Les 10 plaies d’Iran : A la veille de Pessa’h, Netanyahou dresse le bilan d’un mois de guerre contre l’Iran

Les 10 plaies d’Iran : A la veille de Pessa’h, Netanyahou dresse le bilan d’un mois de guerre contre l’Iran

 

Un mois après le lancement de l’opération «Rugissement du Lion», le Premier ministre Benyamin Netanyahou a prononcé ce dimanche soir une déclaration solennelle à la nation, dressant le bilan des accomplissements stratégiques d’Israël face au régime iranien et à ses mandataires. S’inspirant de la Haggadah de Pessa’h, il a détaillé les «dix fléaux» infligés par Israël à ses ennemis, de Gaza à Beyrouth jusqu’au cœur de Téhéran. Il a également fustigé avec vigueur les «voix de la faiblesse» qui, selon lui, cherchent à miner la résilience nationale en plein cœur d’une guerre existentielle.

 

 

 

Un bilan marqué par le deuil et la détermination

Prenant la parole dans une allocution exceptionnelle, le Premier ministre a d’emblée reconnu le prix humain de la campagne militaire : «Il y a des accomplissements immenses, des succès colossaux, mais il y a en même temps des sacrifices douloureux. Hier encore, nous avons perdu quatre de nos meilleurs fils. J’adresse mes condoléances les plus sincères aux familles des soldats tombés au combat.»

Netanyahou a ensuite insisté sur la coordination étroite entre Israël et les États-Unis dans la lutte contre le régime iranien, qu’il a décrit comme ayant appelé pendant des décennies à la destruction d’Israël et de l’Amérique : «Nous réduisons méthodiquement à néant ce régime de la terreur. Le trillion de dollars qu’a investi l’Iran dans ses programmes terroristes est parti en fumée.»

Les dix fléaux sur l’axe du mal

Dans un passage particulièrement frappant de son discours, le Premier ministre a dressé un parallèle délibéré avec les dix plaies d’Égypte, énumérant les «dix fléaux» que l’État hébreu a infligés à ses adversaires depuis le début de la guerre.

Les cinq premiers ont frappé les mandataires de l’Iran : le fléau du Hamas à Gaza, le fléau du Hezbollah au Liban, le fléau du régime Assad en Syrie, le fléau des organisations terroristes en Judée-Samarie, et le fléau des Houthis au Yémen.

Puis Netanyahou a égrené cinq fléaux frappant directement l’Iran : le fléau nucléaire, le fléau des missiles, le fléau des infrastructures du régime, le fléau des forces de répression, et le fléau des «premiers-nés» — une allusion transparente à l’élimination des hauts responsables. «Dans notre cas, il s’agit du fléau des dirigeants — du tyran Khamenei aux scientifiques nucléaires, en passant par les chefs des Gardiens de la Révolution, Nasrallah, Haniyeh, Deif et Sinouar», a-t-il déclaré.

Le renversement stratégique : «nous étranglons l’Iran»

Le Premier ministre a ensuite dressé un tableau de ce qu’il a qualifié de «renversement stratégique» majeur dans la région : «Avant nos opérations, l’Iran cherchait à nous étrangler — aujourd’hui, c’est nous qui l’étranglons. Le régime des ayatollahs n’a jamais été aussi affaibli, et l’État d’Israël n’a jamais été aussi fort.»

Netanyahou a également évoqué la prise de conscience internationale concernant la menace iranienne : «J’ai parlé avec des dirigeants du monde entier, avec des présidents américains — ils ne mesuraient pas pleinement le danger. Aujourd’hui, il n’est plus personne qui ne le comprenne. Nous combattons côte à côte avec les États-Unis dans une coopération historique sans précédent.»

Sur le plan sécuritaire, il a souligné la neutralisation des menaces existentielles : «Nous avons écarté la menace imminente que représentait l’armement nucléaire de l’Iran et ses nombreux missiles balistiques. Khamenei avait l’intention d’enfouir ces capacités profondément sous terre — le cabinet a décidé qu’il fallait agir, et nous avons agi.» Il a ajouté que Tsahal était parvenu à briser «l’anneau d’étranglement» formé par les armées terroristes et à établir des zones tampons profondes à Gaza, en Syrie et au Liban.

Une mise en cause sévère des voix discordantes

Netanyahou a consacré une partie importante de son allocution à s’en prendre vivement aux journalistes et aux responsables de l’opposition qu’il accuse de nuire à la cohésion nationale en temps de guerre : «Qu’est-ce qui vous prend ? En pleine guerre existentielle, au lieu de céder aux calculs politiques mesquins, relevez le moral de notre camp et non de l’ennemi !»

Il les a accusés d’agir à l’encontre de l’esprit du peuple : «Rejoignez l’esprit de bravoure et de victoire de nos combattants extraordinaires, au lieu de vous adonner à la résignation et à la capitulation. Pendant que certains faisaient preuve de faiblesse, nous avons poursuivi la guerre avec toute notre puissance. Le combattant israélien — du fantassin à Gaza au pilote dans les cieux de Téhéran — est « fort comme un léopard, agile comme un aigle et vaillant comme un lion », à l’opposé de ceux qui cherchent à nous affaiblir de l’intérieur.»

Il a conclu sur cette lancée en déclarant que, malgré «les voix de la faiblesse et du découragement», l’économie israélienne et la résilience du peuple prouvent que la victoire est plus proche que jamais : «Ne cédez pas à ces voix — nous continuerons à frapper l’ennemi jusqu’à l’atteinte de tous nos objectifs.»

«La victoire éternelle d’Israël ne mentira pas»

Pour clore son allocution, Netanyahou a cité la Haggadah de Pessa’h : « »Et c’est ce qui a tenu debout nos pères et nous-mêmes — car ce n’est pas un seul ennemi qui s’est levé contre nous pour nous anéantir. » L’héritage d’Israël et notre droit sur notre terre sont ce qui nous soutient. Le peuple se tient ferme, et nous garantirons la victoire éternelle d’Israël.»

Il a conclu par ces mots : «Hag ‘Héroute Saméa’h — une joyeuse fête de la liberté à toute la maison d’Israël.»

Rav Yossef Itshak Ofen : « Le Seder de Pessa’h avec le Rabbi en 1967, dans l’appartement du Rabbi précédent »

Rav Yossef Itshak Ofen : « Le Seder de Pessa’h avec le Rabbi en 1967, dans l’appartement du Rabbi précédent »

 

Chaque année, à l’approche de Pessa’h, les récits de ceux qui eurent le privilège d’assister aux Sédarim du Rabbi résonnent avec une intensité particulière. Le Rav Yossef Itshak Ofen, élève au 770 durant les années 1967–1970, livre ici ses souvenirs avec une précision et une ferveur saisissantes. Ces pages constituent un document historique exceptionnel sur les pratiques et coutumes du Rabbi lors de la nuit du Seder.

 

 

 

Les premières années : le Seder dans l’appartement du Rabbi précédent

Durant les premières années de la néssiaout — jusqu’aux alentours de 5716 (1956) — le Rabbi prenait les repas de fête dans l’appartement du Rabbi précédent, Rabbi Yossef Its’hak Schneersohn, conformément à l’usage établi de son vivant. La disposition à table était immuable : le Rabbi précédent siégeait au centre, le Rabbi s’installait à sa gauche, et le secrétaire Rav Chemouel-Grinom à sa droite. La Keara du Rabbi précédent était un grand plateau d’argent rectangulaire, et devant sa place avaient été disposés couteau, fourchette et cuillère. Ainsi était l’ordre du Seder avant la néssiaout du Rabbi, et cet ordre se maintint sans changement.

Après la Histalkout du Rabbi précédent en 5710 (1950), les choses évoluèrent progressivement. Le Rabbi commença à célébrer lui-même le Seder, et l’on dressa une seconde chaise contre la sienne, sur laquelle on plaça deux oreillers afin qu’il pût s’accouder confortablement sur le côté gauche, comme le prescrit la loi. Quant au secrétaire, il disposait également d’un oreiller sur sa chaise, mais il ne s’accoudait pas — en tant que ‘hassid du Rabbi, un disciple ne s’accoude pas en présence de son maître.

Lorsque la Rebbetzin du Rabbi précédent fut rappelée à D.ieu en 5711 (1951), le Rabbi cessa de tenir le Seder dans l’appartement et commença à le célébrer dans sa propre demeure. Dès lors, nul n’était présent, si ce n’est le chammach attitré.

Le Rabbi rend visite aux élèves le soir du Seder

C’est à partir de cette période que le Rabbi institua une tradition qui marqua profondément toute une génération de Temimim : chaque premier soir de Pessa’h, le Rabbi se rendait dans la salle à manger des élèves pour les bénir. Avant son arrivée, on préparait déjà la Keara et on se tenait prêts pour le Kidouch. Le Rabbi faisait le tour de toutes les tables, examinait parfois la cuisine, s’assurait que tout était en ordre, puis se tenait en un endroit précis et prononçait quelques mots de bénédiction.

