Le mois d’Adar recèle un mystère d’une profondeur vertigineuse : comment la naissance d’un homme peut-elle surpasser en puissance le jour de sa mort ? À travers le prisme du 7 Adar — anniversaire à la fois de la naissance et du décès de Moïse — la tradition hébraïque nous dévoile une conception révolutionnaire de l’existence, où l’âme du Tsadik ne connaît ni déclin ni oubli. Plongée dans un enseignement qui éclaire l’actualité géopolitique autant que les profondeurs de la métaphysique juive.
Rav Schneor Ashkenazi
Adar et le reflet mystérieux de la Providence dans l’histoire contemporaine
Le mois d’Adar, dans le calendrier hébraïque, n’est pas simplement une période de réjouissances passagères ; c’est un carrefour mystique où le voile de la nature s’affine pour laisser transparaître la chorégraphie discrète, mais toute-puissante, de la Providence. Aujourd’hui plus que jamais, les soubresauts de l’actualité contemporaine rappellent étrangement les dynamiques à l’œuvre dans le rouleau d’Esther. Comme le souligne le Rav Shneor Ashkenazi avec une lucidité frappante, nous assistons à une époque où la configuration du pouvoir mondial — avec des dirigeants disposant d’une influence quasi monarchique — fait écho à l’empire d’Assuérus. Ce n’est pas le fruit du hasard si, à l’instar de la chute d’Haman orchestrée par la propre cour du roi de Perse, les événements géopolitiques actuels semblent parfois défier la logique humaine pour protéger le peuple d’Israël. Mais au-delà de la scène géopolitique, le véritable secret du mois d’Adar réside dans un mystère d’une profondeur insondable : le 7 Adar, date d’anniversaire de la naissance et du décès de Moïse (Moshé Rabbenou).
L’énigme du 7 Adar et le pari fatal d’Haman
L’histoire de Pourim nous enseigne qu’Haman, le grand vizir de l’empire perse, avait tiré au sort — le Pour — la date à laquelle il souhaitait anéantir le peuple juif. Lorsque le sort désigna le mois d’Adar, il fut pris d’une immense allégresse. Ses calculs astrologiques et historiques lui indiquaient en effet que c’était en ce mois qu’avait expiré Moïse, le grand libérateur et protecteur d’Israël. Pour Haman, la disparition du berger marquait inévitablement la vulnérabilité absolue du troupeau. Pourtant, le Talmud nous livre une clé de lecture saisissante : Haman ignorait que le 7 Adar était également le jour de la naissance de Moïse, et que le mérite de cette naissance venait contrebalancer l’ombre de sa mort.
Cette affirmation soulève un paradoxe philosophique majeur. Comment la naissance peut-elle triompher de la mort ? Le roi Salomon, dans sa sagesse infinie, n’affirme-t-il pas que « le jour de la mort vaut mieux que le jour de la naissance » ? En effet, à sa naissance, un être humain n’a encore rien accompli ; il est une page blanche. À l’heure de sa mort, en revanche, il est semblable à un navire rentrant au port, chargé des trésors de ses actions, de ses luttes et de sa sagesse. Comment, dès lors, le jour de la naissance de Moïse pourrait-il adoucir ou réparer la tragédie incommensurable de sa disparition terrestre ?
L’anatomie spirituelle du Tsadik : de la matière à la lumière
Pour percer ce mystère, il est impératif de redéfinir la nature de l’existence humaine. Qu’est-ce qui distingue fondamentalement l’homme de la machine ou de la redoutable intelligence artificielle qui, aujourd’hui, semble surpasser nos capacités cognitives ? L’IA peut calculer, écrire, analyser, mais elle ne vit pas. Elle est dépourvue de conscience intime, de souffrance, de désir et de libre arbitre. En l’homme réside une âme, une étincelle divine qui transcende les simples influx nerveux. Le corps est notre dimension publique, mesurable et éphémère. L’âme, quant à elle, relève du domaine de l’intime, de l’infini et de l’éternité.
Chez la majorité des êtres humains, le corps est perçu comme l’essence de l’identité. La mort signe donc une rupture tragique : le corps retourne à la poussière, l’âme s’élève vers des sphères célestes inaccessibles, et le lien avec les vivants s’estompe. Mais pour un Tsadik — un Juste de la stature de Moïse — le paradigme est inversé. Dès sa naissance, la Torah témoigne que sa mère vit « qu’il était bon », et les Sages enseignent que la maison tout entière s’emplit de lumière. Dès son premier souffle, ce n’est pas l’enveloppe charnelle qui définissait Moïse, mais le rayonnement irradiant de son âme.
Si l’âme est l’essence même de son existence terrestre, alors la mort physique perd de son emprise. L’âme ne meurt pas ; elle ne disparaît pas dans le néant. Puisque l’âme de Moïse était capable d’illuminer le monde matériel de son vivant, elle continue de l’illuminer après que son corps a été mis en terre. Voilà l’erreur d’Haman : il a cru que la mort mettait un terme à l’existence de Moïse. Mais « celui qui naît différemment, meurt différemment ». Le jour de sa naissance, en révélant sa nature purement spirituelle, annonçait que sa présence survivrait éternellement à son existence physique.
Le prénom effacé et l’essence révélée dans la Paracha Tetsavé
Cette immortalité spirituelle trouve une illustration majestueuse dans la structure même du texte biblique. Le 7 Adar tombe presque invariablement la semaine où le peuple juif lit la Paracha Tetsavé. Or, c’est la seule et unique section de la Torah — depuis le livre de l’Exode — où le prénom de Moïse n’apparaît pas une seule fois.
Comment expliquer cette absence poignante ? Certains commentateurs y voient la conséquence du sacrifice inouï de Moïse lors de la faute du Veau d’Or, lorsqu’il défia le Créateur en déclarant : « Pardonne-leur, sinon, efface-moi de Ton livre. » D’autres, comme le Rav Chlomo Astruc — un érudit ayant vécu aux prémices de l’Inquisition en Espagne — expliquent que Moïse s’est volontairement effacé pour laisser toute la lumière à son frère Aaron, intronisé Grand Cohen, prouvant ainsi sa noblesse d’âme exempte de toute jalousie.
Néanmoins, la tradition ‘hassidique, rejointe de manière extraordinaire par le Gaon de Vilna, livre l’interprétation ultime. La Paracha commence par les mots : « Et Toi (VéAta), tu ordonneras aux enfants d’Israël… » Le nom de Moïse disparaît, car un prénom n’est qu’une étiquette sociale, un outil de communication appartenant au monde des vivants corporels. Mais le pronom « Toi » s’adresse à l’essence véritable de l’être. Le Gaon de Vilna révèle un secret mathématique éblouissant : la section compte 101 versets, ce qui correspond à la valeur numérique des lettres « cachées » formant le nom de Moïse. Autrement dit, bien que son identité superficielle ait été retirée — symbolisant son décès corporel —, son essence intime et secrète imprègne mystiquement chaque recoin de la création. La mort ne l’a pas fait disparaître ; elle l’a rendu omniprésent.
Moïse et Rabbi Chimon Bar Yo’haï : les deux visages de la Torah
Cette permanence ne nous empêche pas d’éprouver la douleur de l’éloignement physique. C’est pourquoi le 7 Adar est traditionnellement un jour de recueillement et de jeûne, contrastant vivement avec l’autre grande date célébrant le départ d’un géant spirituel : le 33ème jour du Omer (Lag BaOmer), jour du décès de Rabbi Chimon Bar Yo’haï (Rachbi). Pourquoi l’un est-il endeuillé et l’autre célébré dans des feux de joie ?
Leur mission respective éclaire cette différence. L’œuvre de Moïse fut de faire descendre la Torah sur terre, de dicter des lois pratiques pour sanctifier le quotidien matériel. Sa disparition est donc douloureusement ressentie dans ce monde physique qu’il a tant œuvré à élever. Rachbi, au contraire, fut le vecteur de la Torah cachée, le Zohar. Son existence était tout entière tournée vers les royaumes supérieurs, cherchant à percevoir « qui a créé tout cela ». Sa disparition n’est donc pas vécue comme une privation corporelle, mais célébrée comme l’ascension triomphale d’une âme libérée de sa prison de chair, rejoignant l’Infini.
