Au Centre de réhabilitation Lowenstein, le Rav David Zalmanov apporte un soutien spirituel essentiel aux soldats blessés lors du conflit actuel. Son témoignage révèle comment l’organisation Lev Habad accompagne les patients dans leur parcours de guérison, notamment lors du récent Seder de Pessah. À travers son engagement quotidien, le Rav transforme un lieu de souffrances en espace de réconfort où chaque blessé se sent accueilli « comme dans une famille ».
Le Centre de réhabilitation Lowenstein : une institution d’excellence au service des blessés
Le Centre médical de réhabilitation Lowenstein, situé à Ra’anana, est l’un des établissements les plus renommés d’Israël dans le domaine de la médecine de réhabilitation. Fondé en 1959, ce centre d’excellence est spécialisé dans la prise en charge des traumatismes neurologiques, des lésions médullaires, des traumatismes crâniens et des blessures complexes nécessitant une réhabilitation intensive.

Reconnu internationalement pour ses approches innovantes et son expertise de pointe, Lowenstein accueille des délégations médicales du monde entier venues étudier ses protocoles et méthodes thérapeutiques. L’établissement dispose d’unités spécialisées pour différents types de traumatismes et propose une approche multidisciplinaire intégrant médecins, infirmiers, kinésithérapeutes, ergothérapeutes, orthophonistes, psychologues et travailleurs sociaux.
Depuis le début du conflit actuel en octobre 2023, le Centre Lowenstein a vu affluer un nombre sans précédent de soldats blessés, transformant l’établissement en un maillon crucial de la chaîne de soins des victimes de guerre. Sous la direction du Dr Hagaï Amir, l’équipe médicale a dû adapter ses capacités et ses protocoles pour répondre à cette situation exceptionnelle.
Lev Habad : un réseau de soutien spirituel dans les hôpitaux israéliens
Lev Habad (« Le Cœur de Habad ») est une branche spécialisée du mouvement Habad-Loubavitch en Israël, dédiée spécifiquement à l’accompagnement spirituel et au soutien des patients dans les établissements de santé. Fondée sur la vision du Rabbi de Loubavitch, Menachem Mendel Schneerson, cette organisation déploie des émissaires (shlouhim) dans l’ensemble du réseau hospitalier israélien.

Présente dans plus d’une cinquantaine d’établissements à travers le pays, de l’hôpital Soroka à Beer Sheva jusqu’au Centre médical de Galilée à Nahariya, Lev Habad propose un soutien qui va bien au-delà de l’accompagnement religieux traditionnel. L’organisation met en place des services concrets pour améliorer le quotidien des patients et de leurs familles : distribution de repas, aide à l’accomplissement des rituels religieux, présence et écoute, organisation d’événements pour les fêtes juives, et coordination de réseaux de bénévoles.
Depuis le début du conflit actuel, Lev Habad a considérablement intensifié ses activités, mobilisant des centaines de bénévoles supplémentaires et développant des programmes spécifiques pour les soldats blessés et leurs familles. L’organisation travaille en étroite collaboration avec les équipes médicales et les services sociaux des hôpitaux pour offrir un soutien complémentaire aux soins médicaux.
Une présence constante auprès des blessés de guerre
Dans un entretien accordé récemment, le Rav David Zalmanov, émissaire de l’organisation Lev Habad à Ra’anana et intervenant au Centre médical de réhabilitation de Lowenstein, a livré un témoignage poignant sur son engagement auprès des blessés de guerre et des patients en réhabilitation. Depuis un an et demi, le travail du Rav s’est intensifié en raison du conflit actuel, transformant le quotidien du centre médical en véritable ligne de front d’une autre nature.
Émissaire du Rabbi de Loubavitch, le Rav Zalmanov œuvre quotidiennement pour apporter réconfort et soutien spirituel à ceux qui traversent les épreuves les plus difficiles. Son action s’inscrit dans une démarche globale portée par l’organisation Lev Habad, qui déploie des émissaires dans l’ensemble des centres médicaux d’Israël.
Un Seder de Pessah mémorable au centre Lowenstein
Le Rav Zalmanov vient tout juste d’organiser un Seder de Pessah exceptionnel qui a réuni plus d’une centaine de personnes au Centre médical de Lowenstein. Cette célébration a pu voir le jour grâce au soutien indéfectible de la direction du centre, notamment du Dr Hagai Amir, qui a veillé à ce que l’événement se déroule dans les meilleures conditions possibles malgré le contexte hospitalier.
