Guimel Tamouz avec le Rav Israël Chimon Kalmenson : Tsfat vibre au rythme des Farbrenguen des institutions Tseirei Hachlouhim

Guimel Tamouz avec le Rav Israël Chimon Kalmenson : Tsfat vibre au rythme des Farbrenguen des institutions Tseirei Hachlouhim

 

À l’approche de Guimel Tamouz, la ville mystique de Tsefat a vibré au rythme de deux Farbrenguen de préparation organisés au sein des institutions Tseirei Hachlouhim — les Jeunes Émissaires — qui accueillent chaque année des élèves venus des quatre coins du monde. Des personnalités marquantes du mouvement Habad-Loubavitch ont insufflé leur ardeur ‘hassidique à des centaines de Tmimim rassemblés pour préparer l’anniversaire du départ du Rabbi. Le séjour de ces hôtes de marque s’est conclu par un moment de recueillement d’une rare intensité, sur la tombe de Reb Israël Aryeh Leib, frère du Rabbi, qui repose dans l’antique cimetière de la cité mystique.

 

 

Deux Farbrenguen pour entrer dans l’esprit de Guimel Tamouz

C’est dans l’atmosphère chargée d’histoire et de spiritualité de Tsefat, ville des Kabbalistes et haut lieu du mysticisme juif, que les institutions Tseirei Hachlouhim ont organisé des Farbrenguen de préparation à la date emblématique de Guimel Tamouz — le 3 Tamouz, jour de Hilloula du Rabbi, commémoré chaque année par des rassemblements au Ohel à New York et dans les communautés Habad du monde entier.

À la Yechiva Ohel Mena’hem Mendel, le Farbrenguen a réuni les élèves autour du Rav Israël Chimon Kalmenson, l’un des rédacteurs et correcteurs seniors du Vaad Hana’hot belachon hakodech — le comité chargé de la transcription et de la publication des Si’hot et des Ma’amarim du Rabbi en lachon hakodech. Dépositaire d’une connaissance intime et approfondie des enseignements du Rabbi accumulée au fil de quatre décennies de labeur érudit, le Rav Kalmenson a su transmettre aux jeunes Tmimim l’essence profonde de cette date dans le calendrier ‘hassidique, les invitant à s’y préparer avec toute la ferveur et la hith’orerou requises.

 

Le Rav Israël Chimon Kalmenson : un gardien de la parole du Rabbi

La présence du Rav Israël Chimon Kalmenson à Tsefat n’est pas anodine pour quiconque connaît le monde des publications Habad. Originaire de France, il s’installa à New York pour se consacrer entièrement à une mission qui allait marquer l’histoire de la transmission de la Torah du Rabbi au monde entier.

L’aventure débute en 5741 (1981), lorsque le Rav David Feldman fonda le Vaad Hana’hot belaHaK — dont l’acronyme désigne la lachon hakodech, la langue sacrée. Jusqu’alors, les hana’hot (transcriptions) des Farbrenguen du Rabbi étaient rédigées en yiddish par le Vaad Hana’hot Hatmimim et envoyées aux communautés du monde entier. Mais les ‘hassidim d’Erets Israël, d’Europe et d’Amérique latine — hébraïsants dans leur grande majorité — peinaient à accéder à ces enseignements dans une langue qu’ils maîtrisaient. Le Rav Feldman entreprit alors de rédiger les Si’hot de chaque Farbrenguen en hébreu, dans une course contre la montre hebdomadaire : les transcriptions devaient être prêtes dès le lundi ou mardi pour être expédiées par El Al vers Erets Israël, copiées et distribuées avant le Chabbat suivant.

 

C’est à cette époque que le Rav Kalmenson rejoignit l’équipe. Son rôle inaugural : identifier les références et citations obscures que le Rabbi glissait dans ses Si’hot — versets, passages talmudiques, sources kabbalistiques — et les sourcer avec précision pour permettre leur compréhension et leur mise en contexte. Cette tâche de détective érudit, qui semblait d’abord secondaire, allait se révéler fondatrice. En 5744 (1984), une décision historique fut prise : intégrer systématiquement des notes de bas de page avec les sources complètes dans chaque volume de Torat Mena’hem. Depuis lors, pendant quarante années consécutives, le Rav Kalmenson assume cette responsabilité avec une constance et une précision remarquables, traquant chaque référence dans les profondeurs de la littérature rabbinique pour offrir aux lecteurs une lecture pleinement éclairée des enseignements du Rabbi.

Aujourd’hui, l’équipe de Lahak Hana’hot, dont il est l’un des piliers aux côtés du Rav ‘Haïm Chaoul Brook et du Rav David Feldman, a publié plus de quatre-vingt volumes de Torat Mena’hem — Hitvadouyot, couvrant l’ensemble des Si’hot et Ma’amarim du Rabbi depuis 5710 (1950). Ces volumes, qui totalisent des dizaines de milliers de pages d’un enseignement Torah d’une richesse sans précédent dans l’histoire juive moderne, sont aujourd’hui disponibles en ligne et dans les bibliothèques de communautés Habad aux quatre coins du globe. En janvier 2026, le Rav Kalmenson faisait partie de la délégation Habad reçue par le Rav de Satmar à Williamsburg — symbole éloquent du respect universel que lui valent ses décennies de service au rayonnement de la Torah du Rabbi.

À la Yechiva Gedola — la grande Yechiva de l’institution —, c’est le Rav Yossef Gorlik, Rav de la communauté Anshei Loubavitch de Crown Heights, véritable cœur battant de la ‘hassidout Habad en Amérique, qui a pris la parole. Fort de son ancrage au sein de cette communauté emblématique, le Rav Gorlik a partagé des réflexions profondes sur la signification de Guimel Tamouz et sur le lien indéfectible qui unit chaque ‘hassid au Rabbi, transcendant les limites du temps et de l’espace physique.

La Yechiva Tseirei Hachlouhim : un fleuron de l’éducation Habad à Tsefat

Les institutions Tseirei Hachlouhim de Tsefat constituent aujourd’hui l’un des pôles d’éducation ‘hassidique Habad les plus dynamiques de la Terre sainte, un établissement dont la réputation dépasse largement les frontières d’Israël. À leur tête, le Rav Chneur Zalman Kaplan, qui avait consacré neuf ans à la Cheli’hout à Montréal avant de revenir à Tsefat pour reprendre en main les rênes de la Yechiva, incarne par son parcours même les valeurs que l’institution cherche à transmettre : l’engagement total au service du Rabbi et la transmission vivante de la ‘hassidout Loubavitch. Le Rav Kaplan est réputé pour la rigueur de son enseignement, son approche pédagogique singulière et les méthodes d’étude qu’il insuffle à ses élèves avec un dévouement exemplaire.

L’institution comprend la Yechiva Ketana Ohel Mena’hem Mendel, dont la direction spirituelle est assurée par le Rav Chmouel Michoulovin. Fondée il y a cinq ans, cette Yechiva s’est imposée en très peu de temps comme l’une des plus recherchées d’Israël, saluée pour la qualité de son environnement éducatif et ‘hassidique, ainsi que pour l’investissement remarquable de ses Meshoupi’im — ses guides spirituels — auprès de chaque élève. Les étudiants, soigneusement sélectionnés et issus du monde entier, évoluent sur un campus récemment rénové, doté de nouvelles infrastructures, d’espaces sportifs spacieux et d’un cadre de vie propice à l’épanouissement intellectuel et spirituel. Des bourses généreuses sont également proposées aux familles de Chlou’him.

Pour l’année académique 5786 (2025-2026), un cap décisif a été franchi avec l’ouverture d’une toute nouvelle Yechiva Gedola Ohel Mena’hem Mendel. Placée sous la houlette du Rav Mena’hem Mendel Farkash, venu tout spécialement de New York pour en diriger le département de Nigleh — les études halakhiques —, cette nouvelle étape s’inscrit dans la vision ambitieuse portée par le Rav ‘Haïm Kaplan, Chalia’h en chef du Rabbi à Tsefat et président du comité de direction des mosdot Habad de la ville. L’objectif est de doubler les effectifs étudiants, d’amplifier encore la présence du Rabbi dans cette cité chargée de sainteté et de faire de Tsefat un pôle d’excellence Torah reconnu à l’échelle mondiale. L’équipe pédagogique de la nouvelle Yechiva Gedola réunit des figures de premier plan : le Rav Mena’hem Mendel Gopin en tant que Machpia, le Rav Yaakov Batkin comme Maggid Chi’our en ‘Hassidout, et le Rav Itamar Zilberstrom comme Machguia’h.

Une halte chargée d’émotion sur la tombe du frère du Rabbi

En chemin vers l’aéroport, à l’issue de leurs Farbrenguen, les Mashpi’im ont tenu à marquer une halte d’une profonde intensité : celle de la tombe de Reb Israël Aryeh Leib Schneerson, frère du Rabbi, qui repose dans l’antique cimetière de Tsefat — à la demande expresse du Rabbi lui-même.

