Lag BaOmer : le jour où le feu de Rabbi Chimon bar Yo’haï illumine encore le monde

Lag BaOmer : le jour où le feu de Rabbi Chimon bar Yo’haï illumine encore le monde

À l’approche du grand jour de Lag BaOmer, jour de la Hiloula du Tanna divin Rabbi Chimon bar Yo’haï, l’Institut Or Hahassidout présente ce recueil d’études et d’éclaircissements puisés dans l’enseignement du Rabbi de Loubavitch. Ces réflexions, explorent la profondeur mystique du concept de Torato Omanuto — « sa Torah est son art » — et le rang absolument singulier qu’occupait le Rachbi parmi tous les Sages d’Israël. 

 

 

Institut Or Hahassidout 

 

Sa Torah est son art — s’interrompt-on pour le Keriat Chema ou seulement pour la prière ?

Le Talmud de Babylone (traité Chabbat 11a) enseigne : « Les Sages qui s’occupaient de Torah s’interrompent pour la récitation du Keriat Chema mais ne s’interrompent pas pour la prière. Rabbi Yo’hanan dit : on n’a dit cela que pour des personnalités telles que Rabbi Chimon bar Yo’haï et ses compagnons, dont la Torah est leur art (Torato Omanuto) ; mais nous, nous nous interrompons pour le Keriat Chema et pour la prière. » Cette décision est retenue comme loi dans le Tour et le Choul’han Aroukh (et dans le Choul’han Aroukh de l’Admour Hazaken, Ora’h H’ayim, fin du chapitre 106) : « Celui dont la Torah est son art, tel Rabbi Chimon bar Yo’haï et ses compagnons, s’interrompt pour le Keriat Chema mais non pour la prière. »

Or le Talmud de Jérusalem (traité Berakhot, ch. 1, fin de la halakha 2 ; Chabbat, ch. 1, fin de la halakha 2) rapporte une formulation différente : « Rabbi Yo’hanan dit au nom de Rabbi Chimon bar Yo’haï : des gens tels que nous, qui s’occupent de l’étude de la Torah, ne s’interrompent même pas pour le Keriat Chema. »

Une apparente controverse entre le Talmud de Babylone et celui de Jérusalem

À première vue, il semble y avoir ici une controverse entre le Talmud de Babylone et celui de Jérusalem : celui dont la Torah est son art, tel le Rachbi, s’interrompt-il ou non pour le Keriat Chema ? Cependant, il est de règle connue (Yad Malakhi, règles des deux Talmouds, n° 10 et références) de chercher à harmoniser les deux Talmuds autant que possible, même par une réponse laborieuse. En appliquant ce principe à notre sujet, il est possible de concilier les deux positions et d’établir qu’il n’y a pas là de véritable désaccord.

Deux niveaux de Torato Omanuto : la clé de la conciliation

Il convient de dire qu’il existe deux niveaux dans le degré de Torato Omanuto. Au niveau le plus élevé, on est exempt même du Keriat Chema (nous en verrons l’explication spirituelle plus loin) ; au niveau inférieur, on est seulement exempt de la prière, mais on doit s’interrompre pour réciter le Keriat Chema.

À la lumière de cela, on peut harmoniser les positions des deux Talmuds. En examinant attentivement le texte du Talmud de Jérusalem, on voit que l’exemption du Keriat Chema s’applique à Rabbi Chimon bar Yo’haï lui-même et non à ses compagnons. Car la raison invoquée là-bas pour ne pas s’interrompre est : « Ceci (l’étude de Torah) est répétition et ceci (le Keriat Chema) aussi est répétition, et l’on ne suspend pas une répétition au profit d’une autre. » Le Talmud de Jérusalem ajoute (selon la première réponse) : « Rabbi Chimon bar Yo’haï, parce qu’il était particulièrement pénétrant dans les paroles de Torah, n’accordait pas au Keriat Chema plus de valeur qu’aux paroles de Torah. »

Il est manifeste que cette raison ne s’applique qu’au Rachbi lui-même : c’est lui qui était « pénétrant dans les paroles de Torah », et c’est de lui seul qu’il est dit que le Keriat Chema ne lui était pas plus cher que les paroles de Torah. Dès lors, lorsqu’il dit « des gens tels que nous ne s’interrompent même pas pour le Keriat Chema », il parle de lui-même, qui se trouvait à un niveau supérieur de Torato Omanuto — « particulièrement pénétrant dans les paroles de Torah » — (et même selon la seconde réponse du Talmud de Jérusalem, « Rabbi Chimon bar Yo’haï, selon sa propre opinion », on peut dire qu’il s’agit uniquement du niveau de Torato Omanuto propre au Rachbi).

Le Talmud de Babylone, quant à lui, parle des compagnons du Rachbi : bien que la Torah fût également leur art, c’était à un niveau inférieur, qui n’exempte que de la prière mais pas du Keriat Chema.

Avant la caverne et après : deux périodes distinctes dans la vie du Rachbi

Le fait que le Talmud de Babylone mentionne aussi le Rachbi lui-même (« tels que Rabbi Chimon bar Yo’haï et ses compagnons ») s’explique à la lumière de ce que rapporte le Talmud (Chabbat 33b) : avant que le Rachbi n’entre dans la caverne, lorsque Rabbi Chimon soulevait une difficulté, Rabbi Pin’has ben Yaïr la résolvait par douze réponses, alors qu’à la fin, lorsque Rabbi Pin’has soulevait une difficulté, le Rachbi la résolvait par vingt-quatre réponses. Cela nous apprend qu’au cours de son séjour dans la caverne, le Rachbi s’est élevé et est devenu bien plus pénétrant dans les paroles de Torah.

On peut donc dire que ce que le Talmud de Babylone dit du Rachbi et de ses compagnons — qu’ils sont tenus de s’interrompre pour le Keriat Chema et exempts seulement de la prière — se rapporte à la période où le Rachbi se trouvait encore au même niveau que ses compagnons, avant d’entrer dans la caverne. Bien que la Torah fût déjà son art, ce n’était pas encore à la perfection absolue du niveau supérieur. C’est pourquoi il était encore tenu de s’interrompre pour réciter le Keriat Chema. Ce que dit le Talmud de Jérusalem — qu’il était exempt du Keriat Chema car « il était pénétrant dans les paroles de Torah » — se rapporte à la période après qu’il sortit de la caverne, lorsqu’il avait encore plus approfondi son étude de la Torah : c’est alors seulement qu’il atteignit la perfection de son niveau dans la Torah apprise à la manière de Torato Omanuto, et qu’il fut exempt du Keriat Chema.

Réconciliation du passage talmudique sur la prière du Rachbi « à l’heure de la prière »

Le Talmud (Chabbat 33b) rapporte, à propos de l’épisode de Rabbi Chimon bar Yo’haï et de son fils Rabbi Éléazar dans la caverne : « À l’heure de la prière, ils s’habillaient, se couvraient et priaient. » Cela semble contredire ce qui est dit ailleurs (ibid. 11a) — que celui dont la Torah est son art, tel le Rachbi, est exempt de la prière.

L’interprétation des Tossafot et les objections des décisionnaires

Les Tossafot (Chabbat 11a, s.v. « kegon Rabbi Chimon bar Yo’haï ») proposent d’interpréter que « ils priaient » signifie qu’ils récitaient le Keriat Chema, conformément à ce qu’enseigne le Talmud de Babylone : le Rachbi et ses compagnons étaient tenus de s’interrompre pour le Keriat Chema. Cependant, plusieurs décisionnaires ont objecté (voir Yafe Mara’h sur le Talmud de Jérusalem ibid. ; Berkhi Yossef, Ora’h H’ayim, n° 70 ; Yad David, Moed Katan 9b, et d’autres) : certes, le Talmud de Babylone parle du Rachbi et de ses compagnons, mais l’opinion du Rachbi lui-même, dans le Talmud de Jérusalem, est qu’il ne s’interrompait même pas pour le Keriat Chema. Quelle avancée y aurait-il donc à interpréter qu’il s’agit du Keriat Chema, si le Rachbi ne s’interrompait pas même pour cela ?

Prier par choix, non par obligation : la prière volontaire du Rachbi

C’est pourquoi d’autres (dans le Yafe Mara’h, le Berkhi Yossef et ailleurs) expliquent le passage talmudique selon son sens littéral : il s’agissait bien de la prière. À « l’heure de la prière », le Rachbi et Rabbi Éléazar priaient bien, mais non parce que la prière leur était obligatoire — car ils en étaient exempts — mais parce qu’ils souhaitaient prier à ce moment-là.

Comme on le voit à la fin du traité Roch Hachana, à propos de Rabbi Yehouda qui priait de mois en mois, et de même en ce qui concerne le Rachbi lui-même — Rabbeinou Yona, dans son commentaire sur le Rif (Berakhot 8a), écrit que le Rachbi priait d’année en année — c’est-à-dire que même ceux dont la Torah est leur art, exemptés de la prière, priaient de temps à autre de leur propre gré.

À la lumière de ce qui a été expliqué dans la section précédente, on peut proposer une autre réconciliation, qui met également en accord les paroles des Tossafot avec la position du Talmud de Jérusalem. En préambule : dans le Yad David (ibid.), une réponse est proposée selon laquelle ce qui est dit dans le Talmud sur la prière du Rachbi dans la caverne « s’entend d’avant qu’il n’ait acquis tant de savoir en Torah — à cette époque-là, il était tenu par le Keriat Chema et par la prière ». Autrement dit, lorsque le Rachbi se trouvait dans la caverne, il n’était pas encore exempt du Keriat Chema ni de la prière.

Or, d’après ce qui a été expliqué plus haut — que dans le niveau de Torato Omanuto du Rachbi lui-même, il y eut deux périodes : c’est seulement après qu’il sortit de la caverne et devint encore plus pénétrant qu’il s’éleva au niveau supérieur de Torato Omanuto, exempt même du Keriat Chema, alors qu’auparavant il était au niveau inférieur, exempt seulement de la prière — on comprend bien que l’interprétation des Tossafot, selon laquelle « ils priaient » désigne le Keriat Chema, est parfaitement cohérente : dans la caverne, le Rachbi était encore comme ses « compagnons », qui s’interrompaient pour le Keriat Chema mais non pour la prière.

On peut également résoudre ainsi l’objection de Rabbi Akiva Eiger. Dans le Moed Katan (9b), les Tossafot mentionnent l’opinion du Rachbi selon le Talmud de Jérusalem : on ne s’interrompt ni pour le Keriat Chema ni pour la prière. Rabbi Akiva Eiger objecte dans ses gloses sur le Talmud (et de même dans Chabbat ibid.) : « Il est explicitement dit en Chabbat 11a que l’on s’interrompt pour le Keriat Chema, et cela demande explication. » Or, d’après ce qui a été expliqué — que le Talmud de Jérusalem ne traite que du Rachbi lui-même — la difficulté se résout aisément : il n’y a aucune contradiction avec ce qu’enseigne le Talmud de Babylone sur le fait que le Rachbi et ses compagnons s’interrompaient pour le Keriat Chema.

La Torah comme art — une demeure pour la Che’hina

Dans les sections précédentes, il a été établi que le Rachbi se trouvait au niveau le plus élevé de Torato Omanuto (c’est pourquoi lui seul ne s’interrompait pas de son étude même pour le Keriat Chema). Il convient maintenant d’approfondir et de clarifier la nature de ce niveau de Torato Omanuto, tel qu’il ressort des paroles du saint Zohar.

La définition simple de Torato Omanuto, selon son sens apparent, est telle qu’elle est expliquée dans le Magen Avraham (Ora’h H’ayim, n° 106, § 4 — voir également dans le Choul’han Aroukh de l’Admour Hazaken, ibid., § 4, et n° 90, § 17) : celui qui ne s’accorde pas un seul instant de pause dans l’étude de la Torah. Il s’agit donc d’une question de temps. Il est d’ailleurs évident qu’à sa valeur simple, Torato Omanuto n’est pas lié à un domaine particulier de notre sainte Torah, tel que l’étude des secrets de la Torah spécifiquement — comme le prouve le Rachbi lui-même, dont la principale occupation, même lorsqu’il demeura treize ans dans la caverne, était dans « la Torah des Michnayot » et non dans « le livre du Zohar et des Tiqqounim » (voir l’Iggeret Hakodech de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya, n° 26 ; et aussi Likoutei Torah, Ah’arei 28a).

