Israël face à la menace iranienne : un bouclier multicouche et une nation debout

Israël face à la menace iranienne : un bouclier multicouche et une nation debout

 

Dans un contexte de tensions croissantes au Moyen-Orient, le général Ran Kochav livre une analyse lucide des capacités défensives israéliennes et américaines déployées dans la région. Entre dissuasion, résilience civile et préparation aux scénarios les plus sombres, il dresse un tableau à la fois rassurant et sans complaisance. Un témoignage précieux sur l’état de préparation d’Israël face à une éventuelle confrontation avec l’Iran.

 

 

Le rôle stratégique des forces américaines

La force opérationnelle américaine déployée au Moyen-Orient n’est pas une simple présence symbolique. Ran Kochav le précise clairement : il s’agit avant tout d’une force offensive, dont la vocation première est la dissuasion — et, le cas échéant, la capacité à mener une frappe significative. Sur le plan défensif, cette force apporte un soutien déterminant grâce aux batteries THAAD positionnées dans la région, ainsi qu’aux navires Aegis équipés de missiles SM-3 en Méditerranée orientale. Une présence américaine qui vient considérablement renforcer le dispositif sécuritaire israélien.

Un système de défense à plusieurs niveaux

Les capacités américaines s’intègrent dans une architecture défensive multicouche qui constitue l’une des plus sophistiquées au monde. Les systèmes israéliens opèrent à différentes altitudes : des interceptions au-delà de l’atmosphère jusqu’aux menaces à basse altitude, en passant par la Fronde de David, le Dôme de fer, et potentiellement des systèmes laser nouvelle génération. Ces derniers sont particulièrement destinés à neutraliser les menaces plus rapprochées, telles que celles émanant du Hezbollah ou des Houthis. Ensemble, ces couches de protection forment un filet défensif d’une remarquable densité.

La résilience des civils israéliens, un atout méconnu

Interrogé sur la communication mesurée de l’armée durant ces jours de vive tension, Ran Kochav exprime sa confiance dans le travail du porte-parole de Tsahal et du Commandement du Front intérieur. Il rend hommage à la résilience des citoyens israéliens, capables de comprendre la gravité de la situation tout en maintenant le cours normal de leur vie. La tenue du marathon de Tel Aviv, en pleine période de crise, en est l’illustration la plus éloquente : une population qui refuse de laisser la peur dicter son quotidien.

Regarder la réalité en face : se préparer au pire

Sans chercher à édulcorer la réalité, Ran Kochav rappelle avec gravité qu’une guerre n’est jamais une épreuve sans douleur. Face à la menace iranienne et aux dégâts qu’une confrontation majeure pourrait engendrer, il avertit qu’une future escalade comporterait inévitablement des moments éprouvants et douloureux pour la population. Il tient néanmoins à rassurer : Israël dispose de systèmes robustes et d’institutions solides sur lesquels le pays peut s’appuyer pour traverser de telles épreuves. Une lucidité sans pessimisme, au service d’une préparation sérieuse et responsable.

L’école Habad de Genève décroche le baccalauréat le plus exigeant du monde

L’école Habad de Genève décroche le baccalauréat le plus exigeant du monde

 

Au cœur de Genève, une école juive hors du commun relève un défi éducatif que peu d’établissements osent affronter : préparer ses élèves au baccalauréat suisse, reconnu comme le diplôme de fin d’études secondaires le plus rigoureux au monde. La chaîne de télévision israélienne i24 a consacré un reportage à cette réussite remarquable de l’école ‘Ohalei Menachem’, établissement Habad qui conjugue excellence académique et identité juive profonde. Derrière ce succès, une vision pédagogique audacieuse portée par des enseignants d’exception et une communauté soudée.

 

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Genève, carrefour entre deux mondes

Genève n’est pas seulement la ville des montres et de la diplomatie internationale. En son cœur bat aussi une communauté juive vivante d’environ 7 000 âmes, installée dans cette ville qui se tient en équilibre entre la Suisse et la France. Les enfants de cette communauté fréquentent des établissements juifs, et l’un d’entre eux se distingue tout particulièrement depuis quelques années.

Le baccalauréat suisse : le graal des diplômes

L’école ‘Ohalei Menachem’ vient de décrocher un titre fort convoité : celui d’établissement capable de préparer ses élèves au baccalauréat fédéral suisse — unanimement considéré comme l’examen de fin d’études le plus difficile au monde. Ce parcours exigeant s’étale sur quatre années de préparation intensive et ouvre les portes des universités les plus prestigieuses. Le diplôme fédéral requiert un très bon niveau en sciences ainsi qu’une maîtrise courante de plusieurs langues. Une élève de l’école témoigne : « Ma langue maternelle est le français, mais je pratique également l’anglais et l’allemand. »

Ce n’est pas un chemin pour tous. En Suisse, seulement 30 % des lycéens se présentent à cet examen, tant les alternatives plus accessibles sont nombreuses. Mais l’école a fait le choix de l’excellence. L’an dernier, sur dix élèves de terminale, quatre ont écrit l’histoire en se présentant à l’épreuve et en la réussissant avec succès — une performance qui résonne bien au-delà des murs de l’établissement.

Cinq langues, les sciences et le code dès le plus jeune âge

L’école propose un cursus d’une richesse rare : les élèves y étudient dans cinq langues — le français, l’hébreu, l’anglais, l’allemand et l’italien. À cela s’ajoutent des cours de physique et de chimie à très haut niveau, ainsi que des cours de programmation informatique intégrés dès les premières années de scolarité.

Un enseignant, lui-même directeur d’une entreprise spécialisée dans la recherche appliquée en informatique — travaillant sur l’intelligence artificielle, le développement sur mesure et la cybersécurité — explique en français : « L’école est spéciale parce qu’elle enseigne l’informatique dès les tout-petits, pendant toutes les années scolaires. Les élèves vont acquérir énormément de compétences. Cette classe est déjà très avancée et fait de la programmation. »

Les cours d’hébreu, dispensés à des enfants francophones, atteignent eux aussi un niveau impressionnant. Une enseignante s’en réjouit : « Ils arrivent ici à un niveau vraiment très élevé, c’est remarquable. Je travaillais avec une classe de quatrième sur les structures grammaticales hébraïques — les conjugaisons et les formes verbales — et vous savez, il faut vraiment savoir enseigner cela. » Et son interlocuteur de répondre avec humour : « Je ne suis pas certain de savoir moi-même ce que c’est… » — « Exactement ! » conclut-elle avec le sourire.

Des classes à taille humaine dans un cadre exceptionnel

L’école accueille environ 300 élèves. Dans les petites classes — du CP au CM2 — les effectifs tournent autour de 20 élèves par classe. Dans les niveaux supérieurs, les groupes se réduisent à environ 10 élèves, permettant un suivi individualisé d’une qualité rare.

Une enseignante israélienne trace le contraste avec ce qu’elle a connu : « En Israël, ce sont des classes gigantesques, on a du mal à tenir une classe entière. » Ici, chaque élève compte, chaque difficulté est prise en charge. Et si un élève rencontre des obstacles, l’école organise elle-même un soutien par des cours particuliers.

Un investissement conséquent, des bourses possibles

Cette qualité d’enseignement a un coût. Les frais de scolarité annuels s’élèvent à 10 000 francs suisses, soit l’équivalent d’environ 10 500 euros. Des bourses existent, mais le tarif reste hors de portée de toutes les bourses. Cela n’empêche pas certaines familles d’aller bien plus loin : attirées par le niveau exceptionnel de l’établissement, elles n’hésitent pas à déménager pour s’installer à proximité de l’école.

Des enseignants parmi les mieux payés de Suisse

Le secret de cette excellence tient peut-être aussi aux enseignants eux-mêmes, recrutés parmi l’élite académique et rémunérés en conséquence. Un professeur débutant dans les petites classes perçoit un salaire de 6 000 francs suisses par mois, soit environ 24 000 shekels. Un enseignant expérimenté dans une matière scientifique peut atteindre 15 000 francs suisses mensuels — soit environ 60 000 shekels. Des salaires élevés, même à l’échelle suisse.

Le corps professoral reflète la diversité du monde : parmi les diplômés du baccalauréat fédéral qui enseignent ici — la crème de la crème — on trouve des enseignants chrétiens, et même des musulmans pratiquants qui observent le Ramadan. « Nous prenons vraiment le meilleur du meilleur », résume fièrement un responsable de l’école.

Une école Habad ouverte sur toute la communauté

L’école appartient au mouvement Habad, et la communauté en est le cœur. Mais son ouverture est l’une de ses forces les plus précieuses. Sous son toit cohabitent des enfants qui n’observent pas le Chabbat, qui ne mangent pas casher, et des enfants issus de familles très religieuses — y compris des enfants de membres du Kollel. « Tous apprennent ensemble, vivent ensemble. C’est ce qui compte le plus pour nous », souligne un responsable de l’établissement.

Le témoignage du directeur adjoint

Le Rav Levi Its’hak Pavzner, directeur adjoint de l’école, se confie dans ce reportage sur le parcours singulier de l’établissement. Il évoque le chemin parcouru, les frais de scolarité ainsi que les défis quotidiens que représente la préparation d’élèves juifs pratiquants à un cursus académique d’une telle exigence. Son témoignage illustre la détermination et la rigueur qui animent l’équipe éducative au service des familles.

Le secret de la réussite selon le directeur fondateur

Son père, le Rav Mendel Pavzner, directeur de l’institution, lève le voile sur ce qui fait la force de cet établissement unique. À travers ses mots, il dévoile la clé de ce succès éducatif exceptionnel : une combinaison d’exigence académique, de valeurs Habad transmises avec amour, et d’un encadrement humain profondément attentif à chaque élève.

