Dimanche soir, la synagogue Beth Haya Mouchka de Paris a accueilli un magnifique Kinous Torah de Pessa’h, organisé par Beth Loubavitch Paris. Dans une atmosphère chaleureuse et studieuse, Rabbanim et élèves de la Yéchiva ont partagé des Divré Malkhout et des pilpoulim d’une grande profondeur. Une soirée marquante qui a rassemblé de nombreux participants dans l’esprit fraternel propre à la communauté Loubavitch de Paris.
Le Beth Loubavitch a organisé son traditionnel Kinous Torah le dimanche 18 Nissan 5786 (5 avril 2026), perpétuant ainsi une tradition chère au Rabbi de Loubavitch. Cet événement a été organisé par le Rav Elhanan Marozov, avec le soutien et la coordination du Beth Loubavitch, fidèle à l’esprit qu’il a insufflé. Il a rassemblé de nombreux membres de la communauté autour d’un même objectif : s’unir dans l’étude de la Torah et s’élever dans une atmosphère d’inspiration, de partage et d’unité.
C’est dans l’enceinte de la synagogue du Beth Haya Mouchka que la communauté juive parisienne s’est réunie en nombre pour cette soirée d’étude d’envergure. Organisé conformément aux directives du Rabbi de Loubavitch, l’événement a été porté avec dévouement par le Chalia’h principal, le Rav Mendel Azimov, qui a ouvert la soirée en rappelant la place centrale de ces rassemblements dans la vitalité spirituelle de la communauté.
L’interlocuteur de la soirée, le Rav Shlomo Azoulay, a assuré le fil conducteur des interventions, donnant à l’ensemble une dynamique fluide et structurée, tout en mettant en valeur la richesse des échanges et des analyses présentées.
« Ces moments d’étude collective représentent l’essence même de notre tradition », a souligné le Rav Azimov. « Ils permettent non seulement d’approfondir notre compréhension de la Torah, mais aussi de renforcer les liens qui unissent notre communauté autour de ses valeurs éternelles. »
L’un des moments les plus marquants de cette soirée fut la participation des bachourim, étudiants de yeshiva, qui ont présenté devant une assemblée attentive leurs pilpoulim, des analyses talmudiques approfondies préparées durant la période de Bein Hazmanim. Leur sérieux, leur préparation et la profondeur de leurs interventions ont fortement impressionné les participants.
Les intervenants du kinous
Plusieurs bachourim et intervenants se sont succédé pour partager leurs réflexions et leurs analyses.
Le Rav Elhanan Marozov a ouvert les interventions avec une Si’ha du Rabbi, apportant un éclairage profond et structurant sur les enseignements abordés lors de la soirée.
Le Tamim Yonatan Arye Leib Lumbroso a ensuite présenté une étude approfondie du traité de Baba Kama, étudié durant l’année.
Le Tamim Menahem Mendel Kulsky a abordé un sujet relatif à la hassiba des femmes, en développant la chita du Ravia.
Le Tamim Menahem Mendel Amram, connu pour ses développements à partir des Sihot du Rabbi, a mis en évidence l’existence de deux niveaux dans le din de la hassiba, apportant un éclairage profond sur la signification de ce geste lors du Séder de Pessa’h.
À la suite de son intervention, un moment particulièrement marquant est venu enrichir la soirée : le Rav Binyamin Appelbaum a développé des notions liées aux lois de Kidouch Ha’hodech, la sanctification du nouveau mois. À travers une présentation claire, appuyée par des schémas et des explications accessibles, il a su rendre compréhensibles des concepts complexes du Rambam, offrant à l’assemblée un éclairage d’une rare clarté sur ces lois fondamentales. Ce moment a profondément marqué les participants par sa pédagogie et la profondeur de son contenu
Le Tamim Menahem Mendel Dahan, reconnu pour sa capacité à mettre en évidence la cohérence profonde entre différentes parties du Talmud et des traités, a montré comment des discussions apparemment distinctes s’articulent autour de principes fondamentaux communs, révélant ainsi l’unité interne et la structure profonde du Talmud.
