Israël décapite le régime de Téhéran : Ali Larijani et le chef des Bassidj éliminés cette nuit

Israël décapite le régime de Téhéran : Ali Larijani et le chef des Bassidj éliminés cette nuit

Dans une opération aérienne d’une envergure sans précédent, l’armée de l’air israélienne a frappé simultanément Téhéran, Chiraz et Tabriz, éliminant deux des hommes les plus puissants du régime iranien : Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, et Gholam Reza Soleimani, commandant des forces Bassidj. Le ministre de la Défense Israël Katz a annoncé ces éliminations lors d’une réunion d’évaluation de situation au quartier général des opérations, affirmant qu’ils ont « rejoint Khamenei dans les profondeurs de l’enfer ». Cette frappe marque une nouvelle escalade décisive dans la campagne israélienne visant à démanteler les capacités stratégiques de l’axe iranien.

 

 

 

Une frappe sur trois fronts simultanés

Ce mardi matin, lors d’une réunion d’évaluation dramatique tenue dans la salle des opérations souterraine, le ministre de la Défense Israël Katz, aux côtés du chef d’état-major, le général de corps d’armée Eyal Zamir, et des hauts responsables de Tsahal, a confirmé l’élimination de deux des personnalités les plus influentes du sommet du pouvoir à Téhéran.

Des dizaines d’avions de combat de l’armée de l’air israélienne, guidés par le renseignement militaire (Aman), ont mené une vaste campagne de frappes sur trois zones distinctes — Téhéran, Chiraz et Tabriz — à quelque 1 600 kilomètres des frontières d’Israël. L’un des objectifs principaux était un complexe de tentes où se trouvaient des hauts responsables iraniens.

À Téhéran, des dizaines de munitions ont été larguées sur les sièges du ministère du Renseignement et des Bassidj, ainsi que sur des sites de stockage et de lancement de missiles balistiques et de drones. À Chiraz, le quartier général du commandement de la sécurité intérieure a été détruit. À Tabriz, des systèmes de défense antiaérienne de pointe ont été anéantis, avec pour objectif de renforcer encore la supériorité aérienne de Tsahal dans le ciel de la République islamique. Le bureau du Premier ministre a également diffusé des images saisissantes du moment où Benyamin Netanyahou a donné l’ordre aux pilotes de s’envoler pour leur mission.

Larijani : l’architecte stratégique du régime, éliminé

Ali Ardeshir Aamoli Larijani, éliminé cette nuit, occupait le poste de secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale depuis août 2025. Il était considéré comme le principal stratège du régime et l’un des conseillers les plus proches du Guide suprême défunt, Khamenei. Pas plus tard que lors du dernier week-end, Larijani était apparu lors d’un rassemblement pour la « Journée de Jérusalem », défiant ouvertement le président américain avec ces mots : « Trump ne comprend pas que notre peuple est fort. »

Le Premier ministre Benyamin Netanyahou et le ministre Katz avaient donné instruction à Tsahal de « continuer à traquer la direction du régime de terreur et d’oppression en Iran, de trancher encore et encore la tête de la pieuvre et de ne pas la laisser repousser ». Katz a précisé que, dès l’aube à Washington, le président Trump serait informé que le rythme du renouvellement de la direction à Téhéran ne cesse de s’accélérer.

Un parcours au cœur du pouvoir islamique

Né en 1957 à Najaf, au sein d’une famille de clercs chiites qui s’installa ensuite à Qom, Ali Larijani y étudia l’informatique. Dans les années 1970, il s’allia par mariage à la famille de Rouhollah Khomeini, futur fondateur de la République islamique — une connexion qui devait considérablement favoriser son ascension.

Après la Révolution islamique de 1979, Larijani rejoignit officiellement les Gardiens de la Révolution islamique et gravit les échelons du commandement durant la guerre Iran-Irak. Il occupa notamment les fonctions de chef d’état-major des Gardiens de la Révolution et de président de l’organisation nationale de radiodiffusion du régime. Dans les années 1990, il fut nommé membre du Conseil de sécurité nationale et représentant du Guide suprême Ali Khamenei au sein de cette instance.

En 2005, il fut nommé secrétaire du Conseil de sécurité nationale, poste qu’il occupa jusqu’à sa démission à la suite d’un différend avec le président Mahmoud Ahmadinejad sur la gestion du programme nucléaire. En 2008, Larijani fut nommé président du Parlement, fonction qu’il exerça jusqu’en 2019, tout en supervisant parallèlement le pouvoir judiciaire. Il tenta également de se présenter aux élections présidentielles, mais fut écarté par le Conseil des gardiens chargé de valider les candidatures.

Qualifié par le New York Times de « dirigeant de facto de l’Iran » depuis l’élimination du Guide suprême Ali Khamenei, Larijani incarnait à la fois la mémoire institutionnelle et la continuité stratégique du régime. Sa mort a été démentie par les médias officiels iraniens, qui ont diffusé une lettre présentée comme rédigée de sa main — un démenti auquel un haut responsable israélien a répondu sans ambiguïté : « Il n’a aucune chance d’avoir survécu à cette frappe. »

Le chef des Bassidj éliminé avec son adjoint

Aux côtés de Larijani a également été éliminé Gholam Reza Soleimani, commandant de l’unité des Bassidj. Les forces Bassidj constituent la principale force chargée de la répression brutale des manifestations intérieures en Iran, recourant à la violence et aux arrestations massives. Son adjoint et le commandant des Bassidj de Chiraz ont également été tués lors de la même opération. L’élimination de Soleimani représente un coup dévastateur pour la capacité du régime à contrôler et à réprimer sa propre population.

Des cadres du Djihad islamique aussi visés, à Qom

En parallèle, le renseignement israélien a également bouclé le dossier des tentacules terroristes palestiniennes, selon notre correspondant aux affaires militaires Hillel Biton-Rosen. Des forces israéliennes ont frappé dans la région de Qom un complexe souterrain fortifié servant de refuge à des hauts responsables du Djihad islamique. Parmi les cibles figuraient Akram Ajouri, numéro 2 de l’organisation et chef de sa branche militaire, ainsi que Mohammad Al-Hindi. Ajouri, qui avait survécu à des tentatives d’élimination en Syrie, se trouvait très probablement dans le complexe de tentes ou dans le bunker bombardé.

Le chef d’état-major Zamir a précisé lors de l’évaluation de situation : « Des responsables impliqués dans des activités terroristes en provenance de Gaza et de Yehouda-Shomron, qui se cachaient dans une planque à Téhéran, ont été neutralisés. La campagne contre le Hezbollah et l’élimination des menaces pesant sur les localités du Nord restent un front d’action central. »

La lutte de pouvoir interne au régime iranien

Ces éliminations surviennent dans un contexte de crise politique intérieure profonde en Iran depuis la liquidation de Khamenei père. Selon notre correspondant Dror Blezade, le système iranien était divisé en deux camps ennemis : le camp de Mojtaba Khamenei, ligne dure associée aux Gardiens de la Révolution, et le camp des Larijani — Ali et son frère Sadeq — considérés comme des figures davantage « pragmatiques », selon les critères iraniens, qui poussaient à des accords avec l’Occident afin de préserver leur fortune personnelle.

Dans le camp de Mojtaba, on avait récemment tenté de monter des dossiers judiciaires pour écarter les frères Larijani des cercles du pouvoir. Désormais, avec l’élimination par Israël de la direction du camp Larijani, l’équilibre des forces internes en Iran devrait connaître un bouleversement dramatique, tandis que le régime tente de survivre à la fois aux coups qui lui sont portés de l’extérieur et aux convulsions qui le déchirent de l’intérieur.

Zamir : « Nous continuerons à agir avec détermination »

Le chef d’état-major a tenu ce matin une réunion d’évaluation et s’est exprimé sur l’opération : « Tsahal continue d’agir avec puissance contre une série de cibles en Iran. Parallèlement aux frappes et à l’usure continue des capacités militaires et des capacités de production industrielle, nous agissons contre les éléments des Gardiens de la Révolution et les organes de répression du régime. »

« Cette nuit encore, des résultats significatifs d’élimination ont été enregistrés, susceptibles d’influencer les acquis de la campagne et les missions de Tsahal. Cela s’ajoute aux éliminations effectuées ces derniers jours en Iran contre des acteurs extérieurs, liés également au front palestinien. »

Zamir a ajouté : « Nous poursuivons la concentration des forces et l’élargissement de l’action terrestre. La coopération entre Tsahal et le Commandement central de l’armée américaine continue de se renforcer, et les opérations conjointes contribuent à l’amplification des résultats opérationnels. Nous continuerons à agir avec détermination pour écarter les menaces pesant sur les habitants de l’État d’Israël. »raël. »

Etats-Unis : Le gouverneur de l’Ohio proclame le 11 Nissan, «Jour de l’Éducation», en l’honneur du Rabbi

Etats-Unis : Le gouverneur de l’Ohio proclame le 11 Nissan, «Jour de l’Éducation», en l’honneur du Rabbi

 

Le gouverneur de l’Ohio, Mike DeWine, et le maire de Cincinnati, Aftab Pureval, ont signé des proclamations officielles désignant le 11 Nissan 5786 (2026), jour de naissance du Rabbi, comme « Jour de l’Éducation » pour l’État et la ville. Une délégation de Chlou’him locaux et de talmidim a accompagné le Rav Guershon Avtzon, de la Yechiva Loubavitch de Cincinnati, lors d’une visite historique à l’hôtel de ville. Ces proclamations symbolisent la reconnaissance officielle de l’héritage éducatif du Rabbi par les autorités civiles américaines.

 

 

Une délégation au cœur des institutions civiques

À l’occasion du 11 Nissan, une délégation composée de Chlou’him locaux et de talmidim s’est rendue à l’hôtel de ville de Cincinnati en compagnie du Rav Guershon Avtzon, directeur de la Yechiva Loubavitch de Cincinnati. Accueillis par des membres du conseil municipal, les représentants de la communauté Habad ont reçu la proclamation officielle du « Jour de l’Éducation », signée personnellement par le maire Aftab Pureval en l’honneur du 11 Nissan.

Un parcours dans les municipalités locales

La délégation a ensuite poursuivi sa visite auprès des municipalités environnantes, où d’autres maires ont signé à leur tour des proclamations officielles. Ces reconnaissances institutionnelles témoignent de l’influence croissante des idéaux éducatifs du Rabbi au sein des communautés civiles de la région.

