Pin’has ou le prodige au-delà du miracle : quand la vie elle-même devient surnaturelle

Pin’has ou le prodige au-delà du miracle : quand la vie elle-même devient surnaturelle

 

Une étrange affirmation de la Guemara enseigne que celui qui voit Pin’has en rêve mérite qu’un prodige soit accompli pour lui, alors que celui qui voit un éléphant mérite des prodiges multiples. À partir de cette énigme, une Si’ha profonde du Rabbi dévoile la différence essentielle entre le miracle ponctuel et le prodige qui transforme l’existence entière, et révèle en quoi Pin’has incarne le don de soi absolu. Cette analyse trouve son prolongement saisissant dans la libération du Rabbi précédent, Rabbi Yossef Its’hak, le 12-13 Tamouz 5687 (1927), survenue précisément durant la semaine de la paracha Pin’has.

 

 

 

Une énigme dans le traité Berakhot

La Guemara, dans le traité Berakhot, enseigne : « Celui qui voit Pin’has en rêve, un prodige est accompli pour lui. Celui qui voit un éléphant (pil) en rêve, des prodiges sont accomplis pour lui ; des éléphants, des prodiges extraordinaires sont accomplis pour lui. »

Une première question se pose : comment « voit-on » Pin’has en rêve ? Nul ne sait à quoi il ressemblait. On aurait pu penser que le rêveur voit simplement le mot « Pin’has » écrit devant lui. Nous verrons que Rachi comprend autrement.

Rachi explique sur place la raison de ce prodige : « Comme il fut fait pour Pin’has », renvoyant au traité Sanhédrin où sont énumérés les miracles accomplis pour Pin’has lorsqu’il s’avança contre Zimri.

Une gradation surprenante

Du langage même de la Guemara ressort une hiérarchie étonnante : Pin’has ne vaut qu’un seul prodige, au singulier, tandis que l’éléphant en vaut plusieurs et que des éléphants en valent d’extraordinaires. Pin’has serait-il donc inférieur à l’éléphant ?

La difficulté s’aggrave lorsqu’on consulte le traité Sanhédrin : il y est explicitement enseigné que six miracles furent accomplis pour Pin’has en ce même lieu, et non un seul. Le Sifri et le Targoum Yonathan ben Ouziel vont plus loin encore et dénombrent douze miracles selon une seconde opinion. Pourquoi donc celui qui voit Pin’has en rêve ne mérite-t-il qu’un unique prodige, alors même que Rachi renvoie précisément à ce passage où les miracles abondent ?

L’explication qui aurait pu être donnée

Sans le commentaire de Rachi, on aurait pu résoudre la difficulté d’une manière simple, à la façon de ce que la Guemara enseigne dans la suite immédiate de ce passage : « Celui qui voit Houna en rêve, un miracle (ness) est accompli pour lui ; ‘Hanina, ‘Hananya ou Yo’hanan, des miracles de miracles sont accomplis pour lui. » Rachi y explique que tout dépend des lettres : le nom Houna contient un seul noun, lettre initiale du mot ness, tandis que ‘Hanina et ses semblables contiennent plusieurs noun, d’où la multiplication des miracles.

Selon cette même logique, on aurait pu dire que le pé de Pin’has correspond à l’initiale de pélé, le prodige, tandis que le mot pil, l’éléphant, contient en outre le lamed du mot pélé, ce qui ajoute des prodiges, et pilim au pluriel en ajoute davantage encore. La différence tiendrait aux lettres, et la question serait résolue.

Mais Rachi ferme cette voie. Il n’écrit pas que le prodige de Pin’has tient à la lettre pé de son nom ; il écrit que c’est « comme il fut fait pour Pin’has ». La question revient donc à sa place : puisque six miracles, voire douze, furent accomplis pour Pin’has, pourquoi un seul prodige pour celui qui le voit en rêve ?

Pourquoi Rachi change de méthode

Il faut d’abord comprendre pourquoi Rachi modifie son approche. Pour Houna et ‘Hanina, il explique tout par les lettres ; pour l’éléphant également. Pourquoi, concernant Pin’has, abandonne-t-il ce principe et invoque-t-il l’événement historique ?

La réponse ressort de la suite du texte talmudique. Concernant Houna et ‘Hanina, la Guemara précise qu’il s’agit de voir le nom écrit. Rachi en déduit que pour Pin’has et l’éléphant, il ne s’agit pas de voir un mot mais de voir une silhouette : le rêveur voit la figure de Pin’has lui-même, celle d’un éléphant réel. La preuve en est que la Guemara distingue, pour l’éléphant, entre celui qui est sellé et celui qui ne l’est pas : une telle distinction n’aurait aucun sens s’il s’agissait du mot écrit. C’est donc bien l’animal en chair qui apparaît dans le rêve. De même pour Pin’has : bien que nul ne connaisse ses traits, dans le rêve, le dormeur sait avec certitude que cette figure est Pin’has.

Et puisque le rêveur voit Pin’has lui-même et non son nom, il est logique que le prodige ne dépende pas des lettres mais de la réalité même de Pin’has, de ce qui lui advint. D’où le renvoi de Rachi au traité Sanhédrin. Mais alors, la question rebondit avec plus de force : là-bas, ce sont des miracles nombreux qui sont énumérés.

Miracle ou prodige : deux termes, deux réalités

Une précision supplémentaire s’impose. Selon Rachi, le prodige du rêveur reproduit ce qui fut fait à Pin’has. Or dans le traité Sanhédrin, le terme employé est nissim, des miracles, et non pelaot, des prodiges. Pourquoi la Guemara de Berakhot change-t-elle de vocabulaire et parle-t-elle de pélé ?

On aurait pu tenter d’expliquer que la résolution du rêve fait appel à la fois à la figure de Pin’has et à son nom, dont la première lettre est le pé de pélé. Mais l’objection est immédiate : le nom Pin’has contient également les lettres noun et samekh, c’est-à-dire le mot ness tout entier ! Si l’on raisonne par les lettres, le lien avec le miracle est bien plus manifeste que le lien avec le prodige : une lettre unique d’un côté, un mot complet de l’autre.

Il existe par ailleurs une distinction classique entre les deux termes. Le ness, le miracle, désigne un événement qui brise les lois de la nature, comme un étendard dressé au-dessus du monde. Le pélé, le prodige, désigne tout ce qui suscite l’émerveillement chez l’homme, même sans bouleversement de l’ordre naturel : une chose simplement extraordinaire, qui sort de l’habituel tout en demeurant dans les limites du monde. Selon cette définition, le miracle serait supérieur au prodige.

Une première tentative de réponse, et son rejet

Sur cette base, on aurait pu justifier le choix du mot pélé : la plupart des miracles énumérés dans le traité Sanhédrin ne sortent pas véritablement des voies de la nature. Zimri aurait pu se dégager et ne le fit pas ; il aurait pu parler et se taire. Ce sont là des comportements étonnants, prodigieux au sens où un homme normal aurait réagi autrement, mais rien de surnaturel à proprement parler.

Cette réponse ne tient cependant pas. Les deux derniers miracles énumérés dans la Guemara, à savoir la venue d’un ange qui souleva le linteau et celle d’un ange qui frappa parmi le peuple, ne sont aucunement revêtus de nature : ce sont des miracles complets. Plus encore, selon les Midrachim qui dénombrent douze miracles, la majorité d’entre eux dépasse ouvertement la nature. Il n’est donc pas plausible que la Guemara ait voulu rabaisser l’événement en parlant de simple prodige plutôt que de miracle.

Le prodige qui dépasse le miracle

Il faut donc dire exactement l’inverse : le passage du terme miracle au terme prodige ne constitue pas un abaissement mais une élévation. Il existe un prodige inférieur au miracle, et il existe un prodige supérieur au miracle.

C’est ce qu’enseigne le verset annonçant la Délivrance : « Comme aux jours de ta sortie d’Égypte, Je lui ferai voir des merveilles (niflaot). » Lors de la Guéoula véritable et complète, les miracles seront si grands que, même comparés aux miracles de la sortie d’Égypte, lesquels n’étaient nullement revêtus de nature, les dix plaies, l’ouverture de la mer Rouge et tous leurs semblables, ils seront encore considérés comme des merveilles. Il s’agit donc d’un prodige qui émerveille même par rapport au miracle surnaturel : un pélé au-dessus du ness.

C’est de ce prodige-là que parle la Guemara au sujet de Pin’has.