Après sa visite aux Temimim, le Rabbi ne rentrait pas directement chez lui : il passait encore dans d’autres dortoirs et salles d’étude, à travers le bâtiment, s’assurant que la fête était célébrée dignement partout. C’est seulement après son départ que les élèves entamaient formellement leur propre Seder.

Cette visite fut une pratique constante jusqu’aux environs de 5741 (1981). Ce soir-là fut la dernière fois. L’année suivante, le Rabbi ne vint plus, et personne ne sut exactement pourquoi. Telle est l’épreuve.

Les élèves se précipitent pour assister au Seder du Rabbi

Le Rav Ofen et ses camarades avaient pris l’habitude, ces années-là, d’accomplir leur propre Seder à toute vitesse — en vingt minutes à peine. On parcourait l’intégralité de la Haggada, on mangeait, on buvait les coupes jusqu’à la fin, puis on montait immédiatement à l’étage pour rejoindre le Seder du Rabbi. La plupart du temps, le Rav Ofen ne mangeait même pas le repas de fête lui-même : la table n’était dressée que d’un œuf. On récitait rapidement les deux dernières coupes afin d’arriver à temps.

Lors d’un certain premier soir de Pessa’h, la précipitation fut telle qu’il y eut bousculade entre deux groupes qui voulaient entrer simultanément : on renversa un pichet de vin sur toute la table et l’on cassa un pied de chaise. Résultat : il fut annoncé que pour le second soir, personne ne pourrait entrer. Ce fut la seule fois où le Rav Ofen ne put assister au Seder du Rabbi. Seul fut autorisé à entrer le groupe qui rentrait en Terre d’Israël, ainsi que des Chlou’him revenus d’Australie après deux ans de mission — et pour eux, le Rabbi eut une attention particulière : au premier soir, il leur avait demandé s’ils avaient déjà mangé l’Afikomane, et comprenant le sens de la question, ils vinrent le second soir avant la dégustation de l’Afikoman. Le Rabbi les fit asseoir à sa table et donna à chacun un morceau de son propre Afikoman, expliquant que les Chlou’him font partie de la maisonnée du Rabbi — comme cela est écrit dans le Sidour.

Il arriva également que le Rabbi, interpellé à ce sujet lors d’un Farbrenguen après Pessa’h, y vit un parallèle avec la Haggada elle-même : les disciples de Rabbi Eliezer, Rabbi Yehouda ben Azaria, Rabbi Its’hak Nafha et Rabbi Akiva à Bneï Brak n’étaient pas à table avec leurs maîtres toute la nuit — ils n’arrivèrent qu’à l’aube. La réalité, dit le Rabbi, était ainsi, quelle qu’en fût la raison. C’est sur cette note que le Rabbi trouva une consolation pour ceux qui n’avaient pu être présents.

La dernière année, un groupe de Temimim appartenant aux Kninim — ceux qui avaient pris sur eux d’ajouter une heure d’étude en Nigla et en ‘Hassidout — prit l’initiative de se tenir à la porte et demanda poliment, lors de l’ouverture, à être admis. On les y autorisa. Et lorsque vint le moment de l’ouverture de la porte pour Chafoh ‘Hamatekha, le Rabbi fit un geste de la main invitant tout le monde à entrer. Cette dernière année fut à la fois la plus inattendue et la plus émouvante.

La Keara : composition et arrangement

Il est écrit dans le Sefer Haminhaguim que dans la maison du Rabbi, les Matsot sont disposées sur une nappe et non sur une Keara, à l’exception du Rabbi lui-même qui dispose ses Matsot sur un plateau d’argent. Ce plateau d’argent était justement le grand plat rectangulaire évoqué précédemment, utilisé du temps du Rabbi précédent.

Dans ses notes sur la Haggada, le Rabbi ajoute toutefois qu’il est possible que seul le Rabbi doive procéder ainsi, et que chacun, chez soi, devrait néanmoins disposer d’une Keara — car celle-ci représente le Malkhout qui englobe tout. En effet, on y place trois Matsot, la Zroa, l’œuf, le Maror, le ‘Harosset, le Karpas et la ‘Hazeret — six espèces et trois Matsot font neuf, et la Keara est le dixième élément, correspondant à la Séfira du Malkhout.

Avant de procéder à l’arrangement, le Rabbi lisait à voix basse les instructions consignées dans la Haggada : « Il dispose sa table comme son maître… » Il lisait tout le passage, puis exécutait chaque geste après l’avoir dit.

La nappe blanche, carrée et épaisse, était pliée en deux puis en quatre, ce qui créait trois intervalles dans lesquels le Rabbi insérait les trois Matsot dans l’ordre prescrit : la Matsa inférieure correspondant à Israël, celle du milieu correspondant à Lévi, et la supérieure correspondant à Cohen — de bas en haut, selon l’acronyme qui indique que l’homme doit s’élever.

Pour la Zroa, le Rabbi prenait parmi plusieurs os disposés sur une assiette, sélectionnait un seul os et en retirait presque toute la viande, n’en laissant qu’une infime quantité — conformément au Minhag qui veut que la viande soit retirée afin que cela ne ressemble pas à l’offrande du Korban Pessa’h en dehors du Temple. Cet os était placé à droite. L’œuf était posé à gauche : le Rabbi faisait attention, l’œuf étant rond, à trouver une position stable pour qu’il ne roulât pas. Une fois, raconte-t-il en souriant, l’œuf roula tellement qu’il fallut finalement le casser pour l’immobiliser — mais c’était l’exception. Pour le Maror, le Rabbi prenait l’équivalent de quatre grandes cuillerées à soupe de raifort, qu’il mélangeait avec de l’eau et façonnait en une sorte de boule compacte, de la taille d’un Kzayit généreux, puis il ajoutait une feuille de laitue sur le dessus et en dessous. La ‘Harosset était posée directement sur la nappe des Matsot, sans serviette intermédiaire, si bien qu’à la fin du premier Seder, la nappe portait les traces de la ‘Harosset, et au second Seder, elle n’était plus tout à fait immaculée. Le Karpas, c’était un oignon — parfois entier, parfois à demi coupé selon les années.

Le Kidouch

Le Rabbi effectuait le Kidouch en position debout. Il versait lui-même le vin depuis une bouteille personnelle — une grande bouteille à deux anses, enveloppée d’une housse en papier brun comme cela se faisait alors, et posée non pas sur la table mais sur le sol. Le Rabbi remplissait sa coupe jusqu’à ce qu’elle débordât légèrement. Il récitait le Kidouch à voix basse, inaudible, en position debout. Ce n’est qu’après la fin du Kidouch que tous les convives récitaient le leur.

La manière de tenir la coupe était la suivante : on la prenait de la main droite, on la passait dans la main gauche, puis on la déposait dans la paume ouverte, les doigts tendus — c’est la pratique en vigueur toute l’année. Après la bénédiction, le Rabbi s’asseyait, se penchait sur le côté gauche, et buvait la totalité de la coupe.

La lecture de la Haggada

Celui qui récitait la Haggada à haute voix lors du Seder du Rabbi était Rav Yaakov Katz de Chicago, un ‘hassid du Rabbi précédent, homme simple mais intègre et sincère, grand donateur de Tsedaka. Il venait chaque année à Pessa’h, et son fils posait les questions. Rav Katz récitait la Haggada avec son propre nigoun, d’une voix forte et mélodieuse.

Quant au Rabbi, il récitait la Haggada à voix basse, sans que l’on pût l’entendre. Il lisait à un rythme tel qu’en quelques instants il avait parcouru une page entière, dépassant de loin le récitant officiel. Arrivé au bas de la page, le Rabbi se plongeait dans l’étude des Minhaguim et du Sidour de l’Arizal de Rav Shafsi — un Sidour avec les intentions kabbalistiques que le Rabbi consultait également lors du Seder de Roch Hachana. Puis le Rabbi rattrapait le récitant, lisait encore une page entière d’un seul souffle, et se replongeait dans l’étude des Minhaguim. Ainsi se déroulait la lecture de la Haggada : alternance de récitation rapide et d’étude contemplative.

Pour le passage « Véhi Cheamda », le Rabbi couvrait les Matsot, soulevait la coupe, et récitait avec toute l’assistance. Pour les Makot, on plaçait une assiette creuse sur le sol, et le Rabbi versait en elle seize petites gouttes de vin, une à une, avec une extrême parcimonie, si bien qu’il ne se déversait à chaque fois qu’une quantité infime. Après les plaies, on ajoutait du vin pour compléter la coupe.

Pour « Maguid », le Rabbi découvrait légèrement les Matsot — juste un coin de chaque Matsa — afin que l’on vît aussi la Matsa du milieu, celle du Lévi. Puis le récitant entamait « Ha La’hma Anya » à voix haute tandis que le Rabbi l’accompagnait à voix basse.

La Matsa, le Maror et le Kore’h

Pour le Motsi-Matsa, le Rabbi se rendait à nouveau dans la cuisine pour laver ses mains, car il avait pris l’habitude de ne jamais interrompre par la parole entre la ‘nétilat yadaïm et la consommation de la Matsa. Il récitait donc à la suite, sans pause, toutes les bénédictions jusqu’au Kore’h, puis allait se laver les mains.

