Israël rugit : le discours de guerre de Netanyahou qui change la face du Moyen-Orient

Israël rugit : le discours de guerre de Netanyahou qui change la face du Moyen-Orient

 

Une semaine après le lancement de l’opération « Rugissement du Lion », le Premier ministre Binyamin Netanyahou a prononcé un discours historique à la nation israélienne, rendant hommage aux combattants sur tous les fronts et détaillant l’ampleur sans précédent des frappes menées conjointement avec les États-Unis contre le régime des Ayatollahs. Face à une menace nucléaire existentielle, Israël a éliminé le dictateur Khamenei, détruit des infrastructures stratégiques iraniennes et affirmé sa puissance régionale avec une résolution absolue. Netanyahou a conclu son allocution par un message d’espoir adressé au peuple iranien, appelant à la liberté et à une paix future entre deux nations condamnées, selon lui, à redevenir amies.

 

 

 

Un hommage aux soldats et à la résilience du peuple

Une semaine s’est écoulée depuis le début de l’opération « Rugissement du Lion ». Je tiens à saluer nos pilotes héroïques, nos équipes au sol qui travaillent vingt-quatre heures sur vingt-quatre, et nos courageux combattants au Liban comme sur tous les fronts.

Je veux vous exprimer, citoyens d’Israël, ma profonde gratitude pour votre résilience inébranlable et pour la dignité avec laquelle vous traversez cette période d’urgence. Vous comprenez la gravité de l’heure et vous obéissez aux directives du Commandement du Front intérieur — des directives qui sauvent véritablement des vies. Dans vos pièces de sécurité, dans vos abris, vous faites preuve d’un esprit fort. Vous nous dites, à nous — le gouvernement, les soldats, les commandants héroïques : continuez jusqu’au bout, jusqu’à la victoire.

Du fond du cœur, je vous remercie de votre soutien. Et je vous annonce que nous poursuivons cette guerre de toutes nos forces, en avançant avec initiative et stratégie.

La détermination, premier fondement de la victoire

Mais le premier fondement du succès, c’est la détermination. Je ne parle pas seulement de la détermination des dirigeants. Je parle de la détermination du peuple — de cette détermination que vous, citoyens d’Israël, avez démontrée jusqu’à présent, et de celle qui nous sera encore demandée.

Ensemble, nous nous sommes relevés de l’horrible massacre du 7 octobre. Ensemble, nous avons repoussé nos ennemis, étape par étape, dans cette guerre de renaissance. Nous les avons écrasés à Gaza — Sinwar et ses meurtriers. Au Liban — Nasrallah et ses terroristes. En Syrie — où nous avons provoqué la chute d’un régime sanguinaire. Et en Iran — où nous avons frappé le régime meurtrier des Ayatollahs, d’abord lors d’une première opération, et maintenant avec une intensité encore plus grande dans l’opération « Rugissement du Lion ».

Dans le même temps, nous avons ramené tous nos otages, frappé les centres du terrorisme en Judée-Samarie, gravi le sommet de l’Hermon et créé des zones tampons en Syrie, au Liban et à Gaza. Comme je vous l’avais promis deux jours après le 7 octobre : nous changeons le visage du Moyen-Orient.

Un changement polaire : l’audace comme doctrine

Mais nous n’avons pas seulement changé le Moyen-Orient — nous nous sommes d’abord changés nous-mêmes. Car après la grande catastrophe du 7 octobre, j’ai décidé de mener un changement radical : des actions puissantes, les unes après les autres, proactives et surprenantes, des actions qui modifient de manière dramatique le rapport de force entre nous et nos ennemis.

Grâce à ces méthodes, nous avons transformé Israël en une puissance régionale qui dissuade et vainc ses adversaires. Tout cela exige de l’initiative, de l’audace et la capacité à prendre des risques calculés.

Dans l’unité de la Sayeret Matkal, où j’ai servi comme combattant puis comme commandant, une grande affiche ornait la salle à manger. Deux mots seulement : « Qui ose gagne. » Si tu n’oses pas, si tu crains en permanence l’échec, tu perdras. Mais si tu oses, si tu prends des risques calculés et déstabilises l’ennemi, tu brises son esprit.

Pourquoi nous avons lancé l’opération « Rugissement du Lion »

Face à nous se dresse un régime maléfique et extrémiste qui, depuis quarante-sept ans, crie « Mort à Israël, mort à l’Amérique » et complote pour nous anéantir avec des bombes atomiques et des dizaines de milliers de missiles balistiques.

Le président Trump a compris depuis longtemps l’ampleur de ce danger pour les États-Unis et pour le monde entier. Je l’ai rencontré en Floride, il y a quelques mois, avant qu’il ne soit élu pour son second mandat. La première chose qu’il m’a dite : « Bibi, nous devons à tout prix empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire. » Je tiens à remercier mon ami le président Trump pour le leadership historique dont il fait preuve, pour l’amitié courageuse qui nous unit, et pour l’alliance, plus étroite que jamais, entre les États-Unis et Israël.

Lors de notre opération coordonnée, nous avons uni nos forces pour écarter d’Israël et des États-Unis le danger immédiat. Mais le dictateur de Téhéran, Khamenei, n’a tenu compte ni des avertissements du président Trump, ni des miens. Il a ordonné de restaurer — et même d’enfouir profondément sous terre, sous de hautes montagnes — les capacités nucléaires et balistiques de l’Iran, pour les mettre totalement à l’abri de toute attaque.

Il ne fait aucun doute qu’une fois cette immunité souterraine acquise, le régime des Ayatollahs aurait utilisé ces armes terribles pour détruire Israël, menacer les États-Unis, l’Europe, les pays de la région et le monde entier. Car c’est exactement ce que ce régime terroriste fait aujourd’hui — alors même qu’il ne dispose pas encore d’armes de destruction massive. Imaginez ce qu’il aurait fait avec des armes nucléaires entre les mains.

C’est avec cette lucidité que les États-Unis et Israël ont lancé ensemble cette opération, pour contrecarrer ces menaces terribles et créer les conditions permettant au peuple iranien de prendre son destin en main.

Il y avait aussi un autre danger : celui qu’Iran nous devance, qu’il attaque en premier des cibles américaines dans la région ainsi qu’Israël. Pour toutes ces raisons, nous avons agi au moment prévu.

Le bilan de la première semaine de guerre

Voici ce que nous avons accompli : au cours de la première semaine de la guerre, nous avons éliminé le dictateur Khamenei. Nous avons neutralisé des dizaines de hauts responsables des Gardiens de la Révolution et des centaines d’agents terroristes. Nous avons détruit des installations gouvernementales, des infrastructures nucléaires, des quartiers généraux et des bases militaires, des usines d’armement, des entrepôts de missiles et de drones, ainsi que des centaines de lanceurs de missiles balistiques — réduisant ainsi considérablement la menace pesant sur l’État d’Israël.

Grâce à nos pilotes audacieux et à ceux des États-Unis, nous avons obtenu un contrôle quasi total de l’espace aérien de Téhéran. Chaque jour qui passe, nous dépouillons davantage le régime iranien de ses capacités. C’est ce que nous faisons également au Liban, avec des frappes écrasantes contre les terroristes du Hezbollah, qui servent les intérêts de l’Iran.

Et je le répète au gouvernement libanais : votre responsabilité est de faire respecter l’accord de cessez-le-feu. Votre responsabilité est de désarmer le Hezbollah. Si vous ne le faites pas, l’agression du Hezbollah aura des conséquences désastreuses pour le Liban. Il est temps que vous aussi, vous preniez votre destin en main.

Ce qui attend le régime — et un message au peuple iranien

Quant à la suite des opérations en Iran : nous avons un plan ordonné, avec de nombreuses surprises, destiné à déstabiliser le régime et à permettre le changement. Nous avons encore de nombreux objectifs, que je ne détaillerai pas ici.

Mais aux agents des Gardiens de la Révolution — ceux qui tyrannisent le peuple iranien dans les rues — je dis ceci : vous êtes vous aussi dans le viseur. Celui qui déposera les armes ne subira aucun mal. Celui qui ne le fera pas, son sang sera sur sa propre tête.

Et au peuple iranien, je dis : je vous parle, et je parle pour vous, depuis des décennies. Le moment de vérité approche. Car nous ne cherchons pas à diviser l’Iran — nous cherchons à le libérer. Le libérer du joug de la tyrannie, et vivre en paix avec lui. Mais en fin de compte, cette libération dépendra de vous, membres de ce peuple courageux qui a tant souffert.

Je crois profondément que si vous vous levez au moment de vérité, le jour ne tardera pas où Israël et l’Iran redeviendront des amis courageux.

Où était l’ONU ? Où étaient les pays occidentaux et la presse internationale??

Quiconque voit les drapeaux agités ensemble dans les capitales occidentales — le drapeau du Lion et du Soleil iranien aux côtés du drapeau à l’Étoile de David israélien — quiconque voit les danses et les accolades chaleureuses entre les exilés iraniens et les Juifs, est profondément ému. Cela donne un immense espoir pour l’avenir.

Notre succès n’apportera pas seulement l’élimination de la menace nucléaire pour le monde entier, ni seulement la paix entre Israël et l’Iran. Il apportera également une expansion dramatique du cercle de la paix autour de nous.

Aujourd’hui, le monde entier comprend que le régime des Ayatollahs met en danger la planète. Ces derniers jours, l’Iran a attaqué douze pays dans sa région. Nous nous tenons à leurs côtés. Ces nations voient la puissance immense d’Israël, notre volonté de combattre les dictateurs de Téhéran, l’héroïsme de notre armée et de notre peuple, ainsi que nos capacités militaires et technologiques colossales. Et de nombreux pays se tournent vers nous pour coopérer.

Pourquoi le font-ils précisément maintenant ? Parce que nous sommes forts. Parce que nous sommes justes. Parce que nous combattons.

Ces pays voient l’hypocrisie de l’ONU, qui nous a condamnés sans raison dans notre guerre juste contre les émissaires meurtriers de l’Iran à Gaza — cette même ONU qui n’a rien fait face au massacre de masses en Iran. Ils voient la faiblesse de dirigeants occidentaux qui ont tout simplement abandonné des nations entières pendant que Khamenei et ses meurtriers massacraient des dizaines de milliers de citoyens iraniens. Où était l’ONU ? Où étaient les pays occidentaux et la presse internationale qui nous condamne sans cesse avec de fausses informations ? Ils n’étaient nulle part. Ils ont tout simplement disparu.

Israël sert aujourd’hui de phare de puissance et d’espoir. Grâce à cette puissance, nous pourrons élargir le cercle de la sécurité, de la paix et de la prospérité, dans des proportions que nous n’avons jamais connues.

Le rugissement continue

Mais en ce moment, citoyens d’Israël, nous sommes encore en pleine campagne difficile. Nous ne cesserons pas de combattre les dictateurs en Iran. Nous les frapperons sans pitié. L’opération « Rugissement du Lion » se poursuivra avec un élan sans compromis.

Ensemble, nous continuerons à tenir bon. Ensemble, nous rugirons comme un lion. Et avec l’aide de D.ieu, ensemble, nous assurerons l’éternité d’Israël.