Six miracles ou une seule conduite prodigieuse

Telle est aussi l’intention profonde de Rachi lorsqu’il renvoie au traité Sanhédrin. Car de ce passage même ressort que la nouveauté essentielle chez Pin’has n’est pas la quantité des miracles, qu’ils fussent trois, six ou douze, mais le fait qu’un prodige lui fut accompli : non pas des miracles nombreux en quantité, mais une qualité entièrement surnaturelle, une conduite divine sur le mode du prodige.

En effet, les six miracles énumérés se produisirent tous au sein d’un seul et même acte. À chaque détail de son geste, un miracle survenait. Cela démontre de façon éclatante que toute la conduite du Saint béni soit-Il envers Pin’has fut, d’emblée, entièrement hors du commun. Il ne s’agit pas d’un miracle ponctuel ici, puis d’un autre là : la conduite tout entière, dans cette situation, se déroulait au-delà de la nature.

La différence de fond entre le ness et le pélé

Pour le dire avec davantage de précision : le miracle est un bouleversement des systèmes de la nature. Cela même implique que la nature conserve sa place. Le Saint béni soit-Il a créé le monde et lui a fixé des lois ; lorsqu’Il veut agir au-dessus d’elles, Il les suspend. C’est pourquoi chaque miracle exige une intervention nouvelle : chaque miracle est un changement ponctuel, une décision renouvelée de briser la nature.

Le prodige, en revanche, dont la racine haflaa signifie séparation et mise à part, désigne une conduite entièrement détachée de la conduite naturelle, au point de ne plus relever du tout des catégories de la nature. Il n’y a plus alors, à chaque instant, un bouleversement de la nature : une conduite miraculeuse a été instaurée comme conduite habituelle. Pour Pin’has, durant cet épisode, la nature fut purement et simplement abolie à son égard. Il n’agissait plus dans ce monde-ci : il évoluait, pour ainsi dire, dans un autre univers, affranchi des limitations du monde, du moment où il entra jusqu’au moment où il sortit.

C’est le sens précis des mots de Rachi : « un prodige lui fut fait », au singulier. Les miracles nombreux accomplis pour Pin’has constituaient une seule conduite générale, une conduite de prodige. Et c’est parce qu’il fut placé dans un état de prodige que chacun de ses gestes engendra, par voie de conséquence, des résultats dépassant la nature. Les miracles de détail ne sont que les retombées d’un état global. Voilà pourquoi le texte n’emploie ni « prodiges » ni « miracles » au pluriel : il désigne un état de conduite unique et prodigieux.

On comprend dès lors que le prodige accompli pour celui qui voit Pin’has en rêve est supérieur aux prodiges, au pluriel, promis à celui qui voit des éléphants : le pluriel désigne une multiplication quantitative d’actes merveilleux, tandis que le singulier de Pin’has désigne non pas l’accomplissement d’un prodige mais un état de prodige.

Le prodige, essence même de Pin’has

De l’explication de Rachi découle encore une conséquence : le prodige constitue l’essence même de Pin’has. S’il ne s’agissait que d’un épisode secondaire et accessoire de sa vie, on ne comprendrait pas pourquoi quiconque voit Pin’has en rêve mérite un prodige. Car le rêveur voit la figure de Pin’has, et Pin’has vécut de longues années ; si Pin’has est Élie, il vit sans limite aucune. Cet épisode avec Zimri ne dura que quelques instants, un fragment infime au regard de toute une existence. Pourquoi donc la vision de Pin’has renverrait-elle précisément à ce moment-là ?

Il faut en conclure que cet événement n’exprime pas un mérite passager mais la nature profonde du personnage. L’acte le manifesta avec le plus d’éclat, mais lorsqu’on voit Pin’has, c’est cela que l’on voit : son essence est le prodige.

Mesure pour mesure : une âme de don de soi

La raison pour laquelle le Saint béni soit-Il se conduisit avec Pin’has sur le mode du prodige tient à ce que la conduite et le service de Pin’has lui-même n’étaient pas un service ordinaire, mais un service sur le mode du prodige, un service dépassant les forces normales de l’homme. Le Saint béni soit-Il agit mesure pour mesure.

Qu’est-ce qu’un service divin « sur le mode du miracle » chez l’homme ? C’est la mesirout néfech, le don de soi. De même que le miracle, au sens simple, manifeste la grandeur du Saint béni soit-Il, rien ne pouvant empêcher l’accomplissement de Sa volonté, au point que si la nature s’y oppose, Il change la nature, ainsi le service dans le don de soi manifeste la force du vouloir de l’homme d’accomplir la volonté divine, de sorte que rien au monde ne peut l’en empêcher. Il veut ce que D.ieu veut, il va droit devant, et rien ne l’arrête. La mer Rouge barrait le passage d’Israël ? Les eaux se fendirent, car telle était à cet instant la volonté divine. L’homme du don de soi avance de la même manière.

Deux formes de don de soi

Au sein même du don de soi, il existe deux modes, parallèles au miracle et au prodige.

Il y a l’homme dont le service principal consiste en l’étude de la Torah et l’accomplissement des Mitsvot, et qui, si survient une circonstance exceptionnelle exigeant le don de soi, se hisse avec un immense effort à ce sommet. Il prie, il étudie, il accomplit les commandements dans un cadre normal ; il n’y a aujourd’hui ni danger sur le chemin de la synagogue ni péril à ouvrir un livre. Si, à D.ieu ne plaise, l’heure du sacrifice sonnait, il ne céderait pas et donnerait jusqu’à sa vie. Mais ce n’est pas là sa conduite habituelle : chaque acte de don de soi constitue pour lui un travail nouveau, exigeant un éveil nouveau. C’est le don de soi sur le mode du miracle, une percée ponctuelle hors de l’ordinaire.

Et il y a l’homme qui est, dans son être même, un homme de don de soi : entièrement livré et remis à la volonté divine, sans aucune volonté propre. Son essence est le don de soi au Saint béni soit-Il, et dès lors, de lui-même, il se trouve dans le don de soi en toute chose. Extérieurement, cela ne se remarque pas toujours, car lorsque nul ne l’entrave, rien ne le manifeste ; mais dans l’intériorité de son âme, il demeure en permanence dans cet état illimité. C’est le don de soi sur le mode du prodige : une conduite miraculeuse devenue sa conduite naturelle et régulière.

Tel fut le niveau de Pin’has « lorsqu’il prit fait et cause pour Ma cause » : il risqua sa vie dans une affaire où nulle obligation n’existait. Bien au contraire, la halakha tranche que si le zélateur vient consulter, on ne lui enseigne pas d’agir ; c’est une simple permission accordée au zélateur, et selon le Talmud de Jérusalem, ce zèle est même contraire à la volonté des Sages. Qui plus est, dans le cas présent, Moché Rabbénou lui-même se tenait là sans rien faire, la loi lui ayant été momentanément voilée. Pin’has voyait le maître d’Israël immobile : quelle raison avait-il de se précipiter ? Mais Pin’has ne pouvait supporter une telle profanation du Nom divin ; du tréfonds de son âme, il lui était impossible de tolérer pareille chose, et il agit spontanément, au-delà de tout calcul et de toute mesure, parce qu’il était, en essence, un homme de don de soi.

Une mise en garde sur le zèle

Il convient au passage de rappeler l’avertissement du Tséma’h Tsédek dans son Dérekh Mitsvotékha : dans le domaine du zèle, la plus grande prudence s’impose. Il est des hommes dont les traits de caractère sont mauvais, et qui, se sachant craignant D.ieu et tenus de dominer leurs penchants, trouvent dans le zèle l’occasion rêvée d’assouvir leurs mauvaises tendances tout en se donnant bonne conscience, comme s’ils accomplissaient une Mitsva. Le vrai zèle exige que seule la cause du Saint béni soit-Il importe, et non l’exploitation pieuse de ses propres défauts.

C’est en ce sens qu’un enseignement éclaire la formule de la Guemara : le roi Yannaï dit à son épouse de ne pas craindre les Pharisiens mais les hypocrites « qui commettent l’acte de Zimri et réclament la récompense de Pin’has ». Pourquoi, de toute la Torah, avoir choisi précisément cet exemple de l’hypocrisie ? Parce que l’hypocrite ordinaire, qui s’enveloppe du talith et prie avec une ferveur ostensible, ou ouvre bruyamment une Guemara pour être admiré, accomplit malgré tout, dans les faits, un acte bon : sa prière fut belle, son étude réelle, même si son intention le disqualifie. Mais celui qui exerce le zèle par hypocrisie, qui tue non par jalousie pour D.ieu mais pour qu’on le dise zélateur, commet un acte qui, dans de telles conditions, est purement et simplement interdit : c’est le sommet de l’hypocrisie, car l’acte lui-même, privé de son âme, devient un crime.

