Plus de quatre-vingts ans après le décès de l’oncle du Rabbi, son identité, sa photographie et jusqu’à son nom viennent enfin d’être révélés. Beau-frère aîné du père du Rabbi, Rav Levi Its’hak, ce personnage était demeuré presque entièrement inconnu, jusqu’à ce qu’un Chalia’h du New Jersey découvre l’une de ses arrière-petites-filles au sein de sa propre communauté. Une techoura éditée à l’occasion du mariage Zaklikovsky-Shemtov, vient aujourd’hui éclairer une branche entière, jusqu’ici ignorée, de la famille du Rabbi.
Plus de quatre-vingts ans après son décès, l’oncle du Rabbi sort enfin de l’ombre : son identité, son visage et même son nom nous sont aujourd’hui connus.
Rav Zoussil (Zoussim) Kazatzkov, beau-frère aîné du père du Rabbi, Rav Levi Its’hak, était jusqu’à présent demeuré dans un oubli presque total. À ce jour, aucune mention de lui n’avait été retrouvée dans la littérature ‘habad publiée.
Une découverte au cœur d’une communauté
La percée s’est produite lorsqu’un Chalia’h du New Jersey s’est aperçu qu’une femme de sa communauté était l’arrière-petite-fille de Rav Zoussim. C’est elle qui a permis l’identification du prénom de son aïeul, grâce au témoignage familial transmis par sa grand-mère, Haya Rima, l’une des filles de Rav Zoussim. Cette découverte a ouvert la voie à une prise de contact avec la famille, au rassemblement de photographies, de souvenirs et de documents historiques, puis à l’identification de cette figure depuis longtemps oubliée.
Les informations ainsi mises au jour ont été réunies et publiées dans une techoura, révélant un nouveau rameau, jusqu’alors inconnu, de la famille du Rabbi.
Une sœur connue, un époux effacé
À la différence de son mari, la Rabbanit Radzya Sima Schneerson-Kazatzkov (5637-5684 / 1877-1924) est évoquée à plusieurs reprises dans les sources ‘habad. Elle était l’aînée des enfants de Rav Barou’h Chnéour Schneerson, parmi lesquels figuraient Rav Levi Its’hak, père du Rabbi, ainsi que Rav Chalom Chlomo et Rav Chmouel. Selon la techoura, elle aurait vraisemblablement reçu son nom en hommage à des générations antérieures de la famille Schneerson, perpétuant ainsi les traditions familiales en matière de transmission des prénoms.
Son nom apparaît dans plusieurs sources historiques et archives familiales. Dans une lettre du Rabbi datée du 7 Kislev 5708 (1947) — figurant dans les Igrot Kodech, vol. 2, p. 272 — et contenant des corrections au Toldot Michpa’hat HaRav MiLadi, le Rabbi écrit : « Madame Radia Kazatzkov, de Dobrinka. »
Elle apparaît également à plusieurs reprises dans les Rechimot HaRabach, où son père, Rav Barou’h Chnéour Schneerson, consignait ses entretiens avec le Rabbi Rachab. À la page 81, rapportant une conversation tenue à l’issue du Chabbat, Parachat Vayigach, le 9 Tévet 5675 (1914), il écrit : « J’ai parlé… au sujet de mes affaires… et au sujet de ma fille. »
À la page 114, relatant un entretien du mercredi de la Parachat Michpatim, le 26 Chevat 5675 (1915), il note : « …des questions concernant ma fille Radzya Shima. »
À la page 141, rapportant une conversation tenue à l’issue du Chabbat, Parachat Ki Tissa, le 20 Adar 5675 (1915), il écrit : « Je lui ai parlé au sujet de ma fille, afin qu’il la bénisse pour que D.ieu fasse prospérer sa boutique. »
Quatre générations à Podobranka
Pendant au moins quatre générations, la famille a vécu à Podobranka, dans la région de Gomel, alors au sein de l’Empire russe, aujourd’hui en Biélorussie. Rav Levi Its’hak, fils de Rav Barou’h Chalom et petit-fils du Tséma’h Tsédek, y exerça les fonctions de Rav de la localité. Son fils, Rav Barou’h Chnéour, grand-père du Rabbi, y vécut lui aussi, puis sa fille Radzya Sima et son époux Rav Zoussim, qui y fondèrent à leur tour leur foyer.
Rav Zoussim, érudit accompli et véritable talmid ‘hakham, occupait à Podobranka la charge de Roch Yechiva et prenait souvent ses repas dans la maison de Rav Barou’h Chnéour et de la Rabbanit Zelda Ra’hel, les grands-parents du Rabbi. Vers 5656 (1896), il épousa leur fille, Radzya Sima, et ensemble ils élevèrent leurs cinq enfants dans la petite ville de Podobranka, jusqu’au décès prématuré de l’épouse, à l’âge de quarante-sept ans.
Le récit d’une arrière-petite-fille
Dans la techoura imprimée cette semaine à l’occasion du mariage Zaklikovsky-Chemtov, l’arrière-petite-fille de Rav Zoussim, Anastasia, livre de nombreux récits sur son bien-aimé aïeul, tels qu’elle les tient de sa grand-mère, la babouchka Haya Rima Kazachkov. Elle décrit la fuite dramatique de la famille durant la guerre civile russe, après l’effondrement de l’Empire : demeurée à Podobranka jusqu’aux pogroms de 1921, la famille dut alors quitter la localité pour gagner la ville voisine de Gomel.
Elle rapporte également ce que l’on sait — et ce qui demeure inconnu — du sort réservé au reste de la famille, notamment la chronologie présumée et les circonstances entourant la mort prématurée de Rav Zoussim durant la Choa.
Un visage retrouvé
Surtout, elle a confié une photographie de Rav Zoussim, dévoilant ainsi pour la première fois le visage de l’oncle du Rabbi — un membre de la famille du Rabbi dont, jusqu’à ce jour, on ne savait pratiquement rien.
Une révélation à l’honneur d’un mariage
Cette photographie inédite et les recherches qui l’accompagnent offrent un rare aperçu d’une branche peu connue de la famille paternelle du Rabbi et préservent des détails restés jusqu’alors largement ignorés. L’ensemble a été publié à l’occasion du mariage de Mendel, fils des Chlou’him du New Jersey Rav Eliézer et Hanié Zaklikovsky, de Monroe, avec Moussia, fille de Rav Moché et Léa Chemtov, de Stamford, dans le Connecticut.
Les personnes âgées représentent la population la plus vulnérable face aux vagues de chaleur, avec un risque de complications multiplié par quatre selon Santé Publique France. Leur organisme régule moins efficacement la température corporelle et nombre d’entre elles prennent des médicaments qui altèrent cette régulation thermique. Face à l’épisode caniculaire actuel, il devient vital d’adapter les mesures de protection aux besoins spécifiques des seniors.
Ce guide détaille les mesures de prévention essentielles pour protéger les personnes âgées durant les épisodes de forte chaleur. Il aborde les risques particuliers liés à l’âge, les adaptations nécessaires du domicile, l’importance du lien social et les dispositifs d’aide disponibles pour accompagner les seniors isolés.
Pourquoi les seniors sont-ils plus fragiles face à la chaleur ?
Avec l’âge, le corps humain perd progressivement sa capacité à réguler sa température interne. « Chez les personnes de plus de 65 ans, la sensation de soif diminue et la production de sueur devient moins efficace », explique le Dr. Claire Moreau, gériatre au Centre Hospitalier de Nice. « De plus, de nombreux médicaments couramment prescrits aux seniors peuvent aggraver ces difficultés. »
Les diurétiques, les neuroleptiques et certains antihypertenseurs perturbent la thermorégulation naturelle. Les pathologies chroniques fréquentes chez les personnes âgées – diabète, insuffisance cardiaque, maladies respiratoires – amplifient également les risques.
Cette vulnérabilité particulière explique pourquoi une température qui semble supportable peut rapidement devenir critique pour un senior. Les complications surviennent plus rapidement et avec des conséquences souvent plus graves que chez les adultes plus jeunes.
Rafraîchir efficacement son logement sans climatisation
Beaucoup de seniors ne disposent pas de climatisation dans leur logement. « Il existe des alternatives simples et économiques », rassure Marie-Christine Dubois, ergothérapeute spécialisée dans l’habitat senior. « Fermer volets et rideaux dès le matin permet de conserver la fraîcheur nocturne plus longtemps. »
L’utilisation stratégique de ventilateurs s’avère particulièrement efficace : placer un linge humide devant l’appareil crée un système de refroidissement naturel. Les bains de pieds à l’eau fraîche et les compresses humides sur les poignets et la nuque apportent un soulagement immédiat.
Hydratation adaptée aux besoins des seniors
« L’hydratation chez les personnes âgées nécessite une approche progressive », précise le Dr. Moreau. « Il vaut mieux boire de petites quantités régulièrement plutôt que de grandes quantités d’un coup. » L’eau légèrement fraîche, les tisanes tièdes et les bouillons salés constituent d’excellents choix.
Les fruits riches en eau comme la pastèque, le melon ou les pêches complètent idéalement l’apport hydrique. En revanche, il convient d’éviter les boissons glacées qui peuvent provoquer des troubles digestifs chez les seniors.
Dispositifs d’aide et de surveillance
L’isolement social représente un facteur de risque majeur pour les seniors en période de canicule. « Nous encourageons vivement les personnes âgées à s’inscrire sur le registre communal de leur mairie », indique Patricia Lemoine, responsable du Centre Communal d’Action Sociale de Marseille. « Ce dispositif gratuit permet un contact régulier durant les épisodes de forte chaleur. »
Les services de téléassistance se révèlent particulièrement précieux. En cas de malaise, un simple appui sur le bouton d’alerte déclenche l’intervention des secours. De nombreuses communes proposent également un service d’appel quotidien pour s’assurer du bien-être de leurs résidents âgés.
Mobiliser l’entourage familial et amical
« Un appel téléphonique quotidien peut sauver des vies », souligne le Dr. Moreau. Les proches doivent être particulièrement vigilants aux signes de confusion, de fatigue inhabituelle ou de difficultés d’élocution lors de leurs conversations.
L’organisation d’activités rafraîchissantes en groupe – visite dans un centre commercial climatisé, après-midi dans une bibliothèque – permet de rompre l’isolement tout en offrant un répit face à la chaleur.
Planifier les déplacements aux heures fraîches
« Les personnes âgées doivent absolument éviter de sortir entre 11h et 17h », recommande le Dr. Jean-Paul Martin, médecin généraliste spécialisé en gériatrie. « Les courses matinales avant 9h ou en soirée après 19h limitent considérablement l’exposition. »
Pour les rendez-vous médicaux incontournables, il convient de privilégier les transports climatisés et de prévoir des pauses à l’ombre. Porter des vêtements amples et de couleur claire, ainsi qu’un chapeau à large bord, constitue un équipement de protection indispensable.