Enfin, le Tamim Schneur Zalman Dahan a présenté un sujet particulièrement marquant : la notion de voyager auprès du Rabbi, en explorant ses sources et sa portée spirituelle.
Des analyses talmudiques d’une grande profondeur
Le Tamim Yonatan Arye Leib Lumbroso a développé une analyse fine du traité de Baba Kama. Il a mis en lumière une distinction essentielle entre le din de boshet (la honte) et le din de metamé (rendre impur).
Selon son explication, le din de boshet relève d’un din sur le ‘heftza, tandis que le din de metamé relève d’un din sur le gavra. Cette distinction lui a permis de répondre à une difficulté du Chitah Mekoubetset, en la reliant à un Tosfot étudié durant l’année.
Le Tamim Menahem Mendel Kulsky a ensuite présenté la chita du Ravia, rapportée dans le Rema, concernant la pratique de la hassiba chez les femmes lors du Séder de Pessa’h. En s’appuyant sur une Si’ha du Rabbi, il a expliqué la différence entre « zecher le’hérout » et « derekh ‘herout », apportant ainsi une compréhension plus profonde de cette coutume.
Le Tamim Menahem Mendel Amram a poursuivi avec une analyse des Sichot du Rabbi, montrant qu’il existe deux niveaux dans la hassiba, chacun exprimant une dimension différente de la liberté liée à la sortie d’Égypte.
Le Tamim Menachem Mendel Dahan a présenté une analyse originale autour de la notion de « ad de lo mekalya karna », en lien avec une mahloket entre Rachi et Tosfot au début du traité, qu’il a reliée aux discussions ultérieures sur le principe de « zeh neheneh vezeh lo ‘hasser ». Il a ainsi mis en évidence la cohérence profonde et l’unité interne des différentes parties du traité.
Le Tamim Schneur Zalman Dahan a proposé une réflexion sur la notion de voyager auprès du Rabbi, en montrant comment, après la destruction du Beth Hamikdach, cette pratique peut être comprise comme un prolongement spirituel de la mitsva de monter au Temple lors des fêtes.
Une tradition vivante initiée par le Rabbi
Le Kinous Torah s’inscrit dans une tradition initiée par le Rabbi de Loubavitch, qui appelait à organiser régulièrement de tels rassemblements afin de multiplier les occasions d’étude et de renforcer le lien vivant entre la communauté et la Torah.
Selon les participants, ce Kinous Torah a été un moment d’exception, tant par la qualité des interventions que par l’atmosphère d’élévation ressentie tout au long de la soirée.
Les images captées par le photographe Mordehai Lubecki témoignent de cette ambiance à la fois chaleureuse, studieuse et inspirante.
Conclusion et remerciements
Ce Kinous Torah a une nouvelle fois illustré la grandeur et la profondeur de l’étude de la Torah. À travers des analyses rigoureuses, des éclairages ‘hassidiques et des réflexions enracinées dans les enseignements du Rabbi, les intervenants ont su transmettre la vitalité intemporelle de la Torah et son actualité permanente.
Les organisateurs tiennent à exprimer un remerciement extrêmement chaleureux et profond à tous les bahourim ayant pris la parole. Pour chacun d’entre eux, la préparation de ces interventions a représenté de longues heures d’étude, de rigueur et de persévérance, témoignant d’un engagement remarquable dans la Torah.
Leur investissement, leur sérieux et leur dévouement à l’étude reflètent également un profond attachement au Rabbi de Loubavitch, dont les enseignements continuent d’éclairer leur chemin et leur étude quotidienne.
Grâce à leur engagement et à leur dévouement, cette soirée restera gravée comme un moment d’étude, d’unité et d’inspiration pour toute la communauté, contribuant à renforcer la lumière de la Torah et à hâter la venue du Machia’h, très prochainement, de nos jours, amen.
Photographie : Mordéhaï Lubecki












































































