Sur la voie de Chalom – La vie et le parcours du hassid Rav Chalom Pozner (première partie)

Sur la voie de Chalom – La vie et le parcours du hassid Rav Chalom Pozner (première partie)

 

Descendant d’une illustre lignée remontant jusqu’au Maharal de Prague, Rav Chalom Pozner traversa les tourmentes de la Russie soviétique et les années de formation spirituelle à Loubavitch avant de s’établir en Terre Sainte, puis aux États-Unis, où il devint l’un des grands bâtisseurs du mouvement Habad en Amérique. Sa vie entière fut marquée par un dévouement absolu au Rabbi, une humilité singulière et une joie intérieure rayonnante qui sut toucher le cœur de chacun de ses centaines d’élèves. Ce premier volume retrace son parcours depuis sa naissance en 1902 dans la bourgade d’Abatourin, en Ukraine, jusqu’à son émigration aux États-Unis en 1930 (5690).

 

 

Chapitre premier
La famille Pozner

Les origines de la famille Pozner

La lignée de la famille Pozner prend sa source dans la figure de Rabbi Moché de Pozna, qui présida la communauté de la ville de Pozna et joua un rôle déterminant dans la vie juive de Pologne. Rabbi Moché était un descendant direct du Maharal de Prague (Rabbi Yehouda Leïvai ben Betsalel), et c’est de lui que le nom de la ville de Pozna fut transmis comme nom de famille, attestant de l’illustre ascendance de cette lignée.

L’un des fils de Rabbi Moché était Rabbi Chneur Zalman Pozner, qui était le père de Rabbi Israël Barou’h, lui-même père de notre grand maître, l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Aroukh.

Un détail historique fascinant se révèle dans les noms de famille des enfants de Rabbi Barou’h. Tandis que l’Admour Hazaken adopta le nom de famille Borokhovitch (du nom de son père, Rabbi Barou’h), ses frères — le saint Rav Yehouda Leïb (le Maharil de Minovitch), auteur du « Chérit Yehouda », le saint Rav Morde’haï Pozner, rav de la ville d’Orcha, et le saint Rav Moché Pozner, rav de la ville de Lyozna — choisirent de conserver le nom de famille originel : Pozner.

De génération en génération, leurs descendants s’établirent à travers les vastes étendues de la Russie blanche, portant fièrement le nom de Pozner — témoignage vivant de leur berceau familial et de leur lien avec le fondateur du ‘Hassidisme.

Une tradition transmise dans la famille depuis des générations affirme que la famille de Rav Chalom Pozner — le sujet de cet ouvrage — descend en ligne directe de Rav Morde’haï Pozner, le frère de l’Admour Hazaken. Cette affirmation n’a cependant pas encore été établie ni clarifiée avec pleine certitude.

D’après des recherches menées dans diverses archives historiques, la généalogie de la famille se présente comme suit : Yehouda Leïb Pozner est le fils de Chalom, fils d’Its’hak Zalman, fils de Zoucha, fils d’Aharon Ber, fils d’Its’hak Zalman (Its’he), fils de Teva (Toviya), fils de Berl.

Zoucha Pozner

Le premier ancêtre de la famille sur lequel nous disposons de quelques informations est Zoucha Pozner. Dans l’ouvrage « Zikhron Libnei Israël », Rav Jacobson mentionne Rav Zoucha et indique qu’il naquit vers 5618 (1858) dans l’une des bourgades de la Russie blanche, de son père Rav Aharon Ber et de sa mère Lipcha Riva, de la famille Lévi. Rav Zoucha vivait dans la bourgade de Blinits, dans le district de Moghilev, dans l’est de la Biélorussie, sur les rives du fleuve Drout. Rav Jacobson le décrit, lui et toute sa famille, comme des gens d’un heureux naturel, et écrit à son sujet : « Men benkt zi’h no’h dem tip yid » (on aspire à retrouver ce type de Juif).

Rav Zoucha épousa Madame Kénya, de la famille Drouffine, et eurent sept enfants. Rav Zoucha s’éteignit dans un bel âge aux États-Unis, le 27 Sivan 5693 (1933), ayant eu le bonheur de voir ses arrière-petits-enfants. Il est inhumé aux États-Unis.

Its’hak Zalman Pozner

Le fils de Rav Zoucha était Rav Its’hak Zalman Pozner, né vers 5630 (1870). Rav Jacobson, qui le connaissait personnellement, le décrivit en ces termes : « Un homme de bon goût, hassidique et craignant D.ieu. » Il fut assassiné à l’âge d’environ 55 ans par des émeutiers antisémites en 5685 (1925) et fut inhumé en Biélorussie (voir plus loin).

L’émigration de la famille aux États-Unis

En 5641 (1881), des pogroms éclatèrent en Russie, connus plus tard sous le nom de « Soufot Banéguev » (les tempêtes du sud). Ces pogroms se déroulèrent dans le sud de la Russie (Ukraine) et comprirent des actes de meurtre, de pillage et de brigandage contre de nombreux Juifs. À leur suite, de vastes vagues d’émigration depuis la Russie et d’autres pays d’Europe de l’Est vers les États-Unis commencèrent.

En 5645 (1885), Rav Zoucha et sa famille décidèrent de traverser l’océan pour s’établir aux États-Unis. À ce voyage se joignirent également les frères de Rav Zoucha, ainsi que son père, Rav Aharon Ber Pozner. La famille s’établit aisément dans le nouveau pays. L’un des frères de Rav Zoucha déposa un brevet particulier pour la fabrication de chaussures qui portèrent son nom, les « Pozner’s Shikh » (chaussures Pozner), et s’enrichit considérablement. Les autres frères jouissaient également d’une bonne situation financière.

Sur le plan spirituel, en revanche, une régression se produisit chez certains membres de la famille. Aucun des frères ne conserva sa barbe, à l’exception de Rav Zoucha et de son fils, qui furent les seuls à le faire.

Le retour en Russie

Rav Its’hak Zalman rejoignit son père qui avait émigré aux États-Unis et prit lui aussi le bâton du voyageur pour s’établir dans le nouveau pays. Aux États-Unis, il subvint à ses besoins en travaillant comme chochet.

Tandis que sa famille s’enracinait dans cette « terre des possibilités illimitées » en y implantant ses racines, Rav Its’hak Zalman y percevait de formidables défis spirituels. En réalité, lui et son père étaient les seuls Juifs dans leur entourage à avoir conservé leur barbe sans y renoncer. Son cœur ne trouvait pas la paix dans un endroit où l’observance de la Torah et des Mitsvot se heurtait à des difficultés aussi considérables. Dans une décision courageuse et hors du commun pour l’époque, il résolut de laisser derrière lui sa famille et sa prospérité matérielle pour retourner en Russie.

À son retour en Russie, il retrouva son ami Rav Jacobson et lui expliqua les raisons de ce retour, évoquant l’hostilité extrême qui régnait aux États-Unis envers le port de la barbe, au point que des adolescents pouvaient jeter des pierres et des boules de neige sur tout Juif qui en portait une.

L’installation à Abatourin

Rav Its’hak Zalman établit son foyer dans la bourgade d’Abatourin, dans le district de Tcherniguiv, sur les rives de la rivière Seïm. Abatourin, à cette époque, était un vivier hassidique, proche des centres Habad de Tcherniguiv et de Niéjine. Elle était également fortement influencée par le bastion Habad de renom de la ville voisine d’Homel. C’est là, au cœur de l’atmosphère enracinée du shtétl, qu’il établit son foyer avec son épouse, Madame Sonya.

Rav Its’hak Zalman gagnait sa vie grâce à une épicerie dont il était propriétaire dans la bourgade. Deux fois par mois, il se rendait à Homel pour acheter diverses marchandises, qu’il revendait ensuite dans sa bourgade. Au fil de ces voyages, il se lia d’amitié avec Rav Israël Jacobson, qu’il avait coutume de visiter lorsqu’il venait à Homel. Rav Jacobson l’aidait parfois à se procurer les marchandises qu’il souhaitait obtenir.

Il existe une version différente selon laquelle Rav Its’hak Zalman aurait résidé, du moins pendant une partie du temps, dans la bourgade de Koroff, proche d’Abatourin (à environ 30 km).

Assassiné par des émeutiers

En 5685 (1925), lors d’un des voyages de Rav Its’hak Zalman à Homel pour acheter des denrées alimentaires pour sa boutique, il entra rendre visite à son ami Rav Jacobson pour lui faire ses adieux. C’était un jeudi, et Rav Jacobson le pressa de rester pour le Chabbat, puis de rentrer chez lui seulement après. Rav Its’hak Zalman ne s’attarda pas à ses insistances, arguant qu’il devrait revenir à Homel la semaine suivante et souhaitait donc passer ce Chabbat chez lui avec sa famille. Les deux amis se firent leurs adieux et Rav Its’hak Zalman prit la route.

Il prit le train depuis Homel et descendit à la gare de Makachin, sur les rives de la rivière Desna, où il monta à bord d’un vapeur qui naviguait vers le sud, en direction de la région de Tcherniguiv et de la bourgade d’Abatourin. Le vendredi matin, une bande d’émeutiers antisémites « blancs » — opposants aux bolcheviques — s’empara du bateau. Les émeutiers jetèrent 13 passagers juifs dans les profondeurs du fleuve, déclarant que tous les Juifs étaient des bolcheviques. Parmi les victimes se trouvait également Rav Its’hak Zalman.

La terrible nouvelle parvint à son fils Chalom. Le cœur brisé et bouillonnant de douleur, Chalom se précipita sur les rives du fleuve. Pendant trois jours et trois nuits, il se tint au bord de l’eau, les yeux scrutant le courant. Au troisième jour, le corps de son père émergea à la surface ; Chalom retira son père des eaux et lui procura une sépulture selon les rites.

 

Chapitre deux
Ses années de jeunesse
(5662-5685 / 1902-1925)

Sa naissance

Rav Chalom Pozner naquit dans la bourgade d’Abatourin, dans le district de Tcherniguiv, le 12 Hechvan 5662 (1902), de Rav Its’hak Zalman Pozner et de son épouse Madame Sonya. Il passa son enfance dans les ruelles de la bourgade, à l’ombre de son père hassid.

À la Yéchiva de Ramen

Dans la bourgade de Ramen, dans le district de Poltava, fut ouverte une antenne de la Yéchiva Tomchei Tmimim de Loubavitch. Cette antenne était destinée principalement aux jeunes gens originaires de Ramen, ainsi qu’aux jeunes qui n’avaient pas été admis à la Yéchiva de Loubavitch, ou à ceux qui étaient encore éloignés de la voie du ‘Hassidisme Habad. Parmi les étudiants de cette Yéchiva figuraient notamment le Rav ‘Ha’h Saadia Liberov, le Rav ‘Ha’h Perets Moutchkine, le Rav ‘Ha’h David Akounow, le Rav ‘Ha’h ‘Haïm Valvik, et d’autres encore. La Yéchiva ferma ses portes à l’été 5688 (1928) en raison des persécutions communistes.

En 5673 (1913), Chalom commença ses études à la Yéchiva de Ramen. Son père, Rav Its’hak Zalman, souhaitant que son fils Chalom reçût une éducation juive sans compromis, l’envoya étudier à la Yéchiva de Ramen, proche d’Abatourin, alors qu’il n’avait que 10 ans.

À la tête de la Yéchiva officiait le célèbre hassid Rabbi Its’hak Horowitz (« Its’he der Mitmid »), et le jeune Chalom eut le privilège d’étudier à l’ombre de ce Machpia’ renommé. En raison de ses années d’études à Ramen, il fut surnommé parmi ses condisciples de la Yéchiva de Loubavitch « Chalom Ramenner ». Ce surnom lui resta attaché, et c’est ainsi qu’il fut connu dans les rangs des nombreux hassidim de Habad.

Rav Chalom étudia à la Yéchiva de Ramen pendant environ deux ans, jusqu’à ce que le Machpia’ Rav Its’he der Mitmid l’emmenât à Loubavitch, où il entra alors pour étudier à Tomchei Tmimim de Loubavitch.

« Je me fie à Rav Its’he, l’éducateur de Chalom »

Rav Its’he avait coutume d’amener de temps en temps des jeunes gens de la Yéchiva de Ramen à Loubavitch, et à l’été 5678 (1918), il emmena également le jeune Chalom à la Yéchiva centrale de Loubavitch. La règle en vigueur à Loubavitch voulait que tout jeune arrivant à la Yéchiva fût d’abord examiné sur ses connaissances, puis soumis à un entretien devant le directeur effectif de la Yéchiva — le Rabbi Rayatz — portant sur sa conduite et sur des questions similaires, comme le moment où il avait commencé à porter la kippa et le tsitsit.

Rav Chalom raconta à ce sujet : « Le Rabbi ne m’a pas examiné ! Il a vraisemblablement fait confiance à Rav Its’he : si c’est lui qui m’a amené, c’est que je suis fait pour Tomchei Tmimim. » Le Rabbi Rayatz s’exprima également en ces termes : « Je me fie à Rav Its’he, l’éducateur de Chalom. »

À Tomchei Tmimim de Loubavitch

Rav Chalom entra à la Yéchiva de Loubavitch à l’été 5675 (1915) et y demeura dans son enceinte pendant une dizaine d’années, jusqu’en 5685 (1925). Ces années marquèrent indubitablement son caractère, bâtirent sa personnalité et lui conférèrent les forces et les fondations solides pour l’attachement à nos saints maîtres et chefs de génération.

L’estime que le Rabbi Rayatz portait à ce jeune élève était tout à fait exceptionnelle. Plus tard, lorsque son fils Its’hak Zalman se rendit en mission en France, les anciens hassidim lui racontèrent que lorsque le Rabbi Rayatz souhaitait citer un exemple de véritable Tamim, il désignait Rav Chalom et déclarait : « Chalom iz a Tamim » (Chalom est un Tamim).

D’après le témoignage de son fils Rav Zoucha, Rav Chalom étudia à la Yéchiva Tomchei Tmimim de Loubavitch aux côtés de ceux qui deviendraient ses meilleurs amis pour toutes les années suivantes : premièrement, Rav Zalman Chim’on Dvorkin, Mara d’Atra (autorité rabbinique) de Crown Heights ; deuxièmement, le Machpia’ de la Yéchiva Torat L’haïm de Brunoy, Rav Nissan Nemenov ; troisièmement, le hassid Rav ‘Haïm Zalman Kozliner.

Peu de temps après l’entrée de Rav Chalom à la Yéchiva, le Rabbi Rachab quitta Loubavitch en raison de la guerre qui faisait rage à l’époque et se rapprochait dangereusement de la bourgade, et s’installa à Rostov. La vie de la Yéchiva continua certes comme à l’accoutumée, mais l’absence du Rabbi se faisait profondément sentir.

Rav Chalom étudia à Loubavitch pendant environ deux ans, jusqu’à ce que la révolution bolchevique, survenue à Hechvan 5678 (1917-1918), contraignît la Yéchiva à quitter la bourgade de Loubavitch et à errer d’un endroit à l’autre. Les étudiants déambulèrent jusqu’à ce que la Yéchiva trouvât refuge à Krementchoug, où les jeunes gens demeurèrent de 5679 (1919) à 5680 (1920).