La vie au-delà du voile : témoignages de la Providence éternelle
La croyance en cette connexion éternelle avec les Tsadikim n’est pas qu’une abstraction théologique ; elle irrigue, aujourd’hui encore, la vie de milliers de personnes. Le Rav partage à ce propos des histoires bouleversantes de la Providence divine en lien avec le Rabbi de Loubavitch. Dans un témoignage déchirant, un homme raconte comment une bénédiction prophétique demandée dans sa jeunesse pour obtenir « deux frères » s’est accomplie de façon tragique puis miraculeuse, transcendant le temps, le deuil et l’infertilité. Des naissances inespérées, survenant exactement aux dates anniversaires du Tsadik, viennent prouver avec une précision chirurgicale que la frontière entre le Ciel et la Terre est poreuse.
Le mois d’Adar est ainsi porteur du plus beau des messages. Il nous somme de rejeter la dictature des apparences et la tyrannie de l’éphémère. La naissance de Moïse le 7 Adar est la preuve que la véritable force d’un être réside dans son âme — une flamme que les vents du temps ne sauraient éteindre. Lorsque l’obscurité semble s’épaissir, le Tsadik se tient là, invisible mais agissant, œuvrant dans le silence pour transformer nos désespoirs en allégresse et mener le monde vers son ultime rédemption.
Lors d’une session plénière à la Knesset, le Premier ministre Binyamin Netanyahou a pris la parole pour dresser un bilan de la situation sécuritaire d’Israël et de ses alliances internationales. Rejetant les polémiques partisanes, il a appelé à l’unité nationale en des temps qu’il qualifie de « complexes et pleins de défis ». Son discours, prononcé à la veille de Pourim, s’est conclu par un appel solennel à la cohésion du peuple d’Israël.
Un appel au calme dans un hémicycle agité
« Un peu plus de silence dans l’hémicycle, principalement du côté de la coalition, s’il vous plaît. »
« J’écoute avec une grande attention vos propos qui deviennent des polémiques très, très agressives, dégénérant parfois vers un langage qui ne devrait pas être courant ici. Mais je dois vous dire : je ne suis pas exactement intimidé par ces affrontements. Je n’en suis pas dégoûté — parfois je peux même en profiter. »
Une alliance avec les États-Unis au plus haut
« Je suis récemment revenu de ma septième rencontre avec le président des États-Unis depuis son élection. Au cours des deux dernières années et demie, nous avons éloigné une menace qui pesait sur chaque citoyen et citoyenne d’Israël — sur les Juifs et les non-Juifs, les ultraorthodoxes et les laïcs, et tout ce qu’il y a entre les deux. Sur les dix millions de citoyens d’Israël qui faisaient face à un danger d’extermination par l’oppresseur iranien et ses métastases. »
« Israël n’a jamais été aussi fort. L’alliance avec les États-Unis n’a jamais été aussi étroite. Même entre le président des États-Unis et le Premier ministre d’Israël — entre moi et Donald Trump — il n’y a jamais eu de telles relations. Entre Tsahal et l’armée des États-Unis, entre nos forces de sécurité et leurs services de sécurité, il n’y a jamais rien eu de tel. »
Un rayonnement international inédit
« Le monde entier connaît la puissance d’Israël. Des dirigeants viennent à nous : le chancelier d’Allemagne, le Premier ministre de l’Inde — une puissance d’un milliard et demi de personnes — le président Trump avant cela, ainsi que d’autres dirigeants qui étaient ici et ont parlé ici. »
« Je pourrais vous répondre avec la même monnaie, mais beaucoup plus fort, pour vous confronter à la vérité que vous essayez d’ignorer. Je pourrais. Mais ce n’est pas le moment de polémiquer. Cela n’aidera pas. Je mets cela de côté. »
Des jours complexes qui exigent la vigilance
« Membre de la Knesset Elharrar, nous sommes, dans la vie de l’État, dans des jours très complexes et difficiles. Il se peut que vous le méprisiez — continuez. Mais le peuple le sait. Et chaque membre de la Knesset ici le sait : nous sommes dans des jours complexes et pleins de défis. »
« Personne ne sait de quoi sera fait demain. Nous gardons les yeux ouverts. Nous sommes prêts à tout scénario. »
Un avertissement direct au régime des Ayatollahs
« J’ai transmis, et j’ai fait savoir au régime des Ayatollahs que s’ils font l’erreur — peut-être la plus grave de leur histoire — et attaquent l’État d’Israël, nous réagirons avec une puissance qu’ils ne peuvent même pas imaginer. »
L’appel à l’unité à la veille de Pourim
« Ce n’est pas le moment pour les polémiques. En ces jours, à la veille de la fête de Pourim — en ces jours-là comme à notre époque — il faut resserrer les rangs du peuple, se tenir épaule contre épaule. »
« Je suis sûr de notre force. J’ai confiance en nos commandants, j’ai confiance en nos combattants et nos combattantes. J’ai confiance en notre peuple, j’ai confiance en vous, citoyens d’Israël. »
« Nous avons déjà prouvé que lorsque nous sommes unis, nous accomplissons d’immenses réalisations. À la veille de la fête de Pourim, nous nous tiendrons ensemble et, avec l’aide de D.ieu, nous assurerons l’éternité d’Israël. »
New York est frappée par la tempête hivernale la plus violente depuis dix ans, avec des accumulations de neige pouvant atteindre cinquante à soixante-dix centimètres et des vents dépassant les quatre-vingts kilomètres-heure. Le maire Zohran Mamdani a décrété l’état d’urgence et interdit tout déplacement non essentiel du dimanche soir au lundi midi. Dans le quartier de Crown Heights, les institutions éducatives hors du commun ont fait le choix de maintenir leurs cours, fidèles à une tradition de continuité dans l’étude de la Torah quelles que soient les circonstances.
Une bombe météorologique s’abat sur la côte Est
Le Service météorologique national américain (NWS) a qualifié cette tempête d’événement potentiellement historique. La pression atmosphérique a chuté brutalement — d’environ 1 008 hPa à près de 970 hPa en moins de vingt-quatre heures — caractérisant une cyclogenèse explosive, communément appelée « bombe météorologique ». Les météorologues prévoient des rafales pouvant atteindre cent kilomètres-heure, une visibilité réduite à moins de quatre cents mètres par endroits, et des accumulations de neige entre trente et soixante-dix centimètres sur l’ensemble de la région. Le NWS a mis en garde contre des conditions rendant les déplacements « dangereux pour la vie », avec des risques de pannes d’électricité dues au poids de la neige sur les arbres et aux vents violents. Plus de quarante mille foyers dans l’État du New Jersey ont d’ores et déjà été plongés dans l’obscurité.
Cette tempête s’inscrit dans un hiver 2025-2026 particulièrement rigoureux sur toute la côte Est des États-Unis, marqué par une anomalie thermique d’environ moins trois degrés Celsius à New York depuis le début de la saison. Fin janvier, une première tempête majeure avait déjà fait plus de cent morts à travers le pays, dont dix-huit à New York seuls, principalement victimes d’hypothermie.
La ville paralysée : état d’urgence et interdiction de circuler
Face à cette situation exceptionnelle, le maire de New York Zohran Mamdani a pris des mesures drastiques. Dimanche soir, il a officiellement interdit tout déplacement non essentiel dans la mégalopole de plus de huit millions d’habitants, jusqu’au lundi midi. « La ville de New York n’a pas connu de tempête de cette ampleur au cours de la dernière décennie », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse, appelant les habitants à « éviter tout déplacement non essentiel ». L’état d’urgence a également été décrété dans plusieurs États voisins, notamment le New Jersey, le Delaware, le Rhode Island, le Connecticut et le Massachusetts.
Les perturbations ont été considérables à tous les niveaux : plus de trois mille cinq cents vols ont été annulés dans les aéroports new-yorkais, le siège de l’ONU à Manhattan a fermé ses portes lundi avec toutes ses réunions reportées, les spectacles de Broadway ont été annulés dimanche soir, et même les services de livraison comme DoorDash ont suspendu leurs activités dans la ville. Les écoles publiques de New York ont été fermées lundi, y compris pour l’enseignement à distance — une première en sept ans.