La prêtrise en récompense : un salaire hors de tout ordre

Le don de soi de Pin’has, au-delà de tout compte et de toute mesure, parce qu’il était un homme de don de soi en essence, explique, mesure pour mesure, qu’un prodige lui fut fait. Sur cette base s’éclaire également la nature de sa récompense : « Il aura, ainsi que sa descendance après lui, l’alliance d’une prêtrise éternelle. »

Rachi explique que lorsque le Saint béni soit-Il consacra Aharon et ses fils à la prêtrise, seuls furent consacrés eux-mêmes et ceux qui naîtraient d’eux par la suite. Or Pin’has était déjà né : son père Elazar devint Cohen, mais lui-même, venu au monde avant la consécration, ne le devint pas et demeura un simple Lévi. C’est ici seulement, selon le sens simple du verset, « qu’alors Pin’has accéda à la prêtrise », en récompense de son acte : « parce qu’il a pris fait et cause pour son D.ieu ».

Or la prêtrise n’est pas une chose qui s’obtient : elle vient exclusivement par héritage. Il n’existe pas de prêtrise décernée en prix. L’homme le plus juste du monde, s’il n’est pas né d’un père Cohen, ne le deviendra jamais ; aucun mérite n’y peut rien. Le cas de Pin’has est l’unique cas de l’histoire où un homme reçut la prêtrise en récompense : un salaire entièrement dérogatoire à l’ordre établi.

C’est là encore mesure pour mesure. De même que Pin’has se dévoua pour son D.ieu dans une affaire dont il n’était pas tenu, et même contre la préférence des Sages selon le Talmud de Jérusalem, ainsi lui fut donné ce qui, selon la sagesse de la Torah, ne se donne pas : la prêtrise en récompense.

Et l’on comprend aussi pourquoi la récompense porta précisément sur la prêtrise, réalité d’héritage et de nature. Car dès l’instant où il devint Cohen, cette qualité devint partie de son être et se transmit naturellement à toute sa descendance, de génération en génération. Sa récompense fut donc elle-même un prodige au-dessus du miracle : non seulement il reçut ce que la sagesse de la Torah ne permet pas d’atteindre par le service, mais ce salaire suprarationnel devint chez lui nature, au point de passer en héritage à sa postérité. Le miracle devint sa nature, à l’image exacte du prodige défini plus haut.

La libération du 12-13 Tamouz et la paracha Pin’has

Cette Si’ha fut prononcée durant la semaine du 12-13 Tamouz, et le lien n’est pas fortuit. La libération du Rabbi précédent, Rabbi Yossef Its’hak, le 12 Tamouz 5687 (1927), de son emprisonnement en Russie soviétique, survint durant la semaine du Chabbat de la paracha Pin’has, et c’est en ce Chabbat Pin’has qu’il récita la bénédiction du Gomel.

Or, puisque tous les événements du monde relèvent de la Providence divine particulière, selon l’enseignement du Baal Chem Tov, à plus forte raison ce qui touche un Juif, et combien davantage ce qui touche un Nassi d’Israël, il faut en conclure que la libération du Rabbi précédent se rattache au contenu profond de la paracha Pin’has.

De fait, chez le maître de cette délivrance, le don de soi manifesté dans ce pays fut à l’image du don de soi de Pin’has « prenant fait et cause pour Ma cause » : non pas un don de soi obligatoire selon la Torah, plusieurs Sages d’Israël estimant même qu’un tel sacrifice n’était pas requis dans de telles circonstances, mais un don de soi allant très au-delà de toute obligation. Car chez le Rabbi précédent, le don de soi n’était pas un détail de son service sacré : toute son essence était don de soi, au point que chaque élément de son œuvre pouvait devenir don de soi.

Trois époques, trois formes de sacrifice

Les trente années du Nessiout du Rabbi précédent se divisent en trois grandes périodes, et chacune exigea un don de soi d’un genre entièrement différent.

La première période se déroula dans ce pays, sous le régime soviétique de Staline. Là, il fut persécuté au sens le plus concret, physiquement, sa vie même étant menacée. Son œuvre comportait un danger de mort réel, et pas seulement pour lui : ses émissaires et ses ‘Hassidim, qui sur ses instructions et souvent en mission directe de sa part diffusaient la Torah et renforçaient le judaïsme dans le pays, risquaient littéralement leur vie. Le Rabbi précédent exigeait aussi de ses ‘Hassidim ce don total : lui-même livrait son âme et demandait aux siens de se conduire de même, dans un péril mortel au sens simple.

La deuxième période s’ouvrit à sa sortie de Russie, en Lettonie puis en Pologne. Son œuvre s’exerça alors au sein de communautés juives fidèles à la Torah et aux Mitsvot. Il faut ici mesurer que le Rabbi précédent reconstruisit Habad, pour ainsi dire, deux fois à partir de rien. En Russie, la ‘Hassidout organisée s’était effondrée sous les coups du régime ; il ne subsistait que des noyaux clandestins, disséminés et héroïques. Arrivé en Pologne, il trouva un immense public ‘hassidique, Gour, Alexander et tant d’autres cours grandes et belles, mais Habad n’y avait pratiquement aucune existence. Il y fonda des Yechivot, à Varsovie, à Otwock, ainsi qu’à Riga en Lettonie, et relança la diffusion de la Torah en général et de la ‘Hassidout en particulier, dans tous les cercles. Il existe aujourd’hui dans le monde Habad des familles entières dont l’attachement remonte à ces Yechivot de Pologne. Puis les Allemands arrivèrent, et de nouveau tout s’effondra.

La troisième période commença avec son arrivée aux États-Unis. Là, le défi était encore d’une autre nature : il fallait briser la mentalité du pays. Les ‘Hassidim qui s’y trouvaient étaient des anciens ; le judaïsme visible s’y étiolait. On rapporte qu’un Chalia’h vit de ses yeux, quelque part en Amérique, une synagogue ancienne de cette époque, devenue conservative, qui portait encore le nom « Anché Loubavitch ». À cette époque, porter la barbe noire dans la rue faisait de vous un phénomène : lorsque deux jeunes gens barbus montaient dans un wagon de métro, le silence se faisait et tous écarquillaient les yeux, comme devant des êtres tombés d’un autre siècle. Et qui s’en irritait le plus ? Des Juifs eux-mêmes : vous provoquez l’antisémitisme, vous vous faites trop remarquer. Le Rabbi précédent lui-même écrivit qu’à son arrivée, deux Rabbanim bien intentionnés vinrent lui expliquer : Monsieur, vous vivez d’illusions, l’Amérique n’est pas l’Europe, ici c’est un autre monde, renoncez à vos chimères. C’est alors qu’il proclama sa réponse restée célèbre : l’Amérique n’est pas différente. Il fallait, pour œuvrer ainsi, tenir tête à tous les courants avec une fermeté inébranlable.

Ainsi, chaque lieu exigea un don de soi d’un type radicalement différent. Et dans chacune de ces facettes du sacrifice, le Rabbi précédent s’élança le premier, tel Na’hchon, avec une vitalité et un don de soi sans aucune limite. Car celui qui possède le don de soi en essence trouve en toute chose la matière de ce don : il avait un but, il devait l’atteindre, et peu importait l’obstacle sur la route, il fallait le franchir. C’est pourquoi chacune de ses entreprises releva, elle aussi, de la catégorie du prodige.

L’enseignement pour chacun

On pourrait objecter : tout cela concerne Pin’has, tout cela concerne le Rabbi précédent, des géants ; mais nous, gens simples, en quoi cela nous touche-t-il ?

La réponse est l’enseignement pratique de toute cette Si’ha : en marchant dans la voie qu’il nous a tracée et en suivant ses chemins, en œuvrant au renforcement de la religion et à la diffusion de la Torah avec don de soi, et cela d’autant plus que nous n’agissons pas, D.ieu préserve, dans la détresse matérielle mais dans l’aisance, en nous donnant à ce travail sans mesure ni limite, sans tenir compte de ce qui empêche et retarde, alors « un prodige est accompli pour lui » : on réussit dans son travail de façon prodigieuse.

