Introduction du Rav Yossef Itshak Havlin : Célébration du 11 Nissan, anniversaire du Rabbi

Comme aujourd’hui c’est l’anniversaire du Rabbi, en général pour un anniversaire, lorsque quelqu’un à un anniversaire, nous devons le bénir : « Qu’Il nous garde en vie, nous maintienne et nous permette d’atteindre ce moment ! ». Comme le maître du jour de l’anniversaire doit lui-même bénir le jour de sa naissance, ainsi nous devons tous réciter cette bénédiction : Que Celui qui a le mérite de bénir au nom de la communauté le fasse, en récitant cette bénédiction : « Qu’Il nous garde en vie ! » pour remercier d’être arrivé à cet anniversaire si important, celui du Rabbi.

Et dès le début, plusieurs personnes m’ont demandé de souligner que cette réjouissance est liée à ce qui s’est passé au début de la semaine, le samedi soir, les grands miracles qui ont eu lieu en Terre d’Israël.

Les gens n’arrivent pas à réaliser, n’arrivent pas à réaliser la grandeur du miracle qui a eu lieu ici : 400 grandes et énormes roquettes ont été tirées ici. On voit sur les images, c’est terrifiant rien que de voir l’image de ces roquettes lorsqu’elles sont interceptées et explosent quelque part. Et personne n’a été touché, D.ieu merci, il n’y a rien eu dans tout le pays, nulle part. C’est une chose au-delà des lois naturelles, ensemble à notre époque, en ces temps difficiles.

Et voilà que soudain, il y a un éveil, une lumière en ce mois de Nissan, depuis Nissan jusqu’à Nissan. Vous avez certainement souligné l’importance de cette période. C’est de là que nous tirons les influences, c’est de là que nous tirons…

Le Rabbi avait toujours la force en ce qui concerne la Terre d’Israël. Le Rabbi disait toujours : « La Terre d’Israël est le lieu le plus sûr ». Il n’y a donc aucune raison d’avoir peur de sortir, d’aller… Comme durant la guerre du Golfe, lorsque de nombreuses roquettes sont tombées et ont explosé, le Rabbi a dit qu’aucun juif ne serait touché et que tout irait bien. Il y avait beaucoup d’enthousiasme et de vie ! Le’haïm !

Signification de l’anniversaire dans la pensée du Rabbi

Et donc, voici qu’en ce jour, comme le Rabbi l’a mentionné, c’est la naissance du Rabbi, donc à l’occasion d’un anniversaire, lorsque quelqu’un fête son anniversaire, le Rabbi lui-même a publié et révélé la signification d’un anniversaire pour chaque juif.

Le Rabbi a lancé la « campagne des anniversaires », pour que chaque juif célèbre le jour de sa naissance. Comme il est connu, comme il est écrit dans le Hayom Yom, que le jour de l’anniversaire d’une personne, elle doit faire un examen de conscience pour l’année écoulée : ce qu’elle doit réparer, qu’elle le répare, ce qu’elle doit rajouter, qu’elle le rajoute, qu’elle se renforce et prenne de bonnes décisions.

Cette façon de considérer l’anniversaire, le Rabbi a commencé à en parler du temps du Rabbi précédent, mais ce n’était pas tellement connu du public. C’est avec notre Rabbi que cela a pris de l’ampleur, la signification de l’anniversaire pour chacun.

De façon générale, parmi le peuple juif ce n’était pas connu, on ne le soulignait pas. Et même après que le Rabbi ait instauré cela, tous ne l’ont pas accepté. Mais au fil du temps, d’année en année, cela s’élargit de plus en plus, les gens l’acceptent et le célèbrent.

L’une des coutumes de l’anniversaire que le Rabbi a instituées est que celui qui fête son anniversaire rassemble famille et amis pour un repas de fête et prenne de bonnes résolutions. Car il est connu que le jour de l’anniversaire, le « mazal », la providence de la personne, est forte. C’est donc le moment propice pour prendre de bonnes décisions, et grâce à ce « mazal », ces décisions pourront se réaliser durant l’année à venir.