Au-delà du temps : la nature profonde du lien entre le Rachbi et la Torah

Cependant, il y a lieu de dire que la nature du niveau de Torato Omanuto n’est pas seulement le fait de ne pas interrompre l’étude de la Torah (Torato Omanuto dans le temps), mais encore que le titre « Torato Omanuto » nous enseigne quelque chose sur la nature du lien profond et puissant entre le lettré et la sainte Torah. Comme on le comprend du sens simple des mots : la Torah devient son « art », son artisanat — ce qui ne peut se dire d’un apprentissage ordinaire, mais seulement lorsque l’étude s’installe si complètement dans l’esprit de l’homme qu’il y a une véritable fusion entre l’homme et la Torah.

En examinant le saint Zohar, on voit qu’il y a là une vision profonde expliquant que ce lien et cette adhésion à la Torah se manifestent principalement dans l’étude des dimensions intérieures de la Torah, par lesquelles l’homme en vient à s’attacher au Créateur béni soit-Il, donateur de la Torah, ainsi qu’on va l’expliquer.

Le Zohar : ceux dont la Torah est leur art sont une demeure pour la Che’hina

Le saint Zohar (tome III, p. 238b) dit, à propos de ceux dont la Torah est leur art, que « la Che’hina ne les a pas quittés de toute leur vie » et qu’ils sont « une demeure pour la Che’hina ». Ces paroles indiquent, comme mentionné, qu’il ne s’agit pas seulement d’une question de temps — ne pas interrompre l’étude — mais encore que la qualité de leur adhésion à la Torah est telle que toute leur existence est imprégnée et attachée à la Torah, au point que tout l’être de l’homme consiste à être « une demeure pour la Che’hina ». Qui plus est, le fait qu’il est dit ici qu’on devient, grâce à l’étude selon le mode de Torato Omanuto, réceptacle et demeure pour l’habitation de la Che’hina, indique que l’adhésion de celui qui est dans le degré de Torato Omanuto ne porte pas seulement sur la sagesse de la Torah, mais principalement sur le Saint béni soit-Il Lui-même, donateur de la Torah — « une demeure pour la Che’hina ».

Or, le fait de devenir, par l’étude de la Torah, attaché au Créateur béni soit-Il et « demeure pour la Che’hina », est propre avant tout à l’étude de la dimension intérieure de la Torah, comme il est explicitement dit dans les Tiqounei Zohar (dans l’introduction, 1a–b) que ce sont précisément « les maîtres de la Kabbale… qui font (pour la Che’hina) une demeure ».

L’enseignement de la Hassidout : l’homme comme pur réceptacle de la parole divine

Ces paroles du saint Zohar sont le fondement de ce qui est expliqué dans le style de la Hassidout (voir Torah Or, 38d, et d’autres endroits) sur le sujet de Torato Omanuto : il s’agit d’étudier la Torah dans sa plénitude, d’une manière telle que les paroles de Torah soient attribuées au Saint béni soit-Il Lui-même et non à l’homme qui étudie. Autrement dit, il s’agit d’une étude où l’existence de l’homme est entièrement annulée et abolie devant le Créateur béni soit-Il. On considère alors qu’il n’y a ici que les paroles de la Torah, qui sont les paroles du Saint béni soit-Il, et que l’homme n’a aucune importance en dehors d’être un « réceptacle » pour les paroles de la Torah et pour la sainteté du Créateur béni soit-Il.

C’est ainsi qu’on peut interpréter, dans le sens de la Hassidout (comme expliqué là), le verset (Isaïe 51, 16) : « Et J’ai mis Mes paroles dans ta bouche » — il s’agit d’une étude de la Torah où les paroles restent dans le domaine de « Mes paroles », les paroles du Saint béni soit-Il, et le Saint béni soit-Il met Ses paroles dans la bouche de l’homme, considéré comme simple réceptacle pour la parole de D.ieu.

Il est dès lors compréhensible qu’une telle étude de la Torah ne s’accomplit que lorsque l’homme est entièrement annulé devant le donateur de la Torah, au point que tout son être est d’être « demeure » et réceptacle pour la « Che’hina ».

De tout cela, nous apprenons que le fait que le Rachbi se trouvait au niveau de Torato Omanuto dans sa plénitude signifie, selon ce qu’expliquent le saint Zohar Hakodech et les écrits de la Hassidout, qu’il était attaché et uni à la Torah et à son donateur dans la perfection absolue, du fait qu’il était « maître de la Kabbale », et c’est lui qui enseigna la dimension intérieure de la Torah aux autres Tannaïm de sa génération.

Le Rachbi unifiait le révélé et le caché de la Torah

Il a été expliqué dans les sections précédentes que la grandeur du Rachbi dans la Torah n’était pas seulement une question de temps et d’étude du domaine révélé (galia de-oraita), mais que ce niveau est propre avant tout aux « maîtres de la Kabbale », dont l’étude les fait devenir « une demeure pour la Che’hina ».

La racine de l’âme du Rachbi : une étincelle de l’âme de Moïse

Concernant la grandeur du Rachbi dans la Torah, on trouve dans le saint livre « Sidour im Divrei Elohim H’ayim » de l’Admour Hazaken, paix à son âme (section de Lag BaOmer, feuillet 305, fin du recto — voir aussi dans le discours de Lag BaOmer 5631 [1871] de l’Admour Maharach) : « La racine de l’âme du Rachbi provenait d’une étincelle de l’âme de Moïse notre maître, et c’est pourquoi c’est par lui et non par un autre Tanna que fut révélée la Torah des secrets et de son intériorité, comme il est expliqué dans le saint Zohar, de même que la révélation de la Torah écrite se fit par Moïse notre maître. »

[Voir dans la suite de ce passage que c’est là la raison de la Hiloula du Rachbi : car au moment de son décès, « il atteignit en cette heure le commencement et le sommet de tous ses niveaux… et c’est ce qu’il enseigna aux Compagnons (Havrayya) en cette heure » — voir là l’explication de ce point, citée dans les Likoutei Si’hot, vol. I, p. 286.]

Or, il est expliqué dans les livres saints que, outre le fait que le Rachbi était le révélateur de la dimension intérieure de la Torah, son étude du domaine révélé de la Torah était elle aussi d’un niveau sublime : il révélait les secrets et l’intériorité contenus dans les décisions juridiques simples. Ainsi que l’a expliqué l’Admour Maharachab dans le Hemche’h TaR »S »V (p. 45, et en d’autres endroits) : « La Torah du Rachbi dans le domaine révélé, qui était sa Torah comme art, c’est-à-dire son vase, son outil, était qu’il connaissait la dimension intérieure dans toutes les décisions juridiques simples. » Autrement dit, outre le fait que le Rachbi révélait la dimension intérieure de la Torah, il unissait et liait ensemble le caché (setim) et le révélé (galia) de la Torah.

On peut trouver une confirmation de cela dans la précision du langage du saint Zohar et des Tiqounei Zohar mentionnés plus haut. En préambule :

Il a été dit plus haut que dans les deux endroits (aussi bien dans le Zohar que dans les Tiqounei Zohar), le verset « Tu ne prendras pas la mère sur les enfants » est appliqué à ceux qui sont considérés comme « une demeure pour la Che’hina », et dans les Tiqounei Zohar il est dit que c’est précisément chez les « maîtres de la Kabbale », et dans le Zohar (tome III ibid.) il est expliqué qu’il s’agit de ceux dont « la Torah est leur art ». On a donc conclu plus haut que les personnes dont la Torah est leur art sont précisément celles qui s’occupent de la dimension intérieure de la Torah, car « elles (les maîtres de la Kabbale) font (pour la Che’hina) une demeure ».

Cependant, il reste à examiner, car le Zohar (tome III ibid.) dit : « Et il y a des maîtres de la Michna (marei michna) dont la Torah est leur art et dont la Che’hina ne les a pas quittés de toute leur vie » — et il est dit d’eux ensuite que ceux qui « ont fixé leur étude » sont ceux auxquels s’applique « Tu ne prendras pas la mère sur les enfants ». Ce point demande explication, car comme dit plus haut dans les Tiqounei Zohar (ibid.), ce verset est appliqué aux « maîtres de la Kabbale » spécifiquement — pourquoi donc le Zohar l’applique-t-il aussi aux « maîtres de la Michna » ?

Pour résoudre cela, il semble qu’il faille dire que le sens de « maîtres de la Michna » dans le Zohar désigne ceux qui sont à l’image du Rachbi : car outre le fait que le Rachbi était celui qui révélait la dimension intérieure de la Torah (« maître de la Kabbale »), il s’occupait aussi d’unir et de lier le révélé et le caché. Selon cela, on peut dire que c’est le sens de « maîtres de la Michna » dans ce passage : il ne s’agit pas de ceux dont l’étude porte seulement sur la Michna, mais de ceux qui unissent le caché et le révélé — autrement dit, ceux qui révèlent les secrets contenus dans la Michna.

[Voir une explication dans ce sens dans le livre Kessé HaMele’h sur les Tiqounei Zohar (dans l’introduction, ibid.), qui explique ce qui est dit dans le Zohar, section Pin’has (254a) : « Les maîtres de la Kabbale sont les maîtres du Talmoud » — et il explique que cela ne parle pas des « maîtres du Talmoud » en général, mais de ceux dont « leur étude du Talmoud a été orientée sur les secrets de la Torah ».]

Il résulte de tout cela, dans ce qui vient d’être expliqué — à savoir que le Rachbi révélait la Torah ésotérique, mais unissait et liait aussi le révélé et le caché — un renforcement du fait que c’est précisément lui qui se trouvait au niveau parfait et accompli de Torato Omanuto.

Car parmi tous les Tannaïm qui se trouvaient dans le degré de Toratam Omanutam, puisque le Rachbi est celui qui leur révèle la Torah ésotérique, et que c’est lui qui unit le caché et le révélé, il se trouvait au niveau le plus élevé, et c’est pourquoi lui seul était exempt aussi du Keriat Chema. La section suivante expliquera dans le sens de l’intériorité la raison pour laquelle le Rachbi était précisément exempt du Keriat Chema.

Pourquoi le Rachbi était exempt du Keriat Chema selon le Talmud de Jérusalem

Le Talmud de Jérusalem rapporte (comme cité au début) que Rabbi Chimon bar Yo’haï dit : « Des gens tels que nous, qui s’occupent de l’étude de la Torah, ne s’interrompent même pas pour le Keriat Chema. » Il a été expliqué longuement plus haut (sections III et IV) qu’il ne s’agit pas d’une occupation ordinaire de la Torah, ni même du fait d’avoir Torato Omanuto dans le temps — ne pas s’interrompre un seul instant de son étude — mais du fait d’étudier la Torah dans sa plénitude absolue, où il est entièrement annulé et aboli devant le Créateur béni soit-Il. Il a également été établi que c’est précisément le Rachbi, qui atteignit la perfection absolue en cela, qui est exempt de l’obligation du Keriat Chema.

Mais il reste à expliquer la raison fondamentale pour laquelle le Rachbi n’avait pas besoin de s’interrompre de son étude pour réciter le Keriat Chema.

Cela s’expliquera à la lumière du sens intérieur de la Mitsva du Keriat Chema :

Il a été expliqué plus haut que l’intériorité du niveau de Torato Omanuto consiste en ceci : lorsqu’on étudie la Torah, on considère qu’il n’y a ici que les paroles de la Torah de D.ieu, et l’homme n’est qu’un réceptacle qui contient la bénédiction et dont la Torah de D.ieu est sur ses lèvres. Cependant, il est évident que pour atteindre ce niveau, il faut le faire précéder d’un long travail et d’un effort considérable. Car l’homme, par nature de sa création, se ressent comme important et ne peut passer immédiatement à un tel niveau d’annulation totale de son existence.

