D’une photographie qui a embrasé l’émotion du monde entier jusqu’à un mouvement d’éveil juif balayant des milliers de cœurs, de Césarée jusqu’aux confins glacés de la Sibérie, quelque chose d’inédit s’est produit : comment la mise des Téfilines dans le bureau du Premier ministre est-elle devenue une sanctification du Nom de D.ieu poussant des Juifs éloignés à demander « moi aussi, je veux faire comme lui » ? Le Chalia’h du Rabbi, le Rav Or Ziv, livre dans cet entretien fascinant le récit des coulisses de cet événement, les Téfilines de soldats tombés qui ont traversé l’enfer, et le moment précis où cet acte spirituel est devenu un véritable tournant — sans oublier la déclaration qui restera gravée pour toujours : « Le Rabbi n’a jamais eu tort. »
Kfar Habad
Soixante ans d’une campagne qui a changé le monde
À la fin du mois d’Iyar 5727 (1967), lors d’un Farbrenguen de Chabbat Bamidbar — qui tombait cette année-là le 24 Iyar, au cœur des jours de tension précédant la Guerre des Six Jours, deux jours à peine avant son déclenchement — le Rabbi affirma que la Mitsva des Téfilines avait le pouvoir d’inspirer la crainte à l’ennemi et de mener à la victoire, en s’appuyant sur le verset : « Et tous les peuples de la terre verront que le Nom de l’Éternel est proclamé sur toi, et ils te craindront » — et nos Sages d’expliquer : « Ce sont les Téfilines de la tête. »
Dans quelques jours, nous entrerons dans la soixantième année de l’Opération Téfilines, première des dix campagnes proclamées par le Rabbi au fil des années. Cette opération a depuis longtemps débordé les frontières de la communauté ‘Hassidique de Habad-Loubavitch, et l’on trouve aujourd’hui des stands de Téfilines de tous horizons, invitant les Juifs à accomplir la Mitsva à laquelle, selon nos Sages, toute la Torah est assimilée.
Qui saurait dire combien de millions de Juifs ont mis les Téfilines depuis lors ? Combien se sont rapprochés d’une vie de Torah et de Mitsvot grâce à ce seul commandement ? Et combien ont décidé de les poser à la suite du Premier ministre Binyamin Netanyahou ?
Si la mise des Téfilines de n’importe quel Juif revêt une importance immense pour l’avenir du peuple et du monde — car « accomplir une seule Mitsva, c’est faire pencher la balance de tout l’univers vers le mérite » — combien plus encore la mise des Téfilines d’un homme qui représente des millions de Juifs de la Terre Sainte, et dont la figure est admirée par des millions de non-Juifs. À plus forte raison en ces temps de guerre où les ennemis d’Israël ont ouvert les hostilités avec la volonté déclarée d’anéantir le peuple juif.
La réticence d’un chef d’État
Lors du dernier Jour du Souvenir, le bureau du Premier ministre a diffusé une vidéo et des photographies montrant Binyamin Netanyahou enveloppé dans un Talith et orné des Téfilines. Une image déjà devenue une tradition, puisque c’est la troisième année consécutive que Netanyahou choisit de poser les Téfilines en ce jour solennel.
Celui qui se tient derrière cette image est le Chalia’h du Rabbi pour la région, le Rav Or Ziv, qui a confié à Kfar Habad ce qui s’est passé dans les coulisses, révélant quelques secrets et dévoilant l’influence considérable que cet événement en apparence intime exerce dans des cercles bien plus larges.
« Depuis déjà de nombreuses années, confie le Rav Or Ziv, j’avais pris sur moi — ou plutôt, j’avais eu l’intention d’une manière ou d’une autre — de faire en sorte que le Premier ministre pose les Téfilines en public. À travers ma connaissance de son entourage très proche, j’avais appris pour la première fois qu’il ne le faisait pas en public pour une raison qui lui paraissait sincère : il ne voulait pas que cela devienne quelque chose de cynique, de politique. »
« J’étais très sceptique. Je ne l’acceptais pas. Au début, je n’y croyais même pas. Je pensais que c’était peut-être une simple manière de se dérober. Mais en réalité, en rencontrant de plus en plus de personnes de son entourage et en m’approchant davantage du cœur de la « ruche », j’ai compris que c’était authentique : il ne pose vraiment pas les Téfilines en public, et précisément parce qu’il les considère avec un profond respect. Il y voit quelque chose de très précieux et de sacré, et il ne veut pas que cela soit avili par son intermédiaire. Il ne veut pas que la mise des Téfilines soit interprétée comme une manipulation politique pour gagner quelques voix. D’un côté, j’admirais cette façon de penser ; de l’autre, je me disais qu’il fallait trouver un moyen d’y parvenir malgré tout, d’une manière qui soit pleinement acceptable. »
La demande à Sharon Gal
Le Rav Or Ziv entretient depuis longtemps des relations étroites avec diverses personnalités des médias, notamment avec le journaliste Yinon Magal, ainsi qu’avec le présentateur Sharon Gal. C’est par ce dernier que l’histoire allait prendre son tournant décisif.
« Il y a un peu plus de deux ans, quelque part en Hechvan 5784 (octobre-novembre 2023), je me trouvais chez Sharon Gal lors de notre Farbrenguen hebdomadaire. Au cours de la conversation, il me dit qu’il allait rencontrer le Premier ministre trois jours plus tard pour une réunion de briefing en tête-à-tête, et me demanda quel message je souhaitais lui transmettre. Je lui répondis : « Sharon, tu sais quoi, au-delà des messages évidents dont nous avions parlé — ce que le Rabbi dit sur les questions de sécurité — peut-être pourrions-nous faire en sorte qu’il pose enfin les Téfilines en public ? » Sharon releva le défi et demanda comment faire. »
Les Téfilines de Moushiko
« Je lui parlai alors d’une mère endeuillée qui me tient très à cœur et dont j’ai eu le mérite de perpétuer la mémoire du fils — le sergent-chef Moushiko Dvino, que son sang soit vengé, tombé lors de l’opération Tzuk Eitan. Il est né et a grandi à Qatamon. Sa mère s’appelle Rou’hama, et à chaque fois que je me rends chez eux, je ne peux m’empêcher de voir les Téfilines de son fils, posées dans la vitrine du salon. Les membres de la famille m’avaient raconté que de tous ses effets personnels, les Téfilines avaient survécu à l’énorme incendie qui s’était déchaîné à l’intérieur du D9 dans lequel Moushiko est tombé. La mère, Rou’hama, est une femme de grande foi et de grande force. Cet événement n’avait fait que renforcer encore davantage sa foi. »
« J’ai pensé qu’il serait juste de prendre ces Téfilines, avec toute leur histoire et leur charge symbolique, et de les apporter au Premier ministre. Si elle lui écrivait une lettre en tant que mère endeuillée et que Sharon les apportait ensemble, il y aurait là un élément émotionnel susceptible de porter ses fruits et d’amener le Premier ministre à les poser. Sharon fut d’accord, et ce soir-là même, malgré l’heure tardive, j’essayai de joindre Rou’hama. Pour abréger le récit, disons que le lendemain, elle avait déjà écrit une lettre au Premier ministre — une lettre du fond du cœur, une lettre qui fut publiée par la suite. »
« Quelques jours plus tard, lorsque Sharon rencontra le Premier ministre à la Kirya, après une conversation d’environ une heure, il sortit soudainement les Téfilines de son sac et les tendit à Netanyahou. Bibi fut très ému. Il chaussa ses lunettes et lut en silence la lettre de Rou’hama, puis leva les yeux et dit à Sharon : « Dis-lui que je les poserai. » J’avais prévu cette réaction et avais préparé Sharon en conséquence. Il lui dit : « Monsieur le Premier ministre, pour la mémoire de son fils et pour son âme, fais cela en public — c’est ce qu’elle veut plus que tout, que tout le monde voie et se renforce grâce à cela. » Netanyahou réfléchit quelques instants avant de répondre : « D’accord, dis-lui que je le ferai. » »
Pourtant, des jours s’écoulèrent et, pour diverses raisons, la chose ne se concrétisait pas. Une fois, les Téfilines disparurent purement et simplement et les collaborateurs du bureau ne parvinrent pas à les retrouver. À chaque tentative, un nouvel obstacle surgissait. L’élan semblait passé.
L’heure que Biden a déclenchée
C’est alors que survint l’interview du président Biden sur CBS dans l’émission 60 Minutes, au cours de laquelle il annonça qu’il imposerait un embargo sur les armes à Israël si Tsahal entrait à Rafah. Cette déclaration fit les manchettes pendant le week-end précédant le Jour du Souvenir de l’année 5784 (2024).
« Dès le jeudi, raconte le Rav Or Ziv, j’appelai un ami proche au bureau du Premier ministre et lui dis : « Tu vois les gros titres ? Dis à Netanyahou que c’est le moment. Il n’y a pas de jour plus approprié pour poser les Téfilines d’un soldat tombé que celui-ci. Et il n’y a pas de message plus fort adressé aux nations du monde — et à Biden en particulier — que celui-ci : ‘Et tous les peuples de la terre verront qu’ils te craindront.’ Dis au Premier ministre de poser les Téfilines et, avec l’aide de D.ieu, cet acte accomplira son œuvre. » Il fut d’accord et en parla à Netanyahou. »
Le Rav Or Ziv contacta également Yinon Magal pour lui demander de l’aide. « Je lui racontai, mais il ne comprenait pas vraiment l’enjeu. « Je ne saisis pas très bien ce qu’il y a là de si important, si ça arrive — bien. Si non — tant pis », me dit-il. Aujourd’hui, il voit les choses bien différemment, et on peut observer son rapport à tous les sujets de Torah et de Mitsvot, ainsi que son approche du Machia’h et de la Guéoula. »
Dimanche arriva et le message tomba : cela s’était produit. Netanyahou avait posé les Téfilines. La couverture médiatique fut immédiate et prodigieuse. Yinon Magal lui-même en parla dans son émission Les Patriotes et reconnut publiquement avoir eu tort de douter : « Le Rav Or avait raison. Il avait dit que cet acte provoquerait une grande sanctification du Nom de D.ieu et une vague de réveil — et c’est exactement ce qui s’est produit. »
L’onde de choc jusqu’en Sibérie
« Le lendemain et les jours suivants, mon téléphone fut submergé d’appels et de messages de personnes souhaitant partager l’influence que la mise des Téfilines du Premier ministre avait eue sur elles. Je me souviens en particulier du message que m’envoya le Chalia’h à Tioumen, en Sibérie, le Rav Garlik. Il m’écrivit que plusieurs Juifs étaient venus à la synagogue — des Juifs qui n’y venaient presque jamais, certains qu’il n’avait jamais vus auparavant. Ils demandaient à poser les Téfilines, comme l’avait fait le Premier ministre d’Israël. »
Deux semaines plus tard, le Rav Or Ziv fut convoqué avec Rou’hama au bureau du Premier ministre pour récupérer les Téfilines. « Nous avons rencontré le Premier ministre, qui m’a dit en ses propres mots : « Je n’aurais pas cru jusqu’où l’influence des Téfilines pouvait aller. » Je lui ai rapporté une partie des témoignages reçus, et notamment celui venu de Sibérie — et il fut ému, très ému. Il faut savoir que Bibi est un homme très froid et maître de ses émotions. Ce fut une rencontre chaleureuse et intime, lors de laquelle le Premier ministre promit à Rou’hama, la mère de Moushiko, qu’il poserait désormais les Téfilines chaque année. Ce qu’il a effectivement fait — il a tenu sa promesse, et c’est déjà la troisième année. »
Ce moment parut marquer un tournant plus profond dans la conduite de la guerre. Tsahal entra à Rafah. La guerre commença à changer de cap. Et quelque chose d’autre se produisit : Netanyahou commença à mentionner le Nom de D.ieu de plus en plus souvent, jusqu’à ce que cela devienne une composante intégrée de ses discours, aussi bien écrits que spontanés. Nombre de collaborateurs proches du bureau du Premier ministre furent en mesure d’identifier ce changement et d’en situer le point de départ.
