800 étudiants juifs embarquent pour un voyage spirituel à Shanghai

800 étudiants juifs embarquent pour un voyage spirituel à Shanghai

Une expérience inoubliable qui rassemble de jeunes Juifs de l’ex-Union soviétique dans une célébration de leurs racines ancestrales. Plus de 800 étudiants se sont réunis en Chine pour marquer l’aboutissement d’une année d’études juives. Ce voyage organisé par YAHAD représente bien plus qu’une simple excursion touristique.

Une rencontre vibrante d’identité et d’héritage

La ville de Shanghai a accueilli cette semaine plus de 800 étudiants juifs venus de Russie et d’autres pays de l’ex-Union soviétique pour un Chabbat exceptionnel dédié à la construction identitaire. Cette initiative remarquable marque l’apogée d’une année entière consacrée à l’apprentissage engagé de la tradition juive. Les participants, accompagnés par des Chlou’him, des machpi’im et d’éminents invités, bénéficient d’une immersion totale dans un environnement imprégné d’énergie juive et ‘hassidique.

Ce voyage transformateur est orchestré par l’organisation YAHAD, qui opère sous l’égide de la Fédération des Communautés Juives (FJC). Pour de nombreux étudiants, cette expérience représente une reconnexion précieuse avec un héritage dont ils ont été séparés pendant des générations, suscitant une émotion palpable parmi les participants.

Une cérémonie d’ouverture éblouissante

Le temps semblait suspendu lors de la cérémonie d’ouverture qui s’est déroulée à l’hôtel Hilton de Shanghai. Un animateur dynamique a guidé les 800 étudiants juifs à travers des heures électrisantes de joie et d’unité profonde.

L’événement inaugural a offert un spectacle grandiose mêlant une hospitalité généreuse, une ambiance chinoise authentique et exotique, des performances acrobatiques à couper le souffle, des productions multimédias de pointe, des discours inspirants, des chants collectifs, des vagues d’émotion, des activités interactives et des danses. Tous ces éléments se sont harmonieusement combinés pour créer une expérience inoubliable.

Le Rav Mendy Wilansky, directeur général de YAHAD, a été le premier orateur de la soirée, accueillant chaleureusement les participants avec une énergie et une émotion communicatives. Son discours s’est conclu par un chant repris avec enthousiasme par l’ensemble des étudiants. Une reconnaissance particulière a été exprimée envers la société de production Peles-Fleishman ainsi qu’aux jeunes leaders dont le travail acharné contribue au succès de ce voyage, déclenchant des applaudissements spontanés dans l’assemblée.

L’histoire juive de Shanghai mise en lumière

Le Rav Shalom Greenberg, émissaire Loubavitch à Shanghai, a prononcé un discours en anglais soulignant l’histoire juive et ‘Habad de la ville pendant l’Holocauste. Ses remarques ont naturellement introduit la présentation multimédia qui a suivi, donnant vie à des événements historiques, accompagnée par le chant « Shir HaGeulah – Hachayeni Kel », composé par le précédent Rabbi durant cette période.

À la suite de cette projection, le Rav Itzik Gorelik, émissaire ‘Habad à Kazan, est monté sur scène et a invité les autres Chlou’him à se joindre à lui pour entonner l’hymne ‘Habad « Nyet Nyet Nikavo ». Des représentants étudiants des 60 antennes de YAHAD ont défilé en portant des drapeaux à l’effigie de leurs branches respectives, suscitant les acclamations du public.

L’événement s’est conclu de façon spectaculaire avec un numéro acrobatique époustouflant qui a captivé l’assistance. L’hymne de YAHAD et d’autres airs entraînants ont résonné dans la salle avant que le groupe ne se disperse pour participer à la programmation nocturne, composée de farbrenguens, de conférences et d’activités de cohésion en préparation de la journée suivante.

Un pont entre passé et avenir

Ce rassemblement à Shanghai représente bien plus qu’un simple voyage touristique. Pour ces jeunes juifs qui redécouvrent leurs racines après des décennies de déconnexion imposée par l’histoire soviétique, cette expérience constitue un pont essentiel entre leur passé ancestral et leur avenir identitaire.

Entre la vidéo rétrospective du voyage de l’année précédente en Thaïlande et un segment interactif plein d’humour, les participants ont pu mesurer le chemin parcouru et l’importance de cette transmission culturelle et spirituelle. Plusieurs mois d’efforts et de planification ont été nécessaires pour concrétiser ce voyage qui ne fait que commencer.

Pour la plupart des étudiants, qui renouent seulement maintenant avec leur héritage juif après des générations de rupture, l’émotion était visible et l’excitation palpable. Ces moments partagés à Shanghai resteront gravés dans leur mémoire comme une étape fondamentale de leur reconnexion avec leurs racines, tout en forgeant des liens communautaires qui perdureront bien au-delà de ce séjour en Chine.

 

Le courage honoré : le Rav Kotner fixe des Mezouzot chez un héros de Tsahal

Le courage honoré : le Rav Kotner fixe des Mezouzot chez un héros de Tsahal

Gravement blessé lors d’un combat héroïque au poste « Paga » à la frontière de Gaza, Chalom Shitrith a reçu la visite du Rav Menahem Kotner venu fixer des Mezouzot à son domicile. Ce geste symbolique unit deux dimensions du courage israélien : la bravoure militaire et la force spirituelle. L’acte du Rav Kotner représente non seulement l’accomplissement d’une tradition religieuse mais aussi un hommage à la résilience exceptionnelle d’un soldat qui a sacrifié une partie de lui-même pour la défense du pays.

 

 

Un soldat de la Brigade Golani et son témoignage crucial sur le 7 octobre

Chalom Shitrith appartient à la prestigieuse Brigade Golani, l’une des plus anciennes et respectées de Tsahal. Créée en février 1948, avant même la proclamation officielle de l’État d’Israël, cette unité d’élite porte un béret marron distinctif et a participé à tous les grands conflits militaires du pays. La Brigade Golani, dont l’emblème représente un olivier vert sur fond jaune, symbolise l’attachement profond à la terre d’Israël et incarne la détermination et le courage des forces de défense israéliennes.

C’est lors des attaques du 7 octobre, au poste avancé « Paga » situé à la frontière avec Gaza, que Chalom Shitrith a été grièvement blessé, perdant sa jambe dans le combat. Son histoire a récemment fait la une des médias israéliens après son témoignage révélateur sur l’émission « Sept avec Ayala Hasson » diffusée sur Kan 11. Shitrith y a dévoilé avoir reçu l’ordre incompréhensible, à 5h20 ce matin-là, de ne pas s’approcher de la barrière frontalière jusqu’à 9 heures, maintenant ainsi les soldats à plus de 200 mètres en retrait pendant les heures cruciales précédant l’attaque.

« Comment est-il possible que je ne sache pas qu’il y a quelque chose qui se passe, alors que je suis à 200 mètres de la barrière? » s’est-il indigné lors de son intervention télévisée. Initialement discrédité, son témoignage a finalement été confirmé par un enregistrement des communications radio ce jour-là, soulevant de graves questions sur la chaîne de commandement et les responsabilités dans cette tragédie nationale.

La visite symbolique du Rav Menahem Mendel Kotner

Le Rav Menahem Mendel Kotner, émissaire du mouvement Habad et directeur de la division « Quartier général de Habad pour les victimes du terrorisme », a pris l’initiative de rendre visite à ce héros israélien pour fixer des Mezouzot dans sa demeure. Ce geste s’inscrit dans la continuité de son engagement depuis 2002, lorsqu’au plus fort de la Seconde Intifada, il a été appelé à diriger cette division spéciale dédiée au soutien des victimes d’actes terroristes.

Plus qu’une simple pratique religieuse, ce geste revêt une dimension profondément symbolique. Les Mezouzot, ces petits rouleaux de parchemin contenant des versets de la Torah et fixés aux montants des portes, incarnent la protection divine. Le Rav Kotner, qui accompagne personnellement de nombreuses familles touchées par le terrorisme, offrant un soutien émotionnel et spirituel tout en organisant la collecte de fonds pour leur réhabilitation, poursuit ainsi sa mission auprès des victimes des récents événements.

