Une Yechiva hassidique révèle que la vraie spiritualité ne vient pas de la perfection mais de l’authenticité intérieure. À Tomhei Temimim, l’approche diffère radicalement des institutions traditionnelles en encourageant ses étudiants à retrouver leur connexion naturelle avec D.ieu. Cette philosophie unique explique pourquoi certains pratiquants deviennent arrogants tandis que d’autres développent humilité et compassion.
Rav Avraham Katz
Rav Avraham Katz de Postville, Iowa, développe cette réflexion profonde sur la différence fondamentale entre deux approches de la spiritualité juive. D’un côté, la recherche de la complétude (Chlemout) qui mesure les progrès par rapport à des standards externes. De l’autre, la quête d’authenticité (Temimout) qui consiste à révéler sa nature profonde de Juif.
Chlemout versus Temimout : deux voies opposées
La Chlemout représente l’achèvement de quelque chose par rapport à autre chose. Comme deux personnes qui atteignent la paix entre elles, ou un récipient du Beth Hamikdach qui devient complet quand on le remplit. Cette approche mesure constamment les progrès spirituels selon des critères comparatifs.
La Temimout, elle, trouve sa source dans le verset « hishalech lifonai veheye Tamim » – marche devant Moi et sois intègre. Il s’agit de retrouver son état originel de connexion avec D.ieu. La Brit Milah n’ajoute pas de perfection, elle permet simplement au Juif de revenir à son lien naturel avec D.ieu, comme dans la téchouva.
Un animal offert en sacrifice, sans défaut, est appelé Tam et non Chalem – il est dans son état originel, tel que D.ieu a créé les animaux. « Tamim tihyeh im Hachem Elokeha » signifie servir D.ieu avec un cœur sincère et sans complication, parce que c’est notre vraie nature.
L’approche révolutionnaire de Tomhei Temimim
Tomhei Temimim ne vise pas la Chlemout et la perfection par rapport aux autres ou selon des standards approuvés. La Yechiva se concentre sur la Temimout : découvrir, expérimenter et intérioriser la connexion naturelle avec D.ieu qu’Il a créée en nous.
L’objectif consiste à vivre comme un Juif fut originellement créé pour vivre. Cette connexion complète avec D.ieu se révèle de l’intérieur vers l’extérieur, plutôt que de créer une image de ce que nous pensons devoir devenir de l’extérieur vers l’intérieur.
L’idée de Tomhei Temimim est de soutenir et guider dans ce voyage spirituel authentique.
Pourquoi certains deviennent arrogants et d’autres humbles
Cette différence d’approche explique un phénomène troublant : pourquoi certaines personnes qui s’investissent dans l’étude et la prière deviennent arrogantes, se considérant « plus saintes » que les autres, tandis que d’autres développent gentillesse, humilité et tolérance.
Quand quelqu’un intensifie son étude et sa kavana dans la prière pour atteindre la Chlemout, la perfection selon un certain standard, il peut commencer à se sentir supérieur à ceux qui sont moins « parfaits ».
Mais un tamim grandit dans la Yiddishkeit parce que c’est sa vraie nature profonde. Cela n’a rien à voir avec l’atteinte d’une perfection relative à un standard externe ou à quiconque d’autre.
Au lieu de se sentir meilleur que les autres, il ressent de la Ra’hmanout pour ceux qui luttent – tiraillés par le Yetser Hara – comme il l’expérimente lui-même. Ou il fait preuve d’honnêteté en réalisant que les personnes qui étudient ou prient moins ne sont peut-être pas pires. Elles ont peut-être une situation plus difficile, ou sont même meilleures que lui car elles combattent au moins le Yetser Hara.
Torah et prière : élixir de vie ou poison spirituel ?
L’effet de la Torah et de la prière peut être un « Sam Ha’haim » (élixir de vie) ou, D.ieu nous en préserve, l’opposé. Tout dépend de l’approche : cherchez-vous à devenir un professionnel des activités religieuses, un maître dans votre carrière religieuse ? Ou votre objectif est-il d’être fidèle à qui vous êtes vraiment, dans votre connexion intérieure profonde avec D.ieu ?
Cette vision hassidique révolutionnaire place l’authenticité spirituelle au cœur de l’éducation juive, transformant radicalement l’approche traditionnelle de l’étude et de la pratique religieuse.
Le séminaire Beth Rivkah a ouvert ses portes pour la rentrée 5785, accueillant des étudiantes venues de France et de l’étranger. Cette nouvelle promotion s’apprête à suivre un cursus complet alliant études approfondies et formation pédagogique pratique. L’établissement se positionne comme un véritable laboratoire de formation pour les futures leaders éducatives.