La proclamation officielle de l’État de l’Ohio

Ces proclamations municipales s’inscrivent dans le prolongement de la proclamation solennelle signée par le gouverneur de l’Ohio, Mike DeWine, et le lieutenant-gouverneur Jim Tressel, le 29 mars 2026, au nom et par l’autorité de l’État de l’Ohio.

Le document officiel rappelle, en premier lieu, que l’excellence dans l’éducation est essentielle à la prospérité de l’État, et que l’Ohio s’engage à offrir à chaque enfant et à chaque adolescent une formation de qualité. Il souligne ensuite que l’éducation, en préparant les élèves aux responsabilités et aux défis de l’avenir, développe l’intellect à travers l’apprentissage de la lecture, des mathématiques et des sciences.

L’héritage éducatif du Rabbi reconnu par les autorités

La proclamation rend un hommage appuyé au Rabbi, Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, dont elle souligne qu’il a consacré son existence entière à l’amélioration de la condition humaine et n’a cessé de plaider pour une meilleure éducation au bénéfice de l’ensemble des Américains. Elle rappelle également l’une des convictions profondes du Rabbi : l’éducation ne saurait se limiter à l’acquisition de connaissances ou à la préparation d’une carrière. Elle doit également former le caractère, en s’appuyant sur les valeurs morales et éthiques universelles qui constituent le fondement de toute société civilisée et pacifique.

« Education and Sharing Day » : une reconnaissance du Congrès américain

La proclamation rappelle enfin que le Congrès des États-Unis a institué le « Education and Sharing Day, USA » comme journée nationale annuelle, afin de commémorer les accomplissements du Rabbi et de perpétuer les idéaux qu’il a transmis au monde entier. Signée au bas du document par le gouverneur Mike DeWine et le lieutenant-gouverneur Jim Tressel, cette proclamation constitue une reconnaissance institutionnelle sans précédent de l’influence du Rabbi sur les valeurs éducatives de l’Amérique.

Le paradoxe Javier Milei : quand les enseignements du Rabbi deviennent la boussole du renouveau argentin

Le paradoxe Javier Milei : quand les enseignements du Rabbi deviennent la boussole du renouveau argentin

 

Le lundi 9 mars 2026, Javier Milei, président de l’Argentine, a été accueilli par une ovation debout à l’Université Yechiva de New York, où il a disserté pendant plus d’une heure et demie devant quelque cinq cents étudiants orthodoxes, déclarant sans ambages : « Nous allons gagner la guerre » contre l’Iran, au lendemain d’une visite au Ohel du Rabbi de Loubavitch. Convoquant les enseignements du Rabbi, la mort de Machiavel et les maîtres de l’École autrichienne d’économie dans un même souffle, ce dirigeant non juif a livré une vision du leadership où la morale précède l’efficacité.

 

 

Une ovation dans l’auditoire Lamport

Le lundi 9 mars 2026, l’auditoire Lamport de l’Université Yechiva, niché dans le quartier de Washington Heights à Manhattan, a vécu une scène peu ordinaire. Dès que Javier Milei a franchi les portes de la salle, quelque cinq cents étudiants — en majorité des jeunes hommes orthodoxes — se sont levés d’un seul mouvement pour l’acclamer. « Presidente, presidente », scandaient-ils, avant de l’accueillir au cri de « ¡Viva la libertad, carajo ! », formule fétiche du dirigeant argentin, reprise avec un enthousiasme déconcertant au cœur d’une institution académique parmi les plus respectées du monde juif. Accompagné en première rangée de sa sœur et secrétaire générale de la présidence Karina Milei, du chef de cabinet Manuel Adorni et du chancelier Pablo Quirno, le président a pris place avec la décontraction d’un homme visiblement chez lui — ce qui, au fond, dit beaucoup de la nature de son rapport au judaïsme.

Cette visite à l’Université Yechiva constituait l’unique étape académique d’un voyage de trois jours à New York, consacré au renforcement des liens économiques avec les leaders financiers américains. En choisissant cette institution comme seule halte universitaire, Milei a souligné l’importance primordiale qu’il accorde à ce pilier de la transmission des valeurs qu’il admire.

La veille au Ohel : une fidélité qui ne se dément pas

La journée du dimanche précédant la conférence avait déjà donné la tonalité du séjour. Milei s’était rendu au Ohel du Rabbi à Queens, accompagné de sa sœur, de plusieurs ministres et même d’un gouverneur péroniste — détail qui n’a pas manqué de faire sourire les observateurs argentins. Cette visite au mausolée du septième Rabbi de Loubavitch est devenue, au fil des ans, un rituel quasi immuable de chacun de ses passages à New York.

C’est justement cette fidélité qui avait frappé le Rav Ari Berman, recteur de l’Université Yechiva, lors de leur première rencontre à la cérémonie d’investiture de Donald Trump. Le Rav Berman a confié à l’auditoire qu’il avait été profondément ému de voir le président argentin porter sur lui une image du Rabbi de Loubavitch. Il a décrit le rapport de Milei à la Torah non comme un geste symbolique, mais comme un engagement sincère et approfondi. « Sa rigueur et sa valeur morale sont liées à son étude de la Torah, qui va au-delà du simple sionisme », a-t-il dit, avant d’ajouter que la présence de Milei réaffirmait le lien entre leadership et moralité. En présentant son hôte, le Rav Berman a également cité Golda Meir comme figure tutélaire du judaïsme mondial, plaçant d’emblée la soirée sous le signe des grandes figures de l’histoire juive.

« Le président le plus sioniste au monde » : un engagement sans précédent

Avant même d’entrer dans le vif de son exposé, Milei a tenu à clarifier sa position géopolitique avec une franchise qui n’appartient qu’à lui. « Je suis fier d’être le président le plus sioniste au monde », a-t-il lancé, déclenchant une nouvelle salve d’applaudissements. Ce n’est pas la première fois qu’il prononce cette formule, mais dans le contexte d’une escalade militaire en cours au Moyen-Orient, à la suite des frappes conjointes américano-israéliennes contre le régime iranien, les mots résonnaient d’une urgence particulière.

Cet engagement dépasse largement le cadre des communiqués de presse. En avril 2024, la communauté Loubavitch de Surfside, en Floride, lui avait décerné le prix « Ambassadeur international de la Lumière ». En septembre 2025, à New York, il avait reçu aux côtés de Benjamin Netanyahou la Médaille d’or présidentielle de B’nai B’rith International, la plus haute distinction de cette institution. Entre-temps, il avait reçu en Israël le Prix Genèse — surnommé le « Nobel juif » — assorti d’un million de dollars qu’il avait intégralement reversé à la création de l’AFOIA, une organisation dédiée au renforcement des liens diplomatiques, économiques et culturels entre Israël et l’Amérique latine. Son voyage prévu en Israël en avril, lors duquel il comptait officialiser le transfert de l’ambassade argentine de Tel Aviv à Jérusalem, a été suspendu en raison du conflit en cours — une promesse qu’il a réitérée depuis la tribune new-yorkaise.

L’Iran, ennemi déclaré : « Nous allons gagner »

C’est dans ce contexte de guerre ouverte que Milei a prononcé les mots qui ont le plus résonné au-delà des murs de l’auditoire Lamport. Interrogé en fin de séance sur l’issue du conflit, il n’a pas hésité une seconde : « Nous allons gagner. » Il l’a répété, comme pour dissiper tout doute. « L’Iran ne m’est pas sympathique. Ils nous ont mis deux bombes — une à l’AMIA et une à l’ambassade d’Israël. Ce sont donc nos ennemis. Et j’ai en plus une alliance stratégique avec les États-Unis et Israël », a-t-il expliqué, ancrant son alignement géopolitique dans la mémoire douloureuse des attentats qui ont endeuillé la communauté juive d’Argentine. Il a également évoqué la tentative d’assassinat de Donald Trump : « Le monde a été sauvé à un centimètre près. » Sa lecture de la géopolitique régionale ne manquait pas de relief : pour lui, l’Argentine se trouve « du bon côté de l’histoire pour la première fois depuis quatre-vingts ans ». Il a également annoncé ce qu’il appelle « la cerise sur le gâteau » du rééquilibrage mondial en cours : la libération de Cuba.

 

 

La sagesse du Rabbi : faire descendre le paradis sur Terre

Interrogé par le Rav Ari Berman sur les conseils qu’il prodiguerait aux étudiants s’apprêtant à embrasser une carrière publique, Javier Milei a convoqué la figure du Rabbi pour illustrer sa philosophie de l’action.

« Comme le disait le Rabbi, il ne s’agit pas seulement de chercher une guidance pour atteindre le paradis, mais de faire descendre le paradis sur Terre. »

Cette formule, en apparence simple, recèle en réalité l’une des idées les plus révolutionnaires de la pensée ‘hassidique loubavitchienne : le concept de Dirah Betachtonim — littéralement, « une demeure dans les mondes inférieurs ». Ce principe, fondé sur une sentence du Midrash Tan’houma selon laquelle D.ieu a désiré s’établir une demeure dans les royaumes d’en bas, constitue la clé de voûte de toute la théologie du Rabbi de Loubavitch. Loin d’être une abstraction mystique réservée aux érudits, cette idée renverse l’ordre conventionnel de la religiosité : ce n’est pas l’homme qui doit s’élever vers le ciel par la méditation ou le retrait du monde, c’est le divin lui-même qui aspire à se révéler pleinement dans la matière, dans le quotidien, dans l’action concrète.

Pour saisir l’audace de cette vision, il faut mesurer ce qu’elle subvertit. La sagesse spirituelle classique tend à hiérarchiser les formes de dévotion : la prière contemplative et l’étude abstraite seraient supérieures à l’acte physique, le monde de l’âme l’emporterait sur le monde des corps. Le Rabbi a précisément inversé cette hiérarchie. C’est dans les lieux les plus éloignés de tout centre religieux, dans les actes les plus ordinaires — nouer des Téfilines, accrocher une Mezouza, allumer des bougies de Chabbat — que l’Essence de D.ieu se manifeste avec le plus d’intensité. Ce monde n’est pas un vestibule : il est le palais lui-même.

C’est de cette conviction théologique que découle directement la stratégie du Rabbi : envoyer des Chlou’him aux quatre coins de la planète, non pour fuir le monde mais pour le sanctifier de l’intérieur, pour en faire le lieu d’une présence divine rendue tangible par les actes humains. Le but n’est pas de quitter la Terre pour atteindre le Ciel, mais de transformer la Terre jusqu’à ce qu’elle devienne le Ciel.

