La fête de Chavouot s’accompagne d’une coutume alimentaire particulière : la consommation de produits laitiers. Cette tradition, bien qu’absente de la littérature talmudique formelle, possède des racines profondes et des explications spirituelles remarquables que développe l’Admour Hazaken dans cet enseignement riche en sagesse traditionnelle.
Rav Yossef Itshak Havlin
La Genèse historique de la coutume
Le Dilemme Pratique au Sinaï
Lorsque le peuple d’Israël reçut la Torah au mont Sinaï, il ne s’agissait pas seulement de recevoir les Dix Commandements, mais l’ensemble du corpus des 613 Mitsvot (commandements). Parmi ces nouvelles obligations figuraient les lois complexes de l’abattage casher (shehita) et de la cacheroute.
Cette révélation créa un dilemme pratique immédiat : comment le peuple pouvait-il continuer à consommer de la viande alors que tous leurs ustensiles, leurs méthodes d’abattage et leurs habitudes alimentaires devenaient soudainement non-conformes aux nouvelles lois divines ?
La solution fut simple et nécessaire : se tourner vers les produits laitiers, seuls aliments dont la consommation restait possible sans modification majeure de leurs pratiques. Ainsi naquit la tradition de consommer des produits laitiers à Chavouot, en commémoration de ce moment historique où le peuple n’eut d’autre choix que de s’alimenter exclusivement de lait et de ses dérivés.
La controverse des anges
Le défi des anges
Selon le Midrash Tehillim, les anges contestèrent régulièrement le choix divin d’offrir la Torah aux humains plutôt qu’à eux-mêmes. Leurs arguments semblaient logiques : pourquoi confier un trésor aussi précieux à des êtres imparfaits, sujets au péché et aux passions, quand les anges, purs et parfaits, pourraient mieux l’honorer ?
Cette contestation atteignit son paroxysme lors de l’épisode du Veau d’or. Les anges se réjouirent secrètement, pensant que cette faute majeure justifierait le retrait de la Torah au peuple d’Israël et son transfert vers eux.
La réponse divine : L’incident d’Abraham
La réponse divine fut aussi inattendue qu’instructive. D.ieu rappela aux anges un épisode apparemment anodin : leur visite chez Abraham, où ils consommèrent viande et lait. Le texte biblique précise l’ordre : « Il prit du beurre et du lait, et le veau qu’il avait préparé. »
À première vue, cette séquence ne semble poser aucun problème halakhique, puisque le lait fut servi avant la viande. Cependant, cette observation même révèle une connaissance intuitive des lois futures, suggérant une sagesse prophétique dans l’hospitalité d’Abraham.
La dimension profonde : Hessed et Guevoura
Les forces spirituelles en présence
La tradition kabbalistique enseigne que l’interdiction de mélanger viande et lait transcende le simple aspect diététique pour toucher aux fondements mêmes de l’ordre spirituel.
Le lait représente le Hessed (la bonté) :
Sa couleur blanche symbolise la pureté et la douceur
Il nourrit sans violence, expression de l’amour maternel
Il représente l’aspect nourricier et bienveillant de la création
La viande symbolise la Guevoura (la rigueur) :
Sa couleur rouge évoque le sang et la force
Elle nécessite l’abattage, impliquant la mort
Elle représente l’aspect strict et limité de l’existence
Le Principe du « Tata’i Gover » (L’Inférieur Domine)
Un principe fondamental de la halakha stipule que lorsque deux éléments de températures différentes se mélangent, l’élément inférieur (celui qui était déjà présent) domine l’élément supérieur (celui qui est ajouté).
Application pratique :
Lait d’abord, puis viande : Le Hessed (lait) domine la Guevoura (viande) = Permis après un délai approprié
Viande d’abord, puis lait : La Guevoura (viande) dominerait le Hessed (lait) = Strictement interdit pendant six heures
Cette différence explique pourquoi on peut consommer de la viande relativement rapidement après des produits laitiers, mais pourquoi l’inverse nécessite une attente prolongée.
L’argument divin aux anges
D.ieu utilisa ce principe pour répondre aux anges : « Vous invoquez maintenant le principe que ‘l’inférieur domine’ ? Parfait ! Le peuple d’Israël, étant ‘inférieur’ (terrestre) par rapport à vous qui êtes ‘supérieurs’ (célestes), doit donc recevoir la Torah selon ce même principe ! »
Cette réponse révèle une profonde ironie divine : les anges, par leur propre comportement chez Abraham, avaient involontairement démontré le principe qui justifierait l’attribution de la Torah aux humains plutôt qu’à eux.
L’Enseignement du Hidoushei HaRim
Une perspective textuelle
Le Hidushei HaRim (Rabbi Isaac Meir Alter de Ger) propose une explication supplémentaire basée sur l’analyse textuelle. Il note que le verset concernant les premiers fruits se termine par l’interdiction de cuire un chevreau dans le lait de sa mère : « Les premiers fruits de ta terre, tu les apporteras dans la maison de l’Éternel ton D.ieu. Tu ne cuiras point un chevreau dans le lait de sa mère. »
Cette juxtaposition n’est pas fortuite. Chavouot étant la fête des premiers fruits (Hag HaBikurim), l’interdiction mentionnée immédiatement après devient particulièrement pertinente pour cette période.
Application pratique
Selon cette interprétation, consommer des produits laitiers à Chavouot, puis de la viande avec la séparation appropriée, constitue une manière active de respecter et de commémorer cette interdiction fondamentale. En observant scrupuleusement la séparation entre lait et viande, nous actualisons l’enseignement biblique de manière concrète.
L’Enseignement de l’Admour HaZaken
Le fondateur du mouvement Habad, Rabbi Shneur Zalman de Lyadi (l’Admour HaZaken), enrichit cette compréhension en soulignant que la coutume optimale ne consiste pas seulement à consommer des produits laitiers, mais à les faire suivre de viande après l’intervalle requis.
Cette pratique met l’accent sur le principe du « Tata’i Gover » et commémore l’argument divin qui justifia l’attribution de la Torah aux êtres humains. Elle transforme le repas de Chavouot en une leçon vivante .
Implications Spirituelles Contemporaines
Au-delà de la coutume
Ces enseignements transforment la simple coutume alimentaire en méditation profonde sur la nature de l’autorité spirituelle, la hiérarchie cosmique et la sagesse divine. Ils suggèrent que même nos pratiques les plus quotidiennes peuvent porter des significations universelles.
La leçon de humilité
L’histoire des anges enseigne que la perfection apparente peut masquer une incompréhension fondamentale du dessein divin. Les humains, malgré leurs imperfections, reçurent la Torah précisément à cause de leur condition terrestre, non malgré elle.
L’unité des opposés
La séparation entre lait et viande, loin de créer une division absolue, enseigne comment intégrer harmonieusement des forces opposées. Le timing et l’ordre appropriés permettent de bénéficier des deux sans contradiction.
Conclusion : une Fête aux multiples dimensions
Les coutumes alimentaires de Chavouot révèlent la richesse extraordinaire de la tradition juive, où une pratique apparemment simple porte en elle des strates de signification historique, mystique et théologique.
En consommant des produits laitiers suivis de viande à Chavouot, nous ne nous contentons pas de perpétuer une tradition ancestrale. Nous participons à une méditation active sur la nature du don divin, l’ordre cosmique et notre place unique dans la création.
Cette pratique nous rappelle que la spiritualité juive ne sépare jamais le physique du métaphysique, transformant chaque repas en opportunité d’élévation spirituelle et chaque coutume en porte d’entrée vers la sagesse éternelle.
À l’approche de la fête de Chavouot, qui commémore le don de la Torah au mont Sinaï, trois figures emblématiques de l’histoire juive se distinguent par leur lien mystérieux avec cette célébration majeure. Moïse le législateur, David le roi-poète et le Baal Shem Tov, fondateur du hassidisme, partagent bien plus qu’une simple date : ils incarnent les piliers fondamentaux de la spiritualité juive.