**La rentrée 5785 du séminaire Beth Rivkah : un nouveau chapitre pour les futures éducatrices**
Le séminaire Beth Rivkah a ouvert ses portes pour la rentrée 5785, accueillant des étudiantes venues de France et de l’étranger. Cette nouvelle promotion s’apprête à suivre un cursus complet alliant études approfondies et formation pédagogique pratique. L’établissement se positionne comme un véritable laboratoire de formation pour les futures leaders éducatives.
Une nouvelle page s’écrit au séminaire Beth Rivkah avec cette rentrée de l’année 5785. L’établissement accueille une promotion d’étudiantes aux profils internationaux, provenant de France mais également d’Israël, des États-Unis et du Canada. Cette diversité géographique témoigne de l’attractivité et de la réputation de cette institution de formation.
Un cursus complet alliant théorie et pratique
Le programme proposé se caractérise par sa dimension équilibrée. Les étudiantes suivront des études approfondies de textes, pilier fondamental de leur formation, complétées par une formation pédagogique solide. Cette approche intègre une mise en pratique concrète à travers des projets formateurs porteurs de vision.
Un laboratoire d’avenir pour les éducatrices de demain
Le campus Beth Rivkah constitue un véritable environnement de vie où se façonnent les éducatrices et les leaders de demain. L’établissement mise sur la formation de professionnelles porteuses de valeurs fortes et d’un engagement authentique.
La direction exprime ses vœux pour une année riche d’apprentissage et de croissance personnelle, visant à permettre à chaque future éducatrice de révéler son potentiel et de préparer son rayonnement futur dans le domaine éducatif.
Un événement d’ampleur a rassemblé plus de 250 participants ce lundi 8 septembre à Paris pour célébrer l’étude approfondie de la Halakha. Le Makhon Lema’an Yilmedou France a organisé cette soirée exceptionnelle marquée par la remise de plus de 60 diplômes. La présence du Grand Rabbin de la Rabbanout Harachit d’Israël a donné une dimension particulière à cette célébration de la Torah.
Ce lundi soir 15 Elloul correspondant au 8 septembre 2025, la capitale française a accueilli un grand Kinous de renforcement dans l’étude de la Halakha d’une envergure remarquable. L’événement, organisé par le Makhon Lema’an Yilmedou France, a attiré plus de 250 participants venus célébrer l’excellence dans l’étude des lois juives.
Une cérémonie de remise de diplômes exceptionnelle
Le moment phare de cette soirée fut incontestablement la cérémonie de remise des diplômes. Plus de 60 titres ont été décernés aux étudiants méritants, reflétant la diversité et la richesse des programmes proposés par l’institution. Parmi les diplômés, certains ont obtenu leur Smi’ha de Messader Kiddouchin ou de Issour VeHeter, tandis que 25 nouveaux Sofrim ont reçu leur titre officiel. Des dizaines d’autres élèves ont célébré l’achèvement de leurs études halakhiques.
Un clip de témoignages a permis de découvrir la variété des profils d’étudiants : des Rabbanim de communautés souhaitant renforcer leurs compétences pour officier lors des mariages, des hommes d’affaires ayant trouvé grâce à Lema’an Yilmedou une méthode efficace pour progresser dans l’étude de la Halakha, ainsi que de nombreux étudiants déterminés à approfondir leurs connaissances.
La présence de personnalités religieuses de premier plan
L’événement a bénéficié de la participation de nombreuses personnalités religieuses éminentes. Le Rav Yossef Yits’hak Pezner est intervenu sur les subtilités du lait Chamour, tandis que le Dayan Rav Mi’hael Abichid, Roch Hamasmihim de Lema’an Yilmedou France, a partagé son expertise sur les détails essentiels à respecter lors des Houpot.
Le Rav David Cremisi, venu spécialement de Montréal, a traité des lois de la Ch’hita, et le Dayan Rav Benjamin Chelli, Dayan du Consistoire de Paris, a apporté son éclairage. Le Rav Mendel Azimov, Président du Beth Loubavitch, ainsi que le Rav Dan Douieb, enseignant du programme de Sofrout, ont également enrichi cette soirée par leurs interventions.
Au-delà de ces conférenciers, de nombreux autres Rabbanim de grande renommée ont manifesté leur soutien par leur présence, ajoutant une dimension d’honneur supplémentaire à l’événement.
L’intervention marquante du Grand Rabbin d’Israël
Le point culminant de la soirée fut sans conteste la présence exceptionnelle du Grand Rabbin de la Rabbanout Harachit d’Israël, le Rav Kalman Ber, venu spécialement d’Israël pour cette occasion. Dans un discours particulièrement inspirant, il a souligné la grandeur et la sainteté de cette démarche visant à permettre à tous d’étudier la Halakha en profondeur et de se perfectionner dans l’application quotidienne de la Torah.