Des horizons sans limites pour les anciens élèves

Pour certains élèves, le baccalauréat suisse n’est qu’un tremplin vers des ambitions encore plus hautes : médecine, ingénierie, recherche — « le ciel est la limite », comme on dit à l’école. D’autres ont emprunté le chemin inverse : ils ont quitté l’établissement pour le monde extérieur, avant d’y revenir.

Un ancien élève témoigne avec émotion : « J’ai grandi dans cette école. Ce n’est qu’une fois sorti dans le grand monde que j’ai réalisé qu’il existait des Ashkénazes, des Séfarades, des religieux, des laïcs. » Une école qui, en brassant tous les milieux, forge des individus à la fois enracinés et ouverts sur l’universel.versel.

Iran la fin? Le Gerald Ford à Haïfa, les Occidentaux évacuent leurs citoyens

Iran la fin? Le Gerald Ford à Haïfa, les Occidentaux évacuent leurs citoyens

 

Alors que les États-Unis et le Canada émettent des mises en garde inédites invitant leurs citoyens à quitter Israël, le plus grand porte-avions nucléaire du monde vient de jeter l’ancre à Haïfa dans un message de soutien sans équivoque à l’État hébreu. Ces développements simultanés reflètent la tension extrême qui règne dans la région, sur fond de négociations au point mort entre Washington et Téhéran. La communauté internationale retient son souffle face à une escalade qui pourrait remodeler l’équilibre des forces au Moyen-Orient.

 

 

 

Les États-Unis placent Israël en niveau d’alerte 3

Des mises à jour officielles des avertissements aux voyageurs ont été publiées ce vendredi par les États-Unis et le Canada. Le Département d’État américain a placé Israël sous le niveau d’alerte 3, en raison de risques terroristes et d’instabilité civile. L’avertissement actualisé précise que des organisations terroristes et des groupes extrémistes pourraient frapper des centres commerciaux, des transports en commun et des sites touristiques sans préavis.

En plus de l’alerte générale de niveau 3, les États-Unis interdisent catégoriquement (niveau 4) tout déplacement vers la bande de Gaza ainsi que vers les zones frontalières avec le Liban et la Syrie. Les employés du gouvernement américain ont reçu instruction de limiter leurs déplacements et d’éviter les zones de friction potentielle. La mise à jour américaine souligne que la situation sécuritaire en Israël demeure imprévisible et susceptible d’évoluer rapidement.

 

On February 27, 2026, the Department of State authorized the departure of non-emergency U.S. government personnel and family members of U.S. government personnel from Mission Israel due to safety risks.

In response to security incidents and without advance notice, the U.S.… pic.twitter.com/aWzX6Gk36x

— U.S. Embassy Jerusalem (@usembassyjlm) February 27, 2026


Le 27 février 2026, le Département d’État a autorisé le départ de la Mission américaine en Israël du personnel non essentiel du gouvernement américain et des membres de leur famille, en raison de risques pour la sécurité.
En cas d’incidents de sécurité et sans préavis, l’ambassade des États-Unis pourra restreindre ou interdire davantage l’accès à certaines régions d’Israël, à la vieille ville de Jérusalem et à la Cisjordanie aux employés du gouvernement américain et aux membres de leur famille.
Il est conseillé aux personnes concernées d’envisager de quitter Israël tant que des vols commerciaux sont disponibles. 

 

Ottawa va plus loin : ses ressortissants doivent envisager de partir

Le gouvernement canadien a pris une mesure complémentaire en demandant à ses ressortissants d’éviter tout voyage non essentiel en Israël. La nouvelle directive, publiée au cours des deux derniers jours, appelle les citoyens canadiens séjournant dans le pays à examiner sérieusement la nécessité de rester et à préparer des plans de départ.

Le ministère des Affaires étrangères à Ottawa explique que l’instabilité régionale pourrait conduire à une détérioration rapide rendant difficile pour le gouvernement d’apporter une aide consulaire ou d’évacuer ses ressortissants en cas de fermeture de l’aéroport Ben Gourion. Cette démarche canadienne est jugée particulièrement ferme dans sa résolution, et elle rejoint une décision similaire prise récemment par le gouvernement australien, qui a également appelé ses citoyens à quitter le territoire israélien.

Des répercussions immédiates sur les compagnies aériennes et les assureurs

Le durcissement des directives affecte immédiatement les compagnies aériennes étrangères, dont certaines ont déjà commencé à réévaluer la poursuite de leurs liaisons vers Israël à la lumière des nouveaux indices de risque. Des sources officielles indiquent que le niveau d’alerte américain est considéré comme un indicateur critique pour les compagnies d’assurance et les organisations internationales ayant des représentations dans le pays.

Ce vendredi, les représentations diplomatiques des États-Unis et du Canada continuent de fonctionner en mode de vigilance accrue, exigeant des ressortissants qu’ils s’inscrivent sur les bases de données officielles afin de recevoir des mises à jour de sécurité urgentes. Les deux pays appellent les étrangers séjournant en Israël à repérer les abris à proximité et à suivre les instructions du Commandement du front intérieur et des forces de sécurité locales.

Le porte-avions Gerald Ford accoste à Haïfa : un message stratégique fort

Dans ce contexte de tensions extrêmes, le plus grand porte-avions du monde, le USS Gerald R. Ford, s’approche en ce moment (vendredi) de Haïfa avec son groupe d’attaque. Ce navire colossal, à propulsion nucléaire, embarque plus de 75 aéronefs de combat et est capable d’effectuer jusqu’à 150 sorties de combat par jour, contre 120 pour les porte-avions de générations précédentes.

Son arrivée constitue un renforcement stratégique significatif du dispositif de défense commun d’Israël et des États-Unis dans la région. Ce déploiement intervient précisément alors que les pourparlers entre Washington et Téhéran semblent dans une impasse, et envoie un message sans ambiguïté à l’ensemble des acteurs régionaux.

Les négociations irano-américaines dans une impasse profonde

Malgré les déclarations optimistes des médiateurs omanais à l’issue du dernier cycle de pourparlers entre les États-Unis et l’Iran, une source israélienne informée des détails a confié à notre correspondant politique Tamir Morag qu’aucune avancée ne se dessine dans les négociations, et que selon les estimations, aucun progrès n’est attendu dans l’immédiat.

Selon Morag, la source israélienne qui a eu accès aux détails de la proposition iranienne affirme qu’elle est très loin des exigences minimales de Washington. Ces exigences incluent notamment la remise aux États-Unis de l’intégralité du matériel enrichi encore en possession de l’Iran, l’arrêt définitif et sans limitation de durée de l’enrichissement de l’uranium, la destruction des vestiges des installations nucléaires frappées par les Américains lors de l’opération « Am Kalavi », ainsi que l’imposition de restrictions très significatives sur le programme iranien de missiles balistiques.

Face à ce double déploiement diplomatique et militaire, la région retient son souffle : d’un côté les grandes puissances occidentales protègent leurs ressortissants, de l’autre elles affirment leur présence militaire aux côtés d’Israël dans l’une des périodes les plus incertaines de ces dernières décennies.

Vendredi 27 février 2026 à 10h30 : Likouté Si’hot volume 26 – Tétsave Si’ha 2 – Rav Levi Azimov

Vendredi 27 février 2026 à 10h30 : Likouté Si’hot volume 26 – Tétsave Si’ha 2 – Rav Levi Azimov


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RADIO HASSIDOUT

La Paracha Tetsavé est la seule section de la Torah — depuis la naissance de Moïse — où son nom n’apparaît pas, et les livres y voient une allusion à sa disparition, qui tombe généralement à la même période (le 7 Adar). Mais cela soulève une difficulté : le décès d’un Tsaddik n’efface pas son nom, bien au contraire.

Le Rabbi résout cette apparente contradiction à l’aide d’un enseignement du Zohar : après sa disparition, le Tsaddik est présent dans tous les mondes davantage qu’il ne l’était de son vivant, car son âme, libérée de l’enveloppe corporelle, remonte jusqu’à son essence la plus profonde — une présence qui dépasse tout nom et toute désignation.

C’est précisément là le message de la paracha : Moïse n’y est pas nommé parce qu’il s’est élevé au-delà de son nom, vers son essence pure. Et paradoxalement, c’est dans cette même paracha que D.ieu s’adresse à lui avec la plus grande intimité — « Et toi, tu ordonneras » — à la deuxième personne, signe d’une proximité totale.

Cette idée est ensuite confirmée par la guématria du mot Tetsavé (501), qui dépasse de un le chiffre 500 — symbole de l’ordre du monde et de la révélation divine — pointant ainsi vers ce qui est au-delà de tout nom, vers l’essence absolue. Le nombre de versets de la paracha (101) renforce le même message : 101, comme celui qui répète son étude cent et une fois, transcende l’ordre ordinaire.

 

 

Kovets Tétsavé : Quand le Tsaddik transcende son nom

Kovets Tétsavé : Quand le Tsaddik transcende son nom

La Paracha Tetsavé recèle l’un des secrets les plus profonds de la Torah : le nom de Moïse n’y apparaît nulle part, une énigme que les sages ont scrutée à travers les siècles. Loin d’être un simple oubli, cette absence révèle la grandeur absolue du Tsaddik, dont l’essence dépasse toute désignation. À travers la guématria, le symbolisme et la pensée ‘hassidique, le Rabbi éclaire ce mystère avec une profondeur saisissante.

 

Likoutei Si’hot vol. 26, Tetsavé, 4 Adar
 D’après les Si’hot de la Paracha Tetsavé 5741-5743 (1981-1983) —

 

 

מדוע נרמזת פטירתו של משה רבנו בהשמטת שמו מפרשת תצווה – והרי בפטירתו של צדיק מסתלק מהעולם רק גופו, ואילו שמו וזכרו עומדים לעד?