C’est pourquoi, avant l’étude de la Torah, l’homme doit réciter le Keriat Chema, dont le contenu est le sacrifice de soi (messirout néfech). Car le travail du Keriat Chema et du messirout néfech est ce qui permet à l’homme d’atteindre le niveau de Torato Omanuto susmentionné — étudier la Torah selon le mode de « Et J’ai mis Mes paroles dans ta bouche » — l’annulation totale de l’importance de l’existence de l’homme (voir Or HaTorah, Vayikra, p. 226 ; Sefer HaMaamarim 5627 [1867], p. 271).

C’est ainsi qu’on peut expliquer la raison pour laquelle le Rachbi ne s’interrompait pas de son étude même pour le Keriat Chema.

Le saint Zohar (tome I, 225a) rapporte que le Rachbi a dit de lui-même : « Je suis un signe dans le monde (ana simana be-alma) » — c’est-à-dire que toute son existence dans ce monde n’était pas celle d’un homme important ayant une réalité propre, et tout son être consistait à être comme une enseigne et un signe pour la révélation de la divinité de D.ieu béni soit-Il dans le monde. Comme il est expliqué dans les écrits de la Hassidout (Ohr HaTorah et Sefer HaMaamarim 5627 [1867] ibid.) sur le niveau du Rachbi : il était « toujours dans le degré d’annulation » devant le Créateur béni soit-Il.

Pour mesurer, même infimement, à quelle hauteur ses choses atteignent dans l’étendue de son annulation totale devant la sainteté du Créateur béni soit-Il, voyons ce que dit le Zohar (tome II, 38b) : « Il est écrit : « Tous tes mâles apparaîtront devant la face du Seigneur D.ieu » (Exode 34, 23). Qui est la face du Seigneur D.ieu ? C’est Rabbi Chimon bar Yo’haï. » On voit de là que sa réalité n’avait aucune emprise propre ni aucune importance personnelle, et il était foncièrement annulé et aboli devant la Che’hina en permanence.

Voilà ce qui distingue le Rachbi de tous les Tannaïm dont la Torah était leur art et qui étaient exempts de la prière : puisque le contenu du travail de la Mitsva du Keriat Chema est d’agir dans l’homme le sentiment du sacrifice de sa vie à D.ieu et son annulation totale, afin qu’il puisse étudier la Torah dans la perfection de l’annulation — le Rachbi, qui se trouvait déjà fondamentalement et en permanence à ce niveau, n’avait pas besoin de s’interrompre de son étude au temps du Keriat Chema pour le réciter.

[Ajoutons que les écrits de la Hassidout (ibid.) expliquent que l’intensité de l’annulation du Rachbi était liée au fait qu’il « unissait le caché et le révélé » — et de même dans le Hemche’h Taer »B (tome II, p. 506) : « Même dans le révélé, brillait en lui la divinité contenue dans la Loi » — ainsi qu’il a été expliqué longuement dans la section IV.]

Ce recueil a été publié par le mécènes de la famille Zaïantch, à la mémoire de Rabbi Meir fils de Rabbi Its’hak Zaïantch, et en mérite de ses fils, dont les Rabbanim Its’hak Afraïm Ménashé et Yossef Mochè, et de toute leur famille — que soient exaucés pour eux en tout bien du corps et de l’esprit, et qu’ils connaissent la réussite et la prospérité en tout ce qu’ils entreprennent, toujours et pour toujours.

 

Lag Baomer : significations et coutumes

Lag Baomer : significations et coutumes

Nous comptons quarante-neuf jours entre Pessa’h et Chavouot. Le 33ème jour du compte de l’Omer est marqué par la Hiloula (décès) de Rabbi Chimone Bar Yo’haï, qui avait demandé que cette date soit célébrée comme un jour de joie, puisqu’il avait achevé de manière parfaite sa mission sur terre. Ce jour marque une pause dans la période de deuil instituée à cause d’une terrible épidémie qui avait frappé les disciples de Rabbi Akiba.

  1. Les prières de Ta’hanoune (supplications) ne sont pas récitées, même pas la veille.
  2. Beaucoup de gens ont la coutume de se rendre au tombeau de Rabbi Chimone Bar Yo’haï à Mérone, près de Tibériade en Galilée. On y procède à la première coupe de cheveux des garçons qui ont atteint l’âge de 3 ans depuis Pessa’h.
  3. Des réunions ‘hassidiques joyeuses sont organisées.
  4. On a la coutume de manger des caroubes en souvenir de ces fruits dont se nourrissaient Rabbi Chimone et son fils Rabbi Eléazar lorsqu’ils se cachaient dans une grotte à cause des Romains. Certains ont également la coutume de manger des œufs durs dont la coquille serait devenue marron durant la cuisson.
  5. On donne davantage de Tsedaka (charité).
  6. Les enfants sortent et défilent tous ensemble fièrement dans la rue avec des drapeaux et des pancartes les encourageant à étudier la Torah et accomplir les Mitsvot. Le but de la descente de l’âme dans le corps est de « marcher », d’avancer dans la vie. Ces défilés donnent chaleur et vitalité à l’étude formelle et prolongent l’enthousiasme des enfants dans leur éducation.
  7. Lag Baomer est un moment propice pour prier pour la naissance d’enfants et leur bonne éducation.

Bien que le jour de décès d’un Tsadik soit un jour de pénitence, une exception a été faite pour ce 18 Iyar, selon la volonté même de Rabbi Chiméon ben Yohaï. Un usage très ancien veut qu’on allume des lumières sur la tombe du Rabbi, en présence d’une foule nombreuse, le Lag Baomer. Avec le développement, sous l’impulsion en particulier de Rabbi Yts’hak Louria (le célèbre « Ari ») et de ses disciples, de l’étude du Zohar et de la Cabale, la célébration du Lag Baomer prit une importance croissante. Elle se répandit dans les centres juifs de Pologne et de Russie où les grands maîtres du Hassidisme en firent une véritable fête. À Loubavitch, on se rendait dans les champs : c’était une journée de réjouissances et de miracles.

Voici un discours hassidique prononcé par le Rabbi de Loubavitch le mardi 18 Iyar 5749 (1989) en l’honneur de Lag Baomer:

Nous venons de compter l’Omer et c’est le trente-troisième jour de cette période qui commence maintenant. De manière générale, la période de l’Omer est une préparation à la réception de la Torah, mais, à l’intérieur de celle-ci, le trente-troisième jour, Lag Baomer, est le jour de Rabbi Chimon Ben Yohaï, qui eut l’étude de la Torah pour seule occupation, avec ses amis. Il parvint en effet à un niveau tel, qu’il fut « le Tsaddik, fondement du monde ». Il affirma même que, s’il n’y avait qu’un Tsaddik dans le monde, c’était lui. Mais la Loi Orale ajoute qu’il y avait également ses amis et ceci fut transmis de cette façon, d’une génération à l’autre, d’une année sur l’autre.

En effet, un seul Tsaddik dans chaque génération est le fondement du monde. Le Tanya souligne que son élévation est particulièrement importante. En revanche, dans un sens plus général, est appelé Tsaddik celui dont la majeure partie des actions sont des mérites. Toutefois, au sens propre, tel que le définit le Tanya, le Tsaddik ne connaît pas le mal. C’est la raison pour laquelle « D.ieu vit qu’ils n’étaient pas nombreux et Il les planta dans chaque génération », de sorte qu’ils puissent donner des fruits et des fruits de fruits.

De même, le Tanya enseigne qu’il est possible à chacun, dans chaque génération, de recevoir en gestation l’âme d’un Tsaddik. Dès lors, on reçoit encore plus de force pour diffuser les sources de la « Hassidout en général et tout particulièrement ce qui est lié au niveau du Tsaddik.

Le sens de Lag Baomer est défini par de nombreux livres. Tout ceci est imprimé et l’on ne rajoutera donc qu’un seul point, en soulignant que ce jour est cette fois-ci un mardi, troisième jour de la création, lorsque deux fois fut dit le mot « bon », bon pour les cieux et bon pour les créatures. Dans le service de D.ieu, cela correspond à la Torah, à la prière et aux bonnes actions dont les ajouts sont définis brièvement par la lettre qui a été diffusée.

Tout ceci sera lié au Chlichi de Be’houkotaï, avec les explications qu’en donne la partie profonde de la Torah. « Houka, le décret, est en effet de la même racine que ‘ »Hakika, la gravure. Ce qui est gravé est éternel, alors que ce qui est inscrit avec de l’encre sur un parchemin peut être modifié. Le verset se poursuit par « vous marcherez ». On peut ainsi, s’élever d’un niveau vers l’autre et accomplir « vous respecterez Mes Mitsvot », comme l’explique le commentaire de Rachi. Puis, à la fin de cette Paracha est conclu le « Houmach. Tous s’écrient alors: « Sois fort, sois fort et que nous nous renforcions » dans tous les domaines de la Torah et des Mitsvot, en particulier pour le point le plus essentiel, la délivrance véritable et complète, qui viendra par nos actions et nos réalisations.sations.

 

 

Le président Its’hak Herzog au Kazakhstan : « L’activité de Habad dans le monde entier est extraordinaire »

Le président Its’hak Herzog au Kazakhstan : « L’activité de Habad dans le monde entier est extraordinaire »

Le président de l’État d’Israël, Its’hak Herzog, a effectué une visite d’État historique au Kazakhstan, ponctuée d’une rencontre profondément émouvante avec les émissaires du Rabbi actifs dans le pays. À la synagogue Beth Habad d’Astana, il a découvert l’étendue remarquable du travail accompli par Habad pour préserver l’identité juive en Asie centrale. Il a conclu sa visite avec ces mots : « L’activité de Habad, ici au Kazakhstan comme dans le monde entier, est extraordinaire. »

 

 

Une délégation présidentielle reçue au Beth Habad d’Astana

Une délégation officielle conduite par le président Herzog est arrivée au Kazakhstan pour une visite d’État historique. Dès son arrivée au Beth Habad d’Astana, il a été chaleureusement accueilli par les émissaires du Rabbi actifs dans le pays, parmi lesquels le Grand Rabbin du Kazakhstan, le Rav Yéchaya Elazar HaCohen, ainsi que le Rav de la ville d’Astana, le Rav Chemouel Karnaukh.

Étaient également présents : l’ambassadeur d’Israël au Kazakhstan et au Kirghizistan, M. Yoav Bistritzky ; le président de la communauté juive du Kazakhstan, M. Albert Chimoni ; le consul de Nativ, le Dr Boleslav Yatvetsky ; le Chalia’h au Kirghizistan, le Rav Arye Reichman ; le Chalia’h en Ouzbékistan, le Rav Haïm Shaykevitz ; ainsi que l’ensemble des émissaires du Rabbi présents à travers le Kazakhstan.

Dans le livre d’or du Beth Ra’hel Habad Loubavitch, le président a tenu à inscrire ces mots :

« C’est un grand honneur pour moi et je suis profondément ému de visiter cette magnifique synagogue, symbole de l’esprit indestructible du peuple juif, ainsi qu’expression profonde de notre attachement à nos communautés et à la tradition qui nous soutient en tout lieu et en tout temps. »

Une rencontre marquée par la mémoire et les liens familiaux

Au cours de la rencontre avec les émissaires, le président Its’hak Herzog a découvert la vie de la communauté juive du Kazakhstan et l’ampleur des activités déployées par Habad dans le pays. Les échanges ont porté sur les défis auxquels la communauté est confrontée, les efforts engagés pour préserver l’identité juive et l’importance du lien avec Israël.

