Chaque année, la nuit du Séder de Pessa’h constitue le temps fort du calendrier juif, une soirée où chaque famille revit symboliquement la sortie d’Égypte à travers un rituel précis et chargé de sens. Ce guide, édité par le Beth Loubavitch de Paris 3ème EST sous la responsabilité du Rav Meïr Chlomo Lubecki, présente les quinze étapes essentielles du Séder, accompagnées de leur contenu et des bénédictions correspondantes. Il constitue un aide-mémoire complet pour que chacun puisse conduire cette nuit extraordinaire avec sérénité et kavana.
Ce qu’il faut préparer avant le Séder
Avant même que la nuit ne commence, une préparation soigneuse du plateau du Séder est indispensable. Il convient de réunir, pour chaque convive, environ une demi-Matsa Chmoura ronde, pétrie et cuite à la main, ainsi qu’une quantité de vin ou de jus de raisin suffisante pour remplir quatre verres de 8,6 centilitres chacun.
On disposera également du Maror — salade romaine et raifort râpé —, des légumes tels que pomme de terre bouillie, céleri ou oignon avec de l’eau salée, ainsi que du ‘Harosset, mélange de pommes, poires, noix et vin. Complètent le plateau : un œuf dur, un cou de poulet rôti réservé uniquement à la présentation (il ne sera pas mangé), et de la nourriture pour le repas de fête.
À noter que le plateau du Séder peut être n’importe quel plat, y compris une assiette en plastique. Celui qui conduit le Séder utilisera les éléments du plateau tout au long de la cérémonie, mais il est recommandé que les autres convives disposent eux aussi de ces éléments. On posera trois Matsot empilées l’une sur l’autre durant toute la soirée. Pour celui qui ne peut pas participer à un Séder complet, la règle minimale est de manger au moins une demi-Matsa Chmoura et de boire les quatre verres de vin ou de jus de raisin.
Les quinze étapes du Séder
Le Séder de Pessa’h se déroule en quinze étapes, chacune dotée d’un nom hébreu et d’un contenu précis. En voici le déroulement complet.
1 — Kadech : on récite le Kidouch tel qu’il figure dans la Haggada, puis on boit le premier verre de vin ou de jus de raisin en s’inclinant sur le côté gauche. La bénédiction est : Barou’h Ata Ado-naye Élo-hénou Mélè’h Haolam Boré Pri Haguafène.
2 — Oure’hatz : on se lave les mains en versant de l’eau à partir d’un récipient, trois fois sur la main droite et trois fois sur la main gauche. Aucune bénédiction n’est prononcée à ce stade.
3 — Karpass : on trempe un petit morceau de légume (pomme de terre, céleri ou oignon) dans l’eau salée et on récite la bénédiction suivante, en ayant à l’esprit qu’elle vaudra également pour le Maror : Barou’h Ata Ado-naye Élo-hénou Mélè’h Haolam Boré Pri Haadama.
4 — Ya’hatz : on brise la Matsa du milieu en deux morceaux inégaux. Le plus grand morceau est conservé pour servir d’Afikomane à la fin du repas, tandis que le plus petit est remis à sa place sur le plateau.
5 — Magguid : c’est le cœur narratif du Séder. L’enfant — ou le plus jeune des convives, suivi de tous les autres — pose les quatre questions (Ma Nichtana). On lit alors dans la Haggada la merveilleuse histoire de la libération de nos ancêtres de l’esclavage en Égypte. On boit ensuite le deuxième verre de vin ou de jus de raisin en s’inclinant sur le côté gauche : Barou’h Ata Ado-naye Élo-hénou Mélè’h Haolam Boré Pri Haguafène.
6 — Ra’htsa : on se lave à nouveau les mains, trois fois sur la main droite et trois fois sur la main gauche, en prononçant cette fois la bénédiction : Barou’h Ata Ado-naye Élo-hénou Mélè’h Haolam Achère Kidechanou Bemitsvotav Vetsivanou Al Netilat Yadayim.
7 — Motsi : on prononce la bénédiction Hamotsi sur le pain : Barou’h Ata Ado-naye Élo-hénou Mélè’h Haolam Hamotsi Lé’hem Mine Haaretz.
8 — Matsa : on prononce la bénédiction propre à la Matsa — Barou’h Ata Ado-naye Élo-hénou Mélè’h Haolam Achère Kidechanou Bemitsvotav Vetsivanou Al A’hilat Matsa —, puis on mange au moins une demi-Matsa Chmoura en s’inclinant sur le côté gauche.
9 — Maror : on récite la bénédiction — Barou’h Ata Ado-naye Élo-hénou Mélè’h Haolam Achère Kidechanou Bemitsvotav Vetsivanou Al A’hilat Maror —, puis on mange au moins 19 grammes de salade romaine et de raifort.
10 — Korè’h : on confectionne un sandwich de Matsa et de Maror (salade romaine et raifort), qu’on trempe dans le ‘Harosset. On lit dans la Haggada le passage correspondant, intitulé Korè’h, puis on mange ce sandwich en s’inclinant sur le côté gauche.
11 — Choul’hane Orè’h : on prend le repas de fête. Il est de coutume de commencer ce repas avec l’œuf dur du plateau, trempé dans l’eau salée.
12 — Tsafoun : on mange l’Afikomane — le morceau de Matsa mis de côté en début de soirée — en s’inclinant sur le côté gauche. Il est de coutume de ne plus rien manger ni boire après l’Afikomane.
13 — Béra’h : on verse le troisième verre et on récite le Birkat Hamazone (Grâce après les repas) tel qu’il figure dans la Haggada, puis on boit le troisième verre en s’inclinant sur le côté gauche : Barou’h Ata Ado-naye Élo-hénou Mélè’h Haolam Boré Pri Haguafène. On verse ensuite le quatrième verre, ainsi que le verre d’Éliahou Hanavi (le prophète Élie).
14 — Hallel : on récite les Psaumes de louange inscrits dans la Haggada, puis on boit le quatrième verre de vin en s’inclinant sur le côté gauche : Barou’h Ata Ado-naye Élo-hénou Mélè’h Haolam Boré Pri Haguafène.
15 — Nirtsa : le Séder s’achève par cette prière adressée à D.ieu : « Lé’chana Habaa Birouchalayim ! » — L’an prochain à Jérusalem ! Puissions-nous mériter de célébrer Pessa’h tous ensemble à Jérusalem avec notre juste Machia’h !
Un document édité par le Beth Loubavitch de Paris
Ce guide pratique a été élaboré et diffusé par le Beth Loubavitch Paris 3ème EST, sous la responsabilité du Rav Meïr Chlomo Lubecki. Pour toute information complémentaire, on peut le contacter au 06 66 90 73 60 ou par courriel à l’adresse [email protected].
Talmudiste, philosophe, juriste et médecin, Rabbi Moché Ben Maïmone naquit à Cordoue, le 30 mars 1135 (14 Nissan 4895) dans une Espagne soumise à l’Islam. Il quitta ce monde le 20 Tevet 4965-1204
par Elisabeth Benhamou / fr.chabad.org
Le fait que la date et l’heure précise de sa naissance aient été conservées témoigne de la renommée de Maïmonide dont la lignée remontait à Rabbi Judah le Prince (Rabbi Yéhouda HaNassi), le compilateur de la Michna, lui-même descendant du Roi David.
On raconte que dans son enfance, le jeune Moché était peu enclin à l’étude. Un jour, son père lui fit de sévères remontrances et l’enfant touché au plus profond de son âme alla se réfugier à la synagogue où il demanda à D.ieu d’ouvrir son cœur à l’étude – prière qui fut, semble-t-il, exaucée au-delà de toute espérance !
« De Moïse jusqu’à Moïse, il n’y eut personne comme Moïse. »En 1148, l’intolérance et les persécutions, des nouveaux princes Almohades, contraignirent sa famille à fuir. C’est ainsi que Maïmonide dut errer pendant dix ans dans différentes villes du sud de l’Espagne, avant de gagner la ville de Fès au Maroc et de s’embarquer pour la terre d’Israël en 1165. Mais à cette époque, celle-ci était ravagée par les croisades et ainsi, après un bref pèlerinage, la famille dut se résoudre à partir pour l’Égypte.
