Lors de l’ouverture du Congrès international sur le patrimoine israélien en Judée-Samarie, l’ambassadeur américain Mike Huckabee a prononcé un discours retentissant sur le site archéologique de l’Hérodion. Affirmant que l’héritage juif est au cœur même de l’identité américaine, il a bousculé les représentations habituelles de la diplomatie américaine au Proche-Orient. Ses propos font écho à ceux de Donald Trump au sommet du G7, dessinant une ligne politique assumée : Israël et l’Amérique partagent un destin commun.

 

 

Un ambassadeur qui parle en ami, pas seulement en représentant

L’ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee, a ouvert mardi soir le Congrès international sur le patrimoine israélien en Judée-Samarie dans un cadre aussi symbolique qu’imposant : le site archéologique de l’Hérodion, forteresse hérodienne dominant le désert de Judée à une trentaine de kilomètres au sud de Jérusalem. Placé sous l’égide du ministère du Patrimoine, l’événement a réuni chercheurs, diplomates et responsables politiques autour de l’héritage historique et archéologique d’Israël.

Dans son discours, Huckabee a tenu à dépasser le cadre protocolaire de sa fonction. Son mandat, a-t-il expliqué, ne consiste pas seulement à représenter Washington à Jérusalem : il lui incombe également de rappeler aux Américains le rôle fondamental joué par l’État hébreu et l’héritage juif dans la construction de leur propre identité nationale — une mission qu’il assume avec une conviction personnelle que d’aucuns qualifient de quasi-prophétique. Huckabee avait d’ailleurs lui-même comparé sa nomination en Israël à « un moment biblique », une formule qui en dit long sur la nature spirituelle autant que diplomatique de son engagement.

« C’est aussi le patrimoine des États-Unis »

S’adressant directement au ministre du Patrimoine, Amichai Eliyahu, l’ambassadeur a énoncé une thèse audacieuse : « C’est votre patrimoine, sans aucun doute, monsieur le ministre — mais c’est aussi le patrimoine des États-Unis. Sans Israël, sans le fondement juif, il n’y aurait pas d’Amérique. »

Il a ensuite développé cette conviction en affirmant que les États-Unis « doivent leur existence même à ce qui s’est passé dans cette terre », établissant un parallèle direct entre les racines bibliques de la civilisation occidentale et les valeurs fondatrices de la République américaine. Une lecture de l’histoire que partagent de nombreux milieux évangéliques américains proches de l’actuelle administration, et que Huckabee, pasteur baptiste de formation, incarne avec une cohérence de longue date.

Dans la lignée de Trump au G7

Ces déclarations résonnent avec celles prononcées quelques heures plus tôt par Donald Trump lors du sommet du G7, où le président américain avait affirmé publiquement que sans son intervention et celle de son pays face à l’Iran, l’État d’Israël n’existerait plus aujourd’hui. « Sans les États-Unis, sans moi, il n’y aurait pas d’Israël », avait-il lancé sans ambages, soulignant à nouveau la place centrale qu’il attribue à l’alliance américano-israélienne dans les équilibres régionaux.

Entre le président et son ambassadeur, le message est donc parfaitement coordonné : Washington entend marquer son soutien à Israël non seulement sur le plan stratégique et militaire, mais également sur le terrain symbolique, identitaire et culturel, à l’heure où la légitimité historique de l’État hébreu est contestée sur plusieurs fronts internationaux.

La réponse d’Eliyahu à l’UNESCO

Le ministre Amichai Eliyahu a saisi l’occasion pour répliquer aux accusations d’isolement international dont Israël fait régulièrement l’objet. Il a visé nommément les manœuvres engagées à l’UNESCO pour contester la souveraineté historique d’Israël sur certains sites archéologiques majeurs — une bataille diplomatique que Jerusalem mène depuis plusieurs années avec des fortunes diverses.

« Certains prétendent qu’Israël est isolé et que les relations avec l’Amérique sont tendues, a-t-il déclaré. Certains s’adressent à l’UNESCO et tentent de nous voler notre histoire. Aujourd’hui, ils sont invités à regarder l’Hérodion, ce congrès archéologique international, et une piscine vieille de deux mille ans revenue à la vie. C’est notre réponse à ceux qui nous affaiblissent, de l’intérieur comme de l’extérieur — non pas en paroles, mais en actes. »

La tenue de ce congrès à l’Hérodion, site classé et fouillé depuis des décennies par des équipes israéliennes et internationales, constitue en elle-même une réponse politique : celle d’un pays qui affirme son ancrage historique par la science et la pierre, face aux résolutions onusiennes et aux pressions diplomatiques.