En apportant cette protection spirituelle au domicile d’un défenseur physique du pays, le Rav Kotner a créé un pont entre deux formes complémentaires de résistance et de résilience : celle des armes et celle de la foi. Sa visite témoigne de la reconnaissance de la communauté religieuse envers les sacrifices consentis par les soldats de Tsahal, quel que soit leur niveau d’observance personnelle.

Le poste « Paga » : révélations sur un ordre controversé

Le poste militaire « Paga », situé à la frontière avec Gaza, est l’un de ces avant-postes stratégiques où s’est jouée la sécurité d’Israël lors des attaques du 7 octobre. C’est dans ce lieu qu’un ordre controversé a été donné à 5h20 du matin : « Aucun véhicule ne doit se rendre à Burma jusqu’à 9 heures du matin », empêchant ainsi les soldats de prendre position près de la barrière avec Gaza pendant les heures critiques précédant l’attaque.

« Je ne sais pas exactement pourquoi, je ne pose pas trop de questions. C’est la directive, c’est ce que nous faisons, » a expliqué Shitrith en citant les paroles de son commandant ce matin-là. Cette directive, initialement attribuée à de supposés « tirs de snipers », a depuis été remise en question, notamment après la diffusion de l’enregistrement confirmant les propos de Shitrith lors de son témoignage devant une commission de la Knesset.

« J’ai vécu avec ça depuis le 7 octobre et j’avais très peur d’en parler, » a confié Shitrith. Son courage à dénoncer cette situation, malgré les tentatives initiales de discréditer son témoignage, constitue un acte de bravoure aussi important que son comportement au combat, où il a continué de se battre malgré des blessures graves ayant mené à l’amputation de sa jambe.

Résilience et quête de vérité : un exemple pour toute une nation

Le parcours de Chalom Shitrith depuis sa blessure illustre une résilience remarquable à plusieurs niveaux. Malgré l’amputation de sa jambe, il a non seulement entamé un processus de réhabilitation physique, mais s’est également engagé dans une quête de vérité et de justice concernant les événements du 7 octobre. « J’espère que nous aurons des réponses plus claires à l’avenir… Il est très important que nous ayons des réponses définitives et que ceux qui doivent payer le prix le paient, » a-t-il déclaré.

« La présence des Mezouzot dans ma maison représente bien plus qu’un simple acte religieux », a confié Shitrith lors de la visite du Rav Kotner. « C’est un rappel quotidien que, malgré les épreuves, nous restons protégés et guidés par des valeurs qui transcendent nos souffrances individuelles. » Sa détermination à reconstruire sa vie l’a même conduit à créer une entreprise de bijouterie et à donner des conférences, tout en continuant de porter son message de vérité.

Son appel à l’unité résonne avec force auprès de ses compatriotes : « Nous sommes en temps de guerre. Nous avons encore près de 60 otages, certains sont vivants, d’autres malheureusement ne le sont plus. Il y a des soldats qui se battent depuis deux ans déjà, qui abandonnent tout pour le peuple, pour l’État. Soyons ensemble pour ceux qui risquent tout pour nous. » Ces paroles, prononcées par un homme qui a payé un prix personnel élevé, portent un poids considérable.

La rencontre entre Chalom Shitrith et le Rav Menahem Kotner illustre ainsi parfaitement cette alliance entre force physique, courage moral et spiritualité qui caractérise la société israélienne dans ses moments les plus éprouvants. Elle nous rappelle que derrière chaque soldat blessé se trouve un individu dont le sacrifice et le témoignage méritent reconnaissance et soutien, sous toutes leurs formes.

 

 

Un hommage émouvant au cœur d’une révolution spirituelle : Quand la jeunesse israélienne honore un héros à Chypre

Un hommage émouvant au cœur d’une révolution spirituelle : Quand la jeunesse israélienne honore un héros à Chypre

À l’approche de l’anniversaire de sa disparition, trois jeunes militaires ayant servi sous les ordres d’Israël Youdkin hy’d ay’d de Kfar Habad, tombé au combat dans la bande de Gaza, ont accompli un geste symbolique fort. Ils ont mis les Tefilines pour l’élévation de son âme au Beth Habad d’Ayia Napa à Chypre. Cette commémoration s’inscrit dans le cadre plus large de la présence du mouvement Loubavitch sur l’île méditerranéenne, devenue un pont spirituel pour des milliers de jeunes Israéliens.

Le souvenir d’un commandant respecté dans un haut lieu touristique

Israël Youdkin hy’d, originaire de Kfar Habad, fait partie des nombreux soldats israéliens tombés au combat lors de l’opération « Épées de Fer » (Harbebot Barzel) à Gaza. Son sacrifice est aujourd’hui commémoré par ceux qui l’ont côtoyé sur le terrain. Ces jeunes hommes, marqués par l’expérience du combat sous son commandement, ont choisi une forme de commémoration profondément ancrée dans la tradition juive.

La mise des Tefilines, Mitsva fondamentale qui consiste à attacher des boîtiers contenant des textes bibliques sur le bras et la tête, représente un lien spirituel puissant. Par ce geste, les trois soldats ont souhaité contribuer à l’élévation de l’âme de leur commandant disparu, manifestant ainsi leur profond respect et leur attachement à sa mémoire.

Chypre : Le commandant de district d'Ayia Napa honoré par Habad pour son  aide aux préparatifs du Seder public de Pessa'h - hassidout.orgAyia Napa, l’une des stations balnéaires les plus populaires de Chypre, accueille chaque année durant la saison estivale des centaines de milliers de touristes, dont environ 100 000 jeunes israéliens et juifs venus profiter des plages, des activités nautiques et de la vie nocturne après leur service militaire ou leurs études. C’est dans ce cadre, a priori éloigné de toute spiritualité, que le Rav Zushe et Yaeli Neymark ont établi un centre Loubavitch devenu un véritable phare pour la jeunesse juive.

Une présence qui s’inscrit dans une révolution spirituelle à Chypre

La présence du Beth Habad d’Ayia Napa s’inscrit dans une histoire plus large, celle de l’implantation du mouvement Loubavitch à Chypre. Cette aventure a débuté en 2003, lorsque le Rav Arie Zeev Raskin et son épouse Shaindel, accompagnés de leurs quatre enfants, sont devenus les premiers émissaires du Rabbi à s’installer sur l’île méditerranéenne avec pour mission d’y faire renaître la vie juive.

Leur vision était ambitieuse : construire une communauté juive ouverte à tous les Juifs résidant à Chypre, mais aussi aux nombreux touristes qui visitent l’île chaque année. Grâce au soutien généreux de la famille Rohr aux États-Unis, le premier Beth Habad a pu ouvrir ses portes à Larnaca, marquant le début d’une présence qui n’a cessé de se développer depuis.

En 2005, la reconnaissance officielle du Rav Raskin comme Grand Rabbin de Chypre lors de la cérémonie d’inauguration de la maison Habad a constitué une étape décisive dans cette implantation. Aujourd’hui, le mouvement s’est considérablement développé, avec plusieurs centres Loubavitch répartis dans les principales villes de l’île : Larnaca, Limassol, Nicosie, Paphos et bien sûr Ayia Napa.

Le Beth Habad d’Ayia Napa : un havre spirituel au cœur de la fête

C’est en 2016, face à l’afflux croissant de jeunes touristes israéliens, que le Rav Zushe et Yaeli Neymark sont arrivés à Ayia Napa avec leur jeune fils Uri pour y établir un centre Loubavitch spécifiquement dédié à cette jeunesse. « C’est ici même, où ils sont venus pour s’évader, qu’ils trouvent un lien avec leur tradition, et nombreux sont ceux qui entament leur voyage spirituel à partir de ce lieu », explique le Rav Neymark.

Le centre propose une gamme complète d’activités : repas de Chabbat faits maison, épicerie casher ouverte du matin jusqu’à tard dans la nuit, cours de Torah, offices quotidiens et programmes du soir spécialement conçus pour les jeunes. Le vendredi soir, ce ne sont pas moins de 400 jeunes qui se réunissent pour l’office d’accueil du Chabbat, leurs chants s’élevant dans les rues environnantes.

