Charlie saisissait chaque opportunité – qu’il s’agisse d’un événement ou d’une célébration hassidique – pour prononcer des discours en anglais sur l’intégrité de la Terre d’Israël et sur le Machia’h. Parmi les rassemblements auxquels il assistait régulièrement figuraient les célébrations de fin d’étude des lois du Rambam (Maïmonide) organisées au 770 par le Rav Menahem Gerlitzky, ainsi que la réunion hebdomadaire dans le coin nord-est du 770 pour renforcer la foi dans le message de la rédemption.
Charlie veillait également à assister à toutes les cérémonies de « Shalom Zakhar » (célébration pour la naissance d’un garçon) qui se tenaient chaque vendredi soir dans le quartier de Crown Heights, ainsi qu’à tous les mariages du quartier, où il bénissait les jeunes mariés. Il distribuait généralement des ballons spéciaux aux enfants pour augmenter la joie des célébrations.
Une de ses particularités les plus étonnantes était sa façon de continuer à compter les jours de Hanoukka tout au long de l’année, surtout lorsque le début de l’année civile coïncidait avec Hanoukka. Il justifiait cette pratique en citant les paroles du Rabbi selon lesquelles, puisque le premier jour du mois de Tevet tombe pendant Hanoukka, tous les jours de Tevet sont liés à cette fête de lumière.
L’héritage lumineux d’un ambassadeur de joie
Au-delà de son apparence colorée, Charlie était un véritable messager de l’optimisme et de la foi dans la venue imminente du Machia’h. Il œuvrait activement à la diffusion du message de la rédemption en distribuant des brochures et des cartes sur ce thème lors de ses trajets en métro et à chaque occasion qui se présentait.
Sa présence aux événements communautaires apportait invariablement une touche de joie et de légèreté. Les habitants de Crown Heights se souviennent avec émotion de ce fidèle qui savait transformer chaque célébration en un moment encore plus festif par sa simple présence.
Le décès de Charlie Buttons, survenu le 10 Iyar 5785, laisse un vide immense dans la communauté Loubavitch. Les Rabbanim et fidèles qui l’ont côtoyé témoignent unanimement de son dévouement indéfectible aux enseignements du Rabbi et à l’esprit de fraternité qui anime le mouvement Habad.
Son parcours extraordinaire, de simple fidèle à figure emblématique de Crown Heights, illustre parfaitement comment une personne ordinaire peut, par sa foi et son engagement, devenir un phare d’inspiration pour toute une communauté. L’héritage de Charlie continuera d’illuminer les cœurs de tous ceux qui l’ont connu, rappelant que la joie sincère est peut-être le plus beau des messages spirituels.