À l’ONU, l’ambassadeur d’Israël à son homologue français : « Combien avez-vous payé l’Iran ? »

À l’ONU, l’ambassadeur d’Israël à son homologue français : « Combien avez-vous payé l’Iran ? »

 

L’Assemblée générale des Nations unies a tenu une séance houleuse sur le blocus du détroit d’Ormuz et les atteintes à la liberté de navigation. L’ambassadeur d’Israël Danny Danon a vivement pris à partie son homologue français, l’accusant de complicité avec le mécanisme de pression iranien. Il a qualifié les agissements de Téhéran de « terrorisme économique » et lancé un avertissement solennel : « Celui qui paie aujourd’hui paiera un prix bien plus élevé demain. »

 

 

 

Une séance d’urgence après l’échec au Conseil de sécurité

L’Assemblée générale des Nations unies a tenu ce jour (samedi) un débat agité sur le blocus du détroit d’Ormuz et les entraves à la liberté de navigation, après qu’une résolution sur le sujet n’avait pu être adoptée au Conseil de sécurité. Au cours de la séance, l’ambassadeur d’Israël auprès de l’ONU, Danny Danon, a attaqué avec véhémence les États qui ont choisi de coopérer avec le mécanisme de pression iranien plutôt que de lui faire face.

La France dans le viseur : une question qui fait mouche

L’ambassadeur Danon a adressé un message direct et percutant à son homologue français, lui lançant : « Selon des rapports internationaux, un navire appartenant à des intérêts français a traversé le détroit d’Ormuz en toute sécurité tandis que d’autres étaient arraisonnés. La question est donc simple : combien avez-vous payé l’Iran ? » Danon a ajouté que céder à l’extorsion ne fait que renforcer ceux qui menacent le monde, sans jamais les arrêter.

« Terrorisme économique » : l’accusation israélienne contre Téhéran

Danon a qualifié les agissements de l’Iran dans le détroit d’Ormuz de « terrorisme économique » et a souligné que la poursuite de la capitulation face à la pression iranienne ne faisait que consolider le mécanisme d’intimidation dirigé contre le commerce international. « Celui qui paie l’Iran sous la contrainte n’achète pas la paix — il renforce son arsenal de menaces », a martelé l’ambassadeur Danon.

Le précédent du navire français CMA CGM Kribi

Pour mémoire, au début du mois, les 2 et 3 avril, le porte-conteneurs CMA CGM Kribi, appartenant à la compagnie maritime française CMA CGM, avait traversé le détroit d’Ormuz sans encombre. C’était le premier navire lié à l’Europe occidentale à y parvenir depuis le déclenchement de la crise avec l’Iran, à la fin du mois de février.

Mélavé Malka :  Le Rabbi Maharach, grandeur cachée et sagesse rayonnante d’un maître hors du commun

Mélavé Malka :  Le Rabbi Maharach, grandeur cachée et sagesse rayonnante d’un maître hors du commun

 

Les récits hassidiques sur Rabbi Chemouel de Loubavitch — connu sous le nom de Maharach, quatrième Rabbi de Habad — révèlent la stature d’un homme alliant une maîtrise intellectuelle prodigieuse à une clairvoyance spirituelle sans égale. À travers des anecdotes saisissantes, transmises de maître en disciple, se dessine le portrait d’un guide qui savait lire au fond des âmes et transformer la détresse en voie de retour vers D.ieu. Ces histoires, où se mêlent humour, profondeur et grâce divine, continuent d’inspirer et d’éclairer les générations.

 

 

 

Le choix d’un Rabbi : deux récits déterminants

Au décès du Tsema’h Tsedek — Rabbi Mena’hem Mendel de Loubavitch, troisième Rabbi de Habad — celui-ci laissait derrière lui six fils. Parmi les Hassidim, une question brûlante agitait les esprits : lequel d’entre eux méritait de lui succéder ? Les avis divergeaient. Certains plaidaient pour l’aîné, d’autres pour l’un des fils intermédiaires. La discussion était vive, les prises de position, passionnées.

Un des grands Hassidim de l’époque, Rav Chemouel de Borisov, trancha pour lui-même la question sans hésitation. Il avait, disait-il, ses raisons — et il les résuma en deux récits.

Le premier : il avait remarqué que chaque jour, à la fin de la prière du matin, le jeune Rabbi Chemouel se couvrait discrètement la tête de son tallit et s’y attardait quelques instants, comme absorbé dans un geste intime. Au fil du temps, Rav Chemouel de Borisov comprit ce qui se passait sous la couverture : le futur Maharach procédait, en secret, à l’échange de ses téfiline — passant de celles de Rachi à celles de Rabbeinou Tam. Ce détail, en apparence anodin, révélait à ses yeux une rigueur spirituelle et une discrétion dans le service divin qui n’appartenaient qu’aux grands.

Le second récit est plus saisissant encore. Le Tsema’h Tsedek avait prononcé un discours de ‘Hassidout d’une profondeur exceptionnelle, soulevant une difficulté particulièrement ardue tirée de l’ouvrage kabbalistique Peri Ets ‘Haïm. Les grands Hassidim se penchèrent sur le problème pendant des jours, discutèrent, se creusèrent la tête — en vain. Personne ne parvint à résoudre l’énigme.

Une nuit, Rav Chemouel de Borisov fut saisi d’une impulsion : aller soumettre la question au jeune Rabbi Chemouel. Il était très tard. En approchant de la demeure, il aperçut de la lumière à la fenêtre. Il grimpa sur un arbre pour voir ce qui se passait à l’intérieur, et découvrit le futur Maharach assis à sa table, plongé dans les livres, étudiant précisément les textes liés à la difficulté en question.

Il descendit et frappa à la porte. « Qui est là ? » — « Chemouel Barak. » — « Un moment. » Quelques instants s’écoulèrent. Quand la porte s’ouvrit, la table avait changé d’aspect : les livres avaient disparu, remplacés par des journaux en russe et en français, comme si l’occupant des lieux n’avait fait que lire la presse du soir.

Rav Chemouel de Borisov entra et exposa son affaire. « En quoi cela me concerne-t-il ? » répondit le futur Maharach. Alors son visiteur dit avec un sourire : « J’ai vu exactement ce qui se passe ici. Si vous m’aidez à résoudre la difficulté du discours, tant mieux. Sinon, je raconterai à tout le monde ce que j’ai vu. » Il n’avait guère le choix.

Ils s’assirent ensemble, ouvrirent les livres et plongèrent dans la profondeur du texte. La nuit avançait. Ils discutèrent, étudièrent, boirent — beaucoup. Au matin, la difficulté était résolue.

« Chemouel Barak, combien de coupes avons-nous bu cette nuit ? » demanda le futur Maharach. — « Je ne saurais dire. Beaucoup. » — « Vingt et une coupes. »

Rav Chemouel de Borisov confiera plus tard : « C’est cela qui m’a conquis. D’un côté, il était totalement absorbé dans les profondeurs de la Torah et il m’illuminait sur les sujets les plus ardus. De l’autre, il n’avait rien perdu de sa lucidité sur les réalités du monde. Un tel équilibre ne s’acquiert pas — il se reçoit. »

Un artisan d’exception au service de D.ieu

Sur le plan physique, le Maharach était d’une constitution délicate. Les médecins lui conseillèrent de pratiquer une activité manuelle pour entretenir sa santé. Il prit cette recommandation très au sérieux et devint un artisan accompli.

Dans son atelier se trouvaient une scie, une raboteuse et toute une série d’outils de menuiserie. Il sculptait le bois avec un soin méticuleux, créant des objets d’une grande beauté. On dit qu’une table de sa fabrication se trouve encore aujourd’hui dans la pièce du Rabbi — un témoignage tangible de ce talent discret. Une autre table ronde, également attribuée à sa main, est conservée à Nahr-Ad-Diyar (en russe : Nizhnyaya Derevnya), dans la région de Loubavitch.