Pourquoi la mort de notre maître Moïse est-elle suggérée par l’omission de son nom dans la Paracha Tetsavé — alors que lors du décès d’un Tsaddik, seul son corps quitte le monde, tandis que son nom et sa mémoire demeurent pour toujours ?

מדוע דווקא פרשה זו, שממנה הושמט שמו של משה, גדושה בציווים ובהתייחסויות רבות אליו?

Pourquoi cette paracha précisément, d’où le nom de Moïse a été omis, est-elle pourtant riche en commandements et en références nombreuses à sa personne ?

פטירת צדיק – הסתלקות הגילוי והופעת העצמיות

Le décès du Tsaddik — la disparition de la révélation et l’apparition de l’essence.

 

א. ז׳ אדר, יום פטירת משה רבנו, חל (ברוב השנים) בסמיכות לפרשת תצווה; ואיתא בספרים שיש רמז לכך בפרשה זו: פרשת תצווה היא הפרשה היחידה בתורה (« משנולד משה ») ועד משנה תורה שבה לא נזכר שמו של משה.

A. Le 7 Adar, jour du décès de notre maître Moïse, tombe (la plupart des années) près de la Paracha Tetsavé ; et il est mentionné dans les livres qu’il y a là une allusion : la Paracha Tetsavé est la seule paracha de la Torah (depuis la naissance de Moïse) et jusqu’au Deutéronome où le nom de Moïse n’est pas mentionné.

ולכאורה אינו מחוור: הלא רק השם משה לא נזכר בפרשה זו, אבל יש בה ריבוי פסוקים העוסקים במשה ומתייחסים אליו – החל מהתחלת הפרשה ממש, « ואתה (משה) תצווה », ולכן בעוד כמה וכמה ציווים למשה.

Or, la chose n’est pas claire à première vue : seul le nom « Moïse» n’est pas mentionné dans cette paracha, mais elle contient de nombreux versets qui traitent de Moïse et lui sont adressés — depuis le début même de la paracha : « Et toi (Moïse) tu ordonneras», et encore dans de nombreux commandements adressés à Moïse.

ועוד: אי הזכרת הצדיק הרי היא ההיפך מענין הסתלקותם של צדיקים, שכן, בשעה שהצדיק מסתלק מן העולם אין הדבר פוגע בשמו ובפעולותיו, והם נשארים לעד ואינם משתכחים חו’ח; רק גופו של הצדיק מסתלק מן העולם.

De plus, ne pas mentionner le Tsaddik est l’opposé même du sens du décès des Tsaddikim : car lorsque le Tsaddik quitte ce monde, cela n’affecte nullement son nom ni ses actions, qui demeurent à jamais sans être oubliés, à D.ieu ne plaise ; seul le corps du Tsaddik se détache du monde.

ואם כן, איך אפשר לומר שהסתלקות משה רבנו נרמזת דווקא על-ידי אי הזכרת שמו?

Dès lors, comment peut-on dire que le décès de Moïse notre maître est suggéré précisément par la non-mention de son nom ?

יתר על כן: הציווים למשה בפרשת תצווה נאמרו למשה בלשון נוכח – « תצווה », « ועשית », « ולקחת » וכיוצא בזה – בעוד בריבוי מקומות שבהם נזכר משמו (ובסמיכות לפרשתנו) – בסוף פרשת משפטים – הרי זה רק באופן של דיבור אחרות של משה – (כאילו) שלא בפניו!

Qui plus est : les commandements adressés à Moïse dans la Paracha Tetsavé lui sont formulés à la deuxième personne — « tu ordonneras», « et tu feras», « et tu prendras» et ainsi de suite — alors que dans les nombreux endroits où il est mentionné par son nom (et près de notre paracha) — à la fin de la Paracha Michpatim — c’est uniquement sous la forme d’un discours sur Moïse — comme si cela se disait en son absence !

 

ב. ויש לומר הביאור בזה: איתא בזהר ד »צדיקא דאתפטר אשתכח בכלהו עלמין יתיר מבחיוהי », היינו שהצדיק לאחר פטירתו נמצא בכל העולמות, כולל העולם הזה, יותר מבחיוהי.

B. Voici l’explication : il est dit dans le Zohar que « le Tsaddik après son décès se trouve dans tous les mondes davantage qu’il ne l’était de son vivant», c’est-à-dire que le Tsaddik après son décès se trouve dans tous les mondes, y compris ce monde-ci, davantage qu’il ne l’était de son vivant.

ופירוש « יותר מבחיוהי » (לא יתרון שלא יתרון סתם, אלא) שכן (כביאור רבינו הזקן):

Et l’explication de « davantage qu’il ne l’était de son vivant» (non pas un avantage ordinaire, mais) comme l’a expliqué notre maître le Rav ancien :

א) « בהיות הצדיק חי על פני האדמה » היו « חיי הצדיק » מלובשים ב »כלי ולבוש » (ואזי היה ניתן לקבל רק הארה כו’), משא’כ לאחר פטירתו אין הם « בתוך כלי » (ולכן ניתן לקבל « מבחינת רוח .. העצמיות » של הצדיק).

a) « Lorsque le Tsaddik était vivant sur la surface de la terre», ses « vies de Tsaddik» étaient revêtues d’un « récipient et d’un vêtement» (et l’on ne pouvait alors recevoir qu’un rayonnement, etc.), ce qui n’est plus le cas après son décès car ils ne sont plus « à l’intérieur d’un récipient» (et l’on peut donc recevoir « depuis l’aspect de l’esprit… de l’essence» du Tsaddik).

ב) פטירתו של צדיק היא « עליית רוחו ונשמתו למקור חוצבו », ואזי אף מדריגה זו של הצדיק (כפי שהוא ב »מקור חוצבו ») נמצאת (« אשתכח ») כאן למטה.

b) Le décès du Tsaddik est « l’élévation de son esprit et de son âme vers leur source d’origine», et alors même ce degré du Tsaddik (tel qu’il est dans « sa source d’origine») se trouve (« ashta’hach») ici en bas.

ונמצא, שהסתלקותם של צדיקים – שני קצוות יש בה: הסתלקותו של הצדיק בגשמיות מביאה עמה הסתלקות והעלאת הצדיק ברוחניות – הוא עולה בעילוי אחר עילוי, עד לשרשו ומקורו הראשון, ל »עצמיות » שלו, ל »גילוי » לגמרי (ולכן הצדיק אינינו בעולם באופן גלוי); אבל מאידך, בזמן זה (לאחר פטירתו) – כל ה »עצמיות » זו של הצדיק היא באופן שה »אשתכח בכולהו עלמין » (עד לעולם הזה), ומטעם זה ניתן לקבל ממנו « יתיר מבחיוהי ».

Il résulte donc que le décès des Tsaddikim comporte deux extrêmes : la disparition du Tsaddik dans le monde physique entraîne la disparition et l’élévation du Tsaddik dans le monde spirituel — il monte d’élévation en élévation, jusqu’à sa racine et sa source première, jusqu’à son « essence», jusqu’à la « révélation» totale (c’est pourquoi le Tsaddik n’est plus présent dans le monde de manière visible) ; mais d’un autre côté, à ce moment-là (après son décès) — toute cette « essence» du Tsaddik est de telle sorte qu’elle « se trouve dans tous les mondes» (jusqu’à ce monde-ci), et c’est pour cette raison que l’on peut recevoir de lui « davantage qu’il ne l’était de son vivant».

ג. על-פי זה יובן הטעם שהסתלקותו של משה רבנו מרומזת דווקא על-ידי אי הזכרת שמו (בפרשת תצווה):

C. À la lumière de cela, on comprend pourquoi le décès de Moïse notre maître est suggéré précisément par la non-mention de son nom (dans la Paracha Tetsavé) :

שמו של אדם אינו עצם מציאותו (כדי שאדם אחר יוכל להשתמש בו, השם נדרש עבור הזולת, שכן הפניה לאדם היא לעצמות, לכללות האדם).

Le nom d’une personne n’est pas son être essentiel (puisque le nom est nécessaire pour autrui — la désignation s’adresse à l’autre, à l’essence, à la totalité de la personne).

ועל-ידרך-זה הוא הנוגע למשה: השם « משה » ניתן לו משך זמן לידתו, ועוד זאת, שבפשטות שם זה (« משה ») ניתן לו לא על-ידי הוריו, אלא על-ידי בת פרעה – « כי מן המים משיתיהו ».

Et c’est ce qui concerne Moïse : le nom « Moïse» lui a été donné après sa naissance, et qui plus est, selon le sens littéral, ce nom (« Moïse») lui fut donné non par ses parents, mais par la fille de Pharaon — « car je l’ai tiré des eaux».

וזהו הרמז בפרשת תצווה להסתלקותו של משה:

Voilà donc l’allusion dans la Paracha Tetsavé au décès de Moïse :

בשעת הסתלקותו, התעלה משה לעצמיותו שלמעלה מן השם – ולפיכך, אין הוא מוזכר בשמו בפרשת תצווה, אבל משה « נמצא » בפרשת תצווה כאן עומד ומשמש ואדרבה – בכל עצמיותו (כפי שהוא « נמצא » בפרשת תצווה) – הדיבור אליו הוא בלשון נוכח, « ואתה תצווה », המורה על קירבה ומגע רב.

Au moment de son élévation suprême, Moïse s’est élevé vers son essence qui est au-delà du nom — c’est pourquoi il n’est pas mentionné par son nom dans la Paracha Tetsavé, mais Moïse « se trouve» dans la Paracha Tetsavé, présent et actif, et au contraire — dans toute son essence (tel qu’il « se trouve» dans la Paracha Tetsavé) — le discours qui lui est adressé est à la deuxième personne, « Et toi tu ordonneras», ce qui indique une proximité et un contact profonds.

ד. והנה, כיון ששמו של משה אינו מוזכר בפרשה כולה, מובן שתוכנה של (כל) פרשת תצווה קשור ל »עצם » שלו (שלמעלה משם משה).

