Youd Aleph Nissan 5786 : un Farbrenguen lumineux et fraternel au Beth Haya Mouchka

Youd Aleph Nissan 5786 : un Farbrenguen lumineux et fraternel au Beth Haya Mouchka

 

Hier soir, le Beth Loubavitch de Paris a accueilli un Farbrenguen exceptionnel à l’occasion du Youd Aleph Nissan 5786 (2026), anniversaire du Rabbi, dans le cadre chaleureux et inspirant du Beth Haya Mouchka. Une assistance nombreuse et enthousiaste a eu le mérite d’écouter des paroles profondes délivrées par le Rav Mendel Azimov et le Rav Elhanan Marosov, deux voix qui ont su allier transmission, chaleur et profondeur spirituelle. La soirée, placée sous le signe de la joie, de l’unité et de la préparation à Pessa’h, s’est également conclue par la vente du Hamets, accomplie par le Rav Levi Khan.

 

 

Un jour qui appartient à toute la génération

C’est dans une atmosphère empreinte de ferveur et de fraternité que s’est tenu hier soir, au Beth Haya Mouchka, le grand Farbrenguen central de Youd Aleph Nissan 5786. Le public, venu nombreux pour honorer l’anniversaire du Rabbi, a été gratifié de paroles profondes et inspirantes. Le Rav Mendy Azimov et le Rav Elhanan Marosov se sont succédé pour offrir à l’assemblée des enseignements nourris de la pensée de Habad et ancrés dans l’actualité spirituelle de cette période si particulière du calendrier juif.

Le Rav Mendel Azimov a rappelé d’emblée la raison profonde de ce rassemblement. Le Rabbi avait lui-même institué que le jour d’anniversaire d’un Nassi doit être marqué par un Farbrenguen. Pendant de nombreuses années, il tenait lui-même cette réunion le Chabbat précédant ou suivant le Youd Aleph Nissan. Lorsque cette date tombait un dimanche, le Rabbi faisait son Farbrenguen ce dimanche soir. Il a été donné à certains présents d’assister à ces moments solennels, notamment lorsque le Rabbi eut soixante-dix ans, et lors de son quatre-vingtième anniversaire qui tombait également un dimanche.

Une lumière nouvelle à chaque anniversaire

Le Rabbi a enseigné à maintes reprises que l’anniversaire d’un Nassi n’est pas un événement privé : il concerne l’ensemble de la génération. Il est bien plus qu’un souvenir ou qu’une célébration routinière. Le Rav Azimov a rappelé que le Rabbi citait à ce sujet le Tanya, qui enseigne que chaque Roch Hachana n’est pas la répétition de l’année précédente — c’est un Or Hadach, une lumière entièrement nouvelle, qui vient s’attacher au monde. Comme l’écrivait le Rabbi, jamais depuis la création du monde une telle lumière n’est apparue deux fois à l’identique. Il en va de même pour chaque anniversaire du Nassi : une force nouvelle descend, une énergie unique qui n’a jamais existé auparavant.

C’est précisément pourquoi il ne faut pas aborder cette fête avec l’esprit de la routine, en se disant que l’on a déjà célébré l’an passé, et l’année d’avant. Au contraire, le Rabbi enseignait que notre comportement même détermine dans quelle mesure nous sommes dignes de recevoir les forces spirituelles que le Nassi dispense à sa génération. Si nous faisons le nécessaire pour que cette lumière nouvelle soit accueillie et valorisée, nous en bénéficierons pleinement.

Le meilleur cadeau que l’on puisse offrir au Rabbi

La question se pose alors naturellement : quel cadeau le Rabbi souhaite-t-il pour son anniversaire ? La réponse est connue de tous et pourtant toujours aussi exigeante : ce que le Rabbi a toujours demandé, c’est que chaque juif en amène un autre à la Torah, aux Mitsvot, à la transmission. Le meilleur cadeau que l’on puisse offrir au Rabbi, c’est de se renforcer dans l’étude de ses enseignements et d’agir pour que d’autres juifs les découvrent.

En cette période qui précède immédiatement Pessa’h, le Rabbi insistait particulièrement pour que l’on s’assure qu’aucun juif ne se retrouve seul le soir du Séder. Il encourageait ardemment l’organisation de Sédarim publics, afin que tout juif, même celui qui n’a pas où aller, sache qu’une porte lui est ouverte au Beth Habad de sa communauté. Sachant par ailleurs que la force d’un Farbrenguen est incomparable — même Micha’el, dit-on, ne peut obtenir la force d’un Farbrenguen — nous avons le devoir ce soir de nous réjouir ensemble et de prendre de bonnes résolutions.

La campagne du Sefer Torah des enfants : quarante-cinq ans de lettres saintes

Parmi les grandes initiatives que le Rabbi a lancées, le Rav Mendel Azimov s’est longuement attardés sur la campagne du Sefer Torah des enfants, dont nous célébrons cette année exactement le quarante-cinquième anniversaire. En 1981, le Rabbi lança cette campagne : il demanda qu’un Sefer Torah soit rédigé dans le quartier juif de la Vieille Ville de Jérusalem, et que ses lettres soient achetées par des enfants du monde entier, avec des conditions particulières et précises. La souscription commença immédiatement.

Grâce à D.ieu, en quarante-cinq ans, ce sont huit Sifrei Torah qui ont été écrits, et dans les semaines à venir, le neuvième sera achevé. Le premier avait été rédigé en seulement quatre mois, tant les enfants s’étaient mobilisés pour acquérir leurs lettres. Le Rabbi avait choisi que la cérémonie de conclusion se déroule le jour de son anniversaire, le Youd Aleph Nissan — un choix délibéré et porteur d’une signification profonde.

Le Rabbi avait consacré à cette initiative plusieurs Farbrengouenim consécutifs pour en expliquer en détail l’importance. Il avait établi un lien direct entre le Sefer Torah des enfants et la sécurité d’Israël. Un mois après le lancement, la situation sécuritaire en Israël était particulièrement préoccupante. Le Rabbi demanda alors à tous de mettre de côté les préparatifs pour Chavouot et de se consacrer entièrement à l’achat de nouvelles lettres pour ce Sefer Torah.

Le Rav Mendel Azimov a livré un souvenir personnel saisissant de cette nuit-là : il n’avait que douze ans. Le téléphone sonnait sans cesse chez son grand-père, les gens appelant pour annoncer combien de lettres ils avaient recueillies. Son père téléphona au secrétariat du Rabbi pour communiquer le chiffre total, à une lettre près — quatre-vingt-dix-huit ou quatre-vingt-dix-neuf, il n’était pas certain. La réponse qui lui fut faite témoignait de l’exigence du Rabbi : comment peut-on ne pas compter une telle chose à la lettre près ? Le lendemain matin, au jour de Chavouot, les avions décollèrent et détruisirent tout ce qui menaçait Israël. La leçon était lumineuse : le Rabbi avait lié la protection du peuple juif à l’engagement de ses enfants pour la sainteté de la Torah.

La France, terre d’honneur dans cette campagne

En dehors d’Israël, le pays qui a contribué le plus aux Sifrei Torah des enfants, c’est la France. Les chiffres étaient tels que le Rabbi lui-même, lorsqu’un candidat voulut venir s’occuper de cette campagne en France, répondit que la France avait déjà fait preuve d’une grandeur exceptionnelle dans ce domaine. Dès les premières années, alors que le Rav Mendel Azimov aidait à trier les certificats envoyés par les familles, plus de dix pour cent de l’ensemble des lettres provenaient de France. C’est une source de fierté profonde, et en même temps une responsabilité à maintenir avec soin.

Aujourd’hui, à l’approche de la conclusion du neuvième Sefer Torah — il ne manque que vingt à vingt-cinq mille lettres — c’est l’occasion idéale pour chacun de vérifier si tous les enfants de son entourage ont bien leur lettre. Le Rabbi avait demandé que chaque enfant, dès sa naissance, soit inscrit dans ce Sefer Torah, garçons comme filles. Cette inscription apporte une bénédiction et une protection extraordinaires. Si cela n’a pas encore été fait, le mois de Nissan 5786 (2026) est le moment de prendre cette décision : regarder autour de soi, voir si un cousin, une cousine, un ami, un proche a eu un enfant récemment, et s’assurer que la démarche a bien été accomplie.

Farbrenguen en temps de guerre : la joie comme force de combat

Le Rav Azimov a abordé une question de fond qui résonne avec une acuité particulière à notre époque. Pendant la guerre de Kippour, le Rabbi avait tenu des Farbrenguen et répondu à ceux qui s’interrogeaient : comment peut-on se réunir en joie alors que des frères juifs sont en danger sur le front ? Le Rabbi avait expliqué que la réjouissance du Farbrenguen est précisément ce que l’on doit opposer à l’ennemi — de la même manière que l’on part en guerre avec la joie. S’asseoir ensemble, chanter, se renforcer mutuellement, c’est envoyer à nos frères en Israël un message de soutien, de solidarité et d’espoir. C’est la force juive par excellence.

Ainsi, aujourd’hui encore, en ces temps où la sécurité d’Israël occupe toutes les pensées, se réunir en Farbrenguen pour l’anniversaire du Rabbi est un acte de foi et de combat spirituel. En disant le Lechayim et en se réjouissant ensemble, nous attirons la lumière de la Délivrance et nous prions pour la paix de tout Israël.

Les bénédictions du Rabbi : une réalité quotidienne

L’un des thèmes les plus touchants de la soirée fut celui des bénédictions du Rabbi, qui continuent de se manifester dans la vie de tant de personnes. Le Rav Mendel Azimov a relaté une scène vécue lors d’un mariage récent : le père de la mariée l’avait abordé pour lui confier que sa santé, qu’il avait perdue et que les médecins ne pouvaient plus lui garantir, lui avait été rendue après qu’il eut écrit au Rabbi et reçu une réponse. Il était là ce soir-là, vivant et debout, pour accompagner sa fille sous la ‘Houppa. Cette histoire, parmi d’autres, illustre ce que le Rav Mendel Azimov a voulu souligner : les miracles se produisent, ils se baladent parmi nous, mais nous n’en avons pas toujours conscience car nous n’avons pas l’habitude de les chercher.

Plus récemment encore, en 2026, des personnalités de haut rang — des diplomates, des élus, des non-juifs — sont venus au Beth Habad pour chercher la bénédiction du Rabbi. Des ambassadeurs, des proches de maires ont fait le déplacement, certains la veille d’élections importantes, pour déposer un billet sur la tombe du Rabbi au Ohel ou demander qu’un message soit transmis en son nom. Le nom de Habad, le nom de Loubavitch, porte une responsabilité immense, et c’est cette responsabilité que nous devons assumer avec fierté et humilité.

Un centenaire et le Rabbi : « J’ai vu un prophète »

Un récit particulièrement émouvant a été partagé au cours de la soirée. Un juif habitant en région parisienne a fêté aujourd’hui même ses cent ans, entouré de ses enfants et petits-enfants. Dans une vidéo diffusée à l’occasion de cet anniversaire, on voit ce patriarche, le visage rayonnant, remercier D.ieu pour la belle famille qui l’entoure. Il a raconté que lorsque ses enfants avaient commencé à devenir religieux selon le courant Habad-Loubavitch, il avait eu du mal à l’accepter. Inquiet, il avait décidé de se rendre chez le Rabbi. À son retour, il était transformé : tout ce qu’il avait perçu comme négatif était devenu positif. Et il a conclu par ces mots : « J’ai toujours appris sur les prophètes de la Bible. Mais quand j’ai rencontré le Rabbi, j’ai vu un prophète dans ma vie — un prophète qui m’a inspiré plus que tous ceux que j’avais étudiés. » Cette déclaration, venue d’un homme de cent ans, a ému l’assistance tout entière.

Les Igrot Kodech : s’attacher au Rabbi par ses écrits

Le Rav Mendel Azimov a évoqué l’une des grandes œuvres de la littérature ‘hassidique contemporaine : les Igrot Kodech, la collection des lettres du Rabbi, qui compte aujourd’hui plus de trente volumes. Cette collection a une histoire remarquable. Le Rabbi rédigeait des lettres à des particuliers, à des communautés, à des institutions. Lorsque le responsable de leur publication demanda un jour au Rabbi quoi faire maintenant que les archives semblaient épuisées, le Rabbi apporta lui-même un paquet entier de copies de lettres qu’il avait personnellement conservées, et demanda de préparer le premier volume. À la sortie du livre, tout le monde se l’arrachait.

