Le troisième round de négociations entre Washington et Téhéran, considéré comme décisif, a marqué une pause temporaire ce jeudi à Genève après trois heures d’intenses discussions. Si des signaux d’ouverture ont été envoyés des deux côtés, des responsables iraniens ont opposé un refus catégorique aux exigences américaines les plus dures, posant des lignes rouges claires sur leur programme nucléaire et leur arsenal balistique. En toile de fond, le porte-avions américain Gerald Ford prend cap sur Israël, et des conseillers de Trump envisageraient en privé un scénario militaire où Israël frapperait en premier.
Chanel 14
Genève, dernier espoir d’une percée diplomatique ?
Le troisième round de pourparlers entre l’Iran et les États-Unis a débuté ce jeudi à Genève, alors que les désaccords entre les deux parties sur les missiles balistiques et la question nucléaire demeurent entiers. Malgré ces divergences, le ministre des Affaires étrangères omanais Badr Al-Busaidi, qui joue le rôle de médiateur, s’est voulu optimiste, évoquant des efforts intenses menés dans un esprit constructif et soulignant une ouverture sans précédent des deux parties à des idées et solutions nouvelles, en vue de créer les conditions favorables à un accord équitable. Un haut responsable omanais a également confié à la chaîne israélienne Channel 14 que Mascate se montrait optimiste quant à une solution diplomatique, les deux parties manifestant une réelle volonté de conclure un accord.
Les négociations ont ensuite été interrompues temporairement après environ trois heures. Les délégations se sont retirées pour des consultations internes avant de reprendre les discussions en fin d’après-midi — selon le quotidien libanais Al-Mayadeen, proche du Hezbollah, la reprise était prévue à 17h30, heure d’Israël.
Un conseiller de Khamenei envoie un signal fort… en hébreu
Ali Shamkhani, conseiller principal du Guide suprême iranien Ali Khamenei, a pris la parole de manière remarquée en rédigeant un message directement en hébreu : « Si la question centrale des négociations est l’incapacité de l’Iran à développer des armes nucléaires, cela est en accord avec la fatwa du Guide et avec la doctrine de défense iranienne — et un accord immédiat est possible. Le ministre des Affaires étrangères Araghchi dispose de suffisamment de soutien et d’autorité pour parvenir à un tel accord. »
Cette déclaration, inhabituelle par sa langue et son ton, a été interprétée comme un signal fort adressé directement à l’opinion publique israélienne et aux milieux diplomatiques occidentaux.
La fatwa comme bouclier diplomatique
Dans une tentative d’atténuer la pression internationale, le président iranien Pezeshkian a réaffirmé que son pays ne souhaitait pas se doter de l’arme atomique : « Nous ne voulons pas posséder d’armes nucléaires et nous sommes engagés envers la fatwa du Guide Suprême à ce sujet. Lorsqu’il émet une telle fatwa, cela signifie clairement que Téhéran ne fabriquera pas d’armes nucléaires. »
En réponse, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a fait savoir que ces déclarations ne suffisaient pas à satisfaire l’administration. Même si l’Iran n’enrichit pas d’uranium à ce stade, il œuvrerait selon lui à acquérir les capacités technologiques nécessaires pour le faire à l’avenir. Rubio a ajouté ce jeudi : « L’Iran construit des missiles capables de transporter des ogives. S’ils souhaitent véritablement un programme d’enrichissement civil pacifique, ils peuvent le faire dans des installations en surface — pas à des dizaines de mètres sous terre. »
Téhéran pose ses lignes rouges : refus catégorique des exigences américaines
Dans des interviews accordées aux chaînes Reuters et Al-Jazeera, des responsables iraniens ont clairement indiqué que Téhéran ne renoncera pas à ses acquis stratégiques. Un haut responsable iranien a déclaré sans ambiguïté sur Al-Jazeera : « Nous rejetons catégoriquement le démantèlement des installations nucléaires, l’enrichissement zéro, le transfert d’uranium enrichi hors de nos frontières, et tout débat sur notre arsenal balistique. »
Ce même responsable a précisé que le principe d’un « enrichissement zéro permanent » était hors de question pour Téhéran. La proposition iranienne actuelle se limite à un enrichissement à faible taux, placé sous la surveillance de l’AIEA, sans démantèlement d’installations ni transfert des réserves d’uranium enrichi à l’étranger.
Parallèlement, une source iranienne a confié à l’agence Reuters que la clé de la progression reposait dans les mains américaines : « Un accord-cadre est possible, à condition que les États-Unis séparent sérieusement les questions nucléaires des questions non nucléaires. » Cette source visait notamment les pressions de Washington pour inclure dans les négociations les activités régionales de l’Iran et son programme de missiles balistiques.
La proposition iranienne : enrichissement limité et surveillance internationale
Selon le New York Times, l’Iran s’apprêterait à soumettre une proposition permettant un certain niveau d’enrichissement, tout en offrant à Donald Trump la possibilité de présenter cela comme une victoire. Quatre sources officielles iraniennes indiquent que Téhéran proposerait une suspension de l’enrichissement d’uranium pour une durée de trois à cinq ans. À l’issue de cette période, l’Iran rejoindrait un consortium régional et maintiendrait des niveaux d’enrichissement minimaux d’environ 1,5 %. L’Iran proposerait également de diluer progressivement ses réserves d’uranium enrichi, tout en autorisant les inspecteurs de l’AIEA à surveiller les opérations et à vérifier l’application de l’accord.
Les exigences américaines : une position intransigeante
Le Wall Street Journal a de son côté révélé les conditions posées par Washington lors des pourparlers de Genève, bien plus exigeantes que ce que Téhéran semble prêt à accepter. Les États-Unis réclameraient la destruction totale des trois sites nucléaires iraniens — Fordow, Natanz et Ispahan —, la remise de l’intégralité de l’uranium enrichi, l’absence de clauses d’extinction permettant des restrictions permanentes contrairement à l’accord de 2015, un enrichissement zéro (à l’exception du réacteur de recherche de Téhéran), et un allègement minimal des sanctions conditionné au strict respect des engagements pris.
Le désaccord du renseignement : le programme a-t-il été reconstitué ?
Un écart significatif entre les évaluations des services de renseignement a été mis en lumière. Des experts et diplomates ont confié au Wall Street Journal que le programme nucléaire iranien n’aurait pas véritablement progressé depuis la guerre avec Israël en juin dernier. David Albright, chercheur spécialisé dans le domaine, a indiqué que sur la base d’images satellites et de la surveillance des installations, aucune preuve de reconstruction d’un programme de développement d’armes n’a été trouvée.
Cependant, au niveau politique américain, le tableau apparaît différent. Le vice-président JD Vance a déclaré que l’administration avait observé des preuves que l’Iran tentait de reconstituer son programme nucléaire, ce qui laisse penser que Washington s’appuie soit sur des informations non encore divulguées, soit sur une interprétation particulièrement stricte des actions de Téhéran.
Le Gerald Ford en route vers Israël : un message musclé
En parallèle des négociations diplomatiques, le plus grand porte-avions du monde, le USS Gerald Ford, a quitté ce matin le port de La Suda en Crète et met cap sur les côtes israéliennes, où il devrait arriver dans les prochaines 24 heures. Ce bâtiment de guerre à propulsion nucléaire représente un renforcement stratégique considérable du dispositif de défense commun israélo-américain dans la région — un signal de puissance envoyé en plein cœur des négociations.
La stratégie de l’ombre : « laisser Israël frapper en premier »
L’aspect le plus inquiétant de ces derniers jours concerne la stratégie militaire qui se dessinerait en coulisses à la Maison Blanche. Selon un rapport du site Politico, des conseillers senior du président Trump expriment en privé leur préférence pour qu’Israël soit le premier à lancer une attaque militaire contre l’Iran, avant toute implication directe des forces américaines.
Selon des sources proches du dossier, une frappe israélienne constituerait le « déclencheur » nécessaire pour mobiliser le soutien de l’opinion publique américaine en faveur d’une opération militaire de grande envergure. Dans l’entourage proche de Trump, une conviction semble aujourd’hui s’être cristallisée : les États-Unis se dirigent vers une frappe contre l’Iran, vraisemblablement dans le cadre d’une opération conjointe avec Israël. Une logique qui, si elle venait à se confirmer, transformerait radicalement la nature de ces négociations — et leur finalité réelle.
Grâce au calendrier d’étude quotidienne du Tanya, cette année embolismique nous permet de nous attarder un peu plus longtemps sur son fameux chapitre 32, qui ne porte pas son numéro 32 par hasard, puisqu’il s’agit précisément de la valeur numérique du mot lev, soit le « cœur ». Ne nous enseigne-t-il pas la valeur suprême d’Ahavat Israël, d’amour du prochain, justement au cœur des enseignements de la ‘Hassidout ?
