Le Beth Loubavitch de Paris ouvre ses portes pour célébrer Guimel Tamouz 5786 (2026), Hilloula du Rabbi. Un grand Farbrenguen est organisé en son honneur, en ce jour où les ‘hassidim du monde entier se rassemblent pour raviver le lien avec leur maître. La soirée réunira la communauté autour d’une projection vidéo et d’une fervente assemblée spirituelle, animée par le Rav Mendel Azimov.
Au croisement de la foi instinctive et de l’intellect éclairé, la ‘Hassidout trace une voie singulière vers D.ieu — exigeante, profonde, et seule capable de transformer l’être dans son entièreté. À travers des images bibliques et talmudiques d’une rare force, ce cours dévoile comment l’enseignement du Baal Chem Tov a redonné vie à l’âme juive épuisée par l’exil. Car c’est précisément du cœur brisé que jaillit la lumière la plus pure, celle qui prépare la délivrance finale.
Le miracle divin et la part de l’homme
Lorsque Josué arrêta la course du soleil pour achever sa bataille, il ne s’agissait pas d’un simple prodige tombé du ciel sans que l’homme y fût pour rien. Le Rav souligne que lorsque D.ieu initie un miracle au sein même de la nature, Il ouvre à l’homme la possibilité d’y participer. Le surnaturel n’écrase pas l’humain — il l’invite. C’est l’union parfaite entre l’œuvre divine et l’effort, le travail, l’innovation de l’homme : la main de D.ieu et la main de l’homme agissant de concert, chacune amplifiant l’autre.
Le rôle salvateur de la ‘Hassidout
Le Baal Chem Tov a révélé les enseignements de la ‘Hassidout à une époque où le peuple juif était profondément accablé, persécuté, épuisé dans sa chair comme dans son âme. L’image qu’emploie le cours est saisissante : tel un parfum puissant que l’on fait respirer à une personne évanouie, la ‘Hassidout a insufflé une vitalité nouvelle à l’âme juive pour la sortir de sa léthargie spirituelle. Ce n’était pas un enseignement parmi d’autres — c’était un acte de réanimation, une réponse d’urgence à une détresse collective, qui a rouvert l’accès aux sources les plus profondes de la foi.
Le chemin long mais court : la voie de ‘Habad
Une célèbre histoire talmudique met en scène Rabbi Yehocha’hou à la croisée des chemins, hésitant entre deux routes menant à la ville : l’une courte en apparence, l’autre longue. Mais le chemin « court » se révèle impraticable, tandis que le chemin « long » mène réellement à destination. C’est par cette image que le cours illustre deux approches fondamentalement différentes du service divin.
Le chemin « court mais long » représente une foi instinctive, une Émouna naturelle et un don de soi spontané. Cette approche s’éveille rapidement, mais elle demeure superficielle : elle ne transforme pas l’intellect, elle ne pénètre pas jusqu’aux racines de l’être. On arrive vite aux portes de la ville — mais on ne peut pas y entrer.
Le chemin « long mais court », en revanche, est celui que prône la Torah de ‘Habad. Il exige davantage de temps et d’effort intellectuel. Il demande que l’on travaille sa pensée, ses paroles, ses actes — que l’on intègre la foi dans chaque couche de la personnalité. Mais au terme de ce chemin, l’être est véritablement transformé. On entre dans la ville. On y habite.
Les trois niveaux de l’âme juive
Le cours distingue trois niveaux de l’âme, symbolisés par trois noms portés par le patriarche : Yaakov désigne l’âme telle qu’elle est habillée dans le corps, ancrée dans le monde matériel ; Israël représente la racine de l’âme, celle qui perçoit le divin d’en haut avec clarté et sérénité ; Yechouroun désigne l’essence de l’âme, enracinée dans l’essence même de D.ieu, au-delà de toute représentation.
De grands leaders de chaque génération — Moïse, Mardochée, et le Rabbi Rayatz — ont permis de révéler des niveaux de foi toujours plus profonds, adaptés aux besoins de leur époque et à l’intensité de l’obscurité qu’ils avaient à traverser.
L’huile de l’olive concassée : la lumière née de la brisure
La Torah demande d’apporter pour la Ménora « de l’huile pure d’olive concassée » — katit, littéralement broyée, écrasée. Le Rav tire de ce verset une leçon spirituelle d’une profonde beauté : tout comme l’olive doit être brisée pour livrer son huile la plus pure, c’est le cœur meurtri par la douleur de l’exil qui permet au Juif d’extraire l’essence la plus profonde de son âme. La souffrance, lorsqu’elle est traversée avec foi, ne détruit pas — elle révèle. Elle fait jaillir une lumière que nulle autre condition ne pourrait produire, une lumière capable d’éclairer le monde entier.
Vers la délivrance finale
Le message central de cet enseignement est un appel pressant : s’imprégner de ces Si’hot, laisser la ‘Hassidout transformer non seulement les actes mais la nature même de celui qui l’étudie. Car c’est en faisant pénétrer une lumière divine illimitée dans les limites de notre monde quotidien — par l’effort de l’intellect, par la foi intériorisée, par le cœur brisé et relevé — que l’on prépare et que l’on hâte la Guéoula, la délivrance finale.
Chaque année, la commémoration du Hilloula du Rabbi précédent rassemble un nombre croissant de Juifs autour de son héritage spirituel, témoignant que l’influence d’un juste ne s’éteint pas avec sa disparition physique mais grandit de génération en génération. Le chiffre trente-deux, qui marque cette année le nombre d’années écoulées depuis le 10 Chevat 5710 (1950), n’est pas un simple repère chronologique : il porte en lui la valeur numérique du lev — le cœur — symbole de la vie intérieure qui anime l’ensemble du corps d’Israël. Cette Si’ha explore la signification profonde du Hilloula, la nature de la vitalité véritable, le sens de l’unité d’Israël et l’imminence de la Rédemption complète par notre juste Machia’h.
La question récurrente des Farbrenguen et sa réponse
Une question revient souvent lors des Farbrenguen rassemblant de nombreux participants : quel est l’intérêt de se retrouver ensemble, alors que l’occasion elle-même remonte à un événement passé depuis de nombreuses années ?
Il est certes incontestable qu’un grand mérite s’attache au fait que de nombreux Juifs se réunissent en un lieu saint — une synagogue où l’on prie D.ieu, une maison d’étude où sont dispensés des cours de Torah — car par ce biais, la Torah, le Peuple d’Israël et D.ieu Béni soit-Il ne font qu’un, selon le principe : « La Torah, Israël et le Saint Béni soit-Il sont une même unité » (Koulâ Hâd). Lorsque de nombreux Juifs se rassemblent d’une manière aussi glorieuse, à la façon du « grand nombre d’un peuple est la gloire d’un roi » — cela représente incontestablement une élévation immense.
Néanmoins, les Farbrenguen ordinaires, tels qu’ils pourraient se tenir chaque jour et à toute heure (car on peut acquérir cette dimension à tout moment), ne revêtent pas la même grandeur que ces rassemblements à des moments particuliers — précisément parce qu’en ceux-ci se rassemblent de très nombreux Juifs d’Israël, à la façon du « grand nombre d’un peuple est la gloire d’un roi ».
Ce qui est dit ici est que chaque Farbroenguen lié à un moment particulier est associé à un événement spécifique qui correspond à ce moment. En ce qui concerne le Farbrenguen d’aujourd’hui, il est lié au jour du Hilloula de notre maître le Rabbi de sainte mémoire.
La particularité de cette trente-deuxième année
Les trente-deux dernières années ont été riches en événements et en moments particuliers — des événements qui se produisent habituellement sur des périodes ordinaires et qui auraient dû se déployer sur plus de trente-deux ans.
Comme on peut le constater concrètement, les événements et les changements survenus en ces trente-deux années comprennent des changements positifs et des changements inverses — ainsi que cela a déjà été mentionné. Une courte durée de trente-deux ans a contenu des événements et des changements qui nécessitent ordinairement beaucoup plus de temps pour se manifester.
De plus, la distance qui nous sépare du jour du Hilloula de notre maître le Rabbi de sainte mémoire — le 10 Chevat 5710 — représente plus de qualité que de quantité, car les trente-deux années écoulées contiennent des événements et des enseignements qui dépassent en valeur le nombre des années.
Néanmoins, on constate en acte que de nombreux Juifs se rassemblent chaque année autour de cet événement, avec sagesse et connaissance, en parfaite conscience de l’événement non plus simplement comme d’un fait passé, mais comme d’un sujet appartenant au présent — ils se réunissent spontanément et de bon cœur, sans que nul n’ait à les y contraindre.
De plus, le nombre de participants au Farbrenguen augmente d’année en année — ce qui s’explique simplement par le fait que lorsque le nombre de Juifs augmente (en quantité), cela ajoute également en qualité.
La croissance continue comme preuve de vie
Le fait même que le nombre de participants à ce rassemblement augmente chaque année constitue la preuve vivante que l’événement n’appartient pas seulement au passé mais touche au présent et à l’avenir.
Car il existe des sujets qui, d’année en année, ne s’affaiblissent pas — bien au contraire, ils s’élèvent de façon croissante, à l’instar du vin vieux dont nos Sages disent qu’il « repose l’esprit des anciens » (Sanhédrin 76b). Lorsqu’on veut savoir si le passage du temps affaiblit ou fortifie un sujet, cela dépend de la nature même du sujet et de la nature des personnes qui s’y rattachent.
En ce qui nous concerne : lorsque l’on parle du jour du Hilloula d’un juste, de sa mission, de son rôle de Chalia’h et de sa conduite — qui avaient pour but d’ajouter de la vitalité à chaque Juif, tant spirituelle que physique, et cela de façon à accomplir ses actes jusqu’à offrir sa vie entière lorsque cela s’avérait nécessaire — les sujets liés au Hilloula sont éternels dans leur présence même. Bien plus : de temps à autre s’ajoutent des disciples, des disciples de disciples, des fruits et des fruits de fruits.
Et concrètement : tout ce qui était lié au Hilloula durant l’année écoulée jusqu’à aujourd’hui — depuis le dernier Hilloula — a encore été enrichi de nombreux fruits supplémentaires.
La promesse d’une croissance sans fin
Cette réalité ne promet pas seulement que les sujets liés au Hilloula existeront à l’avenir — ceux qui se rattachent à ce temps présent — mais plus encore : des fruits supplémentaires s’ajouteront à l’avenir, à la façon de « ils iront de force en force » (yélekhoun méh’ayil el h’ayil).
Il y a aussi un lien à établir avec le quinze Chevat — le Roch Hachana des arbres — qui tombe quelques jours après le Hilloula. Chaque être humain, et particulièrement le Juif, est comparé à un arbre des champs : « car l’homme est un arbre des champs » (Deutéronome 20, 19) — et les arbres portent eux aussi l’ensemble du phénomène de croissance, de fructification et de fruits de fruits.
Le quinze Chevat est le Roch Hachana des arbres : c’est à partir de là que l’arbre commence à se nourrir de la vitalité de l’année nouvelle, et que cette vitalité produit de nouveaux fruits en quantité et en qualité.
La signification profonde du chiffre trente-deux : le Lev
Le nombre trente-deux fait allusion au lev — le cœur — car « trente-deux est le nombre qui gouverne » (talt’in ouch’tayin chalitin). L’intériorité de la vie réside dans le cœur, plus que dans le cerveau — et ce sujet s’exprime également dans la loi pratique.