Le Maharach était par ailleurs un sofer — un scribe — de grande expertise. Il rédigea des Méguillot qu’il offrit à des membres de sa famille et à des enfants de son entourage. On raconte aussi qu’il fabriqua un chandelier — une Ménorah — de la hauteur d’un homme, témoignage supplémentaire de sa maîtrise de l’artisanat.

La montre de poche : où D.ieu ne se trouve-t-il pas ?

On rapporte qu’un jour, alors que le futur Maharach n’était encore qu’un enfant, un ‘Hassid vint lui rendre visite. L’homme sortit de sa poche une belle montre de poche, importée d’Allemagne, d’une finesse remarquable pour l’époque.

« Écoute, Chemouel, dit-il avec un sourire malicieux, si tu me dis où se trouve le Saint béni soit-Il, je te donne cette montre. »

Sans se démonter, le jeune garçon plongea la main dans sa propre poche et en tira une montre non moins belle qu’il possédait déjà.

« Je te propose le marché inverse, répondit-il. Dis-moi où Il ne se trouve pas — et c’est moi qui te donne la mienne. »

Un grand éclat de rire salua cette répartie, qui résumait à elle seule une vérité fondamentale de la pensée ‘hassidique : D.ieu est partout, en toute chose et à chaque instant — la question n’est pas de Le trouver, mais de prendre conscience que nulle part Il n’est absent.

Deux marchands ruinés et la leçon de l’amour du prochain

À Vitebsk vivaient deux ‘Hassidim, tous deux de riches négociants et amis de longue date. Le destin s’abattit sur eux de manière similaire : un incendie dévasta leurs affaires, et tous deux se retrouvèrent dans une situation financière catastrophique.

Le premier, connu sous le nom de Rav Leib, se rendit auprès du Maharach en larmes. Il exposa sa situation : il avait perdu plus de cinquante mille roubles — une fortune considérable — dans l’incendie, et n’avait souscrit aucune assurance. Il ne savait plus que faire.

Le Maharach l’écouta en silence, puis lui dit, sans répondre directement à sa plainte matérielle : « Il te manque quelque chose en Ahavat Israël — dans l’amour de ton prochain. C’est là que se trouve ton tikkoun, ta correction. » Cette réponse, aussi surprenante fût-elle pour un homme que tout le monde connaissait comme généreux et bienfaisant, fit son effet. Rav Leib la prit à cœur. Pendant plusieurs jours, il travailla sur lui-même, jusqu’à revenir trouver le Maharach avec une sincérité nouvelle : « Rabbi, vous avez raison. Je vous demande une voie de correction. »

Le Maharach lui indiqua alors plusieurs choses à accomplir. L’une d’elles : aller trouver un autre ‘Hassid, Rav Chemouel Brin, qui avait lui aussi subi de lourdes pertes dans le commerce du bois, et lui remettre trois mille roubles — en prêt sans intérêt, ou même en don si nécessaire. Après cela, Rav Leib devait se rendre à Moscou pour y relancer ses affaires, avec la promesse du Maharach qu’il y connaîtrait le succès.

Rav Leib se mit en route pour remettre l’argent à son ami. Mais Rav Chemouel Brin était introuvable — on lui dit qu’il était parti à Loubavitch pour le Chabbat. Il attendit son retour. Quand il le retrouva enfin, à la synagogue, le spectacle qu’il découvrit le stupéfia : Rav Chemouel Brin se tenait debout, les joues animées, récitant à voix basse le discours du Rabbi, entièrement absorbé, comme si rien au monde ne pouvait le troubler.

Plus tard dans la journée, Rav Leib se rendit chez lui. Il le trouva assis, étudiant le ‘Hochen Michpat — le traité du droit civil dans la Halakha — avec une concentration profonde. Rav Leib l’interpella : « Chemouel, je t’envie ! Comment peux-tu étudier sereinement alors que tu es criblé de dettes ? »

Rav Chemouel Brin leva les yeux et répondit avec un calme désarmant : « Je ne m’inquiète pas. Le Rabbi est comme le soleil pour les ‘Hassidim — comme le soleil réchauffe et guérit, ainsi le Rabbi illumine. Le Rabbi m’a dit que j’allais acheter des forêts et du bois en tel endroit. Le Rabbi sait bien qu’on ne peut pas acheter sans argent — s’Il me l’a dit, ce sera bien. »

Rav Leib sortit de sa poche le paquet de trois mille roubles : « Précisément, écoute — j’étais chez le Rabbi, qui m’a dit de te remettre cette somme. » Rav Chemouel Brin secoua la tête : « Je t’en suis vraiment reconnaissant. Mais je ne peux pas accepter — tu es toi-même dans une situation difficile. Tu as accompli la mission du Rabbi ; c’est suffisant. »

Rav Leib ne parvint pas à le convaincre. Il laissa l’argent sur la table et repartit voir le Maharach pour lui rendre compte de la situation. Quelque temps plus tard, un émissaire du Maharach arriva chez Rav Chemouel Brin avec le message suivant : « Le Rabbi t’envoie cet argent. Achète avec cela les forêts et les marchandises dont tu as besoin, et tu prospéreras. »

Les deux ‘Hassidim suivirent les voies que le Maharach leur avait tracées — et tous deux redevinrent de grands hommes de fortune.

Du pistolet à la téchouva : le retour d’un médecin égaré

Un ‘Hassid de Habad vivant à Ra’anana, réputé dans la communauté et connu sous le nom de Rav Yehouda Bauman — décédé il y a une vingtaine d’années environ — aimait à raconter l’histoire suivante, qu’il tenait de première main.

Il se trouvait un jour sur le quai de la gare de Rudnia — une bourgade non loin de Loubavitch. À ce propos, une précision s’impose : le Tsema’h Tsedek avait catégoriquement refusé que soit construite une gare à Loubavitch même, souhaitant que la ville reste une bourgade à l’écart du flux du monde moderne. Chaque fois que les autorités tentèrent d’y remédier, des obstacles techniques inexpliqués firent échouer les travaux. Encore aujourd’hui, pour rejoindre Loubavitch, il fallait — et il faut — effectuer un trajet en carriole depuis la gare la plus proche.

Sur ce quai de Rudnia, Rav Yehouda Bauman remarqua un homme à la longue barbe, vêtu avec élégance, qui s’approcha de lui : « Tu es ‘Hassid de Habad ? Tu vas chez le Rabbi Maharach ? Moi aussi. Laisse-moi te raconter mon histoire. »

L’homme commença son récit : il était né dans une famille religieuse observante. Puis les vents de la Haskala — le mouvement des Lumières juives — soufflèrent sur lui. Il abandonna la Yéchiva, entra à l’université, étudia la médecine, obtint son diplôme et devint un médecin très recherché. La réussite professionnelle était au rendez-vous. Il épousa une femme non juive, eut quatre enfants, et pendant de longues années, ne manqua de rien — ni de succès, ni de satisfaction dans son travail de guérisseur.

Puis, un soir, tout bascula. Dans le silence de la nuit, il sentit une présence. Il se retourna et vit son père — décédé depuis des années — debout devant lui, petit et vieux, le visage grave. « Mon fils bien-aimé, dit l’apparition, je n’ai pas de repos. Je n’ai pas de repos à cause de ta conduite. Reviens en téchouva. » Puis il disparut.

Le médecin se dit que l’image s’effacerait. Mais le père revint — à la clinique, dans la chambre à coucher, dans la bibliothèque, au travail. Partout, à toute heure, la même supplique silencieuse : « Je n’ai pas de repos. Tu es juif. Reviens. »

Le médecin, qui ne voulait rien entendre, décida de s’étourdir. Il multiplia les sorties, les fêtes, les réceptions — espérant rentrer chez lui épuisé, trop fatigué pour être visité. Rien n’y fit. Un soir, lors d’une grande soirée mondaine, alors qu’il dansait de toutes ses forces au milieu de la piste, son père apparut devant lui, au beau milieu du cercle de danse. Il le fixa, les yeux dans les yeux.

Le médecin, à bout de nerfs, sortit son pistolet et tira.

La détonation fit taire la musique d’un seul coup. L’arme fumait. Tous les regards se tournèrent vers lui, stupéfaits, terrifiés. Personne ne voyait ce qu’il voyait — mais tout le monde voyait qu’il avait perdu la tête.