La deuxième année : les Téfilines de Yossi Hershkovitz
« L’année suivante, raconte le Rav Or Ziv, le Premier ministre posa les Téfilines de Yossi Hershkovitz, que son sang soit vengé. Hershkovitz était directeur d’école, adoré de ses élèves — un homme d’éducation et un père de famille exemplaire. Un jour ou deux avant le Jour du Souvenir 5785 (2025), je m’adressai à l’un des membres du bureau et lui dis que je souhaitais que le Premier ministre pose les Téfilines de Yossi. Je me rendis au domicile des parents, à Goush Etsion, pour les récupérer. Il m’importe de souligner qu’à chaque fois que j’apportais des Téfilines au Premier ministre, je veillais à les faire vérifier au préalable afin de m’assurer de leur conformité. »
« Lorsque j’arrivai chez la famille Hershkovitz, il était déjà passé minuit. Je m’assis avec les enfants jusqu’à deux heures et demie du matin. Le lendemain, je me présentai chez le Premier ministre avec les Téfilines de leur père. Ce jour-là fut marqué par de nombreux obstacles et retards, et je fus contraint de repartir avant d’être rappelé au bureau dans l’après-midi. C’était une journée particulièrement chargée, car, comme vous vous en souvenez peut-être, d’immenses incendies s’étaient déclarés et se propageaient ce jour-là, entraînant des évacuations le long de la Route 1. La journée avançait, il était déjà deux heures, trois heures, et je commençais à craindre que cela ne se produise plus. »
« J’attendis, et après une nouvelle attente d’environ une heure, le téléphone sonna : « Le Premier ministre demande que vous entriez. » Il s’était auparavant rendu au poste de commandement avancé dans la région de Beth Chémech pour coordonner la lutte contre les incendies. De retour à son bureau, malgré tout le chaos ambiant, il m’y reçut avec chaleur et courtoisie. »
« Ce jour-là tombait le 2 Iyar. Je parlai avec lui du Rabbi Maharach et lui rappelai que trente-huit ans auparavant exactement, il s’était trouvé chez le Rabbi lors d’une distribution de dollars, et que le Rabbi lui avait dit qu’il aurait à se tenir face à cent dix-neuf personnes. Nous regardâmes cette vidéo ensemble. Il fut tellement ému, tellement impliqué, et il y eut quelque chose de très particulier dans cette rencontre. »
« J’avais cette fois veillé à apporter un Talith de Habad. La fois précédente, il avait posé les Téfilines sans Talith, mais j’avais insisté : en tant qu’homme marié, il lui revenait de s’en envelopper — et c’est ce qu’il fit. Tout cela se passait alors que tout le pays brûlait au sens propre. Dans les médias, on exprimait déjà la crainte d’une catastrophe comparable à celle du Mont Méron. Malgré cela, il demanda que la photo soit publiée. Certains membres du bureau estimaient que ce n’était pas opportun politiquement, mais il insista : « Publiez », dit-il. Il avait compris l’ampleur de l’influence que cela exercerait et il s’y tint. Après avoir compris ce qui l’avait autrefois empêché de poser les Téfilines en public, j’en admirais d’autant plus son insistance à faire paraître cette image. »
La troisième année : les Téfilines de Sean Carmeli
Pour la troisième année consécutive, le Rav Or Ziv apporta les Téfilines d’un soldat tombé : celles de Sean Carmeli, que son sang soit vengé. Soldat seul originaire du Texas, Sean était profondément lié aux Chlou’him de sa région. Le Chalia’h de là-bas raconta au Rav Or Ziv que l’une des choses qui avait fait naître en lui l’amour pour Eretz Israël était sa participation au camp Gan Israël. Combattant dans la brigade Golani, il tomba lui aussi lors de l’opération Tzuk Eitan. Vingt à trente mille personnes assistèrent à ses funérailles.
Un détail étonnant venait encore renforcer le sens de cet événement : Sean avait servi dans le même bataillon — le bataillon 13 de Golani — où le Rav Or Ziv lui-même avait servi avant son retour en Téchouva. En mémoire de Sean, le Rav Or Ziv a fondé l’initiative « Betsavta », dédiée à la prise en charge du linge des soldats seuls — un besoin qu’il avait constaté sans qu’aucune réponse n’y soit apportée.
« Je contactai les parents de Sean et leur demandai s’ils souhaitaient que le Premier ministre pose les Téfilines de leur fils. Ils furent très émus. J’obtins ensuite l’accord du Premier ministre, qui fut lui aussi touché et répondit positivement. Ce qui est remarquable, c’est qu’il se souvenait de chaque détail concernant Sean — ses parents, les circonstances de sa chute, toute l’histoire. Il s’avéra en outre que les parents de Sean, qui avaient depuis lors regagné Eretz Israël, sont voisins de la famille Netanyahou à Césarée. »
« Cette fois, lorsque j’entrai chez lui avec les Téfilines de Sean, comprenez bien ceci : le Premier ministre n’est pas homme à manifester sa familiarité aisément. Et pourtant, cette fois, quand j’entrai, il se leva simplement et m’étreignit. Il attendait ce moment. Il attendait de poser les Téfilines. Son emploi du temps est lourd et chargé, mais il montra clairement que c’était important pour lui. Si lors des années précédentes la visite s’était terminée rapidement, cette fois la rencontre dura quarante minutes. »
« Lorsqu’il prononça le Chéma Israël, il le dit à voix haute. Ce fut un moment très émouvant. Il demanda qu’on lui prépare une photographie de Sean Carmeli pour la garder dans son bureau, et il pria avec une intention profonde et sincère. Soudain, il me dit son nom — « Binyamin ben Tsila » — et m’expliqua qu’il me demandait de le bénir. Je le bénis de tout mon cœur. »
« Je lui dis : « Certes, nous avons — grâce à D.ieu — des armes excellentes, des F-35 et de nombreuses avancées extraordinaires, mais ce que vous tenez en ce moment est l’arme la plus puissante du peuple d’Israël depuis trois mille trois cents ans. C’est elle qui nous maintient, qui remporte toutes les guerres et qui préserve l’éternité d’Israël. » Je lui rappelai qu’il parle toujours de victoire totale. « Je suis d’accord avec vous, lui dis-je, mais souvenez-vous que la victoire totale, c’est d’amener la vraie et complète Délivrance. » Je lui dis que la mort de Nasrallah n’est pas encore une victoire totale. Ni celle de Khamenei. Ce ne sont là que des victoires tactiques. La victoire ultime et définitive, c’est l’avènement de notre juste Machia’h et la Délivrance complète. »
« J’avais toujours voulu lui dire cela, et cette fois j’en eus enfin l’occasion — d’une manière telle qu’il écouta vraiment et s’en imprégna. Je dis encore ceci : dans le bureau du Premier ministre, les éléments sont peu nombreux mais chargés de sens. Il y a la photo de lui-même avec le Rabbi, la photo de son père, une photo de famille, et la photo d’un héros d’Israël qui a perdu ses jambes, Ari Chafits. »
Une surprise venue du passé
La rencontre touchait à sa fin lorsque le Rav Or Ziv dévoila une surprise préparée de longue date. « J’avais réussi, dans une remarquable Hachga’ha Pratit, à trouver un court extrait vidéo de vingt-quatre secondes montrant la rencontre du Premier ministre avec le Rabbi chez ce dernier, en 5748 (1988), pendant la période de la Sfira de l’Omer. On y voit le Rabbi réciter le compte de l’Omer, et Netanyahou apparaît à la toute dernière seconde. Cette rencontre avait eu lieu dans l’année même où le Rabbanith était décédée. »
« Au début, il regardait l’écran sans comprendre ce qu’il voyait. Puis soudainement il fut saisi d’émotion et réalisa la scène. « D’où as-tu ça ? » me demanda-t-il avec stupeur. Il se souvint du moment, et cela le bouleversa à nouveau. Il fut un instant comme figé. « Comment as-tu trouvé ça ? » insista-t-il. Il n’avait jamais vu cette vidéo et ne savait même pas qu’elle avait été filmée. »
« Je vis sur lui l’émotion, et il n’est pas du genre à s’émouvoir facilement. Je vis comment son lien intérieur avec le Rabbi se réveillait. Il me dit immédiatement : « Tu dois m’envoyer ça. Envoie-le moi, je t’en prie. » »
« Le Rabbi n’a jamais eu tort »
Évoquant le changement profond qui s’opère dans la personnalité du Premier ministre depuis le début de la guerre, le Rav Or Ziv partage une déclaration qui l’a marqué pour toujours : « La deuxième année, après qu’il eut posé les Téfilines de Hershkovitz, il me dit une phrase que je n’oublierai jamais. « Le Rabbi ne s’est pas trompé. Le Rabbi n’a jamais eu tort. Tout ce que le Rabbi a dit était juste. » Il ne l’a pas dit lors d’un discours filmé, le 19 Kislev à Kfar Habad. Il l’a dit en tête à tête, entre quatre yeux. »
« Netanyahou qui pose les Téfilines et insiste pour que cela soit publié est un Netanyahou plus croyant. Je remarque — et je ne suis pas le seul — le processus que traverse le peuple d’Israël depuis le 7 octobre. Il y a un rapprochement considérable, un lien bien plus fort avec le Saint-Béni-soit-Il. Je pense qu’il comprend pleinement la signification de la mise des Téfilines, et c’est pourquoi cela se répète pour la troisième année consécutive. Je ne pense pas qu’il se trouve aujourd’hui au même endroit spirituel où il était avant cette guerre. »
« Je ne suis pas du genre à exagérer. Je ne perds pas les proportions. Mais je pense que l’on voit un changement profond dans l’âme — une compréhension que le lien entre le sacré et le profane, entre la foi et la force militaire, est un lien réel et vivant. Quand il m’a dit que le Rabbi avait eu raison, il ne cherchait pas à m’impressionner. Il n’a pas besoin de m’impressionner. À mon sens, c’est un changement authentique, et je rends grâce à D.ieu d’avoir eu le mérite que le Premier ministre pose les Téfilines publiquement, trois fois, année après année. »
Un conseiller qui ne manque aucun cours
Le Rav Or Ziv ne cache pas qu’il entretient des liens étroits avec de nombreuses personnalités du bureau du Premier ministre, même s’il préfère rester discret à ce sujet. Il consent toutefois à évoquer sa relation avec Yonatan Uri’h, conseiller du Premier ministre, avec lequel il partage un cours de ‘Hassidout régulier auquel Uri’h ne renonce sous aucun prétexte.