Ainsi qu’il est expliqué dans l’épître sainte (Igguereth Hakodech, section 31) : « La maladie et la santé ont pour cause le mouvement et le flux de la vitalité depuis le cœur vers tous les membres, et depuis les membres vers le cœur… et si la circulation de la vitalité fonctionne normalement, l’être humain est alors en bonne santé. »
Le cœur, qui fait ainsi circuler la vitalité dans tous les membres, permet à tous de s’assembler et de recevoir la vie qui leur appartient, comme le dit le Rambam (Lois des Rois, ch. 3, § 6) : le roi est « le cœur de toute la congrégation d’Israël ».
Selon l’enseignement du Baal Chem Tov dont le nom en langue sainte lui a été attribué, le contenu du sujet — le nom du roi qui est appelé « le cœur de toute la congrégation d’Israël » — vient du fait que sa mission et son rôle est d’être semblable au cœur dans le corps humain, duquel se déverse la vitalité vers tous les membres du corps.
En ce trente-deuxième Hilloula, le lev est donc mis en évidence dans ce qu’il représente de plus essentiel : l’attachement au leader d’Israël, « le cœur de toute la congrégation d’Israël », duquel se déverse la vitalité à l’ensemble du Peuple d’Israël, à la façon dont la vitalité du cœur se déverse vers tous les membres du corps.
La Torah comme cœur vivant de la création
Tous les sujets matériels « prennent leur source » dans les sujets spirituels, comme l’indique le verset : « car la Torah est notre vie et la longueur de nos jours ». Et il est ainsi mis en évidence dans la Torah le sujet du lev :
Il est connu le principe général que « leur fin est encastrée dans leur commencement et leur commencement dans leur fin ». Lorsqu’on achève la lecture de la Torah avec les mots « lé’eynei kol Israël » — devant les yeux de tout Israël — on recommence immédiatement avec « Berechit bara Elokim ». Les deux lettres en jeu — le lamed final de « Israël » et le bet initial de « Berechit » — forment le mot lev — le cœur.
Le sujet de la Torah est donc analogue à celui du roi (« le cœur de toute la congrégation d’Israël ») — comme nos Sages le disent : « Qui sont les rois ? Les maîtres de la Torah (rabbanan) » — car leur mission est d’enseigner les directions de la Torah, et ils sont donc appelés « rois ». Chaque Juif est tenu et obligé de suivre les directions de la Torah.
Et ce qui est fondamental encore : nos Sages enseignent qu’il « contempla la Torah et créa le monde » — ce qui signifie que l’existence de la création entière passe par la Torah, à la façon des membres du corps qui reçoivent leur vitalité du cœur.
L’acquisition d’une lettre dans un Sefer Torah
Il est ici opportun d’évoquer à nouveau un sujet important lié au temps — celui de l’écriture d’un Sefer Torah général qui « vivifie » (meh’ayé) tous les Juifs, par laquelle chaque Juif acquiert une lettre dans un Sefer Torah.
En particulier, en ces derniers jours, on a achevé l’écriture du premier Sefer Torah avec la lettre lamed du mot « Israël » et on a commencé l’écriture du second Sefer Torah avec la lettre bet de « Berechit ».
Il est dit dans la Torah qu’il y a soixante lettres de ribo (six cent mille) dans « Israël ». Et comme la Torah est analogue au cœur — puisqu’elle détient en elle la vitalité qui se déverse à chaque Juif — il ressort des paroles du Hilloula dans un Maamar de l’année 5706 (page 46) que chaque Juif possède une lettre dans la Torah dont dépend sa vitalité. Cette lettre lui est donnée avec la force de s’élever, et elle le protège de tout ce qui empêche ou entrave l’étude de la Torah. Et sur cela, la Bénédiction suprême lui parvient pour tout ce qui est bien.
Chaque Juif doit donc s’efforcer d’avoir une lettre dans un Sefer Torah — et il lui en coûte sa vie (h’ayav benafsho). Et en supplément : agir pour que ces Juifs qui n’ont pas encore acquis une lettre dans un Sefer Torah en acquièrent une.
Comme il est expliqué, chaque Juif peut acquérir une lettre dans un Sefer Torah selon sa façon — en écriture ashkénaze ou séfarade (ainsi que le Ari’zal l’explique dans ses écrits concernant les raisons des Mitsvot).
L’unité d’Israël par la Torah
Lorsque chaque Juif acquiert une lettre dans un Sefer Torah, il s’unit à tous les Juifs par les lettres qu’ils ont acquises dans ce Sefer Torah — puis dans un autre Sefer Torah, et ainsi de suite — et tous leurs Sefarim Torah constituent un seul sujet, unis et rassemblés autour du premier Sefer Torah qu’écrivit notre maître Moché lors de l’accomplissement du commandement : « Et maintenant, écrivez pour vous ce cantique. »
Cette unité englobe aussi les Juifs qui se trouvent « derrière le rideau de fer » — car selon la Torah, « même une partition de fer ne sépare pas entre Israël et leur Père céleste ».
Et plus particulièrement lorsque l’on associe cela à quelque chose de concret — acquérir une lettre écrite dans un Sefer Torah matériellement, avec de l’encre physique, sur un parchemin physique, par un scribe physique dans un corps habité d’une âme — cela touche au concret le plus tangible.
Et comme l’unité ainsi créée passe par la Torah — « Torah de vérité, Torah éternelle » — cette unité est donc vraie et éternelle, « une vérité et sa vérité » (émeth léamitho).
Vers la Rédemption : » Vekhol baney Israël » »
Que l’on mérite ainsi de partir bientôt avec les Sefarim Torah vers notre Terre Sainte, pour entendre la Torah de la bouche du Machia’h.
Comme il est écrit dans Daniel (12, 1-2) concernant l’ensemble du sujet de « la fin des jours » : « En ce temps-là, ton peuple sera délivré, tous ceux qui se trouvent inscrits dans le Livre » — et cela fait également allusion au Sefer Torah — « ceux qui ont une lettre dans le Sefer Torah seront délivrés, car la Torah protège et préserve ». Et l’ange Mikhaël qui se lèvera dans ce moment — qui enseigne la défense pour les enfants de ton peuple — viendra protéger et sauver chaque Juif.
Tous les Juifs sortiront de la galout, avec notre juste Machia’h en tête, y compris la sortie de la Chekhina de l’exil — comme nos Sages disent que lorsqu’il est dit « Hachem retournera ta captivité » (Deutéronome 30, 3), il ne faut pas lire « il retournera » mais « il retournera lui-même avec » (véchav), signifiant que D.ieu lui-même marche avec chaque Juif, qu’il faut, pour ainsi dire, tenir la main de chaque Juif — et vous serez rassemblés un à un, fils d’Israël (Rachi, Nitsavim, v. 3) — dans la Rédemption véritable et complète, bientôt en nos jours.
Et tout cela dans la plénitude de la Torah, la plénitude du Peuple, « en nos jeunes et en nos vieux, en nos fils et en nos filles » — tous unis d’un seul cœur — allant ensemble vers notre Terre Sainte, « la terre que l’Éternel ton D.ieu te regarde continuellement depuis le début de l’année jusqu’à la fin de l’année » — la plénitude de la terre.
La joie, colonne vertébrale de tout le service divin
Il est bien connu que les discours de l’Admour Maharach développent abondamment l’importance de la joie dans l’ensemble du service divin :
L’ensemble du service humain envers son Créateur se divise en trois sujets : la Torah, le Service (la prière), et les actes de bonté — comme le disent nos Sages (Avoth, début du ch. 1) : « Sur trois choses le monde repose » — c’est le monde en son sens large, et aussi « le monde en miniature qu’est l’être humain » — « sur la Torah, sur le Service, et sur la bonté ».
L’ensemble du service doit s’accomplir dans la joie — comme le montrent des preuves tirées de versets et des paroles de nos Sages : depuis le verset « Ivdou eth Hachem besimh’a » — « Servez l’Éternel dans la joie ». Ce verset s’applique en particulier au service de la prière — « quelle est l’offrande qui vient du cœur ? La prière » — mais en général il s’applique à l’ensemble du service de l’être humain : « moi, je fus créé pour servir mon Créateur » — et ce service doit s’accomplir dans la joie, en « servant l’Éternel dans la joie ».
Concernant l’étude de la Torah — comme il est expliqué dans le Talmud (Chabbat 30b) : « la Chekhina ne repose pas au milieu de la tristesse, ni au milieu de la paresse, mais seulement au milieu de la joie d’une Mitsva. »
Concernant les actes de bonté — comme il est expliqué chez le Rambam et dans le Choul’han Aroukh : s’acquitter de la Tsedaka ne consiste pas seulement à ne pas se conduire de façon contraire, mais la donation doit s’effectuer avec un visage souriant. Et on trouve une expression étonnante dans la Michna : « Accueille chaque être humain avec un visage souriant » (Avoth 1, 15, selon Chamaï) — ce qui montre combien ce principe du visage souriant est fondamental.
La joie brise toutes les limites
Ainsi, comme la joie « brise toutes les barrières », il est compréhensible qu’elle porte le service jusqu’à la perfection absolue.
L’explication en est la suivante :
Il serait concevable que le service s’accomplisse de façon mesurée et limitée — dans les limites imposées par l’intellect — comme en témoigne ce principe : « il suffit ce qui lui manque » (dai mah’soro asher yeh’sar lo), mais sans l’enrichir — car « suffit » est sa prétention, et il n’est pas obligé de l’enrichir.
Mais la perfection et l’achèvement du service consistent à ce que le service s’accomplisse « de toute ta grandeur » (bekhol méodekha) — c’est-à-dire non seulement dans les dix facultés internes, mais aussi dans les facultés englobantes de l’âme — la volonté et le délice.
Et cela est lié à l’ensemble du service d’amour de D.ieu : « Tu aimeras l’Éternel ton D.ieu » (veahavta eth Hachem Elokékha) — l’amour qui est le sommet du service, et dont le Rambam explique l’élévation dans le dixième chapitre des Lois de la Techouva — l’amour à ne pas confondre avec un amour intéressé.
Car lorsqu’on constate en acte que le service procède de l’amour de D.ieu, il n’est plus question de calculs — ceux-ci sont contraires à la conduite d’un service fondé sur l’amour. Le service est alors au-delà de toute mesure et de toute limitation.
Et a fortiori en ce qui concerne les choses spirituelles : lorsqu’un être humain possède cent, il en veut deux cents, et lorsqu’il en a deux cents, il en veut quatre cents — combien plus alors pour les sujets spirituels : l’étude assidu de la Torah, le service de la prière, les actes de bonté — et en général toutes les bonnes actions.
Et lorsque son service s’accomplit « de toute ta grandeur », au-delà de toute mesure et de toute limitation — grâce au service par les facultés englobantes de l’âme, la volonté et le délice — la perfection est alors accomplie aussi dans les dix facultés internes, puisqu’elles sont pénétrées par les facultés englobantes.
C’est pourquoi la grandeur et l’élévation du service dans la joie est compréhensible — car la joie brise toutes les barrières, et le service est alors au-delà de toute mesure et de toute limitation.
Et lorsque l’être humain sert dans la joie et au-delà de toute mesure et limitation, on suscite et on attire d’en-haut des influx qui eux aussi dépassent toute mesure et toute limitation — et d’une façon de joie manifeste (besimh’a dégiloyé) : les h’assadim cachés se manifestent et se révèlent de façon apparente et visible, car lorsqu’on reçoit les bénédictions d’une façon visible et manifeste, cela suscite la joie.
