Le 25 Adar est l’anniversaire de la Rabbanite ‘Haya Mouchka, fille bien-aimée du Rabbi précédent de Loubavitch et épouse du Rabbi, dont le souvenir est une bénédiction éternelle. C’est en ce jour de 5748 (1988), peu après son départ de ce monde, que le Rabbi descendit à nouveau les marches de sa demeure pour prononcer une si’ha historique sur la sainteté du jour d’anniversaire. Depuis lors, le « Mivtsa Yom Houlèdèt » — la campagne pour l’anniversaire — s’est répandu dans le monde entier, invitant chaque Juif à transformer ce jour ordinaire en journée de renouveau spirituel, de joie ‘hassidique et de bonnes résolutions.
“A mon avis, toute éloge est trop pauvre pour exprimer sa valeur.
D.ieu seul sait à quel point elle est grande” (Réponse du Rabbi a une personne qui fit les éloges de la Rebbetzin)
Quelques récits, pour la plupart inédits, qui préciseront l’image de la fille et de l’épouse d’un Rabbi, de ses accomplissements, de ses qualités de coeur et des enseignements qu’elle délivre ainsi à chacun de nous.
Elle s’appellera ‘Haya Moushka et elle sera en tout point identique à son arrière-grand-mère, la Rabbanit
Je vous ai adressé un télégramme pour vous demander, si vous ne lui avaez pas encore donné de nom, de l’appeler ‘Haya Moushka. Il me semble qu’il doit effectivement en être ainsi.
Je vous adresse mes voeux de Mazal Tov pour le nom donné à notre petite-fille, votre fille, qui a été appelée ‘Haya Moushka.
Puisse D.ieu faire qu’elle ait de longs jours, des années bonnes et agréables, qu’elle craigne D.ieu sincèrement et qu’elle soit, en tout point, identique à son arrière grand-mère, la Rabbanit, dont elle porte le nom. (Lettres de Rabbi Chalom Dov Ber, tome 3, pages 219, 227 et 237) (Lire la suite)
Sa fille ‘Haya Moushka resta réveillée toute la nuit
Le Echkavta de Rabbi décrit, en ces termes, les derniers jours dans ce monde de Rabbi Chalom Dov Ber: “Rabbi Yossef Its’hak et les membres de sa famille étaient allés dormir, à l’exception de sa fille, ‘Haya Moushka, qui resta réveillée toute la nuit.
Moi-même, je suis parti me coucher, dans l’une des chambres. Au milieu de la nuit, vers deux heures du matin, mon sommeil fut troublé par un bruit, dans la maison. Je me suis habillé et je suis sorti de la chambre. Moushka se déplaçait rapidement dans la maison, tenant à la main un verre de lait.
Je lui ai demandé ce qui se passait et pour qui était ce lait. Elle m’a répondu qu’il était destiné à son grand-père, Rabbi Chalom Dov Ber, lequel ne se sentait pas bien. (Echkavta de Rabbi, page 13)
En exil à Castroma
En 5687 (1927), Rabbi Yossef Its’hak fut exilé à Castroma. C’est précisément à sa seconde fille, la Rabbanit, qu’il demanda de l’accompagner.
Dans l’une de ses lettres, Rabbi Yossef Its’hak décrit son départ pour Castroma en ces termes: “A huit heures, j’ai pris congé des membres de ma famille, à Leningrad. Une grande
foule s’était réunie à la gare et le voyage commença. Ma fille ‘Haya Moussya m’accompagna.” On raconte que Rabbi Yossef Its’hak expliqua, à l’époque, qu’elle seule était apte à le faire. (Lettres de Rabbi Yossef Its’hak, tome 2, page 66)
Visite au Ohel de Rabbi Chalom Dov Ber
Un mois avant de quitter la Russie, le 15 Elloul 5687 (1927), Rabbi Yossef Its’hak visita le saint tombeau de son père, à Rostov. De fait, il s’y rendait pour la dernière fois. La seule qui ’accompagna, durant ce voyage, fut sa fille, la Rabbanit, vraisemblablement parce que, étant fiancée, elle se préparait alors à son mariage.
Le Rav Raphaël Na’hman Cohen, qui eut le mérite d’être, à l’époque, au service du Rabbi, raconte: “Sa fille, la Rabbanit Moussya, l’accompagna à Rostov, près du tombeau de Rabbi
Chalom Dov Ber. Dans chaque banquette de train, il y avait deux places assises. Rabbi Yossef Its’hak et sa fille se trouvaient alors sur la même banquette.
A l’époque, les ‘Hassidim se demandèrent pourquoi était-ce précisément la Rabbanit Moussya qui l’accompagnait. Ils expliquèrent que celle-ci se préparait à son mariage, pendant cette période. Quelques jours avant le décès de Rabbi Yossef Its’hak
Le mercredi 7 Chevat 5710 (1950), quelques jours avant son décès, le Rabbi dit à sa fille, la Rabbanit Moushka: “Le moment est venu de se retirer de l’action communautaire.”
Ou bien, selon une autre version: “Il convient de cesser l’action communautaire. Il faut se reposer.”
On raconte qu’elle fut très satisfaite de ses paroles. Elle pensa, en effet, que le Rabbi allait prendre un peu de repos. (Yemeï Béréchit, page 82)
Lorsque le Rabbi succéda à son beau-père
Quand Rabbi Yossef Its’hak quitta ce monde, des ‘Hassidim demandèrent au Rabbi de lui succéder. Comme on le sait, le Rabbi émit tout d’abord un refus énergique. Celle qui, au final, exerça une influence déterminante, dans ce domaine, fut la Rabbanit. Elle lui dit: “Est-il concevable que l’abnégation dont mon père a fait preuve pendant trente ans
ait été inutile, ce qu’à D.ieu ne plaise?” (Kfar ‘Habad n°748)
On s’en remet à lui
Pendant l’hiver 5711 (1950-1951), le Rabbi et la Rabbanit habitaient encore au 346 de la rue New York. L’un de ceux qui étaient proches d’eux raconta ce qui se passa, quand il leur rendit visite, un jour de l’hiver 5711 (1950-1951): “Je suis entré dans la maison et j’ai vu de nombreux livres, sur la table du salon. Quelques uns étaient ouverts, d’autres fermés. Il y avait aussi un grand nombre de lettres, sur cette table. La Rabbanit, me remarquant, se tourna vers moi et me dit: ‘Moi, je ne lis pas les lettres que l’on adresse à mon mari. On s’en remet à lui. Je ne veux pas savoir ce qu’ils lui écrivent’.” (Yemeï Méle’h, tome 3, page 1263)
Les honneurs sont, pour moi, dénués de tout intérêt
En tant que Rabbanit de Loubavitch, elle aurait pu recevoir des honneurs royaux, si elle avait accepté de paraître en public et de prendre part aux réunions des femmes et jeunes filles ‘Habad. Mais, il ne lui vint jamais à l’esprit de le faire.
Une fois, répondant à quelqu’un qui était venu lui rendre visite, elle dit: “Croyez-moi, je me passe des honneurs. Ils sont, pour moi, dénués de tout intérêt.”
Je le regarde et je sens que je suis liée à la famille Une fois, au cours d’une discussion, elle dit: “Nous possédons un plateau du Tséma’h Tsédek que Horenstein nous a fait cadeau.
Mais, je ne m’en suis jamais servi pour y placer les bougies avant de les allumer, à la veille du Chabbat. Comment moi, une simple femme, pourrais-je utiliser de tels objets?
En fait, je me contente de le regarder et, de la sorte, je sens que je suis liée à la famille”. (Yemeï Méle’h, tome 3, page 1254)
Le conseil qui sauva une vie
La Rabbanit raconta: “Une fois, je me promenais au bord de la mer, à Nice. Soudain, une femme juive, épouse d’un Rav de Belgique, m’aborda. Je lui demandai: ‘Que faites-vous là?’
Elle me répondit qu’elle attendait son mari, lequel était aller se baigner. Il s’était éloigné de la plage centrale et avait déposé ses vêtements sur le côté.
Soudain, nous avons aperçu des Allemands qui se dirigeaient vers nous. A l’époque, ceux-ci n’avaient pas encore conquis la ville de Nice. Néanmoins, ils y inspiraient la crainte. En fait, c’était avant tout son mari qui courrait un danger, car le fait qu’il était juif apparaissait à l’évidence. Nous ne savions que faire. Soudain, j’ai eu une idée. J’ai été voir le maître nageur et lui ait dit, en français: ‘Ne voit-on pas une tête qui émerge, là-bas, au loin?’
Pendant qu’il observait, je lui indiquai, en allusion, qu’il était préférable que les Allemands ne voient pas cet homme. Le maître nageur comprit mon allusion, prit sa barque de sauveteur et partit “sauver” celui qui se “noyait”. Concrètement, il saisit ce Juif et le conduisit à bonne distance de la côte.
Entre temps, les Allemands s’approchèrent et observèrent ce qui se passait. Ils ne firent pas attention à moi, ni à l’autre femme. Peut-être ne recherchaient-ils pas de femmes. En revanche, ils s’aperçurent qu’il y avait un Juif avec le maître nageur, dans la barque, mais virent que celui-ci était déjà loin. Ils s’en allèrent donc.
Le maître nageur déposa le Rav dans un endroit éloigné, lui permit de mettre ses vêtements et lui fit regagner la côte, pendant la nuit. Par la suite, le Rav rentra chez lui et une nfant, l’une de leurs filles, vint me dire qu’il n’y avait plus lieu de s’inquiéter, car il se trouvait chez lui et tout allait bien. Néanmoins, je ne me trouvais pas à la maison, lorsqu’elle arriva, car j’étais alors partie chercher du lait surveillé.”
Techouva sur une faute datant de l’époque de la France
Dans des circonstances exceptionnelles, la Rabbanit rapporta elle-même le récit suivant. Pendant les dix jours de Techouva, elle expliquait à un enfant la nécessité de se repentir, en cette période lorsque celui-ci la questionna, naïvement: “Rabbanit, vous-même n’avez sûrement nul besoin de la Techouva.”
La Rabbanit médita, durant quelques minutes, puis elle lui répondit qu’elle devait elle-même avoir recours à la Techouva. L’enfant s’en étonna et elle raconta alors: Une fois, à la veille du départ de Paris du Rabbi et de la Rabbanit, il y eut un grand bombardement et tous fuyaient donc, dans tous les sens, afin de se mettre à l’abri. Le Rabbi et la Rabbanit le firent également. De façon générale, chacun emportait avec lui un peu de nourriture. Le Rabbi, en revanche, prit son Talith, ses Tefilin et ses manuscrits.