Errant avec la Yéchiva

Le 2 Nissan 5680 (1920), le Rabbi Rachab s’éteignit. Son fils, le Rabbi Rayatz, lui succéda. À la fin de l’été 5680 (1920), la directive du Rabbi parvint à la Yéchiva de quitter Krementchoug pour s’établir à Rostov. Peu à peu, les étudiants se rassemblèrent à Rostov et continuèrent à s’adonner à l’étude de la Torah et au service divin malgré d’immenses difficultés, les persécutions et une famine terrible.

Dans le livre « Rèchimot Dvarim », l’auteur relate l’épidémie de choléra qui sévissait à l’époque à Rostov : certains étudiants de la Yéchiva furent contaminés par la maladie, et plusieurs d’entre eux, parmi lesquels Rav Chalom, les soignèrent avec dévouement jusqu’à leur guérison. Voici la scène telle qu’elle est décrite : « Toute la journée, nous nous tenions debout, quatre élèves — Yehouda Khitrik, Chalom Poizner, Chneur Zalman Chim’on, et un quatrième dont je ne me rappelle plus le nom —, avec sur le feu du poêle, toute la journée, une grande marmite d’eau bouillante. Nous remplissions la baignoire d’eau bouillante et d’eau froide, de sorte que le malade ne se brûlât pas, et nous le plongions dans la baignoire. Puis nous remplissions aussitôt la marmite d’eau et la laissions chauffer sur le poêle. Après que la baignoire eut refroidi, nous en retirions le malade, et jusqu’à ce que la marmite fût à nouveau chaude, nous le frictionnions tout ce temps avec du dénatonium (une sorte de boisson alcoolisée). »

À la fin de l’année 5681 (1921), à la suite d’une délation contre la Yéchiva, le Rabbi Rayatz ordonna aux étudiants de quitter Rostov pour s’établir à Poltava. Les jeunes gens se rendirent effectivement à Poltava, tandis que les plus âgés partaient fonder des Yéchivot en différents endroits. Rav Chalom continua avec le groupe qui se rendit à Poltava.

Dans le livre « Rèchimot Dvarim », il est fait état de quatre étudiants qui se rendirent pour Roch Hachanah 5682 (1921) auprès du Rabbi Rayatz à Rostov, parmi lesquels Rav Chalom : « Pour Roch Hachanah 5682 (1921-1922), nous nous rendîmes auprès du Rabbi. Le voyage se fit en carriole attelée à des animaux et autres moyens similaires. Seulement quatre Tmimim firent ce voyage : Rav Zalman Chim’on Dvorkin, Yehouda Khitrik, Chalom Poizner et Ben Tsion Chem Tov. Le Rabbi s’enquit de notre alimentation et de notre condition. Pour le Chabbat et les jours de fête, nous étions reçus chez le Tamim généreux Rav Ye’hiel Tsvi Hirsch, que son souvenir soit béni, Gourari. » Après les fêtes de Tichri, les étudiants retournèrent à Poltava et continuèrent à y étudier.

La Yéchiva de Poltava survécut jusqu’à l’été 5683 (1923), et la situation y fut à peu près satisfaisante pendant quelques années, jusqu’à ce qu’à la suite d’une nouvelle délation, elle fût contrainte de fermer ses portes. Les étudiants se dispersèrent alors en différents groupes, le plus grand se rendant à Kharkov pour y fonder une Yéchiva.

Rav Chalom évoqua plus tard ces nombreuses pérégrinations : « La situation à la Yéchiva n’était pas simple ; nous souffrions de la faim, mais nous continuions à étudier. »

En plus de son zèle dans l’étude de la Torah, Rav Chalom travaillait au secrétariat de la Yéchiva. Dans le cadre de ce travail, il était impliqué dans la gestion du réseau clandestin des Yéchivot.

Les fiançailles

En 5685 (1925), alors qu’il séjournait à Rostov, Rav Chalom s’engagea avec sa future épouse, Madame Chaya, fille du célèbre hassid Rav Yehouda Leïb Zeitlin de la ville d’Homel. Les rencontres entre les deux futurs époux eurent lieu à Rostov. Les fiançailles furent proposées par le beau-frère de Chaya, le célèbre hassid Rav ‘Ha’h ‘Hotshe Feïgine, qui était marié à sa sœur Sacha. La mère de Chaya, Madame Rivka, était la fille de Rav Ichaïa Yossef et Dvora Rabbinovitch, de la bourgade de Tchérsk, dans le district de Tcherniguiv.

La mère de Chaya se trouvait déjà en Terre Sainte au moment des fiançailles, y ayant fait son alyah l’année précédente, en 5684 (1924), pour rejoindre ses deux fils qui y vivaient : ‘Haïm Avraham et Raphaël.

Peu de temps après les fiançailles, le père de Rav Chalom fut assassiné de manière cruelle par des émeutiers, comme relaté plus haut. Cet événement douloureux conforta dans le cœur de Rav Chalom la conviction que la Russie antisémite n’était plus un endroit où un Juif pouvait vivre. Il prit la résolution d’émigrer en Terre Sainte (« Palestine »), accompagné de sa toute jeune fiancée.

L’obtention du passeport

La principale difficulté était que Rav Chalom ne disposait pas de passeport, et pour obtenir un tel document, il fallait présenter une inscription régulière dans un lieu de résidence déterminé. Or, comme on peut l’imaginer, un étudiant de Yéchiva ayant vécu dans la clandestinité pendant toutes ces dernières années n’avait aucune possibilité de s’inscrire nulle part.

Madame Chaya, mettant sa vie en jeu, se rendit au poste de police de la ville d’Homel pour tenter d’expliquer que si son fiancé n’avait pas d’inscription régulière de résidence, ce n’était pas parce qu’il était un criminel ou un voleur, mais parce qu’il avait étudié dans une Yéchiva dans une autre ville. C’était un risque énorme que de tenir de tels propos dans un bureau gouvernemental, mais les jeunes fiancés n’avaient pas d’autre choix. Au premier bureau, on la renvoya à un second, puis à un troisième, et ce n’est que lorsqu’elle fut presque au bout du découragement que Madame Chaya arriva à un autre bureau, où siégeait un jeune fonctionnaire qui accueillit son récit favorablement et remit à son fiancé le passeport tant attendu.

 

Chapitre trois
La vie en Terre Sainte
(5686-5690 / 1926-1930)

L’installation à Balfouriya

En 5686 (1926) — ou en 5685 (1925) selon certaines sources —, après de nombreux efforts pour obtenir des visas de sortie de Russie soviétique, Rav Chalom et son épouse Chaya firent leur alyah en Terre Sainte et s’établirent dans la bourgade de Balfouriya, près d’Affoula, dans la vallée de Jizreel.

La bourgade avait été fondée en 5683 (1923) par l’association américaine « Kehilat Tsion », animée d’une vision ambitieuse d’y établir les soldats des bataillons hébraïques américains qui avaient combattu aux côtés des Britanniques pendant la Première Guerre mondiale.

Bien que le projet initial de créer une bourgade de soldats démobilisés n’eût pas abouti comme prévu, les terres ne demeurèrent pas en friche. Elles furent vendues à de nouveaux colons, hommes de labeur et d’esprit, qui firent de l’endroit une bourgade agricole prospère. Balfouriya, en ces années-là, était une mosaïque de personnalités, parmi lesquelles se distinguaient des figures hassidiques d’envergure, telles que le hassid Rav Na’houm Goldschmid et d’autres encore, qui insufflèrent dans la bourgade un parfum de Torah et de ‘Hassidisme.

Le frère de Chaya, Rav ‘Haïm Avraham, avait fait son alyah plusieurs années auparavant et était bien établi dans la bourgade de Balfouriya. La mère de Chaya, Madame Rivka, avait également fait son alyah en 5684 (1924) et demeurait chez son fils Rav ‘Haïm Avraham. Lorsque Rav Chalom et Madame Chaya arrivèrent en Terre Sainte en 5686 (1926), il alla de soi qu’ils se dirigent vers la bourgade de la vallée, à proximité de la ville d’Affoula en plein essor. En rejoignant le frère et la mère, ils ne faisaient pas que réunir la famille sous un même toit ; ils devenaient partie intégrante de l’aventure de la colonisation de la vallée de Jizreel. Dans l’atmosphère si particulière de Balfouriya, qui alliait travail de la terre et fidélité à la tradition des générations, Rav Chalom et Chaya entamèrent ce nouveau chapitre de leur vie en Terre Sainte.

Le mariage

Peu après leur arrivée, la cérémonie de la ‘Houpa eut lieu à Haïfa, officiée par un rav local. Madame Chaya décrivit plus tard comment ils se marièrent dans une solitude lumineuse, sans la présence de proches. La situation était si précaire que le rav dut rassembler des ouvriers dans la rue pour compléter le minyan nécessaire à la célébration de la ‘Houpa selon la loi de Moïse et d’Israël.

Au cours de la cérémonie, la jeune mariée fondit en larmes. Lorsque la femme du rav s’approcha d’elle pour lui en demander la raison, Chaya répondit que son cœur se brisait à l’idée que sa mère ne fût pas là pour se tenir à ses côtés en ce jour de mariage. La femme du rav lui dit alors : « Je serai pour toi une mère. » C’est ainsi que ce jeune couple fonda un foyer bâti sur une tradition familiale illustre et sur le dévouement à l’observance de la Torah et des Mitsvot (la famille Pozner, comme mentionné précédemment, et la famille Zeitlin, dont le frère de Chaya, Rav Aharon Eliezer (Leïzer), que son souvenir soit béni, donna sa vie pour la diffusion du judaïsme en Russie, et dont la sœur Sacha était l’épouse du secrétaire du Rabbi, Rav ‘Hotshe Feïgine, que son souvenir soit béni).

Le travail manuel

Les premiers jours du couple dans la bourgade de Balfouriya furent chargés de labeur. Rav Chalom, qui ne reculait devant aucune tâche difficile, s’occupa de la construction de routes sous un soleil de plomb. Ses mains, peu habituées au travail physique, étaient blessées et saignaient constamment, et lorsqu’il rentrait chez lui, son épouse lui pansait les mains.

Malgré la chaleur accablante qui régnait dans le pays et l’atmosphère pionnière qui l’entourait, Rav Chalom refusa de modifier quoi que ce soit à son apparence hassidique ni de renoncer au port du tsitsit (« tallit katan »). Un épisode de cette époque illustre de manière éloquente la puissance de son influence : par une journée de chaleur intense, Rav Chalom fut contraint d’ôter sa chemise en raison des exigences du travail, mais demeura enveloppé dans son tsitsit et coiffé de sa kippa. Il se tenait ainsi, brandissant son marteau sur les pierres avec ardeur, les fils de son tsitsit flottant dans le vent brûlant.

Soudain, il entendit une voix crier : « C’est ta faute ! » Rav Chalom se retourna vers la voix et vit devant lui un homme qui lui était totalement inconnu. En réponse à son étonnement quant au sens de cette accusation, il reçut une réponse stupéfiante :

« Je suis un Juif venu de Pologne par le mouvement « Hachaomer Hatzaïr » et je sentais que j’avais perdu tout lien avec le judaïsme. Je passais par hasard aujourd’hui à l’endroit où tu travaillais. Quand je t’ai vu — un Juif avec une barbe et des papillotes, peinant dans un labeur épuisant sans renoncer au moindre de ses principes, aussi bien à ce qui est léger qu’à ce qui est grave — j’ai réalisé qu’il était possible d’être un Juif craignant D.ieu même dans les conditions difficiles de ce pays. Grâce à toi, j’ai décidé de rester attaché à mon judaïsme. »

Tandis que Rav Chalom s’épuisait dans son dur labeur pour rapporter un peu de nourriture à la maison, Madame Chaya travaillait également à la vente de quelques produits alimentaires afin de contribuer modestement aux revenus de leur petit foyer.

Le Rabbi lui demande de travailler dans l’éducation

Rav Chalom écrivit au Rabbi Rayatz pour lui décrire sa situation et ses conditions de vie difficiles. Le Rabbi lui répondit qu’il ne convenait pas qu’un élève ayant étudié à Tomchei Tmimim de Loubavitch exerçât un tel travail. La teneur de la réponse était : « Ce n’est pas pour cela que tu as étudié à Tomchei Tmimim. » À la suite de la réponse du Rabbi, Rav Chalom quitta son emploi de cantonnier.

Le Rabbi Rayatz souhaitait que Rav Chalom s’engage dans l’enseignement dans l’une des Yéchivot Habad. Nous avons retrouvé deux lettres du Rabbi Rayatz dans lesquelles il demande aux responsables de Habad en Terre Sainte de trouver à Rav Chalom un poste d’enseignement dans l’une des Yéchivot Habad en Terre Sainte. La première lettre est adressée à Rav Ch.Z. Havlin, directeur de la Yéchiva Torat Emet à Jérusalem.

Dans une lettre du 2 Chevat 5686 (1926), le Rabbi lui écrit : « En ce qui concerne l’étudiant Monsieur Chalom Feïzner, j’ai pensé qu’il serait plus approprié qu’il soit impliqué dans l’encadrement d’élèves dans l’un des établissements, car il possède, grâce à D.ieu, de grandes qualités et connaît les principes essentiels de Tomchei Tmimim, et il est un excellent vecteur par lequel, avec l’aide du Tout-Puissant, une lumière bénéfique pourra éclairer de nombreuses personnes dans le cadre d’un enseignement ordonné. »

Dans une autre lettre du 17 Iyar 5687 (1927), adressée à Rav Azriel Zelig Slonime, responsable de Habad en Terre Sainte, le Rabbi écrit : « Et peut-être en cours de route trouvera-t-il un lieu approprié pour enseigner et superviser dans une Yéchiva, pour l’étudiant Tamim Rav Chalom, beau-frère du Rav Ye’hezkel Feïgine ; qu’il s’y emploie, car il recèle de grandes qualités et peut accomplir un bien réel dans l’enseignement, la supervision et l’orientation, avec crainte de D.ieu, sagesse et discernement. »

Rav Chalom déposa effectivement une candidature pour un poste d’enseignement à la Yéchiva Torat Emet à Jérusalem. Là, on lui proposa le poste d’un rav que l’établissement souhaitait congédier, mais il refusa, car il ne voulait pas prendre la place d’un rav qui avait été renvoyé de son poste.

Il existe des témoignages selon lesquels Rav Chalom enseigna effectivement pendant un certain temps à la Yéchiva Torat Emet à Jérusalem. Dans le livre « Le voyage du Rabbi en Terre Sainte », il est également mentionné que Rav Chalom résida un certain temps à Jérusalem, ce qui renforce l’hypothèse qu’il enseigna à la Yéchiva Torat Emet. Cependant, en dehors de ces sources, aucune autre confirmation n’a pu être trouvée.

L’installation à Rishon LeZion

En 5687 (1927), Rav Chalom s’installa dans la bourgade en plein développement de Rishon LeZion. Fondée en 5642 (1882), Rishon LeZion accueillit dès ses origines des hassidim de Habad, dont l’un des plus en vue était Rav Ché’hna Weiss.