Crown Heights fait exception : la Torah prime sur le blizzard
Alors que la ville entière se mettait à l’arrêt, les institutions éducatives du quartier de Crown Heights ont fait un choix radicalement différent. Les deux grands établissements Habad du quartier — Ohalei Torah et la Yechiva Loubavitch — ont annoncé le maintien de leurs cours malgré l’interdiction de circuler sur les routes.
Pour permettre aux élèves d’y accéder en dépit des conditions extrêmes et de l’interdiction de conduire, les établissements ont pris soin de répartir les cours en plusieurs points du quartier, permettant ainsi aux jeunes de s’y rendre à pied. La journée de cours a également été écourtée pour tenir compte des conditions météorologiques.
Dans un message adressé aux familles et à la communauté, la direction de la Yechiva a justifié cette décision en s’appuyant sur une longue tradition : « Depuis soixante-dix ans, quelle que soit l’ampleur de la tempête, notre Yechiva est restée ouverte. Nous demeurons fermes dans cet engagement. » Ces mots résonnent comme un acte de foi autant qu’une déclaration pédagogique : l’étude de la Torah ne saurait être interrompue par les aléas du monde extérieur.
Ce choix illustre la priorité absolue accordée à la continuité de l’enseignement religieux au sein de la communauté Habad de Crown Heights, dans un esprit qui transcende les contraintes matérielles les plus sévères.
La grande synagogue du Centre Européen du Judaïsme, place de Jérusalem à Paris, accueillait la cérémonie de remise des diplômes du Séminaire Beth Rivkah. Quinze jeunes femmes ont été mises à l’honneur en présence de leurs familles, de personnalités du monde éducatif et communautaire, et de Chelih’him venus partager ce moment de célébration. Une soirée empreinte de solennité, de fierté et de joie, qui restera gravée dans le cœur de toutes les participantes.
Des mots qui viennent du cœur
C’est par une prise de parole saisissante qu’a débuté la cérémonie. L’une des lauréates a ouvert la soirée avec une déclaration d’une profonde maturité : « Si je devais conclure en une phrase, je dirais qu’au Séminaire Beth Rivkah, j’ai appris à connaître la vraie femme juive que je suis. J’ai découvert mes forces et mes faiblesses. Et plus encore, j’ai appris à dessiner le portrait de la femme juive que je veux devenir. » Ces mots, empreints d’une authenticité désarmante, ont donné le ton d’une soirée placée sous le signe de la transmission, de l’épanouissement personnel et de l’engagement identitaire.
Quinze lauréates venues de France et d’ailleurs
Ce sont quinze jeunes femmes qui ont reçu leur diplôme lors de cette cérémonie, certaines ayant fait le voyage depuis la province ou depuis d’autres pays pour rejoindre leurs familles en ce soir de fête. Chacune d’elles représente une histoire singulière, un parcours de croissance spirituelle et intellectuelle accompli au sein du Séminaire Beth Rivkah, institution phare du mouvement Habad-Loubavitch dédiée à la formation des jeunes femmes dans la tradition ‘hassidique. Leurs familles, visiblement touchées, étaient là pour témoigner d’une fierté bien méritée.
Un programme riche en temps forts
La soirée a été jalonnée de moments forts, alliant spiritualité, mémoire et engagement communautaire. Le Rav Yaakov Habib a procédé au Sioum Harambam, marquant l’achèvement du cycle d’étude quotidien du Michné Torah institué par le Rabbi de Loubavitch. Dans le cadre du cinquantième anniversaire du Mivtsa ‘Hinouh — la campagne d’éducation juive lancée par le Rabbi — le Rav ‘Haïm Nissenbaum a retracé les grandes lignes de cette initiative fondatrice et dressé un bilan éloquent du chemin parcouru depuis un demi-siècle par la communauté juive de France. Un rappel saisissant de l’ampleur du renouveau éducatif juif accompli grâce à la vision du Rabbi.
Des personnalités réunies autour de la jeunesse
Le Grand Rabbin de Paris Michel Guggenheim, le Grand Rabbin de France Haïm Korsia, le président du Consistoire central Élie Korchia, Monsieur David Ebidia, directeur de l’action scolaire du FSJU, ont successivement pris la parole. Leurs discours, complémentaires dans leur esprit, ont mis en lumière trois grandes convictions partagées : la force irremplaçable de la jeunesse, le rôle essentiel des femmes dans la transmission des valeurs juives de génération en génération, et l’impératif pour les éducateurs d’adapter leur pédagogie à un monde en perpétuelle évolution. Des interventions qui ont résonné avec une acuité particulière dans ce contexte de remise de diplômes à de futures actrices de la vie communautaire.
Un cadeau porteur de sens
En hommage à l’engagement des lauréates, la direction de Tsivot Hachem France a offert à chacune d’elles un exemplaire du Pirké Avot — « Les Sentences des Pères » — ouvrage fondamental de la sagesse éthique juive, reconnu pour sa valeur pédagogique inestimable. Ce geste symbolique, alliant le spirituel et le pratique, illustre parfaitement l’esprit du Séminaire Beth Rivkah : former des femmes cultivées, ancrées dans leur tradition et prêtes à transmettre à leur tour.
La remise des diplômes par le Grand Rabbin Guggenheim
C’est le Grand Rabbin Michel Guggenheim qui a eu l’honneur de procéder à la remise officielle des diplômes, dans une ambiance mêlant solennité et joie communicative. Moment culminant de la soirée, cette remise a été accueillie avec une émotion palpable, tant du côté des lauréates que de leurs familles. Le bonheur des diplômées était manifeste, la fierté de leurs parents tout autant. Chaque nom appelé résonnait comme une reconnaissance, un accomplissement, une promesse d’avenir.
Une soirée prolongée entre femmes
La cérémonie officielle s’est naturellement prolongée par un moment de convivialité entre femmes dans la salle Jérusalem, offrant à toutes l’occasion de savourer ensemble la chaleur de cette fête dans une atmosphère détendue et festive. Ces instants de partage informel, tout aussi précieux que les discours, témoignent de l’esprit de sororité et de communauté qui caractérise Beth Rivkah.
Mazal Tov aux quinze lauréates, à leurs familles, et à toute l’équipe du Séminaire Beth Rivkah pour cette belle et inspirante réussite!
Dans la capitale allemande, la Bar-Mitsva de Mena’hem Mendel Tei’chtel, fils du Rav Yehouda Tei’chtel — Rav de Berlin et Chalia’h Habad — s’est transformée en une formidable démonstration d’unité et de soutien au mouvement Habad. Des Chlou’him venus de toute l’Allemagne, des Rabbanim, de hautes personnalités politiques et diplomatiques ont répondu présent pour célébrer ce moment inoubliable aux côtés d’une famille qui consacre sa vie au renouveau de la communauté juive sur la terre allemande. Une soirée qui restera gravée dans les mémoires, tant par son éclat que par sa profonde signification.
Une Bar-Mitsva au cœur de Berlin
Berlin, capitale de l’Allemagne réunifiée, a été le théâtre d’une célébration juive d’exception. Le Rav Yehouda Tei’chtel, figure incontournable du renouveau juif en Allemagne et Chalia’h Habad à Berlin depuis de nombreuses années, organisait la Bar-Mitsva de son fils, le jeune Mena’hem Mendel. Dans une ville dont l’histoire porte les cicatrices indélébiles de la Shoah, voir une famille ‘hassidique célébrer l’entrée de son fils dans la majorité religieuse juive avec une telle ampleur et une telle joie représente bien plus qu’une simple fête familiale — c’est un message de vie, de continuité et de résilience adressé à l’histoire elle-même.