« Nous leur offrons un foyer chaleureux loin de chez eux, une touche de sainteté dans un cadre profane », résume le Rav Neymark. C’est dans ce cadre à la fois festif et spirituel que les trois camarades d’Israël Youdkin hy’d ont choisi de lui rendre hommage, illustrant parfaitement la mission que s’est fixée le centre Loubavitch : créer des ponts entre la jeunesse israélienne en quête de détente et leurs racines spirituelles.

L’héritage d’un homme de valeur et la mission des Chlou’him

Israël Youdkin hy’d incarnait les valeurs de Kfar Habad, village fondé par des Hassidim Loubavitch, alliant engagement militaire et fidélité aux traditions religieuses. Son parcours illustre la complexité de la société israélienne, où service de l’État et pratique religieuse se conjuguent souvent.

Les témoignages de ses subordonnés, manifestés à travers cet hommage spirituel, suggèrent qu’au-delà de son rôle de commandant militaire, Youdkin hy’d a su transmettre des valeurs qui résonnent au-delà de sa disparition. L’impact qu’il a eu sur ces jeunes hommes dépasse le cadre strictement militaire pour toucher à des dimensions plus profondes de leur identité.

Cette commémoration souligne également l’importance des traditions religieuses comme refuge et source de réconfort face au deuil et aux traumatismes de guerre. La mise des Tefilines, acte quotidien pour de nombreux juifs pratiquants, prend ici une dimension particulière, transformant un rituel habituel en un puissant vecteur de mémoire.

Le réseau Habad à Chypre continue aujourd’hui de se développer, proposant une grande variété de services à la communauté juive locale et aux visiteurs : école maternelle, plusieurs mikvés (bains rituels), une agence de certification casher, un fonds pour le cimetière et des programmes spéciaux d’été. Des cours et des programmes destinés à tous les âges et niveaux d’apprentissage juif sont régulièrement organisés, incluant des groupes de discussion, des groupes d’étude hebdomadaires du Talmud et de la Torah, des programmes spéciaux pour les fêtes, un service de courrier électronique juif et un site web.

Alors que l’anniversaire de la disparition d’Israël Youdkin hy’d approche, ce geste intime mais profondément symbolique témoigne de la façon dont son souvenir continue de vivre à travers ceux qu’il a commandés et inspirés pendant les heures sombres du conflit, même dans un lieu associé habituellement aux plaisirs et à l’insouciance de la jeunesse.

Pour contacter le Beth Habad d’Ayia Napa :
Téléphone : 00.357.96.640980
Adresse : Kavo Greko 11, Ayia Napa 5330,
Email : [email protected],
Site web : www.ChabadCyprus.com/en/AyiaNapa

Une figure de la sécurité israélienne captive l’auditoire du centre Loubavitch de Belgrade

Une figure de la sécurité israélienne captive l’auditoire du centre Loubavitch de Belgrade

 

La communauté du Beth Habad de Belgrade, dirigée par l’émissaire Rav Yehoshua Kaminezki, a récemment accueilli une conférence exceptionnelle. Le général de division (à la retraite) Yaakov Amidror, ancien conseiller à la sécurité nationale d’Israël, a partagé son expertise avec les membres de la communauté. Cette rencontre s’inscrit dans une série d’événements visant à renforcer les liens entre la diaspora juive et Israël.

Un intervenant au parcours exceptionnel

La communauté du Beth Habad de Belgrade a eu l’honneur de recevoir une personnalité de premier plan du monde de la sécurité israélienne. Le général Yaakov Amidror, figure respectée dans les cercles militaires et diplomatiques, a captivé son auditoire par son analyse approfondie des enjeux sécuritaires actuels.

Au cours de sa brillante carrière, Yaakov Amidror a occupé des postes clés au sein de l’establishment sécuritaire israélien. Il a notamment servi comme chef du Conseil de sécurité nationale israélien, directeur de la division Recherche du renseignement militaire (Aman) et secrétaire militaire du ministre de la Défense. Ces fonctions stratégiques lui ont permis d’acquérir une vision globale des défis sécuritaires auxquels Israël fait face.

La présence d’une telle personnalité à Belgrade témoigne de l’importance accordée par les autorités israéliennes aux communautés juives de la diaspora, particulièrement dans les régions où elles sont moins nombreuses comme les Balkans.

Un échange enrichissant au cœur de la Serbie

L’événement, organisé dans les locaux du Beth Habad de Belgrade, a réuni de nombreux membres de la communauté juive locale, ainsi que des personnalités de la société civile serbe intéressées par les questions géopolitiques. Le Rav Kaminezki, qui dirige le centre Loubavitch local depuis plusieurs années, a souligné l’importance de telles rencontres pour maintenir vivant le lien avec Israël.

« Ces conférences permettent à notre communauté de rester connectée aux réalités israéliennes et de mieux comprendre les enjeux auxquels l’État juif est confronté », a déclaré le Rav Kaminezki lors de son introduction. Il a également remercié chaleureusement le général Amidror d’avoir accepté de partager son expertise avec la communauté de Belgrade.

La Serbie, qui entretient des relations diplomatiques cordiales avec Israël, constitue un terrain propice à ce type d’échanges. Le pays des Balkans, qui a connu lui-même des périodes d’instabilité, manifeste un intérêt particulier pour les questions de sécurité régionale au Moyen-Orient.

L’analyse d’un expert des questions stratégiques

Durant sa conférence qualifiée de « fascinante » par les participants, le général Amidror a abordé plusieurs thématiques d’actualité, offrant un éclairage unique sur les défis sécuritaires auxquels Israël fait face. Son analyse, nourrie par des décennies d’expérience au plus haut niveau, a permis aux membres de la communauté de mieux appréhender la complexité de la situation régionale.

Yaakov Amidror a notamment évoqué l’évolution des menaces dans la région du Moyen-Orient, les relations d’Israël avec ses voisins et les grandes puissances, ainsi que les défis internes auxquels le pays est confronté. Sa présentation, à la fois technique et accessible, a suscité de nombreuses questions de la part de l’assistance.

L’ancien conseiller à la sécurité nationale a également partagé quelques anecdotes de sa carrière, illustrant la complexité des prises de décision en matière de sécurité nationale et l’importance d’une analyse rigoureuse des informations disponibles.

Le rôle essentiel du mouvement Loubavitch dans la diaspora

Cette conférence met également en lumière le rôle crucial joué par le mouvement Habad-Loubavitch dans le maintien d’une vie juive active dans les communautés de la diaspora, y compris dans des régions où la présence juive est historiquement réduite comme les Balkans.

Sous la direction du Rav Kaminezki, le Beth Habad de Belgrade est devenu un véritable centre de la vie juive en Serbie, proposant des services religieux, des cours de Torah, des activités culturelles et des programmes éducatifs pour tous les âges. L’organisation de conférences avec des intervenants de premier plan s’inscrit dans cette démarche globale visant à renforcer l’identité juive et le lien avec Israël.

Les émissaires du mouvement Loubavitch, présents dans plus de 100 pays à travers le monde, œuvrent quotidiennement pour maintenir vivante la flamme du judaïsme, même dans les communautés les plus éloignées géographiquement des grands centres juifs.

La visite du général Amidror à Belgrade illustre parfaitement cette mission, en offrant aux membres de la communauté l’opportunité d’échanger directement avec une personnalité de premier plan et de nourrir leur réflexion sur les enjeux contemporains touchant Israël et le peuple juif dans son ensemble.

 

 

Une rencontre diplomatique prometteuse : le représentant Habad à l’UE s’entretient avec le chancelier allemand

Une rencontre diplomatique prometteuse : le représentant Habad à l’UE s’entretient avec le chancelier allemand

 

L’émissaire du mouvement Loubavitch auprès des institutions européennes, Rav Levi Matusof, a rencontré récemment Friedrich Merz, chancelier d’Allemagne. Durant cet entretien significatif, le responsable juif a salué la position ferme du dirigeant allemand contre l’antisémitisme. Cette rencontre s’inscrit dans un contexte de soutien réaffirmé à l’État d’Israël.

