Au cœur du quartier de Ramat Chlomo à Jérusalem, le 770 a été le théâtre d’une célébration de Lag BaOmer d’une intensité rare, réunissant des centaines de ‘hassidim autour d’un brasier ardent dans une atmosphère de joie et de ferveur spirituelle. Danses, chants et Farbrenguen ont rythmé cette nuit de lumière placée sous le signe de Rabbi Chimon Bar Yo’haï, dont l’enseignement mystique illumine les générations. L’année 5786 (2026) restera gravée dans les mémoires comme celle où la flamme de Lag BaOmer a brûlé avec une vigueur particulière à Jérusalem la sainte.
La tradition du feu sacré de Lag BaOmer
Chaque année, au soir du 18 Iyar, le peuple juif tout entier commémore la hilloula — l’anniversaire du décès — de Rabbi Chimon Bar Yo’haï, le grand sage tanna’ïte à qui l’on attribue la rédaction du Zohar, l’œuvre fondatrice de la mystique juive. Selon la tradition, ce jour n’est pas un jour de deuil mais une fête spirituelle, car Rabbi Chimon avait demandé à ses disciples de célébrer la date de son départ de ce monde comme un jour de lumière et de révélation. Le feu allumé en ce soir béni symbolise la lumière de la Torah intérieure qu’il a transmise au monde, une lumière qui ne s’éteint pas.
C’est dans cet esprit que les communautés ‘hassidiques du monde entier allument chaque année de grands brasiers pour marquer Lag BaOmer. À Jérusalem, ville où se superposent les strates de l’histoire juive et de la spiritualité universelle, ces feux prennent une dimension particulière. Le quartier de Ramat Chlomo, foyer d’une communauté Habad dynamique et enracinée, accueille chaque année l’une des célébrations les plus vibrantes de la capitale.
Le 770 de Ramat Chlomo : une réplique sacrée au cœur de Jérusalem
L’adresse « 770 » n’est pas anodine pour tout ‘hassid Habad-Loubavitch. Elle renvoie directement au 770 Eastern Parkway, le siège mondial du mouvement Habad à Brooklyn, New York, adresse emblématique du Rabbi de Loubavitch. À travers le monde, plusieurs synagogues et Beth Habad ont été construits en reproduisant fidèlement l’architecture de cet immeuble légendaire, perpétuant ainsi un lien tangible et symbolique avec le Rabbi.
Le 770 de Jérusalem, construit par le Rav Yossef Its’hak Havlin, Rav de la communauté habad de Ramat Shlomo est l’une de ces répliques. Il constitue un centre de rayonnement spirituel pour la communauté Habad du quartier et attire, en particulier lors des grandes fêtes du calendrier juif, des fidèles venus de toute la ville et au-delà. En cette nuit de Lag BaOmer 5786 (2026), la cour du bâtiment s’est transformée en un espace de communion intense, où le feu du brasier central a réchauffé les corps et les âmes.
Une nuit de danses et de Farbrenguen
Dès la tombée de la nuit, la foule a commencé à se rassembler devant le 770 de Ramat Chlomo. Hommes en chapeau noir et Sirtouk, jeunes gens enthousiastes, enfants portant des torches — tous convergèrent vers le brasier central que des responsables de la communauté s’apprêtaient à allumer lors d’une cérémonie solennelle et joyeuse. Les premières flammes, hautes et puissantes, s’élevèrent dans le ciel nocturne de Jérusalem, accueillies par des cris de joie et des mélodies ‘hassidiques entonnées à l’unisson.
Les danses en ronde autour du feu, tradition immémoriale de Lag BaOmer, dessinèrent des cercles lumineux dans la nuit, chaque participant contribuant de son énergie et de sa foi à cette célébration collective.
S’ensuivit alors un Farbrenguen — rassemblement ‘hassidique convivial autour d’une table fraternelle — où Rabbanim et fidèles partagèrent des paroles de Torah, des enseignements du Rabbi et des nigounim, ces mélodies méditatives propres à la tradition Habad. Ont participé à ce Farbrenguen, le Rav Yossef Its’hak Havlin, le Rav Yossef Itshak Ofen, le Dayan, Rav David bardugo, le Rav Yaacov Goldshmid et le Rav Chmouel Bitton.
La retransmission en direct de l’événement a permis à des milliers de fidèles, en Israël comme à l’étranger, de participer à la liesse depuis leurs foyers. L’image du brasier ardent devant le 770 de Jérusalem, diffusée en temps réel, a suscité une vague d’émotion et de partage au sein de la communauté Habad mondiale.
Jérusalem, épicentre de la joie de Lag BaOmer
Si Méron, dans le nord de la Galilée, demeure le site central de la célébration de Lag BaOmer en Israël — là où repose Rabbi Chimon Bar Yo’haï et où se rassemblent chaque année des centaines de milliers de pèlerins —, Jérusalem n’est pas en reste. La Ville sainte multiplie les célébrations dans ses différents quartiers, chacun apportant sa couleur et son empreinte particulières à cette nuit de fête nationale et spirituelle.
À Ramat Chlomo, la dimension Habad-Loubavitch confère à la célébration une saveur unique, imprégnée de la philosophie du ‘hassidout et de l’enseignement du Rabbi de Loubavitch. Ce dernier insistait tout particulièrement sur l’importance de Lag BaOmer comme fête de la lumière intérieure et de la joie partagée, rappelant inlassablement que le message de Rabbi Chimon Bar Yo’haï est destiné à tous les Juifs, sans distinction.
En cette année 5786 (2026), alors que le peuple juif traverse une période marquée par de nombreux défis, la vitalité de ces célébrations témoigne d’une foi inébranlable et d’une volonté collective de puiser dans les sources de la tradition la force nécessaire pour avancer vers un avenir de paix et de lumière.
Pourquoi le 18 Iyar est-il un jour de joie ? Deux raisons, d’inégale intensité, se superposent dans la tradition juive. Le Rabbi de Loubavitch en a précisé la portée et le sens profond.
La fin de l’épidémie parmi les élèves de Rabbi Akiva
Les vingt-quatre mille élèves de Rabbi Akiva moururent entre Pessa’h et Chavouot pour ne s’être pas respectés mutuellement. La Guémara précise qu’ils « cessèrent de mourir » ce jour-là — impliquant des survivants qui firent téchouva. Le Rama codifie cette joie, mais la qualifie lui-même de modeste.
La Hilloula de Rabbi Chimon bar Yo’haï : l’essentiel
L’essentiel de la ferveur vient de la Hilloula de Rabbi Chimon. Le Zohar décrit sa mort comme une noce mystique : entouré de ses disciples, il révéla les secrets les plus profonds de la Torah, rendit son âme en prononçant le Chéma, le visage rayonnant. Une voix céleste déclara ce jour Yom ‘Houpato — son jour de mariage. Rabbi Chimon lui-même considérait le 18 Iyar comme « le jour de ma joie » et demanda qu’on s’y réjouisse — ce qui, selon le Rabbi, constitue un fondement halakhique suffisant pour honorer sa volonté. Chaque année, cette date renouvelle le rayonnement de la Pnimiyout HaTorah, vecteur de la délivrance future.