« La participation a été tellement importante que nous avons dû installer une table supplémentaire à l’extérieur de la salle initialement prévue, » raconte le Rav Zalmanov. L’affluence témoigne du besoin de moments de partage et de spiritualité dans un environnement marqué par la souffrance et les défis de la réhabilitation.
Le centre accueille des patients de tous horizons, de toutes convictions et de tous milieux sociaux. Venus par nécessité et non par choix, ces hommes et ces femmes se retrouvent unis dans l’épreuve. Le Seder a ainsi rassemblé patients, familles et personnel soignant dans une atmosphère de communion qui transcende les clivages habituels de la société israélienne.
L’histoire bouleversante d’un soldat qui retrouve sa voix
Parmi les nombreux moments d’émotion qui ont jalonné son parcours au centre Lowenstein, le Rav Zalmanov relate une histoire particulièrement touchante survenue lors du récent Seder de Pessah. Il s’agit d’un jeune soldat qu’il suit depuis longtemps, et qui figurait selon lui « parmi les blessés les plus graves » accueillis au centre.
« Je me souviens de ma première rencontre avec lui, » confie le Rav. « En le voyant, je me suis dit qu’il faudrait véritablement un miracle pour améliorer son état. » Ce miracle semble s’être produit progressivement. Deux semaines avant le Seder, alors qu’il distribuait des Matsot aux équipes médicales, le père du soldat lui a annoncé une nouvelle encourageante : son fils avait commencé à parler, une étape fondamentale dans son processus de guérison.
Connaissant l’affection particulière de ce jeune homme pour la musique, le Rav a proposé de chanter en son honneur pendant la célébration. C’est alors que s’est produit un moment d’une rare intensité émotionnelle : alors que l’assemblée entonnait un chant traditionnel, le soldat s’est soudainement joint au groupe, se mettant à chanter à son tour. La scène a provoqué une vague d’émotion parmi tous les participants, qui ont éclaté en sanglots – « des larmes de joie, bien sûr, » précise le Rav.
Cet instant symbolique a fait écho dans l’esprit du Rav Zalmanov à la Haggadah de Pessah qui rappelle que « dans chaque génération, ils se lèvent pour nous anéantir. » Une résonance particulière dans le contexte actuel où, comme il le souligne, « certains veulent nous détruire, d’autres retiennent nos frères et sœurs dans des tunnels. » Mais ce moment de grâce lui a également rappelé la suite du texte : « et le Saint, béni soit-Il, nous sauve de leurs mains. »
Lowenstein : un front méconnu dans le conflit actuel
« Le Centre médical de Lowenstein reste relativement méconnu du grand public, » déplore le Rav Zalmanov, « pourtant, il constitue un véritable front dans cette guerre. » Il salue avec admiration le dévouement quotidien de l’équipe médicale et de la direction, qui mènent un combat acharné pour la réhabilitation des patients.
« En un mot, si je devais résumer ce qui caractérise ce lieu, » explique-t-il, « je dirais que chaque patient qui franchit ses portes a immédiatement le sentiment d’intégrer une famille. » Cette dimension humaine et chaleureuse, au-delà de l’excellence médicale reconnue internationalement, fait selon lui la force de l’établissement dans le processus de guérison.
Au cours des dix-huit derniers mois, le centre a accueilli plus de 300 soldats blessés, sans compter les nombreux autres blessés de guerre et patients civils en réhabilitation. Ces chiffres témoignent de l’ampleur des besoins en soins de réhabilitation générés par le conflit actuel.
La mission de Lev Habad : un engagement global envers chaque individu
Pour l’organisation Lev Habad, la mission confiée par le Rabbi de Loubavitch représente à la fois un immense privilège et une responsabilité considérable. « L’exigence fondamentale que nous a transmise le Rabbi, » explique le Rav Zalmanov, « est de garder constamment à l’esprit le bien-être personnel de chaque juif, indépendamment de son âge, de ses opinions ou de son milieu d’origine. »
Cette approche se concrétise particulièrement auprès des personnes hospitalisées, dont les besoins de soutien sont naturellement décuplés par la situation de vulnérabilité. L’organisation des émissaires de Habad en Israël a ainsi développé une section spécifique, Lev Habad, dédiée à l’accompagnement des patients dans l’ensemble du réseau hospitalier israélien.
« Nos émissaires sont présents dans tous les centres médicaux du pays, » détaille le Rav, « depuis Soroka à Beer Sheva et Barzilai, jusqu’à Tel Hashomer et au Centre médical de Galilée à Nahariya. » Pour le seul Seder de Pessah de cette année, les données préliminaires font état de plus de 3000 personnes ayant participé aux célébrations publiques organisées par les émissaires de Habad à travers le pays.