D. Puisque le nom de Moïse n’est pas mentionné dans toute la paracha, il est clair que le contenu de (toute) la Paracha Tetsavé est lié à son « essence» (qui est au-delà du nom Moïse).

ועל-פי הידוע שתוכנה של כל פרשה מרומז בשמה (כפי שנתבאר כמה פעמים), צריך לומר שענין זה במשה הוא מרומז בשמה של הפרשה – « תצווה ».

Et selon ce que l’on sait que le contenu de chaque paracha est suggéré dans son nom (comme cela a été expliqué plusieurs fois), il faut dire que ce sujet concernant Moïse est allusion dans le nom de la paracha — « Tetsavé».

ויש לומר הביאור בזה: אע’פ שמארבעת אופני לימוד התורה הכולל את ענין הגימטריאות – מכל מקום, מובן שאין זה « שדה פרוצה » לכל אחד להמציא גימטריאות משלו, אלא כל גימטריא זקוקה למקור.

On peut en donner l’explication suivante : bien que parmi les quatre modes d’étude de la Torah figure l’étude des guémétrioth — il est clair que ce n’est pas « un champ ouvert à tous» pour que chacun invente ses propres guémétrioth, car chaque guématria a besoin d’une source.

כאשר לשתי הסיפרות יש גימטריא אחת – עדיין אין הכרח שייכות פנימית בניניהן; אלא שכאשר יש לכן תוכן משותף, אזי הדבר בא לידי ביטוי (בתוך סימן והוכחה) בהשתוות הגימטריא שלהן.

Lorsque deux nombres ont une même guématria — il n’y a pas encore nécessairement de lien intérieur entre eux ; mais lorsqu’ils ont un contenu commun, cela s’exprime alors (comme signe et preuve) dans l’égalité de leur guématria.

 

ה. הגימטריא של « תצווה » היא – תק’א. ובמספר זה היותר על חמש מאות – נרמזת מדריגת ה »עצם » שלמעלה מ »שם ».

E. La guématria de « Tetsavé» est 501 (תק’א). Et dans ce nombre, qui dépasse de un les cinq cents — est suggéré le degré de l’«essence» qui est au-delà du « nom».

והביאור בזה: אמרו חז »ל הקב »ה הלך מהלך חמש מאות שנה, ומבואר על כך: כללות העולם (« סדר ההשתלשלות ») הוא בשיעור « חמש מאות שנה » – גילוי שם של הקב »ה בעולם, ועי »ז ש »הלך » – לקנות לו שם ».

Voici l’explication : nos Sages ont dit que le Saint béni soit-Il « marche d’une marche de cinq cents ans» ; l’ensemble du monde (le « seder HaHishtalshelout») correspond à une mesure de « cinq cents ans» — la révélation du Nom du Saint béni soit-Il dans le monde, et par ce « marcher» — il « acquiert un nom».

אמנם, המספר תק’א – אחד היותר על « חמש מאות », ה »עצם » שלמעלה מסדר ההשתלשלות, הוא מגדיר לזולת, הוא מציאות נוספת הקורא לו שם.

Cependant, le nombre 501 — un de plus que « cinq cents», l’« essence» qui est au-delà de l’ordre d’enchaînement, est ce qui définit l’autre, c’est une réalité supplémentaire, c’est Celui qui lui donne un nom.

[ויש לומר גם הסבר לגימטריא בספרים: ש »אשר » בגימטריא תק’א, ש »אשר » – מלשון אושר – מורה על תענוג, הענין הנעלה ביותר באדם, הקשור בעצמיותו, וכמאמר: אין למעלה מענג.]

[Et l’on peut également expliquer la guématria dans les livres : « Acher» en guématria donne 501, et « Acher» — du mot bonheur — désigne le plaisir, la dimension la plus élevée chez l’être humain, liée à son essence, et comme il est dit : il n’y a rien de plus élevé que le plaisir.]

ועל-ידרך-זה הוא גם בנפש האדם:

Et c’est également ainsi dans l’âme de l’être humain :

 

ו. הענין הנ’ל בפרשת תצווה – שתוכנה שלמעלה מרומז גם במספר הפסוקים – ק’א, מיכא »ל סימן:

F. Le sujet mentionné ci-dessus concernant la Paracha Tetsavé — que son contenu supérieur est également suggéré dans le nombre de ses versets — 101, signe de Michaël :

בלקוטי-תורה מבאר רבינו הזקן החילוק בין המספרים ק’ וק’א: המספר ק’ מורה על השלימות של סדר ההשתלשלות, וק’א – על « חד ולא בחושבן » [ומביא את מדברי המהרש’א] « אינו דומה שונה פרקו מאה פעמים לשונה פרקו מאה ואחת ».

Dans Likoutei Torah, notre maître le Rav ancien explique la différence entre les nombres 100 et 101 : le nombre 100 indique la complétude de l’ordre d’enchaînement, et 101 — correspond à « l’Un qui est au-delà du nombre» [et il cite les paroles du Maharcha] : « celui qui répète son chapitre cent fois n’est pas comparable à celui qui le répète cent et une fois».

מאחר שאנו עוסקים כאן ב »עצם » שלמעלה מגדר גימטריא, שהיא ה »בחינה אחרונה » של תוכן הדבר (כנ’ל בארוכה), ודווקא ב »עולם » זה של ה »בחינה אחרונה » – מספר התיבה – נמצאת ה »עצם » שלמעלה מגילוי.

Puisque nous nous occupons ici de l’« essence» qui est au-delà de la catégorie de guématria, qui est l’« aspect final» du contenu de la chose (comme expliqué ci-dessus en détail), et c’est précisément dans ce « monde» de l’« aspect final» — le nombre de la boîte — que se trouve l’« essence» qui est au-delà de la révélation.

 

ז. על-פי המבואר לעיל (סעיף ד) אודות תוכן עניין הגימטריאות – יש לבאר גם כן את הטעם שהשייכות לנושא הנ’ל מרומזת (רק) בשמה של הפרשה (תצווה) – במספר הפסוקים שבפרשה:

G. À la lumière de ce qui a été expliqué ci-dessus (paragraphe D) concernant le contenu du sujet des guémétrioth — il faut également expliquer pourquoi le lien avec ce sujet — est suggéré (uniquement) dans le nom de la paracha (Tetsavé) — dans le nombre des versets de la paracha :

מאחר שאנו עוסקים כאן ב »עצם » שלמעלה מגדר גימטריא, שהיא ה »בחינה אחרונה » של כל « גילוי » שאין בה כלל « גילוי » (כנ’ל בארוכה), ודווקא ב »עולם » זה של ה »בחינה אחרונה » – מספר התיבה – נמצאת ה »עצם » שלמעלה מגילוי.

Puisque nous nous occupons ici de l’« essence» qui est au-delà de la catégorie de guématria, qui est l’« aspect final» de toute « révélation» en laquelle il n’y a aucune « révélation» (comme expliqué ci-dessus en détail), et c’est précisément dans ce « monde» de l’« aspect final» — le nombre de la boîte — que se trouve l’« essence» qui est au-delà de la révélation.

 

VIDEO.  Un rescapé de la Shoah face à la foi : le témoignage bouleversant de Joseph Weismann

VIDEO.  Un rescapé de la Shoah face à la foi : le témoignage bouleversant de Joseph Weismann

 

Joseph Weismann, survivant de la Shoah, livre un témoignage d’une rare profondeur sur la foi, la mémoire et l’humanité. Entre le souvenir douloureux de la rafle du Vél’ d’Hiv et la chaleur inattendue de bénévoles qui l’ont touché au plus profond de lui-même, cet homme au parcours tragique nous offre une leçon de vie universelle. Un message à transmettre de toute urgence aux générations futures.

 

 

Le Merkaz Chlou’him : quand la Chlihout prend tout son sens

Derrière ce clip se cache bien plus qu’un simple témoignage — c’est toute la valeur et la portée de l’action du Merkaz Chlou’him qui y est illustrée. Dans le cadre de leurs visites à travers les provinces françaises, de jeunes bénévoles dévoués ont eu la chance de rencontrer Joseph Weismann, rescapé des camps de la mort et co-auteur du célèbre film La Rafle. Touchés par sa personnalité hors du commun, ils lui ont proposé, pour la toute première fois en France, de porter son témoignage directement devant des enfants juifs. Une initiative aussi audacieuse qu’essentielle. Le projet a ensuite été soumis aux institutions Beth Rivka, qui ont immédiatement répondu présentes et accepté d’accompagner cette démarche avec enthousiasme. Ce clip retrace l’intégralité de ce voyage mémorable — du Mans jusqu’aux portes de l’école juive — et capte avec une émotion rare ce que cette rencontre et ce récit ont éveillé dans les cœurs.

L’histoire de Joseph : un enfant, une mère et un rabbin à la veille du chaos

La vidéo donne la parole à Joseph Weismann, rescapé de la Shoah, dont le récit plonge le spectateur dans les heures sombres de l’Occupation. Il se souvient d’un moment empreint de tendresse et de normalité : en juin 1942, sa mère, femme profondément croyante et pratiquante, l’avait conduit chez un Rav pour préparer sa Bar Mitsva. Un geste ordinaire, chargé de l’espoir et de l’amour d’une mère pour son fils. Un mois plus tard, le monde basculait : la rafle du Vél’ d’Hiv frappait Paris, et ses parents étaient assassinés. Joseph, lui, allait traverser l’enfer des camps. À sa sortie, il avait pris une décision irrévocable : tourner le dos à la religion et vivre dans une laïcité totale et assumée.