Tenant les deux Matsot entières avec la moitié brisée entre elles, le Rabbi récitait « Hamotsi Le’hem Min Haarets » sur les deux entières, puis posait la troisième, ne gardant que la première et la moitié brisée pour la bénédiction « Al Ahilat Matsa ». Il distribuait un Kzayit à chacun des convives. Les Matsot utilisées lors du Seder du Rabbi étaient épaisses et dures — le Rabbi n’avait plus toutes ses dents, et l’on voyait qu’il lui en coûtait de les mâcher, parfois au point d’apercevoir du sang. Les Matsot de Sélasdim dont on se souvient étaient épaisses et coriaces. Pendant tout ce temps, le Rabbi tenait les deux Matsot et mordait dedans inlassablement jusqu’à en avoir absorbé la totalité. Si des miettes tombaient sur l’oreiller, il les ramassait et les mangeait également.

Pour le Maror, le Rabbi prenait un Kzayit généreux, le trempait dans la ‘Harosset et le mangeait sans s’accouder. Des larmes lui montaient aux yeux au moment de la dégustation — et ces larmes n’étaient pas seulement de nature physique. Comme le Rabbi l’écrit lui-même dans ses Minhaguim, le Maror se trouve sur la ligne centrale, ce qui exprime les Ra’hamim, les manifestations de miséricorde. Il était évident que ces larmes étaient celles d’un homme qui ressentait profondément l’amertume de l’exil et implorait D.ieu de nous en délivrer.

Pour le Kore’h, le Rabbi prenait la troisième Matsa, y plaçait la ‘Hazeret — le second légume amer — et la trempait dans la ‘Harosset selon la manière suivante : avec un couteau, il prélevait un peu de ‘Harosset depuis la nappe et la plaçait dans le fond de sa coupe, là où s’accumulaient les gouttes de vin renversées. C’est ainsi que la ‘Harosset était trempée avec le vin, et il précisa une fois que c’était également la pratique du Tsoure’h, le Rav de sa génération précédente.

Le repas de fête

Le repas commençait par l’œuf dur, que le Rabbi épluchait sans le couper et dont il mordait délicatement un côté après l’avoir trempé trois fois dans l’eau salée. Venaient ensuite les poissons — une boulette de poisson (guefilte fish) — que le Rabbi recouvrait d’une telle couche de sel que la boulette devenait entièrement blanche. On raconte que quelqu’un tenta un jour de l’imiter, et fut incapable de la manger ; le Rabbi, lui, la mangeait sans la moindre difficulté. Il paraît que le Rav Chemouel-Grinom avait un jour demandé au Rabbi pourquoi il agissait ainsi, et que les médecins lui ordonnèrent par la suite d’y renoncer.

Le Rabbi mangeait également de la Matsa avec le poisson : il la trempait dans le sel et l’intercalait entre les bouchées de poisson. Entre les poissons et la soupe, le Rabbi buvait un peu de vin — sans dire « Le’haïm », mais il en buvait.

La soupe était servie dans le bol d’argent à deux anses de l’Admour Hazaken. Lorsqu’on la présentait au Rabbi dans son assiette, il y prélevait trois cuillerées de la soupe contenue dans le bol d’argent, puis les convives l’imitaient. La soupe était accompagnée de petits crêpons coupés en lanières, que le Rabbi ne mangeait jamais, se contentant du bouillon. Une fois, quelqu’un prononça le mot « lokshen » (nouilles), et à cause de ce mot prononcé à table, le Rabbi ne toucha pas non plus à la soupe ce soir-là. Mais comme il voulait que tous les convives mangent, le Rabbi fit semblant de s’affairer avec sa cuillère, remuant le bouillon continuellement jusqu’à ce que tout le monde eût terminé.

Le plat de viande était un morceau de pointe de bœuf triangulaire. Le Rabbi en mangeait très peu — contrairement aux poissons qu’il finissait presque entièrement, il ne consommait qu’un quart de la viande et laissait les trois quarts. Le Rabbi mangeait de la Matsa entre chaque plat, et ses Matsot étaient couvertes, enveloppées dans la nappe.

L’Afikoman

Avant de manger l’Afikoman, le Rabbi buvait de l’eau, comme il est écrit qu’on veillera à ne rien boire après l’Afikoman — il fallait donc s’hydrater auparavant. Selon le Minhag, on mange deux Kzaytim d’Afikoman : l’un en souvenir du Korban Pessa’h, l’autre en souvenir de la Matsa mangée avec l’offrande. Le Rabbi veillait à manger l’Afikoman avant ‘Hatsot (minuit). Le Rabbi sortait les cinq morceaux qu’il avait brisés depuis la nappe pliée placée entre les deux oreillers, et il les mangeait en s’accoudant.

La coupe d’Eliyahou : un rituel de dix minutes

L’un des moments les plus marquants du Seder était la coupe d’Eliyahou le prophète. Selon la pratique des Rebbéïm, il revient au Rabbi lui-même de verser cette coupe, de génération en génération. La coupe n’était pas en argent mais en verre, semblable à un grand verre à thé.

Le Rabbi la versait avant le Birkhat Hamazon. Il expliqua un jour que, ne sachant exactement à quel moment verser la coupe — avant ou après le Birkhat Hamazon — il la versait toujours avant, afin qu’Eliyahou arrivât en premier. Après le Birkhat Hamazon, la porte était ouverte, deux Chlou’him sortaient pour ouvrir simultanément la porte de la rue. Le Rabbi récitait alors « Chfokh ‘Hamatekha » avec une dévotion extraordinaire. Ceux qui se trouvaient proches entendaient le Rabbi réciter ce passage avec une dvéikoute — un attachement à D.ieu — d’une profondeur indicible. C’était peut-être la seule occasion de l’année où l’on pouvait percevoir le Rabbi en prière à voix presque audible, dans une communion totale.

Après la récitation du Hallel Hagadol et la fin du Birkat Hamazon, venait l’heure de reverser le contenu de la coupe d’Eliyahou dans la bouteille. Ce qui aurait pu prendre quelques secondes prenait… dix minutes. Le Rabbi versait de la coupe dans son verre, de son verre dans la bouteille, de la bouteille dans la coupe, de la coupe dans son verre — aller et retour, inlassablement. Ceux qui observaient comprenaient que c’était là un acte de service divin à part entière, une Avoda sublime dont le sens profond leur échappait mais dont la solennité était palpable. Pendant tout ce temps, on chantait des nigounim.

Le Hallel : la dvéikoute du Rabbi

La récitation du Hallel constituait un autre moment d’une intensité spirituelle unique. Le Rabbi récitait tout le Hallel avec un nigoun particulier, verset par verset : un verset dans une montée, le suivant dans une descente. Ses mains tenaient les accoudoirs de sa chaise, et ses mouvements, d’une légèreté infinie, laissaient percevoir l’état de dvéikoute dans lequel il se trouvait. Le « Hallel Hagadol » — « Hodu LaHachem Ki Tov, Ki Le’olam ‘Hassdo » — était récité sur le même nigoun, avec la même dévotion. Et jusqu’à « Nichmat Kol ‘Hai », le Rabbi maintenait le même mode de récitation. La fin du Nishmat était légèrement différente, car les phrases n’y suivent pas le rythme des versets.

En règle générale, le Rabbi terminait en même temps que le récitant officiel, qui lui-même récitait lentement. Une fois, le récitant termina avant le Rabbi, et tous entendirent la voix du Rabbi seul, en pleine récitation. Comme il est dit, ces choses-là sont impossibles à décrire. Quiconque les a vécues sait que la réalité de cette dvéikoute dépasse tout ce que les mots peuvent exprimer.

Après le Seder : la promenade nocturne vers la maison

Après le premier Seder, le Rabbi regagnait sa maison à pied, accompagné de tous les Temimim qui marchaient avec lui en chantant. Le trajet était toujours le même : sortant par la porte principale de 770, le Rabbi prenait la direction de Brooklyn Avenue, tournait à gauche jusqu’à President Street, traversait la rue, puis longeait President Street jusqu’en face de sa maison, traversait une dernière fois, et une fois parvenu à la porte, se retournait vers les élèves et leur adressait un dernier regard chaleureux. Ainsi se terminait chaque première nuit de Pessa’h.

Une fois seulement, en toutes ces années, le Rabbi prit une direction inhabituelle et se dirigea vers Union Street. Les élèves ne comprenaient pas ce qui se passait. C’est alors que la Rebbetzin apparut et marcha aux côtés du Rabbi. Ils rentrèrent ensemble par Union Street jusqu’à la maison. Ce fut la seule fois. Tout se fit dans un silence recueilli.

Le second soir : Farbrenguen et enseignements hassidiques

Le soir du second Seder était différent. Dans les années où le Rabbi prenait encore ses repas dans l’appartement du Rabbi précédent, il y récitait après le Seder des commentaires approfondis sur la Haggada, puis descendait vers une heure du matin dans le Beth Hamidrasch pour un Farbrenguen — un Farbrenguen particulier, sans « Le’haïm », car il est impossible de boire de l’alcool après l’Afikoman. C’était donc un Farbrenguen de si’hoth entrecoupées de nigounim, et il durait généralement jusqu’à quatre heures du matin.