Il saisit son chapeau et son manteau et prit la fuite. Dans la rue, il se demanda vers qui se tourner. Il entra dans une synagogue, trouva un juif âgé à qui il confia tout. L’homme l’écouta, compatit, mais admit son impuissance : « Ces choses me dépassent. À Vilna, il y a de grands Rabbanim. »

Il se rendit à Vilna. On le dirigea vers le Beth Midrach du Gaon. Là, un vénérable Rabbin à longue barbe blanche le reçut avec patience, entendit tout son récit et conclut, avec une franchise désarmante : « Ton histoire me touche profondément. Mais nous, ici, nous savons trancher sur le casher et le non-casher, le pur et l’impur. Ces affaires de l’âme, ces questions des mondes invisibles — il faut aller à Loubavitch. Là-bas, ils savent traiter ce genre de choses. »

Il se rendit à Loubavitch. Le gabbai, voyant devant lui un homme d’allure soignée, lui arrangea une Yé’hidout — une audience privée avec le Maharach. À peine la porte ouverte, avant qu’il ait pu prononcer un seul mot, le Maharach leva les yeux et dit : « Quoi ? Un fils qui tire sur son père. Qu’est-ce que tu cherches ici ? »

L’homme s’évanouit.

Quand il revint à lui, il comprit qu’il se trouvait à l’endroit exact où son problème trouverait sa solution. Il entra, raconta tout. Le Maharach lui donna ses instructions : « Rentre chez toi, prends tout ce que tu peux convertir rapidement en liquide, et pars pour tel village. » Il lui indiqua le nom d’un lieu reculé. « Là-bas vit un Tsaddik caché, un grand juste inconnu du monde. Il te donnera une voie de téchouva et de rectification. Combien de temps devrai-je rester ? Tu le sentiras. Tu sauras toi-même quand viendra le moment. »

Il suivit les instructions à la lettre. Il vendit ce qu’il put, se rendit au village, trouva le juste caché, s’assit à ses pieds. Les semaines passèrent. Il récita des Téhilim, étudia, se repentit sincèrement. Le monde ancien s’effaça peu à peu.

Puis, un jour, il ressentit une impulsion irrésistible — le besoin de retourner dans sa ville d’origine. Le Tsaddik lui donna sa bénédiction pour partir.

Il arriva dans sa ville. En cherchant à s’orienter, il s’informa auprès d’un passant : « J’entends parler d’un grand médecin qui exerçait ici — comment le joindre ? » L’homme écarquilla les yeux : « Ce médecin ? Tu n’es pas au courant ? Il est devenu fou. Un soir, lors d’une réception, il a sorti son pistolet et tiré au milieu de la salle de bal. Depuis, il a disparu. Et récemment, une terrible nouvelle : sa maison a brûlé — sa femme et ses enfants… tout a été emporté par les flammes. »

À ces mots, l’homme comprit. Sa téchouva avait été reçue. Le lien avec sa vie passée était définitivement tranché. Il sentit alors — avec une certitude intérieure paisible — que le temps était venu de retourner auprès du Maharach, pour le remercier et recevoir une guidance pour la suite de son chemin.

C’est sur ce quai de gare, à Rudnia, qu’il achevait son récit, le regard tourné vers Loubavitch, vers le Rabbi qui avait tout su avant même qu’il parle.

 

Calendrier Hassidique du 1er et 2 Iyar

Calendrier Hassidique du 1er et 2 Iyar

1er Iyar 5648-1788

Rabbi Menahem Mendel de Vitebsk (1730?-1788), également connu sous le nom de Menahem Mendel de Horodok, était l’un des premiers dirigeants du mouvement hassidique quitta ce monde. Il était le principal disciple du Maguid de Mezeritch et a contribué à répandre le hassidisme à travers la Biélorussie à partir de sa base à Minsk.

En 1772, il a voyagé avec Rabbi Chnéour Zalman de Liadi pour rencontrer le Gaon de Vilna, dans l’espoir de convaincre ce dernier d’annuler son interdiction du hassidisme, mais sans succès.

Après la mort du Maguid, Rabbi Menahem Mendel et son collègue, Rabbi Abraham Kalisker, se sont établis à Horodok. En 1777, ils ont émigré avec 300 Hassidim en Eretz Israël et se sont installés à Safed, en Syrie ottomane. En 1783, ils ont été contraints de quitter Safed et se sont déplacés à Tibériade, où ils ont construit une synagogue qui existe toujours aujourd’hui.

Le Rav Menahem Mendel était très humble, et il signait ses lettres avec les mots « השפל באמת, véritablement humble ».

Avant sa mort, il a ordonné à ceux qui se tenaient près de lui de quitter la pièce, disant : « Car voici que l’Éternel se tient sur moi ». Une heure plus tard, son âme est sortie dans la sainteté et il a été enterré à Tibériade.

1er Iyar 5736-1975

Le Rabbi a choisi six versets et dictons des Sages pour être répétés par les enfants d’Israël.

Le Rabbi a ajouté six autres versets lors de la fête de Lag Baomer.

Le Rabbi a demandé à chaque enfant juif de réciter les douze versets par cœur et de les répéter à tout moment, et a expliqué l’importance de ces versets également pour leur pouvoir de protéger le peuple d’Israël.

2e Iyar 5594-1834

Rabbi Chmouel Shneersohn, 4ème Rabbi de Loubavitch, naquit dans le village de Loubavitch, le 2 Iyar 1834 (Tiférèt de Tiférèt). Le Tséma’h Tsédèk lui donna le nom d’un Tsadik caché, qui était porteur d’eau dans la ville de Polotsk. Le Tséma’h Tsédek eut sept fils et deux filles. Rabbi Chmouel est le cadet des fils.

Dans son jeûne âge, il se distingua par sa mémoire et son intelligence prodigieuse. Ses étude furent particulièrement fructueuses. En 1848, il épousa, en première noce, la Rabbanit Sterna, fille de son frère, Rabbi ‘Haim Chnéor Zalman, le Rabbi de Lyadi. Mais la Rabbanit tomba malade et quitta ce monde trois mois après son mariage. En 1849, il épousa la Rabbanit Rivka.

C’est en 1855 qu’il se consacra, sur l’ordre de son père, aux besoins de la communauté. Son activité le conduisit également à rencontrer les responsables communautaires d’autres pays. C’est pour cela qu’il se rendit en Italie (1858), en Allemagne (1859) et en France (1868).

C’est en Nissan 1866 qu’il prit la tête des ‘hassidim ‘Habad. Des le début de l’année, son père l’avait chargé de commenter publiquement la ‘Hassidout et avait dit aux ‘hassidim: « Vous l’écouterez comme vous m’avez écouté. » A la fin de l’année 1882, il tomba malade et quitta ce monde dans la nuit du mardi 13 Tichri 1882. Il fut enterré à Loubavitch, près de son père.

On ne sait, somme toute peu de choses de la vie du Rabbi Maharach, qui ne dura que 48 ans et demi. Même ses interventions communautaires restèrent secrètes et, pour la plupart, ne furent pas révélées. Par ailleurs il fut malade et faible tout au long de sa vie et ses multiples activités l’empêchèrent de recouvrer pleinement la santé.

Il eut quatre fils et deux filles: Rabbi Chnéor Zalman, le Razo, Rabbi Chalom Dov ber, le Rabbi Rachab qui allait lui succéder, Rabbi Avraham Sender, qui décéda à l’âge de huit ans. Doué de capacités hors du commun, il avait l’âme de l’Admour Hazaken. Le quatrième fils fut Rabbi Mena’hem Mendel qui est enterré à Tsfat. Les filles du Rabbi Maharach furent la Rabbanit Devora Léa et la Rabbanit ‘Haya Mouchka.

2 Iyar 5702-1952

La rédaction secrète d’un Sefer Torah pour l’avènement du Messie a commencé. Sa conclusion a été retardée de nombreuses années, jusqu’au 9 Chevat 1970.