Le Rabbi écrivait dans plusieurs de ces lettres qu’une des façons de s’attacher à un Nassi est d’étudier ses enseignements, de respecter ses directives, et d’étudier ses lettres. Aujourd’hui, de nombreuses personnes ont pris l’habitude d’étudier chaque jour une ou plusieurs lettres selon l’ordre des volumes. Ce faisant, elles s’imprègnent non seulement du contenu de la lettre, mais aussi de la façon de penser du Rabbi, de sa manière d’envisager les situations, les défis, les joies. C’est une forme d’attachement vivant et quotidien, à la portée de chacun.

L’anniversaire personnel et la lettre du Rachab

Dans un moment de confidence touchante, le Rav Mendel Azimov a révélé que ce soir était également son propre anniversaire. Il a partagé à cette occasion une lettre du Rabbi Chalom Dov Ber de Loubavitch — le Rachab — adressée à un certain Rav Smokin de Montréal, pour ses cinquante-huit ans. Dans cette lettre, le Rachab évoquait la bénédiction particulière attachée à la 58eme année, l’âge de la force intérieure, et transmettait une lettre qu’il avait lui-même reçue du Rabbi précédent lors de ce même anniversaire, en demandant qu’elle soit renvoyée par enveloppe recommandée après lecture. Cette chaîne de transmission entre les générations de Rabbis, et les bénédictions qui s’y attachent, illustre avec éclat la continuité vivante du leadership ‘hassidique.

Le Rabbi et les enfants : une priorité absolue

Un fil conducteur de l’ensemble de la soirée a été la place centrale que le Rabbi accordait aux enfants. L’une des premières grandes initiatives qu’il mit en place fut de demander que les enfants participent activement à la fête de Pessa’h. Il organisa des concours — Mivtza Matsa notamment — encourageant les enfants à écrire sur leur préparation à la fête, à s’investir dans les préparatifs du Séder. Chaque six mois, une nouvelle initiative était lancée pour eux. Cette attention particulière aux jeunes générations est l’une des marques les plus distinctives du Rabbi : il voyait en chaque enfant un flambeau de la continuité juive.

Les Matsot du Rabbi : une mémoire sacrée

La soirée a également été l’occasion de partager des souvenirs précieux liés aux Matsot que le Rabbi distribuait chaque année avant Pessa’h. Pendant des années, le Rabbi fabriquait lui-même les Matsot, en deux fournées : une première pour les envoyer dans le monde entier, et une seconde, la veille de Pessa’h, pour lui-même et pour les chlou’him et familles qui pouvaient arriver à temps pour le Séder. On le voit dans les vidéos, supervisant personnellement la qualité de l’eau utilisée — gardée depuis la veille selon les règles — et procédant lui-même au prélèvement de la ‘Halla.

Le Rav Mendel Azimov a raconté comment, dans sa jeunesse, il avait eu l’insigne honneur de participer à la fabrication de ces Matsot. Il s’était levé en pleine nuit pour préparer la fabrique, nettoyer et cachériser les surfaces, puis était resté jusqu’au bout pour assister au processus complet. Il se souvient d’un vieux ‘hassid russe, chargé de superviser la qualité, qui buvait du thé brûlant dans la chaleur du four — car, disait-il, le thé chaud rafraîchit lorsqu’il fait trop chaud. Cet homme tremblait de dévotion à chaque instant de cette journée qu’il considérait comme la plus sacrée de l’année. Pas question pour lui d’une seule erreur.

Lorsque les Matsot étaient achevées, le Rabbi les distribuait lui-même à chacun avec une attention particulière. Certains recevaient un grand morceau, d’autres un petit — chaque distribution était personnelle. Des générations de ‘hassidim ont reçu ces Matsot du Rabbi et se souviennent de la question qui se posait alors : faut-il les manger au début du Séder, comme Matsot Mitsva, ou les garder pour l’Afikomane, à la fin ? Lorsque la portion était suffisante, on en mangeait un peu aux deux moments. Lorsqu’il fallait partager ce petit morceau entre toute la famille, chaque miette devenait un trésor inestimable.

Le cinquième enfant : ramener ceux qui sont absents du Séder

Le Rav Elhanan Marosov a rappelé l’enseignement du Rabbi sur le « cinquième enfant » du Seder. Cet enfant n’est ni indifférent, ni hostile; Il est tout simplement absent — et son absence n’est pas un choix, c’est une circonstance. C’est pour lui que le Rabbi a demandé d’organiser des Sédarim publics dans chaque ville, dans chaque quartier, dans chaque Beth Habad du monde entier. C’est pour lui que l’on prépare une place de plus à table, que l’on distribue des Matsot à la sortie des synagogues, que l’on affiche des annonces dans les halls d’immeubles. Chaque juif qui arrive au Séder parce qu’on l’y a invité, parce qu’on lui a tendu la main, représente une victoire extraordinaire — une nechama revenue à sa source.

Le Rav Marosov a rappelé que le Rabbi tirait cet enseignement de la structure même de la Haggadah : on commence par « Ha la’hma anya » — voici le pain de la misère — et l’on ouvre aussitôt les portes en disant : « Que celui qui a faim vienne manger, que celui qui est dans le besoin vienne célébrer Pessa’h avec nous. » Ce n’est pas une formule liturgique anodine. C’est un programme d’action. Le Rabbi y voyait une directive concrète : avant de commencer le Séder pour soi, s’assurer que personne autour de soi n’est laissé de côté.

Dans notre génération, a conclu le Rav Marosov, ce cinquième enfant est partout. Il est dans notre immeuble, dans notre bureau, parmi nos collègues et nos voisins. Il ne demande rien parce qu’il ne sait pas qu’il peut demander. C’est à nous de faire le premier pas. Offrir une Matsa, inviter à un Séder, transmettre un sourire et une Haggadah — c’est peut-être l’acte le plus simple du monde, et pourtant c’est celui qui peut tout changer pour une âme juive. Ramener ce cinquième enfant à la table de Pessa’h, c’est l’acte le plus noble que l’on puisse accomplir en cette période — et c’est, en définitive, le vœu le plus profond du Rabbi pour chacun d’entre nous.

La vente du Hamets : une tradition ancrée

La soirée a inclus la vente du Hamets, présidée par le Rav Levi Khan. Le Rav Mendel Azimov a rappelé que cette pratique n’a pas toujours été aussi répandue qu’aujourd’hui en France. C’est grâce aux efforts du Beth Loubavitch de Paris qu’elle s’est progressivement imposée dans la communauté francophone. Dès les premières années, des formulaires furent imprimés et distribués — le modèle venait d’Amérique, réimprimé à Paris avec l’adresse du Beth Loubavitch. Aujourd’hui, grâce à internet et aux réseaux modernes, des milliers et des milliers de juifs envoient chaque année leur pouvoir pour la vente du Hamets. Dans les jours précédant ce Farbrenguen, des centaines d’enveloppes avaient déjà été ouvertes — un chiffre qui témoigne de l’ampleur de l’engagement communautaire.

Le premier Beth Habad de France : une bénédiction qui ne cesse de se réaliser

Enfin, le Rav Mendel Azimov a rappelé une date historique : il y a cinquante-quatre ans, les ‘hassidim de France ont offert au Rabbi les clés du premier Beth Habad de Paris, au 8 rue Lamartine. Lorsque le Rabbi reçut ces clés, il cita la Michna qui décrit le Temple de Jérusalem : personne ne s’y plaignait jamais d’être à l’étroit, et pourtant la place finissait toujours par manquer. C’est la bénédiction que le Rabbi donna à ce premier Beth Habad français : très vite, l’endroit deviendrait trop petit pour accueillir tous ceux qui y viendraient. Et c’est exactement ce qui s’est passé, décennie après décennie : chaque Beth Habad ouvert en France devient trop petit, appelant à en ouvrir un nouveau.

Lorsqu’on demanda un jour au au Rav Chmouel Azimov ce qui se passerait si les gens faisaient leur Alya et que les communautés se vidaient, il répondit spontanément : « Chaque juif qui fait son Alya donne la possibilité à deux autres juifs de rejoindre le Beth Habad. » Cette logique de croissance perpétuelle est la marque des bénédictions du Rabbi sur la France — bénédictions qui se réalisent sous nos yeux, chaque jour, dans chaque ville.

Un Farbrenguen, une résolution

En quittant ce Farbrenguen, chacun emportait avec soi un engagement renouvelé : étudier les enseignements du Rabbi, inscrire les enfants dans le Sefer Torah, préparer Pessa’h avec soin et générosité, tendre la main au cinquième enfant, et surtout — ne jamais laisser la routine éteindre la lumière nouvelle que chaque anniversaire du Rabbi apporte au monde. Que D.ieu fasse que par ces résolutions, nous méritions de voir très prochainement la Guéoula complète et la venue de Machia’h, Amen.

📸 Photographe : Morde’haï Lubecki

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

11 Nissan 5786 au Ohel du Rabbi : étude de la Hassidout, Panim et longues files d’attente

11 Nissan 5786 au Ohel du Rabbi : étude de la Hassidout, Panim et longues files d’attente

En ce Youd Aleph Nissan 5786 (2026), jour de l’anniversaire de notre Rabbi — le Admour, nessi dorénou, chef de notre génération —, des milliers de Tmimim et d’Ananch ont convergé vers le Ohel sacré pour y présenter leurs supplications en faveur du salut de la communauté et des individus. Le photographe Chemouel Betzalel Dahan a immortalisé chaque instant de cette journée particulière. Ces images témoignent de la ferveur et de l’attachement profond que les ‘hassidim du monde entier vouent à leur Rabbi en ce jour si chargé de signification.

 

 

Des milliers de ‘hassidim au Ohel du Rabbi

Au cœur même de Youd Aleph Nissan, en ce jour qui marque l’anniversaire de naissance de notre Rabbi, le Admour nessi dorénou — chef de notre génération —, une multitude de Tmimim et d’Ananch ont fait le déplacement jusqu’au Ohel sacré pour y élever leurs prières. Portant dans leur cœur les besoins de la communauté comme ceux de chaque individu, ils sont venus implorer le Ciel pour des délivrances en tout genre, dans un élan collectif d’une rare intensité.

Étude, préparatifs et rédaction des Panim

Avant de pénétrer dans le Ohel sacré, les pèlerins se sont recueillis dans l’étude du ‘hassidisme, conformément à la tradition ‘hassidique qui veut que l’on prépare son âme par la Torah avant de se présenter devant un lieu saint. La rédaction des Panim — ces lettres personnelles adressées au Rabbi et déposées au Ohel — a occupé une place centrale dans les préparatifs de cette journée mémorable, chacun y inscrivant ses vœux, ses prières et ses demandes les plus intimes.

L’objectif de COL immortalise la journée

Le photographe   Chemouel Betzalel Dahan a capturé avec soin l’ensemble de ces moments : les instants d’étude et de recueillement, l’effervescence des préparatifs, la concentration des fidèles penchés sur leurs Panim, et les longues files d’attente de ceux qui patientaient pour entrer dans le Ohel sacré du Rabbi. Ces clichés constituent un témoignage visuel précieux de la dévotion qui anime la communauté ‘hassidique en ce jour anniversaire si particulier.

 

Le Nassi du jour « Naphtali » : Jeudi 12 Nissan

Le Nassi du jour « Naphtali » : Jeudi 12 Nissan

בְּיוֹם שְׁנֵים עָשָׂר יוֹם, נָשִׂיא לִבְנֵי נַפְתָּלִי–אֲחִירַע, בֶּן-עֵינָן. קָרְבָּנוֹ קַעֲרַת-כֶּסֶף אַחַת, שְׁלֹשִׁים וּמֵאָה מִשְׁקָלָהּ, מִזְרָק אֶחָד כֶּסֶף, שִׁבְעִים שֶׁקֶל בְּשֶׁקֶל הַקֹּדֶשׁ; שְׁנֵיהֶם מְלֵאִים, סֹלֶת בְּלוּלָה בַשֶּׁמֶן–לְמִנְחָה. כַּף אַחַת עֲשָׂרָה זָהָב, מְלֵאָה קְטֹרֶת. פַּר אֶחָד בֶּן-בָּקָר, אַיִל אֶחָד כֶּבֶשׂ-אֶחָד בֶּן-שְׁנָתוֹ–לְעֹלָה. שְׂעִיר-עִזִּים אֶחָד, לְחַטָּאת. וּלְזֶבַח הַשְּׁלָמִים, בָּקָר שְׁנַיִם, אֵילִם חֲמִשָּׁה עַתֻּדִים חֲמִשָּׁה, כְּבָשִׂים בְּנֵי-שָׁנָה חֲמִשָּׁה: זֶה קָרְבַּן אֲחִירַע, בֶּן-עֵינָן.