Dans un premier temps, Rav Chalom travailla comme précepteur à Rishon LeZion. Ce fait cadre bien avec la réalité que, l’année précédente, en 5685 (1925), une antenne de la Yéchiva Torat Emet avait été ouverte à Rishon LeZion, après qu’une antenne eût déjà été fondée à Tel Aviv en 5684 (1924). Il est donc vraisemblable que Rav Chalom ait travaillé dans cette Yéchiva, ce qui s’accorde également avec le vœu du Rabbi Rayatz que Rav Chalom exerce un poste d’enseignement.

On trouve mention de cette antenne de la Yéchiva à Rishon LeZion dans la lettre du Rabbi Rayatz à Rav Ch.Z. Havlin du 2 Chevat 5686 (1926) : « Veuillez avoir l’amabilité de demander à notre ami, le directeur de la Yéchiva Torat Emet, qu’il me tienne informé plus régulièrement par écrit de la situation des études et de l’état de la Yéchiva sur le plan qualitatif. Et j’aimerais également recevoir des informations plus détaillées depuis Tel Aviv et Rishon LeZion. »

Nommé comme chochet

Après une courte période pendant laquelle il travailla comme précepteur, Rav Chalom fut nommé chochet de la bourgade de Rishon LeZion. Cela advint après que l’ancien chochet de la bourgade eut vieilli et souhaité quitter ses fonctions, sans vouloir pour autant laisser les habitants sans viande casher. Il chercha donc un remplaçant compétent et, au terme d’une brève recherche, trouva Rav Chalom, lui enseigna l’art de la che’hita, et Rav Chalom exerça longtemps la fonction de chochet, malgré les harcèlements qu’il essuya en raison de son appartenance au mouvement Habad.

Des années plus tard, lorsque le fils de Rav Chalom, Rav Zoucha, vint en Terre Sainte pour étudier à la Yéchiva de Rishon LeZion, il y rencontra un vieux Juif qui travaillait comme gardien de vergers et lui raconta avec étonnement qu’il se souvenait encore de son père, Rav Chalom, lorsqu’il vivait à Rishon LeZion et y exerçait la fonction de chochet. « « Chalom der chochet » — c’est ainsi qu’on l’appelait dans la bourgade à l’époque », raconta cet homme.

Dans cette bourgade naquit leur fils aîné, Its’hak Zalman (le 12 Kislev 5687 / 1926), prénommé ainsi en mémoire de son grand-père paternel, que son souvenir soit béni. Et un an plus tard naquit leur deuxième fils, Yehouda Leïb (Leïbel) (le Youd Aleph Nissan 5688 / 1928), prénommé ainsi en mémoire de son grand-père maternel, Rav Yehouda Leïb Zeitlin.

Les efforts pour émigrer aux États-Unis

Même après s’être stabilisé dans son emploi de chochet, le couple connut de nombreuses difficultés financières, et Rav Chalom déploya de grands efforts pour émigrer aux États-Unis, où résidaient de nombreux membres de sa famille qui auraient pu lui venir en aide pour la subsistance du foyer grâce à leurs ressources économiques.

Le Rabbi Rayatz, dans ses lettres à Rav Chalom de cette période, lui ordonnait également d’émigrer aux États-Unis. Dans une lettre adressée à Rav Israël Jacobson, le Rabbi lui demandait de s’employer à amener aux États-Unis plusieurs des Tmimim, parmi lesquels Rav Chalom : « Le véritable fondement de l’édification de l’association des Tmimim est — outre l’union entre ceux qui, grâce à D.ieu, se trouvent déjà dans votre pays — de faire venir, par tous les moyens possibles, encore de nos élèves, et parmi ceux dont on peut espérer, avec l’aide du Tout-Puissant, qu’ils seront dévoués et consacrés à ce qu’on leur dira d’accomplir et d’œuvrer. Je leur dirais d’entrer en correspondance avec les élèves Rav Chalom Feïzner à Tel Aviv, beau-frère du Rav Ye’hezkel, et Rav Zeelig Slonime de Jérusalem, l’or de l’an saint, ce dernier ayant séjourné quelque temps dans votre pays et semblant avoir accompli partout où il était un véritable travail. »

Dans le cadre de ces efforts, Rav Israël Jacobson — qui était directeur d’Agoudat Habad aux États-Unis et s’employait à obtenir des visas d’entrée aux États-Unis pour de nombreux hassidim de Habad — œuvra en sa faveur. Tous les membres de sa famille s’y engagèrent également, en particulier son grand-oncle connu sous le nom de Dr Pozner, et son grand-père Rav Zoucha.

Les lettres à Rav Jacobson

Dans le livre « Zikhron Libnei Israël », plusieurs lettres que Rav Chalom écrivit à Rav Israël Jacobson concernant ses efforts pour obtenir des visas et permis d’entrée aux États-Unis pour lui et sa famille sont reproduites.

La première lettre est datée du 15 Elloul 5686 (1926). Rav Chalom l’écrivit au cours de sa première année en Terre Sainte, alors qu’il résidait encore dans la bourgade de Balfouriya et travaillait à la construction de routes.

Voici le contenu de la lettre (le début est manquant) : « Il m’écrit (le Rabbi Rayatz) de partir pour l’Amérique et de me mettre en correspondance avec vous et avec Eliyahou Yei’hil (il s’agit de Rav Eliyahou Simpson), afin que vous vous employiez à obtenir pour moi un visa, et qu’il vous écrira lui aussi à ce sujet. Veuillez donc vous employer en ce sens dans toute la mesure du possible. Et notez ici également l’adresse de mon arrière-grand-père (Zoucha Pozner), et je vous demande d’aller lui rendre visite pour lui présenter mes salutations ; peut-être pourra-t-il lui aussi être d’une aide en la matière. Mon travail ici n’est pas très passionnant, un travail simple, à la pioche et au marteau, et qui plus est, cela même fait défaut : presque tout l’été, je n’ai presque pas travaillé… »

Une autre lettre, du 13 Adar Rishon 5687 (1927), est ainsi rédigée : « Je vous demande de m’informer de vos efforts concernant le visa et de ce qu’il en est, à savoir : si c’est seulement pour moi ou aussi pour mon épouse, et maintenant également pour mon fils. Et en général, combien de temps cela peut-il encore prendre. Mon arrière-grand-père m’a écrit qu’il était venu vous voir, mais ne m’écrit rien de ce qui me concerne pour le visa. J’ai reçu encore une lettre de notre maître (le Rabbi) me demandant de partir pour l’Amérique, et bien que je lui aie écrit que je gagne déjà ici ma vie péniblement et accomplis une œuvre céleste, il m’a néanmoins répondu de partir pour l’Amérique. »

Il lui écrit encore, le 23 Iyar 5687 (1927) : « J’ai reçu une lettre de mon arrière-grand-père qui m’indique qu’on lui exige une caution de mille dollars, attestant que je n’aurai pas à solliciter d’eux une aide financière jusqu’à ce que je commence à gagner ma vie. En conséquence, vous qui êtes sur place, vous saurez certainement mieux comment vous arranger avec eux à ce sujet. »

Pendant longtemps, les nombreux efforts ne portèrent pas leurs fruits, et Rav Chalom continua de résider en Terre Sainte. Le 11 Adar Rishon, il lui adressa encore une lettre dans laquelle il relate toutes ses difficultés : « Hier, j’étais à Jérusalem et j’ai remis les documents au consul pour les envoyer en Amérique… Pour le dernier Roch Hachanah, Rav Alter Chimkhovitch se rendit auprès du Rabbi et voulut lui poser à nouveau la question à mon sujet concernant le voyage en Amérique, et le Rabbi ne voulut rien lui répondre, car il m’avait déjà répondu. Et dans sa lettre à moi, il me l’écrivit en ces termes : « Je t’ai déjà fait savoir que ce voyage en Amérique est bon et favorable pour toi, et tu y réussiras certainement dans le spirituel et le matériel. » »

La visite du Rabbi en Terre Sainte

À l’été 5689 (1929), le Rabbi Rayatz visita la Terre Sainte et y effectua un voyage historique pendant quelques semaines. Durant cette visite, Rav Chalom abandonna toutes ses occupations et loua même un chochet pour le remplacer dans son travail, et accompagna le Rabbi tout au long de son périple à travers le pays. Pendant toute la durée du voyage, il ne rentra pas chez lui et ne quitta pas la présence du Rabbi.

Rav Chalom est mentionné à plusieurs reprises dans le journal du voyage que le Rabbi rédigea. Par exemple, lors de la visite du Rabbi au caveau de Makhpéla (Hébron), de nombreuses personnes vinrent présenter des pédiyonot (suppliques) au Rabbi, et en raison de l’affluence, le Rabbi dut poster ses accompagnateurs pour recevoir les suppliques des fidèles et les lui transmettre : « Je fus contraint de poster des gens pour recevoir les suppliques des fidèles et me les transmettre : Rav Alter Chimkhovitch, Rav Chelomo Leïb Eliezerov le vénérable, l’estimé Rav Alter Liberman, le directeur de la Yéchiva Torat Emet Rav Moché Arié Leïb Chpira, Rav Nissan Horovitz, l’étudiant Rav Chalom, chochet Poizner. »

Et ailleurs dans ce journal : « Rav Chelomo Yehouda Leïb Eliezerov, Rav Mendel Noé et Rav Israël Asher Leïva nous accompagnèrent jusqu’à Rehovot, un trajet de quinze minutes. Et les étudiants, collels, hassidim de Habad, anciens élèves de la Yéchiva Tomchei Tmimim de Loubavitch : Rav Chalom chochet Poizner, Rav Yossef Chmoutkin et Rav Avraham Farize, nous quittèrent à Rehovot avec de chaleureuses bénédictions, et que le Tout-Puissant nous accordât de réussir. »

Une anecdote illustre bien la profondeur de l’attachement de Rav Chalom au Rabbi durant ce voyage : lorsque son fils Zalman tomba malade, Rav Chalom ne le sut pas, car il n’était absolument pas rentré chez lui. Son épouse se rendit auprès du Rabbi pour solliciter sa bénédiction pour leur fils, qui guérit effectivement. Le dernier jour de la visite, le Rabbi reçut de nombreuses personnes et, entre autres, fit ses adieux à Rav Chalom en lui demandant des nouvelles de la santé de son fils. Rav Chalom, qui n’avait absolument pas eu connaissance de la maladie de son fils, ne comprit pas à quoi le Rabbi faisait allusion et ne répondit pas. Le Rabbi comprit la situation et sourit.

L’obtention du visa

Lors de cette même visite, le Rabbi réitéra sa directive à Rav Chalom d’émigrer aux États-Unis. Il y avait certes la question de l’éducation des enfants, mais même à l’école de Rishon LeZion, la Torah était enseignée par un instituteur qui allait tête nue.

À cette époque, pour obtenir un visa pour les États-Unis, il fallait apporter la preuve qu’un proche résidant là-bas acceptait de prendre la responsabilité financière de celui qui souhaitait émigrer. Le grand-père de Rav Chalom, Rav Zoucha, qui vivait aux États-Unis, était celui qui adressa l’invitation à son petit-fils vivant en Terre Sainte. Le frère de Rav Zoucha, Avraham Pozner, homme aisé grâce à son commerce de chaussures (voir le premier chapitre), promit également de soutenir financièrement Rav Chalom après son émigration aux États-Unis.

Après de nombreuses épreuves et péripéties, Rav Chalom et sa famille prirent la mer pour les États-Unis au mois d’Adar 5690 (1930). À son arrivée en Amérique, Rav Chalom ouvrit un nouveau chapitre de sa vie : la chéli’hout et la diffusion du judaïsme dans différentes villes à travers le pays.

 

 

 

 

 

Dix dollars de la main du Rabbi : le chèque qui traversa les décennies

Dix dollars de la main du Rabbi : le chèque qui traversa les décennies

 

Un Juif de France a présenté au Rav Chimon Eisenbakh un chèque rédigé de la main du Rabbi, sur lequel ne figuraient qu’une signature, le montant de dix dollars et le mot « synagogue ». Ce document d’apparence anodine révèle une leçon bouleversante : comment le Rabbi, portant littéralement le monde entier sur ses épaules, gérait néanmoins sa propre caisse de Tsedaka personnelle avec un soin méticuleux. Une chronique du Rav Chimon Eisenbakh, Rav du quartier Cha’hmon à Eilat.

 

 

Un temps d’une valeur inestimable

Il est de notoriété publique que chaque minute revêtait une valeur inestimable pour notre maître, notre guide et notre Rabbi. Nombreux sont ceux qui l’ont côtoyé et qui témoignent à quel point le temps était précieux pour lui, et l’on s’émerveille encore de la façon dont il parvenait à accomplir un travail illimité dans un temps si restreint.

Un chèque manuscrit hors du commun

Récemment, un Juif de France m’a montré un chèque appartenant au Rabbi, sur lequel ce dernier avait inscrit de sa propre main « 10 dollars » et noté en haut le mot « Beth Haknesseth » (synagogue). En examinant attentivement ce chèque, je constate que le Rabbi y a apposé sa signature et n’a inscrit que le montant en chiffres : dix dollars, rien de plus. Tout le reste — les informations nécessaires à la validité du chèque — il l’a laissé au bénéficiaire le soin de compléter. Il a seulement noté en haut que la somme était destinée à la synagogue.

L’histoire et le parcours du document

À ce chèque est joint un document du Rav Lévi Its’hak Azimov, dans lequel il précise que ce chèque a été remis par le Rabbi [que son mérite nous protège] au ‘hassid Rav Tsvi Hirch Chifrin, pour la synagogue qu’il dirigeait à Crown Heights. Le Rav Chifrin avait conservé précieusement ce chèque au fil des années. Lorsque son fils eut besoin d’une contribution pour la construction d’un Beth Habad, il proposa ce chèque à des donateurs potentiels. Tseirei Agoudat Habad de Paris prit part à la construction de cet édifice et reçut ledit chèque. C’est ainsi qu’il parvint entre les mains de mon ami français, qui me l’a présenté.

Une générosité personnelle, sans jamais déléguer

Il est difficile de comprendre comment le Rabbi — sur les épaules de qui reposait littéralement l’univers entier — gérait néanmoins sa propre caisse de Tsedaka personnelle de manière parfaitement ordonnée, accordant généreusement ses dons à de nombreuses personnes. Il aurait pu confier à l’un de ses secrétaires le soin de gérer ces distributions de Tsedaka, comme c’est l’usage chez d’autres Admorim qui supervisent de vastes et importantes structures. Pourtant, le Rabbi n’a pas renoncé à rédiger lui-même les chèques, à y inscrire les montants — et non pas à se contenter de les signer seulement.

L’infini contenu dans le fini

Dans ce temps si comprimé et si précis, le Rabbi réussissait à accomplir une abondance immense — à l’image de l’Arche Sainte qui, selon la tradition, occupait un espace aux dimensions exactes et pourtant « n’entrait pas dans la mesure ». Lui aussi transcendait toute mesure humaine.