En chemin, la Rabbanit observa un avion qui, les survolant, lâcha une bombe. Mais, un homme, se tenant près d’elle, poursuivit son chemin, sans voir ce qui se passait.
La Rabbanit se dit alors que, s’il ne se couchait pas aussitôt à terre, l’homme risquait d’être atteint par cette bombe ou par ses débris. Réagissant très rapidement, elle le poussa de côté, de toutes ses forces. Par la suite, il s’avéra qu’elle lui avait ainsi sauvé la vie.
Achevant son récit, la Rabbanit conclut, avec la grandeur d’âme qui la caractérisait: “Certes, ce Juif a été sauvé du bombardement, mais je l’ai poussé et, lorsque l’on
agit ainsi, on doit avoir recours à la Techouva.”
Mon père me l’a enseigné
L’un de ceux qui était au service de la Rabbanit raconta: “Lors d’un déplacement avec la Rabbanit, nous sommes parvenus devant une artère fermée à la circulation. Un panneau indiquait un itinéraire détourné. Nous l’avons emprunté et là, nous avons vu, sur le coin de la rue, une voiture de police et un camion. Dans la cour, en face, il y avait des meubles et des affaires personnelles.
Nous avons poursuivi notre chemin, sur quelques dizaines de mètres, puis, la Rabbanit m’a demandé de faire demi-tour. Je lui en ai demandé la raison. Elle m’a considéré pendant quelques instants, puis m’a dit: ‘Mon père m’a enseigné que tout est effet de la divine Providence. Cette rue était fermée et nous avons donc fait un détour. Là, nous avons vu que quelque chose se passait. Nous devons savoir de quoi il s’agit.’
Nous avons donc rebroussé chemin et nous avons pu voir qu’un couple d’immigrants russes, ayant des enfants, habitait là. Depuis plusieurs mois, cette famille n’avait pas payé son loyer. Le propriétaire de la maison faisait donc exécuter l’ordre d’expulsion qui avait été prononcé par le tribunal. A notre arrivée, tous les membres de la famille se tenaient dans la cour et pleuraient.
La Rabbanit me demanda de rechercher auprès de l’huissier quel était le montant de la dette. J’ai posé la question et l’on m’a répondu qu’il s’agissait de quatre mois de loyer, c’est-à-dire d’une somme conséquente, de plusieurs milliers de dollars.
La Rabbanit prit son chéquier, établit aussitôt un chèque de ce montant, me demanda de le transmettre directement à l’huissier, sans que la famille n’en ait connaissance. Je le lui ai donné et aussitôt, la famille a pu regagner sa maison, sans comprendre pourquoi un changement soudain était intervenu dans leur situation.
Elle peut également donner une bénédiction
Une fois, les femmes et jeunes filles ‘Habad adressèrent un bouquet de fleurs à la Rabbanit, à l’occasion de son anniversaire. Elles y joignirent une enveloppe, contenant les noms de personnes qui sollicitaient une bénédiction. Le Rav H. S. D. Halbershtam transmit le bouquet à la Rabbanit et l’enveloppe au Rabbi.
Le Rabbi observa l’enveloppe et, y voyant le nom de la Rabbanit, demanda pourquoi on lui apporté un courrier adressé à son épouse. Le Rav Halbershtam répondit qu’il s’agissait d’une liste de personnes sollicitant une bénédiction et le Rabbi, dont le visage devint alors très sérieux, dit: “Hé bien, elle peut également donner une bénédiction.” (Yemeï Méle’h, tome 3, page 1267)
Vous êtes tous nos enfants
Une famille vint rendre visite à la Rabbanit, à son domicile. Pendant que celle-ci, se trouvant près de la table, discutait avec les adultes, les enfants se déplaçaient dans la maison. Lorsqu’ils finirent de la visiter, l’un d’entre eux s’adressa naïvement à la Rabbanit et lui demanda: “Où sont vos enfants?” Puis, après un instant de réflexion, il ajouta encore: “Sans doute sont-ils déjà grands et ils ont donc quitté la maison.”
Entendant ces propos, la Rabbanit ne répondit pas immédiatement. Elle plaça d’abord les enfants tout autour de l’endroit où elle était assise. Ensuite, elle désigna de son doigt chacun d’entre eux, puis la fenêtre, donnant vers la rue et dit: “Voyez-vous, toi, toi et toi et tous ceux qui se trouvent là-bas, vous êtes tous nos enfants.”
Notre satisfaction est de savoir que vous êtes satisfait
Un Rav qui, à l’époque, résidait encore à Paris, rendit visite à la Rabbanit. Il prit congé d’elle en exprimant ses bons voeux et lui dit: “Que le Rabbi soit en bonne santé et qu’il conçoive de nous beaucoup de satisfaction.” La Rabbanit lui répondit: “Notre satisfaction est de savoir que vous êtes satisfait.” (Atéret Mal’hout)
Elle avait une personnalité hors du commun
Le docteur Meïr Chohetman était proche du Rabbi et de la Rabbanit, quand ceuxci se trouvaient à Paris. Il étudiait même la Guemara, chaque jour, avec le Rabbi. Il fit part, en ces termes, de la manière dont il fut impressionné par la Rabbanit: “La Rabbanit Haya Moushka passait la majeure partie de la journée à la maison.
Elle étudiait le français, sans toutefois le faire de manière systématique. Elle accueillait chacun chaleureusement. Elle avait véritablement une personnalité hors du commun. Quiconque lui rendait visite une fois ne ratait pas une occasion de revenir, par la suite.” (Yemeï Méle’h, tome 1, page 382)
On les envoie partout
La Rabbanit s’intéressait beaucoup aux accomplissements des émissaires de son mari. Elle éprouvait une profonde admiration pour eux, eu égard à l’abnégation dont ils font preuve pour diffuser le Judaïsme. A chaque occasion, elle évoquait avec ravissement leur esprit de sacrifice. Avec une satisfaction évidente, elle disait: “Ils abandonnent leur famille, s’en vont avec de petits enfants, en faisant don de leur propre personne. Ils se rendent dans les coins les plus isolés de la terre, car on les envoie partout.” (Kfar ‘Habad n°748)
Ses larmes coulèrent
Une femme rendit visite à la Rabbanit en 5744 (1984). La Rabbanit l’invita à assister à une projection vidéo, montrant l’activité des tanks de Mitsvot, en Terre Sainte.
La Rabbanit fut elle-même particulièrement émue en voyant les émissaires du Rabbi distribuer des bougies de ‘Hanouka et des beignets aux soldats, afin de les réjouir, malgré le froid rigoureux. Elle en fut si émue, si fière, que ses larmes coulèrent sur ses joues. (Kfar ‘Habad n°748)
Attachement au Rabbi
L’un de ceux qui étaient proches de la Rabbanit raconta qu’en 5746 (1985), il se rendit, à la veille de Sim’hat Torah, dans le bâtiment de la bibliothèque, où elle se trouvait alors. Elle lui demanda comment s’était passée la réunion ‘hassidique, au cours de laquelle son mari venait de s’adresser aux ‘Hassidim. Il lui raconta qu’au cours de celle-ci, le Rabbi avait demandé que chacun dise Le’haïm, puis retourne son verre vide.
Sur la table près de laquelle la Rabbanit était assise, il y avait une bouteille. La Rabbanit la saisit aussitôt et la retourna. (Yemeï Méle’h, tome 3, page 1266)
Mon mari a de bonnes idées
Une femme eut le mérite de rendre visite à la Rabbanit, à de nombreuses reprises. Elle raconta que, de façon générale, celle-ci évitait de parler du Rabbi et de sa grandeur. Pour autant, il était clair qu’elle était fière des initiatives qu’il avait prises dans le but de diffuser le Judaïsme et en fonction desquelles l’action était menée. Cette femme raconte:
“Je me souviens qu’elle m’a demandée, une fois, de quelle manière la création des Tsivot Hachem avait été accueillie, à Londres. Je lui ai répondu que cette initiative avait eu beaucoup de succès. Elle dit alors: ‘Mon mari a de bonnes idées, n’est-ce pas?’”
Une réunion ‘hassidique qui rassasie
L’un de ceux qui étaient proches de la Rabbanit lui rendit visite après une réunion ‘hassidique qui s’était poursuivie jusqu’à une heure très tardive. La Rabbanit lui proposa de manger et il répondit qu’il n’avait pas faim. La Rabbanit dit aussitôt que cela n’était pas étonnant et elle expliqua: “Une réunion ‘hassidique rassasie.” (Kfar ‘Habad n°748)
Mon mari l’a dit
Une fois, un événement exceptionnel se produisit. Le livreur posa une caisse de légumes devant la porte qui se trouve à l’avant de la maison du Rabbi alors qu’il la mettait, d’ordinaire, devant celle qui est à l’arrière de la maison.
Le soir, le Rabbi rentra à la maison en tenant cette caisse à la main. La Rabbanit s’en aperçut et dit: “Pourquoi la portes-tu toi-même? Natik est là pour cela.” Le Rabbi lui répondit:
“Natik est un Juif comme les autres.” Depuis lors, chaque fois que Natik voulait aider la Rabbanit de manière inhabituelle, la Rabbanit lui répondait: “Mon mari n’a-t-il pas dit que Natik est un Juif comme les autres?”
Une fois, Natik indiqua qu’il se “plaindrait” au Rabbi, car celui-ci, par cette phrase, avait réduit ses possibilités de venir en aide à la Rabbanit. Elle lui répondit par un large sourire mais, à partir de ce jour, elle cessa de lui rappeler les mots du Rabbi. (Kfar ‘Habad n°748)
Il faut parler Yiddish
A différentes occasions, la Rabbanit encouragea plusieurs personnes à s’exprimer en Yiddish. Une fois, elle expliqua à quelqu’un qui venait lui rendre visite à quel point il était important que tous parlent cette langue.
Elle précisa que, durant la guerre, alors que tous fuyaient devant les Allemands, elle côtoya de nombreux Juifs, venant de tous les horizons et de tous les milieux. L’élément unificateur entre eux était alors la langue Yiddish.
Il n’ira pas au 770
La Rabbanit fit une chute et se cassa le bras. Elle dut alors être plâtrée. Un soir, alors qu’elle souffrait beaucoup, elle appela l’une des femmes desquelles elle était proche et lui demanda d’appeler une infirmière. Mais, il était difficile de le faire, compte tenu de l’heure tardive.
