Hier soir, le Beth Loubavitch de Paris a accueilli un Farbrenguen exceptionnel à l’occasion du Youd Aleph Nissan 5786 (2026), anniversaire du Rabbi, dans le cadre chaleureux et inspirant du Beth Haya Mouchka. Une assistance nombreuse et enthousiaste a eu le mérite d’écouter des paroles profondes délivrées par le Rav Mendel Azimov et le Rav Elhanan Marosov, deux voix qui ont su allier transmission, chaleur et profondeur spirituelle. La soirée, placée sous le signe de la joie, de l’unité et de la préparation à Pessa’h, s’est également conclue par la vente du Hamets, accomplie par le Rav Levi Khan.

 

 

Un jour qui appartient à toute la génération

C’est dans une atmosphère empreinte de ferveur et de fraternité que s’est tenu hier soir, au Beth Haya Mouchka, le grand Farbrenguen central de Youd Aleph Nissan 5786. Le public, venu nombreux pour honorer l’anniversaire du Rabbi, a été gratifié de paroles profondes et inspirantes. Le Rav Mendy Azimov et le Rav Elhanan Marosov se sont succédé pour offrir à l’assemblée des enseignements nourris de la pensée de Habad et ancrés dans l’actualité spirituelle de cette période si particulière du calendrier juif.

Le Rav Mendel Azimov a rappelé d’emblée la raison profonde de ce rassemblement. Le Rabbi avait lui-même institué que le jour d’anniversaire d’un Nassi doit être marqué par un Farbrenguen. Pendant de nombreuses années, il tenait lui-même cette réunion le Chabbat précédant ou suivant le Youd Aleph Nissan. Lorsque cette date tombait un dimanche, le Rabbi faisait son Farbrenguen ce dimanche soir. Il a été donné à certains présents d’assister à ces moments solennels, notamment lorsque le Rabbi eut soixante-dix ans, et lors de son quatre-vingtième anniversaire qui tombait également un dimanche.

Une lumière nouvelle à chaque anniversaire

Le Rabbi a enseigné à maintes reprises que l’anniversaire d’un Nassi n’est pas un événement privé : il concerne l’ensemble de la génération. Il est bien plus qu’un souvenir ou qu’une célébration routinière. Le Rav Azimov a rappelé que le Rabbi citait à ce sujet le Tanya, qui enseigne que chaque Roch Hachana n’est pas la répétition de l’année précédente — c’est un Or Hadach, une lumière entièrement nouvelle, qui vient s’attacher au monde. Comme l’écrivait le Rabbi, jamais depuis la création du monde une telle lumière n’est apparue deux fois à l’identique. Il en va de même pour chaque anniversaire du Nassi : une force nouvelle descend, une énergie unique qui n’a jamais existé auparavant.

C’est précisément pourquoi il ne faut pas aborder cette fête avec l’esprit de la routine, en se disant que l’on a déjà célébré l’an passé, et l’année d’avant. Au contraire, le Rabbi enseignait que notre comportement même détermine dans quelle mesure nous sommes dignes de recevoir les forces spirituelles que le Nassi dispense à sa génération. Si nous faisons le nécessaire pour que cette lumière nouvelle soit accueillie et valorisée, nous en bénéficierons pleinement.

Le meilleur cadeau que l’on puisse offrir au Rabbi

La question se pose alors naturellement : quel cadeau le Rabbi souhaite-t-il pour son anniversaire ? La réponse est connue de tous et pourtant toujours aussi exigeante : ce que le Rabbi a toujours demandé, c’est que chaque juif en amène un autre à la Torah, aux Mitsvot, à la transmission. Le meilleur cadeau que l’on puisse offrir au Rabbi, c’est de se renforcer dans l’étude de ses enseignements et d’agir pour que d’autres juifs les découvrent.

En cette période qui précède immédiatement Pessa’h, le Rabbi insistait particulièrement pour que l’on s’assure qu’aucun juif ne se retrouve seul le soir du Séder. Il encourageait ardemment l’organisation de Sédarim publics, afin que tout juif, même celui qui n’a pas où aller, sache qu’une porte lui est ouverte au Beth Habad de sa communauté. Sachant par ailleurs que la force d’un Farbrenguen est incomparable — même Micha’el, dit-on, ne peut obtenir la force d’un Farbrenguen — nous avons le devoir ce soir de nous réjouir ensemble et de prendre de bonnes résolutions.