Par le Rav Asher Farkash
L’histoire juive révèle une coïncidence troublante : ces trois géants spirituels sont tous liés au jour de Chavouot. Moïse a reçu la Torah au Sinaï lors de cette fête, le roi David y est décédé selon la tradition talmudique, et le Baal Shem Tov s’est éteint le premier jour de Chavouot en 1760. Cette convergence temporelle ne saurait être fortuite dans une vision du monde où la Providence divine orchestre chaque événement.
Moïse : le berger devenu législateur
Jusqu’à l’âge de 80 ans, Moïse menait une vie de berger dans le désert de Midian, gardant les troupeaux de son beau-père Jethro. C’est précisément cette simplicité qui a révélé sa grandeur : lorsqu’il poursuivit un agneau égaré et lui donna à boire avec compassion, Dieu reconnut en lui le futur guide d’Israël.
David : du pâturage au trône
De même, David gardait les moutons dans les champs lorsque le prophète Samuel vint chercher le futur roi parmi les fils de Jessé. Sa attention particulière aux besoins de chaque animal – donnant une herbe différente aux jeunes, aux vieux et aux petits – témoignait déjà de ses qualités de dirigeant.
Le Baal Shem Tov : l’humble assistant
Jusqu’à l’âge de 36 ans, le futur fondateur du hassidisme était un modeste assistant d’école, accompagnant les enfants de leur domicile au « heder » (école religieuse). Cette fonction apparemment insignifiante cachait une âme destinée à révolutionner la spiritualité juive.
Trois piliers de l’existence juive
La Mishna enseigne que « le monde repose sur trois choses : l’étude de la Torah, le service divin et les actes de bonté ». Ces trois géants incarnent respectivement ces fondements :
Moïse : le pilier de la Torah
Recevant la Torah écrite au Sinaï, Moïse demeure l’archétype du maître et transmetteur de la Loi divine. Sa connexion à la dimension révélée de la Torah fait de lui le symbole éternel de l’étude et de l’enseignement.
David : le pilier du service divin
Préparant l’édification du Temple et composant les Psaumes qui forment la base de la liturgie juive, David représente la dimension du service divin. Ses mélodies et prières accompagnent encore aujourd’hui la vie spirituelle d’Israël.
Le Baal Shem Tov : le pilier des actes de bonté
Révélant la dimension mystique de la Torah à travers le hassidisme, le Baal Shem Tov incarnait avant tout l’amour inconditionnel du prochain. Sa doctrine privilégiait l’aide matérielle avant l’élévation spirituelle, faisant de la bonté pratique le fondement de toute recherche mystique.
L’enseignement du désert (Moïse)
Moïse guide le peuple dans un environnement totalement séparé du monde matériel, où la manne divine pourvoit à tous les besoins. Il enseigne le service divin dans la pureté absolue, détaché des préoccupations terrestres.
L’enseignement de la terre (David)
David dirige Israël dans le cadre naturel de la Terre Promise, où il faut travailler six jours pour se nourrir. Il montre comment rester fidèle à Dieu tout en s’engageant pleinement dans la réalité du monde.
L’enseignement de l’exil (Baal Shem Tov)
Le Baal Shem Tov éclaire les périodes sombres de l’histoire, enseignant qu’même dans l’obscurité de l’exil et des épreuves, le Juif peut servir Dieu avec joie et ferveur.
Un message d’espoir messianique
Ces trois figures convergent également vers l’espoir de la rédemption finale. Moïse est le premier rédempteur d’Israël, David fonde la dynastie messianique, et le Baal Shem Tov prépare l’avènement du Messie par la diffusion de la mystique hassidique.
La tradition enseigne que l’acronyme de « immédiatement » (מיד) en hébreu forme les initiales de Moïse, Israël (Baal Shem Tov) et David – suggérant que leur enseignement combiné hâtera la venue de la rédemption finale.
À Chavouot, en recevant à nouveau la Torah, chaque génération peut puiser dans la sagesse de ces trois maîtres pour naviguer entre étude, prière et action, dans l’attente de la délivrance ultime.
Le Président de l’État d’Israël, Its’hak Herzog, s’est rendu aujourd’hui au domicile de deuil de la famille Glauberman pour réconforter son ami le Rav Yaakov Glauberman et ses proches. Lors de cette visite empreinte d’émotion, le patriarche de la famille, un ancien de la ‘hassidout Karlin, a partagé avec le Président un souvenir personnel et saisissant concernant son grand-père, le Grand Rabbin d’Israël. Une rencontre entre mémoire collective et histoire vivante, dans la chaleur d’une maison de deuil.
Le Président de l’État, Its’hak Herzog, a effectué ce jour une visite de condoléances au domicile de la famille Glauberman, afin de venir en soutien à son ami, le Rav Yaakov Glauberman, et à l’ensemble de sa famille dans cette période difficile.
Des personnalités rabbiniques présentes à ses côtés
La maison de deuil a également accueilli le Rav Yossef Afrati ainsi que le Rav Barou’h Boaz Yorkovich, Rav de la communauté Habad-Loubavitch de Lod. Leur présence témoigne des liens étroits qui unissent les milieux hassidiques à la famille Glauberman, et plus largement, de la place centrale qu’occupe cette famille dans la vie communautaire.
Un souvenir vivace de Mea Shearim
C’est au cours de cet échange que s’est produit un moment particulièrement touchant. Le Président Herzog s’est entretenu avec le père de la famille, le ‘hassid Reb Asher Alter Glauberman, l’un des doyens de la ‘hassidout Karlin. Avec une mémoire et une précision remarquables, ce dernier a relaté au Chef de l’État comment il avait eu le privilège, dans sa jeunesse, d’apercevoir le grand-père du Président, le Rav Its’hak Eizik Halevi Herzog, Grand Rabbin d’Israël — que son souvenir soit béni — se rendant dans le quartier de Mea Shearim, entrant à la synagogue pour y dispenser une leçon de Torah.
Plus frappant encore : Reb Asher Alter Glauberman se souvint avec précision du sujet même de cet enseignement, qui portait sur les Tefilines. Un détail qui n’a pas manqué de saisir et d’émouvoir le Président, confronté soudainement à un fragment vivant de l’histoire familiale qu’il n’avait sans doute jamais entendu formulé avec une telle acuité.
Le Président réconforte aussi les femmes de la famille
Avant de prendre congé, le Président Its’hak Herzog s’est également rendu auprès des femmes de la famille pour leur témoigner sa sympathie et leur exprimer ses sincères condoléances. Un geste qui, au-delà du protocole, reflète la relation personnelle et chaleureuse qui lie le Chef de l’État à la famille Glauberman.
Le Rav Yaakov Haïm Glauberman (surnommé Yankel’e), né le 2 Iyar 5713 (17 avril 1953), est l’une des grandes figures de l’activisme Habad-Loubavitch en Israël. Il est directeur de l’association humanitaire Yad BeYad et Rav de l’équipe de basket Maccabi Tel-Aviv.
Né dans le quartier Neve Tsvi (Jérusalem) dans une famille affiliée à la ‘hassidout Pinsk-Karlin, il est issu d’une lignée qui remonte au gabbai du Tsema’h Tsedek. Il étudia d’abord à la Yechiva Hevron (courant lithuanien) et fréquenta les milieux Neturei Karta, avant que l’influence de son oncle, le Rav Fishel Henig, ne l’oriente vers la Yechiva Tom’hei Temimim de Lod puis de Kfar Habad.
Encore jeune, il travailla aux côtés du Rav Efraïm Wolf dans la gestion des institutions Habad en Israël. En 1978, il s’engagea dans Tsahal comme Rav militaire et participa en 1982 à la Première Guerre du Liban, faisant partie des premières unités à entrer à Beyrouth.
En 1999, il fut élu adjoint au maire de Lod, chargé du portefeuille social. Un an plus tard, il fonda l’association Yad BeYad, dédiée à l’aide humanitaire aux familles dans le besoin. Il donne régulièrement des cours de Torah à des sportifs et des hommes d’affaires, collabore à des émissions de radio et tient une chronique hebdomadaire dans différents journaux.