Voyant qu’elle ne recevait pas de réponse, la Rabbanit rappela cette femme, dix minutes plus tard, pour savoir ce qu’il en était. Elle précisa: “Mon mari est près de moi et il dit qu’il n’ira pas au 770, Eastern Parkway, tant qu’une infirmière n’arrivera pas ici. Je sais à quel point il est important pour lui d’être avec les ‘Hassidim et pour les ‘Hassidim d’être avec lui. Je ne souhaite pas qu’il soit retenu ici un instant de plus.”
Il est important pour moi de ne pas lui faire de la peine
Durant ses derniers jours, la Rabbanit souffrit des yeux. Une fois, je lui ai posé la question suivante: “Des Juifs du monde entier émettent le voeu de recevoir une bénédiction du Rabbi. Comment pouvez-vous ne pas lui en parler?” La réponse de la Rabbanit fut à la fois simple et surprenante: “Il est important pour moi de ne pas lui faire de la peine.” (Atéret Mal’hout)
Vous m’avez fait revivre
Quelques instants avant de quitter ce monde, elle demanda au Rav Chalom Gansburg de lui apporter un verre d’eau. Il le lui présenta. Elle récita la bénédiction et en but quelques gouttes. Elle dit ensuite: “Chalom, vous m’avez fait revivre. Que D.ieu en fasse de même pour vous.” Mon père le Rabbi, ses livres et tout ce qui lui appartient sont aux ‘Hassidim
L’une des dernières actions réalisées ici-bas par celle qui a quitté ce monde a fait l’objet d’une diffusion et a été connue de tous, y compris des autres nations. Il s’agit de la réponse qu’elle fit, à propos de son père, le Rabbi, mon beau-père, chef de notre génération. Elle dit: “Mon père, le Rabbi, ses livres et tout ce qui lui appartient sont aux ‘Hassidim.”
Par cette réponse, celle qui a quitté ce monde a exprimé, affirmé devant tous que le chef de notre génération, successeur de nos saints maîtres, depuis l’Admour Hazaken, fondateur de la ‘Hassidout ‘Habad et le Baal Chem Tov, fondateur de la ‘Hassidout générale, restera le Rabbi pour l’éternité, sans qu’aucune interruption ne soit envisageable, ce qu’à D.ieu ne plaise, jusqu’à la venue de notre juste libérateur.
Mais le fait véritablement nouveau est l’accueil réservé à cette réponse par les autres nations. En effet, c’est sur la base de celle-ci que le verdict a ét rendu, en particulier pour ce qui concerne les livres sacrés. Il a été décidé qu’il en serait effectivement ainsi.
On peut en conclure que le souvenir, nécessaire pour celui qui survit, doit essentiellement porter sur le renforcement et le développement, avec la plus grande ardeur, de cette éternité, de la pérennité de la ‘Hassidout générale, de la ‘Hassidout ‘Habad, de ses maîtres, à chaque époque, jusqu’à la venue de notre juste libérateur, d’une manière évidente pour tous, y compris pour les autres nations. (Discours du Rabbi, à l’issue du Chabbat Terouma 5748-1988)
Les enfants qui portent son nom
Nous avons vu que le souvenir est nécessaire, pour celui qui survit. Chacun doit montrer que “sa descendance est encore en vie”, car, de la sorte, elle-même “est en vie”. Il faut aussi s’inspirer de son comportement et agir comme elle le faisait ellemême, avec abnégation.
Combien plus en est-il ainsi lorsque l’on donne son nom à un enfant. De la sorte, “sa descendance est encore en vie”, au sens le plus littéral, de sorte que elle-même “est en vie”. Et l’enfant qui s’appellera ‘Haya aura une longue vie, de longs jours et de bonnes années. (Discours du Rabbi, Chabbat Yethro, 22 Chevat 5749-1989)
Certaines ont eu le mérite que plusieurs filles juives portent leur nom. Et, ces filles donnent un bon exemple, ayant une âme saine dans un corps sain, sans aucune interruption. Elles reçoivent une éducation conforme à l’esprit de celle qui a quitté ce monde, en fonction de ses directives et du modèle qu’elle a elle-même fourni.
En effet, comme on l’a maintes fois souligné, elle a elle-même été éduquée par le chef de notre génération, mon beau-père, le Rabbi. (Discours du Rabbi, veille du 22 Chevat 5752-1992)
Une participation de sa part et de la mienne
Le dimanche 24 Adar, veille de l’anniversaire de la naissance de la Rabbanit, fut posée la première pierre du campus ‘Haya Moushka, dédié à sa mémoire. A la fin de la cérémonie, qui fut particulièrement fastueuse, le Rabbi arriva, à la grande surprise de tous et il transmit au Rav Avraham Chem Tov un montant de quatre cent soixante dix dollars, correspondant à la valeur numérique du nom ‘Haya Moushka.
En lui transmettant ces dollars, le Rabbi dit: “Je me rends près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi et j’irai également auprès d’elle. Ce soir, ce sera son anniversaire et ces quatre cent soixante dix dollars sont une participation de sa part et de la mienne. Puisse D.ieu faire que nous ayons de bonnes nouvelles.”
La campagne pour la célébration de l’anniversaire,lancée en l’honneur de la Rabbanit
Dernièrement, nous avons évoqué, à différentes reprises, la nécessité de se souvenir incombant à celui qui survit. Pour cela, on doit systématiquement rechercher l’implication concrète, l’action, qui est essentielle. Il est donc certain que l’on peut profiter de son anniversaire, lorsque son Mazal est dominant, pour renforcer tout ce qui concerne le Judaïsme, la Torah et ses Mitsvot.
Un point préalable doit être précisé. Ce qui concerne un Juif, à titre personnel, exerce également son influence sur tout le peuple d’Israël et même sur le monde entier. De fait, nos Sages affirment que “chacun est tenu de considérer que le monde fut créé pour lui”. Or, ceci apparaît encore plus clairement pour ce qui concerne son anniversaire, qui est le 25 Adar.
Concrètement, il est donc proposé d’introduire une pratique positive qui, pour celui qui le désire, sera dédiée au mérite et à l’élévation de son âme. Celle-ci concerne le comportement que l’on doit adopter, lors de son anniversaire.
Mon beau-père, le Rabbi, a largement diffusé le comportement qu’il fallait avoir, à cette occasion et qui, dans les générations précédentes, n’était connu que d’une élite: “On doit évoquer ses souvenirs, y méditer, réparer ce qui doit l’être et introduire la Techouva chaque fois que cela est nécessaire”.
De même, on a alors coutume de donner de la Tsedaka, avant les prières de Cha’harit et de Min’ha. Si l’anniversaire est un Chabbat ou bien un jour de fête, on en donnera à la veille de ce jour. On aura aussi une étude de plus de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout.
En conséquence, il serait judicieux de diffuser encore plus largement ces pratiques parmi tous les Juifs, de leur demander, à l’occasion de leur anniversaire, de prévoir un ajout à l’étude de la Torah, à la prière et à la Tsedaka, qui sont les trois piliers sur lesquels reposent le monde, en général et, en premier lieu, le “petit monde” que constitue la personnalité humaine. Et, l’on prendra la bonne résolution d’intensifier, pendant l’année suivante, son engagement pour tout ce qui concerne la Torah et les Mitsvot. (Discours du Rabbi, 25 Adar 5748-1988)
Le fonds ‘Hamech
Dans la nuit qui suivit l’enterrement de la Rabbanit, le Rabbi appela son secrétaire, le Rav Krinsky et lui demanda, en particulier, de créer au plus vite un fonds de Tsedaka qui porterait le nom de la Rabbanit. Celui-ci fut effectivement créé et nommé “fonds ‘Hamech”, initiales de ‘Haya Moushka Schneerson, dans le but de soutenir les campagnes pour l’allumage des bougies du Chabbat, pour la pureté familiale, pour l’aide au financement des mariages, pour la construction et le développement de bains rituels et pour favoriser l’éducation. Durant les années suivantes, le Rabbi distribua des montants importants, prélevés sur ce fonds, aux institutions ‘Habad, dans le monde entier.
Prenant la parole à l’issue des sept jours du deuil, le Rabbi dit: “Il faut préciser qu’un fonds spécifique a été institué, qui porte le nom de fonds
‘Hamech, d’après les initiales du nom de la défunte, ‘Haya Moushka Schneerson. Certes, le nom de famille semble secondaire. Néanmoins, on le fait apparaître sur différents
actes officiels et les témoins de ces actes, pour raffermir leur rôle, signent également en le mentionnant.
Combien plus doit-il être mentionné, en l’occurrence. Ce nom, en effet, introduit une claire allusion au fondateur de la famille, l’Admour Hazaken, qui s’appelait Chnéor, deux lumières, parce qu’il portait en lui celle de la partie révélée de la Torah et celle de son enseignement profond. De plus, son âme descendait ici-bas pour la première fois, comme le rapportent les notes et les causeries du père de la défunte.
Bien plus, ce nom de famille, mentionnant Chnéor, se termine, en outre, par “son”, le fils, établissant ainsi la filiation avec l’Admour Hazaken. Or, disent nos Sages, un père, dans cinq domaines, confère un mérite à son fils, dès l’instant de sa naissance et ce dernier peut, dès lors, hériter de tout ce que son père possède.” (Discours du Rabbi, 29 Chevat 5748-1988, à l’issue des sept jours du deuil)
La force du père se révèle chez la fille plus que chez le fils
Les condoléances et les bénédictions qui les accompagnent ont été présentées pour la fille du chef de notre génération. Or, disent nos Sages, “lorsque l’homme ensemence le premier, l’enfant qui naît est une fille”. Ainsi, la force du père se révèle chez la fille plus que chez le fils. En l’occurrence, le chef de notre génération est le successeur de tous ceux qui l’ont précédé, depuis l’Admour Hazaken et le Baal Chem Tov. Ainsi, aux bénédictions que le Saint béni soit-Il accorde et qui se révèlent grâce aux bons voeux signifiés lorsque l’on a consolé les endeuillés, s’ajoutent les mérites et les vertus spécifiques de la défunte, celle de la fille du chef de la génération et celle qu’elle s’est acquise par les bonnes actions qu’elle a elle-même réalisées.