L’un des moments les plus émouvants de la visite survint lorsque le Rav Yéchaya HaCohen présenta au président un ouvrage retraçant comment son grand-père, le hassid Rav Avraham Tsvi Hersh HaCohen ז״ל, se rendait au domicile du grand-père du président — l’ancien Grand Rabbin d’Israël, le Rav Its’hak Halevi Herzog ז״ל — pour prier et étudier en sa compagnie. Le président, qui porte le nom de cet illustre aïeul, fut profondément touché de retrouver sa photographie dans les pages de cet ouvrage.

Des souvenirs personnels au cœur d’une mission nationale

Lors de cette rencontre exceptionnelle, le président partagea également un souvenir intime : il avait eu le mérite de participer à Sim’hat Torah chez le Rabbi. Il confia que la ferveur des Hakafot, portée par le Nigoun de Rabbi Lévi Its’hak, l’accompagne encore aujourd’hui dans son engagement public.

Il témoigna aussi d’un vif intérêt pour la vie de Rabbi Lévi Its’hak Schneerson et pour l’importance du saint tombeau situé à Alma-Ata, lieu de pèlerinage et de recueillement pour les Juifs d’Asie centrale et du monde entier.

Une prière pour les soldats de Tsahal

Une cérémonie particulière fut ensuite organisée dans la synagogue. Le Rav Yéchaya Elazar HaCohen y récita solennellement une prière pour la protection des soldats de Tsahal et des forces de sécurité israéliennes.

Prenant la parole à son tour, le président déclara avec émotion :

« Je suis très ému d’être ici aujourd’hui et de pouvoir dire à tous : Chéhéhéyanou vékiyémanou véhiguiyanou lizeman hazé »
— Béni sois-Tu, qui nous a fait vivre, nous a maintenus et nous a permis d’atteindre ce moment.

Il adressa ensuite ses encouragements aux émissaires et souligna que l’État d’Israël considère le renforcement des liens avec les communautés juives de la diaspora comme une valeur fondamentale et non négociable.

Le « secret de la force » de la Chlia’hout au Kazakhstan

À cette occasion, les émissaires du Rabbi lui remirent ce qu’ils décrivirent comme « le secret de la force » qui anime leur mission au Kazakhstan : un exemplaire du Tanya imprimé à Astana, une collection des ouvrages Torat Mena’hem — Tiferet Lévi Its’hak, ainsi qu’un cube souvenir réunissant les photographies de tous les Baté Habad du pays.

Au centre de ce cube trônait la photographie du saint tombeau de Rabbi Lévi Its’hak, père du Rabbi, inhumé à Alma-Ata — lieu de mémoire et de force spirituelle d’où les émissaires puisent l’élan nécessaire à la poursuite de leur mission à travers tout le Kazakhstan.

Des mots forts et un message d’unité

Dans son discours de clôture, le président Herzog déclara avec conviction :

« Il ne fait aucun doute que l’activité de Habad ici, au Kazakhstan, comme dans le monde entier, est extraordinaire. Elle préserve le judaïsme et unit tous les Juifs, où qu’ils se trouvent. »

Il remercia chaleureusement le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokaïev, pour son invitation à cette visite d’État, et salua la communauté juive locale — florissante et dynamique — qui relève ses défis avec dignité et réussite. Le président Tokaïev avait lui-même souligné que la présence, au Kazakhstan, du tombeau de Rabbi Lévi Its’hak constitue une source de bénédiction pour l’ensemble du pays.

En marge de la visite officielle, des représentants économiques israéliens ont également rencontré les autorités kazakhes afin de renforcer la coopération entre les deux nations.

Le président Herzog conclut en ces termes :

« Merci infiniment à vous tous. Zé hayom assa Hachem, naguila venism’ha bo »
— Voici le jour que l’Éternel a fait ; réjouissons-nous et soyons dans l’allégresse.

Une nouvelle chaîne WhatsApp vient d’ouvrir ! 

Vous souhaitez rester connectés à ce qui se passe sur le terrain, recevoir des nouvelles, des vidéos et des photos de nos activité à travers le Kazakhstan ?
Et aussi : des nouvelles régulières du Ohel de Rabbi Lévi Its’hak Schneerson, à Alma-Ata.

Rejoignez-nous maintenant, suivez et partagez !

 

 

 

Pessa’h Chéni, Lag BaOmer et le secret de Rabbi Chimon – Rav Yaacov Goldshmid

Pessa’h Chéni, Lag BaOmer et le secret de Rabbi Chimon – Rav Yaacov Goldshmid

 

Pessa’h Chéni n’est pas un simple rattrapage pour ceux qui ont manqué Pessa’h Richon — c’est un jour d’une portée spirituelle propre et autonome, d’une hauteur qui dépasse toutes les catégories ordinaires. À l’approche de Lag BaOmer, ce Farbrenguen du Rav Yaacov Goldshmid lie la révélation de Pessa’h Chéni à l’énigme profonde de Rabbi Chimon bar Yo’haï : pourquoi ne priait-il pas, et que signifie cette singularité pour nous ? Un enseignement dense, où la hala’ha, la philosophie ‘hassidique et la Kabbale s’entrelacent pour délivrer un message essentiel : rien n’est jamais définitivement perdu.

 

Rav Yaacov Goldshmid

 

Pessa’h Chéni : un jour à part entière, pas une compensation

Une idée reçue mérite d’être corrigée avec force : Pessa’h Chéni n’est pas institué uniquement pour ceux qui n’ont pas pu offrir le sacrifice de Pessa’h Richon. Il possède une signification propre, indépendante. La preuve la plus éloquente en est fournie par le Rambam lui-même : celui qui s’est converti au judaïsme entre Pessa’h Richon et Pessa’h Chéni est tenu d’apporter le sacrifice de Pessa’h Chéni, alors qu’il n’avait aucun Pessa’h Richon à «rattraper». Si Pessa’h Chéni n’était qu’un supplément correctif, cette obligation serait incompréhensible. La Guémara rapporte bien une opinion qui conteste celle de Rabbi (Rebbi), mais la décision hala’hique retenue est claire : Pessa’h Chéni est un réguel bifné atsmo — une fête à part entière, dotée d’une révélation divine qui lui est propre.

Le sens du mot Pessa’h : le bond, le saut par-dessus

Le Tsema’h Tsedek — petit-fils de l’auteur du Tanya — éclaire la question à la lumière de ce que nous étudions actuellement dans le Tanya : le mot Pessa’h signifie dilough, le bond, l’élan qui permet à un Juif de s’élever au-dessus de sa condition, de «sauter» hors de sa situation spirituelle pour accéder à une révélation divine. En ce sens, il existe deux bonds : un premier bond — Pessa’h Richon — et un second bond — Pessa’h Chéni. À première vue, le second semble être un prolongement, une suite du premier. Mais la vérité est tout autre : le second bond est d’une hauteur si vertigineuse qu’il transcende entièrement les catégories du premier. Celui qui n’a pas accompli Pessa’h Richon — même pour des raisons moralement négatives — peut accéder au Pessa’h Chéni sans restriction. Le second bond est si absolu, si élevé, qu’il ne tient pas compte de ce qui précède.

Les deux mois et les deux étapes du service divin

Cette distinction entre les deux Pessa’h s’inscrit dans celle qui sépare le mois de Nissan du mois d’Iyar. Nissan est le mois de la sortie d’Égypte dans la précipitation — bé’hipazon yatsata miMitsraïm — l’élan du baal téchouva qui découvre soudainement la vérité et veut fuir en courant, se détacher de tout, sans s’attarder à analyser ou à guérir. C’est pourquoi l’interdit du ‘hamets à Pessa’h Richon est si radical : le ‘hamets symbolise l’existence propre, l’égo gonflé — or dans cet état de fuite, on n’a pas le temps de s’y attarder.

Iyar, en revanche, est le mois de l’intériorisation. Après la fuite vient le travail sur soi. La Séfirat HaOmer est précisément ce processus : lentement, progressivement, on intègre les révélations de Pessa’h dans sa propre personnalité. Pessa’h Chéni doit avoir lieu en Iyar parce que toute sa signification réside dans cette intériorisation — faire pénétrer en soi les révélations de Pessa’h Richon. Et son message ultime, que le Baal Chem Tov a exprimé dans un enseignement célèbre, est : «Ein davar avoud» — rien n’est perdu. Il est toujours possible de réparer, à la seule condition de crier vers D.ieu : «Pourquoi serions-nous privés ?»

Lag BaOmer et la grandeur de Rabbi Chimon bar Yo’haï

À la veille de Lag BaOmer — Yom Hilloula de Rabbi Chimon bar Yo’haï (Rachbi) — il convient de s’arrêter sur la singularité de ce géant. La Guémara formule son éloge en une expression sans équivalent : «Torato oumanotou» — l’étude de la Torah était son métier, sa vocation totale, sans interruption de toute sa vie. Sur cette base, le Talmud de Babylone (Bavli) enseigne : «Des personnes comme Rachbi et ses proches (‘havérav), dont la Torah est le métier, n’interrompent pas [pour la prière].»

Mais le Talmud de Jérusalem (Yerouchalmi) va plus loin : Rachbi lui-même n’interrompait ni pour la prière ni pour la Kriat Chéma. Comment concilier les deux sources ? Comment comprendre qu’un homme de la stature de Rachbi ne récitait pas la Kriat Chéma ?

La Michna de Pirké Avot et l’avertissement de Rabbi Chimon

Une clé de compréhension se trouve dans une Michna remarquable de Pirké Avot, souvent citée par le Rabbi : Rabbi Chimon y déclare : «Sois attentif à la Kriat Chéma et à la prière.» Le Rabbi a fait observer que cette déclaration se trouve dans Pirké Avot, qui est un recueil de midat ‘hassidout — de qualités allant au-delà de la simple obligation légale. Or, la Kriat Chéma et la prière figurent aussi dans le Choul’han Aroukh : pourquoi les mentionner dans le cadre de la conduite ‘hassidique ?

La réponse est éclairante. Rabbi Chimon s’adressait à ses disciples, sachant pertinemment qu’ils le regardaient et qu’ils seraient tentés de l’imiter. Il leur disait en substance : «Soyez vigilants quant à la Kriat Chéma et à la prière — n’apprenez pas de moi ce qui ne vous est pas applicable.» C’est là un enseignement de ‘hassidout essentiel : la ‘hassidichkeit authentique pousse à vouloir ressembler à son maître — mais encore faut-il savoir ce qui s’applique à son propre niveau. Le fait que Rachbi ne priait pas ne dispensait personne d’autre de prier.

Les deux niveaux de Rachbi : avant et après la sortie de la grotte

Le Rabbi a proposé une résolution profonde de la contradiction entre le Bavli et le Yerouchalmi, fondée sur une réalité kabbalistique. Rachbi a vécu deux états distincts au cours de sa vie :

Pendant les douze premières années dans la grotte, Rachbi et son fils se déshabillaient pour ne pas user leurs vêtements, s’enfouissaient jusqu’au cou dans le sable et étudiaient. Lorsqu’il était temps de prier, ils s’habillaient. À ce stade, Rachbi récitait la Kriat Chéma mais ne s’arrêtait pas pour la prière proprement dite — c’est le témoignage du Bavli.

Après sa sortie de la grotte, en voyant des hommes labourer et semer, il ne pouvait supporter que l’on sacrifie la vie éternelle pour la vie éphémère, et son regard détruisait tout ce qu’il touchait — il dut retourner dans la grotte pour une treizième année. À l’issue de cette année supplémentaire, il atteignit un niveau encore supérieur : celui évoqué par le Yerouchalmi, où il n’interrompait plus même pour la Kriat Chéma.

Le sens profond : le nivellement dans la Divinité

Ce passage d’un niveau à l’autre correspond, dans la terminologie de la Kabbale, au passage du nombre douze — youd-bet gvoulé alakhson (les douze frontières diagonales) — au nombre treize — youd-guimel midot haRa’hamim (les treize attributs de la miséricorde). C’est la différence entre l’Atsilout et ce qui la transcende.