À l’approche de Chavouot, voici la recette tant recherchée du gâteau au fromage classique — haut, aérien, au cœur fondant et à la texture d’une douceur incomparable. Mais une recette ne suffit pas : découvrez aussi tous les conseils secrets qui font la différence entre un gâteau ordinaire et un chef-d’œuvre digne des plus belles photos. À ne pas manquer avant la fête.
Par Na’hama Benagou
Les ingrédients
Moule rond de 24 cm de diamètre.
Pour le gâteau :
5 œufs + une pincée de sel
750 g de fromage blanc (9 % recommandé, 5 % possible)
1 pot de crème fraîche épaisse (200 ml)
4 cuillères à soupe bombées de pudding à la vanille
4 cuillères à soupe bombées de maïzena
1 tasse de sucre (tasse à mesurer de 240 ml, ou au moins un gobelet chaud — pas un verre froid)
Pour le glaçage :
250 ml de crème à fouetter 38 % ou 42 %
3 cuillères à soupe de sucre vanillé (fait maison de préférence — la recette figure en annexe)
Des fraises tranchées ou tout autre fruit de saison
La préparation du gâteau
Travailler avec deux bols distincts.
Première étape : séparer les blancs des jaunes d’œufs. Monter les blancs en neige à vitesse élevée pendant quelques minutes, en incorporant le sucre en trois fois : à chaque fois que la neige commence à se raffermir, ajouter un tiers du sucre. Continuer à fouetter jusqu’à obtenir une neige ferme, brillante et parfaitement lisse.
Deuxième étape : dans le second bol, fouetter les jaunes jusqu’à ce qu’ils blanchissent. Ajouter le pudding et la maïzena, puis mélanger jusqu’à obtenir une préparation homogène. Incorporer ensuite le fromage blanc et la crème fraîche, et mélanger jusqu’à l’obtention d’une texture lisse et uniforme.
Troisième étape : réunir progressivement les deux préparations à l’aide d’une spatule, en effectuant des mouvements enveloppants. Incorporer les blancs en neige à la préparation fromagère en plusieurs fois, par petites cuillerées, en les intégrant avec délicatesse. L’objectif est de ne pas casser la neige — pour préserver le volume du gâteau et sa texture moelleuse et aérienne — tout en obtenant un mélange parfaitement homogène.
Préparation du moule et cuisson
Tapisser le fond du moule de papier cuisson et enduire généreusement les bords de margarine (le beurre est possible, mais ne donne pas toujours le même résultat). Il n’est pas nécessaire de mettre du papier cuisson sur les parois. Cette étape est essentielle pour que le gâteau reste bien haut et ne se déchire pas.
Préchauffer le four à 200 °C.
Placer au bas du four un plat contenant au moins un litre et demi d’eau, afin de créer une atmosphère humide à l’intérieur du four pendant la cuisson.
Verser la pâte dans le moule et le tapoter délicatement sur le plan de travail pour chasser les bulles d’air.
Enfourner en mode chaleur haut-bas, au milieu du four, selon le programme suivant : 10 premières minutes à 200 °C, puis baisser à 150 °C et poursuivre la cuisson pendant une heure (il est conseillé de régler un minuteur pour ne pas oublier).
À la fin de la cuisson, éteindre le four et laisser le gâteau à l’intérieur pendant encore une heure pour un refroidissement progressif.
Important : ne jamais ouvrir le four pendant toute la durée de la cuisson et du refroidissement, sous aucun prétexte.
Préparation du glaçage
Fouetter à vitesse élevée la crème liquide avec le sucre vanillé jusqu’à obtenir une chantilly légèrement ferme. Inutile d’aller jusqu’à une texture trop rigide.
Une fois le gâteau refroidi dans le four pendant une heure, le couvrir et le placer au réfrigérateur. Lorsqu’il est complètement froid, napper généreusement sa surface de chantilly.
Décorer de fraises tranchées, de fruits de saison, de chocolat, ou laisser nature selon les goûts.
Le conseil de Na’hama
Si vous disposez les fraises tranchées la veille du service, la chantilly absorbe leur arôme délicat et fruité au fil de la nuit — ce qui élève le gâteau à un niveau encore supérieur.
Na’hama Ben Agou partage conseils et recettes pour une cuisine efficace et légère, et est spécialisée dans l’élaboration de menus personnalisés pour les familles. Retrouvez-la sur WhatsApp au 054-836-9184 et sur Instagram : Nechama.benagou
À l’approche de Chavouot, la tradition juive nous convie à une préparation singulière, bien au-delà des simples rites festifs. Le peuple d’Israël s’est distingué, au pied du mont Sinaï, par une déclaration qui a stupéfié même les anges célestes : Na’aseh ve’Nishma — « nous ferons, et ensuite nous écouterons ». Ce discours explore la profondeur de ces deux mots, leur signification pour chaque génération, et leur pertinence brûlante pour notre service de D.ieu aujourd’hui.
Rav Chmouel Rabinovitch
Trois formes de préparation à la fête de Chavouot
Nous voici à la veille de Chavouot. Chaque fête possède sa préparation propre, sa manière particulière de se mettre en condition intérieure. Or Chavouot se distingue par une préparation d’une nature tout à fait exceptionnelle. On peut identifier trois éléments fondamentaux à travers lesquels le peuple d’Israël s’est préparé à la réception de la Thora.
Le premier est le compte du Omer. Dès la sortie d’Égypte, le peuple a commencé à compter les jours, un par un. Ce n’était pas une simple computation du temps, mais une préparation intérieure rigoureusement structurée : sept fois sept jours, chaque journée correspondant à l’une des sept midot — les attributs divins allant du Hessed à la Malkhout. Cette préparation de quarante-neuf jours, avec toute sa richesse symbolique, manifestait le soin exceptionnel apporté au cheminement depuis la sortie d’Égypte jusqu’au don de la Thora.
Le deuxième élément est l’unité. Le verset dit : « Israël campa là, en face de la montagne » — au singulier, comme un seul homme, avec un seul cœur. La préparation passait par une unité absolue entre tous les membres du peuple, une fusion des volontés et des consciences.
Le troisième élément, sur lequel ce discours s’attarde longuement, est la déclaration historique : Na’aseh ve’Nishma, « nous ferons et nous écouterons ».
Les anges et les couronnes : ce que dit le Talmud
Le Talmud, dans le traité Chabbat (88a), rapporte l’enseignement de Rav Simai : « Au moment où Israël a fait passer le « nous ferons » avant le « nous écouterons », soixante myriades d’anges ministrants sont descendus et ont attaché deux couronnes à chacun des membres du peuple d’Israël — l’une en face du « nous ferons » et l’autre en face du « nous écouterons ». »
Mais lorsque le peuple faillit, cent vingt myriades d’anges destructeurs descendirent pour reprendre ces couronnes, comme il est écrit : « Et les enfants d’Israël se dépouillèrent de leurs ornements, depuis le mont Horeb. » Rav Hama bar Hanina précise : ce qui avait été donné au Sinaï fut retiré à Horeb — deux noms du même mont sacré, deux moments opposés dans l’histoire spirituelle d’Israël.
La question s’impose d’elle-même : pourquoi deux couronnes et non une seule ? Que représentent ces deux couronnes, et quel est le prodige si extraordinaire que les anges eux-mêmes voulurent le célébrer ?
Le sadducéen et le sage : la leçon de la piqûre du doigt
Le Talmud rapporte une anecdote révélatrice. Un sadducéen aperçut un grand sage tellement absorbé dans son étude qu’il avait posé son pied sur sa propre main — et que du sang coulait de son doigt, sans qu’il s’en rendît compte. Le sadducéen lui dit : « Vous êtes un peuple impulsif ! Vous avez mis la bouche avant l’oreille — vous avez d’abord dit « nous ferons » et seulement ensuite « nous écouterons ». Vous agissez sans réfléchir ! »
Et il ajouta avec ironie : « Cela n’a pas changé depuis le don de la Thora jusqu’à aujourd’hui — vous êtes toujours aussi impétueux, vous ne faites pas attention à ce que vous faites. Vous auriez dû dire d’abord « nous écouterons », et voir ensuite si vous étiez capables de vous y conformer. Si non, vous n’y seriez pas tenus. »
Selon la logique du sadducéen, la démarche normale est la suivante : j’écoute d’abord, j’évalue si je suis capable d’accomplir ce qu’on me demande, et seulement alors je m’engage. L’acte est la conséquence de la compréhension. Promettre d’agir sans avoir préalablement entendu et mesuré ce qu’on allait accomplir relève, à ses yeux, d’une impulsivité irresponsable.