« Le jour même où les restrictions qui pesaient sur lui furent levées et où il fut autorisé à reprendre ses fonctions au bureau du Premier ministre, il ne renonça pas au cours. « Une étude régulière est une étude régulière, et ces deux heures d’étude de Torah sont les plus importantes pour moi », me dit-il. Et en effet, même en ce jour chargé, nous nous sommes assis pour étudier. Sans son aide précieuse, je ne suis pas certain que j’aurais eu le mérite que le Premier ministre pose les Téfilines de cette manière, qui a réalisé une si grande sanctification du Nom de D.ieu. Tout le mérite lui en revient. »
Il convient également de mentionner que c’est le Rav David Na’hchon qui conduisit autrefois Netanyahou chez le Rabbi pour la première fois, et que le Rav Chmaria Harel — qui servit avec lui dans l’unité d’élite de la Sayéret Matkal — fut pendant des années le gardien du lien ‘Hassidique de Netanyahou avec Habad.
Le Rav Or Ziv rapporte aussi l’usage qui s’est installé : « Le Premier ministre conclut presque chaque discours, ces derniers temps, par les mots « avec l’aide de D.ieu ». Il emploie l’expression Siata DiChmaya. Ce ne sont pas des mots vides. Quand a-t-il posé les Téfilines ou s’est-il enveloppé dans un Talith autrefois ? Pour un clip électoral ? Non. Il y a ici un processus authentique. Et ce processus rayonne désormais bien au-delà des murs du bureau du Premier ministre — il se développe et s’amplifie de jour en jour, d’année en année. De plus en plus de Juifs posent les Téfilines, de plus en plus se rapprochent de D.ieu et de Sa Torah, de plus en plus aspirent à la vraie et complète Délivrance, promptement et en nos jours. Il ne fait aucun doute que les Chlou’him, parmi lesquels le Rav Or Ziv, y ont une très grande part. »
Des centaines d’Iraniens ont rejoint ce dimanche un grand rassemblement de protestation à Londres contre la vague d’antisémitisme qui secoue la capitale britannique. Parmi les manifestants, l’un d’eux brandissait une pancarte représentant le Premier ministre Benyamin Netanyahou coiffé d’une couronne royale et revêtu d’une cape d’apparat. La communauté juive britannique, frappée par une série d’attaques incendiaires ciblant ses institutions, exprime une inquiétude profonde face à ce que certains n’hésitent plus à qualifier d’échec catastrophique de l’État.
Un rassemblement inédit dans les rues de Londres
Des centaines de manifestants se sont rassemblés ce dimanche à Londres pour protester contre la vague d’incidents antisémites graves survenus au cours du dernier mois. Parmi eux, une présence aussi symbolique que remarquée : des centaines d’Iraniens de la diaspora, pour la plupart opposants au régime des mollahs, ont tenu à se joindre au cortège pour témoigner de leur solidarité avec la communauté juive britannique.
Fuyant eux-mêmes un régime qui fait de la haine d’Israël un pilier de son idéologie, ces Iraniens en exil n’ont pas caché leur attachement à l’État hébreu ni leur estime pour son dirigeant. L’un d’eux brandissait une pancarte représentant le Premier ministre Benyamin Netanyahou paré d’une couronne et d’une cape royale — une image forte, adoptée par une partie de l’opposition iranienne pour exprimer son admiration envers celui qu’elle considère comme un rempart contre le régime de Téhéran. La photographie a rapidement circulé sur les réseaux sociaux, illustrant ce phénomène croissant au sein de la diaspora iranienne : un rapprochement sincère avec Israël, vécu comme un acte de résistance face à la théocratie qui opprime leur pays d’origine.
Une série d’attaques contre des institutions juives
La vague d’antisémitisme en Europe a conduit à l’arrestation de neuf personnes à Londres, soupçonnées d’avoir participé à des tentatives d’incendie et d’attentat contre des cibles juives dans la ville. Quelques jours auparavant, la police avait été alertée après qu’un individu avait déposé un sac contenant des bouteilles de liquide inflammable devant un commerce juif avant d’y mettre le feu. Dans un autre incident, deux suspects au visage masqué avaient lancé des cocktails Molotov et des briques en direction d’une synagogue réformée du quartier de Finchley. Le mois dernier, quatre ambulances de l’organisation Hatzalah avaient été incendiées devant une synagogue du quartier de Golders Green.
L’inquiétude monte au sein de la communauté juive
Face à cette situation alarmante, les représentants de la communauté juive n’ont pas tardé à élever la voix. Le Grand Rabbin de Grande-Bretagne, Ephraim Mirvis, a déclaré qu’une « campagne soutenue de violence et d’intimidation contre la communauté juive britannique prend de l’ampleur ». L’organisation Campaign Against Antisemitism a, quant à elle, vivement critiqué la gestion de cette vague d’attaques par les autorités, qualifiant la situation d’« échec catastrophique de l’État ». L’organisation a appelé le gouvernement britannique à inscrire les Gardiens de la Révolution iraniens sur la liste des organisations terroristes, invoquant une radicalisation croissante et une ingérence étrangère manifeste. Le président du conseil des délégués des communautés juives, Phil Rosenberg, a tenu à affirmer haut et fort que la communauté juive « ne se laissera pas intimider par ces actes de haine ».aine ».
La ville de Bné Brak a vibré au rythme de la fête de Lag Baomer avec une grande parade centrale rassemblant des milliers d’élèves des Talmudé Torah, conformément à la directive du Rabbi. Encadrés par des étudiants des Yéchivot Loubavitch de Kfar Habad et de Lod, les participants ont animé les rues de chants et de versets de Torah sous la conduite enthousiaste du Rav Pin’has Tannenhaus. La journée s’est achevée par un grand rassemblement dans le parc du quartier de Viznitz, couronné par l’arrivée du Mara d’Atra, le Gaon Ha’hassid Rav Its’hak Eizik Landa, venu directement de l’aéroport pour bénir les enfants.
Une parade au cœur de la ville
Des milliers d’élèves des Talmudé Torah de Bné Brak ont participé aux défilés organisés dans les différents quartiers de cette cité de Torah et de piété, à l’occasion de Lag Baomer, jour de la joie de Rachbi, conformément à l’enseignement du Rabbi. La parade centrale s’est élancée dans le centre-ville, parcourant le boulevard Hazon Ich, fermé à la circulation pendant de longues heures en milieu de journée. Les nombreux participants scandaient des versets de Torah et des sentences de nos Sages dans la joie et l’allégresse, sous la conduite énergique du Rav Pin’has Tannenhaus, épaulé par des étudiants des Yéchivot Loubavitch de Kfar Habad et de Lod.
Un programme éducatif captivant
À l’issue de la parade, la foule des participants s’est rassemblée pour un immense kinous de Lag Baomer, organisé dans le parc situé au cœur du quartier des « Meounot Viznitz ». Le Rav Binyamin Vilhelm y a proposé un programme pédagogique aussi riche qu’enlevé, tenant les enfants en haleine pendant plus de deux heures.
Les Rabbanim bénissent les participants
Le rassemblement s’est tenu en présence des Rabbanim de Bné Brak, qui ont adressé leurs bénédictions aux participants et leur ont transmis des paroles d’encouragement sur l’essence et la signification profonde de Lag Baomer.
L’arrivée du Mara d’Atra
Vers la fin du kinous, le Mara d’Atra, le Gaon Ha’hassid Rav Its’hak Eizik Landa, a fait son apparition, arrivant directement de l’aéroport pour rejoindre la célébration. Il a chaleureusement béni les enfants rassemblés.
Chants et mélodies pour clôturer la fête
Le maître des mélodies, le Rav Eliyahou Veiss, a gratifié l’assemblée de chants et de nigounim interprétés avec finesse, suscitant la participation enthousiaste et spontanée de tous les enfants.
Des remerciements sincères
Le directeur des Jeunes de l’Agoudat Habad de la ville, le Chalia’h Rav Mena’hem Mendel Kastel, a tenu à exprimer sa profonde gratitude à tous ceux qui ont contribué de leur personne, de leur cœur et de leurs ressources au succès de la parade et du rassemblement, qui se sont déroulés dans la gloire et la fierté.
Dans une atmosphère de fierté juive et d’émotion, le Chalia’h du Rabbi à Aubervilliers, le Rav Chemouel Tevel, a conduit les soldats de Tsivot Hachem lors de la cérémonie officielle du 8 mai commémorant la fin de la Seconde Guerre mondiale. La parade s’est déroulée en présence du nouveau maire de la ville, M. Karomi, devant un large public de résidents, d’élus et de représentants municipaux. L’événement a suscité une profonde admiration et constitué un remarquable Kiddouch Hachem aux yeux de tous les participants.
Une présence remarquée dans les rues d’Aubervilliers
En ce jour empreint de mémoire et de fierté juive, le Rav Chemouel Tevel — Chalia’h du Rabbi à Aubervilliers, a pris part, aux côtés des soldats de Tsivot Hachem, à la cérémonie officielle marquant le 8 mai, anniversaire de la capitulation de l’Allemagne nazie et de la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Les jeunes soldats de Tsivot Hachem sont apparus dans des tenues impeccables, accompagnés d’un groupe de tambours qui a résonné avec éclat tout au long du défilé. Marchant avec dignité dans les rues de la ville, ils ont capté les regards admiratifs des habitants, des personnalités publiques et des représentants de la municipalité réunis pour l’occasion.