(Discours du Rabbi, 29 Chevat 5748-1988, à l’issue des sept jours du deuil)
Ajout à l’action concrète, à l’occasion de la Hilloula
L’acte est essentiel, en particulier pour ce qui concerne la Hilloula. En effet, la coutume juive veut que l’on intensifie l’action concrète, à cette occasion, pour l’élévation de son âme, de sorte que celle-ci puisse également se révéler ici-bas.
Concrètement, à l’occasion de la Hilloula, il est bon d’augmenter et de développer les institutions dédiées à sa mémoire, au delà de celles qui existent déjà. Ces institutions seront plus particulièrement consacrées aux trois Mitsvot précédemment définies.
Par ailleurs, il est également judicieux de donner de la Tsedaka, à l’occasion de la Hilloula, de préférence un multiple de quatre cent soixante dix, valeur numérique du nom de la défunte, comme nous l’avons vu.
Quiconque multipliera ses réalisations en ce sens sera digne d’éloge. Et, l’on ne donnera pas seulement quatre cent soixante dix petites pièces, des pièces de bronze. Ce seront de grandes pièces, des pièces d’or.
(Discours du Rabbi, Chabbat Yethro, 22 Chevat 5750-1990)
Depuis 5687, les ‘Hassidim n’ont pas connu une joie aussi intense
A la veille de Roch ‘Hodech 5738-1977, lorsque le Rabbi rentra chez lui pour la première fois, après le malaise cardiaque qu’il avait subi, le Chemini Atséret de la même année, la Rabbanit, se trouvant au second étage du 770, Eastern Parkway, dans la maison de Rabbi Yossef Its’hak, observait son mari, alors qu’il quittait son bureau.
Considérant l’immense joie des ‘Hassidim, à cette occasion, elle dit: “Depuis la libération de mon père, le 12 Tamouz 5687-1927, les ‘Hassidim n’ont pas éprouvé une telle joie.”
(Kfar ‘Habad n°785)
Une oeuvre réalisée avec abnégation
Un enseignement peut être donné à propos de cette Hilloula. Il y a eu un “incendie” et l’âme, au sein de la flamme, s’est élevée jusqu’au point le plus élevé du ciel.
Mais, il s’agit, en l’occurrence, d’une femme Tsidkanit, bien plus de la fille de mon beau-père, le Rabbi, chef de notre génération et l’on connaît le lien spécifique d’une fille avec son père. Lorsque son âme se trouvait dans son corps, elle possédait donc le mérite de son père, en plus du sien propre. Elle servait D.ieu “comme l’ordonne Ta Volonté”. Bien plus, elle intensifiait régulièrement ce service, s’élevant ainsi d’une étape vers l’autre.
De fait, elle accomplit son oeuvre avec abnégation, comme on peut le déduire d’un récit décrivant l’éducation que mon beau-père, le Rabbi, prodigua à ses filles. En effet, leur professeur entendait privilégier l’approche intellectuelle, ne pas les effrayer en faisant appel au miracle ou au sacrifice physique. Mais, mon beau-père lui signifia que l’éducation d’un enfant juif commençait, bien au contraire, par des récits, relatant le don de soi. C’est là le message que cet enfant devait entendre.
Du reste, ce récit est spécifiquement lié à elle et l’on peut en conclure qu’il s’agissait, tout particulièrement, de lui donner une telle éducation, de lui faire profondément
intégrer cette abnégation.
Combien plus en est-il ainsi après son décès, alors que son âme a connu la plus haute élévation.
(Discours du Rabbi, Chabbat Yethro, 22 Chevat 5749-1989)
Ce cours est retransmis par téléphone Tél.: +33159423068
code: 33 41 593 (♯)
ET SUR RADIO HASSIDOUT RADIO HASSIDOUT
L’identité de Hour : Rachi explique que Hour était le fils de Myriam [cite : 5, 6]. Bien que ce lien soit déjà mentionné dans les Parachiot Béchala’h et Michpatim, Rachi le répète ici car l’ascendance de Betsalel (petit-fils de Hour) est essentielle à sa nomination [cite : 5, 6, 22].
La généalogie de Betsalel : Il est inhabituel de désigner quelqu’un par le nom de son grand-père plutôt que par celui de son père. Rachi justifie cela en précisant que Hour, étant le fils de Myriam, constituait l’ascendance principale de Betsalel [cite : 5].
L’égalité entre les rangs (Betsalel et Oholiab) :
Betsalel appartenait à la tribu de Juda, l’une des plus prestigieuses, tandis qu’Oholiab venait de la tribu de Dan, considérée comme l’une des moins élevées [cite : 22, 23].
D.ieu les a associés de manière égale pour la construction du Tabernacle (Michkan) afin d’illustrer le verset d’Iyyov (Job) : « Il ne distingue pas le riche du pauvre » ([cite : 22, 23, 43]).
Cette égalité souligne que pour l’œuvre sacrée du Michkan, le mérite et la sagesse du cœur priment sur le statut social ou l’origine tribale [cite : 43, 61, 96].
Différence entre Vayakhel et Ki Tissa : Dans la Paracha Ki Tissa, Oholiab est mentionné comme une aide pour Betsalel, alors que dans Vayakhel, ils sont présentés comme égaux dans leur capacité à enseigner [cite : 47, 88]. Rachi souligne ce changement pour montrer que D.ieu accorde une importance égale aux grands et aux petits [cite : 22, 61].
Le rôle de Moïse : L’insistance sur cette égalité apparaît spécifiquement dans le discours de Moïse aux enfants d’Israël, car il était nécessaire de renforcer l’unité du peuple malgré les différences dans leurs contributions matérielles au Michkan [cite : 90, 107, 120].
Le chanteur Habad Aharon Sitbon lance un nouveau single intitulé « Nigoun Yéhoudi », accompagné d’un clip entièrement créé par intelligence artificielle. Paru en pleine période de Pourim et de guerre en Iran, ce titre apporte joie, espoir et lumière, reliant chaque auditeur à ces instants précieux d’élévation spirituelle. Une déclaration d’âme qui proclame avec ferveur que le temps de la Gueoula est à notre porte.
Un chant né du rêve et de la foi
Dans un paysage musical juif en constante effervescence, Aharon Sitbon s’impose comme l’une des voix les plus sincères de la scène Habad. Avec « Nigoun Yéhoudi », il ne propose pas simplement un nouveau titre — il offre une déclaration d’âme. « C’est une chanson sur un rêve, pour que nous la chantions tous ensemble — une chanson sur le bien que nous voyons de nos propres yeux en ces jours », résume-t-il avec une simplicité désarmante.
Au cœur du texte, une prière qui traverse les générations : que le Machia’h vienne enfin, qu’il bâtisse le Temple, et que nous ne connaissions plus jamais la guerre. Portée par une mélodie enveloppante aux vertus apaisantes, la chanson proclame avec une joie débordante que le temps de la Gueoula — la Rédemption — est enfin à notre porte.
L’intelligence artificielle au service de l’émotion
Ce qui distingue ce projet, c’est le recours novateur à l’intelligence artificielle pour la réalisation du clip, conçu et animé par Zaavi Heller. Cette alliance entre tradition musicale juive et innovation technologique témoigne d’une volonté de toucher les cœurs par tous les moyens que notre époque met à disposition — sans jamais sacrifier l’authenticité ni la profondeur du message.
Une équipe artistique de haute tenue
La mélodie est signée Aharon Sitbon lui-même, tandis que les paroles ont été composées par Eli Klein et Itzi Beri, qui ont également assuré l’arrangement et la production musicale. La pochette graphique a été confiée à Zeira, et les relations publiques sont assurées par Israël Rosen.
« Nigoun Yéhoudi » est un acte de foi mis en musique — un nigoun pour notre génération, porteur de la promesse que la lumière, toujours, finit par l’emporter.
À l’approche de Pessa’h, la loi juive impose une préparation rigoureuse qui commence exactement trente jours avant la fête. La vérification du ‘hamets — obligation halakhique fondamentale — exige bien plus qu’un simple nettoyage de printemps : elle requiert une inspection méthodique de chaque recoin du foyer selon des règles précises codifiées dans le Choul’han Aroukh. Ce cours pratique guide les familles, pas à pas, dans l’accomplissement de cette Mitsva essentielle, des armoires aux ustensiles de cuisine, en passant par les vêtements, les plans de travail et les robinets.
Rav Yekutiel Farkash
La règle des trente jours et sa portée halakhique
Le Choul’han Aroukh établit que trente jours avant Pessa’h, on commence à se consacrer aux lois de la fête. Cette prescription ne relève pas seulement du souci pédagogique : elle a des implications halakhiques concrètes. Ainsi, comme le formule l’Admour Hazaken dans la section 336 de son Choul’han Aroukh, dès l’entrée dans cette période de trente jours, on veillera à ne pas laisser de ‘hamets adhérer à quelque objet que ce soit d’une manière qui en rendrait l’élimination difficile. Ce principe guide l’ensemble des travaux de préparation.
Il convient de distinguer deux dimensions de cet effort : d’une part, le grand nettoyage annuel auquel toute maîtresse de maison s’astreint naturellement à la veille de Pessa’h ; d’autre part, l’obligation religieuse spécifique de rendre chaque espace « vérifié de ‘hamets » (badouk me-‘hamets). Ces deux réalités se recoupent sans se confondre, et c’est précisément leur articulation que le présent cours cherche à éclairer.
La vérification du ‘hamets : une obligation distincte du nettoyage ordinaire
La règle est d’une clarté absolue : tout espace où il est théoriquement possible qu’on ait apporté du ‘hamets au cours de l’année doit faire l’objet d’une bédikath ‘hamets — une vérification formelle — et non d’un simple nettoyage. Cette exigence s’applique aux armoires à vêtements, aux bibliothèques, aux placards alimentaires, et à la quasi-totalité des espaces domestiques.
Pourquoi une telle rigueur ? Parce que, au fil de l’année, on ne saurait affirmer avec certitude ce qui s’est produit dans chaque coin de la maison. On a pu s’approcher d’une armoire tenant une brioche à la main, un enfant a pu y glisser un biscuit. Les jeunes enfants, en particulier, ont une capacité remarquable à transporter de la nourriture dans des endroits improbables, à grimper sur des meubles ou à laisser tomber des miettes dans des recoins auxquels l’adulte ne pense jamais. L’obligation de vérification reflète cette réalité vécue.
En pratique, la vérification principale — la bédikath ‘hamets — a lieu dans la nuit du 14 Nissan (la veille de Pessa’h), à la lueur d’une bougie. C’est pourquoi tout le travail préalable de nettoyage doit permettre, lorsque cette nuit arrive, de ne plus avoir à fouiller frénétiquement chaque recoin : la maison aura déjà été inspectée et sécurisée, pièce par pièce.