Le Rav Harachi a personnellement remis les diplômes aux étudiants, prenant le temps de féliciter et d’encourager chacun individuellement. Cette attention personnelle a marqué les esprits et témoigné de l’importance accordée à chaque parcours d’étude.
L’annonce de nouveaux programmes d’études
La soirée a également été l’occasion de dévoiler les nouveaux cursus qui débuteront cette année en Elloul. Le Rav Mordehai Ederhy, directeur des programmes, a présenté une offre étoffée comprenant Issour VeHeter, Taharat Hamichpaha More Tsedek, Sofrout, Orakh Haïm, Beth Haknesset, Chabbat Moré Tsedek, Cacherout, et Houpa VeKidouchin.
Le Rav Chalom Attal, directeur francophone, a salué les efforts remarquables déployés par les élèves et les résultats tangibles de leur persévérance. Cette diversité de programmes témoigne de la volonté de l’institution de répondre aux besoins variés de la communauté.
Un élan renouvelé pour l’étude de la Torah
Les témoignages recueillis en fin de soirée ont révélé un sentiment partagé d’enthousiasme renouvelé et la décision ferme de nombreux participants de consacrer régulièrement du temps à l’étude approfondie de la Halakha. Cette détermination s’inscrit dans l’esprit de l’enseignement talmudique selon lequel « depuis la destruction du Temple, D.ieu n’a plus que les quatre Amot de la Halakha ».
Cette soirée mémorable ne s’est pas contentée de célébrer les réussites passées, elle a ouvert la voie à une nouvelle dynamique de croissance spirituelle et d’engagement communautaire. L’impact de cet événement se mesure déjà par l’augmentation des inscriptions aux différents programmes proposés par l’institution.
Pour rejoindre l’un des programmes du Makhon Lema’an Yilmedou France et approfondir l’étude de la Halakha, les informations sont disponibles sur www.lemaanyilmedou.fr.
Cette initiative s’inscrit dans l’espoir que ce renouveau dans l’étude de la Halakha contribue à accélérer la venue de la Gueoula Chelema.
En direct, chaque vendredi, étude du Likoutei Si’hot
avec le Rav Levi Azimov de 10h30 – 11h30
au Beth Loubavitch – 8 rue Lamartine 75009 Paris
Ce cours est retransmis en direct par téléphone Tél.: +33159423068 – code: 33 41 593 (♯) ET SUR RADIO HASSIDOUT RADIO HASSIDOUT
Ki-Tavo – La maturité des quarante ans Source : Likouté Si’hot volume 34, troisième Si’ha sur Ki-Tavo
Ce Farbrenguen captivant du Rav Yehiel Kotsar au 770 de Ramat Shlomo à Jérusalem explore comment les défis de la vie peuvent devenir des catalyseurs de transformation spirituelle, nous préparant à embrasser pleinement la joie et la vitalité du mois de Elloul à travers l’enseignement du Rabbi.
Le Rav Yehiel Kotsar est né en 1972 au kibboutz Dovrat dans la vallée de Jezreel.
Ses parents se sont rapprochés du mouvement Habad grâce à l’influence de l’épouse du Rav Avraham Donin et aux cours de Tanya pour femmes
Il a étudié à la yeshiva Tomkhei Temimim de Lod, puis a eu une audience privée (yehidout) avec le Rabbi en 1980
Formation à la yeshiva centrale du mouvement au 770 de Brooklyn en 1992
Parcours de Chalia’h (émissaire) :
Mission en Russie pour renforcer les activités Habad locales
Service militaire dans la brigade Givati en tant que sergent de section
Missions en Thaïlande puis à Eilat, se spécialisant dans l’activité hôtelière
Nomination comme rabbin de la grande synagogue Rashbi d’Eilat
Responsabilités actuelles :
Directeur spirituel de la yeshiva Tomkhei Temimim de Beitar Illit
Chaliach du Rabbi pour la localité de Har Shmuel
Activité d’enseignement sur les réseaux sociaux
L’enseignement fondamental du Rabbi sur la descente nécessaire des concepts spirituels
Le Rabbi développe une compréhension révolutionnaire de la spiritualité pratique en expliquant pourquoi certains enseignements ne peuvent rester dans les hauteurs spirituelles abstraites. S’appuyant sur le Midrash qui enseigne que D.ieu souhaite avoir une demeure ici-bas, le Rabbi démontre que cette descente n’est pas un affaiblissement mais une nécessité absolue pour que la sagesse divine puisse véritablement transformer notre monde concret.