La campagne du Sefer Torah des enfants : quarante-cinq ans de lettres saintes

Parmi les grandes initiatives que le Rabbi a lancées, le Rav Mendel Azimov s’est longuement attardés sur la campagne du Sefer Torah des enfants, dont nous célébrons cette année exactement le quarante-cinquième anniversaire. En 1981, le Rabbi lança cette campagne : il demanda qu’un Sefer Torah soit rédigé dans le quartier juif de la Vieille Ville de Jérusalem, et que ses lettres soient achetées par des enfants du monde entier, avec des conditions particulières et précises. La souscription commença immédiatement.

Grâce à D.ieu, en quarante-cinq ans, ce sont huit Sifrei Torah qui ont été écrits, et dans les semaines à venir, le neuvième sera achevé. Le premier avait été rédigé en seulement quatre mois, tant les enfants s’étaient mobilisés pour acquérir leurs lettres. Le Rabbi avait choisi que la cérémonie de conclusion se déroule le jour de son anniversaire, le Youd Aleph Nissan — un choix délibéré et porteur d’une signification profonde.

Le Rabbi avait consacré à cette initiative plusieurs Farbrengouenim consécutifs pour en expliquer en détail l’importance. Il avait établi un lien direct entre le Sefer Torah des enfants et la sécurité d’Israël. Un mois après le lancement, la situation sécuritaire en Israël était particulièrement préoccupante. Le Rabbi demanda alors à tous de mettre de côté les préparatifs pour Chavouot et de se consacrer entièrement à l’achat de nouvelles lettres pour ce Sefer Torah.

Le Rav Mendel Azimov a livré un souvenir personnel saisissant de cette nuit-là : il n’avait que douze ans. Le téléphone sonnait sans cesse chez son grand-père, les gens appelant pour annoncer combien de lettres ils avaient recueillies. Son père téléphona au secrétariat du Rabbi pour communiquer le chiffre total, à une lettre près — quatre-vingt-dix-huit ou quatre-vingt-dix-neuf, il n’était pas certain. La réponse qui lui fut faite témoignait de l’exigence du Rabbi : comment peut-on ne pas compter une telle chose à la lettre près ? Le lendemain matin, au jour de Chavouot, les avions décollèrent et détruisirent tout ce qui menaçait Israël. La leçon était lumineuse : le Rabbi avait lié la protection du peuple juif à l’engagement de ses enfants pour la sainteté de la Torah.

La France, terre d’honneur dans cette campagne

En dehors d’Israël, le pays qui a contribué le plus aux Sifrei Torah des enfants, c’est la France. Les chiffres étaient tels que le Rabbi lui-même, lorsqu’un candidat voulut venir s’occuper de cette campagne en France, répondit que la France avait déjà fait preuve d’une grandeur exceptionnelle dans ce domaine. Dès les premières années, alors que le Rav Mendel Azimov aidait à trier les certificats envoyés par les familles, plus de dix pour cent de l’ensemble des lettres provenaient de France. C’est une source de fierté profonde, et en même temps une responsabilité à maintenir avec soin.

Aujourd’hui, à l’approche de la conclusion du neuvième Sefer Torah — il ne manque que vingt à vingt-cinq mille lettres — c’est l’occasion idéale pour chacun de vérifier si tous les enfants de son entourage ont bien leur lettre. Le Rabbi avait demandé que chaque enfant, dès sa naissance, soit inscrit dans ce Sefer Torah, garçons comme filles. Cette inscription apporte une bénédiction et une protection extraordinaires. Si cela n’a pas encore été fait, le mois de Nissan 5786 (2026) est le moment de prendre cette décision : regarder autour de soi, voir si un cousin, une cousine, un ami, un proche a eu un enfant récemment, et s’assurer que la démarche a bien été accomplie.

Farbrenguen en temps de guerre : la joie comme force de combat

Le Rav Azimov a abordé une question de fond qui résonne avec une acuité particulière à notre époque. Pendant la guerre de Kippour, le Rabbi avait tenu des Farbrenguen et répondu à ceux qui s’interrogeaient : comment peut-on se réunir en joie alors que des frères juifs sont en danger sur le front ? Le Rabbi avait expliqué que la réjouissance du Farbrenguen est précisément ce que l’on doit opposer à l’ennemi — de la même manière que l’on part en guerre avec la joie. S’asseoir ensemble, chanter, se renforcer mutuellement, c’est envoyer à nos frères en Israël un message de soutien, de solidarité et d’espoir. C’est la force juive par excellence.