Un dialogue franc sur les valeurs européennes

La rencontre entre Rav Levi Matusof et le chancelier allemand Friedrich Merz marque une étape importante dans les relations entre la communauté juive et les plus hautes instances gouvernementales allemandes. Le représentant du mouvement Habad-Loubavitch, organisation juive orthodoxe présente dans le monde entier, a exprimé sa gratitude envers le chancelier pour sa position claire contre toute forme d’antisémitisme sur le sol allemand.

« La lutte contre l’antisémitisme constitue un pilier fondamental de notre démocratie », aurait déclaré le chancelier Merz lors de cet entretien. Une affirmation qui résonne particulièrement dans un pays confronté à son passé et déterminé à ne pas le voir se répéter.

Rav Matusof a profité de cette occasion pour rappeler l’importance d’une vigilance accrue face à la montée des actes antisémites en Europe, soulignant le rôle crucial que peut jouer l’Allemagne, de par son histoire et son poids politique, dans cette lutte essentielle.

Le soutien à Israël au cœur des discussions

Le second volet de cette rencontre a porté sur le soutien de l’Allemagne à l’État d’Israël. Dans un contexte géopolitique tendu, le Rav Levi Matusof a salué l’engagement constant du gouvernement allemand aux côtés d’Israël.

« La sécurité d’Israël fait partie intégrante de la raison d’État allemande », a réaffirmé Friedrich Merz, reprenant une position traditionnelle de la diplomatie allemande. Le chancelier a également exprimé sa préoccupation quant à la situation au Moyen-Orient, tout en défendant le droit d’Israël à se défendre contre les menaces qui pèsent sur sa sécurité.

Le représentant Habad a souligné l’importance de cette position dans un contexte où certains pays européens adoptent des postures plus critiques à l’égard de la politique israélienne. Cette constance allemande constitue, selon lui, un facteur de stabilité dans les relations internationales.

L’influence croissante du mouvement Loubavitch en Europe

Cette rencontre témoigne également de l’influence grandissante du mouvement Habad-Loubavitch au sein des institutions européennes. Depuis plusieurs années, le Rav Levi Matusof œuvre à renforcer les liens entre les communautés juives et les décideurs politiques européens.

Le mouvement Loubavitch, connu pour son dynamisme et son engagement communautaire, a développé un réseau d’émissaires (chlou’him) dans toute l’Europe, contribuant au renouveau de la vie juive après la Shoah. Son action dépasse le cadre strictement religieux pour s’étendre à la défense des intérêts juifs auprès des instances politiques.

Cette stratégie d’influence a permis au mouvement d’établir des contacts au plus haut niveau, comme en témoigne cette rencontre avec le chancelier allemand. « Notre mission est double : soutenir les communautés juives locales et sensibiliser les dirigeants européens aux défis auxquels elles font face », a expliqué Rav Matusof à l’issue de l’entretien.

Vers un renforcement des relations judéo-allemandes

Au-delà de son aspect symbolique, cette rencontre pourrait avoir des implications concrètes pour les relations entre l’Allemagne et la communauté juive. Friedrich Merz aurait évoqué plusieurs initiatives visant à renforcer la protection des institutions juives en Allemagne et à promouvoir une meilleure connaissance du judaïsme au sein de la société allemande.

Du côté Habad, le Rav Matusof a réaffirmé la disponibilité du mouvement pour contribuer à ces efforts, notamment par le biais de programmes éducatifs et culturels. « La lutte contre l’antisémitisme passe aussi par l’éducation et le dialogue interculturel », a-t-il souligné.

Cette rencontre s’inscrit dans une série d’échanges entre les Rabbanim du mouvement Loubavitch et divers dirigeants européens, dans un effort concerté pour placer la lutte contre l’antisémitisme au cœur de l’agenda politique européen.

À l’heure où les communautés juives d’Europe font face à des défis croissants, ce type de dialogue au plus haut niveau apparaît comme essentiel pour garantir leur sécurité et pérenniser leur présence sur le continent européen.

 

 

La dialectique de la reconnaissance divine dans la Hassidout : Analyse approfondie

La dialectique de la reconnaissance divine dans la Hassidout : Analyse approfondie

La présente analyse examine les niveaux de reconnaissance divine (hodaa) dans la philosophie hassidique, tels qu’ils sont exposés dans le texte liturgique « Modim deRabbanan ». Cette étude s’articule autour de la tension dialectique entre deux formes de reconnaissance : celle qui procède de la compréhension intellectuelle et celle qui émerge d’une soumission fondamentale sans compréhension préalable. Cette dialectique constitue l’un des fondements de la métaphysique hassidique et s’inscrit dans une tradition mystique juive concernant l’appréhension du divin par des voies apparemment paradoxales.

 

 

Par le Rav Itshak Meir Weis,
(adapté du Maamar ״Porte du 33ème jour du Omer״ – Sidour de l’Admour Hazaken avec des enseignements de la Hassidout)

Contexte historique de la ‘Hassidout

Le mouvement hassidique, fondé au XVIIIe siècle par Israël ben Eliezer (le Baal Shem Tov), s’est développé comme une réponse à un judaïsme perçu comme excessivement intellectualisé. Face à l’élite rabbinique traditionnelle qui valorisait l’étude talmudique, le hassidisme a mis l’accent sur l’expérience religieuse directe et la dévotion émotionnelle, accessibles même aux personnes peu instruites. Cette orientation a naturellement conduit à une réflexion profonde sur les différentes modalités de connexion au divin, particulièrement pour ceux qui ne possédaient pas le bagage intellectuel nécessaire à une compréhension sophistiquée des textes sacrés.

La tradition kabbalistique antérieure

La distinction entre différents niveaux de reconnaissance divine s’inscrit dans une tradition kabbalistique plus ancienne, notamment développée dans le Zohar et les écrits lurianniques. Ces textes distinguaient déjà plusieurs niveaux d’appréhension du divin, de la connaissance intellectuelle (da’at) à l’union mystique (devekut). La contribution spécifique de la ‘Hassidout à cette tradition réside dans sa valorisation paradoxale du niveau apparemment le plus humble de reconnaissance, la « hodaa shebehoda’a ».

Les deux modalités de reconnaissance divine

La reconnaissance supérieure : hodaa intellectuelle

La tradition hassidique identifie un premier niveau de reconnaissance divine qui repose sur une appréhension cognitive des attributs divins. Ce niveau, qui correspond à ce que les textes appellent parfois « hodaa » simplement, implique une certaine forme de compréhension intellectuelle de la grandeur divine. L’individu reconnaît la transcendance divine sur la base d’une compréhension, même partielle, de ses attributs et de ses manifestations.

Cette modalité de reconnaissance s’exprime typiquement à travers l’étude des textes sacrés, la contemplation intellectuelle des attributs divins (sefirot), et la méditation structurée sur les concepts théologiques. Elle correspond à ce que la tradition kabbalistique désigne comme les niveaux supérieurs de l’âme (neshama, haya, yehida) et s’inscrit dans une approche « descendante » de la relation au divin, où l’intellect humain s’efforce de s’élever vers la compréhension divine.

Cette forme de reconnaissance présuppose une certaine affinité ontologique entre l’intellect humain et l’intelligence divine, conformément au principe kabbalistique selon lequel l’homme est créé « à l’image de Dieu » principalement par sa faculté intellectuelle. Elle correspond à l’état de l’âme avant son incarnation, lorsqu’elle possède une connaissance directe et intuitive du divin.

La reconnaissance inférieure : hodaa shebehoda’a

Le second niveau, désigné par le terme technique « hodaa shebehoda’a » (littéralement « reconnaissance dans la reconnaissance »), constitue paradoxalement à la fois le niveau le plus humble et le plus profond de connexion au divin. Cette modalité ne repose pas sur une compréhension intellectuelle des attributs divins, mais sur une intuition fondamentale et pré-cognitive de la transcendance divine.