Le sens de l’anniversaire, lorsque le Rabbi l’a révélé jusqu’en 1950 où le Rabbi a pris la tête du mouvement, quiconque écrivait au Rabbi à l’occasion de son anniversaire pour demander une bénédiction, le Rabbi répondait personnellement par une lettre au fêté et la signait lui-même. J’ai moi-même six ou sept lettres de ce genre, de ma Bar Mitsva jusqu’à ce que le Rabbi cesse d’écrire. Le Rabbi a dit alors, sans mauvais œil, qu’il n’avait tout simplement plus le temps. Donc le Rabbi parlait en début d’année lors d’un rassemblement, disant qu’il bénissait dès maintenant pour toute l’année tous ceux qui allaient fêter leur anniversaire.

Le Rabbi disait que c’était encore plus fort ainsi, car la bénédiction en public a encore plus de force. Il ne fallait pas se sentir diminué de ne plus recevoir de lettre. Ceux qui vivaient hors des USA, qui vivaient dans le quartier proche du Rabbi, ils avaient le mérite de rencontrer le Rabbi en privé, pas toujours le jour-même de leur anniversaire, mais autour de cette date. Chacun méritait de rencontrer le Rabbi à l’occasion de son anniversaire lors d’une rencontre privée. Le Rabbi recevait la personne. Puis cela aussi s’est arrêté car le Rabbi a dit que le temps ne le permettait plus. Mais le sens profond de l’anniversaire continue.

Le Rabbi le bénit chacun le jour de sa naissance. Quel est le sens de l’anniversaire ? C’est que le « mazal » de la personne est fort. Mais auparavant, ce n’était pas tellement connu, on ne le soulignait pas.

Je peux moi-même témoigner que mon père, paix à son âme, ne se rappelait plus ma date de naissance exacte. Mon père ne savait pas exactement mon jour de naissance, il avait un doute, car en Russie à l’époque on ne célébrait pas les anniversaires. Il n’y avait pas non plus la coutume de dire le psaume correspondant à son âge, comme c’est l’usage aujourd’hui institué par le Rabbi précédent. On ne connaissait pas cela.

Donc mon père a demandé au Rabbi, en ayant des doutes sur deux dates possibles. Le Rabbi lui a répondu – je ne vais pas entrer dans les détails personnels de sa vie maintenant – en soulignant un événement lié à sa vie, et lui conseillant de considérer l’un de ces deux jours comme son jour de naissance.

Mais cette notion d’anniversaire, le Rabbi y attachait une très grande importance. Tellement qu’à Sim’hat Torah, après le décès de la Rebbetzin en 1988, le Rabbi a encore renforcé la « campagne des anniversaires », pour diffuser au maximum l’importance de célébrer son anniversaire.

Pourquoi est-ce lié au décès de la Rebbetzin ? Je n’ai pas entendu d’explication à ce sujet par la suite. Mais d’après mon sentiment, peut-être que cela ajoute quelque chose dans la connexion et la crainte de D.ieu. Le Rabbi a dit une fois qu’on peut dire des choses qu’on n’a pas entendues si elles apportent quelque chose de positif.

Alors peut-être, en lien avec le jour de naissance de la Rebbetzin, le Rabbi a publié 10 directives, 10 choses qu’une personne doit faire le jour de son anniversaire. L’institution de la célébration des anniversaires, nous la soulignons.

D.ieu nous a donné le mérite et la possibilité de nous connecter à ce jour si particulier. Ce n’est pas seulement un jour personnel du Rabbi – puisque c’est notre Rabbi, dans le sens où le Rabbi est une âme générale, cela nous concerne tous personnellement. C’est un jour qui peut accélérer et rapprocher la venue de Machia’h, car Machia’h viendra par son mérite.