2 Iyar 5716-1956

Un massacre horrible a eu lieu dans l’école de travail du village de Kfar Habad.

La “révolution juive” en France : Le 2 Iyar 1968, le Rav Chmouel Azimov et son épouse Bassie, commencent leur Chlihout à Paris

La “révolution juive” en France : Le 2 Iyar 1968, le Rav Chmouel Azimov et son épouse Bassie, commencent leur Chlihout à Paris

Rav Chmouel Azimov et son épouse Bassie, Chlou’him à Paris depuis 1968,  ont initié l’incroyable “révolution juive” en France, ont rapproché des dizaines de milliers de juifs de leurs racines juives et ont créé plus de 100 institutions communautaires. C’est le mardi 30 avril 1968, 2 Iyar 5728, jour anniversaire de Rabbi Chmouel Schneerson, le Rabbi Maharach, 4ème Rabbi de Loubavitch, qu’ils arrivent à Paris, envoyés par le Rabbi.

Né en Russie en 1945, le Rav Chmouel Azimov avait à peine 3 ans lorsque sa famille est arrivée à Paris, fuyant le régime communiste soviétique. Pour la plupart des hassidim Habad quittant l’URSS à cette époque, la France n’était qu’un lieu de transit vers la Terre Sainte ou les États-Unis. Le Rav Haim Hillel Zyslin-Azimov, son épouse Reisha et leurs enfants firent partie des rares familles qui choisirent de s’établir définitivement en France. En 1948, Paris, encore marquée par les ravages de la Seconde Guerre mondiale, ne comptait plus qu’une modeste communauté juive, principalement constituée de survivants de la Shoah, souvent éloignés de leurs racines religieuses.

Les premières années au service de la Torah

Le jeune Chmouel commença sa carrière comme enseignant dans l’un des Talmud Torah dirigés par son père. Le Rav Haim Hillel Azimov, pionnier de l’éducation juive d’après-guerre, n’hésitait pas à faire du porte-à-porte pour recruter des élèves. Son dévouement extraordinaire permit la création de plus de 20 Talmud Torah à Paris et dans sa périphérie, posant ainsi les premières pierres de la renaissance juive en France.

Lorsqu’il atteignit l’âge d’entrer à la Yéchiva, il rejoignit la Yéchiva Tomhei Tmimim Loubavitch de Brunoy, institution prestigieuse fondée en 1947 par Rabbi Yossef Itshak Schneersohn, le sixième Rabbi de Loubavitch. Ce fut là qu’il approfondit sa connaissance de la Torah et développa sa vision du hassidisme.

 


La Bar Mitsva du Rav Azimov à la Yechiva de Brunoy en 1958

 

Une vocation précoce auprès de la jeunesse

Dès l’âge de 17 ans, alors qu’il était encore étudiant à la Yéchiva de Brunoy, le jeune Chmouel, affectueusement surnommé « Moulé », commença déjà son action auprès de la jeunesse juive. Sa Bar Mitsva, célébrée en 1958, marquait déjà le début d’un engagement qui allait durer toute sa vie.

Moulé s’était donné pour mission de contribuer au développement personnel et spirituel des jeunes de sa communauté. Il jouait un rôle essentiel dans l’intégration des nouveaux étudiants parisiens au sein de la Yechiva, les familiarisant avec la vie hassidique et un judaïsme intransigeant. Sa maturité légendaire et sa capacité à prendre des décisions réfléchies lui valurent rapidement le respect de son entourage.

Son dévouement allait bien au-delà de l’enseignement traditionnel. Il veillait à fournir aux étudiants du lait sous surveillance stricte, garantissant une cacherout irréprochable. Il captivait les étudiants de la rue Guy Patin par ses cours sur le Tanya, texte fondamental de la pensée hassidique, contribuant ainsi à l’épanouissement spirituel de ses pairs et à la transmission des valeurs du judaïsme hassidique.

La rencontre décisive avec le Rabbi

En 1963, à seulement 17 ans, le Rav Chmouel Azimov entreprit son premier voyage transatlantique. Accompagné de deux autres étudiants de la Yéchiva de Brunoy, il s’envola de Londres pour rencontrer Rabbi. Cette rencontre allait changer le cours de sa vie et, par extension, celui du judaïsme français.

À leur retour, les trois jeunes hommes reçurent pour mission de commencer des activités communautaires à Paris, tout en poursuivant leurs études à Brunoy. Ils s’attelèrent à cette tâche avec ferveur, se rapprochant des jeunes juifs originaires d’Afrique du Nord et des enfants de survivants de la Shoah, souvent assimilés. Plusieurs de ces jeunes, après avoir étudié la Torah avec eux, rejoignirent la Yéchiva de Brunoy, inaugurant ainsi un cycle vertueux de transmission.

 

Le mariage et l’envoi en mission à Paris

En 1967, Chmouel épousa à New York Bassie Shemtov, la plus jeune fille du célèbre hassid Rav Bentsion Shemtov de mémoire bénie. Sur les conseils du Rabbi, le jeune couple s’installa à Paris, malgré les craintes familiales de Bassie concernant la ville.

Ils arrivèrent le mardi 30 avril 1968 (2 Iyar 5728), jour anniversaire du Rabbi Maharach, troisième Rabbi de Loubavitch, et veille des célèbres événements de Mai 68. Ce timing symbolique marquait le début d’une transformation radicale du judaïsme en France. Suivant scrupuleusement les directives du Rabbi, le couple se consacra à l’enseignement, le Rav Azimov y dédiant, selon les instructions reçues, la moitié de son temps.

Moulé et Bassie étaient parfaitement préparés pour fournir des réponses aux jeunes juifs en quête d’absolu durant cette période troublée. C’est à ce moment que naquit le « Groupe », premier noyau de jeunes hommes et femmes qui, plus tard, répondraient à l’appel du Rabbi en devenant eux-mêmes des émissaires.

 

La fondation du Beth Loubavitch

En 1972, quatre ans après son arrivée, le Rav Azimov et son épouse ouvrirent le premier Beth Loubavitch au 8 rue Lamartine, dans le 9ème arrondissement de Paris. Ce centre devint rapidement un phare pour la communauté juive parisienne. Au fil des années, sous son impulsion, des centres Loubavitch s’établirent dans tous les arrondissements de Paris et dans de nombreuses villes de banlieue.

Avec sa vision profondément hassidique et l’intérêt qu’il portait à chacun, « Moulè » et Bassie ont investi tous les aspects de la vie communautaire juive, travaillant sans relâche, en coopération avec toutes les organisations communautaires de la ville et les autorités municipales.

Un héritage impressionnant en chiffres

Aujourd’hui, le Beth Loubavitch constitue un véritable pilier de la communauté juive en France. Ses réalisations sont impressionnantes :

  • Un réseau scolaire accueillant 2500 élèves
  • 400 berceaux de crèche
  • 30 centres de Talmud Torah
  • 1500 cours hebdomadaires pour 25 000 participants
  • 2 séminaires d’études européens
  • 100 000 Michloa’h Manot distribués et 2500 lectures de la Méguila à Pourim
  • 50 000 kits distribués pour ‘Hanouccah
  • Des éditions de livres et de ressources éducatives
  • Des visites aux malades et aux communautés isolées
  • Des aides aux familles en difficulté
  • Des clubs pour le troisième âge
  • Des Chabbats pleins pour étudiants et lycéens

Avec plus de 40 centres Loubavitch, une école qui accueille 2000 élèves et environ 200 Chlouhim œuvrant sur tout le territoire, le Rav Azimov et son épouse ont construit les bases solides d’une communauté juive florissante qui offre éducation, soutien spirituel et opportunités de croissance à ses membres.

Un rayonnement qui se perpétue

Les quelque 200 Chlouhim qui dirigent aujourd’hui les centres Habad de Paris sont tous des élèves formés par le couple Azimov. Cette réalité témoigne de l’impact profond et durable de leur enseignement et de leur dévouement. En établissant des relations maître-élève exemplaires, le Rav Azimov et son épouse ont réussi à transmettre les valeurs et les principes du hassidisme Habad-Loubavitch à une nouvelle génération.