Né en 1907 à Nikolaev, en Ukraine, Reb Israël Aryeh Leib fut un homme de discrétion et de profondeur, profondément attaché à la Torah et à la ‘hassidout. Durant ses années à Leningrad, il fut un guide spirituel influent pour de nombreux jeunes ‘hassidim. Dans les années 1930, il s’installa à Tel Aviv où il fonda un foyer. Les dernières années de sa vie, il résida à Liverpool, en Angleterre, où il poursuivait des études scientifiques de haut niveau — un homme de Torah et de sciences, à l’image du portrait universel que tracent les enseignements du Rabbi. Il quitta ce monde le 13 Iyar 5712 (1952), à l’âge de 46 ans, des suites d’une crise cardiaque. Le Rabbi, qui ne voulait pas retarder son inhumation, ne put se rendre à ses funérailles — geste de renoncement personnel d’une éloquence poignante, révélateur de l’immensité de son attachement à la Tsniout et au respect de la loi. À la demande du Rabbi, il fut inhumé à Tsefat, seule ville sainte d’Erets Israël alors accessible aux Juifs. Sa pierre tombale porte également une inscription à la mémoire de leur autre frère, Reb Dov Ber, martyrisé par les Nazis, que leur mémoire soit bénie.

Chaque année, au 13 Iyar, de nombreux ‘hassidim et Tmimim font le déplacement jusqu’au vieux cimetière de Tsefat pour y réciter des Michnaïot et invoquer la bénédiction divine. La présence des Mashpi’im en ces lieux, à la veille de Guimel Tamouz, revêtait une signification toute particulière : relier deux moments de mémoire et de dévotion, unir dans un même élan de prière le souvenir du frère et la commémoration du Rabbi, dans la ville où leurs destins continuent de se croiser, au-delà de toute frontière du temps.

 

R. Yisrael Aryeh Leib Schneerson, Torah Scholar and Mathematician -  Chabad.org

Guimel Tamouz 5786 : les Krayot et la baie de Haïfa s’embrasent pour une soirée d’exception en l’honneur du Rabbi

Guimel Tamouz 5786 : les Krayot et la baie de Haïfa s’embrasent pour une soirée d’exception en l’honneur du Rabbi

 

Ils étaient cinq cents, venus de Kiryat Motzkin, Kiryat Yam, Kiryat Bialik, Kiryat ‘Haim et de tout le nord du pays, à s’être rassemblés à la salle des fêtes Kinnarot pour marquer Guimel Tamouz 5786 (2026) en un événement sans précédent dans la région. Vingt-quatre Chlou’him du Rabbi et leurs communautés, des Rabbanim, des maires et de nombreuses personnalités publiques ont répondu à l’appel du Chalia’h principal des Krayot, le Rav Moché Chmouel Overkman, pour une soirée placée sous le signe de l’unité, de l’héritage et de la mission. Récits de vie bouleversants, paroles de Torah enflammées et chants de l’âme ont fait de ce rassemblement un moment de grâce collective, unanimement salué comme l’un des plus grands événements de Guimel Tamouz qu’ait connus la région depuis de nombreuses années.

 

 

 

Un discours qui embrase, une Torah qui éclaire

C’est le Rav Mendy Gerlitzky, venu spécialement de Tel Aviv, qui a tenu le rôle de conférencier principal. Son discours — ardent, lumineux, sans concession — a brossé le portrait d’un Rabbi tout entier voué à l’autre : un être de don, d’amour inconditionnel et de dévouement absolu envers chaque Juif, où qu’il se trouve. Le Rav Chnéour Zalman Kaplan, Chalia’h du Rabbi dans le sud de Kiryat Bialik, a pris le relais avec un enseignement tiré de la Torah du Rabbi, montrant avec précision en quoi la pensée du Rabbi reste, plus que jamais, une boussole vivante pour le Juif d’aujourd’hui.

La voix qui transporte les âmes

Pour habiller spirituellement cette soirée, les organisateurs avaient fait appel au ‘hazzan et interprète de renommée internationale Mocheh Louk. Sa voix, tour à tour puissante et recueillie, a conduit l’assistance à travers des pièces de ‘hazanut, des piyyoutim et des nigounim de l’âme, transformant la salle en un espace de prière et de ferveur collective, à la juste mesure du jour.

 

 

Prières pour les soldats, voix d’un père

La soirée s’était ouverte par la récitation solennelle du chapitre de Tehilim du Rabbi, portée par le Rav Oren Yirmiya, représentant des Chlou’him des Krayot, de Kiryat Yam. Puis le chapitre 20 des Tehilim a été dit pour la paix, le succès et la guérison des soldats blessés, par ‘Hagai Engars, habitant de Kiryat Bialik et père du rescapé de captivité Matan Engars. Devant une salle suspendue à ses mots, il a évoqué ses prières au Ohel et la relation profonde qui l’unit au Rav Pini Marton, Chalia’h du Rabbi à Givat Harakafot, qui l’a accompagné tout au long de cette douloureuse épreuve.

Chaque Juif est un Chalia’h : le message qui a traversé la salle

Le souffle qui a parcouru toute la soirée tenait en une conviction : chaque Juif, quel que soit son parcours, est porteur d’une mission. Il lui appartient d’influencer son entourage, d’allumer une étincelle chez un autre Juif et de devenir, à sa façon, un véritable Chalia’h du Rabbi. Pour illustrer cette vérité autrement qu’en paroles, des récits concrets, tirés de la vie de gens ordinaires, ont été partagés avec une assemblée tenue en haleine.

 

Ahmed, Dotan et la puissance d’une rencontre

Parmi ces histoires, celle de Dotan Lévi, de Kiryat Motzkin, a particulièrement retenu l’attention. Ingénieur chez NVIDIA, Dotan avait sympathisé avec un collègue prénommé Ahmed, cadre supérieur chez Facebook — un homme que sa mère avait élevé dans une vérité longtemps gardée secrète : elle était juive et allumait en cachette les bougies de Chabbat. Cette confidence d’enfance avait semé en Ahmed un désir tenace de retrouver ses racines. Avec le soutien du Rav Chimon Eisenbach, Chalia’h du Rabbi à Neve Ganim, Dotan a nourri et approfondi ce lien. Le Chalia’h du Rabbi en Californie a pris le relais : Ahmed a posé les Téfilines pour la première fois de sa vie, avant de célébrer un pidyon haben et une Bar-Mitsva. Un destin transformé, grâce à la fidélité et à la persévérance d’un ami.

Quand des voisins deviennent des ambassadeurs

L’histoire de Dotan n’était pas isolée. Des résidents de Kiryat Yam et de Kiryat Motzkin ont à leur tour pris la parole pour témoigner du chemin parcouru depuis leur première rencontre avec un Beth Habad ou un Chalia’h. Certains, entrés presque par hasard dans l’une de ces maisons, dispensent aujourd’hui des cours de Torah et enseignent la Guemara dans le cadre des Kollelim locaux. L’enchaînement est saisissant : celui qui a reçu devient à son tour celui qui transmet.

 

Lior Moyal : la table mise pour l’identité

Copropriétaire du restaurant « Atika », Lior Moyal a livré un témoignage d’une grande sincérité, retraçant le chemin qui l’a conduit, pas à pas, vers le judaïsme, vers Habad, vers le Rabbi. Aujourd’hui, il est un soutien actif et fidèle du Chalia’h Rav Lévi Overkman à Kiryat ‘Haim, à Haïfa, et multiplie les initiatives personnelles pour rapprocher d’autres Juifs de leur héritage.

Un dollar du Rabbi, des images d’histoire et des diplômes d’honneur

La soirée a également été marquée par la projection d’extraits vidéo du Rabbi, dont une séquence historique rare : la remise des clés des villes des Krayot au Rabbi, par le Rav Moché Chmouel Overkman lui-même. Ces images, chargées d’émotion et de mémoire collective, ont été reçues dans un silence recueilli, avant que des témoignages plus contemporains des Chlou’him et de leurs proches ne viennent les prolonger.

En clôture, une loterie organisée autour d’un dollar du Rabbi a été remportée par le Rav Chimon Bitton, président du conseil religieux de Kiryat Motzkin, qui avait lui-même largement contribué au succès de la soirée. Une cérémonie de remise de diplômes d’honneur a ensuite récompensé les représentants des conseils religieux et les partenaires ayant œuvré à la réussite de l’événement, en témoignage de gratitude pour leur engagement sans faille.

 

Les personnalités présentes

Plusieurs maires avaient tenu à marquer leur présence : M. Tziki Avishar (Kiryat Motzkin), M. David Even Tzour (Kiryat Yam) et M. Eli Dokorsky (Kiryat Bialik). Le comité de Kiryat ‘Haim était représenté par M. Barou’h Shamilov. Les Rabbanim des villes, le Rav Yossef HaLévi Abarki et le Rav David Drukman, avaient également pris place parmi les participants, aux côtés de nombreux Chlou’him, personnalités publiques et responsables associatifs venus de l’ensemble des Krayot.