La ‘hassidout enseigne que les grands Tsadikim sont comparés à la merkava — le char divin : de même que le char n’a pas de volonté propre et ne sert qu’à porter son cavalier, le Tsadik au niveau d’Atsilout n’a aucune volonté indépendante. Sa volonté est la volonté divine.

Cependant, il existe une distinction fondamentale : même le grand Tsadik reste une créature, un nivra, distinct du Créateur — comme l’automobile et son conducteur ne sont pas identiques. Mais après les treize années dans la grotte, Rachbi avait atteint une unité d’un ordre supérieur, exprimée dans le Zohar par ses propres mots : «Ani Chimon be’alma» — «C’est moi, Chimon, qui suis présent dans le monde.» À ce niveau d’annulation totale dans la Divinité, le «moi» qui s’exprime n’est plus un moi individuel — c’est la présence divine elle-même qui s’exprime à travers lui. À ce stade, même la Kriat Chéma — qui est une remise de l’âme à D.ieu — n’avait plus de sens séparé, car Rachbi était déjà en état d’unité permanente avec le Saint béni soit-Il.

Lag BaOmer : une connexion possible pour chacun

Lag BaOmer est un jour particulièrement propice (méssougal) pour se connecter à Rachbi. Cette connexion ne signifie pas atteindre sa grandeur — elle signifie toucher, par le biais de ce jour saint, à la dimension cachée et intérieure de la Torah qu’il a révélée. Les ‘hassidim et les kabbalistes transmettent que Lag BaOmer est le jour où le Saint béni soit-Il a dévoilé au monde les «visages intérieurs cachés» par le truchement de Rachbi. Nous le voyons concrètement : le monde entier est attiré vers Rachbi, des foules de toutes origines convergent vers le Ohel de Rachbi. Nous ne comprenons peut-être pas entièrement ce phénomène — mais c’est précisément ce que les écrits ‘hassidiques décrivent. Le désir profond de chaque âme juive de se rattacher à cette source de lumière intérieure est lui-même une manifestation de la révélation de Lag BaOmer.

Vendredi 1er mai 2026 à 10h30 : Likouté Si’hot volume 3 – Emor Si’ha 3 – Rav Levi Azimov

Vendredi 1er mai 2026 à 10h30 : Likouté Si’hot volume 3 – Emor Si’ha 3 – Rav Levi Azimov


Ce cours est retransmis
par téléphone
Tél.: +33159423068
code: 33 41 593 (♯)


ET SUR RADIO HASSIDOUT
RADIO HASSIDOUT

 

De Pessa’h à Chavou’ot, chaque juif est invité à compter quarante-neuf jours — un voyage spirituel individuel qui mène au don de la Torah. Mais que se passe-t-il lorsqu’un voyageur franchit la ligne de changement de date au beau milieu de cette période ? Et la fête de Chavou’ot appartient-elle vraiment à ceux qui ont compté, ou à tous sans exception ? La Si’ha du Rabbi sur la Paracha Emor, tirée des Likouté Si’hot volume 3, déploie une analyse aussi rigoureuse que lumineuse.

 

La Mitsva du compte du Omer : un acte fondamentalement individuel

La Torah prescrit dans la Paracha Emor (23, 15) : « Vous compterez, chacun pour vous, depuis le lendemain de la fête, depuis le jour où vous aurez offert l’Omer. » Le Talmud de Babylone (Mena’hot 65b) précise que cette formulation au pluriel — « vous compterez pour vous » — signifie que le compte doit être accompli par chaque individu séparément. Le Ramban (Nah’manide), commentant le verset « Je suis l’Éternel ton D.ieu qui t’a fait sortir » au singulier dans les Dix Commandements, confirme cette logique : D.ieu s’adresse à chacun personnellement, et c’est à chacun qu’il revient de répondre par un effort propre.

Sept semaines ou cinquante jours : deux dimensions d’une même réalité

Le Liqouté Torah (Bamidbar 10d) soulève une subtilité : la Torah ordonne de « compter cinquante jours », alors que dans la pratique, nous n’en comptons que quarante-neuf. L’explication touche à l’essence même de la démarche : par le compte des quarante-neuf jours, l’homme s’attire les quarante-neuf portes de la Sagesse. Ce n’est qu’au terme de cet effort humain que le cinquantième jour — la « cinquantième porte » — s’éveille d’en-Haut. Cette porte ne peut être atteinte par la seule force du service divin de l’homme ; elle correspond au don de la Torah lui-même, accordé d’En-Haut en réponse à l’effort accompli.

Le don de la Torah est-il forcément lié au cinquantième jour du Omer ?

Le Choul’han Aroukh de l’Admour Hazaken (Ora’h ‘Haïm 494, 1) établit une distinction fondamentale. Selon le calendrier perpétuel en usage aujourd’hui, Chavou’ot tombe invariablement le 6 Sivan, et c’est pourquoi nous disons dans la prière « le temps du don de notre Torah ». Mais à l’époque où les mois étaient sanctifiés selon l’observation de la lune, les variations dans la longueur des mois de Nissan et de Iyar pouvaient faire tomber le cinquantième jour du Omer — c’est-à-dire Chavou’ot — le 5 ou le 7 Sivan, et non le 6. Dans ce cas, la formule « temps du don de notre Torah » était omise, car la Torah n’a pas fait dépendre la fête du jour du don de la Torah, ni d’une date calendaire fixe, mais uniquement du cinquantième jour après l’Omer.

Les Liqouté Si’hot précisent alors la distinction conceptuelle : le « cinquantième jour du Omer » intervient après l’effort du service divin de l’homme — il est le fruit de cette préparation. En revanche, l’aspect du « 6 Sivan » dans le don de la Torah ne dépend aucunement de l’homme ni de son service : c’est un don que la Torah elle-même a fixé, et son moment est le sixième jour de Sivan.

Ces deux dimensions sont-elles dissociables dans notre époque ?

Cette distinction entre le « cinquantième jour » et le « 6 Sivan » n’est pas qu’historique. Les Liqouté Si’hot montrent que ces deux notions, bien que généralement coïncidant, répondent à deux logiques distinctes : l’une est conditionnée par l’effort individuel et le chemin parcouru ; l’autre est fixée par la Torah elle-même, indépendamment de toute démarche humaine. C’est cette indépendance conceptuelle qui permet d’aborder la question de la ligne de changement de date avec une clarté halakhique nouvelle.

Même celui qui n’a pas compté reste concerné par Chavou’ot

Une question surgit naturellement : celui qui n’a pas compté le Omer — par oubli, impossibilité ou toute autre raison — est-il exclu de la fête de Chavou’ot ? Les Liqouté Si’hot répondent avec précision : l’essence de la fête de Chavou’ot ne s’opère pas par le compte lui-même. La Torah a fixé le temps de la fête au cinquantième jour du Omer, et les jours du Omer ne font qu’indiquer et préciser ce moment. Ainsi, le jour qui arrive après quarante-neuf jours comptés est un jour de fête — et cela vaut pour chacun. Même celui qui n’était pas tenu de compter, ou qui ne l’a pas fait, est concerné par cet aspect : dès lors qu’il se tient au jour où, s’il avait compté, il aurait atteint le compte de quarante-neuf, ce jour est pour lui la fête de Chavou’ot.

La ligne de changement de date au milieu du Omer : le cas du voyageur transméridien

La terre étant sphérique et le soleil tournant autour du globe, il est nécessaire qu’existe quelque part une ligne — la ligne de changement de date — où les jours basculent d’un côté à l’autre. Celui qui la franchit « saute » un jour : en allant d’est en ouest (dans le sens du soleil), il perd vingt-quatre heures ; en allant d’ouest en est, il en gagne vingt-quatre.

La question halakhique est alors posée : que doit faire celui qui franchit cette ligne au beau milieu de la période du Omer ? Les Liqouté Si’hot répondent à partir du principe déjà établi : puisque la Mitsva du compte du Omer incombe à chaque individu séparément, ce voyageur doit compter selon son propre calcul — combien de jours se sont écoulés pour lui depuis qu’il a commencé à compter. Son décompte personnel ne dépend pas du compte pratiqué par les autres habitants du côté de la ligne où il arrive.

De Melbourne à New York : la conduite halakhique concrète

Les Liqouté Si’hot en tirent la règle pratique applicable : pour celui qui franchit la ligne de changement de date en allant d’ouest en est (par exemple de New York vers l’Australie), le 5 Sivan sera pour lui le cinquantième jour du Omer — c’est-à-dire la fête de Chavou’ot avec toutes ses lois — et le 6 Sivan sera pour lui le second jour de fête (s’il est de la diaspora). Dans le sens inverse — d’est en ouest — le 7 Sivan sera pour lui Chavou’ot, et le 8 Sivan le second jour de fête.

Les Iguerot Kodech (vol. 20, p. 112) rapportent la position personnelle du Rabbi à ce sujet : il n’était pas satisfait de ceux qui franchissent la ligne de changement de date au milieu de la période du Omer sans nécessité absolue. En effet, leur cinquantième jour ne coïncide plus avec les jours de Chavou’ot célébrés par les Juifs du lieu où ils arrivent — ce décalage visible ne peut qu’étonner les observateurs locaux.

L’individuel et le collectif : deux rythmes de croissance complémentaires

La réflexion des Liqouté Si’hot débouche sur un enseignement d’une profonde portée spirituelle. Le service du compte du Omer est fondamentalement un travail d’affinement des traits de caractère — birour hamidot. Lorsque le juif achève ce service, il reçoit d’en Haut cet aspect de la Torah qui vient après les quarante-neuf jours de préparation. Cet aboutissement est strictement individuel : il ne dépend pas de la situation des autres, et peut survenir en avance ou en retard par rapport à eux.

Mais le second aspect du don de la Torah — le « 6 Sivan » — est d’une tout autre nature. Il n’est pas conditionné par le service de l’homme dans l’affinement de ses traits de caractère. Son moment est identique pour tous, partout dans le monde : le sixième jour de Sivan. Certaines élévations spirituelles sont personnelles et suivent le rythme propre de chaque individu ; d’autres appartiennent à l’ensemble du peuple et se donnent à tous au même instant, indépendamment de qui l’on est ou du chemin déjà parcouru.

Cette double structure — effort individuel et don collectif, croissance personnelle et révélation universelle — est le cœur même du voyage entre Pessa’h et Chavou’ot.

« Si un Juif veut vraiment, D.ieu lui donnera la possibilité d’accomplir tous les commandements » (Si’ha du Rabbi du 14 Iyar 5725)

« Si un Juif veut vraiment, D.ieu lui donnera la possibilité d’accomplir tous les commandements » (Si’ha du Rabbi du 14 Iyar 5725)

L’enseignement de Pessa’h Chéni : si un Juif est véritablement engagé à suivre les enseignements de la Torah, D.ieu fournira les moyens et les opportunités pour qu’il puisse réaliser cette aspiration.

Bamidbar 11 – versets 6 à 11

 

  1. Il y eut des hommes qui, se trouvant impurs à cause d’un mort, ne pouvaient pas faire la Pâque ce jour-là. Ils se présentèrent devant Moïse et Aaron, ce jour-là.
  2. Ces hommes dirent à Moïse: «Nous sommes impurs à cause d’un mort; pourquoi serions-nous privés d’offrir l’offrande de l’Éternel au temps fixé parmi les enfants d’Israël?»
  3. Moïse leur répondit: «Attendez, et je vais entendre ce que l’Éternel ordonne à votre sujet.»
  4. L’Éternel parla à Moïse, et dit:
  5. «Parle aux enfants d’Israël, et dis: Lorsque vous ou l’un de vos descendants sera impur à cause d’un mort, ou sera en voyage au loin, il fera la Pâque de l’Éternel.
  6. Ils la feront le quatorzième jour du second mois, sur le soir; ils la mangeront avec des pains sans levain et des herbes amères.»