EN IMAGES.  Chlochim à Neuilly de la Rabbanite Ra’hel Pinson a’h « une Chlou’ha à part entière »

EN IMAGES. Chlochim à Neuilly de la Rabbanite Ra’hel Pinson a’h « une Chlou’ha à part entière »

 

L’Association des amis et anciens élèves de l’école Pinson de Tunis a réuni, à la synagogue de Neuilly, une assemblée nombreuse et émue pour les Chlochim de la Rabbanite Ra’hel Pinson a’h, épouse du Rav Nissan Pinson zal, Chalia’h du Rabbi en Tunisie. Tout au long de la soirée, les témoignages se sont succédé, révélant l’empreinte profonde laissée par cette grande dame sur des générations entières de familles juives de Tunisie et du Maroc. Car la Rabbanite Ra’hel Pinson ne fut pas seulement la compagne d’un Chalia’h : le Rabbi lui-même la reconnut, dans une lettre officielle, comme « Chlou’ha à part entière ».

 

 

Une soirée de mémoire et de gratitude à Neuilly

Le 17 Adar 5786 (mars 2026), l’Association des amis et anciens élèves de l’école Pinson de Tunis organisait, à la synagogue de Neuilly, une cérémonie en l’honneur des Chlochim de la Rabbanite Ra’hel Pinson a’h. La salle, comble, rassemblait des hommes et des femmes venus de toute la France, unis par la reconnaissance et le souvenir. Parmi eux, le président de l’association, dont le dévouement fut salué avec chaleur par l’ensemble des orateurs. Plusieurs témoignages d’une rare intensité ont retracé l’œuvre accomplie par cette femme d’exception, ses qualités humaines, et l’héritage spirituel qu’elle laisse à ceux qu’elle a touchés, parfois d’un seul mot, parfois d’un simple regard bienveillant.

L’éducation comme vocation : l’exemple vivant du Rav Pinson

Le Rav Lévi Azimov de Neuilly a rendu hommage au président de l’association en soulignant que sa personnalité même témoigne de la puissance de l’éducation reçue auprès du Rav Pinson et de la Rabbanite. Il a rappelé un souvenir d’enfance resté gravé dans sa mémoire : un matin où il manquait un homme pour compléter le Minyan, le Rav Pinson était parti le chercher à travers les rues du quartier. L’enfant, alors âgé de treize ou quatorze ans, l’avait suivi ; il se souvient encore comment le Rav, marchant vite sur les pavés, saignait des pieds. Ce sacrifice discret, accompli sans un mot de plainte, avait marqué l’enfant pour la vie.

Car enseigner est une chose, mais imprimer dans le cœur d’un enfant une image qu’il portera toute son existence, c’est là la véritable éducation. Quelques années plus tard, cet enfant devenu homme portait à son tour une communauté, développait une école, fondait six offices dans une même ville — toute cette œuvre ayant germé, en germe, dans cet instant de sacrifice aperçu dans une rue de Tunis. L’orateur conclut en soulignant que le Rabbi, par ses Chlou’him déployés à travers le monde, a sauvé toute une génération et l’a préparée à l’avènement du Machia’h.

« C’est grâce à Madame Pinson que je suis devenu ‘Hassid » — témoignage de Shimon Samama

Le Rav Shimon Samama de Strasbourg a livré un témoignage saisissant sur la manière dont la Rabbanite Ra’hel Pinson avait changé le cours de sa vie, sans jamais lui donner le moindre cours de ‘Hassidout. Étudiant à Tunis dans les années soixante, il souhaitait apprendre l’hébreu afin de pouvoir rejoindre une grande école d’ingénieurs en Israël. Il se rendit à l’école Pinson, où une rencontre fortuite — « il n’y a pas de hasard », précisa-t-il — allait tout bouleverser.

Ce jour-là, la Rabbanite passait dans les couloirs, chose inhabituelle dans cet endroit que les femmes ne fréquentaient guère. Apprenant le projet du jeune homme, elle lui dit très doucement : « Monsieur Samama, gardez cette adresse : le 44, rue Vieille-du-Temple, à Paris. Là-bas, vous apprendrez l’hébreu. » Avec un sourire et une extrême gentillesse, elle lui glissa le papier. Il n’y avait rien à refuser à une telle bienveillance. « C’est très important, la gentillesse, dit-il. Quand quelqu’un est gentil, le message passe. »

Quelques mois plus tard, à Paris, Le Rav Shimon Samama se rendit d’abord à l’Agence juive — les cours ne commençant qu’en décembre — puis, têtu comme il l’était, se souvint du papier dans sa poche. Il se présenta au 44 de la rue Vieille-du-Temple, qui était en réalité un centre Loubavitch, où il rencontra le Rav Azimov. Ce dernier, avec la même patience bienveillante, lui traduisit son journal d’hébreu pour débutants. De fil en aiguille, on lui proposa d’étudier la ‘Hassidout. Il résista d’abord : « Je ne veux pas devenir un ‘Hassid. » On lui proposa alors d’apprendre un Ma’amar en même temps que l’hébreu. Ce premier Ma’amar fut une révélation. « La ‘Hassidout, dit-il, ce fut pour moi le coup de foudre. »

Il se rendit ensuite à la Yechiva de Brunoy. Il ne comprenait encore pas le yiddish, mais l’atmosphère l’enveloppa tout entier : les Farbrenguen du Rav Nissan Pinson, le Rav Yossef Matusof enseignant la Guemara, le mashké distribué en petites quantités, les pommes découpées et partagées à la ronde, les chants collectifs, et cette présence inexplicable d’un monde au-delà du monde. « Je me disais : ici, on n’est pas sur terre, on est dans un autre univers.»

L’été venu, il retrouvait Tunis, où son père possédait une maison non loin de celle du Rav Pinson. C’est ainsi que se nouèrent des années de cours estivaux, de Guemara et de Tanya, dans la chaleur accablante du sirocco. Le Rav Pinson ne retirait jamais sa veste ni son chapeau, malgré la sueur qui ruisselait de son front. Puis il fermait les persiennes, prenait un verre de thé brûlant — « car ce qui est plus chaud que la chaleur extérieure rafraîchit », expliquait-il — et le cours, qui durait une heure et demie, passait en cinq minutes tant la profondeur du maître captivait ses auditeurs.

Après son mariage, en 1973, Le Rav Shimon Samama continua ces étés d’étude avec le Rav Pinson. Il se souvient notamment d’un été extraordinaire durant lequel ils étudièrent ensemble le Kountress HaAvoda, ce traité indispensable pour comprendre la ‘Hassidout dans sa dimension spirituelle — « non comme des tranches de confiture empilées, mais comme des réalités que seul un esprit spirituel peut appréhender ». Sa femme et la Rabbanite Ra’hel entretenaient de leur côté de profondes conversations. Ces liens tissés été après été permirent au Rav Shimon Samama de devenir, avec l’aide de D.ieu, Chalia’h du Rabbi. « Tout ce que j’ai appris des cours de Tanya du Rav Pinson m’a énormément servi. C’est par la rencontre les familles Pinson, Azimov, Matusof — comme les facettes d’un même diamant — que l’on comprend comment enseigner aux autres avec gentillesse, respect et amour. »

Un miracle médical et les mots qui redonnent la force

Le Rav Hattab a rapporté un événement personnel qui illustre le soutien sans faille que la Rabbanite Ra’hel Pinson apportait aux familles dans l’épreuve. Frappé d’une grave maladie — une rate qui avait atteint sept kilos et durci comme de la pierre —, il attendit plusieurs semaines les résultats d’examens déterminants. À son retour chez le médecin, ce dernier l’accueillit avec ces mots : « Monsieur, on va danser — vous n’avez pas la maladie ! » Un test au mercure confirma ensuite l’absence totale de traces de la maladie, laissant les médecins eux-mêmes perplexes devant ce qu’ils ne pouvaient qu’appeler une main céleste.

Durant toute cette période d’angoisse, c’est la Rabbanite qui avait soutenu sa mère. « Elle parlait à ma mère, et elle savait trouver les mots pour redonner la force et le courage. C’était quelque chose de vraiment très important. »

Une ‘Hassida issue de Leningrad — la mémoire d’une mère

Le Rav Chmouel Pinson de Bruxelles prit ensuite la parole pour évoquer le souvenir de sa mère et les racines profondes de sa ‘Hassidout. La Rabbanite Ra’hel avait grandi dans une maison profondément loubavitcher à Leningrad, en Russie, où son propre père, le Rav Its’hak Raskin, fut arrêté et fusillé sur ordre de Staline. Dans cette maison traversée par la persécution, avaient résonné les voix de grands ‘Hassidim, des Farbrenguen clandestins tenus dans le secret, la lumière de la Torah défiant la barbarie soviétique. La Rabbanite fut imprégnée de ce sentiment ‘hassidique dès l’enfance.

Il se souvient d’un Chabbat de son enfance : son père, rentré de la Yechiva après le Minyan du matin, continuait de prier seul jusqu’à deux ou trois heures de l’après-midi, chantant et pleurant dans sa prière. Assis auprès de sa mère dans une pièce voisine, l’enfant entendait ce chant. Sa mère lui prit la main et lui dit : « Écoute bien comment papa chante. Écoute avec tout son cœur, avec toute sa foi. » Ce geste simple, cette transmission silencieuse — c’était cela aussi la ‘Hassidout. La Rabbanite possédait ce don rare de faire passer la flamme intérieure sans discours, en montrant simplement ce qui compte. Elle souhaitait que ses enfants héritent de cet amour pour la Torah et le ‘Hassid.

Il rappela ensuite que ses parents avaient été envoyés au Maroc avant de venir en Tunisie en 1960, où ils travaillèrent aux côtés du Chalia’h Rav Azimov. C’est dans ce contexte qu’il présenta le Rav Matusof de Toulouse, venu spécialement pour la soirée.

Souvenirs d’enfance au Maroc : le témoignage du Rav Matusof de Toulouse

Le Rav Yossef Itshak Matusof de Toulouse, Chalia’h du Rabbi à Toulouse, prit la parole avec une émotion visible. Il rappela que sa famille et la famille Pinson avaient partagé la même grande villa au Maroc — sa famille occupant le premier étage, les Pinson le second. Leurs enfants grandissaient ensemble, jouaient dans l’entrée, dévalaient les rambardes des escaliers, inventaient des jeux qui sont restés gravés dans leurs mémoires.

Son père était un homme réservé, plus introverti, qui priait à la Yechiva le Chabbat. Sa mère, elle, entretint une correspondance régulière avec la Rabbanite Ra’hel Pinson pendant de nombreuses années, maintenant vivant le lien entre les deux familles. Ce lien finit par se concrétiser de la plus belle des manières : un mariage unit les deux familles, rendant indissolubles des liens déjà si étroits. Il se souvient même d’un mariage célébré à Nice : au moment de choisir qui signerait la Kétouba, son père estima que le Rav Nissan Pinson lui-même ne devrait pas signer, tant les deux familles étaient devenues proches — presque de la même famille. Ces souvenirs d’enfants, conclut-il en rejoignant les propos de Shimon Samama, « forment l’enfant et forment l’adulte qu’il deviendra. »

Le Rav Matusof évoqua également la douleur qu’avait ressentie la Rabbanite lors du décès de sa propre mère. « La première fois que je l’ai revue après, elle pleurait. » Il termina en soulignant l’extraordinaire portée historique de la mission des Chlou’him des premières heures : « On parle ici de 1951, 1953, 1960. Ces hommes et ces femmes venaient d’années de Russie soviétique, de prison, de Sibérie, d’exil, et ils allaient porter la parole du Rabbi dans des pays comme le Maroc et la Tunisie, chargés de Judaïsme mais éloignés de la ‘Hassidout. C’est quelque chose qui doit encore nous interpeller aujourd’hui. »

La Rabbanite Ra’hel Pinson : Chalia’h à part entière, reconnue par le Rabbi

Le Rav Yossef Ithak Pinson de Nice remercia chaleureusement tous les présents et rappela la qualité la plus remarquable de sa mère : son influence ne s’est pas arrêtée avec sa vie physique — elle continue de rayonner à travers des centaines, voire des milliers d’élèves dispersés dans le monde entier. Il mentionna avec tendresse un ami cher, David, que sa mère appelait « comme un fils, comme ton frère », et dont elle tutoyait affectueusement les quelques mots d’arabe qu’elle avait appris pour lui.