La Torah enseigne que la parole humaine n’est pas un simple outil de communication — elle est une force agissante, capable de créer ou de détruire des réalités spirituelles. À l’image de la parole divine qui a fait surgir les mondes du néant, la parole d’un juif dont la bouche est pure possède le pouvoir de transformer l’autre, de révéler les forces cachées de son âme et de le faire s’élever. C’est cet enseignement vertigineux, ancré dans le Midrach, le Rambam et la tradition ‘hassidique, que le Rabbi développe avec une rigueur et une profondeur rares.
Rav David Bardugo 770 Ramat Shlomo Adapté d’une Si’ha du Likoutei Si’hot vol. 27 Si’ha sur Emor
La parole divine : modèle de toute parole vraie
Pour comprendre la puissance de la parole, il faut partir de sa source : la parole de D.ieu. Le Midrach l’illustre par un contraste frappant. Un roi de chair et de sang entre dans une province ; ses sujets l’acclament, il se laisse attendrir et multiplie les promesses — baisses de taxes, médecins pour les malades, embellissement des villes. Mais au milieu de la nuit, le roi meurt. Où sont ses paroles ? Envolées avec lui. Les promesses humaines sont vaines parce que l’homme est mortel, ses forces limitées, et sa volonté soumise aux aléas du temps.
D.ieu, Lui, est différent. Ses paroles sont imrot tehuroth — des paroles absolument pures — parce qu’Il est, comme l’affirme Rabbi Avin, « D.ieu vivant et Roi éternel ». Sa parole ne retourne pas à Lui sans avoir accompli ce pour quoi elle a été envoyée. Bien plus : la parole divine ne se contente pas d’annoncer ce qui sera — elle crée ce qui est. « Par la parole de D.ieu, les cieux ont été faits. » Le monde entier a été créé par les dix Ma’amaroth, les dix paroles divines. La parole n’y est pas la description d’une réalité préexistante — elle est la réalité elle-même.
La parole du peuple d’Israël : une parole ancrée dans la pureté divine
Ce qui précède pourrait sembler réservé à D.ieu seul. Mais le Rabbi établit le lien décisif : le peuple d’Israël, parce qu’il est attaché à D.ieu — « veAtem hadevequim baShem Eloheikhem hayim kulkhem », « Vous qui êtes attachés à D.ieu votre D.ieu, vous êtes tous vivants aujourd’hui » —, participe à cette puissance de la parole.
Comme celui qui s’attache à quelque chose de pur devient lui-même pur, le juif dont la bouche est sanctifiée, dont les paroles sont bienveillantes et droites, peut prononcer des mots qui ne sont pas de vains sons : ils créent une réalité. Cette capacité atteint son sommet chez le tsaddiq, l’homme juste, dont la parole agit avec une efficacité quasi immédiate. Mais à des degrés divers, cette puissance habite chaque juif qui prend soin de la sainteté de sa bouche.
L’Ari zal et la parole qui fait descendre la lumière
La tradition ‘hassidique rapporte, au nom de l’Admour Hazaqen (Rabbi Chneïor Zalman de Lyadi), un récit révélateur sur le Maguid de Mezeritch. Lorsqu’une révélation mystique lui tombait dans l’esprit — une intuition spirituelle d’une profondeur telle qu’il aurait fallu quatre-vingts ans pour en exposer tous les détails —, il avait l’habitude de l’énoncer à voix haute devant ses disciples. Or ceux-ci, pour la plupart, n’en comprenaient pas un mot. Pourquoi donc le Maguid persistait-il à parler ?
La réponse éclaire tout le propos : en formulant une idée dans le langage humain, on la fait descendre dans ce monde. Elle y prend corps, elle y devient présente. Et dès lors que cette lumière est ancrée dans la réalité de ce monde, un autre homme — même à l’autre bout du globe, même des générations plus tard — peut l’atteindre et la saisir. La parole est un pont entre les mondes. Elle fait exister dans le monde d’en bas ce qui n’existait jusqu’alors que dans les hauteurs spirituelles.
La médisance : une parole qui détruit ce qu’elle touche
Si la parole peut élever, elle peut tout autant anéantir. Le lashon hara — la médisance, la parole mauvaise — est défini par la tradition comme toute parole qui cause du tort à autrui. Les Sages lui ont donné le surnom de « langue à trois têtes » (lashon telitaï ketil telitaï), car elle frappe trois victimes simultanément : celui qui la prononce, celui qui l’écoute, et celui dont on parle.
Ce dernier point mérite qu’on s’y arrête, car il semble paradoxal. En quoi la personne dont on médit est-elle responsable de son propre malheur ? La réponse découle directement de la nature même de la parole : elle révèle et active ce qui est latent. Chaque être humain porte en lui des failles, des faiblesses, des fautes non réparées. Tant que personne n’en parle, elles restent enfouies, comme un germe endormi qui ne produit aucun effet. Mais dès que quelqu’un les met en mots — dès qu’il ouvre, en quelque sorte, le dossier de cet homme devant la cour céleste —, ce qui était en puissance devient en acte. Les accusations portées contre lui en bas éveillent les accusations portées contre lui en haut. C’est ainsi que le lashon hara peut nuire, voire « tuer » spirituellement, celui dont on parle, alors même qu’il n’a participé en rien à cet échange.
Les soldats de David et ceux d’Achav : l’unité contre la médisance
Le Midrach illustre cette vérité par un rapprochement historique frappant. Les soldats de David Hamelekh étaient des géants spirituels. Dès leur plus jeune âge, avant même d’avoir goûté au péché, ils connaissaient la Torah sous ses quarante-neuf dimensions de pureté et ses quarante-neuf dimensions d’impureté. David lui-même intercédait pour eux : « Toi, D.ieu, Tu garderas leurs âmes. » Et pourtant, des soldats tombaient au combat.
À l’opposé, les troupes d’Achav — ce roi réputé pour son éloignement de D.ieu — revenaient toutes saines et sauves de chaque bataille. Pourquoi cette différence si criante ? La réponse du Midrach est sans appel : les soldats de David pratiquaient le dilatorin — la médisance entre eux. Leurs bouches, malgré leur immense érudition, n’étaient pas pures. Les soldats d’Achav, eux, étaient unis. L’unité qui régnait entre eux les protégeait. La leçon est d’une clarté absolue : la connaissance de la Torah, aussi vaste soit-elle, ne suffit pas à protéger si la bouche est souillée par des paroles mauvaises. Une parole impure ne peut pas créer une réalité bienheureuse.
La parole d’éloge : une puissance créatrice inversée
Si la parole mauvaise révèle et active le mal latent chez autrui, la parole bienveillante accomplit exactement l’inverse : elle révèle et active le bien latent. Ce n’est pas une métaphore — c’est une loi spirituelle. Quand on parle en bien de quelqu’un, on ouvre son dossier devant le tribunal céleste, mais cette fois pour y inscrire ses mérites. La lumière qui était cachée en lui jaillit au grand jour.