Révélation de l’anniversaire du Rabbi

La première fois qu’il a été révélé publiquement que le 11 Nissan était l’anniversaire du Rabbi, c’était avant qu’il ne prenne la tête du mouvement, avant que le Rabbi ne devienne Rabbi.

Il est connu que le Rabbi était en France pendant la Shoah. En 1941, le Rabbi a réchappé de France avec la Rebbetzin et ils sont arrivés sur les côtes des États-Unis. La mère du Rabbi était encore en Russie. Après la Shoah, il y a eu la possibilité pour 100 ‘Hassidim de ‘Habad de sortir de Russie vers la liberté. C’était grâce à des papiers non-officiels, c’est une longue histoire que je ne vais pas raconter ici.

Et parmi ceux qui sont sortis, il y avait la mère du Rabbi. Le père du Rabbi était déjà décédé dans son exil à Alma Ata. La mère du Rabbi est sortie en 1947 avec les ‘Hassidim qui ont réussi à quitter la Russie. Lorsqu’un groupe est arrivé en France, le Rabbi, apprenant que sa mère était en France, a immédiatement arrangé les papiers nécessaires pour aller personnellement de New York en France, début Nissan 1947, afin d’amener sa mère aux États-Unis.

Le Rabbi est arrivé à Roch ‘Hodech Nissan 1947 en France. À l’époque, le Rabbi voyageait encore en avion. Le Rabbi est resté presque trois mois – Nissan, Iyar, Sivan – jusqu’au 21 Sivan, le temps que soient prêts tous les papiers nécessaires pour faire entrer sa mère aux États-Unis.

Le Rabbi a donc passé Pessa’h à Paris avec sa mère, chez son oncle av Schneour Zalman Schneersohn, paix à son âme. Il y avait, parmi les ‘Hassidim qui avaient réussi à arriver de Russie, un Minyane réduit à Paris à l’époque. L’un d’eux s’appelait Rabbi Nissan Nemanov, paix à son âme. Il connaissait la mère du Rabbi depuis la Russie.

La veille du 11 Nissan, il est allé lui rendre visite, parler avec elle, et elle lui a demandé entre autres si les ‘Hassidim faisaient une réunion ‘Hassidique ce soir-là. Il a pensé qu’elle faisait référence au 13 Nissan, qui est le jour de l’anniversaire du Tsema’h Tsedek, le jour de son décès. Alors il lui a dit : « Aujourd’hui ce n’est pas le 13 Nissan. »

Alors elle a souri, il raconte qu’il a entendu cela d’elle-même, elle a souri et dit : « Aujourd’hui c’est l’anniversaire de mon fils. » C’est ainsi que la mère du Rabbi a révélé pour la première fois que le 11 Nissan était le jour de naissance du Rabbi.

Une anecdote est racontée par Rabbi Gourewitz sur la façon dont la mère du Rabbi parlait de lui, soulignant sa capacité unique à connecter chaque juif à la sainteté et aux mitsvot. Elle a raconté une histoire qui s’est déroulée lors de Sim’hat Torah : deux jeunes filles étaient debout à côté d’elle à la synagogue et parlaient en hébreu moderne de sortir prendre l’air car il faisait chaud, pensant revenir plus tard pour les Hakafot. L’une a dit à l’autre en désignant le Rabbi : « Tu le vois lui ? Il ne me laisse pas quitter la synagogue ! ». La mère du Rabbi a ensuite expliqué à son interlocutrice que cette histoire illustre l’influence du Rabbi, sa capacité à éveiller chez chaque juif, d’où qu’il vienne, le désir profond de se connecter aux choses sacrées et à l’accomplissement des mitsvot, à en faire une préoccupation personnelle.