Ainsi, aujourd’hui encore, en ces temps où la sécurité d’Israël occupe toutes les pensées, se réunir en Farbrenguen pour l’anniversaire du Rabbi est un acte de foi et de combat spirituel. En disant le Lechayim et en se réjouissant ensemble, nous attirons la lumière de la Délivrance et nous prions pour la paix de tout Israël.

Les bénédictions du Rabbi : une réalité quotidienne

L’un des thèmes les plus touchants de la soirée fut celui des bénédictions du Rabbi, qui continuent de se manifester dans la vie de tant de personnes. Le Rav Mendel Azimov a relaté une scène vécue lors d’un mariage récent : le père de la mariée l’avait abordé pour lui confier que sa santé, qu’il avait perdue et que les médecins ne pouvaient plus lui garantir, lui avait été rendue après qu’il eut écrit au Rabbi et reçu une réponse. Il était là ce soir-là, vivant et debout, pour accompagner sa fille sous la ‘Houppa. Cette histoire, parmi d’autres, illustre ce que le Rav Mendel Azimov a voulu souligner : les miracles se produisent, ils se baladent parmi nous, mais nous n’en avons pas toujours conscience car nous n’avons pas l’habitude de les chercher.

Plus récemment encore, en 2026, des personnalités de haut rang — des diplomates, des élus, des non-juifs — sont venus au Beth Habad pour chercher la bénédiction du Rabbi. Des ambassadeurs, des proches de maires ont fait le déplacement, certains la veille d’élections importantes, pour déposer un billet sur la tombe du Rabbi au Ohel ou demander qu’un message soit transmis en son nom. Le nom de Habad, le nom de Loubavitch, porte une responsabilité immense, et c’est cette responsabilité que nous devons assumer avec fierté et humilité.

Un centenaire et le Rabbi : « J’ai vu un prophète »

Un récit particulièrement émouvant a été partagé au cours de la soirée. Un juif habitant en région parisienne a fêté aujourd’hui même ses cent ans, entouré de ses enfants et petits-enfants. Dans une vidéo diffusée à l’occasion de cet anniversaire, on voit ce patriarche, le visage rayonnant, remercier D.ieu pour la belle famille qui l’entoure. Il a raconté que lorsque ses enfants avaient commencé à devenir religieux selon le courant Habad-Loubavitch, il avait eu du mal à l’accepter. Inquiet, il avait décidé de se rendre chez le Rabbi. À son retour, il était transformé : tout ce qu’il avait perçu comme négatif était devenu positif. Et il a conclu par ces mots : « J’ai toujours appris sur les prophètes de la Bible. Mais quand j’ai rencontré le Rabbi, j’ai vu un prophète dans ma vie — un prophète qui m’a inspiré plus que tous ceux que j’avais étudiés. » Cette déclaration, venue d’un homme de cent ans, a ému l’assistance tout entière.

Les Igrot Kodech : s’attacher au Rabbi par ses écrits

Le Rav Mendel Azimov a évoqué l’une des grandes œuvres de la littérature ‘hassidique contemporaine : les Igrot Kodech, la collection des lettres du Rabbi, qui compte aujourd’hui plus de trente volumes. Cette collection a une histoire remarquable. Le Rabbi rédigeait des lettres à des particuliers, à des communautés, à des institutions. Lorsque le responsable de leur publication demanda un jour au Rabbi quoi faire maintenant que les archives semblaient épuisées, le Rabbi apporta lui-même un paquet entier de copies de lettres qu’il avait personnellement conservées, et demanda de préparer le premier volume. À la sortie du livre, tout le monde se l’arrachait.

Le Rabbi écrivait dans plusieurs de ces lettres qu’une des façons de s’attacher à un Nassi est d’étudier ses enseignements, de respecter ses directives, et d’étudier ses lettres. Aujourd’hui, de nombreuses personnes ont pris l’habitude d’étudier chaque jour une ou plusieurs lettres selon l’ordre des volumes. Ce faisant, elles s’imprègnent non seulement du contenu de la lettre, mais aussi de la façon de penser du Rabbi, de sa manière d’envisager les situations, les défis, les joies. C’est une forme d’attachement vivant et quotidien, à la portée de chacun.