Le Rav Yehouda Tei’chtel, bâtisseur infatigable de la vie juive à Berlin
Depuis son installation à Berlin, le Rav Yehouda Tei’chtel s’est imposé comme l’une des personnalités juives les plus influentes et les plus respectées d’Allemagne. À la tête du Beth Habad de Berlin, il a contribué de manière décisive à la renaissance de la communauté juive dans cette ville chargée d’histoire. Sous sa direction, le centre communautaire Habad est devenu un lieu de référence non seulement pour les Juifs de Berlin, mais aussi pour les autorités civiles, diplomatiques et culturelles de la capitale. Le Rav Tei’chtel est connu pour son engagement sans faille dans le dialogue interreligieux, son ouverture vers la société civile allemande et sa capacité à construire des ponts entre la tradition juive et le monde contemporain. La Bar-Mitsva de son fils Mena’hem Mendel est venue couronner des années de dévouement et d’investissement communautaire.
Des Chlou’him venus de toute l’Allemagne
L’événement a réuni des Chlou’him Habad des quatre coins de l’Allemagne, venus témoigner leur affection et leur soutien à la famille Tei’chtel. Leur présence massive reflète la solidarité profonde qui unit les émissaires du Rabbi entre eux, partageant une même mission dans des contextes souvent difficiles et exigeants. Pour ces Chlou’him qui œuvrent chaque jour à revitaliser la vie juive dans des villes allemandes de toutes tailles, être présents à Berlin en ce soir de fête était une manière de célébrer ensemble les fruits de leur engagement commun. La salle réunissait ainsi une véritable carte vivante du réseau Habad en Allemagne, témoignant de la vitalité et de l’expansion remarquable du mouvement dans ce pays.
De hautes personnalités diplomatiques et politiques
Parmi les invités de marque de cette soirée exceptionnelle figurait notamment Monsieur Ron Prosor, ambassadeur d’Israël en Allemagne. Sa présence aux côtés du Rav Tei’chtel et de sa famille illustre la relation de confiance et d’estime mutuelle que le Chalia’h de Berlin a su tisser avec les représentants officiels de l’État d’Israël et les cercles diplomatiques de la capitale allemande.
On notait également la présence du Rav Lévi Matusof, Chalia’h du mouvement Habad auprès des institutions de l’Union européenne, figure incontournable du judaïsme institutionnel européen. Issu d’une illustre lignée de Chlou’him Loubavitch — son père, le Rav Chlomo Matusof, fut l’un des tout premiers émissaires envoyés par le Rabbi au Maroc en 1950, où il bâtit un réseau de plus de 70 institutions éducatives — le Rav Lévi s’est imposé comme un interlocuteur des plus hautes sphères politiques et diplomatiques du continent. Le magazine Michpa’ha l’a classé parmi les 30 personnalités les plus influentes de la scène juive internationale.
D’autres personnalités de haut rang du monde politique et institutionnel allemand ont également honoré la soirée de leur présence, signe de la reconnaissance dont bénéficie le Rav Tei’chtel bien au-delà des frontières de la communauté juive. Cette présence institutionnelle témoigne du rayonnement exceptionnel de l’action Habad à Berlin, et de la place désormais centrale qu’occupe la communauté juive dans la vie civile et culturelle de la capitale.
Mena’hem Mendel : un Bar-Mitsva en héritage
Au cœur de cette soirée brillante se trouvait bien sûr le jeune Mena’hem Mendel Tei’chtel, dont la Bar-Mitsva constituait la raison d’être de toute cette célébration. Entrer dans la majorité religieuse juive — devenir un Ben Mitsva, c’est-à-dire un fils des commandements — est l’un des jalons les plus importants dans la vie d’un jeune Juif. Pour Mena’hem Mendel, grandir au sein d’une famille Chalia’h à Berlin signifie avoir été élevé dans un esprit de mission, de responsabilité et de fierté identitaire. Sa Bar-Mitsva n’est pas seulement une célébration personnelle et familiale ; elle porte en elle tout le sens de l’engagement de ses parents et s’inscrit dans la grande tradition Loubavitch de transmission et de continuité générationnelle.
Une production à la hauteur de l’événement
La soirée a été organisée et produite par l’agence Fleishman-Fels, connue pour ses productions événementielles d’excellence dans le milieu communautaire juif. La qualité de l’organisation a permis à chaque invité de vivre pleinement l’émotion et la joie de cette nuit mémorable. Le photographe Chneiour Schiff, a assuré la couverture photographique de l’événement, offrant au monde entier un premier témoignage visuel de cette soirée historique. Ses clichés, empreints de chaleur et d’authenticité, capturent avec justesse l’atmosphère unique d’une fête où se mêlaient la ferveur ‘hassidique, la solennité diplomatique et la joie simple et profonde d’une famille unie.
Un symbole de renaissance juive sur la terre allemande
Voir une Bar-Mitsva ‘hassidique célébrée avec une telle magnificence à Berlin est, pour beaucoup, un symbole puissant et émouvant. L’Allemagne, qui fut le berceau de la barbarie nazie et le théâtre de la destruction du peuple juif européen, accueille aujourd’hui une communauté juive vivante, rayonnante et fière. Le Rav Tei’chtel a fait de Berlin non pas seulement une ville où les Juifs survivent, mais un endroit où ils s’épanouissent, étudient, prient, célèbrent et transmettent. La Bar-Mitsva de Mena’hem Mendel est la preuve vivante que la flamme juive, que l’on croyait éteinte à jamais en Allemagne, brûle à nouveau avec une intensité et une vitalité qui forcent l’admiration. C’est la plus belle réponse que l’on puisse offrir à l’histoire.
Dans la nuit qui a suivi le Chabbat, les Bahourim de la Yechiva Loubavitch de Brunoy, ont célébré l’entrée dans le mois béni d’Adar avec une ferveur et une joie débordantes. Portés par le chant envoûtant de Chalom Djian et Mendy Gabay, accompagnés à la musique par Acher Touitou, les jeunes étudiants se sont laissés emporter dans une ronde de danses enthousiastes et spontanées. Car lorsqu’Adar arrive, la joie ne se contient plus — elle éclate, elle rayonne, elle entraîne tout sur son passage.
La Yechiva de Brunoy, un foyer de vie ‘hassidique
Nichée dans la ville de Brunoy, en région parisienne, la Yechiva Loubavitch est l’une des plus prestigieuses institutions d’enseignement Torah du mouvement Loubavitch en Europe. Depuis des décennies, elle accueille des centaines de Bahourim venus des quatre coins du monde, attirés par la qualité de l’enseignement, la profondeur de la vie ‘hassidique et la chaleur de la communauté qui s’y est développée. Ces jeunes hommes consacrent leurs journées à l’étude intensive du Talmud, du Code juif et des textes fondateurs du ‘Hassidisme Loubavitch. Mais la vie à la Yechiva ne se résume pas aux heures studieuses passées sur les textes sacrés : elle est aussi faite de moments de joie collective, de chants, de danses et de Farbrenguen qui renforcent les liens entre les étudiants et nourrissent leur âme.
Motsa’ei Chabbat : quand la semaine commence dans l’allégresse
La sortie du Chabbat — le Motsa’ei Chabbat — est toujours un moment particulier dans le calendrier de la Yechiva. Après une journée consacrée à la prière, à l’étude et au recueillement, le retour à la semaine s’accompagne souvent d’un élan de vitalité et d’enthousiasme. Ce soir-là, l’annonce de l’entrée dans le mois d’Adar a transformé cet élan en véritable fête. Le mois d’Adar, qui culmine avec la fête joyeuse de Pourim, est selon la tradition juive le mois par excellence de la joie et de l’allégresse. Le Talmud enseigne : « Lorsqu’Adar entre, on accroît la joie. » Les Bahourim n’ont pas manqué de mettre ce principe en pratique avec tout l’entrain de leur jeunesse.
Chalom Djian et Mendy Gabay : des voix au service de la joie
La soirée a pris une dimension artistique et spirituelle particulière grâce à la présence de deux chanteurs talentueux : Chalom Djian et Mendy Gabay. Connus dans les cercles de la communauté Loubavitch pour leurs voix chaleureuses et leur capacité à enflammer les cœurs, ils ont guidé les Bahourim à travers un répertoire de nigounim — ces mélodies ‘hassidiques chargées d’âme et de profondeur — ainsi que de chants de fête en l’honneur d’Adar. Leurs voix entremêlées ont créé une atmosphère à la fois recueillie et festive, propice à l’élévation spirituelle autant qu’à la célébration populaire. Aux côtés des deux chanteurs, le musicien Acher Touitou a assuré l’accompagnement instrumental, insufflant au spectacle un rythme vivant et entraînant qui a rapidement mis tout le monde en mouvement.
