Sunny Isles Beach, en Floride : Inauguration du nouveau Centre Habad Russe dont le coût s’élève à 21 millions de dollars

Sunny Isles Beach, en Floride : Inauguration du nouveau Centre Habad Russe dont le coût s’élève à 21 millions de dollars

Au bord de la baie de Biscayne, un bâtiment de six étages et 3 600 mètres carrés vient de s’élever comme symbole de foi et de persévérance. Le Centre Russe Habad de Sunny Isles Beach, fruit de plus de deux décennies d’efforts acharnés, a ouvert ses portes avec une inauguration en grande pompe. Une brique scellée dans ses murs relie physiquement ce nouveau foyer au 770 Eastern Parkway, siège mondial de Habad-Loubavitch à Brooklyn.

 

 

 

Une vision née dans les salles de condo

« On construit, et ils viennent. » Pour l’avocat Mikhael Keifitz, le nouveau Centre Communautaire Juif Leizer Verbukh de Sunny Isles Beach, en Floride — dont le coût s’élève à 21 millions de dollars — est la preuve vivante d’une conviction éprouvée pendant vingt ans.

Keifitz a rencontré le Rav Alex et Chani Kaller il y a plus de deux décennies, à une époque où la vie juive à Sunny Isles Beach n’en était qu’à ses balbutiements. « Nous nous réunissions dans des salles communes de résidences, et nous avions à peine un minyan pour Chabbat », se souvient-il. Les premiers fidèles, eux-mêmes résidents de ces immeubles, organisaient l’accès aux locaux pour Chabbat et les fêtes juives. Peu à peu, la communauté commença à louer de petits locaux dans des galeries marchandes, déménageant à plusieurs reprises au fil de sa croissance.

Ce qui suivit fut un long chemin semé d’embûches. Le terrain destiné à accueillir un bâtiment permanent fut acquis il y a plus de dix ans, mais la construction fut repoussée à de nombreuses reprises — retardée en particulier par la pandémie de Covid-19.

« Je suis de nature sceptique », confie Keifitz. « À travers tous ces revers, j’ai eu mes doutes. Mais connaissant le dévouement total des Kaller envers cette communauté — quand quelqu’un appelle, ils laissent tout tomber — il n’est pas surprenant que cette vision soit devenue réalité. »

Aujourd’hui, le Centre Russe Habad au bord de l’eau n’est pas seulement une synagogue, mais ce que Keifitz appelle « une vraie maison » — pour ses fidèles de longue date comme pour tout Juif qui franchit ses portes.

Un édifice au service de toutes les étapes de la vie juive

Le bâtiment de 3 600 mètres carrés s’élève sur six étages dominant la baie de Biscayne, faisant de lui la première synagogue construite de toutes pièces à Sunny Isles Beach. Conçu pour accompagner chaque moment de la vie juive, il abrite des salles de prière pour les jours de semaine et pour Chabbat, des salles de classe, des bureaux, une bibliothèque, ainsi qu’un espace polyvalent avec vue sur la baie. Un vaste salon de réception accueille mariages, bar et bat-mitsva et célébrations communautaires, tandis qu’une terrasse sur le toit offre des panoramas saisissants sur Miami et l’océan.

Le centre comprend également un Mikvé complet pour hommes et pour femmes — le tout premier jamais construit à Sunny Isles Beach — ainsi que le jardin d’enfants Gan Frida et l’Académie Tamim Miami, nommée par la famille Finker-Frenkel, qui accueille plus de 180 enfants.

« Nous vivons dans un monde matériel, et parmi les choses matérielles, un foyer compte », déclare Keifitz. « Chaque membre de la communauté a investi dans cette maison — et nous sommes déjà à l’étroit. »

Une inauguration en deux temps, marquée par un symbole fort

L’ouverture officielle du centre s’est déroulée en deux temps. Le premier événement, une coupure de ruban ouverte à toute la communauté, a rassemblé plusieurs centaines de personnes, dont la mairesse de Sunny Isles Beach, Larisa Svechin. Au cours de la cérémonie, une brique provenant du 770 Eastern Parkway à Brooklyn — le siège mondial de Habad-Loubavitch — a été enchâssée dans le mur du bâtiment, reliant physiquement ce nouveau centre à sa source spirituelle.

Le second événement, un gala réunissant plus de 250 invités, était consacré aux donateurs qui ont rendu ce projet possible. Parmi les personnalités honorées figuraient le Dr Isaac Verbukh, la famille Finker-Frankel et la Fondation familiale Blavatnik. Chacun a reçu en cadeau personnalisé une œuvre d’art réalisée par le célèbre artiste Jeremy Langford, ornée d’une lettre correspondant au nom de leur famille — une création désormais exposée en permanence dans la salle de prière.

« Ce bâtiment n’est pas le fruit d’un seul don ni d’une seule année de travail », a déclaré le Rav Kaller avec émotion. « C’est le fruit d’une communauté qui n’a jamais cessé de croire. »

Après plus de deux décennies d’efforts, cette foi a désormais une adresse — et un avenir solide — à Sunny Isles Beach.

 

 

Sur le pont de la terreur de Bondi, les Chlou’him d’Australie renouvellent leur engagement

Sur le pont de la terreur de Bondi, les Chlou’him d’Australie renouvellent leur engagement

 

Des dizaines de Chlou’him venus d’Australie et de Nouvelle-Zélande se sont réunis à Bondi pour un Kinous Hachlouhim régional historique, deux mois seulement après l’attentat terroriste qui avait endeuillé leur communauté. Portés par la mémoire de leurs collègues tombés, le Rav Eli Schlanger et le Rav Yaakov Levitan, tous deux assassinés Hy »d, ils ont transformé leur douleur en élan renouvelé pour la Chliahout. Au pied du pont désormais tristement célèbre de Bondi Beach, ils ont entonné l’Ani Maamin et dansé, convertissant un lieu de tragédie en symbole de renaissance spirituelle.

 

 

Un rassemblement historique sous le signe du deuil et de l’espoir

Le mardi 1er Adar 5786, des dizaines de Chlou’him représentant les communautés d’Australie et de Nouvelle-Zélande se sont rassemblés au Beth Habad de Bondi pour un Kinous Hachlouhim régional sans précédent. La rencontre revêtait une charge émotionnelle particulière : elle se tenait tout juste deux mois après le dévastateur attentat terroriste perpétré lors d’un événement de ‘Hanoucca à Bondi Beach, qui avait coûté la vie à quinze personnes, dont deux chers collègues et Chlou’him, le Rav Eli Schlanger Hy »d et le Rav Yaakov Levitan Hy »d.

Ce Kinous réalisait la vision que le Rav Schlanger avait nourrie tout au long de sa vie : unir ses frères Chlou’him dans une fraternité agissante. En son honneur, le programme s’articulait autour du thème « De la douleur au sens », illustrant la capacité à transformer un deuil profond en dévouement renouvelé pour la Chliahout.

Des ateliers au service d’une mission renforcée

Tout au long des deux jours de la convention, les participants se sont plongés dans des sessions intensives et des ateliers collaboratifs destinés à amplifier l’impact de leur Chliahout. Guidés par des animateurs tels que le Rav Chanoch Sufrin et le Rav Mena’hem Aron, les Chlou’him ont élaboré des plans concrets pour leurs communautés respectives et pris des engagements personnels pour enrichir leurs activités locales.

Des tables rondes ont abordé des domaines essentiels : le soutien émotionnel et la consolation, la programmation pour la jeunesse, ainsi que la gestion organisationnelle. Chaque participant est reparti avec des outils pratiques et une vision clarifiée de sa mission.

Sur le pont de Bondi : des larmes, des psaumes et une danse

Le moment le plus fort du Kinous fut sans conteste la Tahalouha vers Bondi Beach. Le grand groupe se dirigea solennellement vers le site de l’attentat, près du pont désormais marqué dans les mémoires, pour réciter des Tehilim à la mémoire des victimes et implorer le succès de tous les Chlou’him.

Il n’y eut ni discours ni explications — les Chlou’him se contentèrent de se tenir côte à côte, unis dans un silence chargé de sens. Ils entonnèrent d’abord le niggoun lent et mélancolique de Reb Michel Zlotchetver, puis un Ani Maamin empreint d’une ferveur bouleversante. La mélodie monta ensuite en puissance avec le niggoun de Roch ‘Hodech Kislev, et les Chlou’him se mirent à danser avec joie, renouvelant avec élan leur résolution de poursuivre la Chliahout du Rabbi avec une énergie et un bonheur redoublés.

Les participants firent également une halte au Centre de la Mitsva — le Beth Habad établi sur place après l’attentat à la mémoire des Chlou’him tombés — et nombreux furent ceux qui saisirent l’occasion de poser les Tefilines avec des passants et de leur offrir un mot d’encouragement.

Un banquet de gala porté par l’unité et la vision

Le Banquet de gala fut magistralement animé par le Rav Eli Feldman. Le Grand Rabbin de Sydney et Chalia’ principal, le Rav Pin’has Feldman OAM, prit la parole devant l’assemblée, suivi d’interventions marquantes du Rav Yossef Gutnick de Melbourne et du Rav Mendy Kotlarsky de Merkos 302. Le conférencier invité Larry Diamond, fondateur de Zip Co, apporta également sa contribution.