La réponse du sage fut immédiate : « Nous avons marché avec D.ieu dans une sincérité absolue. » Et Rachi commente : « Comme celui qui agit par amour. » Lorsqu’on aime, on n’attend pas de tout calculer avant d’agir — on fait, et c’est dans cet élan spontané et désintéressé que réside la grandeur du geste. Il cite ensuite un verset : « La droiture des hommes droits les guide. » Autrement dit : D.ieu, qui a créé le monde entier et qui connaît parfaitement l’homme, ne lui demandera jamais rien qu’il ne soit capable d’accomplir. La confiance placée en Lui n’est donc pas de l’impulsivité — c’est de la foi.
L’histoire de la Yé’hidout — quand le Rabbi renversa toutes les certitudes
Un homme vint en Yé’hidout — en audience privée — auprès du Rabbi. Avant d’entrer, Rav Leibel Groner lui indiqua qu’il était de coutume d’écrire une lettre préalable. L’homme répondit franchement : « Je n’ai rien à écrire. C’est ma femme qui voulait voir le Rabbi. Moi, personnellement, je n’ai rien à lui demander. » On l’encouragea à noter quand même ce qui lui passait par l’esprit, et il finit par consigner dans sa lettre une question qui le taraudait depuis longtemps : « Je ne comprends pas D.ieu. Qu’est-ce qui L’intéresse vraiment ? Si quelqu’un prend une cuillère à viande et la plonge dans un bol de lait — est-ce vraiment ce qui préoccupe le Maître de l’univers ? Il crée et soutient la totalité du cosmos, et Il se soucierait de si petites choses ? »
À l’intérieur, le Rabbi commença par vérifier les prénoms de chacun — l’homme, sa femme, sa belle-mère — et signala que le prénom de la mère de l’épouse était incomplet dans la lettre. Ce simple détail démontra au visiteur que le Rabbi avait une parfaite maîtrise de la situation. Puis le Rabbi lui dit posément : « Je ne comprends pas ce que tu demandes. D.ieu veut rapprocher un Juif de Lui. Il lui donne de petites choses à accomplir — ne pas mélanger la viande et le lait, poser les Téfilines — non pas parce que ces détails L’intéressent en eux-mêmes, mais parce que ces actes te rapprochent de Lui. »
L’homme fut bouleversé. « Le Rabbi a renversé en un instant toute ma vision. Je croyais que D.ieu s’intéressait à chaque détail pour lui-même — et je comprends soudain qu’Il me donne des instruments pour m’approcher de Lui. C’est exactement l’inverse de ce que je pensais. »
Na’aseh et Nishma — deux façons d’être au monde
Du point de vue humain ordinaire, la démarche rationnelle est claire : j’écoute d’abord, je comprends ce qu’on attend de moi, j’évalue mes capacités, et seulement alors j’agis. L’acte est le résultat de la compréhension. Parfois, on nous demande quelque chose qui dépasse nos forces, et on répond : « Je regrette, ce n’est pas pour moi. »
Mais voilà le grand Hiddouch, la nouveauté absolue qu’Israël a apportée au monde au pied du Sinaï : placer le Na’aseh avant le Nishma. Cette inversion n’était pas un caprice — c’était l’expression d’un état intérieur, d’un Bitul complet, d’une annulation totale de soi devant la volonté divine. Le peuple d’Israël n’a pas simplement dit : « nous essaierons ». Il a dit : « Quoi que Tu nous demandes, nous le ferons — et si Tu nous dis de monter au ciel, nous monterons au ciel. Comment ? C’est une autre question. Mais de notre côté, nous sommes en état d’annulation totale. »
Rachi lui-même souligne que si D.ieu leur avait demandé de s’élever jusqu’aux cieux, ils auraient accepté. Car dès que les questions du « comment » et du « pourquoi » commencent à surgir, on n’est plus dans le Bitul. L’annulation de soi consiste précisément à faire ce que D.ieu demande — et à Lui faire confiance pour le reste.
Un homme qui médite pendant des heures sur la manière de mettre ses Téfilines, qui s’immerge dans toutes les intentions et kavvanot, mais qui finalement ne les pose pas — n’a rien accompli. En revanche, celui qui les pose, même sans avoir tout préparé intérieurement, accomplit la Mitsva. L’intention est certes précieuse, mais c’est l’acte qui est l’essentiel.
Le secret n’appartenait qu’aux anges
C’est pourquoi la Bat Kol — la voix céleste — s’exclama : « Qui a révélé ce secret à Mes enfants ? » Car c’est précisément le mode de fonctionnement des anges célestes : d’abord ils accomplissent, ensuite ils comprennent. Le verset dit : « Bénissez D.ieu, Ses anges, puissants en force, qui accomplissent Sa parole, pour écouter la voix de Sa parole. » Le verbe « accomplir » précède le verbe « écouter » — les anges n’attendent pas de comprendre pour exécuter. Ils font d’abord, ils comprennent ensuite.
Or voici qu’Israël, debout au pied du Sinaï, adopta spontanément cette même posture angélique. D’où leur venait cette connaissance ? Comment ce peuple a-t-il pu accéder à un secret qui semblait réservé aux êtres immatériels du monde supérieur ?
La sortie d’Égypte — Na’aseh en acte, avant même le Sinaï
La réponse se trouve dans l’expérience même de la sortie d’Égypte. Le verset dit : « Je me souviens de ta jeunesse, de ton amour de fiancée, comment tu m’as suivi dans le désert, dans une terre non ensemencée. » Six cent mille hommes — et des millions de femmes et d’enfants — ont quitté l’Égypte sans préparer leurs provisions, sans que la pâte ait eu le temps de lever, sans avoir planifié quoi que ce soit. Ils sont partis en hâte, sans poser de questions, dans une confiance absolue.
Et lorsqu’ils se retrouvèrent face à la mer Rouge, bloqués, sans issue visible, ils crièrent vers D.ieu — et D.ieu répondit : « Pourquoi cries-tu vers Moi ? Avance ! Entre dans la mer ! » Là encore, l’action précédait la compréhension. Ce n’était pas de la témérité — c’était de la foi. Ce n’est pas que ces hommes et ces femmes n’avaient pas peur. Mais ils avaient appris à faire confiance à Celui qui les conduisait.
Cette démarche fondamentale, vécue concrètement dans le feu de l’Exode, est ce qui prépara Israël à la grande déclaration du Sinaï. La grandeur de Na’aseh ve’Nishma n’est pas celle d’un peuple inconscient — c’est celle d’un peuple qui a compris que D.ieu, Créateur de l’univers, sait exactement ce que chacun est capable d’accomplir, et ne demandera jamais rien qui dépasse ses forces. Alors, pourquoi hésiter ? Pourquoi calculer ?
Les émissaires du Rabbi et le Bitul comme condition du départ
Dans les premières années du Rabbi, lorsqu’il envoyait des Chlou’him vers les quatre coins du monde, la procédure était simple. Le Chalia’h écrivait qu’il souhaitait partir en mission, et le Rabbi lui indiquait sa destination. On ne demandait pas à l’avance pour quelle ville, quel pays, quelle région. On partait là où le Rabbi envoyait, au bout du monde s’il le fallait. C’était un état de Bitul absolu — la parole du Rabbi suffisait.
Un jour, un émissaire potentiel écrivit au Rabbi pour lui faire part de sa volonté de partir en Shli’hout. Le Rabbi lui indiqua une destination. Mais dans sa réponse, l’homme demanda : « De quoi vais-je vivre en attendant de m’établir là-bas ? » La réponse du Rabbi fut nette : il n’était pas prêt pour cette mission. Car celui qui part avec toute la force de Celui qui l’envoie ne pose pas ce genre de questions. Il part, et il sait que la Providence pourvoira. Commencer à calculer, c’est déjà sortir du Bitul. C’est passer du Na’aseh au Nishma.