Signification du 11 Nissan

Maintenant, si nous réfléchissons, je dis pour moi-même mais que les autres m’entendent s’ils le souhaitent, le fait que le Rabbi ait placé le sens de l’anniversaire le jour de son propre anniversaire, alors qu’en 1943, l’année où le Rabbi a publié le recueil Hayom Yom, on ne savait même pas que c’était le jour de naissance du Rabbi lui-même – on a appris cela seulement en 1947 comme on l’a dit…

Donc en 1943, au beau milieu de la terrible Shoah, D.ieu nous en préserve, le Rabbi est venu devant le Saint-Béni-Soit-Il, le Saint-Béni-Soit-Il a dit : « Comment fais-tu une chose pareille ? Tes enfants d’Israël souffrent d’une souffrance telle qu’il n’y en a pas eu depuis la Création du monde et durant ces années-là ! ».

Et on a répondu au Rabbi, j’imagine, que le Saint-Béni-Soit-Il lui a dit : « Pour amener le Machia’h et sauver Israël, il y a encore une mission à accomplir dans le monde : rallier et connecter le peuple juif de façon personnelle, que chaque juif où qu’il soit ressente dans son âme sa foi en D.ieu et son lien avec la Torah et les Mitsvot, qu’il ressente que c’est son affaire personnelle. »

Alors le Rabbi a répondu : « Très bien, que le Saint-Béni-Soit-Il le fasse, quel est le problème ? » Et le Saint-Béni-Soit-Il a dit au Rabbi : « J’ai décrété que cela se ferait à travers toi. C’est toi qui as été choisi pour révéler dans le monde la véritable foi en D.ieu et l’accomplissement de la Torah et des Mitsvot, pour connecter chaque juif où qu’il soit, d’un bout du monde à l’autre, afin que la Torah et les Mitsvot deviennent une affaire personnelle pour chaque juif. »

Alors le Rabbi a demandé : « Que dois-je faire ? » Et le Saint-Béni-Soit-Il a répondu au Rabbi : « Rabbi, tu n’es pas encore le Rabbi, mais tu es en train de publier le recueil du Hayom Yom. Dans ce recueil que tu publies pour le jour de ton anniversaire, tu vas y introduire le lien avec l’anniversaire de chacun, qui permettra de relier et connecter tous les Juifs. Que peut faire le Saint-Béni-Soit-Il pour le peuple d’Israël afin de hâter la venue de Machia’h ? »

Alors le Rabbi, on peut dire qu’il s’est sacrifié, bien que cela ne lui était pas agréable. Mais comme il s’agissait du salut du peuple juif, le Rabbi a introduit la notion de l’anniversaire et expliqué son sens : qu’en ce jour, le juif devient indépendant, que la Torah et les Mitsvot deviennent son affaire personnelle. C’est le jour de naissance du Rabbi.

C’est pourquoi, dès que le Rabbi a pris les rênes du mouvement de façon officielle, que s’est-il mis à faire ? Il faut conquérir le monde ! Il faut faire en sorte que chaque juif, où qu’il se trouve, soit approché, dans chaque recoin du monde autant que possible. C’est le sens des Shlou’him (émissaires) que le Rabbi a commencé à envoyer immédiatement aux quatre coins du monde, pour entrer en contact et créer un lien avec chaque juif, où qu’il soit, et lui dire qu’il est juif.

Et grâce à la mission confiée par le Rabbi de susciter en chaque juif la révélation de son âme, de son lien profond avec D.ieu, la Torah et les Mitsvot, le Rabbi a donné la force à ses émissaires pour y parvenir. On a vu cela dans des milliers d’histoires !

Lorsqu’arrive le jour de l’anniversaire du Rabbi, le 11 Nissan, jour où le Rabbi s’est sacrifié pour qu’il soit écrit et scellé dans le Hayom Yom, avant même de prendre les rênes du mouvement, la mission qui lui a été confiée : rapprocher la venue de Machia’h en révélant dans le monde, par sa force donnée par D.ieu – car D.ieu a dit qu’il n’y avait pas d’autre choix que lui, le septième Rabbi, pour agir afin que chaque juif soit lié au Rabbi par l’intermédiaire des émissaires (Chlou’him) afin de révéler en lui son désir profond, en tant que juif, d’être lié à D.ieu, son véritable désir d’accomplir la Torah et les Mitsvot, ce qui est la véritable réalité de l’existence d’un juif – c’est cela le 11 Nissan que nous célébrons aujourd’hui !

