New York est frappée par la tempête hivernale la plus violente depuis dix ans, avec des accumulations de neige pouvant atteindre cinquante à soixante-dix centimètres et des vents dépassant les quatre-vingts kilomètres-heure. Le maire Zohran Mamdani a décrété l’état d’urgence et interdit tout déplacement non essentiel du dimanche soir au lundi midi. Dans le quartier de Crown Heights, les institutions éducatives hors du commun ont fait le choix de maintenir leurs cours, fidèles à une tradition de continuité dans l’étude de la Torah quelles que soient les circonstances.
Une bombe météorologique s’abat sur la côte Est
Le Service météorologique national américain (NWS) a qualifié cette tempête d’événement potentiellement historique. La pression atmosphérique a chuté brutalement — d’environ 1 008 hPa à près de 970 hPa en moins de vingt-quatre heures — caractérisant une cyclogenèse explosive, communément appelée « bombe météorologique ». Les météorologues prévoient des rafales pouvant atteindre cent kilomètres-heure, une visibilité réduite à moins de quatre cents mètres par endroits, et des accumulations de neige entre trente et soixante-dix centimètres sur l’ensemble de la région. Le NWS a mis en garde contre des conditions rendant les déplacements « dangereux pour la vie », avec des risques de pannes d’électricité dues au poids de la neige sur les arbres et aux vents violents. Plus de quarante mille foyers dans l’État du New Jersey ont d’ores et déjà été plongés dans l’obscurité.
Cette tempête s’inscrit dans un hiver 2025-2026 particulièrement rigoureux sur toute la côte Est des États-Unis, marqué par une anomalie thermique d’environ moins trois degrés Celsius à New York depuis le début de la saison. Fin janvier, une première tempête majeure avait déjà fait plus de cent morts à travers le pays, dont dix-huit à New York seuls, principalement victimes d’hypothermie.
La ville paralysée : état d’urgence et interdiction de circuler
Face à cette situation exceptionnelle, le maire de New York Zohran Mamdani a pris des mesures drastiques. Dimanche soir, il a officiellement interdit tout déplacement non essentiel dans la mégalopole de plus de huit millions d’habitants, jusqu’au lundi midi. « La ville de New York n’a pas connu de tempête de cette ampleur au cours de la dernière décennie », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse, appelant les habitants à « éviter tout déplacement non essentiel ». L’état d’urgence a également été décrété dans plusieurs États voisins, notamment le New Jersey, le Delaware, le Rhode Island, le Connecticut et le Massachusetts.
Les perturbations ont été considérables à tous les niveaux : plus de trois mille cinq cents vols ont été annulés dans les aéroports new-yorkais, le siège de l’ONU à Manhattan a fermé ses portes lundi avec toutes ses réunions reportées, les spectacles de Broadway ont été annulés dimanche soir, et même les services de livraison comme DoorDash ont suspendu leurs activités dans la ville. Les écoles publiques de New York ont été fermées lundi, y compris pour l’enseignement à distance — une première en sept ans.
Crown Heights fait exception : la Torah prime sur le blizzard
Alors que la ville entière se mettait à l’arrêt, les institutions éducatives du quartier de Crown Heights ont fait un choix radicalement différent. Les deux grands établissements Habad du quartier — Ohalei Torah et la Yechiva Loubavitch — ont annoncé le maintien de leurs cours malgré l’interdiction de circuler sur les routes.
Pour permettre aux élèves d’y accéder en dépit des conditions extrêmes et de l’interdiction de conduire, les établissements ont pris soin de répartir les cours en plusieurs points du quartier, permettant ainsi aux jeunes de s’y rendre à pied. La journée de cours a également été écourtée pour tenir compte des conditions météorologiques.
Dans un message adressé aux familles et à la communauté, la direction de la Yechiva a justifié cette décision en s’appuyant sur une longue tradition : « Depuis soixante-dix ans, quelle que soit l’ampleur de la tempête, notre Yechiva est restée ouverte. Nous demeurons fermes dans cet engagement. » Ces mots résonnent comme un acte de foi autant qu’une déclaration pédagogique : l’étude de la Torah ne saurait être interrompue par les aléas du monde extérieur.
Ce choix illustre la priorité absolue accordée à la continuité de l’enseignement religieux au sein de la communauté Habad de Crown Heights, dans un esprit qui transcende les contraintes matérielles les plus sévères.
