Inspection à la lumière du jour ou à la lueur d’une bougie : quand laquelle s’applique ?
Le Choul’han Aroukh établit une distinction fondamentale. Tout espace situé en face d’une fenêtre ouverte peut être inspecté de jour, à la lumière naturelle. Le terme utilisé pour désigner ce type d’espace est « rakhsad », c’est-à-dire une véranda ou un balcon ouvert sur l’extérieur : un mur en fond, des parois sur les côtés, et une façade ouverte sur le jardin ou la cour. Un tel espace, comme une pièce très lumineuse dotée de nombreuses fenêtres, peut être vérifié en plein jour.
En revanche, tous les autres espaces — les coins sombres, les placards intérieurs, les recoins non exposés à la lumière naturelle — doivent obligatoirement être vérifiés la nuit, à la flamme d’une bougie. La Guemara et le Choul’han Aroukh sont explicites sur ce point : allumer une bougie en plein jour et fermer les volets ne suffit pas ; la vérification doit être nocturne. La raison en est que la flamme de la bougie a une propriété particulière : elle éclaire les fissures et les recoins avec une pénétration que nulle autre lumière artificielle n’égale.
Compte tenu de la réalité des familles contemporaines, souvent débordées par la préparation de la fête, il est conseillé d’organiser soigneusement les vérifications nocturnes afin que les enfants soient couchés avant que l’on commence à parcourir la maison avec des bougies allumées.
Le nettoyage par lavage : une vérification à part entière
La halakha ouvre une voie pratique d’une grande importance. Le Choul’han Aroukh précise que le nettoyage par frottement à l’aide d’une serpillière ou d’un chiffon humide — ce que l’on appelle « kiboud » — est pleinement valable comme vérification de ‘hamets pour les surfaces lisses. Autrement dit, passer une éponge ou laver soigneusement une table, une étagère ou le fond d’une armoire équivaut, sur ces surfaces planes, à une inspection nocturne à la bougie.
C’est d’ailleurs pour cette raison que, lors de la bédikath ‘hamets proprement dite, on ne fouille pas le milieu des pièces : on se concentre sur les coins et les recoins, car le reste a déjà été nettoyé et lavé. Comme l’écrit le Sha’ar Hatechouva, les maîtres de la halakha ont pris l’habitude de passer la bougie dans les recoins sans gratter ni creuser, précisément parce que le nettoyage préalable a déjà accompli l’essentiel du travail.
Pour les zones difficiles d’accès où ni le lavage ni l’inspection ne peuvent parvenir — les coins profonds d’une armoire, les interstices entre les planches — il existe une solution pratique supplémentaire : si le ‘hamets éventuel se trouve dans un état tel qu’un chien lui-même ne pourrait le manger (en raison d’un produit répulsif ou d’une substance les recouvrant), les miettes sont considérées comme annulées et n’imposent plus de vérification.
La méthode pratique : armoires, bibliothèques et tiroirs
Voici la procédure concrète recommandée. Pour chaque armoire — armoire à vêtements, bibliothèque, placard de rangement — on commence par en retirer entièrement le contenu. On lave soigneusement toutes les surfaces intérieures (fond, parois, étagères, plafond de l’armoire), on essuie et on nettoie. Pour les étagères amovibles, on les sort, on les lave, on les essuie, puis on les remet en place. Ce lavage vaut lui-même comme vérification de ‘hamets pour toutes les surfaces planes.
Pour les coins qui restent inaccessibles, on pulvérise un produit répulsif (insecticide ou produit similaire aux prix variant entre 4 et 9 shekels) dans chaque recoin. Toute miette de ‘hamets qui s’y trouverait devient dès lors impropre à la consommation, ce qui suffit à remplir l’obligation halakhique.
S’agissant des livres, on n’est pas tenu d’ouvrir chaque ouvrage et d’en tourner les pages — sauf pour les livres que l’on utilisera à table pendant Pessa’h et qui auraient pu recevoir des miettes en cours d’utilisation durant l’année. Pour les autres, on sort les livres, on nettoie les étagères, on pulvérise les coins, et l’armoire est déclarée vérifiée de ‘hamets. Condition absolue : à partir du moment où un espace a ainsi été « certifié », aucun ‘hamets ne doit plus y pénétrer jusqu’à Pessa’h.
Pour les tiroirs, la procédure est similaire : on vide le tiroir, on le sort de son logement, et on l’approche d’une fenêtre ouverte pour une inspection à la lumière naturelle — opération qui ne prend que quelques secondes. Si l’inspection a lieu le soir, on éclaire brièvement avec une bougie. On remet ensuite le tiroir en place et on veille à ce qu’aucun ‘hamets n’y soit introduit jusqu’à la fête.
Les poches de vêtements : une obligation souvent négligée
Le Choul’han Aroukh est explicite : chaque poche de vêtement doit faire l’objet d’une vérification de ‘hamets, même chez un adulte qui serait persuadé de n’avoir jamais glissé de nourriture dans ses poches. Pour les familles avec de jeunes enfants, il n’est nul besoin d’expliquer pourquoi : un enfant peut, en plein milieu d’une activité, confier un biscuit à la poche de son parent pour qu’il le lui garde.
Pour les vêtements que l’on ne portera pas avant Pessa’h, il suffit de les retourner et d’inspecter les poches à la lumière d’une fenêtre avant de les ranger. Pour les vêtements que l’on porte encore jusqu’à la veille de Pessa’h, la vérification s’effectuera au moment de la destruction du ‘hamets (biour ‘hamets), le matin de la veille de Pessa’h.
Pour les familles possédant des gardes-robes conséquentes — et chacun sourira à l’évocation de l’époque révolue où quelques vêtements suffisaient à une famille nombreuse — une solution pratique existe. Le processus de lavage en machine avec des produits lessiviels modernes (dont la toxicité suffit à rendre les miettes impropres à la consommation) peut être pris en compte pour dispenser d’une vérification poche par poche, à condition que les vêtements en question ne soient plus portés jusqu’à Pessa’h. Pour les habits portés jusqu’au dernier moment, la vérification des poches reste obligatoire.
Les ustensiles de cuisine : principes généraux de la ‘hagala
Le Choul’han Aroukh pose un principe général d’une élégance conceptuelle remarquable : « Kbol’o kakh polto » — un ustensile rejette ce qu’il a absorbé de la même manière qu’il l’a absorbé. Autrement dit, si du ‘hamets a pénétré dans un ustensile par un liquide versé (irouï), il peut en être extrait par un liquide versé bouillant ; s’il a pénétré par cuisson directe (kli richon — récipient primaire), il n’en sortira que par une immersion dans l’eau bouillante.
Pour les ustensiles que l’on n’utilisera pas pendant Pessa’h, la halakha est indulgente : il n’est pas nécessaire de récurer les résidus noircis sous les anses et les poignées. Ces résidus, devenus depuis longtemps impropres à la consommation même d’un animal, peuvent être rangés au cellier ou inclus dans la vente du ‘hamets au non-juif.
Pour les ustensiles que l’on souhaite utiliser pendant Pessa’h, la ‘hagala (purification par l’eau bouillante) est requise selon les modalités suivantes. Première condition absolue : au moins vingt-quatre heures doivent s’être écoulées depuis la dernière utilisation de l’ustensile avec du ‘hamets. Ce délai permet à l’absorption de devenir « non-journalière » (eino ben yomo), ce qui atténue son intensité halakhique.
Les modalités pratiques de la ‘hagala
Si l’ustensile a absorbé le ‘hamets par irouï (un liquide versé depuis un récipient primaire), on peut le purifier en y versant de l’eau bouillante depuis une bouilloire. Si l’absorption s’est faite directement dans un kli richon (une casserole bouillant sur le feu), il faut immerger l’ustensile dans un grand récipient d’eau portée à ébullition franche.
On veillera à ce que l’ustensile à purifier ne soit pas mouillé avant d’être plongé dans l’eau de ‘hagala : l’eau froide qu’il dégorgerait risquerait de refroidir le bain et de compromettre l’efficacité de l’opération.
Il est important de noter que là où la ‘hagala est requise, le liboun kal (chauffage à la flamme directe) peut également être utilisé. Cette méthode consiste à approcher une flamme (un chalumeau, par exemple) de chaque côté de l’ustensile jusqu’à ce que la face opposée soit trop chaude pour y poser la main. Pour ceux qui participent aux campagnes de préparation au Séder dans des lieux éloignés, le Rav recommandait d’emporter un chalumeau portable : après un nettoyage complet des ustensiles, on peut les soumettre à cette technique sans avoir besoin d’un grand chaudron d’eau bouillante.
Le plan de travail en marbre ou en pierre
Concernant les plans de travail — notamment ceux en carrelage ou en pierre polie que l’on trouve fréquemment dans les cuisines israéliennes — la ‘hagala est possible selon la décision explicite du grand posek de la génération dont la mémoire est bénie, qui a statué que même les carreaux de céramique et la pierre polie cuite au four peuvent faire l’objet d’une ‘hagala efficace.
La procédure recommandée est la suivante. Après vingt-quatre heures sans utilisation, on verse de l’eau bouillante depuis une bouilloire sur l’intégralité du plan de travail, en atteignant chaque coin. Il est préférable d’utiliser une bouilloire électrique dont l’élément chauffant est intérieur (plutôt qu’une bouilloire à élément chauffant externe), car certains autorités lui attribuent le statut de kli richon. On essuie ensuite soigneusement, et on recouvre le plan de travail d’une feuille d’aluminium épais ou d’un film plastique résistant.
Cette précaution supplémentaire n’est pas superflue. Au cours de l’année, il peut arriver qu’un aliment ‘hamets chaud et consistant — un kugel, des pâtes, une viande grillée — tombe directement sur le plan de travail. Dans ce cas, l’absorption s’apparente à celle d’un kli richon, et la couverture du plan garantit qu’en cas de contact accidentel pendant Pessa’h, aucun transfert de blioth (absorptions) ne sera possible.
On veillera également à verser de l’eau bouillante sur les carreaux muraux situés autour du plan de travail, jusqu’à la hauteur où les éclaboussures de cuisson peuvent normalement atteindre au cours de l’année.