La tradition affirme que la mesure du bien est plus grande que la mesure du châtiment (mida tova meruba mimida pur’anut). Si donc la médisance peut blesser celui dont on parle, à plus forte raison l’éloge sincère peut-il l’élever, le renforcer dans son service de D.ieu, et lui donner la force de surmonter ses épreuves. Celui qui parle ainsi de son prochain ne fait pas que lui rendre service — il le transforme réellement, en révélant et en faisant exister dans ce monde les dimensions lumineuses de son âme.
Le sage et l’art de ne voir que le bien
Le Rambam, dans ses Hilkhoth De’oth, décrit le talmid ‘hakham — le véritable lettré en Torah — en ces termes : il « parle en louange de son prochain et non en sa défaveur, pas du tout ». Cette formulation, en apparence simple, est d’une exigence vertigineuse. Pas de nuances, pas d’exceptions, pas de cas particuliers : « pas du tout ».
Comment cela est-il possible, quand la réalité offre chaque jour l’occasion de critiquer ? Le Rabbi répond en s’appuyant sur le lien établi par le Rambam lui-même entre deux obligations distinctes : juger son prochain à la balance du mérite (dan et haAdam lekaf zekhuth), et parler en sa louange. Ces deux injonctions forment un tout. Celui qui a réellement intégré la pratique du jugement favorable ne voit plus le mal chez l’autre — non par naïveté, mais parce que son regard s’est transformé. Il ne fait pas semblant d’ignorer les défauts : il a appris à voir au-delà d’eux, à percevoir l’essence lumineuse de l’autre. Et ce que l’on ne voit pas, on ne le dit pas.
Juger à la balance du mérite : une vision, pas un doute
L’injonction de juger à la balance du mérite est souvent comprise comme une invitation à pencher la balance dans le doute. Mais le Rabbi propose une lecture bien plus profonde. La Guemara (Chabbat 127) enseigne : « Celui qui juge son prochain à la balance du mérite sera jugé favorablement par le Ciel. » Or D.ieu n’a pas de doutes — Il connaît parfaitement les pensées, les paroles et les actes de chaque être. Comment donc comparer le jugement divin, qui est certitude absolue, à un jugement humain fondé sur l’incertitude ?
La réponse s’impose : juger à la balance du mérite ne signifie pas résoudre un doute en faveur de l’accusé. C’est une manière de voir — une vision positive, délibérée, qui oriente le regard vers les seules dimensions lumineuses de l’autre. Tel un projecteur de scène qui n’éclaire que les artistes et laisse tout le reste dans l’obscurité, le juif qui pratique le jugement favorable concentre son attention sur les forces lumineuses de son prochain, ignorant volontairement tout le reste. C’est ainsi que D.ieu, Lui aussi, peut « voir uniquement le bien » — non parce qu’Il ignore le reste, mais parce que Son regard embrasse la totalité de l’être, jusqu’à sa source divine où il n’existe que du bien.
L’éloge comme révélation des forces cachées de l’âme
Voici l’enseignement le plus saisissant de toute la Si’ha. Lorsqu’un homme voit son prochain traverser de grandes épreuves spirituelles — des tentations, des environnements difficiles, des situations qui l’exposent au risque de la faute —, il pourrait être tenté de le critiquer ou de le plaindre. Mais le Rabbi propose une lecture radicalement différente.
D.ieu n’envoie jamais à un homme une épreuve qu’il ne peut pas surmonter. Ce principe est absolu. Si une âme est confrontée à de grandes difficultés, c’est la preuve irréfutable qu’elle possède les forces spirituelles nécessaires pour y faire face. Parler en éloge de cet homme dans ces circonstances, c’est donc révéler une vérité profonde sur lui : tu affirmes qu’il a la grandeur d’âme nécessaire pour résister, pour s’élever, pour triompher. Et cette affirmation n’est pas un vœu pieux — elle agit réellement sur lui, comme une lumière venue de l’extérieur qui éveille la lumière intérieure endormie.
L’Admour Hazaqen exprime cette idée par le terme hébreu hava — « tu crées » la vertu chez l’autre. En parlant de ses mérites, tu ne le décris pas seulement : tu le constitues. Tu fais exister en lui ce que tu proclames. C’est la puissance créatrice de la parole appliquée aux relations entre les êtres humains.
La bouche sanctifiée : condition de toute parole efficace
Tout cet édifice repose sur une condition sine qua non : la pureté de la bouche. Une parole ne peut créer du bien que si elle est elle-même pure — c’est-à-dire exempte de médisance, de mensonge, de flatterie intéressée. La puissance créatrice de la parole est en quelque sorte neutralisée par l’impureté. Comme l’enseigne le Midrach à travers le destin des soldats de David : la sainteté de la connaissance ne protège pas si la bouche est souillée.
La pratique du silence lorsque c’est nécessaire, la retenue dans les jugements portés sur autrui, l’habitude de parler peu mais bien — tout cela n’est pas simplement une bonne éducation. C’est la préparation de l’instrument par lequel la lumière divine peut passer. Une bouche disciplinée et bienveillante devient un vecteur de la parole créatrice ; une bouche livrée à elle-même devient un instrument de destruction.
Puissions-nous mériter de sanctifier notre parole et, par elle, d’élever notre prochain et d’accélérer la venue de Machia’h notre juste, promptement et de nos jours. Amen.
Dans la nuit du mercredi 30 avril 2026, une vague de drones russes s’est abattue sur Odessa, visant au cœur même de la communauté juive locale : l’école Or Avner de Habad-Loubavitch a subi un impact direct qui l’a rendue inutilisable, tandis que l’orphelinat adjacent Michpa’ha Ukraine, qui héberge 124 enfants, a été sévèrement endommagé par le souffle des explosions.
Une nuit de terreur sur le port de la mer Noire
Les alertes aériennes résonnaient une fois de plus dans les rues d’Odessa lorsque, dans la nuit du 30 avril au 1er mai 2026, une salve massive de drones russes s’est abattue sur la ville portuaire du bord de la mer Noire. Cette vague faisait partie d’une offensive d’une ampleur considérable : selon l’agence AP, pas moins de 210 drones avaient été lancés dans la nuit du jeudi, avant qu’une nouvelle salve de plus de 400 appareils ne soit tirée dans la matinée du vendredi. L’attaque a blessé au moins dix-huit personnes dans la ville, endommagé des immeubles résidentiels et touché des infrastructures portuaires. Mais c’est au cœur du quartier juif qu’elle a laissé ses traces les plus douloureuses, frappant deux institutions qui incarnent depuis des décennies la résilience de la communauté israélite de la cité.
Odessa subit des bombardements quasi quotidiens depuis l’invasion russe de février 2022. Sirènes, missiles, drones-kamikazes de type Shahed d’origine iranienne — la population a appris à vivre sous la menace permanente. Pourtant, chaque attaque continue d’ébranler les consciences, surtout lorsqu’elle touche des lieux de vie et d’enseignement pour les enfants.