L’anniversaire personnel et la lettre du Rachab

Dans un moment de confidence touchante, le Rav Mendel Azimov a révélé que ce soir était également son propre anniversaire. Il a partagé à cette occasion une lettre du Rabbi Chalom Dov Ber de Loubavitch — le Rachab — adressée à un certain Rav Smokin de Montréal, pour ses cinquante-huit ans. Dans cette lettre, le Rachab évoquait la bénédiction particulière attachée à la 58eme année, l’âge de la force intérieure, et transmettait une lettre qu’il avait lui-même reçue du Rabbi précédent lors de ce même anniversaire, en demandant qu’elle soit renvoyée par enveloppe recommandée après lecture. Cette chaîne de transmission entre les générations de Rabbis, et les bénédictions qui s’y attachent, illustre avec éclat la continuité vivante du leadership ‘hassidique.

Le Rabbi et les enfants : une priorité absolue

Un fil conducteur de l’ensemble de la soirée a été la place centrale que le Rabbi accordait aux enfants. L’une des premières grandes initiatives qu’il mit en place fut de demander que les enfants participent activement à la fête de Pessa’h. Il organisa des concours — Mivtza Matsa notamment — encourageant les enfants à écrire sur leur préparation à la fête, à s’investir dans les préparatifs du Séder. Chaque six mois, une nouvelle initiative était lancée pour eux. Cette attention particulière aux jeunes générations est l’une des marques les plus distinctives du Rabbi : il voyait en chaque enfant un flambeau de la continuité juive.

Les Matsot du Rabbi : une mémoire sacrée

La soirée a également été l’occasion de partager des souvenirs précieux liés aux Matsot que le Rabbi distribuait chaque année avant Pessa’h. Pendant des années, le Rabbi fabriquait lui-même les Matsot, en deux fournées : une première pour les envoyer dans le monde entier, et une seconde, la veille de Pessa’h, pour lui-même et pour les chlou’him et familles qui pouvaient arriver à temps pour le Séder. On le voit dans les vidéos, supervisant personnellement la qualité de l’eau utilisée — gardée depuis la veille selon les règles — et procédant lui-même au prélèvement de la ‘Halla.

Le Rav Mendel Azimov a raconté comment, dans sa jeunesse, il avait eu l’insigne honneur de participer à la fabrication de ces Matsot. Il s’était levé en pleine nuit pour préparer la fabrique, nettoyer et cachériser les surfaces, puis était resté jusqu’au bout pour assister au processus complet. Il se souvient d’un vieux ‘hassid russe, chargé de superviser la qualité, qui buvait du thé brûlant dans la chaleur du four — car, disait-il, le thé chaud rafraîchit lorsqu’il fait trop chaud. Cet homme tremblait de dévotion à chaque instant de cette journée qu’il considérait comme la plus sacrée de l’année. Pas question pour lui d’une seule erreur.

Lorsque les Matsot étaient achevées, le Rabbi les distribuait lui-même à chacun avec une attention particulière. Certains recevaient un grand morceau, d’autres un petit — chaque distribution était personnelle. Des générations de ‘hassidim ont reçu ces Matsot du Rabbi et se souviennent de la question qui se posait alors : faut-il les manger au début du Séder, comme Matsot Mitsva, ou les garder pour l’Afikomane, à la fin ? Lorsque la portion était suffisante, on en mangeait un peu aux deux moments. Lorsqu’il fallait partager ce petit morceau entre toute la famille, chaque miette devenait un trésor inestimable.

Le cinquième enfant : ramener ceux qui sont absents du Séder

Le Rav Elhanan Marosov a rappelé l’enseignement du Rabbi sur le « cinquième enfant » du Seder. Cet enfant n’est ni indifférent, ni hostile; Il est tout simplement absent — et son absence n’est pas un choix, c’est une circonstance. C’est pour lui que le Rabbi a demandé d’organiser des Sédarim publics dans chaque ville, dans chaque quartier, dans chaque Beth Habad du monde entier. C’est pour lui que l’on prépare une place de plus à table, que l’on distribue des Matsot à la sortie des synagogues, que l’on affiche des annonces dans les halls d’immeubles. Chaque juif qui arrive au Séder parce qu’on l’y a invité, parce qu’on lui a tendu la main, représente une victoire extraordinaire — une nechama revenue à sa source.