Solutions pour les seniors à mobilité réduite
Les personnes en fauteuil roulant ou utilisant une aide à la marche nécessitent des précautions supplémentaires. « Les surfaces métalliques des déambulateurs peuvent devenir brûlantes au soleil », alerte l’ergothérapeute Marie-Christine Dubois. « Un linge humide posé sur les poignées permet d’éviter les brûlures. »
L’utilisation de brumisateurs portables et de serviettes rafraîchissantes offre un soulagement immédiat lors des déplacements inévitables. Ces accessoires, disponibles en pharmacie, se glissent facilement dans un sac et permettent un rafraîchissement instantané.
Symptômes spécifiques à surveiller chez les personnes âgées
Chez les seniors, les signes de surchauffe peuvent être plus subtils qu’à d’autres âges. « La confusion mentale constitue souvent le premier indicateur », explique le Dr. Moreau. « Une personne habituellement lucide qui devient désorientée ou répète les mêmes questions doit alerter immédiatement. »
D’autres symptômes caractéristiques incluent une fatigue soudaine et inhabituelle, des vertiges, une peau sèche et chaude, ou au contraire une transpiration excessive. Les nausées, les maux de tête et l’irritabilité complètent ce tableau clinique.
« Attention particulière aux seniors sous traitement médicamenteux », avertit le pharmacien Pierre Dubois. « Certains médicaments masquent les symptômes habituels de la déshydratation, rendant le diagnostic plus difficile. »
Premiers secours adaptés aux personnes âgées
Face à un senior en détresse thermique, la rapidité d’intervention s’avère cruciale. « Appelez immédiatement le 15 dès les premiers signes de confusion ou de malaise », insiste le Dr. Martin. « Ne tentez pas de diagnostiquer vous-même la gravité de la situation. »
En attendant les secours, plusieurs gestes peuvent stabiliser l’état de la personne. L’installer dans la position la plus confortable possible – souvent semi-assise pour les seniors souffrant de problèmes respiratoires – constitue la priorité. Le rafraîchissement doit être progressif : appliquer des linges humides sur le front, les poignets et la nuque sans créer de choc thermique.
« Attention à la fragilité de la peau des personnes âgées », précise l’infirmière Sophie Lemoine. « Les glaçons directs sur la peau peuvent provoquer des gelures. Privilégiez toujours un linge humide intermédiaire. »
L’hydratation se fait par petites gorgées d’eau à température ambiante, en s’assurant que la personne reste consciente et capable de déglutir. Si elle présente des troubles de la conscience, il ne faut rien lui donner à boire.
Erreurs courantes à éviter absolument
Plusieurs réflexes bien intentionnés peuvent s’avérer dangereux pour les personnes âgées. « Ne plongez jamais un senior en surchauffe dans un bain froid », alerte le cardiologue Dr. Philippe Martin. « Le choc thermique peut déclencher un arrêt cardiaque chez une personne dont le système cardiovasculaire est déjà fragilisé. »
De même, forcer une personne confuse à boire de grandes quantités d’eau peut provoquer une intoxication hydrique. L’automédication avec des médicaments contre la fièvre sans avis médical représente également un risque, ces traitements pouvant interagir avec les pathologies existantes.
Surveillance médicale renforcée
La période suivant un épisode de surchauffe nécessite une vigilance particulière chez les seniors. « Les personnes âgées récupèrent plus lentement et les complications peuvent survenir plusieurs heures après l’incident initial », explique le Dr. Moreau.
Un suivi médical s’impose systématiquement, même si les symptômes semblent s’améliorer. Le médecin traitant doit réévaluer les traitements en cours, certains médicaments nécessitant parfois un ajustement temporaire pendant les périodes de forte chaleur.
Services d’urgence et numéros utiles pour les seniors
En cas d’urgence médicale, composer immédiatement le 15 (SAMU) reste la priorité absolue. Pour les situations moins graves mais nécessitant des conseils, la ligne Canicule Info Service (0800 06 66 66) fonctionne gratuitement de 9h à 19h.
De nombreuses communes ont activé leur plan canicule. « Les seniors isolés ne doivent pas hésiter à contacter leur mairie pour connaître les services d’aide disponibles », recommande Patricia Lemoine. « Transport vers des lieux climatisés, livraison de courses, visites de courtoisie : de nombreuses solutions existent. »
Les pharmacies de garde restent ouvertes pour tout conseil sur l’adaptation des traitements ou l’achat d’accessoires de rafraîchissement. La solidarité de voisinage joue également un rôle crucial : un simple coup d’œil quotidien chez le voisin âgé peut faire la différence.
Au lendemain de la signature de l’accord-cadre dans le Nord, le Premier ministre Benjamin Netanyahou a assuré que la liberté d’action opérationnelle de Tsahal serait intégralement préservée pour déjouer les menaces. Il a salué le courage du gouvernement libanais, promis qu’Israël prendrait la tête de la lutte mondiale contre les drones explosifs et estimé que le régime de Téhéran était proche de la chute. Sur le plan intérieur, il a adressé un message sans équivoque au sujet de la loi de conscription, affirmant que des sanctions frapperaient quiconque n’étudie pas la Torah et qu’il entendait former un large gouvernement d’union nationale.
C’est à l’issue du Chabbat que le Premier ministre Benjamin Netanyahou a tenu une déclaration à la presse pour revenir sur la série d’événements diplomatiques et sécuritaires qui agitent le Proche-Orient, au premier rang desquels la signature de l’accord-cadre dans le Nord. Il y a présenté une ligne ferme et intransigeante face à l’axe du mal, a lancé un appel à l’unité dans la sphère politique intérieure, et a clairement indiqué que la campagne diplomatique et militaire était encore loin de son terme.
Un message ferme sur la loi de conscription
Sur la scène intérieure, Netanyahou est revenu sur la crise politique entourant la loi de conscription et a fustigé ceux qui tentent, selon ses mots, d’exploiter la situation pour faire éclater la coalition. « Il y a ici des forces qui veulent provoquer une fracture profonde au sein du peuple », a-t-il dénoncé, « j’ai l’intention de former un large gouvernement d’union nationale. Assez des excommunications. » Le Premier ministre a néanmoins présenté une orientation sans ambiguïté quant à l’obligation de servir et d’étudier : « En ce qui me concerne, toutes les sanctions possibles seront appliquées à quiconque n’étudie pas la Torah. »
Un accord-cadre qui ne lie pas les mains de Tsahal
« L’Iran et le parti de D.ieu ont tenté de contraindre Israël à se retirer de la zone de sécurité, et ils n’y sont pas parvenus », a déclaré le chef du gouvernement, en réponse directe aux dernières menaces venues de Téhéran et de Beyrouth. Malgré la signature des documents à Washington, Netanyahou a tenu à préciser d’une voix claire que ces papiers n’entravaient en rien l’appareil de défense. « La liberté d’action de Tsahal sera préservée dans son intégralité », a-t-il insisté, « l’armée a le devoir de continuer à déjouer les menaces à chaque instant. » Répondant aux critiques formulées à gauche, le Premier ministre a rétorqué : « Je fais ce qui est nécessaire à la sécurité de l’État d’Israël. Je défends les intérêts vitaux du pays, et les États-Unis le comprennent parfaitement. »
Un hommage rare au gouvernement libanais
Netanyahou a choisi de remercier publiquement, et de manière inhabituelle, le gouvernement libanais, qui aurait selon lui fait preuve d’un grand courage face au rouleau compresseur des pressions exercées par l’axe chiite. Interrogé par la chaîne 14, il est revenu sur ce changement spectaculaire en affirmant : « Pour la première fois, le gouvernement libanais dit à l’Iran et au parti de D.ieu : sortez d’ici. »
La menace des drones explosifs
Le Premier ministre a également évoqué la plus grande menace technologique de l’année écoulée, à savoir les drones de combat et les drones explosifs, dont les Iraniens se sont récemment servis lors de l’attaque dans le détroit d’Ormuz, et qu’a employés le parti de D.ieu pour frapper des soldats et le territoire israélien. Netanyahou a promis une révolution israélienne dans ce domaine : « Nous avons encore beaucoup à faire dans le champ des drones explosifs. Nous serons les premiers au monde à mener ce dossier, tant sur le plan technologique qu’opérationnel. »
Le régime de Téhéran proche de la chute
Le chef du gouvernement s’est par ailleurs dit pleinement convaincu que la secousse régionale finirait par entraîner l’effondrement du régime des ayatollahs en Iran. « Le régime de Téhéran tombera encore, cela arrivera. Nous assistons déjà aujourd’hui à des manifestations d’ampleur à l’intérieur de l’Iran », a-t-il souligné. À propos de l’accord conclu entre les États-Unis et l’Iran, il a réaffirmé qu’il défendait les intérêts essentiels de l’État d’Israël et que Washington en avait conscience. Il a encore annoncé l’envoi d’une délégation aux États-Unis afin de leur exposer clairement les lignes rouges d’Israël.
Le Baal Chem Tov enseignait que de tout ce que l’on voit ou entend, il faut tirer une leçon dans le service de D.ieu, et le Rabbi a maintes fois répété cette parole. Lors d’une yé’hidout accordée à un couple, il s’inspira d’un ordinateur de son époque pour en dégager deux enseignements. D’une machine née du génie humain, le Rabbi tira une leçon éternelle sur la fidélité du Juif à la volonté divine.
L’un des enseignements que le Rabbi répétait le plus souvent était cette parole du Baal Chem Tov : de tout ce que l’homme voit ou entend, il doit tirer une leçon dans le service de Hachem. C’est ainsi que, lors d’une yé’hidout accordée à un couple, le Rabbi tira deux leçons d’un ordinateur tel qu’il en existait à l’époque.
Deux observations sur l’ordinateur
En premier lieu, fit remarquer le Rabbi, un ordinateur accomplit en peu de temps des tâches qui exigeraient ordinairement le travail de nombreuses personnes.
En second lieu, il produit des résultats exacts alors même qu’il est dépourvu d’intelligence et de compréhension. Cela ne vaut pas seulement pour les opérations simples, telles que deux fois deux, mais aussi pour des calculs portant sur des centaines et des milliers. Et pourtant, il résout tous ces calculs sans comprendre ni réfléchir.
Les leçons pour le service divin
Le Rabbi expliqua alors les enseignements qu’il convient d’en tirer.
« Premièrement, un Juif est tenu d’accomplir l’ensemble des six cent treize Mitsvot, et il ne saurait prétendre que, parce qu’il est occupé à une Mitsva, il lui serait impossible d’en accomplir une autre. Puisqu’elles lui ont toutes été données, il peut et doit les accomplir toutes par lui-même. »
« Deuxièmement, nous devons accomplir tout ce qui est inscrit dans le Choul’han Aroukh — l’ordinateur de Hachem — même sans en saisir le lien ou la raison. »
Le Rabbi sourit et ajouta : « Dans un ordinateur, des erreurs surviennent parfois, mais dans « l’ordinateur de Hachem », il n’y a jamais d’erreur. »
À l’occasion de Youd Beth Tamouz, Rav Elie Zekri, de Lyon, partage un souvenir précieux : la lettre que lui adressa personnellement le Rabbi il y a exactement 48 ans, accompagnée du Kountrass commémorant le cinquantième anniversaire de la délivrance du Rabbi précédent. Ce témoignage, offert lors d’un Farbrenguen, éclaire la profondeur du lien entre le Rabbi et ses ‘Hassidim, ainsi que l’importance des Ma’amarim fondateurs que le Rabbi souhaitait voir étudiés et transmis de génération en génération.