Après la mort de son père, Maïmonide poursuivit ses études talmudiques, soutenu financièrement par son frère David qui faisait le commerce des pierres précieuses. Malheureusement, David mourut au cours d’un naufrage dans l’océan Indien et Rabbi Moché se retrouva démuni. C’est ainsi que, ne voulant tirer aucune rétribution de ses travaux sur la Torah, il deviendra médecin. Sa réputation comme philosophe talmudiste et comme médecin fut telle que le Sultan Saladin, conquérant de l’Égypte, en fit le médecin de sa cour.
Nommé Naguid – Chef – des Juifs d’Égypte avec le titre de « Raïs al Yahoud », il s’opposa à la secte des Karaïtes et renforça la communauté juive. Il eut, de ce fait, de nombreuses correspondances avec les représentants de différentes communautés, y compris en dehors de l’Égypte, auxquels il envoya plusieurs épîtres :
Iguéret HaChmad (appelée aussi Iguéret al Kidouch HaChem) dans laquelle il évoque les conversions forcées imposées par les musulmans et console et raffermit la foi des juifs désespérés ;
Iguéret Teiman, où il expose les signes de reconnaissance du Messie et encourage les juifs du Yémen dans leur foi ; la « Lettre aux érudits de Marseille », dans laquelle il donne des conseils à des érudits de son temps ; la « Lettre sur la résurrection des morts », etc.
On vint aussi le consulter depuis la Syrie, la terre d’Israël, et encore de plus loin. On dit même qu’au cours de la troisième croisade, le roi d’Angleterre Richard Cœur de Lion s’efforça, en vain, de l’attirer auprès de lui, à Ashkelon, en Terre Sainte.
« L’Aigle de la Synagogue »
Maïmonide fut un véritable guide spirituel pour sa propre génération comme pour les générations suivantes. Ses œuvres majeures furent :
Le Sefer Hamitzvot, le « Livre des Commandements » composé initialement en arabe, dans lequel il présente les 613 commandements de la Loi écrite qui constituent l’armature de la Loi juive.
Le Michné Torah (appelé aussi Yad Ha’Hazakah) est le seul traité religieux qu’il rédigea en hébreu (dont la langue fut qualifiée par ses successeurs de lachone zahav – une « langue pure comme l’or ») dans lequel il aborde les différents aspects de la législation juive. Le projet du Rambam fut de mettre la connaissance de toute la Loi orale à la portée du peuple.
Dans le même ordre d’idées, en 1984, le Rabbi de Loubavitch instaura une étude quotidienne de cette œuvre afin de créer une unité entre tous ceux qui étudient cette somme de la sagesse juive.
Dans son ouvrage, le Rambam explique la manière dont la Torah envisage l’idéal de paix : « Les Sages et les Prophètes n’attendent pas de l’ère messianique qu’elle leur permette de gouverner le monde ou d’asservir les nations, mais qu’elle nous rende libres de rechercher la Torah et sa sagesse. En ce temps-là, il n’y aura ni faim ni guerre, ni jalousie, ni dissension. Le monde entier sera occupé à acquérir la connaissance de D.ieu ainsi qu’il est écrit : “Le monde sera rempli de la connaissance de D.ieu comme les eaux recouvrent le fond des mers.” »
Maïmonide raconte que, lorsqu’il termina son Michné Torah, son père lui apparut en rêve accompagné d’un autre homme qu’il lui présenta comme étant notre maître Moïse. Il fut très impressionné lorsque celui-ci lui dit : « Je suis venu voir le livre que tu as écrit », et, après avoir examiné le recueil, « Yacher koa’h » (« c’est très bien !»).
Le Sefer HaMaor est un commentaire original et approfondi de la Michna. Esprit rationaliste, Maïmonide s’éleva dans cet ouvrage contre les pratiques de magie et de sorcellerie fréquentes à son époque. Son influence fut déterminante sur le développement du Judaïsme.
Le Moré Névoukhim (le « Guide des Egarés »), écrit en arabe, fut destiné à des intellectuels partagés entre la tradition religieuse et la pensée scientifique. Cet ouvrage entreprit de mettre en accord l’enseignement de la Torah et de ses commentaires avec la philosophie d’Aristote. De portée universelle (il fut étudié par les musulmans), le Guide constitue une analyse approfondie du Judaïsme, dans le domaine des croyances comme dans ses aspects rituels. Il y est question de D.ieu, de la création, de la prophétie, du bien, du mal, etc.
Maïmonide dut affronter une vive opposition tout au long de sa vie. Il répondit à ses opposants de son vivant et son fils poursuivit cette tâche après sa mort. Cependant, cette opposition fut tellement acharnée que le différend fut porté devant l’Inquisition et le livre brûlé en 1233.
Sa « Lettre sur l’Astrologie » répondait à une interrogation des rabbins de France en la matière et concluait en faveur d’une indiscutable responsabilité de l’homme, en dressant une synthèse des connaissances cosmologiques de l’époque.
« Le Prince des Médecins »
Une dizaine de livres de médecine lui sont attribués, qui furent écrits en arabe avant d’être traduits en hébreu, en particulier par son disciple Samuel ibn Tibbon de Montpellier. On peut citer entre autres:
Le « Traité des Aphorismes » divisé en 25 chapitres, constitue une somme des connaissances médicales de l’époque, depuis les apports antiques de la médecine hippocratique (460-377) jusqu’aux pratiques du XIIème siècle. Y sont abordés l’anatomie et la physiologie, les humeurs, la déontologie, la symptomatologie, les troubles de la parole, la thérapeutique générale, les maladies « spéciales », les fièvres, les périodes d’incubation, les saignées (il introduit pour la première fois la notion de circulation sanguine), les purgatifs et les vomissements, la chirurgie, la gynécologie, l’hygiène, la condition physique et le sport, la balnéation, les aliments et les boissons, les drogues, les médicaments, la physiopathologie, les cas rares. Un grand nombre de spécialités sont traitées depuis les troubles cardio-vasculaires, le diabète sucré, les tumeurs, la psychosomatique, les nerfs, le tube digestif, les troubles respiratoires, les maladies infectieuses et parasitaires, l’anatomie, l’embryologie, la gynécologie-obstétrique, le sport, l’anesthésie. Ce traité a été la source médicale la plus consultée du Moyen Âge. Le Traité des Poisons, Le Traité de la Conservation de la Santé (on y trouve des règles concernant la santé physique, mentale et sociale), Le Traité de l’Asthme (qui traite des troubles psychosomatiques) etc.
En 1932, on a retrouvé un « Glossaire de Phytothérapie », de 350 remèdes à base de plantes, classées par ordre alphabétique avec leurs noms populaires (en arabe, grec, persan et en dialecte berbère, marocain, égyptien).
La « Prière Médicale » qui lui est attribuée est un acte de foi professionnelle, aussi noble que le Serment d’Hippocrate, qui inspire encore aujourd’hui de nombreux médecins juifs : « Mon D.ieu, remplis mon âme d’amour pour l’Art (médical) et pour toutes les créatures. N’admets pas que la soif du gain et la recherche de la gloire m’influencent dans l’exercice de mon Art, car les ennemis de la vérité et de l’amour des hommes pourraient facilement m’abuser et m’éloigner du noble devoir de faire du bien à Tes enfants.
Soutiens la force de mon cœur pour qu’il soit toujours prêt à servir le pauvre et le riche, l’ami et l’ennemi, le bon et le mauvais.