L’exemple paradigmatique utilisé pour illustrer ce principe est celui du pauvre ignorant face au roi. L’individu qui se trouve dans cette position ne possède aucune compréhension de la nature de la royauté, de ses fonctions, de son histoire ou de ses attributs. Néanmoins, il ressent intuitivement la nécessité de s’incliner devant le roi, non pas en raison d’une compréhension articulée de la grandeur royale, mais en vertu d’un sentiment primordial qui précède toute compréhension cognitive.

Cette forme de reconnaissance correspond aux niveaux les plus basiques de l’âme (nefesh, ruach) et s’inscrit dans une approche « ascendante » de la relation au divin, où l’être humain reconnaît son incapacité fondamentale à comprendre le divin et, précisément à travers cette reconnaissance de son ignorance, établit paradoxalement une connexion plus authentique avec la transcendance divine.

La hodaa shebehoda’a dans le cycle du Omer

Il est particulièrement significatif que la « hodaa shebehoda’a » fasse partie des sept attributs émotionnels (middot) associés à la période du Omer. Cette période de quarante-neuf jours entre Pessah et Shavouot est structurée selon un système de sept attributs divins (Hessed/bonté, Gevourah/rigueur, Tiferet/beauté, Netzah/victoire, Hod/splendeur, Yesod/fondation et Malkhout/royauté), chacun étant décliné à travers les sept autres.

Le 33e jour du Omer, connu sous le nom de Lag BaOmer, correspond précisément à l’attribut de « Hod shebeHod » (la splendeur dans la splendeur), qui est une autre formulation de cette « hodaa shebehoda’a ». Ce jour est particulièrement célébré dans la tradition juive et associé à Rabbi Shimon bar Yohaï, figure centrale de la mystique juive à qui est attribué le Zohar.

Cette correspondance n’est pas fortuite : elle révèle la place centrale qu’occupe ce concept dans la mystique juive. L’attribut de Hod, traditionnellement associé à la reconnaissance, à l’humilité et à la splendeur, atteint son expression la plus pure et la plus essentielle dans ce « Hod shebeHod » – la reconnaissance dans la reconnaissance. C’est précisément le jour où l’on commémore celui qui a transmis les enseignements les plus profonds sur la nature divine.

Cette dimension temporelle et cyclique renforce encore la portée du concept : la « hodaa shebehoda’a » n’est pas seulement une modalité théorique de relation au divin, mais s’inscrit dans l’expérience vécue du calendrier juif, devenant ainsi un point focal de l’année spirituelle. Le fait que ce concept soit célébré au 33e jour du Omer – soit précisément au cœur de cette période de préparation à la réception de la Torah – souligne son importance dans le processus de perfectionnement spirituel et de préparation à l’expérience de la révélation divine.

La structure hiérarchique et son renversement dialectique

La hiérarchie apparente

Dans la conceptualisation hassidique initiale, une hiérarchie valorise la reconnaissance intellectuelle par rapport à celle qui procède d’une simple intuition émotionnelle. Cette hiérarchisation s’inscrit dans la tradition juive philosophique médiévale, particulièrement dans l’œuvre de Maïmonide, où la connaissance intellectuelle est considérée comme supérieure à la simple opinion ou au sentiment. L’âme, avant son incarnation, possède une connaissance naturelle et directe de la divinité, qui se trouve obscurcie par son incarnation dans un corps matériel.

Selon cette perspective initiale, la « hodaa shebehoda’a » apparaît comme un pis-aller, une forme dégradée de reconnaissance qui ne subsiste que lorsque la connaissance intellectuelle directe devient inaccessible. Les textes hassidiques décrivent ce niveau comme « le niveau le plus bas dans la sainteté », au point que celui qui ne possède même pas ce niveau minimal est comparé à un « serpent » – symbole d’une rupture totale avec la sphère du sacré.

Le renversement dialectique

Cette hiérarchie apparente se trouve cependant renversée par l’application d’un principe méta-structurel issu du Sefer Yetzirah (Livre de la Formation) selon lequel « la fin est enracinée dans le commencement, et le commencement dans la fin » (na’utz tehillatan be-sofan ve-sofan be-tehillatan). Ce principe, fondamental dans la pensée kabbalistique, suggère une structure circulaire plutôt que linéaire de la réalité, où les extrêmes se rejoignent mystérieusement.

Appliqué à la question de la reconnaissance divine, ce principe conduit à une réévaluation radicale de la « hodaa shebehoda’a ». Loin d’être simplement un niveau inférieur de reconnaissance, elle devient paradoxalement le véhicule privilégié d’une connexion avec l’essence divine la plus transcendante. Cette réévaluation repose sur l’argument suivant : plus le niveau divin que l’on cherche à appréhender est élevé et transcendant, plus les facultés cognitives ordinaires deviennent inadéquates, voire contradictoires avec cette appréhension.

La logique paradoxale de la transcendance

Le paradoxe central réside dans l’idée que l’essence divine la plus élevée (désignée dans la kabbale comme « Ein Sof » – l’Infini) transcende toute catégorie intellectuelle et toute possibilité de compréhension cognitive. Par conséquent, toute tentative d’appréhension intellectuelle de cette essence constitue nécessairement une réduction, une limitation qui contredit la nature même de ce qu’elle cherche à saisir.

En revanche, la « hodaa shebehoda’a », précisément parce qu’elle ne prétend pas à une compréhension intellectuelle, parce qu’elle reconnaît explicitement son incapacité à saisir la nature divine, devient paradoxalement plus adéquate à l’appréhension de la transcendance absolue. L’absence même de prétention cognitive devient la condition de possibilité d’une relation authentique avec ce qui transcende fondamentalement toute cognition.

Implications théologiques et liturgiques approfondies

La prière comme expression de la hodaa shebehoda’a

La conception dialectique de la reconnaissance divine trouve une expression liturgique particulièrement significative dans la prière de « Modim deRabbanan ». Cette prière, récitée par la congrégation pendant que l’officiant récite la prière parallèle de « Modim », exprime précisément cette forme de reconnaissance qui ne découle pas d’une compréhension articulée, mais d’une intuition fondamentale de la transcendance divine.

Le texte de cette prière commence par les mots significatifs : « Nous Te remercions (Modim anahnu lakh) de ce que Tu es l’Éternel notre Dieu… » La répétition même du terme « Modim » par la congrégation après son utilisation par l’officiant peut être interprétée comme une expression de cette « reconnaissance dans la reconnaissance » – une reconnaissance qui ne prétend pas à l’originalité ou à la profondeur, mais qui se contente d’écho à une reconnaissance plus articulée.

Le rôle spécifique des Sages (Rabbanan)

La tradition attribue l’institution de cette prière spécifique aux Sages (Rabbanan), ce qui peut sembler paradoxal puisque ces derniers représentent précisément l’élite intellectuelle du judaïsme, ceux qui seraient a priori associés à la forme supérieure de reconnaissance basée sur la compréhension intellectuelle.

Ce paradoxe apparent trouve sa résolution dans l’idée que les Sages, précisément en raison de leur compréhension intellectuelle supérieure, sont capables de reconnaître les limites fondamentales de l’intellect face à la transcendance divine. Leur affinité particulière avec le principe du « commencement » (reishit), associé à la sefira de la Sagesse (Hokhma), leur confère une conscience aiguë du paradoxe fondamental de la connaissance divine : plus on s’approche de l’essence divine par la voie intellectuelle, plus on prend conscience de l’impossibilité fondamentale de cette connaissance.

La Torah désigne les Sages comme « les yeux de la congrégation », ce qui les associe symboliquement à la Sagesse (Hokhma), qui est le commencement des dix sefirot, la première émanation divine. Cette position leur confère une compréhension privilégiée du principe selon lequel « la fin est enracinée dans le commencement » – c’est-à-dire que la forme apparemment la plus humble de reconnaissance (la fin) est paradoxalement connectée à l’essence divine la plus élevée (le commencement).

Implications pour la pratique religieuse

Cette conception dialectique de la reconnaissance divine a des implications profondes pour la pratique religieuse hassidique. Elle suggère que la valeur d’une pratique religieuse ne réside pas nécessairement dans sa sophistication intellectuelle ou dans la profondeur théologique de l’intention qui l’accompagne, mais potentiellement dans la simplicité même d’une dévotion qui reconnaît son incapacité à comprendre pleinement ce à quoi elle s’adresse.