La danse, expression d’une joie profonde et sincère
Dans la tradition ‘hassidique, la danse n’est pas un simple divertissement : elle est une forme de prière, une expression corporelle de la joie de l’âme face à D.ieu. Le Baal Chem Tov, fondateur du mouvement ‘hassidique, enseignait que le corps doit participer à la joie spirituelle, et que la danse sincère peut ouvrir des portes de l’âme que les mots ne savent pas franchir. C’est dans cet esprit que les Bahourim de Brunoy ont dansé ce soir-là — non pas par obligation ou par convention, mais par un élan spontané et authentique. Les rondes se sont formées naturellement, les bras entrelacés, les visages illuminés, les voix se joignant aux chants pour ne former qu’un seul élan vers le ciel. Les anciens étudiants présents ce soir-là ont témoigné n’avoir jamais vu une telle ferveur depuis longtemps.
Adar, mois de la joie et du retournement providentiel
Le mois d’Adar occupe une place singulière dans le cœur du peuple juif. C’est au cours de ce mois que se déroula, il y a plus de deux millénaires, le miracle de Pourim : le renversement providentiel du décret d’Haman, ministre du roi Assuérus de Perse, qui avait ourdi l’extermination du peuple juif. La reine Esther et son cousin Morde’haï, au prix d’un courage et d’une foi exemplaires, parvinrent à sauver leur peuple et à transformer une menace de mort en une célébration de vie. Cet événement fondateur a marqué le mois d’Adar du sceau de la joie, du retournement des situations et de la confiance en la Providence divine. Pour les Bahourim de Brunoy, célébrer l’entrée dans ce mois avec des chants et des danses, c’est donc bien plus qu’une tradition : c’est une affirmation de foi et d’espoir, une réponse vivante à l’invitation du calendrier hébraïque à ouvrir son cœur à la joie.
Un moment qui restera gravé dans les mémoires
Au fil des années, les étudiants qui passent par la Yechiva de Brunoy emportent avec eux des souvenirs indélébiles : une ‘havroussa studieuse, un Farbrenguen tardif, une prière particulièrement intense un soir de fête. La nuit du Motsa’ei Chabbat d’Adar de cette année s’inscrira sans nul doute parmi ces moments précieux. Les Bahourim, qu’ils soient issus de France, d’Israël, d’Argentine ou d’ailleurs, ont partagé ce soir-là quelque chose qui transcende les frontières et les origines : la joie simple et profonde d’appartenir à un peuple, à une tradition et à une communauté vivante. Et cette joie-là, comme le dit si bien la sagesse ‘hassidique, est une lumière qui éclaire bien au-delà de la nuit où elle est née.
Figure tutélaire du mouvement Habad en Israël, le Rav Yossef Its’hak Aharonov, 71 ans, brise le silence sur les fractures qui traversent la société israélienne et sur le rôle singulier qu’il assigne à son mouvement. Dans un entretien sans concessions, il défend l’apolitisme de Habad, explique pourquoi l’engagement de 1996 en faveur de Netanyahou était une exception historique, et révèle l’ampleur méconnue des missions humanitaires conduites sous son impulsion. Un homme de conviction, à la tête d’un empire de 904 Beth Habad et de quelque 1 400 familles d’émissaires, qui n’a pas peur de regarder la réalité en face.
Dès les premières minutes de notre entretien, les mots que le Rabbi de Loubavitch avait écrits sur le Rav Yossef Its’hak Aharonov reviennent à la mémoire : « Il est à la tête de l’activisme le plus responsable qui soit. » On comprend vite pourquoi. Ce message imprègne chaque phrase prononcée par celui qui est considéré comme l’une des personnalités les plus influentes de Habad, et l’on ne peut s’empêcher d’avoir l’impression que le mouvement vit et palpite en lui.
Les stands de Téfilines : une mission sacrée, pas une démarche commerciale
Les stands de Téfilines de Habad sont devenus un élément permanent du paysage israélien, tout en étant parfois au cœur de tensions sociales. Ressentez-vous une hésitation à ouvrir des stands dans certaines villes ?
« Non. Pourquoi le ferions-nous ? La réponse tient en un seul mot : le Rabbi. Les stands de Téfilines ne sont pas une initiative marketing ou privée, mais un ordre de mission sacré de l’Envoyeur, qui nous a enseigné que chaque Juif est un diamant. Nous continuons à agir avec une énergie maximale, et toujours le visage radieux. L’émissaire dans la rue n’est pas seul ; il dispose des forces que le Rabbi lui a transmises et de l’infrastructure professionnelle de Tseirei Habad, qui lui fournit des outils d’explication élaborés par les meilleurs esprits de notre mouvement.
« Même lorsque des difficultés surgissent, nous ne nous laissons pas entraîner dans des affrontements. Le Rabbi nous a inculqué la conviction que l’amour d’Israël est l’outil le plus puissant qui soit. Aussi, face aux perturbations, les émissaires répondent-ils avec le sourire et la bienveillance. »
Face aux divisions : Habad, artisan d’unité
Face aux fractures profondes qui traversent le peuple, y compris au sein du secteur religieux et entre ses différentes tendances, où se situe Habad ?
« Il est temps de changer de terminologie. Nous ne sommes pas ‘déchirés’, mais une famille qui connaît des désaccords. Le Rabbi nous a enseigné que sous chaque querelle entre Juifs existe un lien essentiel indéfectible. Notre mission, aujourd’hui, est d’abaisser la hauteur des flammes, de recoudre les déchirures par un amour d’Israël inconditionnel, et de rappeler à chacun qu’un peu de lumière chasse beaucoup d’obscurité. Nous sommes frères. »
Habad et la politique : une ligne de conduite immuable
Il n’est pas un secret que des affiliations politiques existent au sein de Habad, comme des adhésions à des partis. Pourtant, vous insistez en permanence sur le caractère apolitique du mouvement.
« Je ne connais pas de telles organisations, et il est important de le préciser : ce n’est tout simplement pas la voie de Habad. Notre mouvement n’est pas politique et ne l’a jamais été. Point. Notre mission est d’unir et de rapprocher, non de diviser à travers des partis.
« Si des publications ont fait état d’individus agissant en ce sens, c’est grave. Les institutions officielles de Habad, ou quiconque parmi nous, n’ont absolument aucun lien avec cela. Nous demeurons fidèles aux enseignements de l’Envoyeur et nous sommes présents pour chaque Juif, le visage souriant, indépendamment de toute appartenance politique. »
Mais lors des élections de 1996, vous vous êtes mobilisés de toutes vos forces en faveur du Likoud, avec la célèbre campagne « Netanyahou, c’est bon pour les Juifs. » Qu’est-ce qui a changé depuis ?
« Il est important de comprendre le contexte historique. La mobilisation en faveur de Binyamin Netanyahou à l’époque était un événement exceptionnel et sans précédent. C’était une ‘directive du moment’, ponctuelle, née de circonstances complexes, et qui, selon la Da’at Torah, était considérée comme une question de Pikouah Nefech — la préservation de la vie — qui prime toute autre considération. Ce n’était pas une démarche politique ordinaire, mais une réponse à un besoin sécuritaire et existentiel propre à ce moment. »
Habad ne sera donc pas impliqué dans la prochaine campagne électorale ?
« Comme je l’ai indiqué, Habad en tant que mouvement n’est pas un corps politique. Notre essence est la diffusion du judaïsme et la bienfaisance — la Hessed —, non l’implication dans des partis ou des candidats. C’est pourquoi, lors des prochaines élections également, Habad maintiendra sa position de principe et ne s’impliquera d’aucune façon. »
« Il est inutile d’embellir la réalité » : le quotidien difficile des émissaires en Israël
Le Rav Aharonov, 71 ans, a immigré du Canada au début de sa vingtaine et dirige depuis de nombreuses années — même si ce n’est pas officiel — l’association des Hassidim de Habad, Tseirei Agoudat Habad et le réseau d’éducation Ohalet Yossef Its’hak. Il a traversé de nombreuses tempêtes, ayant même purgé une peine d’un an et deux mois de prison au cours de la décennie précédente, mais ses réalisations parlent d’elles-mêmes : des opérations mondiales de rachat de prisonniers, la récupération des livres des Admorim des griffes soviétiques, et le sauvetage de milliers d’enfants de Tchernobyl dans le plus grand secret.