Fais que je ne vois que l’homme dans celui qui souffre. Fais que mon esprit reste clair auprès du lit du malade et qu’il ne soit distrait par aucune chose étrangère afin qu’il ait présent tout ce que l’expérience et la science lui ont enseigné, car grandes et sublimes sont les recherches scientifiques qui ont pour but de conserver la santé et la vie de toutes les créatures. Fais que mes malades aient confiance en moi et mon Art pour qu’ils suivent mes conseils et mes prescriptions. Éloigne de leur lit les charlatans, l’armée des parents aux mille conseils, et les gardes qui savent toujours tout : car c’est une engeance dangereuse qui, par vanité, fait échouer les meilleures intentions de l’Art et conduit souvent les créatures à la mort. Si les ignorants me blâment et me raillent, fais que l’amour de mon Art, comme une cuirasse, me rende invulnérable, pour que je puisse persévérer dans le vrai, sans égard au prestige, au renom et à l’âge de mes ennemis. Prête-moi, mon D.ieu, l’indulgence et la patience auprès des malades entêtés et grossiers. Fais que je sois modéré en tout, mais insatiable dans mon amour de la science. Éloigne de moi l’idée que je peux tout. Donne-moi la force, la volonté et l’occasion d’élargir de plus en plus mes connaissances. Je peux aujourd’hui découvrir dans mon savoir des choses que je ne soupçonnais pas hier, car l’Art est grand, mais l’esprit de l’homme pénètre toujours plus avant. »
Le Rambam mourut à Fostat (le vieux Caire) en Égypte en 1204 (le 20 Tévet), il fut inhumé à Tibériade, en Terre Sainte. La calèche transportant son cercueil fut attaquée par des brigands qui l’abandonnèrent et le cheval conduisit tout seul le cercueil à l’emplacement où il devait être enterré. Sur sa tombe est inscrit en hébreu : « MiMoché ad Moshé, Lo Kam kéMoché » « De Moïse jusqu’à Moïse, il n’y eut personne comme Moïse. »
Maïmonide fut pleuré dans le monde entier par les juifs et les non-juifs. À Fostat on décréta trois jours de deuil et à Jérusalem un jeune public fut institué. Cette figure du peuple juif suscite toute notre admiration, lui dont l’objectif principal fut de rassembler et codifier tous les enseignements de la sagesse juive afin qu’ils puissent se transmettre plus aisément au cours des générations, malgré la situation difficile dans laquelle pouvait se trouver le peuple juif.
À l’occasion du 11 Nissan 5786 (2026), le président Donald J. Trump a officiellement proclamé la « Journée de l’éducation et du partage » en hommage au Rabbi, saluant son héritage comme une source d’inspiration durable pour la nation américaine. Dans sa proclamation, il a affirmé œuvrer personnellement à faire avancer la vision du Rabbi en matière d’excellence intellectuelle, de droiture et de foi. Ce texte solennel s’inscrit dans le cadre des célébrations des 250 ans de l’indépendance américaine.
Une proclamation présidentielle en hommage au Rabbi
Le président Donald J. Trump a publié, le jour du Youd Aleph Nissan 5786 (2026), une proclamation officielle déclarant la « Journée de l’éducation et du partage des États-Unis », rendant hommage à la vie et à l’impact durable du Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson.
Dans ce texte, le président souligne que l’éducation constitue l’un des piliers fondamentaux de la liberté américaine, et appelle à un renouveau de l’engagement collectif pour former une génération capable de mener des vies empreintes de sens, de service et de vertu — en écho direct à la vision portée par le Rabbi tout au long de son existence.
Le Rabbi, figure centrale de l’histoire juive américaine moderne
Trump rend un hommage appuyé au Rabbi, qu’il qualifie de l’une des personnalités juives les plus influentes de l’histoire américaine contemporaine. Il rappelle comment le Rabbi avait fui les persécutions nazies en 1941 pour trouver refuge aux États-Unis, où il prit la tête du mouvement Habad-Loubavitch. Sous sa direction, ce qui n’était alors qu’une petite communauté ‘hassidique s’est transformée en une force mondiale au service de la foi et de l’engagement humain, contribuant à revitaliser la vie juive dans le monde entier après la Shoah, et continuant aujourd’hui à toucher des millions de cœurs à travers le globe.
La proclamation met en lumière la vision du Rabbi fondée sur l’excellence intellectuelle, la clarté morale et la foi, en soulignant que ces valeurs demeurent au cœur de l’avenir de la nation américaine.
Réformer l’éducation et combattre l’antisémitisme
Le président Trump détaille dans sa proclamation les grandes orientations éducatives de son administration : restaurer le système scolaire, promouvoir l’excellence, encourager l’engagement civique et restituer aux États, aux communautés locales et aux parents le contrôle de l’éducation de leurs enfants — une autorité qui leur appartient de droit. Il affirme sa volonté de mettre fin à l’endoctrinement idéologique dans les salles de classe et de replacer le bon sens au cœur de l’enseignement.
Par ailleurs, le président réaffirme la détermination de son administration à éradiquer le fléau de l’antisémitisme de la société américaine, afin que chaque citoyen puisse vivre et pratiquer sa foi librement, sans crainte, sans violence et sans persécution.
Un appel à perpétuer l’héritage moral du Rabbi
En conclusion de sa proclamation, le président Trump exhorte les éducateurs, les responsables publics et l’ensemble des citoyens américains à marquer cette journée par des activités favorisant l’éducation, le développement du caractère et des actes de bonté et de bienveillance — fidèles en cela à l’esprit du Rabbi.
« Alors que nous célébrons 250 ans d’indépendance américaine, nous nous engageons à nouveau à bâtir un avenir où le courage moral, la foi et le dévouement à la liberté demeurent les fondements de notre République », affirme la proclamation, en réaffirmant que la nation reste guidée par la sagesse et la providence de D.ieu Tout-Puissant.
Le Texte intégral de la proclamation
Journée de l’éducation et du partage des États-Unis — 2026
Depuis 250 ans, l’éducation américaine constitue un pilier de la liberté, de l’égalité des chances et de la vertu civique. En cette Journée de l’éducation et du partage, nous réaffirmons l’importance profonde d’une éducation rigoureuse — celle qui prépare la prochaine génération d’Américains à mener avec caractère, patriotisme et intégrité.
Aujourd’hui, nous honorons la vie, l’héritage et la vision du Rav Mena’hem Mendel Schneerson, de mémoire bénie — l’une des figures juives les plus influentes de l’histoire américaine moderne. En 1941, le Rabbi échappa aux persécutions nazies et s’enfuit vers les États-Unis, où il prit la tête du mouvement Habad-Loubavitch et devint connu de ses disciples sous le nom de Rabbi de Loubavitch. Sous sa direction, cette petite communauté ‘hassidique est devenue une force mondiale au service de la foi et de l’engagement humain qui, au lendemain de la Shoah, a revitalisé le judaïsme à travers le monde entier et continue de toucher des millions de cœurs à travers le globe.
En tant que président, je fais avancer avec fierté la vision du Rabbi en matière d’excellence intellectuelle, de droiture et de foi. Mon administration restaure notre système éducatif, préparant la prochaine génération d’étudiants américains à mener des vies empreintes de sens, de service et de vertu. Nous rétablissons le bon sens dans nos salles de classe et mettons fin à l’endoctrinement de nos élèves par des idéologies de gauche — en veillant à ce que nos établissements favorisent l’excellence, instillent l’engagement civique et respectent les valeurs les plus fondamentales de notre pays. Nous retirons le contrôle de l’éducation des mains de bureaucrates non élus pour le rendre aux États, aux communautés locales et aux parents, à qui il appartient de droit. Nous travaillons également sans relâche à éradiquer le fléau de l’antisémitisme de notre société, en veillant à ce que chaque Américain puisse vivre sa foi librement, sans crainte, sans violence ni persécution.
En cette Journée de l’éducation et du partage, nous célébrons la vie héroïque et les contributions durables du Rav Mena’hem Mendel Schneerson, et nous nous engageons à perpétuer son héritage de leadership courageux et moral. Alors que nous célébrons 250 ans d’indépendance américaine, nous nous engageons à nouveau à bâtir un avenir où le courage moral, la foi et le dévouement à la liberté demeurent les fondements de notre République. Par-dessus tout, nous réaffirmons que l’Amérique sera à jamais une Nation guidée par la sagesse éternelle et la providence de D.ieu Tout-Puissant.