La question brûlante de la foi après la Shoah

Comment croire en D.ieu après l’extermination de six millions de Juifs, dont un million et demi d’enfants ? C’est la question que Joseph pose avec une franchise sans détour, une question qui résonne comme un cri arraché des profondeurs de l’histoire. Son interlocuteur ne prétend pas y répondre par une explication rationnelle — car il n’en existe pas. Il lui offre plutôt une autre vision de la foi : non pas une réponse au pourquoi de la tragédie, mais une force qui pousse à « allumer une flamme », à se tourner vers l’autre, à soutenir, à continuer de vivre malgré tout. La foi, dans cette perspective, n’est pas une justification du mal, mais un élan vers le bien.

Un message d’humanité pour les générations futures

En tant que survivant, Joseph porte sur ses épaules le poids d’une responsabilité qu’il prend très au sérieux : celle de transmettre. Et le message qu’il choisit d’adresser aux jeunes générations est d’une clarté absolue : « À un moment de votre vie, n’acceptez pas l’inacceptable. » Il refuse d’ériger des clivages religieux ou politiques en critères de jugement. Ce qui compte à ses yeux, c’est l’être humain dans sa vérité : ses qualités réelles, son respect de l’autre, sa capacité à reconnaître la dignité de chacun. Une éthique simple, mais exigeante.

« Ils feraient de moi un juif » : l’émouvante conclusion d’un homme libre

La fin de la vidéo est peut-être son moment le plus émouvant. Joseph se tourne vers les bénévoles de l’association et les enveloppe d’une affection aussi inattendue que sincère. Il les appelle « belles âmes », les décrit comme des personnes généreuses, débordantes d’amour, qu’il considère comme ses frères. Puis, avec un mélange de tendresse et d’humour teinté d’émotion, il lâche cette phrase qui résume tout : « Ils feraient de moi un juif, c’est ça qui m’embête. » Par ces mots, Joseph dit l’essentiel : la chaleur humaine de ces bénévoles est si authentique, si lumineuse, qu’elle parvient presque à le réconcilier avec une religion dont il avait pourtant choisi de s’éloigner. Une conclusion qui touche au cœur et rappelle que c’est toujours l’humain qui, en fin de compte, ouvre les portes que l’on croyait fermées à jamais.

Un Chalia’h du Rabbi ouvre la session du Sénat de Floride

Un Chalia’h du Rabbi ouvre la session du Sénat de Floride

 

Lee Rav Chneur Z. Oirechman, Chalia’h de Habad de Tallahassee et de l’Université d’État de Floride (FSU), a eu l’honneur de prononcer la prière d’ouverture devant le Sénat de Floride. Portant un message de foi, de responsabilité et de clarté morale, il a rappelé aux élus de l’État que toute réussite véritable trouve sa source dans la générosité et la confiance en D.ieu. Son allocution, empreinte de la pensée du Rabbi de Loubavitch, a laissé une impression profonde dans l’auguste enceinte législative.

 

 

Une Tsedaka avant la prière

Dans l’esprit de la directive du Rabbi de Loubavitch — selon laquelle tout rassemblement juif doit commencer par un acte de Tsedaka (charité) — le Rav Oirechman a d’abord sorti une pushka et a encouragé les personnes présentes à donner avant de commencer la prière. Ce geste a rappelé à tous que la bénédiction et le succès commencent par la générosité et par la reconnaissance de D.ieu en tant que Source ultime de toute chose.

Les enseignements de la Torah au cœur du discours législatif

Dans ses propos, le Rav Oirechman a invoqué les enseignements intemporels de la Paracha Michpatim, mettant en lumière le commandement de la Torah de prendre soin de la veuve et de l’orphelin — de ceux qui se sentent seuls et vulnérables. Il a souligné que leurs prières montent directement vers le Ciel, car leur confiance en D.ieu est totale. C’est là, a-t-il expliqué, la leçon plus profonde pour tous : si nous œuvrons au sein des systèmes naturels — gouvernement, commerce, santé, tourisme — la véritable réussite ne coule librement que lorsque nous reconnaissons sa Source. Tout comme l’eau s’écoule d’un lieu élevé vers un lieu plus bas, la bénédiction afflue là où règnent l’humilité et la confiance en D.ieu.

La leçon de Pourim : Esther, modèle de foi et d’action

En évoquant la fête de Pourim qui approche, le Rav Oirechman a cité l’exemple puissant de la reine Esther, qui a jeûné et prié avant de se présenter devant le roi de Perse. Son attitude a démontré que même lorsque nous engageons des dirigeants et des institutions, notre confiance ultime doit demeurer en D.ieu, le Roi des rois.

Des bénédictions pour les élus de Floride

Le Rav Oirechman a offert ses bénédictions sincères au Président du Sénat Ben Albritton et à l’ensemble des honorables sénateurs, priant pour qu’ils soient gratifiés de clarté d’esprit, de force de caractère, d’intégrité et de compassion, et que leur leadership apporte dignité à chaque citoyen et prospérité à l’État de Floride.

Un appel à préparer le monde pour Machia’h

Concluant sur le message du Rabbi de Loubavitch — selon lequel nous nous tenons au seuil de la Rédemption — le Rav Oirechman a encouragé tous les présents à accomplir une Mitsva supplémentaire, un acte de bonté et de bienveillance de plus, afin de « préparer le monde pour Machia’h ». Sur cet appel à l’action, et dans un « Amen » retentissant, l’enceinte du Sénat s’est trouvée élevée par un message de foi, d’unité et de sens.

 

Pourim 5726 (1966) : quand le Rabbi ouvrit les portes du ciel

Pourim 5726 (1966) : quand le Rabbi ouvrit les portes du ciel

 

Il y a soixante ans, le 770 fut le théâtre d’un Pourim d’exception que les témoins de l’époque n’ont jamais oublié. Ce soir-là, le Rabbi franchit toutes les limites de la joie habituelle, distribuant de ses propres mains du « machké » à des centaines de hassidim ébahis, opérant des guérisons miraculeuses et lançant, dans un cri retentissant, la proclamation devenue légendaire : « Quiconque tend la main — on lui donne ! »

 

 

Un Pourim pas comme les autres

Dans une lettre envoyée en Adar 5726 (1966) à son ami, l’émissaire — le Rav Yehouda Leib Raskin, alors en poste au Maroc — un hassid de la maison du Rabbi écrivait avec une conviction absolue : « Un tel Pourim n’avait encore jamais eu lieu au 770. » Cette affirmation, loin d’être une hyperbole, résume fidèlement ce que vécurent ce soir-là tous ceux qui eurent le mérite d’être présents au 770 Eastern Parkway.

Les Farbrenguen de Pourim avaient toujours été des moments d’intensité spirituelle rare : discours profonds sur la Méguilah dans toutes les dimensions du Pardès de la Torah, joie débordante, atmosphère hors du commun. Mais Pourim 5726 se distingua même par rapport à ces réunions exceptionnelles, tant par l’ampleur des révélations que par l’élan de générosité sans précédent que le Rabbi manifesta en ce soir mémorable.

Le Farbrenguen : quatre heures et demie de révélations

À 20h30, le Rabbi entra dans la salle du Farbrenguen. Durant ces heures intenses, il prononça une série de discours d’une profondeur remarquable : une explication lumineuse sur le « point de judaïsme » qui est égal chez chaque Juif, ce même point qui dérangeait Haman et qui s’est révélé à l’heure du décret de destruction ; la leçon que l’on doit en tirer — qu’il est absolument interdit de désespérer d’un seul Juif, quel que soit son état, car aucun Juif ne désire réellement être séparé de la Divinité.

Le Rabbi développa également une explication bouleversante sur les versets que Mardochée entendit de la bouche des trois enfants sortant de l’école : une éducation qui commence par le sacrifice de soi et une foi simple, capable de vaincre la nature du monde. Il parla du célèbre enseignement sur « ils ont profité du festin de ce misérable », soulignant que le salut du peuple juif ne vient jamais de la diplomatie, mais uniquement de la reconnaissance de l’unité de D.ieu et de son intériorisation profonde.

Il évoqua aussi le sens profond du nom « Pourim » en persan, qui enseigne que même au cœur des occupations les plus mondaines, on reconnaît qu’un Juif reste un Juif, et que la lumière de la Torah éclaire jusque dans les ténèbres les plus épaisses. Il prononça un discours magistral sur le verset « Lorsque Moïse levait la main, Israël l’emportait », expliquant que l’unique remède contre Amalek est précisément le service de la prière, qui prime même sur l’étude de la Torah. Et il termina par une analyse spirituelle d’une grande subtilité sur l’intériorité de la faute du Veau d’Or, expliquant qu’il ne s’agissait nullement d’idolâtrie — les enfants d’Israël croyaient en D.ieu avec une foi intacte — mais que le doute avait germé quant à Moïse lui-même, car « nous ne savons pas ce qu’il est devenu » (ce discours fut par la suite corrigé et publié dans Likkoutei Si’hot, vol. 11, p. 139 et suivantes).