L’évier et les robinets
L’évier en métal peut être purifié par ‘hagala : après vingt-quatre heures de non-utilisation, on y verse de l’eau bouillante sur toutes ses surfaces. Toutefois, un problème spécifique subsiste : la bonde et le siphon contiennent des dépôts de graisse et de résidus de ‘hamets accumulés tout au long de l’année, zones que l’eau bouillante ne peut atteindre. On y versera donc un produit détartrant puissant (du type acide chlorhydrique) qui brûle les graisses incrustées. En complément, on disposera dans l’évier un bac en plastique ou en métal réservé à Pessa’h, créant ainsi une séparation physique entre les ustensiles cachers lepessa’h et les parois de l’évier.
Pour les éviers en céramique ou en matériaux composites, la ‘hagala complète n’étant pas praticable, on adopte la même stratégie : nettoyage approfondi, vingt-quatre heures de non-utilisation, versement d’eau bouillante, et insertion d’un bac interne.
Quant aux robinets, ils sont exposés tout au long de l’année aux projections de liquides chauds contenant du ‘hamets, et il peut arriver que l’ouverture du robinet d’eau chaude pendant Pessa’h fasse circuler une eau qui, au contact de la tuyauterie, absorberait des résidus anciens. La solution la plus simple et la plus sûre — que le Rav recommandait lui-même — consiste à acheter des robinets neufs de remplacement, disponibles à prix modique dans les quincailleries. Le remplacement, aisément réalisable sans technicien, garantit une tranquillité d’esprit totale.
Une conclusion empreinte d’espérance
Ce guide pratique ne prétend pas avoir épuisé tous les sujets ; de nombreux autres articles domestiques mériteraient d’être abordés. Mais en attendant, comme l’a conclu le Rav avec une foi sereine, que mérite la rédemption vienne hâter nos pas : puissions-nous accomplir toutes ces préparations dans la joie, et mériter d’offrir le Korban Pessa’h cette année même, dans le Beth Hamikdach reconstruit. Amen.
La communauté juive du centre de l’Ohio a inauguré le 22 février 2026 le Centre étudiant Habad Jérôme-et-Géraldine-Schottenstein à l’université Ohio State, lors d’une cérémonie rassemblant plusieurs centaines de personnes. Quadruplant la surface de l’ancien centre démoli, ce bâtiment de quatre niveaux et deux mille quarante mètres carrés, dont la construction a dépassé dix millions de dollars, s’impose comme l’incarnation d’une vitalité juive que rien n’a su enrayer. À travers les témoignages d’étudiants, de donateurs et de responsables communautaires, c’est toute la force d’une mission — celle du Rabbi de Loubavitch — qui s’est exprimée lors de cette soirée historique.
Une inauguration sous le signe de la fierté
La communauté juive du centre de l’Ohio a célébré l’achèvement du Centre étudiant Habad Jérôme-et-Géraldine-Schottenstein à l’université Ohio State lors d’une cérémonie de coupe de ruban le 22 février 2026. Plusieurs centaines de personnes se sont d’abord rassemblées devant l’entrée du centre, situé au 209 East 15th Avenue, avant de se déverser à l’intérieur pour un programme de quatre-vingt-dix minutes. Parmi les intervenants figuraient le maire de Columbus, Andrew Ginther, le candidat au poste de gouverneur de l’Ohio, auteur et entrepreneur Vivek Ramaswamy, ainsi que d’anciens et actuels étudiants témoignant de l’impact du centre sur leur vie.
Un édifice trois fois plus grand, bâti sur trente ans d’histoire
La cérémonie a mis en lumière l’achèvement d’un centre étudiant de quatre niveaux et de deux mille quarante mètres carrés — soit environ trois fois la superficie de l’ancien centre, qui a été démoli. Le nouvel édifice porte les noms de Jérôme et Géraldine Schottenstein, qui avaient joué un rôle décisif dans l’ouverture du premier Centre étudiant Habad sur ce même site en 1991. Le centre est aujourd’hui codirigé par deux couples : le Rav Zalman et Sarah Deitsch, ainsi que le Rav Lévi et Aviva Andrusier.
Ayant largement dépassé la capacité de l’ancien bâtiment, des donateurs ont acquis un terrain adjacent, démoli plusieurs structures existantes et financé la construction du nouveau centre pour un montant dépassant dix millions de dollars.
Spencer Sarachek : une visite le lendemain du 7 octobre
Spencer Sarachek, étudiant en deuxième année à Ohio State, a raconté sa première visite à l’ancien centre le 8 octobre 2023 — le lendemain des attaques terroristes lancées par le Hamas contre Israël — lors de la semaine des parents, où son frère aîné était inscrit. À l’époque, il n’envisageait ce passage que comme une halte sur la route de Bloomington, en Indiana, où il comptait poursuivre ses études à l’université d’Indiana. S’attendant à trouver une atmosphère accablée, il fut au contraire accueilli avec chaleur par le Rav Zalman Deitsch.
« Quand je suis parti ce jour-là, je ne me sentais pas vaincu — je me sentais fier. Fier d’être juif », a-t-il déclaré lors de la cérémonie.
En voyant les plans du futur centre ce jour-là, il avait confié à ses parents que malgré leur ambition, il n’y avait « aucune chance » que le chantier soit achevé en deux ans.
« Je n’ai jamais été aussi heureux de m’être trompé », a-t-il ajouté — lui qui s’était finalement inscrit à Ohio State l’année suivante. Lors de ses premiers mois sur le campus, alors qu’il appelait sa mère pour lui confier sa nostalgie, il reçut un appel d’un numéro de Columbus qu’il ne connaissait pas : c’était le Rav Zalman, qui lui annonçait qu’il lui apportait le bouillon de poulet de sa femme Sarah. « À ce moment-là, Ohio State me sembla bien moins éloignée de chez moi. »
Des donateurs animés par une vision de pérennité
Sara Ferne Kanfer, diplômée de la promotion 2009 et donatrice, a déclaré lors de l’événement que, à l’approche de ses quarante ans, elle souhaitait « planter des choses qui me survivront ».
« L’héritage, ce n’est pas une question de monuments — c’est un investissement dans les gens et dans la communauté. […] Que ce que nous bâtissons ici soit précieux, à l’intérieur comme à l’extérieur », a-t-elle conclu.
Grandir au Beth Habad : le témoignage de Rosie Deitsch Gurevitch
Rosie Deitsch Gurevitch, l’aînée des sept enfants du Rav Zalman et de Sarah Deitsch — qui servent la communauté étudiante de l’Ohio State depuis 1996 — a évoqué ce que signifiait grandir au sein du Centre étudiant Habad.
« Ce n’est pas seulement une maison », a-t-elle dit. « C’était et c’est un foyer pour chaque étudiant qui y entre incertain de lui-même et en repart avec le sentiment d’appartenir quelque part, un lieu où le judaïsme n’est pas quelque chose que l’on visite, mais quelque chose que l’on vit. […] Les étudiants actuels et futurs de l’OSU n’ont vraiment pas idée de ce qui les attend, maintenant que les contraintes d’espace ont enfin été levées. »
Le maire de Columbus et Vivek Ramaswamy prennent la parole
Le maire Andrew Ginther a officialisé l’événement par une proclamation municipale et a brièvement pris la parole devant l’assistance : « Le Centre Habad est une composante d’une importance capitale pour la culture de cette ville. Columbus sera plus forte, plus saine et plus sûre grâce au travail remarquable accompli ici. »
Vivek Ramaswamy, orateur principal de la soirée, a partagé ce qu’il a appelé une « parabole universelle » : celle d’un âne tombé dans un puits. Alors que son propriétaire, croyant abréger ses souffrances, commence à le recouvrir de terre, l’âne secoue chaque pelletée, comble peu à peu le puits et finit par en sortir sur un sol nivelé. « La vie vous lance des obstacles — ce n’est pas un choix. Mais le rôle de victime, lui, est un choix », a déclaré Ramaswamy.
Il a ajouté que les divisions dans le pays étaient moins politiques qu’elles ne portaient sur la question de savoir à qui l’on attribue la responsabilité de ses malheurs — et a conclu en évoquant sa candidature au poste de gouverneur de l’Ohio.
Des étudiants qui ont trouvé une famille
Parmi les participants figuraient deux seniors de l’Ohio State : Jason Falk, originaire de Long Island, et Ben Krefetz, de Boca Raton, en Floride, qui s’étaient rencontrés au Centre étudiant Habad. Tous deux ont rendu hommage au Rav Zalman pour avoir rendu le campus chaleureux.
« Il est comme un membre de la famille et une figure paternelle pour nous », a confié Falk, évoquant les visites du Rav à la fraternité Delta Kappa Epsilon.
« C’était formidable de revoir tous les étudiants juifs que nous avons appris à connaître ici », a ajouté Krefetz.
Trente-quatre ans de présence Habad à Columbus
Après la cérémonie, le Rav Areyah Kaltmann, directeur exécutif de Habad Columbus, a rappelé qu’il était arrivé à Columbus il y a trente-quatre ans avec sa femme Esther, portant le rêve de perpétuer une vie juive épanouie à l’Ohio State — en s’appuyant sur l’œuvre du Rav Chaïm et de Chani Capland, qui dirigent le Torah Center, également à Columbus.
« Nous sommes tellement enthousiasmés par cette magnifique expansion d’une vie juive florissante, où les étudiants se sentiront toujours chez eux », a-t-il déclaré.
Habad : bâti non autour d’un homme, mais autour d’une mission
Prenant la parole en clôture du programme, Sarah Deitsch a rappelé que la disparition du Rabbi de Loubavitch, guide du mouvement Habad aux États-Unis, avait été interprétée par certains sceptiques comme le signe d’un déclin inévitable.
« Habad n’a jamais été bâti autour d’un homme — il a été bâti autour d’une mission. […] Il n’a pas créé des disciples, il a créé des bâtisseurs », a-t-elle déclaré. « Le monde a assisté à quelque chose qu’il n’avait pas prévu : davantage de Beth Habad ont ouvert, pas moins. Davantage de campus ont été atteints, pas abandonnés. Davantage de Juifs ont été accueillis, pas oubliés. »
« Ce bâtiment fait partie de cette vision vivante. Ce n’est pas une simple structure, ce ne sont pas des briques, du verre et du mobilier. Il dit que la vie juive n’attend pas d’être à l’aise. La vie juive n’attend pas d’être invitée. La vie juive se manifeste et construit. Chaque chaise dit « quelqu’un appartient ici ». Chaque table dit « quelqu’un sera nourri ». Chaque pièce dit « quelqu’un se sentira chez lui ». Chaque livre dit « quelqu’un sera instruit »… Mes enfants peuvent vous confirmer que ce ne sont pas de simples mots — ils l’ont vécu. »
Le Beth Din et le Conseil rabbinique Loubavitch de France publient un communiqué urgent sur une pratique en expansion alarmante : des coupes de cheveux qui violent l’interdiction biblique de raser les Péot. Face à l’ignorance généralisée de la gravité de cet interdit, les Rabbanim appellent l’ensemble de la communauté à une vigilance absolue.