Cette approche transforme radicalement notre compréhension de la mission spirituelle. Au lieu de chercher à fuir le monde matériel vers des sphères éthérées, nous apprenons que le véritable service divin consiste à faire descendre la lumière céleste dans chaque recoin de notre existence terrestre. Le Rabbi illustre cette vérité par l’exemple du fermier qui doit nécessairement labourer la terre en profondeur. Si les graines demeurent en surface, elles ne peuvent germer. De même, si les enseignements spirituels ne pénètrent pas dans notre réalité quotidienne jusqu’à transformer nos actions les plus ordinaires, ils demeurent stériles et sans impact véritable.
Le Rabbi va plus loin en expliquant que cette descente nécessite parfois des détours apparents, des délais qui semblent frustrants, mais qui font partie intégrante du processus divin. L’histoire qu’il rapporte du secrétaire qui demanda de modifier ce qui avait été dit le dimanche précédent illustre parfaitement cette dynamique. En encerclant le mot « dimanche » sur la lettre, le Rabbi révèle une compréhension profonde : ce qui peut sembler être un retard ou un obstacle fait partie du plan divin pour permettre une intégration plus complète de l’enseignement.
La transformation alchimique du défi en opportunité spirituelle
L’enseignement du Rabbi révèle une véritable alchimie spirituelle où chaque épreuve devient un catalyseur de croissance. Cette transformation ne se fait pas automatiquement, mais nécessite un changement radical de perspective. Au lieu de voir les difficultés comme des punitions ou des obstacles à surmonter, nous apprenons à les reconnaître comme des invitations divines à approfondir notre connexion spirituelle.
Cette approche révolutionnaire s’enracine dans la compréhension que D.ieu ne nous donne jamais d’épreuves au-delà de nos capacités, mais qu’Il nous offre toujours des défis qui révèlent et développent des forces cachées en nous. Chaque difficulté devient ainsi une opportunité de découvrir des ressources spirituelles que nous ignorions posséder.
Le Rabbi enseigne que cette transformation nécessite un travail actif de notre part. Il ne suffit pas d’endurer passivement les épreuves, mais il faut les aborder avec la conviction qu’elles contiennent des trésors spirituels à découvrir. Cette attitude transforme l’expérience même de la difficulté, la muant de source de souffrance en source de croissance et de révélation.
L’importance cruciale de la persévérance spirituelle selon l’enseignement hassidique
Le Rabbi développe un enseignement particulièrement profond sur les deux types de personnes face aux défis spirituels. Il explique qu’il y a celles que D.ieu « accepte immédiatement » et celles qu’Il fait « frapper à la porte » pendant de longues périodes. Cette distinction n’indique pas une faveur divine inégale, mais révèle plutôt des chemins spirituels différents adaptés à chaque âme.
Paradoxalement, ceux qui doivent persévérer plus longtemps développent souvent une connexion plus profonde et authentique avec le divin. Comme l’explique le Rabbi, cette persévérance ressemble au processus de forage d’un puits. Les premiers mètres peuvent donner une eau trouble et limitée, mais plus on creuse profondément, plus l’eau devient pure et abondante. De même, les efforts soutenus dans la pratique spirituelle, même face à l’apparente absence de réponse immédiate, révèlent des trésors cachés dans les profondeurs de l’âme.
Cette compréhension transforme complètement notre rapport à la patience spirituelle. Au lieu de voir l’attente comme une frustration, nous apprenons à la reconnaître comme un processus de maturation nécessaire. Chaque moment de persévérance forge notre caractère et approfondit notre capacité à recevoir la lumière divine quand elle se révélera pleinement.
L’art délicat de grandir à travers l’adversité selon l’Admour Hazakène
L’Admour Hazakène offre un enseignement particulièrement pénétrant sur l’attitude correcte face aux épreuves spirituelles. Il diagnostique avec précision le problème central : lorsque nous ne servons pas D.ieu dans la joie, c’est souvent parce que nous pensons mériter un traitement différent de celui que nous recevons.
Cette analyse révèle un orgueil spirituel subtil mais pernicieux. Nous calculons inconsciemment nos mérites – nos prières, nos études, nos actes de bonté – et nous attendons une « récompense » proportionnelle sous forme de facilité, de succès ou de reconnaissance. Quand la réalité ne correspond pas à nos attentes, nous développons une amertume qui empoisonne notre service spirituel.
L’Admour Hazakène enseigne que cette attitude révèle une compréhension fondamentalement erronée de la relation avec D.ieu. Le véritable service divin ne fonctionne pas selon une logique commerciale d’échange, mais selon une dynamique d’amour désintéressé. Les épreuves viennent précisément pour purifier notre motivation et nous enseigner à servir D.ieu pour Lui-même, non pour les bénéfices que nous pourrions en retirer.
