Sur fond de guerre à Gaza et des discussions sur « le jour d’après », l’émissaire du Rabbi pour les questions de l’intégrité de la Terre, le Rav Yossef Its’hak Gutnik, met en garde : «L’autonomie à Gaza est une illusion dangereuse qui recèle des dangers sécuritaires, politiques et spirituels ». Dans un contexte où certains évoquent l’autonomie comme solution de stabilité, le Rav Gutnik rappelle les enseignements clairs du Rabbi et les leçons de l’histoire. Une mise en garde essentielle pour comprendre les enjeux véritables de cette proposition.
Les discussions sur l’autonomie palestinienne reviennent dans le débat public
Les discussions sur l’établissement d’une autonomie palestinienne à Gaza reviennent dans le débat public en Israël, parfois comme moyen d’obtenir une prétendue « stabilité ». Mais il s’agit d’une illusion dangereuse qui recèle des dangers sécuritaires, politiques et spirituels.
La position claire et sans équivoque du Rabbi
Le Rabbi s’est exprimé de manière claire et explicite, encore et encore, dans des lettres, des discours et des réponses personnelles : opposition absolue à toute forme d’autonomie palestinienne. Ce n’était pas un sujet marginal, mais l’un des thèmes centraux sur lesquels il est revenu et a mis en garde : l’autonomie est un danger absolu pour le peuple d’Israël. Le Rabbi a souligné que le simple fait de parler d’« autonomie » accorde une légitimité à l’ennemi et renforce ses positions.
Une mission personnelle confiée par le Rabbi
Personnellement, le Rabbi m’a confié une mission explicite sur ce sujet, et dans réponse après réponse, il a précisé que c’était l’une des missions principales qui m’incombaient : mettre en garde sans relâche contre tout plan d’autonomie. La fidélité à cette mission oblige à dire haut et fort : « autonomie civile », « gestion civile » et tout autre langage édulcoré — tous constituent une pente glissante qui met en danger la sécurité d’Israël.
Les leçons de l’histoire : d’Oslo au désengagement
L’histoire, d’Oslo jusqu’au désengagement, a prouvé que toute concession territoriale ou plan d’autonomie s’est terminé par des effusions de sang et le renforcement du terrorisme. Nous n’avons pas le droit de répéter les mêmes erreurs.
L’intégrité de la Terre : un commandement divin
L’intégrité de la Terre n’est pas un slogan politique ; c’est un commandement divin et une question de Pikouah Nefech (sauvegarde des vies) au sens littéral. Il est de notre devoir de nous dresser fermement pour la sécurité du peuple d’Israël et l’intégrité de la Terre d’Israël.
Le Rav Israël Goldberg, émissaire du Rabbi à Rechavia et Nahlaot à Jérusalem, a remis à l’ambassadeur américain Mike Huckabee le livre « Make Peace » traitant de l’opinion du Rabbi sur la sécurité d’Israël. L’ambassadeur a été profondément touché par ce cadeau unique et s’est engagé à renforcer son plaidoyer pour un Eretz Israël complet et sûr. Cette rencontre illustre l’influence continue des enseignements du Rabbi sur les dirigeants internationaux.
Un cadeau symbolique remis à l’ambassadeur
Aujourd’hui, le Rav Israël Goldberg, émissaire du Rabbi à Rechavia et Nahlaot à Jérusalem, a offert à l’ambassadeur américain Mike Huckabee le livre « Make Peace », qui traite de l’opinion du Rabbi sur la sécurité et la sûreté d’Israël.
Le livre a été écrit par le Rav Elisha Pearl et publié par Yona Press, une filiale de Kehot Publication Society. Il a été sponsorisé par le Rav Yossef Gutnick, émissaire du Rabbi pour l’intégrité d’Eretz Israël.
L’engagement de l’ambassadeur
L’ambassadeur a été très touché par ce cadeau unique, a promis de lire le livre et de renforcer son engagement à plaider pour un Eretz Israël complet et sûr.
Le Rav Goldberg a remercié l’ambassadeur d’avoir inspiré le président américain Donald Trump, un jour avant la récente guerre avec l’Iran, en déclarant que la Torah dit qu’Eretz Israël appartient à Am Israël.
Une invitation spéciale
M. Huckabee a également accepté l’invitation du Rav Goldberg à visiter l’incroyable salon de Tsahal, sous les auspices du Habad de Rechavia et Nahlaot à Jérusalem.
Réactions enthousiastes
Les réactions ont été très positives : « C’est fantastique ! Merci ! » Les objectifs complets, la stratégie et les tactiques du Rabbi, dans ses propres mots.
L’ambassadeur Huckabee tirera beaucoup de bénéfices de la lecture de cet excellent livre expliquant les directives du judaïsme et du Rabbi pour Shleimus HaAretz.
« Make Peace » : Un guide stratégique révolutionnaire pour la paix au Moyen-Orient inspiré par le Rabbi de Loubavitch
Ce guide stratégique puise dans les enseignements visionnaires du Rabbi Menachem Mendel Schneerson, figure emblématique du judaïsme du XXe siècle qui a conseillé de nombreux dirigeants israéliens pendant des décennies. L’ouvrage analyse pourquoi les négociations traditionnelles de paix échouent souvent et propose des alternatives basées sur la force et la dissuasion militaire.
Une genèse née de l’urgence du 7 octobre
Initialement conçu comme un simple article de 12 pages quelques jours après l’attaque terroriste du 7 octobre, le projet s’est rapidement transformé en un ouvrage de 480 pages. Le rabbin Elisha Pearl, auteur et chercheur à l’institut Sichos In English, explique que cette expansion naturelle reflétait l’ampleur et la profondeur des enseignements du Rabbi sur cette question cruciale.
L’ouvrage arrive à un moment particulièrement critique, alors qu’Israël fait face à des défis sécuritaires sans précédent et que la communauté internationale cherche désespérément des solutions durables au conflit israélo-arabe. Depuis plus d’un demi-siècle, les dirigeants mondiaux poursuivent la paix au Moyen-Orient, investissant des milliards de dollars et des efforts considérables, pourtant la sécurité d’Israël et la stabilité régionale restent précaires.
La vision du Rabbi : force et dissuasion plutôt que concessions
Contrairement aux approches diplomatiques traditionnelles, les enseignements du Rabbi de Loubavitch prônent une stratégie basée sur la force et la dissuasion militaire crédible. L’ouvrage explique pourquoi les cessez-le-feu, la médiation internationale et les négociations terre-contre-paix échouent souvent, exposant les limitations de ces approches dans le conflit israélo-arabe.
Cette philosophie s’appuie sur une analyse approfondie des racines idéologiques du conflit, mettant l’accent sur le lien spirituel et historique indéniable entre le peuple juif et la Terre d’Israël. Le Rabbi considérait que cette connexion, ancrée dans la Torah, constituait le fondement légitime de la revendication juive sur cette terre.
Des recommandations concrètes pour les décideurs
« Make Peace » ne se contente pas d’analyser les problèmes existants mais propose des solutions pratiques pour les dirigeants israéliens, Tsahal et les décideurs politiques. L’ouvrage plaide pour une action militaire décisive, soulignant le besoin de dissuasion crédible, de défense proactive et la nécessité de neutraliser complètement les menaces.
Cette approche, bien qu’elle puisse paraître belliciste, vise paradoxalement à minimiser la violence à long terme en restaurant la stabilité en Israël et dans l’ensemble du Moyen-Orient. Le livre démontre comment une position de force peut effectivement conduire à une paix plus durable que les concessions territoriales ou les échanges de prisonniers.
Un impact international croissant
L’influence de cet ouvrage dépasse largement les cercles académiques et religieux. Des exemplaires de « Make Peace » sont distribués aux législateurs et aux personnalités influentes de tout l’Occident, le moment est venu de mettre ces idées en action, selon Diane Mizrachi, docteure et bibliothécaire spécialisée dans les études juives et israéliennes à UCLA.
Les recommandations académiques témoignent de la rigueur intellectuelle de l’ouvrage. Le rabbin Yosef Bronstein, auteur spécialisé dans la philosophie du Rabbi de Loubavitch, qualifie ce travail d' »incontournable pour quiconque veut connaître l’approche du Rabbi sur ce qui est malheureusement devenu une question existentielle pour les Juifs vivant en Terre d’Israël ».
Une méthode d’analyse unique
La particularité de cette approche réside dans sa capacité à allier sagesse traditionnelle juive et analyse géopolitique moderne. Le rabbin Pearl a minutieusement compilé et organisé des centaines de sources du Rabbi, créant un système cohérent applicable aux défis contemporains d’Israël.
L’ouvrage contextualise les insights du Rabbi dans le cadre de la stratégie militaire et de l’histoire d’Israël, offrant une approche à la fois spirituelle et pragmatique pour résoudre ce conflit apparemment insoluble. Cette synthèse unique entre tradition religieuse et réalisme politique constitue l’une des forces principales du livre.
Cette publication intervient alors que les questions de sécurité israélienne et de politique moyen-orientale occupent une place centrale dans les débats internationaux, rendant les enseignements du Rabbi de Loubavitch plus pertinents que jamais pour comprendre les enjeux actuels de la région.