 

Au onzième jour, le phylarque des enfants de Naphtali, A’hira, fils d’Einan. Son offrande : une écuelle d’argent, du poids de cent trente sicles ; un bassin d’argent de soixante-dix sicles, au poids du sanctuaire, tous deux remplis de fleur de farine pétrie à l’huile, pour une oblation ; une coupe de dix sicles, en or, pleine de parfum ; un jeune taureau, un bélier, un agneau d’un an, pour holocauste ; un jeune bouc, pour expiatoire ; et, pour le sacrifice de rémunération, deux taureaux, cinq béliers, cinq boucs, cinq agneaux d’un an. Telle fut l’offrande de A’hira, fils d’Einan.

יְהִי רָצוֹן מִלְפָנֶיךָ יְיָ אֳלֹהַי וֵאלהֵי אֲבוֹתַי שֶׁתָּאִיר הָיוֹם בְּחַסְדְּךָ הַגָּדוֹל עַל נִשְׁמַתִין קָדִּישִׁין דְּמִתְחַדְשִׁין כְּצִפָּרִים וּמְצַפְצְפִין וּמְשַׁבְּחִין וּמְצַלְּאִין עַל עַמָּא קַדִּישָׁא יִשְׂרָאֵל. רִבּוֹנוֹ שֶל עוֹלָם תַּכְנִיס וּתְעַיֵיל הַנַּךְ צִיפָרֵי קַדִּישֵׁי לַאֲתַר קַדִּישָׁא דְּאִיתְמַר עֲלֵייה עַיִן לֹא רָאֲתָה אֳלֹהִים זוּלָתֶךָ. יְהִי רָצוֹן מִלְּפָנֶיךָ יְיָ אֱלֹהַי וֵאלֹהֵי אֲבוֹתַי שֶׁבְּאִם אֲנִי עַבְדְּךָ מִשֵּׁבֶט נַפְתָּלִי שֶׁקָּרָאתִי בְּתוֹרָתֶךָ פַּרְשָׁה שֶׁל הַנָּשִׁיא הַיוֹם אֲזַי יָאִירוּ נָא עָלַי כָּל נִיצוֹצִין קַדִּישִׁין וְכָל הָאוֹרוֹת הַקְּדוֹשׁוֹת הַכְּלוּלוֹת בִּקְדוּשַׁת זֶה הַשֵּׁבֶט לְהָבִין וּלְהַשְׂכִּיל בְּתוֹרָתֶךָ וּבְיִרְאָתֶךָ לַעַשׂוֹת רֱצוֹנְךָ כָּל יְמֵי חַיַי אֲנִי וְזַרְעִי וְזֶרַע זַרְעִי מֵעַתָּה וְעַד עוֹלָם אָמֵן:

Puisse être Ta volonté, Éternel mon D.ieu et D.ieu de mes pères, que dans Ta grande bonté Tu éclaires les âmes saintes qui se renouvellent comme des « oiseaux » et chantent et disent des louanges et prient au nom du peuple saint d’Israël. Maître du monde, recueille et fait entrer ces « oiseaux » sacrés dans le lieu saint dont il est dit : « Aucun œil ne l’a vu, sauf toi, ô Dieu. » Puisse être Ta volonté, Éternel mon D.ieu et D.ieu de mes pères, que si moi, Ton serviteur, je suis de la tribu de Naphtali dont j’ai lu aujourd’hui dans Ta Torah la section du Nassi, que toutes les « étincelles » saintes et toutes les illuminations saintes qui sont incluses dans la sainteté de cette tribu brillent sur moi, pour me donner la compréhension et l’intelligence dans Ta Torah et la crainte de Toi, pour accomplir Ta volonté tous les jours de ma vie, moi et mes enfants et les enfants de mes enfants, de maintenant à jamais. Amen.

 

 

 

Barou’h Dayan Haemet : Le sergent Moche Its’hak Katz hy’d, 22 ans, de la communauté Habad de New Haven, est tombé au combat au Liban

Barou’h Dayan Haemet : Le sergent Moche Its’hak Katz hy’d, 22 ans, de la communauté Habad de New Haven, est tombé au combat au Liban

 

Le sergent Moche Its’hak HaCohen Katz, âgé de 22 ans, originaire de la communauté Habad de New Haven dans le Connecticut, est tombé au combat dans le sud du Liban, touché par une roquette du Hezbollah. Fils de Rav Mendy et Devorah Katz, il avait choisi de s’engager dans Tsahal après avoir achevé ses études à la Yéchiva, par profond sens du devoir et amour de la Terre d’Israël. Ses funérailles ont eu lieu le soir même sur le mont Herzl à Jérusalem.

 

 

Un soldat seul, un choix héroïque

C’est avec une immense douleur qu’a été reçue la nouvelle de la chute du sergent Moche Its’hak HaCohen Katz hy’d, au combat dans le sud du Liban. Porte-parole de Tsahal a autorisé dimanche matin la publication de son identité : âgé de seulement 22 ans, originaire de New Haven dans le Connecticut, aux États-Unis, il servait comme combattant au sein du 890e bataillon de la brigade des parachutistes.

Moche Its’hak HaCohen Katz hy’d est le fils de Rav Mendy et Devorah Katz, membres de la communauté Habad de New Haven. Après avoir achevé ses études à la Yéchiva, il avait choisi de s’enrôler dans Tsahal pour défendre les habitants de la Terre Sainte, suivant ainsi les traces de sa sœur qui avait accompli le même geste avant lui. Il était venu en Israël de son propre chef, en tant que « soldat isolé », poussé par un profond sens du devoir et du sionisme.

Trois autres soldats de Tsahal ont été légèrement blessés lors de la même attaque. Ils ont été transportés à l’hôpital pour y recevoir des soins, et leurs familles ont été informées de leur état. Les circonstances précises de l’incident n’ont pas encore été rendues publiques par le porte-parole de Tsahal.

La douleur d’un père

Son père, Rav Mendy HaCohen Katz, a écrit dans la nuit : « C’est une tragédie qui dépasse les mots. Mon fils aîné, qui avait une telle passion pour la vie et pour les plaisanteries. Ses funérailles auront lieu demain en Israël. Mon cœur est brisé et la blessure est bien réelle. Puisse-t-il être un avocat céleste uniquement pour de bonnes choses. »

Les parents de Moche Its’hak, Rav Mendy et Devorah, s’étaient rendus en Israël pour rendre visite à leur fils au début du mois, et avaient regagné les États-Unis après le début de la campagne militaire en Iran, le 28 février. Selon un proche de la famille, Moche Its’hak devait les rejoindre pour Pessa’h cette semaine, mais il avait choisi de rester auprès de son unité pour combattre.

Hommages des dirigeants israéliens

Le ministre de la Défense, Israël Katz, a exprimé ses sincères condoléances à la famille : « Moche Its’hak a choisi de laisser derrière lui une vie entière aux États-Unis pour s’enrôler dans Tsahal, poussé par un profond sens du devoir et du sionisme. Je lui rends hommage pour son héroïsme et sa contribution à la sécurité de l’État d’Israël. »

Le Premier ministre Binyamin Netanyahou a également présenté ses condoléances, soulignant que le jeune homme s’était installé en Israël pour rejoindre Tsahal et qu’il s’était « battu courageusement pour la défense de la patrie ». « Au nom de tous les citoyens d’Israël, nous sommes aux côtés de la famille de Moche en ces moments difficiles et souhaitons un prompt et complet rétablissement à nos combattants blessés lors du même incident », a-t-il ajouté.

Contexte : la reprise des hostilités avec le Hezbollah

Tsahal a avancé ses troupes plus profondément au Liban et mené des frappes massives contre les bastions du Hezbollah depuis que le groupe terroriste pro-iranien a repris ses tirs de roquettes sur Israël, le 2 mars. Le Hezbollah, qui n’avait pas attaqué Israël depuis l’accord de cessez-le-feu de novembre 2024, a déclaré avoir repris ses attaques en réponse aux frappes continues d’Israël au Liban, ainsi qu’à l’élimination du guide suprême iranien Ali Khamenei lors de la première salve de la campagne de bombardements américano-israélienne en Iran, le 28 février.

Depuis la reprise des hostilités, cinq soldats de Tsahal ont été tués au combat dans le sud du Liban, dont Moche Its’hak Katz. Deux civils ont en outre été tués par des roquettes du Hezbollah, et un civil israélien a perdu la vie dans le nord du pays lors d’un tir d’artillerie israélienne accidentel.

Les funérailles du sergent Moche Its’hak HaCohen Katz hy’d ont eu lieu Motsaei Chabbat à 21h00 sur le mont Herzl à Jérusalem.

Que son âme soit liée dans le lien de la Vie éternelle.

11 Nissan 5786 : 124ème anniversaire du Rabbi de Loubavitch – un siècle de révolution juive

11 Nissan 5786 : 124ème anniversaire du Rabbi de Loubavitch – un siècle de révolution juive

Le 11 Nissan marque l’anniversaire de naissance de Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, septième Rabbi de Loubavitch et figure centrale du renouveau juif mondial. Sa vie, traversée par les tempêtes du XXe siècle, aura été entièrement consacrée à la diffusion de la Torah et à la préparation de la Guéoula. À l’approche de Pessa’h, ce jour anniversaire résonne comme un appel à la liberté intérieure et à la responsabilité collective.

 

 

L’anniversaire comme source de sens

Un anniversaire est toujours une occasion solennelle. Mais il est d’abord le repère qui permet de mesurer les progrès réalisés pendant la période écoulée. C’est ainsi que sa célébration fait sens : elle permet de prendre conscience et, ainsi, de rassembler ses forces pour un départ recommencé.

Cette semaine, le 11 Nissan est l’anniversaire de la naissance de Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, celui qui, pour tant de Juifs autour du monde, reste, tout simplement, « le Rabbi ». Un tel jour est, en soi, significatif. Par tout ce qui souligne l’importance de l’idée d’anniversaire, il porte clairement à conséquences. Nos Sages nous l’enseignent : c’est le moment où « sa puissance spirituelle est dominante ». C’est dire qu’il convient de s’y arrêter et d’y réfléchir un instant. De fait, que d’actions entreprises, que d’accomplissements nouveaux, que de lien avec D.ieu renforcé par l’étude de la Torah et la pratique de ses commandements en cette année ! À toute réussite, il existe une source et à toute œuvre une âme. Sans se tromper, chacun sait profondément que c’est dans le Rabbi et son enseignement qu’ici on les trouve.

Il est vrai que, au fil des décennies écoulées, le monde a changé. Alors que les frontières se sont souvent peu à peu effacées, que les moyens de communication ont réduit les distances d’une façon inimaginable il y a peu, que l’homme, ivre de puissance, a tendance à oublier ses faiblesses, voici que le peuple juif revient, avec obstination, à l’héritage millénaire transmis par ses ancêtres. Ouvert au monde, voici qu’il retrouve ces chemins-là qui, venus du passé, garantissent pourtant l’avenir. Et chacun de s’interroger : comment a commencé cette renaissance ? Où en a été le moteur ? Qui en préserve la puissance ? Alors que le 11 Nissan éclaire l’horizon de cette force particulière qu’a l’anniversaire du Rabbi, nous percevons la réponse. Une sagesse, un souci de chaque instant n’ont pas cessé de porter ce ressourcement. C’est à cette cause libératrice que le Rabbi s’est consacré.

Et ce n’est pas un hasard — mais quand l’est-ce ? — si ce jour tombe naturellement à proximité de la fête de Pessa’h. Pourrait-il y avoir meilleure préparation au « temps de notre liberté » que ce jour qui nous rappelle que la liberté est, à la fois, un don et une conquête, comme une force en mouvement dont l’effet ne s’arrêtera qu’avec la Libération majeure, celle qu’apportera le Machia’h.

Origines et formation d’un génie discret

Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson est né le 18 avril 1902 (11 Nissan 5662) à Nicolaïev, en Ukraine, au foyer du Rav Levi Its’hak et de la Rebbetzin Hanna Schneerson. Son grand-père maternel est le Rav Meïr Chlomo Yanovsky, le Rav de Nicolaïev.

Également connu par ses fidèles comme le Rabbi de Loubavitch, il est le septième héritier de la dynastie du Hassidisme Habad, fondée en 1797 par Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi. Il fut l’un des leaders spirituels du judaïsme mondial et notamment de la mouvance loubavitch depuis 1950, à la suite du décès de son beau-père Rabbi Yossef Its’hak Schneersohn. Il a notamment encouragé et œuvré pour la diffusion du judaïsme et la fondation d’un réseau d’institutions d’études juives et de l’enseignement de la Torah. Le Rabbi de Loubavitch n’a pas eu d’enfants, mais a légué, depuis son décès en 1994, plus de 5 000 institutions à travers le monde.