Le Cantique des cantiques de la Rédemption
Que l’on mérite bientôt de chanter le dixième cantique — comme il est expliqué dans les Midrach : jusqu’à présent, depuis le Cantique de la Mer de Moché jusqu’à nos jours, neuf cantiques ont été chantés, et à l’avenir, à l’arrivée de notre juste Machia’h dans la Rédemption véritable et complète, le dixième cantique sera chanté avec le nombre de Juifs.
Et comme tous les révélations à venir dépendent de nos actes et de notre service durant l’exil, il est compréhensible que l’ensemble du service accompli dans la joie durant le temps de l’exil constitue la préparation à la joie future de la Rédemption — « la joie du monde sur leur tête ».
Et l’ensemble du service au-delà de toute mesure et toute limitation opère la descente de la bénédiction de D.ieu d’une façon d’ampleur, de fils de vie, jusqu’à la vraie vitalité — « ma coupe déborde » (kosi révaya) — et depuis ce cantique on ne dit de cantique que sur le vin, sur la coupe du roi Machia’h.
L’interprétation de l’Admour Hazaken : « Vers Lui »
Il a été question plus haut dans le Maamar de l’explication de l’Admour Hazaken concernant les mots « bekhol asher tikreou eilav » — « dans tout ce par quoi vous l’appelez, vers Lui » — sans qu’il ne cite ensuite l’explication du Paradès (de la Kabbale) ni celle du Baal Chem Tov, mais qu’il les précède et ajoute ensuite que l’interprétation simple est d’un autre ordre.
L’explication simple (qui porte sur l’Essence et la Substance) est naturellement et simplement compréhensible et accessible à tout Juif d’Israël — grâce à une foi simple.
Et cela peut sembler étonnant : car on connaît la relation de l’Admour Hazaken tant envers le Pardès que le Baal Chem Tov, et pourtant, non seulement l’Admour Hazaken n’explique pas dans un sens différent du Pardès et du Baal Chem Tov — mais plus encore : il cite d’abord le Pardès et l’explication du Baal Chem Tov, et c’est ensuite qu’il déclare que l’interprétation simple est d’une autre nature.
L’explication : l’interprétation simple (qui porte sur l’Essence et la Substance) est naturellement accessible à chaque Juif d’Israël — car lorsqu’un Juif simple prie D.ieu, il n’a aucune connaissance des kavvanoth liées aux Séfiroth. Sa prière est donc dirigée vers l’Essence et la Substance — « Eilav ».
Et même lorsqu’il s’agit d’une personne d’exception qui sait diriger ses kavvanoth vers les Séfiroth — un grand d’Israël a dit : « je prie comme un enfant » — ce qui signifie que la plénitude et l’authenticité de la prière résident dans cette direction vers l’Essence et la Substance — « Eilav ».
Et cette interprétation simple s’applique à chaque Juif d’Israël — comme il est dit — car le sujet traité est lié au Pardès, au Drach, au Remez ou au Sod, et selon le verset que tout enfant de cinq ans apprend déjà en Parach (aussi des adultes qui ne sont pas encore au stade du Drach ou du Sod ont leur étude dans la section du Péchat) — mais concernant le Péchat (l’interprétation simple) : il s’applique à chaque Juif.
Et le service de la prière est donc à la façon d’un serviteur devant son maître : car lorsque les membres d’un royaume se tiennent devant le roi, il n’y a de différence ni entre grand ni entre petit, et toutes les élévations des membres du royaume ne comptent plus — ils n’occupent plus de place et ne sont rien — devant la grandeur et l’acceptation de la royauté du roi.
La primauté de l’acte sur la kavvana
Dans la généralité de l’enseignement des Mitsvot, il y a deux aspects : l’acte de la Mitsva en acte concret, et la kavvana de la Mitsva. Et bien que « une Mitsva sans kavvana est comme un corps sans âme » — ce qui signifie que l’acte de la Mitsva est comme le corps et la kavvana comme l’âme — et que la valeur de l’âme sur le corps est immense — néanmoins : « l’acte est ce qui est primordial » (véhama’assé hou ha’iqar).
Comme il est expliqué dans le Tanya (ch. 38) : si quelqu’un accomplit tous les kavanoth avec la plus haute intention mais n’accomplit pas la Mitsva en acte concret, il n’a pas acquitté son obligation de la Mitsva. Inversement, lorsqu’il accomplit la Mitsva en acte concret, même si la kavvana lui a manqué, il a acquitté son obligation de la Mitsva.
Ce qui montre combien est grande la primauté de l’accomplissement de la Mitsva en acte concret — « l’acte est ce qui est primordial ». Et comme « une Mitsva entraîne une Mitsva » : l’accomplissement de la Mitsva en acte concret entraîne l’accomplissement d’une autre Mitsva, et avec le temps viendra aussi la kavana de la Mitsva — mais « l’acte est ce qui est primordial ».
Ce sujet est mis en évidence dans le Maamar du jour du Hilloula, où il est question de l’ensemble du service dans le Michkan et le Mikdach :
D.ieu commanda aux Juifs de lui faire une demeure — « qu’ils me fassent une demeure et je résiderai en eux » — et de lui apporter : « de l’or, de l’argent et du cuivre » etc. Les Juifs prirent des choses matérielles — car on se trouve dans ce monde bas et matériel — et c’est précisément par des matériaux matériels que fut construit le Michkan — et c’est ainsi que fut accompli « qu’ils me fassent un sanctuaire, pour moi » — la résidence de l’Essence et de la Substance en-bas.
Et concernant la construction du Michkan, il est dit : « Regarde et fais selon le modèle » — D.ieu avait montré à Moché le modèle de la Ménorah de feu, car avant que le Michkan matériel soit construit, tous les sujets du Michkan existaient sous forme spirituelle, « la Ménorah de feu ».
Et il a été demandé : si tous ces éléments existent déjà sous forme spirituelle — pourquoi avait-on besoin de construire un Michkan matériel avec une Ménorah matérielle ? La réponse est que précisément par les matériaux concrets et matériels — « pour moi, pour mon nom » (Rachi) — c’est là que s’accomplit l’inhabitation de l’Essence et de la Substance en-bas.
Et cela est lié à l’ensemble du service de l’être humain en ce monde : « moi je fus créé pour servir mon Créateur » — dont le service s’accomplit en choses matérielles et concrètes — « que toutes tes actions soient pour le Nom des cieux », « dans toutes tes voies connais-Le ». Et ce n’est pas en-haut que la Torah est — car l’enseignement de la Torah s’applique précisément à ceux qui sont en-bas (Bava Metsia 59b).
L’alliance de la Terre d’Israël et de l’unité du peuple
Ce sujet est aussi lié à la Terre d’Israël — qui a été donnée aux Juifs par D.ieu d’une façon éternelle : « héritage de l’éternité » (nah’alat olam), car D.ieu est Éternel.
L’amour du Peuple d’Israël entraîne l’amour de la Terre d’Israël, et l’unité des Juifs entraîne la plénitude et l’intégrité de la Terre d’Israël.
Particulièrement en nos jours, malgré les ténèbres de la galout — et même les ténèbres redoublées de la période précédant immédiatement l’ère messianique — il y a des territoires en Terre d’Israël qui ont été donnés aux Juifs d’une façon miraculeuse manifeste : la Judée, la Samarie, le Golan — et tous les territoires qui se trouvent actuellement sous l’autorité d’Israël ont été donnés aux Juifs par des miracles manifestes, jusqu’à ce que même les nations du monde déclarent : « c’est le doigt de D.ieu » — sans que les Juifs portent attention à ce fait, semblables à la brebis solitaire au milieu de soixante-dix loups.
Il convient de ne pas prendre en compte le fait qu’il existe des territoires qui ne sont pas encore sous l’autorité d’Israël, et d’attendre la Rédemption véritable et complète par notre juste Machia’h (et non agir avec la force de ses poings). En ce qui concerne les territoires qui se trouvent entre les mains d’Israël, il existe dans la Torah un enseignement clair — dans le Choul’han Aroukh (lois de Chabbat, ch. 329) — que lorsque quelque chose est lié au danger de vie des Juifs — et c’est a fortiori notre sujet qui concerne une certitude, pas un doute — c’est une chose interdite, et il est évident qu’il est interdit de donner aux non-Juifs même un seul territoire que D.ieu a donné aux Juifs, car la chose est liée à un danger pour la vie — « de peur que l’ennemi prenne la ville et que le pays soit ouvert devant eux ».
En particulier en ce qui concerne les territoires donnés aux Juifs d’une façon miraculeuse manifeste — il est certainement interdit selon la Torah de mépriser les dons de D.ieu, et d’autant plus qu’il existe dans la Torah un enseignement clair sur la façon d’agir en pareille matière, qui concerne un danger pour la vie.
Et comme c’est une décision finale dans la Torah — et que la Torah est la maîtresse de la réalité du monde — il est compréhensible que la Torah a le pouvoir de modifier la réalité du monde — et a fortiori de maintenir les territoires qui se trouvent déjà entre les mains d’Israël, mains puissantes — lorsqu’on avance dans la voie de la Torah avec force et détermination.
Et voilà la seule voie pour parvenir à une paix véritable : en marchant selon la voie de la Torah d’Émet (qui est donnée par D.ieu qui est le D.ieu de la Vérité — Lui qui a le pouvoir de concéder la vérité) — et il est compréhensible que dans l’affaire de la vérité, on ne peut faire de « compromis », concéder la moitié ou un tiers ou un quart — car même un léger écart de la vérité équivaut déjà à la négation de la vérité.
Et la Torah d’Émet dit que la Terre d’Israël a été donnée aux Juifs par une alliance — « entre les parts » — de façon d’éternité : « avec un Dieu d’éternité, de peuple en peuple, à jamais » — et il est donc interdit de donner aux non-Juifs même un seul territoire donné aux Juifs par D.ieu.
Et lorsqu’on se conduit selon la voie de la Torah et de la Mitsva, on mérite à la paix véritable et réelle, et on n’a plus besoin d’armes — ils sortent avec de simples vêtements, jusqu’à ce que se réalise la prophétie : « et tous les peuples de la terre verront que le nom de l’Éternel est proclamé sur toi, et ils te craindront ».
Vers la Rédemption : la Dixième Chanson
Ainsi, la conduite générale de marcher dans la voie de la Torah — « un seul peuple dans la terre » — est la voie qui mène à la paix véritable : « car la Torah a été donnée pour faire la paix dans le monde ».
Et en marchant dans la joie, avec la plénitude du Peuple, de la Torah et de la Terre — on va vers la Rédemption véritable et complète, bientôt en nos jours, par notre juste Machia’h.
On mérite « bientôt, immédiatement » — pour réaliser la prophétie — « réveillez-vous et chantez, vous qui habitez dans la poussière » — avec le Baal de la Guéoula en leur sein — et on mérite à la Rédemption véritable et complète par notre juste Machia’h, bientôt en nos jours.
Et on ordonna de chanter le Maamar : «Bati Legani A’hoti Kalla, Je suis entré dans mon jardin, ma sœur ma fiancée. »
Conclusion : s’engager avec force et avec joie
Étant donné qu’il a été dit plus haut que l’écriture d’un Sefer Torah est certainement en cours — on doit terminer ce Farbrenguen avec encore plus de force et avec la joie d’une Mitsva de Torah. Que l’on parte dans la joie et la paix, et que la volonté divine soit que l’on ne réalise pas D.ieu ne nous préserve pas la parole « vous partirez dans la joie » — mais au contraire, que cette joie soit maintenue tout au long de l’année, depuis le début jusqu’à la fin.