Lors de ces Farbrenguen de la nuit d’A’haron Chel Pessa’h, le Rabbi abordait les sujets les plus profonds de la pensée ‘hassidique. C’est lors de l’un de ces Farbrenguen que fut discutée — après avoir été posée au Seder — la question de la différence entre la formulation du Passouk et celle de la Michna concernant les quatre coupes et les quatre expressions de la délivrance. Un élève avait remarqué la divergence, l’avait soumise au secrétaire pour qu’il la pose au Rabbi, et ce dernier donna lors du Farbrenguen une si’ha d’une grande profondeur sur le sujet — si’ha qui fut par la suite publiée dans le Likouteï Si’hoth.

Une demande bouleversante

Une nuit, après la fin du Seder, le secrétaire Rav Chemouel-Grinom s’approcha du Rabbi, tremblant, et lui demanda avec des supplications sincères d’être inclus dans le cercle des Rebbéïm — autrement dit, de bénéficier des mêmes mérites spirituels que les Rebbéïm de Habad. Le Rabbi lui répondit en yiddish : « Nous avons fait le Seder ensemble — de même que nous mangerons ensemble le Korban Pessa’h à la Guéoula. »

Ces mots, simples en apparence, portaient en eux une promesse de rédemption personnelle et collective. Ils rappellent que chaque Seder accompli avec ferveur, chaque geste accompli avec dvéikoute, chaque larme versée à l’heure du Maror, n’est pas seulement un acte de mémoire — c’est un acte de préparation à la Guéoula complète et véritable, que nous méritions de vivre bientôt.

Que nous ayons le mérite de voir le Rabbi célébrer encore le Seder en présence de toute la communauté d’Israël, avec la venue du Machia’h. Pessa’h Kacher Véssameah’h à tous !

13 Nissan : Hilloula du Tsema’h Tsedek (29 Elloul 1789 – 13 Nissan 1866)

13 Nissan : Hilloula du Tsema’h Tsedek (29 Elloul 1789 – 13 Nissan 1866)

Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson était le petit fils de Rabbi Schneor Zalman de Lady (fils de sa fille Devorah Léah) et le gendre de son fils l’Admour Haemtsaï, Rabbi Dov Ber.

Rabbi Mena’hem Mendel est né de Rabbi Chalom Schakhna le 29 Eloul 5549 (1789). A un très jeune âge, il commença à étudier chez le père de sa mère Rabbi Schneor Zalman, le premier Admour des ‘hassidim de Loubavitch. Ayant constaté que son petit-fils était destiné à la grandeur, le grand-père se consacra à lui et le surveillait comme la prunelle de son œil. Il était heureux du développement de son petit-fils, et lui enseigna le meilleur de sa Torah.

Un jour, le grand-père, auteur du Tanya, le vit jouer avec d’autres garçons. Ils avaient mis une planche en diagonale et jouaient à qui monterait sur la planche et arriverait au sommet. Tout le monde courait, montait sur la planche et avant d’arriver à la moitié, trébuchait et tombait. Le petit Mendele courut, monta sur la planche et arriva au sommet.

Le grand-père, qui était présent, lui demanda :
«Mendele, pourquoi as-tu mieux réussi que les autres ?»
«C’est très simple, répondit l’enfant. Ils sont montés sur la planche avec les yeux en bas, vers la terre, ils ont vu comme ils étaient haut, ils ont eu le vertige, ils ont trébuché et ils sont tombés. Moi je suis monté sur la planche avec les yeux tournés vers le haut, vers le ciel. J’ai vu comme j’étais petit, j’ai mis toutes mes forces et je suis monté jusqu’à arriver tout en haut de la planche.»

Jusqu’à l’âge de la bar mitsvah, il n’étudia que la Torah révélée, et ensuite, sur le conseil de son grand-père, il entreprit également l’étude de la Torah cachée.

A l’âge de quinze ans, son illustre grand-père le chargea de diverses tâches pour le bien de la communauté. Il lui enseigna à être ordonné dans son travail, et lui disait : 
«Mendele, il faut travailler pour être ordonné plus dur que pour être érudit, car l’ordre est l’un des principes de base de tout ce qui concerne le savoir et la qualité du caractère.»

Et le petit-fils ne déçut pas son grand-père. A un très jeune âge, il commença à écrire des commentaires, dont son grand-père lui faisait de grands compliments. Sur son conseil, il épousa la fille de Rabbi Dov Ber, le fils du Rabbi, connu parmi les ‘hassidim sous le nom de Admour Haemtsaï (« le Admour intermédiaire»).

 


Le Ohel du Tsemah Tsedek et du Rabbi Maharach

 

Après son mariage, il vécut chez son beau-père en étudiant la Torah et la ‘hassidout dans la sainteté et la pureté. C’est à cette époque-là, racontait Rabbi Mena’hem Mendel, que j’ai appris de mon grand-père à mettre toute ma confiance dans les tsaddikim. Voici ce qui s’était passé: Un jour, Rabbi Schneor Zalman, lui avait demandé : «Mendele, dis-moi de combien est ta dot ? – Deux mille roubles, répondit Rabbi Mena’hem Mendel. – Et que penses-tu faire avec cet argent? lui demanda de nouveau Rabbi Schneor Zalman. – Je vais le donner à un riche de confiance et je gagnerai un peu dessus, répondit le petit-fils. Le grand-père reprit : – Qu’est-ce que cela fait qu’il soit maintenant riche, il se peut qu’au bout de quelque temps il devienne pauvre. Je te conseille de mettre l’argent dans cette boite, la boite de tsedakah, le capital et les bénéfices seront tous en sécurité.»

Rabbi Mena’hem Mendel s’esquiva de la chambre de son grand-père et donna l’argent à un homme très riche et de grande confiance. Au bout de quelques mois, celui-ci perdit son argent et devint très pauvre.

Un jour, le grand-père lui demanda : «Mendele, dis-moi, combien as-tu gagné avec ton argent?» Le petit-fils lui raconta la vérité sur ce qui était arrivé. Alors le grand-père lui dit : «Pourquoi ne m’as-tu pas écouté, quand je t’ai conseillé de donner ton argent à la tsedakah? Pourquoi n’as-tu pas eu plus de confiance dans les paroles de ton Rav qu’un simple juif? Et le grand-père continua à raconter : Un jour, je suis parti de Mezritch et je me suis arrêté en route dans une auberge. Le propriétaire était un homme vieux, honnête et droit. Je lui ai demandé depuis quand il vivait dans cette auberge, et il m’a répondu : plus de cinquante ans. Je lui ai dit: Y a-t-il ici dix juifs pour prier avec un minyan? – Non, répondit-il. Je lui ai dit: «Comment un juif peut-il prier toute sa vie dans la solitude sans jamais entendre la kedouchah et barekhou? Pourquoi ne venez-vous pas vous installer en ville? Ce juif me répondit: Rabbi, ici j’ai ma subsistance, qu’est-ce que je ferais en ville? Je lui ai dit: Si le Saint béni soit-Il nourrit tous les juifs de la ville, il vous nourrira aussi. Et j’ai ajouté : « Sachez que je suis l’élève de notre grand maître Rabbi Dov de Mezritch.»

Au bout d’une demi-heure, j’ai vu des charrettes remplies de toutes sortes d’objets. J’ai demandé: Qu’est-ce que c’est? Le vieux m’a répondu: J’ai fait comme le Rav m’a dit.» Et le Rav ajouta à l’adresse de son petit-fils : «Considère qu’à ce moment-là j’étais jeune, mais quand il a entendu que j’étais l’élève du Rabbi de Mezritch, sans prendre le temps de réfléchir il est allé s’installer en ville. Et toi, tu as entendu de moi qu’il était possible que tu perdes ton argent, et tu ne m’as pas cru.»

Après la mort de son oncle et beau-père, l’Admour Haemtsaï , il refusa de prendre sur lui la direction des ‘hassidim de ‘Habad, car c’était une lourde tâche, et il voulait être un simple ‘hassid comme tous les autres. Voici ce que raconte sur lui son fils Rabbi Chemouël : «Un jour, Rabbi Chemouël est rentré chez son père le «Tsema’h Tsédek» et l’a trouvé en train de marcher dans sa chambre, une profonde douleur inscrite sur le visage. Il eut peur, croyant qu’un malheur s’approchait. A sa question, son père répondit :«Il y a aujourd’hui cinquante ans depuis ma dernière réunion de ‘hassidim. J’avais alors vingt ans, et le lendemain mon grand-père m’a appelé, il m’a parlé du verset «A partir de vingt ans», et il m’a donné sa bénédiction que je réussisse dans l’écriture de commentaires de la Torah, révélée et cachée. Depuis, à chaque réunion où j’étais présent, on m’a honoré d’abord en tant que petit-fils du Admour, puis comme gendre du Admour Haemtsahi. Et depuis que j’ai pris sur moi le joug de la direction des ‘hassidim, il y a une trentaine d’années, je n’ai plus connu le goût d’une réunion de ‘hassidim, c’est cela qui me donne beaucoup de peine.» Et des larmes roulaient de ses yeux.