L’accueil chaleureux du nouveau maire
Le nouveau maire d’Aubervilliers, M. Karomi, a tenu à exprimer personnellement ses félicitations au Rav Chemouel Tevel et aux enfants de Tsivot Hachem. Il a salué leur contribution active à la vie de la communauté locale, ainsi que les valeurs de respect, de discipline et d’unité qu’ils incarnent au quotidien. Le maire a également souligné le lien positif et singulier qui unit la communauté juive à la ville d’Aubervilliers.
Un témoignage vivant des valeurs du Rabbi
Cette participation remarquable a été bien plus qu’un simple défilé : elle s’est imposée comme une expression vivante des valeurs du judaïsme, de l’amour du peuple juif et de la fierté d’appartenir à un peuple porteur de lumière. Fidèles à l’enseignement du Rabbi de Loubavitch, qui a toujours encouragé ses Chlou’him à rayonner de joie, de lumière et de bonnes actions en tout lieu du monde, le Rav Tevel et les soldats de Tsivot Hachem ont honoré ce rendez-vous avec la mémoire et la dignité.
La koach hatsomea’h — force spirituelle de croissance — est la puissance cachée qui réside dans la terre et fait jaillir la vie végétale à partir du néant absolu. Fondé sur les enseignements du Tanya, ce concept révèle un paradoxe bouleversant : c’est précisément dans la matière la plus inerte que se manifeste avec le plus d’intensité l’infinie puissance de D.ieu. Comprendre cette vérité transforme en profondeur la manière dont un Juif perçoit et accomplit les Mitsvot.
Son origine et sa racine
Pour saisir la nature de la koach hatsomea’h, il faut remonter à sa source. Ce que nous percevons dans les végétaux — leurs goûts, leurs arômes, leurs propriétés — n’est pas le fruit du hasard ni simplement le résultat de processus chimiques. La douceur d’une figue, l’acidité d’un citron, l’amertume d’une plante médicinale : chacune de ces saveurs est le reflet d’une réalité spirituelle qui lui préexiste et la détermine à chaque instant. Nos Sages ont formulé ce principe avec une précision saisissante dans le Midrach : « Il n’est pas une herbe d’en bas qui n’ait son astre d’en haut qui la frappe et lui dit : Pousse ! » Chaque brin d’herbe, chaque plant, chaque arbre possède son correspondant céleste qui lui insuffle sa vitalité et détermine sa nature.
Mais d’où proviennent ces astres eux-mêmes ? La ‘Hassidout dévoile une chaîne de transmission d’une précision vertigineuse. Les astres reçoivent leur force des anges qui les gouvernent. Ces anges reçoivent à leur tour des anges d’un rang supérieur, et ainsi de suite, de degré en degré, à travers les mondes spirituels, jusqu’aux sommets les plus élevés de la création. À l’origine de cette immense chaîne se trouve la Parole de D.ieu — source de toutes les délices et de toute vitalité.
Ce n’est pas là une simple métaphore. La douceur, explique la ‘Hassidout, est l’expression des ‘hassadim — les attributs de grâce et de générosité divine. L’acidité, elle, exprime les gvourot — les attributs de rigueur et de contraction. Chaque nuance de saveur que nos sens perçoivent dans le monde physique est ainsi le reflet fidèle d’une combinaison particulière de ces attributs divins dans les mondes supérieurs. Plus les ‘hassadim dominent dans la combinaison, plus le fruit est doux ; plus les gvourot prédominent, plus il penche vers l’acidité ou l’amertume.
La racine de tout cela remonte aux Dix Paroles de la Création, telles qu’elles sont consignées dans la section de Béréchit. C’est de la parole divine « Que la terre produise des herbes… » que sont apparus tous les types de végétaux dans leur infinie diversité, et de la parole « Un arbre fruitier produisant du fruit… » que sont nés tous les fruits avec leurs innombrables variations de saveurs. Ces paroles ne sont pas de simples actes créateurs accomplis une fois pour toutes dans un passé lointain : elles constituent une énergie créatrice permanente et continue, qui maintient l’existence de chaque plante à chaque instant. C’est cette énergie que l’on appelle koach hatsomea’h.
Deux degrés du néant
La ‘Hassidout distingue soigneusement entre deux types fondamentaux de réalité : le yech (l’être, le quelque chose) et l’ayin (le néant, le rien). Pour qu’une chose puisse naître à partir du néant — ce que la ‘Hassidout appelle yech méayin —, il ne suffit pas d’un seul degré de néant : deux degrés distincts doivent nécessairement être présents et interagir.
Le premier degré est le néant tel qu’il est inclus dans sa source et fusionné avec elle. Imaginons la lumière à l’intérieur même du luminaire : elle y est tellement absorbée, tellement fondue dans sa source, qu’elle ne peut en sortir d’elle-même. Les Sages l’ont exprimé par une formule élégante : « Parce qu’elle est occupée à absorber, elle n’émet rien. » La lumière qui demeure à l’intérieur du luminaire ne peut illuminer aucun espace extérieur, car elle est entièrement tournée vers l’intérieur, vers sa source. Dans cet état, elle représente le néant dans sa forme la plus absolue : une puissance immense, mais totalement enfouie, invisible, inopérante pour l’extérieur.
Cette même réalité s’illustre par l’image du serviteur qui se tient en présence du roi. Tant qu’il est devant lui, il est entièrement absorbé par cette présence souveraine : son moi propre s’efface, sa volonté individuelle disparaît, son existence singulière s’annule. Dans cet état d’annulation totale, il ne peut rien donner, rien transmettre, rien apporter à quiconque. C’est précisément parce qu’il est pleinement devant le roi qu’il ne peut être présent pour les autres. Ses ressources, si grandes soient-elles, demeurent entièrement inaccessibles. Il faut qu’il s’éloigne de la chambre royale pour que ses dons puissent s’exprimer au service d’autrui.
Les sources souterraines illustrent ce même principe d’une manière encore plus concrète et naturelle. L’eau qui s’accumule dans les profondeurs de la terre y est prisonnière de son abondance même : la pression de la roche et du sol l’empêche de jaillir librement. Ce n’est qu’à travers les veines de la terre, par une succession de filtrations et de contractions, que cette eau peut finalement émerger sous forme de sources vives ou alimenter les rivières. L’interruption — la distance par rapport à la source — est la condition même de la transmission.
Le deuxième degré du néant est d’une nature opposée : c’est le néant en tant que point de départ de l’être, le néant qui contient en lui la puissance de devenir. Ce n’est plus le néant absorbé dans sa source, mais le néant orienté vers l’extérieur, prêt à donner et à engendrer. C’est cette tension féconde entre les deux degrés — l’un absorbé dans la source, l’autre tourné vers l’autre — qui rend possible toute création véritable à partir du néant.
Le mécanisme de la croissance
C’est dans cette lumière que s’éclaire le mécanisme de la croissance végétale, tel que le comprend la ‘Hassidout. La koach hatsomea’h générale — la force de croissance qui réside dans la terre dans son ensemble — représente ce premier degré du néant : une puissance immense, mais contenue dans la terre comme la lumière dans le luminaire. Elle est, dans toute sa plénitude, la propriété fondamentale de la terre de faire croître. Pourtant, cette puissance ne se manifeste pas d’elle-même : elle demeure latente, enfouie, silencieuse, dans l’attente d’un éveil.
Pour qu’elle entre en action, un déclencheur extérieur est nécessaire — et c’est là que le grain de semence joue son rôle, mais d’une manière tout à fait surprenante et contre-intuitive. On pourrait croire que le grain « reçoit » de la terre une force de croissance qui lui permettrait ensuite de germer et de grandir, comme si la terre était un réservoir dans lequel le grain puisait. Ce n’est nullement ainsi que la ‘Hassidout comprend le processus. En réalité, c’est l’inverse qui se produit.
Lorsque le grain est déposé dans la terre, il commence à se décomposer. Son enveloppe physique se corrompt et se dissout progressivement. Or, dans ce processus de décomposition — qui semble n’être qu’une pure destruction — se joue quelque chose d’essentiel sur le plan spirituel. La force spirituelle contenue dans le grain, jusqu’alors enfermée dans ses limites propres et dans sa particularité, s’annule face à la force de croissance générale de la terre. Elle cesse d’être une force particulière et isolée pour devenir les mayin noukvin — les « eaux féminines » —, c’est-à-dire l’éveil qui monte du bas vers le haut, du récepteur vers la source, et qui stimule la source à se manifester vers l’extérieur.
C’est cet éveil qui déclenche la réponse de la koach hatsomea’h générale de la terre. Éveillée par l’annulation du grain, elle se met à rayonner vers l’extérieur et à faire croître une nouvelle plante — de la même espèce que le grain, mais infiniment plus grande et plus abondante. Un seul grain de blé donne une tige portant des dizaines de grains ; un noyau fruit donne un arbre qui produira des milliers de fruits pendant des décennies entières. La petitesse du grain, sa décomposition, son « sacrifice » en quelque sorte, est la condition même de cette profusion. C’est parce qu’il s’est annulé qu’une vie nouvelle, incomparablement plus riche, a pu éclore.
Quelque chose à partir du rien
C’est sur ce fondement que l’Admour Hazaken — Rabbi Chnéour Zalman de Liadi, fondateur du mouvement Habad et auteur du Tanya — établit l’un des enseignements les plus originaux et les plus profonds de toute la ‘Hassidout. Dans la vingtième épître de l’Iguereth Hakodech, il précise avec insistance que la koach hatsomea’h opère une véritable création à partir du néant — et non une simple transformation ou un développement de ce qui existait déjà.
Le grain lui-même a beau contenir en puissance cachée un aspect de la force de croissance — il l’a reçue lors de sa propre formation —, il ne peut pas « se faire pousser » lui-même. Ce serait là une simple évolution du yech (l’être existant) vers un autre yech, une transformation certes remarquable, mais pas une création véritable. Ce qui se passe est d’une autre nature entièrement : la koach hatsomea’h spirituelle de la terre fait surgir un être physique — la nouvelle plante — à partir d’elle-même, qui est de l’ordre du spirituel et du néant par rapport au physique. C’est précisément cette irruption du spirituel dans le physique, du néant dans l’être, qui constitue une authentique création yech méayin.
