par hassidout | 17 Mai, 2026 – 1 Sivan 5786 | MAGAZINE |
« Malheur au méchant, malheur à son voisin » — cet adage millénaire de la Torah résonne avec une acuité troublante dans le quotidien de nombreuses familles. Des voisins au comportement hostile, bruyant ou délibérément malveillant peuvent transformer un foyer en un lieu de tension permanente. Face à ces épreuves usantes, le Rabbi a livré à travers sa vaste correspondance des réponses d’une profondeur saisissante qui dépassent de loin les simples conseils de prudence. Ses enseignements tissent un lien indissoluble entre l’action concrète, la psychologie humaine et l’élévation spirituelle, offrant à celui qui souffre non seulement un remède, mais une véritable transformation intérieure.
Le mauvais voisin intérieur : un miroir spirituel
Lorsque nous souffrons des agissements d’autrui, le premier réflexe — humain, compréhensible — est de regarder vers l’extérieur : c’est lui le coupable, c’est lui qui doit changer. Le Rabbi nous invite pourtant à une démarche autrement plus exigeante et, au fond, autrement plus libératrice : le retour sur soi. Car avant même de chercher à modifier le comportement de l’autre, il nous demande d’identifier la racine spirituelle du problème en nous-mêmes.
Dans sa correspondance, il souligne que les difficultés relationnelles avec l’entourage découlent souvent d’un manque de vigilance dans notre propre service divin. Il écrit : « Au sujet de ce qu’il écrit dans sa lettre concernant de mauvais voisins : dans la plupart des cas, cela provient d’un manque de concentration lors des bénédictions du matin, au moment où l’on prie « préserve-nous… d’un mauvais voisin. » Et surtout, de mauvais voisins est souvent un phénomène dont on souffre quand on ne s’applique pas suffisamment à lutter contre le « mauvais voisin » qui réside dans le cœur de l’homme — c’est-à-dire le mauvais penchant. » Igrot Kodech, tome VIII, lettre 2 450
Cette réponse peut surprendre, voire heurter au premier abord. Pourquoi, en effet, me parler de mes prières lorsque c’est mon voisin qui fait du bruit à trois heures du matin ? Le Rabbi ne cherche pas à minimiser la souffrance réelle que cause la cohabitation difficile. Il pointe vers une vérité plus profonde : notre monde extérieur est souvent le reflet de notre monde intérieur. La prière du matin, et notamment les Birkot Hachakhar — les bénédictions de l’aube —, contient une supplique explicite pour être préservé d’un mauvais voisin. Réciter ces mots avec une attention véritable, en comprenant leur sens et en s’y abandonnant avec foi, constitue déjà un acte protecteur puissant.
Mais le Rabbi va plus loin encore. Il identifie dans le mauvais voisin extérieur le symbole du « mauvais voisin intérieur » — le yetser hara, l’instinct négatif qui habite chacun d’entre nous et qui nous pousse au mal, à la paresse spirituelle, à la colère, à la jalousie. Tant que nous n’engageons pas la bataille contre cet ennemi intérieur, il ne faut pas s’étonner de voir surgir, dans notre environnement immédiat, des manifestations extérieures de cette même réalité. Le Rabbi garantit qu’en redoublant d’efforts dans ces deux domaines — la ferveur des prières matinales et le travail sur nos propres pulsions négatives —, on constate une amélioration tangible vis-à-vis du voisin physique. La réalité extérieure, enseigne la Hassidout, n’est jamais entièrement séparée de celle que nous cultivons au-dedans.
La foi comme bouclier : percevoir la main divine dans l’adversité
Une fois ce premier travail entamé, le Rabbi propose un second déplacement de regard, non plus vers l’intérieur de soi, mais vers la source même de toute réalité : D.ieu. Pour ne pas sombrer dans l’anxiété ou la rancœur, il est nécessaire de changer radicalement de perspective sur celui qui nous cause du tort — et de comprendre qui il est vraiment, au sens métaphysique du terme.
Le Rabbi rappelle ici un principe fondamental de la Hassidout : rien n’existe en dehors de la volonté de D.ieu, pas même l’énergie de celui qui nous nuit. Cette vérité, loin d’être une abstraction théologique, a des conséquences immédiates et pratiques sur la manière dont nous vivons le conflit.
Même à l’instant précis où l’autre commet un acte malveillant, « la puissance de D.ieu et le souffle de Sa bouche bénie s’habillent en lui, lui donnant vie et le soutenant » (Igrot Kodech, tome XXI, lettre 8 299). Ce n’est pas une façon de blanchir le comportement du fauteur — celui-ci demeure pleinement responsable de ses actes devant D.ieu et devant les hommes. Mais pour celui qui subit le tort, cette perspective change tout : l’adversaire n’est, en fin de compte, qu’un instrument. Derrière le masque du voisin hostile se dissimule la main de la Providence, qui œuvre selon des desseins que notre raison ne peut toujours saisir.
Ce principe reçoit un nom précis dans la pensée juive : la Hachga’ha Pratit, la Providence particulière. Il ne s’agit pas d’une surveillance générale et lointaine exercée par D.ieu sur le monde en général, mais d’une attention individuelle, minutieuse, portée sur chaque être humain, à chaque instant de son existence. Le Créateur du monde sait ce que vous traversez. Il connaît votre voisin, votre immeuble, vos nuits sans sommeil et vos journées épuisées. Et puisqu’Il est l’essence même du bien absolu, tout ce qu’Il orchestre — même ce qui nous échappe — est orienté vers notre bien.
Dès lors, face à la protection divine, les attaques d’un homme perdent toute leur substance et leur pouvoir de nous atteindre vraiment (Igrot Kodech, tome XIII, lettre 4 475). La foi n’est pas une fuite hors de la réalité : c’est le bouclier le plus solide qui soit, car elle nous ancre dans une réalité plus grande que celle que nous percevons immédiatement.
L’indifférence : la plus efficace des réponses
Sur le plan purement relationnel et psychologique, le Rabbi préconise une attitude qui peut paraître contre-intuitive mais qui s’avère, à l’usage, d’une redoutable efficacité : le détachement souverain. Face à un voisin qui cherche délibérément le conflit, qui multiplie les provocations et semble se nourrir de la tension qu’il crée, la réaction attendue — et donc souhaitée — est la colère, l’indignation, la riposte. C’est précisément ce piège qu’il faut déjouer.
L’expérience montre que lorsque la personne malveillante réalise que ses actes n’ont aucune prise sur vous, que ses provocations glissent sur vous comme l’eau sur la pierre et qu’on ne leur accorde aucune attention, son envie de continuer s’émousse progressivement jusqu’à disparaître entièrement (Igrot Kodech, tome XIII, lettre 4 475). Le conflit, pour durer, a besoin de deux parties. En refusant d’en être une, on en coupe le combustible.
Mais comment atteindre cette maîtrise intérieure lorsque les nerfs sont mis à rude épreuve ? Le Rabbi ne se contente pas de formuler le conseil — il en fournit le fondement philosophique et spirituel. Il suggère de méditer attentivement sur le chapitre 25 de l’Iggeret HaKodech, incluse dans le Tanya, ouvrage fondateur rédigé par l’Admour Hazaken, Rabbi Chneour Zalman de Lyadi, fondateur du mouvement Habad. Ce texte d’une densité remarquable explique pourquoi la colère équivaut spirituellement à l’idolâtrie — affirmation qui mérite d’être comprise dans toute sa portée.