Et que l’on mérite bientôt à la Rédemption véritable et complète, bientôt en nos jours, avec notre juste Machia’h.
Figure emblématique du mouvement Habad, le Rav Menachem Mendel Futerfas (1906-1995) a marqué l’histoire par son courage exceptionnel face à la répression soviétique. Emprisonné quatorze années dans les goulags sibériens pour avoir maintenu l’éducation juive clandestine, ce grand Hassid est devenu une légende vivante de la résistance spirituelle. Son parcours extraordinaire, de la Sibérie aux bancs de la Yechiva de Kfar Habad, témoigne d’une foi inébranlable qui continue d’inspirer les générations.
Le Rav Menachem Mendel Futerfas, surnommé affectueusement Reb Mendel, demeure l’une des figures les plus respectées du mouvement Habad du XXe siècle. Élève du célèbre Mashpia Reb Zalman Moishe HaYitzchaki, il a consacré sa vie à l’enseignement et à la préservation du judaïsme, même dans les conditions les plus extrêmes. Son emprisonnement de quatorze ans dans les camps soviétiques, conséquence directe de ses activités éducatives clandestines, n’a jamais entamé sa détermination. Libéré et autorisé à quitter l’URSS, il a rejoint sa famille à Londres avant de s’installer en Israël, où il a exercé comme Mashpia à la Yechiva Tom’hei Temimim de Kfar Habad dès 1973, marquant profondément ses étudiants par ses enseignements et ses récits extraordinaires.
Un parcours d’exception au service de l’éducation juive
Né en 1906, Menachem Mendel Futerfas grandit dans une époque de bouleversements pour les communautés juives d’Europe de l’Est. Disciple remarqué du Mashpia Reb Zalman Moishe HaYitzchaki, il développe très tôt une passion pour l’enseignement et la transmission des valeurs hassidiques.
C’est cette même passion qui le conduira vers son destin le plus redoutable : l’ouverture d’écoles juives clandestines en Union Soviétique, à une époque où le régime communiste réprime violemment toute expression religieuse. Ces Talmud Torah secrets représentent alors l’unique moyen de perpétuer l’éducation juive traditionnelle dans un contexte d’hostilité systématique.
Quatorze années de calvaire dans les goulags sibériens
L’arrestation de Reb Mendel marque le début d’une épreuve qui aurait brisé les plus solides. Condamné pour ses activités éducatives, il est déporté dans les goulags de Sibérie, où il affronte pendant quatorze longues années des conditions inhumaines : froid glacial, malnutrition chronique, promiscuité avec des criminels endurcis, violences quotidiennes et travail épuisant.
Pourtant, loin de se laisser abattre, Reb Mendel transforme cette épreuve en victoire spirituelle. Avec une détermination qui force l’admiration, il annonce dès son arrivée qu’aucune menace ne le contraindra jamais à travailler le Chabbat. Cette fermeté, exprimée avec une conviction si profonde, lui permet effectivement de respecter ce commandement fondamental tout au long de sa détention.
Plus remarquable encore, il parvient chaque année à se procurer au moins trente grammes de Matsa Chmoura pour Pessah, grâce aux colis alimentaires que sa famille peut lui envoyer. Lorsque la quantité le permet, il partage précieusement cette Matsa avec d’autres détenus juifs ou la conserve pour l’année suivante, témoignant d’une solidarité et d’une prévoyance exceptionnelles.
La libération et la mission en Israël
Après sa libération, Reb Mendel retrouve enfin sa famille à Londres, séparée depuis dix-huit ans. Mais sa véritable renaissance commence lorsque le Rabbi de Loubavitch, Menachem Mendel Schneerson, lui confie une mission particulière : devenir Mashpia à la Yechiva Tom’hei Temimim de Kfar Habad, en Israël.
Son arrivée à l’été 1973 marque le début d’une nouvelle légende. À Kfar Habad, ses Farbrengen deviennent rapidement célèbres. Ces rassemblements spirituels, où Reb Mendel partage ses enseignements et ses récits extraordinaires, attirent des hassidim de tout le pays et même de l’étranger.
L’engagement dans les campagnes du Rabbi
Malgré son âge avancé et ses difficultés physiques, Reb Mendel s’investit pleinement dans les campagnes de Mitsvot lancées par le Rabbi. Lorsque débute en juin 1967 la première campagne pour encourager la mise des Téfilines, il se joint immédiatement aux jeunes étudiants qui se rendent chaque vendredi à Rishon Letsion.
Ses difficultés de déplacement et sa maîtrise limitée de l’hébreu moderne n’entament pas sa détermination. Quand il balbutie avec son accent particulier : « Moi Juif, toi Juif, mets les Téfilines ! », sa sincérité désarme toutes les résistances. Interrogé sur cette obstination qui semble disproportionnée par rapport à ses capacités physiques, Reb Mendel révèle la profondeur de sa motivation.
Une philosophie de la réparation spirituelle
Sa réponse au Rav Cholom Feldman illustre parfaitement sa conception de la vie spirituelle. Il explique d’abord ressentir le besoin de « réparer » toutes les fois où il n’a pas pu mettre les Téfilines en prison : « Cette longue période où je n’avais pas de Téfilines me manque ! Je dois la réparer, et en mettant les Téfilines à d’autres Juifs, cela remplace un peu toutes les fois où je n’ai pas pu les mettre moi-même ! »
Sa seconde motivation révèle une humilité touchante : « Je veux agir, ne serait-ce que symboliquement, pour prouver mon attachement au Rabbi ! Sinon, en quoi pourrais-je prétendre être un Hassid du Rabbi ? » Cette approche concrète de la fidélité spirituelle caractérise toute sa philosophie.
Un maître de la sagesse quotidienne
Les enseignements de Reb Mendel se distinguent par leur ancrage dans l’expérience vécue. Ses récits de prison, qu’il partage avec parcimonie, regorgent de leçons profondes exprimées avec simplicité. L’histoire des cartes cachées dans la poche du gardien illustre parfaitement sa méthode : « Souvent nous cherchons loin ce que nous voulons, alors qu’il se trouve dans notre poche. »
Cette capacité à transformer les situations les plus sombres en enseignements lumineux fait de lui un maître unique, capable de toucher tous les publics par sa sagesse accessible.
Un héritage durable
Le Rav Menachem Mendel Futerfas quitte ce monde le 4 Tamouz 5755 (2 juillet 1995) et repose à Londres. Sa disparition marque la fin d’une époque, mais son influence perdure bien au-delà de sa mort physique.
Figure légendaire de Kfar Habad, Reb Mendel incarne la résistance spirituelle face à l’oppression et la capacité de transformer les épreuves en opportunités de croissance. Son exemple continue d’inspirer les hassidim du monde entier, témoignant que la foi authentique peut triompher des adversités les plus terribles.
Ses Farbrengen, immortalisés par de rares images où on le voit aux côtés d’autres grands hassidim comme le Rav Moshe Vishtaki, le Rav Berke Hein, le professeur Yirmiyahu Branover et le Rav Hershel Rivkin, demeurent des moments d’exception dans l’histoire du mouvement Habad.
L’héritage de Reb Mendel réside dans cette leçon fondamentale : même dans les ténèbres les plus épaisses, la lumière de la foi peut non seulement survivre, mais rayonner avec une intensité qui éclaire le chemin des générations futures.
Barouh Dayan Haémet — Béni soit le Juge de Vérité. C’est avec une immense tristesse que nous vous faisons part du départ de ce monde de Myriam Marcovici, rappelée à D.ieu le 3 Tamouz 5786 (18 juin 2026). Elle laisse derrière elle ses enfants et toute une communauté endeuillée, unis dans la douleur et dans la prière.
Déroulement de la levaya
La levaya (cérémonie funèbre) aura lieu aujourd’hui même, Jeudi 18 juin à 14h30, à l’Hôpital Georges Pompidou — entrée principale
20, rue Leblanc — Chambre mortuaire, rez-de-chaussée, pôle A.
Inhumation en Israël
Le départ pour Israël est prévu dans la soirée.
L’inhumation se déroulera au cimetière de Beth Shemesh, vendredi matin.
והקיצו ורננו שוכני עפר והיא בתוכם
« Et ils se réveilleront et ils exulteront, ceux qui reposent dans la poussière — et elle sera parmi eux. »
Michna 1 :
A partir de quand lit-on le Chema Israël du soir ? Depuis le moment où les Cohanim reviennent pour consommer les prélèvements consacrés jusqu’à la fin de la première garde. Tels sont les propos de Rabbi Eliézer. Les Sages, en revanche, enseignent: « Jusqu’au milieu de la nuit ». Et, Rabban Gamliel dit : « Jusqu’au lever du jour ».
Une fois, ses fils rentrèrent d’un festin et ils lui dirent : « Nous n’avons pas encore lu le Chema ». Il leur répondit alors : « Si le jour ne s’est pas encore levé, vous êtes tenus de le faire maintenant. Bien plus, toutes les pratiques que nos Sages ont limité à la première moitié de la nuit s’appliquent également jusqu’au lever du jour. Ainsi, la combustion des graisses et celle des membres des sacrifices peuvent être effectuées jusqu’au lever du jour. Les sacrifices qui ne sont consommables qu’une seule journée peuvent encore être mangés jusqu’au lever du jour. Dès lors, pourquoi les Sages parlent-ils de la première moitié de la nuit ? Afin d’écarter l’homme de la faute ».
Michna 2 :
A partir de quand lit-on le Chema Israël du matin ? Dès que l’on distingue un fil d’azur d’un fil blanc. Rabbi Eliézer dit : « Un fil d’azur d’un fil vert ».
Et, l’on achève cette lecture avant le lever du soleil. Rabbi Yochoua dit : « Jusqu’à la fin de la troisième heure du jour, car c’est alors que les princes ont coutume de se lever ». Mais, celui qui le lit, passé ce délai, n’aura pas tout perdu. Car, il reçoit alors la récompense d’un homme qui lit la Torah.
Michna 3 :
Beth Chamaï enseigne : « Le soir, chacun s’inclinera pour faire cette lecture et le matin, on se tiendra debout, ainsi qu’il est dit (Devarim 6, 7) : ‘quand tu te coucheras et quand tu te lèveras’ ». Mais, Beth Hillel dit : « Chacun le lit comme il le veut, ainsi qu’il est dit (Devarim 6, 7) : ‘quand tu marcheras sur le chemin’. S’il en est ainsi, que signifie l’expression : ‘quand tu te coucheras et quand tu te lèveras’ ? Elle fait référence à l’heure où les hommes se couchent et à l’heure où ils se lèvent ».
Rabbi Tarfon relate : « J’avançai moi-même sur le chemin et je me suis incliné pour le lire, conformément à l’avis de Beth Chamaï. Je me suis alors trouvé en danger mortel, du fait des brigands ». Les Sages lui répondirent : « Tu aurais mérité d’en mourir et tu aurais été tenu pour responsable de ton sort, car tu as transgressé les propos de Beth Hillel ».
Michna 4 :
Le matin, on dit deux bénédictions avant cette lecture et une après elle. Le soir, deux avant et deux après, une longue et une courte.
Là où les Sages ont instauré une bénédiction longue, on n’est pas autorisé à lui substituer une courte. Là où ils en ont fixé une courte, on n’est pas autorisé à la remplacer par une longue. Là où ils ont instauré une conclusion de bénédiction, on n’est pas autorisé à l’omettre. Là où ils n’ont pas fixé une telle conclusion, on n’est pas autorisé à l’introduire.