L’exécutif du comté de Nassau, Bruce Blakeman, s’est rendu au Ohel du Rabbi de Loubavitch accompagné d’une délégation officielle et de nombreux émissaires Habad. Cette visite, marquée par des gestes symboliques forts, témoigne de l’engagement des autorités locales envers la communauté juive dans un contexte de montée de l’antisémitisme.
Bruce Arthur Blakeman (né le 2 octobre 1955) est le 10e exécutif du comté de Nassau, New York, élu en 2021. Il est le premier dirigeant juif de l’histoire du comté. Parcours : Diplômé en sciences politiques (Arizona State University) et en droit (California Western School of Law), il a été commissaire de l’Autorité portuaire de NY-NJ pendant huit ans et conseiller municipal de Hempstead (2015-2021). Politique : Républicain conservateur, il a battu la démocrate Laura Curran avec 50,35% des voix en 2021. Il a éliminé 150 millions de dollars d’augmentations d’impôts et renforcé la sécurité avec 200 nouveaux policiers. Engagement juif : Membre de la synagogue orthodoxe moderne Jewish Center of Atlantic Beach, il a organisé le plus grand rassemblement pro-Israël de la région (6 000 personnes) et créé un groupe de travail contre l’antisémitisme. Famille : Marié à Segal Magori Blakeman depuis 2015, père d’un fils et deux beaux-enfants.
Dans une démarche empreinte de spiritualité et de solidarité, Bruce Blakeman, accompagné de la législatrice Mazi Pilip et de plus d’une douzaine d’émissaires Habad représentant les communautés du comté de Nassau, s’est recueilli au Ohel du Rabbi. Cette visite revêt une dimension particulière alors que les communautés juives font face à une recrudescence des actes antisémites sur le territoire américain.
Un moment de recueillement et d’unité
La délégation s’est rassemblée dans l’unité et la prière au Ohel, lieu saint où repose le septième Rabbi de Loubavitch. Bruce Blakeman a notamment revêtu les Tefilines avec le Rav Zalman Wolowik, marquant ainsi son attachement aux traditions juives. Dans ses remarques empreintes d’émotion, l’exécutif du comté a salué les accomplissements durables de Habad et son dévouement à la vie juive à travers Long Island.
La législatrice Mazi Pilip, elle-même fière de ses origines juives, a rendu hommage à la force, à la résilience et au soutien indéfectible de M. Blakeman envers Israël, soulignant sa position ferme contre l’antisémitisme. Cette reconnaissance mutuelle témoigne d’une alliance politique forte au service de la protection des valeurs juives.
Des symboles porteurs de sens
Dans un geste chargé de symbolisme, le Rav Zalman Wolowik a offert un chofar à M. Blakeman, symbole d’élévation, de résilience et d’appel à l’unité, en reconnaissance de son leadership exemplaire. « Le chofar est plus qu’une corne ; c’est une voix qui vient des profondeurs de l’âme. Tout comme son son s’élève vers le haut, il nous rappelle de nous élever au-dessus du désespoir et de nous réengager dans la foi, la résilience et l’unité », a expliqué le rabbin.
Cette symbolique prend une résonance particulière dans le contexte actuel où les communautés juives cherchent des signes d’espoir et de soutien face aux défis contemporains. Le Rav Eli Goodman a ajouté : « Voir Bruce exprimer fièrement son identité juive de manière si publique encourage beaucoup d’entre nous à ne pas nous incliner devant l’antisémitisme, mais plutôt à nous tenir debout et à répondre par des actes de bonté et de bienveillance. »
Un engagement pour la sécurité des lieux de culte
Le Rav Anchelle Perl a exprimé sa gratitude pour l’engagement de l’exécutif du comté à assurer la sécurité de toutes les maisons de culte, reconnaissant son leadership dans la protection des communautés religieuses. Cette préoccupation sécuritaire constitue un enjeu majeur pour les autorités locales face à la multiplication des menaces visant les institutions juives.
Dans un moment solennel au Ohel, l’exécutif du comté Blakeman a offert des prières pour la paix au Moyen-Orient et pour la libération en sécurité de tous les otages, faisant écho aux préoccupations de la communauté juive mondiale concernant la situation en Israël et Gaza.
Une mobilisation représentative
Cette visite a rassemblé une impressionnante délégation de Rabbanim représentant le comté de Nassau, incluant les Rav Mendy Brownstein, Yona Eidelkopf, Nochum Goldschmidt, Eli Goodman, Mendy Gordon, Levi Gurkov, Shimon Kramer, Yossef Lieberman, Sholom Paltiel, Anchelle Perl, Nochum Tennenbaum et Zalman Wolowik. Cette mobilisation témoigne de l’importance accordée par la communauté Habad à cette rencontre avec les autorités civiles.
La présence de l’assemblée membre Mazi Pilip, décrite comme une défenseuse acharnée d’Israël, renforce le message de soutien institutionnel aux causes juives. Cette visite souligne un profond sentiment d’unité, de force et d’espoir, démontrant la reconnaissance des dirigeants politiques locaux envers une communauté qui contribue activement à la vie sociale et culturelle de Long Island.
La communauté juive des Pays-Bas a rendu hommage dimanche au Rav Binyamin Jacobs pour ses cinq décennies de dévouement rabbinique lors d’une cérémonie musicale exceptionnelle dans la synagogue historique d’Arnhem.
Cette célébration unique s’est déroulée dans un contexte symbolique fort : tandis que des milliers de coureurs participaient à une course d’endurance dans les rues d’Arnhem, une autre forme d’endurance était honorée à quelques pas de là. Le Rav Jacobs, qui a commencé son service rabbinique en 1975 sous l’autorité du défunt Grand Rav Eliezer Berlinger, a consacré sa vie à servir les communautés juives de onze des douze provinces néerlandaises, devenant par la suite Grand Rav du Grand Rabbinat Interprovincial.
Un demi-siècle au service de la communauté
Le Rav Binyamin Jacobs a débuté sa carrière rabbinique il y a cinquante ans, marquant le paysage juif néerlandais par son engagement infatigable. Successeur du Rav Berlinger, il s’est imposé comme un défenseur inlassable de la vie juive et de l’éducation, tout en devenant une voix prépondérante dans la lutte contre l’antisémitisme.
Lors de son intervention, le Rav Jacobs a tenu des propos particulièrement marquants sur la situation actuelle : « L’antisémitisme n’est plus quelque chose que nous pouvons décrire comme ‘en hausse’. Il est, malheureusement, devenu une réalité. Pourtant, nous ne devons pas rester passifs. Nous devons répondre par l’éducation, l’engagement, et en n’abandonnant jamais le combat. »
Une célébration musicale dans un cadre historique
L’événement, organisé par David Simon, s’est déroulé dans la synagogue d’Arnhem, vieille de 170 ans, transformée pour l’occasion en un véritable auditorium. Le Chœur de la Synagogue d’Amsterdam, dirigé par Ilia Belianko et mené par le Hazzan Sacha van Ravenswade, a empli le sanctuaire de mélodies liturgiques judéo-néerlandaises particulièrement appropriées à l’approche des Hautes Fêtes.
Un moment particulièrement émouvant a marqué la cérémonie lorsqu’un père et ses deux fils ont interprété Avinou Malkénou exactement comme le Rav Jacobs le leur avait enseigné au fil des années. Ils ont commencé par la mélodie traditionnelle néerlandaise avant de passer à l’air de Habad, reflétant symboliquement la personnalité du rabbin : un mélange de rigueur judéo-néerlandaise et de chaleur hassidique authentique.
Des personnalités de premier plan présentes
L’assemblée réunissait un public d’exception, témoignant de l’influence et du respect dont jouit le Rav Jacobs dans la société néerlandaise. Parmi les invités de marque figuraient l’ambassadeur d’Israël Zvi Aviner, l’ambassadeur d’Allemagne Nikolaus Meyer-Landrut, la présidente du Sénat Mei Li Vos, ainsi que plusieurs personnalités politiques comme Pieter Omtzigt, Don Ceder, Gerdi Verbeet, Ullysse Elian et l’ancien ministre Eppo Bruins.
Des maires et des Rabbanim des communautés juives néerlandaises et européennes ont également honoré l’événement de leur présence, soulignant l’importance de cette célébration qui dépasse les frontières communautaires.
Un engagement familial et une vision d’avenir
Dans son discours, le Rav Jacobs a tenu à rendre hommage à sa compagne de route, la Rabbanite Blouma Jacobs-Raskin, soulignant la dimension familiale de leur mission commune. « Ce n’est pas seulement mon jubilé, » a-t-il déclaré. « C’est le nôtre – celui de Blouma et le mien ensemble. Notre mission a toujours été comme une entreprise familiale ; nous sommes dans ce combat ensemble. »
Tourné vers l’avenir, le Rav Jacobs a annoncé que les postes vacants dans le rabbinat sont désormais en cours de pourvoir, garantissant ainsi que la prochaine génération de dirigeants juifs néerlandais continuera à prospérer. Cette annonce revêt une importance particulière dans le contexte actuel de renaissance de la vie juive européenne.