Organisation

Organisé par le Beth Habad central des Krayot et produit par la société « Tsvaim Productions », l’événement a bénéficié du soutien actif du conseil religieux de Kiryat Yam, sous la direction de R’ Ami Ilouz, du conseiller municipal Maître David Abarki, et du conseil religieux de Haïfa, sous la direction de R’ Dror Amos — qui ont tous transmis leurs vœux chaleureux à l’occasion. Avec cinq cents participants rassemblés sous un même toit, ce rendez-vous a confirmé sa place parmi les événements de Guimel Tamouz les plus marquants de la région, témoignage vivant de l’unité et de la vitalité du monde Habad dans les Krayot et la baie de Haïfa. Rabbi.

 

 

La gêne et le sourire – ce que le Rabbi voyait derrière l’imperfection

La gêne et le sourire – ce que le Rabbi voyait derrière l’imperfection

Ce jeudi Guimel Tamouz 5786 (2026), trente-deuxième Hilloula du Rabbi — le chiffre trente-deux s’écrit en hébreu « Lev », le cœur. Eli Wolf, auteur et ‘hassid, replonge dans un souvenir impérissable : une Ye’hidout vécue à l’âge de cinq ans, où une frange de Tsitsit introuvable le laissa dans l’embarras face au Rabbi. Cet instant révèle toute la profondeur de sa pédagogie : exiger l’infini de chacun, tout en accueillant avec un sourire lumineux la plus sincère des intentions.

 

 

Par Eli Wolf

 

 

Un souvenir gravé dans la mémoire

Je les rassemble, je veux les présenter au Rabbi : « Un, deux, trois… » Je cherche le quatrième pour pouvoir conclure et annoncer « quatre », mais ne le trouve pas. Où a-t-il bien pu disparaître ? Je lève les yeux, embarrassé, comme quelqu’un qui n’arrive pas à accomplir sa mission.

Ce jeudi est le Guimel Tamouz, la trente-deuxième Hilloula du Rabbi de Loubavitch. Trente-deux ans — « lev », le cœur, en hébreu.

Ces jours-ci me ramènent naturellement aux moments que j’ai eu le mérite de vivre aux côtés du Rabbi. Les prières en sa présence, les Farbrenguen, les instants exaltants des fêtes de Tichri et les moments ordinaires du quotidien.

Presque cinq ans, devant le Rabbi

Mon premier souvenir du Rabbi remonte à mon enfance : j’avais presque cinq ans et je me tenais avec mes parents — qu’ils vivent longtemps — dans son bureau, lors d’une Ye’hidout. L’attention qu’il me porta, à moi le petit enfant, est gravée dans ma mémoire avec une clarté absolue.

Après m’avoir interrogé sur des notions de vocalisation hébraïque — « kamats alef », « kamats hé », « kamats ayin », « kamats tav » — le Rabbi me posa cette question : « Combien de Tsitsit as-tu ? »

Je ne voulais pas simplement répondre « quatre » : je préférais les lui montrer. Je commençai à les rassembler un à un : « Un, deux, trois… » Mais le quatrième demeurait introuvable. Quelque part, la quatrième frange avait disparu.

Le petit garçon se retrouvait dans l’embarras. Je levai les yeux vers le Rabbi, n’ayant en main que trois franges de Tsitsit, comme pour lui dire en silence : « Je ne trouve pas la dernière, la mission n’est pas accomplie. » Et c’est alors que je vis le visage du Rabbi s’illuminer, m’offrant un large sourire rayonnant, un sourire qui disait : « Tout va bien, cher enfant. Je vois ta volonté sincère, j’ai vu tes efforts. »

Un sourire dont le souvenir, aujourd’hui encore, m’emplit de nostalgie…

Celui qui a cent en veut deux cents

« Celui qui possède une maneh en veut deux cents. Celui qui en possède deux cents en veut quatre cents. »

Cette expression des Sages — Hazal — que le Rabbi avait souvent à la bouche illustre un principe fondamental : lorsqu’un homme atteint un sommet, la « maneh » (pièce talmudique valant cent zouz), il aspire à doubler cette somme et en veut deux cents. Mais lorsqu’il parvient à son but, non seulement il ne s’en contente pas, non seulement il aspire à réaliser cent supplémentaires pour en avoir trois cents — non : « celui qui possède deux cents en veut quatre cents ». Le désir est toujours de doubler l’intégralité du total actuel.

Ceux qui venaient trouver le Rabbi en lui présentant de grandes réussites ne parvenaient jamais à le satisfaire : ils s’entendaient citer cette expression. Le but d’hier n’est que le point de départ d’aujourd’hui. Le succès présent est la preuve que l’on a la capacité de le doubler — et si on le peut, on se doit de le faire.

Une seule Mitsva peut tout changer

En parallèle de cette exigence, une autre citation revenait sans cesse dans la bouche du Rabbi, tirée des écrits du Rambam (Maïmonide) : « Si un homme a accompli une seule Mitsva, il fait pencher la balance en sa faveur et en faveur du monde entier, et cause ainsi le salut et la délivrance pour lui-même et pour tous. »

Un seul acte positif, une seule bonne pensée d’un juif, a le pouvoir de transformer la réalité du monde entier. Le Rabbi éclairait d’une lumière précieuse chaque action positive, si infime et unique fût-elle.

Le Rabbi ne se satisfaisait pas du maximum — et pourtant, appréciait profondément la moindre action, même minuscule.

Les deux messages réunis en un seul instant

Sur la signification de la première Ye’hidout d’un ‘hassid, le Rabbi écrit : « La première Ye’hidout est à la mesure du ‘hassid lui-même, selon la nature de son être propre — c’est selon cela que le Rabbi lui trace son chemin de service divin. »

Cet instant de Ye’hidout rassemble à lui seul ces deux messages.

Le sentiment personnel doit être : tu n’as pas accompli la mission, tu dois faire effort et progresser. « Celui qui a deux cents en veut quatre cents. »

Et simultanément, le Rabbi voit l’investissement, le désir intérieur, l’embarras de celui qui essaie encore et encore — et illumine son visage d’un regard bienveillant.

« S’il a accompli une seule Mitsva, il a fait pencher la balance en sa faveur et en faveur du monde entier. »

Envoyer ses requêtes au Ohel du Rabbi

Le jour de la Hilloula du Rabbi, il est possible d’envoyer à son Ohel des requêtes pour la bénédiction et le succès dans tous les domaines de la vie, matériels et spirituels :

Ecrire au Rabbi – Demande de bénédictions (site)

Pétrole secret et ultimatum nucléaire : Washington livre une bataille silencieuse à Téhéran

Pétrole secret et ultimatum nucléaire : Washington livre une bataille silencieuse à Téhéran

 

Depuis début mai, les États-Unis conduisent en secret une vaste opération de transferts pétroliers en haute mer destinée à contourner la fermeture du détroit d’Ormuz imposée par l’Iran, selon une enquête publiée ce mardi par l’agence Reuters. À la même heure, le président Donald Trump, depuis le sommet du G7, mêlait avertissements nucléaires et louanges surprenantes à l’adresse de Téhéran. Entre guerre de l’ombre dans le Golfe et calculs diplomatiques ambivalents, l’Amérique livre une bataille sur plusieurs fronts face à la crise iranienne.

 

 

 

Une opération clandestine au large du détroit d’Ormuz

L’agence Reuters a révélé ce mardi que les États-Unis mènent depuis le début du mois de mai une opération clandestine de grande envergure, destinée à maintenir le flux de pétrole en provenance des pays du Golfe vers les marchés internationaux — en recourant précisément aux méthodes habituellement associées à l’Iran. L’armée américaine supervise ainsi des dizaines de transferts de pétrole entre pétroliers en pleine mer, hors des eaux du détroit d’Ormuz, à l’aide de drones maritimes et aériens, d’hélicoptères et de multiples équipements de surveillance. Ces convois sont escortés jusqu’à des points de rendez-vous au large de Fujairah, aux Émirats arabes unis, et du port de Sohar, en Oman.

Quatre-vingt-douze navires et des procédures hors normes

D’après les données de suivi satellitaire examinées dans le cadre de l’enquête, au moins 92 navires ont participé à l’opération depuis son lancement début mai. Le 11 juin, pas moins de 17 paires de navires procédaient simultanément à des transferts de pétrole en mer. L’enquête relève en outre qu’un hélicoptère Apache américain, abattu par l’Iran le 9 juin — événement qui a déclenché par la suite des frappes de représailles américaines —, participait à une mission liée à cette opération, bien que son rôle précis dans les transferts pétroliers n’ait pu être établi avec certitude.

Les pétroliers engagés dans ce dispositif naviguent selon des procédures inhabituelles : ils maintiennent des intervalles réguliers, désactivent leurs transpondeurs d’identification et éteignent leurs feux lors du transit dans la zone. Une fois sortis du détroit, ils s’amarrent à de gigantesques navires-citernes auxquels ils transfèrent leur cargaison sur une durée de vingt-quatre à quarante heures.