Ce principe remet en question notre intuition la plus naturelle. Nous avons spontanément tendance à penser que c’est le grain qui croît, que c’est lui qui se transforme et s’épanouit progressivement. La ‘Hassidout nous révèle que le grain cesse en réalité d’exister — il se décompose, il s’annule —, et que c’est la force divine cachée dans la terre qui crée quelque chose d’entièrement nouveau. La plante qui pousse n’est pas le grain transformé : elle est une création nouvelle, issue de la rencontre entre l’annulation du grain et la puissance infinie de D.ieu lovée dans la terre.
Voici les mots exacts de l’Admour Hazaken, tels qu’ils apparaissent dans le Tanya : « Le grain lui aussi est issu de la koach hatsomea’h, et il en contient un aspect en puissance cachée… C’est pourquoi, lorsque le corps du grain se décompose et se corrompt, la force de croissance qui y est investie s’annule face à la force de croissance générale qui est dans la terre, devient les mayin noukvin pour elle, et fait pousser à la manière du grain, etc. »
Son sens dans le service divin
Si la koach hatsomea’h n’était qu’un phénomène naturel digne d’intérêt, elle n’aurait pas eu besoin d’une épître entière dans le Tanya. L’Admour Hazaken la convoque parce qu’elle recèle un enseignement révolutionnaire sur la nature même du service de D.ieu et sur la manière dont l’Infini se manifeste dans le monde créé.
La question de fond est la suivante : où D.ieu se manifeste-t-il le plus intensément ? L’intuition naturelle — et même une certaine tradition de pensée religieuse — suggère que c’est dans le spirituel, dans les lumières divines, dans les révélations mystiques et les états d’élévation que la présence divine est la plus intense. Les choses physiques, elles, paraissent au mieux indifférentes à la spiritualité, au pire des obstacles à surmonter.
La koach hatsomea’h renverse radicalement cette perspective. La terre — inerte, opaque, sans vie apparente — est précisément le lieu où se manifeste la puissance créatrice la plus absolue de D.ieu, celle qui fait surgir du vivant à partir du non-vivant, de l’être à partir du néant. Les mondes spirituels, les anges, les lumières divines sont tous des êtres qui reçoivent et transmettent une influence venue d’en haut — ils sont des intermédiaires, des conducteurs, des canaux. Mais la terre, elle, est le lieu où D.ieu crée directement, sans intermédiaire, à partir de Sa propre Essence — car seul l’Infini peut faire surgir quelque chose à partir de rien.
Or, ce qui est vrai de la terre physique l’est également, et à plus forte raison, des Mitsvot. Lorsqu’un Juif pose ses Téfilines, donne de la Tsedaka, dépose une Mezouza, respecte le Chabbat — il accomplit des actes physiques, concrets, matériels. Et c’est précisément dans ces actes que se révèle l’Essence et la Quiddité de D.ieu, ce que la ‘Hassidout appelle Atsmout ouMahout — et non pas simplement un reflet ou un rayonnement lointain de la présence divine, tel qu’il se manifeste dans les sphères spirituelles supérieures.
Cette compréhension est porteuse d’une énergie extraordinaire pour le service divin quotidien. Elle signifie que ce n’est pas dans les états d’élévation mystique ni dans les expériences spirituelles sublimes que l’on touche D.ieu le plus profondément — mais dans l’acte le plus simple et le plus concret d’accomplissement d’une Mitsva. Le Juif qui pose ses Téfilines chaque matin, même sans ressentir d’émotion particulière, même dans l’aridité spirituelle apparente, touche à quelque chose que les anges eux-mêmes ne peuvent atteindre. Car les anges sont des êtres spirituels qui habitent les mondes supérieurs — et c’est précisément dans le monde physique, là où ils ne peuvent pénétrer, que se révèle l’Essence divine la plus profonde.
Le Rabbi Rayatz, Rabbi Yossef Its’hak Schneersohn, a témoigné de l’impact immense que cet enseignement a eu sur des générations de ‘hassidim, lors d’une Si’ha prononcée à Motsa’é Pessa’h 5694 (1934) :
« Les mots — « Son Essence et Sa Quiddité, dont l’existence procède de Lui seul, et Lui seul a le pouvoir et la capacité de créer quelque chose à partir du néant et du rien absolu » — ont ouvert chez les ‘hassidim de nouvelles sources de vitalité dans l’accomplissement des Mitsvot pratiques. »
Ces mots, que l’Admour Hazaken avait choisis pour décrire l’Essence divine dans la vingtième épître du Tanya, sont devenus pour des générations de ‘hassidim une clé d’accès à une vitalité inépuisable. Savoir que chaque Mitsva est le point de rencontre entre l’être humain limité et l’Infini absolu — non pas dans les hauteurs inaccessibles, mais dans le concret du quotidien — transforme chaque geste du service divin en un acte d’une portée cosmique et éternelle.
Parabole de la Tsedaka
La ‘Hassidout ne se contente pas d’exposer des principes abstraits : elle les relie toujours à la pratique concrète et à la vie de tous les jours. C’est pourquoi, dans la huitième épître de l’Iguereth Hakodech, l’Admour Hazaken mobilise la koach hatsomea’h comme parabole pour éclairer la nature profonde et la grandeur incomparable de la Tsedaka — le don aux nécessiteux, pilier fondamental de la vie juive.
Le parallèle est d’une clarté lumineuse et d’une richesse inépuisable. Lorsqu’un paysan dépose un grain dans la terre, il ne se contente pas de « perdre » ce grain : il éveille, par ce geste d’humilité, la force de croissance spirituelle que D.ieu a investie dans la terre depuis le premier jour de la Création. Ce n’est pas le grain qui va pousser — il va se décomposer et disparaître —, mais c’est la terre elle-même, animée par cette force divine invisible, qui va produire une récolte incomparablement plus abondante que la semence déposée. L’acte de semence est donc profondément un acte de foi : foi dans une puissance qui dépasse infiniment ce que l’on a mis en terre, et certitude que l’annulation du petit ouvre la porte à l’épanouissement du grand.
Il en est exactement de même pour la Tsedaka. Lorsqu’un Juif donne de l’argent à un pauvre, lorsqu’il se sépare d’une partie de ses biens pour les remettre à quelqu’un dans le besoin, cet acte dépasse de loin le simple transfert de richesse entre deux êtres humains. La ‘Hassidout révèle que la Tsedaka est semée dans la « terre supérieure » — le niveau spirituel correspondant au monde divin auquel l’acte de générosité se connecte directement — et que cet acte éveille en retour la koach hatsomea’h divine, la puissance infinie de D.ieu à créer et à donner sans limite.
Ce qui revient au donateur n’est pas simplement la satisfaction d’avoir bien agi, ni même une bénédiction matérielle, aussi réelle et bienvenue soit-elle. Ce qui fleurit en lui, grâce à ce geste d’annulation de soi qu’est le don véritable, est une forme d’amour profond et délectable envers D.ieu — ce que la ‘Hassidout nomme ahava béta’anougim, un amour dans les délices. De même que le grain déposé dans la terre s’annule et permet l’éclosion d’une récolte nouvelle et abondante, l’homme qui donne en s’effaçant crée en lui-même les conditions d’un épanouissement spirituel qui dépasse infiniment ce qu’il a offert.
La Tsedaka possède ainsi une double dimension inséparable. Sur le plan horizontal, elle secourt celui qui est dans le besoin et répare une injustice du monde. Sur le plan vertical, elle ouvre en celui qui donne un canal vers l’Infini — un canal par lequel la bénédiction divine peut s’épancher dans sa vie avec une abondance qui n’a aucune commune mesure avec l’acte initial. Comme le grain qui accepte de disparaître pour laisser place à la récolte, le donateur qui s’efface pour l’autre laisse la place à D.ieu Lui-même — et c’est D.ieu qui, en retour, fait croître en lui un amour et une joie que rien d’autre ne peut engendrer.votion.
Dans un Farbrenguen de fin du mois d’Iyar, trois récits extraordinaires illustrent comment les bénédictions du Rabbi atteignent leurs destinataires au moment précis où ils en ont le plus besoin. Du Farbrenguen de Youd Chevat à 770, en passant par les couloirs d’une Yéchiva en difficulté, jusqu’aux méandres d’une lettre oubliée pendant vingt ans, la Providence divine se manifeste avec une précision stupéfiante. Ces histoires témoignent que le lien avec le Rabbi transcende le temps et l’espace, et que ses bénédictions portent des fruits là où on les attend le moins.
La soirée de Motsaei Chabbat s’est ouverte sur les airs traditionnels d’Eliyahou Hanavi, avant que les participants ne se souhaitent mutuellement une bonne semaine. « Nous approchons de la fin du mois d’Iyar, rappela l’un des intervenants, un mois tout entier placé sous le signe des miracles et des merveilles qui dépassent les lois de la nature — avec la Hilloula de Rachbi [Lag BaOmer]. Que D.ieu accorde à chaque membre du peuple d’Israël une protection et un succès dans tout ce qui lui est nécessaire. »
Cinq fois « Le’haïm » : la bénédiction qui sauve d’un hold-up
Le Rav Mena’hem Zibel enseigne la Torah à Kfar Habad. Ce n’est pas un ‘hassid Habad, mais un homme qui dispense des cours réguliers dans le quartier et entretient des liens amicaux avec plusieurs membres de la communauté.
En l’an 5747 (1987), il se rendit aux États-Unis. Son itinéraire prévoyait un transit à New York avant de rejoindre le Mexique. Il contacta alors son ami, le Rav Yossef Reinitz, pour lui demander l’hospitalité. Celui-ci l’accueillit avec joie, puis lui annonça d’emblée : « Tu es arrivé ici par une Providence particulière — aujourd’hui c’est Youd Chevat, il y a ici un grand Farbrenguen. Tu dois absolument y venir ! »
Le Rav Zibel hésita : il était fatigué, n’était pas ‘hassid Habad, et ne voyait pas l’intérêt de la démarche. Mais son ami insista : « Tu ne sais pas ce qui t’attend. Cela vaut tous les efforts du monde. » Finalement, il accepta. Le Rav Reinitz lui trouva une place sur l’estrade, non loin du Rabbi.
Lorsque le Rabbi entra dans la synagogue, il prononça le nom du Rav Zibel. Puis, au moment où les ‘hassidim portaient des toasts, le Rav Zibel dit lui aussi Le’haïm. Le Rabbi ne détourna pas son regard de lui et lui fit signe de répéter. L’homme pensa qu’il s’agissait d’un geste habituel, et dit Le’haïm une seconde fois. Le Rabbi l’invita à nouveau à répéter — et ainsi de suite, jusqu’à cinq fois. Les ‘hassidim autour de lui le regardaient avec des yeux écarquillés : quelque chose d’inhabituel se passait.