Cette purification est douloureuse mais nécessaire. Elle nous libère de l’esclavage des attentes et nous ouvre à une relation authentique avec le divin, fondée sur l’amour véritable plutôt que sur le calcul d’intérêt.
La révolution de la joie authentique dans le service divin
Le mois de Elloul nous appelle à une véritable révolution intérieure : cultiver une joie authentique dans notre service spirituel qui ne dépend pas des circonstances extérieures mais jaillit de la reconnaissance profonde que chaque moment est une opportunité privilégiée de connexion divine.
Cette joie n’est pas une émotion superficielle ou forcée, mais une attitude fondamentale enracinée dans la compréhension que nous participons au plus grand projet de l’univers : transformer ce monde en demeure pour D.ieu. Chaque Mitsva accomplie, chaque moment d’étude, chaque acte de bonté contribue à cette transformation cosmique.
L’histoire du Baal Chem Tov et de ses élèves illustre parfaitement cette vérité. Le Rabbi raconte comment l’attitude d’un père face aux défis de l’observance religieuse influence profondément l’éducation spirituelle de ses enfants. Quand ce père revenait du travail le vendredi soir avec le visage sombre après avoir été licencié pour avoir observé Chabbat, ses enfants intériorisaient le message que Chabbat est un fardeau qui apporte des complications.
Mais quand ce même père apprit à rentrer joyeux, proclamant sa gratitude d’avoir pu observer Chabbat malgré les difficultés professionnelles, ses enfants découvraient que la spiritualité est source de bonheur véritable et de fierté. Cette transformation d’attitude change tout : non seulement l’expérience personnelle du père, mais l’héritage spirituel qu’il transmet à la génération suivante.
Haï Elloul : L’éveil révolutionnaire de la vitalité spirituelle
Haï Elloul représente bien plus qu’un simple ajout de vitalité au mois de Elloul. Il s’agit d’une transformation qualitative fondamentale où Elloul devient vivant et vivifiant, imprégnant chaque aspect de notre existence d’une énergie spirituelle renouvelée.
Cette vitalité se manifeste par une approche révolutionnaire de la spiritualité. Au lieu d’une observance mécanique et routinière, nous développons une relation dynamique et personnelle avec nos pratiques spirituelles. Chaque Mitsva devient une rencontre personnelle avec le divin, chaque étude une exploration passionnante de la sagesse éternelle, chaque moment de prière une conversation intime avec D.ieu.
Le Rabbi enseigne que cette vitalité naît de la compréhension que nous vivons les derniers moments de l’exil et les premiers instants de la Rédemption. Cette conscience de vivre un moment historique unique charge chaque action spirituelle d’une urgence et d’une importance extraordinaires. Nous ne pratiquons plus par habitude ou par obligation, mais avec la conviction passionnée que nos actions participent à la transformation finale du monde.
Cette vitalité spirituelle se transmet naturellement à notre entourage. Quand notre propre service divin déborde de joie et d’authenticité, ceux qui nous entourent sont naturellement attirés vers cette lumière. Nous devenons des canaux vivants de la sagesse hassidique, non pas par des discours théoriques, mais par l’exemple rayonnant d’une vie spirituelle épanouie.
L’héritage révolutionnaire des grands maîtres hassidiques
Les enseignements de l’Admour Hazakène et du Baal Chem Tov nous montrent comment transformer radicalement les défis en tremplins spirituels. Leur approche révolutionnaire consistait à rendre les concepts les plus élevés de la mystique juive accessibles à chaque personne, créant ce que le Rabbi appelle un « grand divin dans un petit livre » – des enseignements d’une profondeur infinie présentés dans des formes compréhensibles et applicables.
Cette démocratisation de la sagesse spirituelle représente une révolution copernicienne dans l’histoire juive. Avant le Baal Chem Tov, les enseignements mystiques étaient réservés à une élite d’érudits. Le mouvement hassidique a ouvert ces trésors à tous, du simple artisan au grand Rabbanim, de l’enfant à l’ancêtre vénérable.
Cette tradition se perpétue aujourd’hui avec une urgence particulière. Notre génération a la responsabilité unique de faire descendre ces enseignements dans notre réalité contemporaine, d’adapter la sagesse éternelle aux défis modernes sans en altérer l’essence. Nous devons devenir des traducteurs spirituels, capables de transmettre la profondeur hassidique dans le langage et les préoccupations de notre époque.
La mission unique de notre génération selon l’enseignement du Rabbi
Le Rabbi enseigne que notre génération vit un moment historique sans précédent. Nous sommes les héritiers de toute la sagesse accumulée par les générations précédentes, et en même temps les pionniers chargés de préparer l’avènement de l’ère messianique. Cette double responsabilité confère à notre service spirituel une importance particulière.