Javier Milei a saisi dans cet enseignement bien plus qu’une belle métaphore spirituelle : il y a trouvé une véritable grammaire de l’action politique. Pour lui, gouverner selon ce principe signifie refuser la séparation stérile entre idéal et réalité, entre principes moraux et décisions concrètes. La liberté économique qu’il défend avec une intransigeance que d’aucuns qualifient de fanatique, il la conçoit non comme une doctrine froide, mais comme l’expression terrestre d’un impératif moral : rendre à chaque être humain la dignité de construire sa propre existence.

Machiavel est mort : la morale comme politique d’État

Au fil de son exposé — dont l’ossature nourrira son prochain livre, intitulé « La morale comme politique d’État » —, Milei a développé sa conviction la plus profonde : la morale doit précéder l’efficacité, y compris en politique. Reprenant un thème déjà développé au Forum de Davos, il a lancé une formule qui a déclenché une nouvelle ovation debout : « Tout ne vaut pas pour gagner une voix. Et c’est pourquoi je le répète : Machiavel est mort, et il est temps de l’enterrer. » Lorsque les applaudissements se sont apaisés, il a poursuivi en revendiquant la philosophie grecque et romaine comme antidote à la décadence occidentale.

« Il faut faire ce qui est juste. Lorsqu’on agit justement, des miracles se produisent. On peut réduire les dépenses publiques de trente pour cent en un mois et quand même gagner les élections par un triomphe retentissant », a-t-il assuré, allusion directe à la trajectoire de son propre gouvernement, qu’il a qualifié de « l’exécutif le plus réformiste non seulement de l’histoire de l’Argentine, mais de l’histoire de l’humanité ». Il a également brocardé les modèles économétriques de ses collègues avec l’ironie dont il est coutumier : « On ne trouve plus de LSD nulle part — les économistes l’ont tout pris. » L’auditoire a ri de bon cœur. Se souvenant de ses études rabbiniques, il a reconnu en plaisantant regretter de ne pas avoir apporté sa propre kippa. Ses références intellectuelles habituelles étaient au rendez-vous : l’économiste espagnol Jesús Huerta de Soto et le libéral argentin Alberto Benegas Lynch, deux piliers de l’École autrichienne qu’il cite comme complémentaires des maîtres de la Torah.

Une foi inébranlable dans la résilience du peuple juif

Abordant les fractures du monde actuel, Milei a mis en garde contre les alliances entre mouvements socialistes et forces islamistes depuis les tragédies du 7 octobre. Sa voix — celle d’un dirigeant sud-américain s’exprimant au cœur d’une New York traversée par ses propres tensions, où un engin explosif avait été lancé le week-end précédent contre la résidence officielle du maire — portait une résonance toute particulière.

« Vous ne pourrez jamais vaincre un peuple qui vit et honore la vie de cette façon. »

Cette déclaration, empreinte d’une certitude historique absolue, ne se veut pas seulement un message de solidarité. C’est l’affirmation d’une foi inébranlable dans la résilience d’un peuple dont les racines morales lui permettent de traverser toutes les tempêtes. Pour Milei, la survie du peuple juif est le garant de la survie des valeurs de liberté qu’il défend.

La gala Algemeiner : « Guerrier de la vérité »

La journée du 9 mars ne s’est pas achevée avec la conférence. En soirée, Milei a participé à la douzième Gala annuelle J100 de l’Algemeiner, un quotidien new-yorkais qui honore chaque année des personnalités ayant exercé une influence positive sur la vie juive. Il y a reçu le prix « Guerrier de la vérité » et a déclaré depuis le podium : « J’apporte tout mon soutien aux États-Unis et à Israël — deux nations qui ont eu le courage de mettre fin à un régime qui menaçait de déstabiliser le monde entier. » Parmi les autres personnalités honorées figuraient le chanteur de heavy metal David Draiman et le financier américain Boaz Weinstein. La présidente de la communauté de Madrid, Isabel Díaz Ayuso, comptait également parmi les invités de marque. Les entrées à cette gala oscillaient entre 3 600 et 500 000 dollars selon le niveau d’accès — un détail qui dit quelque chose de l’écosystème dans lequel Milei évolue désormais avec une aisance croissante.

Une nouvelle vision du leadership ?

Le passage de Javier Milei à l’Université Yechiva marque une synthèse fascinante entre stratégie économique, exercice du pouvoir et aspiration spirituelle. En reliant l’efficacité du leadership à la fidélité envers des principes ancestraux, il propose un modèle où la morale n’est plus une contrainte, mais le moteur même de la réussite nationale et internationale.

Une question demeure, provocatrice : l’intégration délibérée de valeurs morales traditionnelles pourrait-elle être la clé pour stabiliser une gouvernance moderne en quête de repères ? Tandis que le monde cherche de nouveaux modèles, Milei suggère que les solutions les plus innovantes se trouvent peut-être dans les textes les plus anciens.nciens.

La Hatslatsa Bazman : le secret d’habiter pleinement chaque instant de sa vie

La Hatslatsa Bazman : le secret d’habiter pleinement chaque instant de sa vie

 

À Léningrad, quelques instants avant un voyage vers Moscou chargé de dangers mortels, notre Rabbi demeura assis dans un calme parfait, entièrement absorbé par la tâche qui l’occupait à cet instant précis, sans que rien ne trahît la moindre agitation. Cette sérénité prodigieuse illustre un concept transmis de maître en disciple au cœur de la tradition loubavitch : la « Hatslatsa Bazman » — le succès dans le temps —, cette faculté rare de consacrer toute son âme à l’action présente, sans être troublé ni par le passé ni par l’avenir. À travers l’exemple éloquent du Rachba, éminent décisionnaire médiéval qui conjuguait chaque jour trois cours de Torah, une intense activité médicale, d’innombrables responsa et même une promenade quotidienne, cette Si’ha du Rabbi révèle les fondements d’une existence pleinement accomplie.

 

 

 

Une visite à Léningrad sous le joug des persécutions

Je me rendis un jour auprès du maître de la Hilloula [du 12-13 Tamouz], mon maître et beau-père, notre Rabbi — alors qu’il se trouvait à Léningrad, la ville qui ne s’appelait plus « Pétersbourg » mais « Léningrad » —, dans la soirée même où il devait quitter Léningrad pour Moscou.

Il faut rappeler le contexte : c’était l’époque où les persécutions et les décrets contre la pratique juive étaient déjà bien établis. Chaque déplacement de notre Rabbi d’une ville à l’autre donnait lieu à une surveillance accrue de la part de la « Boulchta » [la police secrète soviétique]. Ceux-ci savaient que même lorsqu’il demeurait chez lui, dans sa chambre, il s’employait à la diffusion du judaïsme et des sources [du hassidisme] ; a fortiori ses voyages d’une ville à l’autre étaient indubitablement liés à cette mission sacrée — avec encore plus de vigueur et d’intensité —, au point qu’il ne pouvait confier cette tâche à quiconque et devait se déplacer lui-même. Cela valait d’autant plus pour un voyage à Moscou, qui était alors la capitale. De surcroît, il était désormais évident que leur patience était épuisée et qu’ils ne pouvaient plus tolérer son activité dans la diffusion du judaïsme ; ils avaient décidé qu’il fallait passer à l’action… Et pourtant, notre Rabbi poursuivait ses activités, avec toujours plus de vigueur et d’intensité.

Un calme intérieur déconcertant

Lorsque j’entrai dans sa chambre — il n’y avait alors personne d’autre que notre Rabbi —, c’était peu de temps avant qu’il ne quitte son appartement, rue Makhavaïe 22, pour se rendre à la gare d’où partirait le train pour Moscou. Je le vis assis dans un calme parfait, comme au milieu d’un jour ordinaire sans événements particuliers, sans que rien ne laissât transparaître la moindre agitation, pleinement absorbé par un sujet qui requérait toute son attention et sa réflexion.

Il est vrai que le cerveau gouverne le cœur — comme l’enseigne notre maître l’Admour, dans le Tanya, que « le cerveau est maître sur le cœur par nature », en citant le Zohar dans le Raya Mehemna — mais jusqu’à ce point ?!…

La question que je ne pus retenir

Je ne pus me contenir et demandai : jusqu’à ce point ?!

Notre Rabbi me raconta alors ce qu’il avait entendu — apparemment de son père, notre Rabbi l’Admour [Rachab] de bienheureuse mémoire —, au nom de l’Admour Mahar »ach : il existe un concept que l’on nomme « Hatslatsa Bazman » — le succès dans le temps.

Le secret du succès dans le temps

En d’autres termes : bien qu’il soit impossible d’allonger la durée d’un jour ou d’une nuit, il est en revanche possible, à l’intérieur même du temps, d’atteindre un niveau de réussite sans commune mesure — en tirant le meilleur parti de chaque instant dans toute la mesure du possible. Cela est possible lorsqu’un homme parvient à agir de telle manière que, lorsqu’il est occupé à une chose, toutes les autres — qu’il ait faites auparavant ou qu’il devra accomplir par la suite —, si elles ne sont pas liées à ce dont il s’occupe à cet instant précis, sont pour lui comme si elles n’existaient pas. Ainsi, même quand il ne s’agit que d’un bref instant, puisqu’aucune pensée ni aucune préoccupation ne le distrait — ni du passé ni de l’avenir —, il lui est possible de vivre cet instant dans toute sa plénitude. C’est cela que l’on appelle la Hatslatsa Bazman.

L’exemple lumineux du Rachba

L’illustration de ce concept — semble-t-il également au nom de l’Admour Mahar »ach — est tirée de la conduite du Rachba [Rabbi Chelomo ben Aderet, éminent décisionnaire espagnol, 1235-1310 (4995-5070)]. Celui-ci donnait chaque jour trois cours d’étude de la Torah ; il répondait en outre à un très grand nombre de questions halachiques — comme en témoigne la seule partie conservée de ses responsa, dont le volume est déjà considérable — ; il était par ailleurs médecin et soignait des malades au sens propre du terme ; et en plus de tout cela, il sortait se promener chaque jour ! Il va de soi que tout cela s’ajoutait à la prière, aux études personnelles de Torah et aux obligations incombant à chaque membre du peuple d’Israël — et ce n’est pas en cela que réside la grandeur du Rachba.

Considérons bien la chose : pour donner un cours devant des élèves en général, et a fortiori devant des disciples d’un niveau aussi élevé qu’il convient à ceux du Rachba — et non pas un seul cours, mais trois par jour —, il faut une concentration et un dévouement tout particuliers. Il en va de même pour la pratique de la médecine, et pareillement pour tous les autres engagements du Rachba, y compris la promenade elle-même, dont on ne peut jouir pleinement qu’en se trouvant dans un état d’esprit dégagé de toute préoccupation et inquiétude.