Ces orateurs et les sessions qui les accompagnaient se concentraient sur la Chliahout première et ultime des Chlou’him : préparer le monde à l’avènement du Machia’h à travers chacune de leurs activités individuelles.

Un tableau offert en hommage : un moment de grâce

L’un des moments les plus émouvants du Kinous survint lorsque le Rav Chanoch Sufrin remit un cadeau au Rav Ulman, visiblement touché aux larmes, au nom de l’ensemble des Chlou’him d’Australie, profondément reconnaissants envers lui pour des décennies de guidance et de soutien.

Le présent était un tableau représentant le Rav Ulman aux côtés de son regretté gendre, le Rav Eli Schlanger, œuvre de la célèbre artiste Mme Miriam Lang. Le Rav Ulman, submergé par l’émotion, étreignit le Rav Sufrin et exprima sa gratitude sincère aux Chlou’him pour leur soutien et leur courage en ces temps si difficiles.

Des remerciements et un retour fortifié

De chaleureux remerciements ont été adressés à tous ceux qui ont rendu ce Kinous indispensable possible, notamment le Rav Pin’has Feldman OAM, le Rav ‘Haïm Tsvi Groner, le Rav Yossef Gutnick, le Rav Mendy Kotlarsky, Merkos L’Inyonei ‘Hinnouh’ et le Beth Habad de Bondi.

Les Chlou’him sont rentrés dans leurs communautés fortifiés par un sentiment profond d’A’hdout — d’unité — et d’une détermination renouvelée, prêts à illuminer les ténèbres d’une lumière toujours plus vive et à poursuivre leur œuvre sacrée avec un Koah’ décuplé.

 

 

Le guide complet  des lois de Pourim – Cours No 1 –  Rav Yekutiel Farkash

Le guide complet des lois de Pourim – Cours No 1 – Rav Yekutiel Farkash

 

À l’approche de la fête de Pourim, le Rav Yékutiel Farkash livre un premier cours exhaustif sur les lois qui jalonnent cette période sacrée. De Chabbat Zakhor au jeûne d’Esther, en passant par la lecture de la Méguilah et les Michloa’h Manot, chaque détail halakhique est passé en revue avec rigueur et pédagogie. Ce cours, véritable vade-mecum du Pourim observant, s’adresse aussi bien aux hommes qu’aux femmes, avec une attention particulière portée aux situations particulières de la vie quotidienne.

 

I. Chabbat Zakhor (Le Chabbat précédant Pourim)

  • L’obligation de la Torah : Se souvenir d’Amalek une fois par an.
  • La lecture publique : Priorité à la lecture du Chabbat matin au Sefer Torah.
  • Rattrapage : Possibilité de s’acquitter de l’obligation lors de la lecture de la Torah le matin de Pourim (Vayavo Amalek).
  • Cas des femmes : Une « Mitzvah » plutôt qu’une obligation stricte selon la Halakha ; conseils pour l’organisation des lectures.
  • Absence de bénédiction : Pourquoi ne bénit-on pas sur cette Mitzvah ? (Le lien avec la destruction des impies).

II. Le Jeûne d’Esther (Ta’anit Esther)

  • Signification : Un jeûne de « mobilisation » et non de deuil.
  • Dispenses médicales : Cas des femmes enceintes, allaitantes (24 mois après l’accouchement) et des personnes malades.
  • Le comportement des personnes dispensées : Manger de façon simple pour rester solidaire de la communauté.
  • Lois de « confort » : Mariés lors de la semaine des Sheva Brakhot et règles sur le brossage des dents/bain de bouche.
  • La Ségoula du jour : L’utilisation du Psaume 22 et le moment propice (Et Ratson) pour les prières personnelles.

III. Le Demi-Sicle (Ma’hatsit HaShekel)

  • La pratique : Le don des trois pièces « demi ».
  • Bénéficiaires : Pour qui doit-on donner ? (Soi-même, épouse, enfants, fœtus).
  • Nature des fonds : L’interdiction d’utiliser l’argent du Maasser (dîme).
  • Destination : Pour les besoins de la synagogue ou les érudits nécessiteux.
  • Moment du don : Avant la prière de Min’ha du jour du jeûne.

IV. Préparatifs et Entrée dans la fête

  • Vêtements : Porter ses habits de Chabbat dès le soir de Pourim.
  • Pureté : L’importance de l’immersion au Mikvé pour les hommes.
  • Interdictions avant la Meguila : Ne pas manger de repas complet ni dormir avant d’avoir entendu la lecture.
  • Le « goûter » permis : Ce qu’il est possible de consommer après le jeûne mais avant la lecture.

V. La lecture de la Meguila

  • Horaires : De la tombée de la nuit jusqu’à l’aube (avec une préférence pour avant minuit).
  • Obligation féminine : Pourquoi les femmes sont-elles strictement tenues à cette écoute ?
  • Éducation des enfants : L’importance d’écouter chaque mot plutôt que de se concentrer uniquement sur le bruit au nom de Haman.
  • Bénédictions : Cas particuliers des lectures privées pour les femmes et coutumes spécifiques (dont celle du Rabbi).

 

I. Chabbat Zakhor (Le Chabbat précédant Pourim)

La fête de Pourim approche, et avec elle un ensemble de lois qu’il convient de maîtriser : Chabbat Zakhor, le demi-sicle (Ma’hatsit HaShekel), le jeûne d’Esther, les Michloa’h Manot, les dons aux pauvres et la lecture de la Méguilah. C’est tout un univers que deux cours ne sauraient épuiser, mais que l’on s’y emploiera avec l’aide de D.ieu.

Commençons par Chabbat Zakhor. Il existe une obligation de se souvenir d’Amalek, commandement explicitement inscrit dans la Torah : « Souviens-toi de ce que t’a fait Amalek. » Idéalement, ce souvenir doit s’accomplir selon la prescription de nos Sages, à savoir la lecture publique de la Torah.

Que se passe-t-il si quelqu’un ne peut assister à cet office ? L’obligation étant la lecture en public, il est possible de l’accomplir le jour de Pourim lui-même, en assistant à la lecture de la paracha « Vayavo Amalek » (Et Amalek vint), qui se conclut par l’injonction d’effacer le souvenir d’Amalek. Ainsi, l’homme ou la femme qui n’aura pu venir à Chabbat Zakhor pourra se rendre à la synagogue quelques minutes avant la lecture de la Méguilah pour entendre cette lecture et s’en acquitter. Celui qui maîtrise les accents de cantillation (Ta’amei HaMikra) aura tout intérêt à les mettre en valeur, tant leur importance est grande.

Concernant les femmes, de nombreux grands décisionnaires — Richonim et A’haronim — ont établi qu’elles ne sont pas tenues par cette obligation. Le Sefer HaHinoukh le précise explicitement. La décision halakhique suit cette voie : stricto sensu, elles ne sont pas obligées, mais il y a néanmoins une Mitsva à accomplir cette lecture. Ce n’est pas une obligation, mais un acte méritoire. C’est pourquoi l’on voit les femmes juives se presser à la synagogue le matin de Chabbat Zakhor, s’arrangeant du mieux possible avec leurs maris et leurs enfants.

Que faire lorsque cela n’est pas envisageable ? Peut-on organiser un Minian et sortir un Sefer Torah spécialement pour une lecture destinée aux femmes ? Il est en principe interdit de sortir un Sefer Torah sans obligation formelle de lecture. Certains décisionnaires l’admettent toutefois, en s’appuyant sur les opinions qui reconnaissent aux femmes une certaine obligation.

La solution la plus sage, de l’avis du Rav, consiste à organiser la lecture pour les femmes et les enfants à la suite de l’office de Min’ha. Si l’on ne peut les réunir le matin, on organisera un Minian pour Min’ha Guedola à 13h00. Puisque le Sefer Torah est de toute façon sorti pour la lecture obligatoire de Min’ha, on roulera le parchemin jusqu’à la section « Zakhor » et on la lira pour elles après les trois montées réglementaires. C’est la voie la plus droite pour dissiper tout doute.

Pourquoi ne prononce-t-on pas de bénédiction sur cette Mitsva ? Si c’est un commandement de la Torah, ne devrait-on pas dire « Acher kidéchanou… al mikra Zakhor » ? Les décisionnaires expliquent que cette Mitsva est associée à l’anéantissement d’êtres humains. Or, même s’il s’agit de méchants, le Saint Béni soit-Il ne Se réjouit pas de leur perte — comme lors de la traversée de la Mer Rouge, où les anges furent empêchés de chanter. Ce n’est donc pas un moment de louange et d’exaltation, et par extension, on ne prononce pas de bénédiction.

II. Le Jeûne d’Esther (Ta’anit Esther)

Venons-en au jeûne d’Esther. Pourquoi jeûnons-nous ? Maïmonide enseigne que ce n’est pas le jeûne de trois jours qu’Esther avait accompli (celui mentionné dans la Méguilah, qui eut lieu à Pessa’h). Ce jeûne est institué parce que, selon la Halakha, lorsque l’on part en guerre, on se prépare par le jeûne — à l’image de Moïse lors de la bataille contre Amalek. Cependant, ceux qui combattent physiquement ne doivent pas jeûner, afin de conserver leurs forces. Ce sont donc les non-combattants qui jeûnent. Dans le cadre de l’histoire de Pourim, Esther, qui demeura au palais, jeûna pour ceux qui se battaient. Cette interprétation du Rabbi explique de façon lumineuse pourquoi ce jeûne porte le nom de « jeûne d’Esther ».