Contrairement aux générations précédentes qui devaient découvrir les voies spirituelles par tâtonnements, nous disposons d’une carte détaillée tracée par nos prédécesseurs. Les enseignements du Baal Chem Tov, de l’Admour Hazakène, et de tous les Rabbanim de Loubavitch nous offrent des outils spirituels d’une précision et d’une efficacité remarquables.
Mais cette richesse d’héritage s’accompagne d’une exigence proportionnelle. Nous ne pouvons nous contenter d’être des conservateurs passifs de cette sagesse. Nous devons l’incarner, la vivifier, et surtout la transmettre de manière à ce qu’elle transforme concrètement le monde qui nous entoure.
Le Rabbi souligne que notre époque se caractérise par une paradoxe apparent : nous avons accès aux enseignements les plus élevés, mais nous devons les appliquer dans un monde apparemment de plus en plus matérialiste. Cette tension n’est pas un accident mais une opportunité divine. C’est précisément dans ce contraste maximal entre la spiritualité la plus pure et la matérialité la plus dense que peut se révéler la véritable puissance transformatrice de la lumière divine.
L’art de la transformation personnelle comme modèle universel
Le Rabbi enseigne que la transformation personnelle authentique rayonne naturellement dans le monde entier, contribuant à la réalisation de l’objectif ultime : faire de ce monde une demeure pour D.ieu. Cette vision révolutionnaire place chaque individu au centre d’une mission cosmique.
Chaque effort personnel de croissance spirituelle, chaque moment de service joyeux, chaque acte de bonté accompli avec conscience divine contribue à élever l’ensemble de la réalité. Nous ne travaillons pas seulement sur nous-mêmes, mais nous participons à la réparation du monde entier. Cette compréhension transforme complètement notre motivation spirituelle.
Au lieu de poursuivre un perfectionnement égocentrique, nous embrassons une mission altruiste d’ampleur universelle. Nos défis personnels deviennent des opportunités de démontrer comment la lumière divine peut triompher de l’obscurité. Nos victoires spirituelles, même les plus modestes, deviennent des phares d’espoir pour l’humanité entière.
Cette approche génère une dynamique positive extraordinaire. Plus nous progressons spirituellement, plus nous devenons conscients de notre interconnexion avec tous les êtres. Cette conscience nourrit notre compassion et renforce notre détermination à continuer notre croissance, non seulement pour nous-mêmes mais pour tous ceux qui bénéficieront de notre élévation.
Haï Elloul comme synthèse révolutionnaire et invitation à l’action
Haï Elloul nous invite à une synthèse révolutionnaire entre profondeur et simplicité, entre défi et joie, entre effort personnel et mission universelle. Cette synthèse ne se réalise pas automatiquement mais nécessite un engagement conscient et soutenu de notre part.
Le message central de Haï Elloul réside dans cette invitation pressante : nous avons tous les outils nécessaires à notre disposition, il ne tient qu’à nous de les saisir avec enthousiasme et de les actualiser dans notre vie quotidienne. Cette actualisation transforme non seulement notre propre existence mais rayonne dans le monde entier.
Chaque difficulté devient une invitation à grandir, chaque moment une opportunité de service joyeux, chaque interaction une chance de révéler la présence divine cachée dans la réalité. Cette approche transforme l’existence quotidienne en une aventure spirituelle permanente, riche de sens et de purpose.
L’enseignement du Rabbi nous rappelle que nous vivons à une époque privilégiée où la convergence entre la sagesse ancienne et les possibilités modernes crée des opportunités de transformation sans précédent. Haï Elloul devient ainsi l’expression de cette convergence : une spiritualité enracinée dans la tradition la plus profonde mais vivifiée par l’urgence et l’enthousiasme de notre époque unique.
Cette transformation personnelle et collective prépare l’avènement d’une ère où la présence divine sera manifeste dans chaque aspect de la réalité, où la joie spirituelle deviendra la norme universelle, et où l’humanité entière participera consciemment à la célébration cosmique de la connexion divine retrouvée.
Le Rav Yossef Katzman partage son témoignage unique d’une époque où le Machia’h est passé d’un concept distant à une réalité palpable dans la communauté Habad. Cette conversation révèle comment reconnaître les signes de la Guéoula dans notre monde moderne et transmettre cette urgence aux autres.