Comment le Rachba parvenait-il donc à accomplir tout cela de manière ordonnée, chaque jour ?

L’explication profonde : la présence totale à chaque instant

L’explication — même sur le plan naturel — est que la conduite du Rachba était telle que lorsqu’il donnait son cours, toutes les autres occupations n’existaient tout simplement plus pour lui ; et inversement, lorsqu’il partait se promener — bien que, comme le note le Rambam dans les Lois des caractères (Hilkhot Déot), « le sage se reconnaît à sa démarche » —, et que cela s’appelle « promenade », ce qui implique que ce n’est pas comme donner un cours, eh bien, dans ces instants de promenade, le cours lui-même était comme inexistant !

Voilà l’explication de la conduite de notre Rabbi, mon maître et beau-père : assis dans sa chambre, pleinement absorbé par un sujet requérant toute son attention et sa réflexion, s’appuyant sereinement sur sa décision en cette matière — et ce, malgré qu’il lui faille, dans quelques instants, partir pour un voyage comportant un réel danger mortel, non seulement pour lui en tant qu’individu, mais en tant que guide d’Israël pour toute sa génération, avec tout ce que ses activités impliquaient — parce que le voyage qui aura lieu dans quelques instants n’existe tout simplement pas encore pour lui.

Extrait de la Si’ha du 20 Chevat [5730 (1970)]
Torat Mena’hem 5730, fascicule 70, p. 9.

 

Mojtaba Khamenei est-il en train d’agoniser dans un bunker ? Ce que révèle le renseignement israélien

Mojtaba Khamenei est-il en train d’agoniser dans un bunker ? Ce que révèle le renseignement israélien

 

Alors que l’Iran subit les assauts dévastateurs de l’opération « Rugissement du Lion », des sources israéliennes de haut rang affirment que le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, serait grièvement blessé et incapable d’exercer le pouvoir. Cloîtré dans un bunker sous la surveillance des Gardiens de la Révolution, l’héritier du régime n’aurait pas été vu en public depuis la mort de son père. La question qui secoue désormais les capitales du monde entier est celle-ci : qui gouverne réellement la République islamique ?

 

 

 

Un guide suprême hors d’état de gouverner

Mojtaba Khamenei, successeur désigné de son père Ali Khamenei, serait grièvement blessé et incapable de fonctionner de manière autonome. C’est ce qu’ont confié des sources israéliennes de premier rang au réseau Fox News ce dimanche. Selon ces informations, le nouveau guide suprême se trouve sous surveillance étroite des services de renseignement : il est entouré en permanence par des éléments des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC) qui administrent le pays en son nom. Les services israéliens s’emploieraient désormais à évaluer précisément l’étendue de ses blessures.

D’après les renseignements disponibles, Mojtaba Khamenei aurait été touché dès les premières frappes de l’opération « Rugissement du Lion » — le même bombardement qui a coûté la vie à son père. Téhéran n’a toujours pas confirmé l’état de santé du nouveau dirigeant, lequel n’a fait aucune apparition publique depuis qu’il a succédé à Ali Khamenei.

La première déclaration écrite : des Gardiens de la Révolution aux commandes ?

Jeudi dernier, Mojtaba Khamenei a publié sa toute première déclaration écrite, dans laquelle il laissait entendre que l’Iran pourrait ouvrir de nouveaux fronts dans le conflit en cours. Toutefois, des experts ont immédiatement souligné que ce texte aurait pu être rédigé par les cadres des Gardiens de la Révolution plutôt que par le guide lui-même. Cette hypothèse renforce les interrogations sur l’identité réelle de ceux qui tiennent les rênes du pouvoir à Téhéran.

Trump : « Je ne sais même pas s’il est encore en vie »

Dans le prolongement de ces révélations, le président Donald Trump s’est exprimé avec une franchise saisissante lors d’un entretien accordé à NBC News. Loin de se contenter d’évoquer les blessures du guide, il a mis en doute son existence même, tout en durcissant l’ultimatum adressé à Téhéran.

« J’entends dire qu’il n’est plus en vie, et s’il l’est, il doit faire quelque chose de très intelligent pour son pays — à savoir se rendre », a déclaré le président américain. Il a ajouté d’un ton sceptique : « Je ne sais pas s’il est seulement en vie. Jusqu’à présent, personne n’a réussi à le montrer. »

Trump a également affirmé que l’incapacité du régime à produire une preuve de vie de son dirigeant témoignait d’une faiblesse profonde. Il a réaffirmé que la guerre ne s’achèverait que lorsque l’Iran se « rendra » sans condition. Malgré les signaux de Téhéran en faveur de négociations, le président a déclaré ne pas souhaiter de compromis à ce stade : « L’Iran veut conclure un accord, et moi je ne le veux pas, parce que les conditions ne sont pas encore suffisamment bonnes. »

Le « guide en carton » : une mise en scène qui tourne au fiasco

Les soupçons sur l’état de Mojtaba Khamenei ont atteint un paroxysme d’absurdité lorsque le nouveau guide suprême a brillé par son absence lors de la cérémonie officielle de son investiture à Téhéran. À la place d’une apparition en chair et en os, les organisateurs ont disposé une silhouette en carton grandeur nature de Mojtaba aux côtés du fauteuil vide de son père défunt — un spectacle qui a provoqué la stupéfaction des participants et enflammé les réseaux sociaux sous le sobriquet de « guide en carton ».

Des groupes d’opposition iraniens et des analystes occidentaux ont interprété cette mise en scène désespérée comme une tentative de dissimuler la réalité : le dirigeant serait trop grièvement blessé ou trop diminué pour se montrer en public. Les Gardiens de la Révolution chercheraient ainsi à fabriquer une illusion de continuité du pouvoir par le biais d’un décor de théâtre. Cet épisode embarrassant n’a fait que conforter les propos du président Trump, qui s’était interrogé à voix haute : « S’il est vivant, pourquoi personne n’est capable de le montrer ? »

Un vide du pouvoir au pire moment possible

À l’heure actuelle, le régime de Téhéran observe un silence assourdissant sur l’état de santé de Mojtaba Khamenei. Ce vide au sommet de l’État — dans lequel les cadres de l’IRGC semblent piloter un « guide fantoche » incapacité — survient au moment précis où l’Iran subit une pression militaire et économique sans précédent.

Tandis que le renseignement israélien s’efforce de déterminer avec précision l’état médical du guide, Washington ne laisse planer aucune ambiguïté : en l’absence d’un dirigeant opérationnel capable de signer une capitulation, la campagne visant à démanteler les capacités nucléaires et terroristes du régime se poursuivra avec une intensité inaltérée.

Un empire caché de plusieurs milliards de dollars à travers le monde

Pendant des années, tandis qu’il œuvrait discrètement dans l’ombre du pouvoir iranien, Mojtaba Khamenei bâtissait en parallèle un empire financier international d’une ampleur colossale. Une enquête approfondie menée par Bloomberg pendant un an, s’appuyant sur des documents d’entreprise confidentiels, des registres immobiliers et des témoignages de sources issues des services de renseignement occidentaux, a mis au jour un réseau d’actifs à l’étranger évalué à plus de 138 millions de dollars — le tout soigneusement dissimulé derrière des sociétés écrans et des intermédiaires de confiance. Selon les estimations globales des analystes, la fortune personnelle du nouveau guide suprême dépasserait en réalité les trois milliards de dollars.

Au cœur du dispositif se trouve un mécanisme d’évasion financière rodé : des revenus issus de la vente du pétrole iranien ont été blanchis via un réseau de comptes bancaires répartis en Grande-Bretagne, en Suisse, au Liechtenstein et aux Émirats arabes unis, avant d’être réinjectés dans des acquisitions immobilières et des investissements à travers l’Europe et le Moyen-Orient. Ce circuit a permis au réseau de contourner les sanctions personnelles imposées à Mojtaba Khamenei par le Trésor américain en 2019.

Ali Ansari, l’homme de l’ombre du guide en Europe

La cheville ouvrière de ce réseau est un homme : Ali Ansari, homme d’affaires iranien de 57 ans détenteur également de la nationalité chypriote. Selon Bloomberg et plusieurs évaluations de services de renseignement occidentaux, Ansari connaît Mojtaba Khamenei depuis les années 1980 et a agi pendant plus de quinze ans comme son principal mandataire financier en Europe, supervisant notamment les acquisitions immobilières au nom de la famille. Sa double nationalité lui permettait d’ouvrir des comptes bancaires et d’enregistrer des sociétés à travers l’Europe sans éveiller les soupçons.

Par l’intermédiaire de sociétés telles que Birch Ventures et Ziba Leisure, Ansari a constitué un portefeuille de biens d’une valeur estimée à plus de 400 millions d’euros, comprenant des propriétés de luxe à Londres, deux hôtels Hilton à Francfort, un resort hôtelier à Camp de Mar en Espagne, un centre commercial à Oberhausen en Allemagne, un complexe de sports d’hiver en Autriche, un penthouse à Toronto, une section d’un immeuble de luxe à Paris, ainsi que diverses participations et comptes bancaires en Suisse. Ansari possédait également la banque Ayandeh, l’une des plus grandes banques privées d’Iran — désormais déclarée insolvable à la suite de prêts internes accordés à ses propres projets — ainsi que le vaste complexe commercial Iran Mall à Téhéran.

En octobre dernier, les autorités britanniques ont sanctionné Ansari, le qualifiant de « banquier et homme d’affaires iranien corrompu » ayant financé les Gardiens de la Révolution, et ont gelé ses avoirs. Des enquêtes ont par ailleurs été ouvertes en Allemagne et au Canada, tandis que Chypre a annoncé examiner les conditions dans lesquelles il avait obtenu sa citoyenneté. Ansari a nié toute relation personnelle ou financière avec Mojtaba Khamenei.