Une pratique préoccupante qui se répand dans la communauté
Un interdit explicite inscrit dans la Torah
La longueur minimale ne constitue pas une permission de supprimer les Péot
Deux interdits distincts passibles de sanctions halakhiques
Un appel solennel aux parents, éducateurs et coiffeurs
Des documents inédits viennent de refaire surface, révélant l’une des batailles les plus acharnées menées par le Rabbi précédent — Rabbi Yossef Its’hak Schneersohn — en faveur du bien-être spirituel des soldats juifs américains engagés dans la Seconde Guerre mondiale. À travers une série de télégrammes et de lettres échangés avec le National Jewish Welfare Board, ces archives dévoilent un homme inflexible, mu par une exigence absolue de rigueur religieuse. Face aux atermoiements et aux demi-mesures, le Rabbi précédent tint bon, transformant un incident isolé en un plaidoyer historique pour la dignité spirituelle de milliers de combattants juifs.
Des archives qui ressurgissent du passé
Des documents fascinants récemment mis au jour éclairent d’un jour nouveau une saga majeure dans laquelle le Rabbi précédent se battit avec une énergie infatigable pour le bien-être spirituel des soldats juifs américains engagés dans la Seconde Guerre mondiale.
La série de télégrammes et de lettres échangés avec le National Jewish Welfare Board (JWB) révèle l’intransigeance absolue du Rabbi précédent en matière de Cacherout, ainsi que sa détermination à tenir les institutions juives comptables de leurs responsabilités morales.
L’affaire du « festin de Pourim » de 1943
Cette saga se déroula en 1943, en plein cœur de la guerre, lorsque le Rabbi précédent reçut des informations alarmantes concernant un « festin de Pourim » que le JWB envisageait d’organiser au Camp Grant, à Rockford, dans l’Illinois, pour sept cents soldats juifs. Selon ces rapports, le banquet devait inclure à la fois des plats laitiers et carnés, en violation flagrante de la Halakha.
Sans perdre un instant, le Rabbi précédent adressa un télégramme au Rav Dr. David de Sola Pool du JWB. Fondé vingt-six ans plus tôt, le JWB soutenait les militaires juifs des forces armées américaines en recrutant et formant des Rabbanim pour l’aumônerie militaire, en fournissant des ressources religieuses et en supervisant les centres culturels et communautaires juifs.
Le télégramme, daté du 9 mars 1943, stipule : « DE LA VIANDE CACHÈRE SERA SERVIE, SUIVIE DE CAFÉ AU LAIT ET DE GLACE. VEUILLEZ USER DE VOTRE INFLUENCE AUPRÈS DES ORGANISATIONS CONCERNÉES AFIN QU’ELLES NE VIOLENT PAS LES LOIS DE LA CACHEROUT EN SERVANT ENSEMBLE DES PLATS DE VIANDE ET DES PRODUITS LAITIERS. EN UN TEMPS OÙ NOUS DÉPENDONS TOUS DE LA MISÉRICORDE CÉLESTE… NOUS DEVONS TOUS NOUS ABSTENIR DU PÉCHÉ DE PROFANATION RELIGIEUSE. »
« Veuillez m’informer des mesures que vous avez prises », conclut le Rabbi précédent.
La réponse du JWB : des assurances en cascade
Le lendemain, Philip Goodman, Rav orthodoxe officiant au sein de la Division des Services armés et haut responsable du JWB, répondit par télégramme : « Mon cher Rav Schneersohn, soyez assuré que nous avons pris des mesures immédiates pour examiner la question que vous nous avez soumise… Nous sommes tout à fait soucieux de protéger les convictions et pratiques religieuses de nos membres juifs dans les forces armées. »
Goodman contacta simultanément l’aumônier Norbert Rosenthal au Camp Grant ainsi que Moe Chaseman, administrateur régional du JWB à Chicago, leur demandant d’enquêter et de s’assurer qu’aucune violation de la Cacherout ne se produise. Il leur écrivit : « Nous vous serions reconnaissants de nous confirmer par câble que les mesures nécessaires ont été prises pour éliminer le lait, la glace et tout ce qui doit l’être, afin que nous puissions rassurer le Rav Schneersohn. »
La résistance locale : un directeur récalcitrant
Malgré les assurances données à l’échelon national par le JWB, une rupture flagrante apparut au niveau local.
Le 11 mars, David E. Traub, directeur du JWB au Camp Grant, tenta de balayer les préoccupations du Rabbi d’un revers de main, écrivant à Goodman que l’événement était un « projet USO ordinaire. Ni fête de Pourim, ni soirée confessionnelle. » Il ajouta que la manifestation étant parrainée par le B’nai B’rith, « ni moi ni l’aumônier ne sommes responsables ».
Dans une lettre interne du 13 mars, Traub précisait : « Les faits doivent être rectifiés. Sur les 700 soldats attendus, 150 seulement sont juifs, et en tant qu’étranger à cette communauté, je ne peux pas bouleverser le statu quo de la majorité. Le menu reste tel qu’il a été prévu. »
Il ajouta : « Non, je ne connais pas Schneersohn, et je me demande moi aussi qui il est. Je pense qu’il mérite le respect pour avoir affirmé ses principes, mais je lui suggère de vérifier ses informations à l’avenir. »
Philip Goodman transmit la réponse de Traub au Rabbi précédent, tout en le rassurant une nouvelle fois que « nous mettons tout en œuvre pour répondre aux besoins en matière de Cacherout des membres juifs des forces armées, dans la mesure de nos possibilités. »
Moe Chaseman, lui aussi irrité, écrivit que le Rabbi avait « complètement déformé les faits », mais conclut néanmoins que « vous pouvez être soulagé d’apprendre que ni lait, ni café à la crème, ni aucune autre boisson laitière ne sera servie. »
Il précisa qu’en plus de s’être entretenu avec Traub, il avait également reçu un appel téléphonique de Dick Gutstadt de l’ADL, ainsi que de M. Ben J. Glass, également du B’nai B’rith.
La puissance d’une volonté : des télégrammes qui traversent la guerre
Il est manifeste que le Rabbi précédent déploya des efforts considérables et exercea une pression soutenue pour résoudre l’incident. Il convient aussi de souligner que tout cela se déroulait en temps de guerre, et pourtant la rapidité et la réactivité extraordinaires des échanges téléphoniques témoignent de l’urgence absolue avec laquelle le Rabbi précédent traitait cette affaire.
Finalement, le 15 mars, Goodman put annoncer au Rabbi précédent la bonne nouvelle :
« Je sais que vous serez heureux d’apprendre ce qui suit. Notre superviseur régional à Chicago nous informe que le bureau du B’nai B’rith de Chicago l’a contacté et lui a signifié qu’aucun produit laitier ne serait servi lors de la soirée du 14 mars. »
Il semble que Goodman ait voulu préciser qu’aucun produit laitier n’avait été servi lors de la fête de Pourim tenue la veille, comme le confirme la suite de la lettre.
Dans une lettre interne adressée à Traub et Chaseman, Goodman tenta de les apaiser, en leur expliquant qui était le Rabbi précédent et pourquoi ses demandes méritaient d’être prises au sérieux : « Nous pouvons sans doute dire que « tout est bien qui finit bien. » Le Rav Schneersohn est le Rabbi de Loubavitch, un ‘Hassid de renommée mondiale, comptant des milliers de fidèles dans ce pays. »
Un plaidoyer en six points pour la dignité spirituelle des soldats
Le Rabbi précédent, insatisfait des mesures partielles prises et de l’état général des choses, rédigea le 28 Adar Chéni 5703 (4 avril 1943) deux lettres quasiment identiques adressées au National Jewish Welfare Board. L’une, en hébreu, était destinée aux directeurs du JWB à New York ; l’autre, en anglais, s’adressait au Comité des activités religieuses de l’armée et de la marine du JWB.
Les lettres s’ouvraient sur des remerciements pour « m’avoir informé que les produits laitiers avaient été retirés du menu en raison de la présence de viande au banquet. »
Le Rabbi précédent exprima ensuite sa préoccupation face aux déclarations apparemment contradictoires du JWB. Dans une lettre, celui-ci avait écrit : « Nous sommes tout à fait soucieux de protéger les convictions et pratiques religieuses de nos membres juifs dans les forces armées », mais dans une autre : « cette soirée n’était pas une fête de Pourim et n’était pas organisée par le Jewish Welfare Board. »
« Les lois de la Cacherout ne doivent-elles être observées que lors d’une fête de Pourim — ou de tout autre banquet religieux ? » demanda le Rabbi précédent. « Le JWB n’a-t-il pas pour vocation de protéger toutes les convictions religieuses des membres juifs des forces armées, en tout temps et en toute circonstance ? »
« La contradiction est manifeste. »
Le Rabbi précédent formula alors six obligations morales que le JWB se devait d’honorer pour garantir le bien-être religieux des soldats juifs :
Garantir la Cacherout à tous les repas des militaires juifs, quelle qu’en soit l’organisateur — terre, mer ou air.
Fournir de la nourriture Cachère dans tous les camps où sont stationnés des soldats juifs, sous la supervision de personnes religieusement fiables.
Organiser des repas Cachers aux points de rassemblement militaires pour les soldats en partance pour le front.
Créer un département spécial chargé d’envoyer des colis alimentaires Cachers aux soldats qui en font la demande, en informant l’ensemble des militaires juifs de l’existence de ce service.
Superviser les activités des aumôniers afin qu’ils accomplissent dûment leurs devoirs religieux, en prévenant toute « profanation religieuse », même si de tels cas demeurent rares.
Imprimer des Sidourim adaptés à tous les rites — Achkenaze, Sefard et Ari — avec des traductions anglaises rigoureuses, le livre de prières actuel du JWB souffrant d’un « curieux mélange des genres ».