Des racines profondes : comment le Machia’h s’est éveillé dans la conscience Habad
Dans les années 1960 et 1970, grandir en tant qu’enfant hassidique signifiait être immergé dans la beauté de la philosophie hassidique plutôt que dans l’urgence messianique. « Nous avions une éducation mettant l’accent sur la beauté de la Hassidout, sur ce que l’on peut accomplir grâce à la Hassidout », se souvient le Rav Katzman. « Le Machia’h était un concept, peut-être même un concept distant. »
Il y avait même une expression populaire dans la communauté : « Qu’ai-je besoin du Machia’h ? J’ai un Rabbi. » Cette mentalité reflétait une satisfaction spirituelle profonde mais aussi une certaine distance par rapport à l’urgence messianique qui caractériserait plus tard la communauté.
Le premier tournant significatif s’est produit vers la vingtième année du leadership du Rabbi, lorsque les discussions ont commencé à circuler sur une prédiction selon laquelle le Machia’h viendrait du vivant du Rabbi. Cette période a culminé avec l’achèvement dramatique du Sefer Torah du Machia’h, un moment qui a électrisé toute la communauté.
Le moment décisif : quand l’abstrait est devenu réel
L’écriture finale du Sefer Torah du Machia’h s’est déroulée un vendredi après-midi, au moment le plus proche des vingt années symboliques. « Tout d’un coup, il y a eu une excitation et une intensité qui se sont construites », raconte le Rav Katzman. « Tout le monde avait le sentiment que c’était ça. Le Machia’h arrive. »
Ce qui rendait ce moment particulièrement puissant était un détail que peu de gens remarquaient à l’époque : le Rabbi avait commandé une couronne spéciale pour le Sefer Torah. Quand le Rabbi a suivi la procession tenant une boîte mystérieuse, seuls ceux qui se tenaient au-dessus du chemin pouvaient voir à l’intérieur et découvrir cette couronne. L’un des Hassidim photographiés à ce moment-là montre une expression de choc pur sur son visage.
Dix jours plus tard, quand les invités sont partis sans que le Machia’h ne soit venu, la déception était palpable. « C’était vraiment une déception. Les gens n’arrivaient pas à y croire. » Mais ce moment a marqué un tournant crucial : « Le Machia’h est devenu quelque chose de plus réel, de plus sérieux. Nous avons commencé à associer chaque moment spécial au Machia’h. »
L’évolution : de la philosophie à l’urgence
Au fil des années, particulièrement après l’attaque cardiaque du Rabbi en 1977, quelque chose de fondamental a changé dans la conscience hassidique. Le Rabbi, qui avait toujours semblé immortel et angélique.
« Nous avons commencé à remarquer qu’en réalité, ce que nous apprenions dans les livres était vraiment la réalité. » Cette prise de conscience a transformé la façon dont la communauté percevait les enseignements hassidiques – non plus comme de la pure philosophie, mais comme des descriptions de la réalité spirituelle actuelle.
Les années 1980 ont vu une intensification dramatique. Le Rabbi a commencé à associer chaque année au nom du Machia’h, à publier des textes hassidiques cachés avec une intensité sans précédent, et à parler ouvertement de la nécessité de tout faire pour amener le Machia’h. La chanson « Nous voulons le Machia’h maintenant » est devenue un cri de ralliement, et le Rabbi l’a adoptée avec enthousiasme.
Le défi : passer de suiveur à leader
En 1991, lors du fameux discours du 28 Nissan, le Rabbi a lancé un défi révolutionnaire à sa communauté. Contrairement à l’interprétation populaire selon laquelle le Rabbi se plaignait de ne pas pouvoir amener le Machia’h, le Rav Katzman offre une lecture plus nuancée : « Le Rabbi se plaignait que tout ce qu’il avait fait pour nous amener à dire avec conviction ‘Nous voulons le Machia’h’ était resté vain. »
Le message du Rabbi était clair : il ne suffisait plus d’être de bons disciples. La communauté devait développer une conviction personnelle profonde (messirous nefech) pour le Machia’h. « C’est comme dit le proverbe : on peut amener le cheval à l’eau, mais on ne peut pas le forcer à boire. Je vous ai amenés à l’eau. Tout est là pour vous. Mais maintenant, j’ai besoin que vous commenciez à boire. »
Reconnaître les signes : le Machia’h dans le monde moderne
Comment transmettre cette urgence messianique à un monde sceptique ? Le Rav Katzman propose une approche fondée sur l’observation des transformations technologiques et sociales. Il cite l’exemple frappant de son ami Joe Arono, un homme d’affaires prospère qui voyait spontanément le Machia’h dans l’évolution des télécommunications.
« Qu’est-ce que le Machia’h ? » demandait Joe. « L’une des principales fonctions du Machia’h est d’apporter la paix dans ce monde. Comment apporte-t-on la paix ? La guerre vient de la mauvaise communication. La paix vient de la communication. Maintenant que la communication est peu coûteuse, nous communiquerons la paix. »
Cette perspective révèle une approche puissante : présenter le Machia’h non pas comme un événement futur abstrait, mais comme un processus déjà en cours dans notre réalité quotidienne. L’internet, l’intelligence artificielle, les avancées médicales – tous ces développements peuvent être compris comme des manifestations de l’ère messianique qui se déploie.