Le Rabbi cite ce passage central : « Car au moment de sa colère, la foi l’a quitté, car s’il avait vraiment cru que cela lui venait de D.ieu, il ne se serait pas mis en colère du tout. Et bien qu’un être humain doué de libre arbitre le maudisse, le frappe ou lui cause un préjudice matériel, et soit passible devant les tribunaux humains et célestes pour la malveillance de son choix, néanmoins, pour celui qui subit le tort, cela avait déjà été décrété du Ciel, et D.ieu a de nombreux messagers. »
Le raisonnement est d’une logique implacable : si je crois vraiment que tout ce qui m’arrive provient de D.ieu, si ma foi en la Providence particulière est sincère et non simplement intellectuelle, alors la colère devient impossible. Car à qui m’en prendrais-je ? L’instrument n’est pas la cause. Me mettre en colère contre mon voisin revient à méconnaître la vérité profonde de la situation — c’est, en ce sens précis, une forme d’idolâtrie, c’est-à-dire attribuer à une créature un pouvoir autonome qui n’appartient qu’au Créateur. Comprendre cela ne supprime pas la souffrance, mais lui retire sa capacité à nous corroder de l’intérieur.
L’action concrète : médiation humaine et renforcement spirituel
Les enseignements du Rabbi ne sombrent à aucun moment dans un idéalisme désincarné. Le judaïsme ne prône pas un stoïcisme passif qui se contenterait d’endurer en silence. Il s’agit au contraire d’agir — mais d’agir avec intelligence, sur plusieurs fronts simultanément, en articulant les moyens humains et les ressources spirituelles.
Sur le plan humain, il ne faut jamais désespérer du dialogue, même lorsqu’il semble impossible d’établir un contact direct avec la partie adverse. Il est parfois nécessaire de passer par des tiers — des personnes qui connaissent bien les deux parties, qui jouissent d’une autorité morale reconnue ou qui ont accès à des leviers d’influence que nous n’avons pas. L’usage ancien est de rechercher des médiateurs capables de trouver les mots justes, l’approche appropriée, le moment propice pour fléchir la position du voisin indélicat. Même si la situation paraît totalement bloquée, le Rabbi rappelle avec insistance que tout être humain reste influençable — que nul n’est définitivement fermé au changement — lorsque l’on sait s’adresser à lui de la bonne manière, par les bons intermédiaires et dans un esprit de recherche de paix sincère.
Sur le plan spirituel, la logique de la réponse découle directement de la façon dont on comprend l’épreuve elle-même. Si l’on traverse cette situation difficile avec la conviction qu’elle nous est envoyée du Ciel non comme une punition arbitraire, mais comme une occasion de purifier notre âme et de l’élever, alors la réponse naturelle et logique ne peut être que l’action sainte. Tout ajout dans l’étude de la Torah — une page supplémentaire le matin, un chapitre de Michnayot avant la prière du soir — ouvre des canaux de bénédiction que les circonstances difficiles ne peuvent refermer. Tout ajout dans l’accomplissement des Mitsvot — une Mezouza vérifiée avec soin, des Téfilines posées avec davantage de concentration — attire sur l’âme et sur la maisonnée une lumière protectrice supplémentaire. Ces efforts cumulés attirent des bénédictions divines dans tous les aspects de la vie, y compris dans le dénouement du conflit de voisinage (Igrot Kodech, tome XIV, lettre 5 164).
La Tsedaka également, donnée avec intention et générosité, occupe une place particulière dans cette démarche. Les textes enseignent qu’elle a le pouvoir de transformer les décrets célestes — et un voisin difficile n’est jamais, rappelons-le, qu’un décret céleste habillé en homme. Donner à ceux qui sont dans le besoin, même modestement et régulièrement, constitue une réponse spirituelle d’une puissance insoupçonnée face aux épreuves de la vie quotidienne.
Conclusion : quand l’épreuve devient catalyseur
Pris dans leur ensemble, les enseignements du Rabbi accomplissent quelque chose de remarquable : ils transforment une situation subie, épuisante et apparemment stérile en une véritable opportunité de croissance personnelle et spirituelle. Ce qui semblait n’être qu’un obstacle devient un tremplin. Ce qui paraissait n’être qu’une malédiction révèle, sous le regard de la foi, la structure d’une bénédiction voilée.
En combinant la recherche de médiateurs humains compétents, le choix stratégique de l’indifférence, le raffinement patient de notre propre caractère, le travail sur nos prières et le renforcement de notre engagement dans la Torah et les Mitsvot, le « mauvais voisin » cesse d’être une figure de malédiction pour devenir le catalyseur inattendu d’une protection et d’une élévation divines. Il nous aura forcés à prier avec plus de ferveur, à combattre notre propre yetser hara avec plus de vigueur, à croire en la Providence avec plus de profondeur, et à agir avec plus de générosité envers notre prochain.
Ce que l’entourage nous inflige, D.ieu peut le retourner en bénédiction — à condition que nous sachions saisir l’invitation à grandir qu’Il nous y dissimule. Telle est, au fond, la leçon la plus précieuse que le Rabbi tire de la figure du mauvais voisin : non pas une leçon sur l’autre, mais une leçon sur nous-mêmes et sur notre relation avec le Maître du monde.
par hassidout | 17 Mai, 2026 – 1 Sivan 5786 | ISRAEL |
À la veille de Chavouot, le Rav Levi Its’hak Epstein, Rav de la communauté Habad de Harish et auteur de plus de dix ouvrages, se confie dans un entretien rare sur sa vision de la Torah, de la vie communautaire et de l’unité. Candidat au poste de Grand Rabbin de la ville, cet homme de conviction retrace huit années d’un engagement discret mais décisif au cœur d’une cité en plein essor. Entre Hala’ha et diplomatie, entre Loubavitch et universalisme, il dévoile les principes qui guident aussi bien sa pratique rabbinique que sa candidature.
S’attacher à la Torah : une affaire personnelle
En cette veille de Chavouot, il est naturel de commencer par la question du lien personnel à la Torah. Comment le cultiver ?
C’est la question des questions, celle que nous adressons à D.ieu chaque matin dans la bénédiction Véha’arev na — que nous méritions de ressentir la douceur de la Torah. Mais la prière ne suffit pas : encore faut-il agir en ce sens. Deux voies s’offrent à nous.
La première consiste à trouver le domaine de la Torah qui parle vraiment à notre cœur, conformément à la maxime de nos Sages : « On n’étudie la Torah qu’à l’endroit où son cœur le désire. » L’un s’épanouit dans le Talmud, l’autre dans la Hala’ha, le troisième dans le mouvement ‘hassidique. Bien sûr, il convient de goûter à toutes les dimensions de la Torah — mais l’essentiel de l’effort doit porter sur ce qui nous rejoint intimement. C’est ainsi que l’étude devient source de joie et d’accomplissement véritable.
La seconde voie est de renouveler la Torah — d’écrire ses propres ‘hidouchim. Lorsqu’une idée surgit, il ne faut pas la laisser s’évaporer : on la couche sur le papier. Cet acte d’écriture crée un lien intérieur avec la Torah et instille le sentiment d’une possession authentique, d’un héritage que l’on s’est approprié.