Le Rabbi suivait de près l’évolution de la vie juive à Paris, ville où lui et son épouse avaient vécu pendant environ 7 ans à partir de 1935. Un jour, la Rebbetzin Haya Mouchka confia au Rav Azimov : « Nous avons semé, à vous de récolter ! », faisant allusion à cette période parisienne qui avait préparé le terrain pour la renaissance à venir.

Mme Bassie Azimov quitta ce monde le 17 Hechvan 5772 (14 novembre 2011), suivie par le Rav Chmouel Azimov le 12 Hechvan 5775 (5 novembre 2014). Leur héritage perdure à travers les institutions qu’ils ont fondées et les milliers de vies qu’ils ont touchées et inspirées à revenir vers leurs racines juives.

Grâce à la vision et au dévouement du Rav Chmouel Azimov et de son épouse, la France abrite aujourd’hui l’une des plus grandes communautés juives de la diaspora, avec une vie juive parisienne florissante comptant environ 350 000 juifs. Leur œuvre constitue un exemple remarquable de ce que peuvent accomplir la foi, la persévérance et le dévouement au service d’une communauté.

 

 

 

VIDEO. Biographie du Rabbi Maharach, Rabbi Chmouel Schneerson (2 Iyar 1834 – 13 Tichri 1882)

VIDEO. Biographie du Rabbi Maharach, Rabbi Chmouel Schneerson (2 Iyar 1834 – 13 Tichri 1882)

Rabbi Chmouel est né le 2 Iyar 1834, fils du Rabbi Tzemach Tzedek et de la Rabbanit Raya Muska. Il était le plus jeune de sept fils et fut nommé d’après un tzadik caché de Polotsk. Dès son jeune âge, il se distingua par sa vive intelligence, sa mémoire phénoménale et sa profonde compréhension de la Torah.

À 13 ans, le Rabbi Maharach connaissait déjà par cœur le Chass (Talmud), la Michna et le Tanya. Il maîtrisait plusieurs langues, avait des connaissances en médecine et était un scribe accompli. À 14 ans, il épousa sa nièce qui décéda malheureusement trois mois après leur mariage. Il se remaria plus tard avec la Rabbanit Rivka.

Après le décès de son père le 13 Nissan 1866, Rabbi Chmouel prit la direction du mouvement Loubavitch dans un contexte difficile, alors que plusieurs de ses frères avaient quitté Loubavitch pour établir leurs propres cours. Il réussit néanmoins à reformer un cercle de Hassidim et à perpétuer la dynastie.

Le Rabbi Maharach était connu pour sa devise « Lekhatkhila Ariber » (passer par-dessus les obstacles). Il défendit activement la cause des Juifs en Russie, notamment pendant les pogroms de 1880, voyageant à travers l’Europe et alertant la presse internationale. Ses efforts contribuèrent à l’arrêt des pogroms.

Malgré ses souffrances physiques dues à une maladie du sang, il menait une vie publique active. Il quitta ce monde le 13 Tishrei 1882 à l’âge de 47 ans, laissant derrière lui six enfants, dont Rabbi Shalom DovBer qui lui succéda comme cinquième Rabbi de Loubavitch.

 

2 Iyar : Naissance du Rabbi Maharach, Rabbi Chmouel Shneersohn, le 4ème Rabbi de Loubavitch

2 Iyar : Naissance du Rabbi Maharach, Rabbi Chmouel Shneersohn, le 4ème Rabbi de Loubavitch

 

Rabbi Chmouel Shneersohn, 4ème Rabbi de Loubavitch, naquit dans le village de Loubavitch, le 2 Iyar 1834 (Tiférèt de Tiférèt). Le Tséma’h Tsédèk lui donna le nom d’un Tsadik caché, qui était porteur d’eau dans la ville de Polotsk. Le Tséma’h Tsédek eut sept fils et deux filles. Rabbi Chmouel est le cadet des fils.

 

Dans son jeûne age, il se distingua par sa mémoire et son intelligence prodigieuse. Ses étude furent particulièrement fructueuses. En 1848, il épousa, en première noce, la Rabbanit Sterna, fille de son frère, Rabbi ‘Haim Chnéor Zalman, le Rabbi de Lyadi. Mais la Rabbanit tomba malade et quitta ce monde trois mois après son mariage. En 1849, il épousa la Rabbanit Rivka.

C’est en 1855 qu’il se consacra, sur l’ordre de son père, aux besoins de la communauté. Son activité le conduisit également à rencontrer les responsables communautaires cd’autres pays. C’est pour cela qu’il se rendit en Italie (1858), en Allemagne (1859) et en France (1868).

C’est en Nissan 1866 qu’il prit la tête des ‘hassidim ‘Habad. Des le début de l’année, son père l’avait chargé de commenter publiquement la ‘Hassidout et avait dit aux ‘hassidim: « Vous l’écouterez comme vous m’avez écouté. » A la fin de l’année 1882, il tomba malade et quitta ce monde dans la nuit du mardi 13 Tichri 1882. Il fut enterré à Loubavitch, près de son père.

On ne sait, somme toute peu de choses de la vie du Rabbi Maharach, qui ne dura que 48 ans et demi. Même ses interventions communautaires restèrent secrètes et, pour la plupart, ne furent pas révélées. Par ailleurs il fut malade et faible tout au long de sa vie et ses multiples activités l’empêchèrent de recouvrer pleinement la santé.

Il eut quatre fils et deux filles: Rabbi Chnéor Zalman, le Razo, Rabbi Chalom Dov ber, le Rabbi Rachab qui allait lui succéder, Rabbi Avraham Sender, qui décéda à l’âge de huit ans. Doué de capacités hors du commun, il avait l’âme de l’Admour Hazaken. Le quatrième fils fut Rabbi Mena’hem Mendel qui est enterré à Tsfat. Les filles du Rabbi Maharach furent la Rabbanit Devora Léa et la Rabbanit ‘Haya Mouchka.

La lèpre spirituelle et sa guérison : l’équilibre entre l’élan vers D.ieu et le retour au monde

La lèpre spirituelle et sa guérison : l’équilibre entre l’élan vers D.ieu et le retour au monde

 

La Parchat Metsora révèle une réalité spirituelle profonde : la Tsara’at symbolise un déséquilibre intérieur où l’élan vers le divin existe sans le contrepoids indispensable du retour. Lorsque le Ratso — le désir ardent de s’élever — s’emballe sans être ancré par le Chouv — le retour ordonné vers le monde — les forces obscures trouvent une brèche pour s’y engouffrer. La guérison passe alors par une démarche précise auprès du Cohen, qui incarne la capacité à rétablir cet équilibre sacré.

 

Adapté d’un Maamar du Likoutei Torah sur la Parachat Metsora 

 

La Tsara’at : quand l’élan spirituel perd son ancrage

La condition de la Tsara’at décrit un état où seul le Mo’ah HaBina — l’intellect de Bina — demeure actif. Cette sphère représente le Ratso, l’aspiration et l’élan vers le Haut, le désir intense de s’élever et de se fondre dans le divin. Mais Or Aba, la lumière d’Aba, qui est l’aspect du Bitoul — la nullification de soi — et qui ne cherche pas à s’élever mais se situe dans la dimension du Chouv, le retour vers le monde et les créatures, se retire et s’absente.

Il s’agit là du Ratso sans Chouv : un élan sans retour, un vol sans atterrissage. Dans cet état de déséquilibre, les forces extérieures — les Hitsonim — peuvent puiser leur vitalité et s’en nourrir. De même que, après la prière, si l’on ne s’engage pas immédiatement dans l’étude de la Torah, on risque de tomber dans l’égoïsme, les passions et les désirs mondains — car le vide spirituel laissé par l’absence du Chouv est aussitôt comblé par ce qui s’y oppose.

Le remède : « on l’amènera au cohen »

La Torah prescrit le remède en ces termes : Ve’houva el haKohen — « on l’amènera au Cohen ». Le Cohen, en effet, incarne la capacité de faire descendre Or Aba, la lumière qui restaure l’équilibre entre l’élan et le retour. Mais il faut noter la formulation précise du verset : ce n’est pas le malade qui se rend de lui-même au Cohen, c’est lui qui est amené — et cela indique que le Ratso, l’élan, doit néanmoins demeurer présent, même au cœur du processus de guérison.