Il porte le même patronyme que Rabbi Yossef Its’hak Schneersohn, son futur beau-père auquel il succédera, du fait que tous deux descendent, à travers deux lignées différentes, de Rabbi Mena’hem Mendel, troisième de la lignée, le célèbre Tséma’h Tsédèk.

Il passe sa jeunesse à Iékatérinoslav — rebaptisée Dniepropetrovsk par les Bolchéviks — dont son père, le Rav Levi Its’hak, est le Rav. Ce dernier est un maître inspiré de la Kabbale, qui explore le Zohar et le Talmud. Contre toute attente, le futur Rabbi de Loubavitch ne fréquente pas de Yéchiva. En dehors d’un premier maître avec lequel il fait ses premiers pas dans les textes — et auquel il voue une éternelle déférence —, son père est son unique précepteur.

Le Rav Levi Its’hak prescrit à son fils un cursus drastique d’études quotidiennes allouées à la Torah et lui accorde les heures restantes pour s’alimenter, dormir et pour les études profanes auprès de différents professeurs de la ville. L’enfant accumule les lectures, dévore des dictionnaires de langues, tout en passant le plus clair de son temps à étudier les ouvrages dont il devra un jour assurer l’héritage. Sa mère se plaît à vanter ses capacités d’absorption — celles qui lui permettront, le moment venu, de dicter la réponse à une lettre en en lisant trois autres. On sait également qu’il ne prise guère les distractions de son âge et que les livres sont déjà sa patrie.

Pour ce qui est des qualités humaines, sa mère relate tardivement qu’il sauta à l’âge de dix ans dans le Dniepr gelé pour sauver un enfant qui se noyait, et qu’il manqua d’être emporté par le typhus, contracté lors d’une épidémie après s’être porté secouriste volontaire. Le jeune homme s’intéresse à tout, c’est-à-dire à tous les déploiements intellectuels dont il fera plus tard usage pour « valoriser le Créateur et la profession de foi rédemptrice de la Torah ». Il s’inscrit en candidat libre dans divers établissements et y obtient des diplômes.

La rencontre avec le Rabbi Précédent et les années d’errance

Au moment où il rencontre Rabbi Yossef Its’hak en 1923, à Rostov, il est quasiment inconnu de la communauté ‘hassidique qui campe autour du maître. Celle-ci est même un peu surprise par ce jeune homme de vingt et un ans, impeccablement mis et aux manières raffinées — d’autant plus que l’on saura vite que le sémillant jeune homme est destiné à épouser la dernière des filles du Rabbi : Haya Mouchka Schneerson. Le Rabbi rassure ses disciples en attestant que ce jeune homme un peu suspect connaît mot à mot les deux Talmud et les grands décisionnaires, et que les larmes qu’il verse lors du Tikoune ‘Hatsot — ces lamentations que les très pieux récitent quotidiennement à minuit — sont indicibles.

En 1927, le régime de Staline commence à réprimer les institutions religieuses, et Rabbi Yossef Its’hak, qui ne laisse planer nulle équivoque sur le mépris qu’il voue à ce régime et du peu de cas qu’il fait de son règlement, est arrêté. La sentence de mort prononcée contre lui est commuée en exil, et durant l’été suivant, il doit quitter la patrie du ‘hassidisme pour Riga, où il établira pendant six ans son « gouvernement en exil ». Il emmène sa famille, ses proches disciples et son futur gendre.

Le 27 novembre 1928, à Varsovie, Rabbi Mena’hem Mendel épouse la fille de Rabbi Yossef Its’hak, la Rebbetzin Haya Mouchka Schneerson. Ce mariage est célébré dans la capitale polonaise, haut lieu du judaïsme d’Europe centrale. Des sommités rabbiniques, dont la ville foisonnait à l’époque, eurent alors l’occasion de mesurer la texture intellectuelle de cet homme apparu ganté de blanc qui leur offrit une matière édifiante.

Le nouveau couple part ensuite s’installer à Berlin, où le futur Rabbi fréquentera l’université et un grand nombre d’intellectuels juifs — il se souviendra par la suite d’y avoir vu Albert Einstein jouer du violon.

En 1933, la montée au pouvoir du nazisme les fait quitter Berlin pour Paris. Là, il fréquentera la Sorbonne et d’autres établissements de l’enseignement supérieur, tout en revivifiant l’esprit des nombreux réfugiés que la tourmente commence à déverser dans la Ville Lumière. Il assure aussi un cours quotidien à l’oratoire du 17, rue des Rosiers.

Ceux qui fréquentent le couple, qui habite à quelques pas de la station Mouton-Duvernet, attesteront que l’ouverture de cet homme aux êtres et aux idées cohabite avec une piété méticuleuse. De son séjour dans la capitale française, le Rabbi gardera toute sa vie un attachement particulier au judaïsme français, dont l’histoire par la suite le lui rendra bien. Au point que lors d’un mémorable Sim’hat Torah en 1974 à New York, en présence de quelque cinq cents Français, il fit danser l’assistance sur l’air de la Marseillaise qu’il entonna sur les paroles d’un cantique à la gloire de D.ieu, récité le Chabbat et les jours de fêtes à la synagogue.

Suite à l’invasion de la France en 1940, il quitte Paris pour la zone libre. Son périple le conduit à Vichy puis à Nice. Certains témoignages attestent qu’il y eut des liens avec la résistance locale, et qu’il emmena même des jeunes en montagne la nuit pour confectionner des Matsot à l’approche de Pessa’h.

Entretemps, en Russie, son père exaspère les Bolchéviks en refusant de jouer leur jeu. Une nuit précédant la fête de Pessa’h 1939, le NKVD fait irruption chez lui et l’emmène. Après avoir transité de prison en prison, il est envoyé en exil dans un cloaque du Kazakhstan, où il décède le 9 août (20 Av) 1944 dans un état de déchéance physique. C’est là-bas qu’avec de l’encre confectionnée par son épouse — laquelle l’aura rejoint entre-temps — il écrira ses commentaires kabbalistiques du Zohar, sur les marges des quelques livres qu’il aura pu emporter. Son fils les publiera par la suite et les commentera abondamment.

En mai 1941, le Rabbi et son épouse embarquent à Marseille pour Barcelone. Peu après, ils embarquent à Lisbonne pour accoster à New York le 23 juin 1941. Son beau-père s’y trouve depuis mars 1940, après avoir échappé d’une façon aussi rocambolesque que miraculeuse à l’anéantissement des Juifs de Varsovie.

L’avènement : le septième Rabbi de Loubavitch

Rabbi Mena’hem Schneerson, qui arrive à New York, est aussi méconnu de la colonie loubavitch américaine qu’il l’était de l’entourage de son beau-père en Russie. Dans un premier temps, il se consacre exclusivement à la maison d’édition fondée par son beau-père, chargée de publier l’immense patrimoine accumulé depuis deux siècles.

Mais la santé de son beau-père décline, et il est appelé à le remplacer pour célébrer les Farbrenguen, ces réunions ‘hassidiques au cours desquelles les interventions du Rabbi alternent avec les chants. C’est ici que l’on découvre la trempe de cet intellectuel que son beau-père appelle « mon ministre de la culture ». Dans ses interventions, il fait sauter les clivages qui cloisonnent apparemment les diverses disciplines du savoir accumulé par la tradition juive. Le pilpoul talmudique est soudain chamarré de Kabbale, le sens littéral s’illumine quand la sève du Hassidisme Habad les irrigue et les irradie. Cet homme qui n’a pas cinquante ans fait boire, danser, exulter et réfléchir des doctes qui ont parfois deux fois son âge et qui n’aperçoivent rien de semblable dans leur expérience passée.

Au printemps 1947, il effectue son ultime voyage à l’étranger en revenant à Paris accueillir sa mère, qui a réussi à quitter l’Union soviétique. Il ne quittera plus jamais son fief de Crown Heights, à Brooklyn.

Le 17 janvier 1951 (10 Chevat 5711), Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson reprend le siège laissé vacant par la Histalkout (décès) de son beau-père un an auparavant, et devient le septième Rabbi de Loubavitch. Il abat très vite ses cartes, et sa profession de foi se résume en un mot : « Oufaratsta » — tiré du verset biblique de la Genèse 28, 14 : « Ta descendance sera (innombrable) comme la poussière de la terre ; et tu t’étendras à l’ouest, à l’est, au nord et au sud » —, soit la « diffusion de la Torah et de ses valeurs vers tous les horizons juifs qu’elles n’ont pas encore atteints ». C’est le saut à corps perdu dans cette entreprise qui attestera du véritable attachement de ses ‘hassidim à son enseignement. Les Farbrenguen qu’il célèbre — lesquels peuvent parfois durer huit heures et plus, et durant lesquels il discourt sans notes — exaltent jusqu’à ceux qui n’entendent pas un mot à son yiddish talmudique et didactique.

Un enseignement qui embrasse l’universel

Dans ce foisonnement d’enseignements, une profession de foi générique : le refus de relativiser le moindre aspect d’une Torah divine, servi par un désir effréné d’ancrer chaque enseignement dans le monde du concret. Le déploiement intégral de toutes ses interventions approche la centaine de volumes. Il discourt et chante, mais écrit aussi, et à tous : aux Rabbanim, aux hommes d’État, à des artistes, des écrivains — Élie Wiesel compte parmi ceux dont il a marqué l’esprit —, à des enfants et à tous ceux qui recherchent son conseil. Quelque trente volumes de sa correspondance ont été publiés.

Il reçoit aussi beaucoup. Pendant plus de trois décennies, il donnera à raison de deux nuits par semaine des audiences privées lors desquelles, durant parfois un tour d’horloge complet, il écoute et conseille ceux qui auront sollicité un entretien. Il intercède aussi pour ceux qui lui en font la demande, passant régulièrement des heures, à jeun et parfois sous un soleil de plomb, à lire sur le Ohel de son beau-père les demandes de bénédictions qui affluent chaque jour à son secrétariat.

À l’âge de 76 ans, après un accident cardiaque survenu au beau milieu de la joie des danses de Sim’hat Torah en 1978, il récupère difficilement mais continue, refusant de prendre du repos malgré les inquiétudes de son entourage. Il célèbre un Farbrenguen toutes les semaines, sans compter des interventions publiques inopinées à l’issue des offices du soir. Les audiences particulières, interrompues après son incident cardiaque, reprennent sous la forme du « dollar » qu’il distribue chaque dimanche matin à des centaines de personnes — religieux, non religieux, hommes, femmes et enfants, célébrités de toutes sphères — qui passent devant lui, parfois pendant huit heures d’affilée, pour demander sa bénédiction et son conseil, qu’il s’agisse de questions de Torah, de travail, de relations personnelles ou d’études.

L’annonce messianique et les dernières années

Au début des années 1980, le Rabbi passe l’ultime et incontournable vitesse. Il annonce que les pas du Machia’h résonnent déjà et engage tous ceux qui y aspirent à les hâter, en s’en faisant l’écho par l’étude des enseignements et des lois liés à l’ère messianique, et en s’attachant à convaincre tous ceux qu’ils peuvent atteindre que la venue du Machia’h est une réalité qui n’attend que notre foi en elle pour prendre corps. Dès lors, à chacune de ses interventions, il accentuera l’urgence de l’effort à déployer pour faire aboutir l’ultime parachèvement de la Création. Parallèlement, il encourage avec force, dans de nombreuses allocutions, le peuple juif à exhorter tous les peuples de la planète à accomplir leur part dans la Création — but de leur venue sur terre — en respectant les Sept Lois de Noé, car D.ieu n’a pas uniquement donné à Moïse sur le mont Sinaï les décrets concernant le peuple d’Israël, mais aussi les lois concernant l’ensemble de l’humanité.

Au début des années 1990, il déclare que les bouleversements politiques intervenus en Europe, qui mettent fin à la Guerre froide, sont un signe caractéristique du prochain avènement messianique. Il relie le fait que ces mutations se soient effectuées sans effusion de sang aux prémices d’une ère de paix universelle.