Il révéla ensuite le cœur de son témoignage : la reconnaissance officielle par le Rabbi de la Rabbanite comme Chalia’h à part entière. Dans les années soixante, lorsque ses parents — d’abord envoyés au Maroc, puis en Tunisie — demandèrent la nationalité américaine, le mouvement Habad, reconnu comme organisation américaine, put fournir une lettre attestant des années de mission. Mais l’ambassade américaine à Tunis fit remarquer que la lettre était établie au nom du seul Rav Pinson : son épouse ne travaillait pas elle-même, elle l’accompagnait simplement. La famille contacta alors le secrétariat du Rabbi pour obtenir une lettre au nom de la Rabbanite. La réponse fut : « Jamais nous n’avons rédigé une telle lettre pour une femme déléguée du mouvement. Je dois en référer au Rabbi. » Quelques heures plus tard, la réponse du Rabbi arriva : « Bien sûr qu’elle est Chalia’h à part entière. »

« Je pense que ce fut là, dit l’orateur, la première fois que le Rabbi reconnaissait officiellement une femme comme Chalia’h à part entière — non comme l’auxiliaire de son mari, mais en tant que telle. Toute sa vie, toute son aspiration furent d’être sur ce chemin, et de voir ses enfants le poursuivre à leur tour. »

L’étude des Michnayot, les 310 mondes et la clôture en Chalom

La soirée se conclut par l’étude des Michnayot selon la tradition, chaque membre de la famille ayant pris en charge un traité des six ordres de la Michna. L’orateur partagea une réflexion sur la Michna finale, qui promet à chaque juste un héritage de 310 mondes — nombre correspondant à la valeur numérique du mot « yi » (י), « mon bien ». Ces 310 mondes, expliqua-t-il, représentent les cent Sefirot de chacun des trois mondes supérieurs, auxquelles s’ajoutent les dix Sefirot du monde divin le plus élevé. Avec la venue du Machia’h, cette promesse se réalisera non seulement dans le domaine spirituel, mais dans le monde matériel lui-même : chacun jouira de ces mondes pleinement, dans une existence à la fois spirituelle et matérielle.

La Michna se referme sur le Chalom — la paix —, réceptacle de toutes les bénédictions. Comme la pluie qui tombe sur une terre non labourée ne fait rien pousser, la bénédiction divine requiert un réceptacle pour s’y déposer. Ce réceptacle, c’est la Torah, et la Torah, c’est le Chalom. C’est en envoyant des Chlou’him pour diffuser la Torah dans tous les pays, dans tous les foyers, que le Rabbi a préparé ce réceptacle pour l’humanité tout entière. Que le souvenir de la Rabbanite Ra’hel Pinson a’h soit une bénédiction éternelle, et que nous méritions très prochainement de nous retrouver tous ensemble, avec le Rabbi à notre tête.e tête.

 

 

Le paradigme du « Erev Rav » sorti d’Égypte : De l’anomalie historique à la finalité de la Rédemption

Le paradigme du « Erev Rav » sorti d’Égypte : De l’anomalie historique à la finalité de la Rédemption

 

Au cœur de la tradition juive se dissimule l’un de ses paradoxes les plus féconds : le groupe le plus méprisé de l’histoire biblique, la « Multitude mêlée » sortie d’Égypte, s’avère être, selon la Kabbale et la ‘Hassidout, un rouage indispensable de la rédemption universelle. Ce que l’exégèse classique percevait comme une scorie sociale responsable des pires égarements du désert, la pensée mystique et hassidique l’a transfiguré en matériau brut d’une alchimie divine dont l’aboutissement est l’unification du monde entier. Suivre ce voyage intellectuel, du jugement à la compassion, de la séparation à l’intégration, c’est contempler en miniature toute l’audace et toute la profondeur du génie juif.

 

 

L’anomalie historique et la responsabilité de Moïse

L’exégèse classique, dominée par la rigueur analytique de Rachi, établit d’emblée une frontière nette entre les « Enfants d’Israël » (Bnei Israël) et ce que le texte désigne simplement comme « le Peuple » (Haam). Cette distinction, apparemment anodine, porte en elle une charge théologique considérable. Lors de la faute du Veau d’Or, la parole divine adressée à Moïse est d’une sévérité chirurgicale : « Va, descends, car ton peuple que tu as fait monter du pays d’Égypte s’est corrompu » (Exode 32:7). L’insistance sur le pronom possessif — « ton peuple », et non « Mon peuple » — ne saurait passer inaperçue.

Rachi perçoit dans cette formulation une mise en cause directe et délibérée de Moïse. Le Erev Rav n’est pas une erreur divine, ni une concession à la pression collective : il est l’œuvre exclusive du prophète, fruit d’une initiative personnelle aussi audacieuse que risquée. Moïse a fait le pari vertigineux d’une intégration absolue. Convaincu que la révélation du Sinaï posséderait la force d’assimiler les éléments les plus hétérogènes, il a volontairement ouvert les portes de la nation naissante à des milliers d’étrangers. Ce n’était pas de la naïveté, mais une vision prophétique de l’universel : croire que la lumière divine peut transformer tout ce qu’elle touche, sans exception ni condition préalable.

Pourtant, c’est précisément cette frange de la communauté qui, face au retard inexpliqué de Moïse au sommet du Sinaï, s’exclut du corps national tout en cherchant à l’entraîner dans sa chute. « Voici tes dieux, Israël » (Exode 32:4) — cette proclamation scandaleuse est l’aboutissement d’une désorientation spirituelle profonde, non d’une malveillance ordinaire. L’analyse de la péricope Ki Tissa révèle cependant que cette intégration n’était pas vouée à l’échec définitif. En ordonnant à Moïse « Va, monte d’ici, toi et le peuple » (Exode 33:1) sans employer le terme « se tenir debout » (vayaamad), la Torah signale que le Erev Rav n’est pas condamné à une station figée. Il est appelé à un mouvement perpétuel, une progression vers la lumière, dont il incombe à Moïse — et à chaque guide spirituel après lui — d’assurer la direction, même après les chutes les plus profondes.

L’ontologie kabbalistique : les écorces et le mirage de la Merkava

Avec l’émergence du Zohar, l’histoire du Erev Rav bascule du terrain démographique vers la métaphysique pure. Il n’est plus seulement une entité historique aux contours définis : il s’identifie désormais aux Klipot, ces « écorces » ou forces d’impureté qui enveloppent et occultent la lumière divine. Le Zohar procède à une taxinomie rigoureuse de ce groupe, le divisant en cinq catégories distinctes — Nefilim, Guiborim, Anakim, Rephaïm, Amalékites — qui ne désignent pas des ethnies, mais des archétypes spirituels : l’orgueil démesuré, l’apathie existentielle, le cynisme corrosif, la violence brute, ou encore le nihilisme actif qui parasitent et s’alimentent de la sainteté sans jamais y contribuer.

Mais l’apport décisif de l’ésotérisme juif concerne la racine profonde de leur faute. Les enseignements ‘hassidiques dévoilent que la fabrication du Veau d’Or ne procède pas d’une régression simple vers l’idolâtrie vulgaire. Son origine remonte à un moment de saisissement spirituel : la traversée de la Mer Rouge. Lors de ce prodige, le voile entre le monde matériel et les sphères célestes fut temporairement levé. Le Erev Rav se trouva exposé à une vision fulgurante du Char Divin (Merkava), cette représentation symbolique et supra-rationnelle des attributs divins décrite par le prophète Ézéchiel — et notamment la « face du bœuf » qui y figure en bonne place (Ézéchiel 1:10).

Incapable d’opérer la distinction fondamentale entre l’attribut (le serviteur céleste, l’instrument de la manifestation divine) et l’Essence Infinie (l’Ein Sof, D.ieu Lui-même), le Erev Rav a cherché à matérialiser, à cristalliser, à rendre palpable une énergie spirituelle infiniment trop élevée pour ses réceptacles intérieurs. La faute du Veau d’Or n’est donc pas, à proprement parler, une trahison cynique ni une rechute délibérée dans le paganisme. Elle est le résultat tragique d’un éblouissement, d’une surcharge spirituelle insurmontable — une brûlure causée par une lumière trop intense pour des yeux insuffisamment préparés. Cette relecture bouleverse le jugement moral classique : au lieu d’une condamnation pure, elle ouvre la voie à une compréhension teintée de compassion.

L’intériorisation ‘hassidique : de l’ego spirituel à la dialectique de la téchouva

La Hassidout franchit une étape supplémentaire en intériorisant entièrement ce drame. Le Erev Rav cesse d’être un groupe extérieur, historiquement localisable, pour devenir une composante de la psyché humaine universelle : l’ego spirituel. C’est cette propension bien connue à s’approprier le divin à des fins de pouvoir personnel, de reconnaissance sociale ou d’autocélébration — la spiritualité mise au service du moi plutôt qu’au service de D.ieu. Chaque être humain porte en lui, à des degrés divers, cette tension entre l’étincelle pure et les motivations mixtes qui cherchent à l’instrumentaliser.

Face à cette réalité intime et universelle, le travail de l’homme s’articule autour d’un processus central : le Birour, le raffinage intérieur. Il ne s’agit pas d’éradiquer les motivations impures par la force brute, mais de les passer au crible d’une conscience lucide, d’en extraire les étincelles de sainteté captives, et de les élever vers leur source véritable. C’est un travail de toute une vie, patient, minutieux, souvent douloureux — mais d’une fécondité spirituelle incomparable.

C’est ici qu’intervient l’une des relectures les plus audacieuses de la pensée ‘hassidique. La faute du Veau d’Or n’est pas interprétée comme un accident regrettable qu’il faudrait effacer de la mémoire collective, mais comme un « décret royal » (Gzérat Hamélekh), une étape délibérément inscrite dans le schéma divin afin d’introduire dans le monde le paradigme de la Téchouva — le repentir transformateur. Sans cette chute, le peuple serait demeuré dans l’état de Tsaddikim parfaits, de justes dont le service consiste à attirer la lumière d’en haut (Hamcha’ha) — un service noble et précieux, certes, mais limité à ceux qui n’ont jamais connu les ténèbres de l’intérieur.

La chute a rendu possible l’émergence du Baal Téchouva, celui qui revient de loin, dont le service consiste précisément à élever le monde depuis ses abysses les plus profonds (Ha’ala’ah). La distinction entre ces deux modalités du service divin est fondamentale. Là où le Tsaddik opère par coercition du mal (Itkafya) — en réprimant la pulsion obscure sans la transformer — le Baal Téchouva opère par transmutation absolue (Ithap’ha) : il convertit les ténèbres elles-mêmes en lumière, générant une clarté d’une qualité que le Tsaddik, dans sa pureté intacte, ne peut atteindre. La blessure, une fois guérie, devient source de rayonnement.

La téléologie de l’intégration : la vision du Rabbi de Loubavitch

Le Rabbi de Loubavitch parachève cette évolution conceptuelle en lui conférant une dimension pratique et universelle. Il propose une téléologie de l’intégration dans laquelle l’amour inconditionnel (A’havat Israël) supplante définitivement le jugement. Pour le Rabbi, la question n’est jamais de savoir si un être humain mérite d’être inclus dans la communauté de la sainteté : la réponse est, par définition, toujours affirmative. La question est uniquement de savoir comment opérer cette inclusion de la manière la plus efficace et la plus respectueuse de la dignité de chacun.