L’école Or Avner frappée de plein fouet
L’école juive Or Avner, gérée par le mouvement Habad-Loubavitch sous la direction du Rav Avraham Wolff et de son épouse Chaya, a reçu un impact direct lors de cette attaque nocturne. Le bâtiment, qui accueillait depuis de nombreuses années des enfants juifs — y compris des orphelins et des réfugiés de diverses régions d’Ukraine —, a été rendu totalement inutilisable. Salles de classe dévastées, fenêtres soufflées, mobilier détruit : l’ampleur des dégâts a contraint les responsables à prendre des décisions immédiates pour assurer la continuité de l’enseignement.
Le Rav Wolff a décrit avec une sobriété saisissante le moment de l’impact : « Nous avions à peine eu le temps de fermer la porte que la gigantesque explosion a retenti. Elle a fait trembler toute la rue. » Cette fraction de seconde entre la mise à l’abri des enfants et la déflagration a, selon lui, tout changé : « Nous avons immédiatement compris que juste à côté de nous, il y avait eu un impact direct et fatal. La rapidité avec laquelle nous avons agi était, cette fois plus que jamais, une question de vie ou de mort. »
Le Grand Rabbin d’Ukraine, Mochè Azman, a salué sur le réseau social X le courage et le sang-froid des éducateurs et des grands élèves, qui ont permis de mettre à l’abri les plus jeunes enfants avant que le drame ne se consomme.
L’orphelinat Michpa’ha Ukraine : 124 enfants arrachés au danger
À quelques mètres seulement de l’école, l’orphelinat Michpa’ha Ukraine, qui abrite 124 enfants, a lui aussi subi les conséquences des explosions voisines. Vitres brisées, châssis de fenêtres arrachés, mobilier endommagé : les dégâts matériels sont importants, mais c’est bien un miracle humain qui retient toute l’attention. Le personnel de l’établissement a réussi, dans un réflexe collectif remarquable, à conduire tous les enfants — y compris les plus jeunes — vers les abris avant que l’onde de choc ne traverse les murs.
« À peine avions-nous entendu la sirène que nous avons réveillé les grands », a raconté le Rav Wolff. « Le personnel et les plus âgés ont aidé à réveiller les petits et les ont portés jusqu’à l’abri. » Ce récit, aussi simple qu’il paraisse, cache une chaîne humaine extraordinaire : dans l’obscurité, sous la menace imminente, des adolescents sont devenus les gardiens de leurs cadets, chacun prenant soin de l’autre avant de penser à lui-même.
Chaya Wolff, qui supervise le réseau scolaire local de Habad, a immédiatement pris les mesures nécessaires pour assurer une continuité pédagogique. Les élèves du lycée ont été temporairement transférés dans les locaux de l’école primaire, s’installant dans des couloirs et des abris aménagés à la hâte. « C’est une situation très difficile », a-t-elle confié. « Les adolescents s’assoient dans des salles de classe conçues pour de jeunes enfants, dans des couloirs et des abris qui ont été adaptés ce matin même pour accueillir également les lycéens. Ce n’est pas facile. Mais là où il y a de la place dans le cœur, il y a de la place dans les classes. »
La communauté juive d’Odessa : une histoire blessée, une foi intacte
L’attaque de cette nuit n’est pas la première à meurtrir la communauté juive d’Odessa depuis le début de la guerre. En 2023, les bureaux d’Hillel International dans la ville avaient été touchés par un missile. En août 2025, la synagogue historique Na’hlas Eliezer, construite en 1898, avait été sérieusement endommagée par un drone-kamikaze russe dans le quartier de Peresyp. À chaque fois, la communauté s’est relevée, a reconstruit, et a refusé de céder à la désolation.
Odessa fut jadis l’une des plus grandes et des plus vibrantes communautés juives d’Europe de l’Est. Avant les bouleversements du XXe siècle, les Juifs représentaient environ un tiers de la population de la ville, soit quelque 600 000 personnes. Aujourd’hui, selon les estimations de l’Institut de politique juive, la population juive d’Ukraine dans son ensemble est d’environ 32 000 personnes — un chiffre qui témoigne des tragédies accumulées de l’histoire, depuis les pogroms jusqu’à la Shoah, et désormais jusqu’à cette guerre.
C’est dans ce contexte de mémoire et de persévérance que le Rav Wolff a trouvé ses mots : « Nous avons déjà reconstruit par le passé. Nous reconstruirons encore. » Puis, invitant chacun à puiser dans ses réserves les plus profondes, il a ajouté : « Nous demeurons convaincus que des jours meilleurs viendront. D’ici là, et bien longtemps après que la paix sera revenue, nous continuerons notre mission avec confiance et joie. »
Une mission éducative maintenue envers et contre tout
Au lendemain de l’attaque, alors que les équipes déblayaient les gravats et évaluaient l’étendue des dégâts, la priorité absolue restait celle des enfants. Chaya Wolff l’a formulé avec une clarté désarmante : « Les enfants sont notre priorité absolue. Avant toute chose, nous veillons à ce qu’ils se sentent en sécurité. Qu’ils sachent que quelqu’un les aime, que quelqu’un prend soin d’eux, que quelqu’un ne les abandonnera pas. »
Le Rav Wolff a pour sa part insisté sur la nécessité d’un soutien global à la communauté : « Nous sommes concentrés sur le soutien émotionnel, matériel et spirituel de chaque membre de notre communauté. Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour remonter le moral des gens, et en particulier pour prendre soin des enfants des orphelinats Michpa’ha Ukraine. » Cette détermination à conjuguer le secours immédiat et l’horizon à long terme résume bien l’esprit qui anime ces Chlou’him de Habad au service d’une communauté en temps de guerre.
Si les drones russes ont pu détruire des murs et briser des vitres, ils n’ont pas entamé l’essentiel : la volonté de ces éducateurs, de ces enfants, de cette communauté, de continuer à apprendre, à enseigner et à vivre debout, au nom d’un avenir qu’ils s’obstinent à croire possible.
Dans un tournant stratégique sans précédent, Israël vient d’approuver l’acquisition de deux nouveaux escadrons de chasseurs de pointe — des F-35I et des F-15IA — dans le cadre d’un plan de réarmement colossal de 350 milliards de shekels (118 milliards de dollars). Cette décision, fruit des leçons tirées des récents affrontements directs avec l’Iran, vise à garantir à l’État hébreu une supériorité aérienne absolue pour la décennie à venir. À terme, la flotte israélienne de F-35I sera portée à cent appareils, tandis que celle des F-15IA atteindra cinquante unités.
Un vote historique au comité ministériel des achats
C’est lors d’une réunion tenue ce dimanche que le Comité ministériel des achats de défense a donné son feu vert à l’un des programmes d’armement les plus ambitieux de l’histoire de l’État d’Israël. Le ministère de la Défense a officialisé l’acquisition simultanée de deux nouveaux escadrons de chasseurs : un quatrième escadron de F-35I auprès de Lockheed Martin, et un second escadron de F-15IA auprès de Boeing. Les contrats, valorisés à plusieurs dizaines de milliards de shekels, comprennent non seulement la livraison des appareils, mais également leur intégration complète au sein de l’armée de l’air israélienne, ainsi que la maintenance à long terme, les pièces de rechange et le soutien logistique.