Quatre-vingt-dix millions de barils, mais une goutte dans l’océan

Reuters estime qu’au moins 90 millions de barils de pétrole et de produits pétroliers ont transité via ce réseau maritime depuis début mai. Ce volume reste pourtant bien inférieur au trafic habituel à travers le détroit d’Ormuz avant la crise, qui s’établissait à environ 20 millions de barils par jour — soit environ un cinquième de la consommation pétrolière mondiale. Cette opération a été mise sur pied pour faire face à la fermeture du détroit par l’Iran à la suite de la guerre irano-israélienne, une décision aux répercussions considérables sur les marchés énergétiques mondiaux.

Risques réels et limites du dispositif

Des responsables de la sécurité et des professionnels du secteur maritime tirent la sonnette d’alarme : si cette stratégie permet de maintenir une partie des exportations pétrolières, elle comporte des risques considérables. La désactivation des transpondeurs et la navigation nocturne sans éclairage augmentent significativement le danger de collisions en mer, tandis que la menace d’attaques iraniennes contre les navires participants demeure une préoccupation constante.

Selon les sources, les États-Unis ne fournissent pas d’escorte navale directe, mais apportent renseignements, surveillance aérienne et vérifications de conformité. Tout navire souhaitant intégrer le dispositif doit au préalable obtenir un agrément auprès de la Marine américaine à Bahreïn, à l’issue d’un processus d’approbation rigoureux.

Trump au G7 : entre menaces et concessions

Tandis que des membres de son administration ont reconnu que l’accord conclu avec l’Iran est moins contraignant que celui signé sous Obama, le président Donald Trump a tenté mardi, en marge du G7, d’afficher sa fermeté vis-à-vis de Téhéran, en affirmant que l’Iran ne parviendrait pas à se doter d’une arme nucléaire. « Marco Rubio m’a dit que les Iraniens n’obtiendraient pas d’arme nucléaire. S’ils en obtiennent une, c’est tout l’enfer qui va s’abattre sur eux », a-t-il lancé — tout en louant dans le même temps le mémorandum d’entente, qu’il a qualifié d’« accord équitable ».

Le président américain a par ailleurs semblé adopter un ton conciliant à l’égard du régime des ayatollahs, affirmant que « le changement de régime en Iran n’a jamais été l’objectif, mais si cela arrive — cela arrive », avant d’ajouter que les Iraniens « se comportent désormais de manière rationnelle ».

Netanyahou, la Syrie et le «parti de D.ieu»

Lorsqu’on lui a demandé si l’accord avec l’Iran survivrait à une éventuelle offensive israélienne au Liban, Trump a répondu : « Bibi doit être plus responsable. Je vois cela comme la petite guerre ; l’Iran était la grande histoire. » Il a néanmoins précisé ne pas être « déçu par Netanyahou ».

C’est cependant une déclaration pour le moins inhabituelle qui a le plus retenu l’attention des observateurs : « Si Israël ne peut pas faire le travail sans tuer tout le monde, c’est la Syrie qui devrait s’occuper du parti de D.ieu. » Une formule lapidaire qui, en suggérant de confier à Damas la gestion de la menace du parti de D.ieu, ouvre une perspective stratégique aussi inédite que vertigineuse.

Des éloges chaleureux pour le Qatar

En marge du sommet, Trump a réservé ses éloges les plus chaleureux au Qatar. « Travailler avec les Qatariens a été un plaisir, ils ont été forts », a-t-il déclaré à l’émir. Il a souligné que le Qatar, pays géographiquement le plus proche de l’Iran, est aussi le plus exposé à ses dangers, avant de rendre hommage à son rôle dans les négociations : « Vous avez fait preuve de courage, et je vous en remercie. »

Habad en Afrique centrale : 35 ans, 11 pays, 1 mission

Habad en Afrique centrale : 35 ans, 11 pays, 1 mission

 

Pour la première fois sur le sol africain, les onze Chlou’him de Habad en Afrique centrale se sont réunis à Kinshasa pour marquer trente-cinq années d’une présence juive bâtie de toutes pièces dans l’une des régions les plus difficiles d’accès au monde. Du Nigeria à la Tanzanie, du Ghana à la Zambie, ce Kinous Hachlouhim a réuni des hommes et des femmes dont le quotidien ressemble davantage à une épopée qu’à une carrière religieuse ordinaire. Ce rassemblement historique a été l’occasion d’annoncer l’ouverture prochaine d’un Beth Habad au Sénégal, pays qui n’a jamais encore eu de présence juive permanente.

 

 

 

Des vols transatlantiques pour se retrouver entre voisins de continent

Certains participants ont dû emprunter deux avions et une escale en Europe pour rejoindre Kinshasa, capitale et plus grande ville de la République Démocratique du Congo. L’un d’eux a quitté Abuja, au Nigeria, pour Paris, avant de bifurquer vers Kinshasa. Un autre a pris la direction d’Amsterdam depuis Accra, au Ghana, pour ensuite rebrousser chemin vers le cœur du continent. C’est la réalité quotidienne des Rabbanim en Afrique centrale : les distances entre pays voisins se négocient parfois comme des voyages intercontinentaux, et les liaisons directes sont une exception plutôt que la règle.

Ils étaient pourtant là, tous les onze, représentant onze pays — de la Côte d’Ivoire à la Tanzanie, du Ghana à la Zambie — pour ce qui constituait leur premier Kinous Hachlouhim régional réuni sur le sol africain.

Une célébration sur les toits de Kinshasa

Le mardi 26 mai 2026, le Sheraton Kinshasa a accueilli sur son toit-terrasse une soirée qui a rassemblé diplomates, membres de la communauté, amis de Habad et personnalités de marque venues saluer trois décennies et demie d’un travail discret mais profond. L’ambassadeur itinérant Antoine Ghonda Mangalibi a pris la parole au nom du président de la RDC, Félix Tshisekedi : « Votre œuvre dépasse les frontières religieuses. Elle touche à quelque chose de plus universel : la dignité humaine, le respect de l’autrui, la transmission du savoir et la lumière de la foi. »

Les débuts modestes d’une aventure extraordinaire

Tout a commencé dans la bénédiction. Le Rav Chlomo Bentolila et son épouse Myriam, de mémoire bénie, avaient reçu la bénédiction du Rabbi pour établir Habad-Loubavitch en Afrique centrale lors de l’avant-dernière nuit de ‘Hanouka 5751 (1990). Moins d’un mois plus tard, ils posaient leurs valises à Kinshasa, alors encore appelée Zaïre, aujourd’hui Congo.

Les premières années ont été rudes. À une époque où Internet n’existait pas encore dans le quotidien ordinaire, le couple Bentolila a débarqué sans publicité ni infrastructure dans une ville marquée par des coupures de courant répétées. Ils ont commencé dans un modeste appartement de deux pièces, avant d’emménager dans une maison plus grande et plus sécurisée à l’intérieur du complexe synagogal. Même l’acquisition d’un générateur ne constituait pas une garantie : les pannes succédaient aux pannes.

Peu à peu, ils ont bâti une belle communauté juive à Kinshasa. Myriam se consacrait à l’éducation tandis que le Rav Bentolila équilibrait ses responsabilités locales avec une mission plus large : rejoindre les Juifs dispersés à travers toute l’Afrique centrale.

Des étudiants envoyés en éclaireurs, des familles envoyées en pionniers

À chaque période de fêtes, le Rav Bentolila mobilisait des étudiants en Yéchiva pour animer des offices et organiser des Séder de Pessa’h à travers le continent. Ces jeunes émissaires temporaires découvraient des Juifs jusque dans les recoins les plus inattendus de l’Afrique. Le Rav Bentolila entretenait ensuite ces liens patiemment, et lorsqu’une présence permanente devenait nécessaire dans un lieu donné, il y envoyait un jeune couple fonder un Beth Habad.

Le Rav Israël Uzan a été l’un de ces étudiants-éclaireurs. Il dirige aujourd’hui, avec son épouse Haya, Habad du Nigeria, basé à Abuja. « Ces années de présence étudiante et d’extension de Habad en Afrique centrale ont permis aux Juifs du Nigeria de se familiariser avec Habad », explique-t-il. « Grâce à ces fondations, ils savaient déjà ce qu’ils pouvaient attendre de nous : la même atmosphère chaleureuse et vivifiante qu’ils avaient goûtée lors des fêtes. » Lui et son épouse se sont installés au Nigeria en 2011, rejoints neuf ans plus tard par le Rav Mendy et Mazal Sternbach à Lagos voisine.

Le Rav Noach et Alti Majesky ont pour leur part découvert Accra, au Ghana, lors de ‘Hanouka 5775 (2014), et y sont retournés quatre mois plus tard pour y conduire un Séder communautaire de Pessa’h. Constatant l’ampleur du besoin, ils ont décidé de rester.

 

Ghana, Nigeria, et les autres : des communautés qui s’épanouissent

Aujourd’hui, le Beth Habad d’Accra accueille une communauté de plusieurs centaines de Juifs — expatriés israéliens, hommes d’affaires américains et européens, et bien d’autres encore — qui remplissent le centre chaque Chabbat. L’école maternelle juive compte des dizaines d’élèves et des centaines d’anciens. Une épicerie cachere est installée dans l’enceinte du centre, régulièrement approvisionnée en produits alimentaires et en fournitures judaïques acheminés depuis Israël.