Une approche holistique de la réhabilitation
Face à un soldat gravement blessé, qui ne retrouve pas immédiatement toutes ses fonctions, l’approche du Rav et de son équipe commence par une simple présence attentive. « D’abord, nous venons pour être là, simplement, » explique-t-il. « Nous essayons de comprendre la situation spécifique de chacun. Parfois, c’est la famille qui a le plus besoin de soutien, et tout cela prend du temps. »
Le Rav Zalmanov révèle que face aux nombreuses demandes d’aide qu’ils reçoivent, leur principe d’action est simple mais efficace : dire d’abord « oui », puis réfléchir ensuite à la manière concrète de répondre aux besoins exprimés. « C’est véritablement un privilège, » confie-t-il, « de pouvoir rendre, même de façon modeste, quelque chose à ces personnes qui ont tant sacrifié. »
Au-delà de l’excellence des soins médicaux pour lesquels l’établissement est reconnu internationalement, le Rav souligne l’importance cruciale des facteurs psychologiques et spirituels dans le processus de guérison : la motivation personnelle, le désir de se rétablir, le soutien moral, les encouragements appropriés et l’écoute attentive constituent selon lui des éléments déterminants.
Des initiatives concrètes pour répondre aux besoins quotidiens
Les besoins des patients hospitalisés sont multiples et variés. Certains nécessitent une alimentation particulière, adaptée à leurs contraintes médicales ou à leurs convictions religieuses. D’autres, notamment les personnes pratiquantes, sollicitent de l’aide pour accomplir certains rituels religieux comme la pose des tefilines, rendue impossible par leurs blessures aux mains.
Pour répondre à ces besoins, l’organisation a mis en place plusieurs initiatives concrètes. Des volontaires interviennent régulièrement auprès des patients pour les accompagner dans leurs pratiques religieuses. Par ailleurs, l’organisation dispose dans tous les centres médicaux d’un service mobile baptisé « cafétéria de la bonté », grâce auquel des bénévoles proposent chaque soir des collations et rafraîchissements aux familles qui veillent au chevet des patients.
« Malgré tous les soins médicaux de pointe, » observe le Rav, « les patients se sentent parfois invisibles, insuffisamment considérés dans leur humanité. C’est particulièrement douloureux dans ces moments de grande vulnérabilité. » L’intervention de personnes qui s’adressent d’abord à leur dimension spirituelle et émotionnelle, « qui parlent avec le cœur avant les mots ou les gestes, » fait selon lui une différence considérable dans leur parcours de guérison.
La tradition des Matsot surveillées : un lien avec l’identité spirituelle
Un autre moment significatif évoqué par le Rav Zalmanov concerne la tradition des Matsot surveillées (chimourot), une matza spéciale que les émissaires de Habad distribuent traditionnellement dans le monde entier avant Pessah.
« Certains patients, malgré leur désir profond de participer à cette tradition, » raconte le Rav, « ne pouvaient pas manipuler la matza en raison de leurs blessures aux mains ou de l’amputation de leurs membres supérieurs. » Face à cette situation, le Rav et son équipe ont pris l’initiative de les nourrir eux-mêmes, permettant ainsi à ces patients de prendre part pleinement à la célébration malgré leurs limitations physiques.
« Voir le sourire s’épanouir sur leurs visages à ce moment-là, » confie le Rav avec émotion, « a été pour moi une récompense inestimable, qui donne tout son sens à notre mission. »
Un regard tourné vers l’avenir
En conclusion de son témoignage, le Rav Zalmanov a partagé son espoir pour l’avenir, particulièrement significatif durant le mois de Nissan, période traditionnellement associée aux miracles dans la tradition juive.
« Je souhaite et je prie pour que nous puissions voir des miracles dans notre temps, » a-t-il déclaré, évoquant spécifiquement « le miracle du retour des otages » toujours détenus. Plus largement, il a exprimé son aspiration à « l’avènement du rédempteur à Sion, » une espérance partagée au-delà des clivages qui traversent habituellement la société israélienne.
À travers ce témoignage, le Rav Zalmanov offre un éclairage précieux sur une dimension souvent méconnue des conflits : le long et difficile chemin de la réhabilitation des blessés, et l’importance cruciale du soutien spirituel et communautaire dans ce processus. Son action, comme celle des nombreux autres émissaires de Habad à travers le pays, constitue un maillon essentiel dans la chaîne de solidarité qui permet à la société israélienne de faire face aux défis actuels.
