Qui en est dispensé ? Une femme enceinte ou allaitante — soit jusqu’à vingt-quatre mois après l’accouchement, même en l’absence d’allaitement effectif — n’est pas tenue de jeûner. Il en va de même pour tout malade, même sans danger vital. Toutefois, le Echel Avraham de Boutchatch apporte une précision importante : bien qu’elles ne soient pas obligées de jeûner, il convient que ces femmes ne se livrent pas à des agapes. Elles doivent réduire quelque peu leur consommation, en qualité ou en quantité, pour s’associer à la peine de la communauté. Une alimentation simple — salade, omelette — plutôt que viande et mets délicats.

Pour les jeunes mariés encore dans les sept jours de festin (Cheva Brakhot), la question se pose de savoir s’ils doivent jeûner. La Michna Beroura tend à l’indulgence, et compte tenu de la faiblesse de notre génération, on suit l’avis qu’ils ne jeûnent pas.

Concernant le rinçage de la bouche : le Choul’han Aroukh indique qu’on ne se rince pas la bouche pendant un jeûne, par crainte d’avaler de l’eau. Or, de nos jours, les gens sont habitués à se brosser les dents quotidiennement et souffrent de ne pas le faire. Il est donc permis de se rincer la bouche, à condition de pencher la tête en avant pour s’assurer de ne rien avaler. L’utilisation de bain de bouche ou de dentifrice rend cette permission encore plus évidente, car l’eau mélangée à ces produits n’est plus potable en aucune façon. L’essentiel demeure de ne rien avaler.

La Ségoula du Kav HaYashar mérite d’être mentionnée : cet ouvrage de moussar et de kabbala très estimé (chapitre 99) enseigne que le jour du jeûne d’Esther est un moment d’une grâce particulière (Et Ratson) pour que les prières soient exaucées. Il conseille de réciter le Psaume 22 (Lamnatséa’h al Ayélet HaSha’har), qui fait allusion à Esther, puis d’épancher son cœur devant D.ieu en demandant ce dont on a besoin — santé, enfants, subsistance — en invoquant le mérite de Mardochée et d’Esther. C’est un jour d’amour et de volonté divine.

III. Le Demi-Sicle (Ma’hatsit HaShekel)

L’usage consiste à donner trois pièces dont la valeur faciale représente « la moitié » — un demi-shekel en Israël, un demi-dollar aux États-Unis. Le chef de famille donne pour lui-même, mais il est d’usage de donner également pour sa femme et ses jeunes enfants. Certains ont même la coutume de donner pour un fœtus (oubar), car le verset dit « tout ce qui passe (over) par le dénombrement », allusion au fœtus à naître.

Certains zélés (Méhadrin) souhaitent donner la valeur réelle d’un demi-sicle en argent (environ neuf à dix grammes d’argent pur). C’est une pratique louable, mais la coutume répandue est de se contenter des trois pièces de monnaie locale.

D’où doit provenir cet argent ? On ne saurait utiliser l’argent du Maasséur (la dîme) pour cette obligation, car il s’agit d’une obligation personnelle (‘Hovat Gavra). On ne s’acquitte pas de ses dettes avec l’argent de la charité.

À qui remettre cette somme ? Aux besoins de la synagogue ou à des érudits en Torah dans le besoin. Quant au moment, à Jérusalem et selon la coutume Habad, on le donne le jour du jeûne d’Esther avant Min’ha. D’autres le donnent le soir de Pourim avant la lecture de la Méguilah.

IV. Préparatifs et Entrée dans la fête

Doit-on porter des vêtements de Chabbat le soir de Pourim ? Oui. Le Kav HaYashar mentionne qu’en Pologne, la coutume était de revêtir des habits de fête pour se rendre à la synagogue ce soir-là. Bien que cela soit évoqué comme une « coutume de Rabbanim », la grande majorité des gens s’habille aujourd’hui en vêtements de Chabbat.

Il est également très important pour les hommes de s’immerger au Mikvé, même ceux qui n’y vont pas quotidiennement. Il convient de se purifier pour accueillir la sainteté du jour. Certains le font avant le jeûne, d’autres — à l’instar du Arizal — avant la Méguilah, et beaucoup le matin de Pourim.

Dès le coucher du soleil, il est interdit de prendre un vrai repas ou de s’endormir avant d’avoir entendu la Méguilah. Quelqu’un qui a très faim ou se sent faible peut goûter quelque chose après la sortie des étoiles — jamais avant. « Goûter » signifie : fruits, légumes, viande sans restriction de quantité, ou du pain et des gâteaux en quantité inférieure à un œuf (Kambetsa).

Les femmes qui attendent à la maison que leur mari revienne de la synagogue pour leur lire la Méguilah peuvent manger ce « goûter » permis après la sortie des étoiles. Si elles sont épuisées et souhaitent somnoler en attendant, cela est permis à condition de demander à quelqu’un de les réveiller (un chomer).

V. La lecture de la Meguila

La lecture peut avoir lieu tout au long de la nuit. Idéalement, il ne faut pas dépasser minuit (Hatsot), mais en cas de force majeure, on peut lire jusqu’à l’aube (Alot HaSha’har).

Bien qu’il soit écrit qu’il faut rassembler sa famille à la synagogue (« Bérov Am Hadrat Mélekh »), de nombreuses familles organisent aujourd’hui des lectures à domicile pour les femmes, en raison des contraintes logistiques.

Si quelqu’un arrive tard et que la lecture de la Méguilah débute alors qu’il n’a pas encore prié Maariv : selon la Kabbale, la prière a la priorité. Mais s’il risque de manquer la lecture publique (Betsibour), il vaut mieux écouter la Méguilah avec l’assemblée et prier ensuite, à condition d’être certain de pouvoir le faire.

Les femmes sont obligées d’entendre la Méguilah au même titre que les hommes, car « elles aussi ont bénéficié du miracle » — et ce miracle s’est d’ailleurs accompli par l’intermédiaire d’une femme, Esther elle-même. Sont-elles tenues de l’entendre en présence d’un Minian ? Le débat existe, mais la conclusion — citant le Rav Chelomo Zalman Auerbach — est qu’une femme n’est pas strictement obligée de chercher un Minian. Si elle le peut, c’est préférable ; sinon, une lecture individuelle à domicile est parfaitement valable.

Sur l’éducation des enfants, le Rav insiste chaque année : il faut apprendre aux enfants à écouter réellement la Méguilah, et pas seulement à être présents pour faire du bruit avec leurs gragers lorsque le nom de Haman est prononcé. Ils doivent entendre chaque mot. S’ils en ratent un à cause du brouhaha, ils ne sont pas quittes de leur obligation.

Concernant les bénédictions pour les femmes : qu’une femme lise pour elle-même ou qu’un homme lise pour elle, elle peut réciter les bénédictions. Le Rabbi avait une belle coutume : il récitait les bénédictions à voix basse en même temps que l’officiant. Quant à la bénédiction finale (Harav et rivénou), la coutume Habad — et celle du Rabbi précédent — est de la réciter même en l’absence de Minian.

Que D.ieu nous accorde de célébrer ce Pourim dans la joie et la sainteté, et que le Ma’hia’h vienne bientôt nous délivrer et nous enseigner la Torah en plénitude. Amen.

 

 

 

Le plus grand Chabbaton de l’histoire du CTeen : 4 600 adolescents issus de 486 villes du monde entier convergent vers Crown Heights

Le plus grand Chabbaton de l’histoire du CTeen : 4 600 adolescents issus de 486 villes du monde entier convergent vers Crown Heights

 

Ce week-end, 4 600 jeunes issus de 486 villes du monde entier débarquent à Crown Heights pour le 18e Chabbaton annuel du CTeen — le plus grand rassemblement de jeunes Juifs sur la planète, et le plus important de toute l’histoire de l’événement. De Perth à Hong Kong, en passant par chaque continent, une génération entière redécouvre la fierté juive. Un rendez-vous historique qui témoigne d’un renouveau profond et vibrant au sein de la jeunesse juive mondiale.

 

 

 

 

Un voyage de 18 000 kilomètres pour un Chabbat inoubliable

Noam, un jeune Juif de Perth, en Australie, s’est embarqué cette semaine dans un périple de trente heures, parcourant 18 700 kilomètres pour rejoindre New York. Il sera l’adolescent venu de la plus grande distance pour participer au Chabbaton International du CTeen. Noam sera l’un des 4 600 jeunes en provenance de 486 villes qui envahiront Crown Heights pour le 18e Chabbaton annuel — le plus grand rassemblement de jeunes Juifs dans le monde, et le plus ambitieux de toute l’histoire de l’événement.

«Cette année, nous connaissons une croissance sans précédent», a déclaré le Rav Mendy Kotlarsky, directeur exécutif de Merkos 302 et président du CTeen International. «Cela reflète ce qui se passe dans les communautés à travers le monde. Les jeunes cherchent à vivre leur judaïsme, et c’est au CTeen qu’ils le trouvent.»