Et tout cela hâte et rapproche l’accomplissement de la promesse « comme aux jours de ta sortie d’Égypte, Je lui ferai voir des merveilles », avec la Guéoula véritable et complète, très prochainement.

Loi fondamentale sur l’étude de la Torah : la Knesset franchit une première étape historique

Loi fondamentale sur l’étude de la Torah : la Knesset franchit une première étape historique

 

La Knesset a adopté en première lecture, par 63 voix contre 53, la Loi fondamentale sur l’étude de la Torah, un texte qui érige l’étude en valeur cardinale du peuple juif et de l’État d’Israël. La disposition centrale confère à ceux qui s’y consacrent durablement un statut équivalent à celui des soldats de Tsahal et vise, dans les faits, à remplacer la loi sur la conscription. Le Premier ministre Binyamin Netanyahou s’est déplacé en personne pour garantir le seuil de 61 voix nécessaire à la pleine valeur juridique du texte.

 

 

La plénière de la Knesset a approuvé mercredi soir, en première lecture, la proposition de Loi fondamentale : l’étude de la Torah, par une majorité de soixante-trois députés contre cinquante-trois. Portée par les députés Moshé Gafni et Yaakov Asher du parti Yahadout HaTorah, et vigoureusement promue par le président du Shass Aryeh Deri, la proposition ancre l’étude de la Torah comme valeur de fondement dans l’héritage du peuple juif et dans l’État d’Israël.

Le vote s’est tenu dans une atmosphère politique particulièrement tendue, à huit jours ouvrés seulement de la dissolution du Parlement en vue des prochaines élections. Conscients que le calendrier législatif entre dans sa phase la plus critique, la coalition et les partis religieux savent que, sans un vote final en troisième lecture, l’acquis demeurera partiel. C’est dans ce contexte que le Premier ministre est venu s’entretenir en séance avec Aryeh Deri et avec le président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense, Boaz Bismuth, afin de rassembler la majorité requise.

Une reconnaissance constitutionnelle inédite

L’innovation centrale du texte réside dans une affirmation lourde de conséquences : quiconque se consacre à l’étude de la Torah pour une période prolongée sera considéré comme accomplissant un « service significatif » envers l’État et le peuple, à un rang identique à celui des combattants de Tsahal. Cette reconnaissance est appelée à peser sur les droits et les devoirs des étudiants — les Ba’hourim des Yechivot —, notamment en matière de conscription et de prestations sociales, et à se substituer de fait à la loi sur la conscription en vigueur.

Pour saisir la portée de cette démarche, il faut comprendre la mécanique juridique israélienne. En l’absence de Constitution écrite, ce sont les Lois fondamentales qui font office de socle quasi constitutionnel et qui servent de référence à la Cour suprême lorsqu’elle contrôle la validité des lois ordinaires. Depuis des années, la Haute Cour de Justice s’appuie sur la Loi fondamentale : la dignité de l’homme et sa liberté — dont découle le principe d’égalité — pour invalider les dispositifs successifs d’exemption des étudiants en Yechiva. En hissant l’étude de la Torah au rang de Loi fondamentale, ses promoteurs entendent créer, selon leurs propres termes, une « balance de justice » face à ces autres valeurs de fondement, et fournir aux tribunaux un contrepoids constitutionnel de même niveau.

« Ces dernières années, on a assisté à un avilissement de l’honneur de la Torah », a déclaré Moshé Gafni à la tribune, avant d’ajouter : « Cette loi aurait dû être promulguée dès la création de l’État. »

Le chef du Shass, Aryeh Deri, a salué après le vote « le début d’une réparation historique et la reconnaissance, par l’État d’Israël, de la valeur suprême de la Torah et du statut de ceux qui l’étudient, portant sur leurs épaules l’existence spirituelle du peuple juif ». Un enthousiasme que ne partage pas le conseil juridique du gouvernement : la conseillère juridique Gali Baharav-Miara a fait valoir qu’il n’était pas possible, sur le plan légal, de cautionner une situation dans laquelle le gouvernement alourdirait d’une main la charge pesant sur ceux qui servent, tout en autorisant de l’autre une dérogation de masse au service.

Un accord politique aux ramifications profondes

Le texte n’a pas émergé isolément. Il s’inscrit dans un accord politique noué entre le Likoud et les partis religieux : en contrepartie de l’avancement de la Loi fondamentale sur l’étude de la Torah, de l’arrêt des arrestations de « déserteurs » et de l’abrogation de la réforme de la cacherout, les formations religieuses se sont engagées à soutenir de nouveau plusieurs projets chers à la coalition, dont la scission de la fonction de conseiller juridique du gouvernement et la loi sur les médias.

La présence personnelle de Binyamin Netanyahou lors du scrutin — contrairement à son abstention au vote préliminaire — répondait à une exigence précise des partis religieux : que la loi franchisse le cap d’au moins soixante et un députés, afin de lui conférer une pleine validité juridique même en cas de recours devant la Haute Cour. L’adoption du texte devrait entraîner le gel du boycott que les partis religieux imposaient jusqu’ici aux votes de la coalition, boycott qui s’était notamment traduit par la chute d’un projet de loi gouvernemental quelques jours plus tôt.

Quatre députés de la coalition ont voté contre : Dan Illouz et Yuli Edelstein du Likoud, Sharren Haskel de la Droite nationale et Moshé Solomon du Sionisme religieux. Plusieurs voix de l’opposition ont dénoncé le texte avec virulence, l’accusant de servir de paravent à une exemption généralisée du service militaire sous couvert d’étude, dans un contexte où la charge du service demeure lourde pour les réservistes.

Une controverse aussi ancienne que l’État

Le dossier plonge ses racines dans les toutes premières heures de l’État. Dès 1948, un arrangement fut conclu pour exempter environ quatre cents étudiants de Yechiva, en reconnaissance du coup terrible porté au monde des Yechivot par la Choah et par souci de ménager la direction religieuse. Ce chiffre allait croître de façon considérable au fil des décennies, jusqu’à devenir l’un des sujets les plus explosifs de la vie politique israélienne.

En 1998, la Haute Cour de Justice jugea que le ministre de la Défense n’avait pas le pouvoir d’accorder une exemption globale à l’ensemble des étudiants et qu’une législation primaire était nécessaire. Cette décision conduisit à la création de la commission Tal, puis, en 2002, à l’adoption de la « loi Tal », encadrant le report du service pour ceux dont « la Torah est le métier ». La Cour suprême invalida ce dispositif en 2012, estimant qu’il portait une atteinte disproportionnée au principe d’égalité, puis frappa d’inconstitutionnalité en 2017 les amendements censés lui succéder. En juin 2024, elle statua qu’aucun cadre légal ne permettait de distinguer les étudiants de Yechiva des autres citoyens soumis à la conscription, imposant à l’État d’œuvrer à leur enrôlement. En novembre 2025, une formation élargie de cinq juges ordonna à l’État de prendre des mesures d’application individuelles contre ceux qui, convoqués, ne se présentaient pas. Au printemps 2026, la Cour ordonna la suppression d’une série d’avantages économiques pour les réfractaires.

C’est cet enchaînement de décisions judiciaires, et l’impossibilité répétée de la Knesset à légiférer durablement sur la question, que la nouvelle Loi fondamentale ambitionne de désamorcer par le haut, en modifiant le socle même sur lequel s’appuient les juges.

Une course contre la montre législative

Le texte va désormais retourner en commission de la Knesset pour y être préparé en vue des deuxième et troisième lectures. Or il ne reste au Parlement qu’environ huit jours de travail avant sa dissolution en vue des élections. L’achèvement de la procédure législative dépend donc entièrement du rythme des débats en commission : sans un vote final, l’adoption de mercredi restera une déclaration de principe dépourvue de force normative pleine et entière.

Au-delà de la mécanique parlementaire, ce vote cristallise une tension de fond qui traverse la société israélienne depuis la fondation de l’État : la place de l’étude de la Torah et celle du service militaire, deux piliers que chaque camp brandit comme essentiel à la survie du peuple. La suite du processus, suspendue à un calendrier des plus serrés, dira si cette « réparation historique » revendiquée par ses initiateurs prendra corps dans la loi ou restera, une fois de plus, en suspens.

Le sort de ce texte se jouera dans les tout derniers jours de la présente Knesset.