Écrire ses pensées : le chemin vers la publication
On dit que le Rav a publié plus de dix livres. Avez-vous un conseil pour ceux qui souhaitent mettre en forme leurs ‘hidouchim ?
Le premier conseil, comme je viens de le dire, est d’écrire chaque idée dès qu’elle se présente. Mon premier ouvrage est né d’un cours hebdomadaire sur la paracha que je consignais régulièrement par écrit. Les pages se sont accumulées, semaine après semaine, jusqu’à former la collection Torat ‘Haïm.
Ensuite, il ne faut pas attendre d’avoir des innovations fracassantes à la manière de Rabbi Akiva Eiger. Dans notre génération, la grande majorité des livres sont des œuvres d’explication et de transmission — des ouvrages qui rendent accessibles les écrits des générations précédentes. Ce sont précisément ces commentaires, apparemment modestes dans leur approche, qui enrichissent la bibliothèque Torah de notre époque. La demande va d’ailleurs bien davantage vers ce type d’ouvrage que vers les recueils de ‘hidouchim purs, dont le lectorat reste naturellement restreint.
Après avoir publié de nombreux livres, je puis témoigner que si les ouvrages profonds ont leur importance, le besoin du temps est avant tout celui de livres qui rendent la Torah des Anciens accessible dans une langue simple et vivante.
Concilier travail et étude : la règle des petits pas
Quel conseil donnez-vous à ceux qui travaillent pour subvenir à leurs besoins et cherchent néanmoins à fixer des temps d’étude ?
Comme la question le suggère elle-même, le plus important est la kevi’out — la régularité. L’étude doit être un rendez-vous fixe, non un événement occasionnel. À l’approche de Chavouot, lorsque nous cherchons à prendre de bonnes résolutions pour renforcer notre étude, il vaut mieux commencer par quelque chose de modeste qui tiendra sur la durée, plutôt que par une décision grandiose qui s’effondre au bout de quelques jours.
Tout aussi essentiel : s’assurer que la décision engage socialement. On peut étudier seul, certes, mais lorsqu’on est assis ensemble, on bénéficie d’un soutien extérieur et d’un engagement mutuel. L’ambiance conviviale y contribue également beaucoup. Dans notre synagogue, il existe un cours fixe chaque jeudi depuis sept ans sans interruption, et le nombre de participants ne cesse de croître. L’une des raisons de ce succès est un grand pot de hamim offert aux étudiants, grâce à la généreuse contribution de Reb Moshé Cohen et de sa famille.
Quoi qu’il en soit, voilà la résolution la plus appropriée pour la fête du don de la Torah — une résolution qui attirera à coup sûr toutes les bénédictions : « Longueur de jours dans sa droite, dans sa gauche richesse et honneur. »
Huit ans à Harish : une ville, une mission
Si vous le permettez, Rav, passons aux actualités. Depuis combien d’années êtes-vous présent dans la ville ?
Cet été, nous célébrerons, avec l’aide de D.ieu, huit ans depuis notre arrivée à Harish. À cette époque, la ville ne comptait que quelques milliers d’habitants, et chaque nouveau résident était accueilli chaleureusement par ceux qui étaient là avant lui. L’atmosphère était d’une grande cohésion. Je garde un souvenir ému des assemblées tenues dans un esprit d’amitié sincère pour le renforcement du judaïsme, en compagnie des quelques Rabbanim qui résidaient alors en ville — le Rav Zigdon, le Rav Brand, le Rav Algabich et moi-même.
L’appel de Harish : une Providence bien orchestrée
Qu’est-ce qui vous a amené à Harish ?
Le roi David dit : « C’est de l’Éternel que les pas de l’homme sont affermis. » En pratique, c’est à l’initiative de mon ami le Rav David Cohen, Chalia’h Habad dans la ville, réputé pour son action bénie et estimé par toutes les composantes de la population, que tout a commencé. C’est lui qui m’a invité à servir comme Rav de la synagogue Habad, alors en cours de constitution avec un minyan très restreint. Huit ans plus tard, la communauté Habad rassemble des centaines de familles réparties dans toute la ville. Au total, sept synagogues Habad fonctionnent à Harish — comme les sept branches de la Ménorah, chacune rayonnant à sa manière. À cela s’ajoutent des établissements d’enseignement : jardins d’enfants, Talmud Torah et école pour les filles.
Le secret du succès de Habad à Harish : l’unité avant tout
Beaucoup demandent quel est le secret du succès de la communauté Habad dans la ville. Qu’en pensez-vous ?
D’abord et avant tout, une assistance divine extraordinaire. Mais l’instrument concret, à mon humble avis, est la volonté de toujours agir dans la coopération et l’unité. Toute communauté connaît des divergences d’opinions — et c’est encore plus vrai dans une communauté aussi diverse que Habad. Le fait que la communauté soit répartie en plusieurs synagogues aurait pu naturellement engendrer des tensions et des dissensions.
Le « secret du succès », si l’on peut ainsi le formuler, c’est de marcher dans la voie du Rabbi, avec une vigilance particulière à ne pas se laisser entraîner dans des situations susceptibles de porter atteinte à l’unité et à la paix — même lorsque cela exige des efforts et des concessions. En tant que ‘hassidim du Rabbi, l’amour du peuple d’Israël est toujours en tête de notre agenda. Et nous avons la joie de voir, grâce à D.ieu, les bénédictions que la paix apporte avec elle.
Avec l’expansion de la communauté et l’ouverture de nouvelles synagogues, nous avons eu la grâce de voir rejoindre nos rangs des décisionnaires et des Rabbanim remarquables, comme le Rav Shechter à la synagogue Habad Betsavta et le Rav Israéli à la synagogue Beth Ménahem. Nous agissons tous dans une amitié fructueuse, et aucune décision concernant les sujets en cours n’est prise sans coordination et accord large.
Exporter le modèle à l’échelle de la ville
Ces propos sont importants. Pensez-vous que ce modèle peut être étendu à toute la ville ?
Le soin apporté à l’unité et à la paix, ainsi que l’évitement de tout ce qui pourrait alimenter la discorde, est effectivement la voie qui nous guide aussi à l’échelle municipale. Au fil des années, de nombreuses tentatives ont été faites, de divers horizons, pour enrôler Habad au profit de telle ou telle faction. Il a fallu rester vigilant, aux côtés du Rav David Cohen, pour que Habad demeure le facteur unificateur et rassembleur, travaillant en coopération avec toutes les parties en présence et sanctifiant le Nom du Ciel.
Je peux affirmer avec satisfaction qu’au cours de nos huit années dans la ville, nous avons réussi à nous abstenir de signer le moindre appel de protestation ou de soutien à quelque acteur politique que ce soit, malgré des pressions considérables exercées en ce sens. Au bout du compte, tout le monde a compris qu’il ne s’agissait pas d’une posture politique mais d’une méthode raisonnée, et a appris à la respecter et à l’apprécier.
Dans ce même esprit, il a été profondément émouvant de voir, lors du défilé de Lag BaOmer de cette année organisé par le Rav David Cohen, des enfants de tous les Talmudé Torah défiler aux côtés d’élèves d’écoles publiques — les uns et les autres se sentant chez eux, accueillis avec amour, fidèles à la meilleure tradition ‘hassidique.
