Dans la nuit qui a suivi le Chabbat, les Bahourim de la Yechiva Loubavitch de Brunoy, ont célébré l’entrée dans le mois béni d’Adar avec une ferveur et une joie débordantes. Portés par le chant envoûtant de Chalom Djian et Mendy Gabay, accompagnés à la musique par Acher Touitou, les jeunes étudiants se sont laissés emporter dans une ronde de danses enthousiastes et spontanées. Car lorsqu’Adar arrive, la joie ne se contient plus — elle éclate, elle rayonne, elle entraîne tout sur son passage.
La Yechiva de Brunoy, un foyer de vie ‘hassidique
Nichée dans la ville de Brunoy, en région parisienne, la Yechiva Loubavitch est l’une des plus prestigieuses institutions d’enseignement Torah du mouvement Loubavitch en Europe. Depuis des décennies, elle accueille des centaines de Bahourim venus des quatre coins du monde, attirés par la qualité de l’enseignement, la profondeur de la vie ‘hassidique et la chaleur de la communauté qui s’y est développée. Ces jeunes hommes consacrent leurs journées à l’étude intensive du Talmud, du Code juif et des textes fondateurs du ‘Hassidisme Loubavitch. Mais la vie à la Yechiva ne se résume pas aux heures studieuses passées sur les textes sacrés : elle est aussi faite de moments de joie collective, de chants, de danses et de Farbrenguen qui renforcent les liens entre les étudiants et nourrissent leur âme.
Motsa’ei Chabbat : quand la semaine commence dans l’allégresse
La sortie du Chabbat — le Motsa’ei Chabbat — est toujours un moment particulier dans le calendrier de la Yechiva. Après une journée consacrée à la prière, à l’étude et au recueillement, le retour à la semaine s’accompagne souvent d’un élan de vitalité et d’enthousiasme. Ce soir-là, l’annonce de l’entrée dans le mois d’Adar a transformé cet élan en véritable fête. Le mois d’Adar, qui culmine avec la fête joyeuse de Pourim, est selon la tradition juive le mois par excellence de la joie et de l’allégresse. Le Talmud enseigne : « Lorsqu’Adar entre, on accroît la joie. » Les Bahourim n’ont pas manqué de mettre ce principe en pratique avec tout l’entrain de leur jeunesse.
Chalom Djian et Mendy Gabay : des voix au service de la joie
La soirée a pris une dimension artistique et spirituelle particulière grâce à la présence de deux chanteurs talentueux : Chalom Djian et Mendy Gabay. Connus dans les cercles de la communauté Loubavitch pour leurs voix chaleureuses et leur capacité à enflammer les cœurs, ils ont guidé les Bahourim à travers un répertoire de nigounim — ces mélodies ‘hassidiques chargées d’âme et de profondeur — ainsi que de chants de fête en l’honneur d’Adar. Leurs voix entremêlées ont créé une atmosphère à la fois recueillie et festive, propice à l’élévation spirituelle autant qu’à la célébration populaire. Aux côtés des deux chanteurs, le musicien Acher Touitou a assuré l’accompagnement instrumental, insufflant au spectacle un rythme vivant et entraînant qui a rapidement mis tout le monde en mouvement.
La danse, expression d’une joie profonde et sincère
Dans la tradition ‘hassidique, la danse n’est pas un simple divertissement : elle est une forme de prière, une expression corporelle de la joie de l’âme face à D.ieu. Le Baal Chem Tov, fondateur du mouvement ‘hassidique, enseignait que le corps doit participer à la joie spirituelle, et que la danse sincère peut ouvrir des portes de l’âme que les mots ne savent pas franchir. C’est dans cet esprit que les Bahourim de Brunoy ont dansé ce soir-là — non pas par obligation ou par convention, mais par un élan spontané et authentique. Les rondes se sont formées naturellement, les bras entrelacés, les visages illuminés, les voix se joignant aux chants pour ne former qu’un seul élan vers le ciel. Les anciens étudiants présents ce soir-là ont témoigné n’avoir jamais vu une telle ferveur depuis longtemps.
Adar, mois de la joie et du retournement providentiel
Le mois d’Adar occupe une place singulière dans le cœur du peuple juif. C’est au cours de ce mois que se déroula, il y a plus de deux millénaires, le miracle de Pourim : le renversement providentiel du décret d’Haman, ministre du roi Assuérus de Perse, qui avait ourdi l’extermination du peuple juif. La reine Esther et son cousin Morde’haï, au prix d’un courage et d’une foi exemplaires, parvinrent à sauver leur peuple et à transformer une menace de mort en une célébration de vie. Cet événement fondateur a marqué le mois d’Adar du sceau de la joie, du retournement des situations et de la confiance en la Providence divine. Pour les Bahourim de Brunoy, célébrer l’entrée dans ce mois avec des chants et des danses, c’est donc bien plus qu’une tradition : c’est une affirmation de foi et d’espoir, une réponse vivante à l’invitation du calendrier hébraïque à ouvrir son cœur à la joie.
Un moment qui restera gravé dans les mémoires
Au fil des années, les étudiants qui passent par la Yechiva de Brunoy emportent avec eux des souvenirs indélébiles : une ‘havroussa studieuse, un Farbrenguen tardif, une prière particulièrement intense un soir de fête. La nuit du Motsa’ei Chabbat d’Adar de cette année s’inscrira sans nul doute parmi ces moments précieux. Les Bahourim, qu’ils soient issus de France, d’Israël, d’Argentine ou d’ailleurs, ont partagé ce soir-là quelque chose qui transcende les frontières et les origines : la joie simple et profonde d’appartenir à un peuple, à une tradition et à une communauté vivante. Et cette joie-là, comme le dit si bien la sagesse ‘hassidique, est une lumière qui éclaire bien au-delà de la nuit où elle est née.
Photos : Mordehai Lubecki






























































