Cette vision n’est pas une concession idéologique ni un relativisme moral. Elle repose sur une conviction métaphysique absolue : chaque âme juive, sans exception, renferme une étincelle divine indestructible. Aussi épaisses que soient les couches de Klipa qui l’enveloppent, aussi éloigné que soit un individu des pratiques et des valeurs de la Torah, cette étincelle demeure intacte, vivante, et impatiente d’être révélée. Le rôle du guide spirituel — et de chaque Juif — est de s’adresser directement à cette étincelle, par-delà les apparences et les comportements de surface.

Le modèle d’Élie sur le Carmel : quand l’eau devient catalyseur du feu

Pour illustrer concrètement la dynamique de transformation (Ithap’ha) au cœur de cette vision, le Rabbi convoque une scène biblique d’une intensité dramatique exceptionnelle : la confrontation du prophète Élie avec les prêtres de Baal sur le mont Carmel (I Rois 18). La nation d’Israël, divisée et chancelante dans sa foi, assiste à un défi public dont l’issue déterminera la direction spirituelle de toute une génération.

Face à l’idolâtrie omniprésente, Élie pose un geste qui défie toute logique humaine : il ordonne d’inonder entièrement son propre autel d’eau — non pas une fois, mais trois fois — avant d’invoquer le feu céleste. Pourquoi une telle démarche apparemment suicidaire ? L’eau, dans ce contexte symbolique chargé, représente la résistance, l’opposition, les forces qui semblent s’opposer à la révélation divine. Elle est, pour ainsi dire, l’équivalent typologique du Erev Rav dans cette scène : l’élément antagoniste, la force d’inertie qui devrait logiquement empêcher le miracle.

Et pourtant. Le feu divin descend, et il ne se contente pas de brûler le bois et les offrandes : il consume l’eau, les pierres, et jusqu’à la poussière autour de l’autel. La résistance n’est pas contournée, ni ignorée, ni supprimée par un autre moyen. Elle est intégrée dans le processus miraculeux et devient elle-même le catalyseur d’une révélation d’autant plus éclatante. Le miracle est proportionnel à l’obstacle : plus l’eau est abondante, plus le prodige est fulgurant. C’est la loi secrète de l’Ithap’ha — la transformation véritable commence toujours là où la résistance est la plus forte.

L’État d’Israël et la rencontre avec Ariel Sharon

Fort de ce principe, le Rabbi récuse avec une vigueur constante l’utilisation du terme Erev Rav pour désigner ou condamner les courants laïques de la société juive, ou pour qualifier négativement l’État d’Israël dans son expression politique et militaire. À ceux qui s’empressaient de coller cette étiquette sur tout Juif éloigné de la pratique religieuse, le Rabbi opposait systématiquement le statut de Tinok Chénichba — l’enfant captif, celui qui a grandi dans l’ignorance par la force des circonstances historiques, et dont les erreurs ne sauraient être jugées selon les mêmes critères que celles d’un individu pleinement informé et délibérément rebelle.

L’application la plus frappante de cette vision se manifeste dans la manière dont le Rabbi s’adressait aux dirigeants militaires et politiques de l’État d’Israël, y compris ceux que l’on aurait pu qualifier, dans une lecture superficielle, de représentants d’un sionisme purement laïque. Là où certains milieux religieux s’empressaient de les ranger dans la catégorie des éléments étrangers au corps saint de la nation, le Rabbi percevait quelque chose de radicalement différent. Il ne s’arrêtait pas à l’écorce extérieure — l’uniforme, le discours politique, les positions publiques — mais s’adressait directement à l’étincelle intérieure : cette capacité de Mésirout Nefech (don total de soi) et de Pikouah Nefech (sauvegarde absolue de la vie humaine) qui animait ces hommes dans leur engagement au service de leur peuple.

En valorisant cette essence sainte dissimulée sous l’habit militaire ou la fonction politique, en reconnaissant la grandeur morale de ceux qui risquaient leur vie pour la protection d’Israël, le Rabbi appliquait avec une cohérence remarquable la méthode de Moïse telle qu’il la comprenait : ne laisser personne derrière, s’adresser à chaque être selon sa vérité la plus profonde, et remplir le réceptacle matériel — fût-il imparfait — de la conscience divine qui lui appartient par droit de naissance.

L’évaporation du mélange : vers la lumière unifiée

En définitive, le parcours exégétique du Erev Rav illustre avec une force saisissante le mouvement le plus profond de la pensée juive dans son ensemble : du particularisme défensif vers un universalisme rédempteur, de la séparation protectrice vers l’intégration transformatrice. L’initiative de Moïse à la sortie d’Égypte n’est plus lue, dans cette lumière, comme une défaillance de jugement ou un excès d’enthousiasme missionnaire. Elle est le coup d’envoi d’une alchimie cosmique d’une portée incalculable, dont les effets continuent de se déployer à travers les siècles jusqu’à notre époque.

Le « Mélange » n’est pas un obstacle sur le chemin de la pureté. Il est le matériau brut à partir duquel se forge, par l’action patiente et aimante du Birour, l’Unité définitive. Les étincelles captives dans les couches les plus obscures de la réalité ne sont pas condamnées à y demeurer éternellement : elles attendent d’être libérées par le contact avec une lumière suffisamment intense et suffisamment aimante pour ne pas les effrayer.

Traiter son prochain — même le plus éloigné en apparence, même le plus étrange ou le plus difficile — avec une dignité absolue et un amour inconditionnel, c’est allumer une flamme si puissante que les écorces du Erev Rav s’y dissolvent naturellement, sans violence ni contrainte. La fin de l’Exil, dans cette perspective, n’est pas la destruction des éléments étrangers ni leur exclusion triomphante, mais leur élévation totale et définitive — la démonstration éclatante que la finalité du divin n’est pas de fuir les ténèbres, mais de les accueillir dans Sa lumière pour les transformer en rayonnement éternel.

C’est peut-être là le secret le plus gardé et le plus libérateur de toute la Torah : que la lumière la plus éclatante naît toujours de l’obscurité la plus profonde — et que D.ieu, en créant les ténèbres, n’a jamais cessé de les aimer jusqu’à leur transfiguration.

Vendredi 6 mars 2026 à 10h30 : Likouté Si’hot volume 16 – Ki Tissa Si’ha 4 – Rav Levi Azimov

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א — Les paroles de Rachi : « Ici, il n’a pas dit « il se tint » »

Le verset (Exode 33:1) énonce : « Et D.ieu parla à Moïse : Va, monte d’ici, toi et le peuple que tu as fait monter du pays d’Égypte. » Sur ce verset, Rachi formule deux explications. La première concerne le début du verset : le fait que D.ieu dise « toi et le peuple que tu as fait monter » — s’adressant à Moïse en particulier. La seconde explication porte sur l’expression « toi et le peuple » : « Ici, il n’a pas dit « et il se tint » ».

Or, on peut s’interroger : quelle est la portée de cette seconde remarque de Rachi ? En quel sens l’absence du mot « il se tint » (vayaamad) constitue-t-elle une observation significative qu’il convient de relever et d’expliquer ?

La difficulté est double. D’une part, on peut se demander pourquoi Rachi ressent le besoin de signaler quelque chose qui n’est pas écrit dans le texte. D’autre part, si Rachi veut mettre en lumière un contraste avec un autre passage où Moïse « se tint », encore faut-il préciser lequel — et pourquoi ce rapprochement est éclairant.

Pour comprendre la seconde explication de Rachi, il faut revenir au contexte immédiat. D.ieu annonce à Moïse qu’il doit « monter » avec le peuple. Or, dans un verset antérieur (Exode 34:2), D.ieu dit à Moïse : « Tu te tiendras (venitstanta) là, devant Moi, sur le sommet de la montagne » — là, le terme de station debout est explicitement mentionné. Ici, en revanche, cette mention est absente. Selon Rachi, cela signifie que le peuple n’est pas convoqué à une station solennelle et immobile, mais à une marche, à un mouvement, à une progression. Ce n’est pas un arrêt, c’est un élan.

ב — Deux versets, deux catégories au sein du peuple

L’explication de Rachi vise à mettre en lumière un ajout que la Torah effectue dans ce verset : l’introduction d’une seconde adresse, destinée au « peuple » (haam), en sus de l’adresse directe à Moïse. Le verset aurait pu simplement dire « va, monte » — mais il précise : « toi et le peuple ». Cet ajout est porteur de sens.

Rachi nous enseigne ici que les deux versets du passage s’adressent à deux catégories distinctes au sein du peuple d’Israël. Le premier verset parle de « tes fils » (Bnei Israël), tandis que le second parle de « le peuple » (haam) — terme plus général, qui englobe des éléments qui ne sont pas au même niveau spirituel.

Cette distinction prend tout son sens à la lumière de ce qui s’est passé : la faute du veau d’or. La Torah nous révèle que les deux groupes — les enfants d’Israël d’une part, et la masse du peuple de l’autre — ont eu des responsabilités différentes dans cet événement tragique. Ce n’est pas une condamnation uniforme, mais une analyse nuancée des degrés de culpabilité et de responsabilité.

ג — La distinction entre « Bnei Israël » et l’Erev Rav

La distinction entre « les enfants d’Israël » et « le peuple » dans les versets de Ki Tissa renvoie à une réalité historique et spirituelle fondamentale : la présence, au sein du camp israélite, de la foule mêlée (Erev Rav) — ces Égyptiens et étrangers que Moïse avait accepté d’emmener lors de la sortie d’Égypte.

C’est en effet la foule mêlée qui fut le principal moteur de la faute du veau d’or. La Torah elle-même le souligne à travers trois formulations distinctes, où les instigateurs sont désignés séparément des fils d’Israël. Ils sont décrits comme des « adorateurs du veau », liés à l’idolâtrie de façon beaucoup plus profonde que les enfants d’Israël qui, pour la plupart, furent entraînés dans la faute par surprise et par manipulation.

La Torah mentionne ainsi les serviteurs du veau de trois manières différentes : « tes fils et tes filles » (verset 2), « le peuple » (verset 6), et « ce peuple qui avait commis une grande faute » (verset 31). Ces trois formulations correspondent à trois degrés d’implication différents dans l’idolâtrie, depuis les initiateurs jusqu’aux participants involontaires.

Pour le Saint béni soit-Il, la distinction est essentielle : Il dit à Moïse « va, ton peuple a failli » — « ton peuple » désignant ceux que Moïse avait personnellement introduits dans le camp d’Israël, à savoir l’Erev Rav. Ce n’est pas « Mon peuple » mais « ton peuple » — une responsabilité directe incombe à Moïse à leur égard.

ה — « Va, monte » : une parole adressée à l’Erev Rav qui avait adoré le veau

L’expression divine « lech ela » (va, monte) est adressée en tout premier lieu à l’Erev Rav — ceux qui s’étaient prosternés devant le veau d’or. D.ieu annonce à Moïse que ce groupe doit être conduit à une ascension, malgré la faute. Mais pourquoi D.ieu ordonnerait-Il à Moïse de « monter » avec ceux qui avaient si gravement failli ?

La réponse tient dans la nature même de la faute. L’Erev Rav n’avait pas commis une faute par choix délibéré né d’un refus d’obéir à D.ieu — leur faute procédait d’une confusion ontologique : ils ne savaient pas distinguer entre la sainteté divine et ses imitations. Ils avaient besoin d’un guide, d’un maître capable de les élever. Et ce guide, c’était Moïse.