Cette décision constitue, selon le ministère, « la première étape majeure » du plan de montée en puissance des forces armées pour la décennie à venir — un plan baptisé Magen Israël, ou « Bouclier d’Israël ». Les nouvelles acquisitions ont été présentées comme « la pierre angulaire du développement des forces à long terme de Tsahal, face à l’évolution des menaces régionales et pour préserver la supériorité aérienne stratégique d’Israël ».
Le « Bouclier d’Israël » : un réarmement global à 350 milliards de shekels
Ce programme d’acquisition s’inscrit dans un cadre budgétaire exceptionnel : 350 milliards de shekels (soit environ 118 à 119 milliards de dollars) supplémentaires dédiés à la défense sur les dix prochaines années, en complément d’un budget annuel déjà porté de moins de 100 milliards à près de 150 milliards de shekels depuis le 7 octobre 2023. Une enveloppe d’une ampleur inédite qui traduit la transformation radicale de la doctrine sécuritaire israélienne à l’ère post-7 octobre.
Le Premier ministre Benyamin Netanyahou, qui a annoncé la mesure dans un message vidéo diffusé en hébreu, a insisté sur deux principes directeurs : la puissance et l’indépendance. « Israël est plus fort que jamais, et Israël doit toujours être bien plus fort que ses ennemis », a-t-il déclaré. Il a également précisé qu’une large partie de ce budget accru serait consacrée à la production locale de munitions, afin de réduire la dépendance vis-à-vis des fournisseurs étrangers, et qu’Israël développerait par ailleurs des aéronefs jugés « révolutionnaires ».
Du F-35I « Adir » au F-15IA : deux piliers complémentaires
Le F-35I, surnommé Adir (« Puissant » en hébreu), est une version israélienne sur mesure du chasseur furtif de cinquième génération de Lockheed Martin. Israël exploite actuellement 48 de ces appareils, sur les 50 initialement commandés — les deux derniers étant attendus en 2026. Un accord signé en 2023 avec Lockheed Martin et le gouvernement américain porte la commande à 75 appareils au total, ce qui constituera un troisième escadron dont les premières livraisons sont prévues à partir de 2027. Avec les acquisitions désormais approuvées, la flotte totale de F-35I israéliens atteindra à terme 100 appareils, soit quatre escadrons complets.
Le F-15IA, quant à lui, est la déclinaison israélienne du F-15EX de Boeing, conçue pour remplacer les anciens F-15 israéliens qui ont abondamment démontré leur valeur lors des récents conflits. Doté de radars modernisés, d’une avionique améliorée et d’une compatibilité avec une large gamme d’armements guidés de précision, le F-15IA représente une capacité de frappe à longue portée indispensable. Un premier contrat de 8,6 milliards de dollars pour 25 appareils avait été attribué à Boeing en décembre 2024, avec une option sur 25 unités supplémentaires — les premières livraisons étant programmées pour 2031. L’approbation de ce week-end porte la commande à 50 F-15IA au total.
Les leçons de la guerre contre l’Iran
La décision intervient dans un contexte géopolitique tendu : depuis le 28 février 2026, Israël est engagé dans un conflit direct avec l’Iran, au cours duquel l’armée de l’air a joué un rôle déterminant, mobilisant massivement ses F-35I ainsi que ses F-15 de la génération précédente. Les négociations visant à mettre fin aux hostilités sont dans l’impasse, et l’éventualité d’une reprise des combats reste d’actualité.
Le ministre de la Défense, Israël Katz, a affirmé sans détour que ces acquisitions ont été modelées par « les enseignements tirés de l’affrontement militaire direct d’Israël avec l’Iran ». Le directeur général du ministère, le général de réserve Amir Baram, a abondé dans ce sens : la récente guerre contre l’Iran « a confirmé à quel point la relation stratégique américano-israélienne est cruciale, et combien la puissance aérienne avancée demeure indispensable ». Avant le 7 octobre, un débat animé agitait les cercles stratégiques israéliens sur l’opportunité d’investir dans des F-35 supplémentaires ou dans les nouveaux F-15IA. L’expérience du champ de bataille a tranché : les deux plateformes se sont révélées essentielles, et le gouvernement a résolu d’acquérir les deux simultanément, surmontant ainsi les contraintes budgétaires qui rendaient jusqu’alors un tel scénario impensable.
Vers une armée de l’air du futur
Au-delà de la simple acquisition d’appareils, le plan Magen Israël dessine les contours d’une armée de l’air profondément réinventée. Le ministre Katz a indiqué que « l’armée de l’air israélienne sera appelée à mener un saut technologique dans le développement et l’intégration de capacités de vol autonomes et de systèmes de défense avancés dans l’espace ». La direction du ministère évoque également l’établissement d’une « domination militaire israélienne, tant défensive qu’offensive, dans l’espace ».
Les deux escadrons nouvellement approuvés doivent, selon Baram, « conférer à l’armée de l’air israélienne la flexibilité nécessaire pour faire face à un large éventail de scénarios de combat ». Leur complémentarité — la furtivité et l’électronique du F-35I d’un côté, la puissance de frappe et l’emport du F-15IA de l’autre — est présentée comme la garantie d’une capacité de réponse adaptée à tous les niveaux d’escalade régionale.
Parallèlement à ces annonces, le ministère a révélé que plus de 115 600 tonnes d’équipements militaires américains sont arrivées en Israël depuis le début de la guerre contre l’Iran, via 403 vols et 10 navires — une illustration concrète de la solidité de l’axe Washington-Jérusalem sur lequel repose cette montée en puissance sans précédent.
À l’occasion du 13 Iyar, Yahrzeit de Reb Israël Aryeh Leïb Schneerson, frère du Rabbi de Loubavitch, la Yéchiva Daat Mena’hem de Jérusalem a conduit ses élèves dans un voyage spirituel à travers les hauts lieux du nord d’Israël. Des rives du lac de Tibériade aux ruelles mystiques de Tsfat, en passant par les collines de Méron, chaque étape a été vécue comme une élévation de l’âme et un renforcement du lien à la tradition. La journée s’est conclue à Yavniel dans la chaleur d’un farbrenguen empreint de souvenirs et de bénédictions.
Un parcours de téfila et de hitkashrout
Le voyage a débuté à Tibériade, où les élèves se sont d’abord recueillis sur le Tsioun de Rabbi Meir Baal HaNess, dont la Hiloula est célébrée le 14 Iyar, jour de Pessa’h Chéni. Dans une atmosphère de ferveur et de concentration spirituelle, ils se sont ensuite dirigés vers le Tsioun du Rambam, marquant ainsi une double halte au cœur de la mémoire des grands maîtres d’Israël.
Le groupe a poursuivi sa route vers Tsfat, cité de sainteté et de Kabbale. Là, les élèves ont eu le privilège de se tremper dans le Mikvé de l’Arizal — Rabbi Its’hak Louria — avant de se recueillir sur son lieu de sépulture, dans un moment d’une intensité spirituelle particulièrement saisissante.