La soirée s’est enrichie d’interventions remarquées de l’historien Prof. Bart Wallet et d’Ellen van Praagh, présidente du Comité Central du Nederlands Israelitisch Kerkgenootschap (NIK). Ces témoignages ont souligné que cet événement constituait non seulement une célébration de cinq décennies de service, mais également une assurance pour un avenir construit sur les fondations que le Rav Jacobs a si fidèlement établies.
Les jeunes filles de CTeen France attendaient ce voyage avec impatience toute l’année, mais les annulations de vols successives ont transformé leur déception en une expérience spirituelle extraordinaire au Ohel. Ce qui semblait être des contretemps s’est révélé être la providence divine pour les mener exactement là où elles devaient être.
Des annulations qui semblaient catastrophiques
Les jeunes filles de CTeen France avaient attendu ce voyage toute l’année. Elles arrivèrent de Marseille en avion, de Lyon en train, de Lille en voiture, convergeant vers Paris depuis toute la France et au-delà. Mais juste au moment où elles se rassemblaient, valises faites et passeports prêts, la compagnie aérienne annula leurs billets. Les jeunes filles se retrouvèrent bloquées à Paris, sans possibilité d’avancer et sans voyage à entreprendre.
Pour beaucoup, cela aurait pu marquer la fin du voyage. Mais les adolescentes, leurs parents et les Chlou’him étaient clairs : annuler complètement n’était pas une option. L’équipe d’été de CTeen chez Merkos 302 se mobilisa rapidement, avec le Rav Mendy Lepkivker coordonnant l’effort. En seulement deux semaines environ, un itinéraire entièrement nouveau fut créé, emmenant les jeunes filles à travers l’ouest des États-Unis pour un programme rempli de fierté juive, d’apprentissage et d’amitié.
Une seconde annulation qui ouvre des portes inattendues
Le voyage nouvellement conçu devait commencer par un vol de Paris à Boston puis de là vers Las Vegas. Mais dès le premier jour, alors qu’elles étaient à l’aéroport, leur vol fut encore une fois annulé.
Les jeunes filles étaient dévastées, réalisant qu’elles perdraient une journée entière de camp. Les responsables se démmenèrent pour trouver une solution, explorant toutes les options possibles. À un moment donné, il fut même question de prendre un ferry vers l’Angleterre puis un train vers Londres juste pour attraper un autre vol. Mais toutes les portes semblaient fermées. Pendant ce temps, l’aéroport de Paris était dans le chaos, avec des passagers frustrés qui criaient tandis que le personnel de la compagnie aérienne offrait peu d’aide.
Et puis quelque chose de remarquable se produisit.
Le superviseur de la compagnie aérienne remarqua le groupe et fit des commentaires sur la politesse et le respect dont avaient fait preuve les jeunes filles malgré le stress environnant. Il expliqua qu’il y avait un vol privé du personnel qui partait bientôt pour New York. Ce n’était même pas un vol avec des billets publics, juste un transfert ponctuel pour les employés. Mais il pouvait arranger pour mettre le groupe de CTeen France dessus.
Non seulement cela donnait aux jeunes filles un moyen de continuer leur voyage, mais cela signifiait aussi que leur escale était maintenant à New York au lieu de Boston. Ce changement ouvrit la porte à quelque chose de très spécial.
Une visite providentielle au Ohel
Au lieu de rester assises dans un aéroport, le groupe fut récupéré par un bus, emmené directement au Ohel, et eut le temps de prier et de se connecter dans un lieu si significatif.
Pour les adolescentes, c’était leur première fois sur ce site saint, et ce fut une expérience très émouvante. Après leur visite, le bus les ramena à l’aéroport à temps pour leur vol de correspondance vers Las Vegas pour commencer leur aventure dans l’ouest.
Les jeunes filles arrivèrent plus tard que prévu, mais aucune d’entre elles ne se sentait plus contrariée. La chance de visiter le Ohel transforma ce qui avait commencé comme un vol annulé et de la frustration en un moment fort édifiant de leur voyage.
« Nous avions initialement construit le voyage autour d’une visite au Ohel, mais quand le timing ne fonctionna pas, nous pensions que cette opportunité était perdue. Et puis tout ‘alla mal’ : les vols furent annulés, les plans s’écroulèrent. Mais c’est exactement ce qui rendit cela possible. Le Rabbi s’assura que les jeunes filles y arrivent, » dit le Rav Mendy Mottal, directeur de CTeen France. « En regardant en arrière, c’est évident : ce qui ressemblait à des revers faisait en fait partie du plan de D.ieu pour les amener exactement là où elles devaient être. »
Des expériences transformatrices à travers l’Amérique
Une fois aux États-Unis, l’itinéraire des jeunes filles les emmena à travers le Nevada, la Californie et au-delà. À Los Angeles, elles passèrent Chabbat avec Friendship Circle puis rejoignirent ses enfants pour un programme de bénévolat très spécial. Les jeunes filles furent associées à des enfants ayant des besoins spéciaux pour une journée d’amusement, incluant une sortie dans un parc de trampolines et un déjeuner de groupe. Pour les adolescentes, c’était une opportunité de partager chaleur et amitié ; pour les enfants, c’était une journée inoubliable de joie et d’inclusion.
CTeen organisa également un programme séparé pour les garçons au même moment, avec un itinéraire parallèle. Leur voyage commença aussi à Las Vegas, où ils passèrent Chabbat avec le Rav Yossi Shuchat à Habad Or Bamidbar. La connexion entre les garçons séfarades français et la communauté séfarade locale fut immédiate et puissante. Des membres de la communauté, y compris quelqu’un qui avait longtemps été sceptique quant à la continuité juive, furent profondément touchés par l’énergie, la joie et l’esprit des adolescents.
Un local remarqua même après Chabbat : « Après avoir vu ces adolescents, je vois qu’il y a un avenir pour le peuple juif. » Les garçons continuèrent vers l’Utah, l’Arizona et la Californie, forgeant des amitiés et renforçant leur fierté juive en chemin.
Un impact durable sur l’identité juive
« Le Rabbi nous a enseigné que le camp n’est pas juste une belle idée, c’est une expérience cruciale qui reste avec un jeune longtemps après la fin de l’été, » dit le Rav Mendy Kotlarsky, directeur exécutif de Merkos 302. « Pour ces adolescents, spécialement en France, où s’accrocher à la fierté juive peut être un vrai défi, ce programme n’était pas un luxe ; c’était une bouée de sauvetage. Nous savions que quelque chose devait se passer. Et maintenant ils rentrent chez eux plus forts, plus confiants, et prêts à vivre comme des Juifs fiers. »
L’association Beyahad innove dans l’accompagnement des enfants à besoins spécifiques en créant des liens d’amitié authentiques avec des adolescents volontaires. Cette approche unique, soutenue par la Yechiva de Brunoy depuis 12 ans, transforme la vie des enfants différents grâce à un cercle d’amitié basé sur le respect et la solidarité. Un modèle qui révolutionne l’intégration sociale par l’amour gratuit.
Depuis plus d’une décennie, l’association Beyahad développe une méthode révolutionnaire d’accompagnement des enfants ayant des besoins spécifiques. Cette initiative, portée par les Ba’hourim des Chiourim Beth et Guimel de la Yechiva de Brunoy, crée des ponts d’amitié entre adolescents volontaires et enfants différents, offrant une alternative humaine aux approches thérapeutiques traditionnelles.
Un partenariat fidèle avec la Yechiva de Brunoy
La collaboration entre Beyahad et la Yechiva de Brunoy illustre parfaitement l’engagement communautaire dans l’aide aux plus vulnérables. Chaque année, les étudiants des classes supérieures participent activement aux programmes de l’association, bénéficiant du soutien indéfectible de la direction et de Rav Yoel Edelman. Cette partnership durable témoigne de l’importance accordée aux valeurs de solidarité dans l’éducation juive.
Les photos des Ba’hourim en action lors des précédentes éditions révèlent l’investissement sincère de ces jeunes dans leur mission d’accompagnement. Leur participation transforme non seulement la vie des enfants qu’ils accompagnent, mais enrichit également leur propre parcours éducatif.
L’innovation par l’amitié : une approche unique
Contrairement aux structures classiques proposant des services thérapeutiques ou para-médicaux, Beyahad mise sur la dimension relationnelle pure. L’association crée des « Cercles d’Amitié » où l’enfant différent trouve en l’adolescent volontaire un véritable copain, libéré des contraintes professionnelles habituelles.
Cette méthode s’appuie sur des activités variées : visites à domicile, Super Dimanches, séances de piscine, danse, sorties de groupe et préparation des fêtes. Chaque programme vise à créer un environnement dynamisant où l’amour gratuit devient le moteur principal de l’épanouissement.
L’efficacité de cette approche réside dans sa simplicité : les adolescents atteignent ces enfants dans des aspects souvent inaccessibles aux professionnels ou aux familles, renforçant naturellement leur confiance en soi et leur intégration sociale.