Un mois après le lancement de l’opération «Rugissement du Lion», le Premier ministre Benyamin Netanyahou a prononcé ce dimanche soir une déclaration solennelle à la nation, dressant le bilan des accomplissements stratégiques d’Israël face au régime iranien et à ses mandataires. S’inspirant de la Haggadah de Pessa’h, il a détaillé les «dix fléaux» infligés par Israël à ses ennemis, de Gaza à Beyrouth jusqu’au cœur de Téhéran. Il a également fustigé avec vigueur les «voix de la faiblesse» qui, selon lui, cherchent à miner la résilience nationale en plein cœur d’une guerre existentielle.
Un bilan marqué par le deuil et la détermination
Prenant la parole dans une allocution exceptionnelle, le Premier ministre a d’emblée reconnu le prix humain de la campagne militaire : «Il y a des accomplissements immenses, des succès colossaux, mais il y a en même temps des sacrifices douloureux. Hier encore, nous avons perdu quatre de nos meilleurs fils. J’adresse mes condoléances les plus sincères aux familles des soldats tombés au combat.»
Netanyahou a ensuite insisté sur la coordination étroite entre Israël et les États-Unis dans la lutte contre le régime iranien, qu’il a décrit comme ayant appelé pendant des décennies à la destruction d’Israël et de l’Amérique : «Nous réduisons méthodiquement à néant ce régime de la terreur. Le trillion de dollars qu’a investi l’Iran dans ses programmes terroristes est parti en fumée.»
Les dix fléaux sur l’axe du mal
Dans un passage particulièrement frappant de son discours, le Premier ministre a dressé un parallèle délibéré avec les dix plaies d’Égypte, énumérant les «dix fléaux» que l’État hébreu a infligés à ses adversaires depuis le début de la guerre.
Les cinq premiers ont frappé les mandataires de l’Iran : le fléau du Hamas à Gaza, le fléau du Hezbollah au Liban, le fléau du régime Assad en Syrie, le fléau des organisations terroristes en Judée-Samarie, et le fléau des Houthis au Yémen.
Puis Netanyahou a égrené cinq fléaux frappant directement l’Iran : le fléau nucléaire, le fléau des missiles, le fléau des infrastructures du régime, le fléau des forces de répression, et le fléau des «premiers-nés» — une allusion transparente à l’élimination des hauts responsables. «Dans notre cas, il s’agit du fléau des dirigeants — du tyran Khamenei aux scientifiques nucléaires, en passant par les chefs des Gardiens de la Révolution, Nasrallah, Haniyeh, Deif et Sinouar», a-t-il déclaré.
Le renversement stratégique : «nous étranglons l’Iran»
Le Premier ministre a ensuite dressé un tableau de ce qu’il a qualifié de «renversement stratégique» majeur dans la région : «Avant nos opérations, l’Iran cherchait à nous étrangler — aujourd’hui, c’est nous qui l’étranglons. Le régime des ayatollahs n’a jamais été aussi affaibli, et l’État d’Israël n’a jamais été aussi fort.»
Netanyahou a également évoqué la prise de conscience internationale concernant la menace iranienne : «J’ai parlé avec des dirigeants du monde entier, avec des présidents américains — ils ne mesuraient pas pleinement le danger. Aujourd’hui, il n’est plus personne qui ne le comprenne. Nous combattons côte à côte avec les États-Unis dans une coopération historique sans précédent.»
Sur le plan sécuritaire, il a souligné la neutralisation des menaces existentielles : «Nous avons écarté la menace imminente que représentait l’armement nucléaire de l’Iran et ses nombreux missiles balistiques. Khamenei avait l’intention d’enfouir ces capacités profondément sous terre — le cabinet a décidé qu’il fallait agir, et nous avons agi.» Il a ajouté que Tsahal était parvenu à briser «l’anneau d’étranglement» formé par les armées terroristes et à établir des zones tampons profondes à Gaza, en Syrie et au Liban.
Une mise en cause sévère des voix discordantes
Netanyahou a consacré une partie importante de son allocution à s’en prendre vivement aux journalistes et aux responsables de l’opposition qu’il accuse de nuire à la cohésion nationale en temps de guerre : «Qu’est-ce qui vous prend ? En pleine guerre existentielle, au lieu de céder aux calculs politiques mesquins, relevez le moral de notre camp et non de l’ennemi !»
Il les a accusés d’agir à l’encontre de l’esprit du peuple : «Rejoignez l’esprit de bravoure et de victoire de nos combattants extraordinaires, au lieu de vous adonner à la résignation et à la capitulation. Pendant que certains faisaient preuve de faiblesse, nous avons poursuivi la guerre avec toute notre puissance. Le combattant israélien — du fantassin à Gaza au pilote dans les cieux de Téhéran — est « fort comme un léopard, agile comme un aigle et vaillant comme un lion », à l’opposé de ceux qui cherchent à nous affaiblir de l’intérieur.»
Il a conclu sur cette lancée en déclarant que, malgré «les voix de la faiblesse et du découragement», l’économie israélienne et la résilience du peuple prouvent que la victoire est plus proche que jamais : «Ne cédez pas à ces voix — nous continuerons à frapper l’ennemi jusqu’à l’atteinte de tous nos objectifs.»
«La victoire éternelle d’Israël ne mentira pas»
Pour clore son allocution, Netanyahou a cité la Haggadah de Pessa’h : « »Et c’est ce qui a tenu debout nos pères et nous-mêmes — car ce n’est pas un seul ennemi qui s’est levé contre nous pour nous anéantir. » L’héritage d’Israël et notre droit sur notre terre sont ce qui nous soutient. Le peuple se tient ferme, et nous garantirons la victoire éternelle d’Israël.»
Il a conclu par ces mots : «Hag ‘Héroute Saméa’h — une joyeuse fête de la liberté à toute la maison d’Israël.»
Chaque année, à l’approche de Pessa’h, les récits de ceux qui eurent le privilège d’assister aux Sédarim du Rabbi résonnent avec une intensité particulière. Le Rav Yossef Itshak Ofen, élève au 770 durant les années 1967–1970, livre ici ses souvenirs avec une précision et une ferveur saisissantes. Ces pages constituent un document historique exceptionnel sur les pratiques et coutumes du Rabbi lors de la nuit du Seder.
Les premières années : le Seder dans l’appartement du Rabbi précédent
Durant les premières années de la néssiaout — jusqu’aux alentours de 5716 (1956) — le Rabbi prenait les repas de fête dans l’appartement du Rabbi précédent, Rabbi Yossef Its’hak Schneersohn, conformément à l’usage établi de son vivant. La disposition à table était immuable : le Rabbi précédent siégeait au centre, le Rabbi s’installait à sa gauche, et le secrétaire Rav Chemouel-Grinom à sa droite. La Keara du Rabbi précédent était un grand plateau d’argent rectangulaire, et devant sa place avaient été disposés couteau, fourchette et cuillère. Ainsi était l’ordre du Seder avant la néssiaout du Rabbi, et cet ordre se maintint sans changement.
Après la Histalkout du Rabbi précédent en 5710 (1950), les choses évoluèrent progressivement. Le Rabbi commença à célébrer lui-même le Seder, et l’on dressa une seconde chaise contre la sienne, sur laquelle on plaça deux oreillers afin qu’il pût s’accouder confortablement sur le côté gauche, comme le prescrit la loi. Quant au secrétaire, il disposait également d’un oreiller sur sa chaise, mais il ne s’accoudait pas — en tant que ‘hassid du Rabbi, un disciple ne s’accoude pas en présence de son maître.
Lorsque la Rebbetzin du Rabbi précédent fut rappelée à D.ieu en 5711 (1951), le Rabbi cessa de tenir le Seder dans l’appartement et commença à le célébrer dans sa propre demeure. Dès lors, nul n’était présent, si ce n’est le chammach attitré.