Par Michel Allouche, Jérusalem
Traduit et adapté de Biour Hatanya du Rav Adin Éven Israël (Steinsaltz)
Il me paraît intéressant d’apporter ici un extrait du commentaire de Rav Adin Éven Israël (Steinsaltz)qui permet sans doute d’enrichir notre lecture quotidienne du Chéma Israël et de mieux percevoir l’importance de l’unité d’Israël.
L’un des messages de cet édifiant chapitre du Tanya nous invite à mettre de côté notre corps et à placer au centre l’âme divine que nous avons en commun. Dès lors, nous devons réaliser, au-delà de nos différences, quelles qu’elles soient, que nous avons tous le même Père et qu’à ce titre nous sommes de véritables frères au sein de Knesset Israël, la Source première où toutes nos âmes ne font plus qu’un auprès de D.ieu.
Selon leRav Adin Éven Israël (Steinsaltz), Chéma Israël, « Écoute Israël, Hashem est notre D.ieu, Hashem est Un » constitue un bel écho à ce message. Il propose en effet d’y lire également trois déclarations :
Chéma Israël (le terme Chéma rappelle en effet un verset de Shmouel I 15:4 : « Saül rassembla (vayichama) le peuple) : l’invitation au rassemblement d’Israël, en d’autres termes, l’invitation à prendre conscience de l’unité d’Israël, de l’amour de notre frère juif, quels que soient ses liens avec le judaïsme, à l’instar de du conseil du Ari zal d’introduire la prière du matin avec cette autre déclaration : « Je prends sur moi d’accomplir le commandement positif : Aime ton prochain comme toi-même ».
Hashem est notre D.ieu : L’acceptation du joug de la Royauté céleste.
Hashem est Un : il n’est point d’autre existence en dehors de Lui.
Les deux dernières déclarations nous conduisent aussi à être prêt au sacrifice de soi, soit à la messirout néfesh et à l’abnégation personnelle, que l’on pourrait apparenter à une offrande apportée à D.ieu au Temple de Jérusalem. Or les animaux qui y étaient offerts en sacrifice devaient être exempts de tout défaut.
Pareillement, il importe que la proclamation de « Hashem est notre D.ieu, Hashem est Un », soit précédée de Chéma Israël, invoquant l’unité absolue d’Israël. Telle est là la condition permettant à notre propre offrande de s’élever jusqu’au Ciel.
Le Farbrenguen de Pourim 5718 (1958) est resté l’un des plus célèbres, marqué par des révélations spirituelles profondes et des moments d’une intensité hors du commun. Dès la veille de la fête, le Rabbi avait lui-même lu la Méguila chez lui. Le Farbrenguen dura neuf heures, du soir jusqu’à l’aube, et s’imposa comme l’un des événements les plus extraordinaires vécus par les Hassidim.
La veille de Pourim — le Rabbi lit la Méguila dans sa demeure
La veille de Pourim, le Rav Yaakov Holtzman rapporta que le Rabbi avait tenu à lire lui-même la Méguila dans sa maison, et ce, en dépit de l’absence de la Rebbetzin ce soir-là. Loin de reporter la lecture, il la accomplit avec la même dévotion, comme pour souligner que la sainteté de la fête ne souffre aucun déloi.
Un Farbrenguen comme le monde n’en avait jamais vu
Ce soir de Pourim 5718 (1958) reste gravé dans la mémoire de tous ceux qui eurent le privilège d’y être présents. Jamais encore un tel Farbrenguen n’avait été organisé : des centaines de personnes se pressaient dans la grande salle de Rutland Road, à Brooklyn — le plus grand rassemblement hassidique que l’on eût connu jusqu’alors.
À 20h30 précises, le Rabbi fit son entrée. Nul ne pouvait alors imaginer que cette assemblée se poursuivrait jusqu’à 5h30 du matin, quand les premiers rayons du soleil commencèrent à effleurer les toits de Brooklyn. Neuf heures de révélations continues, d’enseignements profonds et de joie débordante — un événement qui laissa tous les participants sans voix.
Chants et enseignements — un rythme qui ne s’arrêtait pas
Dès l’ouverture du Farbrenguen, l’atmosphère fut marquée par une joie intense et communicative. Le Rabbi ordonna de chanter des nigoune joyeux, entrecoupant chaque chant d’une Chiha, et chaque Chiha d’un nouveau nigoune — une alternance fluide et vivante qui entraîna l’assemblée dans un élan collectif irrésistible.
Ceux qui observaient le Rabbi ce soir-là remarquèrent qu’il rayonnait d’une allégresse intérieure particulière, différente de celle des autres soirs. On comprend aujourd’hui que ces jours coïncidaient avec l’anniversaire de la fondation de la Yéchiva « Tomkhei Témimim » en Amérique, qui tombait précisément lors de ce Chabbat de Pourim — une date qui tenait une place toute particulière dans le cœur du Rabbi.
Des nigoune qui portent l’âme vers les sommets
Au début de la soirée, alors que l’assemblée commençait à chanter, le Rabbi demanda d’entonner le nigoune « Kaéts mi’houd ». Il précisa avec soin la manière dont il devait être chanté, veillant à ce que chaque inflexion fût juste et conforme à la tradition. Puis il demanda de poursuivre avec le nigoune de « Ta’anit Esther » — un nigoune de joie profonde, propre à Pourim, qui chasse toute mélancolie et élève l’âme.
Le Rabbi lui-même se mit à fredonner, d’une façon inhabituellement animée, comme si la joie de la fête avait pleinement pris possession de son être.
L’enseignement sur la Michké — une profondeur insondable
Dans le courant du Farbrenguen, le Rabbi aborda le sens spirituel de la Michké à Pourim. Il déclara que tout Hassid — tout homme attaché à la Torah — a le devoir de boire à Pourim. Mais ce n’est pas une boisson ordinaire : la Michké, dit-il, est une boisson aux cinq essences profondes — « arbre », « rivière », « Éden », « Aleph Hochma », « intériorité de la sagesse » et « intériorité du désir ». L’exposé du Maamar sur ce sujet fut d’une telle densité et d’une telle richesse qu’il en devint difficile à résumer.
Puis commencèrent les grandes révélations. Le Rabbi nomma un à un les élèves fondateurs de la Yéchiva « Tomkhei Témimim » en Amérique, ainsi que les premières générations de Témimim qui avaient étudié là-bas dix-sept ans auparavant, précisément lors de ce Chabbat de Pourim. Il les bénit chacun par leur nom : Zaav Zèldrowitz, Avraham Barnetzki, Mendel Féldman, Its’hak Kaladni, Yehoua Goodman, et bien d’autres encore. « Aujourd’hui, les Témimim ont fondé la Yéchiva en Amérique », dit-il avec émotion, avant de consacrer de longs développements à l’éloge de cet établissement.
Le Rabbi plonge dans ses profondeurs intérieures
À un moment de la soirée, il devint évident pour tous que le Rabbi était entré dans un état intérieur d’une profondeur particulière. Une source de joie invisible semblait se répandre sur son visage, et les Hassidim, en le contemplant, sentaient qu’ils se trouvaient en présence de quelque chose d’exceptionnel.
Le Rabbi livra alors un enseignement saisissant selon lequel le mouvement hassidique est « Hemên » — la manne — du côté de Mordékhaï, et qu’il en serait ainsi d’année en année.
Avant d’entonner le nigoune « Dérékh », il s’adressa à l’assemblée en ces termes :
« Je ne sais pas si vous connaissez toutes les paroles de ce nigoune — mais nos ancêtres étaient de bonnes gens, et leur nigoune leur ressemble… En toutes circonstances, à chaque instant où l’on ne voit pas encore l’aboutissement de l’acte, les uns et les autres se diront : ‘Le’haïm — à la vie !' »
Un témoignage écrit — la nuit qui n’en finissait pas
Dans une lettre, le Rav Arié Tzimmer décrivit ainsi l’atmosphère de ce Farbrenguen :
« Le Farbrenguen coulait sans interruption, comme on dirait ‘jusqu’à l’aurore’. Il ne révélait que l’intériorité cachée. Tous y étaient présents — car même un seul suffit à faire descendre du Ciel les bontés et les bienfaits — et la Torah de Pourim, dans son essence, est la conduite du Roi. »
Au cœur de cette nuit mémorable, un Hassid répondant au surnom de « Hourbitch » se leva et s’avança. Le Rabbi, amusé, lança aussitôt : « Donnez-lui une coupe de Michké — offrez-lui un cocktail et dites-lui que c’est un ‘Cocktail’ ! » L’assemblée éclata de rire.