Noam, ambassadeur d’une génération engagée

Noam incarne parfaitement cet élan. Après sa Bar-Mitsva, il a continué à fréquenter assidûment le Beth Habad de Perth, aidant de jeunes garçons à se préparer pour leur propre Bar-Mitsva. Prochainement, il assumera un rôle de leader pour encourager d’autres adolescents à rejoindre le CTeen.

«Noam s’est impliqué au Beth Habad et n’a jamais cessé de venir», explique le Rav Chalom White, qui dirige le Beth Habad de Perth et son chapitre CTeen, avec son épouse Oda. «Quand il a entendu parler du Chabbaton, il a voulu en faire partie. Il ouvre la voie, montrant à d’autres jeunes de Perth que ce voyage est possible.»

De Hong Kong, une conversion par l’enthousiasme

À l’autre bout du monde, la croissance du CTeen a suivi un chemin différent, mais tout aussi saisissant. L’an dernier, le Rav Mendy Rabinowitz avait tenté d’emmener pour la première fois son chapitre CTeen de Hong Kong au Chabbaton. «J’ai reçu le plus grand « bof » possible», confie-t-il. «Ils me regardaient comme si je venais d’une autre planète. New York ne les intéressait pas.»

Il faillit abandonner. Deux jours avant la clôture des inscriptions, deux parents prirent l’initiative de convaincre leurs enfants de s’inscrire. «Ils ont vécu la meilleure expérience de leur vie», raconte le Rav Rabinowitz. «Ce n’était pas New York qui était magique. C’était la puissance du Chabbat et du programme. C’est ce qui les a conquis.» Deux adolescents observèrent le Chabbat pour la toute première fois.

La preuve du succès ne tarda pas. À leur retour à Hong Kong, tout le lycée ne parlait que du Chabbaton. Cette année, le Rav Rabinowitz emmène seize jeunes — dont des filles pour la première fois.

Un programme XXL sur quatre jours

Le Chabbaton de quatre jours se déroule ce week-end, du Beth au Hey Adar, et s’étend à travers Crown Heights, Times Square, et — pour la première fois — le Nassau Coliseum à Long Island. L’événement de clôture «Live the Life», dimanche, devrait réunir 8 000 participants. Il mettra en scène Nissim Black, quatre otages libérés, et une délégation de jeunes de Bondi Beach.

Le Bedford Armory de Crown Heights a été réquisitionné pour accueillir le nombre croissant de filles participant à l’événement. Vendredi soir, 2 000 jeunes filles partageront ensemble le plus grand dîner de Chabbat exclusivement féminin de l’histoire du CTeen.

Bien plus qu’un rassemblement : une transformation

«Ce sera le plus grand Chabbaton que nous ayons jamais organisé», déclare le Rav Chimon Rivkin, directeur du CTeen International. «Mais l’affluence ne raconte qu’une partie de l’histoire. Ce qui compte vraiment, c’est ce que ces jeunes ramènent chez eux. De Perth à Hong Kong, en passant par les écoles où ils sont le seul Juif de leur classe, ils rentrent inspirés, prêts à faire rayonner leur fierté juive dans leur vie quotidienne.»

La coordination sécuritaire avec la police de New York (NYPD) a été minutieuse, avec de nombreuses réunions préparatoires tenues en amont du week-end.

Sur les six continents, les valises sont bouclées et les vols réservés. D’ici jeudi soir, 4 600 adolescents envahiront les rues de Crown Heights pour un Chabbat qui marquera leur vie à jamais.

Avraham Fried en visite émouvante à l’orphelinat juif de Moscou

Avraham Fried en visite émouvante à l’orphelinat juif de Moscou

 

Dès son arrivée à Moscou, à l’occasion du Siyoum Harambam historique réunissant des milliers de participants, le célèbre chanteur hassidique Avraham Fried a exprimé le souhait ardent de se rendre à l’orphelinat juif de la capitale russe. Son objectif : encourager les enfants, leur redonner le sourire et leur offrir un moment de joie inoubliable.

 

Levi Nazarov

 

Une matinée sous le signe de l’émotion

Le matin du jour de son concert, accompagné de ses musiciens, Avraham Fried s’est rendu sur le vaste campus de l’orphelinat « Beth ‘Haya » de Moscou, surnommé « le Pensionnat », placé sous la direction du Rav et émissaire en chef de Habad, Berel Lazar, et géré avec un dévouement remarquable par le Rav Mena’hem Gol et son épouse. L’objectif de cette première étape était de participer à une prière de Cha’harit particulière et chaleureuse. L’orphelinat, qui fonctionne dans le cadre de la « Fédération des communautés juives – FJC », a été construit grâce au don de la fondation « Keshett » et connaît un essor constant.

Un récit poignant sur la mission de l’orphelinat

Immédiatement après la prière, la délégation a eu droit à une présentation historique détaillée et profondément émouvante des différentes étapes de la création et du fonctionnement de cette institution qui sauve littéralement des vies. Des exemples concrets et des témoignages illustrant les parcours de vie des enfants qui ont grandi et ont été éduqués au sein de cet orphelinat, par le passé comme aujourd’hui, ont été partagés avec une intensité remarquable.

Un artiste saisi par l’ampleur de l’investissement

C’est au cours de la visite du complexe que le chanteur légendaire a été véritablement subjugué par le niveau d’investissement consacré aux enfants, un investissement sans la moindre concession, offrant des conditions de vie exceptionnellement confortables à ceux dont le destin, hélas, n’a pas été clément. De la piscine de rééducation au Mikvé chaud, en passant par les chambres des enfants, les couloirs joliment décorés, les salles de jeux et la salle de sport — où Avraham Fried, le chef d’orchestre de renommée internationale Rav Youval Stoupel et le pianiste virtuose Rav A’hia Cohen ont d’ailleurs démontré d’excellentes aptitudes au basketball — jusqu’à la salle à manger qui n’avait rien à envier à un restaurant, chaque détail témoignait d’une attention exceptionnelle.

Un concert improvisé et des sourires à profusion

Mais le moment le plus marquant fut sans conteste la rencontre directe et bouleversante avec les enfants eux-mêmes, qui s’est rapidement transformée en un véritable concert spontané. « Quels chants connaissez-vous ? » a demandé Avraham Fried aux enfants tout enthousiastes, avant d’entonner avec eux une sélection de ses plus grands succès : du nostalgique « Chalom Aleikhem » à « Yibané Beth Hamikdach », en passant par « Abba-Abba » et bien d’autres encore.

Par la suite, à la demande des enfants — mais avec une spontanéité totale de la part du chanteur —, chacun d’entre eux a eu droit à une photo personnelle accompagnée de mots chaleureux et encourageants. Avraham Fried a tenu à s’assurer qu’aucun enfant ne reste en retrait sans un sourire et un compliment, malgré l’heure qui avançait.

Près de quatre-vingts enfants accueillis et protégés

L’orphelinat accueille cette année près de quatre-vingts enfants juifs venus de l’ensemble des communautés juives de Russie et des pays voisins. Parmi eux se trouvent des orphelins de père et de mère, des enfants issus de familles éclatées ou en grande difficulté, ainsi que des enfants confrontés à des situations médicales et psychologiques complexes. Sans cet orphelinat, nombre d’entre eux sombreraient dans des situations mettant leur vie en danger ou basculeraient dans la délinquance, totalement coupés de leur identité juive.

 

 

Retour sur l’ouverture de la classe Incubateur de la Yechiva Tiferet Bahourim

Retour sur l’ouverture de la classe Incubateur de la Yechiva Tiferet Bahourim

 

Quelques mois après l’ouverture de la classe Incubateur en septembre 2025, la Yechiva Tiferet Bahourim, située à Sarcelles Village (France), dresse aujourd’hui un premier bilan très encourageant. Cette initiative a déjà permis à une dizaine d’élèves d’intégrer un cadre d’étude et de formation innovant, alliant Torah et professionnalisation.

 

 

Chaque matin, les élèves suivent un programme structuré et équilibré. La journée débute par un cours et une étude en binôme de Hassidout, suivis de la Téfila. Après le petit-déjeuner, un cours interactif de Guemara et de Halakha est dispensé, abordant des sujets variés en lien avec la vie quotidienne.

Les élèves évoluent dans un environnement verdoyant, calme et accueillant, propice à l’épanouissement personnel et spirituel. L’étude de la Torah y occupe une place centrale, tout en étant adaptée aux besoins et au rythme de chacun.

Les après-midis sont consacrés à la formation professionnelle. Accompagnés par des formateurs spécialisés, les élèves se forment au marketing digital, avec pour objectif l’obtention d’un diplôme en fin d’année. Dès à présent, ils ont acquis des connaissances solides dans plusieurs domaines du digital, leur offrant des perspectives concrètes pour leur avenir professionnel.

La structure est un centre reconnu par l’État et fonctionne selon un modèle d’alternance, combinant études, formation et accompagnement individualisé.

Les élèves bénéficient également de services sur place : le petit-déjeuner et le repas de midi sont fournis, et un dortoir a été aménagé afin d’accueillir les élèves en internat.

L’encadrement est assuré par le Rav Mendel Bitton, le Rav Mendy Bensoussan, le Rav Lévi Kalifa, Reb Moché Pikctanitsos et Dan Benais, ainsi que par les Talmidim Hachlouhim, engagés au quotidien auprès des élèves.
Pour de nombreux parents et élèves, la Yechiva Tiferet Bahourim représente bien plus qu’un lieu d’étude : elle a permis à plusieurs jeunes de retrouver un cadre structurant, un sens à leur parcours et une motivation nouvelle.