 

D.ieu a établi l’ordre du monde de telle manière qu’au sein d’un peuple de plusieurs millions de personnes, il ne peut arriver de temps en temps qu’une personne ne meure pas, D.ieu nous en préserve, avant d’atteindre l’âge de cent vingt ans, comme D.ieu l’a témoigné. Surtout lorsqu’il s’agit d’un grand peuple, béni par D.ieu qui « ne sera pas compté en raison de sa multitude », et chaque jour de nouveaux enfants d’Israël naissent – il est également impossible qu’il n’y ait pas de cas de décès d’un Juif, D.ieu nous en préserve, pendant les jours de préparation à la fête de Pessa’h.

Il s’avère que D.ieu a fait ici une chose et son contraire : D.ieu a ordonné que le 14 Nissan, chaque Juif doit offrir lui-même le sacrifice pascal, et pour cela, il doit être pur ce jour-là. Et en même temps, D.ieu a établi l’ordre du monde de telle manière qu’à chaque 14 Nissan, il y aura nécessairement au moins quelques Israélites qui, selon la Torah, se rendront impurs à ce moment-là.

Et c’était l’argument de ces Juifs : D.ieu a établi l’ordre du monde de telle manière qu’à ce moment, il doit y avoir des Juifs qui se sont rendu « impurs au contact d’un mort ». Et si c’est le cas, quelle est notre faute si nous ne pouvons pas offrir le sacrifice que D.ieu nous a ordonné ?!

D.ieu a reconnu la justesse de leur argument et leur a répondu qu’il était impossible de les priver du commandement du sacrifice pascal. Et en présentant cette question, une autre mitsva et fête est ajoutée pour les enfants d’Israël – la fête de « Pessa’h Chéni », le second Pessa’h.

Cela donne une leçon profonde à chacun d’entre nous :

Beaucoup se demandent : d’un côté, D.ieu exige que les enfants d’Israël soient un peuple saint, capables de reconnaître qu’ils sont séparés et se comportent différemment de toutes les nations du monde : ils observent le Chabbat, mangent casher et accomplissent tous les commandements qui leur ont été prescrits. Et d’un autre côté, D.ieu les place dans une situation où ils doivent consacrer de nombreuses heures aux affaires les empêchant de pouvoir étudier la Torah pendant ces heures-là, qui empêchent les mères de pouvoir se consacrer à l’éducation appropriée de leurs enfants, et qui empêchent les les jeunes filles de pouvoir profiter de ces heures pour se préparer comme il se doit pour que, par la suite, elles puissent établir un véritable foyer juif, une maison construite sur les fondements de la Torah et des Mitsvots.

Et voici l’enseignement de la réponse du Saint béni soit-Il [à ces Juifs qui étaient impurs] : même si cela semble être dans un monde où l’accomplissement des commandements est lié à de grandes difficultés; en particulier en ce qui concerne un commandement qui ne se présente qu’une fois par an [l’offrande de la fête de Pessa’h], et lorsqu’ils ne pouvaient pas accomplir ce commandement ce jour-là en raison d’obstacles du monde, il semble alors perdu – vous devez savoir que si un Juif veut vraiment accomplir la Torah et les commandements, et demande « pourquoi serions-nous diminués », D.ieu lui fournira la possibilité d’accomplir tous les commandements sans diminution.

Et même si, pour cela, ils doivent faire quelque chose de nouveau qui n’existait pas auparavant [comme le Pessa’h Chéni], D.ieu le fera pour ces quelques Juifs qui se trouvent dans une situation où ils ne peuvent autrement accomplir le commandement.

Cet enseignement s’applique également à notre époque : il arrive parfois que, selon toutes les estimations, il semble impossible de se consacrer à l’éducation appropriée des enfants, de se préparer correctement à la vie familiale juive, ou d’étudier la Torah dans la mesure et de la manière requises, car tout cela semble en contradiction avec les réalités du monde. Cependant, il faut comprendre que ce n’est que l’illusion du mauvais penchant.

Il suffit simplement d’éveiller en soi une décision profonde et ferme : il est inconcevable de ne pas faire partie, à Dieu ne plaise, du peuple d’Israël dans l’accomplissement des Mitsvot de Dieu. Lorsque l’on prend cette décision sincère, on constatera que Dieu offre des possibilités particulières pour réaliser ces objectifs.

Cet enseignement nous encourage à ne pas nous laisser décourager par les défis et les obstacles qui se dressent sur notre chemin. Il faut se rappeler que, même si cela semble impossible, si nous faisons preuve de détermination et de foi, Dieu nous aidera à trouver les moyens d’accomplir nos responsabilités spirituelles et d’élever notre famille dans la tradition juive.

 

Qu’est-ce que Pessa’h Chéni (le Second Pessa’h)?

Qu’est-ce que Pessa’h Chéni (le Second Pessa’h)?

fr.chabad.org

Pessa’h Chéni signifie le « Second [sacrifice de] Pessa’h ». Il marque le jour où quelqu’un qui n’avait pas pu participer au sacrifice de Pessa’h en temps voulu pouvait accomplir la mitsva exactement un mois plus tard.

Il est de coutume de marquer ce jour en mangeant de la Matsa, si possible de la Matsa Chemoura, et d’omettre le Ta’hanoun des prières du jour.

Comment Pessa’h Chéni fut instauré

Un an après l’Exode d’Égypte, D.ieu ordonna aux Enfants d’Israël d’offrir le sacrifice pascal l’après-midi du 14 Nissan et de le consommer ce soir-là, grillé au feu et accompagné de Matsa et d’herbes amères, comme ils l’avaient fait un an auparavant juste avant de quitter l’Égypte.

« Il y eut cependant des hommes qui s’étaient rendus rituellement impurs au contact d’un cadavre et qui ne purent donc pas préparer l’offrande de Pessa’h ce jour-là. Ils se présentèrent devant Moïse et Aharon… et ils dirent : “Pourquoi serions-nous privés d’apporter l’offrande de D.ieu en son temps, seuls parmi les Enfants d’Israël ?” » (Nombres 9,6-7)

En réponse à leur requête, D.ieu fit du quatorzième jour de Iyar un « second Pessa’h » (Pessa’h Chéni) pour quiconque avait été dans l’incapacité d’apporter le sacrifice pascal la veille de Pessa’h, le mois précédent.

Le sens de Pessa’h Chéni

Ce jour représente la « seconde chance » que l’on atteint par la téchouva, la force de repentir et du « retour ». Dans les mots de Rabbi Yossef Its’hak de Loubavitch, « Le second Pessa’h enseigne qu’une situation n’est jamais désespérée. »

 

Farbrenguen du Rabbi – Pessa’h Chéni 5747 : quand la deuxième chance révèle la plus haute élévation

Farbrenguen du Rabbi – Pessa’h Chéni 5747 : quand la deuxième chance révèle la plus haute élévation

Il existe des occasions dans la vie où un retard, même involontaire, n’est pas une perte mais une invitation à s’élever plus haut encore. Pessa’h Chéni — la « seconde Pâque » — n’est pas simplement une deuxième chance accordée à ceux qui ont manqué la première : c’est une leçon fondamentale sur la nature même de la repentance et du service divin. À travers deux Si’hot profondes, le Rabbi dévoile les dimensions cachées de cette fête méconnue, de la Tsedaka jusqu’à l’abnégation de l’âme.

 


Farbrenguen du Rabbi Pessa’h Chéni 5747


1ère Si’ha

AUDIO

Une fête peu connue, une question fondamentale

Le sujet de Pessa’h Chéni est abordé dans très peu d’endroits dans la littérature ‘hassidique, et l’on constate en conséquence un manque d’intérêt marqué parmi les étudiants du ‘hassidisme pour explorer ce thème. Cela est en réalité étonnant : un sujet peu traité dans la littérature ‘hassidique, n’apparaissant que dans les dernières générations et évoqué seulement de manière oblique, devrait précisément susciter une curiosité plus vive.

Il existe pourtant avec Pessa’h Chéni un problème sérieux qui mérite une exploration approfondie.

Parmi les rares sources qui analysent Pessa’h Chéni, on trouve un aphorisme du Rabbi précédent, rapporté dans le Hayom Yom :

« Le thème de Pessa’h Chéni est : rien n’est irrécupérable, nous pouvons toujours nous rattraper. Même celui qui était tameh, ou qui était loin — même si sa condition résultait de sa propre volonté — peut néanmoins redresser la situation. » (Hayom Yom, 14 Iyar)

Ce passage indique clairement que Pessa’h Chéni nous enseigne que rien n’est définitivement perdu et qu’il existe toujours une possibilité de réparer. Cela vaut non seulement pour celui qui bénéficiait d’une présomption d’innocence, mais aussi pour celui qui était tameh (rituellement impur) et éloigné de la maison de D.ieu de son propre chef. Pessa’h Chéni nous dit : vous pouvez vous rattraper — car c’est une Mitsva accordée à ceux qui n’avaient pu offrir leur sacrifice pascal la veille de Pessa’h.

Le ‘hassidisme face à une apparente contradiction

Examinons maintenant un discours ‘hassidique du Tsema’h Tsedek, fondé sur les enseignements de l’Alter Rebbe, qui développe la signification de Pessa’h Chéni :

Pessa’h Chéni se situe au mois d’Iyar, appelé le « deuxième mois », car il représente un second niveau par rapport à l’Exode. En premier est venu l’Exode lui-même, analogue à « se détourner du mal », comme le Tanya l’explique : le peuple fuyait le mal encore dominant dans leurs âmes. Ensuite pouvait venir le deuxième niveau : « faire le bien ». Ces deux démarches correspondent aux étapes du service divin de l’Itkafia (première étape) puis de l’Ithaf’ha (deuxième étape).

Dans le domaine des Sefirot, le deuxième mois (Iyar) correspond à Yesod, second par rapport à Malchout (Nissan). Pessa’h est ainsi lié à Malchout — c’est l’attribut de Malchout qui presidait lorsque la Torah dit que D.ieu « sauta par-dessus les portes » — tandis que Pessa’h Chéni est Yesod.

C’est pour cette raison que la Michna enseigne : lors du premier Pessa’h, s’applique l’interdit de « [le levain] ne sera pas vu et ne sera pas trouvé » (Chemot 12:19) ; mais lors du second, un homme peut avoir du pain levé et du pain azyme sous son toit (Pessa’him 95a). Lors de Pessa’h, il faut se détourner du mal et fuir les trois Kelipot entièrement impures — symbolisées par le Hamets — qui doivent être détruites. Mais lors de Pessa’h Chéni, le mal a déjà été laissé derrière soi : Hamets et Matsa peuvent coexister, car le Hamets a été transformé en sainteté.

Cette explication soulève une difficulté majeure. Comment peut-on définir Pessa’h Chéni comme la deuxième étape du service divin — illustrant « faire le bien » ou l’Ithaf’ha — venant après la première étape de « se détourner du mal » ? Cela semble contredire le sens littéral des Écritures, qui indique clairement que Pessa’h Chéni concerne uniquement celui qui n’a pas offert le premier sacrifice pascal, et non une deuxième phase du rituel de Pessa’h.

La Torah est explicite, la Hala’ha est claire, et même dans l’interprétation ésotérique, l’existence de Pessa’h Chéni ne concerne que celui qui, pour une raison ou une autre, n’a pas sacrifié la première offrande. Seul cet individu doit se rattraper en apportant le second Korban Pessa’h. Quant à celui qui a sacrifié lors du premier Pessa’h, non seulement il est exempt de Pessa’h Chéni, mais il lui est même interdit d’apporter un Korban à cette occasion.

Le Rabbi précédent est d’ailleurs explicite : Pessa’h Chéni enseigne que les omissions passées peuvent être corrigées, même lorsque l’on était volontairement tameh et éloigné. Les possibilités offertes par Pessa’h Chéni ne concernent pas le service divin des justes — elles s’adressent au Baal Téchouva.