L’enseignement sur « Ad délo yada » — jusqu’où peut-on aller ?
Vers la fin du Farbrenguen, le Rabbi aborda avec une rare profondeur la question du « Ad délo yada » — « jusqu’à ce qu’on ne sache plus distinguer » — commandement central de la fête de Pourim :
« Il y a des gens intelligents qui pensent ne jamais pouvoir atteindre cet état, parce qu’ils n’ont jamais bu suffisamment de vin. Mais ce n’est pas là l’essentiel. Ce que l’on doit chercher, c’est l’annulation de l’ego de l’intellect — car c’est lui, véritablement, la Roch — la tête — qu’il faut dissoudre. Et alors, une seule coupe suffit, remplie à ras bord depuis le début, pour atteindre l’état de Lévsommi — l’ivresse intérieure — et parvenir à l’état de ‘d’Arour Aman’ (maudit soit Aman), jusqu’au ‘Ad délo yada’. »
Et il conclut, avec un sourire : « Il n’est donc pas nécessaire de se préparer longuement — inutile de tarder pour dire ‘Le’haïm’. On peut y parvenir d’un seul coup, en une seule fois. »
Aussitôt, le Rabbi donna le signal : l’assemblée entonna un nigoune de danse d’une puissance extraordinaire, et la salle tout entière fut emportée dans un tourbillon de joie et d’allégresse.
Le Farbrenguen s’acheva à 5h30 du matin, à l’heure où l’aube blanchissait le ciel de Brooklyn.
La visite du Premier ministre indien en Israël revêt une importance comparable à celle d’un président américain. L’Inde représente pour Israël un partenaire industriel, économique et géopolitique de premier ordre, capable de peser face aux ambitions de la Turquie et du monde islamique. Dans un contexte de recomposition des alliances régionales, ces deux jours marquent un tournant décisif dans la projection d’Israël sur l’échiquier mondial.
Topaz Ram
Un partenariat stratégique aux multiples dimensions
L’Inde est une puissance que l’on ne saurait sous-estimer. Israël se trouve aujourd’hui dans une course à l’armement face à la Turquie : Israël détient la supériorité technologique, la Turquie, la capacité industrielle. Or, l’Inde est l’un des géants industriels les plus puissants au monde, bien au-delà de la Turquie. Au-delà des acquisitions d’armements, l’Inde peut apporter à Israël une main-d’œuvre étrangère qualifiée, un savoir-faire industriel, des compétences en matière spatiale, de communication, et contribuer à la création de chaînes de production. Il s’agit là d’une coopération aux bénéfices mutuels considérables.
La quatrième économie mondiale, un marché d’avenir
L’Inde est appelée à devenir l’une des économies les plus importantes du monde en termes de volume. Elle occupe déjà aujourd’hui la quatrième place mondiale. Il suffit qu’une infime fraction de sa population accède chaque année à la classe moyenne pour que cela représente l’équivalent d’une nouvelle métropole européenne. L’Inde fait face à de nombreux défis dans lesquels Israël peut apporter une aide précieuse : technologies vertes, environnement, gestion des ressources hydriques et énergétiques. Ce partenariat est une opportunité historique pour les deux nations.
De nouvelles alliances qui redessinent les routes commerciales
Lorsque les Indiens déclarent qu’« Israël est leur ami », ils envoient un message clair à l’Arabie Saoudite, à la Turquie, au Qatar et à tous les acteurs régionaux : la future route commerciale reliant l’Inde à l’Europe passera par Israël. C’est une pression exercée sur l’Amérique pour qu’elle soutienne Israël, une pression sur l’Allemagne en ce sens également. L’Inde est une rivale industrielle de la Turquie, et un axe indo-israélien constitue un revers direct pour Erdogan.
Israël, pivot entre l’Inde et la Corne de l’Afrique
Combiné aux liens d’Israël avec les Émirats arabes unis, Chypre, le Somaliland, la Grèce, et à son soutien aux Druzes en Syrie ainsi qu’aux États d’Asie centrale, Israël façonne une réalité géopolitique dont le cœur est le contrôle des routes commerciales mondiales. D’une extrémité à l’autre — de l’Inde à la Corne de l’Afrique, de la Méditerranée aux confins de l’Asie centrale — Israël tisse patiemment une toile d’influence stratégique sans précédent.
Deux journées décisives dans un Moyen-Orient en mutation
Ces deux journées sont d’une importance capitale. Alors qu’Israël redessine le Moyen-Orient sur fond d’effondrement de l’Iran et face au nouvel axe islamique formé par la Turquie, l’Arabie Saoudite et le Qatar, Israël se trouve engagé dans une véritable course aux armements et à la puissance. Dans cette ère de confrontation entre grandes puissances et entre nations, Israël a démontré au monde qu’il dispose de l’une des armées les plus avancées et de l’un des secteurs financiers les plus stables. Alors que s’ouvre la révolution industrielle de l’intelligence artificielle, Israël entre dans ce nouveau monde en position de force.
À quelques jours seulement de Pourim 5786 (3 mars 2026), le monde retient son souffle face à une crise militaire et diplomatique d’une intensité inédite entre les États-Unis et l’Iran. Pour qui connaît l’histoire juive, ce scénario résonne comme un écho troublant de la guerre du Golfe de 1991, qui prit fin le jour même de Pourim — exactement comme l’avait prophétisé le Rabbi de Loubavitch. De Babylone à la Perse antique, de Saddam Hussein aux mollahs de Téhéran, la Providence divine semble tisser, une fois encore, la même trame de délivrance miraculeuse pour le peuple d’Israël.
1990-1991 : quand Babylone menaçait le monde
La nouvelle tomba en pleines vacances d’été 1990, comme un coup de tonnerre dans un ciel serein : l’armée irakienne de Saddam Hussein venait d’envahir le Koweït. En une seule nuit, ce nouveau « Nabuchodonosor » s’était emparé du petit mais immensément riche État voisin, menaçant de couper les approvisionnements pétroliers mondiaux et d’étendre sa conquête à l’Arabie Saoudite, puis à Eretz Israël. Le monde entier tremblait. Les Bourses s’affolaient, les spécialistes prédisaient le pire, et l’ombre des armes chimiques — voire nucléaires — planait sur toutes les chancelleries.
En Israël, la peur était palpable. Les supermarchés étaient pris d’assaut, les masques à gaz distribués à chaque famille, les abris scellés à la hâte. La psychose s’était installée au cœur de la vie quotidienne. Dans les rues de Tel Aviv ou de Jérusalem, on parlait de fuir, d’annuler les mariages, de renoncer aux voyages. La radio diffusait sans relâche des consignes de sécurité. L’atmosphère était celle d’une nation au bord du précipice.
Le Rabbi, seul contre la panique générale
Et pourtant, à Brooklyn, au 770 Eastern Parkway, le Rabbi de Loubavitch se tenait dans une sérénité absolue, ancrée dans une foi inébranlable, tranchant radicalement avec l’hystérie ambiante. Sur le tableau des annonces de la synagogue, un membre de la communauté avait punaisé un morceau de papier portant une citation du Yalkout Chimoni, commentaire médiéval, appelant le peuple juif à ne pas paniquer malgré le déchaînement des nations. Le Rabbi en fit l’axe de ses discours : il appelait ses ‘Hassidim à rassurer les Juifs autour d’eux, à ne pas céder à la panique collective.
D’une voix forte et rassurante, il citait le verset de la Torah : « La Terre d’Israël est la plus sûre du monde, les yeux de D.ieu sont fixés sur elle du début de l’année à la fin de l’année ! » Il avait proclamé que l’année 5751 (1990-1991) serait une année où « Je te montrerai des merveilles » — expression biblique annonçant une intervention divine spectaculaire. Ce n’était pas pour lui un discours de consolation, mais une certitude absolue fondée sur sa lecture de l’histoire à la lumière de la Torah.
Il était allé jusqu’à affirmer qu’il n’était pas nécessaire de porter des masques à gaz, qu’il ne fallait pas annuler les voyages ni les mariages en Israël — des déclarations qui, à l’époque, firent hausser bien des sourcils.
39 missiles, zéro victime : le miracle du Golfe
Le 15 janvier 1991, l’opération américaine « Tempête du désert » fut lancée. Les porte-avions géants avaient convergé vers le Golfe persique, des dizaines de milliers de soldats et des arsenaux technologiques de pointe avaient été acheminés depuis les quatre coins du monde. Quelques heures après le début des bombardements sur Bagdad, la sirène retentit en Israël à deux heures du matin : les premiers missiles Scud s’abattaient sur le pays.