Un écosystème complet au service de l’inclusion
Le modèle Beyahad repose sur cinq piliers interdépendants. Les enfants différents constituent le cœur du projet, attendant avec impatience leurs rendez-vous hebdomadaires et les événements spéciaux. Les « Volontaires Beyahad » développent parallèlement leur maturité et leur sens des responsabilités à travers cette expérience formatrice.
Les familles trouvent dans ce dispositif un soutien précieux face aux défis quotidiens, ainsi qu’un espace de partage avec d’autres parents confrontés à des situations similaires. Les amis et bénévoles forment la base logistique indispensable, contribuant financièrement ou par leur temps pour accompagner les activités.
Enfin, le staff professionnel garantit la sécurité et l’éthique du projet, rassurant toutes les familles impliquées quant à la qualité de l’encadrement proposé. Cette structure complète assure la pérennité et la fiabilité de l’initiative, permettant à chaque enfant de bénéficier d’un accompagnement optimal dans un cadre bienveillant et sécurisé.
C’est une nouvelle étape qui s’ouvre pour nos étudiantes, venues de toute la France et de l’étranger (Israël, USA, Canada, etc.) Sur le campus Beth Rivkah, elles entament un chemin passionnant : études approfondies de textes, formation pédagogique, et mise en pratique à travers des projets formateurs et porteurs de vision.
Le Séminaire est un environnement de vie, un laboratoire d’avenir où se forment les éducatrices et les leaders de demain, porteuses de valeurs et d’engagement.
Nous leur souhaitons une année riche d’apprentissage, de croissance personnelle et surtout de rayonnement futur, où chacune pourra affirmer son influence éducative.
La ville de Nikolaïev dont Rabbi Méir Chlomo fut le Rav.
Rabbi Méir Chlomo, le grand père du Rabbi, naquit (semble-t-il) entre les années 1850 et 1855, dans la ville de Nikolaïev.
La ville de Nikolaïev est située sur la rive de la Mer Noire : son port est central car il relie cette ville avec le reste du pays ainsi qu’à des ports situés à l’étranger.
A certaines époques, les Juifs n’eurent pas le droit d’y habiter, sauf un : Reb Sender Raphaélovitch. C’était un architecte réputé et comme il s’occupait des structures portuaires, les autorités lui avaient permis de résider dans la ville avec ses ouvriers.
Ce Juif au bon cœur utilisa cette permission pour faire figurer sur la liste de ses ouvriers de nombreux Juifs. Ce fut lui qui invita Rabbi Avraham Lavout, que son mérite nous protègele père de la mère de Rabbi Méir Chlomo à devenir le Rav de la ville. C’est ainsi que, sous la direction de Rabbi Avraham David, la communauté juive se développa à Nikolaïev au point que, par la suite, elle devint un bastion de la ‘Hassidout ‘HaBaD et elle vit grandir de nombreuses personnalités marquantes de ce mouvement, comme par exemple le Rachbatz et d’autres.
Durant près de cent ans, les ancêtres du Rabbi furent les Rabbanim et les décisionnaires de la ville de Nikolaïev, célèbre pour sa piété et c’est là que naquit celui qui devait par la suite devenir le chef de la génération, le Rabbi.
Ses ancêtres
Le premier Rav de la ville de Nikolaïev fut Rabbi Avraham David Lavout, que son mérite nous protège, auteur des livres « Kav Naki », « Chaar Hakolel », « Beth Aharone Vehossafot », « Netiv Ha’haïm », « Pisské Péri Méguadim » ainsi que de nombreux autres ouvrages importants et célèbres. Il fut nommé Rav de la ville aux environs de l’année 1850.
Une brève biographie a été écrite par le Rabbi (en introduction au livre « Kav Naki ») qui raconte entre autres :
« Il était le Rav du village de Romanovka. En 1844-1845, le Rabbi Tséma’h Tsédek y avait fondé un Kollel pour jeunes gens sous la direction de Rav Avraham David. A l’âge de 35 ans environ, il fut nommé Rav de la communauté de Nikolaïev, poste qu’il occupa durant quarante ans, jusqu’à son dernier jour… Rav Avraham David décéda le lundi 18 Adar 1890 dans la ville de Nikolaïev et c’est là qu’il est enterré ».
Rabbi Méir Chlomo – que son mérite nous protège – était le fils du Gaone, Rabbi Israël Leïb Yanovski qui était le directeur de la Yechiva de Romanovka et de la Rabbanit Beïla Rivka, la fille du ‘Hassid Rabbi Avraham David Lavout, le Rav de Nikolaïev.
Cette Yechiva de Romanovka était très connue ainsi que le signale le Rabbi dans son introduction du livre « Kav Naki » : « Les élèves y accourraient de près comme de loin ». Dernièrement on a découvert (comme c’est relaté dans les magazines Kfar ‘HaBaD n 948 et 956) des livres de questions et réponses hala’hiques de Rabbi Israël Arié Leïb Halévi de Romanovka, datées du 8 Éloul 1883, qui sont imprimées dans le fascicule « Yagdil Torah » n 9, alinéa 125 et qui furent édités dans la ville d’Odessa.
Le couple eut quatre fils :
L’aîné : Rav Méir Chlomo (auquel est consacré ce fascicule) Rav Mena’hem Mendel qui était Cho’het dans la ville de Krémentchoug Rav Eïzer qui était Rav de la ville de Krivoï Rog, dans la province de ‘Harsonne. Rav Moché qui était commerçant à ‘Harsonne
et six filles : Feiga ‘Hava Dina Moussia Odel Mindel
Le père, Rav Israël Leïb décéda apparemment en 1884 ou 1885.
Son éducation et sa position dans le ville de Loubavitch
Alors qu’il était encore très jeune, Rav Méir Chlomo fut élevé dans la maison de son grand père, Rav Avraham David Lavout qui l’éleva comme son propre fils. On suppose que c’est parce qu’il était devenu orphelin très jeune mais, dernièrement (Kfar ‘Habad n 956), on a appris, grâce au Rav Oberlander, que Rabbi Israël Arié Leïb – le père de Rabbi Méir Chlomo – assista à son mariage et mérita de connaître plusieurs de ses petites filles (qui naquirent avant ses petits fils qui portèrent son nom), comme la Rabbanit ‘Hanna. Il semble donc que si le grand père éleva Rabbi Méir Chlomo, ce soit dû au fait que Rabbi Israël Arié Leïb lui-même désira que son fils soit élevé et éduqué par son illustre grand père, Rabbi Avraham David.
Dans l’introduction de la biographie citée ci-dessus, le Rabbi écrit : « Rabbi Avraham David prit avec lui le fils aîné de sa fille Beïla Rivka, Rabbi Méir Chlomo, et l’éleva comme son propre fils dans sa maison. Avant sa mort, il laissa une lettre adressée aux notables de la ville de Nikolaïev leur enjoignant de nommer le fils de sa fille comme Rav de la ville car il était pour lui comme son propre fils. Effectivement, Rabbi Méir Chlomo se distingua par ses grandes connaissances talmudiques, sa piété et ses qualités remarquables. Comme son grand père, il aimait la paix et fuyait les honneurs ; les notables de la ville s’empressèrent de se conformer à cette dernière volonté ».
Rabbi Méir Chlomo était un ‘Hassid dévoué corps et âme à ses Rébbéim, Rabbi Chmouël et Rabbi Chalom Dov Ber de Loubavitch.
Dans de nombreuses Si’hot, le Rabbi rapporte qu’après son mariage, son grand père comptait parmi les « Yochevim », c’est-à-dire les jeunes gens mariés qui avaient le privilège de rester étudier plusieurs années auprès du Rabbi MaHaRaCh à Loubavitch. Pendant cette période, il ne s’occupait que d’étudier (Niglé et ‘Hassidout) et de prier. Rabbi Méir Chlomo resta environ sept mois (ou un an) à Loubavitch.
Dans d’autres occasions, le Rabbi raconta ce que lui avait rapporté son grand père, Rabbi Méir Chlomo sur ce qu’il avait remarqué chez le Rabbi MaHaRaCh.
Voici ce que raconta le Rabbi : « Mon grand père faisait partie des « Yochevim » auprès du Rabbi MaHaRaCh durant quelque temps puis il s’installa à Nikolaïev, une ville dont les habitants s’opposaient – au début de la prise de fonction du Rav – à tout ce qui concerne la ‘Hassidout.
« Quand il évoquait devant eux le Rabbi MahaRaCh et sa façon de se conduire, certains vinrent le voir avec un argument très précis : Comment se faisait-il que le Rabbi portait sur lui deux montres en or ? Comment se permettait-il d’utiliser de l’or ? Quand il écrivait ou signait, il utilisait une plume ou un crayon recouverts d’or ; sa boîte à tabac était également recouverte d’or !
« Nous nous trouvons en exil et on peut utiliser l’or et l’argent pour la Tsedaka mais comment peut-on se permettre un tel luxe et utiliser de l’or même pour des objets de tous les jours, pas même de Chabbat ?