Moïse avait choisi, de sa propre initiative, d’intégrer l’Erev Rav au peuple d’Israël. D.ieu lui avait signifié des réserves à ce sujet, mais Moïse avait insisté, animé par la conviction que l’on peut toujours ramener des âmes égarées vers D.ieu. Il avait fait preuve d’un amour universel, caractéristique du berger véritable. Et maintenant, après la faute, D.ieu lui disait : « Va avec eux. » Prends-les en charge. Leur élévation t’incombe.

ו — L’Erev Rav : l’œuvre de Moïse

Il convient de s’arrêter sur une idée fondamentale : pourquoi la Torah désigne-t-elle l’Erev Rav comme « le peuple que tu as fait monter » en s’adressant à Moïse ? Après tout, n’est-ce pas D.ieu Lui-même qui avait fait sortir Israël d’Égypte ?

La réponse révèle la grandeur de Moïse autant que la complexité de la situation. L’Erev Rav est appeleé « le peuple que tu as fait monter » parce que c’est Moïse — et Moïse seul — qui a pris l’initiative de les inclure dans la sortie d’Égypte. Ce n’était pas un ordre divin explicite ; c’était une décision personnelle de Moïse, inspirée par sa bonté infinie et sa confiance dans les capacités de repentir de tout être humain.

En les intégrant dans le peuple, Moïse avait en quelque sorte « créé » un lien spirituel avec eux. Ils étaient devenus, d’une certaine manière, ses disciples, ses créations spirituelles. Et comme un maître reste lié à ses élèves, Moïse restait lié à l’Erev Rav — même après leur faute, peut-être justement à cause d’elle.

Voilà pourquoi D.ieu dit à Moïse : « Va avec eux. » Non pas comme une sanction, mais comme une reconnaissance : tu les as pris en charge, tu les accompagnes jusqu’au bout.

ח — La faute du veau d’or : un décret royal pour atteindre le niveau de la Téchouva

L’une des questions les plus profondes que soulève la faute du veau d’or est la suivante : comment D.ieu a-t-Il pu permettre qu’un tel événement se produise ? Comment le peuple qui venait de recevoir la Torah, qui avait entendu de la bouche divine « Tu n’auras pas d’autres dieux », a-t-il pu se prosterner devant une idole d’or ?

La Si’ha ‘hassidique révèle une réponse bouleversante : la faute du veau d’or était, en un sens profond, un « décret royal » (gzérat haméle’h). Non pas que D.ieu ait voulu que le peuple faille — mais Il avait organisé les circonstances de manière à ce que la Téchouva (le repentir sincère) puisse se déployer dans toute sa plénitude. Car le niveau de la Téchouva est, selon l’enseignement ‘hassidique, supérieur à celui du tsaddik (le juste parfait) qui n’a jamais failli.

Comment cela se peut-il ? Le tsaddik est certes d’une pureté exemplaire, mais il n’a jamais connu la chute, donc jamais l’ascension depuis les abysses. Le baal Téchouva (celui qui revient), lui, a traversé les ténèbres et en est sorti transformé. Son attachement à D.ieu est d’une intensité que le tsaddik n’a pas expérimentée — parce qu’il naît d’une victoire sur soi-même qui ne peut se conquérir que dans la lutte.

La Torah elle-même atteste que D.ieu a accordé le don de la Téchouva avant même la création du monde. C’est dire combien ce don est précieux, combien cette voie est élevée — et combien la faute, loin d’être une fin, peut devenir le commencement d’une ascension vertigineuse.

ט — Le service de la Téchouva : élever l’étincelle de sainteté enfouie dans le mal

L’un des aspects les plus fascinants de la Téchouva, selon la pensée du Rabbi, est la façon dont elle opère sur le plan métaphysique. Lorsqu’un homme commet une faute, une étincelle de sainteté se trouve enfouie dans l’acte impur. Cette étincelle ne disparaît pas — elle attend d’être libérée. Et c’est précisément ce que la Téchouva accomplit : elle ne se contente pas d’effacer la faute, elle transforme l’obscurité en lumière, elle libère l’étincelle prisonnière du mal.

La Téchouva accomplit ainsi ce qu’aucune autre voie spirituelle ne peut faire : elle prend l’impureté elle-même et en extrait la sainteté. Ce n’est pas une simple neutralisation du mal — c’est une transmutation. L’énergie qui était investie dans la faute est retournée vers D.ieu, et dans ce retournement, elle acquiert une intensité que l’énergie du bien ordinaire n’a pas.

Voilà pourquoi les fautes se transforment, pour le baal Téchouva, en mérites (zkhiouyot). Non pas parce que la faute serait devenue bonne en elle-même — mais parce que l’énergie qu’elle contenait a été purifiée et élevée vers D.ieu. Les actes les plus négatifs deviennent le substrat de la plus haute élévation.

י — La distinction entre le service des tsaddikim et celui des baalei Téchouva

La pensée ‘hassidique établit une distinction fondamentale entre deux voies spirituelles : celle des tsaddikim (les justes) et celle des baalei Téchouva (ceux qui reviennent). Ces deux voies sont également légitimes et précieuses, mais elles procèdent de principes radicalement différents.

Le tsaddik fait face au mal par la répression (itkafya) : il refuse de lui céder, il résiste, il écarte l’impureté et maintient sa pureté intacte. C’est une voie de discipline et de séparation. Le baal Téchouva, lui, opère par la transformation (ithap’ha) : il ne cherche pas seulement à résister au mal, il cherche à le retourner, à en extraire la sainteté, à transformer l’obscurité en lumière.

Ces deux approches correspondent à deux modes différents de rapport à la réalité du monde. Le tsaddik perçoit le monde d’en haut, depuis le point de vue de la sainteté qui refuse de se laisser entamer. Le baal Téchouva perçoit le monde d’en bas, depuis l’intérieur même de la lutte — et c’est de là qu’il élève tout.

La Téchouva n’est donc pas simplement une correction des erreurs passées. Elle est une voie spirituelle à part entière, avec sa logique propre, sa profondeur particulière et sa contribution unique à l’édifice de la sainteté dans le monde.

יא — La manière de considérer le mal

La différence entre le tsaddik et le baal Téchouva se manifeste également dans leur manière de percevoir et de considérer le mal. Le tsaddik est mû par le principe de l’unité divine (a’hdout HaChem) : comme D.ieu est Un et que tout émane de Lui, la séparation entre bien et mal est, à un certain niveau, une illusion que le tsaddik traverse et dépasse. Il maintient sa conscience dans la lumière divine et n’accorde pas au mal de réalité véritable.

Pour le baal Téchouva, en revanche, la réalité du mal a été éprouvée concrètement. Il ne peut pas simplement l’effacer de sa conscience comme s’il n’existait pas. Il doit l’affronter, le reconnaître pour ce qu’il est — et c’est précisément cette reconnaissance honnête qui rend sa Téchouva si puissante. En nommant le mal, en l’assumant, il le désarme et le transforme.

L’enseignement fondamental est le suivant : le mal n’est pas une puissance indépendante et éternelle. Il n’est qu’une apparence d’obscurité — une lumière divine qui s’est cachée et qui attend d’être révélée. Le service du baal Téchouva consiste à lever ce voile.

יב — Le service des tsaddikim : l’attirance vers le bas ; le service des baalei Téchouva : l’élévation vers le haut

Sur cette base, la Si’ha établit une correspondance précise entre les deux types de service et deux mouvements opposés dans l’univers spirituel.

Le service des tsaddikim est un service de ham’sha’ha (attirance vers le bas) : il s’agit d’attirer la lumière divine depuis les sphères supérieures vers le monde inférieur. Le tsaddik est ancré dans la sainteté céleste et irradie vers le bas, illuminant le monde de la lumière qu’il a reçue d’en haut.

Le service des baalei Téchouva est un service de ha’ala’ah (élévation vers le haut) : il s’agit d’élever les étincelles divines dispersées dans le monde matériel et dans le domaine du mal, de les arracher à l’obscurité et de les ramener à leur source divine. Le baal Téchouva part d’en bas et monte, emportant avec lui les étincelles qu’il a libérées.

Ces deux mouvements sont complémentaires et nécessaires. Le monde a besoin des tsaddikim qui y font descendre la lumière, et il a besoin des baalei Téchouva qui en font monter les étincelles. Ensemble, ils accomplissent le travail spirituel de l’histoire.

יג — La faute du veau d’or : une conséquence de la vision du visage du bœuf dans la Merkava

La Si’ha révèle une dimension métaphysique extraordinaire concernant les origines profondes de la faute du veau d’or. Selon l’enseignement du Rabbi, cette faute n’était pas le résultat d’une simple cupidité ou d’une faiblesse morale ordinaire. Elle était liée à une vision spirituelle particulière que les fils d’Israël avaient eue lors de la traversée de la mer Rouge.

La Torah nous enseigne que lors de la traversée, les enfants d’Israël « virent » — ils eurent une vision spirituelle de la Merkava (le Char divin). Dans la Merkava, il y a quatre visages : le visage de l’homme, le visage du lion, le visage de l’aigle — et le visage du bœuf. Ce dernier représente, dans la structure de la sainteté, la face qui est tournée vers le côté de la rigueur et, dans certains contextes, vers le côté de l’impureté.

En voyant le visage du bœuf dans le Saint Char divin, le peuple fut exposé à une énergie spirituelle puissante et dangereuse. Pour ceux dont la conscience spirituelle n’était pas suffisamment affinée — notamment l’Erev Rav — cette vision créa une confusion : ils prirent l’image du bœuf pour un objet de dévotion. C’est ainsi que naquit l’idée du veau d’or.

Cette analyse transforme notre compréhension de la faute. Ce n’était pas une chute vers le bas depuis un état de médiocrité spirituelle — c’était une chute depuis une élévation spirituelle immense. Et c’est précisément pour cela que la Téchouva qui en découle peut être si puissante.

יד — La transformation de l’obscurité en lumière

Nous arrivons ainsi au cœur du discours : le principe de ithap’ha ‘hoshkha l’nehora — la transformation de l’obscurité en lumière. Ce principe est la quintessence de la voie du baal Téchouva et, à un niveau plus profond, de la mission même du peuple juif dans l’histoire.

Le service ordinaire consiste à éloigner l’obscurité : on allume une lumière et les ténèbres fuient. C’est le service de l’itkafya — la répression du mal. Mais il existe un service plus profond : transformer l’obscurité elle-même en lumière, de sorte que les ténèbres ne fuient pas mais deviennent lumineuses.

Cette transformation s’opère lorsque le baal Téchouva, au lieu de simplement fuir son passé, l’embrasse dans un acte d’amour et de repentir qui en fait la source même de son élévation. L’énergie investie dans les fautes passées est retournée vers D.ieu avec une intensité redoublée. L’obscurité n’est pas niée mais dépassée — elle devient le substrat de la lumière la plus haute.

Tel est le secret profond de la Paracha Ki Tissa et de la Paracha Para entrelacées. La vache rousse purifie l’impure — mais rend impur le pur. Cela semble contradictoire. Mais en réalité, cela illustre précisément le principe de ithap’ha : dans l’acte même de purification, quelque chose de plus profond s’opère que la simple suppression de l’impureté. Une transformation ontologique a lieu qui dépasse les catégories ordinaires du pur et de l’impur.

טו — Ce thème se retrouve dans la Haftara : Élie sur le mont Carmel

La Haftara de cette paracha raconte l’épisode célèbre d’Élie le prophète sur le mont Carmel (I Rois 18). Élie défie les quatre cent cinquante prophètes de Baal dans une confrontation décisive : chaque camp doit préparer un sacrifice et prier son dieu pour que le feu descende des cieux et consume l’offrande.