Tirés à l’aveuglette depuis l’Irak, ces missiles ne pouvaient être guidés avec précision, mais leur puissance destructrice était terrifiante. Le bruit qu’ils émettaient en traversant le ciel était assourdissant, le sol tremblait, un éclair aveuglant déchirait la nuit, puis le silence. Les présentateurs radio demandaient à la population de se barricader dans les pièces étanches, précisant — soulagés — que les ogives étaient conventionnelles, et non chimiques ou nucléaires.
Les dégâts matériels furent parfois considérables : des immeubles entiers s’effondrèrent. Et pourtant — miracle dont les experts militaires ne trouvèrent jamais d’explication rationnelle — les 39 missiles qui s’abattirent sur des zones densément habitées ne firent aucune victime directe. Une nuit de Chabbat, un missile s’écrasa dans un quartier animé de Tel Aviv sans exploser. La Providence veillait, manifestement et ostensiblement.
En Arabie Saoudite, en revanche, un seul missile irakien frappa une caserne américaine et fit des dizaines de morts — preuve que ces engins pouvaient être meurtriers. Ce contraste saisissant avec les résultats nuls en Israël ne fit que renforcer la conviction des croyants : la protection divine n’était pas une métaphore.
La prophétie du Rabbi sur Pourim
Parmi les soldats américains déployés dans le Golfe se trouvaient des soldats juifs, accompagnés d’aumôniers militaires. L’un d’eux, le Rav Yaakov Goldstein, colonel-aumônier, était venu demander la bénédiction du Rabbi avant son départ. Il lui avait précisé qu’il emportait une Méguila — le rouleau d’Esther — pour la lire aux soldats juifs le jour de Pourim. La réponse du Rabbi fut nette et sans ambiguïté : « D’ici Pourim, la guerre sera terminée. »
La nouvelle se répandit rapidement parmi les ‘Hassidim — et provoqua une stupéfaction générale. La guerre venait à peine de commencer, Saddam Hussein paraissait plus intraitable que jamais, et l’on imaginait mal comment une telle guerre pouvait se conclure en quelques semaines. Et pourtant, de façon totalement inattendue, tous les plans militaires semblèrent s’accélérer. Le tyran de Bagdad s’avoua vaincu, et les combats cessèrent le jour même de Pourim 5751, le 28 février 1991.
Ce jour-là, dans les sables d’Arabie Saoudite — une terre où aucun Juif n’avait eu le droit de poser le pied depuis des siècles — 2 000 soldats juifs de l’armée américaine purent écouter la lecture de la Méguila et accomplir les Mitsvot de la fête. La roue de la Providence s’était accomplie dans les moindres détails.
Saddam Hussein, lui, survécut quelques années encore, sautant de cachette en cachette, avant d’être retrouvé au fond d’un trou le 19 Kislev 5764 (2003). Jugé coupable de crimes contre l’humanité, ce descendant autoproclamé de Nabuchodonosor — l’empereur de Babylone qui avait détruit le Premier Temple — fut pendu. La boucle était bouclée.
2025-2026 : quand la Perse antique entre en scène
Trente-cinq ans ont passé. L’épicentre de la menace s’est déplacé de l’Irak — l’ancienne Babylone — vers l’Iran, l’ancienne Perse. Et c’est là que le vertige historique et spirituel atteint son paroxysme : car l’Iran, géographiquement et symboliquement, est le berceau même de l’histoire de Pourim. C’est à Suse — Shushan —, capitale de l’Empire perse, que le vizir Haman avait planifié l’anéantissement total du peuple juif. C’est sur cette même terre que le miracle de la délivrance s’était accompli. Et c’est dans la ville iranienne de Hamadan — l’antique Ecbatane — que se trouvent encore aujourd’hui les tombeaux d’Esther et de Mardochée, lieux de pèlerinage pour les Juifs d’Iran depuis des siècles.
L’Iran islamique d’aujourd’hui a fait de la destruction d’Israël l’axe central de sa politique étrangère. Pendant quatre décennies, il a financé le terrorisme aux quatre coins du Moyen-Orient, armé le Hezbollah au Liban, le Hamas à Gaza, les Houthis au Yémen et les milices chiites en Irak. Il a poursuivi clandestinement un programme nucléaire militaire, malgré les résolutions internationales, les sanctions et les inspections. À bien des égards, Khamenei a endossé le rôle d’un Haman moderne — non plus à l’intérieur d’un empire perse unifié, mais à la tête d’un régime théocratique qui prétend accomplir, avec des missiles balistiques et des centrifugeuses, ce que Haman avait projeté d’accomplir avec un décret royal.
Un parallèle point par point
Les ressemblances entre les deux crises sont frappantes, et méritent d’être examinées méthodiquement, car elles ne relèvent pas de la simple coïncidence.
Dans les deux cas, le déclencheur fut une agression brutale et soudaine : en 1990, l’invasion du Koweït par Saddam Hussein ; en 2025-2026, la répression sanglante des manifestations populaires iraniennes, combinée aux avancées du programme nucléaire de Téhéran et à son soutien au terrorisme régional. Dans les deux cas, le monde fut plongé dans l’effroi et l’incertitude.
Dans les deux cas, les États-Unis constituèrent la puissance pivot de la réponse internationale. En 1991, c’était l’opération « Tempête du désert » sous la présidence de George H.W. Bush. En 2026, c’est le déploiement de l’USS Abraham Lincoln et d’une force navale et aérienne considérable sous la présidence de Donald Trump — le plus grand rassemblement militaire américain au Moyen-Orient depuis l’invasion de l’Irak en 2003.
Dans les deux cas, Israël se trouvait directement dans la ligne de mire. En 1991, les Scud tombaient sur Tel Aviv et Haïfa. En 2025, lors de la guerre des douze jours entre Israël et l’Iran, des missiles et drones iraniens ont saturé le ciel israélien, épuisant en quelques heures un quart du stock américain de missiles intercepteurs THAAD. Et dans les deux cas, Israël a survécu — là où les calculs militaires les plus raisonnables prédisaient des catastrophes.
Dans les deux cas, la panique s’empara des marchés, des populations, des gouvernements. Et dans les deux cas, la voix loubavitch s’éleva pour appeler au calme, à la confiance, à la certitude que D.ieu tient les rênes de l’Histoire. En 1991, c’était le Rabbi lui-même. En 2026, c’est son enseignement — transmis par des milliers de Chlou’him aux quatre coins de la planète — qui continue de résonner : ne pas paniquer, renforcer les Mitsvot, savoir que la Terre d’Israël est la plus sûre au monde.
Dans les deux cas enfin, le tyran — Saddam en 1991, le régime des mollahs en 2026 — se trouve au bord de l’effondrement à l’approche de Pourim. Et dans les deux cas, ce n’est pas la supériorité militaire seule qui explique cet effondrement : c’est la conjonction d’une pression extérieure et d’un pourrissement intérieur. Saddam avait été affaibli militairement mais survécut encore douze ans ; c’est finalement de l’intérieur que son régime s’effondra. L’Iran de 2026 suit un chemin identique : affaibli par la guerre des douze jours de juin 2025, ruiné par les sanctions, miné par les manifestations populaires qui ont fait des milliers de morts depuis décembre 2025 — Khamenei lui-même a reconnu publiquement que des milliers de citoyens avaient été tués, « certains de manière inhumaine et sauvage ».
Le Yalkout Chimoni : une prophétie pour notre temps
Le Rabbi, lors des jours précédant la guerre du Golfe, avait puisé ses mots dans un texte précis du Yalkout Chimoni — ce vaste recueil de Midrashim compilé au Moyen Âge — pour rassurer le peuple juif. Ce texte (Remez 499, sur le livre d’Isaïe) décrit, avec une précision troublante, l’atmosphère géopolitique qui précède la Délivrance finale :
« Rabbi Its’hak a dit : L’année où le Roi Machia’h se dévoilera, tous les rois des nations du monde se provoqueront mutuellement. Le roi de Perse provoquera un roi d’Arabie, et le roi d’Arabie ira vers Edom (l’Occident) pour prendre conseil auprès d’eux. Le roi de Perse détruira le monde entier, et toutes les nations du monde seront en émoi et dans la panique… »
En 1990-1991, le Rabbi fit noter à ses ‘Hassidim que ce texte décrivait avec précision la situation du moment : l’Irak — héritier de Babylone — provoquant les nations arabes, lesquelles se tournaient vers les États-Unis. Aujourd’hui, la même structure se reproduit, mais avec une précision encore plus saisissante : c’est le roi de Perse lui-même — l’Iran — qui provoque directement les nations arabes sunnites, qui ont signé les Accords d’Abraham avec Israël et se tournent vers Washington pour leur protection. La géographie prophétique du Midrach épouse parfaitement la réalité diplomatique actuelle.