Lorsqu’éclate la première Guerre du Golfe, il déclare qu’il s’agit de la réalisation des termes du Midrash Yalkout Chimoni annonçant, pour « l’année où le Machia’h se dévoilera », la guerre du dirigeant de la Perse contre un pays arabe et le désarroi mondial qui en résultera. Suivant l’agencement du récit du Midrash, qui relate la façon dont le Machia’h rassurera le peuple juif et annoncera la délivrance en se tenant sur le « toit du Temple » — lieu profane qui, selon le Rabbi, fait allusion à une terre extérieure à Israël —, le Rabbi ne cesse d’encourager la population d’Erets Israël et annonce prophétiquement qu’il n’y aura à craindre aucune attaque non conventionnelle, et que la guerre se terminera à Pourim, contrairement aux prévisions de tous les experts stratégiques. Dans la confusion régnante, il est l’une des voix qui rassérène et donne espoir aux Juifs du monde entier.

Le soir du 12 avril (28 Nissan 5751) 1991, il admoneste ses ‘hassidim en exposant tout l’effort qu’il leur demandait. Il affirme avoir accompli le travail qui relevait de sa tâche, et que le reste appartient désormais à ceux qui l’écoutent.

Il passera l’année suivante à commenter la section hebdomadaire de la Torah, s’attachant particulièrement à montrer comment le monde dans sa finitude, tout autant que l’homme dans son humanité, sont des vecteurs de l’Infini. Engageant chacun à révéler cette dimension dans sa vie quotidienne, il ne cesse d’annoncer qu’il suffit « d’ouvrir les yeux » pour prendre conscience que le seuil de la Rédemption est accessible. Plusieurs de ses éminents ‘hassidim perçoivent dans un nombre considérable de ces discours la proclamation indirecte, par le Rabbi lui-même, d’être le Machia’h.

Le 2 mars 1992, alors qu’il se trouve au Ohel de son beau-père, une violente attaque cérébrale le soustrait aux yeux d’une communauté juive suspendue à ses lèvres. Après des mois de convalescence — durant lesquels il n’a cessé de répondre aux demandes de bénédictions — et désormais atteint d’hémiplégie, il réapparaît dans sa synagogue le jour de Roch Hachana de l’année hébraïque 5753 (1992). Trois semaines plus tard, le jour de Sim’hat Torah, il réapparaît aux yeux des ‘hassidim dans sa synagogue.

Un héritage vivant qui traverse le temps

Le 12 juin 1994 (3 Tamouz 5754), le Rabbi quitte ce monde. Que ce soit en priant dans sa maison d’étude du 770, ou au Ohel — tombe du Rabbi et de son beau-père —, visitée par des centaines, voire parfois des milliers de personnes chaque jour, énormément de Juifs et de non-Juifs de par le monde déclarent continuer de recevoir miraculeusement conseils et bénédictions de sa part.

Son enseignement, son réseau mondial de Chlou’him, ses institutions d’étude et de rayonnement de la Torah continuent, plus de trente ans après sa disparition, de transformer des vies et d’illuminer des horizons que lui-même avait, avec une lucidité prophétique, entrevus depuis longtemps.

Le Nassi du jour « Naphtali » : Jeudi 12 Nissan

Le Nassi du jour « Asher » : Dimanche 11 Nissan

בְּיוֹם עַשְׁתֵּי עָשָׂר יוֹם, נָשִׂיא לִבְנֵי אָשֵׁר–פַּגְעִיאֵל, בֶּן-עָכְרָן. קָרְבָּנוֹ קַעֲרַת-כֶּסֶף אַחַת, שְׁלֹשִׁים וּמֵאָה מִשְׁקָלָהּ, מִזְרָק אֶחָד כֶּסֶף, שִׁבְעִים שֶׁקֶל בְּשֶׁקֶל הַקֹּדֶשׁ; שְׁנֵיהֶם מְלֵאִים, סֹלֶת בְּלוּלָה בַשֶּׁמֶן–לְמִנְחָה. כַּף אַחַת עֲשָׂרָה זָהָב, מְלֵאָה קְטֹרֶת. פַּר אֶחָד בֶּן-בָּקָר, אַיִל אֶחָד כֶּבֶשׂ-אֶחָד בֶּן-שְׁנָתוֹ–לְעֹלָה. שְׂעִיר-עִזִּים אֶחָד, לְחַטָּאת. וּלְזֶבַח הַשְּׁלָמִים, בָּקָר שְׁנַיִם, אֵילִם חֲמִשָּׁה עַתֻּדִים חֲמִשָּׁה, כְּבָשִׂים בְּנֵי-שָׁנָה חֲמִשָּׁה: זֶה קָרְבַּן פַּגְעִיאֵל, בֶּן-עָכְרָן.

Au onzième jour, le phylarque des enfants d’Asher, Paghiel, fils d’Okhran. Son offrande : une écuelle d’argent, du poids de cent trente sicles ; un bassin d’argent de soixante-dix sicles, au poids du sanctuaire, tous deux remplis de fleur de farine pétrie à l’huile, pour une oblation ; une coupe de dix sicles, en or, pleine de parfum ; un jeune taureau, un bélier, un agneau d’un an, pour holocauste ; un jeune bouc, pour expiatoire ; et, pour le sacrifice de rémunération, deux taureaux, cinq béliers, cinq boucs, cinq agneaux d’un an. Telle fut l’offrande de Paghïel, fils d’Okhran.

יְהִי רָצוֹן מִלְפָנֶיךָ יְיָ אֳלֹהַי וֵאלהֵי אֲבוֹתַי שֶׁתָּאִיר הָיוֹם בְּחַסְדְּךָ הַגָּדוֹל עַל נִשְׁמַתִין קָדִּישִׁין דְּמִתְחַדְשִׁין כְּצִפָּרִים וּמְצַפְצְפִין וּמְשַׁבְּחִין וּמְצַלְּאִין עַל עַמָּא קַדִּישָׁא יִשְׂרָאֵל. רִבּוֹנוֹ שֶל עוֹלָם תַּכְנִיס וּתְעַיֵיל הַנַּךְ צִיפָרֵי קַדִּישֵׁי לַאֲתַר קַדִּישָׁא דְּאִיתְמַר עֲלֵייה עַיִן לֹא רָאֲתָה אֳלֹהִים זוּלָתֶךָ. יְהִי רָצוֹן מִלְּפָנֶיךָ יְיָ אֱלֹהַי וֵאלֹהֵי אֲבוֹתַי שֶׁבְּאִם אֲנִי עַבְדְּךָ מִשֵּׁבֶט אָשֵׁר שֶׁקָּרָאתִי בְּתוֹרָתֶךָ פַּרְשָׁה שֶׁל הַנָּשִׁיא הַיוֹם אֲזַי יָאִירוּ נָא עָלַי כָּל נִיצוֹצִין קַדִּישִׁין וְכָל הָאוֹרוֹת הַקְּדוֹשׁוֹת הַכְּלוּלוֹת בִּקְדוּשַׁת זֶה הַשֵּׁבֶט לְהָבִין וּלְהַשְׂכִּיל בְּתוֹרָתֶךָ וּבְיִרְאָתֶךָ לַעַשׂוֹת רֱצוֹנְךָ כָּל יְמֵי חַיַי אֲנִי וְזַרְעִי וְזֶרַע זַרְעִי מֵעַתָּה וְעַד עוֹלָם אָמֵן:

Puisse être Ta volonté, Éternel mon D.ieu et D.ieu de mes pères, que dans Ta grande bonté Tu éclaires les âmes saintes qui se renouvellent comme des « oiseaux » et chantent et disent des louanges et prient au nom du peuple saint d’Israël. Maître du monde, recueille et fait entrer ces « oiseaux » sacrés dans le lieu saint dont il est dit : « Aucun œil ne l’a vu, sauf toi, ô Dieu. » Puisse être Ta volonté, Éternel mon D.ieu et D.ieu de mes pères, que si moi, Ton serviteur, je suis de la tribu d’Asher dont j’ai lu aujourd’hui dans Ta Torah la section du Nassi, que toutes les « étincelles » saintes et toutes les illuminations saintes qui sont incluses dans la sainteté de cette tribu brillent sur moi, pour me donner la compréhension et l’intelligence dans Ta Torah et la crainte de Toi, pour accomplir Ta volonté tous les jours de ma vie, moi et mes enfants et les enfants de mes enfants, de maintenant à jamais. Amen.

 

 

 

Chabbat Hagadol : quand l’histoire bascule et que l’avenir s’illumine

Chabbat Hagadol : quand l’histoire bascule et que l’avenir s’illumine

 

Chaque année, le Chabbat qui précède Pessa’h porte un nom hors du commun : Chabbat Hagadol — le « Grand Chabbat ». Ce titre n’est pas une simple convention liturgique ; il condense des siècles de mémoire vivante, de prodiges fondateurs et d’espérance messianique. De l’Égypte des Pharaons aux promesses ardentes du prophète Malachie, ce Chabbat traverse le temps comme un pont tendu entre la délivrance d’hier et la Guéoula à venir.

 

 

 

Un miracle qui ébranla l’Égypte jusqu’en ses fondements

L’événement central commémoré en ce Chabbat est un prodige d’une portée considérable, survenu quelques jours seulement avant la Sortie d’Égypte. Ce jour-là, un Chabbat tombant le dix Nissan, Moïse transmit aux Israélites un ordre aussi précis qu’audacieux : prendre un agneau et l’attacher au pied de leur lit, en plein cœur de la terre de leurs oppresseurs.

Lorsque les Égyptiens demandèrent aux Juifs la raison de ces achats massifs d’agneaux, la réponse fut sans détour : ces bêtes étaient destinées au sacrifice pascal, en préparation à la Plaie des Premiers-nés. Cette révélation secoua les premiers-nés égyptiens jusqu’aux tréfonds de l’âme. Terrifiés par leur sort imminent, ils se précipitèrent vers Pharaon pour exiger que la liberté soit accordée au peuple hébreu. Face au refus obstiné du souverain, les premiers-nés se soulevèrent contre son armée, et bon nombre d’Égyptiens coupables d’atrocités envers les Juifs trouvèrent la mort ce jour-là même.

L’impuissance des dieux d’Égypte mise à nu

Ce Chabbat fut également le théâtre d’une révélation d’un autre ordre, plus silencieuse mais tout aussi éclatante. Les Égyptiens ne pouvaient ignorer que l’agneau était l’une de leurs divinités ; voir les Hébreux s’apprêter à l’abattre publiquement aurait dû provoquer une réaction immédiate et violente. Or, il n’en fut rien. Frappés d’une inexplicable impuissance, les Égyptiens furent incapables de lever la main sur les Israélites.

Ce silence des persécuteurs parlait plus fort que n’importe quel discours : D.ieu avait brisé, en ce seul Chabbat, à la fois le joug de l’oppression et le prestige des idoles. L’Égypte, toute-puissante en apparence, se découvrait soudain désarmée face à un peuple en marche vers sa délivrance.

Le grand discours des Rabbanim : une tradition millénaire

Une autre interprétation, non moins profonde, rattache le qualificatif « Gadol » — grand — à une tradition oratoire bien vivante. Ce Chabbat est en effet le jour où les grands Rabbanim prononcent traditionnellement leurs enseignements les plus élaborés sur les lois de Pessa’h, guidant leurs communautés à travers les subtilités halakhiques de la fête et méditant à voix haute sur les leçons éternelles qu’elle recèle.

Ce « grand discours » est lui-même un acte de transmission : chaque génération, en s’interrogeant sur le sens de la sortie d’Égypte, renouvelle le lien vivant entre le passé et le présent, entre la mémoire collective et l’engagement personnel.

La Haftarah du grand avenir : la promesse du Machia’h

La Haftarah lue en ce Chabbat dans de nombreuses communautés offre un troisième éclairage sur ce titre de « Gadol » — et sans doute le plus vertigineux. Le prophète Malachie y évoque la venue de Machia’h, en appelant ce jour béni le « yom Hachem hagadol vehanora » — le jour « grand » et redoutable de D.ieu.

Ainsi, Chabbat Hagadol n’est pas seulement tourné vers le passé. Il est aussi une fenêtre ouverte sur l’horizon de la Rédemption ultime. En commémorant les miracles de l’Égypte, la tradition juive pointe simultanément vers des miracles à venir, plus grands encore, qui accompagneront la délivrance finale. Le Grand Chabbat est, en ce sens, la répétition générale du Grand Jour.