Les prophètes de Baal prient, crient, s’entaillent — en vain. Leur dieu est absent, ou inexistant. Puis vient le tour d’Élie. Il reconstruit l’autel de D.ieu, qui avait été détruit. Il arrose l’offrande d’eau en abondance — rendant l’épreuve encore plus difficile pour D.ieu d’y répondre, semble-t-il. Et il prie, simplement, humblement. Et le feu descend.

Le lien avec notre thème est profond. Élie représente le principe de ithap’ha dans toute sa puissance. Face à l’obscurité du baalsme (l’idolâtrie) qui s’est répandue dans Israël, il ne se contente pas de la combattre — il la transforme. En versant de l’eau sur son sacrifice, il incorpore la résistance à son acte de foi, et c’est précisément cette résistance surmontée qui rend sa prière irrésistible.

La réponse divine est totale : le feu consume non seulement le sacrifice mais aussi l’eau, les pierres et la poussière. Tout est transformé, tout est élevé. L’obscurité de l’idolâtrie devient, par contraste et par opposition, la lumière qui révèle la gloire divine devant tout le peuple.

טז — L’enseignement pratique

Quel enseignement pratique tirer de tout ce qui précède ? Le Rabbi nous indique que l’on peut s’inspirer de la leçon du veau d’or et de la Téchouva qui s’ensuivit pour notre propre service divin.

Chaque Juif porte en lui à la fois le tsaddik et le baal Téchouva. Il est des moments où l’on est au sommet, purifié et illuminé — et il est des moments où l’on tombe. Ce n’est pas une tragédie irrémédiable. La Torah nous enseigne, à travers le récit de Ki Tissa, que la chute peut être le prélude à une ascension encore plus haute.

La condition est la sincérité de la Téchouva. Non pas une Téchouva de façade, mais une Téchouva véritable qui engage toute la personne : la pensée (makhchava), la parole (dibour) et l’action (maassé). Une Téchouva qui ne se contente pas de supprimer la faute, mais qui en transforme l’énergie en amour et en dévotion envers D.ieu.

Le message final est celui d’un espoir absolu : il n’y a pas de faute trop grande pour être pardonnée. D.ieu attend le retour de chaque âme avec une patience infinie — car Il sait que dans le retour, dans la Téchouva véritable, se trouve une lumière qui ne peut naître d’aucune autre façon.


Lettre générale à l’occasion de Pourim 5736 (1976)

Par la grâce de D.ieu
À l’occasion de Pourim 5736 (1976)
Brooklyn, New-York

Aux élèves et aux élèves [hommes et femmes] que D.ieu les bénisse

Chalom et Bénédiction !

En ces jours de Pourim, nous avons la certitude que vous vous livrez à l’étude de la Paracha de Pourim avec la profondeur qui convient.

À l’occasion de ces jours bénis, il est bon de rappeler que la joie de Pourim est intimement liée à l’étude de la Torah. Car Pourim est le jour où le peuple juif, malgré — et à travers — l’obscurité de la menace d’Haman, a retrouvé la lumière de l’étude et de l’attachement à D.ieu. La joie de Pourim n’est pas une joie superficielle : c’est la joie profonde de celui qui a vaincu les ténèbres et les a transformées en lumière.

Dans l’esprit de la Téchouva qui caractérise les jours de Pourim — car Pourim est aussi une époque de retour et de renouveau — il convient de renforcer l’étude de la Torah, la pratique des Mitsvot et le service du cœur (avodat haléV).

Puisse D.ieu vous accorder de fêter Pourim dans la joie véritable, de l’étude et de l’accomplissement des Mitsvot — et puisse cette joie rayonner sur toute l’année à venir.

Avec bénédictions pour une heureuse fête de Pourim.


Extrait de la si’ha du Chabbat Ki Tissa, 16 Adar 5751 (1991)

Lors du Chabbat de la Paracha Ki Tissa, le Rabbi adressa aux membres de sa communauté un enseignement sur la nature du jeûne d’Esther et sa relation avec la joie de Pourim. Le Rabbi y soulignait que le jeûne, qui précède immédiatement la fête, n’est pas en contradiction avec la joie — il en est la préparation nécessaire.

De même que le peuple d’Israël, avant la délivrance de Pourim, traversa l’épreuve et l’angoisse de la menace d’Haman, de même tout service véritable comporte une phase d’effort et d’intense concentration avant l’irruption de la joie. C’est dans cette dialectique que réside la profondeur du service de Ki Tissa : la faute du veau d’or, l’intercession de Moïse, le pardon divin — et la joie immense qui en résulte.

Le Rabbi concluait en citant le principe fondamental de la ‘hassidout : la joie n’est pas une récompense accordée après l’effort, elle est le moteur même de l’effort. Celui qui sert D.ieu dans la joie véritable atteint des niveaux que la rigueur seule ne peut atteindre. Et la joie la plus haute est précisément celle qui naît de la Téchouva — car elle porte en elle toute la profondeur d’un retour accompli depuis les abysses.

 

 

 

Inauguration d’un nouveau et somptueux Mikvé à la Yechiva Tomchei Tmimim de Brunoy

Inauguration d’un nouveau et somptueux Mikvé à la Yechiva Tomchei Tmimim de Brunoy

 

Un événement majeur a marqué cette semaine la Yechiva Tomchei Tmimim de Brunoy, l’une des plus prestigieuses Yechivot Tomchei Tmimim du monde : l’inauguration d’un Mikvé flambant neuf, d’une conception et d’une qualité exceptionnelles. Conçu pour accueillir simultanément des centaines de Tmimim, cet équipement représente un bond considérable dans les conditions de vie spirituelle des élèves. Sa réalisation est le fruit de la générosité et de la reconnaissance de deux illustres anciens de l’établissement.

 

 

Un Mikvé à la hauteur d’une Yechiva d’excellence

La Yechiva Tomchei Tmimim de Brunoy, unanimement reconnue comme l’un des fleurons du réseau mondial des Yechivot Tomchei Tmimim, a inauguré cette semaine un Mikvé nouveau et remarquable, au bénéfice de ses Tmimim. L’édifice, construit selon les normes les plus exigeantes et doté d’une surface particulièrement généreuse, a été pensé dans ses moindres détails pour pouvoir accueillir des centaines d’élèves en même temps. Il comprend quarante douches et un bassin de Tevilah d’une largeur exceptionnelle — autant d’aménagements qui garantissent un usage à la fois confortable et ordonné pour l’ensemble de la communauté estudiantine.

La reconnaissance comme moteur de la générosité

La construction de ce Mikvé a été rendue possible grâce à la munificence de deux anciens élèves de la Yechiva, également pères de fils qui y ont étudié : Moché Dov Ayache et ‘Haïm Hillel Brodovitcz. Ces deux donateurs ont tenu à dédier leur contribution aux élèves actuels de l’établissement, en signe de gratitude profonde pour l’éducation qu’ils y ont reçue — une éducation qui, de leur propre aveu, a façonné leur identité de Hassidim et leur attachement indéfectible au Rabbi.

Une cérémonie d’inauguration empreinte de ferveur hassidique

La cérémonie d’inauguration a réuni les élèves de la Yechiva ainsi qu’une nombreuse assemblée de personnalités. Parmi les présents figuraient les directeurs de la Yechiva, le Rav Its’hak Nemanov et le Rav Mendel Gurevitch, le Roch Yechiva Rav Yehi’el Kalmenson, le Chalia’h principal de Paris le Rav Mendel Azimov, le secrétaire général le Rav Shimon Lasri, de nombreux Chlou’him ainsi que les familles des donateurs.

La conduite de l’événement était assurée par le Rav Chemouel Brodovitcz, directeur du département de première année à la Yechiva et frère du donateur ‘Haïm Hillel Brodovitcz.

Des discours vibrants d’émotion et de gratitude

Des allocutions furent prononcées par le Roch Yechiva Rav Yehi’el Kalmenson, le donateur Moché Dov Ayache, le donateur ‘Haïm Hillel Brodovitcz, ainsi que par le directeur de la Yechiva, le Rav Mendel Gurevitch. Dans leurs prises de parole, les donateurs ont chacun souligné, avec leurs mots et leur sensibilité propres, l’immense privilège qui leur avait été accordé de rendre à la Yechiva qui les a vus grandir et mûrir. Ils ont évoqué avec émotion ce lieu qui les a formés à devenir de véritables Hassidim, profondément liés au Rabbi, et ont affirmé que leur don n’était autre que l’expression tangible de leur Hakarat Hatov envers un établissement qui avait profondément marqué le cours de leur vie.

Un moment de grâce porté par la Hazanout hassidique

La cérémonie fut portée par l’interprétation de mélodies et de chants de Hazanout hassidique par le Talmid Chalia’h Chneor Zalman Baumgarten, dont la voix contribua à élever l’atmosphère vers une ferveur toute particulière.

Le point d’orgue de la soirée fut la coupe du ruban et le dévoilement de la plaque commémorative, honneur réservé aux généreux donateurs. Une Seoudat Mitsva fut ensuite servie, suivie d’un Farbrenguen hassidique auquel l’assemblée nombreuse prit part avec enthousiasme.

Les élèves comme la direction de la Yechiva ont exprimé leur gratitude la plus sincère envers les donateurs pour leur générosité sans réserve, un geste qui ne manquera pas d’enrichir durablement la vie de la Yechiva et de renforcer la conduite hassidique au sein de la communauté des Tmimim.

 

 

 

 

 

Tous les séminaires européens réunis à Beth Rivkah France pour un Chabbaton historique

Tous les séminaires européens réunis à Beth Rivkah France pour un Chabbaton historique

 

À l’occasion de Chabbat Za’hor, le Séminaire Beth Rivkah France a vécu un week-end d’exception, accueillant plus de 120 étudiantes venues de toute l’Europe pour un Chabbaton placé sous le signe de l’unité et de la ‘Hassidout. De Milan à Prague, d’Autriche jusqu’à Yerres, des jeunes femmes de plusieurs séminaires Habad ont convergé vers la France pour partager des moments de joie, d’étude et de fraternité. Un événement inoubliable qui a laissé une empreinte profonde dans le cœur de chaque participante.

 

 

Une rencontre européenne au cœur de la Chli’hout

C’est dans une atmosphère vibrante et chaleureuse que le Séminaire Beth Rivkah France a ouvert ses portes à des étudiantes venues de Milan, de Prague et d’Autriche, rejoignant leurs camarades à Yerres pour un Chabbat d’une intensité rare. Le fil conducteur de ce rassemblement : l’unité, la ‘Hassidout et le renforcement dans la mission de Chli’hout qui anime chacune de ces jeunes femmes engagées sur la voie du Rabbi.

Le programme a débuté dès le vendredi par un exposé captivant du Rav Levi Azimov, entièrement consacré à la Chli’hout — dans sa dimension universelle d’abord, puis dans son expression particulière en France. Un sujet qui résonnait avec une acuité toute spéciale pour des étudiantes destinées à devenir Chlou’him aux quatre coins du monde.

Sur les traces du Rabbi dans les rues de Paris

Avant l’entrée du Chabbat, les participantes ont eu le privilège d’assister à un Chiour inspirant sur la fête de Pourim, dispensé par le Rav Elchonon Marosov. L’après-midi s’est ensuite prolongé par une sortie exceptionnelle dans les rues de Paris, véritable pèlerinage sur les traces du Rabbi.

Guidées par le Rav Meir Chlomo Lubecki, les étudiantes ont visité la célèbre synagogue du « 17 », découvrant l’histoire et la portée symbolique de ce lieu emblématique de la présence Habad en France. La visite s’est conclue par une photo de groupe devant la Tour Eiffel — un instant suspendu entre mémoire et avenir, entre héritage et mission.