Michna 5 :
On fait mention de la sortie d’Egypte pendant les nuits. Rabbi Eléazar Ben Azarya dit : « Je suis comme si j’étais âgé de soixante dix ans et je n’ai pas eu le mérite d’obtenir que la sortie d’Egypte soit mentionnée la nuit, jusqu’à ce que Ben Zoma l’établisse, ainsi qu’il est dit (Devarim 16, 3) : ‘afin que tu te souviennes du jour de ta sortie d’Egypte, tous les jours de ta vie’ : ‘les jours de ta vie’ correspond aux jours et ‘tous les jours de ta vie’ introduit les nuits’ ».
Mais, les Sages disent : « ’les jours de ta vie’ correspond à ce monde et ‘tous les jours de ta vie’ introduit la période du Machia’h. »
(נ) Lettre Noun Traité Chabbat, chapitre 21 – מסכת שבת פרק כא
Michna 1 :
Un homme, peut prendre son fils dans les bras alors que celui-ci tient une pierre à la main ou bien un panier contenant une pierre. De même, il peut transporter les prélèvements agricoles devenus impurs avec ceux qui sont encore purs et avec la récolte ordinaire.
Rabbi Yehouda enseigne : “ Il est même permis de confondre les prélèvements agricoles qui se sont mélangés avec la récolte ordinaire, par une quantité cent une fois plus importante ”.
Michna 2 :
Si une pierre sert de bouchon à un tonneau, celle-ci peut être inclinée afin qu’elle tombe. Si la pierre se trouve entre les tonneaux, on peut soulever un tonneau et l’incliner pour la faire tomber.
Si de l’argent est posé sur un oreiller, on peut secouer l’oreiller pour le faire tomber. Si des déchets ont été déposés sur lui, on peut les essuyer avec un chiffon. Si l’oreiller était en cuir, on fera couler de l’eau sur lui, jusqu’à ce que les déchets disparaissent.
Michna 3 :
Beth Chamaï enseigne : « On débarrasse les os et les épluchures de la table ». Beth Hillel dit : « On soulève toute la surface recouvrant la table et on la secoue ».
On débarrasse les miettes de la table, même si elles ont moins que le poids d’une olive, de même que le duvet des fèves et des lentilles, car celles-ci peuvent constituer la nourriture des animaux.
On peut se servir, pour nettoyer, d’une éponge ayant une anse de cuir. Si elle n’en a pas, on ne s’en sert pas. Les Sages disent : « Dans un cas comme dans l’autre, on peut la prendre pendant le Chabbat et elle ne contracte pas l’impureté ».
(ח)
Lettre Heth Traité Chabbat, chapitre 22 – מסכת שבת פרק כב
Michna 1 :
Lorsqu’un tonneau se brise pendant le Chabbat, on peut en prélever la quantité de nourriture nécessaire pour trois repas et dire à d’autres personnes : « Venez, prélevez-en pour votre compte », à condition de ne pas en éponger le contenu.
On ne presse pas les fruits pour en faire sortir le jus et, s’il sort de lui-même, celui-ci est interdit. Rabbi Yehouda dit : « Si les fruits sont préparés comme des aliments solides, ce qui en sort est permis. S’ils sont pris comme liquides, ce qui en sort est interdit ».
Si des pains de miel ont été liquéfiés à la veille du Chabbat et que le miel en a coulé de lui-même, celui-ci est interdit. Rabbi Eliézer le permet.
Michna 2 :
Ce qui a été cuit, à la veille du Chabbat peut être trempé dans l’eau chaude, pendant le Chabbat. Ce qui n’a pas été cuit, à la veille du Chabbat, peut, néanmoins, être rincé à l’eau chaude, pendant le Chabbat, à l’exception d’un poisson ancien en saumure, de petits poissons salés ou encore d’un maquereau, car c’est en les rinçant que l’on achève leur préparation.
Michna 3 :
Il est permis de briser un tonneau afin de consommer les figues qui s’y trouvent, à la condition de ne pas avoir l’intention d’en faire un instrument.
On ne perce pas le bouchon du tonneau, selon les propos de Rabbi Yehouda, mais les Sages le permettent. On ne le perce pas non plus sur son flanc et, s’il est déjà percé, on ne bouche pas l’orifice avec de la cire, de peur de la gratter.
Rabbi Yehouda raconte : « Un cas similaire a été soumis à Rabban Yo’hanan Ben Zakaï dans la ville de Arav et il a dit : ‘J’ai bien peur que (ayant transgressé le Chabbat par inadvertance), il doive apporter un sacrifice de ‘Hatat’. »
Michna 4 :
Il est permis d’introduire un plat dans une fosse pour le protéger, de l’eau potable dans celle qui ne l’est pas pour la refroidir ou de l’eau froide dans la chaude pour la réchauffer.
Celui qui, avançant sur son chemin, perd ses vêtements dans l’eau, peut poursuivre sa route sans crainte. Puis, parvenu dans une cour extérieure, il les étalera au soleil. Mais, il ne le fera pas en public.
Michna 5 :
Celui qui se lave dans le bassin d’une grotte, ou bien dans les eaux de Tibériade, puis se sèche, même avec dix serviettes, ne pourra pas les déplacer dans sa main.
En revanche, dix hommes peuvent sécher leur visage, leurs mains et leurs pieds avec une seule serviette, puis la déplacer dans leurs mains.
Michna 6 :
On s’enduit le corps et on le masse, mais on ne fait pas d’exercice physique et l’on ne se gratte pas. On ne descend pas dans un fleuve boueux et l’on ne prépare pas de vomitif.
On ne redresse pas un petit enfant et l’on ne corrige pas une fracture. Si quelqu’un s’est déboîté la main ou le pied, il ne les plongera pas dans l’eau froide. En revanche, il peut les laver comme il le fait d’habitude et s’ils guérissent, c’est tant mieux.
Michna 1 :
Celui-ci qui se trouve encore en chemin lorsque la nuit tombe peut confier sa bourse à un non Juif. Si aucun non Juif ne l’accompagne, il la déposera sur l’âne.
Parvenu dans la cour extérieure de la ville, il prendra les instruments qu’il est permis de porter pendant le Chabbat. Quant à ceux qu’il n’est pas permis de porter, il détachera les sangles de l’âne et les sacs tomberont d’eux-mêmes.
Michna 2 :
On détache des bottes de céréales devant un animal et l’on en éparpille les tiges, mais non les feuilles.
Il est interdit d’écraser le foin et les caroubes devant l’animal, qu’il s’agisse de petit ou de gros bétail. Mais, Rabbi Yehouda permet les caroubes pour le petit bétail.
Michna 3 :
On ne gave pas le chameau et l’on ne le nourrit pas contre son gré. En revanche, on peut lui faire passer sa nourriture. On n’introduit pas profondément la nourriture des veaux, mais on peut la faire passer. On nourrit la volaille et l’on verse de l’eau dans la pâtée qui leur est servie, mais on ne la remue pas.
On ne donne pas d’eau aux abeilles et aux colombes se trouvant dans le colombier. En revanche, on peut en donner aux oies, aux poulets et aux pigeons.
Michna 4 :
On peut découper les courges devant un animal et la dépouille d’une bête devant les chiens.
Rabbi Yehouda dit : « Si cette dépouille n’était pas déjà prête à la veille du Chabbat, elle est interdite, parce qu’elle n’a pas été préparée ».
Michna 5 :
On peut annuler des vœux pendant le Chabbat et interroger le sage pour les vœux qui concernent le Chabbat.
On a le droit de fermer les volets. On peut mesurer le chiffon et le Mikwé. A l’époque du père de Rabbi Tsadok et de Abba Chaoul, fils de Botnit, il arriva que l’on ferme des volets avec de la glaise, que l’on rattache les débris d’argile avec de la paille afin de vérifier s’il y avait, dans l’auvent, une ouverture de la largeur d’un Tefa’h ou non.
Nous déduisons des propos de ces Sages qu’il est permis, pendant le Chabbat, de boucher, de mesurer et d’attacher.
Michna 1 :
Si la poutre d’une ruelle a été placée plus haut que vingt coudées, il faut l’abaisser, mais Rabbi Yehouda dit : “ Cela n’est pas nécessaire ”.
Si la ruelle est plus large que dix coudées, il faudra la réduire. Toutefois, si l’entrée a la forme d’une porte, il ne sera pas nécessaire de la réduire, même si elle est plus large que dix coudées.
Michna 2 :
Comment préparer une ruelle pour que l’on puisse y transporter des objets ? Beth Chamaï dit : “ Par un piquet et par une poutre ”. Beth Hillel dit : “ Ou bien par un piquet ou bien par une poutre ”. Rabbi Eliézer dit : “ Par deux piquets ”.
Un disciple dit, au nom de Rabbi Ichmaël, devant Rabbi Akiva : “ La discussion entre Beth Chamaï et Beth Hillel ne porte pas sur une ruelle de moins de quatre coudées, dans laquelle il peut être permis de porter ou bien par un piquet ou bien par une poutre. Sur quoi porte donc leur discussion ? Sur la ruelle qui a entre quatre et dix coudées de largeur. Dans ce cas, Beth Chamaï demande un piquet et une poutre, alors que Beth Hillel se suffit de l’un ou de l’autre ”.
Rabbi Akiva lui répondit : “ Leur discussion porte sur ces deux cas à la fois ”.
Michna 3 :
La poutre dont parlent nos Sages doit être suffisamment large pour recevoir les matériaux de construction.
Ces matériaux de construction sont des demi briques d’une longueur de trois Tefa’h et il suffit que la poutre ait une largeur d’un Tefa’h pour recevoir ces matériaux de construction sur sa longueur.
Michna 4 :
La poutre doit être assez large pour recevoir les matériaux de construction et assez solide pour les supporter.
Rabbi Yehouda dit : “ Il suffit qu’elle soit assez large, même si elle n’est pas assez solide ”.
Michna 5 :
Si la poutre était en paille ou en jonc, on fait comme si elle était en fer. Si elle était tordue, on fait comme si elle était droite. Si elle était arrondie, on, fait comme si elle était carrée.
Si son pourtour est d’au moins trois Tefa’h, sa largeur a nécessairement un Tefa’h.
משנה ו
לְחָיַיִן שֶאָמְרוּ, גָּבְהָן עֲשָרָה טְפָחִים, וְרָחְבָּן וְעָבְיָן כָּל שֶׁהוּא. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר, רָחְבָּן שְׁלשָׁה טְפָחִים
Michna 6 :
Le piquet dont parlent nos Sages a dix Tefa’h de hauteur, n’importe quelle largeur et n’importe quelle épaisseur.
Rabbi Yossi dit : “ Il doit avoir une largeur de trois Tefa’h.
Michna 7 :
Toute matière peut être utilisée pour constituer un piquet, y compris ce qui est vivant, mais Rabbi Yossi l’interdit.
Si ce piquet a servi à recouvrir une tombe, il est impur, mais Rabbi Meïr le décrète pur. On peut rédiger sur lui l’acte de divorce d’une femme, mais Rabbi Yossi le Galiléen le disqualifie pour cet usage.
Michna 8 :
Si une caravane campe dans la plaine et que le campement est entouré par des instruments servant pour les animaux, on pourra transporter des objets à l’intérieur de ce périmètre, à condition que la barrière ait au moins dix Tefa’h de hauteur et que les parties ouvertes ne soient pas plus importantes que les parties fermées.
Chaque ouverture qui a dix coudées est permise, car elle est considérée comme une porte. Au-delà de cette largeur, elle est interdite.