 

Extrait d’un discours inédit prononcé par Rabbi Levi Its’hak Schneerson, Chabbat Hagadol en 1916 à Ekaterinoslav

Extrait d’un discours inédit prononcé par Rabbi Levi Its’hak Schneerson, Chabbat Hagadol en 1916 à Ekaterinoslav

פתח דבר

בקשר עם יום הבהיר ח’י ניסן, יים הולדת הקמ’ה של כ’ק הרה’ק הרה’ג המקובל וכו’ ר’ לוי יצחק ז’ל שניאורסאהן (בשנת תרל’ח), ויום הברית של בנו כ’ק אדמו’ר זצוקללה’ה (בשנת תרס’ב) — הננו מוציאים לאור ר’פ מדבריו הק’ בשנת תרע’ו (תרע’ז), על פי זכרונו של הרב ר’ אברהם יצחק ז’ל איידעלמאן1.

תודתינו להרה’ח ר’ זאב יחזקאל הכהן שיחי’ בן מינדל שמסר לנו עמודים אלו מאוצרותיו, וזכות הרבים תלו’ בו.

בשוה’ג צויינו איזה מראה-מקומות ע’י המו’ל.

ועד הנחות בלה’ק

Avant propos

En rapport avec le jour lumineux du 18 Nissan, l’anniversaire de la naissance du grand Rav respecté, Rabbi Levi Its’hak Schneersohn (en l’an 5598), et le jour de la circoncision de son fils, le Rabbi (en l’an 5602) – nous publions un extrait de ses paroles sacrées de l’année 5606 (5607), basé sur les mémoires du Rav Avraham Its’hak Zalman Eidelman.

Nous exprimons notre gratitude au Rav Zev Yechezkel Cohen, fils de Mendel, qui nous a fourni ces pages de ses trésors, et que le mérite de la multitude repose sur lui.

Vaad Hana’hot Belahak

 

Intervention du Rav Moché Vishetsky au Kinous Torah de Hol Hamoed Pessa’h – 18 Nissan 5783, sur cet extrait du discours de Rabbi Lévi Its’hak Schneerson

 

ב’ה. קטע מדרשה שנשא כ’ק הרה’ג והרה’ח המקובל ר’ לוי וצחק ז’ל שניאורסאהן בשבת הגדול בשנת תרע’ו (תרע’ז) ביעקאַטרינעסלאווי.

Extrait d’un discours prononcé par Rabbi Levi Its’hak Schneerson de mémoire bénie, lors du Chabbat Hagadol en 1916 à Ekaterinoslav.

איתא במשנה2: ‘אמר רבי אלעזר בן עזרי’ הרי אני כבן שבעים שנה’,

Il est dit dans la Michna2 : ‘Rabbi Eléazar ben Azaria dit : Voici, je suis comme quelqu’un de soixante-dix ans’,

כל אחד מישראל יש בו מבחינתו של רבי אלעזר בן עזרי’, כי אין יכולים להתקיים ללא עזרתו של הקב’ה:, והדבר מרומז בשם: ‘אלעזר’ א’ל עזרי, בן ‘עזרי’ עזר ידה5,

Chaque juif a en lui un aspect de Rabbi Eléazar ben Azaria, car ils ne peuvent subsister sans l’aide du Saint béni soit-Il, et cela est suggéré dans le nom : ‘Eléazar’, ‘mon aide’, et ‘ben Azaria’ – ‘le fils de mon secours’5.

ובימי מלחמה אלו6, כל אחד מישראל יכול לומר ‘הרי אני כבן שבצים שנה’ — כי צעירים רבים ובחורי ישראל נעשו כזקנים גם בימי בחרותם. 

Et en ces jours de guerre6, chaque juif peut dire ‘voici, je suis comme un homme de soixante-dix ans’ – car beaucoup de jeunes et de jeunes hommes d’Israël sont devenus comme des vieillards même dans leurs jours de jeunesse.

מפחד שונאי ישראל הם מסתתרים במערות ובנקיקי הסלעים7, והרוצחים מחפשים מסביב, ובכל רגע יכולים חלילה להתנפל עליהם,

De peur des ennemis d’Israël, ils se cachent dans des grottes et des crevasses des rochers7, et les meurtriers cherchent autour d’eux, et à tout moment, ils pourraient, D.ieu nous en préserve, tomber sur eux.

וכשהלילה עבר ותודה לא’ל (‘אלעזר’ בן ‘עזרי’) נותרו בחיים — פניהם הצעירות התמלאו קמטים ושער ראשם הלבין כזקנים בני שבעים שנה.

Et lorsque la nuit est passée et que, grâce à D.ieu (‘Eléazar’ ben ‘Azaria’), ils restent en vie – leurs visages flétris, se remplissent de rides, et les cheveux de leur tête deviennent blancs comme ceux des vieillards de soixante-dix ans.

‘ולא זכיתי שתאמר יציאת מצרים בלילות’, והשאלה היא איך יכולים ‘בלילות’, בגלות שנמשלה ללילה8, ובפרט בגלות זו המלאה בצער ומכאובים, לאמר ‘יציאת מצרים’, 

‘Et je n’ai pas mérité que la sortie d’Égypte soit mentionnée la nuit’,et la question est : comment peut-on, ‘les nuits’, en exil qui est comparé à la nuit8, et en particulier dans cet exil plein de douleur et de souffrances, dire ‘la sortie d’Égypte’,

איך אפשר לזכור את יציאת מצרים ואף לערוך ‘סדרי פסח’ עם כל בני המשפחה ולנהוג כמלכים ובני חורין9? 

comment peut-on se souvenir de la sortie d’Égypte et même organiser des ‘Séder de Pessa’h’ avec toute la famille et se comporter comme des rois et des hommes libres9 ?

והמענה לזה הוא: ‘עד שודרשה בן זומא’

Et la réponse à cela est : ‘jusqu’à ce que Ben Zoma l’ait expliqué’.

‘זומא’ הוא גם מלשון ‘מזימות’, ‘געדאַנקען’10, ‘אָריינטראַכטן זיך’יי בפסוק12 ‘למען תזכור את יום צאתך מארץ מצרים כל ימי חייך13‘.

‘Zoma’ est également dérivé du mot ‘complots’, ‘penser’, ‘se concentrer’ en verset12 – ‘Afin que tu te souviennes du jour de ta sortie du pays d’Égypte tous les jours de ta vie.

‘ימי חייך הימים, כל ימי חייך להביא הלילות’.

‘Les jours de ta vie sont les jours, tous les jours de ta vie pour inclure les nuits.’

גם ‘בלילות’, ואפילו בחשכת הגלות הזו, עלינו לזכור את יציאת מצרים14.

Même ‘la nuit’, et même dans l’obscurité de cet exil, nous devons nous souvenir de la sortie d’Égypte14.

 לזכור ולדעת שהקב’ה גאל אותנו ממצרים, ובכל דור ודור ובכל יום ויום חייב אדם לראות את עצמו כאילו הוא יצא ממצרים15.

Se souvenir et savoir que le Saint béni soit-Il nous a libérés d’Égypte, et dans chaque génération et chaque jour, une personne doit se considérer comme si elle était sortie d’Égypte15.

והקב’ה יגאלנו בקרוב גם ממצרים — מהמצרים וגבולים16 של הגלות הזו, כי ישועת ה’ כהרף עין17.

Et le Saint béni soit-Il nous libérera bientôt aussi d’Égypte – des frontières et des limites – de cet exil, car la rédemption de D.ieu est proche17.

‘וחכמים אומדים’, אנשים שהם יותר מחוכמים ונבונים אומרים, ‘ימי חייך עולם הזה, כל ימי חייך להביא לימות המשיח’.

‘Les sages disent’, Les personnes qui sont plus sages et intelligentes disent : ‘Les jours de ta vie sont pour ce monde, tous les jours de ta vie pour amener les jours du Machia’h’,

כל משך ‘ימי חייך’ ב’עולם הזה’, התפקיד שמוטל עלינו לצשות בעולם הזה הוא כדי ‘להביא לימות המשיח’, להביא לכך שיגיעו ימות המשיח18, בביאת משיח צדקנו במהרה בימינו אמן.

Toute la durée des ‘jours de ta vie’ dans ‘ce monde’, la mission qui nous est confiée dans ce monde – est d’amener les jours du Machia’h’, de faire en sorte que les jours du Machia’h arrivent18, avec l’avènement du Machia’h juste rapidement de nos jours, Amen.


NOTES


1) על פי זכרונו של הרב ר’ אברהם יצחק ז’ל איידעלמאַן  רב ביהכנ’ס חברה מחזיקי הרב בבראָנקס וחבר אגודת חסידי חב’ד בארה’ב (ראה גם אג’ק אדמו’ר מוהריי’צ ח’ז ע’ ער. תולדות חב’ד בארה’ב ע’ כא. ע’ לז).

  1. Selon la mémoire du rabbin R’ Avraham Yitzchak Z’L Eidelman – rabbin de la synagogue Chevra Machziké HaRav dans le Bronx et membre de l’Association des Hassidim Habad aux États-Unis (voir aussi le livre du Rabbi Admour Moharayatz, vol. 7, page 272. Histoire de Habad aux États-Unis, page 21, page 37).

2) סוף פרק קמא דברכות (יב, ב). נוסח הגדה של פסח.

2) Fin du premier chapitre de Berakhot (12, b). Texte de la Haggadah de Pessa’h.

3) ראה סוכה נב, ריש ע’ב. וש’נ,

3) Voir Souccah 52, début d’Amoud Bet. Et Sha’ne,

4) ראה לקוטי לוי’צ הערות לזהר ח’א ע’ צז. ח’ב ע’ לד. ח’ג ע’ רטו. ע’ שי ואילך. צ’ שלט. ע’ שמח. ע’ תח. ע’ תטז ואילך. ס’ע תמב.

4) Voir Likkoutei Levi’tz, notes sur le Zohar, vol. 1, page 167. Vol. 2, page 34. Vol. 3, page 15. Page 310 et suivantes. Page 359. Page 348. Page 319 et suivantes. S’A 462.

5) ראה גם שיחת ש’פ שמות תשנ’ב ס’ח (התוועדויות תשנ’ב ח’ב ע’ 101).

5) Voir également la discussion du Chabbat Chalom Parachat Chemot 5752, section 8 (Hithavout 5752, vol. 2, p. 101).

ולהוסיף בדיוק הלשון « להביא לימות המשיח » (ולא « לרבות » וכיו »ב כרגיל), שהעבודה ד(זכירת) יצי »מ « כל ימי חייך » בעולם הזה (א) מכניסה את ימות המשיח בעולם הזה עתה (כן שמעתי מאאמו »ר ז »ל (ראה שיחת ליל ב’ דחגה »פ תשי »ט). וראה גם שיחת ליל ב’ דחג הפסח תרצ »ט (ספר השיחות ה’תרצ »ו – חורף ה’ש »ת ע’ 323)., עד יתירה מזו (ב) שזה מביא בפועל ב »ימי חייך » – השלימות דימות המשיח (לשון רבים, כולל כל התקופות בזה47) בגאולה האמיתית והשלימה.

[מזה מובן שדברי החכמים אינם רק הלכתא למשיחא, אלא שבזה נפק »מ בעבודתו של יהודי (גם) בזמן הזה (קודם ביאת המשיח בפועל), שבזכירתו יצי »מ הוא יודע שזה קשור עם « (להביא ל)ימות המשיח »].

Et pour ajouter précisément l’expression « amener les jours du Machia’h » (et non « inclure » ou similaire, comme d’habitude), cela signifie que le travail de (mentionner) la sortie d’Égypte « tous les jours de ta vie » dans ce monde (a) introduit les jours du Machia’h dans ce monde maintenant (Note du Rabbi : Ainsi, j’ai entendu cela de mon père (voir le discours du soir du deuxième jour de la fête de Pessah en 1959). Voir aussi le discours du soir du deuxième jour de Pessah en 1939 (Livre des discours, 1936-1940, hiver 1940, page 323)., et même plus (b) cela amène concrètement, durant « les jours de ta vie », la plénitude de l’état messianique (expression plurielle, incluant toutes les périodes concernées) dans la rédemption véritable et complète.

[Cela implique que les paroles des Sages ne sont pas seulement une loi concernant l’ère messianique, mais cela a une conséquence pratique dans le service d’un Juif (aussi) à cette époque (avant la venue concrète du Machia’h), car en mentionnant la sortie d’Égypte, il sait que cela est lié à « amener (les jours) du Machia’h »].