Forte de ce premier succès, la Yechiva annonce l’ouverture d’une nouvelle classe de développement NO-CODE à partir de mi-février, confirmant ainsi sa volonté de répondre aux besoins actuels des élèves, tant sur le plan spirituel que professionnel.

Animés d’espoir et de confiance, nous souhaitons que cette humble structure soit « la bonne action » qui fera pencher la balance du côté du bien et amènera la délivrance avec Machia’h Tsidkenou. Amen.

Pour information & inscription, merci de contacter: Dan Benais au :  06 95 91 09 64

 

 

L’odyssée du Rav Shlomo Zarchi, soixante ans au cœur du 770

L’odyssée du Rav Shlomo Zarchi, soixante ans au cœur du 770

 

Dans un entretien captivant accordé au podcast « Among Chassidim », Reb Shlomo Zarchi livre le récit poignant de sa vie, depuis les souterrains de la résistance juive en Union soviétique jusqu’aux bancs du 770, où il enseigne la ‘Hassidout depuis plus de six décennies. Son témoignage est celui d’un homme forgé dans l’adversité, façonné par la proximité du Rabbi et animé d’une mission reçue comme une bénédiction : transmettre la flamme de la ‘Hassidout avec clarté et profondeur. À travers ses souvenirs, c’est toute la vitalité du septième génération qui reprend vie, dans un dialogue vibrant entre passé et présent.

 

 

 

Des racines taillées dans le roc de la foi soviétique

L’histoire de Reb Shlomo Zarchi ne commence pas à Brooklyn, mais dans la grisaille oppressante de la Russie communiste, là où la fidélité à la Torah se payait au prix du sang. Sa famille était taillée dans le roc de la foi. Son père, homme discret mais d’une immense stature spirituelle, étudiait dans des Yechivot clandestines et naviguait dans un monde où chaque page de Guemara tournée en secret constituait un acte de rébellion passible de mort ou d’exil en Sibérie. Sa mère était issue d’une famille de ‘Hassidim prêts au sacrifice absolu, au Messirout Nefech le plus total.

Dans ce climat de terreur, le père de Shlomo posa un acte de dévouement qui allait marquer le destin de la famille et celui de l’histoire ‘hassidique tout entière. Alors que le père du Rabbi, le célèbre kabbaliste Rav Lévi Its’hak Schneerson, se trouvait en exil au Kazakhstan dans des conditions inhumaines, le père de Shlomo organisa secrètement l’envoi de colis de nourriture. C’était une opération périlleuse, dont il ne dit mot à personne pendant des décennies. Des années plus tard, en lisant les mémoires de la Rabbanite ‘Hanna, mère du Rabbi, la famille découvrit avec une émotion indicible que ces colis anonymes, décrits comme « deux paquets reçus d’un ami », avaient littéralement permis à Rav Lévi Its’hak de survivre et de célébrer les fêtes juives dans son désert d’exil.

L’exode et la matriarche du train

La fuite de Russie vers la liberté fut une épopée en soi, mais pour le jeune Shlomo, elle fut marquée par une rencontre intime et extraordinaire. Dans le train qui emportait la famille Zarchi loin de l’enfer soviétique, à travers l’Allemagne puis vers la France, ils voyageaient aux côtés de la Rabbanite ‘Hanna, la mère du Rabbi.

Pour le petit garçon qu’il était alors, elle n’était pas encore la figure historique vénérée par des milliers de ‘Hassidim, mais une présence bienveillante et protectrice, une sorte de grand-mère attentive. Il se souvient avec une clarté touchante de sa sollicitude maternelle. Lors d’une escale dans un camp de personnes déplacées en Allemagne, l’enfant avala accidentellement un clou, provoquant une vive panique. Cet incident anodin en apparence créa un lien indéfectible. Des années plus tard, à New York, la Rabbanite lui demandait encore avec tendresse : « Shlomo, comment va ton estomac ? » Ce lien tissé dans l’adversité de l’exode ne se rompit jamais. « La Rabbanite savait toujours comment faire sentir à chaque personne qu’elle comptait », se souvient-il avec émotion.

À Paris, il fut témoin de l’instant poignant où la mère retrouva son fils, le futur Rabbi, après des années de séparation forcée. Il vit leurs regards se croiser, un moment d’une intensité silencieuse où l’âme d’une mère et celle d’un fils se reconnectaient par-delà les souffrances de l’histoire.

L’arrivée au 770 : un nouveau monde s’ouvre

Arrivé en Amérique à l’âge de quatre ans, le jeune Shlomo découvrit un nouveau monde. La famille s’installa d’abord à Brownsville avant de rejoindre Crown Heights. La pauvreté était matérielle, mais la richesse spirituelle, immense. « Pauvres en biens, riches en esprit », résume-t-il sobrement. Le 770, quartier général du mouvement Loubavitch, devint sa deuxième maison, son terrain de jeu sacré et son sanctuaire.

À cette époque, la communauté était petite, intime. Il n’y avait pas encore les foules immenses des décennies suivantes. Shlomo, avec une poignée d’autres enfants, jouissait d’un accès privilégié au Rabbi et à son univers. Il se souvient du « petit Zal », de l’atmosphère électrique qui y régnait, du sacré qui se mêlait à la chaleur humaine avec une intensité rare.

« Même enfant, je ressentais la force de l’attachement du Rabbi envers chaque individu », raconte-t-il. Lors des Farbrenguen, il se glissait sous les tables ou se cachait derrière la Bima pour observer le Rabbi, restant debout des heures durant, fasciné. Il décrit ces regards du Rabbi, cette capacité unique à voir chaque individu même au milieu d’une foule dense. Il évoque aussi un moment où le Rabbi l’interpella directement au cours d’un rassemblement, le rappelant à l’ordre parce qu’il était « trop timide » pour se présenter ou prendre la parole.

Reb Shlomo se souvient également de la directive du Rabbi, jugée « radicale » à l’époque, selon laquelle les enfants devaient se consacrer exclusivement à l’étude de la Torah, sans aucune étude profane, au moins jusqu’à l’âge de neuf ans.

La symphonie des âmes : quand le Rabbi enseignait par le chant

Le Rabbi ne se contentait pas de parler ; il enseignait par le chant. Rav Zarchi raconte avec émotion les soirs où le Rabbi apprenait de nouvelles mélodies aux ‘Hassidim. Il évoque le Nigoun de Chamil, cette mélodie mélancolique et puissante qui raconte l’histoire d’un chef rebelle emprisonné, rêvant de sa liberté passée.

Il décrit le visage du Rabbi pendant ce chant : grave, transcendé, les larmes coulant parfois librement sur ses joues. Le Rabbi expliquait que ce chant est la parabole de l’âme juive, descendue du ciel pour être « emprisonnée » dans un corps matériel, et qui pleure de nostalgie pour sa source divine. Pour le jeune Shlomo, voir le Rabbi pleurer en chantant Chamil fut une leçon de théologie plus puissante que mille livres.

À l’opposé de cette mélancolie sacrée, il y avait l’extase de la Marche de Napoléon. Zarchi se rappelle la folie joyeuse de ces moments, où l’énergie spirituelle était si dense qu’elle semblait soulever le toit du 770. Il a vu le Rabbi, dans un élan de joie suprême, monter sur une chaise pour encourager les chants, animé d’une vigueur qui défiait les lois de la physique et l’inquiétude de ses disciples.

Le choc de Chemini Atséret 5738 : quand le temps s’est arrêté

Le récit de Rav Zarchi prend une tournure dramatique lorsqu’il aborde la nuit fatidique de Chemini Atséret 5738 (1977). Au milieu des Hakafot, la danse joyeuse avec les Sifrei Torah, le temps s’est brutalement arrêté.

Zarchi était là, à quelques pas seulement. Il a vu le visage du Rabbi changer, devenir d’une pâleur terrifiante, « blanc comme un fantôme ». C’était une crise cardiaque massive. La confusion gagna la salle en un instant, la joie se mua en effroi. Pourtant, le Rabbi, dans un acte de volonté surhumaine, refusa d’interrompre la cérémonie. Il insista pour terminer les tours de danse, malgré la douleur évidente qui le transperçait.

Le chaos qui suivit reste gravé dans sa mémoire : les médecins qui accourent, le refus catégorique du Rabbi d’être évacué vers un hôpital, et la transformation improvisée de son bureau au 770 en une unité de soins intensifs de fortune. Les ‘Hassidim vidèrent la synagogue, brisant les fenêtres pour faire entrer de l’air frais. Ce moment de vulnérabilité physique du Rabbi, paradoxalement, révéla sa force spirituelle inébranlable aux yeux de tous ceux qui étaient présents.

La mission d’une vie : « J’ai reçu une Brakha pour enseigner la ‘Hassidout avec clarté »

Mais le cœur du témoignage de Rav Zarchi, et ce qui donne son titre à l’épisode du podcast, réside dans sa propre transformation intérieure. Il ne voulait pas seulement être un spectateur de l’histoire ; il brûlait d’en devenir un acteur.