Le Rabbi rend visite aux élèves le soir du Seder
C’est à partir de cette période que le Rabbi institua une tradition qui marqua profondément toute une génération de Temimim : chaque premier soir de Pessa’h, le Rabbi se rendait dans la salle à manger des élèves pour les bénir. Avant son arrivée, on préparait déjà la Keara et on se tenait prêts pour le Kidouch. Le Rabbi faisait le tour de toutes les tables, examinait parfois la cuisine, s’assurait que tout était en ordre, puis se tenait en un endroit précis et prononçait quelques mots de bénédiction.
Après sa visite aux Temimim, le Rabbi ne rentrait pas directement chez lui : il passait encore dans d’autres dortoirs et salles d’étude, à travers le bâtiment, s’assurant que la fête était célébrée dignement partout. C’est seulement après son départ que les élèves entamaient formellement leur propre Seder.
Cette visite fut une pratique constante jusqu’aux environs de 5741 (1981). Ce soir-là fut la dernière fois. L’année suivante, le Rabbi ne vint plus, et personne ne sut exactement pourquoi. Telle est l’épreuve.
Les élèves se précipitent pour assister au Seder du Rabbi
Le Rav Ofen et ses camarades avaient pris l’habitude, ces années-là, d’accomplir leur propre Seder à toute vitesse — en vingt minutes à peine. On parcourait l’intégralité de la Haggada, on mangeait, on buvait les coupes jusqu’à la fin, puis on montait immédiatement à l’étage pour rejoindre le Seder du Rabbi. La plupart du temps, le Rav Ofen ne mangeait même pas le repas de fête lui-même : la table n’était dressée que d’un œuf. On récitait rapidement les deux dernières coupes afin d’arriver à temps.
Lors d’un certain premier soir de Pessa’h, la précipitation fut telle qu’il y eut bousculade entre deux groupes qui voulaient entrer simultanément : on renversa un pichet de vin sur toute la table et l’on cassa un pied de chaise. Résultat : il fut annoncé que pour le second soir, personne ne pourrait entrer. Ce fut la seule fois où le Rav Ofen ne put assister au Seder du Rabbi. Seul fut autorisé à entrer le groupe qui rentrait en Terre d’Israël, ainsi que des Chlou’him revenus d’Australie après deux ans de mission — et pour eux, le Rabbi eut une attention particulière : au premier soir, il leur avait demandé s’ils avaient déjà mangé l’Afikomane, et comprenant le sens de la question, ils vinrent le second soir avant la dégustation de l’Afikoman. Le Rabbi les fit asseoir à sa table et donna à chacun un morceau de son propre Afikoman, expliquant que les Chlou’him font partie de la maisonnée du Rabbi — comme cela est écrit dans le Sidour.
Il arriva également que le Rabbi, interpellé à ce sujet lors d’un Farbrenguen après Pessa’h, y vit un parallèle avec la Haggada elle-même : les disciples de Rabbi Eliezer, Rabbi Yehouda ben Azaria, Rabbi Its’hak Nafha et Rabbi Akiva à Bneï Brak n’étaient pas à table avec leurs maîtres toute la nuit — ils n’arrivèrent qu’à l’aube. La réalité, dit le Rabbi, était ainsi, quelle qu’en fût la raison. C’est sur cette note que le Rabbi trouva une consolation pour ceux qui n’avaient pu être présents.
La dernière année, un groupe de Temimim appartenant aux Kninim — ceux qui avaient pris sur eux d’ajouter une heure d’étude en Nigla et en ‘Hassidout — prit l’initiative de se tenir à la porte et demanda poliment, lors de l’ouverture, à être admis. On les y autorisa. Et lorsque vint le moment de l’ouverture de la porte pour Chafoh ‘Hamatekha, le Rabbi fit un geste de la main invitant tout le monde à entrer. Cette dernière année fut à la fois la plus inattendue et la plus émouvante.
La Keara : composition et arrangement
Il est écrit dans le Sefer Haminhaguim que dans la maison du Rabbi, les Matsot sont disposées sur une nappe et non sur une Keara, à l’exception du Rabbi lui-même qui dispose ses Matsot sur un plateau d’argent. Ce plateau d’argent était justement le grand plat rectangulaire évoqué précédemment, utilisé du temps du Rabbi précédent.
Dans ses notes sur la Haggada, le Rabbi ajoute toutefois qu’il est possible que seul le Rabbi doive procéder ainsi, et que chacun, chez soi, devrait néanmoins disposer d’une Keara — car celle-ci représente le Malkhout qui englobe tout. En effet, on y place trois Matsot, la Zroa, l’œuf, le Maror, le ‘Harosset, le Karpas et la ‘Hazeret — six espèces et trois Matsot font neuf, et la Keara est le dixième élément, correspondant à la Séfira du Malkhout.
Avant de procéder à l’arrangement, le Rabbi lisait à voix basse les instructions consignées dans la Haggada : « Il dispose sa table comme son maître… » Il lisait tout le passage, puis exécutait chaque geste après l’avoir dit.
La nappe blanche, carrée et épaisse, était pliée en deux puis en quatre, ce qui créait trois intervalles dans lesquels le Rabbi insérait les trois Matsot dans l’ordre prescrit : la Matsa inférieure correspondant à Israël, celle du milieu correspondant à Lévi, et la supérieure correspondant à Cohen — de bas en haut, selon l’acronyme qui indique que l’homme doit s’élever.
Pour la Zroa, le Rabbi prenait parmi plusieurs os disposés sur une assiette, sélectionnait un seul os et en retirait presque toute la viande, n’en laissant qu’une infime quantité — conformément au Minhag qui veut que la viande soit retirée afin que cela ne ressemble pas à l’offrande du Korban Pessa’h en dehors du Temple. Cet os était placé à droite. L’œuf était posé à gauche : le Rabbi faisait attention, l’œuf étant rond, à trouver une position stable pour qu’il ne roulât pas. Une fois, raconte-t-il en souriant, l’œuf roula tellement qu’il fallut finalement le casser pour l’immobiliser — mais c’était l’exception. Pour le Maror, le Rabbi prenait l’équivalent de quatre grandes cuillerées à soupe de raifort, qu’il mélangeait avec de l’eau et façonnait en une sorte de boule compacte, de la taille d’un Kzayit généreux, puis il ajoutait une feuille de laitue sur le dessus et en dessous. La ‘Harosset était posée directement sur la nappe des Matsot, sans serviette intermédiaire, si bien qu’à la fin du premier Seder, la nappe portait les traces de la ‘Harosset, et au second Seder, elle n’était plus tout à fait immaculée. Le Karpas, c’était un oignon — parfois entier, parfois à demi coupé selon les années.
Le Kidouch
Le Rabbi effectuait le Kidouch en position debout. Il versait lui-même le vin depuis une bouteille personnelle — une grande bouteille à deux anses, enveloppée d’une housse en papier brun comme cela se faisait alors, et posée non pas sur la table mais sur le sol. Le Rabbi remplissait sa coupe jusqu’à ce qu’elle débordât légèrement. Il récitait le Kidouch à voix basse, inaudible, en position debout. Ce n’est qu’après la fin du Kidouch que tous les convives récitaient le leur.
La manière de tenir la coupe était la suivante : on la prenait de la main droite, on la passait dans la main gauche, puis on la déposait dans la paume ouverte, les doigts tendus — c’est la pratique en vigueur toute l’année. Après la bénédiction, le Rabbi s’asseyait, se penchait sur le côté gauche, et buvait la totalité de la coupe.
La lecture de la Haggada
Celui qui récitait la Haggada à haute voix lors du Seder du Rabbi était Rav Yaakov Katz de Chicago, un ‘hassid du Rabbi précédent, homme simple mais intègre et sincère, grand donateur de Tsedaka. Il venait chaque année à Pessa’h, et son fils posait les questions. Rav Katz récitait la Haggada avec son propre nigoun, d’une voix forte et mélodieuse.