Portrait du gardien du chèque : le Rav Tsvi Hirch Chifrin

Le Rav Tsvi Hirch (Hirchel) Chifrin, né à Vitebsk en 1940 (5700), est l’un des doyens des ‘hassidim Habad de Crown Heights. Fils du Rav Baroukh et de Mme Sarah Chifrin, il porta dès sa circoncision le prénom de son grand-père paternel. Durant la Seconde Guerre mondiale, sa famille fuit en Kazakhstan, où le jeune Tsvi Hirch eut la grâce d’apercevoir le Rav Lévi Its’hak Schneerson. À la fin du conflit, ses parents saisirent l’occasion de quitter l’Union soviétique via la filière d’évasion clandestine alors bien connue, et s’établirent à Paris. En 1948 (5708), il entra au Talmud Torah de la Yéchiva Tomchei Temimim de Paris, où il étudia dans ses différentes filiales jusqu’en 1963 (5723), tout en étant actif au sein de Habad en Pennsylvanie durant une certaine période. En 1965 (5725), il épousa à New York Golda Myriam, fille du Rav ‘Hananya et de Feige Rose Haller, et le couple s’installa à Crown Heights.

Parmi ses souvenirs les plus marquants figure le Chabbat du 25 Téveth 5734 (1974), lorsqu’il aida le Rabbi à rejoindre le 770 malgré la neige qui recouvrait les rues. Voyant le Rabbi marcher sur la chaussée, il lui fit remarquer qu’il serait plus à l’aise sur le trottoir ; le Rabbi lui répondit simplement : « An histaplus » — sans façons. Le Rabbi remit un chèque manuscrit de dix dollars lorsqu’il fonda sa synagogue. À Souccot 5748 (1987), la télévision française le filma officiant comme ‘hazzan au 770. Lors du Farbrenguen de la nuit de Sim’hat Torah 5752 (1991), il eut l’honneur, à la demande expresse du Rabbi, de réciter le Kiddouch à la droite de ce dernier, au bénéfice de l’assemblée revenue de la procession.

Son épouse, engagée dans les jardins d’enfants, la ‘Hevra Kaddicha, l’accompagnement des jeunes mariées et le bénévolat communautaire, s’est éteinte à l’âge de 73 ans au soir du Chabbat du 11 Nissan 5780 (2020), emportée par le Covid-19. Depuis sa retraite, le Rav Chifrin participe régulièrement aux activités du stand Habad à l’aéroport JFK, qu’il anime chaque dimanche durant de longues heures. En Mena’hem Av 5784 (2024), fut inaugurée la salle qu’il avait financée au Beth Hamidrach Heikhal Lévi Its’hak à Jérusalem, en mémoire de son père le Rav Baroukh Chifrin. Il occupe aujourd’hui la fonction de Gabbai à la synagogue Habad 770 Montgomery du Rav David Fischer.umaine.

Netanyahou : « Israël a changé l’équilibre des forces au Moyen-Orient pour toujours »

Netanyahou : « Israël a changé l’équilibre des forces au Moyen-Orient pour toujours »

Dans un discours solennel adressé aux citoyens israéliens, le Premier ministre Benyamin Netanyahou a dressé un bilan historique des opérations militaires menées contre l’Iran et ses mandataires régionaux. Il a affirmé qu’Israël avait réussi à démanteler le programme nucléaire iranien, à neutraliser l’arsenal de missiles du Hezbollah et à affaiblir profondément le régime de Téhéran. « L’Iran n’est plus le même Iran, et Israël n’est plus le même Israël », a-t-il déclaré, saluant le courage des soldats, des pilotes et de l’ensemble du peuple israélien.

 

 

 

Citoyens d’Israël, mes frères et sœurs,

La campagne n’est pas encore terminée, mais nous pouvons d’ores et déjà l’affirmer avec certitude : nous avons accompli des choses historiques.

Je veux vous rappeler où nous en étions. L’Iran avait tenté de nous enserrer dans un anneau d’étranglement : le Hamas à Gaza, le Hezbollah au Liban, le régime d’Assad en Syrie, les milices en Irak, les Houthis au Yémen — et l’Iran lui-même. Ils voulaient nous étouffer. Aujourd’hui, c’est nous qui les étouffons. Ils avaient rêvé de notre anéantissement ; les voilà qui se battent pour leur propre survie. Nous avons frappé fort, et il nous reste encore beaucoup à faire — j’y reviendrai dans un instant.

Mais je veux commencer par l’Iran lui-même, par la tête de la pieuvre. J’ai consacré une part considérable de ma vie à empêcher une seule chose : que ce régime de la terreur ne se dote d’une arme nucléaire avec laquelle il cherche à effacer l’État juif et à mettre un terme à l’histoire juive. J’en ai parlé devant le Congrès américain, devant l’ONU, devant de nombreux parlements. J’ai initié toutes sortes d’actions, pour la plupart clandestines, pour les retarder — et nous les avons effectivement freinés. Mais le monde n’écoutait pas. Beaucoup disaient : « Ce n’est pas si grave. Ce n’est même pas si terrible qu’Iran se dote de l’arme nucléaire. » Ces voix, je les ai entendues — non seulement à l’extérieur, mais parfois même parmi nous. Et moi, en tant que Premier ministre d’Israël, chef du seul et unique État juif, je ne pouvais pas l’accepter.

La nuit qui a tout changé : l’opération « Jours de repentir »

Le grand changement s’est produit lors de cette soirée de l’opération « Jours de repentir », quand nos avions intrépides ont déchiré le ciel iranien et frappé des cibles sur l’ensemble du territoire de l’Iran.

Nous avons été les premiers à briser le mur de la peur — la peur d’agir en Iran même. Je me souviens de ce que j’ai ressenti alors : quelle émotion, quelle fierté, quel frisson. Et je sais que vous l’avez tous ressenti aussi.

Nous avons été les premiers à agir parce que nous savions ce qui était en jeu. Mais si je vous avais dit, il y a un an, que nos pilotes voleraient au-dessus de l’Iran — qui l’aurait cru ? Et si je vous avais dit qu’il y a un an que les États-Unis d’Amérique, la puissance la plus grande du monde, combattraient à nos côtés, épaule contre épaule, aile contre aile, pendant près de quarante jours contre l’ennemi commun — qui l’aurait cru ?

Pourtant, tout cela s’est produit, parce que c’est nous qui avons pris l’initiative, c’est nous qui avons agi, c’est nous qui avons attaqué.

Pourquoi nous sommes entrés en campagne

Nous sommes partis en campagne parce que l’Iran était sur le point d’acquérir l’arme nucléaire — et aussi la capacité de produire des milliers, des milliers de missiles, pas une poignée, des centaines tombant sur nous chaque jour. Deux menaces existentielles que nous étions contraints d’écarter.

Si nous n’étions pas partis en opération « Jours de repentir », puis en opération « Rugissement du lion » contre l’Iran, les bombes atomiques auraient déjà été là.

Je vais vous dire comment nous avons conjuré ce danger. Avant l’opération « Jours de repentir », un renseignement précis et opportun me parvint : l’Iran commençait à convertir l’uranium enrichi en arme nucléaire. Dès réception de cette information, nous sommes passés à l’action. Nous avons éliminé douze de leurs plus hauts responsables du programme nucléaire. Nous avons attaqué leurs installations nucléaires — conjointement avec nos alliés américains — vous vous souvenez de l’attaque sur Fordow ? Quel travail remarquable ils ont accompli. Nous avons également détruit des dépôts de missiles et des centaines de lanceurs. L’ensemble de ces frappes a écarté de nous une double menace existentielle et immédiate.

L’opération « Rugissement du lion » : démantèlement en profondeur

Quelques mois après l’opération « Jours de repentir », un nouveau renseignement précis et opportun me parvint : Khamenei avait ordonné la reprise et même l’extension de l’industrie nucléaire et de l’industrie balistique. J’emploie à dessein le mot « industrie », car il envisageait quelque chose de bien plus vaste — sous terre. Il voulait enfouir à la fois la production de missiles et la production nucléaire, profondément sous une haute montagne, à une profondeur telle que même un bombardier B-2 ne pourrait y accéder.

Je ne pouvais pas rester les bras croisés. Nous sommes passés à l’action. Lors de l’opération « Rugissement du lion », nous avons éliminé huit autres scientifiques nucléaires, qui travaillaient cette fois sur l’armement — c’est-à-dire la fabrication de l’arme elle-même, et pas seulement l’uranium enrichi : sans cela, il est impossible de fabriquer des bombes atomiques.

Nous avons détruit l’usine d’eau lourde d’Arak. Nous avons anéanti l’ensemble de leur réseau de centrifugeuses ainsi que leurs usines de production d’uranium. En d’autres termes, l’Iran ne dispose plus d’une seule usine d’enrichissement active, et la majeure partie de leur capacité à produire des missiles a disparu. Ils ont encore des missiles, ils ont encore un stock — mais ce stock se vide progressivement.

Nous avons donc réussi à démanteler le programme nucléaire, à démanteler le programme balistique. Et nous avions un troisième objectif : affaiblir le régime iranien à son niveau le plus bas depuis sa fondation, il y a quarante-sept ans.

La décapitation du régime iranien

Voici ce que nous avons accompli. Nous avons éliminé le Guide suprême Khamenei, son successeur de facto Larijani, le ministre de la Défense, le ministre du Renseignement, le chef d’état-major de l’armée iranienne, le commandant des opérations de la Force Al-Qods, les commandants des Gardiens de la Révolution, les commandants du Bassidj, l’élite du sommet sécuritaire, l’élite du renseignement, l’élite de l’aviation, le responsable des missiles balistiques, le responsable du financement des organisations terroristes, le commandant de la marine iranienne et la flotte iranienne en mer Caspienne.

Nous avons aussi neutralisé des dizaines de commandements des Gardiens de la Révolution et de la sécurité intérieure, des dizaines d’hélicoptères et d’avions de transport, la machine financière des Gardiens de la Révolution — c’est-à-dire l’industrie sidérurgique iranienne — et les trois quarts des usines pétrochimiques d’Iran, dont vivent les Gardiens de la Révolution. Nous avons frappé la plus grande usine iranienne de production de kérosène, un dépôt de carburant, des liaisons ferroviaires utilisées pour transférer forces et armements, ainsi que des dizaines d’usines de l’industrie militaire.

Il y a encore de nombreux autres détails que je vous épargne — mais nous, nous ne leur avons rien épargné.

Un régime qui supplie pour un cessez-le-feu

Certains disent qu’il n’y a pas eu de résultats. Il y a eu des résultats gigantesques. Cela se traduit par ce régime affaibli qui demande, qui supplie pour un cessez-le-feu. Cela se traduit par des conflits internes au sein de ses dirigeants — nous en sommes informés. Nous observons les difficultés croissantes qu’ils rencontrent pour répondre aux besoins de leurs citoyens. C’est le signe d’un affaiblissement profond, profond du régime des mollahs.

L’Iran n’est plus le même Iran, et Israël n’est plus le même Israël. Eux qui voulaient nous anéantir se battent désormais pour leur propre survie.

Les tentacules de la pieuvre : Gaza, Liban, Syrie

Sur les bras de la pieuvre aussi, nous avons accompli des choses immenses.

Nous avons d’abord établi une règle : Israël ne tolérera pas que des organisations terroristes s’installent à sa frontière. Nous avons donc créé des zones de sécurité en profondeur en territoire ennemi.

À Gaza, nous contrôlons plus de la moitié de la superficie de la bande. Nous encerclons le Hamas de toutes parts et nous en viendrons à bout. En Syrie, nous sommes au sommet du mont Hermon et nous atteignons le Yarmouk — où nous veillons également, comme je m’en suis engagé, sur nos alliés Druzes.

Au Liban, un changement fondamental s’est produit. Vous vous souvenez de Nasrallah ? Il se vantait — « les juifs », c’est ainsi qu’il nous appelait, « les rongeurs de la route ». Il a été éliminé. Et avec lui, nous avons détruit son arsenal colossal de cent cinquante mille missiles et roquettes — en six heures. L’immense majorité de cet arsenal a été anéantie ; il leur en reste encore quelques-uns, nous y remédions.

Ils avaient également planifié autre chose : des milliers de combattants de la force Radwan devaient infiltrer discrètement la ligne de frontière, envahir et s’emparer de la Galilée. Ce plan, nous l’avons anéanti. Nous les avons prévenus, nous en avons tué un grand nombre, nous avons neutralisé tout le réseau souterrain qu’ils avaient préparé — les tunnels, les villages-forteresses terroristes en surface — et nous avons créé une zone de sécurité de huit à dix kilomètres pour éloigner la menace des roquettes de nos localités.

Nous combattons encore. Ce n’est pas terminé. Vous avez vu, il y a seulement quelques jours, l’opération la plus puissante depuis l’affaire des bipeurs : nous avons éliminé des centaines de terroristes en dix minutes. Et notre main reste tendue. Cela continue sans relâche.

Le Liban demande la paix — une première historique

Je veux vous dire ce qui s’est passé en conséquence de la puissance que nous avons démontrée. Le Liban s’est tourné vers nous — à plusieurs reprises au cours du dernier mois — pour engager des pourparlers de paix directs. Cela ne nous est jamais arrivé dans l’histoire. En fait, c’est arrivé une fois, il y a des décennies, mais maintenant ils sont revenus vers nous. J’ai subordonné cette démarche à deux conditions : nous voulons parvenir au désarmement du Hezbollah, et nous voulons un véritable accord de paix, un accord qui tienne pour les générations à venir.

Et je veux vous dire autre chose : ce n’est pas seulement le Liban. De nombreux autres pays — au Moyen-Orient et au-delà — se tournent vers nous pour des coopérations et des alliances, parce qu’ils voient notre puissance. La force rapproche, comme la faiblesse éloigne. La force rapproche. Et Israël est aujourd’hui plus fort que jamais.

Cette petite Israël — peut-être petite en superficie, mais immense dans son esprit et sa détermination — est devenue la puissance régionale la plus forte. Tout le monde le comprend, et dans une certaine mesure, également une puissance mondiale.

La collaboration avec Washington : une alliance sans précédent

Nous avons une alliance qui n’avait pas de précédent. Notre grand ami, le président des États-Unis, avec l’armée américaine aux côtés de Tsahal — des liens qui n’ont jamais existé. Nous travaillons en étroite collaboration avec le président Trump, entre Israël et les États-Unis, d’une manière sans égale.

Quant à l’uranium enrichi qui se trouve encore en Iran — comment le président Trump entend-il procéder ? Il doit être retiré : soit par accord, soit par d’autres voies. Mais nous y travaillons ensemble. Ce sont des accomplissements qui changent tout l’équilibre des forces, et Israël est un Israël différent, plus fort qu’auparavant.

Ceux qui nient les victoires ne changeront pas la vérité

Ces réalisations, certains veulent les nier, les minimiser. Évidemment, l’Iran en premier — et la propagande iranienne se répercute dans nos propres canaux médiatiques, tandis que la propagande de nos adversaires politiques est amplifiée dans les médias iraniens. Mais cela ne change pas la vérité.

Il y a ici un changement immense, colossal. Et il est venu grâce à nos pilotes intrépides, hommes et femmes, grâce à nos forces terrestres qui travaillent sans relâche, grâce à nos commandants et soldats héroïques, grâce aux tombés qui sont morts pour nous et aux blessés dans leur corps et dans leur âme, pour la guérison desquels nous prions.

