Reb Israël Arié Leïb est né le 21 iyar 1909 à Nikolaïev, troisième fils du Rabbi Levi Its’hak et de la Rabbanit Hanna Schneerson. Son nom lui vient de son oncle Israël et de son arrière-grand-père Israël Arié Janowski.

Doué d’une intelligence exceptionnelle dès son plus jeune âge, il consacrait l’essentiel de son temps à l’étude de la Guemara, du Rachi et de la Kabbale. Sa mère devait souvent l’interrompre pour qu’il mange ou dorme. Son père remarquait qu’il « avait le cerveau du Rabbi Tsema’h Tsedek ». Après des études au Talmud Torah, il poursuivit avec un professeur particulier à domicile, s’imprégnant de l’atmosphère hassidique familiale.

En 1924, il se rendit à Léningrad où résidait le Rabbi précédent. Le Rabbi Yosef Its’hak avait une affection particulière pour lui. À la synagogue, il répondait naturellement à toutes sortes de questions sur la Guemara et recevait des enseignements réguliers sur la Torah. Durant cette période, il étudia également à l’université.

Par la suite, il dut changer son nom pour Gourarié. En 1930, il quitta l’URSS pour Berlin où il vécut avec son frère, le futur Rabbi. Ils échangeaient régulièrement avec leur père sur des sujets d’étude de la Torah.

En 1934, il immigra en Terre sainte et s’installa à Tel-Aviv, travaillant comme bibliothécaire municipal. En 1939, il se fiança avec Mademoiselle Genia, alors que son père était exilé au Kazakhstan. Ni ses parents ni ses frères ne purent assister à son mariage.

Malgré les difficultés, il maintint le contact avec son frère et les hassidim en Israël. Passionné par la hassidout, il passait de longues nuits à en discuter avec ses amis. Quand son frère s’installa aux États-Unis en 1941, ils reprirent contact fréquemment. Il fut impressionné par les publications envoyées par son frère, reconnaissant sa profondeur intellectuelle.

En 1948, il reçut une proposition pour parfaire ses connaissances en Angleterre. Avec la bénédiction du Rabbi Yossef Its’hak, il partit pour Liverpool en 1950 où il poursuivit ses études scientifiques, particulièrement en mathématiques. Il enseigna et publia plusieurs articles innovants dans ce domaine.

Le 13 iyar 1952, il décéda à l’âge de 48 ans. Sa dépouille fut transportée jusqu’en Israël et enterrée au cimetière de Safed. Le Rabbi, ne voulant pas retarder l’enterrement, ne put y assister. Pour protéger sa mère, le Rabbi ne lui révéla jamais le décès de son fils, allant jusqu’à imiter son écriture pour lui envoyer des lettres fictives.

Sa femme Genia et leur fille unique Dalia eurent deux fils : Arielle (nommé d’après son grand-père) et Daniel, qui occupèrent des postes scientifiques prestigieux en Israël.

En 1991, le Rabbi commenta les prénoms de son frère selon la hassidout : Israël (les lettres forment les initiales des mots liés aux 600 000 âmes du peuple juif), Arié (le lion, symbolisant force et courage dans le service divin), et Leïb (traduction yiddish de « lion », soulignant l’importance de servir Dieu même dans le domaine matériel).