עפ’ז יובן שייכות המשנה לרבי אלעזר בן עזרי’ שבאותו היום נעשה נשיא:

חידושו של נשיא בישראל (נשיא מלשון התנשאות) הוא לקשר ולאחד ‘כל ימי חייך’ של כל א’ מבנ’י וכל ישראל – ‘כל ימי חייך’ הגשמיים בעולם הזה ובפרט בזמן הגלות (‘לילות’) – עם גאולה (יציאה ממיצרים וגבולים) בכלל, ובפרט עם ימות המשיח, הגאולה האמיתית והשלימה, שאין אחרי’ גלות; דוקא הנשיא בכחו לחבר ולאחד את הגלות עם הגאולה, ובפרטיות יותר – לחבר את יציאת מצרים וימות המשיח (כפי שהם במצב שהגלות מפסקת בינתיים), ‘תזכור את יום צאתך מארץ מצרים כל ימי חייך .. להביא לימות המשיח’ – שבחייו של יהודי ‘כל ימי חייך’ כנשמה בגוף בעוה’ז הגשמי והחומרי ובזמן הגלות, הוא יוכל לצאת ממיצרים וגבולים, ויתירה מזו – להיות במצב דימות המשיח.

ולכן, דוקא ביום שעלה לנשיאות עסק ראב’ע בסוגיא ד’מזכירין יציאת מצרים’ גם ‘בלילות’ ו’להביא לימות המשיח’. 

Ainsi, on peut comprendre l’appartenance de la Mishna à Rabbi Elazar ben Azaria, qui ce jour-là est devenu Nassi (Nassi) :

L’innovation du Nassi en Israël (Nassi du mot hébreu התנשאות, qui signifie élévation) est de relier et d’unifier ‘tous les jours de ta vie’ de chaque individu parmi les enfants d’Israël et de tout Israël – ‘tous les jours de ta vie’ matériels dans ce monde, en particulier pendant l’exil (‘nuits’) – avec la rédemption (sortie des limites et des contraintes) en général, et en particulier avec les jours du Machia’h, la rédemption véritable et complète, après laquelle il n’y a plus d’exil ; Seul le Nassi a le pouvoir de relier et d’unifier l’exil avec la rédemption, et plus précisément – de relier la sortie d’Égypte et les jours du Machia’h (comme ils sont dans un état où l’exil s’interrompt temporairement), ‘Souviens-toi du jour où tu es sorti du pays d’Égypte tous les jours de ta vie… pour amener les jours du Machia’h’ – afin que dans la vie d’un Juif ‘tous les jours de ta vie’ en tant qu’âme dans un corps dans ce monde matériel et physique et pendant l’exil, il puisse sortir des contraintes et des limites, et même plus – être dans un état similaire à celui du Machia’h.

C’est pourquoi, précisément le jour où il est devenu Nassi, Rabbi Elazar ben Azaria s’est occupé du sujet de ‘mentionner la sortie d’Égypte’ aussi ‘la nuit’ et ‘amener les jours du Machia’h’.

ויש לומר שזה קשור גם עם הקדמתו של ראב’ע ‘הרי אני כבן שבעים שנה כו’:

Et il faut dire que cela est également lié à la promotion de Rabbi Eléazar ben Azaria : ‘Voici, je suis comme un fils de soixante-dix ans, etc.’:

הגמרא מספרת שראב’ע אמר ‘הרי אני כבן שבעים שנה ולא בן שבעים שנה’, כי הי’ אז רק בן י’ח שנה, ו’אתרחיש לי’ ניסא ואהדרו תמני סרי דרי חיורתא’. וזה הראה לכל שראב’ע ראוי להיות הנשיא, בהיות לו ‘שערות לבנות של זקנה, ונאה לדרשן להיות זקן’.

Le Talmud raconte que Rabbi Eléazar ben Azaria a dit : ‘Voici, je suis comme un fils de soixante-dix ans et non un fils de soixante-dix ans’, car il n’avait alors que dix-huit ans, et ‘un miracle m’a été fait et ils sont revenus dix-huit fois les cheveux blancs’. Et cela a montré à tous que Rabbi Eléazar ben Azaria était digne d’être le Nassi, ayant ‘les cheveux blancs de la vieillesse, et il est beau pour les enseigner d’être vieux’.

נמצא, ששלימות הנשיאות קשורה עם מספר שבעים שנה דוקא, ועד כדי כך שעד אז הי’ מצב שמבלי הבט על כל מעלותיו של ראב’ע, ‘דהוא חכם והוא עשיר והוא עשירי לעזרא’, הרי, ‘לא זכיתי שתאמר יצי’מ בלילות עד שדרשה בן זומא’, ב’אותו יום’ כשראב’ע נעשה נשיא.

Il s’avère que la perfection de la Nessiout est liée au nombre de soixante-dix ans précisément, et à tel point qu’à cette époque il y avait une situation où, sans tenir compte de toutes les qualités de Rabbi Eléazar ben Azaria, ‘il était sage et il était riche et il était un descendant d’Azaria’, voici, ‘je n’ai pas mérité que l’on dise la Sortie d’Egypte pendant les nuits jusqu’à ce que Ben Zoma l’enseigne’, le ‘jour même’ où Rabbi Eléazar ben Azaria est devenu Nassi.

והביאור בזה: שבעים שנה הם שלימות בחיי האדם – כמ’ש ‘ימי שנותינו בהם שבעים שנה’. השלימות היא בכך, שהאדם מגיע אז לעבודה דבירור כל השבע מדות כפי שהן בשלימותן, שבע כלול מעשר (= שבעים). ובפרטיות יותר נותנים לאדם ‘שבעים שנה’ בכדי לעשות את העבודה דבירור השבע מדות כפי שהן מתלבשות למטה, בנפש הבהמית (‘ימי שנותינו בהם’, ‘בהם’ לשון בהמה) ובלעו’ז בכלל (ובכללות – השבעים אומות העולם), וע’י עבודה זו מגיעים לשלימות דשבעים, בחי’ עי’ן דקדושה, ראי’ באלקות, עד להשלימות בזה לעתיד לבוא.

Et l’explication en est la suivante : Soixante-dix ans sont la perfection de la vie humaine – comme il est dit : ‘Les jours de notre vie sont en eux soixante-dix ans’. La perfection réside dans le fait que l’homme atteint alors le travail de clarification de toutes les sept Midot dans leur perfection, sept inclus dans dix (= soixante-dix). Et plus spécifiquement, les ‘soixante-dix ans’ donnent à l’homme le temps de faire le travail de clarification des sept Midot telles qu’elles se manifestent en bas, dans l’âme animale (‘les jours de notre vie sont en eux’, ‘בהם’ ‘en eux’ signifiant ‘animal’) et dans les (70) langues étrangères en général (et globalement – les soixante-dix nations du monde), et par ce travail ils atteignent la perfection des soixante-dix, dans l’aspect de עי’ן דקדושה ‘l’œil de la sainteté’, la vision de la Divinité, jusqu’à la perfection en cela dans les Temps futurs.

ועד’ז י’ל בנוגע ל’הרי אני כבן שבעים שנה’ דראב’ע הנשיא: בכדי להיות נשיא הי’ עליו להשיג את השלימות של ‘(כ)בן שבעים שנה’, הבירור דעניני העולם (הנחלקים לשבעים, שבעים אומות וכו’). וזה נתן לו את הכח שיהי’ אצלו ‘זכיתי שתאמר יצי’מ בלילות’, שיוכלו לפעול את הענין דיציאת מצרים (הגאולה ממיצרים וגבולים) אפילו במעמד ומצב של תחתון (‘לילות’), נוסף על העבודה בזה בכל יום ויום, עד גם – ‘כל ימי חייך להביא לימות המשיח’, (מעין) העילוי דהגאולה השלימה כשנעשה (שלימות הבירור דכל שבעים אומות כו’, והגילוי דשבעים, עי’ן דלמעלה, ‘והיו עיניך רואות את מוריך’, ובאופן שאלקות נמצא בגלוי בכל העולם, ‘ונגלה כבוד הוי’ וראו כל בשר יחדיו כי פי הוי’ דיבר’.

Et jusqu’à présent, on peut dire à propos de ‘Voici, je suis comme un fils de soixante-dix ans’ de Rabbi Eléazar ben Azaria le Nassi : pour être Nassi, il devait atteindre la perfection de ‘(comme) un fils de soixante-dix ans’, la clarification des affaires du monde (divisés en soixante-dix, soixante-dix nations, etc.). Et cela lui a donné la force d’avoir ‘mérité que l’Exode soit dit la nuit’, de sorte qu’ils puissent agir sur l’affaire de la sortie d’Égypte (la rédemption des limites et des frontières égyptiennes) même dans la position et la situation d’un inférieur (‘nuit’), en plus du travail quotidien, jusqu’à ce qu’il atteigne également – ‘tous les jours de votre vie pour amener les jours du Machia’h’, (comme) l’élévation de la rédemption complète, quand il devient (la perfection de la clarification de toutes les soixante-dix nations, etc., et) la révélation des soixante-dix, l’aspect de l’œil d’en haut, ‘et que tes yeux voient tes maîtres’, et de manière à ce que la divinité soit manifeste dans tout le monde, ‘et la gloire de l’Éternel sera révélée et toute chair verra ensemble que la bouche de l’Éternel a parlé’.

ויש לקשר זה גם עם שמו של רבי אלעזר בן עזרי’ – שכשמו כן הוא: ‘אלעזר’ אותיות א-ל עזר, ו’עזרי-ה’ אותיות עזר י-ה. ו’אלעזר בן עזרי’ הוא החיבור דשניהם יחד [באופן שהעיקר הוא עזרי’, ואלעזר מקבל מ(בן) עזרי’, או שהעיקר הוא אלעזר והוא ‘בן עזרי’, ההמשך דעזרי’, ויפה כח הבן מכח האב, או ע’ד הפירוש ב’בן חורין’, שמציאותו היא במעמד ומצב דחירות, ועד’ז בנדו’ד, שמציאותו של ‘אלעזר’ היא במצב ד’עזרי-ה’].

Et cela peut être lié aussi au nom de Rabbi Eléazar ben Azaria – car comme son nom l’indique : ‘Eléazar’ est un acronyme de E-L Azer (D.ieu aide), et ‘Azaria’ est un acronyme de Azer Y-H (D.ieu aide). Et ‘Eléazar ben Azaria’ est la combinaison des deux ensemble [de manière à ce que l’essentiel soit Azaria, et Eléazar reçoive de (fils) Azaria, ou que l’essentiel soit Eléazar et qu’il soit ‘אלעזר בן עזרי’ ‘fils d’Azaria’, la continuation d’Azaria, et ויפה כח הבן מכח האב ‘la force du fils est meilleure que celle du père’, ou selon l’interprétation de ‘fils libre’, dont l’existence est dans la position et la situation de la liberté, et jusqu’à présent dans l’exil, dont l’existence d’Eléazar’ est dans la position de ‘Azaria’].

היינו, שרבי אלעזר בן עזרי’ יש לו עזר מיוחד מהקב’ה, וכפי שהקב’ה למעלה מעולם – הן משם א-ל (אלעזר), והן משם י-ה (עזרי-ה), ששתי השמות מורים על דרגא שלמעלה מסדר השתלשלות, ועאכו’כ ‘אלעזר בן עזרי’ƒ – שניהם יחד, ומשם מקבל עזר מהקב’ה להיות נשיא ולתת כח לבנ’י לעשות את העבודה ד’יציאת מצרים’, ‘בימים’, ו’בלילות’, עד בימות המשיח ועד ‘להביא לימות המשיח’.

C’est-à-dire que Rabbi Eléazar ben Azaria a une aide spéciale de D.ieu, et comme D.ieu est au-dessus du monde – à la fois du Nom E-L (Eléazar) et du Nom Y-H (Azaria), les deux Noms indiquent un niveau au-dessus de l’ordre de l’enchaînement, et combien plus ‘Eléazar ben Azaria’ – les deux (noms) ensemble, et de là-bas il reçoit l’aide de D.ieu pour être Nassi et donner la force aux enfants d’Israël de faire le travail de ‘la sortie d’Égypte’, ‘dans les jours’ et ‘dans les nuits’, jusqu’aux jours du Machia’h et jusqu’à ‘amener les jours du Machia’h’.

6) תרע’ו – ימי מלחמת העולם הראשונה. תרע’ז — מלחמת האדומים והלבנים ברוסיא.

6) 5676 – Jours de la Première Guerre mondiale. 5677 – Guerre des Rouges et des Blancs en Russie.

7) ע’פ לשון הכתוב — ישעי’ ב, כא.

7) Selon l’expression biblique – Isaïe 2,21.

8) ראה זהר ח’ג סז, ריש ע’ב: בלילה .. בגלותא. וראה גם זהר ח’ב קסג, ב. ח’ג כב, א. רלח, ב. תקו’ז תכ’א (מט, ב). [ועייג’כ סנהדרין צד, א]. וראה תו’א מג’א צד, ד. לקו’ש ח’ז ע’ 41.