Mais sous l’influence de ses proches, il assuma la responsabilité des ‘hassidim après la mort de son beau-père. De près et de loin, on venait le trouver pour boire avidement ses paroles. Rabbi Mena’hem Mendel se faisait beaucoup de souci pour ses ‘hassidim. Il acheta un terrain, fonda le village de Chtsedrin et y installa beaucoup de juifs. Son nom se répandit dans le monde entier, et de tous les coins de la diaspora on s’adressait à lui avec des questions. Bien qu’il ait été surchargé de travail, il ne cessa jamais d’y répondre. Il rassembla toutes ses explications halakhiques dans son livre de responsa «Tsema’h Tsédek», en quatre parties.

En 5608 (1848), il fut invité à Saint-Petersbourg à une réunion organisée par le ministre de l’éducation russe, le prince Obrov, qui voulait faire accepter aux rabbanim que les enfants d’Israël apprennent la langue russe et les matières générales. Rabbi Mena’hem Mendel était déterminé à s’opposer à ce que les enfants d’Israël fassent des études générales, et craignant que son attitude ne lui coûte la vie, il emporta avec lui son linceul. Mais son mérite le protégea, il rentra en paix et sortit en paix.

En 5615 (1855), des opposants le dénoncèrent, et sa maison fut placée sous surveillance des autorités. Il alla alors lui-même trouver le gouverneur de la région, qui lui promit de ne pas prêter attention aux délateurs.

En 5620 (1860), il tomba malade et ne guérit plus jusqu’au jour de sa mort le 13 Nissan 5626 (1866). Il avait soixante dix-sept ans quand son âme le quitta dans la ville de Loubavitch. Il ordonna de ne graver sur la tombe aucun titre de gloire, mais uniquement qu’il avait contribué au repentir de beaucoup de gens. Son fils, Rabbi Chemouël, le Maharach prit sa place.

Le Nassi du jour : mardi 13 Nissan

Le Nassi du jour : mardi 13 Nissan

זֹאת חֲנֻכַּת הַמִּזְבֵּחַ, בְּיוֹם הִמָּשַׁח אֹתוֹ, מֵאֵת, נְשִׂיאֵי יִשְׂרָאֵל: קַעֲרֹת כֶּסֶף שְׁתֵּים עֶשְׂרֵה, מִזְרְקֵי-כֶסֶף שְׁנֵים עָשָׂר, כַּפּוֹת זָהָב, שְׁתֵּים עֶשְׂרֵה. שְׁלֹשִׁים וּמֵאָה, הַקְּעָרָה הָאַחַת כֶּסֶף, וְשִׁבְעִים, הַמִּזְרָק הָאֶחָד; כֹּל כֶּסֶף הַכֵּלִים, אַלְפַּיִם וְאַרְבַּע-מֵאוֹת בְּשֶׁקֶל הַקֹּדֶשׁ. כַּפּוֹת זָהָב שְׁתֵּים-עֶשְׂרֵה מְלֵאֹת קְטֹרֶת, עֲשָׂרָה עֲשָׂרָה הַכַּף בְּשֶׁקֶל הַקֹּדֶשׁ; כָּל-זְהַב הַכַּפּוֹת, עֶשְׂרִים וּמֵאָה. כָּל-הַבָּקָר לָעֹלָה שְׁנֵים עָשָׂר פָּרִים, אֵילִם שְׁנֵים-עָשָׂר כְּבָשִׂים בְּנֵי-שָׁנָה שְׁנֵים עָשָׂר–וּמִנְחָתָם; וּשְׂעִירֵי עִזִּים שְׁנֵים עָשָׂר, לְחַטָּאת. וְכֹל בְּקַר זֶבַח הַשְּׁלָמִים, עֶשְׂרִים וְאַרְבָּעָה פָּרִים, אֵילִם שִׁשִּׁים עַתֻּדִים שִׁשִּׁים, כְּבָשִׂים בְּנֵי-שָׁנָה שִׁשִּׁים: זֹאת חֲנֻכַּת הַמִּזְבֵּחַ, אַחֲרֵי הִמָּשַׁח אֹתוֹ. וּבְבֹא מֹשֶׁה אֶל-אֹהֶל מוֹעֵד, לְדַבֵּר אִתּוֹ, וַיִּשְׁמַע אֶת-הַקּוֹל מִדַּבֵּר אֵלָיו מֵעַל הַכַּפֹּרֶת אֲשֶׁר עַל-אֲרֹן הָעֵדֻת, מִבֵּין שְׁנֵי הַכְּרֻבִים; וַיְדַבֵּר, אֵלָיו.

 

Ce fut là le présent dédicatoire de l’autel, offert, lors de son onction, par les phylarques d’Israël : douze écuelles d’argent, douze bassins d’argent, douze coupes d’or. Chaque écuelle d’argent, cent trente sicles, et chaque bassin, soixante-dix : poids total de l’argent des vases, deux mille quatre cents sicles, au poids du sanctuaire. Douze coupes d’or, pleines de parfum, chaque coupe dix sicles, au poids du sanctuaire : total de l’or des coupes, cent vingt sicles. Somme du gros bétail pour holocauste : douze taureaux ; de plus, douze béliers, douze agneaux d’un an, outre leur oblation, et douze jeunes boucs pour expiatoire. Somme du gros bétail pour le sacrifice rémunératoire : vingt-quatre taureaux ; de plus, soixante béliers, soixante boucs, soixante agneaux âgés d’un an. Ainsi fut inauguré l’autel, après avoir été oint. Or, quand Moïse entrait dans la tente d’assignation pour que Dieu lui parlât, il entendait la voix s’adresser à lui de dessus le propitiatoire qui couvrait l’arche du statut, entre les deux chérubins, et c’est à elle qu’il parlait. L’Éternel parla à Moïse en ces termes : « Parle à Aaron et dis-lui : Quand tu disposeras les lampes, c’est vis-à-vis de la face du candélabre que les sept lampes doivent projeter la lumière. » Ainsi fit Aaron : c’est vis-à-vis de la face du candélabre qu’il en disposa les lampes, comme l’Éternel l’avait ordonné à Moïse. Quant à la confection du candélabre, il était tout d’une pièce, en or ; jusqu’à sa base, jusqu’à ses fleurs, c’était une seule pièce. D’après la forme que l’Éternel avait indiquée à Moïse, ainsi avait-on fabriqué le candélabre.

 

Hayom Yom du 13 Nissan : Le Tséma’h Tsédek commença à rédiger des commentaires de la Torah à l’âge de 12 ans

Hayom Yom du 13 Nissan : Le Tséma’h Tsédek commença à rédiger des commentaires de la Torah à l’âge de 12 ans

 

הילולא של כ »ק ה »צמח צדק ». נסתלק שנת תרכ »ו בליובאוויטש, ושם מנוחתו כבוד [=קבורתו].

מספורי אאזמו »ר [המהר »ש]: הצ »צ התחיל לכתוב נגלה ודא »ח בהיותו בן שתים עשרה שנה.

Hilloula du Tséma’h Tsédek, qui quitta ce monde en 5626 (1866) à Loubavitch, où il fut enterré.
Voici l’une des histoires de mon grand-père (le Rabbi Maharach): Le Tséma’h Tsédek commença à rédiger des dissertations érudites sur le Talmud et des commentaires de la ‘Hassidout à l’âge de douze ans.
Youd Aleph Nissan 5786 : un Farbrenguen lumineux et fraternel au Beth Haya Mouchka

Youd Aleph Nissan 5786 : un Farbrenguen lumineux et fraternel au Beth Haya Mouchka

 

Hier soir, le Beth Loubavitch de Paris a accueilli un Farbrenguen exceptionnel à l’occasion du Youd Aleph Nissan 5786 (2026), anniversaire du Rabbi, dans le cadre chaleureux et inspirant du Beth Haya Mouchka. Une assistance nombreuse et enthousiaste a eu le mérite d’écouter des paroles profondes délivrées par le Rav Mendel Azimov et le Rav Elhanan Marosov, deux voix qui ont su allier transmission, chaleur et profondeur spirituelle. La soirée, placée sous le signe de la joie, de l’unité et de la préparation à Pessa’h, s’est également conclue par la vente du Hamets, accomplie par le Rav Levi Khan.

 

 

Un jour qui appartient à toute la génération

C’est dans une atmosphère empreinte de ferveur et de fraternité que s’est tenu hier soir, au Beth Haya Mouchka, le grand Farbrenguen central de Youd Aleph Nissan 5786. Le public, venu nombreux pour honorer l’anniversaire du Rabbi, a été gratifié de paroles profondes et inspirantes. Le Rav Mendy Azimov et le Rav Elhanan Marosov se sont succédé pour offrir à l’assemblée des enseignements nourris de la pensée de Habad et ancrés dans l’actualité spirituelle de cette période si particulière du calendrier juif.