Le Rabbi rapportait aussi l’histoire d’un Chalia’h qui passa par une région sans en avoir le projet délibéré. Il alla demander à l’hôtel s’il y avait des Juifs dans les environs. On lui répondit que non. Puis quelqu’un se souvint : « Il y a bien un Juif à la station-service. » L’émissaire s’y rendit, lui apporta des Matsot et lui dit que le Rabbi l’avait envoyé vers lui. Le Juif fondit en larmes : « Je suis le seul Juif de toute la région. Je m’étais dit : si D.ieu ne m’envoie pas un signe, je vais m’assimiler comme tous les autres. Et te voilà. » Telle est la puissance du Chalia’h qui agit en état de Na’aseh : il ne calcule pas, il part — et D.ieu fait le reste.
Le Baal Shem Tov et la prière collective
On raconte du Baal Shem Tov que ses disciples, un jour, constatèrent qu’il allait s’absorber dans sa prière pendant de longues heures. Ils décidèrent de profiter du temps pour aller manger et revenir, persuadés qu’il ne s’en rendrait même pas compte. Ce qu’ils n’avaient pas réalisé, c’est que leur présence faisait partie intégrante de la prière du Baal Shem Tov. Quand ils revinrent, il avait terminé. « Que s’est-il passé ? » demandèrent-ils. Il répondit : « Ma prière ne se résume pas à ma seule prière — elle vous inclut tous. À l’instant où vous êtes partis, je n’ai plus pu prier. »
Cette histoire éclaire le deuxième élément de la préparation à Chavouot : l’unité. « Israël campa là, en face de la montagne » — comme un seul homme avec un seul cœur. La préparation consiste à comprendre qu’on n’est pas un individu isolé, qu’on fait partie de quelque chose de bien plus grand que soi. C’est cette conscience profonde de l’unité qui permet d’atteindre l’état de Na’aseh — car on ne se bat plus pour ses propres intérêts, on est tout entier au service d’un mouvement collectif et divin.
Le manteau après la Shoah — l’histoire de Chemouel ben Tsion
Une histoire brève, racontée au sujet du grand-père de l’orateur, que son souvenir soit béni, illustre magnifiquement ce principe.
Après la Shoah, en Eretz Israël, on ne mesurait pas encore l’ampleur totale de la catastrophe. On entendait des bribes ici et là, mais on ignorait l’étendue du désastre. On savait simplement que des gens se retrouvaient sans maison, sans rien. Une initiative se mit en place : collecter des vêtements pour les envoyer aux survivants.
Le grand-père, Chemouel ben Tsion — que son souvenir soit béni — se leva et alla acheter un manteau neuf, très beau, très distingué. Pour comprendre la portée du geste, il faut savoir que cet homme vivait dans une grande pauvreté : chaque hiver arrivant, il se disait intérieurement « encore la pluie, encore le froid », mais il ne s’achetait jamais de manteau. Il n’en avait pas eu depuis des années. Et voilà qu’il allait en acheter un, beau et neuf, pour l’envoyer à un inconnu.
On lui demanda : « Rav Chemouel, tu n’en as pas toi-même. Tu vas envoyer celui-là ? Les autres ont donné de vieux manteaux dont ils n’avaient plus besoin. » Il répondit : « Réfléchissez — un Juif qui a survécu à toute la Shoah arrive parmi nous. Vous allez lui envoyer un vieux manteau élimé ? Envoyez-lui le plus beau manteau que vous puissiez trouver. »
C’est cela, le Na’aseh. Faire les choses avec toute leur plénitude, sans d’abord calculer ce qu’on gardera pour soi. Les autres avaient donné — c’était bien, c’était beau, c’était respectable — mais ils avaient d’abord raisonné : « J’ai trois vieux manteaux, je vais en garder deux et envoyer celui-là. » C’est le Nishma qui précède le Na’aseh : on écoute d’abord sa propre logique, on évalue, et on agit en conséquence. Mais quand c’est le Na’aseh qui précède, on part dans l’autre sens : qu’est-ce que je peux faire de mieux, de plus grand, de plus généreux ? Les questions pratiques se résolvent d’elles-mêmes ensuite.
Se préparer à Chavouot — le Ma’assé comme fondement
Telle est la signification profonde de la préparation à Chavouot. Durant les quarante-neuf jours du compte du Omer, on travaille sur chacune de ses midot, attribut par attribut — le Hessed dans le Hessed, la Guevoura dans le Hessed, et ainsi de suite jusqu’à la Malkhout dans la Malkhout. Cette préparation a pour but d’affiner la capacité de Bitul, d’annulation de soi devant la volonté divine. Car c’est seulement dans cet état que le don de la Thora peut réellement pénétrer tous les mondes — ne pas rester une simple bonne pensée, mais se concrétiser dans la réalité tangible.
Le Ma’assé — l’acte — est l’essentiel. D.ieu se joint certes à la bonne intention, mais c’est d’abord par l’acte que le monde est transformé. Ce n’est pas de l’impulsivité, ce n’est pas de l’inconscience — c’est la reconnaissance que nous sommes entre Ses mains, que Celui qui a créé le monde entier sait ce que nous pouvons porter, et que notre rôle est de nous mettre en mouvement avec une confiance absolue.
C’est le message éternel de Na’aseh ve’Nishma : commençons par nous engager à faire — et la compréhension suivra. Comme le Rabbi avait coutume de le dire : l’action prime. Et que ce Chavouot soit pour nous tous une véritable réception de la Thora — non seulement dans l’intellect, mais dans chaque geste, chaque acte, chaque jour de notre vie.
Quelques mois après avoir perdu ses deux jambes lors d’une opération militaire en Syrie, le Rav Liraz Ze’ira, émissaire du Rabbi et officier de réserve dans Tsahal, célébrait la Brit Milah de son fils au Centre Habad en Campus de Jérusalem. Entouré de Chlou’him venus de tout le pays, d’amis et de proches, la cérémonie a pris la dimension d’un véritable témoignage de foi et de renaissance. La soirée s’est conclue par la conclusion collective du Sefer Kedoucha du Rambam, acte d’étude qui a couronné une simha hors du commun.
Un émissaire du Rabbi sur le front et sur le campus
Le Rav Liraz Ze’ira, 42 ans, est une figure singulière dans le paysage habad-loubavitch de Jérusalem. Établi dans le quartier de Réhavia à la tête du Centre Habad en Campus — un espace dédié à l’accompagnement spirituel et identitaire des étudiants des collèges et universités de la capitale —, il conjugue depuis des années deux vocations qui se nourrissent l’une de l’autre : celle d’émissaire du Rabbi auprès de la jeunesse étudiante, et celle d’officier de réserve dans Tsahal. Marié à Anat, père d’une famille nombreuse, il est connu parmi ses proches et ses étudiants pour sa joie communicative, son goût de la danse et son dévouement sans limite à ceux qu’il rencontre.
Depuis le début de la guerre, il avait effectué de nombreuses périodes de réserve, sans jamais interrompre ses activités d’émissaire. C’est durant cette double mission qu’il avait notamment posé une Mezouza à l’entrée d’un hôpital turc au cœur de la bande de Gaza — un geste de Chli’hout accompli sous les bombes, qui avait ému toute la communauté.
La Syrie, les mines, et le miracle d’une renaissance
À la veille de Yom Kippour 5786, la nouvelle avait frappé la communauté comme un coup de tonnerre : le Rav Ze’ira avait été grièvement blessé lors d’une opération militaire dans le sud de la Syrie, vraisemblablement par l’explosion d’une ancienne mine syrienne. Il avait perdu ses deux jambes. Des milliers de fidèles à travers le monde s’étaient mobilisés en prière pour la guérison du Rav Liraz Tsvi HaLevi ben Sarah Yehoudit.