Un récit personnel partagé sur les conseils de Rav Mendel Azimov
Sur les conseils de Rav Mendel Azimov, Rav Elie Zekri a partagé un petit récit qui nous concerne directement. En 1978, il y a exactement 48 ans, le Rav Elie Zekri avait écrit au Rabbi pour lui demander des bénédictions. Le Rabbi lui répondit par une lettre, juste avant Youd Beth Tamouz. Cette lettre, qu’il a présentée à l’assemblée, lui était bien personnellement adressée. Elle était accompagnée d’un Kountrass intitulé Kountrass ‘Hag HaGueula Youd Beth – Youd Guimel Tamouz.
Le contexte historique : le cinquantième anniversaire de la délivrance
Si le Rabbi lui avait envoyé ce Kountrass, c’est parce que l’on commémorait alors les cinquante ans du miracle de la délivrance. L’année qui avait suivi ce miracle, en 1928, le Rabbi précédent avait prononcé deux Ma’amarim et rédigé une lettre. Le Rabbi décida donc de rassembler ces deux Ma’amarim en un Kountrass et de l’envoyer à certains ‘Hassidim. Rav Elie Zekri eut le mérite de le recevoir.
Le premier Ma’amar : l’importance du rassemblement pour l’étude et la prière
Dans ce Kountrass, le premier Ma’amar s’intitule Assara sheyoshvim ve’oskim baTorah. Il s’agit d’un Ma’amar extraordinaire et fondamental, consacré à l’importance de réunir des Juifs pour étudier la Torah et pour prier ensemble. Son enseignement demeure d’une actualité saisissante.
Le deuxième Ma’amar : un texte étudié chaque année
L’autre Ma’amar de ce Kountrass est tout aussi extraordinaire, et Rav Elie Zekri l’étudie d’ailleurs en ce moment même. Chaque année, à cette période, il relit la lettre du Rabbi et réapprend ce Ma’amar avec des amis. Dans sa lettre, le Rabbi lui conseillait en effet d’enseigner ce texte à des proches qui seraient touchés et influencés par son étude. Ce deuxième Ma’amar s’ouvre sur les mots : Zeh Hayom Asah Hachem Nagila Venism’cha Bo. Ana Hachem Hochi’a Na, Ana Hachem Hatsli’cha Na. Ces deux Ma’amarim renferment des secrets et des vérités profondes, de véritables fondamentaux de la pensée ‘hassidique. C’est pourquoi Rav Elie Zekri les étudie chaque année sans exception.
La grâce d’avoir reçu cette lettre
Rav Elie Zekri a ainsi eu le mérite de recevoir cette lettre, comme plusieurs autres ‘Hassidim en leur temps. En partageant ce souvenir avec l’assemblée, il a adressé à chacun et à chacune ses vœux chaleureux : Gut Chabbat, Gut Yom Tov, avec joie et allégresse, besimc’ha.
La lettre du 12 Tamouz 5688 : un appel à la responsabilité des Chlou’him
La lettre est envoyée le 12 Tamouz 5688 (1928) et s’adresse aux membres des cercles d’étude, aux enseignants de Torah et aux Chlou’him. Son ton est à la fois intime et solennel.
Le Rabbi Yossef Its’hak écrit que ce jour — le 12 Tamouz — est un jour de joie et de délivrance pour Israël tout entier. Il y a de cela deux ans, lui-même fut emprisonné et libéré, et ce souvenir demeure gravé dans sa mémoire comme un signe de la Providence divine. Mais la délivrance personnelle ne suffit pas : elle doit se transformer en élan collectif, en effort renouvelé pour diffuser la Torah et la lumière du ‘hassidisme parmi tous les Juifs.
Le Rabbi rappelle à ses correspondants que leur mission de Chalia’h — d’émissaire — est d’une importance capitale. Ce n’est pas simplement une fonction : c’est une responsabilité spirituelle engageant leur âme entière. Celui qui a reçu la charge de répandre la Torah dans sa communauté doit le faire avec toute la vigueur de son être, sans se décourager face aux obstacles, sans se laisser séduire par la facilité ou le confort. La diffusion de la Torah est l’œuvre de D.ieu elle-même.
Il souligne également la nécessité de la Tsedaka : non seulement comme aumône matérielle, mais comme acte de justice fondamental liant les membres d’une communauté les uns aux autres. La générosité envers les pauvres et le soutien des institutions d’étude sont, dit-il, les piliers sur lesquels repose la pérennité du peuple juif.
La lettre se conclut par l’envoi du Sefer HaMa’amarim, accompagné de la bénédiction que l’étude de ces Ma’amarim — ces discours intérieurs — illumine l’âme des lecteurs et les fortifie dans leur service de D.ieu.
Le Ma’amar « Assara Yoshvim » : dix personnes assises et la Chekhina parmi elles
Le Ma’amar s’ouvre sur une citation de la Michna (Avot, chapitre III) : « Dix personnes qui s’assoient et s’occupent de Torah — la Chekhina (la Présence divine) repose parmi elles. » Cette affirmation, apparemment simple, ouvre une profondeur infinie que le Rabbi explore avec toute la rigueur de la pensée ‘hassidique.
Pourquoi dix ? Parce que dix représente la complétude des dix Sefirot, les dix attributs divins à travers lesquels D.ieu Se révèle dans le monde. Lorsque dix Juifs se réunissent pour étudier, ils deviennent en quelque sorte l’image vivante de cette plénitude. Leur assemblée crée un espace spirituel où la Chekhina peut véritablement s’installer, non comme une métaphore mais comme une réalité ontologique.
Le Rabbi distingue ensuite entre les différents nombres évoqués dans la Michna : un, deux, trois, cinq, dix. Chaque nombre correspond à un niveau différent de révélation divine. Quand un seul individu étudie la Torah, D.ieu est présent — mais d’une manière plus intérieure, plus cachée. Quand deux étudient ensemble, la révélation grandit. Quand dix sont réunis, on atteint un niveau qualitatif distinct : la Chekhina ne se contente plus d’accompagner l’étude, elle y réside pleinement.
Cette gradation n’est pas anodine. Elle enseigne que la Torah n’est pas une affaire purement individuelle. L’étude en groupe possède une dimension supplémentaire que l’étude solitaire ne peut atteindre. Le lien entre les âmes, la responsabilité mutuelle, l’effort partagé — tout cela crée un vase spirituel d’une capacité supérieure, capable d’accueillir une lumière divine plus haute.
La Torah comme pont entre le fini et l’infini
Le Rabbi approfondit ensuite une question fondamentale : comment la Torah — qui est la Sagesse de D.ieu, infinie et transcendante — peut-elle être reçue et comprise par des êtres finis que nous sommes ? C’est le mystère central de la Révélation.
La réponse ‘hassidique est que la Torah est précisément le lieu où le Fini et l’Infini se rejoignent. D.ieu, dans Son désir de créer un monde et d’entrer en relation avec Ses créatures, a « condensé » Sa Sagesse dans les lettres et les mots de la Torah. Cette condensation — appelée en termes kabbalistiques Tsimtsoum — ne diminue pas la Torah : elle en fait le pont par lequel l’homme peut atteindre D.ieu, et D.ieu peut Se révéler à l’homme.
Ainsi, lorsque dix personnes étudient ensemble, elles ne font pas que s’instruire mutuellement : elles ouvrent un canal particulièrement large pour cette révélation divine. L’union de leurs âmes, toutes tournées vers le même but, amplifie la lumière de la Torah et fait descendre la Chekhina avec une intensité incomparable.
L’étude de la Torah comme service de D.ieu : dimension intérieure et dimension extérieure
Le Ma’amar distingue deux dimensions dans l’étude de la Torah. La première est la dimension extérieure — Niglé — qui concerne l’intelligence, la logique, le raisonnement halakhique. C’est l’étude du Talmud, des codes juridiques, des responsa. Cette dimension est indispensable : sans elle, le Juif ne saurait pas comment vivre sa vie conformément à la volonté divine.
Mais il existe une dimension intérieure — Pnimiyout HaTorah — qui est l’âme de la Torah, son cœur caché. C’est la ‘Hassidout, la Kabbale, la sagesse mystique qui dévoile le sens intérieur des commandements et des récits scripturaires. Cette dimension n’est pas un luxe réservé aux initiés : c’est une nécessité vitale pour l’âme. Sans elle, l’observance des Mitsvot risque de devenir mécanique, routinière, privée de son élan spirituel.
Le Rabbi insiste : l’étude de la Pnimiyout HaTorah est particulièrement urgente en ces générations. Car la nuit est longue, les difficultés de l’exil s’accumulent, et l’âme juive a besoin d’une nourriture particulièrement forte pour maintenir sa lumière intacte. La ‘Hassidout est cette nourriture.
Les dix disciples et la responsabilité de transmettre
Vers la fin du Ma’amar, le Rabbi revient à l’image des dix personnes assises. Il explique que cette assemblée n’est pas passive : elle a une mission. Ceux qui ont reçu la lumière de la Torah — et surtout ceux qui ont eu le privilège d’étudier la ‘Hassidout — portent la responsabilité de la transmettre.
La Chekhina qui repose parmi eux n’est pas un trésor à garder jalousement : c’est une lumière qui doit rayonner vers l’extérieur. Chaque cercle d’étude, chaque groupe de dix, est appelé à devenir un foyer d’où la Torah et le ‘hassidisme se répandent dans tout l’entourage — dans la famille, dans la communauté, dans la ville.
C’est en ce sens que le Rabbi comprend la mission des Chlou’him : ils ne sont pas simplement des émissaires administratifs. Ils sont des porteurs de Chekhina, des hommes et des femmes qui transportent avec eux la présence divine et l’installent dans les lieux les plus éloignés, les plus obscurs, les plus oubliés.
Note sur le texte et le contexte historique
Le Sefer HaMa’amarim Tarpah (5688 / 1927-1928) fut composé et diffusé dans une période particulièrement difficile pour les communautés juives d’Europe orientale et de Russie soviétique. Le Rabbi Yossef Its’hak Schneersohn venait d’être arrêté par la Guépéou soviétique, accusé de « contre-révolution » pour son activité de diffusion de la Torah. Sa libération le 12-13 Tamouz 5687 (1927) avait été vécue comme un miracle. Le recueil de Ma’amarim portant la date de l’année suivante, 5688 (1928), s’inscrit donc dans ce contexte de renaissance et de résistance spirituelle.