Le Rav Mendel Azimov a rappelé d’emblée la raison profonde de ce rassemblement. Le Rabbi avait lui-même institué que le jour d’anniversaire d’un Nassi doit être marqué par un Farbrenguen. Pendant de nombreuses années, il tenait lui-même cette réunion le Chabbat précédant ou suivant le Youd Aleph Nissan. Lorsque cette date tombait un dimanche, le Rabbi faisait son Farbrenguen ce dimanche soir. Il a été donné à certains présents d’assister à ces moments solennels, notamment lorsque le Rabbi eut soixante-dix ans, et lors de son quatre-vingtième anniversaire qui tombait également un dimanche.

Une lumière nouvelle à chaque anniversaire

Le Rabbi a enseigné à maintes reprises que l’anniversaire d’un Nassi n’est pas un événement privé : il concerne l’ensemble de la génération. Il est bien plus qu’un souvenir ou qu’une célébration routinière. Le Rav Azimov a rappelé que le Rabbi citait à ce sujet le Tanya, qui enseigne que chaque Roch Hachana n’est pas la répétition de l’année précédente — c’est un Or Hadach, une lumière entièrement nouvelle, qui vient s’attacher au monde. Comme l’écrivait le Rabbi, jamais depuis la création du monde une telle lumière n’est apparue deux fois à l’identique. Il en va de même pour chaque anniversaire du Nassi : une force nouvelle descend, une énergie unique qui n’a jamais existé auparavant.

C’est précisément pourquoi il ne faut pas aborder cette fête avec l’esprit de la routine, en se disant que l’on a déjà célébré l’an passé, et l’année d’avant. Au contraire, le Rabbi enseignait que notre comportement même détermine dans quelle mesure nous sommes dignes de recevoir les forces spirituelles que le Nassi dispense à sa génération. Si nous faisons le nécessaire pour que cette lumière nouvelle soit accueillie et valorisée, nous en bénéficierons pleinement.

Le meilleur cadeau que l’on puisse offrir au Rabbi

La question se pose alors naturellement : quel cadeau le Rabbi souhaite-t-il pour son anniversaire ? La réponse est connue de tous et pourtant toujours aussi exigeante : ce que le Rabbi a toujours demandé, c’est que chaque juif en amène un autre à la Torah, aux Mitsvot, à la transmission. Le meilleur cadeau que l’on puisse offrir au Rabbi, c’est de se renforcer dans l’étude de ses enseignements et d’agir pour que d’autres juifs les découvrent.

En cette période qui précède immédiatement Pessa’h, le Rabbi insistait particulièrement pour que l’on s’assure qu’aucun juif ne se retrouve seul le soir du Séder. Il encourageait ardemment l’organisation de Sédarim publics, afin que tout juif, même celui qui n’a pas où aller, sache qu’une porte lui est ouverte au Beth Habad de sa communauté. Sachant par ailleurs que la force d’un Farbrenguen est incomparable — même Micha’el, dit-on, ne peut obtenir la force d’un Farbrenguen — nous avons le devoir ce soir de nous réjouir ensemble et de prendre de bonnes résolutions.

La campagne du Sefer Torah des enfants : quarante-cinq ans de lettres saintes

Parmi les grandes initiatives que le Rabbi a lancées, le Rav Mendel Azimov s’est longuement attardés sur la campagne du Sefer Torah des enfants, dont nous célébrons cette année exactement le quarante-cinquième anniversaire. En 1981, le Rabbi lança cette campagne : il demanda qu’un Sefer Torah soit rédigé dans le quartier juif de la Vieille Ville de Jérusalem, et que ses lettres soient achetées par des enfants du monde entier, avec des conditions particulières et précises. La souscription commença immédiatement.

Grâce à D.ieu, en quarante-cinq ans, ce sont huit Sifrei Torah qui ont été écrits, et dans les semaines à venir, le neuvième sera achevé. Le premier avait été rédigé en seulement quatre mois, tant les enfants s’étaient mobilisés pour acquérir leurs lettres. Le Rabbi avait choisi que la cérémonie de conclusion se déroule le jour de son anniversaire, le Youd Aleph Nissan — un choix délibéré et porteur d’une signification profonde.

Le Rabbi avait consacré à cette initiative plusieurs Farbrengouenim consécutifs pour en expliquer en détail l’importance. Il avait établi un lien direct entre le Sefer Torah des enfants et la sécurité d’Israël. Un mois après le lancement, la situation sécuritaire en Israël était particulièrement préoccupante. Le Rabbi demanda alors à tous de mettre de côté les préparatifs pour Chavouot et de se consacrer entièrement à l’achat de nouvelles lettres pour ce Sefer Torah.

Le Rav Mendel Azimov a livré un souvenir personnel saisissant de cette nuit-là : il n’avait que douze ans. Le téléphone sonnait sans cesse chez son grand-père, les gens appelant pour annoncer combien de lettres ils avaient recueillies. Son père téléphona au secrétariat du Rabbi pour communiquer le chiffre total, à une lettre près — quatre-vingt-dix-huit ou quatre-vingt-dix-neuf, il n’était pas certain. La réponse qui lui fut faite témoignait de l’exigence du Rabbi : comment peut-on ne pas compter une telle chose à la lettre près ? Le lendemain matin, au jour de Chavouot, les avions décollèrent et détruisirent tout ce qui menaçait Israël. La leçon était lumineuse : le Rabbi avait lié la protection du peuple juif à l’engagement de ses enfants pour la sainteté de la Torah.

La France, terre d’honneur dans cette campagne

En dehors d’Israël, le pays qui a contribué le plus aux Sifrei Torah des enfants, c’est la France. Les chiffres étaient tels que le Rabbi lui-même, lorsqu’un candidat voulut venir s’occuper de cette campagne en France, répondit que la France avait déjà fait preuve d’une grandeur exceptionnelle dans ce domaine. Dès les premières années, alors que le Rav Mendel Azimov aidait à trier les certificats envoyés par les familles, plus de dix pour cent de l’ensemble des lettres provenaient de France. C’est une source de fierté profonde, et en même temps une responsabilité à maintenir avec soin.

Aujourd’hui, à l’approche de la conclusion du neuvième Sefer Torah — il ne manque que vingt à vingt-cinq mille lettres — c’est l’occasion idéale pour chacun de vérifier si tous les enfants de son entourage ont bien leur lettre. Le Rabbi avait demandé que chaque enfant, dès sa naissance, soit inscrit dans ce Sefer Torah, garçons comme filles. Cette inscription apporte une bénédiction et une protection extraordinaires. Si cela n’a pas encore été fait, le mois de Nissan 5786 (2026) est le moment de prendre cette décision : regarder autour de soi, voir si un cousin, une cousine, un ami, un proche a eu un enfant récemment, et s’assurer que la démarche a bien été accomplie.

Farbrenguen en temps de guerre : la joie comme force de combat

Le Rav Azimov a abordé une question de fond qui résonne avec une acuité particulière à notre époque. Pendant la guerre de Kippour, le Rabbi avait tenu des Farbrenguen et répondu à ceux qui s’interrogeaient : comment peut-on se réunir en joie alors que des frères juifs sont en danger sur le front ? Le Rabbi avait expliqué que la réjouissance du Farbrenguen est précisément ce que l’on doit opposer à l’ennemi — de la même manière que l’on part en guerre avec la joie. S’asseoir ensemble, chanter, se renforcer mutuellement, c’est envoyer à nos frères en Israël un message de soutien, de solidarité et d’espoir. C’est la force juive par excellence.

Ainsi, aujourd’hui encore, en ces temps où la sécurité d’Israël occupe toutes les pensées, se réunir en Farbrenguen pour l’anniversaire du Rabbi est un acte de foi et de combat spirituel. En disant le Lechayim et en se réjouissant ensemble, nous attirons la lumière de la Délivrance et nous prions pour la paix de tout Israël.

Les bénédictions du Rabbi : une réalité quotidienne

L’un des thèmes les plus touchants de la soirée fut celui des bénédictions du Rabbi, qui continuent de se manifester dans la vie de tant de personnes. Le Rav Mendel Azimov a relaté une scène vécue lors d’un mariage récent : le père de la mariée l’avait abordé pour lui confier que sa santé, qu’il avait perdue et que les médecins ne pouvaient plus lui garantir, lui avait été rendue après qu’il eut écrit au Rabbi et reçu une réponse. Il était là ce soir-là, vivant et debout, pour accompagner sa fille sous la ‘Houppa. Cette histoire, parmi d’autres, illustre ce que le Rav Mendel Azimov a voulu souligner : les miracles se produisent, ils se baladent parmi nous, mais nous n’en avons pas toujours conscience car nous n’avons pas l’habitude de les chercher.

Plus récemment encore, en 2026, des personnalités de haut rang — des diplomates, des élus, des non-juifs — sont venus au Beth Habad pour chercher la bénédiction du Rabbi. Des ambassadeurs, des proches de maires ont fait le déplacement, certains la veille d’élections importantes, pour déposer un billet sur la tombe du Rabbi au Ohel ou demander qu’un message soit transmis en son nom. Le nom de Habad, le nom de Loubavitch, porte une responsabilité immense, et c’est cette responsabilité que nous devons assumer avec fierté et humilité.