Sous sa direction, le réseau des émissaires en Israël a bondi pour devenir une puissance de 904 Beth Habad, quelque 1 400 familles d’émissaires et des milliers d’activistes et d’employés des institutions.
Pourquoi les émissaires de Habad à l’étranger bénéficient-ils d’une reconnaissance et d’un prestige supérieurs à ceux des émissaires en Israël ?
« C’est un axiome erroné qu’il faut absolument déconstruire. La mission en Terre d’Israël est bien plus complexe et difficile que celle de la diaspora, tant sur le plan spirituel que matériel. À l’étranger, l’émissaire est un interlocuteur qui suscite spontanément de la sympathie ; en Israël, il opère dans un ‘champ de mines’ de stigmates, de querelles politiques et de médias qui ne sont pas toujours indulgents. En dehors du pays, il est plus facile de mobiliser des ressources ; en Israël, l’émissaire doit faire preuve d’une créativité exceptionnelle pour gagner la confiance.
« Mais c’est là que réside le secret : l’émissaire n’agit pas de sa propre force. Les émissaires en Israël sont de véritables super-héros. Un couple qui part aujourd’hui s’installer dans un quartier en Israël le fait sans salaire ni voiture, parfois face à l’hostilité. Ils s’élancent vers l’inconnu, armés uniquement d’une force d’âme et d’un effacement total devant le Rabbi. La force qui anime les centaines de Beth Habad, avec toutes leurs institutions, c’est la certitude que l’Envoyeur nous accorde des pouvoirs qui dépassent les lois de la nature. »
Certains d’entre eux ont certainement des difficultés financières. Il n’est pas facile de vivre de dons en Israël.
« C’est une question douloureuse et difficile, et il est inutile de l’embellir. La mission n’est pas un parcours économique confortable, et certainement pas en Terre d’Israël, où le coût de la vie est élevé et où s’appuyer sur des dons exige une force morale et une persévérance dans la durée.
« Les émissaires de Habad ne reçoivent ni salaires ni budgets. Les dons à l’émissaire sont purement au service de la mission, et c’est là le plus grand retour sur investissement qui soit. Nous ne fermons pas les yeux sur la difficulté. Ces dernières années, nous avons bâti un projet d’accompagnement des émissaires dans tous les aspects de leur mission — financiers et organisationnels. C’est un accompagnement continu, personnel et professionnel, dans lequel l’émissaire et sa famille sont guidés vers une gestion financière saine, une planification rigoureuse et une capacité à faire face à une réalité en constante évolution. »
« Il n’y a pas de date d’expiration à la responsabilité » : Habad aux côtés des blessés et des otages
Les Beth Habad se sont transformés en centres de crise après le massacre du 7 octobre.
« Les Beth Habad ont acheminé nourriture et équipements vers les soldats, tandis que les émissaires du Sud restaient sous les bombes pour servir de point d’appui aux évacués et aux forces de sécurité. Tseirei Habad a affrété un avion qui a emmené les familles des otages dans un voyage bouleversant au Ohel du Rabbi à New York, puis jusqu’à Capitol Hill à Washington. Ce voyage puissant a créé un lien personnel profond. C’est une erreur de croire que, avec le retour des otages, l’épreuve de ces familles est terminée. Nous continuons à les accompagner et à les aider à ramasser les morceaux.
« Peu de gens le savent, mais Habad dispose d’une unité pour les victimes du terrorisme, qui accompagne quotidiennement les soldats de Tsahal blessés au combat ainsi que leurs familles. Le Rabbi a confié cette mission à Tseirei Habad il y a 58 ans, et depuis lors, l’organisation œuvre sans relâche.
« Ce lien se maintient au fil des années, dans le quotidien et dans les joies, dans les épreuves et dans les grands moments de la vie. Lors d’une Bar-Mitsva, d’un mariage, d’une Brit, d’une Halaka — l’émissaire est là. Non pas comme un invité, mais comme un membre de la famille. Si nous apprenons que la famille a besoin d’un soutien psychologique ou financier, nous nous mobilisons. Cette activité se poursuit jour après jour, année après année. »
L’opération Tchernobyl : une saga héroïque qui continue de vivre
Que sont devenus les « enfants de Tchernobyl », 35 ans après la catastrophe nucléaire en URSS ?
« L’opération Tchernobyl est un exemple vivant du leadership du Rabbi de Loubavitch. Quand l’ordre est arrivé d’agir immédiatement pour sauver les enfants de la zone sinistrée, nous n’avons pas été voir un comptable pour évaluer les coûts. Nous avons agi ‘à la limite de la folie’, avec des vols qui atterrissaient presque en secret, des valises de billets remises aux pilotes pour extraire les enfants, et une bureaucratie soviétique complexe qui exigeait de nous une ingéniosité suprême. Tseirei Habad a assumé dans cette opération une responsabilité sanitaire et financière pour des milliers d’âmes. Imaginez une famille de trois ou quatre personnes qui se sépare de son fils ou de sa fille — tout son monde — pour les faire monter dans un avion vers l’inconnu. Multipliez cela par des milliers.
« L’histoire de Tchernobyl vit en moi jusqu’à aujourd’hui. Ces enfants, qui sont arrivés à Kfar Habad sans leurs parents, sont aujourd’hui parents à leur tour. Nous leur avons construit les fondations d’une vie nouvelle, et nous continuons à en accompagner beaucoup. Quand je vois les magnifiques maisons que ces familles ont bâties, je comprends que nous avons eu le privilège d’être les émissaires de cette mission héroïque.
« L’une des fillettes arrivées dans le cadre de l’opération s’est d’abord bien adaptée, puis le contact a été perdu. Des années plus tard, elle s’est retrouvée dans des ennuis judiciaires et risquait une lourde peine de prison. Quand nous l’avons appris, nous n’avons pas posé de questions. Nous nous sommes présentés à ses côtés devant le tribunal, avons engagé un avocat et avons affirmé que nous prenions l’entière responsabilité d’elle — un logement stable, un accompagnement, un suivi, et surtout un cadre familial. La juge elle-même était émue. À une telle responsabilité, il n’y a pas de date d’expiration. »
La vision pour la prochaine décennie : pas de quartier sans Beth Habad
Quel est votre objectif pour la prochaine décennie ?
« L’objectif n’est pas de s’arrêter à 904 Beth Habad. Notre vision est d’atteindre un état où il n’existe aucun quartier, aucun village, aucun point sur la carte de la Terre d’Israël qui ne dispose pas d’un Beth Habad actif. Nous continuerons à recruter de nouvelles familles, à étoffer le réseau des émissaires et à développer des outils de sensibilisation modernes qui parleront à chaque Juif dans sa langue.
« Tant qu’il existe un seul Juif à qui l’on n’a pas encore posé les Téfilines, ou un seul enfant qui n’a pas encore reçu d’éducation juive, notre mission n’est pas accomplie. La force du Rabbi-Envoyeur nous pousse en avant, et nous continuerons à agir le visage radieux jusqu’à ce que la lumière couvre toute la terre et que le monde entier soit prêt pour la Gueoula. Tout cela, c’est le Rabbi — et nous ne sommes ici que pour accomplir. »
À bord d’un vol Tel Aviv–Paris, le Rav Yossi Amar, émissaire du Rabbi en Seine et Marne, a vécu l’une de ces rencontres qui illustrent à merveille la force de la Chlih’out. Un jeune homme qui se disait « non-juif » s’est révélé être de mère juive — et a mis les Téfilines pour la toute première fois de sa vie, à des kilomètres au-dessus des nuages. Une âme qui s’éveille, une Mitsva accomplie : ainsi se raconte, vol après vol, la mission des émissaires du Rabbi.