Cette valorisation de la simplicité dévotionnelle constitue l’un des aspects les plus caractéristiques et les plus révolutionnaires du hassidisme. Elle a permis d’affirmer la valeur spirituelle des pratiques des Juifs les moins instruits, renversant ainsi la hiérarchie traditionnelle qui valorisait l’étude et la connaissance au-dessus de toutes les autres formes de service divin.

Échos dans la littérature rabbinique

La valorisation hassidique de la « hodaa shebehoda’a » trouve des échos dans certains passages de la littérature talmudique et midrashique. Par exemple, le Talmud (Berakhot 58a) rapporte que Rabbi Akiva, l’un des plus grands sages talmudiques, lorsqu’il voyait des phénomènes naturels exceptionnels, se contentait de proclamer « Tout ce que le Miséricordieux fait est pour le bien » (Kol mah de-avid Rahmana le-tav avid), une formulation simple qui exprime précisément cette modalité de reconnaissance qui ne prétend pas comprendre les voies divines, mais qui reconnaît néanmoins leur bonté fondamentale.

De même, le Midrash sur le Cantique des Cantiques (Shir ha-Shirim Rabbah 1:3) compare les différents niveaux de compréhension de la Torah aux différentes huiles, certaines claires et faciles à produire, d’autres troubles et difficiles à extraire. Les huiles troubles, qui nécessitent un processus d’extraction plus laborieux et qui semblent initialement de qualité inférieure, sont paradoxalement considérées comme supérieures pour certains usages rituels – une métaphore qui résonne profondément avec la valorisation hassidique de la « hodaa shebehoda’a ».

Tensions avec la philosophie juive médiévale

La valorisation hassidique de la « hodaa shebehoda’a » entre cependant en tension avec certains aspects de la philosophie juive médiévale, particulièrement avec l’approche rationaliste de Maïmonide. Dans son Guide des Égarés, Maïmonide établit une hiérarchie claire où la connaissance intellectuelle de Dieu constitue l’objectif suprême de l’existence humaine et la forme la plus élevée de relation au divin.

Le hassidisme, sans rejeter complètement cette valorisation de l’intellect, la complète et la nuance en suggérant que la connaissance intellectuelle trouve sa limite face à la transcendance radicale de l’essence divine. Cette position trouve des précédents dans certains courants de la pensée juive médiévale, notamment chez Juda Halevi, qui valorisait l’expérience directe et intuitive du divin au-dessus de la connaissance intellectuelle abstraite.

Conclusion

La dialectique de la reconnaissance divine dans la ‘Hassidout révèle un principe fondamental : les opposés apparents (connaissance/ignorance, élévation/abaissement) se trouvent unifiés dans une structure circulaire où le point le plus bas rejoint mystérieusement le point le plus élevé. Cette structure non-linéaire transcende la logique aristotélicienne et s’inscrit dans une conception kabbalistique où l’émanation divine opère selon un mouvement de sortie (ratzo) et de retour (shov) qui unit les extrêmes.

L’intégration de ce concept dans le cycle du Omer, et particulièrement sa correspondance avec le 33e jour (Lag BaOmer) sous la forme de « Hod shebeHod », témoigne de son importance centrale dans la pratique spirituelle juive. Cette correspondance inscrit cette modalité de relation au divin non seulement dans un cadre théorique, mais dans une temporalité cyclique vécue, lui conférant ainsi une dimension expérientielle et communautaire.

Cette conception paradoxale, qui valorise ce qui apparaît initialement comme une forme inférieure de conscience religieuse, constitue l’une des contributions les plus originales et les plus profondes de la ‘Hassidout à la philosophie religieuse juive. Elle suggère que l’authenticité de la relation au divin ne réside pas dans la sophistication intellectuelle, mais dans la reconnaissance humble des limites fondamentales de l’intellect humain face à la transcendance divine.

Cette perspective ne constitue pas uniquement un exercice théorique, mais informe profondément la pratique religieuse en valorisant l’humilité absolue comme voie d’accès privilégiée à l’expérience de la transcendance divine. Elle suggère qu’au-delà de toute connaissance intellectuelle, c’est dans la reconnaissance la plus simple et la plus fondamentale que réside la possibilité d’une authentique communion avec le divin.

Dans un contexte contemporain marqué par une valorisation souvent excessive de la sophistication intellectuelle, cette perspective hassidique offre un correctif précieux, rappelant que la relation authentique au mystère – qu’il soit conçu en termes religieux ou existentiels – requiert non seulement des capacités cognitives, mais aussi et peut-être surtout une humilité fondamentale face à ce qui transcende structurellement notre compréhension.

 

 

Le Roi Machia’h nous contraindra-t-il à agir contre notre volonté ?

Le Roi Machia’h nous contraindra-t-il à agir contre notre volonté ?

Rabbi Sholom ZirkindLe Rav Zirkind, Mashpia reconnu à Crown Heights, nous offre ici une réflexion sur l’autorité divine et le rôle du Machia’h selon Maïmonide. Ce texte explore une question essentielle : le Machia’h nous contraindra-t-il à agir contre notre volonté? Cette méditation sur la tension entre liberté individuelle et soumission à une sagesse supérieure résonne particulièrement dans notre époque centrée sur le « moi », nous invitant à reconsidérer notre relation à l’autorité spirituelle.

 

Par le Rav Shalom Zirkind

 

Maïmonide, lorsqu’il décrit les activités du Machia’h, le fait en deux endroits distincts. Dans les lois de la techouva, chapitre neuf, il évoque l’influence du Machia’h sur le monde, la grande quantité de connaissance, de vérité et de sagesse qui remplira le monde à cette époque, résultant de la personnalité et des qualités du Machia’h. Maïmonide le décrit comme un grand prophète, presque aussi grand que Moïse, et même plus intelligent que le Roi Salomon, qui était en son temps l’homme le plus sage ayant jamais vécu. Par sa sagesse et sa prophétie, le Machia’h attirera non seulement le peuple juif, mais le monde entier. Toutes les nations afflueront vers lui, venues entendre sa sagesse et ses enseignements. La description que donne Maïmonide n’est pas celle de quelqu’un qui s’impose aux autres, mais au contraire, de quelqu’un vers qui les gens viennent de leur propre volonté, par désir d’entendre ses enseignements.

D’autre part, à la fin de son livre, dans les lois des rois où il décrit plus en détail les activités du Machia’h, Maïmonide offre une description différente. Pour identifier qui est le Machia’h, il donne une liste et un ordre d’activités que le Machia’h accomplira. Il dit : « Si un roi s’élève de la maison de David, un descendant du Roi David, diligent dans l’étude et l’accomplissement des mitsvot comme son ancêtre, selon la tradition écrite et orale, il contraindra tout le peuple juif à suivre les voies de la Torah, à réparer les brèches dans la pratique des commandements qui ne sont pas correctement observés. Le Machia’h fera respecter et corrigera ces pratiques, et il mènera les guerres divines. » Si cette personne réussit, construit le Temple et rassemble les exilés, alors nous saurons avec certitude qu’il est le Machia’h.

Cette description parle non seulement de mener des guerres, mais aussi de contraindre le peuple juif à suivre les voies de la Torah. C’est un concept qui met mal à l’aise beaucoup de gens, particulièrement dans notre génération du « moi », où nous trouvons difficile de nous aligner avec l’idée d’autorité en général, et l’idée que quelqu’un puisse nous contraindre à faire quelque chose que nous ne voulons pas.

Essayons de comprendre la signification profonde des paroles de Maïmonide et le concept de cette contrainte que le Machia’h utilisera. Pourquoi aurait-il besoin d’utiliser la force si le Machia’h sera un tel grand leader avec une personnalité exceptionnelle ?

Tout d’abord, la description que donne Maïmonide du Machia’h est fondamentale et basique. Selon le niveau d’observance et de sensibilité spirituelle du peuple juif, l’effet et les activités du Machia’h pourraient se manifester différemment. Le Machia’h n’aurait peut-être pas besoin de forcer le peuple juif s’ils étaient tous volontairement intéressés à servir l’Éternel. Mais Maïmonide doit partir d’un point très élémentaire.