Un centenaire et le Rabbi : « J’ai vu un prophète »

Un récit particulièrement émouvant a été partagé au cours de la soirée. Un juif habitant en région parisienne a fêté aujourd’hui même ses cent ans, entouré de ses enfants et petits-enfants. Dans une vidéo diffusée à l’occasion de cet anniversaire, on voit ce patriarche, le visage rayonnant, remercier D.ieu pour la belle famille qui l’entoure. Il a raconté que lorsque ses enfants avaient commencé à devenir religieux selon le courant Habad-Loubavitch, il avait eu du mal à l’accepter. Inquiet, il avait décidé de se rendre chez le Rabbi. À son retour, il était transformé : tout ce qu’il avait perçu comme négatif était devenu positif. Et il a conclu par ces mots : « J’ai toujours appris sur les prophètes de la Bible. Mais quand j’ai rencontré le Rabbi, j’ai vu un prophète dans ma vie — un prophète qui m’a inspiré plus que tous ceux que j’avais étudiés. » Cette déclaration, venue d’un homme de cent ans, a ému l’assistance tout entière.

Les Igrot Kodech : s’attacher au Rabbi par ses écrits

Le Rav Mendel Azimov a évoqué l’une des grandes œuvres de la littérature ‘hassidique contemporaine : les Igrot Kodech, la collection des lettres du Rabbi, qui compte aujourd’hui plus de trente volumes. Cette collection a une histoire remarquable. Le Rabbi rédigeait des lettres à des particuliers, à des communautés, à des institutions. Lorsque le responsable de leur publication demanda un jour au Rabbi quoi faire maintenant que les archives semblaient épuisées, le Rabbi apporta lui-même un paquet entier de copies de lettres qu’il avait personnellement conservées, et demanda de préparer le premier volume. À la sortie du livre, tout le monde se l’arrachait.

Le Rabbi écrivait dans plusieurs de ces lettres qu’une des façons de s’attacher à un Nassi est d’étudier ses enseignements, de respecter ses directives, et d’étudier ses lettres. Aujourd’hui, de nombreuses personnes ont pris l’habitude d’étudier chaque jour une ou plusieurs lettres selon l’ordre des volumes. Ce faisant, elles s’imprègnent non seulement du contenu de la lettre, mais aussi de la façon de penser du Rabbi, de sa manière d’envisager les situations, les défis, les joies. C’est une forme d’attachement vivant et quotidien, à la portée de chacun.

L’anniversaire personnel et la lettre du Rachab

Dans un moment de confidence touchante, le Rav Mendel Azimov a révélé que ce soir était également son propre anniversaire. Il a partagé à cette occasion une lettre du Rabbi Chalom Dov Ber de Loubavitch — le Rachab — adressée à un certain Rav Smokin de Montréal, pour ses cinquante-huit ans. Dans cette lettre, le Rachab évoquait la bénédiction particulière attachée à la 58eme année, l’âge de la force intérieure, et transmettait une lettre qu’il avait lui-même reçue du Rabbi précédent lors de ce même anniversaire, en demandant qu’elle soit renvoyée par enveloppe recommandée après lecture. Cette chaîne de transmission entre les générations de Rabbis, et les bénédictions qui s’y attachent, illustre avec éclat la continuité vivante du leadership ‘hassidique.

Le Rabbi et les enfants : une priorité absolue

Un fil conducteur de l’ensemble de la soirée a été la place centrale que le Rabbi accordait aux enfants. L’une des premières grandes initiatives qu’il mit en place fut de demander que les enfants participent activement à la fête de Pessa’h. Il organisa des concours — Mivtza Matsa notamment — encourageant les enfants à écrire sur leur préparation à la fête, à s’investir dans les préparatifs du Séder. Chaque six mois, une nouvelle initiative était lancée pour eux. Cette attention particulière aux jeunes générations est l’une des marques les plus distinctives du Rabbi : il voyait en chaque enfant un flambeau de la continuité juive.

Les Matsot du Rabbi : une mémoire sacrée

La soirée a également été l’occasion de partager des souvenirs précieux liés aux Matsot que le Rabbi distribuait chaque année avant Pessa’h. Pendant des années, le Rabbi fabriquait lui-même les Matsot, en deux fournées : une première pour les envoyer dans le monde entier, et une seconde, la veille de Pessa’h, pour lui-même et pour les chlou’him et familles qui pouvaient arriver à temps pour le Séder. On le voit dans les vidéos, supervisant personnellement la qualité de l’eau utilisée — gardée depuis la veille selon les règles — et procédant lui-même au prélèvement de la ‘Halla.

Le Rav Mendel Azimov a raconté comment, dans sa jeunesse, il avait eu l’insigne honneur de participer à la fabrication de ces Matsot. Il s’était levé en pleine nuit pour préparer la fabrique, nettoyer et cachériser les surfaces, puis était resté jusqu’au bout pour assister au processus complet. Il se souvient d’un vieux ‘hassid russe, chargé de superviser la qualité, qui buvait du thé brûlant dans la chaleur du four — car, disait-il, le thé chaud rafraîchit lorsqu’il fait trop chaud. Cet homme tremblait de dévotion à chaque instant de cette journée qu’il considérait comme la plus sacrée de l’année. Pas question pour lui d’une seule erreur.

Lorsque les Matsot étaient achevées, le Rabbi les distribuait lui-même à chacun avec une attention particulière. Certains recevaient un grand morceau, d’autres un petit — chaque distribution était personnelle. Des générations de ‘hassidim ont reçu ces Matsot du Rabbi et se souviennent de la question qui se posait alors : faut-il les manger au début du Séder, comme Matsot Mitsva, ou les garder pour l’Afikomane, à la fin ? Lorsque la portion était suffisante, on en mangeait un peu aux deux moments. Lorsqu’il fallait partager ce petit morceau entre toute la famille, chaque miette devenait un trésor inestimable.

Le cinquième enfant : ramener ceux qui sont absents du Séder

Le Rav Elhanan Marosov a rappelé l’enseignement du Rabbi sur le « cinquième enfant » du Seder. Cet enfant n’est ni indifférent, ni hostile; Il est tout simplement absent — et son absence n’est pas un choix, c’est une circonstance. C’est pour lui que le Rabbi a demandé d’organiser des Sédarim publics dans chaque ville, dans chaque quartier, dans chaque Beth Habad du monde entier. C’est pour lui que l’on prépare une place de plus à table, que l’on distribue des Matsot à la sortie des synagogues, que l’on affiche des annonces dans les halls d’immeubles. Chaque juif qui arrive au Séder parce qu’on l’y a invité, parce qu’on lui a tendu la main, représente une victoire extraordinaire — une nechama revenue à sa source.

Le Rav Marosov a rappelé que le Rabbi tirait cet enseignement de la structure même de la Haggadah : on commence par « Ha la’hma anya » — voici le pain de la misère — et l’on ouvre aussitôt les portes en disant : « Que celui qui a faim vienne manger, que celui qui est dans le besoin vienne célébrer Pessa’h avec nous. » Ce n’est pas une formule liturgique anodine. C’est un programme d’action. Le Rabbi y voyait une directive concrète : avant de commencer le Séder pour soi, s’assurer que personne autour de soi n’est laissé de côté.

Dans notre génération, a conclu le Rav Marosov, ce cinquième enfant est partout. Il est dans notre immeuble, dans notre bureau, parmi nos collègues et nos voisins. Il ne demande rien parce qu’il ne sait pas qu’il peut demander. C’est à nous de faire le premier pas. Offrir une Matsa, inviter à un Séder, transmettre un sourire et une Haggadah — c’est peut-être l’acte le plus simple du monde, et pourtant c’est celui qui peut tout changer pour une âme juive. Ramener ce cinquième enfant à la table de Pessa’h, c’est l’acte le plus noble que l’on puisse accomplir en cette période — et c’est, en définitive, le vœu le plus profond du Rabbi pour chacun d’entre nous.

La vente du Hamets : une tradition ancrée

La soirée a inclus la vente du Hamets, présidée par le Rav Levi Khan. Le Rav Mendel Azimov a rappelé que cette pratique n’a pas toujours été aussi répandue qu’aujourd’hui en France. C’est grâce aux efforts du Beth Loubavitch de Paris qu’elle s’est progressivement imposée dans la communauté francophone. Dès les premières années, des formulaires furent imprimés et distribués — le modèle venait d’Amérique, réimprimé à Paris avec l’adresse du Beth Loubavitch. Aujourd’hui, grâce à internet et aux réseaux modernes, des milliers et des milliers de juifs envoient chaque année leur pouvoir pour la vente du Hamets. Dans les jours précédant ce Farbrenguen, des centaines d’enveloppes avaient déjà été ouvertes — un chiffre qui témoigne de l’ampleur de l’engagement communautaire.

Le premier Beth Habad de France : une bénédiction qui ne cesse de se réaliser

Enfin, le Rav Mendel Azimov a rappelé une date historique : il y a cinquante-quatre ans, les ‘hassidim de France ont offert au Rabbi les clés du premier Beth Habad de Paris, au 8 rue Lamartine. Lorsque le Rabbi reçut ces clés, il cita la Michna qui décrit le Temple de Jérusalem : personne ne s’y plaignait jamais d’être à l’étroit, et pourtant la place finissait toujours par manquer. C’est la bénédiction que le Rabbi donna à ce premier Beth Habad français : très vite, l’endroit deviendrait trop petit pour accueillir tous ceux qui y viendraient. Et c’est exactement ce qui s’est passé, décennie après décennie : chaque Beth Habad ouvert en France devient trop petit, appelant à en ouvrir un nouveau.