Un appel à la responsabilité morale en temps de guerre
Le Rabbi précédent souligna la responsabilité spirituelle et morale plus large du JWB, particulièrement en ces temps de guerre éprouvants :
« Nous tous, Juifs en général, et les responsables du Jewish Welfare Board en particulier, devons nous souvenir du danger auquel nos jeunes frères dans les forces armées sont exposés. Nous ne devons pas oublier un seul instant qu’ils ont besoin de soutien moral et de courage, qui ne peuvent venir que de la foi et de la confiance en D.ieu. Nous devons donc nous employer avec le plus grand soin à pourvoir à leurs besoins spirituels… »
Le Rabbi précédent informa également le JWB que le Merkos L’Inyonei Chinuch, qu’il avait « fondé il y a environ deux ans », avait déjà publié un calendrier-agenda quotidien en anglais, ainsi que des manuels de prières et de bénédictions, tous deux très demandés par les soldats juifs.
Il conclut : « J’ai demandé aux directeurs du Merkos L’Inyonei Chinuch de vous contacter à ce sujet. »
Tandis que le JWB débattait encore de ses responsabilités, le Rabbi précédent avait déjà commencé à combler le vide.
Vers une victoire tranquille mais historique
Goodman répondit à la lettre du Rabbi précédent en indiquant : « Nous soumettons cette question au comité compétent afin que le contenu de votre lettre puisse être dûment examiné. »
« Votre intérêt pour le bien-être des membres juifs des forces armées des États-Unis est sincèrement apprécié », ajouta-t-il.
Le 6 mai 1943, le Rav Leo Jung, président du Comité culturel du JDC et fondateur du Conseil rabbinique de l’UOJCA, répondit formellement à la lettre du Rabbi précédent.
Tout en s’efforçant de présenter les déclarations antérieures du JWB comme de simples « corrections d’information » plutôt que des contradictions, Jung concéda plusieurs des points soulevés par le Rabbi et annonça qu’une édition révisée du Sidour serait publiée ce mois-là même, « de nature à répondre aux besoins des soldats et des marins. »
Un mois plus tard, le 14 juin 1943, Goodman confirma que l’édition révisée du Sidour était parue et que le JWB consacrait « une somme considérable » à la satisfaction des besoins en Cacherout des militaires juifs, notamment par des « subventions accordées pour les repas servis dans les restaurants Cachers, des arrangements pour l’hospitalité à domicile, et l’envoi de colis à des particuliers. »
Cette victoire, paisible mais éclatante, fut le fruit direct du refus obstiné du Rabbi précédent de laisser l’affaire s’enliser.
Derrière les murs du célèbre 770 Eastern Parkway se dissimule un monde insoupçonné : une bibliothèque monumentale dont l’histoire épouse celle du mouvement Habad lui-même, de son sauvetage miraculeux durant la Shoah jusqu’à son expansion souterraine. Le Rav Chalom Ber Levine, bibliothécaire en chef, ouvre pour la première fois les portes de ces salles interdites au public, révélant des trésors que presque personne n’avait encore vus. C’est un voyage dans la mémoire vivante du peuple juif, gardée entre des milliers de volumes précieux entassés au fil des décennies.
Un sauvetage arraché à l’ombre nazie
Une vidéo inédite vient d’être publiée, dans laquelle le Rav Chalom Ber (Berel) Levine, bibliothécaire en chef, guide les spectateurs à travers les recoins secrets de la bibliothèque jouxtant le 770 Eastern Parkway — des salles que la plupart des gens n’ont jamais vues, et dont ils ignoraient jusqu’à l’existence. Ce tour guidé exceptionnel dévoile l’histoire remarquable de l’une des bibliothèques juives les plus importantes au monde.
Le Rav Levine retrace l’ensemble de cette épopée : du sauvetage de la collection pendant la Seconde Guerre mondiale jusqu’à sa transformation en un vaste complexe s’étendant sur plusieurs bâtiments et des salles de stockage souterraines.
« La bibliothèque du Rabbi précédent a été sauvée de la Pologne sous occupation nazie et est arrivée ici », explique le Rav Levine. « Et le Rabbi précédent a consacré le rez-de-chaussée du 770 pour y établir la bibliothèque. »
Des étagères furent installées et remplies en un rien de temps par des milliers de livres saints. Très vite, l’espace déborda, et le garage du 770 fut à son tour converti en extension de la bibliothèque.
Une croissance que rien ne pouvait endiguer
Après le décès du Rabbi précédent, le Rabbi poursuivit l’enrichissement de la collection. Pendant des années, les ouvrages entrants furent entreposés dans des domiciles privés et des salles de stockage, faute de place. En 1966 (5726), Habad fit l’acquisition du bâtiment voisin, au 766 Eastern Parkway.
« Habad a acheté ce bâtiment au Docteur Shapiro », précise le Rav Levine. « Il était dentiste, et le bâtiment devint une extension du 770 et de la bibliothèque. »
Ce répit fut de courte durée. À la fin des années 1970, le 766 était à son tour saturé.
« Il y avait tant de livres dans des cartons », confie le Rav Levine. « Ils n’avaient plus de place dans les rayonnages. »
Le garage du 766 fut le prochain à être transformé : l’entrée fut murée, des vitrines installées, et l’espace entièrement consacré aux ouvrages.
Le Rabbi et la Rebbetzin s’installent dans la bibliothèque
L’un des épisodes les plus émouvants de cette visite concerne l’installation du Rabbi et de la Rebbetzin au sein même du bâtiment de la bibliothèque. Vers 5741 (1981), il devint difficile pour le Rabbi de parcourir à pied la distance entre le 770 et son domicile de la rue President pour Chabbat.
« En semaine, on emmenait le Rabbi en voiture, mais Chabbat posait problème », explique le Rav Levine.
La solution fut de demeurer dans le bâtiment de la bibliothèque.
« On a pris une pièce remplie de livres et on y a installé la salle à manger. On a pris une deuxième pièce et on y a aménagé la chambre à coucher. C’est ainsi qu’ils ont vécu pendant plusieurs années. »
Par la suite, une structure à deux niveaux fut construite dans l’arrière-cour du 766 : l’étage supérieur servit de salon au Rabbi et à la Rebbetzin, tandis que l’étage inférieur devint une nouvelle extension de la bibliothèque.
Le procès des livres et la hora’ah du Rabbi
Le chapitre le plus dramatique de l’histoire de la bibliothèque fut celui du procès judiciaire de 5745–5747 (1985–1987), qui aboutit en 1987 au retour des ouvrages disputés. Le Rabbi soulignait cet événement lors d’un Farbrenguen en promulguant une hora’ah qui demeure en vigueur aujourd’hui.
« Le Rabbi a dit que ce jour, chaque année, devrait être un jour où les gens font des dons et enrichissent la bibliothèque avec tous les livres qu’ils possèdent dans leur collection, ou qu’ils publient — afin qu’un exemplaire en soit déposé dans cette bibliothèque », relate le Rav Levine.
La réponse fut extraordinaire.
« Des milliers et des milliers et des milliers de livres ont été ajoutés cette année-là. Il n’y avait plus de place. Tout était saturé. »
Ce fut la Rebbetzin qui apporta la solution.
« Nous avons demandé à la Rebbetzin quoi faire », se souvient le Rav Levine. « Elle nous a dit que puisque le Rabbi précédent avait fondé la bibliothèque au 770, elle devait y rester. Mais il n’y avait pas de place. Alors il fallait l’agrandir en extension du 770, d’une manière qui ne nuise pas au bâtiment. »
Des salles souterraines et des milliers de Tanya
L’ensemble de la cour intérieure entre le 770 et le 766 fut excavé et transformé en vastes salles de stockage souterraines, achevées en 1990 (5750) et équipées de rayonnages mobiles sur rails.
« On peut voir toute la longueur de la bibliothèque », démontre le Rav Levine lors de la visite, « tant d’étagères se touchant les unes les autres sans allée entre elles. »
La même année, un troisième étage fut ajouté au 766 pour accueillir une salle de lecture destinée aux chercheurs — l’un des espaces montrés dans la vidéo, normalement fermé au public.
« Pendant qu’ils sont assis ici », explique le Rav Levine, « le bibliothécaire descend en salle de stockage, retrouve l’ouvrage recherché et le leur apporte, afin qu’ils puissent le consulter et le vérifier sur ces tables. »
Lorsque même cela s’avéra insuffisant, Habad fit l’acquisition du 760 Eastern Parkway, l’ancienne résidence de la famille Itkin, dont le deuxième étage fut entièrement dédié à la bibliothèque. Cet étage abrite l’une des expositions les plus saisissantes : les quelque 8 000 éditions du Tanya publiées depuis 1988, année où le Rabbi demanda qu’en tout lieu où des Juifs se trouvent dans le monde, un Tanya y soit imprimé.
« Environ 8 000 éditions ont été publiées », note le Rav Levine en montrant la collection disposée le long du mur est de la pièce.
L’appartement du Rachag transformé en salle d’exposition
La visite se conclut au troisième étage du 770, qui fut autrefois l’appartement du Rachag, le Rav Chemaryahou Gourary, beau-frère du Rabbi et gendre du Rabbi précédent. Après son décès en 5749 (1989), l’étage fut réservé comme salle d’exposition.
Lorsque les travaux furent achevés avant le calendrier prévu, les bibliothécaires demandèrent au Rabbi s’il fallait l’ouvrir immédiatement.
« Le Rabbi a répondu que le moment n’était pas encore venu. Attendons. »
Ils attendirent, jusqu’à l’achèvement de l’ensemble du projet en 1992 (5752).
Depuis lors, quinze expositions ont été organisées dans cet espace, chacune consacrée à un thème différent. L’exposition actuelle, intitulée L’Exposition des Rebbeïm, dédie une vitrine à chacun des Rebbeïm — ainsi qu’au Baal Chem Tov, au Maggid de Mezeritch et aux autres fondateurs du ‘Hassidisme — en y présentant de précieux manuscrits, des objets historiques et des pièces rares liés à chacun d’eux.
« Des milliers et des milliers de personnes viennent constamment contempler les objets saints de cette exposition », conclut le Rav Levine.
C’est avec tristesse que nous annonçons le départ de ce monde de l’époux de Mora Lisa Bensemoun.
Que son souvenir soit une bénédiction.
La Tahara aura lieu le jeudi 12 mars 2026 à 14h00 et la mise en bière à 15h00, à l’Hôpital Saint-Antoine Paris XII, situé au 23, rue de Chaligny, 75012 Paris.
L’inhumation aura lieu le vendredi 13 mars 2026 au cimetière de Guivat Shaoul, à Jérusalem, Israël.