D.ieu nous a accordé le mérite et la possibilité de nous connecter et de marquer un tel jour. Ce n’est pas seulement un jour personnel du Rabbi. Parce que c’est notre Rabbi et une âme générale, cela nous concerne personnellement. C’est un jour qui peut hâter et accélérer la venue de Machia’h, car c’est par son mérite que Machia’h viendra, afin que se révèle l’honneur de D.ieu et que toute chair voie, comme D.ieu l’a dit, qu’Il voulait que cela passe par le Rabbi de Loubavitch, à commencer en 1943, puis en 1950, et à chaque année de plus en plus.

Que D.ieu aide à ce que Machia’h notre juste vienne et se révèle avant la fête de Pessa’h, et que nous fêtions encore ce jour complètement, que nous offrions le sacrifice de Pessa’h dès aujourd’hui à Jérusalem, dans le troisième Temple !

Lé’haïm !

Étude de la Torah du Rabbi

Nous ne devons pas oublier qu’aujourd’hui, c’est le jour où le Rabbi est né. Nous avons l’enseignement du Rabbi, les Ma’amarim et les Si’hot, un enseignement complet. D.ieu nous a aidé, nous avons les Likouté Si’hot, les causeries du Rabbi sur la fête de Pessa’h. C’est extraordinaire !

Et il y a un recueil des Ma’amarim du Rabbi spécialement sur le 11 Nissan et sur Pessa’h. C’est à partir de là qu’on peut étudier, de cette Pâque à la prochaine. Je ne suggère pas quels Ma’amarim étudier, chacun selon son cœur et son inspiration.

Il y a un Ma’amar que j’ai étudié ce matin avant la prière, « Vekha’ha Tokhlu Oto » de 1977, qui m’a fait grand bien. Je propose donc aux autres de l’étudier aussi. Le Rabbi s’y penche dès les premières lignes sur le verset « Les reins ceints ».

On peut presque chanter toute la Haggada sur une mélodie, je me souviens que mon père faisait ainsi, il disait toute la Haggada sur un air, c’est ce dont je me rappelle. Et le Rabbi, dans ce Ma’amar, ne donne pas d’explication, mais explique seulement en ‘Hassidout la signification des deux types de Matsa : la Matsa que l’on mange en quittant l’Égypte et celle qui n’a pas eu le temps de lever. Comment cela se traduit dans le service de D.ieu et le travail de l’âme, c’est quelque chose d’extraordinaire !

J’ai simplement pris plaisir à ce Ma’amar, même mon intellect animal en a profité. Que faire, le Rabbi nous a révélé un tel enseignement ! On n’a pas besoin de faire obstruction au fait que le Rabbi a fait descendre D.ieu dans le monde de telle manière que même l’intellect animal n’a pas le choix, il est obligé d’accepter. Le Rabbi a fait en sorte que l’intellect animal soit aussi lié à la Torah et l’étudie. Alors le Rabbi l’a fait descendre pour que même l’intellect animal prenne plaisir !

Alors Lé’haïm ! Et que D.ieu aide tous nos soldats qui sont actuellement en pleine guerre, au milieu des combats, à réussir leur mission jusqu’au bout et à effacer la descendance d’Amalek. Il est écrit que c’est l’une des Mitsvot que le Machia’h devra accomplir à sa venue. Alors il faudra le faire, et que ce soit l’une des Mitsvot qui hâtera sa venue très bientôt !

Et que tous les blessés de guerre guérissent rapidement, une guérison complète, Amen ! Et pour les noms qu’on a demandé de mentionner : Na’h Mano ben Esther, qu’il revienne en paix, qu’il revienne sain et sauf de Tsahal, qu’il rentre chez lui et s’assoie à la table du Séder avec sa famille, dans une vraie liberté !