« Mon grand père écouta tous ces arguments avec patience puis s’écria : « Sot ! Pour qui crois-tu que l’or et l’argent ont été créés : pour les non Juifs ? Ou peut-être – Lehavdil pour des Juifs comme toi et moi ? Le Saint Béni soit-Il a créé l’or dans le monde afin qu’un Juif Tsadik s’en serve ! Sinon, il n’y aurait aucune justification à l’existence de l’or ! »
A propos de son attachement au Rabbi MaHaRaCh, nous en trouvons mention dans la Si’ha de Rabbi Yossef Yits’hak dans laquelle il raconte (Séfer Hassi’hot – été 1942 p. 149) : « En hiver 1891, le Chabbat Parachat Terouma, mon père, le Rabbi prononça le discours ‘hassidique : « Ils me feront un sanctuaire et Je résiderai parmi eux ». Ce Chabbat là, Rabbi Méir Chlomo était venu de Nikolaïev… »
Dans le Séfer Hassi’hot (1943 – page 157), il est encore raconté : « Le Chabbat Parachat Chemot, étaient venus Rav Méir Chlomo avec Rav Achère Grossman de Nikolaïev… »
De même le Rabbi raconte (dans une Si’ha de Chabbat Vayéle’h, le 6 Tichri 1989 – Séfer Hassi’hot page 45) à propos des Maamarim du Rabbi MaHaRaCh qui étaient parvenus à son grand père, Rabbi Méir Chlomo : « La personne dont on célèbre le Yahrzeit – (la Rabbanit ‘Hanna – note de l’éditeur) dès son plus jeune âge, avant son mariage, alors qu’elle était dans la maison de son père Rabbi Méir Chlomo Halévi Yanovski, le Rav de Nikolaïev (une des villes importantes qui, à une certaine époque, était un bastion de la ‘Hassidout ‘HaBaD, s’occupait entre autres à recopier les Maamarim du Rabbi MaHaRaCh, de mémoire bénie. Elle le faisait soit par écrit, soir par oral grâce à un « ‘Hozère » (un ‘Hassid doué d’une très bonne mémoire qui pouvait répéter par cœur les Maamarim qu’il avait entendus). Elle agissait ainsi de sa propre initiative car elle désirait œuvrer pour la diffusion de la ‘Hassidout ».
Doué pour le chant ‘hassidique
Rabbi Méir Chlomo était également connu pour être un chanteur extraordinaire, doué d’une très grande intuition pour la mélodie. Quand il chantait, on était profondément pénétré au point que même un cœur de pierre aurait fondu en extase. On connaît particulièrement le chant appelé « Vollo’h » : un chant de bergers qui provient de la région orientale de Vollo’h et que Rabbi Méir Chlomo chantait fréquemment (voir le Séfer Hanigounim, 1ère partie, pages 19, chant n 203).
Le regretté Rav Yehouda Leïb Raskin raconta : « A Sim’hat Torah 1960, après que le Rabbi nous ait enseigné la mélodie Ra’hamana Déani, je suis entré chez la Rabbanit ‘Hanna, la mère du Rabbi, et elle me demanda quelle mélodie le Rabbi avait enseignée. Je répondis Ra’hamana Déani. Elle me demanda de le chanter encore et encore et je m’efforçai de le faire bien qu’il fût nouveau pour moi et que je ne le connaisse pas très bien. Cependant elle l’avait reconnu de suite et elle déclara, émue : « C’est le chant de mon père, Rabbi Méir Chlomo, de mémoire bénie ! »
Dans le livre racontant la biographie de Rabbi Lévi Yits’hak (1ère partie, page 72 et suivantes), il est raconté au nom de Rav Avraham David Yanovski : « Un jour, un émissaire particulier arriva chez Rabbi Méir Chlomo et lui raconta que son gendre, Rabbi Lévi Yits’hak, qui habitait à Yékatronislav, était cloué au lit à cause d’une forte inflammation des poumons. En entendant cela, Rabbi Méir Chlomo s’enflamma, mit son pied sur la chaise et se mit à chanter le fameux chant des bergers, Vollo’h, d’une façon particulièrement suave et enthousiaste. Quand il termina le chant, il déclara de façon très sérieuse : « Si, que D.ieu préserve, quelque chose avait été décrété contre lui, je désire prendre sa place ! »
Dans les « Rechimot » (fascicule 14 page 14), dans son journal du mois de Tichri 1933, le Rabbi évoque une mélodie du Rabbi MaharaCh et son origine et, entre autres, mentionne : « Je l’ai apprise de mon grand père, qu’il vive longtemps ».
Rav de la ville
De toutes les villes de la région, on s’adressait à Rabbi Méir Chlomo avec des questions variées, entre autres des problèmes commerciaux et des questions liées à la politique du gouvernement du Tsar de l’époque.
Dans le livre de Questions et Réponses « ‘Hazone Lamoëd » du Gaone Rav Morde’hai Dov Eidelberg qui était Rav dans le Beth Din de Rabbi Méir Chlomo à Nikolaïev, il rapporte plusieurs remarques de Rabbi Méir Chlomo : « Mon ami le Gaone Rav Méir Chlomo m’a fait remarquer que ce jugement est évoqué dans … » ou encore : « A ce propos, le Gaone Rav Méir Chlomo Yanovski apporte la preuve que… » ou encore : « Après quelque temps, mon ami le Gaone Rav Méir Chlomo Yanovski m’a montré dans le livre Chéélot Outechouvot… »
Dans le livre Kérem Israël (Piétrkov 1929), le Gaone, Rav Israël Halévi Borenstein, président du tribunal Rabbinique de Plounsk (et qui fut pendant un certain temps membre du Beth Din de Nikolaïev), dans le fascicule Mekorot Israël qu’il édita au début de son livre, raconte longuement les souffrances du peuple juif en Russie et écrit entre autres :
« Nous avons décidé – en 1929 – de quitter la ville et de nous installer à Nikolaïev. Nous avons subi de nombreux problèmes et de nombreux contretemps jusqu’à ce que nous ayons pu atteindre la ville, un vendredi. Après avoir résidé dans cette ville pendant trois mois, j’ai été élu membre du Comité de la communauté orthodoxe ; grâce à cela, j’ai été élu membre du Comité directeur à la tête duquel siégeait Rav Chmouël Schneersohn, gendre du Rav Méir Chlomo Yanovski. Ensemble, nous avons œuvré pour le développement religieux de la communauté, jusqu’à mon départ.
« La communauté m’octroyait un salaire grâce aux revenus de la Ché’hita (abattage rituel) comme pour le salaire des Rabbanim qui m’avaient précédé, Rav Méir Chlomo Yanovski et Rav Morde’hai Dov Eidelberg (auteur du livre « Hazone Lamoëd déjà mentionné). »
Plusieurs fois, le Rabbi le mentionne avec les titres : « Le Rav, le Gaone, le Rav, le Tsadik etc. Rav Méir Chlomo, qu’il repose en paix, que sa mémoire nous protège ». (Si’ha corrigée Parachat Véyéle’h 1989 ainsi que dans une note ajoutée à une lettre collective, imprimée dans le Séfer Hassi’hot 1991, seconde partie, p. 877).
La Rabbanit ‘Hanna, que son mérite nous protège, évoqua une fois son père devant Rav Dov Ber Younick ; elle souligna le fait que, à part son érudition en Torah et ‘Hassidout, il était aussi imprégné d’une profonde crainte de D.ieu et en donna un exemple : « Avant la fête de Souccot, mon père vendait des Éthroguim (pour compléter le petit salaire qu’il recevait de la communauté en tant que Rav). Quand un acheteur potentiel se présentait et avait déjà choisi son Éthrog, mon père lui suggérait de le vérifier encore une fois pour s’assurer qu’il était bien cachère et parfait, que le Pitom était entier etc. bien que cela signifiât qu’il lui resterait beaucoup de Éthroguim invendus. Cependant pour lui, l’essentiel était que ses clients possèdent les plus beaux Éthroguim ».
Dans de nombreuses lettres du Rabbi RaChaB et de Rabbi Yossef Yits’hak, nous trouvons des lettres adressées à Rabbi Méir Chlomo à propos de son action et de ses efforts en faveur du Kollel ‘HaBaD pour les nécessiteux de Éretz Israël puis, par la suite, pour la Yechiva Tom’hé Tmimim qui avait été construite entre-temps à Loubavitch.
Ses descendants
Rabbi Méir Chlomo eut trois filles et un fils :
La Rabbanit ‘Hanna qui épousa le Gaone, le Mekoubal Rabbi Lévi Yits’hak et qui devint la mère du Rabbi. Leurs biographies sont relatées dans les livres Toledot Rabbi Lévi Yits’hak (en trois volumes) et Em Beisraël ainsi que dans les livres Yemé Méle’h.
Myriam Guittel qui épousa, le 1er Éloul 1911, Rav Chmouël Schneersohn, frère de Rabbi Lévi Yits’hak : elle n’eut qu’un fils, appelé Mena’hem Mendel.
C’est à propos de cette union (deux frères avec deux sœurs) que le Rabbi RaChaB écrivit (p. 823) : « Si un Rav est d’accord, elle pourra accepter la suggestion. Il convient que les deux couples habitent dans des villes différentes. Que D.ieu fasse que cela se passe avec succès, matériellement et spirituellement ».