Quant au Rabbi, il récitait la Haggada à voix basse, sans que l’on pût l’entendre. Il lisait à un rythme tel qu’en quelques instants il avait parcouru une page entière, dépassant de loin le récitant officiel. Arrivé au bas de la page, le Rabbi se plongeait dans l’étude des Minhaguim et du Sidour de l’Arizal de Rav Shafsi — un Sidour avec les intentions kabbalistiques que le Rabbi consultait également lors du Seder de Roch Hachana. Puis le Rabbi rattrapait le récitant, lisait encore une page entière d’un seul souffle, et se replongeait dans l’étude des Minhaguim. Ainsi se déroulait la lecture de la Haggada : alternance de récitation rapide et d’étude contemplative.
Pour le passage « Véhi Cheamda », le Rabbi couvrait les Matsot, soulevait la coupe, et récitait avec toute l’assistance. Pour les Makot, on plaçait une assiette creuse sur le sol, et le Rabbi versait en elle seize petites gouttes de vin, une à une, avec une extrême parcimonie, si bien qu’il ne se déversait à chaque fois qu’une quantité infime. Après les plaies, on ajoutait du vin pour compléter la coupe.
Pour « Maguid », le Rabbi découvrait légèrement les Matsot — juste un coin de chaque Matsa — afin que l’on vît aussi la Matsa du milieu, celle du Lévi. Puis le récitant entamait « Ha La’hma Anya » à voix haute tandis que le Rabbi l’accompagnait à voix basse.
La Matsa, le Maror et le Kore’h
Pour le Motsi-Matsa, le Rabbi se rendait à nouveau dans la cuisine pour laver ses mains, car il avait pris l’habitude de ne jamais interrompre par la parole entre la ‘nétilat yadaïm et la consommation de la Matsa. Il récitait donc à la suite, sans pause, toutes les bénédictions jusqu’au Kore’h, puis allait se laver les mains.
Tenant les deux Matsot entières avec la moitié brisée entre elles, le Rabbi récitait « Hamotsi Le’hem Min Haarets » sur les deux entières, puis posait la troisième, ne gardant que la première et la moitié brisée pour la bénédiction « Al Ahilat Matsa ». Il distribuait un Kzayit à chacun des convives. Les Matsot utilisées lors du Seder du Rabbi étaient épaisses et dures — le Rabbi n’avait plus toutes ses dents, et l’on voyait qu’il lui en coûtait de les mâcher, parfois au point d’apercevoir du sang. Les Matsot de Sélasdim dont on se souvient étaient épaisses et coriaces. Pendant tout ce temps, le Rabbi tenait les deux Matsot et mordait dedans inlassablement jusqu’à en avoir absorbé la totalité. Si des miettes tombaient sur l’oreiller, il les ramassait et les mangeait également.
Pour le Maror, le Rabbi prenait un Kzayit généreux, le trempait dans la ‘Harosset et le mangeait sans s’accouder. Des larmes lui montaient aux yeux au moment de la dégustation — et ces larmes n’étaient pas seulement de nature physique. Comme le Rabbi l’écrit lui-même dans ses Minhaguim, le Maror se trouve sur la ligne centrale, ce qui exprime les Ra’hamim, les manifestations de miséricorde. Il était évident que ces larmes étaient celles d’un homme qui ressentait profondément l’amertume de l’exil et implorait D.ieu de nous en délivrer.
Pour le Kore’h, le Rabbi prenait la troisième Matsa, y plaçait la ‘Hazeret — le second légume amer — et la trempait dans la ‘Harosset selon la manière suivante : avec un couteau, il prélevait un peu de ‘Harosset depuis la nappe et la plaçait dans le fond de sa coupe, là où s’accumulaient les gouttes de vin renversées. C’est ainsi que la ‘Harosset était trempée avec le vin, et il précisa une fois que c’était également la pratique du Tsoure’h, le Rav de sa génération précédente.
Le repas de fête
Le repas commençait par l’œuf dur, que le Rabbi épluchait sans le couper et dont il mordait délicatement un côté après l’avoir trempé trois fois dans l’eau salée. Venaient ensuite les poissons — une boulette de poisson (guefilte fish) — que le Rabbi recouvrait d’une telle couche de sel que la boulette devenait entièrement blanche. On raconte que quelqu’un tenta un jour de l’imiter, et fut incapable de la manger ; le Rabbi, lui, la mangeait sans la moindre difficulté. Il paraît que le Rav Chemouel-Grinom avait un jour demandé au Rabbi pourquoi il agissait ainsi, et que les médecins lui ordonnèrent par la suite d’y renoncer.
Le Rabbi mangeait également de la Matsa avec le poisson : il la trempait dans le sel et l’intercalait entre les bouchées de poisson. Entre les poissons et la soupe, le Rabbi buvait un peu de vin — sans dire « Le’haïm », mais il en buvait.
La soupe était servie dans le bol d’argent à deux anses de l’Admour Hazaken. Lorsqu’on la présentait au Rabbi dans son assiette, il y prélevait trois cuillerées de la soupe contenue dans le bol d’argent, puis les convives l’imitaient. La soupe était accompagnée de petits crêpons coupés en lanières, que le Rabbi ne mangeait jamais, se contentant du bouillon. Une fois, quelqu’un prononça le mot « lokshen » (nouilles), et à cause de ce mot prononcé à table, le Rabbi ne toucha pas non plus à la soupe ce soir-là. Mais comme il voulait que tous les convives mangent, le Rabbi fit semblant de s’affairer avec sa cuillère, remuant le bouillon continuellement jusqu’à ce que tout le monde eût terminé.
Le plat de viande était un morceau de pointe de bœuf triangulaire. Le Rabbi en mangeait très peu — contrairement aux poissons qu’il finissait presque entièrement, il ne consommait qu’un quart de la viande et laissait les trois quarts. Le Rabbi mangeait de la Matsa entre chaque plat, et ses Matsot étaient couvertes, enveloppées dans la nappe.
L’Afikoman
Avant de manger l’Afikoman, le Rabbi buvait de l’eau, comme il est écrit qu’on veillera à ne rien boire après l’Afikoman — il fallait donc s’hydrater auparavant. Selon le Minhag, on mange deux Kzaytim d’Afikoman : l’un en souvenir du Korban Pessa’h, l’autre en souvenir de la Matsa mangée avec l’offrande. Le Rabbi veillait à manger l’Afikoman avant ‘Hatsot (minuit). Le Rabbi sortait les cinq morceaux qu’il avait brisés depuis la nappe pliée placée entre les deux oreillers, et il les mangeait en s’accoudant.
La coupe d’Eliyahou : un rituel de dix minutes
L’un des moments les plus marquants du Seder était la coupe d’Eliyahou le prophète. Selon la pratique des Rebbéïm, il revient au Rabbi lui-même de verser cette coupe, de génération en génération. La coupe n’était pas en argent mais en verre, semblable à un grand verre à thé.
Le Rabbi la versait avant le Birkhat Hamazon. Il expliqua un jour que, ne sachant exactement à quel moment verser la coupe — avant ou après le Birkhat Hamazon — il la versait toujours avant, afin qu’Eliyahou arrivât en premier. Après le Birkhat Hamazon, la porte était ouverte, deux Chlou’him sortaient pour ouvrir simultanément la porte de la rue. Le Rabbi récitait alors « Chfokh ‘Hamatekha » avec une dévotion extraordinaire. Ceux qui se trouvaient proches entendaient le Rabbi réciter ce passage avec une dvéikoute — un attachement à D.ieu — d’une profondeur indicible. C’était peut-être la seule occasion de l’année où l’on pouvait percevoir le Rabbi en prière à voix presque audible, dans une communion totale.
Après la récitation du Hallel Hagadol et la fin du Birkat Hamazon, venait l’heure de reverser le contenu de la coupe d’Eliyahou dans la bouteille. Ce qui aurait pu prendre quelques secondes prenait… dix minutes. Le Rabbi versait de la coupe dans son verre, de son verre dans la bouteille, de la bouteille dans la coupe, de la coupe dans son verre — aller et retour, inlassablement. Ceux qui observaient comprenaient que c’était là un acte de service divin à part entière, une Avoda sublime dont le sens profond leur échappait mais dont la solennité était palpable. Pendant tout ce temps, on chantait des nigounim.