Remise des résultats sur le Tsioun de l’auteur du Choul’han Aroukh
L’un des temps forts de cette journée d’exception s’est déroulé sur le Tsioun de Rabbi Yossef Karo, auteur du Choul’han Aroukh, où ont été annoncés les résultats de l’examen portant sur les Hilkhot Bassar Be’Halav, destiné aux élèves du Chiour Alef. Tomer Obadia, Chnéor Cassuto et Ye’hiel Israëlievitch ont brillamment réussi leur épreuve, témoignant avec éclat de leur sérieux et de leur progression dans la maîtrise de la Halakha.
La Yéchiva s’est ensuite recueillie sur le Tsioun de Reb Israël Aryeh Leïb Schneerson lui-même, où des Téfilot ont été élevées pour l’ensemble du peuple juif et pour la Guéoula prochaine.
Passage à Méron à l’approche de Lag Baomer
Le groupe s’est ensuite rendu à Méron, sur le Tsioun de Rabbi Chimon Bar Yo’haï, dans les jours précédant Lag Baomer. La proximité de cette date chargée de sens a conféré à la visite une atmosphère de préparation spirituelle particulièrement intense, renforçant chez chacun le sentiment d’appartenir à une chaîne vivante de tradition et de dévotion.
Clôture conviviale à Yavniel
La journée s’est achevée à Yavniel, où les élèves ont été chaleureusement accueillis par M. et Mme Amram dans un Tsimer mis généreusement à leur disposition. Un barbecue a été organisé en l’honneur de Pessa’h Chéni, ajoutant une touche de fête et de fraternité à cette journée déjà riche en émotions.
Lors du farbrenguen, le Rav Daniel Amram a partagé un souvenir personnel datant de 1968 : après s’être rendu sur le Tsioun du frère du Rabbi, il avait eu le privilège de recevoir, directement des mains du Rabbi de Loubavitch, une bénédiction et des paroles d’encouragement qui l’avaient profondément marqué.
Une Yéchiva tournée vers l’épanouissement de ses élèves
La Yéchiva Daat Mena’hem de Jérusalem, placée sous la direction du Rav Chaoul Sillam, s’appuie sur une équipe éducative dévouée, composée notamment du Rav Yossef Bitton, du Rav Chemouel Sitbon et du Rav Ouziel Kalmenson. L’établissement se distingue par une approche pédagogique d’une grande chaleur humaine, favorisant à la fois la progression intellectuelle des élèves et leur épanouissement personnel dans l’étude de la Guemara, de la Halakha et de la ‘Hassidout.
Une vaste campagne de Mézouzot menée dans la ville allemande de Hanovre a déclenché un éveil spirituel sans précédent, entraînant dans son sillage des dizaines de familles juives. Le point culminant de cette initiative fut la rencontre bouleversante entre un résident et le Rav Yair Ladaïov, qu’il avait connu à Kharkiv des années auparavant — une émotion qui a conduit à une Brit Mila et à un véritable changement de vie. Toute l’opération a été rendue possible grâce au généreux soutien du « Fonds El’hanan Meïr », dirigé par la famille Ladaïov.
Une série d’événements émouvants et inattendus touche ces derniers mois la ville de Hanovre, en Allemagne. Ce qui avait commencé comme une campagne de Mézouzot apparemment ordinaire s’est transformé en une vague de réveil spirituel entraînant avec elle des dizaines de familles juives de la ville.
Tout a commencé lorsque des dizaines de familles ont reçu en cadeau des centaines de Mézouzot cachères et de grande qualité, offertes par le Rav Yair Ladaïov. Accompagné du Chalia’h du Rabbi et Rav de la ville, le Rav Binyamin Gottlieb, il est passé de maison en maison pour fixer les Mézouzot et éveiller les cœurs.
La fermeture émouvante du cercle
Lors d’une de ces visites, un moment particulièrement bouleversant s’est produit. Lorsque les Rabbanim entrèrent dans l’une des maisons, le propriétaire s’exclama avec émotion : « Rav Ladaïov, je vous connais ! »
Il montra alors l’ancienne Mézouza fixée à sa porte et raconta : « Lorsque j’habitais encore à Kharkiv, c’est vous qui m’avez donné cette Mézouza. Quand j’ai immigré en Allemagne, la première chose que j’ai emportée avec moi, c’était votre Mézouza — et la voici encore ici ! »
Ces retrouvailles ne sont pas restées au stade du souvenir. À la suite de cette visite et de l’éveil intérieur qu’elle a provoqué, cet homme prit la décision courageuse d’entrer dans l’alliance d’Avraham Avinou. Une semaine plus tard, la joie de la Brit Mila fut célébrée, et son nom en Israël fut proclamé : Baroukh.
Des Mézouzot aux Téfilines : le grand élan dans la ville
L’écho public suscité par cette activité ne s’est pas fait attendre. À la suite de cette campagne, de nombreuses autres familles ont demandé à faire fixer des Mézouzot chez elles. Un véritable mouvement est né : dans le prolongement des Mézouzot, de nombreux habitants ont commencé à solliciter la pose des Téfilines et à se renforcer dans d’autres Mitsvot.
« Ce n’était pas seulement une opération technique de distribution de Mézouzot », témoigne-t-on dans la communauté. « C’était une entrée dans le cœur des gens. L’influence personnelle et la chaleur que les Rabbanim ont apportées avec eux ont provoqué une véritable transformation du foyer juif. »
À la mémoire de
Cette vaste activité a été rendue possible grâce au généreux soutien du « Fonds El’hanan Meïr », qui œuvre sans relâche à la diffusion des sources du judaïsme et au renforcement des campagnes du Rabbi.
À la mémoire du Rav El’hanan Meïr ע״ה, fils du Rav Yair Ladaïov, qu’il vive longtemps. À la mémoire du Rav Binyamin ע״ה, fils du Rav Mena’hem Mendel Wolf, qu’il vive longtemps.
Refrain : Refrain : Bar Yochaï, tu as été oint, heureux es-tu, huile de joie de tes compagnons.
Bar Yochaï, huile d’onction sacrée, tu as été oint De la mesure de sainteté, tu as porté le diadème de sainteté, Coiffé sur ta tête comme ton ornement.
Refrain : Bar Yochaï, tu as été oint, heureux es-tu, huile de joie de tes compagnons.
Bar Yochaï, tu t’es assis en bonne place, le jour où tu as fui, Le jour où tu t’es réfugié, dans les grottes rocheuses Où tu t’es tenu, tu as acquis ta splendeur et ta gloire.
Refrain : Bar Yochaï, tu as été oint, heureux es-tu, huile de joie de tes compagnons.
Bar Yochaï, comme les bois d’acacia qui se dressent, pour étudier les mystères, Le sujet des secrets précieux, une lumière merveilleuse, une lumière ardente, Ils brûlent, ce sont eux tes maîtres et tes enseignements.