« La logistique du quotidien est difficile », reconnaît le Rav Majesky. « Nous devons tout importer. Mais cela en vaut la peine. Chaque année, de nouvelles familles rejoignent la communauté. » Il y a deux ans, Habad du Ghana a acquis un terrain ; les travaux d’un bâtiment permanent, un projet estimé à trois millions de dollars largement autofinancé par la communauté elle-même, sont désormais en cours.

Un réseau de onze centres à travers dix pays

Ce qui n’était qu’un unique Beth Habad à Kinshasa s’est transformé, en trente-cinq ans, en un réseau de onze centres permanents répartis dans dix pays : la République Démocratique du Congo, le Nigeria, l’Angola, le Ghana, la Côte d’Ivoire, l’Ouganda, le Rwanda, la Zambie, le Kenya et la Tanzanie. Chacun de ces centres constitue un véritable pôle de vie juive : synagogue, cours de Torah, programmes éducatifs pour adultes et enfants, activités pour la jeunesse, installation cachere, Mikvé, célébrations des fêtes, événements du cycle de la vie — et une maison ouverte à tous, résidents, hommes d’affaires, diplomates et voyageurs de passage.

 

Se retrouver enfin, après des années de distance

La géographie du continent ne facilite pas les rencontres. « Les gens ne réalisent pas que l’Afrique est un continent et imaginent que tous les émissaires ici sont proches les uns des autres », souligne le Rav Majesky. « Mais se voir en personne est difficile. Lors de ce Kinous, j’ai rencontré pour la première fois des collègues que je ne connaissais que de loin, car les voyages sont complexes — et les visas aussi. »

Une fois réunis, cependant, quelque chose s’est enclenché naturellement. Tous partagent les mêmes expériences : les mêmes coupures d’électricité, les mêmes négociations avec les ambassades, les mêmes défis et les mêmes victoires du quotidien. Les ateliers répartis sur deux jours et demi ont couvert l’ensemble des réalités auxquelles font face les Chlou’him de Habad : éducation, animation de la jeunesse, développement communautaire, sécurité, collecte de fonds et approches d’extension adaptées au contexte africain.

Un Beth Habad au Sénégal : l’histoire continue

Le moment fort de ce Kinous a été l’annonce de l’ouverture prochaine d’un Beth Habad au Sénégal. Un jeune couple s’apprête à y établir une présence juive permanente dans un pays qui n’en a jamais connu. Trente-cinq ans après les premiers pas du Rav Bentolila et de son épouse à Kinshasa, le mouvement est toujours en marche.

Pays Ville Chalia’h
République Démocratique du Congo Kinshasa Rav Chlomo Bentolila (Chalia’h principal pour l’Afrique centrale)
Nigeria Abuja Rav Israël Uzan et son épouse
Nigeria Lagos Rav Mendy Sternbach et son épouse
Angola Luanda Rav Levi Checkly et son épouse
Ghana Accra Rav Noa’h Majesky et son épouse
Côte d’Ivoire Abidjan Rav Yerahmiel Bensaid et son épouse
Ouganda Kampala Rav Moche Raskin et son épouse
Rwanda — Rav Bar-Sella et son épouse
Zambie — Rav Mendy Hertzel et son épouse
Kenya Nairobi Rav Avraham Super et son épouse
Tanzanie Dar es Salaam Rav Chimi Aziza et son épouse

 

 

 

Une cérémonie inoubliable : un Sefer Torah entre dans la demeure du Rabbi et de la Rabbanit

Une cérémonie inoubliable : un Sefer Torah entre dans la demeure du Rabbi et de la Rabbanit

 

Dans une atmosphère empreinte d’émotion et de ferveur, un Sefer Torah a été solennellement introduit hier dans la demeure du Rabbi et de la Rabbanit, au 1304 de la rue President, à la mémoire de la Rabbanit ‘Haya Mouchka, de sainte mémoire. La cérémonie de clôture de la rédaction des lettres s’est tenue au 770, avant que le cortège ne s’ébranle dans les rues du quartier, portant le précieux rouleau jusqu’à sa destination finale. Le centre médiatique COL a assuré une couverture complète et détaillée de cet événement exceptionnel.

 

 

Un événement ancré dans la mémoire et dans la foi

C’est en mémoire de la Rabbanit ‘Haya Mouchka Schneerson, de sainte mémoire, épouse du Rabbi, que ce Sefer Torah a été rédigé et dédié. La Rabbanit, dont le souvenir demeure vivant dans le cœur de la communauté de Loubavitch, représente une figure de discrétion, de profondeur spirituelle et de dévouement silencieux à l’œuvre hassidique. Consacrer un Sefer Torah à sa mémoire constitue l’un des honneurs les plus élevés que l’on puisse rendre à une âme dans le judaïsme — une façon de prolonger son héritage et d’associer son nom à l’étude et à la pratique de la Torah pour les générations à venir.

La cérémonie revêtait ainsi une double signification : honorer la mémoire d’une femme d’exception, et introduire dans la demeure où elle avait elle-même vécu aux côtés du Rabbi un objet saint d’une valeur spirituelle inestimable.

La fin de la rédaction au 770 Eastern Parkway

La soirée a débuté au siège mondial du mouvement Habad-Loubavitch, le célèbre bâtiment du 770 Eastern Parkway à Brooklyn, connu simplement sous le nom de « 770 ». C’est là que s’est tenue la cérémonie de clôture de la rédaction des lettres du Sefer Torah — un moment solennel et joyeux à la fois, au cours duquel les dernières lettres du rouleau sont tracées à la plume par le sofer, le scribe rituel, souvent entouré de nombreux participants qui ont l’honneur d’« acquérir » une lettre ou un verset.

Cette tradition de faire rédiger collectivement les lettres d’un Sefer Torah est chère au mouvement Habad, qui encourage chaque Juif — homme, femme et enfant — à prendre part à ce commandement fondamental. Le Rabbi lui-même avait lancé à plusieurs reprises des campagnes pour que chaque Juif possède une lettre dans un Sefer Torah commun, soulignant que la Torah est l’héritage de l’ensemble du peuple d’Israël.

Le 770, plein à craquer de ‘Hassidim et de sympathisants venus de différentes communautés, résonnait ce soir-là des chants et des danses caractéristiques des grandes occasions dans le monde Habad.

Le cortège dans les rues de Crown Heights

Au terme de la cérémonie de clôture, le Sefer Torah a été recouvert de ses ornements — sa couronne, son manteau brodé, ses rimonim — et porté à bras d’homme sous un dais improvisé, dans une procession joyeuse qui s’est ébranlée depuis le 770 en direction de la rue President. Des dizaines, voire des centaines de personnes ont pris part à ce cortège, accompagnant le Sefer Torah dans les rues du quartier de Crown Heights au rythme des chants hassidiques et dans une atmosphère de célébration intense.

Ce type de procession, qui rappelle les grandes hakhnasat Sefer Torah des siècles passés, est une expression vivante de la joie liée au don de la Torah. Le Sefer Torah est tenu haut, visible de tous, comme pour proclamer publiquement la fierté et l’amour du peuple juif pour ses textes sacrés.

L’arrivée au 1304, rue President

Le cortège a finalement atteint sa destination : le 1304, rue President, la demeure historique où le Rabbi et la Rabbanit ‘Haya Mouchka ont résidé durant de nombreuses décennies. Cette adresse est connue et respectée dans le monde entier par les ‘Hassidim de Loubavitch — elle n’est pas seulement une maison, mais un lieu chargé d’histoire, de souvenirs et de sainteté.

L’entrée du Sefer Torah dans cette demeure a provoqué une émotion palpable parmi tous les participants. Certains témoins ont décrit des larmes dans les yeux de nombreuses personnes présentes, tant le moment était chargé de sens. Introduire un Sefer Torah dans la maison du Rabbi, en l’honneur de la Rabbanit dont le souvenir plane encore sur ces murs, représentait bien plus qu’une cérémonie religieuse — c’était un acte d’amour et de continuité, un pont entre le passé et l’avenir du mouvement Habad-Loubavitch.

La Rabbanit ‘Haya Mouchka : une présence indélébile

La Rabbanit ‘Haya Mouchka Schneerson, née en 5661 (1901) et décédée le 22 Chevat 5748 (1988), était la fille du Rabbi précédent, Rabbi Yossef Its’hak Schneerson. Épouse discrète et dévouée, elle a accompagné le Rabbi tout au long de sa mission à la tête du mouvement Habad, partageant son foyer, ses épreuves et sa grandeur sans jamais chercher les honneurs pour elle-même.

Sa disparition, en 5748 (1988), a profondément marqué le Rabbi et l’ensemble de la communauté de Loubavitch. Le Rabbi a lui-même exprimé à plusieurs reprises combien son deuil était immense et combien la perte de la Rabbanit avait laissé un vide irremplaçable dans sa vie. Dédier un Sefer Torah à sa mémoire et l’introduire dans la maison qu’elle avait habitée est un geste d’une puissance symbolique rare, qui témoigne de l’attachement indéfectible de la communauté à son souvenir.