Le Hallel : la dvéikoute du Rabbi
La récitation du Hallel constituait un autre moment d’une intensité spirituelle unique. Le Rabbi récitait tout le Hallel avec un nigoun particulier, verset par verset : un verset dans une montée, le suivant dans une descente. Ses mains tenaient les accoudoirs de sa chaise, et ses mouvements, d’une légèreté infinie, laissaient percevoir l’état de dvéikoute dans lequel il se trouvait. Le « Hallel Hagadol » — « Hodu LaHachem Ki Tov, Ki Le’olam ‘Hassdo » — était récité sur le même nigoun, avec la même dévotion. Et jusqu’à « Nichmat Kol ‘Hai », le Rabbi maintenait le même mode de récitation. La fin du Nishmat était légèrement différente, car les phrases n’y suivent pas le rythme des versets.
En règle générale, le Rabbi terminait en même temps que le récitant officiel, qui lui-même récitait lentement. Une fois, le récitant termina avant le Rabbi, et tous entendirent la voix du Rabbi seul, en pleine récitation. Comme il est dit, ces choses-là sont impossibles à décrire. Quiconque les a vécues sait que la réalité de cette dvéikoute dépasse tout ce que les mots peuvent exprimer.
Après le Seder : la promenade nocturne vers la maison
Après le premier Seder, le Rabbi regagnait sa maison à pied, accompagné de tous les Temimim qui marchaient avec lui en chantant. Le trajet était toujours le même : sortant par la porte principale de 770, le Rabbi prenait la direction de Brooklyn Avenue, tournait à gauche jusqu’à President Street, traversait la rue, puis longeait President Street jusqu’en face de sa maison, traversait une dernière fois, et une fois parvenu à la porte, se retournait vers les élèves et leur adressait un dernier regard chaleureux. Ainsi se terminait chaque première nuit de Pessa’h.
Une fois seulement, en toutes ces années, le Rabbi prit une direction inhabituelle et se dirigea vers Union Street. Les élèves ne comprenaient pas ce qui se passait. C’est alors que la Rebbetzin apparut et marcha aux côtés du Rabbi. Ils rentrèrent ensemble par Union Street jusqu’à la maison. Ce fut la seule fois. Tout se fit dans un silence recueilli.
Le second soir : Farbrenguen et enseignements hassidiques
Le soir du second Seder était différent. Dans les années où le Rabbi prenait encore ses repas dans l’appartement du Rabbi précédent, il y récitait après le Seder des commentaires approfondis sur la Haggada, puis descendait vers une heure du matin dans le Beth Hamidrasch pour un Farbrenguen — un Farbrenguen particulier, sans « Le’haïm », car il est impossible de boire de l’alcool après l’Afikoman. C’était donc un Farbrenguen de si’hoth entrecoupées de nigounim, et il durait généralement jusqu’à quatre heures du matin.
Lors de ces Farbrenguen de la nuit d’A’haron Chel Pessa’h, le Rabbi abordait les sujets les plus profonds de la pensée ‘hassidique. C’est lors de l’un de ces Farbrenguen que fut discutée — après avoir été posée au Seder — la question de la différence entre la formulation du Passouk et celle de la Michna concernant les quatre coupes et les quatre expressions de la délivrance. Un élève avait remarqué la divergence, l’avait soumise au secrétaire pour qu’il la pose au Rabbi, et ce dernier donna lors du Farbrenguen une si’ha d’une grande profondeur sur le sujet — si’ha qui fut par la suite publiée dans le Likouteï Si’hoth.
Une demande bouleversante
Une nuit, après la fin du Seder, le secrétaire Rav Chemouel-Grinom s’approcha du Rabbi, tremblant, et lui demanda avec des supplications sincères d’être inclus dans le cercle des Rebbéïm — autrement dit, de bénéficier des mêmes mérites spirituels que les Rebbéïm de Habad. Le Rabbi lui répondit en yiddish : « Nous avons fait le Seder ensemble — de même que nous mangerons ensemble le Korban Pessa’h à la Guéoula. »
Ces mots, simples en apparence, portaient en eux une promesse de rédemption personnelle et collective. Ils rappellent que chaque Seder accompli avec ferveur, chaque geste accompli avec dvéikoute, chaque larme versée à l’heure du Maror, n’est pas seulement un acte de mémoire — c’est un acte de préparation à la Guéoula complète et véritable, que nous méritions de vivre bientôt.
Que nous ayons le mérite de voir le Rabbi célébrer encore le Seder en présence de toute la communauté d’Israël, avec la venue du Machia’h. Pessa’h Kacher Véssameah’h à tous !
Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson était le petit fils de Rabbi Schneor Zalman de Lady (fils de sa fille Devorah Léah) et le gendre de son fils l’Admour Haemtsaï, Rabbi Dov Ber.
Rabbi Mena’hem Mendel est né de Rabbi Chalom Schakhna le 29 Eloul 5549 (1789). A un très jeune âge, il commença à étudier chez le père de sa mère Rabbi Schneor Zalman, le premier Admour des ‘hassidim de Loubavitch. Ayant constaté que son petit-fils était destiné à la grandeur, le grand-père se consacra à lui et le surveillait comme la prunelle de son œil. Il était heureux du développement de son petit-fils, et lui enseigna le meilleur de sa Torah.
Un jour, le grand-père, auteur du Tanya, le vit jouer avec d’autres garçons. Ils avaient mis une planche en diagonale et jouaient à qui monterait sur la planche et arriverait au sommet. Tout le monde courait, montait sur la planche et avant d’arriver à la moitié, trébuchait et tombait. Le petit Mendele courut, monta sur la planche et arriva au sommet.
Le grand-père, qui était présent, lui demanda : «Mendele, pourquoi as-tu mieux réussi que les autres ?» «C’est très simple, répondit l’enfant. Ils sont montés sur la planche avec les yeux en bas, vers la terre, ils ont vu comme ils étaient haut, ils ont eu le vertige, ils ont trébuché et ils sont tombés. Moi je suis monté sur la planche avec les yeux tournés vers le haut, vers le ciel. J’ai vu comme j’étais petit, j’ai mis toutes mes forces et je suis monté jusqu’à arriver tout en haut de la planche.»
Jusqu’à l’âge de la bar mitsvah, il n’étudia que la Torah révélée, et ensuite, sur le conseil de son grand-père, il entreprit également l’étude de la Torah cachée.
A l’âge de quinze ans, son illustre grand-père le chargea de diverses tâches pour le bien de la communauté. Il lui enseigna à être ordonné dans son travail, et lui disait :
«Mendele, il faut travailler pour être ordonné plus dur que pour être érudit, car l’ordre est l’un des principes de base de tout ce qui concerne le savoir et la qualité du caractère.»
Et le petit-fils ne déçut pas son grand-père. A un très jeune âge, il commença à écrire des commentaires, dont son grand-père lui faisait de grands compliments. Sur son conseil, il épousa la fille de Rabbi Dov Ber, le fils du Rabbi, connu parmi les ‘hassidim sous le nom de Admour Haemtsaï (« le Admour intermédiaire»).
Le Ohel du Tsemah Tsedek et du Rabbi Maharach
Après son mariage, il vécut chez son beau-père en étudiant la Torah et la ‘hassidout dans la sainteté et la pureté. C’est à cette époque-là, racontait Rabbi Mena’hem Mendel, que j’ai appris de mon grand-père à mettre toute ma confiance dans les tsaddikim. Voici ce qui s’était passé: Un jour, Rabbi Schneor Zalman, lui avait demandé : «Mendele, dis-moi de combien est ta dot ? – Deux mille roubles, répondit Rabbi Mena’hem Mendel. – Et que penses-tu faire avec cet argent? lui demanda de nouveau Rabbi Schneor Zalman. – Je vais le donner à un riche de confiance et je gagnerai un peu dessus, répondit le petit-fils. Le grand-père reprit : – Qu’est-ce que cela fait qu’il soit maintenant riche, il se peut qu’au bout de quelque temps il devienne pauvre. Je te conseille de mettre l’argent dans cette boite, la boite de tsedakah, le capital et les bénéfices seront tous en sécurité.»