Comment concilier cette vision avec celle du Tsema’h Tsedek, selon laquelle Pessa’h Chéni s’inscrit dans la suite directe du service divin du premier Pessa’h ? Des recherches mériteraient d’être menées pour voir si cette question a été traitée dans la littérature ‘hassidique. En attendant, voici une explication possible.

La résolution : deux niveaux d’une même vérité

L’aspect de Pessa’h Chéni qui s’applique uniquement lorsque l’obligation du premier Pessa’h n’a pas été remplie concerne le devoir d’offrir un sacrifice. Lorsque les circonstances ont empêché un individu d’apporter un Korban le 14 Nissan, il lui était possible de se rattraper le 14 Iyar. S’il a offert l’agneau pascal en Nissan, il ne peut pas réitérer cet acte en Iyar.

Cependant, pour tous les autres aspects de Pessa’h — l’interdit du Hamets, l’obligation de manger de la Matsa, ainsi que les démarches spirituelles liées au service divin de l’homme, comme « se détourner du mal » et l’Itkafia — le service de Pessa’h mène à Pessa’h Chéni et s’y complète. Tout comme il était évidemment juste de ne pas manger de Hamets même en ayant manqué le Korban Pessa’h, de même peut-on accomplir le service de Pessa’h Chéni même après avoir offert le Korban Pessa’h.

Il n’y a donc pas de paradoxe : l’interprétation ‘hassidique de Pessa’h Chéni comme deuxième étape du service divin — venant après la première étape du premier Pessa’h — se réfère au service spirituel intérieur, qui constitue le thème métaphysique essentiel de Pessa’h. Ce service est associé à l’interdit du Hamets et au commandement positif de manger la Matsa. Dans ce cadre, on ne peut atteindre la deuxième étape sans avoir accompli la première.

En revanche, lorsqu’on considère Pessa’h Chéni sous l’angle de la Hala’ha ou du sens littéral des Écritures — et dans les écrits du Rabbi précédent — Pessa’h Chéni apparaît comme le « réparateur » qui comble le manque laissé par la non-conformité lors du premier Pessa’h. Lorsque l’offrande pascale n’avait pas été apportée, l’omission pouvait être corrigée lors de Pessa’h Chéni.

Et simultanément, celui qui accomplit ce rattrapage atteint également le niveau supérieur du « faire le bien », en conséquence du bien qu’il avait déjà accompli lors de Pessa’h.

L’histoire qui donna naissance à cette Mitsva

Une analyse plus attentive de l’histoire qui a conduit à la Mitsva de Pessa’h Chéni révèle que les personnes ayant manqué le premier Korban Pessa’h n’étaient pas véritablement en faute et ne pouvaient pas être considérées comme déficientes dans leur service divin envers D.ieu. En réalité, bien qu’ils n’aient pas offert le sacrifice, ils n’avaient manqué à aucun autre aspect de la fête. Ils avaient accompli les étapes du « se détourner du mal » et de l’Itkafia, puis abordé la démarche du « faire le bien » et de l’Ithaf’ha.

Au sujet de l’identité des hommes qui vinrent se plaindre à Moïse d’avoir manqué l’occasion d’offrir le Korban Pessa’h parce qu’ils s’occupaient d’un cadavre, le Talmud déclare : « Qui étaient ces hommes ? C’étaient Mishaël et Eltsafan, qui s’occupaient des restes de Nadav et Avihou. » (Souccah 25a-b)

Ces personnes étaient devenues impures (tameh) sur ordre direct de Moïse, comme le rapporte la Torah : « Venez retirer vos proches parents de l’intérieur du Sanctuaire. Emmenez-les hors du camp. » (Vayikra 10:4)

On comprend dès lors pourquoi ils protestèrent : « Mais pourquoi devrions-nous perdre… ? » S’ils étaient devenus impurs de leur propre chef, ils n’auraient pas formulé cette réclamation. En réalité, ils faisaient valoir qu’ils étaient devenus impurs uniquement à cause des ordres de Moïse. C’est pourquoi ils raisonnèrent ainsi : « Nous avons été commandés de devenir impurs. Est-il juste que nous perdions ainsi l’occasion d’apporter notre Korban Pessa’h comme tout le peuple ? »

Leur argument fut accepté par D.ieu, et ils eurent l’opportunité de se rattraper d’une manière encore plus élevée que lors du premier Pessa’h — car lors de Pessa’h Chéni, le Hamets et la Matsa peuvent coexister dans la maison au moment où le Korban est offert. Ils méritèrent également que cette Mitsva de Pessa’h Chéni soit enseignée à l’ensemble du peuple juif à la suite de leur pétition.

Une chose ressort clairement : même les plus justes, en temps d’exil, trouveront encore certains aspects qui nécessitent réparation et rectification. La leçon de Pessa’h Chéni est que rien n’est irrémédiable et qu’il est toujours possible de se rattraper à un niveau encore plus élevé qu’auparavant — quantitativement et qualitativement.

Que notre méditation sur cette question porte ses fruits dans de bonnes actions ! Nous mériterons ainsi la perfection ultime : le Korban Pessa’h que nous offrirons dans le Beth Hamikdach, lorsque notre juste Machia’h viendra très bientôt. Notre zèle appellera en retour le zèle divin, et D.ieu récompensera « mesure pour mesure » en nous accordant rapidement la rédemption ultime. Alors, nous aurons encore des obligations de service divin, mais tout cela se déploiera dans la recherche de niveaux toujours plus élevés, dans les seuls domaines positifs de la sainteté.

Que cela se réalise rapidement et véritablement de notre vivant, avec la vraie et complète rédemption par notre juste Machia’h.

Pessa’h Chéni et la portion de Torah de la semaine

Le thème de Pessa’h Chéni consiste à remédier et à compléter ce qui manquait lors du premier Pessa’h.

Cette année, Pessa’h Chéni tombe le mercredi de la semaine où est lue la portion d’Emor, et dans la section d’étude de Revi’i, la Torah parle du Korban Pessa’h :

« L’après-midi du quatorzième jour du premier mois est le moment de sacrifier l’offrande de Pâque de D.ieu. » (Vayikra 23:5)

La Torah y parle également du décompte de l’Omer et de la fête de Chavouot : « À partir du lendemain du Chabbat, jour où vous aurez apporté votre gerbe avec le geste d’élévation, vous compterez sept semaines entières. Le lendemain du septième Chabbat, ce qui fera cinquante jours, vous présenterez à l’Éternel une nouvelle offrande. » (Vayikra 23:15-16)

La ‘Hassidout explique que, bien que les 49 jours de l’Omer purifient les sept attributs dans leurs 49 combinaisons, la purification principale est accomplie par Lag BaOmer, qui correspond à la permutation de la Sefirah de Hod en Hod. On peut également comprendre que, puisque ‘Hessed en Hod inaugure le cycle de Hod et s’infiltre dans toutes les permutations, la purification est déjà accomplie le jour de ‘Hessed en Hod — c’est-à-dire le jour de Pessa’h Chéni.

Cette année, lorsque nous lisons l’injonction biblique de compter l’Omer précisément le jour de Pessa’h Chéni, tout cela devient d’autant plus lumineux. Pessa’h Chéni partage également un point commun avec Chavouot : lors de Pessa’h Chéni, on peut sacrifier le Korban Pessa’h même en possédant du Hamets dans sa maison, tout comme lors de Chavouot on offre un sacrifice de deux pains de Hamets.

L’attribut de Hod et l’abnégation de soi

Il existe un autre lien entre la signification ésotérique de Hod dans le service divin individuel (pendant la période de l’Omer) et le service divin de Pessa’h.

La ‘Hassidout explique que l’attribut de Hod est ésotériquement lié à la reconnaissance (Ho’da’ah) et à la soumission (Bitoul). Cela correspond parfaitement au thème de Pessa’h, lorsque le Roi suprême des rois, le Saint béni soit-Il, s’est révélé et les a rachetés. Quelle émotion les Juifs ressentirent-ils ? Une soumission et un effacement de soi totaux. Lors de Pessa’h Chéni, cette qualité s’exprime à travers l’attribut de Hod.

On peut dire que Pessa’h Chéni ouvre une occasion d’une soumission encore plus intense, même lorsque le service divin dans ce domaine lors du premier Pessa’h était déjà accompli de manière satisfaisante.

Une analogie peut être tirée de la Téchouva telle qu’elle est expliquée dans le Tanya, chapitre 29. La Téchouva étant principalement liée à l’intense sentiment intérieur du cœur, en vieillissant et en s’enrichissant spirituellement, elle doit être renouvelée pour correspondre au nouveau niveau atteint. La Téchouva d’aujourd’hui doit être plus profonde que celle d’hier.

De même, concernant l’abnégation de soi : après l’état de Bitoul atteint lors de Pessa’h, il convient de s’élever à un Bitoul encore plus intense lors de Pessa’h Chéni.

L’histoire de la mort de Nadav et Avihou illustre également ce principe — avec des conséquences tragiques. Nadav et Avihou étaient déjà « plus proches » de D.ieu — comme Moïse l’affirma après leur décès. Ils avaient atteint un niveau d’abnégation intense, mais ils voulaient monter encore plus haut, être encore plus étroitement liés à D.ieu. Ils intensifièrent leurs efforts et ne s’arrêtèrent pas jusqu’à ce que le désir ardent de leurs âmes prenne le dessus et qu’ils accomplissent le saut ultime — et la faute ultime — permettant à leurs âmes de quitter leurs corps.

Pour nous, la leçon est claire : même après avoir atteint un Bitoul authentique, il y a toujours place pour une soumission encore plus grande. Mais bien entendu, uniquement avec santé, abondance et prospérité ! Lors de Pessa’h Chéni, en entrant dans la Sefirah de ‘Hessed de Hod, nous comprenons qu’il nous faut atteindre un niveau de Bitoul supérieur à celui qui était possible lors du premier Pessa’h.

 


2ème Si’ha


AUDIO

La section de Torah du jour : les dons aux pauvres

À la fin de la section du ‘Houmach du jour, la Torah nous dit :

« Lorsque vous récolterez la moisson de votre terre, ne moissonnez pas complètement les extrémités de vos champs… vous devez laisser tout cela pour les pauvres et les étrangers. Je suis D.ieu votre Seigneur. » (Vayikra 23:22)

Quel est le lien entre les fêtes et les dons de nourriture accordés aux pauvres dans les champs ? Pourquoi ces lois sont-elles insérées au milieu des lois des fêtes ?

Certains commentaires expliquent que, Chavouot célébrant la récolte des premiers fruits, la Torah enseigne également d’autres lois liées à la saison de la récolte. Cependant, cette réponse n’est pas satisfaisante : aucune autre Mitsva agraire n’apparaît dans ces mêmes chapitres. Les lois de la Teroumah et du Maaser, par exemple, ne figurent pas ici.

La réponse est celle qu’expliquent plusieurs commentateurs — l’Or Ha’Haïm, l’Abarbanel — : il ne faut pas tomber dans l’erreur de croire que, parce qu’on a élevé les premiers fruits (Bikkourim) de ce champ pour les livrer au Beth Hamikdach, ce champ serait désormais exempt de toutes les autres obligations envers les pauvres ou le Temple. Ce champ et ses produits demeurent soumis à la totalité des dîmes, taxes et devoirs.

Réjouir les autres : condition de la joie des fêtes

Un autre point mérite d’être gardé à l’esprit. Lorsque la Torah commande d’observer les fêtes, elle inclut les moins fortunés : « Vous vous réjouirez devant D.ieu, votre Seigneur… vous… et les prosélytes, les orphelins et les veuves parmi vous. » (Devarim 16:11)

Nos sages disent que pendant les fêtes, on doit pouvoir proclamer : « Je me suis réjoui et j’ai rendu les autres heureux. » Le Rambam stipule que nous sommes tenus de subvenir aux besoins des fêtes des « étrangers, orphelins, veuves et autres malheureux » (Lois des Fêtes 6:18).