Dans une lettre datée du 13 Éloul 1949, le Rabbi écrivit : « Mon père, mon maître ainsi que mon oncle avaient épousé deux sœurs sur le conseil du Rabbi RaChaB, que son mérite nous protège, avec la recommandation qu’ils n’habitent pas dans la même ville…
Rabbi Chmouël, comme son beau père et le grand père de celui-ci devint Rav de Nikolaïev ainsi qu’en témoigne le Rabbi dans une lettre datée du 7 Kislev 1948 (dans le second volume) : « Le Rav, le Gaone Rav Chmouël Schneersohn, président du Tribunal Rabbinique de Nikolaïev ainsi que son épouse Mme Myriam Guittel ».
Nous avons mentionné plus haut les notes de Rav Israël Borenstein dans lesquelles il est mentionné que Rav Chmouël Schneersohn était à la tête du Comité de la communauté orthodoxe de Nikolaïev. Bien que ceci ne soit pas très clair, il semblerait d’après ces notes, que Rabbi Chmouël Schneersohn ait été le Rav de la ville de 1920 à 1928, sans doute à la mort de son beau père Rabbi Méir Chlomo.
Dans le livre « Toldot ‘HaBaD Beroussia Hassoviétit » est imprimée la liste des Rabbanim et des responsables communautaires qui participèrent au grand Congrès de Korastine qui se déroula en ‘Héchvane 1927 : il y est mentionné la participation de Rav Chmouël Schneersohn de Nikolaïev.
De même dans l’une des notes de Rabbi Yossef Yits’hak de l’année 1930 (imprimée dans Yemé Méle’h, 1ère partie, page 328) il est mentionné : « Une lettre à mon gendre, Rabbi Mena’hem Mendel -(le Rabbi – note de l’éditeur), à son père (Rabbi Lévi Yits’hak) et son oncle (Rabbi Chmouël) afin qu’ils agissent en harmonie avec Razine ». De là on comprend que les deux frères agissaient de concert pour tout ce qui concernait la diffusion de la Torah et Rabbi Yossef Yits’hak leur demandait par l’intermédiaire du Rabbi -d’agir avec le Dr. Razine, le célèbre responsable du Joint.
On a appris dernièrement, à propos du décès de la Rabbanit Myriam Guittel – par l’intermédiaire de sa belle fille, l’épouse de Rav Mena’hem Mendel, Madame Génia : « Elle décéda après une longue et douloureuse maladie le 20 Kislev 1940, du vivant de sa mère, la Rabbanit Ra’hel Yanovski, la grand-mère du Rabbi. A la mort de son épouse à un âge si jeune, Rav Chmouël était brisé et bouleversé ».
Leur fils, Rav Mena’hem Mendel reçut de nombreuses lettres de son cousin, le Rabbi. Dernièrement, on a découvert dans les Rechimot, la lettre qu’il lui envoya à l’occasion de sa Bar Mitsva :
« Le 28 Éloul – Riga
Mon cher cousin, le fils de mon frère Mena’hem Mendel,
A l’occasion de ton treizième anniversaire, du jour de ta Bar Mitsva, je désire bavarder un peu avec toi, comme si nous étions assis ensemble et que nous pouvions nous parler face à face. Jusqu’à ce que nous puissions nous revoir, je suis obligé de te transmettre mes paroles par écrit et j’espère que d’ici peu, après que tu aies étudié ce que je t’écris, tu me répondras par écrit ou par oral, tes commentaires sur ce que je t’écris, ainsi que tout ce que tu en penses et les idées que cela te donne… »
Et le Rabbi conclut sa lettre :
« Que D.ieu fasse qu’à partir du jour de ta Bar Mitsva, tu ailles en augmentant et en progressant. Sois fidèle à tout ce qui est saint pour nous, garde et protège tout ce qui nous est cher. Sois un exemple pour tous dans ta vie et dans tes voies, pour la gloire et l’honneur parmi nous et sois un Gaone dans notre famille.
Dans une note de l’éditeur : « Le fils de mon frère : comme il est écrit dans Yebamot (17 :2) : Comme Loth à propos duquel il est écrit : « Nous sommes des frères », car même le frère du père est appelé frère. Le corollaire est à remarquer à propos de la reine Esther : il est écrit explicitement qu’elle était la fille de son oncle ; or de nombreux commentateurs précisent qu’elle était la fille de son frère, que (Morde’hai) était donc son oncle ».
Rabbi Mena’hem Mendel et son épouse, Madame Génia se marièrent à Odessa le 13 Tévet 1941. Le Messader Kidouchine était le père du marié, Rabbi Chmouël Schneersohn, de mémoire bénie.
Après l’incarcération de Rabbi Lévi Yits’hak et son départ en exil au Kazakstan, son frère Rabbi Chmouël lui envoyait des colis de nourriture. Madame Génia se souvient encore aujourd’hui de son adresse en exil car c’était elle qui apportait les paquets à la poste.
Le ‘Hassid Rav Chmouël Schneerson fut également arrêté par les autorités soviétiques et, le 4 Tamouz 1941 fut condamné à trois ans d’exil dans la ville de Tomsk, en Sibérie. Au bout d’un an et demi, en Adar 1 de l’année 1943, il fut libéré de son exil à cause de sa faiblesse et de ses problèmes cardiaques. Après sa libération, Rabbi Chmouël arriva dans la maison de son fils, Mena’hem Mendel, qui habitait alors dans la ville de Tcherdzov en Turkménistan. Quand les Allemands s’étaient apprêtés à envahir l’Ukraine, Mena’hem Mendel et sa famille s’étaient enfuis là bas.
Éttil, épouse de Rav Zalman Mariachine. En 1942, elle s’enfuit devant l’avance allemande vers la ville de Offa, en Russie et c’est là qu’elle décéda.
Israël Leïb, de mémoire bénie. Il mourut très jeune du typhus à l’âge de 15 ans, en 1901, un an avant la naissance de son neveu, le Rabbi chef de notre génération. La mort de ce jeune homme causa une très grande peine à Rabbi Méir Chlomo et le Rabbi RaChaB lui envoya immédiatement une lettre de condoléances (imprimée dans le livre des Lettres du Rabbi RaChaB – 1ère partie page 252). Au début il écrit :
« Veille du Chabbat Kodech 9 Nissan 1901 – Worriassabène
A mon ami, le célèbre et honoré Rav, qui a la crainte de D.ieu etc.
Méir Chlomo, qu’il vive longtemps
J’ai entendu de notre ami commun, Rav Achère, (Cho’het Oubodeck) que vous souffrez et soupirez beaucoup, que D.ieu nous en préserve, au point que vous vous affaiblissez et que vous n’avez plus la force de vous occuper de quoi que ce soit… »
(Rav Achère Grossman de Nikolaïev est réputé pour certains de ses Nigounim (mélodies ‘hassidiques) mais aussi pour s’être tenu à la droite du Rabbi RaChaB quand celui-ci annota le Tanya et le Likouté Torah. Il était un ami proche de Rabbi Méir Chlomo (comme on peut le lire dans Toldot Rabbi Lévi Yits’hak, 1ère partie, p. 102 et suivantes).
Dans la lettre, Rabbi Chalom Dov Ber écrit longuement à propos de la façon dont il convient d’accepter les épreuves et la nécessité de s’éloigner de la tristesse etc. C’était alors juste avant la fête de Pessa’h et le Rabbi lui conseillait d’étudier durant les premiers jours tout le long « Hemchè’h Veka’ha » et ceci « avec son gendre » (Rabbi Lévi Yits’hak, le père du Rabbi).
Le mariage de Rabbi Lévi Yits’hak et de la Rabbanit ‘Hannah
C’est dans cette maison que naquit la Rabbanit ‘Hanna. Dans sa jeunesse, elle reçut une chaude éducation ‘hassidique par son père, le Rav Méir Chlomo et sa mère, la Rabbanit Ra’hel, ainsi que par son illustre grand père, Rabbi Avraham David qui décéda quand elle avait 10 ans, en 1890.
La Rabbanit ‘Hanna hérita de nombre des qualités extraordinaires de son père ainsi que de son ouverture d’esprit et de sa gentillesse.
Quand Rabbi Lévi Yits’hak eut l’âge de se marier, le Rabbi RaChaB proposa la Rabbanit ‘Hanna, la fille de Rabbi Méir Chlomo.
Après que la date du mariage eut été fixée au 13 Sivane 1900, la jeune fille tomba gravement malade et son père voulut retarder le mariage. Il envoya pour cela un émissaire au Rabbi RaChaB pour obtenir son accord pour le report. Mais le Rabbi RaChaB refusa et donna sa bénédiction pour que tout se passe pour le mieux, il n’y avait pas de quoi s’inquiéter. Effectivement, le mariage se déroula à la date prévue, le 13 Sivane 1900, dans la maison d’un notable de la ville, M. Brichkovski, de mémoire bénie.