Billionaires’ Row : les manoirs londoniens du guide suprême

L’un des aspects les plus saisissants de cette fortune cachée concerne l’immobilier londonien. Selon Bloomberg, Khamenei contrôle plus de douze propriétés dans la capitale britannique pour une valeur totale avoisinant les 120 millions de dollars, dont une villa estimée à plus de 40 millions de dollars. Parmi les acquisitions identifiées figure une propriété achetée pour 33,7 millions d’euros en 2014. Plusieurs de ces biens se trouvent sur Bishops Avenue, dans le nord de Londres — une artère surnommée « Billionaires’ Row » en raison de la concentration de demeures cossues qui y sont implantées, et qui est considérée comme l’une des adresses résidentielles les plus onéreuses d’Europe. Une enquête de l’organisation journalistique israélienne Shomrim, réalisée en coopération avec le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), a par ailleurs révélé qu’un prêt de 36 millions de livres sterling, accordé en 2013 via une société enregistrée dans l’île de Man, avait contribué à financer ces acquisitions. Le prêteur n’était autre qu’une société contrôlée par des hommes d’affaires britannico-israéliens.

L’hypocrisie d’un régime qui prêche l’austérité et vit dans le luxe

La révélation de cet empire offshore met cruellement en lumière la contradiction au cœur du régime islamique : celui qui prêche le rejet des valeurs occidentales et dénonce l’impérialisme place ses milliards dans les marchés immobiliers de Londres, Paris et Francfort. Les médias d’État iraniens ont toujours présenté la classe dirigeante du pays comme vivant dans la modestie, conformément aux idéaux de la révolution de 1979. Or, les avoirs à l’étranger attribués à Mojtaba Khamenei forment un contraste saisissant avec cette image, d’autant plus que l’Iran est ravagé par la pauvreté et secoué par des protestations récurrentes contre la corruption des élites au pouvoir.

Des rapports font également état du transfert de 18,5 milliards de dollars en or et en liquidités vers la Turquie — des fonds qui auraient été saisis par les autorités turques — ainsi que du gel, en 2009, d’un compte bancaire au Royaume-Uni contenant environ 1,6 milliard de dollars, qui aurait été sous le contrôle de ce réseau financier. Ces éléments illustrent l’ampleur vertigineuse des flux de capitaux soustraits à l’économie iranienne au profit d’une élite dirigeante qui a fait de la résistance aux sanctions occidentales son étendard idéologique.ltérée.

Volonté et Intellect : les deux modes d’influence de l’âme selon la Hassidout – Rav Yossef Its’hak Havlin

Volonté et Intellect : les deux modes d’influence de l’âme selon la Hassidout – Rav Yossef Its’hak Havlin

 

Dans cet enseignement profond tiré de la ‘Hassidout, le maître expose deux modes distincts par lesquels l’âme exerce son influence sur le corps — l’un progressif et ordonné, l’autre immédiat et global. À travers la métaphore saisissante de l’apprentissage de la danse, il illustre comment l’intellect procède par étapes alors que la volonté agit instantanément sur l’ensemble des membres. Cette distinction éclaire l’une des grandes notions de la Kabbale : l’opposition entre Memaleh Kol Almin, la lumière divine qui pénètre graduellement tous les mondes, et Sovev Kol Almin, celle qui les enveloppe tous de manière égale et simultanée.

 

Rav Yossef Its’hak Havlin
(adapté d’un Maamar « Lehavin mipnei mah Yom Tov dePessa’h » de Pessa’h 5571 de l’Admour Hazaken)

 

Les deux modes d’influence de l’âme sur le corps

La leçon s’ouvre sur une question centrale : comment l’âme agit-elle sur les facultés et les membres du corps ? Deux modalités distinctes sont identifiées. La première procède selon un ordre rigoureux et une progression hiérarchique, du plus élevé vers le plus bas. La seconde, au contraire, agit sur l’ensemble simultanément, sans gradation ni délai.

Dans le premier mode, l’homme qui s’apprête à accomplir un acte commence par une réflexion intellectuelle. Il examine mentalement si la chose est bonne ou mauvaise, jusqu’à en tirer une conclusion ferme. De cette conviction intellectuelle naît dans le cœur un sentiment de désir et d’amour pour cette chose. Ce mouvement affectif, à son tour, engendre une pensée soutenue, et la pensée aboutit au discours — on en parle autour de soi, on en discute avec ses proches — jusqu’à ce que l’on passe finalement à l’acte. Ce processus, connu sous le nom d’influence « en ordre et par degrés » (beseder vehadroug), suit une chaîne ininterrompue : l’intellect agit sur les attributs affectifs, les attributs affectifs sur la pensée, la pensée sur la parole, et la parole sur l’action.

La volonté, une force qui transcende l’ordre

Il existe cependant un second mode, radicalement différent. On l’observe clairement dans la façon dont la volonté (haratson) agit sur les membres du corps. Lorsqu’un homme veut déplacer sa jambe, celle-ci obéit instantanément, à l’instant même où la volonté se manifeste. Nul besoin que l’intellect descende étape par étape jusqu’à la faculté motrice : la jambe reçoit l’impulsion directement, sans délai, sans médiation.

Ce phénomène s’explique par la nature supérieure de la volonté, qui est une force englobante. Contrairement à l’intellect, qui doit se contracter et s’adapter au niveau de chaque faculté pour y pénétrer, la volonté est présente dans tout le corps de manière égale et uniforme. Elle n’a pas à se transformer pour atteindre la jambe, pas plus que le bras ou tout autre membre. Elle pénètre chaque partie du corps avec la même intensité, sans distinction entre le haut et le bas, sans avoir à parcourir tous les degrés intermédiaires entre la tête et les extrémités.

La métaphore de la danse : l’intellect a besoin de temps

Pour illustrer davantage ce principe, le maître introduit une comparaison frappante : celle de l’apprentissage de la danse. Imaginons quelqu’un qui désire apprendre une chorégraphie complexe, comportant de nombreux mouvements variés et subtils. Il devra d’abord comprendre parfaitement dans son esprit la logique de chaque mouvement, les mémoriser et les maîtriser intellectuellement. Et pourtant, même après avoir tout appris par cœur, il sera incapable de danser si ses jambes ne sont pas entraînées.

La raison en est profonde : la jambe n’a pas d’intellect propre. Pour que la sagesse contenue dans l’esprit parvienne à la jambe, il faut que l’intellect descende et s’adapte à son niveau, et que la jambe, de son côté, s’exerce et se prépare à recevoir cet enseignement. Ce processus prend du temps. C’est une influence progressive, « de degré en degré », où chaque maillon doit se transformer pour transmettre la lumière au suivant.

En revanche, l’action de la volonté sur la jambe est d’une tout autre nature. Dès l’instant où l’homme veut marcher, sa jambe se met en mouvement. Aucune préparation n’est requise, aucun délai n’intervient. La volonté, force supérieure qui transcende l’intellect, se trouve déjà présente dans chaque membre du corps, prête à agir au moindre signe.

Memaleh Kol Almin et Sovev Kol Almin : l’enseignement cosmique

Cette distinction entre les deux modes d’influence trouve son application directe dans la compréhension des deux grands niveaux de la lumière divine décrits dans la pensée kabbalistique et ‘hassidique.

Memaleh Kol Almin — la lumière qui « remplit tous les mondes » — correspond au premier mode. C’est la lumière divine qui se « revêt » de chaque création, qui s’adapte à chaque niveau d’existence, se contractant et se transformant selon la capacité de réception de chaque être. À l’image d’un maître qui explique une idée profonde à ses élèves dans un langage simple et adapté à leur âge et à leur niveau de compréhension, la lumière divine se « condescend » à chaque créature afin qu’elle puisse la percevoir et en vivre. C’est pourquoi les Écritures disent que « la gloire de D.ieu remplit toute la terre » (Yesha’yahou 6, 3) — il s’agit de cette lumière rayonnante, semblable au rayonnement du soleil, qui se répand et pénètre, sans que le soleil lui-même descende.

Sovev Kol Almin — la lumière qui « enveloppe tous les mondes » — correspond au second mode, celui de la volonté. Cette lumière ne se revêt d’aucune création, elle ne se contracte pas et ne se transforme pas. Elle enveloppe tous les mondes de manière égale, sans différenciation entre les mondes supérieurs et inférieurs, entre le spirituel et le matériel, entre la sainteté et son contraire. Pour elle, tout est identique ; elle ne perçoit pas de hiérarchie, car elle se situe au-delà de toute graduation.

La Téchouva et Yom Kippour : une lumière au-delà du jugement

C’est à partir de ce niveau de Sovev Kol Almin que l’on comprend la portée illimitée de la Téchouva — le repentir — et la puissance de Yom Kippour. Il est dit : « Devant D.ieu vous serez purifiés » (Vayikra 16, 30). Comment est-il possible qu’une faute commise par l’homme soit effacée ?

La réponse réside précisément dans ce niveau qui transcende tout ordre et toute graduation. À ce niveau divin, la distinction entre la sainteté et la transgression, entre l’acte méritoire et la faute, perd toute pertinence — car tout y est égal et identique devant l’Infini. C’est cette lumière qui « enveloppe » également l’homme pécheur et l’homme juste, et c’est elle qui rend possible le pardon total en ce jour béni. Yom Kippour opère à ce niveau supra-rationnel où le repentir sincère peut véritablement atteindre et transformer jusqu’aux fautes les plus lourdes.

Ainsi, la compréhension des deux modes d’influence de l’âme — l’intellect qui progresse par degrés et la volonté qui agit globalement — ouvre une fenêtre sur les profondeurs de la pensée ‘hassidique et sur la relation entre l’homme, son âme et son Créateur.

Explosion dans une école juive à Amsterdam : l’antisémitisme frappe à nouveau en Europe

Explosion dans une école juive à Amsterdam : l’antisémitisme frappe à nouveau en Europe

 

Une bombe a explosé samedi dernier devant une école juive d’Amsterdam, endommageant le bâtiment sans faire de victimes. La mairesse de la ville et le Premier ministre néerlandais ont fermement condamné cet acte, qualifié d’attaque lâche contre la communauté juive. L’attentat s’inscrit dans une série alarmante d’actes antisémites visant des institutions juives à travers l’Europe.

 

 

Une bombe devant une école juive à Amsterdam

Une explosion s’est produite samedi dans un établissement scolaire juif situé dans un quartier résidentiel d’Amsterdam, causant des dégâts à une canalisation de drainage et à un mur extérieur du bâtiment. Aucune victime n’est à déplorer. La mairesse de la capitale néerlandaise, Femke Halsema, a réagi avec une vive indignation : « C’est un acte d’agression lâche contre la communauté juive. Les Juifs d’Amsterdam sont de plus en plus confrontés à l’antisémitisme. C’est inacceptable. » Elle a précisé que la police dispose d’images vidéo montrant un individu en train de déposer l’engin explosif, et a annoncé le renforcement immédiat des dispositifs de sécurité autour des institutions juives de la ville.