Lorsqu’il avait repris connaissance, ses premiers mots avaient stupéfié ceux qui l’entouraient : « Je veux me lever et danser. » Une phrase qui, venue d’un homme à qui l’on venait d’amputer les deux membres inférieurs, résumait à elle seule une force de caractère et une foi que ses proches décrivent depuis toujours comme hors du commun. Quelques semaines plus tard, depuis son lit d’hôpital, il célébrerait les Hakafot de Simhat Torah en tenant un Sefer Torah dans les bras, entouré du personnel médical.
Une simha qui dépasse la famille : la Brit au Centre Habad en Campus
C’est dans ce contexte de résilience et de lumière retrouvée que s’est inscrite la Brit Milah célébrée au Centre Habad en Campus, vaste et lumineux espace placé sous la direction du Rav Ze’ira. Entouré des siens, il a introduit son fils dans l’Alliance d’Abraham notre Père — une cérémonie qui prenait, au regard du chemin parcouru, une résonance particulièrement profonde.
La liste des personnalités présentes témoigne de l’estime dont jouit le Rav Ze’ira au sein du réseau habad-loubavitch de la capitale. Étaient notamment rassemblés le Rav Its’hak Meir Segal, rabbin de la communauté Habad de Réhavia ; le Rav Yaakov Halperin, émissaire du Rabbi et représentant de Habad auprès de la Municipalité de Jérusalem ; le Rav Tsvi Ruderman, émissaire du Rabbi au marché Mahaneh Yehouda ; ainsi que le Rav Israël Goldberg, émissaire du Rabbi à Réhavia. Se joignaient à eux le Rav Noam Roth, directeur général de Tseirei Agudat Habad de Jérusalem ; le Rav Daniel Kalev, émissaire du Rabbi à Kiryat Moshé et Guivat Chaoul ; et le Rav Yossi Sverdlov, émissaire du Rabbi, aux côtés de nombreux autres Chlou’him venus de Jérusalem et de toutes les régions du pays.
Un Siyoum du Rambam pour clore une soirée d’exception
La Seoudat Brit — le repas de fête accompagnant la cérémonie — a été le cadre d’un moment d’étude collectif d’une grande intensité. Le Rav Chalom Ber Marzel, émissaire du Rabbi dans le quartier de Na’halaot, a conduit l’ensemble de l’assemblée à travers la conclusion du Sefer Kedoucha, l’un des grands volumes du code juridique du Rambam. Ce Siyoum, accompli en communauté autour du nouveau-né, a ajouté une dimension de sanctification de l’étude à une soirée déjà marquée par la chaleur des liens fraternels entre Chlou’him.
La cérémonie est venue rappeler, avec une force rare, que la joie juive ne cède pas face à l’épreuve — elle lui répond. En ce soir de Brit Milah, c’est tout un réseau de fidélité et d’amour qui s’est réuni autour d’un homme et de sa famille pour dire, ensemble, que la vie continue, qu’elle grandit, et qu’elle danse.
Lorsqu’un ustensile de cuisine passe d’une propriété non juive à une propriété juive, la loi hébraïque prescrit de l’immerger dans un Mikvé avant toute utilisation. Cette Mitsva, inscrite dans la Torah à la suite de la victoire d’Israël sur les Midianites, marque la transition de l’ustensile vers un usage saint au service d’une cuisine casher. Le présent guide expose dans le détail les conditions, les modalités pratiques et les bénédictions associées à cette importante obligation.
Qu’est-ce que l’immersion des ustensiles ?
L’immersion des ustensiles (Tevilat Kelim) est un processus obligatoire que doit subir tout ustensile de cuisine passant d’une propriété non juive à une propriété juive.
Pourquoi faut-il immerger les ustensiles ?
Lorsqu’un ustensile se trouvait entre les mains d’un non-Juif, il était destiné à préparer ou à servir de la nourriture ordinaire. Dès lors qu’il passe en possession juive, sa vocation change : il est désormais voué à la préparation ou au service d’une alimentation « juive » — c’est-à-dire d’une nourriture casher conforme aux lois de la Cachrout telles qu’elles sont prescrites par la Torah. Afin d’annuler la destination antérieure de l’ustensile et de lui conférer sa nouvelle vocation sacrée, il convient de l’immerger entièrement, en une seule fois, dans les eaux d’un Mikvé valide (voir les détails ci-après).
La Mitsva de l’immersion des ustensiles est mentionnée dans les Saintes Écritures à la suite du récit de la victoire du peuple d’Israël sur les Midianites. À cette occasion, Moché Rabbénou ordonna aux combattants d’immerger dans l’eau les ustensiles de cuisine qu’ils avaient pris comme butin de guerre.
Immersion des ustensiles et hagala : deux notions distinctes
Une clarification importante s’impose : le présent guide traite exclusivement des lois relatives à l’immersion des ustensiles, c’est-à-dire de leur plongée dans les eaux d’un Mikvé. Cette procédure doit être effectuée en raison du passage de l’ustensile d’une propriété non juive à une propriété juive, y compris lorsqu’il s’agit d’un ustensile neuf ou n’ayant jamais été utilisé.
Il importe de bien distinguer cette notion de celle de la hagala (récurage rituel), qui consiste à chauffer l’ustensile à haute température par immersion dans de l’eau bouillante ou par exposition à une flamme vive (liboun). Cette opération est réservée aux ustensiles qui ont effectivement servi à la préparation ou au service d’aliments ou de boissons non cashers, afin de garantir qu’ils soient entièrement purifiés de tout résidu non casher absorbé lors de leur utilisation.
Un ustensile ayant effectivement servi à la préparation ou au service d’aliments non cashers et passant de surcroît d’une propriété non juive à une propriété juive devra être nettoyé et soumis à la hagala (dans la mesure où cela est requis) avant d’être immergé.
Quels ustensiles doivent être immergés ?
Tous les ustensiles ne sont pas soumis à l’obligation d’immersion. Seuls ceux qui réunissent les trois critères suivants y sont assujettis :
la matière de l’ustensile contient du métal ou du verre ;
l’ustensile est destiné à entrer en contact direct avec la nourriture ;
l’ustensile était en propriété non juive et est passé en propriété juive.
Chacune de ces conditions comporte plusieurs précisions que nous allons examiner une par une.
Premier critère : la matière de l’ustensile contient du métal ou du verre
Les ustensiles fabriqués en métal ou contenant du métal, quelle qu’en soit la nature (or, argent, cuivre, inox, aluminium ou tout autre métal), ainsi que les ustensiles fabriqués en verre ou en contenant, doivent être immergés avec récitation de la bénédiction.
La porcelaine et la céramique émaillée sont des traitements de l’argile recouverte d’une fine couche de verre. Par conséquent, les ustensiles en porcelaine ou en céramique émaillée doivent également être immergés, mais sans récitation de la bénédiction.
Les ustensiles en plastique, en nylon et en silicone : selon la majorité des autorités halakhiques, il n’est pas nécessaire de les immerger ; certains sont plus stricts et préconisent leur immersion sans bénédiction.
Les ustensiles fabriqués dans tout autre matériau — bois, argile brute, pierre, os ou corne — ne nécessitent pas d’immersion.
Un ustensile composé à la fois de matériaux soumis à l’obligation d’immersion et de matériaux qui en sont exempts (par exemple, un alliage de métal et de bois) : si la partie fabriquée en matériau soumis à l’obligation est essentielle au fonctionnement de l’ustensile et entre en contact avec la nourriture (comme la lame en métal d’un mixeur), il convient de l’immerger avec bénédiction. Si la partie soumise à l’obligation n’est pas essentielle au fonctionnement ou n’entre pas en contact direct avec la nourriture, l’ustensile doit être immergé sans bénédiction.
Doit-on immerger les ustensiles à usage unique ? En principe, les ustensiles à usage unique ne nécessitent pas d’immersion. Selon certaines autorités, il faut immerger un ustensile à usage unique si l’on souhaite l’utiliser plusieurs fois.
Les bocaux et récipients achetés avec des aliments sont généralement destinés à un usage unique. Si l’on envisage de les conserver comme récipients à usage régulier, il convient de les immerger sans bénédiction.