Lé’haïm, Lé’haïm ! Que tous les prisonniers, tous les prisonniers reviennent, chacun !

[Chant hassidique spécifique du Rabbi à propos de la délivrance et la sortie d’Égypte, lié à la libération des prisonniers]

Histoire personnelle : le sacrifice du Rav Issahar Dov a’h Gurevitch à Pessa’h

Je voulais partager avec le public une histoire personnelle. Mon père, paix à son âme, est décédé le premier jour de Pessa’h. Le 11 Nissan, il n’était pas à sa place habituelle mais était parti chez mon frère qui est émissaire du Rabbi dans une ville en France. C’est là-bas qu’il est allé passer Pessa’h avec lui.

Le 11 Nissan, il a tenu une réunion ‘hassidique avec le cercle proche de la communauté de mon frère. Et là-bas, lors de cette réunion, je veux raconter la dernière chose dont il a parlé. Ensuite, le premier jour de Pessa’h, il est décédé. C’était la dernière histoire, que je vais vous raconter.

Mon père, paix à son âme, à l’âge de 19 ans, a été arrêté. Il enseignait à de jeunes enfants. L’histoire est connue avec les 10 jeunes de Yechiva qui étaient dans une Yechiva clandestine. Il y avait là-bas un certain Moché Robinson, qui était responsable du Niglé (la partie révélée de la Torah) et mon père était responsable de la ‘Hassidout.

À des enfants de 13-14 ans. Il y a une photo qu’on a retrouvée il y a 20 ans dans les archives du NKVD de la ville. On y voit tous les enfants et mon père. C’était la photo de la police secrète.

Et mon père racontait cette histoire au sein de la famille. C’est la dernière histoire qu’il a racontée en public lors de la réunion ‘hassidique qu’il a tenue le 11 Nissan. Lorsqu’il a été arrêté à l’âge de 19 ans, c’était la veille de Kippour, parce qu’il enseignait à de jeunes enfants, ce qui était interdit par la loi.

La peine était d’un an d’emprisonnement. Il a été libéré la veille du 19 Kislev. Il a été arrêté le 24 Tichri 1938 et libéré la veille du 19 Kislev 1939. Et il nous a raconté qu’il était un jeune homme de 19 ans, et qu’il savait qu’il allait devoir passer Pessa’h en prison, dans des conditions très dures. Comment allait-il faire pour se nourrir ?

Il avait entendu dire qu’on pouvait tenir le coup en mangeant des morceaux de sucre. Des morceaux de sucre, si on n’en mange pas trop, à dose mesurée, cela donne des forces dans le sang, du glucose. Alors voilà comment mon père a fait. Le matin, ils donnaient un petit bol de soupe avec deux tranches de pain et de l’eau bouillante avec deux morceaux de sucre, c’était le menu.

Deux semaines avant Pessa’h, il donnait à des non-juifs, si on peut dire, ses deux tranches de pain qui étaient très précieuses. Et à la place, on lui donnait les deux morceaux de sucre. C’est ainsi qu’il a amassé des morceaux de sucre pour tenir pendant toute la Pâque en ne mangeant que des morceaux de sucre, afin de ne pas avoir à manger du ‘Hamets, D.ieu préserve.

Et c’est ce qu’il a fait. Arrive le premier jour, le deuxième jour de Pessa’h. Le gardien qui apporte la nourriture veut lui donner la soupe. Et mon père dit qu’il ne mange pas la soupe, il la rend et mange seulement ses morceaux de sucre. Un beau jour, on l’appelle au bureau. Pourquoi l’appelle-t-on ?

Parce qu’on a rapporté aux autorités supérieures qu’il y a un détenu qui veut attenter à sa vie, en ne mangeant plus. Ils ont décidé qu’il voulait se suicider. Parce qu’en Russie, que leur nom et leur souvenir soient effacés, on n’a pas le droit de mettre fin à sa vie. C’est eux qui décident quand prendre ta vie.