Le Premier ministre néerlandais : « L’antisémitisme n’a pas sa place dans notre pays »

Le Premier ministre des Pays-Bas a condamné l’attentat en termes sans équivoque : « Que ce soit parfaitement clair : l’antisémitisme n’a pas sa place dans notre pays. Il n’y a pas de place pour l’intimidation, la haine ou la violence contre quelque minorité religieuse que ce soit. » Il a ajouté vouloir s’engager personnellement dans le suivi de l’affaire : « Je comprends la colère et la peur que ressentent les membres de la communauté juive, et j’ouvrirai un dialogue avec elle. Ils doivent toujours se sentir en sécurité dans notre pays. »

Liège, une semaine plus tôt : explosion devant une synagogue belge

L’explosion d’Amsterdam n’est pas un incident isolé. La semaine précédente, une déflagration similaire s’était produite à proximité d’une synagogue dans la ville de Liège, en Belgique. L’explosion a endommagé le bâtiment et soufflé les vitres de la façade de la synagogue. Là encore, aucune victime n’a été signalée. Une vidéo diffusée par l’organisation belge JID, active dans la lutte contre l’antisémitisme, a révélé que les auteurs de l’attentat avaient filmé eux-mêmes les instants de l’explosion : « Ils sont fiers de leur acte », ont écrit les responsables de l’organisation dans une publication partagée sur le réseau X.

Barcelone : profanation d’un cimetière juif il y a deux mois

Il y a environ deux mois, des individus non identifiés avaient vandalisé plusieurs sépultures dans le cimetière juif de Les Corts à Barcelone, en Espagne. L’incident avait suscité de vives condamnations de la part d’Israël et de la communauté juive locale, qui avaient dénoncé cette profanation comme un épisode supplémentaire dans ce qu’ils décrivent comme une escalade préoccupante de l’antisémitisme dans le pays.

Ces actes répétés contre des lieux de culte, des établissements scolaires et des cimetières juifs à travers l’Europe dessinent le tableau d’un antisémitisme en pleine recrudescence, qui ne se limite plus à des discours de haine mais se traduit désormais par des violences physiques contre les symboles et les infrastructures de la vie juive sur le Vieux Continent.

L’unité divine et la nullité de l’existence devant le Créateur  – Rav Yossef Its’hak Ofen

L’unité divine et la nullité de l’existence devant le Créateur – Rav Yossef Its’hak Ofen

 

Le Chaar HaYi’houd VeHaEmounah de la Tanya explore les fondements métaphysiques de l’unité divine et révèle la nature profondément illusoire de l’existence telle que nous la percevons. À travers une analyse rigoureuse des Noms divins et de leurs entrelacs mystiques, cet enseignement démontre comment l’espace et le temps, loin d’être des réalités autonomes, sont en vérité annulés au sein de l’essence infinie du Créateur. La compréhension de l’attribut de la Middat Hamal’hout divine — son rapport à l’unité supérieure et à l’unité inférieure — constitue le fil conducteur de cet enseignement fondamental de la philosophie ‘hassidique.

 

Rav Yossef Itshak Ofen

 

Middat Hamal’hout (מידת המלכות) — littéralement : l’attribut de la Royauté — est la dixième et dernière des Séfirot dans la structure kabbalistique de l’arbre séfirotique.

Voici ses dimensions essentielles :

  • Sur le plan séfirotique C’est la Sefira de Mal’hout, également appelée Chekhinah — la Présence divine immanente. Elle est la dernière émanation de la chaîne divine, celle qui fait le lien entre l’infini et le monde créé.
  • Sur le plan cosmologique Elle est la source de l’existence de l’espace et du temps. Sans elle, le monde n’aurait aucune réalité perceptible. C’est elle qui « constitue » le lieu et donne consistance à la création.
  • Sur le plan des Noms divins Elle correspond au Nom d’Adnout (א-ד-נ-י) — Adon Olam, Seigneur du monde. Ce Nom exprime le rapport du Créateur à Sa création en tant que Maître et Souverain.
  • Sur le plan du voilement Elle est simultanément l’attribut de la contraction (Tsimtsoum, contraction) et de l’occultation (hester). C’est elle qui dissimule la lumière infinie — l’Or Ein Sof — de sorte que le monde nous apparaît comme une réalité autonome et non comme pure nullité dans l’Être divin.
  • Sur le plan de la royauté La royauté, par nature, s’exerce sur des sujets extérieurs au roi. C’est pourquoi cet attribut implique l’existence d’un monde apparemment séparé — non pas parce que la séparation est réelle, mais parce qu’elle est nécessaire à la manifestation de la souveraineté divine.

En résumé : la Middat Hamal’hout est le point de jonction entre l’Ein Sof et la création — elle est à la fois ce qui fait exister le monde et ce qui en masque l’origine divine.

la Middat Hamal’hout divine et la raison profonde de la création

La question qui ouvre cette leçon est d’une portée vertigineuse : pourquoi le Saint Béni-Soit-Il a-t-Il créé le monde de telle sorte qu’il apparaisse comme une réalité séparée et autonome ? La réponse réside dans la nature même de l’attribut divin de la Middat Hamal’hout — la Middat Hamal’hout. D.ieu a voulu révéler cet attribut, et la Middat Hamal’hout, par essence, exige l’existence de sujets.

Il n’est point de roi sans peuple. Et le terme hébreu « am » — le peuple — désigne précisément des étrangers, des individus qui ne font pas partie de la famille immédiate du souverain. Un père entouré de ses fils ne peut être dit roi, car la Middat Hamal’hout s’exerce sur ceux qui lui sont extérieurs. C’est pourquoi l’ensemble de la réalité créée procède de la Middat Hamal’hout, qui correspond au Nom divin d’Adnout — Adon Olam, Seigneur du monde. Si cet attribut venait à se retirer, le monde retournerait au néant absolu, à l’Ayin originel.

L’espace et le temps : frontières de l’existence mondaine

La notion de « monde » — olam — se définit par deux paramètres fondamentaux : l’espace et le temps. L’espace se décline en six directions : est, ouest, nord, sud, le haut et le bas. Le temps se déploie selon trois dimensions : le passé, le présent et l’avenir. Ces deux réalités constituent la trame même de l’existence créée.

Or, du point de vue des attributs supérieurs — les Middot ‘Elyonot — ces limitations ne s’appliquent pas. Ce n’est que depuis l’attribut de la Middat Hamal’hout que l’on peut affirmer que le Créateur est au-dessus du haut, au-delà du bas, qu’Il règne également dans le temps — « Il régnait, Il règne, Il régnera à jamais ». C’est donc la Middat Hamal’hout qui engendre et soutient l’existence même de l’espace et du temps. Et c’est la raison pour laquelle cette Middat Hamal’hout est associée au Nom d’Adnout : elle est l’interface entre l’infini divin et la réalité bornée de la création.

Le Yi’houd Tataah : l’unité supérieure — l’espace et le temps annulés

La Tanya explique deux niveaux d’unité divine. Le premier est le Yi’houd Tataah — l’unité supérieure. Il correspond à l’entrelacement du Nom d’Adnout à l’intérieur du Nom de l’Être — le Nom de Havayah. Lorsque la première lettre du Nom de Havayah prévaut, c’est Havayah qui domine : or Havayah transcende le temps et l’espace, car ce Nom signifie que D.ieu est simultanément ce qui était, ce qui est et ce qui sera — en un seul instant éternel, au-delà de toute temporalité.

De même, Havayah transcende l’espace, car ce Nom désigne D.ieu comme la source même de l’espace — Il « constitue » le lieu, Il en est l’origine. En conséquence, puisque D.ieu engendre l’espace, Il est nécessairement au-dessus de l’espace. C’est ainsi que dans le Yi’houd Tataah, l’espace et le temps sont réellement inclus au sein de ce qui les transcende — et par conséquent, ils sont « bétoulim bémétsiout » : annulés dans leur réalité même, comme un rayon de soleil à l’intérieur du soleil, qui n’a aucune existence propre. L’espace et le temps ne sont pas de vraies réalités indépendantes : ils sont contenus dans ce qui les dépasse.

Le Yi’houd Tata’ah : l’unité inférieure — la Middat Hamal’hout voile l’infini

Le second niveau est le Yi’houd Tata’ah — l’unité inférieure. Ici, l’entrelacement est inversé : c’est le Nom de Havayah qui est inclus à l’intérieur du Nom d’Adnout, et c’est ce dernier qui prévaut. Ce Yi’houd correspond à notre manière de percevoir le monde : l’espace et le temps nous apparaissent comme des réalités bien concrètes et solides. Pourtant, nous savons intellectuellement — même si nous ne le voyons pas — que le Nom de Havayah habite en leur sein, qu’il les constitue et les anime de l’intérieur.

Car le Créateur, bien qu’infiniment au-dessus de l’espace et du temps, descend également dans leur dimension et s’y trouve présent. Cependant, cela nous est dissimulé. Qui opère ce voilement ? La Middat Hamal’hout elle-même : elle est l’attribut de la contraction — le Tsimtsoum, contraction — et de l’occultation. Elle dissimule le Nom de Havayah de telle sorte que nous ne voyons que l’espace et le temps, et non l’infini divin qui les sous-tend. C’est la raison pour laquelle le monde nous semble être une réalité autonome : non que D.ieu soit absent, mais parce que Sa présence est cachée par le voile de la Middat Hamal’hout.

Chema Israël et Baroukh Chem : les deux déclarations d’unité

Ces deux niveaux d’unité correspondent aux deux déclarations liturgiques fondamentales du judaïsme. Le Chema Israël incarne le Yi’houd Tataah : le mot « E’had » — Un — signifie qu’Il est le maître de l’univers, et le Dalet agrandi de ce mot évoque les six directions de l’espace et les deux dimensions du temps, toutes annulées devant l’Aleph — Lui qui est au-dessus de l’espace et du temps. L’espace et le temps sont inclus dans ce qui les transcende.

Le Baroukh Chem — « Béni soit le Nom de Sa Royauté glorieuse pour toujours » — incarne le Yi’houd Tata’ah. Le mot « Baroukh » est issu du terme hébreu désignant une descente, une prolongation. « Chem » — le Nom — est une révélation, comme le nom d’un être humain qui n’est que son expression extérieure et non son essence profonde. Et « Kévod » — la gloire — ainsi que « Mal’houto » — Sa Royauté — font référence aux trois mondes de Bria, Yetsira et Assiya, qui tous procèdent de l’attribut de la Middat Hamal’hout divine. Quant au mot « Va’ed », sa structure en lettres constitue une permutation du mot « E’had » selon les règles kabbalistiques de substitution de lettres, indiquant comment l’Aleph — symbolisant l’Unique — descend et se prolonge pour habiter au sein de l’existence mondaine.