Les textes présentés ici — la lettre d’introduction et le Ma’amar « Assara Yoshvim » — témoignent de la volonté du Rabbi de transformer son expérience personnelle en message universel : la délivrance individuelle doit engendrer une délivrance collective, et l’étude de la Torah en groupe est l’un des chemins royaux vers cette délivrance.
Traduction de la lettre :
La lettre est rédigée sur le papier à en-tête officiel du Rabbi Mena’hem M. Schneerson, Loubavitch, 770 Eastern Parkway, Brooklyn, N.Y. 11213. Elle est datée du début du mois de Tamouz, de l’année 5748 (1988), et est adressée depuis Brooklyn, New York.
Avec l’aide de D-ieu, début du mois de Tamouz, [5]738, Brooklyn, N.Y.
À l’homme distingué, etc., Élie, qu’il vive longtemps.
Paix et bénédiction !
J’accuse réception de la lettre…
À l’occasion du jubilé d’années depuis la publication du discours de hassidisme intitulé « Dix qui sont assis et qui s’occupent de Torah, la Présence Divine réside parmi eux », avec la lettre qui y est jointe.
— De notre saint maître, mon beau-père le Rabbi, « qu’il envoya pour la première célébration du 12 Tamouz – en l’an 5688 », qui a été publié à nouveau — accompagné de son discours hassidique « Voici le jour qu’a fait l’Éternel, réjouissons-nous et soyons dans l’allégresse en lui », qu’il prononça « lors du festin d’action de grâces, le 12 Tamouz 5688. »
Ci-joint — et il est certain que le fascicule produira son effet, que l’étudieront tous ceux à qui il parviendra ainsi que ceux qui dépendent d’eux — qu’ils vivent longtemps — et l’étude conduira à l’action concrète, et en particulier dans les matières dont il est question dans la lettre susmentionnée.
Et que le Saint béni soit-Il accomplisse les bénédictions du juste, notre saint maître mon beau-père le Rabbi, telles qu’elles sont détaillées dans la lettre, jusqu’à sa conclusion et son sceau : « et notre affaire est dans le renforcement de la corne de la Torah, la corne d’Israël », et s’accomplisse la promesse que D-ieu, qui fait des merveilles, élèvera la corne de son Oint — dans la rédemption véritable et complète par notre juste Maschiah.
Avec la bénédiction du succès dans ce qui précède, et avec la bénédiction de la fête de la Délivrance.
[Signature]
Dix qui siègent ensemble et s’occupent de la Torah
le Ma’amar de תרפ »ח (1927-1928) TRADUCTION INTEGRALE
Tiré du Sefer HaMa’amarim תרפ »ח (1927-1928) du Rabbi Précédent, Rabbi Yossef Its’hak Schneerson, ce Ma’amar expose la profondeur mystique du verset « Dix qui siègent et s’occupent de la Torah — la Présence divine repose parmi eux ». Il déploie une méditation à plusieurs niveaux sur la relation entre l’étude de la Torah, la prière, et la révélation de la lumière divine dans ce monde. Le texte s’ouvre sur une bénédiction adressée aux ‘hassidim qui participent à ce Farbrenguen et s’achève par une vision eschatologique de la Délivrance.
Préambule et bénédiction aux ‘hassidim
Pour le mérite du plus grand nombre — et il est évident que cela concerne également chaque maison de réunion, car il ne s’agit pas d’une affaire particulière de certains ‘hassidim pris isolément.
À plus forte raison parce que leurs bénédictions se renforcent mutuellement à la source des bénédictions, en tout ce qui est bon pour l’âme et pour le corps.
Ce Ma’amar est envoyé à l’ensemble des communautés, avec notre prière que nous puissions les voir en face et les regarder, et que se réalise parmi eux l’élévation du Keren HaTorah et du Keren Israël.
Que nous méritions de voir la lumière, car D.ieu est bon.
Je souhaite à mes amis force et santé, du bien et de la réussite pour leur maison, qu’ils sèment et que leur descendance soit vivante sur la terre.
Celui qui les bénit.
(Lieu du sceau)
Le verset fondateur : dix qui siègent et s’occupent de la Torah
Bs »d. Pour l’étude de beaucoup, le 12 Tamouz (juillet 1928).
Dix qui siègent et s’occupent de la Torah — la Présence divine repose parmi eux, ainsi qu’il est dit : « D.ieu se tient dans l’assemblée divine » (Psaumes 82:1).
Et même si cinq seulement — ainsi qu’il est dit : « Il a établi sur la terre son assemblée » (Amos 9:6). Et même trois — ainsi qu’il est dit : « Il juge parmi les juges » (ibid.).
Et même deux — ainsi qu’il est dit : « Alors ceux qui craignent D.ieu se sont parlé l’un à l’autre, et D.ieu a écouté et entendu » (Malachie 3:16).
Et même un seul — et à plus forte raison, car D.ieu se souvient de lui en pensée pour lui rappeler son nom, ainsi qu’il est dit : « En tout lieu où je ferai mention de mon nom, je viendrai à toi et je te bénirai » (Exode 20:24).
Si c’est seulement une personne qui siège et s’occupe de la Torah, c’est comme si les nombreux Rabbanim qui la perpétuent représentaient un niveau plus élevé que la prière de beaucoup. Car la prière du grand nombre ne rejoint pas, à vrai dire, le niveau des ‘hassidim qui la prolongent, comme par exemple la prière d’un seul grand ‘hassid — ce n’est pas comparable.
Les Rabbanim nombreux ne se prolongent pas dans la prière avec la même élévation, ainsi qu’il appert de ce que dit Rabbi Chim’on bar Yo’haï : par le mérite de la Torah, une communauté de ‘hassidim atteint en treize mesures ce que les Rabbanim atteignent à l’aide de trente-deux mesures.
La Torah révèle par en haut la lumière des Torah, et la mesure par laquelle la Torah est enseignée à de nouveaux niveaux — ainsi apprend-on de nouvelles choses dans la Torah qui illuminent des niveaux de plus en plus élevés.
Comme le dit la source première, c’est lui l’origine d’un niveau nouveau dans la Torah, car la Torah ouvre des portes sur de nouveaux sujets à l’intérieur d’elle-même, révélant ainsi toujours davantage la lumière de la Torah et sa saveur. C’est donc contre les treize mesures de la Miséricorde que la Torah est enseignée.
Comme le dit le Maguid de Mezeritch (dans l’introduction), que la rose de la Knesset Israël — ce qu’est cette rose, qu’elle soit elle-même libérée de tout ce qui l’accable — telle est notre responsabilité, car c’est par l’étude de la Torah que cela devient réalité.
L’étude de la Torah en général et en particulier — fondement essentiel
L’étude de la Torah en général et en particulier est l’essentiel de ce que la Torah accomplit par l’étude. C’est l’essentiel de ce que la Torah accomplit, et voilà le point central : le sujet de la prière est une élévation selon le niveau de l’élévation, qui est en soi le niveau de l’élévation de l’élévation.
La prière des nombreux Rabbanim est ce que les ‘hassidim atteignent par l’élévation de leurs propres prières. Voilà l’élévation que le « Moi » d’en haut leur communique — et la prière des Rabbanim est cette élévation qui n’est pas encore véritablement de l’ordre de l’élévation, ainsi que le dit ce maître.
Selon l’avis de certains, cela n’est pas dit ainsi. Ce n’est pas parce que cela ne correspond pas en valeur à l’élévation que cela serait communiqué du « Moi » d’en haut — non — car c’est l’élévation du « Moi » d’en haut par le biais de l’élévation de l’élévation.
C’est pourquoi il est juste que les ‘hassidim se réunissent et prient en leur propre nom dans l’ensemble de l’année, et de même les nombreux Rabbanim prient au nom de l’élévation de l’élévation.
C’est aussi ce que contient la Torah dans l’ensemble, à savoir la mesure de l’élévation vers le bas — c’est-à-dire ce qui n’est pas l’élévation vers le bas mais qui est quand même une élévation vers le haut.
Les ‘hassidim sont dans l’obligation de prier, car même si toute la Torah m’est étrangère, il faut que l’on s’occupe aussi de la prière, et l’essentiel est que l’on s’occupe de la Torah. Il faut que la Torah soit précisément la chose qui amène à la prière.
D’autant plus si l’élévation parvient précisément à cela — ce qui est dans la nature de l’être est bien le plus grand des niveaux d’élévation, et comme le dit ce maître en cent fois, car le travail de l’âme est le début du travail de l’élévation, et la raison du travail de l’âme est que ce soit fait par l’étude de la Torah.
Le Saint Béni Soit-Il a désiré avoir une demeure dans les mondes inférieurs
Le Saint Béni Soit-Il a désiré avoir une demeure dans les mondes inférieurs — ainsi que l’enseignent nos maîtres (Midrach Tan’houma) sur le verset d’Exode 25.
Ce monde a été ébranlé dès ses six jours de création, depuis les fondements jusqu’au ciel, et D.ieu a posé les piliers de la création depuis le commencement. Comme il est écrit : « Au commencement, D.ieu créa » — au commencement, c’est pour Israël qui est appelé commencement, et pour la Torah qui est appelée commencement.
C’est dans le but d’Israël que D.ieu créa les fondements du monde, afin qu’Israël puisse apprendre la Torah selon ce que D.ieu avait planifié. C’est donc la Torah qui est le fondement de la création du monde, et la Torah est ainsi l’ensemble des affaires du monde.
Comme notre maître a dit (Likouti Si’hot) : D.ieu a planifié d’apporter une Torah aux Nations au moment où Il a planifié que les enfants d’Israël recevraient la Torah en premier. Si Israël et les Nations la reçoivent mutuellement, la Torah serait alors pour eux l’ensemble de la lumière du monde.
Comme il est dit dans la Michée : « Car c’est de Sion que sortira la Torah, et la parole de D.ieu de Jérusalem. »
C’est pourquoi la lumière de la Mitsva se tient et protège de tout. Car c’est seulement par l’intellect que l’on voit cela d’un regard superficiel, et certains estiment — comme les Tsitsit et la Mezouza, et de même les autres Mitsvot — qu’il n’y a pas de différence entre elles, car en réalité les Mitsvot requièrent toutes d’être accomplies.
L’essentiel est que les Mitsvot soient accomplies par l’étude de la Torah, pour que l’on puisse reconnaître les hommes qui agissent au niveau exact de la pratique de la prière, qui ignorent les détails des lois en question et n’accordent pas foi aux détails des lois.
Il faut donc la purification des mains et les questions importantes de l’observance du Chabbat et autres lois similaires, et il faut étudier pour reconnaître ce que la Torah prescrit selon les lois divines.
C’est là l’essentiel de l’étude de la Torah dans l’ensemble et en particulier, qui se révèle par les nombreux Rabbanim et est la lumière de l’élévation en haut, qui transforme les habitudes naturelles et les instincts — et c’est ainsi que l’on acquiert de bonnes qualités.
Quand l’homme contemple la finalité de l’âme
Quand l’homme contemple et porte en son cœur que la finalité est que l’âme descende dans le corps en vue d’accomplir les Mitsvot et d’étudier la Torah, cette descente est au bénéfice de la montée supérieure.
