Quelques mois après avoir perdu ses deux jambes lors d’une opération militaire en Syrie, le Rav Liraz Ze’ira, émissaire du Rabbi et officier de réserve dans Tsahal, célébrait la Brit Milah de son fils au Centre Habad en Campus de Jérusalem. Entouré de Chlou’him venus de tout le pays, d’amis et de proches, la cérémonie a pris la dimension d’un véritable témoignage de foi et de renaissance. La soirée s’est conclue par la conclusion collective du Sefer Kedoucha du Rambam, acte d’étude qui a couronné une simha hors du commun.
Un émissaire du Rabbi sur le front et sur le campus
Le Rav Liraz Ze’ira, 42 ans, est une figure singulière dans le paysage habad-loubavitch de Jérusalem. Établi dans le quartier de Réhavia à la tête du Centre Habad en Campus — un espace dédié à l’accompagnement spirituel et identitaire des étudiants des collèges et universités de la capitale —, il conjugue depuis des années deux vocations qui se nourrissent l’une de l’autre : celle d’émissaire du Rabbi auprès de la jeunesse étudiante, et celle d’officier de réserve dans Tsahal. Marié à Anat, père d’une famille nombreuse, il est connu parmi ses proches et ses étudiants pour sa joie communicative, son goût de la danse et son dévouement sans limite à ceux qu’il rencontre.
Depuis le début de la guerre, il avait effectué de nombreuses périodes de réserve, sans jamais interrompre ses activités d’émissaire. C’est durant cette double mission qu’il avait notamment posé une Mezouza à l’entrée d’un hôpital turc au cœur de la bande de Gaza — un geste de Chli’hout accompli sous les bombes, qui avait ému toute la communauté.
La Syrie, les mines, et le miracle d’une renaissance
À la veille de Yom Kippour 5786, la nouvelle avait frappé la communauté comme un coup de tonnerre : le Rav Ze’ira avait été grièvement blessé lors d’une opération militaire dans le sud de la Syrie, vraisemblablement par l’explosion d’une ancienne mine syrienne. Il avait perdu ses deux jambes. Des milliers de fidèles à travers le monde s’étaient mobilisés en prière pour la guérison du Rav Liraz Tsvi HaLevi ben Sarah Yehoudit.
Lorsqu’il avait repris connaissance, ses premiers mots avaient stupéfié ceux qui l’entouraient : « Je veux me lever et danser. » Une phrase qui, venue d’un homme à qui l’on venait d’amputer les deux membres inférieurs, résumait à elle seule une force de caractère et une foi que ses proches décrivent depuis toujours comme hors du commun. Quelques semaines plus tard, depuis son lit d’hôpital, il célébrerait les Hakafot de Simhat Torah en tenant un Sefer Torah dans les bras, entouré du personnel médical.

Une simha qui dépasse la famille : la Brit au Centre Habad en Campus
C’est dans ce contexte de résilience et de lumière retrouvée que s’est inscrite la Brit Milah célébrée au Centre Habad en Campus, vaste et lumineux espace placé sous la direction du Rav Ze’ira. Entouré des siens, il a introduit son fils dans l’Alliance d’Abraham notre Père — une cérémonie qui prenait, au regard du chemin parcouru, une résonance particulièrement profonde.
La liste des personnalités présentes témoigne de l’estime dont jouit le Rav Ze’ira au sein du réseau habad-loubavitch de la capitale. Étaient notamment rassemblés le Rav Its’hak Meir Segal, rabbin de la communauté Habad de Réhavia ; le Rav Yaakov Halperin, émissaire du Rabbi et représentant de Habad auprès de la Municipalité de Jérusalem ; le Rav Tsvi Ruderman, émissaire du Rabbi au marché Mahaneh Yehouda ; ainsi que le Rav Israël Goldberg, émissaire du Rabbi à Réhavia. Se joignaient à eux le Rav Noam Roth, directeur général de Tseirei Agudat Habad de Jérusalem ; le Rav Daniel Kalev, émissaire du Rabbi à Kiryat Moshé et Guivat Chaoul ; et le Rav Yossi Sverdlov, émissaire du Rabbi, aux côtés de nombreux autres Chlou’him venus de Jérusalem et de toutes les régions du pays.
Un Siyoum du Rambam pour clore une soirée d’exception
La Seoudat Brit — le repas de fête accompagnant la cérémonie — a été le cadre d’un moment d’étude collectif d’une grande intensité. Le Rav Chalom Ber Marzel, émissaire du Rabbi dans le quartier de Na’halaot, a conduit l’ensemble de l’assemblée à travers la conclusion du Sefer Kedoucha, l’un des grands volumes du code juridique du Rambam. Ce Siyoum, accompli en communauté autour du nouveau-né, a ajouté une dimension de sanctification de l’étude à une soirée déjà marquée par la chaleur des liens fraternels entre Chlou’him.
La cérémonie est venue rappeler, avec une force rare, que la joie juive ne cède pas face à l’épreuve — elle lui répond. En ce soir de Brit Milah, c’est tout un réseau de fidélité et d’amour qui s’est réuni autour d’un homme et de sa famille pour dire, ensemble, que la vie continue, qu’elle grandit, et qu’elle danse.

