Jeune homme, il ressentit un besoin ardent de comprendre et de transmettre. Il ne voulait pas simplement répéter les mots de la ‘Hassidout ; il voulait les rendre clairs, vivants, lumineux. Il demanda alors au Rabbi une Brakha spécifique : la capacité de « ‘Hazer ‘Hassidout », c’est-à-dire de répéter et d’enseigner la philosophie ‘hassidique avec une clarté limpide.

Le Rabbi lui accorda cette bénédiction, et elle devint la boussole de toute son existence. Depuis plus de soixante ans, Rav Zarchi a consacré sa vie à l’enseignement au 770, en tant que Machpia. Il a développé une pédagogie unique, fondée sur une conviction profonde : la ‘Hassidout n’est pas un simple exercice intellectuel, mais une voie qui doit « pénétrer la tête et le cœur ». Il insiste sur le fait que l’âge critique pour former un jeune homme se situe entre quatorze et seize ans. C’est là, affirme-t-il, que l’esprit est le plus malléable, que le cœur est le plus ouvert à la flamme. Il regrette parfois que l’on néglige cette tranche d’âge, convaincu que c’est à ce moment précis qu’il faut placer les meilleurs enseignants, les meilleurs Machpiim, pour allumer l’étincelle qui ne s’éteindra plus.

Il a également abordé la question essentielle de la connexion au Rabbi pour ceux qui ne l’ont jamais vu de leur vivant, expliquant comment maintenir un lien vivant à travers l’étude de ses enseignements et l’engagement dans sa mission.

Une vie de fidélité absolue

Aujourd’hui, Rav Shlomo Zarchi est une légende vivante au 770. Son récit est celui d’une fidélité sans faille. Fidélité à la mémoire de son père, qui nourrissait en secret le père du Rabbi dans les steppes du Kazakhstan. Fidélité à la Rabbanite ‘Hanna, qui soignait ses bobos d’enfant avec une tendresse de grand-mère. Et surtout, fidélité au Rabbi, qui lui confia la force et la mission de devenir la voix de la ‘Hassidout pour des milliers de Talmidim.

À travers ses souvenirs, ce n’est pas de la nostalgie que l’on ressent, mais une urgence vibrante. L’urgence de ne pas oublier, l’urgence de continuer à étudier, et l’urgence de maintenir vivante cette connexion électrique qu’il ressentit, enfant, caché sous une table du 770, en écoutant le Rabbi chanter l’âme du monde. Son histoire nous rappelle que la ‘Hassidout n’est pas une théorie intellectuelle enfermée dans des livres, mais une expérience vécue, transmise de cœur à cœur, d’une génération à l’autre, sans interruption.

Cet entretien fait partie du podcast « Among Chassidim », produit par le magazine « A ‘Hassidisher Derher » et animé par le Rav Yossi Kamman, directeur de la publication. Le podcast capture la vitalité et l’effervescence du septième génération à travers des conversations profondes, authentiques et sans filtre.

«La retraite n’existe pas !» : quand le Rabbi refusait catégoriquement que l’on raccroche

«La retraite n’existe pas !» : quand le Rabbi refusait catégoriquement que l’on raccroche

 

Le Rabbi de Loubavitch n’a jamais accepté l’idée de la retraite, ni pour lui-même, ni pour quiconque. À travers plusieurs rencontres marquantes avec des Rabbanim et des personnalités communautaires, il a démontré avec force que chaque Juif est un soldat dans l’armée de Hachem, du premier souffle jusqu’au dernier. Voici des récits saisissants qui illustrent cette conviction inébranlable.

 

 

C’était dans les mois précédant le 11 Nissan 5732 (1972), date à laquelle le Rabbi allait célébrer son soixante-dixième anniversaire. Le Rabbi commença à recevoir des lettres de personnes bien intentionnées lui suggérant qu’il devrait peut-être envisager de ralentir ses activités.

Cette opinion n’était pas dénuée de fondement. Aux États-Unis, comme dans d’autres pays, l’âge habituel de la retraite est de 65 ans, et il ne cesse de baisser. Il n’est pas rare d’entendre parler de personnes prenant leur retraite dès la cinquantaine.

Lors du Farbrenguen du 11 Nissan, le Rabbi répondit à ces préoccupations :

« On m’a demandé : « Maintenant que vous avez atteint l’âge de 70 ans, quels sont vos projets ? Il semblerait que ce soit le moment opportun de vous reposer un peu… » Ma réponse est que nous devons commencer à accomplir encore davantage.

À l’occasion de l’entrée dans la septième décennie, nous devrions cette année fonder au moins 70 nouvelles institutions ! Je serai partenaire de tous ceux qui entreprendront ces projets. Nous couvrirons au moins 10 % des dépenses liées à la création de ces 70 institutions. Et ne vous inquiétez pas si, au cours de cette année, nous en lançons non pas 70, mais 80, voire 100. Bien au contraire, que les bénédictions se déversent sur tous ceux qui y participeront. Il n’y aura assurément aucun obstacle en ce qui concerne les 10 pour cent… »

Cette réponse semble évidente. Après tout, le Rabbi est responsable de l’ensemble du Klal Israël, et la retraite est assurément hors de question pour lui.

Mais qu’en est-il d’un homme d’affaires ou d’un Rav dans une petite ville ? La retraite n’est-elle vraiment pas une option ? Après des décennies de labeur acharné, ne méritent-ils pas de se reposer et de profiter du fruit de leur travail ?

Quand vous aurez mon âge

Le Rav Moché Rosen était le Grand Rabbin de Roumanie depuis 5708 (1947). Les années qui suivirent sous Staline furent extrêmement difficiles, et même après la mort de Staline en 5713 (1953), être le Grand Rabbin d’un pays communiste demeurait une fonction périlleuse.

En 5742 (1982), il n’en pouvait plus. Il avait déjà 70 ans et estimait que le moment était venu de prendre sa retraite et de s’installer en Erets Israël.

Il aborda le sujet avec le Rabbi lors d’une Ye’hidout.

Le Rabbi lui dit qu’il était surpris d’apprendre son projet de quitter la Roumanie. Il cita l’exemple de Rabbanim aux États-Unis qui avaient eux aussi voulu émigrer en Erets Israël mais avaient finalement décidé de rester pour diriger leurs communautés.

Pour souligner ce point, le Rabbi lui raconta que lorsque les journaux avaient rapporté qu’il s’apprêtait à quitter la Roumanie, un Rav de Caroline du Sud lui avait écrit pour l’informer qu’il envisageait lui aussi de prendre sa retraite.

Le Rav Rosen demanda au Rabbi : « Quand pourrai-je enfin me reposer auprès de ma famille ? »

Le Rabbi répondit : « Quand vous aurez mon âge, nous pourrons en discuter. »

Le Rabbi avait alors 80 ans. Dix ans plus tard, lorsque le Rav Rosen eut atteint l’âge qu’avait le Rabbi dix ans auparavant, il revint le voir pour reprendre la discussion.

Cette Ye’hidout eut lieu le 10 Kislev 5752 (1991), et ce fut la dernière Ye’hidout que le Rabbi accorda à ce jour.

À l’issue de cette Ye’hidout, le Rav Rosen, âgé de 80 ans, retourna en Roumanie et servit sa communauté jusqu’à son dernier souffle.

Je suis plus âgé que vous

Le Rav Dovid Hollander débuta sa carrière rabbinique en 5703 (1943). Quarante ans plus tard, alors qu’il approchait des 70 ans, sa congrégation s’était réduite et sa synagogue était sur le point de fermer.

Cette année-là, il se rendit auprès du Rabbi pour recevoir le Le’kah la veille de Yom Kippour.

En lui remettant le Le’kah, le Rabbi lui dit : « Je vous donne une Brakha en tant que Rav et en tant que simple citoyen. »

En entendant les mots « simple citoyen », il fut enthousiaste. Il lui semblait que le Rabbi approuverait son projet de retraite.

Cependant, lorsqu’il informa le Rabbi de la situation, celui-ci répondit : « De quel droit avez-vous de telles idées ? Je suis plus âgé que vous et j’entreprends de nouveaux projets ! »

Peu de temps après, lorsqu’il passa devant le Rabbi pour recevoir le Koss Chel Brakha à la sortie de Sim’hat Torah, le Rabbi déclara : « N’oubliez pas, le rabbinat, c’est pour la vie ! »

Le Rav Hollander poursuivit son ministère rabbinique pendant encore 25 ans.

Un talent gaspillé

Il est indéniable, cependant, que des situations surviennent où le poste d’une personne n’existe tout simplement plus. Ce fut le cas du Rav Noteh Zuber de Roselle, dans le New Jersey.

Comme de nombreuses synagogues dans les années 5730 (années 1970), sa congrégation avait lentement diminué jusqu’à disparaître complètement.

À cette époque, sa nièce, Mme ‘Hana Charfstein, se trouvait en Ye’hidout à l’occasion de la Bar Mitsva de son fils.

Soudain, le Rabbi s’enquit de son oncle, le Rav Zuber.

Elle répondit qu’il venait de prendre sa retraite. Le Rabbi dit : « La retraite, qu’est-ce que cela signifie ? »

Pensant que le Rabbi n’était pas familier avec le terme, elle commença à expliquer que sa synagogue avait fermé et que, par conséquent, il ne travaillait plus.