Les élections rabbiniques : la paix comme programme
Pour conclure, nous aimerions avoir votre sentiment sur les élections au Grand Rabbinat de la ville qui se tiendront la semaine prochaine.
Par nature, un processus électoral engendre des tensions et des divergences inutiles. Nous espérons tous pouvoir parvenir un jour à une situation idéale qui rende caduque la formule actuelle. Mais en attendant, c’est la réalité à laquelle nous faisons face. Je puis témoigner, avec la grâce de D.ieu, qu’en cette circonstance également, j’ai cherché à prendre des initiatives significatives dans la conviction que la paix est une force. Quoi qu’il en soit, la mission du Rav qui sera élu sera de s’investir dans la promotion de l’unité et de la paix entre toutes les composantes de la ville, et d’être un pont de rapprochement et de concorde.
Ces propos prennent un relief particulier du fait que les élections coïncident avec les jours de préparation au don de la Torah. Le Midrach nous enseigne que les enfants d’Israël se rassemblèrent au désert du Sinaï « comme un seul homme, d’un seul cœur » — et c’est précisément pour cette raison que le Saint béni soit-Il décida de leur remettre la Torah : « Puisque Israël a rejeté la discorde et aimé la paix, et qu’ils ont formé un seul camp — voici venu le moment de leur donner Ma Torah. »
L’appel qui s’en dégage s’adresse à tous les habitants de la ville : renforçons l’unité, évitons tout ce qui pourrait compromettre la paix. Et que le mérite de la paix nous porte vers la bénédiction et le succès en tout ce que nous entreprendrons — comme le conclut la Michnah à la fin des six ordres : « Le Saint béni soit-Il n’a trouvé d’autre vase susceptible de contenir la bénédiction pour Israël que la paix, comme il est dit : L’Éternel donnera la force à Son peuple, l’Éternel bénira Son peuple par la paix. »

par hassidout | 15 Mai, 2026 – 28 Iyyar 5786 | Yortsaït |
Figure discrète mais fondatrice du renouveau juif en France, le Rav ‘Haim Hillel Zyslin-Azimov a consacré trois décennies à reconstruire la vie religieuse d’une communauté brisée par la guerre. Arrivé à Paris en 1949 dans une ville spirituellement dévastée, cet homme de foi originaire de Russie soviétique fit le choix audacieux de s’y enraciner pour toujours. Son œuvre éducative au sein des institutions Loubavitch continue de porter ses fruits bien au-delà de sa disparition le 29 Iyar 5781-1981.
De la Russie communiste au Paris de l’après-guerre
Né en 1912 en Russie, le Rav ‘Haim Hillel Zyslin-Azimov grandit dans un environnement où la pratique religieuse devient progressivement impossible sous le joug soviétique. En 1949, accompagné de son épouse Reisha et de leurs enfants, il prend la décision courageuse de quitter définitivement son pays natal pour s’installer à Paris. « Pour la plupart des ‘hassidim Habad qui fuyaient le communisme, la France n’était qu’un lieu de transit », témoigne-t-on dans les cercles communautaires. La destination finale était généralement la Terre Sainte ou les États-Unis, terres promises d’un renouveau religieux.
Pourtant, la famille Azimov fit un choix différent et audacieux : s’enraciner durablement en France. Cette décision prend tout son sens lorsqu’on mesure l’état de désolation spirituelle dans lequel se trouvait alors la capitale.
Une capitale dépourvue de vie juive
L’arrivée du Rav ‘Haim Hillel coïncide avec une période particulièrement sombre pour le judaïsme parisien. « En 1949, il ne restait plus beaucoup de Juifs à Paris », attestent les archives communautaires. Les survivants de la Shoah, traumatisés et dispersés, s’étaient pour la plupart éloignés de toute pratique religieuse. La capitale française se trouvait ainsi quasiment dépourvue de toute vie juive organisée.
C’est dans ce contexte de reconstruction que s’inscrit l’action du Rav Azimov. Loin des projecteurs, cet homme d’une très grande discrétion et d’une profonde crainte de D.ieu allait œuvrer méthodiquement à la renaissance spirituelle de sa communauté d’adoption.
Trente années d’engagement éducatif
Le cœur de l’action du Rav ‘Haim Hillel se concentre sur l’éducation religieuse. Pendant trois décennies, il dirigea les Talmud Torah Loubavitch de Paris, institutions fondamentales pour la transmission du savoir juif aux nouvelles générations. Cette longévité à un poste clé témoigne à la fois de ses qualités pédagogiques exceptionnelles et de la confiance indéfectible que lui accordaient les familles.

Parallèlement à ses responsabilités éducatives, il assume également la fonction de Baal Koré à la synagogue de la rue Pavé, dans le 4ème arrondissement de Paris. Cette charge, qui consiste à effectuer la lecture publique de la Torah, demande une maîtrise parfaite des textes sacrés et une précision rituellique absolue. « Pendant de longues années », il honore cette responsabilité avec le sérieux qui le caractérise.
Le 29 Iyar 5741, soit le 2 juin 1981, le Rav ‘Haim Hillel s’éteint brutalement alors qu’il s’apprête à prendre le train pour la Hollande. Sa disparition marque la fin d’une époque, mais son œuvre lui survit à travers ses enfants, disséminés aux quatre coins du monde.
Ses enfants :
Mme Raizel Raskin au Maroc,
Mme Sara Even-Yisroel (Steinsaltz) à Jérusalem,
Rav Chmouel a’h Azimov, Chalia’h du Rabbi à Paris.
R’ Moshe Nissan Azimov à Jérusalem,
Mme Devora Markowitz en Australie,
Mme Esther Matusof à Toulouse
et Mme Shterna Shanowitz à Los Angeles.
Hayom Yom du 29 Iyar : « L’élévation de l’âme (de celui qui a quitté ce monde) se fait trois fois par jour, au cours des trois prières.
Ceci est particulièrement vrai pour l’âme des Justes qui « s’élèvent d’un niveau vers l’autre ». Il est certain qu’en tout temps et en tout lieu sacré où ils peuvent se trouver, ils prient et intercèdent en faveur de ceux qui sont liés à eux et à leurs enseignements, qui respectent leurs instructions. Ils prient en particulier pour leurs disciples et les disciples de leurs disciples, afin que D.ieu leur vienne en aide, matériellement et spirituellement. »
Talmud Torah de Montmartre en 1969, dirigé par le Rav Haim Hillel Zyslin
Correspondance du Rabbi de Loubavitch avec le Rav Haim Hillel Azimov
Quand le Rabbi écrit à Paris : Torah, ‘Hassidout et les profondeurs du Tanya
En 22 Iyar 5711 (mai 1951), le Rabbi adresse une lettre personnelle au Rav ‘Haïm Hillel Azimov, émissaire à Paris, pour saluer son action éducative auprès des élèves des Talmud Torah de la ville. Loin de se limiter aux encouragements, il fixe une exigence plus haute : transmettre non seulement la Torah et la Mitsva, mais la lumière intérieure de la ‘Hassidout. Il répond également à une question de fond sur le second chapitre du Tanya, en dévoilant une réflexion du Tsema’h Tsédek sur la nature de l’âme divine.
Par la grâce de D.ieu, 22 Iyar 5711 (mai 1951), Brooklyn.
Au Rav distingué, ‘Hassid craignant D.ieu et entièrement dévoué aux besoins de sa communauté, le Rav ‘Haïm Hillel Azimov,
Je vous salue et vous bénis.