Car il est nécessaire que la Techouva précède la descente de la lumière divine. La Techouva — dont le sens littéral est le retour — vient réparer le défaut dans la dimension du Hé, la dimension de Bina, qui est précisément le Ratso. Il est impossible de faire descendre Or Aba avant que ce défaut ne soit réparé.

On aurait pu penser qu’il suffit de s’adonner entièrement à l’étude de la Torah — la dimension du Chouv pur — pour remédier à la situation. Mais la Torah nous enseigne qu’il n’en est rien : sans le Ratso, sans l’élan et l’aspiration authentiques, la lumière divine ne peut descendre et s’investir dans les Kelim, les récipients de l’âme. Ainsi, Ve’houva el haKohen — « on l’amènera au Cohen » — exprime le Ratso, et Ve’yatsa haKohen — « le Cohen sortira » — exprime la descente du Chouv qui vient s’habiller dans les récipients de la réalité.

La Torah du metsora : l’union indissoluble du Ratso et du chouv

C’est là tout le sens de la conclusion du verset : Ve’zot tihyeh Torat haMetsora — « voici ce que sera la Torah du Metsora ». La leçon spirituelle de la Tsara’at est que c’est précisément à travers l’union harmonieuse du Ratso et du Chouv, de l’élan vers le Haut et du retour vers le bas, que la Torah de cet homme sera ce qu’elle doit être. Ni l’un ni l’autre à lui seul ne suffit : leur équilibre est la condition même d’une vie spirituelle authentique et féconde.

Rav Na’houm Goldschmid : plongée dans la vie d’un géant de la ‘Hassidout

Rav Na’houm Goldschmid : plongée dans la vie d’un géant de la ‘Hassidout

 

Une biographie de plus de 300 pages retrace le parcours exceptionnel du ‘Hassid Rav Na’houm Goldschmid, figure vénérée du mouvement Habad dont le nom était prononcé avec admiration par toute une génération. Le Rav Shimon Eisenbach, Rav du quartier Ha-Cha’hmon à Eilat, a dévoré cet ouvrage d’une traite pendant la fête de Pessa’h, et en livre ici une chronique passionnée. Une lecture qu’il recommande sans réserve à quiconque aspire à s’imprégner de crainte du Ciel et d’amour de la ‘Hassidout.

 

Rav Shimon Eisenbach, Rav du quartier Ha-Sha’hmon à Eilat

 

Un livre longtemps différé, enfin ouvert

L’expression bien connue « le temps dérobe ce que le cœur convoite » illustre parfaitement ce sentiment de frustration que l’on éprouve faute de pouvoir lire tout ce que l’on souhaiterait. Une pile de livres nouveaux s’accumule devant moi, elle ne cesse de grandir, et je n’arrive pas à m’en venir à bout.

L’un de ces ouvrages est un livre paru il y a quelques mois. Je dois préciser, par souci de transparence, qu’il a été publié à l’occasion du mariage de ma fille, Mme Yafa, avec le ‘Hassid Rav M.M. Goldschmid, célébrés en bonne heure le 14 Kislev de cette année. Ce livre s’intitule « Rav Na’houm Goldschmid » et a été rédigé par le frère de mon gendre, le Rav Avraham Goldschmid ; tous deux sont des arrière-petits-fils du grand homme dont il est question dans cet ouvrage.

Ce livre est resté un temps parmi d’autres que j’avais mis de côté, dans l’espoir de trouver le moment de les lire. Et voilà que, pour une raison que je ne saurais expliquer, c’est lui que j’ai saisi pendant la dernière fête de Pessa’h. Je l’ai lu avec avidité, du début à la fin, sans jamais regretter d’avoir choisi celui-là parmi tous les autres.

Un portrait d’une plénitude rare

L’ouvrage compte plus de 300 pages denses et riches, qui relatent la vie du célèbre ‘Hassid Rav Na’houm Goldschmid, de mémoire bénie, une figure qui faisait autorité parmi les ‘Hassidim Habad de la génération précédente. Depuis ma plus tendre jeunesse, j’ai entendu ce nom porté avec fierté sur les lèvres des ‘Hassidim qui en parlaient avec vénération et estime. Mon père, de mémoire bénie, le Rav Tsvi Eisenbach, l’évoquait lui aussi fréquemment, surtout comme celui qui avait su expliquer la doctrine de la ‘Hassidout à des milliers et des dizaines de milliers de personnes d’une manière unique, sans équivalent.

C’est ainsi que j’ai passé la fête de Pessa’h en compagnie de ce personnage exceptionnel. J’ai prié avec lui, étudié avec lui et, bien entendu, participé à ses Farbrengouenim pendant les jours de fête et de ‘Hol HaMoed, au fil d’anecdotes enchaînées les unes aux autres, de descriptions qui se succèdent, et de récits qui ont dessiné devant moi le portrait d’un homme hors du commun. Tout au long de la lecture, le sentiment dominant était celui du regret de ne pas l’avoir connu de près ni bénéficié de son ombre.

Un titre qui dit tout

Il m’est difficile de prodiguer des éloges à cet auteur talentueux pour son tRavail remarquable — car on ne fait pas l’éloge d’un homme en sa présence, et je crains que cette chronique lui parvienne un jour — mais la vérité mérite d’être dite : il a accompli un travail admirable et a rapproché les lecteurs au plus près du légendaire Rav Goldschmid.

Ce qui m’a touché plus que tout, c’est le titre du livre : « Rav Na’houm Goldschmid ». Alors que tout auteur cherche habituellement un titre grandiloquent pour son livre, qui donne au lecteur l’impression que le héros est à l’égal d’un ange ou d’un être d’élévation suprême, l’auteur a ici choisi de donner à son ouvrage simplement le nom de l’homme, sans titre exalté. Car c’était précisément toute la grandeur du Rav Goldschmid : il se comportait avec une telle simplicité, et c’est dans cette simplicité même qu’il était parvenu à concentrer les contenus les plus profonds de la doctrine ‘Hassidique.

Des racines ‘Hassidiques et une jeunesse à Ekaterinosslav

Le livre s’ouvre sur un panorama des racines ‘Hassidiques du Rav Goldschmid, qui appartenait d’abord à la ‘Hassidout en général, avant de se rapprocher progressivement du mouvement Habad et de son enseignement lorsqu’il est allé étudier à Tomkhei Temimim. Dans son enfance, il a grandi dans la ville d’Ekaterinoslav et y a étudié aux côtés des fils du Gaon Rabbi Lévi Its’hak Schneersohn — parmi lesquels le Rabbi lui-même, avec ses frères Berel et Leibel. Ces récits vivants révèlent beaucoup sur la ville d’Ekaterinoslav et sur l’intense vie ‘Hassidique qui y régnait. Dans cette ville de son enfance, il a noué des liens profonds avec toute la famille du Rav Lévi Its’hak Schneersohn, et bien sûr avec le Rabbi.

Fait remarquable : après son arrivée en Terre Sainte, Rav Na’houm n’a pas réussi, pour une raison ou une autre, à se rendre auprès du Rabbi. La première fois qu’ils se sont retrouvés en tête-à-tête après des décennies de séparation, c’était en 5728 (1967-1968), soit dix-sept ans après le début de la necsiaout du Rabbi. Des Temimim qui étudiaient alors au 770 racontent son effacement total devant le Rabbi, en véritable ‘Hassid, et les sanglots qui l’ont secoué pendant la prière en présence du Rabbi. On rapporte également comment il a demandé au Rabbi, lors de cette audience, d’être accepté comme un ‘Hassid ordinaire, et non d’être traité en ami d’enfance.

L’errance et l’exil à travers la Russie soviétique

De nombreuses pérégrinations ont été le lot de ce Tamim qui a erré de ville en ville à travers la Russie, fuyant les persécutions du régime contre tout ce qui relevait de la sainteté. Il a commencé à Rostov, avant de passer par Kharkov, puis Nevel, puis Vitebsk, puis Bakou, puis Moscou, jusqu’à ce qu’il soit contraint, sans autre issue, de fuir l’Union soviétique à tout prix.