Trois mois auparavant, Roch ‘Hodech Adar Chéni, le Rabbi RaChaB avait envoyé une lettre au Rav Achère de Nikolaïev, l’ami de Rabbi Méir Chlomo, le père de la fiancée, dans laquelle il lui disait entre autres (Second volume des Lettres – p. 106) : « Je ne comprends pas qu’il ne mentionne rien au sujet de la fille de notre ami, Rav Méir Chlomo, et je lui serais reconnaissant qu’il me tienne au courant le plus rapidement possible ; que D.ieu lui envoie une prompte guérison, parmi tous les malades du peuple juif »
A l’approche du jour du mariage, le Rabbi RaChaB révéla à Rabbi Lévi Yits’hak, le fiancé, certaines préparations spirituelles en prévision du foyer éternel qu’il s’apprêtait à bâtir ainsi que l’écrivit Rabbi Lévi Yits’hak à son fils, le Rabbi avant le mariage de celui-ci (Lettres 3ème partie – page 106) : « Quand tu te tiendras sous la ‘Houppa (le dais nuptial), réfléchis tout le temps à la crainte de D.ieu. C’est ce que m’avait recommandé le Rabbi – de mémoire bénie, que son mérite nous protège, avant mon mariage ». (Likouté Lévi Yits’hak – Lettres).
En plus du télégramme que le Rabbi envoya avant le mariage, il envoya encore une lettre quelques semaines après le mariage au père du fiancé, Rabbi Barou’h Chnéour (Lettres – 3ème partie – page 136), à la date du mardi 6 tamouz 1900 :
« Du fond du cœur, je le félicite avec ma bénédiction de Mazal Tov pour le mariage de son fils Lévi Yits’hak, qu’il vive longtemps. Que D.ieu fasse que leur union dure longtemps et se déroule de façon agréable, matériellement et spirituellement, avec la réussite dans tous les détails, avec des enfants bénis de D.ieu selon la volonté de nos ancêtres, les saints Rébbéim, que leur mérite nous protège. Que le Rav obtienne d’eux une grande satisfaction selon son désir dans tous les domaines. Du fait de mes nombreuses occupations, cette lettre a été retardée jusqu’à maintenant mais vous avez certainement reçu le télégramme en temps voulu… »
Après le mariage, Rav Lévi Yits’hak resta auprès de son beau père, le Rav de Nikolaïev à peu près dix ans et il étudiait la Torah jour et nuit. (On raconte plusieurs histoires quant à sa conduite auprès de son beau père durant cette période dans les livres Toldot Lévi Yits’hak, Yemé Méle’h et d’autres).
Rav Chmouël Grossman raconte : « Rabbi Méir Chlomo étudiait avec moi à 5 heures du matin. Plus d’une fois, il me fit remarquer comment son gendre, Rabbi Lévi Yits’hak se préparait à aller dormir après qu’il ait étudié la Torah toute la nuit ».
Avec son petit-fils, le Rabbi
C’est pendant ces années où il habitait chez son beau père que naquit son fils aîné, le Rabbi, le 11 Nissane 1902.
La Brit Mila eut lieu le 18 Nissane, quatrième jour de ‘Hol Hamoëd Pessa’h (qui est également le jour de l’anniversaire de Rabbi Lévi Yits’hak). On raconte que le ‘Hassid, Rav Achère, le Cho’het de la ville de Nikolaïev était invité au repas. Cependant, comme il était particulièrement scrupuleux et – selon la tradition ‘hassidique – ne mangeait pas en dehors de chez lui, il ne goûta à rien. Rabbi Méir Chlomo le remarqua et en fut attristé mais il déclara : « De fait, je serais en droit d’être vexé et de vous en vouloir car, chez moi, vous pouvez manger sans crainte. Mais que puis-je faire ? Un jour, vous m’avez sauvé la vie ! »
Voilà ce qui s’était passé : un jour, Rabbi Méir Chlomo avait contracté la maladie du typhus – une maladie mortelle à l’époque, car on n’avait pas encore trouvé de remède efficace. Afin d’éviter la contamination d’autres personnes, les malades étaient envoyés de force par les autorités sanitaires dans des camps fermés, loin de la ville, sans médicaments. De fait, les malheureux souffraient terriblement jusqu’à leur mort inévitable dans ces conditions, que D.ieu nous en préserve. Seul le médecin était autorisé à leur rendre visite une fois par jour et à leur donner des médicaments qui ne faisaient qu’alléger un peu leurs douleurs. Personne d’autre n’avait le droit de les réconforter et de les aider dans leurs derniers moments sur terre tant était grande la crainte de la contagion.
Dès qu’on eut constaté son état, Rabbi Méir Chlomo fut lui aussi amené sans ménagements dans ce véritable mouroir, sans aucun espoir d’en sortir vivant.
Quand son plus proche ami, Rav Achère Grossman apprit la nouvelle, il se précipita en dehors de la ville avec un livre de Tanya sous le bras. Comme il n’était pas autorisé à entrer dans la chambre du malade ni même de se tenir à sa porte, il se tint debout non loin de sa fenêtre et se mit à lire à voix haute le Igrot Kodech 11 « Leaskilera Bina » dans lequel il est expliqué que rien de mauvais ne provient de D.ieu : l’homme doit se réjouir à chaque instant en plaçant sa confiance en D.ieu qui désire le combler de bienfaits à tout instant ; le croyant ne ressentira aucune souffrance car tout est pour le bien, véritablement et entièrement etc.
Après avoir achevé sa lecture, Rav Achère rentra chez lui sans avoir pu voir son ami mais il revint ainsi chaque jour, durant trente jours sans interruption, pour lire à voix haute ce chapitre.
Rabbi Méir Chlomo lui-même raconta par la suite que, dès la première lecture, il avait senti une petite amélioration de son état. Progressivement, il s’était renforcé et, au bout de trente jours dans cet enfer, il avait été déclaré guéri et avait pu en sortir, VIVANT !
On demanda un jour au Rabbi s’il avait eu un Pidione Habène (rachat du premier né) mais il s’avéra que cela n’avait pas été nécessaire puisque sa mère, la Rabbanit ‘Hanna, était une Bat Lévi !
Il y a plus de vingt ans, quelqu’un a fait remarquer qu’aucun des Rébbéim n’avait eu besoin de Pidione Habène, sauf Rabbi Chnéour Zalman et le Rabbi Tséma’h Tsédek. A propos de Rabbi Yossef Yits’hak, Reb Rephoël Cohen écrivit dans le livre Chemouot Vessipourim qu’il y avait un doute quant au fait qu’il soit un aîné (selon les paroles de la Rabbanit Sterna Sara qui, interrogée une fois par la fille aînée de Rabbi Yossef Yits’hak refusa de répondre à cette question).
(Cependant, sur la Matséva – pierre tombale – de la Rabbanit ‘Hanna, le nom de son père est mentionné mais sans aucune allusion au fait qu’il fût un Lévi… Ceci n’est pas non plus mentionné dans l’introduction du livre « Kav Naki »)
Il semble que, dans sa tendre enfance, le petit fils étudia et fut élevé en partie par son illustre grand père qui imprima sur lui son empreinte.
Même par la suite, quand Rabbi Lévi Yits’hak fut nommé Rav de Yékatronislav, le lien entre le petit fils et le grand père ne fut pas coupé. On connaît la note écrite par le Rabbi au début du « Hadrane » en l’honneur de sa grand-mère (Séfer Hassi’hot 1990 – 1ère partie) :
« 24 Tichri – jour du Yahrzeit de ma grand-mère – que D.ieu venge son sang, épouse du Rav, le Gaone etc. Rav Méir Chlomo Yanovski (Nikolaiëv). Quelques semaines avant la fin de l’été, durant plusieurs années je restai à Nikolaïev et elle s’occupait de moi etc ».
Cette note a été écrite par le Rabbi à propos de sa grand-mère, mais de là on comprend qu’il avait certainement davantage encore de contact avec le Rabbi Méir Chlomo. Même après le départ du Rabbi de Nikolaïev – aux environs de l’année 1909 – il continua de se rendre de temps en temps chez son illustre grand père dont il reçut une influence bénéfique.
Le mariage du Rabbi
Dans le livre Toldot Lévi Yits’hak (seconde partie – page 385) il est raconté au nom du regretté Rav Yits’hak Goldschmidt qui était Cho’het à Yékatronislav et qui se trouvait souvent dans la maison de Rabbi Lévi Yits’hak : « Dans la maison de Rabbi Lévi Yits’hak, on fêta ce soir-là (le 14 Kislev 1928) le mariage du Rabbi, dans les moindres détails – bien que le mariage se déroulât à Varsovie… Il y avait même des instruments de musique.
« Au moment du repas, après quelques verres de vodka…, Rabbi Lévi Yits’hak demanda à son beau père, Rabbi Méir Chlomo, de danser avec sa fille (la Rabbanit ‘Hanna) en guise de « Mitsva Tanz ». Rabbi Méir Chlomo refusa jusqu’à ce que Rabbi Lévi Yits’hak s’écria d’une voix forte : « Je vous l’ordonne ! ». Alors Rabbi Méir Chlomo s’exécuta et dansa avec sa fille ».