La retraite n’existe pas, répondit le Rabbi. Il arrive parfois qu’une situation exige un changement d’activité et que l’on doive s’adapter, mais la retraite n’existe pas.

Le Rabbi suggéra alors plusieurs pistes qui permettraient au Rav Zuber de mettre ses talents à profit et de continuer à contribuer à la communauté juive.

La raison pour laquelle la retraite n’existe pas, le Rabbi l’expliqua en une autre occasion :

« Dès l’instant où un Juif naît, il est enrôlé dans le Tsivot Hachem, l’armée de D.ieu. Cette position de soldat dans l’armée de Hachem accompagne la personne depuis son premier souffle jusqu’à son dernier. Un Juif n’a pas la permission de « quitter son poste » et de prendre sa retraite du Tsivot Hachem ! »

« Si une situation se présente où il dispose de temps supplémentaire parce que son ancienne activité est devenue trop éprouvante, c’est simplement le signe qu’il doit trouver une autre manière de servir Hachem. »

« Lorsqu’une personne vieillit et ne peut plus travailler, non seulement elle n’est pas libérée d’une vie de sens et de finalité, mais bien au contraire ! Elle dispose désormais de davantage de temps à consacrer au service de Hachem. »

La sagesse de l’âge

Combien cette attitude diffère de la culture séculière, où l’âge est perçu comme une faiblesse et les personnes âgées considérées comme un fardeau.

« Que savent donc les vieilles personnes ? », pense-t-on communément. « Elles sont enfermées dans le passé et n’ont rien à apporter. »

La Torah nous enseigne pourtant : « Rov Chanim Yodiou ‘Hokhma », les nombreuses années apportent la sagesse (Iyov 32:7).

C’est pourquoi l’une des conditions pour siéger au Sanhédrin était d’avoir plus de 70 ans.

Certes, une personne âgée ne peut plus se mouvoir aussi rapidement, mais l’expérience qu’elle possède est inestimable. Aussi brillant et vif qu’un jeune puisse être, il n’existe qu’un seul moyen d’acquérir l’expérience : le temps.

Dans le monde des affaires, une telle expérience est d’une valeur inestimable. Un nouvel employé peut perdre des semaines à chercher comment aborder un certain problème. S’il avait simplement demandé à une personne plus expérimentée, il aurait obtenu la réponse instantanément !

Cela explique pourquoi la Mitsva de « Mipné Séva Takoum » (se lever devant les personnes âgées) s’applique même aux personnes âgées qui ne sont pas des érudits en Torah. Leur âge et leur expérience leur ont conféré une sagesse qu’il est impossible de reproduire sans avoir vécu aussi longtemps.

Il est véritablement triste que la valeur des personnes âgées ne soit pas appréciée à sa juste mesure. La plus grande Brakha que la Torah accorde est « Lema’an Yaarikhoune Yamékha », une longue vie.

De fait, la Brakha de longévité est la récompense du commandement « Kabed Et Avikha Veet Imekha », honore ton père et ta mère. Le message est limpide : un jour, vous atteindrez cet âge, alors traitez vos parents comme vous aimeriez être traités.

Utile jusqu’au bout

Il y avait un Chalia’h âgé qui avait servi fidèlement pendant de nombreuses décennies dans des conditions extrêmement difficiles.

En prenant de l’âge, il écrivit à maintes reprises au Rabbi pour lui demander la permission de revenir s’installer à Crown Heights, mais il ne reçut jamais de réponse.

Plus tard, l’un de ses collègues se trouvait en Ye’hidout et demanda au Rabbi en son nom s’il pouvait enfin quitter son poste après toutes ces années.

Le Rabbi répondit : « Pourquoi devrait-il s’installer à Crown Heights ? Pour s’asseoir sur un banc de Eastern Parkway et réciter des Tehilim toute la journée ? »

Le message est clair. Même avec des capacités diminuées, on doit maintenir une vie empreinte de sens et de finalité.

Dans une lettre adressée à M. Mel Landow, un philanthrope renommé qui envisageait la retraite après que ses affaires eurent pris un mauvais tournant, le Rabbi écrit :

« En ce qui concerne la retraite, il va de soi que vous devez continuer à être actif dans le monde des affaires, ce qui sera évidemment bénéfique pour votre confiance en vous et de manière générale, ainsi que pour votre épouse et votre famille. »

« Il y a également un autre aspect à considérer. Vous avez connu le succès en affaires pendant de nombreuses années, mettant à profit les capacités et les talents que D.ieu vous a accordés avec générosité. Il ne serait donc pas juste, c’est le moins que l’on puisse dire, de ne pas les utiliser pleinement à l’avenir, car cela reviendrait à rejeter quelque chose que D.ieu vous a donné pour en faire bon usage. En d’autres termes, il ne s’agit pas simplement d’un problème personnel, mais d’une question qui a également des implications bien plus vastes. »

Pour le Rabbi, la retraite, quel que soit le domaine, est une grave erreur.

L’ambassadeur Bill White lance une offensive contre la Belgique : «Cessez immédiatement la persécution des Mohalim»

L’ambassadeur Bill White lance une offensive contre la Belgique : «Cessez immédiatement la persécution des Mohalim»

Washington hausse le ton face à Bruxelles après la mise en examen de trois Mohalim à Anvers. Dans un message cinglant publié sur X, l’ambassadeur américain Bill White exige du ministre belge de la Santé qu’il mette fin au « harcèlement inacceptable » et garantisse la pleine liberté religieuse. « Nous sommes en 2026, entrez dans le XXIᵉ siècle et arrêtez ce procès grotesque », lance-t-il sans détour.

 

 

 

Trois Mohalim d’Anvers se trouvent au cœur d’une violente tempête diplomatique entre les États-Unis et la Belgique. Dans un message acerbe publié sur le réseau X par l’ambassadeur Bill White, l’administration américaine, soutenue par le président Trump et le vice-président J.D. Vance, exige des autorités belges l’annulation immédiate de ce qu’elle qualifie de « poursuite antisémite et grotesque » contre des hommes de foi exerçant leur fonction traditionnelle depuis des millénaires.

Qui est l’ambassadeur Bill White ?

William Bryan White, homme d’affaires, philanthrope et auteur new-yorkais, est l’actuel ambassadeur des États-Unis auprès du Royaume de Belgique. Originaire de Point Lookout dans l’État de New York, diplômé de l’Université Fordham, il a consacré l’essentiel de sa carrière au soutien des militaires, des vétérans et des familles de héros tombés au combat. Il a notamment dirigé pendant près de vingt ans le célèbre musée Intrepid Sea-Air-Space de New York, ainsi que le Intrepid Fallen Heroes Fund, levant plus de 1,5 milliard de dollars de fonds pour ces causes. En 2010, il a fondé Constellations Group, un cabinet de conseil stratégique au service de PDG de grandes entreprises du Fortune 500 et de groupes de capital-investissement internationaux. Nommé par le président Donald Trump en décembre 2024, sa confirmation par le Sénat a été obtenue le 7 octobre 2025, et il a présenté ses lettres de créance au Roi Philippe de Belgique le 17 novembre 2025. Récipiendaire à deux reprises du Meritorious Public Service Award décerné par la Marine et les Garde-côtes américains, Bill White est également secouriste bénévole (EMT), ayant répondu à plus de 2 500 appels d’urgence au cours de sa carrière.

Un ministre belge qualifié de « particulièrement insolent »

L’offensive américaine a visé personnellement le ministre belge de la Santé, Frank Vandenbroucke, décrit comme « particulièrement insolent ». Dans un compte-rendu inhabituel d’une réunion officielle, il a été révélé que le ministre belge avait refusé de serrer la main du représentant américain ou de se faire photographier avec lui dans la salle de réunion. « C’est une tactique d’évitement », est-il écrit dans la déclaration, accompagnée d’une exigence adressée au ministre de cesser d’attendre la fin des procédures judiciaires et de régulariser dès maintenant le statut légal des Mohalim.

Un rappel historique lourd de sens

Le représentant américain a rappelé au ministre belge que leur entrevue s’était tenue dans une salle portant le nom de l’ancienne Première dame Eleanor Roosevelt, et a souligné que des dizaines de milliers de soldats américains avaient sacrifié leur vie pour la liberté de la Belgique lors des deux guerres mondiales. « Il est évident que vous n’appréciez pas l’Amérique », est-il écrit dans ce message acerbe, assorti d’un rappel que la Belgique se doit d’agir en nation civilisée respectant la liberté de culte.

Le contexte : des descentes de police dans le quartier juif d’Anvers

Cette affaire remonte à mai 2025, lorsque la police d’Anvers a mené des perquisitions dans plusieurs sites, dont deux situés dans le quartier juif de la ville, dans le cadre d’une enquête sur des circoncisions pratiquées sans licence médicale. En Belgique, la loi exige que toute circoncision soit réalisée par un professionnel de santé agréé. Trois Mohalim ont été inculpés pour avoir pratiqué des interventions médicales sans licence. Le pays a un historique de restrictions des exemptions religieuses : en 2024, la plus haute juridiction européenne a confirmé l’interdiction de l’abattage rituel casher dans la majeure partie du territoire belge. Le député Michael Freilich, seul parlementaire juif orthodoxe du pays, a indiqué que les procureurs estiment disposer de suffisamment de preuves pour obtenir une condamnation, bien qu’aucune date de procès n’ait encore été fixée.