Lorsqu’on demanda un jour au au Rav Chmouel Azimov ce qui se passerait si les gens faisaient leur Alya et que les communautés se vidaient, il répondit spontanément : « Chaque juif qui fait son Alya donne la possibilité à deux autres juifs de rejoindre le Beth Habad. » Cette logique de croissance perpétuelle est la marque des bénédictions du Rabbi sur la France — bénédictions qui se réalisent sous nos yeux, chaque jour, dans chaque ville.

Un Farbrenguen, une résolution

En quittant ce Farbrenguen, chacun emportait avec soi un engagement renouvelé : étudier les enseignements du Rabbi, inscrire les enfants dans le Sefer Torah, préparer Pessa’h avec soin et générosité, tendre la main au cinquième enfant, et surtout — ne jamais laisser la routine éteindre la lumière nouvelle que chaque anniversaire du Rabbi apporte au monde. Que D.ieu fasse que par ces résolutions, nous méritions de voir très prochainement la Guéoula complète et la venue de Machia’h, Amen.

📸 Photographe : Morde’haï Lubecki

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

11 Nissan 5786 au Ohel du Rabbi : étude de la Hassidout, Panim et longues files d’attente

11 Nissan 5786 au Ohel du Rabbi : étude de la Hassidout, Panim et longues files d’attente

En ce Youd Aleph Nissan 5786 (2026), jour de l’anniversaire de notre Rabbi — le Admour, nessi dorénou, chef de notre génération —, des milliers de Tmimim et d’Ananch ont convergé vers le Ohel sacré pour y présenter leurs supplications en faveur du salut de la communauté et des individus. Le photographe Chemouel Betzalel Dahan a immortalisé chaque instant de cette journée particulière. Ces images témoignent de la ferveur et de l’attachement profond que les ‘hassidim du monde entier vouent à leur Rabbi en ce jour si chargé de signification.

 

 

Des milliers de ‘hassidim au Ohel du Rabbi

Au cœur même de Youd Aleph Nissan, en ce jour qui marque l’anniversaire de naissance de notre Rabbi, le Admour nessi dorénou — chef de notre génération —, une multitude de Tmimim et d’Ananch ont fait le déplacement jusqu’au Ohel sacré pour y élever leurs prières. Portant dans leur cœur les besoins de la communauté comme ceux de chaque individu, ils sont venus implorer le Ciel pour des délivrances en tout genre, dans un élan collectif d’une rare intensité.

Étude, préparatifs et rédaction des Panim

Avant de pénétrer dans le Ohel sacré, les pèlerins se sont recueillis dans l’étude du ‘hassidisme, conformément à la tradition ‘hassidique qui veut que l’on prépare son âme par la Torah avant de se présenter devant un lieu saint. La rédaction des Panim — ces lettres personnelles adressées au Rabbi et déposées au Ohel — a occupé une place centrale dans les préparatifs de cette journée mémorable, chacun y inscrivant ses vœux, ses prières et ses demandes les plus intimes.

L’objectif de COL immortalise la journée

Le photographe   Chemouel Betzalel Dahan a capturé avec soin l’ensemble de ces moments : les instants d’étude et de recueillement, l’effervescence des préparatifs, la concentration des fidèles penchés sur leurs Panim, et les longues files d’attente de ceux qui patientaient pour entrer dans le Ohel sacré du Rabbi. Ces clichés constituent un témoignage visuel précieux de la dévotion qui anime la communauté ‘hassidique en ce jour anniversaire si particulier.

 

Le Nassi du jour : mardi 13 Nissan

Le Nassi du jour « Naphtali » : Jeudi 12 Nissan

בְּיוֹם שְׁנֵים עָשָׂר יוֹם, נָשִׂיא לִבְנֵי נַפְתָּלִי–אֲחִירַע, בֶּן-עֵינָן. קָרְבָּנוֹ קַעֲרַת-כֶּסֶף אַחַת, שְׁלֹשִׁים וּמֵאָה מִשְׁקָלָהּ, מִזְרָק אֶחָד כֶּסֶף, שִׁבְעִים שֶׁקֶל בְּשֶׁקֶל הַקֹּדֶשׁ; שְׁנֵיהֶם מְלֵאִים, סֹלֶת בְּלוּלָה בַשֶּׁמֶן–לְמִנְחָה. כַּף אַחַת עֲשָׂרָה זָהָב, מְלֵאָה קְטֹרֶת. פַּר אֶחָד בֶּן-בָּקָר, אַיִל אֶחָד כֶּבֶשׂ-אֶחָד בֶּן-שְׁנָתוֹ–לְעֹלָה. שְׂעִיר-עִזִּים אֶחָד, לְחַטָּאת. וּלְזֶבַח הַשְּׁלָמִים, בָּקָר שְׁנַיִם, אֵילִם חֲמִשָּׁה עַתֻּדִים חֲמִשָּׁה, כְּבָשִׂים בְּנֵי-שָׁנָה חֲמִשָּׁה: זֶה קָרְבַּן אֲחִירַע, בֶּן-עֵינָן.

 

Au onzième jour, le phylarque des enfants de Naphtali, A’hira, fils d’Einan. Son offrande : une écuelle d’argent, du poids de cent trente sicles ; un bassin d’argent de soixante-dix sicles, au poids du sanctuaire, tous deux remplis de fleur de farine pétrie à l’huile, pour une oblation ; une coupe de dix sicles, en or, pleine de parfum ; un jeune taureau, un bélier, un agneau d’un an, pour holocauste ; un jeune bouc, pour expiatoire ; et, pour le sacrifice de rémunération, deux taureaux, cinq béliers, cinq boucs, cinq agneaux d’un an. Telle fut l’offrande de A’hira, fils d’Einan.

יְהִי רָצוֹן מִלְפָנֶיךָ יְיָ אֳלֹהַי וֵאלהֵי אֲבוֹתַי שֶׁתָּאִיר הָיוֹם בְּחַסְדְּךָ הַגָּדוֹל עַל נִשְׁמַתִין קָדִּישִׁין דְּמִתְחַדְשִׁין כְּצִפָּרִים וּמְצַפְצְפִין וּמְשַׁבְּחִין וּמְצַלְּאִין עַל עַמָּא קַדִּישָׁא יִשְׂרָאֵל. רִבּוֹנוֹ שֶל עוֹלָם תַּכְנִיס וּתְעַיֵיל הַנַּךְ צִיפָרֵי קַדִּישֵׁי לַאֲתַר קַדִּישָׁא דְּאִיתְמַר עֲלֵייה עַיִן לֹא רָאֲתָה אֳלֹהִים זוּלָתֶךָ. יְהִי רָצוֹן מִלְּפָנֶיךָ יְיָ אֱלֹהַי וֵאלֹהֵי אֲבוֹתַי שֶׁבְּאִם אֲנִי עַבְדְּךָ מִשֵּׁבֶט נַפְתָּלִי שֶׁקָּרָאתִי בְּתוֹרָתֶךָ פַּרְשָׁה שֶׁל הַנָּשִׁיא הַיוֹם אֲזַי יָאִירוּ נָא עָלַי כָּל נִיצוֹצִין קַדִּישִׁין וְכָל הָאוֹרוֹת הַקְּדוֹשׁוֹת הַכְּלוּלוֹת בִּקְדוּשַׁת זֶה הַשֵּׁבֶט לְהָבִין וּלְהַשְׂכִּיל בְּתוֹרָתֶךָ וּבְיִרְאָתֶךָ לַעַשׂוֹת רֱצוֹנְךָ כָּל יְמֵי חַיַי אֲנִי וְזַרְעִי וְזֶרַע זַרְעִי מֵעַתָּה וְעַד עוֹלָם אָמֵן:

Puisse être Ta volonté, Éternel mon D.ieu et D.ieu de mes pères, que dans Ta grande bonté Tu éclaires les âmes saintes qui se renouvellent comme des « oiseaux » et chantent et disent des louanges et prient au nom du peuple saint d’Israël. Maître du monde, recueille et fait entrer ces « oiseaux » sacrés dans le lieu saint dont il est dit : « Aucun œil ne l’a vu, sauf toi, ô Dieu. » Puisse être Ta volonté, Éternel mon D.ieu et D.ieu de mes pères, que si moi, Ton serviteur, je suis de la tribu de Naphtali dont j’ai lu aujourd’hui dans Ta Torah la section du Nassi, que toutes les « étincelles » saintes et toutes les illuminations saintes qui sont incluses dans la sainteté de cette tribu brillent sur moi, pour me donner la compréhension et l’intelligence dans Ta Torah et la crainte de Toi, pour accomplir Ta volonté tous les jours de ma vie, moi et mes enfants et les enfants de mes enfants, de maintenant à jamais. Amen.