Le chanteur et animateur communautaire David Sitbon poursuit ses visites dans les hôpitaux israéliens pour apporter soutien moral et musical aux soldats blessés lors des récents combats. Cette semaine, il a rencontré le Rav Liraz Zeira, officier de réserve Habad grièvement blessé en opération. Une visite qui s’est transformée en véritable leçon de courage et de résilience.

 

 

Un officier et aumônier militaire au parcours exemplaire

Âgé de 42 ans, marié et père de cinq enfants, le Rav Liraz Zeira est l’une des figures les plus respectées de la communauté juive de Jérusalem. Émissaire du mouvement Habad dans les campus universitaires de la capitale israélienne, il consacre sa vie à rapprocher les jeunes étudiants de leur héritage spirituel, tout en assumant parallèlement ses responsabilités d’aumônier militaire au sein de Tsahal.

Au cours des deux dernières années, le Rav Zeira a effectué plusieurs centaines de jours de réserve dans des missions particulièrement périlleuses en zone de combat. Son engagement l’a conduit sur les fronts les plus dangereux du pays, notamment à Gaza, au Liban et en Syrie, où il a accompagné les soldats tant sur le plan opérationnel que spirituel.

La veille de Yom Kippour, alors qu’il participait à une opération dans le sud de la Syrie, le Rav Zeira a été grièvement blessé. Les médecins ont dû procéder à l’amputation de ses deux jambes pour lui sauver la vie. Depuis lors, il poursuit sa convalescence dans un centre hospitalier spécialisé en rééducation, entouré de sa famille et du soutien indéfectible de sa communauté.

David Sitbon : un artiste engagé auprès des blessés

Depuis le début des hostilités, le chanteur David Sitbon a fait de ses visites aux soldats blessés une véritable mission personnelle. Accompagné d’un groupe de bénévoles dévoués, il sillonne les hôpitaux du pays pour apporter réconfort, chaleur humaine et moments de légèreté à ceux qui portent dans leur chair les stigmates du combat.

Ces visites ne se limitent pas à de simples moments de courtoisie. David Sitbon y apporte sa guitare, sa voix et son talent d’animateur pour créer une atmosphère festive et chaleureuse au cœur même des services hospitaliers. Les chants, la musique et les paroles d’encouragement qu’il prodigue constituent un baume précieux pour des soldats souvent confrontés à de longues périodes de rééducation et d’incertitude.

Une visite qui s’est transformée en leçon de résilience

Lorsque David Sitbon et son équipe se sont rendus au chevet du Rav Liraz Zeira, ils s’attendaient à rencontrer un homme éprouvé par les circonstances tragiques qu’il venait de traverser. La réalité fut tout autre.

Selon les témoignages des participants, la rencontre a rapidement pris une dimension totalement inattendue. Alors que le groupe était venu pour apporter du réconfort à un blessé grave, c’est l’inverse qui s’est produit. Tous ont été profondément marqués par la force morale exceptionnelle et le courage inébranlable que dégageait le Rav Zeira.

Assis dans son fauteuil roulant, le visage illuminé d’un sourire sincère, entouré de musique et de chants, il a accueilli ses visiteurs dans une atmosphère empreinte d’une vitalité et d’un optimisme saisissants. Loin de l’apitoiement ou de l’amertume que l’on aurait pu légitimement attendre d’un homme ayant perdu ses deux jambes, le Rav Zeira irradiait une joie de vivre communicative.

« Nous pensions venir pour l’encourager, mais c’est nous qui sommes sortis renforcés », témoigne avec émotion l’un des participants. « Sa foi et sa sérénité face à l’adversité nous ont tous bouleversés. »

« Je ne marche plus… je vole »

Le moment le plus marquant de cette visite s’est produit lorsqu’une jeune soldate, elle-même en convalescence dans le même établissement, s’est adressée au Rav Zeira. Visiblement émue par la joie apparente qu’il manifestait malgré l’épreuve terrible qu’il traversait, elle lui a posé la question que tous avaient en tête.

« Comment parvenez-vous à rester si positif après une blessure aussi difficile ? », lui a-t-elle demandé, la voix tremblante d’émotion.

La réponse du Rav Zeira a interpellé l’ensemble des personnes présentes dans la salle et résonne encore aujourd’hui dans les esprits de tous ceux qui l’ont entendue :

« Je ne marche plus… je vole. Tout dépend de l’état d’esprit avec lequel on aborde les épreuves de la vie. Si l’on décide de voir le bien dans chaque situation, aussi difficile soit-elle, alors cette situation devient supportable, voire porteuse d’espoir et de sens. »

Ces paroles, prononcées avec une conviction profonde par un homme qui aurait toutes les raisons du monde de sombrer dans le désespoir, ont touché les cœurs bien au-delà de la simple visite de courtoisie. Elles témoignent d’une foi inébranlable et d’une capacité exceptionnelle à transcender les épreuves les plus cruelles.

Une philosophie de vie ancrée dans la tradition hassidique

Cette attitude remarquable du Rav Zeira s’inscrit pleinement dans l’enseignement du mouvement Habad-Loubavitch, qui place la joie et l’optimisme au cœur de la pratique religieuse. Selon la pensée hassidique, chaque épreuve recèle une dimension cachée de bien, et c’est par la force de la foi et de la pensée positive que l’homme peut transformer les obstacles en tremplins vers l’élévation spirituelle.

Le Rabbi de Loubavitch enseignait que la joie n’est pas seulement une émotion agréable, mais un véritable commandement et un outil puissant pour servir D.ieu et accomplir sa mission dans ce monde. Le Rav Zeira incarne cette philosophie avec une authenticité qui force l’admiration.

Une initiative qui se poursuit quotidiennement

Fort de ces rencontres qui nourrissent autant ceux qui les reçoivent que ceux qui les offrent, David Sitbon et son groupe de bénévoles poursuivent inlassablement leurs visites auprès des soldats blessés à travers tout le pays.

Chaque jour, ils apportent chaleur humaine, moments de répit et lueurs d’espoir à ces hommes et ces femmes qui ont tant sacrifié pour la sécurité d’Israël. Ces visites rappellent que derrière chaque blessé se trouve une histoire, une famille, et que la solidarité nationale ne se mesure pas seulement en déclarations officielles, mais en gestes concrets d’humanité et de fraternité.

La rencontre avec le Rav Liraz Zeira restera gravée dans la mémoire de tous les participants comme un témoignage vibrant de la capacité de l’âme humaine à s’élever au-dessus des circonstances les plus tragiques, et à transformer l’obscurité en lumière.