J’ai reçu en son temps votre lettre du 12 Iyar, dans laquelle vous me décrivez le travail que vous menez à travers les Talmud Torah de votre ville et les cours organisés à domicile pour des particuliers. Il serait bon que vous adressiez ici une liste des élèves de ces Talmud Torah et de ces cours, en indiquant également le nom de leur mère, afin que cette liste puisse être lue, en un moment propice, au Ohel de mon beau-père, le Rabbi.
Le devoir de ne jamais s’arrêter
Il est inutile de souligner à quel point ces accomplissements sont importants. Il va de soi que l’effort visant à multiplier le nombre de ces élèves ne connaît pas de limite, et que vous ne pouvez en aucun cas vous contenter des résultats actuels — comme le rappellent nos Sages en commentant le verset : « Au matin, plante tes graines et, le soir, ne reste pas inactif. » Ils enseignent également que « celui qui préserve une âme est considéré comme s’il avait sauvé le monde entier. »
Il ne fait aucun doute que vous faites déjà tout ce qui est en votre pouvoir, mais on ne prodigue le conseil de l’empressement qu’à celui qui, par nature, en possède déjà la disposition. C’est la raison pour laquelle je vous adresse ces quelques lignes.
Vous connaissez certainement l’adage du Rabbi Maha-rach : « Si tout va déjà bien, ne peut-on faire encore mieux ? » Le moment est donc venu de guider vos élèves — en particulier ceux des Talmud Torah — en leur enseignant non seulement la lumière de la Torah et la bougie qu’est la Mitsva, mais aussi le luminaire de la Torah, c’est-à-dire la ‘Hassidout, bien entendu de la manière qui convient à chacun selon son niveau. Vous trouverez à ce sujet la causerie de Lag Baomer, jointe à cette lettre.
Une bénédiction pour tous ceux qui œuvrent
Je vous demanderai de bien vouloir transmettre ma bénédiction — une bénédiction de réussite dans leurs accomplissements — à tous ceux qui apportent leur contribution à ces réalisations. Que s’accomplisse en eux la promesse de nos Sages selon laquelle « on vient en aide à celui qui désire se purifier » : on lui confère les forces nécessaires, de sorte que la Torah et les Mitsvot portent leurs fruits. Vous consulterez à ce propos le Likouteï Torah, dans les commentaires de Chemini Atséret, au discours intitulé « D.ieu sera avec moi pour ceux qui me viennent en aide », au chapitre 5.
À quiconque intensifie son action, on apporte des bénédictions accrues, on multiplie les forces, la vitalité et la lumière — tant dans les affaires communautaires que dans les besoins personnels.
La question sur le Tanya : « d’en haut, véritablement »
Je réponds maintenant à la question que vous posez sur le début du second chapitre du Tanya, qui cite l’expression « d’en haut, véritablement » pour définir l’âme divine comme « une parcelle de Divinité d’en haut, véritablement ».
Premièrement : l’Admour Hazaken employait le mot « en haut » pour désigner le monde spirituel d’Atsilout, comme le souligne le discours ‘hassidique intitulé « Il se revêt de lumière comme d’un vêtement », prononcé en 5672 (1912) par le Rabbi Rachab.
Deuxièmement : les résumés du Tanya, à la page 73, précisent que « en haut » désigne Atika Kadicha — la partie profonde de Kéter, la couronne qui surplombe l’enchaînement des mondes —, qui transcende le monde d’Atsilout. Le terme « véritablement » semble dès lors superflu.
Troisièmement : une lettre de mon beau-père, le Rabbi, datée de 5698 (1938) — que nous publierons, avec l’aide de D.ieu, en temps voulu — raconte longuement de quelle manière le Tsema’h Tsédek méditait sur ces mots. En effet, « d’en haut » désigne la plus haute élévation qui soit : comment donc juxtaposer ce terme avec « véritablement », qui renvoie à ce que l’on peut toucher du doigt ? N’y a-t-il pas là une contradiction ? L’Admour Hazaken répondit que « d’en haut » désigne l’extase, tandis que « véritablement » désigne le retour vers la matière.
La supériorité du retour vers la matière
Voici, à mon sens, comment il convient de comprendre cette réponse. Le retour vers la matière révèle en l’âme deux réalités en apparence opposées : d’une part, l’âme acquiert le caractère de la matérialité — elle peut être, en quelque sorte, touchée du doigt ; d’autre part, elle reçoit par là même une élévation sans commune mesure avec celle que confère la seule extase. Telle est précisément la supériorité du retour vers la matière sur l’extase pure. Vous consulterez également, sur ce point, le commentaire du Tanya par le Rachag — le Rav Chmouel Gronam Estherman, guide spirituel de la Yéchiva à Loubavitch —, disponible en ronéotype, à la page 144.
Avec ma bénédiction de réussite dans votre travail et pour une bonne santé.
Le Rav Haim Hillel Azimov et son fils le Rav Chmouel Azimov
En ce 10 Iyar 5712 (5 mai 1952), le Rabbi adresse une lettre personnelle au Rav Haïm Hillel, conjuguant bénédictions pour un malade, conseils spirituels concrets et vives exhortations à envoyer des élèves à la Yéchiva. D’une plume à la fois paternelle et rigoureuse, il rappelle que chaque Mitsva accomplie — même une seule fois — s’inscrit à jamais dans les mondes supérieurs. Cette lettre témoigne de la profondeur du Rabbi, capable d’unir dans un même souffle la compassion envers le souffrant et l’exigence de l’action communautaire.
Par la grâce de D.ieu, 10 Iyar 5712 (5 mai 1952), Brooklyn.
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint D.ieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav Haïm Hillel(1),
Je vous salue et vous bénis.
Une bénédiction au Ohel et conseils pour le malade
Je réponds à votre lettre de la veille du dernier Chabbat, qui contenait une demande de bénédiction pour… Lorsque je me trouverai au Ohel de mon beau-père, le Rabbi, j’en donnerai lecture et, à n’en pas douter, il invoquera pour lui la miséricorde divine.
Il serait bon de demander à sa mère — sans, bien sûr, lui causer de peine inutile — si sa naissance a été pure(2). En tout état de cause, il convient de lui demander de placer chez elle de bonnes Mezouzot. Il serait bon également, dans la mesure du possible, que le fils porte un Talith Katan. Si son état de santé évolue favorablement, vous ne manquerez pas de me faire part de cette heureuse nouvelle.
L’ardeur nécessaire pour conduire des élèves à la Yéchiva
J’ai lu avec grand plaisir, dans votre lettre, que vous vous préparez à mettre à profit la période des vacances qui approche pour conduire quelques élèves à la Yéchiva(3). Il faut investir dans cette activité toute l’ardeur et les forces nécessaires, afin de multiplier le nombre de ces élèves.
L’éternité de la Mitsva : ce qu’enseigne le Tanya
D’une part, la fin du vingt-cinquième chapitre du Tanya explique que « cette unité(4), là-haut, est éternelle et immuable ». De même, la Mitsva que ces élèves accompliront, ne serait-ce qu’une seule fois, sera, là-haut, éternelle et immuable.