Après le Farbrenguen, l’un des ‘hassidim s’approcha de lui et lui dit : « Il me semble que le Rabbi est en train d’œuvrer pour toi et de t’apporter des Yéchouot. »
Le lendemain matin — un mardi — le Rav Reinitz l’entraîna assister à la distribution de pièces de Tsedaka aux enfants. « Puisque tu es là et que l’affluence n’est pas excessive, dis au Rabbi que tu pars aujourd’hui. » Le Rav Zibel s’approcha et dit : « Je pars maintenant pour le Mexique, je demande une bénédiction et du succès. » Le Rabbi sembla ne pas l’avoir entendu et continua de distribuer les pièces. Puis, soudain, il se retourna vers lui et lui dit : « Va en paix et reviens en bonne santé et en paix. »
Le Rav Zibel répondit Amen. Il était heureux et ému, mais pensait encore qu’il s’agissait d’une formule ordinaire. Ce fut le Rav Reinitz qui, visiblement très ému lui-même, lui dit : « Écoute, cette bénédiction n’est pas la bénédiction habituelle du Rabbi. »
Le Rav Zibel monta dans un taxi et se rendit à l’aéroport. En chemin, il raconte avoir eu une vision du Rabbi, comme s’il le voyait à nouveau.
Le lendemain de son arrivée au Mexique, il entra dans un magasin d’appareils électroniques pour acheter des piles en urgence. Soudain, deux hommes masqués et armés firent irruption dans la boutique, ordonnèrent à tout le monde de se plaquer contre le mur et entreprirent de dépouiller les clients de leurs portefeuilles et de leurs effets personnels. Le Rav Zibel, réflexe de Jérusalémite, voulut crier — mais les malfaiteurs lui firent comprendre à leur manière qu’il valait mieux se taire.
C’est à cet instant précis qu’il se souvint de la bénédiction du Rabbi. Et dans les secondes qui suivirent cette pensée, des policiers envahirent le magasin, maîtrisèrent les braqueurs, les menottèrent et rendirent à chacun ce qui lui avait été pris.
Quelqu’un lui dit après coup : « Tu dois comprendre que dans une situation de braquage en cours, des policiers qui arrivent et réussissent à intervenir — c’est un miracle des miracles. Normalement, ils arrivent une demi-heure plus tard, s’ils viennent. » C’est alors qu’il comprit la signification des cinq Le’haïm et la portée de la bénédiction du Rabbi.
« Tout ira bien » : la bâtisse vendue cinq heures après la Ye’hidout
Le deuxième récit concerne le Rav Adelman de Springfield, l’un des doyens des Chlou’him. La scène se déroule lors de la première année qui suivit la disparition du Rabbi précédent. La Yéchiva avait besoin d’un nouveau bâtiment mais manquait de fonds. Le plan était simple : vendre l’ancien bâtiment pour financer le nouveau. Seulement, toutes les tentatives pour vendre cet immeuble échouèrent. L’emplacement, l’état du bâtiment, l’environnement — rien n’attirait les acheteurs. La situation devint critique : le propriétaire du nouveau bâtiment menaçait de les expulser faute de paiement.
Le Rav Adelman se rendit en Ye’hidout auprès du Rabbi — à une époque où celui-ci n’avait pas encore accepté la Neciout. Il lui décrivit la situation désespérée : les tentatives infructueuses depuis un an, le risque d’expulsion, l’avenir de la Yéchiva en jeu.
Le Rabbi lui répondit tranquillement : « Ce n’est pas grave. Tout ira bien. »
Le Rav Adelman reprit sa description des difficultés. Le Rabbi répéta une deuxième fois, avec les mêmes trois mots : « Tout ira bien. » La Ye’hidout prit fin sur ces paroles. Il était trois heures du matin.
Il rentra à Springfield et arriva à la Yéchiva vers huit heures du matin. À peine se trouvait-il devant l’entrée qu’une femme s’approcha de lui, un grand sac à la main, et lui demanda : « Est-il vrai que vous voulez vendre le bâtiment ? » Il confirma. « Alors je l’achète. »
Il tenta de lui exposer les problèmes de l’immeuble — l’état général, les rénovations nécessaires, le terrain compliqué. Elle l’arrêta : « J’ai épousé un homme fortuné. J’aime ce quartier parce qu’il y a des institutions religieuses juives. Et pour les rénovations — c’est l’affaire de mon architecte, pas la mienne. »
Cinq heures à peine après la fin de la Ye’hidout, le bâtiment était vendu et l’argent était en main.
Une lettre oubliée vingt ans : la Providence au service de la Chali’hout
Le troisième récit est celui de Gershon Tsvi Glick, fils du Rav Avroum Its’hak Hakohen Glick, Chalia’h bien connu en Europe. Après le décès de son père, Gershon Tsvi prit sa suite et continua à s’occuper des mêmes dossiers. Il avait une famille nombreuse, des dépenses importantes, et bien qu’il trouvât une grande satisfaction dans son travail de Chali’hout, celui-ci ne lui procurait aucun revenu — et même lui coûtait parfois de l’argent. Il ne savait plus quoi faire.
Il commença à envisager de réduire son engagement dans la Chali’hout pour se consacrer un peu aux affaires. Cela se passait après Guimel Tamouz. Il introduisit un billet dans les Igrot Kodech pour demander au Rabbi une orientation — mais aucune réponse ne se dégagea.
Il se souvint alors d’une vérité qu’on répète souvent : « Quand un homme s’attache au Rabbi et comprend où se trouve la source de toutes les Yéchouot, le Rabbi trouve toujours le moyen de répondre. Et quand on agit pour les intérêts du Rabbi, les choses s’arrangent. »
Le téléphone sonna. C’était le Rav Lévi Friz de Londres.
« Je reviens de Paris, lui dit-il. J’étais chez quelqu’un là-bas, et il m’a confié une lettre de ton père pour toi. »
Gershon Tsvi était stupéfait : son père était décédé depuis sept ou huit ans. « Une lettre de mon père ? Comment est-ce possible ? »
L’explication était la suivante : il y a vingt ans, un jeune homme d’un Beth Habad de Paris était venu rendre visite à Londres. Le père de Gershon Tsvi, en le voyant, lui avait remis une lettre à remettre à son fils. Le jeune homme était rentré à la Yéchiva de Brunoy et, pour une raison inexplicable, l’histoire de la lettre avait totalement échappé à sa mémoire. Vingt ans s’étaient écoulés. En faisant le ménage de Pessa’h et en vidant ses tiroirs, il avait retrouvé la lettre. Il avait croisé le Rav Lévi Friz à Paris et le lui avait remis en lui demandant de la transmettre lors de son retour à Londres.
« Ce qui m’a le plus étonné, dit Gershon Tsvi, c’est que je connaissais ce jeune homme — c’est l’homme le plus ordonné que j’aie jamais rencontré. Comment a-t-il pu oublier pendant vingt ans ? »
Quand il ouvrit l’enveloppe, il trouva à l’intérieur une lettre originale que le Rabbi avait adressée à son père, datée du 15 Mena’hem Av 5740 (1980). Habituellement, son père photographiait chaque lettre reçue du Rabbi et envoyait le double à la Yéchiva de Brunoy pour son fils. Cette fois — la seule fois — il avait envoyé l’original.
Au bas de la lettre, une bénédiction de la main même du Rabbi, en hébreu saint : une bénédiction pour l’abondance des moyens de subsistance et le succès dans toutes ses affaires.
La lettre avait dormi vingt ans dans un tiroir. Elle était arrivée au moment précis où son destinataire se trouvait au bord du gouffre à cause de difficultés matérielles.
« J’ai ressenti, conclut Gershon Tsvi, que le Rabbi m’envoyait un message : continue à t’occuper de la Chali’hout spirituelle — celle de ta propre âme et de celle du peuple juif. La Parnassa matérielle se chargera d’elle-même. »
Une révélation aussi inattendue qu’émouvante : le célèbre chanteur connu sous le pseudonyme « M », dont l’identité était demeurée secrète en raison de son service en tant que combattant infiltré dans les rangs ennemis, est désormais connu du grand public sous son vrai nom — Matan Hassan. À peine son identité dévoilée, un détail saisissant a refait surface : le matin même de ses premières représentations à New York, le chanteur avait choisi de commencer sa journée par une prière personnelle au Ohel sacré du Rabbi où il a sollicité une bénédiction pour le succès de cette nouvelle étape de sa vie.
Du secret des opérations à la lumière de la scène
Originaire de Tirat Yéhouda, Matan Hassan, 27 ans, a mené une double existence : celle d’un réserviste et ancien membre d’une unité infiltrée de la police des frontières, opérant dans la clandestinité la plus absolue, et celle d’un artiste dont la voix touchait des milliers de personnes sans que son visage soit jamais connu. Sous le seul pseudonyme « M », il avait interprété pendant la guerre plusieurs titres devenus viraux — parmi lesquels « I’m Coming Back » et « Be a Human Being » — suscitant un intérêt croissant du public et des médias, sans jamais révéler qui il était.
C’est précisément ce succès qui a précipité la fin de sa couverture : selon des responsables de la police des frontières, il aurait pu continuer à servir dans l’unité s’il avait été connu uniquement comme artiste. Or, dans son cas, c’est sa fonction d’agent infiltré qui avait été révélée en premier, rendant toute discrétion opérationnelle impossible. La levée du secret sur son identité marque donc un tournant décisif — Matan Hassan peut désormais se présenter à visage découvert devant un public qui ignorait jusqu’alors jusqu’à son prénom.
Une première à New York sous le signe de la foi
C’est dans ce contexte de renouveau que s’est inscrit son premier voyage à New York, où il devait se produire en concert pour la toute première fois sous sa véritable identité. Mais avant de monter sur scène, avant les répétitions et les rencontres, Matan Hassan a fait un autre choix : celui de commencer par se rendre au Ohel du Rabbi de Loubavitch, à Queens.
Ce geste discret, profondément intime, témoigne d’une démarche spirituelle sincère. Au Ohel, le chanteur s’est recueilli et a adressé une prière personnelle, demandant la bénédiction du Rabbi pour la réussite de cette nouvelle voie qui s’ouvre à lui — celle d’un artiste enfin libre d’exister pleinement au grand jour.
