Gravement blessé lors d’un combat héroïque au poste « Paga » à la frontière de Gaza, Chalom Shitrith a reçu la visite du Rav Menahem Kotner venu fixer des Mezouzot à son domicile. Ce geste symbolique unit deux dimensions du courage israélien : la bravoure militaire et la force spirituelle. L’acte du Rav Kotner représente non seulement l’accomplissement d’une tradition religieuse mais aussi un hommage à la résilience exceptionnelle d’un soldat qui a sacrifié une partie de lui-même pour la défense du pays.
Un soldat de la Brigade Golani et son témoignage crucial sur le 7 octobre
Chalom Shitrith appartient à la prestigieuse Brigade Golani, l’une des plus anciennes et respectées de Tsahal. Créée en février 1948, avant même la proclamation officielle de l’État d’Israël, cette unité d’élite porte un béret marron distinctif et a participé à tous les grands conflits militaires du pays. La Brigade Golani, dont l’emblème représente un olivier vert sur fond jaune, symbolise l’attachement profond à la terre d’Israël et incarne la détermination et le courage des forces de défense israéliennes.
C’est lors des attaques du 7 octobre, au poste avancé « Paga » situé à la frontière avec Gaza, que Chalom Shitrith a été grièvement blessé, perdant sa jambe dans le combat. Son histoire a récemment fait la une des médias israéliens après son témoignage révélateur sur l’émission « Sept avec Ayala Hasson » diffusée sur Kan 11. Shitrith y a dévoilé avoir reçu l’ordre incompréhensible, à 5h20 ce matin-là, de ne pas s’approcher de la barrière frontalière jusqu’à 9 heures, maintenant ainsi les soldats à plus de 200 mètres en retrait pendant les heures cruciales précédant l’attaque.
« Comment est-il possible que je ne sache pas qu’il y a quelque chose qui se passe, alors que je suis à 200 mètres de la barrière? » s’est-il indigné lors de son intervention télévisée. Initialement discrédité, son témoignage a finalement été confirmé par un enregistrement des communications radio ce jour-là, soulevant de graves questions sur la chaîne de commandement et les responsabilités dans cette tragédie nationale.
La visite symbolique du Rav Menahem Mendel Kotner
Le Rav Menahem Mendel Kotner, émissaire du mouvement Habad et directeur de la division « Quartier général de Habad pour les victimes du terrorisme », a pris l’initiative de rendre visite à ce héros israélien pour fixer des Mezouzot dans sa demeure. Ce geste s’inscrit dans la continuité de son engagement depuis 2002, lorsqu’au plus fort de la Seconde Intifada, il a été appelé à diriger cette division spéciale dédiée au soutien des victimes d’actes terroristes.
Plus qu’une simple pratique religieuse, ce geste revêt une dimension profondément symbolique. Les Mezouzot, ces petits rouleaux de parchemin contenant des versets de la Torah et fixés aux montants des portes, incarnent la protection divine. Le Rav Kotner, qui accompagne personnellement de nombreuses familles touchées par le terrorisme, offrant un soutien émotionnel et spirituel tout en organisant la collecte de fonds pour leur réhabilitation, poursuit ainsi sa mission auprès des victimes des récents événements.
En apportant cette protection spirituelle au domicile d’un défenseur physique du pays, le Rav Kotner a créé un pont entre deux formes complémentaires de résistance et de résilience : celle des armes et celle de la foi. Sa visite témoigne de la reconnaissance de la communauté religieuse envers les sacrifices consentis par les soldats de Tsahal, quel que soit leur niveau d’observance personnelle.
Le poste « Paga » : révélations sur un ordre controversé
Le poste militaire « Paga », situé à la frontière avec Gaza, est l’un de ces avant-postes stratégiques où s’est jouée la sécurité d’Israël lors des attaques du 7 octobre. C’est dans ce lieu qu’un ordre controversé a été donné à 5h20 du matin : « Aucun véhicule ne doit se rendre à Burma jusqu’à 9 heures du matin », empêchant ainsi les soldats de prendre position près de la barrière avec Gaza pendant les heures critiques précédant l’attaque.
« Je ne sais pas exactement pourquoi, je ne pose pas trop de questions. C’est la directive, c’est ce que nous faisons, » a expliqué Shitrith en citant les paroles de son commandant ce matin-là. Cette directive, initialement attribuée à de supposés « tirs de snipers », a depuis été remise en question, notamment après la diffusion de l’enregistrement confirmant les propos de Shitrith lors de son témoignage devant une commission de la Knesset.
« J’ai vécu avec ça depuis le 7 octobre et j’avais très peur d’en parler, » a confié Shitrith. Son courage à dénoncer cette situation, malgré les tentatives initiales de discréditer son témoignage, constitue un acte de bravoure aussi important que son comportement au combat, où il a continué de se battre malgré des blessures graves ayant mené à l’amputation de sa jambe.
Résilience et quête de vérité : un exemple pour toute une nation
Le parcours de Chalom Shitrith depuis sa blessure illustre une résilience remarquable à plusieurs niveaux. Malgré l’amputation de sa jambe, il a non seulement entamé un processus de réhabilitation physique, mais s’est également engagé dans une quête de vérité et de justice concernant les événements du 7 octobre. « J’espère que nous aurons des réponses plus claires à l’avenir… Il est très important que nous ayons des réponses définitives et que ceux qui doivent payer le prix le paient, » a-t-il déclaré.
« La présence des Mezouzot dans ma maison représente bien plus qu’un simple acte religieux », a confié Shitrith lors de la visite du Rav Kotner. « C’est un rappel quotidien que, malgré les épreuves, nous restons protégés et guidés par des valeurs qui transcendent nos souffrances individuelles. » Sa détermination à reconstruire sa vie l’a même conduit à créer une entreprise de bijouterie et à donner des conférences, tout en continuant de porter son message de vérité.
Son appel à l’unité résonne avec force auprès de ses compatriotes : « Nous sommes en temps de guerre. Nous avons encore près de 60 otages, certains sont vivants, d’autres malheureusement ne le sont plus. Il y a des soldats qui se battent depuis deux ans déjà, qui abandonnent tout pour le peuple, pour l’État. Soyons ensemble pour ceux qui risquent tout pour nous. » Ces paroles, prononcées par un homme qui a payé un prix personnel élevé, portent un poids considérable.
La rencontre entre Chalom Shitrith et le Rav Menahem Kotner illustre ainsi parfaitement cette alliance entre force physique, courage moral et spiritualité qui caractérise la société israélienne dans ses moments les plus éprouvants. Elle nous rappelle que derrière chaque soldat blessé se trouve un individu dont le sacrifice et le témoignage méritent reconnaissance et soutien, sous toutes leurs formes.
