De plus — et c’est peut-être là le point essentiel —, lorsque ces élèves entendront des explications de la Torah, un mot invitant à la crainte de D.ieu, une idée liée à une Mitsva, ils implanteront en eux la Lumière infinie de D.ieu et recevront une force éternelle qui, en définitive, exercera son effet, y compris ici-bas.
Bénédiction finale
Que D.ieu vous accorde la réussite, ainsi qu’à ceux qui vous prêtent assistance dans votre mission sacrée. Vous accomplirez votre action de manière fructueuse et surnaturelle, de sorte que ses effets se révèlent au sein même de la nature. Et par là, vous connaîtrez également la réussite dans vos préoccupations personnelles.
Avec ma bénédiction,
Notes (1) Le Rav H. H. Azimov, de Paris. Voir, à son propos, les lettres n°1355 et 1794. (2) Si elle respectait les lois de la pureté familiale, lors de sa conception. (3) De Brunoy. (4) Celle qui est créée entre D.ieu et l’homme qui étudie la Torah.

Le 27 Mena’hem Av 5712 (1952), le Rabbi adressait une lettre personnelle au Rav ‘Haïm Hillel, un éducateur dévoué, pour saluer ses efforts remarquables en faveur de la circoncision de ses élèves restés, pour diverses raisons, non-circoncis. Au-delà des éloges, le Rabbi saisissait l’occasion pour dévoiler la profondeur spirituelle de la Mila et rappeler la vocation essentielle de tout enseignant juif. Une missive intemporelle qui éclaire le sens véritable du lien entre un éducateur et ses élèves.
Par la grâce de D.ieu, 27 Mena’hem Av 5712 (1952), Brooklyn.
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint D.ieu et se consacre aux besoins de sa communauté, le Rav ‘Haïm Hillel,
Je vous salue et vous bénis.
J’ai appris avec une grande joie les efforts que vous avez déployés pour faire circoncire les enfants de vos élèves qui, pour une raison ou une autre, ne l’avaient pas encore été. Il est d’une importance capitale qu’un Juif entre dans l’alliance de notre père Avraham. Qui plus est, la circoncision revêt un caractère absolument primordial : pas moins de treize alliances furent conclues en lien avec elle.
Le secret du mot Mila : quand les lettres révèlent le divin
Il y a plus encore : le nom hébraïque de la circoncision, Mila, est formé par les initiales des mots du verset « Qui montra pour nous des merveilles dans les cieux ? » — et les lettres finales de ces mêmes mots composent le Nom divin Avaya. Ainsi, jusqu’au cœur de ce mot se cachent des profondeurs insondables, qui relient l’acte de l’alliance à la révélation du divin.
Au-delà de l’enseignement : rapprocher les cœurs de leur Père céleste
Par ailleurs, je suis profondément satisfait de constater que vous ne vous limitez pas à vos seules fonctions d’enseignant. Vous avez su percevoir la dimension essentielle et la plus profonde de cette vocation : rapprocher les cœurs des enfants d’Israël de leur Père qui se trouve dans les cieux. C’est précisément cela — et non la simple transmission du savoir — qui constitue la mission véritable d’un éducateur au sein du peuple juif.
Une bénédiction pour une influence surnaturelle
Puisse D.ieu vous accorder la réussite dans votre mission, une réussite qui dépasse les limites naturelles. Puissiez-vous exercer une influence profonde sur vos élèves et, à travers eux, sur le foyer de leurs parents — en les éclairant selon ce que nos Sages ont enseigné : « La bougie est une Mitsva, et la Torah est une lumière. »
Avec ma bénédiction de réussite dans vos activités communautaires, ainsi que dans votre vie personnelle, de même que pour tous les membres de votre famille.
Notes (1) Le Rav H. H. Azimov, de Paris. Voir, à son propos, la lettre n°1655. (2) Des Talmud Torah de la région parisienne. (3) Celle de la circoncision. (4) Le Tétragramme.

Par la grâce de D.ieu, 4 Adar Richon 5714, Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint D.ieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav ‘Haïm Hillel(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu avec plaisir votre lettre de Roch ‘Hodech. J’ai été particulièrement satisfait que vous organisiez, de la manière qui convient, une réunion ‘hassidique(2) pour les enfants du Talmud Torah. Je suis surpris de ne pas avoir reçu la même nouvelle du Beth Rivka(3). J’ai bon espoir que le manque concerne uniquement le fait d’écrire, mais non l’action concrète.
Je lirai la demande de bénédiction qui figure dans votre lettre, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Puisse D.ieu faire que vous m’annonciez une amélioration de la santé physique et, dans la mesure du possible, de la santé morale de ceux que vous contactez, dans le cadre de votre mission sacrée(4). Et, il est dit qu’un effort est toujours couronné de succès.
J’ai appris avec satisfaction que l’étude de la ‘Hassidout a été renforcée dans votre implantation(5). Sans doute, les femmes se réunissent-elles également, de temps à autre, de sorte que leurs réunions conduisent à des Mitsvot, en général et à de bons sentiments, en particulier.
Que D.ieu accorde la réussite à chacun d’entre vous.
Avec ma bénédiction,
Notes : (1) Le Rav H. H. Azimov, de Paris. Voir, à son sujet, la lettre n°1555. (2) A l’occasion de la Hilloula du 10 Chevat. (3) De Yerres, dans la région parisienne. (4) La collecte de fonds pour les institutions Loubavitch. (5) L’une des implantations de la région parisienne, entre lesquelles les ‘Hassidim se répartissaient.
Par la grâce de D.ieu, 21 Iyar 5714, Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint D.ieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav Haïm Hillel(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du jour lumineux de Lag Baomer. Je vous remercie beaucoup pour la bonne nouvelle que vous m’annoncez, celle de la réunion ‘hassidique que vous avez organisée pour les élèves(2), à l’occasion de ce jour.
Sans doute vous efforcerez-vous d’introduire encore de telles initiatives, à l’avenir. Vous connaissez l’affirmation de nos Sages selon laquelle “ grand est le repas partagé, qui rapproche ”, en particulier quand il s’agit de petits garçons et de petites filles, à propos desquels il est dit : “ Il faut que la main droite rapproche…(3) ”.
Vous multipliez sûrement vos efforts, à l’approche des vacances(4). De nombreux élèves sont alors libérés de leurs études dans les écoles publiques et les parents souhaitent les occuper, au moins pendant quelques heures par jour. Le moment est donc propice pour leur faire connaître la Yechiva Loubavitch et le Talmud Torah, pour les persuader d’intégrer l’une de ces institutions.
Si l’on s’occupe d’eux comme il convient, pendant qu’ils seront dans ces institutions, on peut espérer que bon nombre d’entre eux resteront dans les quatre coudées de ‘Habad.
Comme vous me le demandez, je mentionnerai votre nom et celui des membres de votre famille, lorsque je me trouverai près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que vous soyez en bonne santé.
Que D.ieu vous accorde le succès, en tous ces domaines.
Avec ma bénédiction de réussite,
Notes (1) Le Rav H. H. Azimov, de Paris. Voir, à son sujet, la lettre n°2453. (2) Des Talmud Torah de la région parisienne dirigés par le Rav Azimov. (3) Et que la main gauche repousse. On doit multiplier les actes de bienveillance et n’être sévère que dans la mesure de la nécessité. (4) Voir également la lettre n°2641.