 

Crown Heights : un homme armé d’un couteau et d’une batte de baseball maîtrisé au 770 Eastern Parkway

Crown Heights : un homme armé d’un couteau et d’une batte de baseball maîtrisé au 770 Eastern Parkway

Un drame a été évité mercredi 1er juillet à Crown Heights, où un individu armé d’un couteau et d’une batte de baseball s’est introduit dans le bâtiment du « 770 », centre mondial du mouvement Habad-Loubavitch. Grâce à la réaction immédiate des fidèles présents sur place, l’homme a été repoussé hors de la synagogue avant de pouvoir blesser quiconque, puis arrêté par la police de New York. Selon le porte-parole de Habad, l’individu était déjà connu des services de police et faisait l’objet d’une interdiction formelle d’accès aux lieux.

 

 

 

L’incident, qui aurait pu tourner au drame, s’est déroulé en plein cœur de la communauté juive de Crown Heights, à Brooklyn. Un individu armé d’une batte de baseball et d’un couteau a réussi à pénétrer à l’intérieur du bâtiment du 770 Eastern Parkway, lieu de prière et d’étude fréquenté en permanence par des centaines de fidèles et de Ba’hourim venus du monde entier.

Face à la menace, la réaction des personnes présentes a été immédiate. N’écoutant que leur courage, plusieurs fidèles et passants se sont interposés, ont affronté l’individu et sont parvenus à le repousser avec détermination vers l’extérieur du bâtiment, neutralisant ainsi sa capacité à nuire avant même l’arrivée des forces de l’ordre.

Un individu déjà connu de la police et de la sécurité du 770

L’alerte a été donnée instantanément aux services de sécurité communautaires et à la police de New York (NYPD). Arrivées rapidement sur les lieux, les forces de l’ordre ont pris le contrôle de la situation et ont procédé à l’arrestation formelle du suspect. Aucun blessé n’est à déplorer.

Yaacov Behrman, responsable des relations publiques du quartier général de Habad-Loubavitch, a confirmé les faits : « Je peux confirmer qu’un individu a été expulsé aujourd’hui de la synagogue du quartier général de Habad. Il est bien connu de la police et de la sécurité du 770, et il ne semble pas être stable. » Selon lui, l’homme, qui portait une kippa, s’était déjà rendu à plusieurs reprises sur les lieux par le passé. La direction du 770 avait d’ailleurs déposé auprès du NYPD une déclaration officielle stipulant qu’il n’était pas autorisé à pénétrer dans l’enceinte du bâtiment.

« Il a été arrêté aujourd’hui, et à ce stade, cet incident ne semble lié à aucune menace plus large ni à un problème de sécurité d’envergure », a précisé Yaacov Behrman. L’identité du suspect et les circonstances exactes de son interpellation n’ont pas été communiquées dans l’immédiat. Les enquêteurs examinent les images de vidéosurveillance et recueillent les témoignages afin de déterminer les motivations précises de l’individu.

Un contexte de vigilance accrue depuis l’attaque à la voiture-bélier de janvier

Cette intrusion survient dans un climat de vigilance renforcée autour des institutions juives de New York. Le 28 janvier dernier, un homme de 36 ans avait projeté à plusieurs reprises sa voiture contre les portes du 770 Eastern Parkway, arrachant une porte de ses gonds sous les yeux des fidèles, sans faire de blessés. Le suspect avait été inculpé de mise en danger d’autrui et de tentative d’agression, qualifiées de crimes de haine. Cette attaque s’était produite, de manière troublante, le jour même où le monde Habad marquait le 75ème anniversaire de la prise de fonction du Rabbi de Loubavitch à la tête du mouvement.

Quelques semaines auparavant, l’attentat meurtrier perpétré contre une célébration publique de Hanouccah organisée par le Beth Habad de Sydney, en Australie, avait coûté la vie à quinze personnes et rappelé de façon tragique la vulnérabilité des institutions juives à travers le monde. Depuis, les dispositifs de sécurité ont été considérablement renforcés autour des synagogues et des centres communautaires, à New York comme ailleurs.

Le 770, cœur battant du monde Habad

Le bâtiment du 770 Eastern Parkway, mondialement connu sous le simple nom de « 770 », abrite depuis 1940 le quartier général du mouvement Habad-Loubavitch. C’est dans cette bâtisse de briques rouges au style néogothique que le Rabbi a dirigé pendant plus de quatre décennies un mouvement devenu la plus vaste organisation juive au monde, présente dans plus de cent pays grâce à ses milliers de Chlou’him. Synagogue, maison d’étude et centre névralgique du judaïsme mondial, le 770 accueille chaque jour un flot ininterrompu de fidèles, d’étudiants de Yechiva et de visiteurs venus des quatre coins du globe.

La réactivité exemplaire des fidèles présents ce mercredi, conjuguée à l’intervention rapide du NYPD, a permis d’écarter tout danger. La communauté de Crown Heights, éprouvée mais résiliente, poursuit sa vie de Torah et de Mitsvot avec une détermination intacte.

Grâce à D.ieu, aucune victime n’est à déplorer, et la vigilance de chacun aura une fois de plus protégé la maison du Rabbi.

 

 

Tout sur le jeûne du 17 Tamouz

Tout sur le jeûne du 17 Tamouz

Le jeûne se termine à la sortie des étoiles. Cette année le jeudi 2 juillet 2026

France & Europe

  • Paris : 22h40

  • Lyon : 22h21

  • Marseille : 22h06

  • Strasbourg : 22h26

  • Londres : 22h19

  • Genève : 22h18

  • Bruxelles : 22h56

Israël

  • Jérusalem : 20h17

  • Tel-Aviv : 20h20

  • Haifa : 20h21
  • Beer cheva : 20h17

Amérique du Nord & Maroc

  • New York : 21h12

  • Miami : 20h48

  • Montréal : 21h33

  • Casablanca : 21h20

 

Un jour de jeûne, un jour de téchouva

Le 17 tamouz : le jeûne que nous observons ce jour marque l’entrée dans la période des Trois semaines. C’est en effet le 17 Tamouz 3830 (ou en l’an70) qu’après quatre années de révolte juive les légions romaines ouvrirent une brèche dans les murailles de Jérusalem assiégée.

  • Le jeûne du 17 Tamouz, connu comme Chiva Assar beTamouz est le début de la période des Trois Semaines de deuil pour la destruction de Jérusalem et des deux Saints Temples.
  • Ce jeûne commémore en fait cinq événements tragiques survenus à cette date :
  • Moïse brisa les premières Tables de la Loi lorsqu’il vit le peuple juif adorer le Veau d’Or.
  • Au cours du siège de Jérusalem par les Babyloniens, le sacrifice quotidien fut interrompu par manque de bétail.
  • Apostomos brûla un rouleau de la Torah.1Une idole fut installée dans le saint Temple.
  • Une première brèche fut percée ce jour-là dans les murailles de la ville sainte par les Romains en l’an 69 de l’ère commune, après un long siège. (Trois semaines plus tard, après que les Juifs se soient vaillamment défendus, les Romains détruisirent le second Saint Temple, le jour du 9 Av.)
  • D’après le Talmud de Jérusalem, c’est également en ce jour que les Babyloniens percèrent la muraille de Jérusalem lorsqu’ils vinrent détruire le premier Temple.