Un Chabbat vibrant de joie et d’enseignements

Les repas du Chabbat se sont transformés en véritables célébrations, où les éclats de rire et les chants se mêlaient aux prises de parole inspirées d’étudiantes exprimant leur enthousiasme dans toutes les langues de l’Europe. Tout au long du Chabbat, plusieurs Farbrenguen et Chiourim ont été animés par une constellation d’invités de marque : les Rabbanim Pinson, Uzan, Celnik, Wilschanski, Raskin, Barash, Vorst et Wolf. Chacun a apporté des enseignements profonds et lumineux, tissant ensemble une atmosphère à la fois chaleureuse et spirituellement élevée.

Un Mélavé Malka couronné de danses et de Sim’hat Adar

Le Chabbaton s’est achevé en apothéose avec un somptueux Mélavé Malka, en présence de Monsieur Yossef Raba et du Rav Mendel Gourvitch. La soirée a ensuite laissé place à une grande fête de danses et de Sim’hat Adar, animée avec énergie et talent par la DJ Chaya Piekarski, dans une ambiance débordante de joie et d’unité qui a duré jusqu’au cœur de la nuit.

Les étudiantes sont reparties vers leurs séminaires respectifs les bras chargés de cadeaux personnalisés — et surtout le cœur plein : renforcées, inspirées, rayonnantes, prêtes à poursuivre leur mission avec encore plus de force et de lumière.

Une gratitude sincère aux bâtisseurs de ce Chabbat

Un grand merci s’impose aux organisateurs de ce week-end inoubliable, et tout particulièrement au Rav et à Madame Celnik, ainsi qu’à la direction du Séminaire Beth Rivkah France, pour leur dévouement sans faille et leur investissement remarquable. Grâce à eux, plus de 120 jeunes femmes ont vécu un Chabbat qui continuera longtemps de les habiter.

 

Pourim en uniforme : les Juifs d’Ukraine célèbrent sous les drones et dans l’obscurité

Pourim en uniforme : les Juifs d’Ukraine célèbrent sous les drones et dans l’obscurité

 

Pour le quatrième Pourim consécutif, les communautés juives d’Ukraine ont célébré la fête dans un contexte de guerre, de pénuries et de froid glacial. D’un soldat juif revenu du front le temps d’entendre la Méguila à Kiev, aux festins organisés à la lueur des générateurs dans des villes plongées dans le noir, la foi et la détermination ont triomphé de l’adversité. Une opération humanitaire colossale menée par Habad a acheminé 24 000 colis de Michloah’h Manot à travers tout le pays, apportant chaleur et lumière là où l’obscurité semblait régner en maître.

 

 

Un soldat revenu du front pour entendre la Méguila

À la grande synagogue de Kiev, les fidèles rassemblés pour la lecture de la Méguila ont pu entendre, cette année encore, le bourdonnement sinistre des drones sillonnant le ciel au-dessus de leurs têtes. Mais c’est un autre bruit, celui de la porte s’ouvrant sur un jeune homme en treillis militaire ukrainien, qui a provoqué l’émotion la plus vive dans l’assemblée.

Aryeh Leib, soldat juif incorporé d’urgence il y a un mois à peine, avait obtenu une permission exceptionnelle — presque miraculeuse — pour rejoindre les bancs de la synagogue. Il y a quelques semaines seulement, rentrant comme à son habitude d’une soirée à la synagogue, il avait été interpellé dans la rue et mobilisé sur le champ sous un ordre d’incorporation d’urgence. Depuis lors, il servait dans une unité combattante, coupé de la vie communautaire qui rythmait chacune de ses journées.

Aryeh Leib avait retrouvé ses racines juives à l’âge adulte et accompli sa Brit Mila en tant qu’adulte. Il avait depuis pris l’habitude d’assister fidèlement aux offices du matin et du soir. Le talith avait cédé la place à l’uniforme et à l’arme, mais son cœur, lui, n’avait pas changé.

« Son commandant, une fois qu’il a compris l’importance de cette Mitsva, lui a accordé une permission rare — uniquement pour entendre la Méguila », a expliqué le Rav Simha Levenharz, Chalia’h de Habad à Kiev.

Sans même s’arrêter pour rendre visite à sa famille, Aryeh Leib s’est rendu directement du front aux bancs de la synagogue.

« Il refusait de manquer un seul mot », a confié le Rav Levenharz. « Pour lui, c’était l’oxygène dont il avait besoin pour continuer. »

Célébrer dans les ténèbres et le froid

Si Kiev affronte les attaques de drones, d’autres villes ukrainiennes vivent la guerre à travers des pénuries d’infrastructures dévastatrices. À Kryvyi Rih, organiser le Séouda de Pourim a relevé d’un véritable exploit logistique.

« Depuis des mois, l’électricité n’est disponible dans les foyers que trois heures par jour », a témoigné le Rav Liron Edri, rabbin de la communauté et Chalia’h de Habad. « Cela signifie que les systèmes de chauffage ne fonctionnent pas pendant les rigueurs de l’hiver. Récemment, un drone a même frappé directement notre mikvé et notre domicile. »

Malgré ces conditions, les inscriptions au festin de Pourim ont dépassé toutes les espérances : plus de 200 participants sont venus chercher un instant de lumière et de joie.

À Tchernivtsi, la situation n’est guère différente. « En ce temps où il fait sombre et froid dehors, et que nous n’avons pas d’électricité pendant plus de vingt heures par jour, notre mission est d’amplifier la joie », a déclaré le Rav Mena’hem Glitzenstein, rabbin de la ville. La communauté a organisé un grand repas de Pourim pour des centaines de Juifs, les arrachant à leurs appartements glacés pour les accueillir dans une atmosphère chaleureuse et fraternelle.

Une opération humanitaire d’envergure nationale

À travers tout le pays, l’action humanitaire de Habad en Ukraine a pris cette année des proportions exceptionnelles. En quelques semaines, 24 000 colis de Michloah’h Manot ont été distribués dans 25 grandes régions et dans des centaines de villages isolés. Ces colis contenaient des oreilles d’Aman confectionnées en Eretz Israël, des crécelles et des friandises, ainsi que des milliers de colis alimentaires d’urgence comprenant volaille, huile, légumineuses et autres produits de première nécessité.

« Il y a des familles qui peinent à joindre les deux bouts depuis des années », ont expliqué les organisateurs.

Cette année, face à l’aggravation de la crise, les colis comprenaient également des équipements de survie : générateurs, carburant et matériel de chauffage. « On ne peut pas parler de Yom Tov quand les gens gèlent chez eux », ont-ils ajouté.

Des synagogues combles à Dnipro et Odessa

Dans les villes de Dnipro et d’Odessa, les synagogues affichaient complet. À la grande synagogue de Dnipro, sous la houlette du Rav Chemouel Kaminetsky, des centaines de Juifs — hommes, femmes et enfants déguisés — se sont réunis pour célébrer ensemble.

À Odessa, la cité portuaire si souvent prise pour cible, la joie était palpable. Les participants puisaient leur force les uns chez les autres, sous la direction du Rav Avraham Wolff, Grand Rabbin d’Odessa et du sud de l’Ukraine.

Bien que les festivités aient dû s’achever tôt en soirée en raison du couvre-feu nocturne, l’espoir demeurait vif dans les cœurs : celui d’un « Vénahafoh’ Hou » des temps modernes — ce renversement providentiel où tous les soldats, comme Aryeh Leib, reviendront à la synagogue non plus pour quelques heures seulement, mais pour toujours.

 

En pleine guerre, Netanyahou célèbre les miracles de Pourim au Beth Habad de Katamon

En pleine guerre, Netanyahou célèbre les miracles de Pourim au Beth Habad de Katamon

 

En plein cœur d’une campagne militaire historique, le Premier ministre Binyamin Netanyahou a tenu à marquer les miracles de Pourim — d’hier et d’aujourd’hui — au Beth Habad de Katamon. Entre lectures de Méguila, Farbrenguen festif et discours vibrant aux accents bibliques, il a multiplié les haltes spirituelles malgré la pression de la guerre. Une soirée qui illustre la profonde résonance entre le récit persan antique et les combats que mène Israël aujourd’hui.

 

 

Une soirée de Pourim entre prière et responsabilité nationale

En pleine guerre, le Premier ministre Binyamin Netanyahou a pris le temps de marquer les miracles de Pourim — ceux d’autrefois comme ceux d’aujourd’hui — au Beth Habad de Katamon, sans jamais perdre de vue l’immense responsabilité qui pèse sur ses épaules depuis le début de cette campagne militaire historique.

Dans la nuit de Pourim, il a participé à une lecture publique de la Méguila d’Esther à l’Académie nationale de police d’Israël, en compagnie du ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir, du secrétaire du gouvernement Yossi Fuchs, de son secrétaire militaire le général de division Roman Gofman, ainsi que de plusieurs membres de son cabinet.

Chouchan Pourim à la Yechiva Merkaz Harav

À l’entrée de Chouchan Pourim à Jérusalem, le Premier ministre a également assisté à une lecture de la Méguila à la Yechiva Merkaz Harav, accompagné de son épouse Sara et de son fils Yaïr. Le directeur de la Yechiva, le Rav Yaakov Shapira, l’a accueilli dans la bibliothèque de l’institution — ce même lieu qui, il y a quinze ans, avait été le théâtre d’un attentat terroriste ayant coûté la vie à huit étudiants et blessé onze autres.

Le Rav Shapira a adressé ces mots au Premier ministre : « Au lieu d’entendre des sirènes, nous entendrons bientôt le son du chofar de notre délivrance », avant d’ajouter : « Morde’haï ne s’agenouillera pas et ne se prosternera pas ; Morde’haï était de la tribu de Binyamin. Nous non plus, nous ne nous inclinons devant personne. »

Les personnes présentes ont rapporté que l’émotion et la joie du Premier ministre étaient visibles tout au long de la soirée.

Un Farbrenguen chaleureux au Beth Habad de Katamon

Accompagné d’un dispositif de sécurité complet, le Premier ministre s’est ensuite rendu au Beth Habad de Katamon, dirigé par le Chalia’h, le Rav Ohr Ziv, qui entretient des liens étroits avec le bureau du Premier ministre. L’année dernière, ce dernier lui avait enroulé les Téfilines, et lui avait également offert un Chitas pour la protection du peuple d’Israël.

Netanyahou s’est joint au Farbrenguen et aux festivités de Pourim, portant un toast « Lé’haïm » et partageant la joie de la fête avec l’assemblée.

Malgré des consultations sécuritaires et des mises à jour opérationnelles se poursuivant sans relâche, le Premier ministre a tenu à honorer pleinement le jour de Pourim.

L’opération « Rugissement du lion » et l’écho de Pourim

Au lancement de l’opération « Rugissement du lion », le Premier ministre s’est adressé à la nation avec des mots qui résonnaient comme un écho direct au récit de Pourim :

« Mes frères et sœurs, dans deux jours nous célébrerons la fête de Pourim. Il y a 2 500 ans, dans la Perse antique, un ennemi s’est levé contre nous avec le même objectif : anéantir totalement notre peuple. Mais Morde’haï le Juif et la reine Esther, par leur courage et leur ingéniosité, ont sauvé notre peuple. En ces jours de Pourim, le sort fut jeté, et le méchant Haman tomba avec lui.