 

 

El Al s’associe à Elon Musk : Starlink internet haute vitesse à bord, dès 2027

El Al s’associe à Elon Musk : Starlink internet haute vitesse à bord, dès 2027

 

La compagnie aérienne nationale israélienne El Al vient de signer un accord historique avec Starlink, le service internet par satellite d’Elon Musk, pour équiper l’ensemble de sa flotte d’une connectivité haut débit à partir de 2027. Ce partenariat promet aux passagers une connexion continue tout au long du vol, y compris sur les longues distances. Le service devrait être proposé gratuitement, marquant ainsi une rupture significative avec les pratiques tarifaires habituelles du secteur.

 

 

 

La fin de la déconnexion en vol

Les jours où l’on se résignait à couper tout contact avec le monde en montant à bord d’un avion touchent à leur fin. El Al a annoncé ce lundi la signature d’un accord avec Starlink, le service internet satellitaire de SpaceX, en vertu duquel des systèmes de connectivité avancés seront installés sur les appareils de la compagnie à compter de 2027. Selon le communiqué officiel, le service devrait être mis à disposition des passagers sans frais supplémentaires, sous réserve de conditions qui seront précisées ultérieurement.

Une technologie de rupture pour l’aviation commerciale

La technologie Starlink repose sur un réseau de plusieurs milliers de satellites en orbite basse (LEO), ce qui lui permet d’offrir une connexion nettement plus rapide et plus stable que les systèmes satellitaires traditionnels. Ces dernières années, cette infrastructure est devenue l’une des solutions les plus prisées dans l’industrie aéronautique, un nombre croissant de compagnies à travers le monde choisissant de l’adopter pour améliorer l’expérience à bord. El Al n’est pas isolée dans cette démarche : la compagnie low-cost Wizz Air avait annoncé, il y a à peine une semaine, son intention d’intégrer Starlink dans sa flotte. Ces deux annonces rapprochées illustrent la transformation profonde que traverse le secteur, où une connectivité internet de qualité tend à devenir un service de base plutôt qu’un luxe optionnel.

Des centaines de passagers connectés simultanément

Les responsables d’El Al estiment que le nouveau système permettra à des centaines de passagers de se connecter en même temps, même à bord des vols long-courriers. Concrètement, les voyageurs pourront envoyer des messages, participer à des réunions en ligne, transférer des fichiers et visionner des contenus vidéo en temps réel — des usages qui, jusqu’à récemment, étaient pratiquement impossibles en altitude. Cette initiative s’inscrit dans une série d’investissements réalisés ces dernières années par El Al pour moderniser l’expérience passager, et place la compagnie au même niveau que les grandes compagnies internationales ayant déjà adopté Starlink.

L’ambition affichée de la direction

Le directeur général d’El Al, Levi Halevy, a commenté l’accord en ces termes : « L’intégration de la technologie Starlink dans les avions d’El Al constitue un pas décisif en avant, permettant à nos clients de rester connectés dans les airs, de profiter du streaming en direct et de poursuivre leur travail et leurs échanges sans interruption. Cette démarche reflète notre engagement à offrir une expérience de vol à la hauteur des standards internationaux les plus exigeants. »

Une nouvelle ère pour les voyageurs d’affaires et les familles

Pour de nombreux passagers — hommes et femmes d’affaires, télétravailleurs, familles souhaitant rester joignables — cette annonce représente l’une des avancées les plus significatives dans le domaine du transport aérien depuis plusieurs années. Si les délais annoncés sont respectés, les voyageurs d’El Al pourront, dès 2027, rester connectés en permanence à bord, laissant définitivement derrière eux l’époque où la fermeture de la porte de l’avion signifiait une coupure totale avec le reste du monde.

Barouh Dayan Haemet : Mme Rivkah a’h Rubashkin, mère d’une illustre famille, a quitté ce monde Roch Hodech Tamouz 5786

Barouh Dayan Haemet : Mme Rivkah a’h Rubashkin, mère d’une illustre famille, a quitté ce monde Roch Hodech Tamouz 5786

 

La communauté pleure la disparition de Mme Rivkah Rubashkin, figure emblématique de la générosité et de l’accueil à Borough Park, Brooklyn. Pendant des décennies, son foyer fut un havre ouvert à tous — étudiants de Yéchiva, familles dans le besoin, immigrants fraîchement débarqués — sans jamais en fermer la porte. Elle laisse derrière elle une descendance nombreuse et bénie, ses enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants perpétuant son héritage de bonté.

 

 

Une vie consacrée à la bonté et à l’accueil

C’est à New York, en ce dimanche 1er Roch ‘Hodech Tamouz (juin 2025), que s’est éteinte Mme Rivkah Rubashkin, à un âge avancé dans la neuvième décennie de sa vie. Résidente de longue date du quartier de Borough Park à Brooklyn, elle avait fait de son foyer, au fil de décennies, un véritable centre rayonnant de bonté, d’hospitalité et de soutien envers d’innombrables personnes dans le besoin.

Épouse du ‘Hassid Rav Avraham Aharon Rubashkin, de mémoire bénie, considéré comme le pionnier de l’industrie de la viande casher aux États-Unis — rappelé à D.ieu en l’an 5780 (2020) — elle bâtit avec lui un foyer fondé sur les valeurs de la Torah, la ‘Hassidout et une générosité à nulle autre pareille, embrassant tous ceux qui franchissaient leur seuil.

Des racines en terre d’exil, une vie forgée par l’histoire

Née Rivkah Khazanov, issue de la distinguée famille Khen originaire de la bourgade de Nével, elle épousa son mari dans la ville de Samarcande, en Ouzbékistan, où sa famille avait trouvé refuge lors de l’invasion allemande de Nével en juillet 1941. À l’issue de la Seconde Guerre mondiale, la famille Rubashkin quitta l’Union soviétique via Lemberg (Lvov) et séjourna quelque temps en Autriche, avant de s’établir à Paris en l’an 5707 (1947).

En l’an 5713 (1953), les époux émigrèrent à New York, où Rabbi Avraham Aharon Rubashkin ouvrit, en association avec son partenaire Rabbi Alter Liberman, la célèbre boucherie Glatt-Casher de la 14e avenue à Borough Park — qui devint rapidement connue de tous simplement comme la boucherie « Rubashkin ».

Une maison dont les portes ne se fermaient jamais

Après leur installation à New York, le foyer Rubashkin à Borough Park devint une adresse de référence pour toute une communauté. Tandis que son mari bâtissait un empire commercial qui allait transformer l’industrie alimentaire casher en Amérique, Mme Rubashkin tenait un foyer juif chaleureux dont les portes demeuraient grand ouvertes. Pendant des décennies, elle fut connue des voisins, des hôtes de passage, des étudiants de Yéchiva et des familles en difficulté comme une femme qui ne renvoyait jamais personne les mains vides. Chaque visiteur était accueilli avec chaleur et bienveillance, et d’innombrables personnes bénéficièrent de ses actes de bonté discrets — dont beaucoup ne furent jamais rendus publics et demeurèrent connus de D.ieu seul.

Le restaurant Crown’s Deli, un acte de charité déguisé en commerce

La figure de Mme Rubashkin est intimement liée au restaurant « Crown’s Deli » de la 13e avenue, qu’elle dirigea depuis le début des années 1960. Bien que l’établissement fût en apparence une affaire familiale comme une autre, beaucoup se souviennent qu’il fonctionnait dans les faits bien davantage comme une œuvre de bienfaisance que comme un commerce. Quiconque avait faim pouvait y trouver un repas chaud, qu’il eût ou non les moyens de payer. Le restaurant, qui ferma définitivement ses portes à la fin des années 2000, ne dégagea jamais le moindre bénéfice financier.

Une philanthropie discrète et universelle

Les actes de bienfaisance de Mme Rubashkin dépassaient largement le cercle de ses relations personnelles. Tout au long de leur vie, elle et son défunt époux soutinrent des institutions d’étude de la Torah, des œuvres de Tsedaka et diverses initiatives communautaires. Ils vinrent également en aide, dans la plus grande discrétion, à des familles dans le besoin, à des immigrants nouvellement arrivés, à des étudiants de Yéchiva, à des veuves et à des personnes traversant de graves difficultés — au point que, dans bien des cas, les bénéficiaires ignoraient jusqu’à l’identité de leurs bienfaiteurs. Sa maison était ouverte à tous, jeunes et moins jeunes, de toutes conditions, certains d’y trouver toujours un repas chaud, un toit pour la nuit et une parole réconfortante.

Une descendance qui perpétue son héritage

Mme Rivkah Rubashkin laisse derrière elle une descendance nombreuse et bénie : enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants qui marchent dans ses pas.

Ses enfants sont :
Mme Guittel Goldman de Miami Beach (Floride) ;
Mme Sarah Balkany de Borough Park ;
Mme Ra’hel Léa Rosenfeld de Tsefat ;
Rav Yossi Rubashkin de Crown Heights ;
Rav Moché Rubashkin de Crown Heights ;
Rav Chalom Mordékhaï Rubashkin de Jackson (New Jersey) ;
Mme ‘Haya’lé Gurarya de Crown Heights ;
Rav Hechel Rubashkin de Postville (Iowa) ;
Mme ‘Hanna Zelda Minkovitch de Crown Heights.