Concrètement :

  • Les adultes en bonne santé – à partir de l’âge de bar et bat mitsva – s’abstiennent de manger et de boire depuis l’aube jusqu’à la tombée de la nuit.
  • Les femmes enceintes et qui allaitent ne jeûnent pas.
  • Un malade doit consulter un rabbin. Ceux qui sont dispensés de jeûne, comme les malades et les enfants, ne devraient pas consommer de douceurs en ce jour.
  • Un jour de jeûne est un jour propice, un jour où D.ieu est accessible, attendant notre repentir.
  • Il est permis de se lever avant le début du jeûne pour manger quelque chose, à condition d’avoir eu l’intention de le faire avant d’aller dormir.
  • Au cours de la prière du matin, nous récitons les seli’hot (élégies) relatives à ce jour, figurant à la fin du recueil de prières.
  • Le “long Avinou Malkeinou” est récité lors de l’office du matin et de celui de l’après-midi.
  • La Torah est lue lors de l’office du matin et de celui de l’après-midi. La lecture – qui est la même pour ces deux offices – est Exode 31,11-14 et 34,1-10, et évoque comment, après l’incident du Veau d’Or, Moïse a intercédé auprès de D.ieu en faveur des Israélites jusqu’à obtenir Son pardon pour eux.
  • Dans le rite ‘hassidique et le rite ashkénaze, après la lecture de l’après-midi, la Haftarah des jours de jeûne est lue (Isaïe 55,6 à 58,8).
  • Au cours de la Amidah de l’après-midi, tous ceux qui jeûnent ajoutent un petit passage, aneinou, dans la bénédiction Chéma koleinou.
  • Si le 17 Tamouz tombe un Chabbat, le jeûne est repoussé au dimanche.
  • S’abstenir de manger et de boire est l’aspect superficiel d’un jour de jeûne. À un degré plus profond, un jour de jeûne est un jour propice, un jour où D.ieu est accessible, attendant notre repentir.
  • Nos Sages ont enseigné : “Toute génération au sein de laquelle le Temple n’a pas été reconstruit, c’est comme si le Temple avait été détruit en son temps.” Un jour de jeûne n’est pas seulement un jour triste, c’est un jour lors duquel nous sommes investis du pouvoir de réparer la cause de cette destruction, afin que notre exil s’achève et que nous entrions dans l’ère messianique, puisse-t-elle advenir très prochainement.

Les trois semaines

– Durant les trois semaines suivantes, jusqu’au 9 Av, on augmente les dons à la Tsedaka.
– On évite d’acheter de nouveaux vêtements et on ne prononce pas la bénédiction « Chéhé’héyanou » (par exemple sur un fruit nouveau).
– On ne se coupe pas les cheveux, on n’écoute pas de musique joyeuse et on ne célèbre pas de mariage.
– On évite de passer en jugement.
– Suite à l’appel du Rabbi, à partir du 17 Tamouz, nous intensifions l’étude des lois de la construction du Temple (dans le livre d’Ezékiel, le traité Talmudique Midot et le Rambam – Maïmonide).
– Durant les neuf jours qui précèdent le 9 Av (à partir du dimanche soir 23 juillet 2017), on ne mange pas de viande et on ne boit pas de vin. Par contre, on assistera à un Siyoum (ou on l’écoutera sur radio J à partir du lundi 24 juillet à 14h 30), ce qui est une joie permise durant cette période.

Le sens des Trois semaines 

Nos Sages ont abondamment souligné la gravité de ces jours. Ne s’agit-il pas du début de l’exil qui est encore le nôtre comme de celui, si l’on peut dire, de l’exil de la Ché’hina, de la Présence divine ? La destruction du Temple n’est-elle pas une indicible perte pour le peuple juif comme pour l’ensemble de l’humanité? Le temps des trois semaines est certes un temps d’étroitesse. Ben hametsarim,un temps « entre les limites ». Faut-il pourtant s’y laisser enfermer? Pour la tradition juive une tristesse close sur elle-même ne peut pas être la réponse. La commémoration de la perte n’est là que parce qu’elle nous désigne un autre horizon, un projet. Réparer, améliorer, élever, spiritualiser : voilà des maîtres-mots de l’action millénaire du judaïsme. Ce qui a été physiquement détruit peut être spirituellement reconstruit.

Tous les enfants juifs, autrefois, connaissaient ce récit :

Rabban Gamliel, Rabbi Elazar ben Azarya, Rabbi Yochoua et Rabbi Aquiba montèrent un jour à Jérusalem. Arrivant devant le mont du Temple et voyant un renard sortir de ce qui avait été le Saint des Saints, les trois premiers éclatèrent en d’amers sanglots. Mais Rabbi Aquiba se mit à rire!
– Qu’a-tu donc Aquiba à rire ainsi?
– Et vous, répondit-il, qu’avez-vous donc à pleurer?
– Pour ce lieu, dirent les Maîtres, la Torah décrète que le profane qui s’en approcherait mourrait. Voilà que des renards en sortent et nous ne devrions pas pleurer!
Rabbi Aquiba leur opposa alors les prophéties de Jérémie et de Zacharie. Jérémie qui annonce la ruine de Jérusalem et Zacharie qui transmet la grandiose promesse : « Oui certes, dit l’Eternel, je les ramènerai pour qu’ils habitent dans Jérusalem; ils seront mon peuple et Je serai leur D.ieu en vérité et en justice ». »

« La première prophétie étant réalisée », conclut Rabbi Aquiba, « la seconde le sera certainement à son tour ».

Alors les Maîtres dirent : « Aquiba, tu nous a consolés! ».

Consolation : elle commence dès le Chabbat qui suit Ticha béAv, le 9 Av, Chabbat Na’hamou, le Chabbat de la consolation. Et c’est bien plus qu’une consolation que nous vivrons dès le 15 Av, jour de joie entre tous.

L’exil n’est pas un état, il est un chemin. Celui qui mène à l’ultime libération.

 

 

Guide halachique : Ce qui est interdit et permis pendant les Trois Semaines (du 17 Tamouz au 9 Av)

Guide halachique : Ce qui est interdit et permis pendant les Trois Semaines (du 17 Tamouz au 9 Av)

Le Bein HaMetsarim (17 Tamouz – 9 Av) impose des restrictions qui s’intensifient progressivement. Ce guide détaille précisément ce qui est permis et interdit pendant chaque phase de cette période de deuil de trois semaines.

 


Phase 1 : Du 17 Tamouz au Roch Hodech Av (1er Av)


 

✅ TOUT CE QUI RESTE PERMIS

Événements familiaux et sociaux :

  • ✅ Fiançailles (Chiddouhim) et fêtes d’engagement
  • ✅ Célébrations de « Lehaïm »
  • ✅ Brit Milah (circoncision) avec repas festif
  • ✅ Pidyon HaBen (rachat du premier-né)
  • ✅ Bar/Bat Mitsva (cérémonie religieuse)
  • ✅ Visites familiales et sorties entre amis
  • ✅ Réceptions sans musique

Soins corporels et esthétiques :

  • ✅ Manucure et pédicure
  • ✅ Soins du visage
  • ✅ Massages thérapeutiques et de détente
  • ✅ Teinture des cheveux
  • ✅ Épilation
  • ✅ Soins dentaires esthétiques
  • ✅ Tous traitements de beauté

Alimentation complète :

  • ✅ Viande de toutes sortes (bœuf, agneau, volaille)
  • ✅ Vin et toutes boissons alcoolisées
  • ✅ Repas festifs et gastronomiques
  • ✅ Barbecues et grillades
  • ✅ Pâtisseries et desserts élaborés
  • ✅ Restaurants et sorties culinaires

Shopping et achats :

  • ✅ Vêtements neufs (achat ET port)
  • ✅ Chaussures neuves
  • ✅ Bijoux et accessoires
  • ✅ Meubles et décoration
  • ✅ Électronique et gadgets
  • ✅ Livres et matériel éducatif
  • ✅ Jouets pour enfants
  • ✅ Voitures et véhicules

Travaux et construction :

  • ✅ Rénovations dans bâtiments existants
  • ✅ Peinture et décoration intérieure
  • ✅ Jardinage et aménagement paysager
  • ✅ Réparations de toutes sortes
  • ✅ Travaux pour employeurs non-Juifs
  • ✅ Constructions éducatives/religieuses
  • ✅ Projets évitant des pertes financières
  • ✅ Installations sanitaires et de sécurité

Voyages et loisirs :

  • ✅ Voyages d’affaires et de plaisir
  • ✅ Vacances et week-ends
  • ✅ Activités sportives
  • ✅ Piscines et plages
  • ✅ Parcs d’attraction (sans musique)
  • ✅ Randonnées et activités nature
  • ✅ Photographie et films familiaux

Activités professionnelles :

  • ✅ Tout travail habituel
  • ✅ Signatures de contrats importants
  • ✅ Négociations commerciales
  • ✅ Formations professionnelles
  • ✅ Conférences et séminaires

Vie quotidienne normale :

  • ✅ Déménagement si nécessaire
  • ✅ Changement d’emploi
  • ✅ Inscriptions scolaires
  • ✅ Démarches administratives
  • ✅ Consultations médicales
  • ✅ Thérapies et soins de santé

❌ LES SEULES RESTRICTIONS

Uniquement 4 interdictions principales :

  • ❌ Célébrations de mariage (cérémonie)
  • ❌ Musique live ou enregistrée
  • ❌ Bénédictions « Chehehiyanou »/ »Hatov VeHametiv »
  • ❌ Construction de nouvelles habitations de plaisir