Le but d’un roi juif, comme celui de tout gouvernement, est de faire respecter certaines lois et réglementations. Il doit y avoir une autorité chargée de veiller à ce que la société vive en paix. Comme l’enseignent nos sages : « Sans la crainte du roi, un homme engloutirait son prochain vivant. » Cette maxime n’essaie pas seulement de nous dire à quel point les gens peuvent être mauvais, mais explique aussi le rôle de la royauté. Il doit y avoir une force gouvernante, pour le meilleur ou pour le pire, une forme d’autorité pour maintenir les choses en ordre.

De même que c’est vrai d’un point de vue physique, c’est aussi vrai d’un point de vue spirituel. Tout comme un enfant qui grandit a naturellement tendance à faire des choses qui ne sont pas exactement les meilleures pour lui, et qu’il a besoin de discipline, une personne née « comme un animal sauvage » a besoin d’être dirigée et d’apprendre à canaliser son énergie dans la bonne direction.

Tant qu’il y aura de la négativité dans le monde, il y aura toujours besoin d’une force gouvernante pour maintenir les gens dans le droit chemin. Qu’il s’agisse d’une autorité utilisant des moyens sévères ou d’une autorité au sens d’une personne ayant une plus grande personnalité, une certaine aura qui maintient les gens sur le droit chemin. Même à l’intérieur d’une personne, il y a une lutte constante entre ce qu’elle veut faire et ce qu’elle sait être bon pour elle, nécessitant une autodiscipline.

Le rôle fondamental d’un roi juif n’est pas seulement de maintenir le pays en ordre, de s’assurer que l’économie fonctionne bien, que le peuple juif est en sécurité, et de mener des guerres d’autodéfense si nécessaire. Son rôle est aussi de s’assurer que le peuple juif suit les voies de la Torah. Le peuple juif n’est pas simplement un autre peuple avec son propre pays et sa propre économie, mais il a un mode de vie et une mission dans ce monde. Le roi juif n’a pas seulement un rôle politique physique, mais aussi un rôle spirituel.

Le roi juif n’est pas choisi pour son expérience en guerre, en économie ou en politique, bien qu’il doive posséder ces qualités. Il est choisi pour ses qualités et son dévouement à servir l’Éternel, comme modèle pour son peuple, quelqu’un qui est complètement dévoué et annulé devant D.ieu. Il ne règne pas parce qu’il est supérieur, mais comme représentant d’une autorité plus élevée. Comme le dit le verset à propos du Roi Salomon : « Le Roi Salomon s’assit sur le trône de D.ieu. » Il ne s’agissait pas de sa domination personnelle, mais de son rôle de représentant de D.ieu sur terre.

D.ieu est le roi du monde, mais les gens ne se rapportent pas facilement à des entités qu’ils ne peuvent pas voir. Il doit donc y avoir un représentant physique sur terre, quelqu’un de chair et de sang que le peuple juif peut voir et ressentir, à qui ils ont la responsabilité d’obéir. Si l’on enlève toutes les apparences extérieures, il ne s’agit pas d’une dictature ou de la personnalité du roi, mais de ce qu’il représente. C’est pourquoi un roi juif doit être dépourvu d’intérêt personnel, comme Maïmonide le décrit longuement.

Le roi juif est nommé pour utiliser son autorité afin de s’assurer que le peuple juif suit les voies de la Torah. Il n’a pas besoin de menacer qui que ce soit, mais son rôle est de mettre en place un système de juges, d’enseignants, de personnes qui s’assurent que le peuple juif est conscient, motivé et inspiré à suivre les voies des commandements. Il est la principale inspiration par son exemple de quelqu’un complètement dévoué à l’Éternel.

Lorsqu’un roi arrive sur la scène, c’est parce que le monde est imparfait. Le Machia’h vient pour réparer le monde. Il peut y avoir différents niveaux de perfection dans le monde avant son arrivée, mais si quelqu’un apparaît et veut éradiquer les comportements négatifs, une forme de discipline sera nécessaire. Elle n’a pas besoin d’être très rigide, mais il doit y avoir une façon d’éliminer le mal et de s’assurer que les gens suivent le bon chemin.

L’idée de contrainte représente d’abord la nécessité d’une autorité. Tout le monde veut faire ce qui est juste au fond de lui-même, mais beaucoup trouvent difficile de se contrôler. Cela les aide parfois d’avoir un coach de vie, une figure d’autorité qui les regarde et les dirige. Même sans utiliser des moyens terribles ou des punitions, le simple fait qu’ils soient là crée un sentiment de soumission, d’autorité, et aide à rester sur la bonne voie.

Dans les prophéties concernant le Machia’h, même si nous atteindrons un temps où le monde sera libre du péché, il y aura encore un esprit d’impureté sur terre jusqu’à un stade ultérieur, quand « l’esprit d’impureté sera retiré ». Jusque-là, il y a encore besoin de quelqu’un pour exercer une forme de contrôle.

Mais il y a un point plus profond ici. Si nous voulons comprendre l’essence du service divin, il ne s’agit pas seulement d’aimer D.ieu et de faire ce qu’il veut, comme on le ferait pour un ami. Le judaïsme croit au concept de service : on accepte de servir D.ieu, on accepte son autorité. Cela ne signifie pas rendre la personne misérable ou lui faire perdre tout sens de soi, mais reconnaître qu’il y a une autorité supérieure qui nous demande d’agir d’une certaine façon, et que nous le faisons comme moyen de nous connecter à Lui.

Même si une personne est complètement juste et fait tout ce qu’elle doit faire sans être forcée, néanmoins, du point de vue intérieur, ce qui peut manquer est cette acceptation d’une autorité supérieure. Les sources de la Kabbale expliquent que D.ieu a créé le monde parce qu’Il voulait être roi sur le monde. Bien que les Juifs soient considérés comme les enfants de D.ieu, Il voulait aussi qu’il y ait ce concept de roi et de nation.

Ce concept est très difficile à accepter pour notre génération actuelle. Beaucoup de gens aujourd’hui n’ont pas nécessairement de problème avec ce que dit la Torah ou les mitsvot en soi. Le problème est l’idée que « cela ne résonne pas avec moi ». Les gens ne sont à l’aise qu’en faisant ce qui résonne avec eux-mêmes. Nous vivons dans la génération du « moi », où tout est centré sur comment je me sens, comment je pense, comment je me définis. Il nous est donc très difficile d’accepter toute forme d’autorité.

Mais dans ce défi réside aussi la clé d’une relation très profonde que nous pouvons développer avec D.ieu. Lorsque quelqu’un avec cette mentalité libre accepte d’accomplir la volonté de D.ieu, c’est une forme plus profonde d’acceptation de l’autorité divine qu’au cours des générations précédentes, où l’obéissance à l’autorité était considérée comme acquise.

Le rôle ultime du Machia’h n’est pas de nous contraindre, mais de faire en sorte que la divinité résonne dans notre propre identité. Si aujourd’hui quelqu’un arrivait et parvenait à convaincre le monde entier, en particulier le peuple juif, de servir D.ieu, ce serait la plus grande preuve que cette personne est le Machia’h, car actuellement, les gens n’écoutent personne.

Selon la Kabbale, le monde a traversé différents niveaux d’élévation spirituelle, l’élévation ultime étant celle qui viendra avec le Machia’h. Jusqu’à présent, le monde lui-même n’a jamais été imprégné de divinité. La venue du Machia’h transformera le monde, révélant que le monde lui-même ne fait qu’un avec la divinité. C’est une révélation très élevée où la divinité ne s’impose pas au monde, mais révèle qu’elle est la véritable entité du monde lui-même.

Comme le dit Maïmonide au début de son livre, le fondement de tous les fondements, la croyance en D.ieu, est que toutes les entités sont créées à partir de la vérité de Son existence. Notre existence n’est pas séparée de D.ieu, et cette réalisation deviendra très claire avec la venue du Machia’h.