Le texte du Yalkout Chimoni continue et décrit le désarroi d’Israël face au déchaînement des nations : « Les Juifs seront dans l’émoi et la panique et diront : Où irons-nous ? » Puis vient la réponse divine, d’une tendresse bouleversante : « D.ieu leur dira : Mes enfants, n’ayez pas peur ! Tout ce que j’ai fait, je ne l’ai fait que pour vous. Pourquoi êtes-vous effrayés ? Ne craignez rien, le temps de votre Délivrance est arrivé ! »
Haman, Saddam, Khamenei : une même lignée spirituelle
La tradition juive enseigne que chaque génération a son Haman — c’est-à-dire un dirigeant animé d’une haine pathologique et irraisonnée envers le peuple juif, une haine si profonde qu’elle le conduit à sa propre perte. Haman, dans le livre d’Esther, prépara lui-même la potence sur laquelle il fut finalement pendu. Saddam Hussein, qui se comparait à Nabuchodonosor et projetait de conquérir Jérusalem, finit dans un trou, pendu. Le régime iranien, qui finance depuis quatre décennies la destruction d’Israël au prix de la ruine de son propre peuple, voit aujourd’hui ses fondements s’effriter — précisément à l’approche de Pourim.
Ce n’est pas une coïncidence fortuite. C’est la logique interne de l’histoire juive, que le livre d’Esther a encodée une fois pour toutes : celui qui se lève pour anéantir Israël creuse sa propre tombe. Et Pourim est le moment de l’année où cette vérité se manifeste avec le plus d’éclat, comme si le calendrier lui-même était programmé pour rappeler au monde entier que D.ieu tient les fils de l’Histoire.
Il existe d’ailleurs entre les trois figures — Haman, Saddam et Khamenei — une ressemblance spirituelle profonde qui va au-delà du simple parallèle politique. Tous trois ont prétendu agir au nom d’une idéologie ou d’une religion supérieure pour justifier leur haine. Haman invoquait l’honneur de sa noblesse et le mépris du Juif qui refusait de s’incliner. Saddam se réclamait du panarabisme et du nationalisme baasiste pour assouvir son ambition de domination régionale. Khamenei brandit le drapeau de l’islam révolutionnaire pour masquer ce qui n’est, en réalité, qu’une haine viscérale et irrationnelle du peuple juif et de son État. Et tous trois ont imposé à leurs propres peuples des sacrifices terribles au nom de cette obsession destructrice : la Perse de Haman fut secouée par un décret d’extermination qui aurait déstabilisé l’empire tout entier ; l’Irak de Saddam fut ravagé par des guerres successives et des décennies de dictature ; l’Iran de Khamenei est aujourd’hui un pays où les jeunes meurent dans les rues pour crier leur liberté, pendant que le régime dépense ses dernières ressources en missiles et en centrifugeuses.
Le miracle discret : la main cachée de D.ieu
Le livre d’Esther présente une particularité unique dans toute la Torah : le nom de D.ieu n’y apparaît pas une seule fois. Et pourtant, Sa main est présente à chaque ligne, orchestrant les événements en coulisses — le sommeil insomniaque du roi Assuérus, la disgrâce de la reine Vashti, la promotion improbable d’Esther, la découverte fortuite du complot. Tout s’enchaîne selon une logique apparemment naturelle, et c’est précisément là que réside le message : la Providence ne se manifeste pas toujours par des colonnes de feu et des mers qui s’ouvrent. Elle se glisse dans les interstices de l’histoire humaine, dans les décisions des rois et les retournements de situation, dans les coïncidences qui n’en sont pas.
En 1991, la main cachée était visible pour qui voulait la voir : 39 missiles dans des zones habitées, aucune victime directe. Un missile entier qui ne s’active pas un soir de Chabbat à Tel Aviv. Une guerre qui prend fin exactement le jour prédit par le Rabbi. En 2026, les signes sont tout aussi présents pour qui veut les lire : un régime iranien qui semblait invincible et qui s’effondre de l’intérieur, exactement à l’approche de Pourim, sur la terre même où Haman avait ourdi son complot contre les Juifs.
La convergence des événements est elle-même un signe. En 1991, la guerre du Golfe prit fin à Pourim et l’Irak — Babylone — était vaincu. En 2026, c’est la Perse elle-même qui chancelle à Pourim. Comme si l’histoire juive avançait par cercles concentriques, chaque génération recevant une version plus accomplie et plus transparente de la même révélation : D.ieu n’a pas abandonné Son peuple. Il conduit l’Histoire vers Sa destination, selon un plan dont Pourim est, chaque année, le rappel lumineux.
Transformer l’angoisse en action : les Mitsvot de Pourim comme réponse
Ni en 1991 ni aujourd’hui, la réponse juive aux tourmentes du monde n’a été la résignation ou la panique. Elle a été — et doit demeurer — l’action joyeuse et déterminée. Le Rabbi de Loubavitch ne se contentait pas de prédire la fin de la guerre : il appelait ses ‘Hassidim à multiplier les actes de bonté, à renforcer leur pratique du judaïsme, à aller vers leurs frères juifs pour les aider à poser des Mezouzot, à mettre les Téfilines, à étudier la Torah. Car c’est l’accumulation de ces actes qui hâte la Délivrance — non pas comme une formule magique, mais parce que chaque Mitsva accomplie est une lumière de plus dans un monde qui en a besoin.
À l’approche de Pourim 5786, la tradition nous invite à concentrer notre énergie sur les quatre Mitsvot spécifiques de la fête. Écouter la lecture de la Méguila le soir et le matin, pour nous rappeler que D.ieu tire les ficelles de l’Histoire même lorsque Son nom ne figure nulle part dans le texte. Faire des dons généreux aux nécessiteux — Matanot LaEvyonim —, car la Tsedaka est une protection puissante, un acte qui renverse les décrets célestes. Envoyer des cadeaux de nourriture à ses amis — Michloa’h Manot —, pour renforcer l’unité du peuple juif, car c’est précisément cette unité retrouvée qui permit à Esther d’intercéder avec succès auprès du roi Assuérus. Et prendre part au festin de Pourim, car la joie n’est pas un luxe en temps de crise — elle est une déclaration de foi, une affirmation que D.ieu est avec nous et que nous n’avons pas peur.
En 1991, l’aumônier Rav Goldstein avait emporté sa Méguila sur le front. Il la lut devant 2 000 soldats juifs en Arabie Saoudite le jour de Pourim, dans un pays où aucun Juif n’avait eu le droit de vivre depuis des siècles. Ce geste, en apparence anodin, était en réalité un acte de défi spirituel d’une immense portée : au moment même où le monde tremblait, des Juifs célébraient Pourim avec joie et conviction, témoignant que leur foi était plus grande que leur peur.
Aujourd’hui, alors que les flottes américaines patrouillent dans le détroit d’Ormuz et que les négociateurs s’épuisent à Mascate et à Genève, le même appel résonne. Chaque Juif qui célèbre Pourim avec ferveur, qui écoute la Méguila, qui donne à un pauvre, qui partage un repas avec ses proches, accomplit un acte de résistance spirituelle contre toutes les forces qui cherchent à éteindre la lumière d’Israël. Et cette résistance-là, l’histoire le prouve, est la plus efficace qui soit.
Vers la Délivrance ultime
Le Rabbi de Loubavitch aimait rappeler que chaque Pourim est un avant-goût de la Délivrance finale — la Gueoula complète. De même que le premier Pourim transforma une nuit de terreur en matin de fête, de même que Pourim 1991 transforma une guerre en miracle, la tradition nous enseigne que viendra un Pourim définitif où toutes les nations reconnaîtront la Providence divine et où la lumière d’Israël brillera sur le monde entier.
Le monde tremble à nouveau. Les généraux calculent, les diplomates négocient, les marchés s’affolent. Et la Méguila nous rappelle doucement, comme elle le fait chaque année depuis vingt-cinq siècles, que l’histoire a déjà été écrite — et que, dans cette histoire, le peuple juif ne disparaît pas. Il célèbre Pourim.
Pourim Saméa’h — une bonne et joyeuse fête de Pourim à tout Israël.