Michna 9 :
On peut entourer ce campement au moyen de trois cordes, chacune se trouvant au dessus de l’autre, à condition que la distance entre deux cordes soit toujours inférieure à trois Tefa’h.
La mesure de l’épaisseur des cordes doit dépasser un Tefa’h, afin que l’ensemble ait plus de dix Tefa’h.
Michna 10 :
On peut également l’entourer avec des pieux, à condition que la distance entre deux pieux soit inférieure à trois Tefa’h. Ceci s’applique à la caravane, selon les propos de Rabbi Yehouda. Mais, les Sages disent : “ Cela ne se limite pas à la caravane, mais s’applique à toute situation courante. ”
Une barrière, pour être considérée comme telle, doit avoir des planches verticales et d’autres horizontales. Tel est l’avis de Rabbi Yossi, fils de Rabbi Yehouda. Les Sages, en revanche, disent : “ Les unes ou les autres ”.
Quatre permissions ont été données, dans un campement militaire. On peut y apporter du bois de n’importe quel endroit. On y est dispensé de se laver les mains. On n’y effectue pas les prélèvements agricoles au bénéfice du doute. On n’y fait pas d’Erouv entre les tentes.
Michna 1 :
Jusqu’à quand peut-on labourer un verger, à la veille de la septième année ? Beth Chamaï dit : “ Tant que cela est profitable aux fruits ”. Beth Hillel dit : “ Jusqu’à Chavouot ”.
Ces deux avis sont pratiquement concordants.
Michna 2 :
Qu’appelle-t-on un verger ? Un champ qui a au moins trois arbres sur une surface d’une Séa.
Si ceux-ci peuvent produire un collier de figues d’une valeur de soixante Mané italiens, on labourera toute la Séa pour eux. S’ils produisent une quantité moindre, on ne laboure que la place qu’occupe l’homme cueillant les figues et son panier, se trouvant à l’extérieur par rapport à lui.
Michna 3 :
Un arbre ne donnant pas de fruits et un arbre fruitier sont observés comme s’ils étaient des figuiers.
Ainsi, s’ils peuvent produire l’équivalent d’un collier de figues d’une valeur de soixante Mané italiens, on labourera toute la Séa pour eux. S’ils en produisent une quantité moindre, on ne labourera qu’en fonction de leur besoin.
Michna 4 :
Si un arbre fournit bien un collier de figues, mais non les deux autres, ou bien si deux en fournissent, mais non le troisième, on ne labourera qu’en fonction de leur besoin. Il doit y avoir au moins trois arbres et jusqu’à neuf.
S’il y a dix arbres ou plus, qu’ils produisent un collier de figues ou non, on labourera toute la Séa pour eux, ainsi qu’il est dit (Chemot 34, 21) : “ Tu cesseras de labourer et de récolter ”. Ceci s’applique non seulement au labourage et à la récolte de la septième année, mais aussi à ceux de la veille de cette septième année, s’y introduisant et à ceux de la septième année, s’introduisant dans l’année suivante.
Rabbi Ichmaël précise : “ Tout comme le labourage dont il est ici question est un acte permis, la récolte qui est mentionnée là est également un acte permis. Ceci exclut la récolte de Mitsva, celle de l’Omer. ”
Michna 5 :
Trois arbres appartenant à trois personnes s’additionnent et l’on labourera toute la Séa pour eux.
Quelle distance doit-il y avoir entre eux ? Rabban Gamliel répond : “ Celle qui est nécessaire pour que passe le bétail, avec ses ustensiles ”.
Michna 6 :
Si dix plants de culture se répartissent sur une surface d’une Séa, on peut labourer toute la Séa pour eux, jusqu’à Roch Hachana.
S’ils sont regroupés et entourés d’une haie, on ne labourera qu’en fonction de leur besoin.
Michna 7 :
Les plants de culture et les grandes citrouilles s’additionnent, à l’intérieur d’une surface d’une Séa.
Rabban Chimeon Ben Gamliel dit : “ S’il y a dix grandes citrouilles sur une surface d’une Séa, on pourra labourer toute la Séa, jusqu’à Roch Hachana. ”
Michna 8 :
A partir de quand peut-on parler de plants de culture ? Rabbi Eléazar Ben Azarya dit : “ Dès l’instant où ils sont permis aux profanes ”. Rabbi Yochoua dit : “ A l’issue de sept ans ”. Rabbi Akiva dit : “ Tant qu’ils sont qualifiés de plants ”.
Quand un arbre a été coupé et qu’il a produit de nouvelles branches, si celles-ci ont moins d’un Tefa’h, il s’agit d’un plant de culture. Si elles ont plus d’un Tefa’h, il s’agit d’un arbre. Tels sont les propos de Rabbi Chimeon.
Michna 1 :
Quand le verdict a été prononcé, on fait sortir le condamné pour le lapider. Le lieu de lapidation se trouvait à l’extérieur du tribunal, ainsi qu’il est dit (Vaykra 24, 14) : “ Fais sortir celui qui a blasphémé ”. Un homme se tenait à la porte du tribunal, tenant des fanions à la main et un autre, à cheval, se trouvait à une distance où il pouvait le voir.
Si quelqu’un déclare qu’il peut produire une circonstance atténuante, l’autre agite les fanions et le cavalier se hâte d’aller arrêter l’exécution. Même si le condamné lui-même prétend avoir des arguments à produire en sa faveur, on le ramène au tribunal, quatre ou cinq fois s’il le faut, à condition que ses paroles aient un contenu.
Si on lui trouve un motif d’acquittement, on le libère. Sinon, il ressort du tribunal pour être lapidé et quelqu’un annonce devant lui : “ Un tel, fils d’un tel, va être lapidé pour avoir commis telle faute. Un tel et un tel sont ses témoins. Si quelqu’un connaît un argument pour sa défense, qu’il vienne le faire connaître. ”
Michna 2 :
Quand on parvient à environ dix coudées du lieu de la lapidation, on dit au condamné : “ Confesse-toi ! ”. En effet, tous ceux qui sont mis à morts se confessent, car quiconque le fait a part au monde futur. Ce fut le cas pour A’han, auquel Yochoua dit (Yochoua 7, 19-20) : “ ‘De grâce, mon fils, honore l’Eternel, D.ieu d’Israël et confesse-toi devant Lui’. A’han répondit à Yochoua : ‘C’est vrai, j’ai fauté envers l’Eternel, D.ieu d’Israël et voici ce que j’ai commis’. ”
D’où sait-on que sa confession lui permet d’obtenir l’expiation ? Parce qu’il est écrit (Yochoua 7, 25) : “ Yochoua lui dit : ‘Comme tu nous as affligés, l’Eternel t’affligera en ce jour’. ”, ce qui veut dire : “ tu es affligé en ce jour, mais tu ne le seras pas dans le monde futur ”.
S’il ne sait pas se confesser, on lui fera dire : “ Que ma mort rachète toutes mes fautes ”. Rabbi Yehouda dit : “ S’il sait qu’il a été condamné sur la foi de témoins mensongers, il dira : ‘Que ma mort rachète toutes mes fautes, à l’exception de celle-ci’. ” On lui rétorqua : “ S’il en est ainsi, tous opteront pour cette formule, afin de s’innocenter ”.
Michna 3 :
Quand on parvient à quatre coudées du lieu de la lapidation, on lui ôte ses vêtements.
On couvre un homme par devant, une femme par devant et par derrière. Tels sont les propos de Rabbi Yehouda. Les Sages disent : “ Un homme est lapidé nu, mais une femme n’est pas lapidée nue ”.
Michna 4 :
Le lieu de la lapidation avait une hauteur de deux tailles d’homme. L’un des témoins pousse le condamné par les hanches. S’il se retourne et tombe, cœur contre terre, il le replacera sur les hanches. S’il meurt ainsi, la sentence a bien été appliquée. Sinon, le second témoin prend une pierre et la fait tomber sur son cœur. S’il meurt ainsi, la sentence a bien été appliquée. Sinon, tout le peuple d’Israël participera à sa lapidation, ainsi qu’il est dit (Devarim 17, 7) : “ La main des témoins le frappera en premier pour le mettre à mort et la main de tout le peuple, en dernier lieu ”.
Tous ceux qui sont lapidés sont ensuite pendus. Tels sont les propos de Rabbi Eliézer. Les Sages disent : “ Seuls le blasphémateur et l’idolâtre sont pendus après lapidation ”. Un homme est pendu avec le visage tourné vers le peuple et une femme, avec le visage tourné vers la potence. Tels sont les propos de Rabbi Eliézer. Les Sages disent : “ L’homme est pendu, mais la femme ne l’est pas ”.
Rabbi Eliézer leur dit : “ Chimeon, fils de Chéta’h n’a-t-il pas fait pendre des femmes à Ashkelon ? ”. Ils lui répondirent : “ Il a même fait pendre quatre vingt femmes, alors que, d’ordinaire, l’on ne doit pas prononcer deux condamnations à mort, le même jour. ”
Comment le pendre ? On enfonçait un poteau en terre, sur lequel il y avait la potence. On attachait ses deux mains l’une sur l’autre et on le pendait par celles-ci. Rabbi Yossi dit : “ Le poteau était appuyé contre un mur et on le pendait comme le font les bouchers ”.
On le détachait aussitôt, faute de quoi on transgressait un Interdit, ainsi qu’il est dit (Devarim 21, 23) : “ Tu ne laisseras pas son cadavre passer la nuit sur la potence. Tu l’enterreras le même jour, car un homme pendu est une offense envers D.ieu ”, ce qui veut dire que l’on se demanderait pourquoi cet homme est pendu et qu’il faudrait alors répondre qu’il a blasphémé. Le Nom de D.ieu s’en trouverait profané.
Michna 5 :
Rabbi Meïr dit : “ Lorsque l’homme souffre, que dit la Présence divine ? Elle dit : ‘Ma Tête est lourde. Mon bras est lourd’. ” Et, si D.ieu se lamente à ce point quand est versé le sang des impies, combien plus est-ce le cas pour le sang des Justes.
Bien plus encore, quiconque fait passer la nuit à un mort sans l’inhumer transgresse une Interdiction. Toutefois, s’il le fait pour l’honneur du mort, dans le but de lui préparer un cercueil et des vêtements mortuaires, il ne commet pas de faute.
On ne l’enterrait pas dans la tombe de ses pères. En fait, le tribunal aménageait deux cimetières, l’un pour ceux qui avaient été décapités ou étranglés, l’autres pour ceux qui avaient été lapidés ou exécutés par le feu.
Michna 6 :
Lorsque la chair est putréfiée, on recueille les ossements et on les enterre à leur place.
Les proches du condamné viennent ensuite saluer les juges et les témoins, affirmant ainsi qu’ils ne leur en veulent pas du tout, car leur jugement a été prononcé selon la vérité.
On n’observe pas les lois du deuil. En revanche, on observe les lois du chagrin tant que le mort n’a pas été enterré, car c’est uniquement là un sentiment du cœur.
Michna 1 :
Le sang d’une femme Nidda et la chair d’un homme mort rendent impurs, qu’ils soient humides ou secs. A l’opposé, l’écoulement de sang, la morve, la salive, le reptile, le cadavre d’un animal et l’écoulement séminal rendent impurs quand ils sont humides, mais non quand ils sont secs.
Toutefois, si on peut les humecter et leur faire retrouver leur état initial, ils rendent impurs, qu’ils soient humides ou secs. Combien de temps doivent-ils être trempés ? Dans de l’eau tiède, pendant vingt quatre heures.