Le Rav Marosov a rappelé que le Rabbi tirait cet enseignement de la structure même de la Haggadah : on commence par « Ha la’hma anya » — voici le pain de la misère — et l’on ouvre aussitôt les portes en disant : « Que celui qui a faim vienne manger, que celui qui est dans le besoin vienne célébrer Pessa’h avec nous. » Ce n’est pas une formule liturgique anodine. C’est un programme d’action. Le Rabbi y voyait une directive concrète : avant de commencer le Séder pour soi, s’assurer que personne autour de soi n’est laissé de côté.

Dans notre génération, a conclu le Rav Marosov, ce cinquième enfant est partout. Il est dans notre immeuble, dans notre bureau, parmi nos collègues et nos voisins. Il ne demande rien parce qu’il ne sait pas qu’il peut demander. C’est à nous de faire le premier pas. Offrir une Matsa, inviter à un Séder, transmettre un sourire et une Haggadah — c’est peut-être l’acte le plus simple du monde, et pourtant c’est celui qui peut tout changer pour une âme juive. Ramener ce cinquième enfant à la table de Pessa’h, c’est l’acte le plus noble que l’on puisse accomplir en cette période — et c’est, en définitive, le vœu le plus profond du Rabbi pour chacun d’entre nous.

La vente du Hamets : une tradition ancrée

La soirée a inclus la vente du Hamets, présidée par le Rav Levi Khan. Le Rav Mendel Azimov a rappelé que cette pratique n’a pas toujours été aussi répandue qu’aujourd’hui en France. C’est grâce aux efforts du Beth Loubavitch de Paris qu’elle s’est progressivement imposée dans la communauté francophone. Dès les premières années, des formulaires furent imprimés et distribués — le modèle venait d’Amérique, réimprimé à Paris avec l’adresse du Beth Loubavitch. Aujourd’hui, grâce à internet et aux réseaux modernes, des milliers et des milliers de juifs envoient chaque année leur pouvoir pour la vente du Hamets. Dans les jours précédant ce Farbrenguen, des centaines d’enveloppes avaient déjà été ouvertes — un chiffre qui témoigne de l’ampleur de l’engagement communautaire.

Le premier Beth Habad de France : une bénédiction qui ne cesse de se réaliser

Enfin, le Rav Mendel Azimov a rappelé une date historique : il y a cinquante-quatre ans, les ‘hassidim de France ont offert au Rabbi les clés du premier Beth Habad de Paris, au 8 rue Lamartine. Lorsque le Rabbi reçut ces clés, il cita la Michna qui décrit le Temple de Jérusalem : personne ne s’y plaignait jamais d’être à l’étroit, et pourtant la place finissait toujours par manquer. C’est la bénédiction que le Rabbi donna à ce premier Beth Habad français : très vite, l’endroit deviendrait trop petit pour accueillir tous ceux qui y viendraient. Et c’est exactement ce qui s’est passé, décennie après décennie : chaque Beth Habad ouvert en France devient trop petit, appelant à en ouvrir un nouveau.

Lorsqu’on demanda un jour au au Rav Chmouel Azimov ce qui se passerait si les gens faisaient leur Alya et que les communautés se vidaient, il répondit spontanément : « Chaque juif qui fait son Alya donne la possibilité à deux autres juifs de rejoindre le Beth Habad. » Cette logique de croissance perpétuelle est la marque des bénédictions du Rabbi sur la France — bénédictions qui se réalisent sous nos yeux, chaque jour, dans chaque ville.

Un Farbrenguen, une résolution

En quittant ce Farbrenguen, chacun emportait avec soi un engagement renouvelé : étudier les enseignements du Rabbi, inscrire les enfants dans le Sefer Torah, préparer Pessa’h avec soin et générosité, tendre la main au cinquième enfant, et surtout — ne jamais laisser la routine éteindre la lumière nouvelle que chaque anniversaire du Rabbi apporte au monde. Que D.ieu fasse que par ces résolutions, nous méritions de voir très prochainement la Guéoula complète et la venue de Machia’h, Amen.

📸 Photographe : Morde’haï Lubecki