Cela est venu grâce à vous, citoyens d’Israël : vous avez tenu bon tout au long. Je vous salue. Et cela est venu grâce aux décisions courageuses, déterminées et éclairées du gouvernement que je conduis.

Je veux vous dire : la main reste tendue. Avec « Jours de repentir » qui s’est levé et « Rugissement du lion » qui s’est élancé, nous continuerons, avec l’aide de D.ieu, à agir ensemble et à vaincre.

Kinous Torah de Pessa’h à Paris : une soirée de Torah et d’inspiration à Beth Haya Mouchka

Kinous Torah de Pessa’h à Paris : une soirée de Torah et d’inspiration à Beth Haya Mouchka

 

Dimanche soir, la synagogue Beth Haya Mouchka de Paris a accueilli un magnifique Kinous Torah de Pessa’h, organisé par Beth Loubavitch Paris. Dans une atmosphère chaleureuse et studieuse, Rabbanim et élèves de la Yéchiva ont partagé des Divré Malkhout et des pilpoulim d’une grande profondeur. Une soirée marquante qui a rassemblé de nombreux participants dans l’esprit fraternel propre à la communauté Loubavitch de Paris.

 

 

Le Beth Loubavitch a organisé son traditionnel Kinous Torah le dimanche 18 Nissan 5786 (5 avril 2026), perpétuant ainsi une tradition chère au Rabbi de Loubavitch. Cet événement a été organisé par le Rav Elhanan Marozov, avec le soutien et la coordination du Beth Loubavitch, fidèle à l’esprit qu’il a insufflé. Il a rassemblé de nombreux membres de la communauté autour d’un même objectif : s’unir dans l’étude de la Torah et s’élever dans une atmosphère d’inspiration, de partage et d’unité.

C’est dans l’enceinte de la synagogue du Beth Haya Mouchka que la communauté juive parisienne s’est réunie en nombre pour cette soirée d’étude d’envergure. Organisé conformément aux directives du Rabbi de Loubavitch, l’événement a été porté avec dévouement par le Chalia’h principal, le Rav Mendel Azimov, qui a ouvert la soirée en rappelant la place centrale de ces rassemblements dans la vitalité spirituelle de la communauté.

L’interlocuteur de la soirée, le Rav Shlomo Azoulay, a assuré le fil conducteur des interventions, donnant à l’ensemble une dynamique fluide et structurée, tout en mettant en valeur la richesse des échanges et des analyses présentées.

« Ces moments d’étude collective représentent l’essence même de notre tradition », a souligné le Rav Azimov. « Ils permettent non seulement d’approfondir notre compréhension de la Torah, mais aussi de renforcer les liens qui unissent notre communauté autour de ses valeurs éternelles. »

L’un des moments les plus marquants de cette soirée fut la participation des bachourim, étudiants de yeshiva, qui ont présenté devant une assemblée attentive leurs pilpoulim, des analyses talmudiques approfondies préparées durant la période de Bein Hazmanim. Leur sérieux, leur préparation et la profondeur de leurs interventions ont fortement impressionné les participants.

Les intervenants du kinous

Plusieurs bachourim et intervenants se sont succédé pour partager leurs réflexions et leurs analyses.

Le Rav Elhanan Marozov a ouvert les interventions avec une Si’ha du Rabbi, apportant un éclairage profond et structurant sur les enseignements abordés lors de la soirée.

Le Tamim Yonatan Arye Leib Lumbroso a ensuite présenté une étude approfondie du traité de Baba Kama, étudié durant l’année.

Le Tamim Menahem Mendel Kulsky a abordé un sujet relatif à la hassiba des femmes, en développant la chita du Ravia.

Le Tamim Menahem Mendel Amram, connu pour ses développements à partir des Sihot du Rabbi, a mis en évidence l’existence de deux niveaux dans le din de la hassiba, apportant un éclairage profond sur la signification de ce geste lors du Séder de Pessa’h.

À la suite de son intervention, un moment particulièrement marquant est venu enrichir la soirée : le Rav Binyamin Appelbaum a développé des notions liées aux lois de Kidouch Ha’hodech, la sanctification du nouveau mois. À travers une présentation claire, appuyée par des schémas et des explications accessibles, il a su rendre compréhensibles des concepts complexes du Rambam, offrant à l’assemblée un éclairage d’une rare clarté sur ces lois fondamentales. Ce moment a profondément marqué les participants par sa pédagogie et la profondeur de son contenu

Le Tamim Menahem Mendel Dahan, reconnu pour sa capacité à mettre en évidence la cohérence profonde entre différentes parties du Talmud et des traités, a montré comment des discussions apparemment distinctes s’articulent autour de principes fondamentaux communs, révélant ainsi l’unité interne et la structure profonde du Talmud.

Enfin, le Tamim Schneur Zalman Dahan a présenté un sujet particulièrement marquant : la notion de voyager auprès du Rabbi, en explorant ses sources et sa portée spirituelle.

Des analyses talmudiques d’une grande profondeur

Le Tamim Yonatan Arye Leib Lumbroso a développé une analyse fine du traité de Baba Kama. Il a mis en lumière une distinction essentielle entre le din de boshet (la honte) et le din de metamé (rendre impur).

Selon son explication, le din de boshet relève d’un din sur le ‘heftza, tandis que le din de metamé relève d’un din sur le gavra. Cette distinction lui a permis de répondre à une difficulté du Chitah Mekoubetset, en la reliant à un Tosfot étudié durant l’année.

Le Tamim Menahem Mendel Kulsky a ensuite présenté la chita du Ravia, rapportée dans le Rema, concernant la pratique de la hassiba chez les femmes lors du Séder de Pessa’h. En s’appuyant sur une Si’ha du Rabbi, il a expliqué la différence entre « zecher le’hérout » et « derekh ‘herout », apportant ainsi une compréhension plus profonde de cette coutume.

Le Tamim Menahem Mendel Amram a poursuivi avec une analyse des Sichot du Rabbi, montrant qu’il existe deux niveaux dans la hassiba, chacun exprimant une dimension différente de la liberté liée à la sortie d’Égypte.

Le Tamim Menachem Mendel Dahan a présenté une analyse originale autour de la notion de « ad de lo mekalya karna », en lien avec une mahloket entre Rachi et Tosfot au début du traité, qu’il a reliée aux discussions ultérieures sur le principe de « zeh neheneh vezeh lo ‘hasser ». Il a ainsi mis en évidence la cohérence profonde et l’unité interne des différentes parties du traité.

Le Tamim Schneur Zalman Dahan a proposé une réflexion sur la notion de voyager auprès du Rabbi, en montrant comment, après la destruction du Beth Hamikdach, cette pratique peut être comprise comme un prolongement spirituel de la mitsva de monter au Temple lors des fêtes.

Une tradition vivante initiée par le Rabbi

Le Kinous Torah s’inscrit dans une tradition initiée par le Rabbi de Loubavitch, qui appelait à organiser régulièrement de tels rassemblements afin de multiplier les occasions d’étude et de renforcer le lien vivant entre la communauté et la Torah.

Selon les participants, ce Kinous Torah a été un moment d’exception, tant par la qualité des interventions que par l’atmosphère d’élévation ressentie tout au long de la soirée.

Les images captées par le photographe Mordehai Lubecki témoignent de cette ambiance à la fois chaleureuse, studieuse et inspirante.

Conclusion et remerciements

Ce Kinous Torah a une nouvelle fois illustré la grandeur et la profondeur de l’étude de la Torah. À travers des analyses rigoureuses, des éclairages ‘hassidiques et des réflexions enracinées dans les enseignements du Rabbi, les intervenants ont su transmettre la vitalité intemporelle de la Torah et son actualité permanente.

Les organisateurs tiennent à exprimer un remerciement extrêmement chaleureux et profond à tous les bahourim ayant pris la parole. Pour chacun d’entre eux, la préparation de ces interventions a représenté de longues heures d’étude, de rigueur et de persévérance, témoignant d’un engagement remarquable dans la Torah.

Leur investissement, leur sérieux et leur dévouement à l’étude reflètent également un profond attachement au Rabbi de Loubavitch, dont les enseignements continuent d’éclairer leur chemin et leur étude quotidienne.

Grâce à leur engagement et à leur dévouement, cette soirée restera gravée comme un moment d’étude, d’unité et d’inspiration pour toute la communauté, contribuant à renforcer la lumière de la Torah et à hâter la venue du Machia’h, très prochainement, de nos jours, amen.

Photographie : Mordéhaï Lubecki

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il planifiait un massacre au 770 Eastern Parkway : le terroriste risque la prison à vie

Il planifiait un massacre au 770 Eastern Parkway : le terroriste risque la prison à vie

Muhammad Shahzeb Khan, citoyen pakistanais de 21 ans, a plaidé coupable devant la justice américaine pour avoir minutieusement préparé un attentat jihadiste contre le 770 Eastern Parkway, siège mondial du mouvement Habad-Loubavitch à Brooklyn. Le complot, inspiré par Daech et conçu pour coïncider avec le premier anniversaire du massacre du 7 octobre, visait à perpétrer ce que Khan lui-même qualifiait de « la plus grande attaque sur le sol américain depuis le 11 septembre ». Sa condamnation définitive, attendue le 12 août 2026, pourrait lui valoir la réclusion à perpétuité.

 

 

 

Un complot jihadiste visant le cœur de la communauté juive mondiale

Le Département de la Justice américain a annoncé mercredi que Muhammad Shahzeb Khan, également connu sous le pseudonyme de « Shahzeb Jadoon », a plaidé coupable de tentative d’actes terroristes transcendant les frontières nationales. L’acte de culpabilité a été enregistré devant le juge fédéral Paul G. Gardephe du District Sud de New York.

Selon les documents officiels de mise en accusation, Khan a commencé à diffuser de la propagande de l’État islamique dès novembre 2023, avant d’entreprendre rapidement la planification d’un attentat terroriste sur le sol américain. Il communiquait ses intentions à deux individus qu’il croyait être des complices — mais qui étaient en réalité des agents infiltrés des forces de l’ordre. À ces derniers, il donnait des instructions répétées pour se procurer des fusils d’assaut de type AR, des munitions et des couteaux de chasse, afin, selon ses propres termes, de « leur trancher la gorge ».

Du vague projet à la cible précise : le 770 dans le viseur

Si Khan envisageait initialement de frapper des « Habads juifs israéliens » répartis dans une autre ville américaine, il a recentré son projet sur Brooklyn dès août 2024. Il aurait confié aux agents infiltrés que New York constituait le cadre « parfait » en raison de sa forte concentration de population juive, affirmant avec cynisme que « même sans viser un événement particulier, on pourrait facilement tuer beaucoup de juifs ».

Il a ensuite transmis aux enquêteurs une photographie de l’espace intérieur précis du 770 où il comptait perpétrer le massacre, se vantant qu’une telle attaque serait « la plus grande attaque sur le sol américain depuis le 11 septembre ».

Le 770 Eastern Parkway — connu simplement sous le nom de « 770 » dans la communauté — est le siège mondial du mouvement Habad-Loubavitch. Ce bâtiment emblématique de Crown Heights, Brooklyn, attire des milliers de fidèles et de visiteurs du monde entier, notamment lors des grandes fêtes juives. Pour des centaines de milliers de ‘hassidim, il représente bien plus qu’un lieu de prière : c’est le centre spirituel d’un mouvement qui compte des émissaires — des Chlou’him — dans plus de cent pays.

Interpellé à vingt kilomètres de la frontière, extradé un an plus tard

Le complot meurtrier a finalement été déjoué le 4 septembre 2024. Khan a été intercepté près d’Ormstown, au Canada, à environ vingt kilomètres de la frontière américaine, alors qu’il tentait de la franchir clandestinement avec l’aide d’un passeur. Arrêté sur-le-champ, il a fait l’objet d’une procédure d’extradition vers les États-Unis, qui a abouti en juin 2025.

Cette extradition a été rendue possible grâce à l’action conjointe du Bureau des affaires internationales du Département de la Justice américain, de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et du Groupe d’assistance internationale du ministère de la Justice canadien. Le dossier est instruit par l’Unité de sécurité nationale et des stupéfiants internationaux du District Sud de New York, sous la conduite des procureurs adjoints Kaylan E. Lasky et David J. Robles, avec l’assistance de l’avocat Kevin Nunnally de la section antiterroriste de la Division de la sécurité nationale.

Une mobilisation au sommet de l’État américain

Les déclarations des plus hauts responsables américains de la sécurité nationale ont été unanimes dans leur fermeté. John A. Eisenberg, procureur général adjoint chargé de la sécurité nationale, a affirmé que Khan avait planifié l’attentat « dans le but explicite de tuer le plus grand nombre possible de juifs », ajoutant que « la Division de la sécurité nationale œuvrera sans relâche pour que des terroristes comme Khan affrontent le plein poids de la loi américaine ».

Jay Clayton, procureur fédéral pour le District Sud de New York, a qualifié le projet de « terrible attaque contre un centre juif vénéré », rendant hommage au travail de la Joint Terrorism Task Force du FBI de New York, dont l’action a permis de neutraliser Khan avant même qu’il n’atteigne le territoire américain. « Le terrorisme et les violences fondées sur la haine n’ont aucune place à New York, a-t-il martelé. Nous continuerons à garantir la sécurité des groupes religieux qui ont le droit fondamental de se rassembler pacifiquement et sans crainte. »

Coult Markovsky, directeur adjoint par intérim de la division antiterroriste du FBI, a souligné que ce plaidoyer de culpabilité permettra à Khan « d’assumer les conséquences de la planification d’une fusillade de masse à New York, qui aurait pu tuer ou blesser de nombreuses personnes ». James C. Barnacle Jr., directeur adjoint chargé du bureau de New York du FBI, a précisé que Khan « avait prévu d’infliger des pertes considérables et de semer la terreur avant d’être intercepté à 20 kilomètres de notre frontière nord ».

La commissaire du NYPD, Jessica S. Tisch, a conclu : « Le NYPD, en étroite coordination avec ses partenaires fédéraux, a réussi à arrêter ce dangereux complot avant qu’il ne devienne une attaque dévastatrice. Cette affaire illustre une fois de plus le travail sophistiqué que réalise le NYPD pour protéger nos communautés. »

Quand un document fédéral explique ce qu’est Habad au grand public américain

Un détail du communiqué officiel du Département de la Justice n’a pas manqué d’être remarqué : le document comporte une note de bas de page explicitement destinée au grand public américain, définissant ce qu’est Habad. Il y est précisé que « Habad est une branche du judaïsme ‘hassidique, ainsi qu’un mouvement qui gère des institutions religieuses et éducatives juives dans le monde entier ».

Cette précision, inhabituelle dans un document judiciaire fédéral, témoigne de la portée symbolique de cette affaire, qui dépasse largement le cadre communautaire pour interpeller l’ensemble de la société américaine face à la montée des actes antisémites à motivation jihadiste.

 

Nadav et Avihou : quand l’amour de D.ieu devient une flamme fatale

Nadav et Avihou : quand l’amour de D.ieu devient une flamme fatale

Le décès des deux fils d’Aharon dans le Michkan demeure l’une des plus grandes énigmes de la Torah, survenu précisément le jour le plus solennel de leur père. Dans un cours magistral aux résonances profondes, cette conférence explore la nature de ces deux âmes d’exception, leur quête spirituelle absolue et la leçon universelle que le Rabbi en a tirée pour chaque Juif. Une méditation bouleversante sur les frontières entre l’extase mystique et la vie ancrée dans le monde — et sur le choix que D.ieu attend réellement de nous.