Rabbi Yossi dit : “ La chair d’un homme mort est desséchée et il n’est pas possible de la tremper. ”
Michna 2 :
Si l’on a trouvé un reptile dans une ruelle, on établit son impureté de manière rétroactive, à partir du moment où l’on peut dire : “ J’ai vérifié cette ruelle et aucun reptile ne s’y trouvait ” ou bien à partir de la date à laquelle elle a été balayée.
Il en est de même pour la tache de sang que l’on trouve sur un vêtement. L’impureté est alors établie rétroactivement, à partir du moment où l’on peut dire : “ J’ai vérifié ce vêtement et il ne portait pas de tache ” ou bien à partir de la date à laquelle il a été lavé et cette tache rend impur, qu’elle soit humide ou sèche.
Rabbi Chimeon dit : “ Celle qui est sèche rend impur de manière rétroactive, alors que celle qui est humide rend impur uniquement à partir du moment rendant possible le fait qu’elle soit encore humide. ”
Michna 3 :
Toutes les taches de sang provenant de Rékem sont pures. Rabbi Yehouda pensent qu’elles sont impures, car cette région est peuplée de convertis, qui sont sujets à l’erreur.
Les taches provenant d’entre les nations sont pures. Celles qui parviennent d’entre les Juifs et les Koutim sont impures d’après Rabbi Meïr, pures selon les Sages, car il n’y a pas lieu de les suspecter à propos de telles taches.
Michna 4 :
Les taches de sang se trouvant dans n’importe quel endroit sont pures, à l’exception de celles qui sont dans des pièces ou bien à proximité de lieux d’impureté.
L’impureté se répand, comme au sein d’une tente, dans les lieux d’impureté des Koutim, car c’est dans cet endroit qu’ils ont coutume d’enterrer leurs fœtus.
Rabbi Yehouda dit : “ Ils ne les enterraient pas, mais les jetaient et une bête sauvage les emportait ”.
Michna 5 :
On peut leur faire confiance quand les Koutim disent : “ C’est là que nous avons enterré nos fœtus ” ou bien : “ Nous n’en avons pas enterrés ”.
On peut leur faire confiance quand ils déclarent qu’un animal a eu un premier-né ou bien n’en a pas eu. On peut aussi leur faire confiance pour le marquage des tombeaux.
En revanche, on ne leur fait pas confiance pour localiser les tombes dans les bosquets, pour les tombes marquées par les pierres d’une barrière et pour les tombes se trouvant dans un champ. Le principe général est le suivant : dans tous les domaines où on les suspecte, on ne leur fait pas confiance.
Michna 1 :
L’agneau du sacrifice perpétuel n’était pas ligoté, mais attaché, chaque membre avant avec un membre arrière. Ceux que le sort avait désigné pour en tenir les membres les prenaient. Voici de quelle manière il était attaché. Sa tête était tournée vers le sud et son visage, vers l’ouest. Le sacrificateur se tenait à l’est, le visage tourné vers l’ouest.
Le sacrifice perpétuel du matin était sacrifié dans le coin nord-ouest, sur le second anneau. Celui du soir l’était dans le coin nord-est, sur le second anneau. Le sacrificateur l’égorgeait et celui qui devait recevoir le sang le faisait. Il se rendait dans le coin nord-est et il en versait, puis il allait dans le coin sud-ouest et il en versait. Enfin, il déversait ce qui en restait sur la partie sud du socle de l’autel.
Michna 2 :
Il ne brisait pas la jambe de cet agneau. Il la perçait à l’épaule et il la suspendait ainsi. Il le dépeçait de haut en bas, jusqu’à ce qu’il atteigne la poitrine. Quand il y était parvenu, il coupait la tête et il la donnait à celui que le sort avait désigné pour la prendre. Il lui coupait les pattes postérieures et il les donnait à celui que le sort avait désigné pour les prendre.
Il achevait de dépecer l’animal. Il lui déchirait le cœur et il en extrayait le sang. Il coupait les pattes antérieures et il les donnait à celui que le sort avait désigné pour les prendre. Il remontait vers la patte postérieure droite, il la coupait en y laissant les deux testicules et il la donnait à celui que le sort avait désigné pour la prendre. L’animal était alors entièrement ouvert devant lui.
Il prenait de la graisse et en couvrait l’endroit de l’abattage, sur la tête, par le dessus. Il prenait les intestins et les donnait à celui que le sort avait désigné pour les recevoir, afin de les rincer. Le ventre était abondamment lavé dans l’office de rinçage. Les intestins proprement dit étaient lavés, au moins trois fois, sur les tables de marbre qui étaient disposées entre les colonnes.
Michna 3 :
Il prenait le couteau, séparait les poumons du foie, puis l’excroissance se trouvant au dessus du foie de cet organe, tout en la laissant à sa place. Il perçait la poitrine et la donnait à celui que le sort avait désigné pour la prendre.
Il remontait vers le flanc droit, tranchait vers le bas, jusqu’à la colonne vertébrale, qu’il ne touchait pas, s’arrêtant aux deux côtes tendres. Il le coupait, en y laissant le foie suspendu et il le donnait à celui que le sort avait désigné pour le prendre.
Il parvenait à l’estomac, auquel il lassait deux côtes, de part et d’autre. Il le coupait, en y laissant la trachée, le cœur et les poumons suspendus et il le donnait à celui que le sort avait désigné pour le prendre.
Il allait ensuite vers le flanc gauche, auquel il laissait deux côtes tendres vers le haut et deux côtes tendres vers le bas. Il en faisait de même de l’autre côté, de sorte qu’il y avait, en tout, deux fois deux côtes en haut et deux fois deux côtes en bas. Il le coupait, alors que la colonne vertébrale s’y trouvait et la rate y était suspendue et il le donnait à celui que le sort avait désigné pour la prendre. Ce flanc gauche était le plus grand. Malgré cela, on qualifiait de grand le flanc droit, car le foie y était suspendu.
Il parvenait à l’arrière-train, le coupait en y laissant la queue, l’excroissance se trouvant au dessus du foie et les deux reins. Il le donnait à celui qui le sort avait désigné pour le prendre. Il prenait la patte postérieure gauche et il la donnait à celui que le sort avait désigné pour la prendre.
Dès lors, tous se tenaient en rang, tenant ces membres à la main. Le premier avait la tête et la patte postérieure, la tête dans sa main droite, avec le nez vers son bras et les cornes entre ses doigts, l’endroit de l’abattage vers le haut, recouvert de graisse et la patte postérieure droite dans sa main gauche, avec la peau tournée vers l’extérieur.
Le second tenait les deux pattes antérieures, la droite dans sa main droite et la gauche dans sa main gauche, leur peau étant tournée vers l’extérieur. Le troisième tenait l’arrière-train et la patte postérieure, l’arrière train dans sa main droite, la queue pendant entre ses doigts, accompagnée de l’excroissance se trouvant au dessus du foie et des deux reins, la patte postérieure gauche dans sa main gauche, avec sa peau tournée vers l’extérieur.
Le quatrième tenait la poitrine et l’estomac, la poitrine dans la main droite et l’estomac dans la main gauche, avec les côtes entre ses doigts. Le cinquième tenait les deux flancs, le flanc droit dans sa main droite et le flanc gauche dans sa main gauche, avec leur peau tournée vers l’extérieur.
Le sixième tenait les intestins dans une grande louche, recouverts par les pieds, sur le dessus. Le septième portait la farine. Le huitième portait les pains et le neuvième portait le vin.
Tous allaient et déposaient ce qu’ils portaient sur la moitié inférieure de la pente conduisant vers l’autel, à l’ouest et ils les recouvraient de sel. Puis, ils redescendaient et ils se rendaient dans l’office des Cohanim, afin d’y lire le Chema Israël.
À l’occasion de Guimel Tamouz 5786 (2026), des milliers de fidèles francophones convergent vers Crown Heights pour se recueillir auprès du Rabbi. Cette année, ATICA leur réserve une avancée attendue de longue date : un Sirtouk enfin lavable et extensible, conçu pour durer, à découvrir dans sa boutique du 260 Kingston Avenue, au cœur de Crown Heights. Fini le pressing, fini l’usure prématurée : un Sirtouk solide et impeccable, fait pour vous accompagner saison après saison.
Le Sirtouk lavable, une vraie avancée technique
C’est la grande nouveauté de la saison, et elle répond à un besoin concret de la communauté : le Sirtouk. ATICA, installée au cœur de Crown Heights, présente un Sirtouk inédit, à la fois lavable et extensible, fruit d’un travail sérieux sur la matière et la construction du vêtement. Le tissu a été sélectionné pour sa résistance et sa tenue dans le temps : un simple lavage à froid, un séchage sur cintre, et le vêtement retrouve de lui-même sa forme, sans repassage, sans pressing, et sans se déformer lavage après lavage. L’extensibilité ajoute une liberté de mouvement qui ménage les coutures et prolonge d’autant la durée de vie du vêtement. Proposé à 249 dollars, soit environ 215 euros, ce Sirtouk est avant tout un investissement de qualité, pensé pour durer.
Une fabrication qui tient la distance
Au-delà de sa praticité, ce Sirtouk se distingue par le soin apporté à sa confection. Coutures renforcées, matière robuste, tenue irréprochable au fil des lavages : tout a été conçu pour résister à un usage régulier et intensif. Là où un Sirtouk classique s’use vite et exige des passages répétés au pressing, ce modèle conserve sa solidité et son aspect d’origine. C’est précisément ce que recherche le voyageur venu de France : un vêtement fiable, qui ne le lâchera pas et qu’il pourra porter en toute confiance, à Crown Heights comme de retour chez lui, durant toute l’année.
Le bon choix pour le voyageur
Pour le fidèle venu de loin, ce Sirtouk lavable est tout simplement providentiel. Plus besoin de craindre les plis de la valise, : on le lave, on le suspend, et le voilà de nouveau prêt à porter. Robuste, libre de mouvement, il supporte sans broncher le rythme intense de ces journées de Guimel Tamouz. Vous repartez de Crown Heights avec une pièce solide, faite pour tenir dans le temps, et non pour être remplacée à la première saison.
Une exigence de qualité sur toute la garde-robe
La même rigueur se retrouve dans l’ensemble des collections ATICA. Les chemises sont taillées dans un coton Supima haut de gamme, réputé pour ses fibres longues qui garantissent douceur, solidité et longévité ; leur finition infroissable leur permet de conserver un aspect net lavage après lavage, sans repassage. Comptez trois chemises pour 119 dollars, soit environ 100 euros, et des costumes confectionnés avec soin à partir de 360 dollars, soit environ 310 euros. Des matières sérieuses, des finitions maîtrisées : à chaque pièce, ATICA met la qualité avant tout.
À Crown Heights, sur votre chemin
Installée au 260 Kingston Avenue, en plein cœur de Crown Heights, la boutique ATICA se trouve à quelques minutes seulement des lieux où vous passerez l’essentiel de votre séjour. Entre les visites au Ohel, la prière, les réunions au 770, un détour aussi simple qu’évident pour venir essayer votre Sirtouk et juger par vous-même de sa qualité. Et si le temps vous manque, commandez en ligne sur aticaman.com et venez simplement retirer votre commande sur place, généralement prête sous vingt-quatre heures.
Un achat garanti
Vous ne reviendrez peut-être pas de sitôt : profitez de ce séjour pour faire le plein de pièces durables. ATICA accompagne chaque achat d’une garantie qualité de trois cents jours, preuve concrète de la confiance que la maison place dans la solidité de chacun de ses vêtements. Le Sirtouk lavable, lui, n’attend que vous.