Rabbi Mena’hem Mendel s’esquiva de la chambre de son grand-père et donna l’argent à un homme très riche et de grande confiance. Au bout de quelques mois, celui-ci perdit son argent et devint très pauvre.
Un jour, le grand-père lui demanda : «Mendele, dis-moi, combien as-tu gagné avec ton argent?» Le petit-fils lui raconta la vérité sur ce qui était arrivé. Alors le grand-père lui dit : «Pourquoi ne m’as-tu pas écouté, quand je t’ai conseillé de donner ton argent à la tsedakah? Pourquoi n’as-tu pas eu plus de confiance dans les paroles de ton Rav qu’un simple juif? Et le grand-père continua à raconter : Un jour, je suis parti de Mezritch et je me suis arrêté en route dans une auberge. Le propriétaire était un homme vieux, honnête et droit. Je lui ai demandé depuis quand il vivait dans cette auberge, et il m’a répondu : plus de cinquante ans. Je lui ai dit: Y a-t-il ici dix juifs pour prier avec un minyan? – Non, répondit-il. Je lui ai dit: «Comment un juif peut-il prier toute sa vie dans la solitude sans jamais entendre la kedouchah et barekhou? Pourquoi ne venez-vous pas vous installer en ville? Ce juif me répondit: Rabbi, ici j’ai ma subsistance, qu’est-ce que je ferais en ville? Je lui ai dit: Si le Saint béni soit-Il nourrit tous les juifs de la ville, il vous nourrira aussi. Et j’ai ajouté : « Sachez que je suis l’élève de notre grand maître Rabbi Dov de Mezritch.»
Au bout d’une demi-heure, j’ai vu des charrettes remplies de toutes sortes d’objets. J’ai demandé: Qu’est-ce que c’est? Le vieux m’a répondu: J’ai fait comme le Rav m’a dit.» Et le Rav ajouta à l’adresse de son petit-fils : «Considère qu’à ce moment-là j’étais jeune, mais quand il a entendu que j’étais l’élève du Rabbi de Mezritch, sans prendre le temps de réfléchir il est allé s’installer en ville. Et toi, tu as entendu de moi qu’il était possible que tu perdes ton argent, et tu ne m’as pas cru.»
Après la mort de son oncle et beau-père, l’Admour Haemtsaï , il refusa de prendre sur lui la direction des ‘hassidim de ‘Habad, car c’était une lourde tâche, et il voulait être un simple ‘hassid comme tous les autres. Voici ce que raconte sur lui son fils Rabbi Chemouël : «Un jour, Rabbi Chemouël est rentré chez son père le «Tsema’h Tsédek» et l’a trouvé en train de marcher dans sa chambre, une profonde douleur inscrite sur le visage. Il eut peur, croyant qu’un malheur s’approchait. A sa question, son père répondit :«Il y a aujourd’hui cinquante ans depuis ma dernière réunion de ‘hassidim. J’avais alors vingt ans, et le lendemain mon grand-père m’a appelé, il m’a parlé du verset «A partir de vingt ans», et il m’a donné sa bénédiction que je réussisse dans l’écriture de commentaires de la Torah, révélée et cachée. Depuis, à chaque réunion où j’étais présent, on m’a honoré d’abord en tant que petit-fils du Admour, puis comme gendre du Admour Haemtsahi. Et depuis que j’ai pris sur moi le joug de la direction des ‘hassidim, il y a une trentaine d’années, je n’ai plus connu le goût d’une réunion de ‘hassidim, c’est cela qui me donne beaucoup de peine.» Et des larmes roulaient de ses yeux.
Mais sous l’influence de ses proches, il assuma la responsabilité des ‘hassidim après la mort de son beau-père. De près et de loin, on venait le trouver pour boire avidement ses paroles. Rabbi Mena’hem Mendel se faisait beaucoup de souci pour ses ‘hassidim. Il acheta un terrain, fonda le village de Chtsedrin et y installa beaucoup de juifs. Son nom se répandit dans le monde entier, et de tous les coins de la diaspora on s’adressait à lui avec des questions. Bien qu’il ait été surchargé de travail, il ne cessa jamais d’y répondre. Il rassembla toutes ses explications halakhiques dans son livre de responsa «Tsema’h Tsédek», en quatre parties.
En 5608 (1848), il fut invité à Saint-Petersbourg à une réunion organisée par le ministre de l’éducation russe, le prince Obrov, qui voulait faire accepter aux rabbanim que les enfants d’Israël apprennent la langue russe et les matières générales. Rabbi Mena’hem Mendel était déterminé à s’opposer à ce que les enfants d’Israël fassent des études générales, et craignant que son attitude ne lui coûte la vie, il emporta avec lui son linceul. Mais son mérite le protégea, il rentra en paix et sortit en paix.
En 5615 (1855), des opposants le dénoncèrent, et sa maison fut placée sous surveillance des autorités. Il alla alors lui-même trouver le gouverneur de la région, qui lui promit de ne pas prêter attention aux délateurs.
En 5620 (1860), il tomba malade et ne guérit plus jusqu’au jour de sa mort le 13 Nissan 5626 (1866). Il avait soixante dix-sept ans quand son âme le quitta dans la ville de Loubavitch. Il ordonna de ne graver sur la tombe aucun titre de gloire, mais uniquement qu’il avait contribué au repentir de beaucoup de gens. Son fils, Rabbi Chemouël, le Maharach prit sa place.
Ce fut là le présent dédicatoire de l’autel, offert, lors de son onction, par les phylarques d’Israël : douze écuelles d’argent, douze bassins d’argent, douze coupes d’or. Chaque écuelle d’argent, cent trente sicles, et chaque bassin, soixante-dix : poids total de l’argent des vases, deux mille quatre cents sicles, au poids du sanctuaire. Douze coupes d’or, pleines de parfum, chaque coupe dix sicles, au poids du sanctuaire : total de l’or des coupes, cent vingt sicles. Somme du gros bétail pour holocauste : douze taureaux ; de plus, douze béliers, douze agneaux d’un an, outre leur oblation, et douze jeunes boucs pour expiatoire. Somme du gros bétail pour le sacrifice rémunératoire : vingt-quatre taureaux ; de plus, soixante béliers, soixante boucs, soixante agneaux âgés d’un an. Ainsi fut inauguré l’autel, après avoir été oint. Or, quand Moïse entrait dans la tente d’assignation pour que Dieu lui parlât, il entendait la voix s’adresser à lui de dessus le propitiatoire qui couvrait l’arche du statut, entre les deux chérubins, et c’est à elle qu’il parlait. L’Éternel parla à Moïse en ces termes : « Parle à Aaron et dis-lui : Quand tu disposeras les lampes, c’est vis-à-vis de la face du candélabre que les sept lampes doivent projeter la lumière. » Ainsi fit Aaron : c’est vis-à-vis de la face du candélabre qu’il en disposa les lampes, comme l’Éternel l’avait ordonné à Moïse. Quant à la confection du candélabre, il était tout d’une pièce, en or ; jusqu’à sa base, jusqu’à ses fleurs, c’était une seule pièce. D’après la forme que l’Éternel avait indiquée à Moïse, ainsi avait-on fabriqué le candélabre.
הילולא של כ »ק ה »צמח צדק ». נסתלק שנת תרכ »ו בליובאוויטש, ושם מנוחתו כבוד [=קבורתו].
מספורי אאזמו »ר [המהר »ש]: הצ »צ התחיל לכתוב נגלה ודא »ח בהיותו בן שתים עשרה שנה.
Hilloula du Tséma’h Tsédek, qui quitta ce monde en 5626 (1866) à Loubavitch, où il fut enterré.
Voici l’une des histoires de mon grand-père (le Rabbi Maharach): Le Tséma’h Tsédek commença à rédiger des dissertations érudites sur le Talmud et des commentaires de la ‘Hassidout à l’âge de douze ans.