8) Voir Zohar vol. 3, 67, début d’Amoud Bet: la nuit… en exil. Voir aussi Zohar vol. 2, 163, b. vol. 3, 22, a. 138, b. 507, 521 (49, b). [Et voir Sanhédrin 90, a]. Voir Tosefta Meguila 4, 4. Likkoutei Sichot vol. 7, p. 41.

9) רמב’ם בפיה’מ ר’פ ערבי פסחים. (שו’ע אדה’ז הל’ פסח סתע’ב ס’ז. וש’גנ,

9) Rambam dans Piyah’M, chapitre sur Erevi Pessahim. (Choul’han Aroukh Admour Hazaken, lois de Pessa’h, 498, 7. Et Chel’Guen,

10) רעיונות, תובנות.

10) Idées, compréhensions.

11) התבוננות ומחשבה מעמיקה.

11) Compréhension et réflexion profonde.

12) ראה לדוגמא: נח יא, ו (כל אשר יזמו לעשות (וברד’ק: יזמו ענין מחשבה). פ’ שופטים יט, יט (כאשר זמם לעשות לאחיו). ועוד.

12) Voir par exemple: Genèse 11:6 (tout ce qu’ils ont décidé de faire (et selon Rashi: ils ont conçu une idée de réflexion). Juges 10:16 (lorsqu’ils ont décidé de faire pour leur frère). Et plus encore.

13) פ’ ראה טז, ג.

13) Parachat Réé 16:3.

14) ראה גם שיחת ליל ב’ דחה’פ תשח’י סי’א (תו’מ חכ’ב ע’ 226).

14) Voir également la Si’ha du deuxième soir de Pessah 5718-1958 Torat Menahem 2, page 226).

15) פסחים קטז, ב (במשנה). נוסח הגש’פ. תניא רפמ’ז.

15) Pessah 116b (dans la Mishnah). La version de de la Haggada de Pessa’h. Tanya début du chapitre 47.

16) ראה תו’א שמות מט, סע’ד ואילך. וארא נז, ב ואילך. יתרו עא, ג ואילך. ובכ’מ.

16) Voir le Torah Or Chemot 49 – chapitre 74 et suite, Vaéra 57-2 et suite, Yitro 71-3 et suite et d’autres endroits.

17) ראה בהמצויין בנרות שבת (ירושלים תש’ה) כרך ג ע’ מב; נא; סו. מנחה ליהודה (ירושלים תש’י) ע’ 2778.

17) Voir dans le livre remarquable ‘Nerot Shabbat’ (Jerusalem 5721) T.3, p. 41a; No. 2778.

18) ראה גם שיחת ליל ב’ דחה’פ תשי’ט ס’י (תו’מ חכ’ה ע’ 208). ש’פ שמות הנ’ל ס’ו (התוועדויות שם ע’ 99).

18) Voir également la discussion du deuxième soir de Pessah dans le Talmud Bavli, Traité Ta’anit 29a (Tosefta, Chapitre 5, page 208). Gershoni Shemot HaNélève, section 5 (Assemblées là-bas, p. 99).

 

Le Nassi du jour « Naphtali » : Jeudi 12 Nissan

Le Nassi du jour « Binyamin » : Lundi 9 Nissan

בַּיּוֹם, הַתְּשִׁיעִי, נָשִׂיא, לִבְנֵי בִנְיָמִן–אֲבִידָן, בֶּן-גִּדְעֹנִי. קָרְבָּנוֹ קַעֲרַת-כֶּסֶף אַחַת, שְׁלֹשִׁים וּמֵאָה מִשְׁקָלָהּ, מִזְרָק אֶחָד כֶּסֶף, שִׁבְעִים שֶׁקֶל בְּשֶׁקֶל הַקֹּדֶשׁ; שְׁנֵיהֶם מְלֵאִים, סֹלֶת בְּלוּלָה בַשֶּׁמֶן–לְמִנְחָה. כַּף אַחַת עֲשָׂרָה זָהָב, מְלֵאָה קְטֹרֶת. פַּר אֶחָד בֶּן-בָּקָר, אַיִל אֶחָד כֶּבֶשׂ-אֶחָד בֶּן-שְׁנָתוֹ–לְעֹלָה. סשְׂעִיר-עִזִּים אֶחָד, לְחַטָּאת. וּלְזֶבַח הַשְּׁלָמִים, בָּקָר שְׁנַיִם, אֵילִם חֲמִשָּׁה עַתֻּדִים חֲמִשָּׁה, כְּבָשִׂים בְּנֵי-שָׁנָה חֲמִשָּׁה: זֶה קָרְבַּן אֲבִידָן, בֶּן-גִּדְעֹנִי.

Au neuvième jour, le phylarque des enfants de Benjamin, Abidan, fils de Ghideoni. Son offrande : une écuelle d’argent, du poids de cent trente sicles ; un bassin d’argent de soixante-dix sicles, au poids du sanctuaire, tous deux remplis de fleur de farine pétrie à l’huile, pour une oblation ; une coupe de dix sicles, en or, pleine de parfum ; un jeune taureau, un bélier, un agneau d’un an, pour holocauste ; un jeune bouc, pour expiatoire ; et, pour le sacrifice de rémunération, deux taureaux, cinq béliers, cinq boucs, cinq agneaux d’un an. Telle fut l’offrande d’Abidan, fils de Ghideoni.

יְהִי רָצוֹן מִלְפָנֶיךָ יְיָ אֳלֹהַי וֵאלהֵי אֲבוֹתַי שֶׁתָּאִיר הָיוֹם בְּחַסְדְּךָ הַגָּדוֹל עַל נִשְׁמַתִין קָדִּישִׁין דְּמִתְחַדְשִׁין כְּצִפָּרִים וּמְצַפְצְפִין וּמְשַׁבְּחִין וּמְצַלְּאִין עַל עַמָּא קַדִּישָׁא יִשְׂרָאֵל. רִבּוֹנוֹ שֶל עוֹלָם תַּכְנִיס וּתְעַיֵיל הַנַּךְ צִיפָרֵי קַדִּישֵׁי לַאֲתַר קַדִּישָׁא דְּאִיתְמַר עֲלֵייה עַיִן לֹא רָאֲתָה אֳלֹהִים זוּלָתֶךָ. יְהִי רָצוֹן מִלְּפָנֶיךָ יְיָ אֱלֹהַי וֵאלֹהֵי אֲבוֹתַי שֶׁבְּאִם אֲנִי עַבְדְּךָ מִשֵּׁבֶט בִנְיָמִן שֶׁקָּרָאתִי בְּתוֹרָתֶךָ פַּרְשָׁה שֶׁל הַנָּשִׁיא הַיוֹם אֲזַי יָאִירוּ נָא עָלַי כָּל נִיצוֹצִין קַדִּישִׁין וְכָל הָאוֹרוֹת הַקְּדוֹשׁוֹת הַכְּלוּלוֹת בִּקְדוּשַׁת זֶה הַשֵּׁבֶט לְהָבִין וּלְהַשְׂכִּיל בְּתוֹרָתֶךָ וּבְיִרְאָתֶךָ לַעַשׂוֹת רֱצוֹנְךָ כָּל יְמֵי חַיַי אֲנִי וְזַרְעִי וְזֶרַע זַרְעִי מֵעַתָּה וְעַד עוֹלָם אָמֵן:

Puisse être Ta volonté, Éternel mon D.ieu et D.ieu de mes pères, que dans Ta grande bonté Tu éclaires les âmes saintes qui se renouvellent comme des « oiseaux » et chantent et disent des louanges et prient au nom du peuple saint d’Israël. Maître du monde, recueille et fait entrer ces « oiseaux » sacrés dans le lieu saint dont il est dit : « Aucun œil ne l’a vu, sauf toi, ô Dieu. » Puisse être Ta volonté, Éternel mon D.ieu et D.ieu de mes pères, que si moi, Ton serviteur, je suis de la tribu de Benjamin dont j’ai lu aujourd’hui dans Ta Torah la section du Nassi, que toutes les « étincelles » saintes et toutes les illuminations saintes qui sont incluses dans la sainteté de cette tribu brillent sur moi, pour me donner la compréhension et l’intelligence dans Ta Torah et la crainte de Toi, pour accomplir Ta volonté tous les jours de ma vie, moi et mes enfants et les enfants de mes enfants, de maintenant à jamais. Amen.

 

 

 

76 années de la Nessiyout – 76 Tanks de Mitsvot à l’assaut de New York pour le 124e anniversaire du Rabbi

76 années de la Nessiyout – 76 Tanks de Mitsvot à l’assaut de New York pour le 124e anniversaire du Rabbi

 

Dimanche 11 Nissan 5786 (29 mars 2026), 76 chars des Mitsvot défileront depuis le 770 en direction de Manhattan, marquant les 76 ans de la Nessiyout du Rabbi. Staffés par des Tankistim venus de Yechivot du monde entier, ils sillonneront les cinq boroughs de New York pour poser des Téfilines, distribuer des bougies de Chabbat et remettre des Matsot par milliers. Un déploiement de lumière en plein cœur de la métropole la plus peuplée d’Amérique, à la veille de Pessa’h.

 

 

 

Des chars nés d’une guerre, une mission qui ne s’est jamais arrêtée

En 1974, alors que la guerre du Kippour plongeait Israël dans le deuil et l’incertitude, le Rabbi fit un choix audacieux : envoyer ses propres chars au combat. Non pas des engins d’acier et de poudre, mais des véhicules chargés de Mitsvot, de Téfilines et de chaleur humaine. Cinquante ans plus tard, la mission n’a rien perdu de son urgence.

À l’occasion du 124e anniversaire du Rabbi, l’Organisation des chars des Mitsvot mobilise 76 Tanks des Mitsvot — un chiffre symbolique évoquant les 76 années de la Nessiyout — qui partiront de Kingston Avenue avant de défiler devant le 770 et de converger vers Manhattan. De là, ils se disperseront dans toute la ville pour toucher des centaines de Juifs : téfilines sur le bras, bougies de Chabbat entre les mains, Matsot pour préparer le Seder.

Le choix du jeudi : stratégie et impact

Bien que le Youd Aleph Nissan tombe cette année un dimanche, le défilé a délibérément été fixé au jeudi. La raison est simple et efficace : un jeudi ordinaire, plus de trois millions de personnes affluent dans les rues de Manhattan pour rejoindre leur lieu de travail. Le flux de piétons est incomparablement plus dense qu’un dimanche calme. Les Tankistim disposent ainsi d’un terrain de mission infiniment plus fertile pour toucher le maximum de Juifs en un minimum de temps.

La lumière comme arme, la Mitsva comme front

« Le moment où les chars passent devant le 770 est le plus précieux de tous », confie le Rav Mordy Hirsch, directeur exécutif de l’Organisation des chars des Mitsvot. « Des chars chargés de Matsot, de Téfilines et de bougies de Chabbat, prêts à se déployer dans les cinq boroughs pour conquérir New York avec la Torah et les Mitsvot. »

Son co-directeur, le Rav Moïchy Schmukler, insiste sur la dimension spirituelle du combat : « Le Rabbi a été clair : nous combattons avec la lumière. Les Téfilines, les Matsot et les bougies de Chabbat sont nos armes. Et le Youd Aleph Nissan, nous les déployons à la plus grande échelle possible. »

Dans le contexte des épreuves que traverse actuellement Erets Israël, le défilé prend une résonance toute particulière. Ces chars qui roulent dans les rues de New York ne sont pas de simples opérations de sensibilisation : comme les blindés sur un champ de bataille, les chars des Mitsvot sont en première ligne.

Comment participer à cette offrande au Rabbi

L’Organisation des chars des Mitsvot, sous l’égide de la Loubavitch Youth Organization, appelle l’Anach et les Chlou’him du monde entier à s’associer à ce magnifique cadeau offert au Rabbi à l’occasion de son anniversaire.

Saluer le défilé : rejoindre l’angle de Kingston Avenue et President Street, ou directement devant le 770, ce jeudi 26 mars (8 Nissan), à 10h30 du matin, pour acclamer les chars et les Tankistim au moment de leur départ à la conquête de la ville.

Soutenir financièrement : aider à placer des Matsot dans les mains de chacun et des Téfilines sur le bras de chaque Juif en contribuant à la collecte de 124 000 dollars qui rendra ce défilé possible, sur TankParade.com.

Être acteur de cette offrande au Rabbi, rejoindre les premières lignes et hâter la venue de Machi’ah — maintenant.