À l’approche de la fête de Pourim, le Chalia’h du Rabbi auprès de la compagnie de bus Egged et des transports publics de Jérusalem, le Rav Mendy Wilhelm, a remis à ses amis — ministres du gouvernement et membres de la Knesset — un cadeau personnel des plus significatifs : le nouveau « Tanya Hachalem ». Il leur a également transmis les enseignements du Rabbi sur Pourim, l’essence de la fête et ses coutumes.
Le Rav Mendy Wilhelm : un Chalia’h au cœur des institutions de l’État
Le Rav Mena’hem Mendel (Mendele) Wilhelm, né le 27 Nissan 5728 (1968) à Jérusalem, est une figure incontournable du mouvement Habad-Loubavitch en Terre Sainte. Fils du Rav Yaakov Chelomo Wilhelm, il est aujourd’hui Chalia’h du Rabbi auprès de la compagnie Egged, de la gare centrale et des transports publics de Jérusalem, Rav de la synagogue « Bat Ami », et l’un des personnalités les plus actives de Habad en Israël.
Dans sa jeunesse, il étudia à la Yechiva Torat Emet de Jérusalem. Vers l’année 5745 (1985), il se rendit à New York pour poursuivre ses études à la Yechiva centrale Tomkhei Temimim du 770. En 5751 (1991), il continua avec sa classe au 770 où il bénéficia de nombreuses marques d’encouragement et de grande proximité de la part du Rabbi, demeurant sur place jusqu’en 5754 (1993-1994). L’année suivante (1994-1995), il se maria et rejoignit le Collel Tsema’h Tsedek à Jérusalem.
Une Chli’hout enracinée dans la proximité avec le Rabbi
Le Rav Wilhelm a eu le privilège de recevoir du Rabbi de nombreuses lettres, pièces de monnaie et dollars — qu’il s’est engagé à redistribuer, et qu’il a effectivement partagés lors de diverses campagnes menées pour la joie du Rabbi. Il détient également des clés du Beth Midrach du Rabbi au 770, ainsi que du bureau de la direction de la Yechiva. En outre, il possède de précieux objets et trésors ayant appartenu au Rabbi et lui ayant servi personnellement. Il a également contribué de manière significative à la publication des recueils « Tsadik Lamele’h » et « Nelekha Beorhoteïv » dans les années 5750 (2000).
En 5756 (1996), il commença à œuvrer au nom des Tse’irei Agudat Habad à la gare centrale de Jérusalem. Deux ans plus tard, il fut nommé Rav de la compagnie Egged et organisa des colonies de vacances et des rassemblements à l’occasion des fêtes pour les enfants des familles d’Egged. Depuis 5761 (2001), il est également actif auprès des ministres et membres de la Knesset, et a été nommé membre du corps enseignant de la Yechiva Torat Emet à Jérusalem.
Son centre d’activité se trouve dans le centre commercial de la gare centrale de Jérusalem, près du siège d’Egged, où il dispose d’une synagogue, d’un Beth Habad et d’un stand de Tefilline permanent qu’il veille à maintenir actif. Il a également été nommé, au fil des années, Grand Rabbin de la compagnie Egged. En parallèle, le Chalia’h Rav Yechaïahou Weiss (Jérusalem) œuvre de son côté au sein des chemins de fer israéliens.
Le Tanya complet : une édition monumentale fruit de dix-sept ans de travail
Pour Pourim cette année, le Rav Wilhelm a choisi d’offrir à chacun de ses proches au sein du gouvernement et de la Knesset un exemplaire du Tanya — « Likoutei Amarim Tanya Hachalem » — une édition extraordinaire de l’œuvre fondatrice de la Hassidout Habad, rédigée par l’Admour Hazaken, Rabbi Chneur Zalman de Lyadi.
Cette édition, publiée à l’été 5785 (2025) par les éditions Kehot et le « Makhon HaTanya Hachalem », se présente en deux imposants volumes couvrant l’intégralité des 53 chapitres de la section « Likoutei Amarim » du Tanya. Elle comprend des références croisées, des gloses et des notes brèves rédigées par le Rabbi dans ses manuscrits personnels, un commentaire concis fondé sur les cours hebdomadaires du Rav Yossef Weinberg — révisés et corrigés par le Rabbi lui-même —, ainsi qu’une compilation de l’ensemble des explications et commentaires de nos Rebbeim.
L’histoire de cette édition remonte à l’année 5690 (1929-1930), lorsque le Rabbi entreprit de rassembler des références pour le Tanya, un travail qui se poursuivit avec des interruptions jusqu’aux environs de 5730 (1970). En 5703 (1943) déjà, le Rabbi écrivait : « Il est possible que soit publiée ici une édition du Tanya avec des références et autres ajouts. » Et en 5707 (1947) : « Il est dans notre projet de publier le Tanya avec des références, des notes, une comparaison avec la première édition, etc. »
En 5772 (2012), le « Makhon HaTanya Hachalem » fut fondé sous la direction du Rav Yossef Baru’h Friedman, du Rav ‘Haïm Chaoul Brouk et d’une large équipe de rédacteurs, avec le soutien de Reb Yequtiel Yehouda Rohr. À partir du 18 Elloul 5774 (septembre 2014), le texte commença à paraître par fascicules aux éditions Kehot. L’ampleur du projet et la rigueur investie portèrent le coût total à plus de 2 500 000 dollars.
Après dix-sept ans de travail minutieux, l’édition finale fut achevée. Grâce au soutien des donateurs, une prévente fut proposée au prix symbolique de 18 dollars seulement pour les deux volumes (au lieu de 100 dollars), et de 70 shekels en Israël. En quelques semaines, des dizaines de milliers d’exemplaires furent vendus. Les livres arrivèrent chez les relieurs au mois de Tichri 5786 (octobre 2025), et les Tse’irei Agudat Habad en Terre Sainte ainsi que le réseau Ohaleï Yossef Its’hak distribuèrent des milliers d’exemplaires aux Chlou’him œuvrant dans le domaine de l’éducation et de la diffusion des sources.
Un ouvrage offert aux plus hautes autorités religieuses et politiques
L’ouvrage a connu une diffusion extraordinaire et suscité un enthousiasme unanime parmi toutes les strates de la communauté — Anach, les Chlou’him, les élèves Temimim et l’ensemble des étudiants de la Torah hassidique. Certains commentaires inédits qu’il contient ont ouvert de nouvelles perspectives sur des questions fondamentales du Tanya.
Le Tanya complet a été offert aux Grands Rabbins Kalman Bar et David Yossef, aux Admorim de Gour, Tsanz, Kretchnif, Torat ‘Hakham et Sassov, ainsi qu’aux ministres du gouvernement israélien — parmi lesquels figurent les amis du Rav Wilhelm, fidèles destinataires de ses attentions à chaque fête juive.
Face à la demande exceptionnelle, après la vente des 20 000 premiers exemplaires en quelques semaines à peine, une nouvelle impression de 20 000 sets supplémentaires fut lancée, également proposée au tarif subventionné de 18 dollars, afin de permettre au plus grand nombre de bénéficier de ce trésor spirituel.idique.
Le port du Tsitsit est l’une des commandements (Mitsvot) les plus emblématiques du judaïsme, servant de rappel constant des préceptes divins. Cependant, son application pratique soulève des questions complexes : une couverture est-elle soumise à cette obligation ? Peut-on réciter la bénédiction en pleine nuit ? Le cours du Rabbin Moshe Mordechai Ginsburg apporte des éclaircissements essentiels sur ces points techniques et spirituels.
Rav Moché Morde’haï Ginsburg – Ramat Shlomo
1. La dualité du temps et du vêtement : Le conflit Halakhique
L’obligation du Tsitsit est liée à la vision, comme le stipule le verset : « Vous le verrez » (Nombres 15:39). Cette précision a engendré deux grandes écoles de pensée dans la loi juive concernant l’exemption nocturne :
L’approche du Rambam (Maïmonide) : Pour lui, l’obligation dépend du moment. Le jour est le temps du Tsitsit ; la nuit est un temps d’exemption. Ainsi, même un vêtement de jour porté la nuit serait exempté. L’approche du Rosh (Rabbenou Asher) : Pour lui, tout dépend de la nature du vêtement. Un vêtement conçu pour être porté le jour reste soumis à l’obligation, même si on le porte en pleine nuit. À l’inverse, un pyjama (vêtement de nuit) serait exempté même s’il est porté en plein jour.
La pratique actuelle : Dans le doute, nous suivons une approche de rigueur pour l’action mais de prudence pour la parole. On porte le Tsitsit sur les deux types de vêtements, mais on ne récite la bénédiction que lorsqu’il y a consensus (un vêtement de jour porté de jour).