Deuxième critère : l’ustensile entre en contact direct avec les aliments ou les boissons
Doivent être immergés tous les ustensiles de cuisine entrant en contact direct avec les aliments ou les boissons, tant lors de la préparation que lors du service ou de la consommation. Cela inclut l’ensemble de la vaisselle de table (verres, assiettes, bols, couverts, plateaux, carafes, etc.), les ustensiles de transformation des aliments (couteaux, hachoirs, mixeurs, blenders, fouets, louches, spatules, presse-purée, etc.), ainsi que les ustensiles de cuisson et de pâtisserie (casseroles, couvercles, poêles, bouilloires, moules réutilisables, grilles de cuisson, etc.).
En revanche, les ustensiles de cuisine n’entrant pas en contact direct avec les aliments — tels que les décapsuleurs ou les ouvre-boîtes — n’ont pas besoin d’être immergés.
Un ustensile destiné à entrer en contact uniquement avec des aliments crus non comestibles (par exemple un épluche-légumes réservé à l’épluchage des pommes de terre crues, ou un moulin à café) doit être immergé sans bénédiction.
Les ustensiles n’entrant en contact qu’avec des aliments emballés (comme une boîte à sachets de thé) n’ont pas besoin d’être immergés ; certains ont toutefois coutume de les immerger sans bénédiction.
Les récipients de stockage (bocaux, boîtes, contenants à épices, céréales, etc.) doivent être immergés sans bénédiction. Si l’on utilise un récipient de stockage également pour servir des aliments à table, il convient de l’immerger avec bénédiction.
Un casse-noix doit être immergé sans bénédiction.
Troisième critère : l’ustensile est passé d’une propriété non juive à une propriété juive
L’immersion des ustensiles n’est requise que si l’ustensile était en propriété non juive et est passé en propriété juive. Cela signifie que doivent être immergés tous les ustensiles répondant aux critères précédents qui ont été achetés dans un commerce tenu par un non-Juif, fabriqués dans une usine ou une entreprise en propriété non juive, ou qui se sont trouvés à un moment en propriété non juive avant de passer en propriété juive sans avoir encore été immergés. Dans le cas où l’on ne saurait pas si l’ustensile appartenait autrefois à un non-Juif, il est conseillé de consulter un Rav compétent (dans la mesure du possible, il convient d’immerger l’ustensile sans bénédiction).
Il n’est pas nécessaire d’immerger les ustensiles qui n’ont pas été achetés en vue d’une utilisation personnelle, mais à des fins commerciales ou de détention sans usage. De même, il n’est pas nécessaire d’immerger des ustensiles se trouvant encore en propriété non juive : il est donc permis, par exemple, de boire de l’eau froide dans un verre propre appartenant à un non-Juif sans qu’il soit nécessaire de l’immerger au préalable.
Les appareils électroménagers sont-ils soumis à l’immersion ?
Selon la majorité des autorités halakhiques, les appareils électroménagers sont également soumis à l’obligation d’immersion. S’il est possible de les immerger sans risque de détérioration, on immergera les parties de l’appareil entrant en contact direct avec les aliments ou les boissons. Le câble d’alimentation n’a en aucun cas besoin d’être immergé, à l’exception de la portion directement attenante à l’appareil qui plonge dans l’eau avec celui-ci. Pour des raisons de sécurité, il est recommandé d’attendre au moins 48 heures afin d’assurer un séchage complet de l’appareil avant de le mettre en marche.
Si l’appareil risque d’être endommagé par l’immersion, deux solutions permettent de l’en exempter. La première consiste à le démonter entièrement jusqu’à annuler totalement son fonctionnement, puis à le remonter par un technicien juif (il ne suffit pas à cet effet de retirer quelques vis et de les remettre en place). L’autre solution consiste à offrir l’appareil à un non-Juif, puis à le lui « emprunter » pour un usage régulier ; dans ce cas, la propriété légale de l’appareil appartient au non-Juif, même si en pratique l’appareil reste entre vos mains et que vous seul continuez à l’utiliser.
Selon certaines autorités, les appareils électroménagers qui ne fonctionnent que branchés sur une prise électrique sont considérés comme reliés à la terre via le réseau électrique ; par conséquent, dans le cas où l’appareil serait à coup sûr endommagé par l’immersion et qu’aucune des solutions ci-dessus ne peut être mise en œuvre, il est permis de l’utiliser sans immersion. Consultez votre Rav pour savoir s’il convient de s’appuyer sur cette autorisation dans votre cas particulier.
Quel Mikvé est valide pour l’immersion des ustensiles ?
L’immersion de l’ustensile doit s’effectuer dans un Mikvé valide pour l’immersion des ustensiles. Auprès de nombreux édifices de Mikvé, on trouve de petits bassins destinés à l’immersion des ustensiles, placés sous supervision halakhique.
En l’absence d’un Mikvé à ustensiles valide à proximité, il est recommandé de consulter un Rav local. En principe, il est possible d’immerger un ustensile dans certaines étendues d’eau naturelles, telles qu’une source ou un lac naturel. Certains Mikvés de pureté réservés aux hommes sont également construits de façon à être valides pour l’immersion des ustensiles — on peut généralement le vérifier auprès de la direction du Mikvé.
À quel moment peut-on immerger les ustensiles ?
Les ustensiles peuvent être immergés aussi bien le jour que la nuit, mais non pendant le Chabbat ni les jours de fête juive.
Qui peut procéder à l’immersion des ustensiles ?
Tout homme ou toute femme juif(ve) ayant atteint l’âge de la bar- ou bat-Mitsva peut effectuer l’immersion. Un garçon ou une fille peut également réaliser l’immersion en pratique, sous la surveillance d’un adulte ayant lui-même atteint l’âge requis.
S’il est nécessaire d’immerger un grand nombre d’ustensiles, il est possible de réciter la bénédiction sur l’immersion et d’immerger au moins un ustensile, puis de permettre à un non-Juif d’immerger le reste, pour autant qu’un adulte juif supervise le bon déroulement de l’opération.
Comment préparer l’ustensile à l’immersion ?
Lors de l’immersion, les eaux du Mikvé doivent entrer en contact avec toutes les parties de l’ustensile, intérieures et extérieures. Il convient donc d’ôter au préalable tout élément susceptible d’empêcher ce contact : autocollants, saletés, rouille, poussière, colle, étiquettes et marquages de prix. On peut utiliser du liquide vaisselle, de la laine d’acier ou de l’acétone (dissolvant à ongles) pour ôter efficacement les traces d’autocollants et de marquages de la surface de l’ustensile.
Quelle est la bénédiction à réciter sur l’immersion des ustensiles ?
Lorsque l’on immerge un ustensile sur lequel il convient de réciter la bénédiction, on prononce celle-ci avant l’immersion, une fois l’ustensile propre et prêt à être immergé immédiatement.
Si l’on immerge un seul ustensile sur lequel la bénédiction doit être récitée, on prononce la formule suivante :
Baroukh Ata Adonaï Eloheïnou Melekh haOlam, acher kidechanou beMitsvotav vetsivanou al Tevilat Keli
Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, qui nous as sanctifiés par Tes commandements et nous as ordonné l’immersion d’un ustensile.
Si l’on immerge simultanément plusieurs ustensiles soumis à l’obligation d’immersion avec bénédiction, on prononce la formule suivante avant d’immerger le premier ustensile seulement :
Baroukh Ata Adonaï Eloheïnou Melekh haOlam, acher kidechanou beMitsvotav vetsivanou al Tevilat Kelim Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, qui nous as sanctifiés par Tes commandements et nous as ordonné l’immersion des ustensiles.
Comment procéder à l’immersion ?
On plonge l’ustensile entièrement — y compris ses poignées — dans l’eau, de sorte que l’eau recouvre toutes ses parties de toutes parts et remplisse toutes ses cavités.
Les ustensiles étroits doivent être introduits en biais afin d’éviter la formation d’un vide qui empêcherait l’eau d’atteindre la face intérieure des parois. Il est conseillé de faire légèrement osciller l’ustensile dans l’eau pour s’assurer que celle-ci entre en contact complet et simultané avec tous ses côtés.
