La municipalité d’Aubervilliers a organisé une cérémonie solennelle pour marquer le 80ème anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale. L’école ChnéOr a joué un rôle prépondérant lors de cette commémoration avec une participation remarquable de ses élèves et représentants. Cette rencontre mémorielle a été l’occasion pour les autorités locales d’exprimer leur gratitude envers la communauté juive pour son apport significatif à la vie culturelle et sociale de la ville.

 

 

Une cérémonie empreinte d’émotion et de recueillement

La cérémonie commémorative du 8 mai 1945 s’est déroulée dans une atmosphère à la fois solennelle et chaleureuse. Les habitants d’Aubervilliers, toutes générations confondues, se sont réunis pour honorer la mémoire des victimes du conflit et célébrer la paix retrouvée. Les représentants municipaux ont tenu à souligner l’importance de ce moment historique dans la construction de l’Europe contemporaine.

« Ces commémorations sont essentielles pour transmettre aux jeunes générations les valeurs de paix et de tolérance qui ont émergé des cendres de ce conflit mondial », a déclaré un représentant de la municipalité lors de son discours d’ouverture.

L’école ChnéOr, gardienne de la mémoire

La présence de l’institution ChnéOr a constitué l’un des moments forts de cette journée commémorative. Mme Haya Nisilevitch, directrice des institutions, a livré une élocution particulièrement touchante sur l’importance de la transmission de la mémoire.

« Notre devoir est double : honorer ceux qui nous ont précédés et préparer nos enfants à devenir des artisans de paix et de fraternité », a-t-elle souligné avec émotion. « L’éducation est notre plus puissante arme contre l’oubli et l’indifférence. »

Son intervention a rappelé comment l’histoire juive s’entrelace avec celle de la France et comment les valeurs partagées peuvent contribuer à un avenir plus harmonieux.

 

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Les Tsivot Hachem : une jeunesse engagée et inspirante

Un moment particulièrement applaudi fut la prestation des Tsivot Hachem, ces jeunes soldats spirituels de la communauté juive. Vêtus d’uniformes bleu marine ornés d’insignes distinctifs, ils ont défilé en formation disciplinée dans la cour de la mairie d’Aubervilliers, portant fièrement leurs instruments de musique et le drapeau français.

La fanfare des Tsivot Hachem, composée d’une vingtaine de jeunes élèves de l’école ChnéOr âgés de 8 à 13 ans, a interprété avec brio le chant liturgique « Haaderet vehaemouna » (Splendeur et Foi) adapté sur l’air de la Marseillaise. Ce choix musical, loin d’être fortuit, s’inscrit dans une tradition remontant à 1973, lorsque le Rabbi de Loubavitch lui-même créa cette association mémorable.

En effet, cette année-là, une centaine de juifs français s’étaient rendus à New York pour célébrer les fêtes de Tichri auprès du Rabbi. Durant les hakafot de Simhat Torah, le Rabbi, qui connaissait particulièrement bien la France pour y avoir étudié à la Sorbonne, rassembla ces français autour de lui et entonna la prière Haadéret Vehaémouna sur l’air de la Marseillaise. La surprise fut totale pour les visiteurs français qui s’associèrent avec enthousiasme à ce chant patriotique transformé en prière. Cette mélodie se propagea rapidement parmi les hassidim présents, qui apprirent l’air auprès des Français, et depuis lors, ce nigoun est devenu une tradition dans les communautés Habad-Loubavitch du monde entier.

 

 

« Cette mélodie représente le pont symbolique entre notre identité juive et notre attachement à la France », a expliqué un parent d’élève présent à la cérémonie. « Lorsque nos enfants chantent l’Haaderet vehaemouna sur l’air de la Marseillaise, ils perpétuent une tradition profonde et significative. »

Cette performance méticuleusement orchestrée par le Rav Shmoulik Tewel, Chalia’h du Rabbi de la communauté Habad-Loubavitch locale, s’inscrivait dans une démarche plus large. Après la prestation musicale, le Rav Tewel s’est adressé brièvement à l’assemblée pour expliciter la signification de ce moment.

« Les Tsivot Hachem représentent l’avenir et l’espoir. Ils incarnent notre mission de transmettre des valeurs positives dans un monde qui a tant besoin de lumière », a-t-il expliqué avant de rappeler le message prophétique de « Tsarfat oufaratsta » (France et expansion).

« Oufaratsta » (Tu te répandras) – « Tsarfat » (France en hébreu) – 770

Le Rav Tewel a partagé avec l’assistance l’enseignement du Rabbi sur la relation spirituelle entre ces deux termes : « Oufaratsta » (Tu te répandras) et « Tsarfat » (France en hébreu) sont en réalité des anagrammes. De plus, selon la Guématria, procédé numérologique d’interprétation des textes hébraïques, le total de leurs lettres est de 770, nombre qui correspond au numéro de la maison du Rabbi à New York. Cette concordance n’est pas une coïncidence mais révèle, selon la tradition Habad, le rôle particulier que la France est appelée à jouer dans la diffusion de valeurs spirituelles universelles.

« Ce n’est pas un hasard si nous sommes réunis ici aujourd’hui, en France, pour commémorer la victoire contre l’obscurantisme nazi », a poursuivi le Rav Tewel. « La France, terre des droits de l’homme, et la tradition juive partagent cette aspiration commune à la dignité humaine et à la paix entre les peuples. »

Le maire d’Aubervilliers, visiblement touché par cette prestation, s’est approché des jeunes musiciens pour les féliciter personnellement. « Vous avez apporté une dimension supplémentaire à notre commémoration », leur a-t-il dit. « Votre présence ici montre que la transmission de la mémoire est bien vivante. »

« Ces jeunes portent en eux les valeurs universelles qui ont permis à l’humanité de se relever après la guerre », a commenté le Rav Tewel à l’issue de la présentation. « Leur enthousiasme nous montre le chemin vers un monde meilleur. Dans la tradition juive, nous croyons que les enfants sont nos bâtisseurs d’avenir, et aujourd’hui, ils ont construit un pont entre le passé douloureux et un futur d’espérance. »

Une reconnaissance municipale pour un engagement communautaire

La conclusion de la cérémonie a été marquée par les remerciements chaleureux de la municipalité envers la communauté juive d’Aubervilliers. Les autorités locales ont tenu à souligner l’apport considérable de cette communauté à la vie sociale, culturelle et économique de la ville.

« Votre présence aujourd’hui, comme au quotidien, enrichit notre ville et renforce notre tissu social », a déclaré un élu municipal. « La diversité d’Aubervilliers est sa force, et la communauté juive en est une composante essentielle et précieuse. »

Cette reconnaissance publique témoigne des liens solides tissés au fil des années entre la municipalité et les institutions juives locales, dans un esprit de respect mutuel et de collaboration fructueuse qui s’inscrit pleinement dans les valeurs républicaines célébrées lors de cette commémoration.