Le Rav Haim Hillel et son fils le Rav Chmouel Azimov
Par la grâce de D.ieu, 8 Chevat 5715, Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint D.ieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav ‘Haïm Hillel(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu vos lettres des 3 et 5 Chevat, avec les demandes de bénédiction et les listes qui y étaient jointes. Sans en faire le vœu, j’en donnerai lecture près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.
Il est sans doute inutile de rappeler aux ‘Hassidim transmettant de telles demandes de bénédiction qu’ils doivent, pour leur part, rappeler, à ceux qui les leur remettent, l’explication donnée par mon beau-père, le Rabbi, dont nous célébrons la Hilloula, à propos de l’expression “ pluies de bénédiction ”(2).
La bénédiction est, en effet, comparable à la pluie, qui n’apporte une réussite considérable que dans la mesure où l’on laboure et l’on sème. Vous trouverez sûrement les termes pour expliquer tout cela. Et, D.ieu vous accordera la réussite.
On a sans doute expliqué aux élèves des Talmud Torah qui est celui dont on célèbre la Hilloula, ce que fut sa vie et quelques unes de ses actions, selon ce qu’ils peuvent en comprendre. Si on ne l’a pas fait, il faudra s’y employer maintenant, pendant les jours proches de la Hilloula.
Puisse D.ieu faire que ces propos exercent leur effet sur ceux qui les prononcent et sur ceux qui écoutent.
Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée, en bonne santé, physique et morale,
Notes (1) Le Rav H. H. Azimov, de Paris. Voir, à son propos, la lettre n°2676. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°2290.

Par la grâce de D.ieu, 27 Sivan 5715, Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint D.ieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav ‘Haïm Hillel(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 20 Sivan, de même qu’à celles qui la précédaient, avec tout ce qu’elles contenaient.
A) Les demandes de bénédiction qui accompagnaient votre lettre seront lues, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Pour votre part, vous vous efforcerez d’expliquer à chacun d’entre eux(2) qu’ils doivent intensifier leur engagement en tout ce qui concerne la Torah et les Mitsvot. C’est de cette façon que l’on obtient les bénédictions de D.ieu, en tout ses besoins, matériels et spirituels, de même qu’en ceux des membres de sa famille.
Cette demande de bénédiction sera lue près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, auquel il convient donc de s’attacher, afin de forger le canal et le réceptacle nécessaires pour intégrer les bénédictions que l’on reçoit, quand il invoque la miséricorde divine. Pour cela, une action permettant de se lier à lui est nécessaire.
On fixera donc une étude de son enseignement ou, tout au moins, de la ‘Hassidout, puisqu’il est le successeur de son fondateur. On mettra en pratique ses décisions, en particulier celle de lire des Tehilim, chaque jour, après la prière.
Et, nos Sages disent que “ les paroles émanant du cœur pénètrent dans le cœur ”(3).
B) J’ai été satisfait d’apprendre que vous avez organisé une réunion ‘hassidique pour les élèves(4) et que vous l’avez fait précisément à Brunoy(5), c’est-à-dire loin de Paris, ainsi qu’il est dit : “ Va-t-en, pour toi, de ton pays et de la maison de ton père ”.
Heureux sont ceux qui ont apporté leur concours pour organiser tout cela. Vous voudrez bien leur transmettre mes remerciements, en particulier aux responsables que vous mentionnez dans votre lettre, messieurs Yadlitski, Zilberman, Morde’haï Miller et Pinkas. Que D.ieu augmente Sa bénédiction pour chacun d’eux, en tous leurs besoins, matériels et spirituels.
C) J’espère que la réussite de cette entreprise vous conduira à redoubler d’ardeur pour la renouveler, à plusieurs reprises, pendant l’été. Bien évidemment, vous pouvez également le faire sous une autre forme et avec un autre contenu.
L’essentiel est d’apporter aux élèves ce dont ils ont besoin(6) pour passer l’été.
D) Vous me dites que vous enverrez vos fils passer l’été à la Yechiva. Cela est une bonne initiative.
Puisse D.ieu faire qu’ils raffermissent leur santé, moralement et donc aussi physiquement.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
N. B. : On a sûrement indiqué aux professeurs qu’ils doivent, suffisamment tôt, parler aux élèves du 12 Tamouz.
Je vous joins la suite de la note sur l’emprisonnement(7), qui vient d’être éditée.
Notes (1) Le Rav H. H. Azimov, de Paris. Voir, à son sujet, la lettre n°2676. (2) De ceux qui ont demandé une bénédiction. (3) Ainsi, il sera possible de convaincre ces personnes. (4) Des Talmud Torah. (5) Dans la Yechiva Tom’heï Temimim Loubavitch de la région parisienne. (6) Textuellement “ des provisions pour la route ”. (7) Du précédent Rabbi.

Par la grâce de D.ieu, 12 Tichri 5716, Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint D.ieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav ‘Haïm Hillel(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre demande de bénédiction pour cette personne(2). J’en donnerai lecture, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.
Il faudrait lui expliquer, de la manière qui convient, que ce qui lui arrive fait allusion à l’affirmation de nos Sages selon laquelle “ la royauté terrestre est à l’image de la royauté céleste ”. Le sentiment que lui inspire un jugement prononcé par les hommes doit, a fortiori, lui fournir une indication sur l’état d’esprit qui aurait dû prévaloir pendant les dix jours séparant Roch Hachana de Yom Kippour.
D.ieu, dans Sa grande bonté, considérant que le comportement pendant ces dix jours n’a pas été ce qu’il devait être, lui fait une allusion à cela en provoquant un jugement rendu par les hommes. Cette allusion sera donc suffisante, comme le souligne le Ari Zal, commentant le verset “ Il tendra la joue à celui qui le frappe et se rassasiera de honte ”. En l’occurrence, cette honte suffira pour s’acquitter de son obligation.
Puisse D.ieu faire que cette personne donne de bonnes nouvelles de ce qui la concerne, en particulier de son ajout à la Torah, partie révélée et ‘Hassidout, de même que de sa pratique des Mitsvot.
Avec ma bénédiction, à l’occasion de la fête(3),
Notes (1) Le Rav H. H. Azimov, de Paris. Voir, à son sujet, les lettres n°3587 et 4180. (2) Vraisemblablement déférée devant un tribunal. (3) De Soukkot.

Par la grâce de D.ieu, 25 Adar 5716, Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint D.ieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav ‘Haïm Hillel(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous envisagez de vous rendre au Danemark(2). Puisse D.ieu faire que vous connaissiez la réussite dans la récolte de biens matériels et dans les semailles de spiritualité, conformément au dicton bien connu de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.
Plus vous intensifierez les semailles spirituelles, ce qui est livré au libre arbitre de l’homme, plus vous accroîtrez le premier point(3), qui dépend de D.ieu. Nos Sages disent, en effet, que “ tout est dans les mains de D.ieu, sauf la crainte de D.ieu ”.
Vous m’écrivez que vous envisagez de distribuer de la Matsa Chemoura aux élèves du Beth Rivka et des Talmud Torah, là où cela sera possible. C’est une très bonne initiative. Puisse D.ieu faire que cette Matsa agisse en tant que “ aliment de la guérison ” et “ aliment de la foi ”. Il n’est pas de mots pour expliquer le grand mérite revenant à ceux qui se consacrent à tout cela.
Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit, pour donner de bonnes nouvelles et pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,
Notes (1) Le Rav H. H. Azimov, de Paris. Voir, à son sujet, la lettre n°3820. (2) Afin de collecter des fonds pour les institutions Loubavitch de la région parisienne. (3) La collecte de fonds.

Par la grâce de D.ieu, 4 Sivan 5716, Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint D.ieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav ‘Haïm Hillel(1),
Je vous salue et vous bénis,
Sans doute réfléchissez-vous à un programme pour la période de l’été, qui approche, lorsque les jeunes sont en vacances de l’école et des études profanes. De nombreuses actions peuvent alors être menées, dans le cadre des Talmud Torah. Et, il a été dit que “ le salut est obtenu par les nombreux conseillers ”(2).
Il est sûrement inutile de vous rappeler que vous devez, par la suite, correspondre avec les personnes des endroits que vous visitez(3), afin d’entretenir leur motivation et, avant tout, les conduire à prendre de bonnes décisions, concrètement applicables.
A l’occasion de la fête de Chavouot, qui approche, puissions-nous mériter, au sein de tout Israël, selon l’expression de mon beau-père, le Rabbi, de recevoir la Torah avec joie et d’une manière profonde.
Notes (1) Le Rav H. H. Azimov, directeur du réseau des Talmud Torah Loubavitch de Paris. Voir, à son sujet, la lettre n°3820. (2) Il convient donc de solliciter le conseil d’autres personnes. (3) Afin de collecter des fonds pour les institutions Loubavitch.

Par la grâce de D.ieu, 1er jour de Roch ‘Hodech Elloul 5716, Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint D.ieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav ‘Haïm Hillel(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu votre lettre du 23 Mena’hem Av, qui faisait suite à une interruption particulièrement longue, de même que vos deux demandes de bénédiction, qui seront lues, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.
Vous m’expliquez pour quelle raison il est impossible de convaincre ces jeunes gens. Or, quiconque méditerait à l’histoire d’Israël, en général et à celle de la ‘Hassidout, en particulier, en adoptant de tels principes parviendrait à des conclusions dramatiques, ce qu’à D.ieu ne plaise, c’est bien évident.
J’ai, malheureusement, déjà été habitué à de telles “ explications ”, qui ont pour effet de multiplier les doutes sur l’issue fructueuse d’une action. Et, en conséquence, on ne fait rien, bien que nos Sages affirment qu’en situation de danger, on doit agir, même en cas de doute ou de “ doute de doute ”.
En l’occurrence, il s’agit bien de conduire ces jeunes gens au monde futur et, bien souvent également, à ce monde.
Vous décrivez l’action et le comportement adopté envers les élèves(2), à l’occasion du 12 Tamouz(3). J’en suis satisfait. Sans doute poursuivrez-vous tout cela. Ceci peut être comparé à une plantation. On peut vérifier concrètement que celui qui plante des graines sait qu’elles ne germeront pas toutes. Il en plante donc un certain nombre car, s’il se limitait à quelques unes, cela n’aurait pas le même effet.
Or, on peut logiquement s’interroger sur une telle démarche. Pourquoi gâcher plusieurs dizaines de graines dans un champ qui, concrètement, n’en fera germer que quelques unes ? Dans la pratique, si l’on adopte cette position rationnelle, ces quelques graines elles-mêmes ne pousseront pas.
En un moment propice, je mentionnerai tous ceux que vous citez près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Puisse D.ieu faire que vous m’annonciez de bonnes nouvelles de tout cela.
Avec ma bénédiction afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes (1) Le Rav H. H. Azimov, de Paris. Voir, à son sujet, la lettre n°3820. (2) Des Talmud Torah de la région parisienne. (3) Date de la libération du précédent Rabbi des prisons soviétiques.

Par la grâce de D.ieu, 12 Tévet 5717, Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint D.ieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav ‘Haïm Hillel(1),
Je vous salue et vous bénis,
Après une longue interruption, j’ai reçu votre lettre du 8 Tévet, avec les demandes de bénédictions qui l’accompagnaient et qui seront lues, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.
Vous me faites part de vos actions et de votre organisation pour cette année scolaire(2). Vous me dites que quelques études supplémentaires ont été ajoutées et que des réunions ‘hassidiques sont organisées, entre les professeurs et les élèves.
Puisse D.ieu faire que cet ajout soit à la fois quantitatif et qualitatif, que l’on ne se suffise pas de ce qui a été accompli, mais que l’on y fasse un ajout. En effet, on peut constater le succès que l’on obtient grâce à la grande miséricorde invoquée par nos saints maîtres, dont le mérite nous protège.
Néanmoins, on ne se sert pas de tout cela comme il le faudrait, ni même partiellement et, malheureusement, ce n’est pas seulement pour les Talmud Torah qu’il en est ainsi. Je veux dire que l’on devrait utiliser la bénédiction et la réussite que D.ieu accorde également dans les autres institutions des ‘Hassidim, comme le Beth Rivka ou la Yechiva Tom’heï Temimim.
Comme vous le savez(3), mon beau-père, le Rabbi, dans l’une de ses causeries, alors qu’il vivait encore dans ce monde, affirma, faisant allusion à la période qui suivrait la venue de notre juste Machia’h : “ Bientôt viendra une époque où l’on se tapera sur le front en disant : ‘Nous avons vécu un moment si précieux et nous n’en avons même pas profité !’ ”.
Il serait bon de rappeler à cet homme(4) qu’il a observé les miracles que D.ieu a accomplis pour lui, comme il le reconnaît lui-même. Il doit donc attirer ces miracles par l’intermédiaire de la Torah et de ses Mitsvot. C’est de cette façon qu’ils se révèlent ici-bas et qu’ils se perpétuent, pour de longs jours et années.
Puisse D.ieu faire que vous trouviez les mots qui conviennent, afin de lui expliquer tout cela et d’obtenir le résultat escompté.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
Notes (1) Le Rav H. H. Azimov, de Paris. Voir, à son sujet, la lettre n°4416. (2) Du réseau des Talmud Torah de Paris. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°2517. (4) Le Rav Azimov, dans sa lettre, interrogeait vraisemblablement le Rabbi à son sujet.

Par la grâce de D.ieu, 18 Mena’hem Av 5721, Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint D.ieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav ‘Haïm Hillel(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 15 Av, avec ce qui y était joint. Vous m’interrogez sur l’heure de la sortie du Chabbat(2). Celle-ci n’est pas identique dans tous les pays et à toutes les périodes de l’année. Il faut donc consulter les Rabbanim, enseignant la Hala’ha, à Paris et dans sa région, qui possèdent des connaissances en la matière.
Pour déterminer concrètement l’heure précise du lever du soleil et de son coucher, il convient de consulter le calendrier qui est publié par l’association astronomique de France, car cet organisme est expert et digne de foi, en la matière. Toutefois, l’heure du coucher du soleil qu’elle indique n’est pas toujours celle du Choul’han Arou’h. En tout état de cause, ce point ne sera pas développé ici. Avec ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles,
Pour le Rabbi Chlita,
Notes (1) Le Rav H. H. Azimov, de Paris. Voir, à son sujet, la lettre n°5025. (2) Vraisemblablement dans le but d’établir le calendrier juif pour la nouvelle année.



Talmud Torah de Montreuil







Talmud Torah de la rue Doudeauville – Paris 18, en 1978


1970