Stratégies pratiques : éduquer et inspirer
Le Rav Katzman identifie trois éléments clés pour transmettre la conscience messianique :
Premièrement, l’éducation sur ce qu’est réellement le Machia’h. Beaucoup de gens ont des idées erronées, voyant l’époque messianique comme un jour de jugement terrifiant plutôt que comme une libération joyeuse. « Quand vous éduquez les gens sur ce que le Machia’h va apporter – plus de soucis de factures, plus de joug de l’exil, la possibilité de vraiment vivre une belle vie – cela les affecte positivement. »
Deuxièmement, familiariser les gens avec le langage du Machia’h et les connecter aux événements mondiaux actuels. « Vous leur dites : écoutez, le fait que le monde soit arrivé à ce point, que ce soit en technologie, en richesse ou en confort de vie, vous pouvez les convaincre que cela fait partie du processus du Machia’h. »
Troisièmement, aider chaque personne à reconnaître l’étincelle du Machia’h en elle-même. « Chaque Juif a une étincelle du Machia’h en lui. Chaque Juif est un libérateur. Chaque Juif a en lui le pouvoir de libération. » Cette approche transforme la conscience messianique d’un concept externe en une réalité personnelle interne.
Surmonter le scepticisme : la force de l’évidence
Face au scepticisme des jeunes générations qui pointent les aspects négatifs du monde moderne, le Rav Katzman reconnaît la validité de leurs préoccupations tout en offrant une perspective plus large. « Bien sûr, qu’est-ce qui n’est pas négatif ? Mais ce qui n’est pas négatif, c’est la sainteté (kedoucha), et la kedoucha aujourd’hui est si forte et si puissante qu’on ne peut pas l’ignorer. »
Il souligne les succès extraordinaires des programmes de sensibilisation juive, particulièrement chez les jeunes professionnels et sur les campus universitaires. « Vous parlez de projets que personne n’aurait imaginés. Qui d’autre l’a fait à part nous ? Personne n’avait cette foi (emouna) et personne n’a suivi le Rabbi. Bien sûr, ils ne l’ont pas fait. Nous sommes allés de l’avant et nous l’avons fait. »
La voie à suivre : connexion et action
La conversation se termine sur une note d’encouragement et de défi pratique. Le Rav Katzman souligne que le Rabbi n’était pas seul dans sa proclamation de l’imminence du Machia’h – de nombreux dirigeants spirituels d’autres mouvements ont rejoint ce chorus. « Tout ce que nous devons faire, c’est nous connecter. Le Rabbi a dit : ‘Je suis comme un interrupteur. L’interrupteur est là. Il suffit de l’allumer.' »
Cette métaphore capture l’essence du message : la infrastructure spirituelle pour l’ère messianique est déjà en place. Il ne reste qu’à chaque individu de faire le choix conscient de s’y connecter, de reconnaître le Machia’h dans sa propre vie et dans le monde qui l’entoure, et d’agir en conséquence.
« Notre petit Machia’h rejoint le reste du monde, le Machia’h collectif. Et c’est ainsi que nous entrons dans l’ère du Machia’h. Et peut-être qu’à ce moment-là, le Machia’h dira : ‘D’accord les gars, vous êtes prêts pour moi. Je suis prêt pour vous.’ Rapidement de nos jours, Amen. »
La fille de six ans de Chlouh’im Habad de Jacksonville, en Floride, s’est éteinte mercredi soir, à la veille de Haï Elloul 5785. Cette âme précieuse et magnifique avait courageusement lutté contre la maladie pendant deux années. La communauté pleure la perte de cette enfant exceptionnelle qui laisse derrière elle une famille aimante et une communauté endeuillée.
Shaïna Kohan, âgée de six ans, fille de Chlouh’im Habad à Jacksonville, en Floride, est décédée mercredi soir, à la veille de Haï Elloul 5785. Elle avait six ans et souffrait d’une maladie depuis deux ans.
Shaïna était une âme précieuse et magnifique qui était élève au Heder de Jacksonville, qui fonctionne sous les auspices de Habad Loubavitch du nord-est de la Floride, dirigé par ses grands-parents, le Rav Yossi et Rivkie Kahanov.
Elle laisse derrière elle ses parents, le Rav Haï et Chanie Kohan, Chlouh’im à Jacksonville, ses sœurs Moussia, sa sœur jumelle Risa, Devora Leah et Malka. La famille vient d’être bénie avec un petit garçon dont la Brit Mila aura lieu prochainement.