C’est pourquoi elle est plus forte que toutes les entraves et les obstacles. Lorsqu’une seule chose amène à cela, c’est l’essentiel du dessein de D.ieu dans la plénitude de la Torah — c’est alors que l’homme s’éveille à la grande aspiration à s’approcher de D.ieu et à accomplir ses commandements par la Torah et les Mitsvot.
Il accomplit les Mitsvot intérieurement et la Torah est alors l’action réelle. Car la vérité est que la Torah est la mesure qui fait passer de la séparation entre l’étude de la Torah et l’étude de la Torah à quelque chose de plus élevé encore.
Voilà pourquoi il y a une séparation entre les nombreux Rabbanim et ceux qui s’occupent entre eux de la Torah — la Présence divine repose entre eux — même si cinq seulement. Car la prière des Rabbanim ne serait pas supérieure à la prière sans élévation en tous les jours de l’année, et de même, la Torah dans son ensemble doit s’occuper du service d’en haut pour les ‘hassidim.
Voilà ce que la Torah peut pour eux, car la mesure de l’élévation d’en haut est que la Torah leur soit donnée dans leur capacité — et c’est ce que D.ieu dit à Moïse, que tous les enfants d’Israël ont entendu de la bouche de D.ieu : « Je suis D.ieu ton D.ieu. »
Que l’on donne à Israël la Torah ainsi, de sorte que la Torah soit comme le trésor de chacun, car D.ieu dit à tous en termes généraux. Il y a seulement une distinction entre les nombreux Rabbanim et ceux qui siègent et s’occupent de la Torah entre eux — la Présence divine repose entre eux — même si un seul.
C’est lui qui s’occupe principalement de la Torah, et il a même mérité par lui-même de s’élever et de mériter mille fois ce mérite-là. Il est la source des bénédictions qui stimule les treize mesures de la Miséricorde, dont la Torah révèle par l’étude de ses niveaux que les Rabbanim la rendent apparente dans le bien en gros comme en détail.
Et qui influencera la bonne santé visible et cachée dans les enfants, la vie et la nourriture en abondance.
À l’occasion du 32e anniversaire du Guimel Tamouz, Paris a été le théâtre d’une soirée d’hommage exceptionnelle réunissant près de 80 Beth Habad de la capitale et de sa banlieue. Quelque 800 participants se sont rassemblés dans un élan d’unité, d’inspiration et de gratitude pour l’œuvre immense accomplie par le Rabbi à travers le monde. La soirée, organisée par le Bureau d’aide aux Chlou’him de France, a tenu toutes ses promesses, mêlant témoignages bouleversants, chants hassidiques et prises de bonnes résolutions.
Une soirée d’unité portée par 800 participants
À l’initiative des Chlou’him de Paris et de sa région, les émissaires du Rabbi ont convié leurs proches et les membres de leurs communautés à une soirée sans précédent. Réunis sous un même toit, près de 800 personnes ont partagé un moment de communion rare, célébrant ensemble la mémoire et l’héritage du Rabbi de Loubavitch.
Les convives ont été accueillis par un dîner de grande qualité, servi par l’un des traiteurs les plus réputés de France, dans une atmosphère chaleureuse et festive. La soirée a ensuite déployé un programme riche, varié et profondément inspirant, qui a su incarner l’esprit de la Chéli’hout et l’influence durable du Rabbi sur le monde juif.
Une ouverture solennelle et des discours marquants
La soirée a été ouverte par le maître de cérémonie, le Rav Mena’hem Mendel Samma, Chalia’h du Rabbi à Strasbourg, qui a entonné les chapitres de Psaumes récités par le Rabbi et la Rabbanite.
Le discours principal a ensuite été prononcé par le Rav Mena’hem Mendel Sabag, Chalia’h du Rabbi à Juan-les-Pins, sur la Riviera française. Dans son allocution, le Rav Sabag a partagé avec l’assemblée des expériences saisissantes tirées de son travail d’émissaire dans cette ville balnéaire, où le Beth Habad local sert une communauté active et accueille chaque année des milliers de visiteurs juifs. Il a souligné avec force la présence tangible du Rabbi — le Mécha’léa’h — qui se fait ressentir dans chaque Beth Habad à travers le monde.
Des témoignages vidéo sur la révolution spirituelle en France
Au fil de la soirée, des extraits vidéo soigneusement sélectionnés ont retracé la révolution spirituelle opérée par le Rabbi en France. On y découvrait des récits touchants de jeunes gens qui, grâce à l’activité des Beth Habad, s’étaient rapprochés de la Torah et des Mitsvot, avant de devenir eux-mêmes des Chlou’him du Rabbi.
L’un des moments forts de la soirée fut la montée sur scène de deux médecins, qui ont raconté comment ils avaient découvert le Rabbi et le ‘Hassidisme par l’intermédiaire des émissaires. Aujourd’hui, parallèlement à leur exercice médical, ils font poser les Téfilines à de nombreux Juifs et proposent systématiquement à chaque patient juif qui franchit la porte de leur cabinet de s’acquitter de cette Mitsva.
Le témoignage d’Eliya Cohen, survivant des tunnels de Gaza
L’apogée émouvant de la soirée fut le témoignage personnel d’Eliya Cohen, venu spécialement pour partager avec l’assemblée son récit bouleversant de captivité à Gaza. Durant 505 jours passés dans les tunnels du Hamas, cet homme a puisé dans des ressources insoupçonnées. Ses paroles ont offert au public une leçon de foi, d’espérance, de résilience et de force spirituelle face aux épreuves les plus extrêmes.
Une note musicale avec Abraham Fried et Moché Louk
La dimension musicale de la soirée a été assurée par le ‘Hazzan Avraham Fried et le ‘Hazzan Moché Louk, qui ont interprété des Nigunim hassidiques dans toute leur splendeur, accompagnés par l’orchestre de Yossef Brami. Leurs chants ont porté l’assistance vers des sommets d’élévation spirituelle et de joie profonde.
Plus de 2 200 bonnes résolutions prises en hommage au Rabbi
À l’approche de la clôture de la soirée, les participants ont été invités à prendre de bonnes résolutions en l’honneur du jour du Hilloula du Rabbi. La réponse fut remarquable : plus de 2 200 engagements ont été recueillis, témoignant d’un élan collectif de renouveau intérieur, d’inspiration et du désir sincère d’accroître les bonnes actions.
À la sortie de la salle, chaque participant s’est vu remettre l’exemplaire du best-seller Penser bon, vraiment bon du Rav Mendel Kalmenson, traduit spécialement en français pour l’occasion.
Un événement à l’image du Rabbi
Cette soirée a magnifiquement reflété la vision et l’âme du Rabbi : amour du prochain, unité, rapprochement des cœurs et élargissement des cercles d’influence. Les participants ont quitté les lieux portés par un sentiment d’élévation, d’émotion et d’énergie renouvelée pour poursuivre leur engagement personnel et communautaire.
L’événement a été organisé par le Bureau d’aide aux Chlou’him de France. France.
Ce récit constitue un témoignage saisissant de la répression religieuse menée par les autorités soviétiques dans les années 1920-1930. Le narrateur, qui semble être le rabbin Schneersohn, relate une tentative d’arrestation arbitraire dans un hôtel moscovite, orchestrée par Kratov, membre de la Yevsectsia – cette section juive du parti communiste bolchevique chargée de lutter contre la religion et les traditions juives.
Extrait du « Journal d’un combat en Russie Soviétique »
Rav Haim Mellul
Le document révèle les méthodes brutales employées contre les leaders religieux : intimidation, fouilles illégales, menaces de mort et d’emprisonnement. Il illustre également l’arbitraire qui régnait, où de jeunes militants zélés outrepassaient leurs prérogatives, terrorisant les populations au nom de l’idéologie révolutionnaire.
Le récit prend une tournure dramatique avec l’intervention providentielle de Bachkov, personnage mystérieux dont l’autorité supérieure fait immédiatement reculer les agresseurs. Ce retournement de situation, perçu par le narrateur comme une manifestation de la Providence divine, souligne la complexité des rapports de force dans l’appareil soviétique.
Au-delà de son intérêt historique, ce témoignage offre un éclairage précieux sur la résistance spirituelle face à l’oppression et sur la foi qui permet de surmonter l’épreuve de la persécution.
L’arrestation
L’irruption de Kratov
Tout à coup, la porte s’ouvrit et l’employé Kratov, accompagné de trois autres jeunes gens, fit irruption dans ma chambre. L’un d’entre eux portait l’uniforme de la police. Tous, à l’exception de Kratov, tenaient un revolver à la main. Kratov s’écria avec colère :
« Camarade Schneersohn, tu es prisonnier. Ne bouge pas. Si tu quittes ta place, nous tirerons et tu seras responsable de ta mort. Où sont tes affaires ? Nous allons les fouiller ! »
Bachkov observait la scène. Son visage devint plus rouge que le sang, mais il ne souffla mot. Moi, j’étais déjà habitué aux fouilles et aux propos menaçants de ceux qui venaient les faire. Je restai assis calmement et répondis :
« Mon petit sac est là et le grand est près de mon lit, derrière le rideau qui sépare le salon de la chambre à coucher. »
Les récits cruels de Kratov
Kratov ordonna à ses acolytes de chercher. Il prit lui-même place sur l’une des chaises et raconta comment il avait frappé des rabbins et des professeurs, cassé leurs dents, crevé leurs yeux. Dans sa ville natale, Amtsislav, dans la région de Mohliv, il y avait deux rabbins. L’un âgé de soixante-quinze ou quatre-vingts ans et le second d’une cinquantaine d’années. Ils avaient tous deux été attelés à la charrette qui transportait le fumier depuis l’étable de Kozma, le cordonnier. Le vieux rabbin ne pouvait tirer la charrette. Il s’arrêta, tomba à terre, se cassa le bras et le pied, et mourut le jour même. Le second tira la charrette jusqu’à ce que ses entrailles se détachent de lui. Il tomba à terre et reçut un coup de pied dans le ventre. Il se roula de douleur et mourut également deux jours plus tard.