L’Or de l’infini remplit toute la terre — sans distinction de lieu

Un principe fondamental de cet enseignement est que l’Or Ein Sof — la Lumière de l’Infini — remplit l’intégralité de la création avec une parfaite égalité. Les cieux et la terre, les quatre points cardinaux, les profondeurs et les hauteurs : tout est empli de cette Lumière infinie à part égale, car le Créateur est identique aussi bien dans les cieux que sur la terre. La raison en est que tout ce qui relève de l’espace est annulé dans l’Or Ein Sof qui s’y revêt, par le biais de la Middat Hamal’hout qui s’unit à l’essence même du Créateur.

Pourquoi ne percevons-nous pas cette nullité ? Parce que la Middat Hamal’hout est précisément l’attribut de la contraction et de l’occultation — elle voile l’Or Ein Sof afin que l’espace et le temps ne s’annulent pas complètement dans notre perception. C’est cela même la raison pour laquelle l’espace et le temps nous semblent réels : la Middat Hamal’hout les préserve d’une dissolution totale dans la conscience de l’infini divin.

L’immuabilité absolue du Créateur avant et après la création

L’un des enseignements les plus saisissants de ce cours concerne l’absence totale de changement en D.ieu. Avant la création, Il était seul. Après la création — avec ses mondes supérieurs et inférieurs, ses créatures innombrables — Il est encore seul. Car l’ensemble des créés, étant annulé dans la réalité du Créateur, ne représente aucun ajout réel à Son être. En conséquence, il n’y a aucun changement. C’est le sens de la formule récitée chaque matin après le Chema : « Tu étais avant que le monde ne fût créé, Tu es maintenant que le monde est créé » — de la même manière qu’avant la création, Il était seul, de même après la création, Il est seul. Aucune modification n’a affecté Son essence.

La connaissance divine selon le Rambam : connaissant, connaissance et connu — un seul et même être

Pour illustrer cette unité absolue, la Tanya s’appuie sur l’enseignement du Rambam — Rabbi Moché ben Maïmon — qui formule une proposition d’une audace philosophique remarquable. Chez l’être humain, la connaissance implique trois éléments distincts : le connaissant — l’individu qui sait —, l’acte de connaissance — la faculté intellectuelle —, et l’objet connu. Ce sont là trois réalités séparées.

Or, pour le Créateur, ces trois éléments sont rigoureusement un seul et même être. D.ieu est à la fois le Connaissant, la Connaissance elle-même, et l’Objet connu. Comment est-ce possible ? Précisément parce que tout ce que D.ieu connaît provient de Lui, émane de Lui et est inclus en Lui. Lorsqu’Il Se connaît Lui-même, Il connaît par là même l’ensemble des créés, car ils procèdent tous de Lui. Sa connaissance n’est pas une acquisition de données extérieures — comme chez l’être humain qui reçoit des informations du monde environnant. Sa connaissance est une connaissance de Soi-même, et c’est par là qu’Il connaît tout.

Cela diffère radicalement de notre mode de connaissance. Chez nous, le savoir est toujours un ajout : hier, nous ignorions quelque chose ; aujourd’hui, nous le savons. Les Sages expriment cette réalité dans le verset : « Les jours parlent et les nombreuses années enseignent la sagesse » — chaque jour apporte un savoir nouveau qui vient s’ajouter à l’âme. Mais pour D.ieu, qui connaît tout depuis toujours — le passé, le présent et l’avenir simultanément — aucun ajout n’est possible ni concevable, car il n’existe rien en dehors de Lui qui puisse constituer un apport nouveau.

La foi face à ce qui dépasse toute représentation intellectuelle

Le Rambam lui-même reconnaît que cela ne peut être exprimé ni par la parole, ni perçu par l’oreille, ni pleinement saisi par l’intellect. Car nous n’avons aucun modèle analogue dans notre expérience. Tout ce que nous connaissons, nous le connaissons « depuis l’extérieur » — nous percevons un monde qui nous est étranger et nous l’enregistrons. Mais la connaissance divine, qui est identique à l’essence divine elle-même, est absolument sans équivalent dans notre réalité.

Nous pouvons démontrer — par des preuves rationnelles — que cela est ainsi. Nous pouvons en être convaincus. Nous étudions le Chaar HaYi’houd VeHaEmounah précisément pour acquérir cette certitude : que D.ieu et Sa connaissance ne font qu’un. Mais la manière dont cela s’actualise demeure inaccessible à notre intellect. C’est pourquoi le prophète Isaïe proclame : « Car les cieux sont plus élevés que la terre, ainsi Mes voies sont plus élevées que vos voies, et Mes pensées que vos pensées. » Et le Livre de Job rappelle : « Exploreras-tu D.ieu jusqu’à la perfection ? » — la profondeur divine ne peut être sondée par la seule investigation humaine.

Les maîtres de la Kabbale — dont le Ramak, Rabbi Moché Cordovero, dans son ouvrage Pardès Rimonim — ont d’ailleurs tous souscrit à cet enseignement du Rambam. Malgré le fait que le Créateur transcende infiniment toute catégorie de sagesse, Il est néanmoins un avec Sa sagesse ; Il est à la fois le Connaissant, la Connaissance et l’Objet connu — tout est Un.

Conclusion : une seule et unique réalité

C’est ainsi que se conclut la leçon sur la nullité de l’existence devant le Créateur. Du point de vue divin, il n’existe qu’une unité absolue et simple — une A’hdout Péchouta — dans laquelle seul le Créateur est réellement présent : « Il n’y a rien d’autre que Lui. » C’est pourquoi il n’y a aucun changement en D.ieu avant ou après la création. De même qu’avant la création Il était seul, de même après la création Il est seul — dans une solitude non pas d’isolement, mais d’absolue plénitude. L’ensemble des créés n’existe que par voile et occultation, et cet occultation ne s’applique qu’à notre perception, non à la réalité divine elle-même.

Quand l’ours ronge ses propres pattes : le génie humble de Rav Chmouel Nissenevitch

Quand l’ours ronge ses propres pattes : le génie humble de Rav Chmouel Nissenevitch

 

Dans les premières années de la Yechiva Tomchei Temimim à Loubavitch, les meilleurs étudiants eux-mêmes durent reconnaître qu’aucun candidat extérieur n’était à la hauteur pour enseigner parmi eux. C’est ainsi qu’ils proposèrent au Rabbi Rachab de confier le poste à l’un des leurs — un simple bochur du nom de Chmouel Nissenevitch. Le Rabbi approuva avec une image saisissante : « Quand l’ours a faim, il ronge ses propres pattes… »

 

 

Un fils de Borisov à la tête des cours

Rav Chmouel Nissenevitch est né à Borisov vers 5652 (1892), ce qui lui valut d’être surnommé Rav Chmouel Borisover — à ne pas confondre avec le célèbre ‘hassid du même surnom qui l’avait précédé, Rav Chmouel Ber Borisover. Élève de Tomchei Temimim à Loubavitch, il fut nommé Maguid Chiour au sein de la Yechiva alors qu’il n’était encore qu’un bochur. Par son alliance rare de génie talmudique et de bittoul — cet effacement de soi propre aux grands ‘hassidim —, Rav Chmouel forma toute une génération de talmidei ‘hahomim profondément ancrés dans l’esprit ‘hassidique. Il s’éteignit tragiquement à un jeune âge, le 11 Iyar 5682 (1922).

L’épreuve du cours modèle

Durant les années fondatrices de la Yechiva à Loubavitch, chaque fois qu’un poste de Maguid Chiour devenait vacant, des talmidei ‘hahomim venus de tout le pays étaient invités à Loubavitch pour y dispenser un cours d’essai. Ce cours était suivi par un petit groupe de lamdanim parmi les bochurim les plus avancés, qui rendaient ensuite leur verdict quant aux capacités du candidat. Un jour, après avoir été déçus par plusieurs postulants successifs, ces bochurim suggérèrent au Rabbi Rachab de se tourner vers l’un des leurs : Chmouel Nissenevitch, dont ils savaient pertinemment qu’il était un lamdan hors pair. Le Rabbi acquiesça et leur dit alors : « Quand l’ours a faim, il ronge ses propres pattes… » — manière éloquente de dire qu’en l’absence de ressources extérieures, on puise dans ses propres forces.

Un génie sans ostentation

Rav Chmouel était un gaon d’exception, et pourtant d’une humilité et d’une discrétion remarquables. Il enseignait aux bochurim du niveau des « Chiourim », des jeunes gens de quinze à seize ans, et après une année passée à ses côtés, ces derniers étaient capables de poursuivre leur apprentissage de manière autonome, que ce soit à Schedrin ou à Loubavitch. Son enseignement reposait sur une logique rigoureuse, sans le recours excessif au pilpoul. Il avait coutume de dire qu’une fois une sugya pleinement comprise dans sa profondeur, toutes les contradictions apparentes se dissipent d’elles-mêmes. Si remarquable était sa maîtrise qu’il énonçait souvent les explications des commentateurs sans les avoir étudiées au préalable.

Rav Zalman Chimon Dvorkin se souvenait de lui comme d’un génie hors du commun, capable de répondre sur-le-champ aux questions soulevées par Rav Akiva Eiger.

Absorbé dans la Torah jusqu’à l’oubli de soi

Rav Avraham Mayor rapporta un souvenir saisissant : un jour, en plein cours, le Rabbi précédent — le Friediker Rabbi —, qui était alors le directeur de Tomchei Temimim, entra dans la salle. Tous les talmidim furent saisis d’une vive émotion mêlée de crainte révérencielle. Rav Chmouel, lui, était si absorbé dans ce qu’il enseignait qu’il ne remarqua pas la présence du Rabbi. Lorsque les étudiants lui firent discrètement signe, il n’interrompit pas son cours pour autant — bien au contraire, il s’y plongea davantage encore, livrant des ‘hidouchim d’une profondeur encore plus grande qu’à l’ordinaire. Une image éloquente de ce que signifie enseigner la Torah avec tout son être.

Dvar-Mal’hout ‘Vayakel-Pekoudei’ – Rav Yaacov Abergel

Dvar-Mal’hout ‘Vayakel-Pekoudei’ – Rav Yaacov Abergel

Dans les Parachiot Troumah et Tétsavé nous avons lu que l’Eternel ordonne à Moché de construire le Michkan, et dans les Parachiot Vayakhel et Pékoudei c’est Moché qui l’ordonne aux enfants d’Israël.