En 5695 (1935), il a accosté en sécurité au port de Jaffa et s’est installé depuis lors à Tel-Aviv, qui débutait alors sa vie comme ville juive. Dans le Tel-Aviv de cette époque, la communauté Habad s’était formée et développée au point de devenir un phare de Torah et de ‘Hassidout, d’où l’enseignement ‘Hassidique a rayonné à travers toute la Terre Sainte. Au sein de cette communauté ‘Hassidique de Tel-Aviv, les ‘Hassidim étaient liés les uns aux autres par des liens d’amour profond, et les chapitres du livre dépeignent avec brio, sous la plume de l’auteur, la vie ‘Hassidique de Tel-Aviv de l’époque. On y apprend, entre autres, que Rav Na’houm s’est rendu un jour au domicile d’un ami, et que son fils, le Rav Mordekhaï, l’a surpris en pleurs — c’était après qu’il avait rendu visite à son ami le Rav David Brouman hospitalisé, dont il n’avait pu supporter de voir les souffrances sans fondre en larmes.

La voix de la ‘Hassidout à Tel-Aviv

C’est là, à Tel-Aviv, que sa stature s’est affirmée, notamment après l’affaiblissement du mashpia Rabbi Zalman Mochè Haïtsaki. Rav Na’houm est alors devenu le principal orateur et commentateur lors de chaque rencontre et Farbrenguen. Il donnait des cours de ‘Hassidout à toute heure, et des dizaines de personnes venaient boire ses paroles. Nombreux sont ceux qui témoignent aussi de la longueur de ses prières, auxquelles il consacrait des heures entières, y engageant toutes ses forces jusqu’à l’épuisement de son âme. Il se plongeait longuement dans la méditation ‘Hassidique et, par moments, éclatait en sanglots — et nul ne pouvait rester indifférent face à sa personnalité rayonnante. Les jeunes qui l’écoutaient et étudiaient la ‘Hassidout sous sa direction témoignent que la ‘Hassidout imprégnait chaque fibre de son être. Il pouvait s’asseoir sur un banc du boulevard Allenby, en plein été, et s’immerger pendant des heures dans l’étude de la doctrine ‘Hassidique. Le bruit de la rue ne le perturbait nullement, tant sa concentration le coupait totalement du monde extérieur, au point qu’il ne remarquait même plus ses amis et élèves qui passaient à proximité.

Saisir l’essence, non la surface

Un passage choisi du livre rapporte l’importance que Rav Na’houm accordait à saisir l’essence des choses, et non leurs seuls aspects extérieurs. Le Rav ‘Hassid Rabbi Chalom Douvber Boutman en témoigne par une anecdote savoureuse : à une certaine époque, il étudiait les ma’amarim de ‘Hassidout de l’année 5703 (1942-1943) et en parlait parfois avec Rav Na’houm. Il se retrouva un jour bloqué sur un passage et posa la question à l’un des membres de la communauté, mais la réponse qu’il reçut ne le satisfit pas. Lorsqu’il rencontra ensuite Rav Na’houm et lui soumit la question avec l’explication qu’il avait entendue, Rav Na’houm lui répondit : « Imagine que tu aies devant toi une charrette et un avion. Si on te demande quelle est la différence entre les deux, tu répondras : la charrette est en bois et l’avion en métal. En réalité, dans les faits, c’est une réponse exacte. Mais réfléchis-y — est-ce vraiment là la différence entre une charrette et un avion ?… »

Par cette courte réponse, Rav Na’houm exprimait sa conception unique de l’étude et de l’enseignement : ne pas se contenter de différences techniques, ne pas s’arrêter à la surface des idées, mais toujours aspirer à en comprendre la racine, la profondeur intérieure, l’essence qui se cache derrière les choses. Rav Na’houm cherchait toujours à toucher le cœur même des sujets — à atteindre l’essence, sans se satisfaire de la couche extérieure du concept.

Le Rav ‘Hassid Rabbi Ye’hezkel Sofer, qui avait étudié à la Yéchiva de Brisk avant de se rapprocher du monde ‘Hassidique, a décrit une conversation inoubliable qu’il a eue avec Rav Na’houm : « Un jour, alors que je revenais d’une visite à la Yéchiva de Tomkhei Temimim à Kfar Habad et me trouvais à Bné Brak, Rav Na’houm Goldschmid s’approcha de moi et me demanda : « Il est connu que chaque courant possède un point intérieur unique dont découlent tous les détails particuliers — quel est, selon toi, le point intérieur du livre du Tanya ? » J’ai tenté de répondre, de proposer différentes pistes, mais il ne fut satisfait d’aucune. Il me dit finalement : « Un homme peut se trouver au niveau du ‘Beinoni’ du Tanya, ‘n’ayant jamais commis de faute de sa vie’, et pourtant l’essence de sa nefech habahami — son âme animale — n’a pas changé d’un iota ! C’est là une très grande nouveauté : le Tanya exige du Juif d’être intérieur. Il ne suffit pas d’être ‘un Juif du Choulhan Aroukh’ et d’accomplir tous ses devoirs en acte, en parole et en pensée — il faut aussi transformer son monde intérieur. » »

Les émissions de radio et l’enseignement du Tanya

De larges chapitres du livre sont consacrés aux émissions de radio dans lesquelles Rav Na’houm dispensait des cours de Tanya à l’ensemble des habitants de la Terre Sainte — émissions qui parvenaient également jusqu’en Union soviétique, où les gardiens de la braise ‘Hassidique les écoutaient et en abreuvaient leur âme assoiffée. Maintenir ces émissions n’était guère aisé : des opposants ont tenté d’y mettre fin, et des militants se sont mobilisés pour en assurer la pérennité.

Un vaste chapitre retrace également les cours qu’il a dispensés aux élèves de Beth Rivka, transformant cet établissement de fond en comble : grâce à lui, de nombreux foyers ‘Hassidiques enracinés ont vu le jour.

Un livre riche en enseignements, malgré quelques imperfections

Le livre, comme indiqué, regorge de nombreuses perles qui chacune éclaire et illumine. L’une d’elles est l’évocation du Rav Efraïm Na’houm Bordiansky, qui connaissait, comme beaucoup dans le monde lituanien, le Rav Na’houm Goldschmid. Il déclare à son sujet que « la profondeur de son explication et sa capacité à rendre accessibles des idées sublimes découlaient d’un amour profond du peuple juif qui ne lui permettait pas de garder quoi que ce soit pour lui-même ».

En guise de conclusion, je me dois de préciser que ces quelques lignes ne sauraient remplacer la lecture du livre, car seule sa lecture intégrale permet d’appréhender cet homme grand et immense — et même après l’avoir lu, le sentiment demeure que l’on n’a pas encore réussi à le connaître tel qu’il était vraiment.

Je suis certain que l’auteur éditera une nouvelle version enrichie du livre, dans laquelle il ajoutera encore davantage de matière.

Pour ma part, il m’a manqué un index des noms qui aurait facilité la recherche d’une anecdote précise dont on se souvient. Par ailleurs, quelques erreurs et fautes de frappe se sont glissées dans l’ouvrage : ainsi, le nom du ‘Hassid Rabbi ‘Haïm Zalman Kozliner est orthographié par erreur « Klauzner » à plusieurs reprises ; de même, un récit du Rav Ganzburg qui avait entendu de Rav Na’houm est reproduit deux fois par mégarde, en page 190 et en page 251. Ces quelques corrections trahissent l’écriture dans la hâte et l’urgence d’avoir l’ouvrage prêt pour le mariage.

À la hauteur de la figure sublime de l’un des premiers ‘Hassidim, le grand Rav Na’houm Goldschmid, il conviendrait de rééditer ce livre afin que tout homme de savoir puisse s’y plonger et en retirer une ample portion de crainte du Ciel authentique et de fidélité à la doctrine ‘Hassidique.