Phase 2 : Les « Neuf Jours » (1er Av à la veille du 9 Av)


✅ TOUT CE QUI RESTE PERMIS (1er Av – 9 Av)

Alimentation (sauf viande/vin) :

  • ✅ Poisson de toutes sortes
  • ✅ Produits laitiers complets
  • ✅ Œufs sous toutes formes
  • ✅ Légumes et fruits frais
  • ✅ Pâtes, riz, céréales
  • ✅ Pain et pâtisseries (sans viande)
  • ✅ Boissons non-alcoolisées
  • ✅ Café, thé, jus de fruits
  • ✅ Restaurants végétariens/laitiers
  • EXCEPTIONS viande/vin :
    • ✅ Chabbat : viande et vin autorisés
    • ✅ Besoins médicaux
    • ✅ Brit Milah et Pidyon HaBen
    • ✅ Seudat Mitsva obligatoire

Hygiène et soins de base :

  • ✅ Douches : Hygiène corporelle de base
  • ✅ Brossage des dents
  • ✅ Déodorant et parfums légers
  • ✅ Soins médicaux et dentaires
  • ✅ Kinésithérapie et rééducation
  • ✅ Soins de première nécessité
  • EXCEPTION rasage :
    • ✅ Pour Chabbat (si rasage quotidien habituel)
    • ❌ Jamais la veille du 9 Av

Vêtements existants :

  • ✅ Port de tous vêtements déjà possédés
  • ✅ Nettoyage et repassage
  • ✅ Réparations et retouches
  • ✅ Confection (mais pas première utilisation)
  • ✅ Vêtements professionnels obligatoires
  • ✅ Habits de Chabbat normaux

Activités quotidiennes complètes :

  • ✅ Travail et carrière normale
  • ✅ Études et formation
  • ✅ Sport et exercice physique
  • ✅ Piscines et activités aquatiques
  • ✅ Voyages nécessaires ou d’affaires
  • ✅ Visites familiales
  • ✅ Sorties entre amis (sans musique)
  • ✅ Photographie et films

Achats autorisés :

  • ✅ Nourriture (sauf viande/vin)
  • ✅ Médicaments et produits de santé
  • ✅ Fournitures scolaires/bureau
  • ✅ Livres et matériel éducatif
  • ✅ Produits d’hygiène de base
  • ✅ Réparations et pièces de rechange
  • INTERDITS : ❌ Vêtements neufs, ❌ cosmétiques

Travaux et projets :

  • ✅ Rénovations nécessaires existantes
  • ✅ Réparations urgentes
  • ✅ Travaux de sécurité
  • ✅ Projets pour employeurs non-Juifs
  • ✅ Constructions éducatives/religieuses
  • ✅ Jardinage d’entretien
  • ✅ Projets évitant pertes financières

Vie sociale adaptée :

  • ✅ Visites familiales et amicales
  • ✅ Brit Milah avec Seudat Mitsva
  • ✅ Pidyon HaBen traditionnel
  • ✅ Bar/Bat Mitsva (parties adaptées)
  • ✅ Cheva Brachot (si mariage avant période)
  • ✅ Réunions et conférences

Loisirs sans musique :

  • ✅ Lecture et études
  • ✅ Jeux de société et cartes
  • ✅ Activités sportives
  • ✅ Promenades et randonnées
  • ✅ Parcs et jardins
  • ✅ Cinéma muet ou documentaires
  • ✅ Théâtre parlé (sans musique)

❌ RESTRICTIONS SUPPLÉMENTAIRES DES NEUF JOURS – Ajouts aux interdictions du 17 Tamouz au Roch Hodech Av

  • ❌ Fiançailles et « Lehaïm » (maintenant interdits)
  • ❌ Viande et vin (sauf exceptions listées)
  • ❌ Coupe cheveux/rasage (sauf exception Chabbat)
  • ❌ Manucure et soins esthétiques
  • ❌ Achat et port de vêtements neufs
  • ❌ Travaux d’embellissement non-essentiels

Cas particuliers et exceptions importantes durant les neuf jours

✅ Exception Chabbat

Pendant Chabbat, même durant les neuf jours :

  • ✅ La consommation de viande et vin est permise
  • ✅ Le rasage est autorisé la veille pour ceux qui se rasent quotidiennement
  • ✅ L’atmosphère de deuil est temporairement suspendue

✅  Situations d’urgence et pertes financières

  • ✅ Travaux pour éviter des pertes financières majeures : PERMIS
  • ✅ Constructions d’urgence pour la sécurité : PERMIS
  • ✅ Travaux médicaux ou de santé publique : PERMIS

✅ Construction à des fins religieuses

  • ✅ Synagogues et écoles religieuses : PERMIS
  • ✅ Mikvaot (bains rituels) : PERMIS
  • ✅ Bibliothèques d’étude religieuse : PERMIS

✅ Activités professionnelles

  • ✅ Travail pour des employeurs non-Juifs : GÉNÉRALEMENT PERMIS
  • ✅ Commerce essentiel : PERMIS
  • ✅ Activités dont l’arrêt causerait des pertes importantes : PERMIS

Règles spéciales pour certaines catégories

Rasage et coupe de cheveux

  • Du 17 Tamouz au Roch Hodech Av : ✅ Entièrement permis
  • Neuf jours : Interdit, sauf :
    • ✅ Rasage pour Chabbat (hommes qui se rasent quotidiennement)
    • ❌ Jamais permis la veille du 9 Av
    • ✅ Nécessités professionnelles (consultation rabbinique requise)

Viande et vin

  • Du 17 Tamouz au Roch Hodech Av : ✅ Entièrement permis
  • Neuf jours :❌ Interdit, sauf :
    • ✅ Chabbat
    • ✅ Besoins médicaux
    • ✅ Brit Milah (circoncision) et Pidyon HaBen
    • ✅ Seoudat Mitsva (repas rituel obligatoire)

Vêtements neufs

  • Du 17 Tamouz au Roch Hodech Av : ✅ Achat et port permis
  • Neuf jours :
    • ❌ Achat interdit
    • ❌ Port interdit (même achetés avant)
    • Exception : ✅ Vêtements de première nécessité

Déménagement

  • Nouvelle maison pour le plaisir : ❌Interdit pendant toute la période
  • Déménagement nécessaire : ✅ Permis
  • Déménagement pour éviter des pertes :✅ Permis

Consultations rabbiniques recommandées

  1. Professions nécessitant une apparence soignée (coiffure, rasage professionnel)
  2. Mariages reportés causant des difficultés familiales ou financières
  3. Constructions urgentes pour des besoins familiaux
  4. Situations médicales nécessitant une alimentation carnée
  5. Obligations professionnelles conflictuelles avec les restrictions
  6. Événements familiaux (naissance, Brit Milah pendant la période)

Points cruciaux à retenir

Progression des restrictions

  • Les interdictions s’intensifient du 17 Tamouz vers le 9 Av

  • Ce qui est permis en première phase peut devenir interdit pendant les neuf jours
  • Le 9 Av lui-même impose des restrictions supplémentaires (jeûne complet)

Esprit de la loi

  • Les restrictions visent à créer une atmosphère de deuil appropriée
  • Les exceptions existent pour les nécessités vitales et les obligations religieuses
  • L’intention spirituelle prime sur l’observance mécanique

Variations communautaires

  • Les coutumes séfarades et ashkénazes peuvent varier
  • Certaines communautés ont des traditions plus ou moins strictes
  • La consultation de son rabbin communautaire est essentielle

Conclusion pratique

Le respect du Bein HaMetsarim nécessite une compréhension précise de ces règles progressives. La clé réside dans la préparation : planifier les activités permises en première phase, reporter ce qui est interdit, et organiser les nécessités pratiques pour respecter l’esprit de deuil des neuf jours.

Cette période, loin d’être une simple contrainte, offre l’opportunité de se recentrer sur l’essentiel et de développer une sensibilité spirituelle accrue en préparation du jeûne du 9 Av.

 

Kfar Habad célèbre les 40 ans de son 770 : une nuit de Farbrenguen jusqu’à l’aube

Kfar Habad célèbre les 40 ans de son 770 : une nuit de Farbrenguen jusqu’à l’aube

Quarante ans jour pour jour après l’inauguration du 770 de Kfar Habad, de nombreux ‘hassidim se sont rassemblés dans la nuit du 15 Tamouz pour un Farbrenguen exceptionnel. Les bâtisseurs du lieu, réunis pour la première fois sur une même estrade, ont livré des témoignages inédits sur les instructions personnelles du Rabbi. La soirée, retransmise en direct devant un public mondial, s’est achevée à deux heures du matin dans des danses ‘hassidiques ferventes.