Cependant, dans Likouté Si’hot 34ème volume – page 291), en réponse à Rav Gavriel Tzinner (auteur des réponses hala’hiques Néta Gavriel) qui, après avoir lu cet épisode, avait demandé pourquoi chez Loubavitch on n’a pas l’habitude de faire Mitsva Tanz dans les mariages, le Rabbi écrit : « Je n’ai pas entendu parler de cela – mais celui qui voit concrètement à quoi aboutit cette habitude de nos jours dans certains mariagesen comprend la raison ».
Par la suite, on peut voir ce qu’en écrit la Rabbanit ‘Hanna elle-même à propos de cette soirée : « Le Rav (Rav Lévi Yits’hak) dansa avec son beau-père (Rabbi Méir Chlomo) et son frère pendant très longtemps et les gens les regardaient danser tandis que les larmes coulaient de tous les visages. Personne ne pouvait s’empêcher de pleurer. Telle était la joie qui régnait alors ».
Dans une lettre qu’écrivit le Rav, le ‘Hassid, Rav Chmouël Schneersohn à propos de son frère, en date du 17 Kislev, il décrit comment se déroula le mariage dans la maison de Rabbi Lévi Yits’hak et conclut : « Voici en bref comment se déroula la journée chez nous et nous allons encore célébrer les sept jours de festin et c’est pour cela que je suis resté jusqu’au lundi ainsi que mon beau père (Rabbi Méir Chlomo) et ma belle-mère (la Rabbanit Ra’hel) ».
Son décès
Rabbi Méir Chlomo décéda le 23 Éloul et fut enterré à Nikolaïev. Ce cimetière fut détruit par les Soviétiques – que leur nom soit effacé ! – et, à sa place, ils construisirent un parc, que D.ieu nous en préserve !
Dans le calendrier de l’année 1946, le Rabbi a noté la date du 23 Éloul comme « le jour de mon grand père, le Rav Méir Chlomo ».
Le Rabbi avait l’habitude tous les ans, de réciter le Kadich ce jour là mais les premières années, on ignorait pour qui c’était. Ce n’est qu’en 1986 que le Rabbi en révéla la raison et prononça même une Si’ha en cette occasion à propos de son grand père.
On estimait qu’il décéda en 1937 mais dernièrement on apprit que c’était en 1933 : dans les Rechimot (fascicule 14 page 14), dans le « journal » de Tichri 1933, le Rabbi écrit à propos d’une mélodie du Rabbi MaHaRaCh et de son origine. Il écrit alors la phrase suivante : « Je l’ai appris de mon grand père, qu’il vive longtemps ». Il était donc encore vivant à ce moment-là.
De même dans le numéro 834 du magazine Kfar ‘HaBaD (page 28), on trouve une lettre envoyée par Rabbi Méir Chlomo au Rabbi à la date du 24 Éloul 1930.
Finalement, on est obligé de trancher d’après une lettre écrite par Rabbi Chmouël Schneersohn, l’oncle du Rabbi et qui était aussi le gendre de Rabbi Méir Chlomo Yanovski : cette lettre a également été imprimée dans Kfar ‘HaBaD (718, page 112) et est datée de la veille de Yom Kipour 1933 : « J’ai subi une grande perte car mon beau père, le Gaone (Rav Méir Chlomo) est décédé la semaine précédant Roch Hachana. Quel malheur ! Ah, ceux qui partent et ne sont pas oubliés ! C’était un véritable Tsadik, que D.ieu nous console parmi tous les endeuillés de Tsione et de Yerouchalayim et qu’Il dise à nos souffrances : Suffit ! Que son mérite nous protège ! »
De là on apprit donc que Rabbi Méir Chlomo décéda en 1933.
Le Rabbi avait l’habitude de désigner de façon spéciale les dates dans les livres édités par Kehot. Dans le livre Atéret Roch qui fut imprimé en 1949 le Rabbi précise que la date d’impression est le 23 Éloul
Son épouse, la Rabbanit Ra’hel
La Rabbanit Ra’hel Yanovski était la fille du Rav Yits’hak Pushnitz, le Rav de Dobrinka (une ville proche de Nikolaïev).
Le Rabbi écrit à son sujet dans un manuscrit du début du Hadrane en l’honneur du Yahrzeit de sa grand-mère (Séfer Hassi’hot 1990 – 1ère partie) :
« Le 24 Tichri, jour du décès de ma grand-mère, la Rabbanit Ra’hel – que D.ieu venge son sang, l’épouse du Gaone, du Rav, Rabbi Méir Chlomo Yanovski (Nikolaïev)… »
Madame Génia Schneersohn raconte à propos de la Rabbanit Ra’hel :
« Quand les Allemands approchèrent de l’Ukraine, nous avons décidé de nous enfuir de Nikolaïev vers l’Asie lointaine. Nous avons voulu emmener avec nous la grand-mère de mon mari, la Rabbanit Ra’hel. Nos voisins non juifs ont vu que nous nous apprêtions à l’emmener pour un long voyage et nous ont proposé de la laisser chez eux : « C’est une femme âgée et les aléas du voyage seront trop pénibles pour elle. Laissez-la chez nous et nous la protègerons contre les Allemands ! ». C’est ce qu’ils promirent. En accord avec la grand-mère, les membres de sa famille décidèrent de la laisser dans la maison des voisins non juifs. Effectivement, les voisins tinrent leur promesse : quand les Allemands envahirent l’Ukraine, les voisins cachèrent la grand-mère Ra’hel dans leur maison et les Nazis n’eurent pas connaissance de son existence. Mais, pour son malheur, d’autres voisins, des bandits sans foi ni loi, avaient compris qu’elle se cachait dans cette maison. Quand les Nazis – que leur nom soit effacé rassemblèrent les Juifs de Nikolaïev pour les tuer, elle fut dénoncée et emmenée elle aussi de force par les Nazis avec les milliers d’autres Juifs qui furent assassinés Al Kidouch Hachem, que D.ieu venge leur sang !
En 1948, le vendredi 8 Adar, naquit une fille au foyer du regretté Rav Moché Hecht. Ce jour-là, le Rabbi lui téléphona et lui demanda une faveur : jusqu’à présent, aucune petite fille n’avait été nommée du nom de sa regrettée grand-mère, la Rabbanit Ra’hel, que D.ieu venge son sang. Pouvait-il donner à sa fille le prénom Ra’hel ? C’est ce qu’il fit.
Quand le Rabbi apprit que sa demande avait été exaucée, il envoya une lettre à Rav Hecht : « J’ai appris par son frère qu’il lui est née une fille et qu’il l’a appelée Ra’hel. Je le remercie du fond du cœur d’avoir accepté ma suggestion et je le bénis pour qu’il puisse l’élever dans la Torah, vers la ‘Houppa et pour les bonnes actions, dans la largesse, matériellement et spirituellement !
« Et pour conclure avec des paroles de Torah : son nom représente quelque chose de particulier comme il est écrit dans le livre Yonat Élème
– chapitre 5 : « Il y eut de la lumière » Guematria : Ra’hel. Et il faut expliquer d’après ce qui écrit dans Torah Ohr, au début du Maamar : « Vatossef Esther : l’assemblée d’Israël est appelée Ra’hel quand elle est dans une perspective dévoilée et il en est ainsi dans chaque Juif, dont la volonté est de s’annuler et de se fondre dans Sa Lumière céleste alors qu’Il est dévoilé et enthousiaste.
« Or voici : chez les Bné Israël, toute chose doit être grâce à un travail.
Et la lumière a un avantage justement par rapport à l’obscurité comme on le sait. C’est ainsi qu’on comprend ce que disent nos Sages : « Hachem et ce fut la lumière » en accord avec le livre de Chemot dans lequel les Bné Israël sont sortis de l’obscurité vers la lumière. Et ce n’est pas ici l’endroit pour s’approfondir sur tout cela.
« Avec ma bénédiction de Mazal Tov et mes souhaits pour un Pourim joyeux du fond du cœur
Harav Mena’hem Schneersohn
(inclus le reçu de 18 pièces en faveur de Ra’hel fille de Rivka Hecht pour la Tsedaka en son mérite).
Le regretté Rav Moché Hecht raconte : « La Rabbanit ‘Hanna – de mémoire bénie la mère du Rabbi fut très heureuse de cela et quand nous arrivâmes à New York et que nous lui avons rendu visite avec le bébé, elle nous dit que son fils lui avait déjà annoncé qu’elle portait le nom de sa mère et elle s’en montra enchantée. Depuis ce jour, chaque fois que nous allions lui rendre visite, elle nous recevait particulièrement chaleureusement ».
Rav Guerchone Mendel Garélik déclara que, lors de la première Ye’hidout (entretien privé) qu’il eut avec le Rabbi, celui-ci lui demanda d’ « apprendre les Hil’hot Birkot Hanéénine avec les explications de Dére’h Ha’haïm et du Netiv ‘Haïm de mon grand père ».
Traduit par Feiga Lubecki
Chants composés par le Rav Meir Chlomo HaLevy Yanovsky