L’ustensile doit être entièrement enveloppé et recouvert d’eau, sans aucune interposition — y compris sans la main qui procède à l’immersion. Pour ce faire, il convient de relâcher la prise sur l’ustensile dans l’eau, ne serait-ce qu’une seconde, de sorte qu’il soit soutenu uniquement par l’eau. Alternativement, on peut introduire l’autre main dans l’eau plus bas que l’ustensile et le laisser tomber de la main plongeante pour qu’il repose sur la seconde, étant ainsi entouré d’eau de toutes parts.
Il est possible d’immerger plusieurs ustensiles simultanément en les plaçant dans une caisse ou un sac en filet permettant à l’eau de circuler librement et d’entrer en contact complet et simultané avec toutes les faces et parties des ustensiles. Cette méthode est particulièrement recommandée pour les petits objets tels que les couverts.
Combien de fois faut-il immerger chaque ustensile ?
Une seule immersion suffit pour chaque ustensile.
Que faire quand il est impossible d’immerger l’ustensile ?
Lorsqu’il est impossible d’immerger un ustensile en raison de ses dimensions exceptionnelles ou pour toute autre raison rendant l’immersion irréalisable, on peut l’exempter de cette obligation par l’un des deux moyens détaillés ci-dessus à propos des appareils électroménagers.
Est-il permis d’utiliser un ustensile une seule fois sans l’avoir immergé ?
Une erreur fréquente veut qu’il soit permis d’utiliser une fois un ustensile non immergé. Il s’agit bien d’une erreur. La Halakha est formelle : il est interdit d’utiliser un ustensile qui n’a pas été immergé, même une seule fois. Les ustensiles à usage unique sont certes exempts d’immersion, mais non pas en raison du nombre de fois où ils seront utilisés, mais parce qu’au regard de la Halakha ils ne sont pas considérés comme de véritables ustensiles.
Quel est le statut des aliments préparés dans un ustensile non immergé ?
Bien qu’il soit interdit d’utiliser un ustensile soumis à l’obligation d’immersion avant que celle-ci soit accomplie, les aliments ou boissons qui ont été cuits, préparés ou servis dans un ustensile non immergé ne deviennent pas interdits à la consommation et peuvent être mangés et bus sans restriction. Ceci à la différence d’un ustensile ayant servi à des aliments non cashers, lequel risque de rendre interdits à la consommation les aliments préparés ou servis en lui. Cependant, lorsque l’on réalise qu’un ustensile est soumis à l’obligation d’immersion, il convient de transférer les aliments ou boissons qu’il contient dans un autre récipient afin de ne pas continuer à utiliser un ustensile non immergé comme il se doit.
Cours donné par le Rav Yaacov Abergel sur le Dvar Malkhout en préparation au don de la Torah (Chavouot)
(Pour l’élévation de l’âme de Neama Daniel Bat Léa Josette)
1. Le travail sur soi (Avoda) vs. l’Action naturelle (Massé) Le Rav aborde la période de l’Omer comme un travail essentiel de 49 jours sur notre « âme animale ». Il souligne la différence entre faire le bien simplement parce que cela correspond à notre nature (le massé) et accomplir un véritable effort de transformation intérieure (la avoda). Pour qu’il y ait un réel accomplissement, l’homme doit aller au-delà de sa propre nature.
2. Le concept du Hiddouch (Renouvellement) Il est fondamental d’apporter un Hiddouch (une nouveauté/innovation) dans notre vie spirituelle et dans notre étude de la Torah. Le Rav utilise la métaphore hassidique de la graine : pour qu’une plante naisse, la graine doit d’abord se putréfier et passer par un état de « néant ». Spirituellement, cela signifie se défaire de son ego pour laisser naître quelque chose de spirituellement supérieur.
3. Transformer l’âme animale Le but le plus profond de l’âme divine n’est pas seulement de ressentir de l’amour pour Dieu (ce qui est sa nature inhérente), mais de réussir à éveiller ce désir chez l’âme animale. L’élévation suprême survient lorsque nos désirs physiques et matériels se transforment pour rechercher activement le Divin.
4. L’Essence divine et les temps futurs Le monde a été créé par la parole de Dieu, où l’on distingue « 1 parole » (la matière première, liée à l’essence de Dieu) et « 10 paroles » (les détails de la création). Le Rav explique qu’à la venue de Machia’h et lors de la résurrection des morts, des niveaux de lumière divine inédits (Or Ein Sof et Or Hadash) se dévoileront, en récompense des efforts que nous faisons aujourd’hui pour dépasser notre nature.
5. Bamidbar (Le Désert) et le Chabbat
Le Désert : Un désert est par définition hostile et inhabitable. La mission du peuple juif est de traverser ce « désert » (l’exil et le monde matériel) pour le sanctifier et le transformer en une demeure pour Dieu.
Le Chabbat : Il représente le repos absolu et donne un sens à la Création. Le repos spirituel s’atteint lorsque l’homme comprend qu’il n’a été créé que pour servir son Créateur. Le Chabbat est décrit comme une dimension au-delà du temps et de l’espace.
6. L’Humilité pour recevoir la Torah En conclusion, le Rav analyse la lettre Taf (ת), initiale de la « Torah Nouvelle » des temps messianiques. Elle est formée par l’union de deux lettres : un Dalet (ד, symbolisant le pauvre, l’humilité) et un Noun (נ, représentant la 50ème porte de la sagesse). Le message est que pour recevoir l’immense sagesse divine (le Noun) à Chavouot, l’homme doit d’abord se faire humble et réceptif comme un « pauvre » (le Dalet), vidé de tout orgueil.
Au cœur de la banlieue parisienne, la Yéchiva Tomchei Temimim de Brunoy, l’une des plus anciennes et des plus prestigieuses institutions Habad du monde, a rassemblé l’ensemble de ses élèves pour une photo de groupe exceptionnelle. Venue des quatre coins du globe, une promotion de plus de 350 jeunes étudiants — dont plusieurs en provenance d’Erets Israël — a répondu à l’appel. Un moment de fraternité et de fierté qui témoigne du rayonnement universel de cette Yéchiva d’exception.
La Yéchiva Tomchei Temimim de Brunoy figure parmi les fleurons du réseau éducatif du mouvement Habad-Loubavitch à travers le monde. Fondée il y a plusieurs décennies, elle est aujourd’hui reconnue comme l’une des plus grandes et des plus influentes Yéchivot Habad sur la scène internationale. Son prestige attire chaque année des étudiants issus de nombreux pays, qui choisissent Brunoy pour y approfondir leur étude de la Torah et de la philosophie ‘Hassidique.
Plus de 350 élèves venus du monde entier
Cette année encore, la Yéchiva accueille plus de 350 élèves originaires d’une multitude de nations, témoignant de l’attrait irrésistible qu’elle exerce bien au-delà des frontières françaises. Parmi eux, des jeunes venus d’Erets Israël, d’Europe, d’Amérique et d’ailleurs, tous réunis autour d’un même idéal d’étude et de transmission. Cette diversité géographique et culturelle constitue l’une des richesses les plus profondes de l’établissement.
Une direction à trois têtes au service de la Yéchiva
À la tête de cette institution d’envergure, trois figures de référence conjuguent leurs talents et leur dévouement. Rav Its’hak Niamnov et Rav Mendel Gurewitz assurent la direction générale de l’établissement, tandis que Rav Ye’hiel Kalmanson en assume la fonction de Roch Yéchiva. Ensemble, ils veillent à maintenir l’excellence académique et spirituelle qui a fait la renommée de Brunoy au fil des générations.
Une photo de groupe, un instant d’éternité
La prise de cette photo collective n’est pas un simple exercice protocolaire : elle est le reflet vivant d’une communauté apprenante soudée, héritière d’une tradition pluriséculaire et tournée vers l’avenir. Les coulisses de cet événement — les préparatifs animés, l’effervescence des couloirs, l’organisation millimétrée de centaines de jeunes hommes — ont été immortalisés dans un clip qui circule avec enthousiasme au sein de la communauté Habad.