Ainsi, bien qu’il soit difficile d’accepter l’autorité et quelque chose de plus grand que nous, cela nous mène à comprendre que la divinité n’est pas seulement au-dessus de nous, mais qu’elle est qui nous sommes. Notre existence ne fait qu’un avec l’existence de D.ieu. C’est ce que dit le verset qui termine le livre de Maïmonide : « Le monde sera rempli de la connaissance de D.ieu comme les eaux couvrent la mer », ce qui signifie que le monde devient immergé dans la divinité.

Le Machia’h nous contraindra-t-il à agir contre notre volonté ? Peut-être extérieurement irons-nous contre notre volonté, mais intérieurement, nous voudrons vraiment suivre ce qu’il dit. Au début, cela pourrait sembler un défi, une friction, nous pourrions avoir l’impression de devoir changer nos vies. Mais le succès du Machia’h sera qu’il parviendra à nous convaincre de le faire, et finalement, cette réalisation résonnera en nous : c’est qui nous sommes vraiment.

Même maintenant, en servant D.ieu, chaque personne veut au fond d’elle-même faire ce qui est juste, mais certains obstacles l’empêchent d’y parvenir. Une personne doit parfois se contraindre elle-même, se discipliner pour faire ce qui est juste. Ultimement, elle atteindra un point où la vérité de ce qu’elle fait résonnera en elle, où elle réalisera que c’est qui elle est vraiment.

Que D.ieu nous aide à mériter de voir la venue du Machia’h rapidement, de nos jours. Amen.

Un nouveau Beth Habad s’implantera bientôt au quartier du Parc à Hadera

Un nouveau Beth Habad s’implantera bientôt au quartier du Parc à Hadera

Après neuf ans d’attente, les habitants du quartier du Parc à Hadera pourront enfin bénéficier d’un centre communautaire permanent. Le permis de construire vient d’être délivré pour l’édification d’un bâtiment qui abritera notamment un Beth Habad, sous la direction des émissaires, le Rav Menahem et Hani Lipsker. Ce projet a été personnellement soutenu par le maire de la ville, Nir Ben Haïm, qui a coordonné les efforts avec les différents services municipaux pour offrir cette solution aux résidents.

 

הרב מנחם ליפסקר - YouTubeAprès neuf ans d’attente, les habitants du quartier du Parc à Hadera pourront enfin bénéficier d’un centre communautaire permanent. Le permis de construire vient d’être délivré pour l’édification d’un bâtiment qui abritera notamment un Beth Habad, sous la direction des émissaires, le Rav Menahem et Hani Lipsker. Ce projet a été personnellement soutenu par le maire de la ville, Nir Ben Haïm, qui a coordonné les efforts avec les différents services municipaux pour offrir cette solution aux résidents.

Une présence Loubavitch déjà bien établie à Hadera

Hadera compte aujourd’hui une importante présence Loubavitch avec pas moins de 30 familles d’émissaires réparties dans l’ensemble des quartiers de la ville. Ces représentants du mouvement Habad constituent un point d’ancrage chaleureux et fédérateur pour toutes les questions juives concernant les habitants. Ils travaillent en coordination avec le Beth Habad central de la ville, dirigé par le Rav Eliyahu Yohanan Boutman, formant ainsi un réseau efficace au service de la communauté.

‫לומדים עם הרב יוחנן בוטמן - Podcast - Apple Podcasts‬‎Le Rav Yohanan Boutman, né en 1969 (20 Eloul 5728), a été envoyé par le Rabbi à Hadera en 1993 (5753) pour rejoindre le Rav Klonimus Koptchik, qui était alors l’émissaire principal de la ville. Au fil des années, il a été nommé directeur général des institutions Habad de Hadera et a développé un vaste réseau éducatif comprenant des jardins d’enfants, une école Talmud Torah pour garçons et une école pour filles. Sous sa direction, un restaurant social a également été créé, distribuant quotidiennement des centaines de repas aux personnes dans le besoin.

Un projet attendu depuis près d’une décennie

« Après presque dix ans d’activités et de déplacements constants, nous avons enfin reçu l’autorisation officielle pour commencer la construction d’un nouveau Beth Habad spacieux », a déclaré le Rav Menahem Lipsker, émissaire en charge du projet. Cette annonce marque l’aboutissement d’un long processus administratif et répond à un besoin croissant des fidèles du quartier qui, jusqu’à présent, ne disposaient pas d’un lieu permanent pour leurs activités communautaires et religieuses.

Il faut noter que ce n’est pas la première fois qu’un Beth Habad à Hadera fait face à des défis immobiliers. En 2008 (5768), le Beth Habad central dirigé par le Rav Boutman avait dû quitter précipitamment ses locaux suite à la vente du terrain à un promoteur local. À l’époque, les dommages avaient été estimés à 80 000 dollars, incluant la recherche d’un nouveau lieu, les coûts de déménagement et le remplacement des équipements endommagés lors de l’évacuation.

Une communauté reconnue pour sa chaleur et son accueil

Le Beth Habad du quartier du Parc s’est déjà forgé une solide réputation parmi les habitants. « Parallèlement à nos nombreuses activités tout au long de l’année, l’office de prière de notre Beth Habad est connu pour sa chaleur et son atmosphère joyeuse et inclusive, conformément à la vision du Rabbi », a souligné le Rav Lipsker. Cette approche conviviale et ouverte a permis de créer un véritable lieu de rassemblement pour les membres de la communauté, toutes sensibilités confondues.

La reconnaissance du travail accompli par le mouvement Habad à Hadera ne s’est pas limitée à la communauté. En 2008, le Rav Boutman a été élu « Homme de l’année » par un journal local, témoignage de l’impact positif de ses actions sur l’ensemble de la ville. Son engagement a également permis d’étoffer l’offre éducative religieuse à Hadera avec, notamment, l’ouverture en 2016 (Eloul 5776) d’un Kollel pour jeunes mariés étudiant pour l’obtention de leur diplôme rabbinique et participant à la diffusion des enseignements hassidiques dans la ville.

Un nouveau chapitre pour le développement communautaire

L’obtention de ce permis de construire représente bien plus qu’une simple autorisation administrative. Elle symbolise un nouveau chapitre dans le développement de la vie communautaire juive à Hadera. Le futur bâtiment ne se limitera pas à abriter le Beth Habad, mais accueillera également d’autres synagogues et services communautaires, créant ainsi un véritable pôle de vie juive dans ce quartier relativement récent de la ville.

Depuis son arrivée à Hadera, le Rav Boutman a facilité l’installation d’une trentaine d’émissaires supplémentaires œuvrant dans les différents quartiers pour diffuser le judaïsme auprès des habitants. Cette stratégie d’expansion, caractéristique du mouvement Habad-Loubavitch, a permis d’établir une présence significative dans l’ensemble de la ville, comme en témoigne l’implantation prochaine de ce nouveau centre dans le quartier du Parc.

Les efforts déployés par le Rav Boutman pour développer l’éducation juive à Hadera incluent également des tentatives d’établir une yeshiva locale. En collaboration avec la yeshiva Tomkhei Temimim de Migdal HaEmek, il avait ainsi ouvert une antenne à Hadera avant l’année scolaire 2009 (5769), mais celle-ci n’a fonctionné que pendant deux ans. Parallèlement, une autre branche de la yeshiva Tomkhei Temimim, nommée Tiferet Temimim Olga et dirigée par le Rav Shaul Axelrod, opère dans la ville depuis 2007 (5767).

Le Rav Lipsker et son épouse Hani, qui œuvrent depuis des années dans ce quartier, voient dans cette nouvelle étape l’opportunité d’élargir leur champ d’action et de proposer davantage de programmes éducatifs, culturels et spirituels à la population locale. Leur présence constante et leur dévouement ont créé un lien de confiance avec les habitants, qui se réjouissent de cette évolution positive pour leur quartier.

Les travaux devraient débuter prochainement, marquant ainsi la concrétisation d’un projet longuement attendu par tous. Une fois achevé, ce centre communautaire deviendra sans nul doute un lieu incontournable de la vie juive à Hadera, s’inscrivant dans la continuité du travail entrepris depuis plus de trente ans par le Rav Boutman et amplifié par les nombreux émissaires Loubavitch présents désormais dans toute la ville.