Refrain : Bar Yochaï, tu as été oint, heureux es-tu, huile de joie de tes compagnons.
Bar Yochaï, dans le champ des pommiers, tu es monté Pour y cueillir des parfums, les secrets de la Torah comme des fleurs Et des bourgeons, « Faisons l’homme » fut dit à cause de toi.
Refrain : Bar Yochaï, tu as été oint, heureux es-tu, huile de joie de tes compagnons.
Bar Yochaï, tu as été illuminé d’une lumière merveilleuse, Le feu de la loi embrasée, et tu es devenu maître De ta souffrance, flamme ardente contre tes ennemis.
Refrain : Bar Yochaï, tu as été oint, heureux es-tu, huile de joie de tes compagnons.
Bar Yochaï, vers le lieu des pierres de marbre, tu t’es tourné Et aussi tu es monté comme un lion, les couronnes ornées sur L’arbre de vie sont gravées dans ton mortier.
Refrain : Bar Yochaï, tu as été oint, heureux es-tu, huile de joie de tes compagnons.
Bar Yochaï, dans le Saint des Saints, la ligne verte Renouvelle les mois, le secret des cinquante Dans les sept semaines, tu as noué les nœuds de la lettre Shin dans tes liens.
Refrain : Bar Yochaï, tu as été oint, heureux es-tu, huile de joie de tes compagnons.
Bar Yochaï, le Yod de la sagesse primordiale, tu as contemplé En haut, tout en haut, les soixante-treize Sentiers du commencement de l’offrande, tu les as établis depuis tes visions.
Refrain : Bar Yochaï, tu as été oint, heureux es-tu, huile de joie de tes compagnons.
Bar Yochaï, lumière merveilleuse des hauteurs sublimes, Tu as craint de regarder car elle est trop grande pour toi, Mystère caché que nul ne peut nommer, que trouvas-tu et qu’as-tu exploré ? Nul ne peut te sonder.
Refrain : Bar Yochaï, tu as été oint, heureux es-tu, huile de joie de tes compagnons.
Bar Yochaï, heureuse celle qui t’a enfanté, heureux le peuple Qui t’étudie, et heureux ceux qui se tiennent sur Ton secret, vêtus du pectoral de tes Ourim et Toumim.
Refrain : Bar Yochaï, tu as été oint, heureux es-tu, huile de joie de tes compagnons.
(Dont les versets parlent du sacrifice et des enseignements de la Torah de tes luminaires)
Chaque année, au 13 Iyar, des centaines de bo’hourim et de ‘hassidim convergent vers Tsefat pour se recueillir sur la tombe de Rav Israël Arié Leib, frère du Rabbi, et réciter des Téhilim en sa mémoire. Des Farbrengouenim spontanés s’y tiennent sous une tente dressée pour l’occasion, autour de récits et de paroles d’éveil spirituel. La préciosité de cette visite — attestée par les réponses mêmes du Rabbi — en fait bien plus qu’un simple pèlerinage.
Un rassemblement au cœur de la ville sainte
Le 13 Iyar 5786 (2026), de nombreux Ba’hourim ainsi que des membres d’Anach se sont rendus à Tsefat pour marquer le 74e yahrtzeit de Rav Israël Arié Leib, frère du Rabbi. Sur place, ils ont récité des Téhilim, étudié la Michna, et se sont plongés dans des extraits des Si’hot du Rabbi liés au nom unique et à la néchama du baal hahiloula.
Une tente spéciale avait été dressée sur les lieux, et de nombreux participants ont pris part à des Farbrengouenim, au cours desquels des ‘hassidim ont partagé des paroles d’éveil et des récits relatifs au Rabbi.
La réaction du Rabbi : « Merci, merci »
La valeur spirituelle de la visite au tombeau du frère du Rabbi est bien établie. HaRav Levi Bistritsky, Rav de Tsefat, rapporta un jour au Rabbi qu’un grand groupe de ‘hassidim était venu se recueillir sur la tombe de Rav Israël Arié Leib en ce jour de yahrtzeit. À ces mots, le Rabbi répondit avec émotion : « Merci, merci. Puisse-t-il être la volonté de D.ieu que toutes les prières soient acceptées, conjointement aux prières de tout Klal Israël, et que tout se tourne vers le bien. »
« Sont-ils allés chez le frère ? »
Le Rav Its’hak Glitzenstein, Chalia’h à Eilat, relate un épisode révélateur. Après le 5 Mena’hem Av 5735 (1975), lorsque le Rabbi avait demandé aux ‘hassidim de monter au tombeau de l’Ari Zal à Tsefat, un rapport téléphonique était en train d’être transmis à l’un des mazkirim concernant le rassemblement. À ce moment précis, on entendit soudain le Rabbi intervenir sur la ligne pour demander : « Sont-ils allés chez le frère ? »
Les exigences du Rabbi à la municipalité et aux tombeaux
Le professeur Chimon Silman rapporte que lorsque le Rabbi envoya les premiers Chlou’him à Tsefat, la ville était encore peu peuplée et peu respectueuse de la tradition. Le Rabbi leur avait donné des instructions précises : se rendre d’abord à la municipalité et présenter une liste détaillée de revendications qu’il leur avait confiées, en déclarant que si ces demandes étaient satisfaites, ils resteraient à Tsefat et y amèneraient même de nouveaux résidents.
Le Rabbi leur avait ensuite ordonné de se diriger vers le tombeau de l’Ari Zal et d’y réitérer la même liste de revendications. De là, ils devaient se rendre directement à la tombe du frère du Rabbi, Rav Israël Arié Leib, et y répéter une nouvelle fois les mêmes demandes, avec la même déclaration solennelle : leur établissement et leur développement dans la ville étaient conditionnés à l’accomplissement de ces requêtes.
Le 16 Iyar marque le jour du yahrzeit du Rav Arye Leib Kaplan, surnommé le « Lion de Tsefat », émissaire dévoué du Rabbi qui insuffla une nouvelle vie au judaïsme dans cette ville millénaire. Avec un dévouement sans faille et une énergie débordante, il bâtit des institutions, dirigea une communauté et inspira des milliers de personnes par son leadership, son érudition et son attachement indéfectible à sa cheli’hout.
Des origines parisiennes à Manchester : l’enfance d’un prodige
Le Rav Arye Leib Kaplan vit le jour à Paris le 19 Tichri 5708 (1947), fils de Reb Moché Binyamin et de Sarah Kaplan. Son père avait été élève des hédérim et yéchivot clandestins qui fonctionnaient sous le joug soviétique ; sa mère était la fille du ‘hassid Reb Na’houm Its’hak Pinson, exilé par les communistes et décédé en 5702 (1942). Peu après sa naissance, la famille s’installa à Manchester, en Angleterre, où le jeune Leibel se distingua par son assiduité et son ardeur au travail, devenant la fierté de ses proches.
À l’âge de neuf ans seulement, ne trouvant personne capable de répondre à une question qui le taraudait, il prit la plume et écrivit directement au Rabbi. La réponse du Rabbi fut par la suite publiée dans les Igrot, volume 15, page 47. Le Rabbi y joignit une matsa entière — on comprit plus tard qu’elle était destinée au jeune garçon lui-même.