Ainsi, après avoir conclu Pessa’h — pendant lequel les besoins des pauvres ont certainement été couverts — et étant arrivé à Chavouot, qui clôt le cycle de Pessa’h, la Torah nous rappelle que nous devons à nouveau nous préoccuper des nécessiteux. Même s’ils ont été aidés avant Yom Tov, ils doivent l’être à nouveau après Yom Tov.

Cela nous conduit à une leçon importante dans le domaine du perfectionnement moral et éthique.

Il est dans la nature humaine que, lorsque l’importance d’une activité particulière est soulignée, elle est accomplie avec enthousiasme et rigueur pendant un certain temps. Puis l’enthousiasme s’étiole et les gens se contentent de leurs réalisations passées.

Trente jours avant Pessa’h, nous commençons à « tonner » sur le sujet de Ma’ot ‘Hitim, la charité pour aider les pauvres à Pessa’h. L’Alter Rebbe établit dans son Choul’han Arou’h que chaque communauté a l’obligation de taxer tous ses membres pour fournir des fonds destinés aux pauvres à Pessa’h (Choul’han Arou’h HaRav, début des lois de Pessa’h).

Puis, le soir du Séder, dans chaque maison, nous proclamons : « Quiconque a faim, qu’il vienne et mange ; quiconque est dans le besoin, qu’il vienne et célèbre le Séder de Pessa’h. » (Haggadah)

Ce sentiment de solidarité et de partage se prolonge pendant les jours de Pessa’h, puis pendant le décompte de l’Omer, jusqu’à Chavouot — qui est, elle aussi, une fête où les pauvres doivent être pris en charge.

Et lorsque cette période de cinquante jours s’achève et que l’on retourne à la récolte des champs, la Torah nous rappelle les besoins des pauvres et nous commande de veiller soigneusement aux différents « dons des pauvres » au moment de la moisson.

Même celui qui pense avoir donné suffisamment à Ma’ot ‘Hitim pour que les pauvres en bénéficient longtemps après Pessa’h — même lui est rappelé, après Chavouot, à raviver la « foudre » et, lorsqu’il récolte les fruits de son labeur, à ne pas oublier son obligation envers les démunis.

La Tsedaka selon la Hassidout : charité et justice

La ‘Hassidout enseigne que notre bienfaisance envers les nécessiteux doit suivre les principes de « Tsedaka Oumichpat » (charité et justice), fondés sur le verset biblique concernant Avraham :

« Car je l’ai choisi, afin qu’il enseigne à ses enfants et à sa descendance à suivre la voie de l’Éternel en faisant la charité (Tsedaka) et la justice (Michpat), de sorte que l’Éternel puisse accomplir pour Avraham ce qui lui a été promis. » (Bereïchit 18:19)

Cela signifie qu’une personne doit d’abord user de Michpat — une honnête évaluation — pour déterminer ce dont elle a réellement besoin pour elle-même et sa famille, et ce qu’elle mérite véritablement des bénédictions accordées par le Saint béni soit-Il. Tout le reste doit être mis de côté pour la Tsedaka ! (Voir Torah Or, Bechalah 63b)

Ici aussi, le thème de Pessa’h Chéni commande une action accrue en matière de charité, pour s’élever encore plus haut que les réalisations du premier Pessa’h et donner davantage qu’avant.

L’accomplissement de la Mitsva de Tsedaka représente une expression du véritable désir d’un Juif.

En décrivant l’importance de la Tsedaka, nos sages affirment qu’elle est comparable à toutes les autres Mitsvot réunies. Le Tanya explique que, par la Tsedaka uniquement, une personne donne véritablement toute sa vie à quelqu’un d’autre qui en a davantage besoin — c’est pourquoi donner la Tsedaka équivaut à la totalité des Mitsvot.

Qu’en est-il de cette Mitsva du point de vue de D.ieu ? Elle aussi est éminemment particulière. La Tsedaka est appelée « la propre Mitsva de D.ieu » (Iggeret Hakodech 17). Pourquoi ? Parce que tout ce que D.ieu fait n’est pas le fruit d’un processus de cause à effet qui « contraint » D.ieu à agir d’une certaine manière : tout ce que D.ieu fait est une expression de Sa bonté et de Sa volonté. Ainsi était-il déjà dans la Volonté Suprême.

Un dicton midrachique dit : « Les justes… ils ressemblent au Créateur » (Ruth Rabbah 4:3). Dans ce contexte, on comprend que lorsque les Juifs accomplissent la Mitsva de Tsedaka, ils ne le font pas par contrainte — ni par embarras devant le collecteur — mais uniquement parce que telle est leur véritable et sincère volonté.

La modestie ne saurait servir de prétexte

Que dire de ceux qui prétendent « se conduire discrètement » et que personne ne connaît leur générosité parce qu’ils donnent la Tsedaka incognito ?

Bien que la discrétion et l’humilité soient des vertus réellement louables — le prophète lui-même déclare : « Il t’a été dit, ô homme, ce qui est bon ; et ce que l’Éternel demande de toi, sinon d’agir justement, d’aimer la vraie loyauté et de te conduire avec humilité (modestement) devant ton D.ieu. » (Michah 6:7-8) — il demeure possible que les gens croient qu’un tel homme ne donne rien à la charité, et en tirent de mauvaises conclusions.

Après tout, cet homme est une personne respectée, il porte une barbe fournie, il est béni de l’abondance — et pourtant son nom est absent des listes de donateurs. On pourrait en déduire que les personnes honorables ne participent pas à ces Mitsvot.

Il lui incombe donc de donner la charité ouvertement, afin que chacun puisse en prendre exemple. C’est pour cette raison que le Rema dans le Choul’han Arou’h édicte qu’« il est louable d’annoncer publiquement ceux qui accomplissent de bonnes actions », afin d’encourager les autres à agir de même.

S’il souhaite néanmoins conserver la qualité de la discrétion, qu’il multiplie son don plusieurs fois — et les fonds supplémentaires pourront être donnés en secret.

Car il est tout à fait possible que son argument de modestie soit en réalité un écran de fumée masquant une réticence à donner la Tsedaka tout court. On ne saurait lire dans les pensées des autres — mais tout comme sa barbe est visiblement là, il est tout aussi visible que, lors d’un appel aux dons, son nom est absent. Si son épouse lui en demande la raison, la réponse est : « Je me conduis discrètement. »

Il veut être appelé à la Aliyah la plus honorée, il exige de siéger au mur est de la synagogue — mais lorsqu’il s’agit d’un appel à la Tsedaka, ou du financement de l’impression de livres et de manuscrits pour diffuser les enseignements du ‘hassidisme, il devient soudainement humble et modeste.

Si tel est véritablement son souci, qu’il donne l’argent et permette de n’inscrire que son prénom. La réalité est que le nom n’apparaît pas parce qu’il n’a pas donné — et cela dure depuis plusieurs années. Mon espoir est que ceux qui font le bien soient rendus publics, afin que d’autres les imitent.

La Tsedaka, préparation à Chavouot

Revenons au sujet principal.

La section du ‘Houmach du jour se conclut par les lois des dons pour les pauvres — et Pessa’h Chéni nous enseigne que nous devons augmenter nos dons encore plus que lors du premier Pessa’h.

De même, en préparation pour Chavouot — la saison du don de notre Torah — Pessa’h Chéni nous rappelle que le Matan Torah doit être vécu chaque jour et que la Torah doit être considérée comme nouvelle à chaque instant.

Les leçons de Pessa’h sont ainsi renforcées, l’humilité et la soumission de Pessa’h se consolident par Pessa’h Chéni, jusqu’à ce que la personne atteigne la capacité de transformer le mal en bien lors de Pessa’h Chéni — en sacrifiant l’offrande pascale alors que le Hamets existe encore sous son toit. Cela accélère la rédemption, lorsque l’esprit de Toumah sera éliminé de la terre et que même le Hamets sera rectifié. Lorsque le Guemara déclare qu’à l’avenir la terre fera pousser des gâteaux fraîchement cuits, il parle du Hamets qui aura atteint une purification nouvelle — et alors même l’âme recevra sa subsistance de la nourriture physique.

La Mitsva de donner la charité — argent, nourriture, soutien — à une personne digne de ce nom crée un lien entre l’homme et D.ieu : l’acte physique évoque l’union spirituelle la plus haute.

Le Yarzeit du Rav Israël Arié Leib

Le 13 Iyar est le Yarzeit du Rav Israël Arié Leib — le frère du Rabbi. Ce nom recèle un code ésotérique décrivant la descente de l’âme depuis sa source jusqu’à son investissement dans une âme animale et un corps.

Dans le service divin quotidien ordinaire, l’homme doit monter pas à pas, des niveaux inférieurs de dévotion vers des niveaux supérieurs. La fonction d’un nom est particulière : lorsqu’une personne porte deux noms, l’un en hébreu et l’autre en yiddish ou dans une autre langue, le Choul’han Arou’h établit que le nom hébreu doit venir en premier — et c’est effectivement la pratique lors de la dénomination d’un enfant. Car le nom d’une personne est le canal par lequel la force divine descend d’en haut et donne vie à l’individu.

Dans nos prières quotidiennes, nous proclamons que l’âme est « pure » — car à son niveau immaculé, avant de descendre dans le corps, elle est véritablement « une part de D.ieu ». Au commencement de la descente, l’âme est dans un état d’« Israël », illustré par le verset : « Ton nom ne sera plus Yaakov, mais Israël… tu as lutté avec un être divin et tu as été victorieux. » (Bereïchit 32:29)

À ce stade, l’âme est encore au-dessus de l’homme et au-dessus des forces divines qui animent le monde corporel. À mesure qu’elle descend, elle doit conserver ce privilège, de sorte que même une fois revêtue d’un corps physique, elle demeure maîtresse et surpasse les limitations du corps. C’est là qu’est ajouté le nom « Arié » — signifiant la force d’un lion.

Enfin, l’âme est pleinement investie dans le corps et dans sa part mondaine — d’où la traduction en yiddish du nom hébreu « Arié » : « Leib ».

Nous parlons ici d’un individu, mais le véritable érudit sait apprendre de tous, et ces termes sont en réalité universels : le premier nom est « Israël » — la puissance de l’âme sur toutes les autres forces ; puis « Arié » — la vigueur de l’âme dans le corps ; et enfin cette force qui imprègne tous les aspects de la vie.

Que le Ciel accorde qu’en ces domaines du service divin, chacun puisse réaliser qu’il n’est jamais trop tard — et que Pessa’h Chéni enseigne qu’il existe toujours une occasion de réparer et de parfaire, d’atteindre le niveau du Baal Téchouva, qui dépasse qualitativement et quantitativement celui du Tsadik. Car lorsque Machia’h viendra, tous les Juifs atteindront le niveau du Baal Téchouva — les Tsadikim inclus.

Cela adviendra lorsque chaque Juif individuellement aura accompli le service du Baal Téchouva et que, grâce à l’A’havat Israël et à l’unité du peuple juif, ce niveau sera atteint pour l’ensemble d’Israël. Car Machia’h mènera tous les justes à la repentance (voir Likoutoei Torah, Chemini Atseret, 92b).

Et alors nous irons — nos jeunes et nos anciens — dans une parfaite unité, « leur argent et leur or » avec eux, vers notre Terre Sainte, vers Yerouchalayim la Ville Sainte, vers le Beth Hamikdach et le Saint des Saints, rapidement, « sur les nuages du ciel », avec bonheur et cœurs en fête.

Appels à l’action

Mettons l’accent sur plusieurs points auxquels il convient d’être particulièrement zélé :

Le premier concerne les préparatifs pour Lag BaOmer : qu’ils soient couronnés de succès de manière à rassembler toutes les tribus et tous les enfants d’Israël. Ils doivent être amplifiés, et nous devons danser pour accueillir Machia’h dès avant Lag BaOmer.

Le second concerne la préparation et la planification des programmes d’été pour les enfants : ils doivent être organisés de manière à être imprégnés de l’esprit de la Torah, de la prière et de la charité.

Tout cela hâtera la venue de Machia’h de façon immédiate.