Aujourd’hui encore, en cette fête de Pourim, le sort est jeté, et la fin du régime maléfique viendra elle aussi. Le prophète Amos dit : « Le lion rugit, qui ne tremblera pas ? » Dans l’opération Rugissement du lion, nous rugissons. Ne crains pas, Israël, car n’es-tu pas un jeune lion ? Nous nous tiendrons comme un seul homme, d’un seul cœur, et avec l’aide de D.ieu, nous assurerons l’éternité d’Israël. »

 

 

Farbrenguen de Pourim 5786 au Beth Habad avec le Rav Mendy Uzan

Farbrenguen de Pourim 5786 au Beth Habad avec le Rav Mendy Uzan

Le Beth Habad de Flandre a vécu une soirée de Pourim 5786  d’une rare intensité, réunissant les Hassidim autour d’un Farbrenguen vibrant animé par le Rav Mendy Uzan. Dans une atmosphère empreinte de chaleur et de ferveur ‘hassidique, chants, paroles de ‘hizouk et élan spirituel se sont entremêlés pour offrir à chacun une expérience profondément unificatrice. La lumière singulière de Pourim a rayonné tout au long de cette nuit mémorable, laissant dans les cœurs une joie destinée à durer bien au-delà de la fête.

 

 

Fidèle à la tradition ‘hassidique, le Beth Habad de Flandre a accueilli pour Pourim 5786 un Farbrenguen d’exception, placé sous la conduite inspirée du Rav Mendy Uzan. Réunis dans une ambiance à la fois chaleureuse et vivifiante, les membres de la communauté ont célébré ensemble les valeurs essentielles de cette fête lumineuse : joie débordante, unité fraternelle et engagement renouvelé dans la Torah et les Mitsvot.

Chants, ferveur et paroles de renforcement

Tout au long de la soirée, les mélodies ‘hassidiques ont élevé les âmes tandis que les paroles de ‘hizouk du Rav Mendy Uzan touchaient les cœurs avec profondeur et bienveillance. Moments de grande ferveur et instants de communion spirituelle se sont succédé, tissant entre les participants un lien indéfectible. Chacun est reparti renforcé dans sa foi, portant en lui la lumière particulière que Pourim seul sait allumer.

Une joie appelée à illuminer toute l’année

Plus qu’une célébration ponctuelle, ce Farbrenguen s’est voulu un souffle durable : celui d’une joie authentique et partagée, capable de traverser les semaines et les mois à venir. Que l’élan de Pourim continue de porter la communauté du Beth Habad de Flandre tout au long de l’année, illuminant chaque jour de sa lumière incomparable.

 

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Pete Hegseth et le général Dan Caine : « l’Amérique et Israël écrasent les capacités militaires de l’Iran »

Pete Hegseth et le général Dan Caine : « l’Amérique et Israël écrasent les capacités militaires de l’Iran »

Quatre jours après le lancement de l’Opération Epic Fury, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et le général Dan Caine, chef d’état-major, ont dressé un bilan saisissant des frappes conjointes américano-israéliennes contre l’Iran. La marine iranienne a été détruite, sa force aérienne anéantie, et le contrôle total de l’espace aérien iranien est désormais à portée de main. Dans un discours sans concession, Hegseth a martelé que l’Amérique ne fait que commencer — et que l’accélération offensive ne s’arrêtera pas.

 

 

Une opération foudroyante dès les premières heures

Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a pris la parole avec une clarté implacable : l’Opération Epic Fury, lancée tôt samedi matin sur ordre direct du président Trump, livre des résultats qu’il qualifie d’historiques. En moins d’une semaine, les deux armées de l’air les plus puissantes du monde — américaine et israélienne — auront établi un contrôle total et incontesté de l’espace aérien iranien. Un espace aérien non contesté, a insisté Hegseth, signifie des vols continus, jour et nuit, pour identifier, cibler et détruire les missiles, les infrastructures de défense, les dirigeants et les chefs militaires iraniens.

La puissance de feu déployée dépasse déjà deux fois celle de la campagne « Choc et Effroi » menée en Irak en 2003, et représente sept fois l’intensité des précédentes opérations israéliennes contre l’Iran lors de la guerre des 12 jours. C’est précisément l’expérience accumulée par Israël lors de ce conflit — ses pilotes, ses planificateurs, ses systèmes de renseignement affinés au combat — qui confère à la coalition une efficacité redoutable dès les premières heures. Des bombardiers B-2, B-52, B-1, des drones Predator et des chasseurs israéliens et américains sillonnent en permanence le ciel iranien, semant destruction et dévastation depuis les hauteurs. Les règles d’engagement, a précisé Hegseth, sont conçues pour libérer la puissance de feu combinée des deux alliés — non pour l’entraver.

La marine et l’armée de l’air iraniennes réduites à néant

L’armée de l’air iranienne n’existe plus. Construite pour 1996, elle a été détruite en 2026. La marine iranienne repose désormais au fond du golfe Persique : plus de vingt navires de guerre coulés, dont un sous-marin et le navire amiral Soleimani. Pour la première fois depuis 1945, un sous-marin d’attaque rapide américain a coulé un bâtiment de combat ennemi avec une seule torpille Mark 48 — une mort silencieuse infligée dans les eaux de l’océan Indien. Hegseth a lancé avec ironie : « On dirait que le président l’a eu deux fois », en référence au général Qassem Soleimani, déjà éliminé sous le premier mandat Trump.

Les tirs de missiles balistiques iraniens ont chuté de 86 % depuis le premier jour des combats, avec une baisse de 23 % enregistrée en seulement vingt-quatre heures. Les tirs de drones d’attaque à sens unique ont reculé de 73 %. Grâce à ces progrès, le CENTCOM a établi une supériorité aérienne localisée sur le flanc sud de la côte iranienne et s’apprête à étendre ses frappes vers l’intérieur du territoire, de plus en plus profondément.

La chaîne de commandement iranienne décapitée

Les hauts dirigeants de l’Iran sont morts. Le conseil de direction susceptible de désigner un successeur est décimé — mort, porté disparu ou terré dans des bunkers, trop terrorisé pour occuper la même pièce. Les généraux de haut rang, les officiers intermédiaires et les soldats sont incapables de communiquer, encore moins d’organiser une offensive coordonnée et soutenue. Le chef de l’unité qui avait tenté d’assassiner le président Trump a également été traqué et éliminé. « L’Iran a essayé de tuer le président Trump, et c’est le président Trump qui a eu le dernier mot », a déclaré Hegseth.

Pour illustrer la désorientation du commandement iranien, le secrétaire à la Défense a comparé la situation à celle d’une équipe de football américain qui aurait préparé ses vingt premiers jeux d’avance : les premières actions étaient scriptées, mais depuis que le « blitz » a été lancé, l’équipe adverse ne sait plus quels jeux appeler, ni même comment se rassembler pour en décider.

Un arsenal quasi illimité, une protection maximale des troupes

Le général Dan Caine, chef d’état-major, a précisé que l’opération passe désormais de vastes frappes à longue distance à des frappes de précision directes au-dessus du territoire iranien — bombes JDAM guidées par GPS, missiles Hellfire, munitions de 500, 1 000 et 2 000 livres. Les stocks américains de ces armements sont, selon ses mots, « quasi illimités ». Les réserves de missiles Patriot demeurent, elles aussi, extrêmement solides.

Sur le plan défensif, Hegseth a souligné que plus de 90 % des soldats américains présents dans les bases de la région avaient été repositionnés hors de portée des frappes iraniennes avant même le lancement des opérations offensives. Le réseau antimissile déployé — le plus sophistiqué jamais mis en œuvre — a intercepté des milliers de missiles et de drones iraniens, protégeant des dizaines de milliers de vies américaines et alliées.

Israël, fer de lance de la coalition

Dans cette guerre, Israël n’est pas un partenaire de second rang : il est le fer de lance offensif sur le flanc nord. L’armée de l’air israélienne a pris en charge l’ensemble des cibles de défense aérienne intégrée le long de la frontière septentrionale de l’Iran, neutralisant méthodiquement les batteries de missiles sol-air qui auraient pu menacer les appareils de la coalition. En parallèle, elle a concentré ses frappes sur les capacités iraniennes de missiles balistiques à moyenne portée — ces systèmes qui constituent depuis des années l’épée de Damoclès suspendue au-dessus des villes israéliennes et des bases américaines dans la région.

La coordination entre Washington et Jérusalem est décrite par le général Caine comme « excellente », avec une intégration des cibles en temps réel qui reflète des années de coopération renseignementaire et militaire approfondie. Les Israéliens ont apporté à l’opération une connaissance intime du dispositif défensif iranien, forgée lors des centaines de frappes menées par Tsahal contre des positions iraniennes en Syrie et au Liban au cours de la dernière décennie, ainsi que lors de la guerre des 12 jours. Cette expérience s’est avérée décisive pour cartographier les vulnérabilités du système de défense aérienne iranien et ouvrir les corridors d’attaque empruntés par les bombardiers américains.

Hegseth a rendu un hommage vibrant à l’allié israélien, s’adressant directement à lui depuis le podium : « Votre mission est exécutée avec une compétence inégalée et une détermination de fer. Se battre côte à côte avec un allié aussi capable est un véritable multiplicateur de force et une bouffée d’air frais. Nous saluons votre courage et votre contribution. » Des mots qui résonnent comme une reconnaissance officielle du rôle central joué par les Forces de défense israéliennes dans la conception même de l’opération — non pas simples exécutants, mais co-architectes d’une campagne militaire sans précédent.

Les alliés régionaux arabes répondent présents

Au-delà d’Israël, la coalition s’étend à l’ensemble du Moyen-Orient arabe. La Jordanie, Bahreïn, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar et le Koweït participent activement à la défense aérienne de la région, mettant à disposition leurs espaces aériens, leurs bases et leurs systèmes d’interception face à l’agression iranienne. Le Qatar, fait marquant, a abattu pour la première fois deux bombardiers iraniens en vol — signal fort d’une rupture avec les ambiguïtés stratégiques du passé. Les groupes aéronavals des porte-avions USS Ford et USS Abraham Lincoln maintiennent quant à eux une pression constante depuis la mer, encerclant l’Iran sur tous les fronts.

L’Iran ne possédera jamais la bombe nucléaire

Au cœur de cette opération se trouve un impératif stratégique absolu : couper définitivement à l’Iran l’accès à l’arme nucléaire. « L’Iran ne possédera jamais de bombe nucléaire. Pas sous notre garde. Jamais », a martelé Hegseth. Contrairement aux approches passées — lignes rouges vagues, négociations sans fin, demi-mesures —, le président Trump agit de manière décisive alors que l’Iran est à son point de faiblesse maximum. Téhéran avait négocié de mauvaise foi, gagnait du temps tout en se rapprochant de la bombe ; l’heure des comptes a sonné.

Les objectifs militaires officiels de l’opération sont au nombre de trois : éliminer les systèmes de missiles balistiques iraniens, détruire la marine iranienne dans sa capacité mondiale de projection de force, et empêcher toute reconstitution rapide de l’appareil militaire iranien.

Quatre jours, et nous ne faisons que commencer

En conclusion, Hegseth a rejeté toute lecture triomphaliste prématurée tout en affichant une confiance totale : « Ce n’est pas une situation de ‘mission accomplie’. C’est simplement un retour à la réalité. » L’opération s’accélère, de nouveaux bombardiers et chasseurs arrivent chaque jour, et les vagues d’assaut suivantes seront encore plus importantes. Six soldats américains ont perdu la vie — le capitaine Cody Cork, le sergent de première classe Noah Teen, le sergent de première classe Nicole Amore et le sergent Declan Cody, tous issus du 103rd Sustainment Command de la Réserve de l’armée, basé à Des Moines (Iowa) — et deux autres noms seront communiqués dès que les familles auront été informées. « Nous les vengerons, sans aucun doute », a promis le secrétaire.

L’Amérique, a-t-il conclu, se bat pour gagner. Et dans l’Opération Epic Fury, c’est exactement ce qu’elle fait.e fait.