La fouille et les menaces
Ses acolytes répandaient mes vêtements, fouillaient les poches, feuilletaient mes livres. Ils posèrent mes écrits sur la table. Kratov me demanda de me lever. Il fouilla les poches de mes vêtements et déposa ce qu’il trouva sur la table. Il dit :
« Nous, les jeunes athées, et nos amis, les jeunes communistes, nous détruirons les Juifs fanatiques, les rabbins et les enseignants. Nous les déracinerons et les ferons disparaître. Tel sera également ton sort, camarade Schneersohn. Deux voies s’offrent à toi. Tu seras mis au pied du mur et exécuté. Ou bien l’on t’enverra dans le désert de Salavki, dans lequel tu pourriras. »
L’intervention de Bachkov
Lorsque Kratov acheva de vérifier mes poches, il se tourna vers Bachkov et lui dit: « Et maintenant, camarade, debout. Nous te fouillerons également. Peut-être, et même sans doute, es-tu un émissaire du camarade Schneersohn pour construire des bains rituels, fonder des Hadarim, soutenir la contre-révolution, les rabbins, les enseignants et tout ce qui ressemble à cela. »
La leçon de droit de Bachkov
Bachkov répondit avec calme et froideur : « Camarades, il me semble que le camarade Schneersohn ne connaît pas les lois du pays, mais cela ne devrait pas être votre cas. » Il indiqua les références précises de la loi. « Celui qui vient établir une fouille ou une recherche, qu’il soit mandaté par la police ou par le K.G.B., doit présenter sa carte avec sa photo, attestant de sa qualité. Il doit également présenter son mandat de perquisition précisant le nom et l’adresse de celui qui doit être fouillé. S’il s’avère, à l’issue de cela, qu’il faut emprisonner quelqu’un, cela est possible, mais le mandat doit être rédigé en ce sens et signé par l’organisme mandant. En conséquence, montrez-moi votre carte et je saurai qui vous êtes. »
La colère de Kratov
Kratov s’emporta et se mit à hurler : « Je suis un membre de la Yevsectsia nommé par » – il donna le nom d’une certaine organisation dont je ne me souviens plus – « pour surveiller cet hôtel, ses employés, ses domestiques, ses locataires, ses visiteurs. En l’occurrence, un goinfre est arrivé » – il désigna sur la table les restes des fruits que j’avais mangés – « et ce chien » – il désigna Bachkov – « me demande encore mes papiers. Mets-toi debout et laisse-moi vérifier tes poches. Sinon, ma main ira abîmer ton visage crasseux, porc, fils de chien ! Camarades, au travail, nous venons de pêcher un gros poisson. »
Il mit la main sur l’épaule de Bachkov et dit : « Pour toi également, nous trouverons une place dans l’une des caves de l’hôpital de la rue Loubyanka. »
Bachkov dit alors : « Je demande le respect de la loi. »
Le retournement de situation
Kratov et ses amis rirent de bon cœur et s’approchèrent de Bachkov. L’un tendit la main pour le fouiller. Bachkov se leva alors avec colère. Il retira son chapeau de sa tête, prononça à haute voix un mot dont je ne savais pas le sens, puis il sortit sa carte. Le visage de Kratov devint blanc comme un linge. Ils reculèrent et se tinrent comme des blocs de bois, comme frappés par la foudre.
Bachkov jeta à Kratov : « Viens ici. Présente-moi ta carte. »
Kratov, avec une voix tremblante : « Ma carte est sur la table de la réception.
— Va la chercher. »
Il demanda aux autres également de venir lui présenter leur carte. Il nota leur nom dans son carnet. Il demanda le mandat de perquisition. Ils répondirent qu’ils n’en avaient pas. Celui-ci devait sans doute se trouver chez le camarade Kratov. Bachkov leur dit qu’ils pouvaient partir. Le lendemain matin, ils devraient se présenter au juge Yermalov, dans les bureaux du K.G.B.
L’humiliation de Kratov
Kratov présenta sa carte. Bachkov lui demanda :
« Où est le mandat de perquisition ?
— Je n’en ai pas. J’ai pris l’initiative de ceci car je dois surveiller les locataires et je soupçonne le camarade Schneersohn d’être un contre-révolutionnaire. J’ai donc le droit de faire cette recherche.
— Très bien, demain matin tu te présenteras au juge Yermalov, dans les bureaux du K.G.B. Il t’expliquera les lois d’une perquisition et l’on t’apprendra à parler aux gens. »
Kratov implora, mais Bachkov le coupa :
« Je désire achever ma conversation avec le camarade Schneersohn. Ne me retarde pas car je dois partir dans quelques instants. »
Les excuses de Bachkov
Bachkov me présenta des excuses pour ce qui s’était passé. Il m’expliqua que tout cela venait de jeunes irresponsables et inconscients. Il m’assura que pareille chose ne se reproduirait plus.
« Ce n’est pas ainsi que la situation s’améliorera, dis-je. Nous savons que toutes les poursuites viennent de la Yevsectsia, essentiellement composée de jeunes inconscients.
— Si pareille chose vous arrive encore une fois, faites-le-moi savoir à mon domicile ou à cette adresse. »
Il me tendit une adresse et partit. Je fermai la porte de ma chambre et priai Arvit. Je méditai sur la Divine Providence. Je venais de voir de mes yeux un véritable dévoilement de Dieu. Je me souvins du rêve que j’avais fait samedi soir, lorsque j’étais venu à Moscou.
Les tentatives de Kratov
Par deux fois, j’entendis frapper à la porte de ma chambre et ne répondis point. J’étais sûr que Kratov ou l’un de ses amis me demanderait d’intervenir en leur faveur et je ne désirais pas les voir. Puis le téléphone sonna. Je ne répondis pas tout d’abord, mais, à la quatrième sonnerie, je décrochai le combiné.
« Qui est-ce ?
— Kratov. J’ai frappé à votre porte et vous n’avez pas répondu. Je voudrais vous parler quelques instants.
— Je suis maintenant très occupé. Je dois partir très bientôt. Je reviendrai à une heure tardive.
— Seulement quelques instants.
— Je m’excuse, c’est impossible. »
Je raccrochai le téléphone. Je me préparai et allai à la réunion fixée à onze heures.
La supplication dans le couloir
Dans le couloir, Kratov m’attendait et me supplia de plaider en sa faveur. Il s’engageait à me protéger à partir de maintenant. Il me ferait savoir tout ce qui était dit au bureau de la Yevsectsia afin que je prenne garde. Il avait un groupe d’amis soumis à son autorité et tous s’emploieraient à me faire du bien. Il me fallait savoir ce que complotait la Yevsectsia et lui et ses amis pouvaient m’être très utiles maintenant. Il m’assurait, si je plaidais en sa faveur, que lui et ses amis me tireraient de nombreux tracas.
« Je ne veux pas me mêler de tout cela.
— Vous tomberez dans le filet des pièges que vous tendra la Yevsectsia.
— Il est impossible de fuir devant les ennuis. Si Dieu le veut, Il trouvera le moyen de me sauver. En tout état de cause, je ne ferai pas, pour cela, ce qui est le contraire de la vérité, de la justice et de mes propres idées.
— Vous vous réjouissez de mon malheur.
— Je ne me réjouis pas, mais je ne suis ni triste ni soucieux. »
La réunion au Kremlin
Encore sous l’effet de l’événement que Dieu venait de me faire vivre, par Sa Providence, je me dirigeai vers la place du Kremlin. Je vis qu’il ne restait que dix minutes pour l’heure fixée. Je pris une voiture et me rendis au rendez-vous.
En arrivant, je trouvai tous les membres. Le Rav Z…, avec sa grande précision, avait déjà écrit un compte-rendu détaillé qui fut accepté en une demi-heure. Les membres du comité pensent repartir demain, mercredi. Le Rav Z… pense rester jusqu’à dimanche. Avec l’aide de Dieu, je partirai dans la nuit de mercredi à jeudi. Nous nous dîmes au revoir. Les rabbins M…, K…, G…, M… et Z… partirent séparément, l’un après l’autre. N.G… et moi partîmes les derniers, nous nous saluâmes et nous nous quittâmes.
La promenade nocturne
L’heure était tardive mais j’étais ému. J’avais mal à la tête. Je me dis que l’air frais et la clarté de la lune me calmeraient. Je décidai de me promener. Je trouvai une bonne voiture. Je me rendis à la forêt Sakolniki et, une demi-heure plus tard, je revenais à mon hôtel, à St Warwarskaya.
Le concept de dévouement absolu (mesirout nefesh) est souvent perçu comme héroïque et exceptionnel. Cependant, l’enseignement hassidique nous révèle sa pertinence dans notre vie de tous les jours. Explorons comment ce principe fondamental peut transformer notre approche du judaïsme au quotidien.
Le concept de dévouement absolu
Le concept de dévouement absolu semble être quelque chose de très élevé lorsque nous en parlons. Le dévouement absolu, le sacrifice de soi, fait partie intégrante de l’histoire du peuple juif. À travers les générations, les Juifs ont donné leur vie pour sanctifier le nom de D.ieu, résistant à de dures épreuves lors de l’Inquisition, en Russie soviétique, et à diverses époques de l’histoire. Ils ont pratiqué ce dévouement pour préserver la braise juive, protéger le judaïsme et la foi.
Le dévouement absolu aujourd’hui
Mais aujourd’hui, pouvons-nous aussi vivre ce dévouement absolu ? Qu’est-ce exactement que le dévouement absolu dans le monde où nous vivons aujourd’hui ? Certes, si nous regardons les soldats qui sont en guerre et qui risquent leur corps et leur âme pour le peuple d’Israël, nous voyons des Juifs qui donnent vraiment leur vie pour notre nation, qui sacrifient leur vie pour sauver d’autres Juifs. Ce que nous avons vu ces derniers mois révèle des phénomènes extraordinaires de dévouement absolu.
Au-delà des moments extrêmes
Cependant, la question se pose : le dévouement absolu ne concerne-t-il que ces moments extrêmes ? N’existe-t-il que dans les moments où l’on donne son corps, sa vie ? En réalité, la doctrine hassidique nous enseigne un nouveau type de dévouement absolu : le dévouement absolu dans la vie quotidienne. Un dévouement qui vient de l’intérieur, même dans les moments calmes, en temps de repos, dans la vie de tous les jours.
L’exemple du Rabbi précédent
C’est ce que nous découvrons à travers l’exemple du Rabbi précédent, dont nous célébrons la libération les 12-13 Tamouz. Le Rabbi précédent, né un Chabbat 12 Tamouz en 5640 (1880), fut également libéré de sa célèbre incarcération le 12 Tamouz 5687 (1927), jour de son 47ème anniversaire. Il avait été emprisonné en Russie soviétique pour avoir maintenu avec un dévouement absolu la braise du judaïsme pendant ces années difficiles où l’étude de la Torah était interdite, où l’ouverture de yeshivot, d’écoles, de heders pour enfants et de mikvés était prohibée. Il se tint seul, sans péché et sans peur, face à un gouvernement puissant, jusqu’à son arrestation avec la menace d’une condamnation à mort.
Le grand miracle du 12 Tamouz, qui devint la fête de la Délivrance, symbolise plus que tout le dévouement absolu incarné par le Rabbi précédent. Plus tard, après avoir quitté la Russie, il continua avec un dévouement absolu jusqu’en Amérique. À cette époque, l’Amérique était un désert spirituel du point de vue juif, où il était presque impossible de mener une vie juive normale. Là aussi, il fonda et construisit des institutions éducatives et de Torah, d’abord en Amérique, puis dans le monde entier.