Un témoin de la soirée raconte avec stupéfaction : « Entre les discours, le Rabbi remplissait sa coupe encore et encore — la moitié à partir des bouteilles que des hassidim lui tendaient, l’autre moitié versée par le directeur de la Yéchiva, le Rav Mentlik, qui servait régulièrement d’échanson lors des Farbrenguen. C’était inconcevable : le Rabbi but de nombreuses coupes pleines de vin et d’eau-de-vie, et continua à délivrer des discours d’une clarté et d’une profondeur absolues. Les enseignements de ce seul Farbrenguen s’étalent dans le Torat Menahem sur soixante-dix pages ! »

« Fais le Kiddouch sur du 95 % »

Après plus de quatre heures et demie de Farbrenguen, passé minuit, le Rabbi s’écria soudain : « Puisque nous sommes déjà après minuit — nous voilà plus près de la fin du Farbrenguen que de son début — et jusqu’à présent on ne voit pas une seule personne accomplir le ‘ad d’lo yada’ au sens littéral. Peut-être que quelqu’un ferait preuve d’abnégation et l’accomplirait réellement ? »

Le Rav Na’houm Zevin se trouvait parmi l’assemblée. Il témoigne : « Le Rabbi dit : ‘Le petit-fils du Rav Zevin est ici. Qu’il dise L’haïm pour son grand-père.’ Je m’approchai avec un petit verre. Le Rabbi ordonna immédiatement qu’on m’en apporte un grand, et dit : ‘Avant de dire pour le grand-père, prends d’abord pour toi-même.’ Il me versa… Je tendis mon verre presque plein… mais le Rabbi dit : ‘Tu ne peux pas mélanger le tien et celui de ton grand-père.’ J’avais compris — je devais boire la coupe entière. Le Rabbi m’en versa alors une deuxième pour le grand-père, en m’ordonnant de la terminer également. Je voulus prendre un peu de mezonot, et le Rabbi dit avec un sourire : ‘Ton grand-père fait le Kiddouch sur du 95 et n’a pas besoin de mezonot.’ Il me tendit lui-même des mezonot du plateau posé près de lui et me souhaita : ‘L’haïm ve’vracha !’ »

Une grande effervescence s’empara de la salle. R’ Zalman Duchman se porta volontaire pour accomplir le « ad d’lo yada ». Le Rabbi lui versa à boire et lui donna même quelques morceaux de mezonot. Puis il demanda, l’air étonné : « C’est ça que l’on appelle ‘ad d’lo yada’ ?! » Il lui ordonna de dire L’haïm sur une autre coupe pleine. Quand R’ Zalman fut bien enivré et commença à parler à voix haute, le Rabbi dit avec un sourire malicieux : « Essayez de toucher sa cravate — vous verrez comment il va dégriser… »

Le Rabbi appela ensuite : « R’ Chaïm Asher Kahanov ! Il est Cohen, est-il là ? » R’ Chaïm Asher s’avança ; le Rabbi lui versa une coupe pleine et le bénit pour une « année large ». R’ Chaïm Asher implora une bénédiction pour la spiritualité, pour un vrai repentir. Le Rabbi répondit : « Amen ! Joie et bonté de cœur ! » Or, à cette époque, R’ Chaïm Asher souffrait d’un ulcère sévère. Le lendemain, à l’hôpital, les médecins constatèrent avec stupéfaction que l’ulcère avait disparu comme s’il n’avait jamais existé. Ce fut un miracle à part entière.

« Quiconque tend la main — on lui donne ! »

Le Rabbi appela différentes personnes par leur nom et les invita à dire L’haïm. Au directeur de la Yéchiva, le Rav Mordekhaï Mentlik, il s’adressa avec un large sourire : « Faites-moi une faveur… et dites L’haïm. » Le Rav Mentlik, qui s’était tenu à la droite du Rabbi tout au long de la soirée, reçut un verre plein d’alcool à 95 % qu’il vida jusqu’à la dernière goutte. À la fin du Farbrenguen, au moment où le Rabbi quitta la synagogue, il s’effondra sur le sol.

R’ Leib Motzkin s’approcha et demanda un L’haïm. Le Rabbi lui proposa un marché : il étudierait chaque semaine les discours hassidiques sur la paracha. Devant son hésitation, le Rabbi dit fermement : « Fait-on l’affaire ou pas ? » R’ Leib accepta. Le Rabbi lui tendit un verre plein et conclut : « Coupe pleine et étude complète. »

Vers la fin de la réunion, le Rabbi s’arrêta soudain au milieu de son discours et s’exclama avec un air étonné : « Il reste encore du machké sur la table ?! Qu’on le finisse ! » Il ajouta avec humour : « Je ne dis pas de le verser — c’est simplement que le Choul’han Arou’h interdit de transgresser le ‘Bal Tach’hit’ (ne pas gaspiller). Et qui plus est, en année de Chemita… Là où il y a un récipient qui n’est pas encore vide — qu’on le vide ! »

Puis, à l’issue du dernier discours, le Rabbi s’écria d’une voix puissante : « Quiconque tend la main — on lui donne ! » En un instant, le 770 fut en ébullition. Des centaines de hassidim se précipitèrent vers la place du Rabbi, dans des bousculades colossales. Des chapeaux, des chaussures, des paires de lunettes volaient dans les airs. Un pied de la chaise du Rabbi se brisa sous la pression. Un peu de vin se renversa sur le Siddour du Rabbi ; il le posa, ouvrit le Siddour, prononça la bénédiction finale et se dirigea vers la sortie tandis que l’assemblée entonnait Ki Besimlah Tetsou.

À l’extérieur du 770, la foule immense se rua vers le Rabbi. Une témoin, Mme Dvora Bootman, se souvient : « J’entendis le Rabbi crier : ‘Pense à un autre Juif ! Pense à un deuxième Juif !’ » Les bousculades étaient si violentes que lorsque le Rabbi voulut monter dans son véhicule, la portière fut arrachée de sa place, et le toit de la voiture s’enfonça sous le poids des hassidim qui s’y étaient hissés pour tendre leurs verres. Le Rabbi continua à distribuer du machké près de la voiture, en précisant que celui qui avait déjà reçu ne devait pas reprendre.

Miracles et merveilles

Beaucoup n’avaient pas réussi à s’approcher. Le jeune Natan Gurary, incapable de traverser la foule, attendit le Rabbi le lendemain matin et lui dit qu’il n’avait pas reçu de L’haïm et que c’était son anniversaire. Le Rabbi le fit entrer dans son bureau et lui versa de son propre gobelet.

Le philanthrope R’ Berel Weiss n’avait pas pu s’approcher non plus — mais son jeune fils, Moshe Aharon, y était parvenu. Le Rabbi lui dit en anglais avec douceur : « Don’t be scared » (N’aie pas peur). Un mois avant le Pourim de l’année suivante, l’enfant fut miraculeusement préservé d’un accident de voiture causé par un véhicule lancé à toute vitesse.

Le Rav Chaïm Paro, quant à lui, avait glissé sur la glace quelques jours auparavant et s’était gravement fracturé la jambe. Les meilleurs spécialistes de New York étaient unanimes : une opération avec prothèse métallique était indispensable. Malgré la douleur, il assista au Farbrenguen avec un plâtre spécial, sans chirurgie. Le Rabbi l’appela, lui donna des mezonot et du machké et le bénit pour une « guérison complète et proche ». Six semaines plus tard, il marchait sans plâtre. Le Rabbi avait tracé un mot sur sa jambe avec un crayon, et toutes ses douleurs s’étaient évanouies. Les médecins n’en croyaient pas leurs yeux.

L’un des miracles les plus émouvants fut celui du Rav David Moshe Klein, marié depuis onze ans sans enfants. Il réussit à se frayer un chemin jusqu’au Rabbi. Celui-ci lui versa de l’eau-de-vie et lui dit d’une voix forte et distincte : « Et ces jours de Pourim — ne cesseront pas de leur descendance. » L’année suivante, exactement à la période de Pourim, leur premier fils vit le jour.

Un « remède avant la plaie » — la guerre des Six Jours

Une lecture spirituelle des événements de ce Pourim hors du commun fut proposée dans les cercles hassidiques. Dans l’un des discours prononcés ce soir-là, le Rabbi avait expliqué comment annuler spirituellement la pensée malveillante des nations du monde. Or, à cette époque précise — exactement un an avant la guerre des Six Jours — les dirigeants arabes entourant Israël élaboraient des plans d’attaque pour anéantir le peuple juif. Il est possible que ce Farbrenguen d’exception ait constitué un « adoucissement des rigueurs » célestes qui neutralisa leurs desseins. Le Rabbi anticipait souvent les dangers qui pesaient sur son peuple, préparant, selon l’expression hassidique, le « remède avant la plaie ».

 


Compte rendu du Farbrenguen de Pourim 5726


La fête de Pourim n’est pas un simple souvenir historique : c’est une vérité vivante qui se renouvelle à chaque génération, portant en son cœur le message indestructible de l’unité du peuple juif. Du plus jeune au plus âgé, de l’homme instruit à l’enfant innocen, chaque Juif est porteur d’une étincelle divine que nul décret, nulle oppression ne peut éteindre. Comprendre Pourim, c’est comprendre l’essence même du judaïsme.

 

AUDIO

TEXTE

 

Le décret de Haman et la réponse divine : d’une menace à une fête éternelle

La Guezérat Haman (décret de Haman) est survenue parce que Haman accusait les Juifs de toujours célébrer, de dire « Chabbat aujourd’hui » ou « Yom Tov (fête) aujourd’hui ». D.ieu répondit qu’Il ferait tomber Haman et ajouterait une fête aux Juifs. Puisque le décret de Haman visait l’ensemble du peuple juif — « du jeune au vieux, enfants et femmes » — la fête de Pourim qui en résulte doit elle aussi réunir tous ces niveaux.

L’unité à Pourim se manifeste dans le fait que, contrairement à la lecture de la Meguila ou aux dons de mishloach manot et matanot la’evyonim (cadeaux aux pauvres), qui dépendent des capacités de chacun, l’interdiction des lamentations et du jeûne, ainsi que le commandement de la fête et de la joie (mishteh ve’simchah), sont universels pour tous. Puisque la Torah est vérité, l’interdiction des lamentations et du jeûne signifie qu’il n’existe objectivement aucune raison au chagrin ni au jeûne. La joie de Pourim, à travers le mishteh ve’simchah, permet d’atteindre un niveau où le jeûne n’est plus nécessaire pour l’expiation ou la purification — comme l’enseigne le Rav Chneur Zalman de Liadi, le Baal HaTanya.