« Not Afraid » : un premier titre sous son vrai nom
Le 6 mai 2026, Matan Hassan a franchi une nouvelle étape en publiant son premier single sous son vrai nom : « Not Afraid » — « Sans peur » en français. Le titre résonne comme un manifeste personnel, reflet d’un parcours tout entier marqué par le courage : celui du combattant qui opère dans l’ombre sans jamais faiblir, et celui de l’artiste qui choisit désormais de s’affirmer à la lumière.
Un engagement militaire qui se poursuit
La fin de sa couverture ne signifie pas pour autant la fin de son service. Son entourage indique qu’il continuera à servir dans un rôle combattant, adapté à sa nouvelle visibilité publique. Une transition qui illustre toute la complexité de concilier impératifs de sécurité nationale et reconnaissance artistique — deux univers que Matan Hassan a longtemps habités simultanément, et qu’il entend continuer à honorer, chacun à sa manière.
Un symbole fort pour une nouvelle étape
Le choix de débuter ce chapitre inédit par une visite au Ohel revêt une signification particulière. Pour de nombreux Juifs, ce lieu saint représente un point d’ancrage spirituel, un espace où l’on vient déposer ses espoirs et ses prières avant d’entreprendre quelque chose d’important. Que Matan Hassan ait choisi d’y passer en premier, avant même de fouler la scène new-yorkaise, en dit long sur ses valeurs et sur la manière dont il envisage son avenir.
Cette image — celle d’un ancien combattant de l’ombre, devenu chanteur reconnu, priant en silence devant la sépulture du Rabbi — restera sans doute comme l’un des moments les plus forts de ce chapitre de révélation.
Levi Leviev, président du Congrès juif boukhare, a effectué une visite chargée d’émotion au centre mondial Habad du 770 Eastern Parkway, à Brooklyn. Il y a retrouvé le secrétaire du Rabbi, le Rav ‘Haïm Yehouda Krinsky, et partagé avec une délégation de femmes russophones ses précieux souvenirs de ses rencontres avec le Rabbi de Loubavitch. La journée s’est conclue par une généreuse donation en faveur de la Yéchiva Loubavitch, couronnant ainsi un lien familial indéfectible avec le mouvement Habad.
Une arrivée au cœur du 770
R’ Levi Leviev, président du Congrès juif boukhare, s’est rendu au cours de son séjour aux États-Unis au centre mondial Habad — le célèbre 770 Eastern Parkway, à Brooklyn. Il était accompagné du directeur général du Congrès, le Rav Yehouda Bloy, ainsi que des émissaires du Rabbi auprès de la communauté boukhare en Amérique, le Rav Zalman Zevoulonov et le Rav Levi Its’hak Volovik.
Dès son arrivée à l’entrée du 770, Leviev a rencontré un groupe de femmes russophones venues en compagnie du Chalia’h, le Rav Alex Prouchansky. Ces femmes, diplômées des établissements Or Avner dans les pays de la Communauté des États indépendants, ont eu le privilège d’entendre Leviev leur confier ses souvenirs les plus intimes : ses rencontres avec le Rabbi de Loubavitch, et les années durant lesquelles il avait eu la chance de recevoir de lui des orientations et des réponses personnelles. Un moment d’une intensité rare, empreint de nostalgie et de gratitude.
Une rencontre chaleureuse avec le Rav Krinsky
Leviev s’est ensuite rendu au domicile du secrétaire du Rabbi, le Rav Yehouda Krinsky. L’entretien entre les deux hommes s’est déroulé dans une atmosphère de profonde affection et de complicité, l’un et l’autre plongeant ensemble dans leurs souvenirs communs des années où le Rav Krinsky avait accompagné de près les activités de Leviev aux côtés du Rabbi.
La chambre du Rabbi et la bibliothèque Habad
Le Rav Chemouel Krinsky a ensuite guidé personnellement Leviev dans une visite intime de la demeure du Rabbi, lui faisant découvrir sa chambre et les trésors de la bibliothèque Habad. C’est là qu’il a également rencontré le bibliothécaire, le Rav Berel Levin.
Lors de ce parcours, Leviev a été profondément ému d’apprendre du Mashbia’, le Rav ‘Haïm Baruch Halberstam, que le fascicule du Dvar Malkhout repose en permanence sur le bureau du Rabbi et est remplacé chaque semaine par le nouveau numéro — une tradition qui perpétue, semaine après semaine, la présence vivante de l’enseignement du Rabbi.
Un don généreux pour la Yéchiva Loubavitch
Plus tard dans la journée, la famille Leviev s’est rendue à la Yéchiva Loubavitch, où les petits-fils de Leviev ont étudié au fil des années. Lors de cette visite, Leviev a annoncé un don destiné à financer la construction de deux étages supplémentaires dans le bâtiment de la Yéchiva — un établissement d’où sont sortis des centaines de Chlou’him déployés aux quatre coins du monde.
La direction de la Yéchiva a projeté à la famille un film retraçant les liens tissés au fil des décennies entre la famille Leviev, le mouvement Habad et les Admorim de Loubavitch — un témoignage poignant d’une fidélité transmise de génération en génération.
La paracha Behar nous confronte à l’une des promesses divines les plus étonnantes de la Torah : la sixième année, lorsque la terre est à son point d’épuisement maximal, elle produira une récolte suffisante pour trois années entières. Les Si’hot du Rabbi révèlent que la question « que mangerons-nous la septième année ? » n’est pas le doute d’un fils impie, mais l’émerveillement légitime d’un fils sage qui cherche à comprendre le mécanisme d’un miracle hors-normes. Cette Si’ha dresse un parallèle saisissant entre la sixième année de la Chemita et le sixième millénaire dans lequel nous vivons : notre génération « épuisée » est précisément celle que D.ieu a choisie pour faire descendre dans le monde les révélations de l’ère du Machia’h.
La promesse divine pour le respect du repos de la terre
La paracha Behar (25, 3) établit les lois fondamentales de la Chemita et du Yovel : pendant six années, l’homme ensemencera son champ, mais la septième année sera un chômage absolu accordé à la terre, un Chabbat pour D.ieu. Après sept cycles de sept années — soit quarante-neuf ans —, la cinquantième année sera le Yovel (le Jubilé) : nulle semence, nulle récolte.
Face à l’observance de ces lois, D.ieu formule une promesse solennelle : la terre donnera son fruit — « vous ne craindrez pas d’année de famine », précise Rachi — et les hommes mangeront à satiété, « la bénédiction résidant même dans les entrailles », selon le même commentateur, et ils habiteront en sécurité sur la terre. Mais alors surgit, dans le texte même de la Torah, une question dont on pourrait croire qu’elle ne devrait jamais être posée par un peuple ayant déjà vu tant de miracles : « Que mangerons-nous la septième année ? » La réponse divine est aussi ferme que spectaculaire — D.ieu accordera Sa bénédiction la sixième année, et la terre produira une récolte pour trois années entières, de sorte que la récolte ancienne sera consommée jusqu’à la neuvième année.
Un sujet antérieur similaire : les quatre fils de Pessa’h et leurs questions
Pour saisir la portée de cette question, les Si’hot du Rabbi nous invitent à un retour en arrière, vers un passage antérieur de la Torah qui traite d’une structure identique : celle des quatre fils de Pessa’h. La Torah (Bo 12, 24) évoque l’enfant qui demande « qu’est-ce que ce service pour vous ? » — question que Rachi identifie comme celle du fils impie. Ibid. (13, 8) décrit le fils qui ne sait pas poser de question, auquel son père doit raconter la sortie d’Égypte. Ibid. (13, 12-14) introduit l’enfant qui demande « qu’est-ce que cela ? » à propos du rachat du premier-né, que Rachi identifie comme le fils simple — un enfant qui ne sait pas approfondir sa question. Ailleurs, il est dit (Vaet’hanane 6, 20) : « quels sont les témoignages, les lois et les statuts que l’Éternel notre D.ieu vous a ordonnés ? » — voilà, selon Rachi, la question du fils sage.
Selon le sens simple, les questions du fils simple et du fils sage ne se limitent pas aux lois du Seder
Le but du commentaire de Rachi sur la Torah est d’en expliquer le sens simple (le péchat). Or, selon le sens littéral des versets, la question du « fils simple » — qui demande « qu’est-ce que cela ? » — ne concerne pas les Mitsvot du soir de Pessa’h, comme on le lit généralement dans le contexte hala’hique de la Haggada, mais bien la Mitsva du premier-né, puisque sa question est écrite à la suite du verset traitant de cette Mitsva. De même, la question du fils sage — « quels sont les témoignages, les lois et les statuts ? » — n’est pas liée à la nuit de Pessa’h selon le sens simple ; il interroge de manière générale sur l’ensemble des Mitsvot que D.ieu a ordonnées.
Faut-il répondre à toutes les questions, même les plus naïves ?
Une question surgit alors : si la Torah commande de répondre au fils impie et au fils qui ne sait pas poser de question lors du seder de Pessa’h, on aurait pu penser que c’est une loi spécifique à cette nuit particulièrement chargée de sens, car pour ces deux types de fils, si l’on ne leur explique pas les Mitsvot, ils risquent de ne pas les accomplir. Mais lorsque l’on arrive à la Mitsva du rachat du premier-né, un enseignement d’une portée universelle émerge : même pour d’autres Mitsvot, la Torah nous oblige à répondre aux questions du fils, y compris — et c’est remarquable — s’il s’agit des questions d’un fils « stupide ». Dès lors, une évidence s’impose : si la Torah nous oblige à répondre aux questions naïves, il faut a fortiori répondre aux questions studieuses du fils sage. Rachi lui-même le confirme : « ailleurs il est dit… la question du fils sage ».
Quel type d’enfant pose la question « que mangerons-nous ? »
Lorsque la Torah place la question « lorsque vous direz : que mangerons-nous la septième année ? » à la fin du passage traitant de la Chemita et du Yovel, elle indique par ce positionnement même qu’il ne s’agit pas de la question du fils impie qu’il aurait fallu convaincre d’emblée de respecter la Chemita. C’est bien la « question du fils sage », et le contenu de son interrogation est noble : il souhaite comprendre les détails et les modalités de la bénédiction « la terre donnera son fruit et vous mangerez à satiété ». De quelle manière exacte la bénédiction de D.ieu s’accomplira-t-elle durant les années où « nous ne sèmerons pas et ne récolterons pas notre production » ? Et la réponse lui est donnée : la bénédiction s’accomplira de telle manière que la terre donnera, la sixième année, une grande récolte — « et elle produira la récolte pour trois années ».
Après tant de miracles répétés, le doute est-il permis ?