Une question simple dans les allées de l’avion
Le Rav Yossi Amar, émissaire du Rabbi en France, revenait cette semaine d’un voyage en Terre Sainte. Fidèle à son habitude lors de chaque vol, il se leva et parcourut l’allée centrale de l’appareil pour s’adresser discrètement aux passagers. Sa démarche était simple et bienveillante : demander, en douceur, s’il se trouvait parmi eux un Juif qui n’aurait pas encore eu l’occasion de poser les Téfilines ce jour-là.
Arrivé à l’arrière de l’avion, il entama son chemin de retour lorsqu’un jeune homme d’une vingtaine d’années l’arrêta. Ce même passager avait répondu « non » quelques instants plus tôt lorsque le Rav l’avait interrogé en anglais : « Are you Jewish ? » Pourtant, il lui tapota l’épaule et lui posa la question qui allait tout changer : « Pourquoi m’avez-vous demandé si j’étais juif ? »
L’explication qui ouvre une âme
Le Rav Amar lui répondit avec chaleur : « Parce que je cherche des Juifs qui n’ont pas encore mis les Téfilines aujourd’hui — afin qu’ils puissent remercier D.ieu pour le simple fait d’être en vie et accomplir leur mission dans ce monde. Chaque être humain, selon sa foi, est appelé à ajouter du bien et à rendre le monde meilleur. »
Le jeune homme garda un instant le silence, puis dit à voix basse : « En vérité… ma mère est juive et mon père est chrétien. J’habite à Newcastle, en Angleterre, et je rentre chez moi. » Le Rav sentit son cœur s’emballer : « Dans ce cas, tu es pleinement juif ! As-tu déjà mis les Téfilines ? » Le jeune homme répondit que jamais il ne l’avait fait — et les questions se mirent à fuser : que sont les Téfilines, que signifient-elles, qu’apporte la foi, quel est le rôle de l’homme dans ce monde ?
Une conversation en altitude sur la liberté et la mission juive
Les deux hommes s’installèrent dans une discussion profonde. Le Rav Amar lui parla de la soumission du mental et du cœur, du libre arbitre et de la Providence divine, de la mission singulière que chaque Juif porte en lui. Il lui transmit la célèbre parabole du Rabbi sur le couteau — cet outil qui peut servir le bien ou, à D.ieu ne plaise, causer du mal — illustrant ainsi que chaque force donnée à l’être humain est destinée à répandre lumière et bonté dans le monde.
La conversation fut sincère, curieuse, vivante. Un jeune homme qui ignorait jusqu’à son identité juive découvrait, à des milliers de mètres d’altitude, les fondements d’un héritage qu’il portait sans le savoir.
Un Bar-Mitsva en plein vol
Vint alors le moment décisif. Le Rav Amar lui dit en souriant : « Tout le monde n’a pas la chance de célébrer sa Bar-Mitsva… ici, à des milliers de mètres au-dessus de la terre — au plus près du ciel ! » Le jeune homme posa les Téfilines pour la première fois de sa vie. Il était visiblement ému, au point d’étreindre chaleureusement le Rav et de l’embrasser avec une sincérité touchante.
Un Bar-Mitsva à 10 000 mètres d’altitude : une Mitsva accomplie là où le ciel et la terre semblaient se rejoindre.
Une étincelle juive rallumée dans les cieux
À l’issue de la rencontre, le Rav Amar prit les coordonnées du jeune homme afin de le mettre en contact avec les émissaires du Rabbi en Angleterre. Car la Chlih’out ne s’arrête pas à la descente d’avion — elle trace des liens durables entre les âmes et ceux qui veillent sur elles.
« Une âme assoiffée de Judaïsme qui s’est éveillée en un seul instant », confie le Rav Amar en conclusion. « Nous sommes heureux d’avoir mérité d’être des émissaires — et de voir de nos propres yeux comment une étincelle juive peut se rallumer… jusque dans les cieux. »
Dans une démonstration historique de fierté et de résilience juives, Times Square s’est transformé en une scène de lumière et d’unité pour 7 000 adolescents venus de 60 pays. Trois otages israéliens libérés ont récité le Chema Israël aux côtés de la jeunesse, tandis que CTeen, le plus grand réseau juif pour adolescents au monde, annonçait l’ouverture de son 900e chapitre. Une nuit inoubliable, marquée également par l’hommage rendu au Rav Eli Schlanger, tombé dans l’attentat de Bondi Beach.
Une nuit de fierté juive au carrefour du monde
Les écrans lumineux de Times Square ont rayonné d’images juives en ce Motsaé Chabbat, alors que des milliers d’adolescents envahissaient le carrefour le plus célèbre du monde. Portés par un Chabbat exaltant à Crown Heights, dans le cadre du 18e Chabbaton International CTeen — le plus grand rassemblement de jeunes juifs au monde —, ils allaient désormais orchestrer l’une des manifestations de fierté juive les plus visibles que le monde ait jamais connues.
« Tout au long de l’année, ces jeunes sont en première ligne pour défendre ce que signifie être juif », a déclaré le Rav Mendy Kotlarsky, président de CTeen International. « Ce soir, le judaïsme passe à l’offensive. Le Rabbi nous a enseigné de ne jamais sous-estimer la puissance de la jeunesse, et ce week-end est leur tremplin pour changer le visage de la vie juive à l’échelle mondiale. »
« Am Israël Haï. 18 ans de force. 18 ans d’unité. 18 ans d’affirmation de soi », a proclamé le Rav Chimon Rivkin, directeur de CTeen International au Merkos 302, marquant le 18e anniversaire — le Haï — de CTeen. « Ce soir, nous célébrons la vraie vie, la vie de la Torah. »
Des chiffres records et une énergie contagieuse
Le rassemblement annuel de Times Square, temps fort du Chabbaton International CTeen, a réuni 7 000 participants venus de 60 pays pour la Havdalah, un concert live et une soirée de fierté juive décomplexée. CTeen, le plus grand réseau juif pour adolescents au monde, perpétue cette tradition chaque année, transformant Times Square en l’une des vitrines les plus visibles de l’identité juive sur la planète.
« Times Square est incroyable, cette énergie, des milliers de jeunes juifs tous ensemble », a confié Ethan Hobbs, responsable CTeen à KCTeen Kansas City. « J’ai 18 ans, CTeen a 18 ans. J’ai grandi aux côtés de ce mouvement. »
Le chanteur Benny Friedman a conduit la Havdalah sur scène, marquant le passage du Chabbat à la nouvelle semaine. Le chanteur israélien Noam Buskila et Nissim Black ont ensuite enflammé la foule lors de leurs prestations respectives.
Une annonce majeure a provoqué une clameur dans la foule : CTeen a révélé avoir atteint 900 chapitres dans le monde entier, répartis dans plus de 60 pays. Ce qui a commencé il y a 18 ans avec une poignée de chapitres est devenu le plus grand mouvement juif pour adolescents au monde, présent sur six continents, de Budapest à Asunción en passant par Hong Kong.
« Je suis impatient d’aider mon frère à s’enflammer dans son parcours juif », a dit Hobbs. « C’est mon dernier Chabbaton, mais c’est le premier de mon frère. J’ai été co-président de mon CTeen et j’ai contribué à en faire le plus grand groupe de jeunes de la ville. Il est maintenant temps d’inspirer les autres à faire de même. »
Le Chema Israël résonne : trois otages libérés prennent la parole
Le moment le plus émouvant de la soirée est survenu lorsque Matan Zangauker, Ilana Gritzewsky et Segev Kalfon, trois otages israéliens libérés, ont rejoint la scène et déclaré le « Chema Israël » aux côtés des adolescents. Parmi eux, Segev Kalfon, qui avait rêvé de prononcer le Chema à sa libération des mains du Hamas. Il l’a dit ce samedi soir — non pas depuis une cave de Gaza, mais depuis une scène fière et lumineuse au cœur de Times Square. Le chanteur Noam Buskila a ensuite rejoint les otages et les jeunes pour un émouvant « Chir Hama’alot ».