L’histoire fondatrice : la ligature d’Isaac
Pour comprendre comment traduire ce concept dans la vie quotidienne aujourd’hui, le Rabbi précédent nous raconte une histoire fondatrice de sa propre vie. À l’âge de 15 ans, en 5655 (1895), le 12 Tamouz, son père le Rabbi Rachab l’emmena visiter la tombe sacrée du Tsema’h Tsedek et du Rabbi Maarach à Lubavitch. Dans la petite synagogue près de la tombe, le Rabbi Rachab ouvrit l’Arche Sainte et, avec des larmes chaudes dans les yeux, expliqua à son fils qu’il l’emmenait à « la ligature d’Isaac » – le moment où Abraham amena son fils Isaac au niveau de dévouement absolu, donnant au peuple juif le pouvoir du sacrifice.
L’enseignement du Tanya : « Elle se ceint de force »
Le Rabbi Rachab étudia alors avec son fils une partie du Tanya sur « Elle se ceint de force », expliquant que les reins, qui soutiennent tout le corps, symbolisent chez un Juif le dévouement absolu. Cette force soutient tout le corps spirituel d’un Juif : la Torah, les commandements, la foi. Puis il enseigna à son fils la définition essentielle du dévouement absolu en yiddish : ** »Azoy un nit andersh »** (Ainsi et pas autrement). Cette expression signifie qu’il n’y a pas de place pour autre chose, il ne peut en être autrement.
« Ainsi et pas autrement » : la signification profonde
À partir de ce moment, une nouvelle ère commença dans la vie du Rabbi précédent – l’ère du dévouement absolu, ainsi qu’il vécut jusqu’à son dernier jour. Mais que signifie concrètement « ainsi et pas autrement » ? Cela révèle qu’un Juif a un lien intérieur avec le Saint, béni soit-Il, qui dépasse les connections pratiques, émotionnelles ou intellectuelles. Au-delà du lien pratique (accomplir les commandements), du lien émotionnel (aimer D.ieu, avoir la crainte du Ciel) et du lien intellectuel (étudier la Torah, comprendre la grandeur divine), il existe un lien essentiel où « Israël et le Saint, béni soit-Il, sont un ».
Le lien essentiel indestructible
Dans ce lien essentiel, mon âme est vraiment une partie de D.ieu d’en haut. Si le Saint, béni soit-Il, est ma réalité véritable, alors il ne peut en être autrement. Les connexions basées uniquement sur l’intellect, l’émotion ou l’action peuvent faiblir lors d’épreuves – quand je ne comprends pas, quand je ne ressens pas, quand les choses deviennent difficiles, quand la vie ne va pas comme je le veux. Mais la connexion essentielle demeure inébranlable.
L’enseignement de l’Admour Hazaken
L’Admour Hazaken exprima cette force par son célèbre adage : « Un Juif ne veut pas et ne peut pas être séparé du Saint, béni soit-Il. » Cette séparation est impossible car c’est une seule essence. Comme une personne ne peut se séparer de sa propre vie, le Juif ne peut se séparer de D.ieu. Il n’y a pas besoin d’explications – c’est ainsi, c’est la vie même.
Le choix mutuel et éternel
Le verset dit : « Heureux le peuple pour qui il en est ainsi, heureux le peuple dont l’Éternel est le D.ieu. » Ce « ainsi » représente cette connexion, cette force, cette obstination juive – « ainsi et il ne peut en être autrement ». Le choix que le Saint, béni soit-Il, a fait du peuple d’Israël n’est pas basé sur la raison ou les mérites, mais c’est un choix essentiel, où D.ieu dit : « Les remplacer par une autre nation est impossible, Je ne peux pas. » Ce lien est éternel, essentiel, inconditionnel et inchangeable.
La mise en pratique quotidienne
De même, nous choisissons le Saint, béni soit-Il, de la même manière – avec cette profondeur qui dit : « C’est ainsi et il ne peut en être autrement. » Ce mouvement, ce sentiment de dévouement absolu doit s’enraciner en nous à chaque instant, à chaque moment de notre vie. Le dévouement absolu n’est pas seulement pour les moments extrêmes, mais une réalité intérieure constante qui guide notre existence quotidienne, même dans les lieux de confort et les moments calmes.
Le Rav Asher Perkash est né en 1971 à Jérusalem. Son père, le Rav Yekutiel Farkash, est l’un des grands rabbins ‘Habad de la ville. Sa famille descend du Rav Amram Blau, l’un des leaders des Natorei Karta, et au fil des années s’est rapprochée du ‘hassidisme ‘Habad. Il a étudié à la yechiva Torat Emet puis à la yechiva Toumkhei Temimimim de Montréal où il était proche du machpia (guide spirituel) Rav Mena’hem Zev Greenglass. Entre 1990 et 1992, il faisait partie des étudiants envoyés à la yechiva Toumkhei Temimim de Melbourne en Australie. En été 1992, il est retourné étudier à la yechiva centrale Toumkhei Temimim au 770. Après son mariage en 1994 avec Reina, la fille du philanthrope et activiste ‘hassidique Rav Eliezer ‘Haim Lapidot, il a été nommé Machpia principal à la grande yechiva de Buenos Aires, où il a formé des centaines d’élèves fidèles. Le Rav Asher Farkash est un Machpia éminent dont beaucoup affluent pour écouter ses cours limpides et ses réunions ‘hassidiques inspirantes partout où il passe. En 2022, une chaîne YouTube a été lancée où sont publiés ses nombreux cours de ‘Hassidout. En 2023, le Rav Asher Farkash a commencé à donner un cours hebdomadaire en hébreu qui confère un sens intérieur et une vitalité à la Torah et aux mitsvot, dans un style accessible à tous. Parmi ses cours les plus célèbres figurent les cours sur les maamarim (discours ‘hassidiques) « Bati LeGani » qui sont étudiés pendant la période du 10 Chevat dans les communautés Habad et les yechivot Habad.
Avi Piamenta est l’un des musiciens hassidiques les plus emblématiques de ces dernières décennies. Ce virtuose de la flûte traversière, qui avait eu l’honneur de jouer à de nombreuses reprises devant le Rabbi, s’est éteint vendredi soir à l’âge de 69 ans. Sa mort brutale survient une semaine après avoir participé aux commémorations du Guimel Tamouz dans les cours saintes de Crown Heights.
Avi Piamenta, musicien hassidique de renom international, est décédé subitement le vendredi 8 Tamouz 5785 à l’âge de 69 ans. Né à Jérusalem dans une famille traditionnelle, il avait fondé avec son frère Yossi le célèbre « Groupe Piamenta » après la guerre de Yom Kippour. Devenu progressivement un hassid Habad, il avait développé une relation privilégiée avec le Rabbi et s’était produit pendant des années lors des grandes célébrations hassidiques à Crown Heights et au 770. Après avoir vécu à New York, il s’était installé à Kfar Habad en Israël où il résidait jusqu’à sa mort.
Des débuts musicaux à Jérusalem
Né le 27 Chevat 5716 (1956) à Jérusalem au sein d’une famille jérusalémite traditionnelle, Avi Piamenta grandit dans un environnement éloigné de l’observance religieuse stricte. Dès son plus jeune âge, il manifeste un talent exceptionnel pour la musique, apprenant le piano et la flûte traversière qui deviendra sa signature artistique.
À l’âge de 17 ans, le jeune prodige rejoint son frère aîné Yossi Piamenta, guitariste déjà reconnu, pour former un duo musical prometteur. Ensemble, ils commencent à se produire dans différents concerts, posant les bases de ce qui deviendra l’une des formations musicales juives les plus influentes de leur génération.
L’émergence du phénomène Piamenta
Une année après la guerre de Yom Kippour, les frères Piamenta créent officiellement le « Groupe Piamenta », une formation qui connaîtra rapidement un succès retentissant dans le monde de la musique juive. Leur style unique, mêlant mélodies traditionnelles hassidiques et arrangements modernes, séduit un public de plus en plus large.
« Le groupe Piamenta a révolutionné la musique hassidique en y apportant une dimension contemporaine sans trahir l’essence spirituelle », témoigne un proche de la famille. Cette approche novatrice leur vaut une popularité considérable et ouvre la voie à une nouvelle génération de musiciens juifs.
Le chemin vers la spiritualité
Au fil des années, Avi Piamenta développe un lien de plus en plus profond avec la spiritualité hassidique. Sa progression vers l’observance religieuse l’amène naturellement vers le mouvement Habad, où il trouve l’équilibre parfait entre sa passion musicale et sa quête spirituelle.
Son frère Yossi suit ses traces dans cette démarche de techouva, et progressivement, la majeure partie de leur famille adopte le mode de vie hassidique. Cette transformation spirituelle collective conduit la famille Piamenta à s’installer dans le quartier emblématique de Crown Heights, cœur battant du mouvement Habad mondial.
Une relation privilégiée avec le Rabbi
La rencontre entre Avi Piamenta et le Rabbi marque un tournant décisif dans sa carrière artistique. Au-delà de la simple admiration mutuelle, se développe une véritable relation de guidance spirituelle, le Rabbi prodiguant au musicien des conseils précieux concernant son travail et sa mission.
Cette proximité avec le dirigeant spirituel de Habad confère à Rav Piamenta une légitimité particulière dans le monde hassidique. Ses performances deviennent des moments de communion spirituelle, transformant chaque concert en expérience mystique partagée.
Les années de gloire à Crown Heights
Pendant de nombreuses années, les frères Piamenta deviennent les musiciens attitrés des grandes célébrations hassidiques de Crown Heights. Leurs prestations lors des festivités de Sim’hat Beth Hachoéva marquent les esprits et établissent leur réputation de virtuoses capables d’élever les âmes par leur art.
Régulièrement, ils se produisent au célèbre 770, siège mondial du mouvement Habad, lors des défilés de Lag BaOmer et d’autres occasions festives. L’une de leurs performances les plus mémorables a lieu le 5 Tevet 5747, lors de l’annonce d’une nouvelle particulièrement joyeuse pour la communauté.
Le retour aux sources en Terre Sainte
En 5751 (1991), un changement majeur s’opère dans la trajectoire des frères Piamenta. Yossi décide de retourner en Israël pour y poursuivre sa carrière musicale, tandis que Avi choisit initialement de demeurer à New York, où il s’est construit une vie et une carrière florissantes.
Quelque temps plus tard, l’appel de la Terre Sainte se fait également sentir pour Avi, qui prend la décision de s’installer à Kfar Habad. Ce village emblématique, fondé par les premiers émissaires du Rabbi en Israël, devient son nouveau foyer et le cadre de ses dernières années de création artistique.
Une fin soudaine après un pèlerinage spirituel
La semaine précédant sa disparition revêt une dimension particulièrement symbolique. Commencée le jour du Guimel Tamouz, date anniversaire du décès du Rabbi, cette période voit Rav Piamenta effectuer un véritable pèlerinage spirituel dans les lieux saints de Crown Heights.
Dimanche, il participe encore activement à un rassemblement d’enfants au 770, où sa flûte enchante une dernière fois son public. « Il était rayonnant et plein d’énergie », se souvient un témoin de cette ultime performance. Vendredi soir, de manière totalement inattendue, son cœur s’arrête, emportant avec lui l’une des voix musicales les plus pures du monde hassidique.