Rejoignez ATICA en plein cœur de Crown Heights, au 260 Kingston Avenue, à deux pas du 770, ou commandez dès maintenant sur aticaman.com.
Lors de l’ouverture du Congrès international sur le patrimoine israélien en Judée-Samarie, l’ambassadeur américain Mike Huckabee a prononcé un discours retentissant sur le site archéologique de l’Hérodion. Affirmant que l’héritage juif est au cœur même de l’identité américaine, il a bousculé les représentations habituelles de la diplomatie américaine au Proche-Orient. Ses propos font écho à ceux de Donald Trump au sommet du G7, dessinant une ligne politique assumée : Israël et l’Amérique partagent un destin commun.
Un ambassadeur qui parle en ami, pas seulement en représentant
L’ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee, a ouvert mardi soir le Congrès international sur le patrimoine israélien en Judée-Samarie dans un cadre aussi symbolique qu’imposant : le site archéologique de l’Hérodion, forteresse hérodienne dominant le désert de Judée à une trentaine de kilomètres au sud de Jérusalem. Placé sous l’égide du ministère du Patrimoine, l’événement a réuni chercheurs, diplomates et responsables politiques autour de l’héritage historique et archéologique d’Israël.
Dans son discours, Huckabee a tenu à dépasser le cadre protocolaire de sa fonction. Son mandat, a-t-il expliqué, ne consiste pas seulement à représenter Washington à Jérusalem : il lui incombe également de rappeler aux Américains le rôle fondamental joué par l’État hébreu et l’héritage juif dans la construction de leur propre identité nationale — une mission qu’il assume avec une conviction personnelle que d’aucuns qualifient de quasi-prophétique. Huckabee avait d’ailleurs lui-même comparé sa nomination en Israël à « un moment biblique », une formule qui en dit long sur la nature spirituelle autant que diplomatique de son engagement.
« C’est aussi le patrimoine des États-Unis »
S’adressant directement au ministre du Patrimoine, Amichai Eliyahu, l’ambassadeur a énoncé une thèse audacieuse : « C’est votre patrimoine, sans aucun doute, monsieur le ministre — mais c’est aussi le patrimoine des États-Unis. Sans Israël, sans le fondement juif, il n’y aurait pas d’Amérique. »
Il a ensuite développé cette conviction en affirmant que les États-Unis « doivent leur existence même à ce qui s’est passé dans cette terre », établissant un parallèle direct entre les racines bibliques de la civilisation occidentale et les valeurs fondatrices de la République américaine. Une lecture de l’histoire que partagent de nombreux milieux évangéliques américains proches de l’actuelle administration, et que Huckabee, pasteur baptiste de formation, incarne avec une cohérence de longue date.
Dans la lignée de Trump au G7
Ces déclarations résonnent avec celles prononcées quelques heures plus tôt par Donald Trump lors du sommet du G7, où le président américain avait affirmé publiquement que sans son intervention et celle de son pays face à l’Iran, l’État d’Israël n’existerait plus aujourd’hui. « Sans les États-Unis, sans moi, il n’y aurait pas d’Israël », avait-il lancé sans ambages, soulignant à nouveau la place centrale qu’il attribue à l’alliance américano-israélienne dans les équilibres régionaux.
Entre le président et son ambassadeur, le message est donc parfaitement coordonné : Washington entend marquer son soutien à Israël non seulement sur le plan stratégique et militaire, mais également sur le terrain symbolique, identitaire et culturel, à l’heure où la légitimité historique de l’État hébreu est contestée sur plusieurs fronts internationaux.
La réponse d’Eliyahu à l’UNESCO
Le ministre Amichai Eliyahu a saisi l’occasion pour répliquer aux accusations d’isolement international dont Israël fait régulièrement l’objet. Il a visé nommément les manœuvres engagées à l’UNESCO pour contester la souveraineté historique d’Israël sur certains sites archéologiques majeurs — une bataille diplomatique que Jerusalem mène depuis plusieurs années avec des fortunes diverses.
« Certains prétendent qu’Israël est isolé et que les relations avec l’Amérique sont tendues, a-t-il déclaré. Certains s’adressent à l’UNESCO et tentent de nous voler notre histoire. Aujourd’hui, ils sont invités à regarder l’Hérodion, ce congrès archéologique international, et une piscine vieille de deux mille ans revenue à la vie. C’est notre réponse à ceux qui nous affaiblissent, de l’intérieur comme de l’extérieur — non pas en paroles, mais en actes. »
La tenue de ce congrès à l’Hérodion, site classé et fouillé depuis des décennies par des équipes israéliennes et internationales, constitue en elle-même une réponse politique : celle d’un pays qui affirme son ancrage historique par la science et la pierre, face aux résolutions onusiennes et aux pressions diplomatiques.
Un nouveau clip vient de paraître, extrait du tout dernier album d’Amram Adar : Birkat Kohanim, un duo saisissant avec Avraham Fried, sur une mélodie et une production signées Itzy Waldner. Deux grandes voix de la musique juive réunies autour d’une prière millénaire, pour un résultat à la fois grandiose et profondément émouvant. Une collaboration née en studio, dans un éclair d’inspiration partagée, dont Amram Adar lui-même raconte les coulisses avec enthousiasme.
Naissance d’un duo inattendu
Tout a commencé dans l’intimité du studio, lorsque Amram Adar se trouvait en séance de travail avec le compositeur et producteur Itzy Waldner, tous deux plongés dans l’élaboration de la nouvelle mélodie de Birkat Kohanim. En un instant d’inspiration, l’évidence s’est imposée à eux avec une clarté absolue : ce chant ne pouvait être enregistré qu’avec Avraham Fried.
« Fried n’est pas seulement l’une des voix les plus aimées et les plus respectées de la musique juive, confie Amram Adar. Il est lui-même un Cohen. Le fait de l’associer à des paroles aussi puissantes et aussi anciennes a apporté quelque chose de tout à fait particulier — une énergie radicalement différente, impossible à ignorer. »
À l’approche de Guimel Tamouz, nous avons rassemblé pour vous l’ensemble des informations pratiques réunies en un seul endroit. Vous y trouverez le programme complet des autobus vers le Ohel, les horaires d’accès à la chambre sainte du Rabbi ainsi que les heures de visite de sa maison. Tout figure ci-dessous afin de vous accompagner au mieux durant ces journées particulières.
Horaires des autobus vers le Ohel
Du dimanche au mardi (14 au 16 juin / 29 Sivan au 1er Tamouz), les départs depuis Crown Heights ont lieu chaque heure pleine de 8h00 à 16h00, puis à 17h00 et à 20h00. Les départs depuis le Ohel s’effectuent chaque heure pleine de 9h00 à 17h00, puis à 18h45 et à 21h45.
Mercredi (17 juin / 2 Tamouz), les départs depuis Crown Heights se font chaque heure pleine de 5h00 à 16h00, puis toutes les demi-heures de 17h00 jusqu’à 4h00 du matin. Les départs depuis le Ohel ont lieu chaque heure pleine de 9h00 à 17h00, puis toutes les demi-heures de 18h00 jusqu’à 5h00 du matin.
Jeudi (18 juin / Guimel Tamouz), les départs depuis Crown Heights s’effectuent toutes les demi-heures, de 4h00 du matin jusqu’à minuit. Les départs depuis le Ohel ont lieu toutes les demi-heures, de 5h00 du matin jusqu’à 1h00.
Vendredi (19 juin / 4 Tamouz), les départs depuis Crown Heights ont lieu chaque heure pleine de 8h00 à 18h00, et les départs depuis le Ohel chaque heure pleine de 9h00 à 18h00. Un voyage spécial, sur inscription préalable uniquement (sur le site BUSTOOHEL.COM), est prévu la veille de Chabbat à 18h30.
À la sortie de Chabbat (20 juin / 5 Tamouz), le départ depuis Crown Heights est fixé à 22h00 et le départ depuis le Ohel à 23h45. Des voyages spéciaux, sur inscription préalable uniquement (sur le site BUSTOOHEL.COM), sont également proposés à la sortie de Chabbat à 21h50 et à 22h20.
Dimanche (21 juin / 6 Tamouz), les départs depuis Crown Heights ont lieu chaque heure pleine de 8h00 à 16h00, puis à 17h00 et à 20h00. Les départs depuis le Ohel s’effectuent chaque heure pleine de 9h00 à 17h00, puis à 18h45 et à 21h45.
Pour toute information complémentaire: Site internet est Bustoohel.com, Téléphone le +1-347-770-7792 Mail : [email protected].
Le prix du voyage est de 10 dollars au tarif normal et de 7 dollars au tarif subventionné.
Le point de départ depuis Crown Heights se situe à proximité du Sevivon (la toupie), sur Eastern Parkway.
Horaires d’ouverture du bureau du Rabbi
Lundi 30 Sivan (premier jour de Roch ‘Hodech), la prière de Cha’harit a lieu à 9h30, et l’accès est réservé aux femmes de 10h50 à 11h30.
Mardi 1er Tamouz (deuxième jour de Roch ‘Hodech), Cha’harit à 9h30, puis l’accès est ouvert aux hommes de 11h00 à 12h00 et aux femmes de 12h00 à 13h00.
Mercredi 2 Tamouz, l’accès est ouvert aux hommes de 11h00 à 13h00 et aux femmes de 13h00 à 15h00.
Mercredi soir, veille de Guimel Tamouz, l’accès est réservé aux hommes de 20h30 à 21h30.
La prière de Maariv débute à 21h30, et un Ma’amar sera dit dans le zal, à l’étage, après l’office.
Jeudi Guimel Tamouz, la prière de Cha’harit a lieu à 9h30, suivie d’un Ma’amar dit dans le zal, à l’étage.
L’accès est ensuite ouvert aux femmes de 10h50 à 12h00,
puis aux hommes de 12h00 à 13h00,
et à nouveau aux hommes de 14h30 à 15h00.
La prière de Min’ha est fixée à 15h15, suivie elle aussi d’un Ma’amar dit dans le zal, à l’étage.
L’accès reprend ensuite pour les hommes de 15h30 à 16h30,
puis pour les femmes de 16h30 à 17h30.
Vendredi 4 Tamouz, l’accès est ouvert aux hommes de 11h00 à 12h00 et aux femmes de 12h00 à 13h00.
Dimanche 6 Tamouz, l’accès est ouvert aux hommes de 12h00 à 13h00 et aux femmes de 13h00 à 14h00.
À noter, concernant l’ensemble des prières, que les portes ouvrent quinze minutes avant chaque office.
Horaires d’ouverture de la maison du Rabbi — 1304 President Street
Mardi 1er Tamouz, l’accès est ouvert aux femmes de 20h15 à 21h00, puis aux hommes de 21h00 à 22h00.
Mercredi 2 Tamouz, l’accès est ouvert aux femmes de 20h15 à 21h00, puis aux hommes de 21h00 à 22h00.
La prière de Maariv, réservée aux hommes uniquement, débute à 21h30.
Jeudi Guimel Tamouz, l’accès est ouvert aux hommes de 9h15 à 10h45.
La prière de Cha’harit, réservée aux hommes uniquement, a lieu à 9h30.
L’accès est ensuite ouvert aux femmes de 11h00 à 12h30,
puis au grand public de 14h00 à 17h00.
La prière de Min’ha, réservée aux hommes uniquement, est fixée à 15h15.
À noter que les horaires de prière sont réservés aux hommes uniquement.