2. Le rituel du matin : L’usage Chabad
Pour résoudre les doutes liés à la bénédiction du matin, la coutume Hassidique (notamment Habad) consiste à changer de Tallit Katan (le petit châle de prière porté sous la chemise) après l’aube. En revêtant un nouveau vêtement propre au jour, on peut réciter la bénédiction en toute validité, couvrant ainsi par intention celui que l’on portait durant le sommeil.
3. Quand commence la journée ?
La bénédiction ne peut être dite que lorsqu’il fait suffisamment jour. Le critère halakhique est le moment dit de « Michéyakir » : l’instant où la lumière naturelle permet de distinguer le fil d’azur (Tekhelet) du fil blanc.
En pratique, cela correspond environ à 50 minutes avant le lever du soleil (certaines opinions vont jusqu’à 35 minutes).
Le cours précise que l’obligation ne s’applique qu’aux vêtements que l’on « revêt » (Derekh Levicha).
Draps et couvertures : Bien qu’ils possèdent quatre coins, ils sont généralement exemptés car ils servent à couvrir et non à être portés comme un habit. Astuce halakhique : Pour lever tout doute sur une couverture en laine (matériau particulièrement soumis à la loi), il est d’usage d’en arrondir un des coins, car un vêtement n’est soumis au Tsitsit que s’il possède quatre coins « angles droits ».
5. L’importance de l’intention (Kavana)
La loi fait une distinction fascinante basée sur l’intention de celui qui porte l’habit :
Le marchand : Un vendeur qui enfile un Tallit uniquement pour montrer la taille ou la qualité à un client est exempté de Tsitsit. Son acte n’est pas considéré comme une « lévicha » (port d’habit) car il n’en tire aucun profit corporel (chaleur ou protection). La fraude douanière : À l’inverse, si quelqu’un porte plusieurs vêtements à quatre coins uniquement pour passer la douane sans payer de taxes (en les faisant passer pour ses habits personnels), il devient immédiatement redevable de la Mitsva. Pourquoi ? Parce qu’il tire un profit direct (économique) du fait de porter ces habits.
En plein mois d’Adar, des images venues d’Iran semblent tout droit sorties du livre d’Esther : des étudiants de l’université Sharif ont pendu à un arbre une marionnette de souris surnommée « Moush-Ali », allusion mordante au Guide suprême Khamenei. Face à eux, des membres des Bassidj se sont acharnés à grimper à l’arbre pour décrocher l’effigie. Un symbole fort, qui résonne avec une puissance millénaire.
ویدیوهای رسیده نشان میدهند پس از آنکه دانشجویان دانشگاه شریف تهران در تجمع دوشنبه چهارم اسفند خود موشی عروسکی را «موشعلی»، لقب علی خامنهای، نامگذاری کرده و آن را از درخت به نشانه دار زدن آویزان کردند، بسیجیان تقلا کردند تا بالای درخت بروند و این موش عروسکی را پایین بیاورند. pic.twitter.com/AoXG81iHRP
En plein cœur du mois d’Adar, les scènes qui parviennent d’Iran nous transportent des millénaires en arrière, aux temps d’Assuérus et d’Haman. Dans une vidéo diffusée ce mardi sur la chaîne d’opposition « Iran International », on voit des étudiants de l’université Sharif de Téhéran suspendre à un arbre une marionnette de souris représentant le Guide suprême Ali Khamenei, tandis que des membres des Bassidj se démènent pour l’arracher à ses branches.
Les étudiants ont baptisé la peluche du nom de « Moush-Ali » — un surnom satirique fusionnant le mot persan pour « souris » et le prénom d’Ali Khamenei — avant de la hisser en signe de protestation. Ce geste rappelle avec une troublante évidence la tradition juive de brûler ou pendre l’effigie d’Haman le méchant, symbole de la victoire du peuple juif sur ses ennemis.
Des vidéos reçues confirment les détails de cet événement : lors du rassemblement du lundi 4 Esfand (24 février 2025), après que les étudiants eurent nommé leur marionnette « Moush-Ali » et l’eurent pendue à l’arbre en signe de protestation, des membres des Bassidj ont tenté, tant bien que mal, de grimper aux branches pour décrocher l’effigie — en vain, sous les regards moqueurs de la foule estudiantine.
Un régime qui sent la terre trembler sous ses pieds
Il semble que le régime iranien lui-même redoute sa propre chute. Selon un rapport du New York Times, au début des protestations en Iran, Khamenei aurait senti le sol se dérober sous lui. Il se serait alors tourné vers Ali Larijani, 67 ans, ancien commandant des Gardiens de la Révolution et ex-chef du Conseil suprême de sécurité nationale, pour lui demander d’élaborer un « plan de survie ».
Une stratégie de succession en quatre couches
Selon le même rapport, tirant les leçons de l’opération « Jours de repentir » au cours de laquelle Israël avait réussi, dans les premières heures, à paralyser la chaîne de commandement militaire iranienne, Khamenei aurait ordonné la création de quatre « niveaux de succession » pour chaque poste-clé, tant sécuritaire que gouvernemental — une architecture de résilience pensée pour survivre à toute décapitation du pouvoir.pouvoir.
Une grande effervescence a marqué ces derniers jours à Brunoy, en France, avec l’inauguration d’un complexe impressionnant – le Beth Gorsd – au sein du campus de la Yechiva. Lors d’une cérémonie festive et solennelle, en présence de la direction de la Yechiva, du maire, de Rabbanim et de personnalités publiques, le nouveau bâtiment a été inauguré dans la joie et la fierté. Ce projet ambitieux est destiné à renforcer et à élargir les activités communautaires en ce lieu.
Le complexe comprend une synagogue vaste et majestueuse, dédiée à la communauté Anach locale, ainsi que quatre nouvelles salles de cours spacieuses pour le bien-être des élèves de la Yechiva. Par ailleurs, un Mikvé moderne et de grande capacité a été construit pour les élèves de la Yechiva ; il sera inauguré lors d’une cérémonie distincte dans un proche avenir.
La Yechiva de Brunoy, fleuron de Habad en Europe
La Yechiva de Brunoy, l’une des plus grandes et des plus anciennes dans l’histoire de Habad en Europe, attire des élèves du monde entier. Au fil des années, une communauté Anach chaleureuse et dynamique s’est constituée autour de la Yechiva dans ce charmant bourg, l’une des belles banlieues de Paris. Ce nouveau développement représente une étape supplémentaire et significative dans l’expansion des institutions de Torah et de ‘Hassidout en ce lieu.
Un bâtiment érigé en mémoire de R. Aharon Natan et Aliza Gorsd
L’édifice a été construit grâce à une donation généreuse de la famille Gorsd, l’un des piliers de la communauté, qui l’a dédié à la mémoire de leurs parents — R. Aharon Natan et Aliza Gorsd, de mémoire bénie — des êtres d’intégrité et de bonté, de Torah et de ‘Hassidout, dont le foyer était toujours grand ouvert pour répondre à tous les besoins de la communauté. C’est là qu’ils ont bâti une famille exemplaire, tout en s’investissant dans la vie publique avec foi et droiture.
Une cérémonie d’inauguration empreinte d’émotion
La cérémonie d’inauguration a été animée par le Rav Chmouel Brodowitcz, directeur du département de première année de la Yechiva. Le Rav Its’hak Nemanov, directeur de la Yechiva, a ouvert l’événement en lisant la lettre du Rabbi adressée à la Yechiva à l’occasion d’une inauguration lors de la Paracha Terouma. Lui a succédé le Roch Yechiva, le Rav Ye’hiel Kalmanson, qui a prononcé des paroles de Torah et souligné la portée spirituelle de l’agrandissement d’un lieu de Torah et de Kedoucha.
Ont ensuite pris la parole le maire de la ville, Monsieur Bruno Gallier, les représentants des donateurs ainsi que d’autres invités d’honneur. Le Rav Mendel Gourevitch, directeur de la Yechiva, a clôturé la soirée avec beaucoup d’émotion, décrivant le développement de la Yechiva au fil des années et les signes manifestes de la Providence divine qui ont accompagné ce projet depuis ses débuts jusqu’à son achèvement.
Des artisans dévoués de l’événement
L’événement a été organisé avec dévouement par le secrétaire de la Yechiva, le Rav Chimon Lasri, ainsi que par R. Chemariahou et son fils R. Yona Brook. La gratitude de tous leur est acquise pour leur engagement total et leur dévouement sans faille au service de la Yechiva.
