Chaque année, la nuit du Séder de Pessa’h constitue le temps fort du calendrier juif, une soirée où chaque famille revit symboliquement la sortie d’Égypte à travers un rituel précis et chargé de sens. Ce guide, édité par le Beth Loubavitch de Paris 3ème EST sous la responsabilité du Rav Meïr Chlomo Lubecki, présente les quinze étapes essentielles du Séder, accompagnées de leur contenu et des bénédictions correspondantes. Il constitue un aide-mémoire complet pour que chacun puisse conduire cette nuit extraordinaire avec sérénité et kavana.
Ce qu’il faut préparer avant le Séder
Avant même que la nuit ne commence, une préparation soigneuse du plateau du Séder est indispensable. Il convient de réunir, pour chaque convive, environ une demi-Matsa Chmoura ronde, pétrie et cuite à la main, ainsi qu’une quantité de vin ou de jus de raisin suffisante pour remplir quatre verres de 8,6 centilitres chacun.
On disposera également du Maror — salade romaine et raifort râpé —, des légumes tels que pomme de terre bouillie, céleri ou oignon avec de l’eau salée, ainsi que du ‘Harosset, mélange de pommes, poires, noix et vin. Complètent le plateau : un œuf dur, un cou de poulet rôti réservé uniquement à la présentation (il ne sera pas mangé), et de la nourriture pour le repas de fête.
À noter que le plateau du Séder peut être n’importe quel plat, y compris une assiette en plastique. Celui qui conduit le Séder utilisera les éléments du plateau tout au long de la cérémonie, mais il est recommandé que les autres convives disposent eux aussi de ces éléments. On posera trois Matsot empilées l’une sur l’autre durant toute la soirée. Pour celui qui ne peut pas participer à un Séder complet, la règle minimale est de manger au moins une demi-Matsa Chmoura et de boire les quatre verres de vin ou de jus de raisin.
Les quinze étapes du Séder
Le Séder de Pessa’h se déroule en quinze étapes, chacune dotée d’un nom hébreu et d’un contenu précis. En voici le déroulement complet.
1 — Kadech : on récite le Kidouch tel qu’il figure dans la Haggada, puis on boit le premier verre de vin ou de jus de raisin en s’inclinant sur le côté gauche. La bénédiction est : Barou’h Ata Ado-naye Élo-hénou Mélè’h Haolam Boré Pri Haguafène.
2 — Oure’hatz : on se lave les mains en versant de l’eau à partir d’un récipient, trois fois sur la main droite et trois fois sur la main gauche. Aucune bénédiction n’est prononcée à ce stade.
3 — Karpass : on trempe un petit morceau de légume (pomme de terre, céleri ou oignon) dans l’eau salée et on récite la bénédiction suivante, en ayant à l’esprit qu’elle vaudra également pour le Maror : Barou’h Ata Ado-naye Élo-hénou Mélè’h Haolam Boré Pri Haadama.
4 — Ya’hatz : on brise la Matsa du milieu en deux morceaux inégaux. Le plus grand morceau est conservé pour servir d’Afikomane à la fin du repas, tandis que le plus petit est remis à sa place sur le plateau.
5 — Magguid : c’est le cœur narratif du Séder. L’enfant — ou le plus jeune des convives, suivi de tous les autres — pose les quatre questions (Ma Nichtana). On lit alors dans la Haggada la merveilleuse histoire de la libération de nos ancêtres de l’esclavage en Égypte. On boit ensuite le deuxième verre de vin ou de jus de raisin en s’inclinant sur le côté gauche : Barou’h Ata Ado-naye Élo-hénou Mélè’h Haolam Boré Pri Haguafène.
6 — Ra’htsa : on se lave à nouveau les mains, trois fois sur la main droite et trois fois sur la main gauche, en prononçant cette fois la bénédiction : Barou’h Ata Ado-naye Élo-hénou Mélè’h Haolam Achère Kidechanou Bemitsvotav Vetsivanou Al Netilat Yadayim.
7 — Motsi : on prononce la bénédiction Hamotsi sur le pain : Barou’h Ata Ado-naye Élo-hénou Mélè’h Haolam Hamotsi Lé’hem Mine Haaretz.
8 — Matsa : on prononce la bénédiction propre à la Matsa — Barou’h Ata Ado-naye Élo-hénou Mélè’h Haolam Achère Kidechanou Bemitsvotav Vetsivanou Al A’hilat Matsa —, puis on mange au moins une demi-Matsa Chmoura en s’inclinant sur le côté gauche.
9 — Maror : on récite la bénédiction — Barou’h Ata Ado-naye Élo-hénou Mélè’h Haolam Achère Kidechanou Bemitsvotav Vetsivanou Al A’hilat Maror —, puis on mange au moins 19 grammes de salade romaine et de raifort.
10 — Korè’h : on confectionne un sandwich de Matsa et de Maror (salade romaine et raifort), qu’on trempe dans le ‘Harosset. On lit dans la Haggada le passage correspondant, intitulé Korè’h, puis on mange ce sandwich en s’inclinant sur le côté gauche.
11 — Choul’hane Orè’h : on prend le repas de fête. Il est de coutume de commencer ce repas avec l’œuf dur du plateau, trempé dans l’eau salée.
12 — Tsafoun : on mange l’Afikomane — le morceau de Matsa mis de côté en début de soirée — en s’inclinant sur le côté gauche. Il est de coutume de ne plus rien manger ni boire après l’Afikomane.
13 — Béra’h : on verse le troisième verre et on récite le Birkat Hamazone (Grâce après les repas) tel qu’il figure dans la Haggada, puis on boit le troisième verre en s’inclinant sur le côté gauche : Barou’h Ata Ado-naye Élo-hénou Mélè’h Haolam Boré Pri Haguafène. On verse ensuite le quatrième verre, ainsi que le verre d’Éliahou Hanavi (le prophète Élie).
14 — Hallel : on récite les Psaumes de louange inscrits dans la Haggada, puis on boit le quatrième verre de vin en s’inclinant sur le côté gauche : Barou’h Ata Ado-naye Élo-hénou Mélè’h Haolam Boré Pri Haguafène.
15 — Nirtsa : le Séder s’achève par cette prière adressée à D.ieu : « Lé’chana Habaa Birouchalayim ! » — L’an prochain à Jérusalem ! Puissions-nous mériter de célébrer Pessa’h tous ensemble à Jérusalem avec notre juste Machia’h !
Un document édité par le Beth Loubavitch de Paris
Ce guide pratique a été élaboré et diffusé par le Beth Loubavitch Paris 3ème EST, sous la responsabilité du Rav Meïr Chlomo Lubecki. Pour toute information complémentaire, on peut le contacter au 06 66 90 73 60 ou par courriel à l’adresse [email protected].
