 

 

Le Rabbi nous fait remarquer que la Paracha Ki-Tissa dans laquelle il est raconté le péché du veau d’or sépare les Parachot Troumah et Tetsavé des Parachot Vayakhel et Pékoudei.

De ce fait, nous pouvons nous rendre compte qu’entre l’ordre de D.ieu à Moché et celui de Moché aux enfants d’Israël il y a une chose qui interrompt et perturbe l’ordre divin : le péché du veau d’or. Cependant, juste après que Moché eut ordonné aux enfants d’Israël de construire le Michkan (Paracha Vayakhel), son ordre fut exécuté immédiatement (Paracha Pékoudei).
Le Rabbi tire de cela l’enseignement suivant : bien que le mauvais penchant puisse s’immiscer dans le but de nous empêcher d’accomplir la volonté divine, l’action de Moché réduit à néant son influence malfaisante.

A la lumière de cet enseignement il apparait avec clarté que notre attachement au Rabbi nous permet de briser toutes les limites et de franchir tous les obstacles afin d’atteindre le but de notre mission de faire de ce monde une demeure pour L’Essence divine.

L’ensemble et ses particularités :
Le Rabbi explique dans le Dvar Mal’hout que la Paracha Vayakel met l’accent sur l’Assemblée d’Israël telle qu’elle est dans son ensemble, une unité non-composite : ‘Une grande Assemblée’, au singulier. En revanche, dans la Paracha Pékoudeï, l’accent est mis sur ‘le compte des enfants d’Israël’, c’est à dire sur l’importance de chaque Juif en particulier qui fait partie intégrante de cette ‘grande Assemblée’.

La différence entre le contenu profond de la Paracha Vayakel et celui de la Paracha Pékoudeï peut être comprise grâce à l’explication du Rabbi d’une Michnah de la fin du Traité Kidouchin dans laquelle il est écrit :’J’ai été créé pour servir mon Créateur’ et dans une autre Guirsa du Talmud Babli, il est écrit : ‘Je n’ai été créé que pour servir mon Créateur’.

Le Rabbi explique que lorsqu’il est écrit : ‘Je n’ai été créé que pour servir mon Créateur l’accent est mis sur l’Existence d’Hachem avant même qu’il ne soit question de notre propre existence. D’après cela, lorsque nous méditons au fait que Moché rassemble tout le Peuple pour lui donner l’ordre de construire le Michkan ainsi que cela est mis en évidence dans la Paracha Vayakel nous ressentirons par-dessus-tout ‘qu’il n’y a rien d’autre en dehors de D.ieu’ et que notre existence n’a pour seul but que celui de construire une demeure pour L’Eternel, comme il est écrit : ‘Et vous Me ferez un Sanctuaire’.

En revanche, le Rabbi explique que lorsqu’il est dit ‘Je n’aie été créé que pour servir mon Créateur’ l’accent est mis sur notre propre existence (‘Je n’aie’ ), conformément à l’enseignement selon lequel dans la Paracha Pékoudeï l’importance est mise sur les détails qui constituent un ensemble et non pas l’ensemble lui-même (‘le compte des enfants d’Israël’ et ‘l’énumération de tous les poids de l’offrande du Michkan, en argent et en or et en cuivre, et sont énumérés tous ses accessoires pour tout son service’.

Deux services divins, ‘Vayakel’ et ‘Pékoudeï’ :
Ainsi, le Rabbi nous enseigne que notre service divin qui correspond au contenu profond de ‘Pékoudeï’ consiste à attirer le Divin dans tous les éléments et dans tous les sujets de ce monde matériel (par l’accomplissement des Commandements divins que l’on accomplit au moyen d’objets matériels qui tirent leur vitalité de Klipat Noga, et que l’on sanctifie par le fait de réaliser la Volonté Supérieure du Saint béni soit-Il).
Le travail de Pékoudeï met donc l’accent sur le fait d’agir dans le monde afin d’y dévoiler un niveau du Divin qui s’accorde avec ses limites.
A l’opposé, le Rabbi décrit le travail de ‘Vayakhel’ comme un travail d’élévation : ‘élever tous les sujets de ce monde en y dévoilant le niveau du Divin qui est au-delà du monde’. De fait, le Rabbi souligne que chaque Juif a la possibilité de s’élever et d’élever le monde au-delà des limites au point d’atteindre le niveau de l’Essence divine.

D’une certaine manière nous pouvons expliquer que le niveau de ‘Vayakel’ correspond au niveau de l’Essence de l’âme Juive et que le niveau de ‘Pékoudeï’ représente les quatre degrés de Néfech Roua’h Néchama et ‘Haya du fait que ‘ces quatre catégories de Néfech Roua’h Néchama ‘Haya constituent chacune un degré particulier de l’âme alors que le niveau de l’Essence de l’âme transcende tous les aspects particuliers’.

Dans les notes ajoutées au chapitre 20 de l’ouvrage du Rabbi intitulé ‘Iniana chel Torat Ha ‘Hassidout’ le Rabbi nous enseigne que ‘seule l’Essence divine détient le pouvoir de créer un être physique. Cependant, l’effusion de ce pouvoir essentiel en un être indépendant ne se réalise qu’à travers la Lumière. La Lumière étant l’intermédiaire entre l’Existence ‘Vraie’ (Divine) et l’existence créée. Ainsi, par l’entremise de la Lumière, le pouvoir de l’Essence peut porter à l’existence un objet à partir du véritable néant (Maamar Ye’hayénou, 5694, chapitre 14. Sefer Ha Maamarim 5711, page 39. Voir également Igguéreth Ha Kodech, 20).

De façon similaire, dans le service de D.ieu, bien que la manifestation de l’Essence se produise à travers l’observance active des Mitsvoth, il demeure que l’effusion de l’Essence dans les actes accomplis est tributaire des ressources intérieures humaines (intellectuelles et émotionnelles). C’est pour cette raison que l’amour et la crainte sont appelés ‘les voies de D.ieu’ (Likouteï Si’hot 3, page 956).

‘L’effusion de l’Essence dans les actes accomplis’ représente le dévoilement de l’Essence de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps (‘Vayakel’ : le niveau du Divin qui est au-delà du monde) dans les forces de l’âme Néfech Roua’h Néchama et ‘Haya qui sont liées avec le corps (‘Pékoudeï’ : le niveau du Divin qui est lié au monde).

*Notre mission de construire le Michkan implique d’agir dans ce monde avec toutes les forces qui nous ont été données, c’est à dire avec les 10 forces de l’âme qui s’habillent dans le corps : l’intellect, les sentiments et les actions. Ce travail est celui de ‘Pékoudeï’ ainsi qu’il a été expliqué précédemment : Le travail de ‘Pékoudeï ‘met donc l’accent sur le fait d’agir dans le monde et dans tous ses détails et de dévoiler un niveau du Divin qui est lié avec le monde.

*Par ailleurs le Rabbi décrit le travail de ‘Vayakel’ comme un travail d’élévation : ‘élever tous les sujets de ce monde en y dévoilant le niveau du Divin qui est au-delà du monde’.
La prière de ‘Modé Ani’ correspond d’une certaine façon au travail de ‘Vayakel’ car lorsque nous disons cette prière nous mettons en avant que ‘Je n’aie été créé que pour servir mon Créateur’ et l’accent est donc mis, d’abord, sur l’Existence d’Hachem avant même qu’il ne soit question de notre propre existence. Cette prière est le point de départ de notre service divin, le Rabbi l’a décrit comme étant ‘le fondement et le ferment de tout ce que chacun doit accomplir durant toute la journée, dans le domaine de la Torah. On doit dès le réveil considérer en présence de Qui on se tient : devant le suprême Roi des rois, le Saint béni soit-Il, et il convient d’en avoir conscience durant toute occupation ou loisir. C’est là un grand principe de la Torah, de même qu’une immense vertu des Justes qui marchent devant D.ieu, ainsi qu’il est dit : J’ai conscience de la Présence de L’Eternel en face de moi, constamment.

C’est ainsi que la journée entière doit être pénétrée de cette pensée. Tout ceci permet de comprendre le mot prononcé par Rabbi Chalom Dov-Ber de Loubavitch, lorsqu’il était jeune : Il convient, dit-il, de parsemer la journée entière du point qui suit le mot miséricorde (‘Bé Hèmela’) dans le Modé Ani. Il exprimait ainsi l’idée que le dévouement suggéré par le Modé Ani est requis à chaque moment de la journée’.

De fait, l’amour et la crainte d’Hachem désignent nos ‘ressources intérieures’ et dans ce cas ils représentent le travail de ‘Pékoudeï’ lequel s’accorde au sens du verset ‘J’ai été créé pour servir mon Créateur’ où l’accent est mis sur notre propre existence : J’ai : Ani.

Ainsi, dévoiler la force de l’Essence de notre âme qui est enracinée dans l’Essence divine dépend tout d’abord de notre propre travail et de nos propres forces, en exploitant tous les détails de tous les aspects de notre personnalité car ils sont les chemins qui nous conduisent vers D.ieu, vers le dévoilement de Son Essence, au point que celle-ci S’unisse aux forces de notre intellect, à nos sentiments et à nos actes. C’est précisément le contenu profond de la Paracha ‘Vayakel’ qui est celui de la A’hdout (l’Unité).

Vayakel-Pekoudeï : une allusion au prénom ‘Haya-Mouchka :
Il est intéressant de mentionner ici que la date de ce Chabbat est celle de l’anniversaire de la Rabbanite ‘Haya-Mouchka, l’épouse du Rabbi. Nous avons étudié dans le Dvar Mal’hout que le prénom de la Rabbanite ‘Haya-Mouchka est lui-même une allusion à l’union entre l’Essence de l’âme Juive (qui est enracinée dans l’Essence divine) et les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps : Néfech Roua’h Néchama et ‘Haya. Dans ce cas le prénom de la Rabbanite, Haya-Mouchka, est lie de manière profonde aux contenus de ‘Vayakel’ et de ‘Pékoudeï’ qui comme il vient d’être expliqué représentent l’Essence de l’âme (‘Vayakel’) et les forces de l’âme (‘Pékoudeï’).
‘Haya désigne la ‘vitalité’ (‘Hayout) et fait donc allusion aux forces de l’âme qui s’habillent dans le corps, et Mouchka (qui est le nom d’un encens) représente l’Essence de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps (Ko’hot ha makifim).