L’unité englobe même les enfants (taf) qui ne sont pas encore en âge de comprendre. La joie doit atteindre le niveau de « jusqu’à ce qu’il ne sache pas » (ad delo yada), même pour le vieil homme — une joie qui dépasse toute compréhension et toute perception. Le point culminant de Pourim est le festin (seudat Pourim), où l’obligation principale est de s’enivrer « jusqu’à ce qu’il ne sache pas ». C’est l’unité de tous les Juifs dans la joie de la Mitsva, une joie qui transcende la raison et la connaissance, et qui se prolonge tout au long de l’année.

L’essence de Haman face à l’essence du Juif : « ne pas s’incliner »

La raison pour laquelle le décret de Haman visait tous les Juifs « du jeune au vieux, enfants et femmes » est que ce qui dérangeait Haman chez Mardochée était précisément le point en lequel Mardochée était égal à tout Juif. Haman avait compris que l’attitude de Mardochée — « ne pas s’incliner et ne pas se prosterner » — n’était pas une exception individuelle, mais l’essence même de l' »am Mordechai » (le peuple de Mardochée) tout entier.

Ce point de « ne pas s’incliner et ne pas se prosterner » est l’essence du judaïsme : un Juif « n’est pas séparé de la Divinité (Elokout) ». Cela s’applique à tous les niveaux, « du jeune au vieux, enfants et femmes ». Même le corps d’un Juif ne peut être séparé de la Divinité, même par un acte physique comme se prosterner devant une idole si cela contredit la foi en D.ieu. L’essence de Haman était le « culot sans couronne » (chutzpah belo taga) — une existence pure et brute incapable de tolérer qu’existe dans le monde un point ne reconnaissant pas son autorité. Son décret visait donc tous les Juifs, expression de la « part de D.ieu d’en haut vraiment » (chelek Elokah mi’maal mamash).

La joie de Pourim et son caractère unique parmi toutes les fêtes

La joie de Pourim est unique, car elle atteint le niveau de « jusqu’à ce qu’il ne sache pas » (ad delo yada), contrairement aux autres fêtes — même celles qui sont des commandements positifs de la Torah. La raison en est que Pourim engage l’âme et le corps dans le principe de « ne pas s’incliner et ne pas se prosterner », qui est le point du judaïsme situé au-dessus même de la Torah. Cela vaut également pour les enfants (taf), qui furent les premiers à apporter de « bonnes nouvelles » (béourot tovot) de la rédemption à Mardochée.

Le récit midrachique évoque la joie de Mardochée lorsqu’il entendit trois versets récités par trois enfants revenant de l’école : « Ne crains pas… » (Al tira), « Faites un plan, et il sera annulé… » (Outsouo etsa), « Jusqu’à la vieillesse… » (Ve’ad zikna). Ces trois versets représentent trois niveaux d’éducation, allant de l’état de l’homme sauvage (ir pera) jusqu’à la conviction que le plan du mal sera annulé par la seule présence de D.ieu.

La brit mila, fondement du mésirout nefech et début de l’éducation juive

Avant ces trois niveaux d’éducation se trouve la brit mila (circoncision), expression du mésirout nefech (abnégation). Le peuple juif, étant « le moins nombreux de tous les peuples » (ha’me’at mikol ha’amim), a toujours eu besoin d’être ancré dans le principe du mésirout nefech. La brit mila, qui constitue une situation de danger pour la vie (sakkanat nefachot) selon le Rambam, est pourtant le début de la vie d’un enfant juif, établissant une alliance éternelle (brit olam) avec D.ieu.

Après la brit mila vient l’éducation.
Le premier niveau est « Ne crains pas », qui est la foi sans raisonnement face à la domination des méchants dans le monde.
Le deuxième niveau consiste à utiliser l’intellect pour contrecarrer les mauvais plans : « Faites un plan, et il sera annulé ».
Le troisième niveau est la réalisation que les lois de la nature — symbolisées par la « vieillesse et les cheveux gris » (zikna ve’séiva) — n’ont aucun pouvoir sur le Juif qui a reçu une éducation juive.

La joie de Mardochée en entendant ces versets venait du fait que les enfants étaient pénétrés de foi et de confiance. Haman l’avait compris : la vraie bataille était avec ces enfants, et sans les éliminer en premier, son décret n’aurait aucun effet.

La leçon éternelle : garantir l’éducation des enfants pour conjurer les décrets

La leçon pour toutes les générations est que même lorsque tout va bien, les Juifs demeurent « le moins nombreux de tous les peuples ». La seule façon de prévenir les décrets est de veiller au comportement des enfants revenant de l’école — qu’ils ne soient pas impressionnés par le monde et qu’ils sachent qu’ils ont le pouvoir de vaincre la nature. Cela engendre une grande joie et entraîne l’annulation de tout mauvais décret.

La Torah et tous ses sujets sont vérité, et le judaïsme est l’union des extrêmes : la Kabbale (sod) et le sens simple (péchat) se rejoignent. La Halakha (loi juive) et le Drouch (exégèse homilétique) ont chacun leurs règles, et le Drouch doit être vérité.

L’explication kabbalistique et ‘hassidique des trois versets est la suivante : « Ne crains pas » (Al tira) concerne les midot (attributs) du cœur ; « Faites un plan » (Outsouo etsa) concerne le mo’hin (intellect) ; le niveau supérieur du mo’hin est appelé « vieillesse » et « cheveux gris », conduisant au niveau le plus élevé : « C’est Moi qui ai fait, Je porterai, J’endurerai et Je sauverai. »

Aucun Juif n’est perdu : l’interdiction du désespoir

Le point essentiel est que chaque Juif — « du jeune au vieux, enfants et femmes » — se trouve en position de « ne pas s’incliner et ne pas se prosterner », car il est une « part de D.ieu d’en haut vraiment » (chelek Elokah mi’maal mamash). Même ceux qui avaient « profité du festin de ce méchant » ou qui s’étaient « prosternés devant l’idole » firent téchouva (repentir) et se montrèrent prêts au mésirout nefech lorsque le décret fut promulgué. L’histoire de la Choah prouve que même un Juif ayant péché reste Juif et ne peut être séparé de D.ieu. Par conséquent, il est absolument interdit de désespérer d’un Juif.

Le commandement « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Ve’ahavta le’réa’ha kamocha) s’applique à chaque Juif, car même celui qui ne vit pas selon la Torah ne fait qu’une erreur et finira par choisir de « ne pas s’incliner et ne pas se prosterner ». En rapprochant un Juif de D.ieu, on n’ajoute pas seulement une Mitsva, mais une fête à toutes les fêtes qui existaient déjà. Un talmid ‘hakham (érudit de la Torah) est appelé Chabbat, et en révélant le judaïsme de chacun, on ajoute une fête.

La Meguila, instruction pour tous les temps — lire l’histoire comme un présent

Le principe de « l’œuvre des pères est un signe pour les fils » (ma’assé avot siman labanim) signifie que chaque récit de la Torah est une instruction pour la vie quotidienne. La Meguila doit donc être lue non pas comme une histoire passée — ce qui revient à « lire la Meguila à l’envers » et annule le commandement — mais comme un événement se produisant maintenant.

Les fêtes de Pourim et de ‘Hanoukka sont particulières : elles correspondent aux séfirot de Netsah’ (éternité) et Hod (splendeur), qui sont « en dehors du corps » (le’bar migufa). Elles ont été établies alors que les Juifs n’étaient pas maîtres d’eux-mêmes. ‘Hanoukka s’est déroulée en Terre d’Israël sous le joug grec. Pourim, en revanche, s’est produit en Galout (exil), alors que les Juifs étaient « dispersés et séparés parmi les peuples » (méfouzar ouméforad bein ha’amim).

Le festin de ce méchant : quand la proximité avec les nations met Israël en danger

Avant le décret de Haman, le royaume était bienveillant envers les Juifs, et Mardochée « siégeait à la porte du roi », où il avait établi une Yéchiva avec le Sanhédrin (la haute cour). Comment un décret a-t-il pu survenir dans une telle situation, avec des Juifs occupant de hautes fonctions ?

Le problème était que des Juifs « profitaient du festin de ce méchant » (néhounou mis’oudato chel oto racha), se sentant inférieurs et cherchant l’approbation du roi. Malgré leur position élevée au sein du royaume, leur désir de se fondre parmi les nations a mis en péril l’existence même du peuple d’Israël.

La source des difficultés vient lorsque les Juifs s’associent aux méchants et que le mal commence à « s’apitoyer » sur les enfants juifs — comme la plainte de Haman concernant la brit mila à huit jours, et sa protestation contre l’observance du Chabbat et de la Shmita (année sabbatique), qui nuisaient selon lui à l’économie du royaume.

L’annulation du décret : la téchouva avant l’action naturelle

L’annulation du décret ne vint pas par des moyens naturels — la diplomatie ou l’intercession auprès du roi — mais par la téchouva (repentir) et le jeûne. Mardochée, chef du Sanhédrin, continua d’étudier les lois relatives au Temple (Halakhot Kémitsa) même en temps de danger. L’action dans la voie naturelle n’intervint qu’après le renforcement du lien avec D.ieu.

La Meguila est une instruction pour tous les temps, même en temps de paix. Il y a toujours ceux que dérange le fait que les Juifs « ne s’inclinent pas et ne se prosternent pas ». Les Juifs doivent se comporter en peuple à part, sans honte — et c’est précisément cela qui les élève.

L’attitude de Mardochée et d’Esther à la cour du roi montre qu’ils ont maintenu leur mode de vie juif (observance du Chabbat, de la Cacherout). Le respect d’Assuérus pour Esther ne fit que croître lorsqu’il sut qu’elle était liée à Mardochée. La leçon : la quantité (être « le moins nombreux de tous les peuples ») est compensée par la qualité.

La leçon morale (Moussar Haskel) de la Meguila est de ne pas se laisser séduire par ceux qui « profitent du festin de ce méchant ». Mardochée savait que le décret ne venait pas de Haman ni d’Assuérus, mais d’un décret céleste (Beit Din chel Ma’ala) à cause de nos péchés. Le changement d’attitude des non-Juifs ne suffisait pas à l’annuler. L’annulation du décret céleste n’eut lieu qu’après le jeûne de trois jours de l’ensemble du peuple.