Ils ont fusillé des milliers, des millions de gens. Le suicide était interdit, on n’a pas le droit. Alors on l’a appelé au bureau. Il arrive au bureau. Mon père raconte que celui qui était assis dans le bureau, à notre grand regret, était un juif dévoyé qui travaillait pour le KGB, ces gens-là.

Il lui a demandé : « Pourquoi tu ne manges pas ? » Alors il a répondu : « À cause de Pessa’h, tout simplement ! C’est pour cela que je ne mange pas la soupe. » Alors il lui a demandé qu’on apporte de la soupe froide du bureau. On a apporté la soupe, mon père raconte qu’on lui a mis la table.

Puis l’enquêteur a pris une cuillère au milieu du verset, et l’a approchée de la bouche de mon père pour qu’il ouvre la bouche et prenne la cuillère de soupe. Mon père a serré la bouche, il ne laissait pas la soupe entrer dans sa bouche.

Alors il a fait venir deux policiers, chacun pour lui tenir un bras des deux côtés, et un autre pour lui fermer le nez et la bouche pour qu’il soit obligé de respirer. À ce moment-là, il devrait ouvrir la bouche, et là il lui mettrait la cuillère de soupe dedans. C’est ce qu’il a fait.

À un moment donné, mon père a tenu sa bouche fermée autant qu’il a pu, retenant sa respiration. Mais il a bien fallu respirer à un moment. Alors quand il a ouvert la bouche et inspiré, la cuillère de soupe était juste devant sa bouche. Et quand il a fait « hooo », toute la soupe qui était dans la cuillère s’est renversée en plein sur le visage de l’enquêteur !

L’enquêteur s’est mis dans une colère noire. Il a immédiatement appelé un policier avec un « Kantchik », vous savez ce que c’est un Kantchik ? C’est un fouet avec des lanières en cuir, et lui a dit de se mettre contre le mur. Il a soulevé ce que mon père portait, ce n’était qu’une chemise. Il a soulevé sa chemise et dit au policier : »Donne-lui autant de coups de fouets que tu peux! »

Et il a commencé à rouer mon père de coups terribles, des coups tellement violents que toute la peau se détachait immédiatement. À un moment, sous le coup de la douleur, mon père s’est évanoui et est tombé par terre. Alors on l’a réveillé et renvoyé dans sa cellule. Mais on ne l’a pas laissé tranquille.

Mon père a continué ainsi pendant toute la Pâque, ne mangeant rien. Mon père a vécu jusqu’à 93 ans. Jusqu’à son dernier jour, il a gardé des cicatrices bleues dans le dos, des traces des coups qu’il avait reçus à l’âge de 19 ans. Cela lui est resté comme une marque pour toujours.

Quand mon père nous racontait cela, il disait qu’après, une fois sorti, il réfléchissait : « D’où ai-je tiré une telle force, une telle fermeté, pour ne pas céder ? » D’un point de vue de la Halakha, il y a trois choses pour lesquelles on doit donner sa vie. Mais pour le ‘Hamets à Pessa’h, on n’est pas obligé de donner sa vie. Alors pourquoi s’est-il obstiné au point de ne rien laisser entrer dans sa bouche pendant huit jours, à part des morceaux de sucre ?

Il disait qu’il reliait cela au fait d’avoir étudié la ‘Hassidout, et au fait de savoir qu’il avait un Rabbi dans le monde. Voilà les deux choses qui lui avaient donné la fermeté, à l’âge de 19 ans, alors qu’il était seul, personne à ses côtés pour lui faire des comptes et voir comment il se comportait, ce qu’il faisait ou pas. Il a senti en lui-même que pour une bouche juive, le ‘Hamets était impossible, cela ne pouvait pas entrer. C’est ainsi que mon père le ressentait. Et voilà comment il nous a transmis cette histoire. C’est la dernière histoire qu’il a racontée lors de la réunion ‘hassidique le 11 Nissan, avant de décéder le premier jour de Pessa’h.