Le célèbre journal israélien Kol Play, spécialisé dans la musique religieuse internationale, a consacré un article intitulé «’Halom Yossef» — le rêve de Yossef — au musicien parisien Yossef Brami. À l’occasion de cette publication, Hassidout l’a rencontré pour évoquer son parcours, ses influences et l’héritage précieux d’un maître de la musique hassidique. Un témoignage sincère et touchant, en hommage à ceux qui ont pavé la voie.
Cher Yossef Brami, bonjour ! Cela fait bien longtemps que nous ne nous étions rencontrés…
Yossef Brami : En effet, le temps passe vite… Je suis venu vous présenter un article paru dans le journal israélien KOL PLAY, spécialisé dans la musique religieuse internationale.
Je vois qu’il s’intitule « ‘Halom Yossef »… le rêve de Yossef…
Yossef Brami : Hahaha, oui, c’est tout à fait ça ! L’article retrace mon cheminement musical depuis l’enfance jusqu’aux grands événements parisiens devant 4 000 personnes, et propose quelques réflexions sur la situation musicale après le 7 octobre.
Si j’ai tenu à vous présenter cet article, c’est pour deux raisons bien particulières.
La première raison, c’est que l’article rappelle combien la musique m’a accompagné et soutenu dans ma Techouva — et tout particulièrement grâce à Habad. Les nigounim ainsi que les mélodies d’Avraham Fried ont créé un véritable pont entre mon ancienne culture musicale et une forme d’authenticité profonde. Je me souviens avec émotion du Volume 7 de Nichoach — avec en particulier le nigoun Poltava — et de l’album « Tanie » d’Avraham Fried. Si cela peut inspirer vos lecteurs, j’en serai sincèrement heureux.
Cher Yossef, c’est un très beau souvenir, et assurément une source d’inspiration pour nos internautes.
La seconde raison est que j’évoque dans cet article la mémoire de Rav Reuven Israelievitch, qu’il repose en paix, qui a été une rencontre décisive dans ma carrière musicale et dans ma compréhension de la musique hassidique.
Il m’a énormément appris, et je l’ai toujours admiré pour son immense talent de pianiste, de chef d’orchestre et d’organisateur d’événements. Il m’a ouvert les portes des soirées de mariage et de Bar Mitsva en me faisant confiance et en me transmettant les clés musicales essentielles : comment jouer les nigounim, à quel moment les introduire, lesquels choisir selon l’atmosphère… Je peux dire avec fierté que j’ai fait partie du célèbre orchestre Vessamahta !
J’ai envers lui une dette de reconnaissance — une Akarat Hatov — infinie. C’est pourquoi je tenais à ce que cet article, qui honore sa mémoire, soit lu par le plus grand nombre. Que son souvenir soit une bénédiction.
Rav Reuven a effectivement marqué durablement le paysage musical de Paris et de toute la France. Et je remarque que l’article mentionne également Menorah Productions… vos fameux CD pour enfants !
Oui, oui… Mon interviewer a souhaité être exhaustif et aborder l’ensemble de mes activités musicales. J’aurai le plaisir de vous en parler plus en détail après Pessah, car il y a effectivement de bonnes nouvelles qui se préparent…
Merci, cher Yossef, de nous avoir partagé ce bel article. Nous sommes fiers qu’un musicien parisien, Hassid Habad, ait été choisi par ce prestigieux journal pour illustrer le rayonnement de la musique hassidique en France.
Merci à vous, et bravo pour votre engagement constant à diffuser la Torah et la Hassidout au plus grand nombre. Je vous souhaite un très joyeux Pourim !
Magazine « Kol Play » : Le Rêve de Yossef, l’homme qui fait danser Paris depuis 35 ans
Yossef Brami, 62 ans, est le chef d’orchestre le plus célèbre de la communauté juive de Paris. Depuis plus de trente-cinq ans, il accompagne les plus grands chanteurs hassidiques sur les scènes françaises, des soirées intimistes aux galas de deux mille personnes. Entre retour au judaïsme, passion musicale et regard lucide sur l’antisémitisme montant, il se confie avec une franchise désarmante.
Depuis plus de trente-cinq ans, Yossef Brami est l’un des piliers discrets de la musique juive à Paris. Pianiste, chef d’orchestre et directeur musical, il accompagne les plus grandes voix de la scène hassidique internationale tout en orchestrant les moments les plus marquants de la vie communautaire française.
À 62 ans, son nom est associé aux grands mariages, aux bar-mitsvot prestigieuses et aux rassemblements majeurs organisés par le mouvement ‘Habad à Paris. Mais derrière cette carrière solide se cache un parcours personnel profondément lié à la musique.
Un destin né entre Paris et Jérusalem
Né à Paris dans une famille traditionnelle — père séfarade, mère ashkénaze — Yossef découvre très tôt le piano à l’âge de 5 ans . Formé à la musique classique dès l’enfance, rien ne le prédestinait pourtant à devenir l’un des acteurs centraux de la musique hassidique en France.
Le déclic se produit lors de séjours en Israël. Étudiant à l’Université hébraïque de Jérusalem, il fréquente également une yeshiva et entame un cheminement spirituel qui marquera durablement sa vie. Il évoque cette période comme une transformation progressive, faite de rencontres et de découvertes.
De retour en France, il choisit de professionnaliser sa passion. Il étudie le son et commence à jouer dans des restaurants, avant d’intégrer des orchestres communautaires. Rapidement, son talent et sa rigueur attirent l’attention de figures établies du milieu musical juif parisien.
Notamment R’ Reuven Israelievitch ( Alav Ha Shalom ) et son célèbre orchestre Vessamahta… R’ Reuven l’a pris sous son aile et lui a donné les clés pour comprendre et jouer dans les orchestres de mariage. Il a été véritablement le moteur et la réussite de sa carrière.
Le rêve Avraham Fried
Le véritable tournant de sa carrière survient lorsqu’il est invité à jouer aux côtés d’Avraham Fried. Une rencontre décisive.
« Sa musique a joué un rôle essentiel dans mon retour à la pratique religieuse », confie-t-il. Longtemps admiratif du chanteur, qu’il considère comme une référence absolue de la musique hassidique, Yossef hésite d’abord, par crainte de ne pas être à la hauteur. Puis il accepte.
Le concert est un succès. Les partitions, soigneusement travaillées — à l’époque encore sur papier — marquent le début d’une collaboration durable. Depuis, chaque apparition commune conserve pour lui la même intensité émotionnelle.
Aux côtés des plus grandes voix
Au fil des années, Yossef Brami accompagne la plupart des grandes figures de la chanson juive internationale, parmi lesquelles Mordechai Ben David, Yaakov Shwekey, Yishai Lapidot ou encore Ohad Moskowitz. Il collabore également avec la nouvelle génération d’artistes, assurant une continuité musicale entre tradition et modernité.
Il est aussi aux commandes musicales de grands rassemblements communautaires, comme les célébrations publiques de Hanoucca organisées dans des lieux emblématiques parisiens, ou les événements réunissant plusieurs milliers de participants.
Une musique en mutation
Observateur attentif de son époque, Yossef constate l’évolution du paysage musical juif en France. « Il y a vingt ans, la musique était plus classique, plus orchestrale. Aujourd’hui, le public demande davantage de sons modernes, de dance, parfois de trance. »
Le phénomène du one-man band — un seul musicien combinant claviers et programmation — a progressivement remplacé les orchestres traditionnels. Un changement qu’il accepte avec pragmatisme, tout en affirmant sa préférence pour la richesse sonore d’un véritable ensemble.
Transmettre aux enfants
Au-delà de la scène, Yossef Brami s’est investi dans la transmission. Il fonde une série d’albums éducatifs destinés aux enfants, mêlant musique, alphabet hébraïque et valeurs juives. Un projet qui a marqué toute une génération d’enfants de la communauté française. Les fameux CD MENORAH PRODUCTIONS….
Pour lui, la musique ne se limite pas à l’animation d’événements : elle est aussi un outil pédagogique et spirituel.
Vivre et jouer à Paris
Dans un contexte où la vie juive en France suscite parfois des inquiétudes, Yossef continue de vivre et de travailler à Paris avec sérénité. Présent dans les quartiers à forte population juive comme dans les grandes salles de spectacle, il affirme ne pas laisser la peur guider son quotidien.
Sa trajectoire illustre celle d’un musicien profondément enraciné dans sa communauté, qui a su évoluer avec son temps sans renier ses inspirations premières.
Sur scène, derrière son piano, il reste fidèle à la même émotion qu’à ses débuts : celle d’un rêve accompli — et toujours renouvelé.