 

Rav Schneor Ashkenazi

 

Le jour le plus grand, la tragédie la plus profonde

Roch Hodech Nissan. La date est attendue depuis des mois. Le Michkan vient d’être inauguré, Aharon HaCohen officie pour la première fois, les sacrifices s’élèvent vers les cieux — et une flamme divine descend du ciel pour lécher l’autel. C’est le signe que D.ieu accepte l’Alliance, que le pardon pour la faute du Veau d’Or est scellé, que la Présence Divine choisit de résider parmi Israël. Jamais l’assemblée n’a connu joie plus grande.

Et puis, en un instant, tout bascule.

Deux étincelles jaillissent du Saint des Saints et s’engouffrent dans les narines de Nadav et d’Avihou, les deux fils aînés d’Aharon. Leurs corps s’effondrent. L’officiant du jour le plus radieux de sa vie devient en quelques secondes un père endeuillé. Le Talmud rapporte qu’Aharon, dans un silence de pierre, ne sut d’abord trouver aucun mot.

Ce sont deux versets que la Torah consacre à cette catastrophe — deux versets d’une densité vertigineuse, qui ont nourri des générations de commentateurs sans jamais livrer tous leurs secrets.

Qui étaient vraiment Nadav et Avihou ?

Avant de comprendre leur faute, il faut mesurer leur grandeur. La Torah elle-même — avant toute évocation de leur mort — les convoque au rang des plus grands : Moïse, Aharon, Nadav et Avihou sont les quatre hommes que D.ieu invite à gravir le Sinaï avant le Don de la Torah. Quatre âmes pures et élevées, désignées pour être les témoins de l’Alliance entre D.ieu et Son peuple.

Plus troublant encore : la Torah liste les descendants d’Aharon et de Moïse sous l’intitulé « Voici les enfants d’Aharon et de Moïse » — avant de n’évoquer que les fils d’Aharon. Rachi l’explique : Nadav et Avihou étaient les fils spirituels de Moïse Rabbenou. Lui qui n’eut pas le mérite que ses propres enfants lui succèdent, se consacra à ces deux âmes comme à ses héritiers les plus directs. Il voyait en eux le prolongement de ce qu’il avait lui-même voulu être. Et dans le deuil, Moïse dit à son frère : « Je savais que ce jour serait sanctifié par quelqu’un de grand — je pensais que ce serait toi ou moi. Je découvre qu’ils étaient plus grands que nous. »

Quatre fautes — ou un seul élan mal canalisé ?

Le Midrach recense douze explications possibles de leur chute. Quatre ressortent des textes bibliques eux-mêmes, comme autant de pièces d’un même puzzle.

La première : ils apportèrent un feu étranger, une initiative non ordonnée.
La deuxième : ils rendirent une décision halakhique en présence de leur maître — faute considérée comme une présomption passible de mort, selon le Talmud.
La troisième — et c’est là que le récit bascule vers quelque chose de plus étrange — : D.ieu ordonne immédiatement après leur mort l’interdiction formelle aux Cohanim d’entrer dans le Sanctuaire après avoir bu du vin. Autrement dit, ils étaient ivres.
La quatrième, consignée dans le livre des Nombres : ils n’avaient pas pris de femme. Pas de mariage, pas de descendants, pas d’enracinement dans le monde.

Qu’est-ce qui unit ces quatre comportements ? Une âme si haute qu’elle ne veut plus appartenir à la terre.

La maladie des amoureux de D.ieu

C’est ici que le regard de l’Ohr HaHayim HaKadoch — l’un des plus grands commentateurs du XVIIIe siècle — éclaire d’une lumière saisissante ce que les récits bruts laissent dans l’ombre. Il écrit : « Leur mort vint de leur rapprochement même devant D.ieu. Ils moururent parce qu’ils voulurent embrasser D.ieu sur Sa bouche. Ils n’attendirent pas le baiser de la mort — ils allèrent chercher le baiser par eux-mêmes. »

Et d’ajouter, dans une formule d’une beauté à peine soutenable : « Même en sentant leur propre fin, ils ne reculèrent pas. Neimoute, arouvote, havivout, ‘hashikout, metikout… » — douceur, intimité, affection, désir, suavité — jusqu’à l’extinction de l’âme.

Ce n’est pas un péché de rébellion. Ce n’est pas une faute de paresse ou d’orgueil grossier. C’est la maladie de ceux qui aiment trop. Ceux dont l’âme est trop grande pour le corps qui la contient. Ceux pour qui le monde physique est une prison trop étroite, et qui rêvent de s’en affranchir dans un élan mystique absolu.

Le vin n’est pas ici la cause de leur ivresse — il en est l’expression. Quand un être ressent une émotion que les mots ne peuvent plus contenir, quand l’élan intérieur dépasse toute raison, toute prudence, toute structure — il cherche dans l’ivresse un langage à la hauteur de ce qu’il ressent. C’est précisément l’analyse du Rabbi, le Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, dans les Likoutei Si’hot (vol. 3, p. 98) : la faute de Nadav et d’Avihou était une aspiration à la légèreté de l’âme, à se dépouiller du corps, à fuir vers le haut plutôt qu’à transformer le bas.

Le Rabbi et le Sefer Torah : relire la Providence

Pour illustrer ce retournement du regard — cette capacité à voir dans la tragédie non pas un rejet divin mais un acte d’amour incompris — une lettre adressée au Rabbi est rapportée.

Un homme fortuné avait fait écrire, pendant des mois, un Sefer Torah somptueux à la mémoire de ses parents. Il avait tout prévu : le scribe le plus réputé, un beau aron kodech, une cérémonie d’inauguration grandiose. Toute la communauté s’était rassemblée. Le scribe traçait les dernières lettres sous les yeux émus de l’assemblée — lorsqu’une femme fut soudainement frappée d’un malaise. Elle mourut sur place, pendant la fête.

L’homme, bouleversé, écrivit au Rabbi : pourquoi D.ieu avait-il gâché le plus beau jour de sa vie ? Était-ce un signe que le Sefer Torah était maudit, qu’il ne fallait pas l’introduire dans la synagogue ?

La réponse du Rabbi fut lumineuse : « Tu n’as pas compris ce qui s’est passé. D.ieu ne t’a pas chassé. C’est pour elle qu’Il a agi. Cette femme devait quitter ce monde à ce moment précis — et D.ieu a voulu que ses dernières minutes soient entourées de joie, de chaleur humaine, de femmes lui tenant la main et lui disant : « Tiens bon, l’ambulance arrive, tu es dans un lieu de sainteté, le mérite du Sefer Torah te protège. » Quelle plus grande bonté que de permettre à quelqu’un de quitter ce monde en souriant, entouré d’une communauté, sans être seul ? »

Voilà précisément le contrepoint à la tragédie de Nadav et Avihou : là où leur regard ne voyait que l’Ascension, le regard du Rabbi enseigne à voir l’Amour dans ce qui ressemble à un arrachement.

Rava, Rabbi Zeira et le meurtre de Pourim

Le Rav conclut son cours par un récit talmudique étonnant, tiré du traité Méguila (daf 7), qu’il éclaire d’une interprétation inattendue du Rabbi.

La Guemara rapporte que Rava avait l’habitude d’inviter Rabbi Zeira pour le festin de Pourim. Un an, dans l’état d’ivresse rituelle prescrite par la loi — « ad délo yada », jusqu’à ne plus distinguer Haman de Mordekhaï — Rava se leva et… tua Rabbi Zeira. Le lendemain, revenu à lui, il le ressuscita. L’année suivante, il le réinvita. Rabbi Zeira déclina poliment : « Les miracles ne se reproduisent pas chaque jour. »

Comment comprendre cet épisode absurde ? Le Rabbi propose une lecture d’une profondeur inattendue. Il existe deux manières de « faire sortir » une âme du monde. L’une violente et physique. L’autre : avec des mots chargés de lumière divine, avec des idées si élevées que l’âme ne désire plus revenir. Rava, géant de la Torah, avait révélé à Rabbi Zeira des horizons si lumineux que ce dernier ne voulait plus revenir à la vie ordinaire. Il avait fallu le « ressusciter » — le ramener à l’engagement dans le monde concret. Et l’année suivante, Rabbi Zeira refusa : une seule fois, cela suffit. Il avait eu du mal à revenir. Il avait frôlé le sort de Nadav et d’Avihou.

La véritable leçon : le Kippour du lendemain

Le Rabbi, dans les Likoutei Si’hot (vol. 32, p. 100), tire la conclusion pour chaque Juif : la grandeur de Nadav et d’Avihou n’est pas en cause. Leur aspiration au divin était authentique et sublime. Leur erreur fut de croire que la fuite hors du monde est une forme d’amour de D.ieu — alors que D.ieu veut précisément le contraire : qu’on entre, et qu’on en ressorte en paix.

« L’essentiel, dit le Rabbi, c’est d’entrer en paix et de sortir en paix. De revenir dans le monde avec l’intention de faire la paix entre la Divinité et le monde — et de mener une vie ordinaire au Nom des Cieux. »

Le vrai Yom Kippour — dans une formule saisissante qui conclut ce cours — ce n’est pas le soir du jeûne, dans l’élan et la ferveur collective. C’est le lendemain matin, quand on se lève sans force, sans inspiration, sans la musique intérieure de la veille — et qu’on choisit quand même de se battre, de sanctifier, d’avancer. C’est dans la banalité du quotidien que se joue la vraie rencontre avec D.ieu. Ce que Nadav et Avihou n’ont pas voulu voir. Ce que chacun d’entre nous est invité à comprendre.

 

Vendredi 10 avril 2026 à 10h30 : Likouté Si’hot volume 1 – Chemini – Rav Levi Azimov

Vendredi 10 avril 2026 à 10h30 : Likouté Si’hot volume 1 – Chemini – Rav Levi Azimov


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ET SUR RADIO HASSIDOUT
RADIO HASSIDOUT

La Paracha Chemini expose les lois fondamentales de la pureté et de l’impureté des animaux, en établissant deux critères distinctifs pour l’animal pur : la rumination et le sabot fendu. Une question halakhique de première importance est posée d’emblée : ces signes sont-ils la cause directe de la pureté, ou ne font-ils que l’indiquer ? Cette sicha de Likoutei Si’hot révèle que les signes de l’animal pur portent un enseignement profond sur la conduite de l’homme et sur le rapport entre l’âme animale et la Torah.

 

 

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א. Les deux signes de l’animal pur et la question fondamentale

La Paracha de cette semaine traite des lois de pureté concernant les animaux autorisés à la consommation et des lois d’impureté concernant les animaux interdits. La Torah désigne deux signes de l’animal pur : la rumination (maalat guéra) et le sabot fendu (mafrissat parssa).

S’agissant de ces signes, une question fondamentale est posée¹ : sont-ils la cause de la pureté et de l’impureté — de sorte que l’animal qui rumine et possède le sabot fendu est pur en raison même de ces signes — ou bien ne constituent-ils que de simples indicateurs, la pureté de l’animal découlant d’autres causes et ces signes ne servant qu’à l’identifier — Hachem ayant établi en eux des marqueurs permettant de reconnaître lesquels sont purs ?

La différence entre les deux approches est la suivante :

La halakha établit que « ce qui provient du pur est pur »² — même lorsque l’animal ne possède pas les signes de pureté. Par exemple : « ce qui provient du pur mais dont les sabots sont soudés » — même sans les signes de pureté, il est pur, car il est né d’un animal pur.

Si l’on considère que les signes ne sont que des indicateurs, cette halakha est parfaitement compréhensible d’un point de vue rationnel : puisque l’animal provient du pur, les signes ne sont pas nécessaires. Mais si les signes constituent la cause de la pureté, la règle « ce qui provient du pur est pur » soulève une difficulté : le poussin « grandit de la poussière » (c’est-à-dire se développe à partir de la terre), et devrait donc être impur en raison de ses signes d’impureté. Si l’on affirme que les signes ne sont qu’indicateurs, alors puisque nous connaissons l’espèce dont est issu le poulet, pourquoi les signes d’impureté nous importeraient-ils ? Il faut donc nécessairement affirmer que les signes constituent une cause de pureté, et que la règle « ce qui provient du pur est pur » est une Guézérat Hakatouv (un décret scripturaire). C’est pourquoi, lorsque l’animal « grandit de la poussière », cette règle ne s’applique pas.

Il convient dès lors de comprendre le rapport entre « la rumination et le sabot fendu » et la pureté. En particulier, après avoir établi que — dans la dimension intérieure de la question — même en supposant que ces signes ne sont qu’indicateurs, puisque tout, y compris les affaires du monde, est soumis à la Providence particulière, et a fortiori les sujets de la Torah et de ses commandements — le fait que ces signes aient été désignés comme signes de pureté prouve au minimum qu’ils ont un rapport avec la pureté, sinon comme cause directe, du moins selon la première approche.

ב. Les preuves que les signes constituent la cause de la pureté

Plusieurs preuves attestent que les signes de pureté constituent la cause de la pureté. Cela ressort du langage même du verset : « car il rumine et n’a pas le sabot fendu, etc. »

Une preuve supplémentaire est tirée de la halakha : « La dinde des marais (= la dinde sauvage) — est interdite. » Il est établi⁴ que dans ce cas, la purification n’est pas une Guézérat Hakatouv.

La distinction pratique (nafka mina) en matière de halakha, entre le fait que la pureté relève du raisonnement et le fait qu’elle relève de la Guézérat Hakatouv, est la suivante : il est interdit de jouer avec un aliment pur — dans quel contexte cela s’applique-t-il ? — lorsqu’il est d’une espèce pure. Mais lorsqu’il est d’une espèce impure et que sa pureté ne découle pas d’une Guézérat Hakatouv, cette interdiction ne s’applique pas.

La preuve en est : sur le verset « le Léviathan que Tu as créé pour jouer avec lui »³, le Talmud de Jérusalem demande : comment est-il permis de jouer avec lui ? Et il répond : parce que le Léviathan est en réalité une chose impure « qui a été exemptée de l’interdiction générale. » On voit donc que lorsque la pureté est une Guézérat Hakatouv, il est permis de jouer avec.

ג. Les fondements des interdits alimentaires

L’une des raisons des interdits alimentaires⁵ est que, puisque l’homme mange et boit « du sang et de la chair » — la Torah a interdit ces aliments afin que l’homme n’acquière pas les traits de comportement de l’animal interdit. C’est de là que découle également la compréhension des deux signes de l’animal pur. La Torah, précisément parce qu’elle traite de ce qu’un être humain mange, doit clarifier l’animal pur — et elle désigne à cet effet deux signes : a) mafrissat parssa (sabot fendu), b) maalat guéra (rumination).

ד. La Torah comme guide de conduite pour l’homme

Il y a lieu de dire que l’ensemble du sujet dans la Torah — la Torah étant un guide pour l’homme — s’applique également à ce point particulier : les signes de l’animal pur. Pour clarifier l’animal pur, la Torah indique « le sabot » et « la parssa » parce qu’ils correspondent à la manière dont l’homme doit se conduire.