Le Rabbi au jeune Yaakov : «Réponds-leur que la barbe est à la mode !»

Le Rabbi au jeune Yaakov : «Réponds-leur que la barbe est à la mode !»

 

À dix-sept ans, le Rav Yaakov Blotner confia au Rabbi ses craintes de porter la barbe dans sa ville natale. La réponse qu’il reçut, pleine d’humour et de sagesse, allait le marquer pour la vie. Bien des années plus tard, il comprend que cette rencontre fut le point de départ d’un engagement indéfectible envers les Juifs isolés du monde entier.

 

 

 

Une vocation forgée entre Lawrence et Crown Heights

Le Rav Yaakov Blotner officie comme Chalia’h de Habad à Worcester, dans le Massachusetts, depuis 1972. Spécialisé dans la supervision de la cacherout, il a également dirigé le Jewish Chaplaincy Services, une organisation qui assure des services religieux dans les prisons et les hôpitaux psychiatriques. Il a accordé cet entretien en janvier 2026.

J’ai grandi à Lawrence, dans le Massachusetts, au sein d’un foyer orthodoxe. Après ma Bar-Mitsva, mes parents souhaitaient m’envoyer dans une Yéchiva secondaire. Il en existait deux à Boston, toute proche : l’une était Modern Orthodox, l’autre était Loubavitch. La Yéchiva Loubavitch — fondée par le Rabbi précédent dans les années 1940 — me correspondait mieux, et c’est là que je m’inscrivis.

Durant l’été 1964, on me proposa de travailler comme moniteur junior au camp Gan Israël de Habad, alors situé à Swan Lake, dans les Catskills. Avant même cette expérience, j’avais commencé à adopter diverses coutumes de Habad, mais à la fin de l’été, j’étais pleinement engagé dans le mode de vie et la pratique religieuse ‘Habadnik.

Ces années-là, il était de coutume pour notre Yéchiva de se rendre à Crown Heights, à New York, pour participer au Farbrenguen du Rabbi le Chabbat Mévar’him Sivan — le Chabbat où l’on bénit le nouveau mois de Sivan, durant lequel est célébrée la remise de la Torah au mont Sinaï. Ces visites m’étaient très précieuses et m’ont profondément marqué ; elles m’ont conduit à entamer une correspondance avec le Rabbi.

Une lettre inattendue, un message qui traverse le temps

J’avais dix-sept ans à l’époque, et je lui écrivis au sujet de mes projets d’avenir. Je lui posai également diverses questions de Halakha, et le Rabbi m’orienta vers l’Agoudat Harabanim, l’Union des Rabbanim orthodoxes.

À la fin du lycée, je m’inscrivis à Tomchei Témimim, la Yéchiva Habad de Crown Heights. Peu de temps après, de manière tout à fait inattendue, je reçus une lettre très particulière du Rabbi. Rédigée en yiddish et datée du 25 Tamouz 5726 (13 juillet 1966), elle disait, dans ma traduction :

« Il s’est écoulé bien du temps sans que je reçoive de lettre de ta part. Puisque tout Juif mérite d’être jugé favorablement, et plus encore toi qui as eu le mérite d’étudier dans une section de la Yéchiva Tomchei Témimim et d’y réussir, il est certain que tu renforces ton assiduité et ta dévotion dans l’étude de notre sainte Torah — tant les études talmudiques que le ‘Hassidout — et que tu étudies de la manière appropriée, par laquelle l’étude conduit à l’accomplissement des Mitsvot avec beauté.

À ce propos, nos sages nous ont assurés : « Celui qui vient se purifier reçoit l’aide [du Ciel]. »

Il est certain que tu observes [l’étude des] trois portions quotidiennes bien connues : le ‘Houmach, les Téhilim et le Tanya.

Avec bénédiction, au nom du Rabbi,
S.M. Simpson, secrétaire »

Lorsque je reçus cette lettre, j’étais très jeune et n’en mesurai pas pleinement la portée. Ce n’est qu’avec le temps que je pris conscience du privilège extraordinaire qu’elle représentait : le Rabbi avait remarqué que je n’avais pas écrit depuis un moment et avait pris l’initiative de rétablir le lien. Sur le moment, ma première pensée fut : « Oh non… le Rabbi me surveille. Il faut que je me reprenne. » Ce n’est que plus tard, avec une lecture plus mûre, que j’ai réellement ressenti son amour pour moi et pour chaque Juif.

Raffiner les autres : une mission lue entre les lignes

Cette lettre pouvait s’interpréter de deux façons. Le Rabbi y citait le Talmud : « Celui qui vient se purifier reçoit l’aide du Ciel » — sans préciser s’il s’agit de se purifier soi-même ou de purifier les autres. Outre le sens littéral — si l’on souhaite se raffiner soi-même, D.ieu nous y aidera — il existe une autre lecture : si une personne cherche à élever les autres, elle sera soutenue.

C’est ce message que j’en retins, et que je finis par comprendre comme essentiel : je devais m’impliquer dans l’aide aux autres Juifs. Cette idée me touchait profondément, et je me retrouvai à travailler — tantôt comme salarié, tantôt comme bénévole — auprès de Juifs isolés, qu’ils se trouvent en prison ou dans des hôpitaux psychiatriques. Ma carte de visite porte d’ailleurs cette inscription : Inspiration pour les isolés.

« Dites-leur que la barbe est à la mode — même les hippies en portent »

Peu après avoir reçu cette lettre, j’eus également le privilège d’être reçu en audience privée par le Rabbi. Avant cette rencontre, le secrétariat du Rabbi m’avait demandé de coucher mes questions et préoccupations par écrit, ce que je fis.

Parmi mes inquiétudes figurait le fait que j’avais laissé pousser une barbe complète, conformément à la coutume Habad, mais que dans ma ville natale de Lawrence, les barbes étaient extrêmement rares et je craignais les réactions négatives de mon entourage. Le Rabbi dissipa cette crainte d’une manière surprenante. Il aurait pu simplement me dire de le faire quand même et de ne pas prêter attention à ce que les gens pensent. Mais au lieu de cela, il retourna la situation : c’était moi qui étais à la pointe de la tendance. Il me dit textuellement :

« Tu peux dire aux gens que la barbe revient à la mode — même les hippies en portent. »

Je lui mentionnai également mon amour de l’histoire juive, et notamment des récits que me confiaient les Juifs plus âgés de mon quartier. À cela, le Rabbi me conseilla d’étudier le Ein Yaakov, le recueil de récits et d’enseignements éthiques tirés du Talmud, compilé au XVIe siècle pour rendre ces enseignements accessibles sans les complexités juridiques.

Je commençai à étudier le Ein Yaakov à la suite de ce conseil, et je continuai à le faire au fil des années. Lorsque j’eus l’occasion de l’enseigner à d’autres, je le fis avec joie. Ce texte a toujours eu pour moi une résonance personnelle particulière, en raison de ce que m’avait dit le Rabbi.

La campagne des Téfilines et les premières graines de l’engagement communautaire

En 1967, je rejoignis la Yéchiva Habad de Montréal. Cette année-là, le Rabbi lança sa campagne des Téfilines, et mes camarades et moi y participâmes avec enthousiasme. Nous nous rendions dans les centres commerciaux, les bureaux et les campus universitaires, et nous nous postions même aux coins de rue dans l’espoir de proposer à des hommes juifs de poser les Téfilines.

C’est alors que me vint l’idée d’installer un petit stand de Téfilines devant notre Yéchiva. De nombreux adolescents juifs passaient devant nous en allant à l’école ou en en revenant, et ce stand serait idéal par mauvais temps ou pour ceux qui ne souhaitaient pas effectuer ce geste en pleine rue. J’écrivis au Rabbi, qui me répondit : « J’en ferai mention au lieu de repos [du Rabbi précédent]. Il convient de le faire en ce moment. » Avec sa bénédiction, nous construisîmes donc le stand, et ce fut un grand succès.

À petite échelle, ce fut le début de mon engagement social, qui me conduisit à mon travail auprès des isolés — un chemin que la lettre du Rabbi avait tracé devant moi.