New York, Montréal, Melbourne : formation d’un futur Chalia’h
En 5716 (1956), la famille s’établit à New York. À quatorze ans, Leibel eut sa première ye’hidout avec le Rabbi. Il rejoignit alors le groupe des ‘hozrim, ces étudiants qui mémorisaient les si’hot et farbrenguen du Rabbi — des sessions qui duraient souvent six heures, parfois davantage. En 5725 (1965), il partit étudier à la Yéchiva de Montréal, où il veilla constamment sur les étudiants en difficulté, les aidant dans leur apprentissage avec une générosité naturelle.
En 5726 (1966), le Rav Zalman Serebrianski avait fondé la Yéchiva Guedola de Melbourne et écrit au Rabbi pour lui demander d’y envoyer des chlou’him. Le Rabbi lui répondit d’abord de commencer avec des jeunes locaux, et que des émissaires seraient envoyés dans un second temps. Un an plus tard, le Rav ‘Haïm Gutnick se rendit auprès du Rabbi et sollicita l’envoi de bo’hourim pour consolider la yéchiva. Le Rabbi choisit personnellement un groupe chargé de partir pour deux ans, alliant les études à l’action communautaire au sein de la communauté juive de Melbourne. Ce groupe fut le précurseur de tous les groupes similaires envoyés par la suite dans les yéchivot Loubavitch du monde entier.
Reb Leibel, désigné pour diriger le groupe, noua avec ses étudiants des liens profonds et durables : certains le considérèrent comme leur mentor jusqu’au dernier jour de sa vie. À leur retour d’Australie en 5729 (1969), le groupe eut le privilège d’assister aux sédarim de Pessa’h du Rabbi et reçut de nombreuses marques de bienveillance.
Mariage et premiers engagements : « Je le prends pour moi »
En 5731 (1971), Reb Leibel se fiança à Mme Sara Hinda Lieberman de Detroit, fille du Grand Rabbin d’Anvers, en Belgique, le Rav Moché David et Chaya Lieberman. Après son mariage, le 8 Tévet 5732 (1971), de nombreuses communautés à travers le monde sollicitèrent ses services. Le Rabbi l’encouragea à poursuivre ses études et l’orienta vers un programme en kollel. Lorsqu’un émissaire demanda au Rabbi s’il pouvait engager ce jeune homme talentueux, le Rabbi répondit sobrement : « Je le prends pour moi. »
En parallèle de ses études, Reb Leibel travailla pour le Vaad L’Hafotzas Si’hot, participant à la révision des si’hot qui furent ensuite publiées dans les Likkoutei Si’hot.
L’appel de Tsefat : une mission de renaissance
Quelques jours après Pessa’h 5733 (1973), Reb Leibel fut convoqué par le secrétariat du Rabbi et informé de sa nouvelle mission : il était envoyé pour rénover le village Habad de Tsefat. Le 15 Tamouz 5733 (1973), il déposa sa demande de visa à l’ambassade d’Israël et reçut du Rabbi l’instruction de commencer à faire ses bagages avant les Trois Semaines.
Un ou deux jours plus tard, Reb Leibel s’enquit auprès du Rav Hodakov de la date de son départ. Lorsque celui-ci lui transmit la réponse du Rabbi — « Pourquoi attend-il ? » — Reb Leibel acheva immédiatement ses préparatifs.
La veille de Roch Hodech Mena’hem Av 5733 (1973), juste avant leur départ, le Rabbi sortit en personne pour accompagner Reb Leibel, son épouse et leur bébé, et s’entretint brièvement avec eux. Il leur remit une lettre et des pièces pour la Tsedaka. Puis il s’adressa au nourrisson, Mena’hem Mendel, en lui remettant à lui aussi une lettre et des pièces, lui expliquant qu’il partait lui aussi en cheli’hout et que, lorsqu’il serait plus grand, on le lui expliquerait. Le Rabbi demeura debout devant le 770 jusqu’à ce que la voiture disparaisse de sa vue.
Bâtir sur les ruines : la renaissance de Tsefat
Arrivé le 3 Mena’hem Av 5733 (1973), Reb Leibel s’attela sans tarder à sa première mission : la restauration de la synagogue Habad Tséma’h Tsédek, laissée à l’abandon. Le Rabbi lui conseilla de la rendre opérationnelle pour Roch Hachana, et d’y établir un kollel immédiatement après. Une précision arriva peu après : la synagogue devait être prête pour les Séli’hot. Le Chabbat des Séli’hot, vingt-cinq fidèles y prièrent dans l’édifice fraîchement rénové.
Peu de temps après, la guerre du Kippour éclata en 5734 (1973). L’ambassadeur d’Israël Chaïm Herzog se rendit auprès du Rabbi pour lui demander d’envoyer de jeunes ‘hassidim afin de remonter le moral des troupes. Le Rabbi lui répondit : « Je viens de vous envoyer un jeune général ! »
En 5742 (1982), lors de la guerre du Liban, le Rabbi conseilla à Reb Leibel de faire imprimer un exemplaire du Tanya à Beyrouth, à l’intention des soldats. Le Tanya fut également imprimé à Tyr, Sidon, Nabatiyé et dans d’autres localités libanaises.
Une œuvre colossale bâtie avec foi et détermination
Sans ressources financières ni soutien institutionnel, mais avec un optimisme à toute épreuve et une rigueur quasi militaire, les époux Kaplan entreprirent de construire. Ils revitalisèrent des quartiers entiers et fondèrent des institutions pour enfants et adultes, garçons et filles, hommes et femmes. Peu avant son décès, la Yéchiva Tseirei Hachlou’him fut fondée sous son impulsion.
Le Rav Kaplan s’impliqua profondément dans la vie civique de Tsefat, occupant les fonctions de conseiller municipal et de maire adjoint pendant de nombreuses années. Le Rabbi le désigna un jour comme « Directeur et fondateur des institutions Habad à Tsefat ». Il présida également l’organisation fédératrice du mouvement Loubavitch en Eretz Israël.
Reb Leibel fut l’auteur de plusieurs ouvrages et essais. Il exerça les fonctions de roch kollel et rédigea les Piskei Admour Hazaken. Avant l’ère de la glasnost, il accomplit également des missions secrètes en Union soviétique.
Un dernier voyage vers Loubavitch
En 5758 (1998), il se rendit à Minsk pour la pose de la première pierre d’un bâtiment communautaire. Après avoir passé de longues heures avec des bo’hourim, il prit la route en direction de Loubavitch. À 4 heures du matin, il récita le Kériat Chéma et s’endormit dans sa voiture. Une heure plus tard, à une quinzaine de kilomètres de Loubavitch, un camion percuta le véhicule. Reb Leibel fut tué sur le coup.
Il fut inhumé à Tsefat. Il laisse derrière lui son épouse, ses enfants, ses petits-enfants et ses arrière-petits-enfants, qui perpétuent son héritage et marchent dans les voies du Rabbi.