Un aspect supplémentaire : l’examen et la distinction ne servent que pour la pureté de l’animal. De même, en ce qui concerne l’homme — dans la nefesh habehémit (l’âme animale) de l’homme — l’examen et la distinction ne concernent pas les sujets de l’âme divine, les sujets de la Torah et de ses commandements — qu’ils soient accomplis « lichma » (pour Son Nom) ou même « chélo lichma » (pas pour Son Nom) — car même celui qui étudie la Torah par intérêt personnel en tire bénéfice, puisqu’il devrait l’étudier « le’olam » (en vue du monde à venir). Et même la pratique des commandements sans intention appropriée a de la valeur, l’intention ne relevant que du niveau du « lichma« ⁶. L’examen ne porte que sur les aspects liés à la pureté de l’âme animale en l’homme.

Les deux espèces d’animaux impurs, telles que décrites dans la Torah, ont également une signification pour le comportement humain — jusqu’au point où permettre que la Torah « demeure dans un animal impur » reviendrait, selon le Rambam, à être « comme un cadavre sans la permission de la Torah » (c’est-à-dire permis).

ה. La distinction fondamentale entre la tête et les jambes

D’une manière générale, la distinction fondamentale entre la tête et les jambes existe aussi chez l’animal — comme cela est expliqué dans les lois des remèdes médicaux et d’autres domaines.

Il faut ajouter que les jambes de l’animal sont encore plus proches de la terre, et qu’il ressort des signes que l’âme animale n’a pas besoin de se tenir « suspendue dans les airs », car les affaires de l’âme animale ne sont pas des affaires célestes. Si tel est le cas — seulement dans la mesure de l’acte⁸ — seulement au niveau de la contemplation du cœur.

Il est rapporté que le Rebbe (le Maharach »b) au nom de son père a dit à un ‘hassid, homme d’envergure et aux affaires importantes : « Les jambes, les pieds, sont plantés profondément dans la terre, mais la tête, la tête reste tout en haut… »

Il faut en outre être debout sur ses pieds pour exister sur la terre. La parssa — « la parssa sépare la jambe de la terre » — constitue la séparation entre les pieds et la surface de la terre. Mais la parssa, pour être authentique, doit réaliser une séparation complète — à savoir que les sujets des affaires terrestres doivent également être éclairés par la lumière — pour les pieds.

ו. L’aspect additionnel de « mafrissat parssa »

Un aspect additionnel se trouve dans la Paracha à propos de « mafrissat parssa »¹² — la parssa est divisée en deux, et cela signifie que la démarche sur la terre et le contact avec elle doivent être empreints d’une lumière particulière. Le sens en est que les sujets des affaires terrestres doivent également être éclairés par la lumière de la Torah, afin de percevoir la lumière dans ces affaires et de voir la lumière dans les sujets terrestres.

ז. « Mafrissat parssa » dans la pensée ‘hassidique

[Selon la pensée ‘hassidique⁹] Concernant les cheveux : chez la femme, « les cheveux d’une femme constituent un domaine interdit (érva) », et chez les Lévites il est dit : « ils se passeront le rasoir », tandis que pour le Naziréen il est dit : « il laissera pousser ses cheveux en liberté. » L’explication est que les cheveux se trouvent à l’endroit où la vie et la lumière sont dans une mesure infime — les cheveux étant comme une trace légère (provenant de la dimension de la contraction de la Gulagoulta) — l’intérieur, le bord — et c’est pourquoi le Naziréen « kadoch yihyé — gadol paroa » (= il sera saint — ses cheveux seront longs et libres). De même pour les animaux, dans l’aspect de la parssa — elle doit être fendue.

Selon le Tanya¹⁰ : « Aucun être sur terre ne se sépare du Vrai, D.ieu. » Il faut donc que la complétude atteigne toute la profondeur de la parssa — jusqu’en bas.

Seulement à ce moment-là, l’animal devient pur, c’est-à-dire : la behémot (l’animalité), la matérialité nécessaire au corps, est alors une behémot tehorah (un animal pur).

Et selon ce qui est écrit dans le « Kehilat Yaakov » — de l’auteur du livre « Mélo Haroïm » — le mot behémot est en réalité un acronyme : basar (chair), chem (nom), chamaïm (cieux) — et il est compréhensible qu’elle soit pure, car rien d’impur ne descend des Cieux¹¹.

ח. Le signe « mafrissat parssa » ne suffit pas à lui seul

Le signe « mafrissat parssa » n’est pas suffisant à lui seul, et le signe additionnel de « maalat guéra » est nécessaire.

Avant d’accomplir toute action physique, le sujet doit être mâché et examiné, clarifié une fois et encore une fois — s’il convient de faire la chose et comment la faire. Seulement alors l’animal est pur.

ט. L’enseignement des signes de pureté concernant les oiseaux

Un enseignement supplémentaire est à tirer des signes de pureté concernant les oiseaux :

Pour un oiseau, il est interdit de se fier uniquement aux signes, et une tradition (massora) est également requise¹⁸. On pourrait se demander : à quoi sert la tradition, puisqu’on peut vérifier d’après les signes seuls ? Mais le sens en est que l’homme ne peut pas se fier à son seul intellect. Il est possible d’avoir une voie toute tracée, et même selon son propre raisonnement — de se conduire au-delà de la lettre de la loi — mais sans tradition, on risque de se retrouver dans les profondeurs les plus basses. Il doit donc y avoir une « massora » — une transmission — ce qui signifie également une connexion au Rabbi, le Rabbi qui s’occupait du salut des âmes d’Israël — en leur nom et par leurs conseils — de l’avis du conseil de la prudence.

(Extrait de Likoutei Si’hot, Paracha Ré’é, 5710 [1950], et Paracha Chemini, 5716 [1956])

י. Le contenu de la Paracha de cette semaine

Le contenu de la Paracha de cette semaine est le suivant : d’abord, le sujet du huitième jour de l’inauguration du Sanctuaire, ensuite la mort des deux fils d’Aharon, et enfin, à la fin de la Paracha, les lois de pureté des animaux — jusqu’à l’interdiction de consommer les reptiles et les insectes.

L’avantage du huitième jour sur les jours qui l’ont précédé est que parmi tous ces jours, D.ieu a dit : « le huitième jour, le Sanctuaire a été érigé en Son honneur — et il n’a plus été démonté », à savoir que tout ce qui a été fait a été accompli conformément à l’ordre prescrit. Cela précisément parce que c’est le huitième jour que le Sanctuaire a été « réellement érigé et non plus démonté. » Surtout après que, le septième jour de l’inauguration, un feu est descendu du Ciel — chose qui n’avait pas eu lieu dans les jours précédents.

En tout état de cause, le sujet des huit jours de l’inauguration est que le huitième jour représente le point culminant : le Sanctuaire y a été « réellement érigé et non plus démonté. » Car tout ce qui a été fait a été accompli selon l’ordre prescrit — et c’est en cela que réside la supériorité du huitième jour sur tous les jours de l’inauguration qui l’ont précédé.

Washington et Téhéran signent un cessez-le feu de 15 jours qui n’inclut pas le Liban

Washington et Téhéran signent un cessez-le feu de 15 jours qui n’inclut pas le Liban

 

Un cessez-le-feu sans texte commun signé, salué comme une victoire pour Donald Trump : tel est le paradoxe fondateur de « l’Accord d’Islamabad », né de quarante jours de guerre totale et d’un ultimatum proféré sur les réseaux sociaux. Pendant que les marchés mondiaux reprenaient leur souffle et que les diplomates se congratulaient, Beyrouth subissait « la plus grande vague de frappes depuis le début de la guerre ». Car le Liban, expressément exclu du périmètre de la trêve par Israël, incarne à lui seul la faillite d’un ordre international fondé sur des règles que personne ne respecte vraiment quand les enjeux sont suffisamment élevés.

 

 

La diplomatie du chaos : l’ultimatum de Donald Trump

Le 7 avril 2026 restera dans les annales comme le point de bascule d’un conflit qui menaçait depuis des semaines de plonger l’économie mondiale dans une spirale catastrophique. Les Gardiens de la Révolution islamique avaient mis à exécution une menace longtemps brandie comme un repoussoir : le blocus total du détroit d’Ormuz. En quarante-huit heures, le trafic pétrolier mondial s’était effondré. Le baril de brut avait franchi des sommets historiques. Les Bourses avaient décroché. La mécanique de la panique globale s’emballait.

Face à cette configuration, Donald Trump avait choisi la méthode qui lui est constitutive : l’escalade verbale assortie d’un délai non négociable. Le président américain avait fixé un ultimatum expirant à vingt heures, heure de Washington. Le message était sans ambiguïté : la réouverture immédiate du détroit ou une réponse militaire d’une ampleur sans précédent contre les infrastructures civiles iraniennes — ponts, centrales électriques, installations hydrauliques.

« Une civilisation entière mourra cette nuit, pour ne jamais être reconstruite » — Donald Trump, Truth Social, 7 avril 2026 — menace suspendue quatre-vingt-dix minutes avant l’échéance.

Cette rhétorique, qui a valu à Trump des condamnations du pape Léon XIV et de plusieurs chefs d’État européens, a néanmoins produit l’effet recherché. L’Iran, dont l’économie venait d’encaisser quarante jours de bombardements intensifs et une vague de cyberattaques paralysantes, n’était pas en mesure de tester la réalité de la menace américaine. C’est dans cette fenêtre d’épuisement mutuel que le Pakistan a pu s’engouffrer.

Ce que l’accord contient — et ce qu’il tait

La première vérité à établir est celle-ci : il n’existe pas de document commun signé. Trump a annoncé la trêve dans un post sur Truth Social, moins de deux heures avant son propre ultimatum. L’Iran a répondu par une déclaration de son Conseil suprême de sécurité nationale. Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a salué « la sagesse remarquable des deux parties » sur X. Trois textes, trois sources, zéro page contresignée.

Un accord sans texte officiel

Aucun document commun n’a été rendu public. Les deux camps ont publié leurs propres versions, avec des divergences sur des points essentiels — le périmètre géographique, le statut du détroit d’Ormuz, le sort du Liban. Un expert du King’s College de Londres a qualifié cette situation de « cessez-le-feu extrêmement fragile et instable, fondé sur une ambiguïté délibérée ».

Ce qui est en revanche documenté, ce sont les deux plans qui ont servi de base aux négociations — et leurs contradictions profondes.

La proposition américaine en quinze points prévoyait : la réouverture totale et immédiate du détroit d’Ormuz ; l’interdiction absolue de l’enrichissement d’uranium ; le démantèlement du programme balistique ; la cessation du soutien aux milices régionales ; et un allègement conditionnel des sanctions en échange de concessions vérifiables.

La contre-proposition iranienne en dix points exigeait quant à elle : le passage dans le détroit sous contrôle et coordination iraniens ; la fin de la guerre contre l’ensemble de « l’axe de la résistance », Hezbollah inclus ; le retrait total des forces américaines de la région ; la levée de toutes les sanctions primaires et secondaires ; et la reconstruction de l’Iran financée par des fonds internationaux débloqués.

Trump a déclaré que le plan iranien constituait « une base de travail viable » et qu' »presque tous les points de contention » avaient été réglés — sans préciser lesquels. Le Conseil suprême de sécurité nationale iranien a de son côté proclamé que « presque tous les objectifs de guerre ont été atteints » — ce qui est manifestement incompatible avec la position américaine sur le nucléaire et le retrait militaire. Deux camps, un même accord inexistant, deux victoires proclamées.

Une trêve qui craque dès la première nuit

Les premières heures ont suffi à révéler la fragilité extrême du dispositif. Avant même minuit le 8 avril, des missiles étaient encore tirés depuis l’Iran vers Israël et plusieurs États du Golfe. Des groupes irakiens liés à Téhéran ont frappé un centre diplomatique à l’aéroport de Bagdad. Surtout, le détroit d’Ormuz — raison d’être officielle de l’accord — restait de facto fermé le 9 avril au matin : l’Iran n’autorisait le passage qu’après « coordination préalable » avec ses forces armées et moyennant des péages dépassant le million de dollars par navire.

Lorsqu’Israël a ensuite lancé ce qu’il a lui-même qualifié de « plus grande vague de frappes sur Beyrouth depuis le début de la guerre », l’Iran a suspendu les autorisations de passage, invoquant la violation de l’accord.

« Toutes les parties doivent exercer une retenue et respecter le cessez-le-feu pendant deux semaines, afin que la diplomatie puisse jouer son rôle. » — Premier ministre Shehbaz Sharif, Pakistan, appelant à la retenue dès la première journée de trêve.

L’exception libanaise : le facteur Netanyahou

C’est le point de rupture le plus visible et le plus lourd de conséquences humaines. Le Premier ministre pakistanais avait affirmé que le cessez-le-feu s’appliquait « au Liban et partout ailleurs ». Le bureau de Netanyahou a démenti dans l’heure : Israël soutenait la suspension des frappes contre l’Iran, mais « le Liban n’est pas inclus dans le cessez-le-feu ». Deux lectures irréconciliables d’un même accord inexistant.

Pour Netanyahou, la logique est implacable. Téhéran, contraint au silence par la pression américaine, ne peut plus soutenir activement le Hezbollah sans risquer de déclencher une riposte américaine. Le parti de D.ieu se retrouve pour la première fois depuis des décennies coupé de son parrain au moment précis où Israël intensifie ses opérations.

L’opposition israélienne elle-même a réagi avec virulence : Yair Lapid a qualifié la situation de « désastre politique sans précédent », reprochant à Netanyahou de n’avoir atteint « aucun des objectifs qu’il s’était fixés ». La France, le Royaume-Uni et le Pakistan ont demandé l’inclusion du Liban dans la trêve. En vain.

Au 9 avril, la position d’Israël se résumait ainsi : soutien officiel au cessez-le-feu irano-américain avec suspension des frappes sur le sol iranien ; refus explicite d’intégrer le Liban dans le périmètre de la trêve ; lancement de la « plus grande vague de frappes sur Beyrouth » depuis le début de l’opération, le 8 avril au soir ; et exigence du retrait du Hezbollah au nord du Litani comme condition préalable à tout cessez-le-feu au Liban.

Une économie mondiale sous perfusion

L’impact économique de la crise a été considérable, même si la trêve a permis d’éviter le scénario catastrophe. En quelques heures après l’annonce, le Dow Jones a bondi de plus de 1 300 points, le S&P 500 de 2,5 % et le Nasdaq de 2,8 %. Le pétrole a chuté sous les 95 dollars le baril.

Mais la normalisation reste incomplète : les compagnies d’assurance maritime maintiennent des primes de risque élevées, et le détroit demeure partiellement bloqué. Quant à l’Iran, dont l’économie a subi quarante jours d’une guerre d’une intensité inédite depuis les années quatre-vingt, le défi de la reconstruction se chiffre en centaines de milliards de dollars.

Vers une paix durable ou un simple répit ?