La leçon pratique : dans la vie quotidienne, il faut d’abord obtenir l’approbation de D.ieu en annulant les péchés, et seulement ensuite agir par des voies naturelles. Ouvrir son commerce plus tôt n’est pas le moyen de « soudoyer » D.ieu ; l’étude de la Torah et la prière le sont.

Le nom de Pourim et le concept du hester : l’identité juive même dans la dissimulation

Le nom « Pourim » en persan (pour — sort) et l’absence du Nom de D.ieu dans la Meguila enseignent qu’un Juif doit être « reconnu » comme Juif même lorsqu’il traite d’affaires mondaines et parle d’autres langues. L’essence du nom « Pourim » est chargée de sens, et l’absence du Nom divin signifie que même dans un lieu impur, le Juif est au-dessus de la nature.

Le nom « Pourim » et le fait que la Meguila ait été rédigée par Esther soulignent l’importance du concept de « הסתר » (hester — dissimulation), voire du double hester (hester astir — dissimulation dissimulée). La grandeur d’Esther réside dans le fait que même étant reine, elle « faisait ce que disait Mardochée » (et ma’amar Mordekhai Esther ossa). Cela enseigne que la femme juive, akeret habayit (maîtresse du foyer), a le pouvoir d’établir des générations de « postérité bénie de D.ieu » (zéra baroukh Hachem).

L’observance du Chabbat et du Yom Tov par les Juifs n’est pas seulement bénéfique pour eux — elle est condition de survie pour le pays tout entier.

Kfar Habad et la distinction entre village et ville : l’élan (chtoure’mm) dans la diffusion du judaïsme

La distinction halakhique de Pourim entre les villages (kéfarim), les grandes villes (ayarot guédolot) et les villes entourées de murs (moukafot ‘homa) est liée à la signification du nom de Kfar Habad. L’habitant du village (ben kéfar) est plus ému et s’émerveille davantage devant le roi que l’habitant de la grande ville (ben karakh), habitué à ces spectacles. Cela signifie qu’il faut agir avec chtoure’mm (élan, enthousiasme) pour répandre le judaïsme — ce qui a plus d’effet que la simple compréhension intellectuelle.

Nizkarim et na’assim : la compréhension qui se transforme immédiatement en action

Le fait que Pourim tombait le dimanche cette année-là (en 1966 / 5726) crée une connexion particulière entre « Se souvenir » (nizkarim — lecture de Parchat Zakhor le Chabbat) et « Être accompli » (na’assim — actions de Pourim le dimanche). Cela signifie que l’élimination d’Amalek (et de Haman) se produit immédiatement, et conduit à la rédemption. La compréhension intellectuelle (nizkarim) doit se transformer sans délai en action pratique (na’assim).

La séquence des sections de la Torah lues à Pourim (Ki Tissa) est reliée au concept que D.ieu « envoie la guérison avant la maladie » (makdim réfoua lamaka). Le problème du veau d’or était superficiel, tout comme la prosternation des Juifs devant l’idole au temps d’Assuérus.

Le Tsémah’ Tsédek (troisième Rabbi de Loubavitch) explique que la bénédiction « Qui ne nous a pas livrés en proie à leurs dents » (chélo nétannou téref léchiné’hem) fait référence à la lettre chin (ch), la petite parcelle de bien dans le mal (racha), racine du Tohou (chaos). En ôtant le chin (les dents), il ne reste plus que le ra (le mal pur). En agissant par la Torah et les Mitsvot, le Juif est capable de vaincre ce mal.

L’acceptation de la Torah à Pourim : « ils ont maintenu et accepté »

À Pourim, les Juifs « ont maintenu et accepté » (kiyémou vékibélou) ce qu’ils avaient reçu au mont Sinaï. L’essence de Pourim est la réaffirmation de cette acceptation de la Torah — non pas sous la contrainte comme au Sinaï (« la montagne suspendue au-dessus d’eux »), mais librement, par amour et par joie.

Les différences d’ordre entre la Shmita (année sabbatique) et le Yovél (jubilé) dans le Targum Chéni et l’Aggadat Esther reflètent deux opinions halakhiques. La leçon spirituelle est qu’il existe deux approches : d’une part, le Yovél (compréhension, étude — Bina) suit la Shmita (acceptation du joug — Malkhout), voie pour la majorité des gens (Halakha du Talmud de Babylone) ; d’autre part, le Yovél précède la Shmita, voie des individus exceptionnels (Halakha du Talmud de Jérusalem).

La Tsedaka à Pourim : donner « jusqu’à ce qu’il ne sache pas »

Le commandement de la Tsedaka (charité) à Pourim doit être accompli de manière « jusqu’à ce qu’il ne sache pas » (ad delo yada), car D.ieu ne reste jamais débiteur : la Tsedaka est une garantie de bénédictions matérielles.

Le but de chaque Juif est de travailler dans son environnement avec l’ensemble des Juifs — « du jeune au vieux, enfants et femmes » — afin que la joie de Pourim demeure éternellement et mène à la Rédemption imminente.

« America iz nisht andersh » — Le Rabbi Précédent transplante le Hassidisme Habad sur le sol américain

« America iz nisht andersh » — Le Rabbi Précédent transplante le Hassidisme Habad sur le sol américain

 

Le 9 Adar II 5700 (1940), le Rabbi Précédent débarquait au port de New York après une fuite miraculeuse de la Pologne sous occupation nazie, marquant à jamais le transfert du centre mondial du Hassidisme Habad vers le sol américain. Après douze jours d’une traversée éprouvante, il arrivait avec la ferme intention de s’y établir définitivement et d’y jeter les bases d’un renouveau juif sans précédent. Ce jour historique est resté gravé dans la mémoire de Habad comme le moment où la sainteté du mouvement fut transplantée — intacte et vivante — dans le « bas du monde », ainsi que le Rabbi désignait l’Amérique.

 

 

Une arrivée miraculeuse au cœur de la tourmente

Le 9 Adar II 5700 (1940), le Rabbi Précédent — le Frierdiker Rebbe — foula pour la première fois le sol américain en débarquant au port de New York. Cette arrivée couronnait une délivrance miraculeuse : il avait été sauvé de la Pologne alors que celle-ci était sous le joug de l’occupation nazie, au péril de sa vie. Après douze jours d’une traversée périlleuse sur l’océan, il touchait enfin les rives de l’Amérique avec la volonté d’en faire sa demeure permanente et le nouveau foyer du Hassidisme Habad.

La fondation de Tomchei Tmimim aux États-Unis

Le jour même de son arrivée, sans délai et sans hésitation, le Rabbi Précédent posa un acte fondateur : il établit la Yechiva Tomchei Tmimim aux États-Unis. Ce geste symbolique et concret à la fois témoignait de sa conviction profonde que la Torah et le Hassidisme devaient être transmis sur cette nouvelle terre, avec la même rigueur et la même ferveur qu’en Europe. Ce n’était pas un exil — c’était une transplantation volontaire, portée par une vision prophétique de l’avenir du peuple juif.

« L’Amérique, c’est pareil » — une déclaration historique

C’est au Rabbi Précédent que l’on doit la célèbre proclamation : « America iz nisht andersh » — l’Amérique, c’est pareil. Par ces mots, il signifiait que la vie juive authentique, la pratique des Mitsvot, l’étude de la Torah et la chaleur du Hassidisme n’étaient nullement incompatibles avec le contexte américain. Il se consacra alors entièrement à l’œuvre urgente de « faire fondre la glace de la communauté juive américaine », c’est-à-dire réveiller les consciences et raviver la flamme juive dans un milieu souvent tiède ou assimilé.

Les paroles du Rabbi lors du Farbrenguen de Tèt Adar 5750 (1990)

À l’occasion d’un Farbrenguen le 9 Adar 5750 (1990), le Rabbi — Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, zatsal — évoqua la portée spirituelle de ce jour en ces termes : « Il convient que des Farbrenguen ‘hassidiques soient organisés à l’occasion du 9 Adar, et que cette célébration se prolonge dans les jours suivants, y compris Chabbat et Pourim. Cela s’applique tout particulièrement ici à Brooklyn, la « capitale » du Rabbi Précédent, où il vécut les dix dernières années de sa vie. La sainteté ne se déplace pas de son emplacement ; bien au contraire, elle croît d’année en année — et plus encore cette année, la quarantième année après le départ du Rabbi Précédent, l’année où « un homme acquiert la pleine maîtrise de la sagesse de son maître ». »

Brooklyn, capitale spirituelle de Habad

Ces paroles du Rabbi soulignent la dimension unique de Brooklyn dans la géographie spirituelle du monde Habad. C’est là que le Rabbi Précédent vécut, enseigna et rayonna pendant la dernière décennie de sa vie terrestre. C’est là que fut fondé le 770 Eastern Parkway — le Beth Habad central, devenu le cœur battant du mouvement Loubavitch dans le monde entier. Chaque année, à l’occasion du 9 Adar, des communautés Habad à travers le monde commémorent cet anniversaire historique par des Farbrenguen empreints de gratitude et de renouvellement.

 

 

UN RABBI CÉLÈBRE AUX ÉTATS-UNIS New York – 22 mars 1940 –
Le rabbin Joseph Isaac Schneersohn, chef du mouvement Habad pour la préservation de l’orthodoxie de la foi juive, est arrivé à New York en provenance d’Europe. En tant que chef religieux juif en Russie en 1920, il avait été condamné à mort, puis exilé en Sibérie à la place. Lors de l’invasion nazie de la Pologne, il passa six semaines dans une cave à Varsovie, et quitta le bâtiment juste avant qu’il ne soit démoli par une bombe. (C.P.)