Hommage au Rav Eli Schlanger : la lumière aura toujours le dernier mot
Le Rav Kotlarsky, rentré tout juste du Kinous Hachlouhim de Bondi, a attiré l’attention de la foule sur Sydney, où lors de la première nuit de ‘Hanouka, quinze personnes avaient été assassinées à Bondi Beach, parmi lesquelles le directeur de CTeen Bondi, le Rav Eli Schlanger Hy »d.
Le message du Rabbi a été diffusé sur les immenses écrans, évoquant la manière dont les Juifs répondent à la tragédie avec force et par l’action. Puis Priva Schlanger, la fille aînée du Rav Schlanger, est montée sur scène. « Il y a un an, mon père vous a vus, des leaders juifs fiers et engagés, et CTeen Bondi est né », a-t-elle confié à la foule. « La perte de mon père a brisé notre monde. Mais elle n’a pas brisé sa mission. La réponse n’est pas « pourquoi ». C’est « que pouvons-nous faire ». » Elle a marqué une pause avant de conclure : « L’obscurité ne définit pas le moment. Nos actes, eux, le définissent. »
Le Rav Kotlarsky, aux côtés du philanthrope Igor Tulchinsky, a ensuite réservé une surprise à Priva en annonçant la création du « Salon du Rav Eli » — un nouveau Salon CTeen qui sera construit à la mémoire du Rav Schlanger.
« Il y a une chose dont nous nous assurerons », a déclaré Rav Kotlarsky à la foule. « La lumière aura toujours le dernier mot. »
Il y a sept ans, le Rav ‘Haïm Tsvi Rozenberg Zatsal quittait ce monde, laissant derrière lui des milliers d’élèves, de familles aidées et une œuvre immense au service de la Torah et du prochain. Aujourd’hui, à travers l’association Ahavat Haïm, son fils le Rav Yossef Rozenberg perpétue cette flamme avec un Kollel et un centre d’études à Jérusalem, un séminaire pour jeunes filles et de nombreuses actions de Tsedaka. Du 22 au 24 février 2026, une campagne de soutien exceptionnelle est lancée avec un objectif de 300 000 € — parce que l’œuvre d’un grand homme ne s’arrête jamais vraiment.
Du 22 au 24 février 2026 : une campagne pour écrire la suite
À l’occasion du septième anniversaire du départ du Rav Rozenberg Zatsal, l’association Ahavat Haïm lance une campagne de soutien de 72 heures, du 22 au 24 février 2026, avec un objectif ambitieux de 300 000 €. Cet argent permettra de consolider et de développer toutes les actions de l’association : agrandir le centre de Jérusalem, renforcer le séminaire pour filles, soutenir davantage de familles dans le besoin, et continuer à diffuser la Torah aux quatre coins du monde.
Donner à Ahavat Haïm, c’est prolonger la vie d’un homme exceptionnel. C’est honorer la mémoire d’un Rav qui n’a jamais compté ses heures ni ses efforts pour les autres. C’est permettre à son fils de continuer, à Jérusalem, ce que son père a consacré sa vie entière à construire. Et c’est dire, à travers votre geste, que son message résonne encore — et résonnera longtemps.
Le Rav ‘Haïm Tsvi Rozenberg Zatsal : un géant de la Torah au cœur d’or
Né le 8 ‘Hechvan 5715 (4 novembre 1954) à Jérusalem, le Rav ‘Haïm Tsvi Rozenberg Zatsal fut dès son plus jeune âge une figure d’exception. Prodige reconnu très tôt, il étudie à la Yechiva Ketana de Kol Torah, où il est repéré par le grand Rav Chelomo Zalman Auerbach zatsal, l’une des plus grandes autorités halakhiques du XXe siècle. Il poursuit ensuite ses études à la Yechiva de Hévron à Jérusalem, puis au Kollel ‘Hazon Ich à Bneï Brak après son mariage. Sa devise, connue de tous ceux qui l’ont approché, résumait à elle seule son caractère : « Y’a pas de secrets, il faut bosser. » Une maxime vécue jusqu’au bout — il avait achevé l’étude complète du Chass pour la première fois… à 16 ans.
Une vie au service de la communauté juive de France
C’est à l’initiative du Grand Rabbin de France, le Rav Yossef ‘Haïm Sitruk zatsal, que le jeune Avrekh quitte Israël pour relever un défi inédit : fonder la première Yechiva Ketana de France, à Marseille. Il n’a que 26 ans, ne maîtrise pas encore la langue, mais il réussit en quelques années à former des centaines de jeunes, leur inculquant un amour profond et durable de la Torah. Après un passage à Anvers, où il dirige l’école Yessodé HaTorah, puis à Bondy, il s’installe à Paris et devient le Rav de la synagogue Rachi Choul, dans le IXe arrondissement, poste qu’il occupera durant près de 26 ans.
À Paris, sa renommée dépasse très vite les frontières de sa communauté. Pionnier du Daf Hayomi en France, il est également l’un des tout premiers à enregistrer et diffuser des cours de Torah en ligne dès 1997, bien avant que cela ne devienne une pratique courante. Son site ahavatorah.fr devient une référence mondiale pour des dizaines de milliers d’étudiants en quête d’enseignement de qualité.
Un homme d’une générosité sans limite
Mais le Rav Rozenberg Zatsal n’était pas seulement un érudit hors pair — il était avant tout un homme de ‘Hessed, d’une générosité sans limite. Jour et nuit, il se rendait disponible pour tous : le malade en fin de vie, la veuve dans le besoin, le jeune homme cherchant conseil pour son mariage, le paraplégique ayant besoin d’une chaise roulante en urgence. Il gérait en permanence des dizaines de situations simultanément, avec une efficacité et une bienveillance qui forçaient l’admiration. Lorsqu’on entendait au bout du fil « Chalom, Rozenberg à l’appareil », on savait que la solution était en route.
Frappé par la maladie il y a une vingtaine d’années, il ne ralentit pas pour autant. Au contraire, il se lia d’amitié avec le Rav Firer, directeur de l’association Ezra Lamarpé, et devint officieusement son représentant en France et en Europe, prenant en charge des malades israéliens venus se faire soigner, s’occupant de leur logement, de leur transport, de leurs repas — et parfois, littéralement, de sauver leur vie.
Le 6 Adar Alef 5779, soit le 11 février 2019, le Rav ‘Haïm Tsvi Rozenberg Zatsal quittait ce monde à l’âge de 64 ans, à la suite d’un AVC. Son enterrement, le lendemain, réunit une foule immense, venue lui rendre un dernier hommage. Son fils Yossef résuma en une phrase ce que des milliers ressentaient : « C’était un Gadol. Il ne vivait que pour les autres. »
L’héritage vivant : le Kollel et le centre Ahavat Haïm à Jérusalem
Sous la direction du Rav Yossef Rozenberg, fils du Rav Zatsal, l’association Ahavat Haïm a pris le relais avec force et détermination. Au cœur de Jérusalem, un Kollel et un centre d’accueil pour étudiants ont été créés afin d’accueillir de jeunes Français souhaitant approfondir leur étude de la Torah en Erets Israël. Ces étudiants bénéficient d’un logement à loyer réduit en plein centre de Jérusalem, en échange d’un engagement quotidien d’étude au sein du Kollel. C’est la continuation directe de l’œuvre du Rav : transmettre, former, élever.
Depuis Elloul 5785, un séminaire pour jeunes filles — Bnot Ahavat Haïm — a également ouvert ses portes, permettant aux jeunes Françaises de bénéficier, elles aussi, d’un cadre d’étude et d’épanouissement spirituel de qualité en Terre Sainte.
Des actions de Tsedaka au quotidien
Au-delà du Kollel et du séminaire, l’association Ahavat Haïm mène un ensemble d’actions essentielles au service de la communauté : aides aux nécessiteux, soutien aux veuves et aux orphelins, caisse de prêt (Guemah) pour les familles dans le besoin, financement du Kollel et de la Yechiva, et diffusion de cours de Torah accessibles gratuitement à tous via le site ahavatorah.fr. Chaque don contribue directement à maintenir vivante une œuvre qui, depuis des décennies, change des destins et illumine des familles entières.