Convoi funèbre et lieu d’inhumation

Le convoi funèbre a eu lieu le jour même (lundi), passant devant le domicile familial à Borough Park à 12h15, avant de se rendre au 770 Eastern Parkway à Crown Heights à 14h15, puis vers le Ohel sacré pour l’inhumation, à 15h30.

Que son âme soit liée dans le lien de la vie éternelle.

L’enseignement du Guimel Tamouz, par le Rav Elhanan Marasow

L’enseignement du Guimel Tamouz, par le Rav Elhanan Marasow

À quelques jours du Shabbat dédié à la mémoire du Rabbi de Loubavitch, il convient de réfléchir à l’importance de cette figure spirituelle majeure pour le peuple juif. Que représente réellement ce leader religieux pour nous aujourd’hui, et comment son enseignement continue-t-il d’influencer notre quotidien ?

 

La métaphore du cerveau et du corps

Qu’est-ce qu’un Rabbi dans l’enseignement juif ? Il s’agit d’une figure spirituelle qui peut être comparée à la tête qui guide tout le corps d’Israël. Comme l’expliquent les textes, de la même manière que la tête contient et dirige toute la vitalité des différents membres du corps avant qu’elle ne soit répartie dans les différents organes, tout est d’abord inclus dans le cerveau.

Ainsi, le Rabbi peut être considéré comme le cerveau, la tête spirituelle de toutes les différentes communautés. Toutes les âmes sont, d’une certaine façon, attachées à ce cerveau qu’est le Rabbi de chaque génération. De la même manière que tout le corps reste connecté au cerveau, chaque membre du peuple demeure lié à son guide spirituel.

Une anecdote révélatrice

Pour illustrer cette idée, voici une anecdote touchante qui fut racontée :

Un professeur juif travaillait comme conférencier dans différentes facultés. Pour son travail, il partit vivre un certain temps en Tasmanie, cette petite île appartenant à l’Australie, loin de toute communauté juive organisée.

Un jour, la petite communauté locale, très réduite en nombre, vint le voir. Ils lui expliquèrent qu’ils avaient besoin d’un guide spirituel, quelqu’un qui pourrait diriger les services religieux. Bien qu’athée, le professeur, touché par leur humanisme, décida malgré tout de faire un effort pour les aider. Cependant, il se sentait perdu, ne sachant pas comment s’y prendre.

Il finit par contacter le Rabbi, lui expliquant la situation et demandant conseil. Peu de temps après, un jeune juif pratiquant arriva dans la région et put remplacer le professeur dans ce rôle.

Un lien intemporel

Cette histoire illustre parfaitement comment le Rabbi, tel un cerveau spirituel, reste connecté à chaque membre de sa communauté, où qu’il se trouve dans le monde. Chaque âme juive demeure liée à cette figure centrale qui est le Rabbi de sa génération.

Notre responsabilité aujourd’hui

Aujourd’hui, même après la disparition physique du Rabbi, son enseignement et sa présence spirituelle continuent de nous accompagner. Il nous incombe donc à tous de faire quelque chose qui puisse honorer son chemin et perpétuer son message.

Nous devons redoubler d’efforts dans l’étude de la Torah et l’accomplissement des mitzvot (commandements). Chaque action positive que nous accomplissons contribue à maintenir vivant l’héritage spirituel transmis par le Rabbi.

Conclusion

Le Rabbi de Loubavitch continue d’être présent parmi nous, priant toujours pour notre bien-être spirituel et matériel. À nous de répondre à cet amour en agissant de manière à honorer ses enseignements et à faire rayonner ses valeurs dans notre vie quotidienne.

 

 

Soixante jours pour Téhéran : l’ultimatum de Trump et les doutes de Jérusalem

Soixante jours pour Téhéran : l’ultimatum de Trump et les doutes de Jérusalem

 

Le président Donald Trump a accordé à l’Iran un délai de soixante jours pour parvenir à un accord nucléaire définitif, sous peine de voir Washington reprendre des frappes massives sur Téhéran. Tandis que le ministre de la Défense Israël Katz martèle que Tsahal ne se retirera d’aucune de ses zones de sécurité au Liban, en Syrie et à Gaza, une partie de l’establishment sécuritaire israélien s’interroge ouvertement sur l’étrange revirement de la Maison-Blanche. Entre menace militaire assumée, accord-cadre jugé fragile et soupçons de manœuvre, le Moyen-Orient retient son souffle.

 

 

 

un ultimatum de soixante jours

Dans un long entretien téléphonique de vingt-huit minutes accordé au New York Times dans la nuit de dimanche à lundi, le président américain Donald Trump a dévoilé les détails de l’ultimatum qu’il a adressé à Téhéran. Selon lui, les opérations militaires offensives qu’il a conduites ont contraint la République islamique à plier et à accepter un sablier impitoyable de soixante jours seulement pour parvenir à un accord nucléaire permanent, faute de quoi les bombardements américains reprendraient de toute leur puissance.

L’accord, négocié dans le plus grand secret durant trois mois par l’émissaire spécial Steve Witkoff et le gendre du président, Jared Kushner, prévoit que la cérémonie officielle de signature se tiendra vendredi prochain à Genève, donnant ainsi le coup d’envoi formel de cette course effrénée contre la montre. Au fil de l’entretien, le président a précisé que les États-Unis ne laisseraient aux Iraniens aucune marge de manœuvre ni le moindre répit : la fenêtre d’opportunité qui s’offre à eux se limite à deux mois.

Trump a souligné sans ambages le prix d’un échec : « Si l’Iran ne parvient pas à un accord nucléaire définitif avec les États-Unis, je relancerai immédiatement les frappes militaires sur Téhéran. Les attaques et les bombardements que nous avons déjà menés ont laissé une empreinte considérable sur la conclusion même de cet accord. Ils ne voulaient pas d’une troisième frappe ; ils tiennent à leur vie. »

la nouvelle doctrine de Washington

Le président a par ailleurs exposé une conception géopolitique entièrement inédite : si les négociations nucléaires venaient à échouer mais que les combats sur le terrain s’interrompaient, les États-Unis pourraient se muer en force de police mercenaire dans la région, rompant avec la doctrine traditionnelle de l’ordre mondial établi au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. « Je ferai des États-Unis le « gardien du Moyen-Orient » en échange de vingt pour cent des revenus de la région », a-t-il déclaré.

des reproches adressés à Netanyahou

Parallèlement à l’ultimatum lancé à Téhéran, Trump a décoché des flèches publiques acérées en direction du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. Il a affirmé que les frappes ciblées menées par Israël dans la banlieue de Beyrouth quelques heures auparavant avaient bien failli faire voler l’accord en éclats, et a exigé du chef du gouvernement israélien qu’il témoigne de la reconnaissance : « C’est un homme très dur, et, en vérité, il devrait nous être très reconnaissant de ce que nous avons accompli ici. Car si l’Iran avait disposé de l’arme nucléaire, Israël n’aurait pas survécu plus de deux heures. »

Il convient toutefois de rappeler que, par le passé, Trump et Netanyahou ont déjà usé tactiquement de querelles politiques affichées afin d’endormir l’Iran et de laisser croire qu’ils ne formaient pas un front uni, alors qu’il s’est avéré par la suite que les deux hommes étaient coordonnés d’un bout à l’autre.

l’état d’urgence prolongé à l’arrière

Dans le même temps, le gouvernement a approuvé par consultation téléphonique la prolongation de l’état spécial à l’arrière jusqu’à la fin du mois de juin, et ce malgré la conclusion de l’accord-cadre : « Selon l’évaluation des responsables de la sécurité, la probabilité demeure élevée qu’une attaque soit dirigée contre la population civile. »

Israël Katz : aucune concession sur les zones de sécurité

Le ministre de la Défense Israël Katz a exposé lundi la position sans équivoque d’Israël à l’égard de l’Iran, de Gaza, du Liban et de la Syrie, affirmant que Tsahal demeurera dans l’ensemble des zones de sécurité, en dépit des pressions exercées sur l’échelon politique. Le ministre a précisé qu’un message identique avait été transmis directement au président américain Donald Trump ainsi qu’au secrétaire à la Guerre américain, Pete Hegseth.