Un héritage musical et spirituel
Avi Piamenta laisse derrière lui son épouse Yehoudit, que D.ieu la préserve, ainsi qu’une nombreuse descendance : ses enfants Yehouda de Crown Heights, Génia Sved du Mexique, Rivka Eichler de New Haven, Mouchka de Monsey, ‘Hanna Atar du Nicaragua, Mendy de New Haven, Dovi de New Haven, et de nombreux petits-enfants qui perpétueront son héritage.
Au-delà de sa famille, c’est toute la communauté hassidique mondiale qui perd en Avi Piamenta un artiste exceptionnel, capable de transformer chaque mélodie en prière et chaque concert en moment de transcendance spirituelle.
Le 15 Sivan 5687 (1927), commença l’incarcération bien connue du Rabbi Rayats. Au milieu de la nuit, il fut arrêté dans sa maison, à Leningrad et conduit à la prison Shpolerki, accusé d’avoir agi, avec abnégation, pour maintenir vivace la flamme du Judaïsme en Union soviétique.
Par le Rav Haim Mellul
Les autorités voulurent condamner le Rabbi Rayats à la peine capitale, mais, grâce à différentes démarches et à la bonté de D.ieu, celle-ci fut commuée d’abord en dix ans d’exil dans les îles slovaques, puis en trois ans d’exil à Kostroma.
Le 3 Tamouz, le Rabbi Rayats fut effectivement exilé à Kostroma, mais, peu après, le 12 Tamouz, sa libération définitive lui fut signifiée. Le 13 Tamouz, il quitta Kostroma pour rejoindre la cour de Loubavitch, à Leningrad. Quelques semaines après cette libération, au lendemain de la fête de Soukkot 5688 (1927), le Rabbi quitta la Russie et il parvint à Riga, en Lettonie.
La libération du Rabbi et son départ de Russie reçurent, par la suite, une signification plus importante et plus large, parce qu’une période nouvelle commença, grâce à cela, dans son œuvre et dans l’influence qu’il exerçait dans son entourage, y compris auprès des nations du monde et, notamment, en France.
Le Rabbi, chef de notre génération, évoqua cette importante signification, dans l’une de ses causeries, qu’il prononça à l’occasion de la fête de la libération, le 12 Tamouz 5749 (1989), qui était, cette année-là, le saint Chabbat Parchat ‘Houkat – Balak. Un important groupe d’invités de France, revenu à la pratique de la Torah et des Mitsvot grâce à ses émissaires, se trouvait alors chez le Rabbi.
Lors de cette réunion ‘hassidique, le Rabbi établit un lien entre l’arrivée de ces invités, venus de France et la libération du 12 Tamouz. Il développa, en particulier l’explication suivante(5) :
« On sait la relation que l’Admour Hazaken avait avec la Russie et la France. Quand ces deux pays étaient en guerre, il voulut la victoire de la Russie, contre la France, car la situation morale des enfants d’Israël, pour tout ce qui concerne leur crainte de D.ieu, serait meilleure sous l’autorité de la Russie que sous celle de la France.
On peut observer concrètement qu’en toutes les générations, depuis le Baal Chem Tov, jusqu’à mon beau-père et maître, le Rabbi, chef de notre génération, pendant les premières années de sa direction des ‘Hassidim, la révélation et la diffusion de l’enseignement de la ‘Hassidout se faisaient précisément en Russie.
Il en résulte que, même après la libération de l’Admour Hazaken, le 19 Kislev, lorsque : ‘l’Eternel a accompli des merveilles aux yeux des princes et de toutes les nations, dans toutes les provinces du Roi’, la transformation de la France n’avait pas encore été réalisée. Ce pays était et il restait dans une situation inférieure, par rapport à ce que doit être un comportement basé sur la crainte de D.ieu, selon la voie de la ‘Hassidout.
En la matière, un fait nouveau a été introduit par le chef de notre génération. Avant même de prendre la direction des ‘Hassidim, il a agi en France et il a transformé le pays. Quand il quitta la Russie, après la libération des 12 et 13 Tamouz, il envoya des émissaires et des manuscrits de ‘Hassidout, en France.
Par la suite, ce processus s’amplifia, jusqu’à ce jour et l’on peut observer concrètement, ces dernières années, la grande action de diffusion des sources de la ‘Hassidout à l’extérieur, qui est réalisée en France. De nombreux Juifs s’y sont rapprochés de la Torah et du Judaïsme. Ils se sont attachés au chef de la génération, à celui dont nous célébrons la libération. Désormais, ils étudient son enseignement.
Ils sont ainsi devenus des « lumières pour éclairer », en se consacrant à la diffusion de la Torah et du Judaïsme, à la diffusion des sources de la ‘Hassidout à l’extérieur, au point d’agir également sur les nations du monde qui se trouvent dans ce pays, afin qu’elles mettent en pratique les sept Mitsvot des descendants de Noa’h.
Cela veut dire que la libération du 12 Tamouz souligne l’action et l’influence exercée sur les nations du monde, y compris les plus basses, jusque dans le pays duquel l’Admour Hazaken craignait l’impact et l’autorité sur la situation morale des enfants d’Israël.
De cette façon, a été conduite à son terme la préparation de la délivrance véritable et complète, lorsque, d’une manière concrète et évidente, la Résidence de D.ieu, béni soit-Il, sera parmi les créatures inférieures, les plus inférieures qui soient. »
Révélation de Celui Qui possède la vie éternelle dans les domaines du monde
A la suite de ces propos, le Rabbi établit un lien également entre la délivrance du Rabbi Rayats, le 12 Tamouz et l’arrivée de ces personnes qui avaient été rapprochées de la pratique juive en France. Le Rabbi dit ceci :
« Tout ce qui vient d’être exposé est encore plus clairement souligné parce que, dans cette réunion ‘hassidique en l’honneur de la fête de la libération du 12 Tamouz, dans les quatre coudées de celui dont nous célébrons la libération, se trouve un groupe de Juifs venus de France, qui ont été rapprochés de la Torah et des Mitsvot telles qu’elles sont pénétrées du luminaire de la Torah, l’enseignement de la ‘Hassidout, en conséquence du fait nouveau qui a été introduit par celui dont nous célébrons la libération, dans la diffusion des sources de la ‘Hassidout à l’extérieur.
Il est donc judicieux de les honorer en leur demandant de dire Le’haïm et un chant joyeux, l’hymne de la France qui a été transformé en sainteté. On notera que cet honneur est, en outre, une forme d’hospitalité. Cependant, ils le feront, non pas en tant qu’invités, mais comme des maîtres de maison, qui, notamment, seront rejoints par tous les présents, qui chanteront avec eux.
On rappellera que ces jours-ci marquent le bicentenaire de la révolution française, dont l’Admour Hazaken craignait les conséquences. Et, ceci a également été transformé en sainteté. On obtient, de cette façon, la révolution française dans sa dimension positive, la diffusion de la Torah et du Judaïsme, la diffusion des sources de la ‘Hassidout à l’extérieur, en France.
Ceci s’exprime aussi dans l’hymne de la France, un chant révolutionnaire, que l’on transforme en sainteté, ‘le pouvoir et la fidélité appartiennent à Celui Qui possède la vie éternelle’, comme c’est le cas pour la marche de Napoléon, que de nombreuses communautés des enfants d’Israël ont coutume de chanter à la fin et à la conclusion du jour sacré de Yom Kippour.
Et, l’on consultera, à ce propos, le Sefer Ha Si’hot 5703 selon lequel l’Admour Hazaken demanda qu’on lui fasse connaître la marche avec laquelle les Français avaient traversé la frontière russe. On le chanta donc devant lui et il constata que c’était une marche de victoire. Il resta alors profondément concentré, puis il conclut qu’au final, on emporterait la victoire.
Cette marche est chantée sur les mots : ‘le pouvoir et la fidélité appartiennent à Celui Qui possède la vie éternelle… la louange et la gloire appartiennent à Celui Qui possède la vie éternelle’. La signification de ces mots indique le dévoilement et la révélation de ‘Celui Qui possède la vie éternelle’ dans tous les domaines du monde, qui sont figurés par les vingt-deux lettres de l’alphabet, de l’Aleph jusqu’au Tav, par lesquelles le monde fut créé, ‘le pouvoir et la fidélité appartiennent à Celui Qui possède la vie éternelle… la louange et la gloire appartiennent à Celui Qui possède la vie éternelle’.
Puisse D.ieu faire que ce qui vient d’être dit se renforce chez les membres de ce groupe, avec tous les participants à cette réunion ‘hassidique, au sein de tous les enfants d’Israël, où qu’ils se trouvent.
Et, que ceci se renforce encore plus quand ils rentreront chez eux. Ils étendront ainsi leur action au monde entier, depuis : ‘le pouvoir et la fidélité appartiennent à Celui Qui possède la vie éternelle’ jusqu’à : ‘la louange et la gloire appartiennent à Celui Qui possède la vie éternelle’. »
A l’issue de ces propos, le Rabbi s’adressa au groupe d’invités venus de France et il leur dit, en français :
« Que tous les invités venus de France pour la fête de la libération soient les bienvenus. Vous aurez l’honneur de chanter votre chant, ‘le pouvoir et la fidélité appartiennent à Celui Qui possède la vie éternelle’ jusqu’à : ‘ la louange et la gloire appartiennent à Celui Qui possède la vie éternelle’.
Lorsque vous rentrerez chez vous, vous diffuserez le message selon lequel : ‘‘le pouvoir et la fidélité appartiennent à Celui Qui possède la vie éternelle’ jusqu’à : ‘la louange et la gloire appartiennent à Celui Qui possède la vie éternelle’. Tout ceci sera dans la joie et dans l’enthousiasme, avec un bon Mazal, d’une manière fructueuse et bénie. »
Le Rabbi commença ensuite à chanter Ha Adéret Ve Ha Emouna. Concrètement, ces propos du Rabbi sur la signification de la libération du Rabbi Rayats, le 12 Tamouz 5687 (1927) et sur le lien qui peut être établi entre cette délivrance et l’action du Rabbi Rayats en France, permettent de comprendre plus profondément l’action importante qui fut menée par le Rabbi Rayats en France, pendant la décennie qui suivit sa libération.
Comme on le montrera ci-dessous, le Rabbi Rayats, pendant ces dix ans, se rendit en France, à Paris à de multiples reprises. Il mena une intense action auprès de personnalités et de dirigeants français. Il prit l’initiative d’organiser des réunions de Torah et de ‘Hassidout.
Le Rabbi Rayats diffusa lui-même la ‘Hassidout en France. Il intervint également par l’intermédiaire de son gendre, le Rabbi, chef de notre génération, de ses émissaires et de ses ‘Hassidim. De nombreuses actions furent menées de cette façon. Toutes furent, comme le souligna le Rabbi, une conséquence de sa libération du 12 Tamouz 5687 (1927).