La date du 21 avril 2026 s’impose comme l’horizon critique. Les négociations d’Islamabad du 10 avril, conduites côté américain par JD Vance, doivent transformer une trêve de circonstance en quelque chose de substantiel. Les analystes de Chatham House résument l’enjeu en trois questions : peut-on offrir à l’Iran des garanties crédibles contre de nouvelles frappes ? Washington peut-il structurer un allègement de sanctions politiquement viable des deux côtés ? Téhéran est-il prêt à accepter des limites réelles sur son programme nucléaire ?

Deux scénarios s’affrontent. Le premier, celui du grand deal, verrait émerger un cadre régional intégrant la dénucléarisation progressive de l’Iran contre une levée des sanctions — historique en puissance, mais conditionné à la capacité des deux camps à surmonter quarante ans de méfiance réciproque en deux semaines. Le second, celui de la rupture par procuration, verrait l’Iran, incapable de laisser détruire le Hezbollah sans réagir, rompre la trêve sous la pression de ses alliés, contraignant les États-Unis à mettre à exécution leurs promesses et plongeant la région dans une guerre ouverte.

Le Liban, miroir d’un ordre mondial défaillant

Il y a quelque chose de révélateur dans l’exclusion délibérée du Liban de cette trêve. Ce pays, dont la souveraineté a été systématiquement rognée depuis des décennies, incarne la faillite d’un ordre international fondé sur des règles que personne ne respecte vraiment quand les enjeux sont suffisamment élevés. La résolution 1701 de 2006 n’a jamais été appliquée. La FINUL, présente depuis quarante ans, n’a empêché aucune escalade. Et aujourd’hui, tandis que la communauté internationale célèbre une trêve sans texte entre Washington et Téhéran, Beyrouth subit « la plus grande vague de frappes depuis le début de la guerre ». La France s’alarme, le Royaume-Uni condamne, le Pakistan appelle à la retenue. Personne n’arrête les bombes.

Le cessez-le-feu de quinze jours est, dans sa forme réelle, une fiction diplomatique utile — utile aux marchés, utile à Trump qui se présente en artisan de paix, utile à Téhéran qui proclame la victoire. Mais un accord sans texte commun, avec deux interprétations contradictoires sur le périmètre géographique, sur le statut du détroit, sur le nucléaire et sur le sort du Liban, n’est pas un accord : c’est une trêve de l’épuisement. Pour le Liban, expressément exclu et continuellement bombardé, la réalité est plus simple et plus brutale : la diplomatie internationale a décidé, au moins pour quinze jours, qu’il pouvait attendre. L’histoire jugera si ce choix était inévitable. Les Libanais, eux, en vivent déjà les conséquences.

Face à l’Iran, Netanyahu désigne ses livres du Tanya : « Voilà le secret de nos victoires »

Face à l’Iran, Netanyahu désigne ses livres du Tanya : « Voilà le secret de nos victoires »

 

Dans un message adressé à la nation, le Premier ministre israélien Binyamin Netanyahu a désigné, depuis son bureau, plusieurs exemplaires du Tanya pour expliquer la série de succès militaires fulgurants d’Israël contre l’Iran. Pointant ces livres sacrés d’un côté et la maquette d’un bombardier B-2 de l’autre, il a résumé sa philosophie en deux mots : foi et puissance. Ces Tanyas, imprimés il y a plus de quarante ans dans les villes du Liban sur ordre explicite du Rabbi, incarnent aujourd’hui un symbole inattendu au cœur du pouvoir israélien.

 

 

 

Une conviction affichée au sommet de l’État

Dans un message vidéo diffusé à la nation, le Premier ministre israélien Binyamin Netanyahu a désigné, posés sur son bureau, plusieurs exemplaires du Tanya, avant de livrer ce qu’il considère comme le secret de la puissance militaire d’Israël. « Quelle est la clé ? Quel est le secret ? » a-t-il demandé après avoir évoqué sa dernière conversation avec le président américain Donald Trump, au sujet de la vaste campagne israélienne contre l’Iran. « L’Emounah », a-t-il répondu en montrant les Tanyas. Puis, désignant la maquette d’un bombardier B-2 posée sur son bureau : « La force. Nous avons les deux. »

Des Tanyas imprimés sur le front du Liban

Comme l’avait rapporté Anash.org l’année dernière, ces exemplaires du Tanya avaient été offerts à Netanyahu lors de la visite traditionnelle précédant Souccot, par une délégation de Rabbanim de Habad. Les livres avaient été imprimés il y a plus de quarante ans dans des villes libanaises — dont Beyrouth et Tyr — durant la Première Guerre du Liban en 1982, sur directive expresse du Rabbi, dans le cadre de son projet mondial visant à imprimer le Tanya en des milliers d’endroits à travers le monde.

C’est le Rav Yossef Its’hak Aharonov, président du Tzach, qui avait remis ces volumes au Premier ministre. Depuis lors, les visiteurs du bureau de Netanyahu sont régulièrement surpris de les y voir trônant en bonne place. Des photographies en gros plan révèlent une plaque portant l’inscription suivante :

« Au Premier ministre, M. Binyamin Netanyahu — Une bénédiction pour la victoire sur tous nos ennemis. Ces saints livres du Tanya ont été imprimés sur directive spéciale du Rabbi de Loubavitch au cœur de la Guerre du Liban, dans les villes du Liban, y compris la capitale Beyrouth, afin d’apporter force, courage et victoire sur tous les ennemis d’Israël, « d’une main forte et d’un bras étendu », comme il est écrit : « L’Éternel combattra pour vous, et vous, vous vous tairez. » 12 Tichri 5785 (2024) — Tzach d’Eretz Hakodech. »

Lors de cette même visite, Netanyahu avait déclaré à la délégation : « C’est par des stratégies que l’on fait la guerre. Nous avons besoin de courage, de stratégie et de Siyata Dichmaïa. La guerre est une longue épreuve — il y a de meilleurs jours et de jours plus difficiles, mais l’objectif principal reste la victoire. »

Démantèlement systématique du régime des Gardiens de la révolution

Dans sa vidéo, Netanyahu a d’abord relaté sa dernière conversation avec Trump. « J’ai à nouveau parlé avec mon ami, le président Trump. Je lui ai exprimé notre immense reconnaissance pour l’héroïque opération de sauvetage d’un membre d’équipage américain, et le président Trump, de son côté, m’a remercié pour l’assistance qu’Israël a apportée à cette opération. »

« En général, il a parlé de nous en termes élogieux. Il a dit : « Vous êtes formidables — vous êtes extraordinaires. » Il voit Israël comme un allié fort, déterminé et résolu, combattant côte à côte aux côtés des États-Unis. Ensemble, nous continuons à frapper le régime terroriste de l’Iran. »

Netanyahu a ensuite détaillé le déroulement de la campagne en cours : « Aujourd’hui, nous avons détruit la plus grande usine pétrochimique d’Iran. Autrement dit, nous démantelons méthodiquement le moteur financier des Gardiens de la révolution. Nous éliminons des installations, nous éliminons des opérateurs, et oui, nous continuons à éliminer des figures de premier plan. L’Iran n’est plus le même Iran — il n’est plus ce qu’il était autrefois. Israël n’est plus le même Israël — Israël est plus fort que jamais, et le régime terroriste en Iran est plus faible que jamais. »

Foi et puissance : la synthèse d’un chef de guerre

Revenant alors vers les Tanyas et la maquette du B-2, Netanyahu a conclu par ces mots : « Et quelle est la clé ? Quel est le secret ? L’Emounah et la force. Nous avons les deux. »

Ce geste — désigner un ouvrage fondamental du ‘Hassidisme de Habad pour expliquer des victoires militaires — restera sans doute l’une des images les plus frappantes de cette période. Il illustre, d’une façon que peu auraient anticipée, à quel point l’héritage du Rabbi continue de résonner au plus haut niveau de l’État hébreu.

Rav Chmouel Bitton : « Quand l’âme supplie : Ne me réprimez pas ! »

Rav Chmouel Bitton : « Quand l’âme supplie : Ne me réprimez pas ! »

 

Dans une lettre saisissante rédigée à la veille de Pessa’h 5718 (1958), le Rabbi de Loubavitch explore les différentes strates de l’être humain et leurs besoins respectifs. C’est cette lettre que le Rav Chmouel Bitton nous invite à méditer, déployant à travers elle une réflexion lumineuse sur le végétal, l’animal, l’homme et l’âme, pour nous révéler que la véritable liberté ne peut s’accomplir qu’en répondant pleinement à chacun de ces besoins, sans en réprimer aucun. Car négliger la voix de l’âme, c’est condamner l’être tout entier à une insatisfaction profonde, aussi invisible que tenace.

 

 

 

Les besoins de chaque niveau de l’existence

L’une des conditions que je juge les plus essentielles pour accéder à la véritable liberté, c’est de cesser de réprimer les parties de moi-même qui ont besoin d’être nourries.

Il existe une lettre remarquable, profondément émouvante, du Rabbi de Loubavitch, écrite dans les toutes premières années de son rabbinnat. Elle date de la veille de Pessa’h 5718 (1958). Le Rabbi y développe une réflexion sur les besoins propres à chaque niveau d’existence : les besoins du végétal — l’eau, l’air ; les besoins de l’animal — l’eau, l’air et l’espace ; et les besoins de l’être humain, qui ne se limitent pas à manger, boire ou disposer d’espace, mais incluent également un espace pour l’intellect, pour la conscience, pour la pensée. Car c’est précisément en cela que réside la supériorité de l’homme sur l’animal : « l’avantage de l’homme sur la bête. »

Le Rabbi formule alors une observation d’une acuité bouleversante : si je cherche à atteindre la liberté en me contentant de satisfaire les besoins du végétal — en me disant que j’ai de l’air, que j’ai de l’eau, que je suis comblé — je ne serai pas heureux, je ne serai pas libre. Je dois avoir conscience que je porte en moi des besoins qui transcendent ce niveau élémentaire. Et ne pas les réprimer. Car si je me traite comme une bête et que je me contente de satisfaire ses besoins — nourriture, boisson, espace de mouvement — je suis encore dans l’insuffisance.

Le végétal, lui, ne ressent pas la frustration d’être immobile. Il ne se plaint pas d’être enraciné au même endroit. Mais l’animal, enfermé dans une cage, souffre. Chaque être souffre selon la nature de ses besoins. Et l’homme à qui l’on refuse l’accès à la connaissance, à qui l’on interdit de penser librement, à qui l’on ôte toute capacité de réflexion autonome — cet homme est tué intérieurement, quand bien même on lui aurait assuré tout ce que l’on offre à une bête.

La dimension de l’âme : une faim que rien d’autre ne peut combler

Le Rabbi s’élève alors vers le niveau le plus haut. Il pose la question : « Qui est le Juif ? » Le Juif n’est pas seulement un végétal, pas seulement un animal, pas même seulement un homme. Il y a en lui une âme. Et si cette âme est réprimée, si l’on étouffe sa nourriture propre, quelque chose en lui reste à jamais affamé.

Or, la nourriture de l’âme est d’une nature extraordinaire. L’âme ne demande pas simplement à être nourrie comme on nourrit un être ordinaire. L’âme dit : « Laisse-moi accomplir ma mission. Je veux purifier et élever le corps. Je veux être en interaction avec le corps, en interaction avec la vie elle-même. Ne me donne pas seulement une prière en synagogue et dis-moi : voilà, je t’ai nourrie, maintenant tais-toi et reste dans ta cage. » L’âme demande à réaliser la raison même pour laquelle elle est venue en ce monde.

L’Admour Hazaken, auteur du Tanya, fondement de la ‘Hassidout Habad, l’exprime de façon lumineuse : l’âme elle-même n’a pas besoin d’être réparée. Elle n’est pas venue ici pour son propre compte. Il ne faut pas croire qu’en lui jetant quelques pièces — comme on en jette parfois à quelqu’un dans la rue — on a rempli sa part. L’âme n’est pas venue pour être réparée. Elle est venue précisément pour les mécanismes de la vie eux-mêmes, pour créer une élévation et un lien direct et vivant avec le Créateur, avec le Saint béni soit-Il, au sein de la vie concrète, à l’intérieur de la matière.

C’est pourquoi, lorsque je cherche la liberté pour moi-même, je dois avoir pleinement conscience de qui je suis et de quelles sont les parties en moi qui réclament leur nourriture. Si je n’en nourris qu’une seule, ne t’attends pas à te sentir comblé.

Hillel Zeitlin et le témoignage de l’âme qui pleure

Il existait un homme d’une singularité absolue, dont il m’est difficile de parler sans émotion. Il s’appelait le Rav Hillel Zeitlin. Il fut assassiné durant la Shoah, enveloppé dans son Tallit et ses Téfilines. Sa vie traversa des périodes très différentes, tantôt éloigné de la tradition, tantôt revenu à elle. Il était un écrivain d’une grâce supérieure.

Lorsqu’il se mit à agir sous l’inspiration du Rabbi précédent de Habad, le Rav Its’hak Yossef — qui cherchait à atteindre la jeunesse juive de l’époque, éparpillée en tous sens — il se mit à lui adresser des pamphlets. Il écrivit des lettres à la jeunesse juive de Varsovie, en yiddish, traduits par la suite en hébreu, notamment par le Mossad HaRav Kook.

Dans l’une de ces lettres, il leur dit : « Je déambule dans les rues de Varsovie le soir, et je parviens à vous reconnaître, vous, les chers enfants juifs. » Et il leur demande : « Comment vous reconnais-je, alors que vous êtes assis aux coins des rues exactement comme les non-Juifs qui s’y amusent bruyamment ? Vous êtes là, vous aussi, à tenter de tout libérer, tout comme eux, sans aucun signe distinctif juif. Comment donc vous reconnais-je ? »

Et voici ce qu’il répond : « Quand je longe une rue où sont assis des non-Juifs, ils sont vraiment joyeux. Les mélodies qu’ils jouent sur leurs instruments sont sincères, ils sont véritablement libres. Mais quand je passe devant une rue où vous vous trouvez, vous qui tentez de vous amuser, il y a toujours quelque chose dans votre musique — une légère teinte de tristesse, une mélancolie diffuse qui s’insinue et semble briser toute la fête. Et je me dis : ici, il y a des Juifs. Même si je ne parviens pas à les reconnaître au visage, ici il y a des Juifs. »

Car aussi fort qu’un Juif tente de libérer en lui tant de domaines, s’il ne libère pas l’âme, elle continuera à pleurer. Parfois même plus fort. Elle trouve toujours son chemin. Elle trouve toujours le moyen d’exprimer ce qui lui manque : « Pourquoi ne fais-tu pas attention à moi ? Pourquoi prends-tu soin de tant de parties en toi et m’oublies-tu ? »

La liberté intégrale : écouter toutes les voix intérieures

Le véritable enjeu est de parvenir à accorder une attention sincère à toutes ces dimensions à la fois. Car à l’inverse, celui qui ne prête attention qu’à l’âme et néglige son état psychique, sa santé physique, sa vie concrète, crée lui aussi une dissonance qui génère une déchirure intérieure.

La sortie vers la liberté exige donc, en définitive, de ne rien réprimer — ni le corps, ni le psychisme, ni l’intellect, ni l’âme. Je sais que c’est une tâche immense, une mission qui dure toute une vie. Mais c’est précisément ce défi que nous devons poser devant nous, car c’est là, en fin de compte, toute l’histoire.