Il est décédé et c’était vraiment tout cela sous la Providence divine. En effet, il est décédé apparemment en raison de son sacrifice pour Pessa’h. C’était donc le jour où son âme avait un lien intime avec D.ieu. Son âme, auparavant en bonne santé, il n’avait rien. C’est exactement le jour où il est décédé.

Il était allé à la Mikva, c’était un Chabbat, la veille du Séder tombait un Chabbat. Le Chabbat après-midi, mon père était très très pointilleux pour aller à la Mikva avant la fête. Il était donc allé à la Mikva le Chabbat après-midi avant la fête. C’est là qu’il a eu un accident vasculaire cérébral.

Des heures ont passé sans qu’on sache où il était. On a commencé à le chercher. Quelqu’un a suggéré qu’il était peut-être à la Mikva. En effet, la Mikva était sombre et personne ne surveillait. Son petit-fils y est entré et a crié le nom de mon père. Mon père a alors répondu « oui ».

On s’est approché de lui et on l’a sorti de là. On ne sait pas s’il avait déjà eu l’accident ou pas, c’était avant la prière à la Mikva. Bref, on l’a sorti de là, il a été hospitalisé. Puis le jour de Pessa’h, le premier jour, on l’a transféré à l’hôpital et au matin son âme est partie. C’était la nuit du premier Séder qu’il est décédé. Que son âme repose en paix.

Il faut apprendre de la fermeté de mon père, il avait de la fermeté dans tous les domaines, et pas seulement parce que c’était mon père que je raconte son histoire. Mon père a été directeur de l’école Beth Rivkah pendant 53 ans et l’a dirigée avec un dévouement total.

À l’époque, ce n’était pas comme aujourd’hui. C’étaient des filles qui arrivaient à l’école Beth Rivkah à l’âge de 15-16 ans, du Maroc, sans leurs parents. Mon père était leur père. Il les a éduquées, élevées, entretenues. Jusqu’à aujourd’hui, que son âme repose en paix.

Je me souviens que mon père travaillait tellement dur toute la journée, il rentrait tard à la maison. Et pourtant, il n’a jamais renoncé, chaque jour il avait son programme d’étude fixe. Chaque jour il étudiait une page de Guemara, je ne me rappelle plus le nombre de chapitres dans le Choul’han Aroukh HaRav, il avait des marque-pages dans le livre.

Chaque jour, il étudiait la ‘Hassidout, il avait un programme, les Ma’amarim du Rabbi Rachab, puis ensuite quand sont sortis les Ma’amarim de notre Rabbi, il a aussi étudié nos Ma’amarim. Il avait des temps fixes. Et chaque jour avant d’aller se coucher, il lisait un passage dans le Sefer HaMaamarim du Maguid.

Par la suite, j’ai vu que c’était une coutume répandue, je ne sais pas d’où mon père l’avait prise. Mais sans jamais y renoncer, parfois, je me souviens que ma mère arrivait à deux heures du matin, il s’était ainsi endormi sur la Guemara, il était très fatigué. Mais il ne renonçait pas à ses temps d’étude, jour après jour, jusqu’à la fin de ses jours.

Il n’a pas étudié à la fin dans un ‘Havoura (groupe d’étude), mais principalement seul. Avant la prière du matin, quand il rentrait du travail, il avait des temps fixes pour la Guemara, le Choul’han Aroukh, le Tanya. Il avait aussi des temps fixes pour la Michna, chaque jour après la prière, un certain nombre de chapitres de Michna à étudier. Et le soir, il regardait Chema avant d’aller dormir.

Lé’haïm Lé’haïm, pas parce qu’il était mon père, mais son âme mérite qu’on dise Lé’haïm en son honneur. Nous sommes là où il s’est réuni la dernière fois en public, c’est-à-dire avec la communauté de mon frère émissaire.

Lé’haïm !

[Chants ‘hassidiques]