Katz a détaillé la portée concrète de cette nouvelle conception territoriale stratégique : « Le Premier ministre Benyamin Netanyahou et moi-même menons une politique claire selon laquelle Tsahal restera dans les zones de sécurité au Liban, en Syrie et à Gaza — sans limite de temps — afin de protéger de là-bas la frontière et les localités israéliennes face aux éléments djihadistes. Le terrain sera vidé de ses habitants locaux, et l’ensemble des infrastructures terroristes, en surface comme en sous-sol — y compris les maisons des villages de contact ayant servi de postes terroristes — seront détruites. »

un avertissement à Téhéran et un défi à l’opposition

Le ministre a martelé que le gouvernement ne céderait pas aux diktats extérieurs et ne se retirerait pas des zones de sécurité, quelles que soient les pressions présentes et à venir. Il a adressé un ultimatum direct et public à la direction de Téhéran en cas de dégradation sécuritaire d’ampleur : « Si l’Iran attaque Israël en raison des événements du Liban, nous le frapperons de toute notre puissance et lui ferons bien mesurer l’écart des forces. Nous ne sommes redevables qu’à nos citoyens et à la sécurité de l’État d’Israël. Nous ne transigerons pas sur l’intérêt sécuritaire suprême d’Israël ni sur la protection de nos citoyens, et nous ne nous retirerons pas des zones de sécurité. »

En conclusion de son intervention, le ministre a choisi de défier le système politique interne israélien, appelant les chefs de l’opposition à exposer publiquement et en toute transparence leur position devant les électeurs : « S’il existe au sein de l’opposition des voix qui contestent cette conception de la sécurité et soutiennent un retrait de Tsahal, qu’elles se lèvent et le disent, afin que le public puisse trancher entre les positions. »

les termes de l’accord-cadre

Les propos du ministre Katz interviennent sur fond d’annonce d’un accord-cadre spectaculaire entre les États-Unis et l’Iran, instaurant un cessez-le-feu immédiat. Dans le cadre de ces ententes intermédiaires, nouées grâce à la médiation du Qatar et du Pakistan, Washington a accepté de lever le blocus maritime imposé aux ports iraniens et d’accorder à Téhéran une dérogation temporaire autorisant la vente de pétrole.

En contrepartie, l’Iran s’est engagé à rouvrir le détroit d’Ormuz à la navigation internationale sans perception de droits de passage, et à œuvrer au déminage de la voie maritime. L’accord ouvre une fenêtre impitoyable de soixante jours, durant laquelle les parties devront mener des négociations intensives et déterminantes sur les questions les plus complexes encore en suspens, au premier rang desquelles le démantèlement du programme nucléaire de Téhéran, le sort des stocks d’uranium enrichi et un règlement permanent de la levée des sanctions économiques.

une anomalie qui interroge Jérusalem

Le mémorandum d’entente conclu entre les États-Unis et l’Iran suscite de vives interrogations au sommet de l’appareil sécuritaire à Jérusalem. Le lieutenant-colonel de réserve Amit Yagur, ancien haut responsable du renseignement de la marine, a analysé lundi, dans l’émission « Israël HaBoker » présentée par Tal Meir, l’anomalie préoccupante que recèle la conduite de l’administration américaine. Selon lui, les concessions qui se dessinent sont en contradiction totale avec le caractère de Donald Trump, incapable de supporter les humiliations personnelles et les tentatives d’assassinat que les Iraniens ont fomentées contre lui et contre sa famille.

Yagur a appelé les médias et les décideurs à employer scrupuleusement le terme d’« accord-cadre » et non d’accord définitif, avertissant qu’au Moyen-Orient tout peut encore basculer. « Lorsqu’on observe toutes les humiliations personnelles que Trump a subies de la part des Iraniens, y compris les tentatives d’assassinat, ce que nous voyons en ce moment est véritablement contraire à son caractère : il ne peut tolérer une telle atteinte personnelle. Quelque chose de très étrange se produit ici », a-t-il expliqué, rappelant les déclarations du secrétaire d’État Marco Rubio devant le Sénat, selon lesquelles l’Iran serait responsable des tentatives visant le président, ainsi qu’une tentative déjouée près du domicile de sa fille Ivanka.

le silence assourdissant des soutiens d’Israël

Interrogé sur la possibilité qu’il s’agisse d’un stratagème de tromperie délibéré, Yagur a précisé qu’il se concentrait sur l’anomalie du renseignement et sur le silence singulier des acteurs pro-israéliens à Washington et à Jérusalem : « Je ne sous-entends rien ; je dis simplement que, du point de vue de la conduite des événements, nous n’entendons que du silence. »

Il a relevé que les voix favorables à Israël — celles de Rubio, de Hegseth, de sénateurs tels que Lindsey Graham, des évangéliques et d’une partie des partisans du mouvement MAGA — ne se font presque pas entendre dans cette séquence. La voix d’Israël elle-même demeure quasi inaudible : « Nous n’entendons parler que de coups de téléphone et de choses de ce genre. Par le passé, lorsque nous voulions faire échouer un mauvais accord comme le JCPOA, ou nous dresser face à Obama, nous savions le faire avec une très grande force, y compris par un travail interne aux États-Unis et au Congrès. Ici, rien de tel. C’est pourquoi je dis que toute cette affaire m’apparaît extrêmement étrange. »

les foyers de discorde : Ormuz et le Liban

Yagur a détaillé les dangers immédiats que recèlent les clauses laissées ouvertes, véritables germes de conflits futurs. Dans la lutte qui oppose les forces de l’ancien ordre à celles du nouvel ordre au Moyen-Orient, estime-t-il, les premières ont reçu une accélération, un « turbo » dont elles ne disposaient pas jusqu’ici ; loin de servir le combat mené par Israël pour un ordre nouveau, l’accord fige plutôt l’ordre ancien et ramène, peu ou prou, aux schémas connus du passé.

Deux dossiers demeurent en suspens. Le premier est celui d’Ormuz : le détroit sera-t-il pleinement rouvert, ou demeurera-t-il sous contrôle iranien, en coordination avec Oman comme le proclame Téhéran ? « Les États-Unis affirment une chose, l’Iran en affirme une autre ; il faut y prêter attention. » Le second concerne le Liban : l’Iran évoque une absence d’action, voire un retrait, tandis qu’Israël s’est déclaré non engagé et que Washington est resté silencieux sur ce front. « Voilà encore un point de discorde que j’identifie pour la suite », a souligné l’analyste.

le levier Obama

Yagur a également mis au jour le levier psychologique le plus efficace qu’Israël et les médias puissent actionner directement sur le président américain pour faire dérailler la signature d’un mauvais accord : sa haine profonde de ses prédécesseurs libéraux à la Maison-Blanche. « Ce n’est pas pour rien que l’on évoque ici Obama. Il existe des lignes de convergence très marquées avec l’accord d’Obama, et l’on constate que cela perturbe énormément Trump. Chaque fois que l’on dit « Obama bis » ou « très proche d’Obama », il s’affole et se met à publier des messages. Je pense que c’est un levier d’influence considérable sur l’accord en gestation. Trump veut laisser un héritage, et la comparaison avec Obama est un instrument qui peut assurément jouer un rôle. »

La présentatrice a relevé qu’Obama avait précisément, au cours de la nuit, livré ses commentaires sur l’accord en cours, ce qui accentue encore la pression sur Trump.

l’appel à accélérer la cadence

En conclusion, Yagur a lancé un appel clair à l’establishment sécuritaire israélien : cesser d’attendre les Américains et passer à une action offensive rapide et écrasante sur l’ensemble des théâtres afin d’imposer des faits sur le terrain. « Tout au long de la guerre, nous avons dit qu’Israël devait accélérer le rythme, que nous manquions de temps, que Trump pouvait se retourner. Israël ne l’a pas vraiment fait ; il a laissé aux États-Unis le temps qu’il leur fallait. À mon sens, Israël devrait précisément accélérer à Gaza pour parvenir à un achèvement total de la campagne, priver l’ennemi de tout levier, éliminer cet axe de la résistance installé à notre frontière, et poursuivre au Liban comme s’il n’existait aucun accord. C’est notre théâtre, Israël l’a clairement affirmé, et il faut agir, avec plus de fermeté encore. C’est là que nous serons jugés. »

pas de retrait israélien au Liban

Sur fond d’accord avec l’Iran, une source sécuritaire de haut rang a tenu à préciser qu’aucun engagement de retrait israélien des territoires libanais n’y figure. Selon des informations publiées lundi par Yinon Magal, Tsahal a reçu pour consigne de stabiliser la ligne de contrôle, y compris dans le secteur du Beaufort, et de se préparer à un cessez-le-feu. Au cours de la nuit, les forces ont étendu leur activité et se sont emparées de Tibnit. La source a souligné qu’aucun retour d’habitants ne serait autorisé dans les territoires placés sous contrôle de Tsahal, ajoutant : « Il reste beaucoup de travail à accomplir dans les zones que nous avons conquises. »

un accord jugé « choquant »

Dans le même temps, des responsables sécuritaires israéliens mettent en garde : l’accord spectaculaire entre les deux pays repose sur une architecture fragile, signée dans la précipitation américaine, et laisse en réalité le cœur de la menace nucléaire sans véritable réponse. Une source politique de haut rang a confié à la rédaction politique de C14 qu’il s’agissait d’un « accord choquant », ajoutant : « Il enterre totalement la possibilité d’un renversement du régime, en raison des sommes colossales qui y seront déversées dès son entrée en vigueur, abandonnant ainsi les habitants d’Iran qui espéraient voir les États-Unis et Israël conduire au remplacement du régime des ayatollahs après trente-sept ans. »