On pourrait se demander comment un peuple qui a vu la mer se diviser, la manne tomber du ciel et l’eau jaillir du rocher peut encore s’interroger sur la providence divine. Mais les Si’hot éclairent la nature profonde de la Chemita : elle est avant tout un effort spirituel d’effacement de l’égo, une acceptation totale du joug de la royauté céleste. Or, c’est précisément du fait de cet « égo » que la question peut ressurgir à chaque génération — et à chaque fois, il faut y répondre à nouveau : « Je donnerai Ma bénédiction… »
Cependant, la question du fils sage est d’une toute autre nature. Ses interrogations ne proviennent pas de l’égo — à D.ieu ne plaise — mais au contraire de la sagesse et de l’émerveillement. Son étonnement procède du fait que ce miracle est totalement à l’opposé des lois de la nature : selon les lois naturelles, le champ « s’affaiblit » d’année en année, ainsi que le souligne Maïmonide dans le Guide des Égarés (3, 39). Et pourtant, ici, précisément la sixième année, lorsque la terre est au point le plus bas de son épuisement, elle produit une récolte pour trois années entières ! Ce n’est pas le doute qui motive la question du fils sage — c’est la stupéfaction face à la grandeur du miracle.
C’est bien la « génération épuisée » qui fera venir le Machia’h
Les Si’hot du Rabbi dévoilent ici un enseignement d’une profondeur vertigineuse. Nous nous trouvons dans le sixième millénaire — période qui correspond symboliquement à la « sixième année » de la Chemita. En raison de la décadence progressive des générations, nous sommes « plus faibles » que toutes les générations qui nous ont précédés. Et la question se pose avec une acuité toute particulière : comment des hommes aussi limités peuvent-ils espérer produire la Délivrance et amener la « septième année » — l’ère du Machia’h ?
La réponse du Saint béni soit-Il est identique à celle formulée pour la Chemita : « Je donnerai Ma bénédiction… » Lorsque l’on accomplit le service divin pendant la période de l’exil avec abnégation et effacement, au-delà de la raison et de la compréhension, D.ieu accorde Sa bénédiction d’en-haut. Dans la semence de la sixième année résidera la bénédiction, et elle produira une récolte pour trois années — faisant ainsi « descendre » dans le monde les révélations du futur, révélation après révélation après révélation (Osée 6, 2). C’est précisément notre génération, la plus « épuisée » de toutes, qui, par le miracle divin, est appelée à produire la triple révélation de l’ère messianique. Le paradoxe est au cœur du message : plus la terre est faible, plus le miracle est grand.
Des explosions ont secoué le port de Bandar Abbas et l’île de Qeshm dans le détroit d’Ormuz, plongeant la région dans une confusion totale quant à leur origine. Un haut responsable américain a confirmé à Fox News que c’est Washington — et non Israël ni les Émirats arabes unis — qui a conduit les frappes, tout en précisant qu’elles ne constituent pas une reprise des hostilités. Avant minuit, de nouvelles déflagrations ont été signalées à Téhéran, puis à Abou Dhabi et Dubaï, portant la tension à son paroxysme dans l’ensemble du Golfe persique.
Des explosions énigmatiques au cœur du détroit d’Ormuz
L’agence iranienne Fars, proche des Gardiens de la Révolution, a rapporté ce jeudi soir des explosions à proximité du port de Bandar Abbas ainsi que sur l’île de Qeshm, dans le détroit d’Ormuz. Dans un premier temps, ces déflagrations ont été attribuées à une activité de la marine des Gardiens de la Révolution. Mais l’agence a rapidement fait volte-face, livrant une version nettement plus dramatique : des « échanges de tirs entre les forces iraniennes et l’ennemi » auraient eu lieu, et un quai du port de Hamn, sur l’île de Qeshm, aurait été touché. Parallèlement, l’agence Mehr a affirmé que « deux aéronefs hostiles ont été détruits dans les cieux de Bandar Abbas et de Qeshm ».
Israël dément, l’Iran accuse les Émirats
Israël a catégoriquement nié tout lien avec les incidents survenus dans le sud de l’Iran. Dans le même temps, deux hauts responsables iraniens ont mis en cause les Émirats arabes unis, laissant entendre, dans une conversation avec le New York Times, qu’il s’agirait d’une vengeance d’Abou Dhabi après l’attaque iranienne lancée contre eux trois jours plus tôt. L’agence Tasnim a abondé dans ce sens : « Certaines sources affirment que les explosions sont liées à un accrochage avec de petits aéronefs et à une action hostile des Émirats à Qeshm. Si cela se confirme, les Émirats arabes unis paieront le prix de cet acte. » Le commandant de l’armée iranienne, Amir Hatami, est allé plus loin sur le réseau social X : « Ils le regretteront », a-t-il menacé, sans désigner explicitement sa cible.
Washington revendique discrètement les frappes
C’est finalement Fox News qui a levé une partie du voile. La chaîne américaine a révélé, citant un haut responsable de Washington, que les frappes contre l’île de Qeshm et le port de Bandar Abbas avaient bien été menées par les États-Unis, et non par les Émirats ou Israël. Ce responsable a tenu à préciser que ces opérations « ne constituent pas une reprise de la guerre ». La correspondante de Fox News, Jennifer Griffin, a suggéré que les frappes américaines constituaient en réalité une réponse à l’attaque iranienne contre les Émirats arabes unis survenue lundi, sans toutefois l’affirmer explicitement, se contentant d’indiquer qu’elles étaient intervenues « à la suite de » cet événement.
L’Iran riposte : « nous avons ouvert le feu sur des destroyers américains »
La télévision d’État iranienne a cité un « responsable militaire » selon lequel, en réponse à l’attaque américaine contre un pétrolier iranien, « l’ennemi dans le détroit d’Ormuz a essuyé des tirs iraniens et a été contraint de fuir après avoir subi des dommages ». Il convient de rappeler que l’armée américaine avait annoncé la veille avoir neutralisé le pétrolier iranien M/T Hasna, dans le cadre du blocus des ports iraniens, à l’aide de tirs d’un avion de combat F/A-18 décollant du porte-avions Abraham Lincoln, après que le navire avait ignoré les avertissements et tenté de forcer le blocus pour rejoindre un port iranien.
L’agence Tasnim a ensuite cité des sources affirmant que la marine iranienne avait attaqué trois destroyers américains à proximité du détroit d’Ormuz : « Les destroyers fuient en direction du golfe d’Oman. L’attaque contre eux a été menée à l’aide de missiles et de drones kamikazes. »
Propagation des explosions : Téhéran, Abou Dhabi, Dubaï
Environ deux heures après les premiers rapports sur les explosions de Bandar Abbas, peu avant minuit (heure israélienne), l’Iran a signalé l’activation de ses systèmes de défense antiaérienne dans l’ouest de Téhéran. Il n’est pas encore établi si une attaque a également eu lieu dans la capitale. Un quart d’heure avant minuit, l’agence Mehr a fait état d’une nouvelle explosion à Bandar Abbas, puis, cinq minutes plus tard, à Minab, à proximité des côtes du détroit d’Ormuz. À minuit précise, des explosions ont été signalées à Abou Dhabi, capitale des Émirats arabes unis, puis à Dubaï.
Le « projet Liberté » suspendu, mais peut-être pas pour longtemps
Ces événements surviennent trois jours après que l’Iran a tiré pour la première fois depuis la fin de la guerre des missiles sur ses voisins. Selon le ministère de la Défense des Émirats, douze missiles balistiques, trois missiles de croisière et quatre drones avaient été lancés depuis l’Iran le lundi précédent — au lendemain du lancement du « projet Liberté », l’opération américaine visant à rétablir la libre circulation des navires dans le détroit d’Ormuz, que le président Donald Trump avait entre-temps suspendue.
Le Wall Street Journal a rapporté ce soir que l’administration Trump examine la possibilité de relancer cette opération. Selon NBC, la suspension avait également été motivée par la décision de l’Arabie saoudite d’interdire à l’armée américaine l’utilisation de ses bases et de son espace aérien — décision à laquelle le Koweït avait fait écho. Or, d’après le Journal, ces restrictions auraient depuis été levées par les deux pays. Des sources américaines ont indiqué que la date de reprise du dispositif reste indéterminée, mais que cela pourrait intervenir dans les tout prochains jours. Un haut responsable américain cité par Al-Jazeera a néanmoins démenti ces informations, affirmant que les rapports sur une reprise imminente du « projet Liberté » sont inexacts.
L’utilisation des bases saoudiennes et koweïtiennes ainsi que des espaces aériens de ces deux pays est jugée indispensable à la capacité opérationnelle de l’armée américaine dans ce cadre. Selon le Journal, les restrictions avaient été imposées après que des responsables américains avaient minimisé la portée des attaques iraniennes du début de semaine, les qualifiant de frappes « en dessous du seuil d’une reprise de guerre ». Les pays du Golfe craignaient en outre que Washington ne les protège pas en cas d’escalade prolongée.
Trump avait suspendu l’opération dans la nuit de mardi à mercredi — selon les informations disponibles, après un appel téléphonique avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, qui lui avait fait part de ses inquiétudes et de la décision d’Arabie saoudite de restreindre l’accès à ses installations. Dans le message annonçant la suspension, Trump a indiqué l’avoir fait à la demande du Pakistan — médiateur dans les discussions avec l’Iran — ainsi que « d’autres pays ». Les restrictions saoudiennes auraient été levées après un nouvel entretien entre Trump et ben Salmane.
Des négociations fragiles sur fond de tension maximale
Trump avait déclaré, en annonçant la suspension du « projet Liberté », que des pourparlers avancés étaient en cours avec Téhéran en vue d’un accord. Le site Axios a rapporté que ces négociations portent sur un mémorandum d’entente préliminaire d’une page comportant quatorze points, par lequel les deux parties déclareraient la fin de la guerre et ouvriraient une période de trente jours de négociations destinées à aboutir à un accord détaillé sur les différents points de friction — au premier rang desquels le programme nucléaire iranien.
Selon les informations en provenance des États-Unis, l’administration américaine attend désormais la réponse de l’Iran à sa dernière proposition. À Téhéran, la réaction aux informations publiées a été empreinte d’un certain mépris : l’un des hauts responsables a qualifié le rapport d’Axios de « liste de vœux américaine », tandis que le président du Parlement iranien, Mohammad Baqer Qalibaf, a écrit sur X : « L’opération ‘Compte sur moi, frère’ a échoué. On revient maintenant à la normale avec l’opération ‘Fake-cios’. » Qalibaf faisait visiblement allusion au rapport publié par Axios.