Une visite annoncée à Anvers pour rencontrer les Mohalim

Dans le cadre de l’intensification de la pression, l’ambassadeur White a annoncé qu’il se rendrait la semaine prochaine à Anvers pour rencontrer personnellement les Mohalim et leurs familles. Il a même invité le ministre Vandenbroucke ainsi que le politicien Conner Rousseau à se joindre à lui lors de cette visite, afin de constater de leurs propres yeux les dommages causés à la communauté juive. « C’est écœurant ce que ces familles subissent à cause de votre inaction », a conclu l’ambassadeur.

Soutien de la communauté juive et de l’Europe

Ralph Pais, vice-président du Centre d’Information et de Documentation Juive (JID), a salué cette prise de position, déclarant que celle-ci démontre que l’Amérique continue de tenir sa promesse de protéger la vie juive et de garantir que les Juifs puissent vivre ouvertement et en sécurité. Par ailleurs, le Commissaire européen à la Santé, Olivér Várhelyi, exerce également une pression sur le ministre Vandenbroucke pour trouver une solution, sans succès à ce stade. Il est prévu qu’il rencontre la communauté juive d’Anvers dans les semaines à venir.entant.

 

Les Tefillines s’invitent au stade : Habad marque des points dans la NFL

Les Tefillines s’invitent au stade : Habad marque des points dans la NFL

 

Tout au long de la saison de football américain, les émissaires de Habad ont offert des milliers de Mitsvot et des ailes de poulet cachères aux fans juifs présents dans les stades de la NFL. Pour le Super Bowl, c’est un véritable dispositif de fierté juive qui accueille les supporters à Santa Clara.

 

 

Un Super Bowl sous le signe de la Torah

La National Football League, abrégée par son sigle NFL, est une association d’équipes professionnelles de football américain, active aux États-Unis. La NFL a été créée en 1920, d’abord sous le nom d’American Professional Football Association, avant d’être rebaptisée National Football League en 1922.

Alors que 90 000 supporters convergent vers le Levi’s Stadium de Santa Clara pour le Super Bowl de cette année, Habad accueille des centaines de visiteurs juifs en leur proposant de la nourriture cachère, des offices de prière et des occasions d’accomplir des Mitsvot tout au long du week-end.

Le Beth Habad de Santa Clara, dirigé par le Rav Yigal Rosenberg et son épouse, a ouvert les festivités avec un dîner de Chabbat du vendredi soir sur le thème du football, réunissant plus de 100 convives. Le dimanche du Super Bowl, la communauté organisera un « tailgate » juif comprenant des offices de prière et un barbecue cachère, avec ailes de poulet, hamburgers, steaks et bière, avant de conduire les participants au stade en navette.

Le Rav Rosenberg explique que c’est l’exemple de son père, le Rav Yossef Rosenberg, qui l’inspire à apporter la fierté juive aux amateurs de football. L’aîné des Rosenberg était émissaire de Habad sur les campus de l’Université de Pittsburgh et de l’Université Carnegie Mellon. Sa Ménorah publique est devenue l’objet d’une affaire portée devant la Cour suprême, dont la décision a créé un précédent pour l’installation de Ménorot publiques dans tout le pays, inspirant ses enfants à perpétuer cet héritage de judaïsme assumé.

Le Beth Habad de San Francisco enverra quant à lui son emblématique « Mitsva Cable Car » dans le quartier, où il servira de point mobile permettant aux supporters de s’arrêter pour accomplir une Mitsva et prendre une collation cachère. Le Mitsva Cable Car a été imaginé par le Rav Yossef Langer, directeur du Beth Habad de San Francisco, comme un moyen d’insuffler de la Yiddishkeit dans la culture de la région de la Baie.

Les supporters juifs qui mettent les Tefillin lors du tailgate du Super Bowl organisé par Habad rejoignent les milliers de personnes qui en ont fait autant lors de matchs de la NFL à travers tout le pays. Des Beth Habad de Baltimore à Miami, de Chicago à Pittsburgh, les équipes sont présentes dans les stades et sur les parkings de tout le pays.

 

East Rutherford, New Jersey : le tailgate juif devenu institution

New York abrite la plus grande concentration de Juifs des États-Unis. Le MetLife Stadium d’East Rutherford, dans le New Jersey voisin, accueille deux équipes de la NFL, les Giants et les Jets, ce qui signifie qu’un match à domicile s’y joue pratiquement chaque semaine pendant la saison de football. Et chaque semaine, un tailgate juif, avec ses grillades cachères et un Mitsva Tank aux couleurs du football, accueille les nombreux détenteurs d’abonnements juifs et les supporters de passage.

Le Rav Ephraim Balter, du Beth Habad de South Bergen County et des Meadowlands, a perçu une opportunité de connexion juive dans les bruyantes fêtes de tailgate qui entourent le MetLife Stadium chaque dimanche pendant la saison de la NFL. « On peut tirer beaucoup de leçons positives des fans de football au tailgate », déclare le Rav Balter. « La passion qu’ils ont, l’énergie. J’ai senti que cette énergie pouvait être canalisée vers la fierté juive et les Mitsvot. »

Le Rav Balter a commencé par installer un petit stand avec des Tefillin et de la nourriture cachère lors des tailgates, et à mesure que l’intérêt grandissait, Habad a développé ses opérations hebdomadaires. Le Beth Habad des Meadowlands a acquis et aménagé un Mitsva Tank personnalisé sur le thème du football, équipé d’un sol en gazon synthétique et d’inscriptions proclamant : « Soyez un MVP. Faites une Mitsva. »

Chaque semaine, Habad installe un barbecue devant le Mitsva Tank, servant les classiques du tailgate cachère, mettant les Tefillin et distribuant des bougies de Chabbat aux supporters juifs.

Pour certains, le Mitsva Tank est devenu leur seul lien avec la vie juive. Un dimanche, l’un des habitués s’est approché du Rav Balter avec une requête. « Rav, pourriez-vous dire le Kaddich ? » Quelques jours plus tôt, le père de cet homme était décédé. Avant de mourir, il avait demandé à son fils s’il réciterait le Kaddich pour lui. « Papa, tu me connais, je ne suis pas vraiment un habitué de la synagogue », avait-il répondu. « Mais j’irai dans ma synagogue préférée, celle devant le MetLife Stadium, et je dirai le Kaddich pour toi là-bas. » Et c’est ce qu’il a fait.

 

 

Miami, Floride : fierté juive au Hard Rock Stadium

Habad au Stade, une branche du Beth Habad de Miami Gardens, se rend aux matchs à domicile des Miami Dolphins avec un food truck cachère, un stand de Tefillin, et une grande dose de fierté et d’énergie juives dans la Fan Zone des Dolphins, devant le Hard Rock Stadium. Dirigé par le Rav Yaakov Menaker, assisté d’autres émissaires locaux de Habad, Habad au Stade organise des barbecues, a présenté des Soirées du patrimoine juif et offre des occasions d’accomplir des Mitsvot à des centaines de supporters juifs tout au long de la saison de football.

Baltimore, Maryland : hot-dogs cachères et Tefillin sur le parking

Sur le parking G, devant le M&T Bank Stadium de Baltimore, dans le Maryland, le tailgate de Habad est devenu un rendez-vous incontournable. Les supporters juifs y dégustent gratuitement des hot-dogs, hamburgers, ailes de poulet et cookies cachères. Des dizaines de personnes font la queue pour mettre les Tefillin et recevoir des bougies de Chabbat. Le tailgate de Habad est facile à repérer, orné de ses banderoles caractéristiques. Les bénévoles de Habad mettent également en relation les supporters venus de tout le pays avec leur émissaire Habad local, veillant à ce que la rencontre lors d’un match des Ravens puisse se prolonger par de nouvelles occasions de connexion juive.

Les Rabbanim Yaakov Kaplan et Chloïmé Fuchs ont lancé le Tailgate juif aux matchs des Baltimore Ravens cette année. Le Rav Kaplan, du Beth Habad SoBo (South Baltimore), s’occupe de réserver l’emplacement de parking et fournit la nourriture cachère, tandis que le Rav Fuchs apporte le Mitsva Tank et les bénévoles sous l’égide de Habad-Loubavitch du Maryland.

 

 

Pittsburgh, Pennsylvanie : hamburgers et Mitsvot chez les Steelers

Lorsque les Pittsburgh Steelers ont affronté les Bills l’automne dernier, le Beth Habad de South Hills a organisé un tailgate cachère, partageant hamburgers et Mitsvot avec les supporters. Alors que la Draft de la NFL doit se tenir à Pittsburgh en avril prochain, Habad proposera à nouveau des ressources juives aux fans et visiteurs présents.

Chicago, Illinois : une Ménorah en forme de ballon de football

Tandis que les Bears connaissaient une saison couronnée par un titre de champion de division, le Rav Mordy Gershon, du Beth Habad de South Loop, a offert aux supporters juifs l’occasion de renouer avec leur judaïsme. Habad a organisé un événement du patrimoine juif agrémenté d’une Ménorah en forme de ballon de football pendant ‘Hanouka. Lors des playoffs, un Mitsva Tank stationné devant le Soldier Field a permis aux supporters de retrousser leurs manches et d’accomplir une Mitsva en l’honneur de leur équipe favorite.