 

 

 

Dans la nuit du 15 Tamouz, jour de la Guéoula, le village de Kfar Habad a revêtu ses habits de fête. Des ‘hassidim et des Tmimim venus de tout Israël se sont réunis dans le bâtiment de la Beth Agoudat ‘Hassidei Habad — le 770 de Terre Sainte — pour marquer un jalon historique : quarante années exactes depuis l’inauguration de cette réplique fidèle du bâtiment new-yorkais, nahala du Rabbi en Israël. C’est précisément à cette date que le Rabbi avait prononcé, en son temps, un discours resté gravé dans les mémoires, où il avait décrit ce lieu comme un « Tel Talpiyot » de la Terre Sainte — une expression talmudique désignant un point vers lequel converge le cœur du peuple.

Un lieu vivant, pas un musée

L’intervention centrale de la soirée, animée par le Rav Moché Horowitz, a été ouverte par le directeur de la Beth Agoudat ‘Hassidei Habad, le Rav Menahem Latter, qui a défini avec émotion la vocation du lieu. « Ce bâtiment n’est en aucun cas un musée destiné à documenter le passé », a-t-il déclaré avec ferveur. « C’est un endroit vivant et vibrant, où l’on ressent la présence du Rabbi à chaque coin, où l’on voit chaque jour des délivrances qui dépassent le cours naturel des choses. » Le Rav Latter a lancé un appel pressant à l’assemblée : ne pas se contenter de visites occasionnelles, mais venir y célébrer anniversaires, Bar Mitsva et mariages, et s’y rendre simplement au quotidien pour entrer dans les quatre coudées du Nassi Hador, se relier à lui concrètement — et surtout, y amener davantage de Juifs.

Les bâtisseurs témoignent

La soirée a offert des moments particulièrement marquants lorsque les artisans de la construction de la Beth Agoudat ‘Hassidei Habad, menée à l’époque sous la direction du Rav Yossef Its’hak Aronov, sont montés sur l’estrade. L’entrepreneur du gros œuvre resté dans toutes les mémoires, David Merari, a partagé avec le public les miracles manifestes qui ont accompagné une construction menée tambour battant. Selon les récits recueillis à Kfar Habad, l’édifice avait alors été érigé en seulement 44 jours après l’obtention des autorisations et l’achèvement du squelette — un rythme que les bâtisseurs eux-mêmes attribuent à une assistance dépassant le cours naturel des choses.

L’architecte ‘hassidique, le Rav Mordekhai Gorlik, a dévoilé aux côtés des membres du comité de Kfar Habad, le Rav Elazar Gelbstein et le Rav Guerchon Soudkevitch, les coulisses des plans et des mesures minutieuses réalisées à l’époque directement sur le 770 original de Crown Heights, à Brooklyn — un travail mené sans formation préalable en architecture, mais sous la supervision précise du Rabbi lui-même. Le public a également suivi avec attention les propos du Rav Chmouel Bakerman et du Rav Zalman Gorlik, qui se trouvaient alors, en 5746, dans leur année de « Kvoutsa », et qui ont eu le privilège de recevoir directement du Rabbi des instructions détaillées et peu conventionnelles pour l’édification du bâtiment.

Un souvenir gravé dans l’histoire de Kfar Habad

L’inauguration originale du bâtiment, survenue à la même date en 5746 (1986), avait rassemblé plus de vingt-cinq mille personnes selon les estimations policières de l’époque, dans le cadre d’une cérémonie combinée à la fête annuelle de Bar Mitsva des orphelins de Tsahal. L’ambassadeur des États-Unis en Israël de l’époque, Thomas Pickering, ainsi que le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères Yitzhak Shamir, avaient pris la parole, tandis que le grand-rabbin Mordekhai Eliyahou avait eu l’honneur d’apposer la Mezouza à l’entrée principale. Une édition limitée du Séfer Tanya avait même été imprimée pour l’occasion. Le projet avait vu le jour après une demande formulée par le Rabbi lors du Farbrenguen de Guéoula du 12 Tamouz 5745, la construction du bâtiment ayant été conçue comme une réplique exacte du 770 de Crown Heights, afin d’offrir, selon les mots mêmes du Rabbi, « un lieu de substitution pour celui qui, en raison de circonstances diverses, ne pourrait se rendre au 770 de New York ».

Les dirigeants communautaires réunis

L’allocution centrale de la soirée a été prononcée par le Mara Détatra et membre du tribunal rabbinique Habad, le Rav Méir Achkenazi, ainsi que par le responsable du Kollel Avrekhim du bâtiment, le Rav Chalom Dovber Lipskovsky, et le Machpia renommé, le Rav Mikhael Tayeb, qui ont exhorté l’assistance à tirer profit de la sainteté propre à ce lieu. Autour des tables dressées, on pouvait apercevoir de nombreux représentants de la communauté et personnalités clés, parmi lesquels le secrétaire général de la Beth Agoudat ‘Hassidei Habad, le Rav Ariel Lemberg, le président du comité de Kfar Habad, le Rav Menahem Lerer, le membre du comité du village, le Rav Lévi Its’hak Reitblatt, ainsi que le Rav Chimon Rabinovitch, aux côtés de nombreuses autres personnalités.

Une nuit de danse jusqu’à l’aube

Face à la demande considérable et au désir de ‘hassidim venus du monde entier de prendre part à l’événement, plusieurs milliers de personnes ont suivi le Farbrenguen en direct pendant de longues heures. La soirée officielle ne s’est conclue qu’à deux heures du matin, lorsque le Rav Zoucha Gorlik et le Chalia’h principal de Beer Sheva, le Rav Zalman Gorlik, ont entraîné les participants dans des danses ‘hassidiques enflammées, portées par la prière et la conviction que le peuple juif méritera bientôt de voir l’édification du troisième Beth Hamikdach, dans le prolongement direct de l’agrandissement de la maison de notre maître à Babylone.

Que nous méritions bientôt la Guéoula complète, avec la venue de Machia’h.

 

 

Yourmala, la ville balte où naquit il y a près d’un siècle la fête de la Guéoula, célèbre à nouveau le 12-13 Tamouz

Yourmala, la ville balte où naquit il y a près d’un siècle la fête de la Guéoula, célèbre à nouveau le 12-13 Tamouz

 

Une soirée exceptionnelle a réuni plus de cent participants à Yourmala, en Lettonie, pour le 12-13 Tamouz, dans l’hôtel Baltic Beach au bord de la mer Baltique. C’est précisément dans cette station balnéaire que le Rabbi Rayatz avait posé, à l’été 1928, les fondations de ce qui allait devenir la fête de la Guéoula. Organisée pour la troisième année consécutive par Habad Riga et Habad Yourmala, la soirée a mêlé récits inspirants, Tefilines et résolutions personnelles.

 

 

 

Le 12-13 Tamouz commémore l’un des épisodes les plus marquants de l’histoire du mouvement Habad-Loubavitch au XXe siècle : la libération du Rav Yossef Its’hak Schneersohn, le Rabbi Rayatz, sixième Rabbi de la dynastie, arrêté en juin 1927 par la police secrète soviétique pour avoir maintenu, envers et contre tout, la vie juive clandestine en URSS. Condamné dans un premier temps à la peine capitale, il échappe miraculeusement à ce sort et est libéré quelques semaines plus tard, le 12-13 Tamouz 5687 (juillet 1927). Contraint de quitter définitivement le territoire soviétique, il s’installe en octobre 1927 à Riga, la capitale de la Lettonie.

Jūrmala, un lieu de convalescence devenu centre névralgique

À l’approche du tout premier anniversaire de sa libération, à l’été 1928, le Rabbi Rayatz choisit de se rendre à Jūrmala, une célèbre station balnéaire au bord de la mer Baltique, à quelques kilomètres seulement de Riga. Affaibli physiquement par les épreuves subies dans la prison de Spalerno à Léningrad, il s’y rend d’abord pour soigner sa santé. Mais ce séjour thermal se transforme rapidement en un véritable centre névralgique pour ses ‘hassidim : c’est à Jūrmala que sont posées les bases de la commémoration annuelle de cette libération, connue depuis comme la fête de la Guéoula. De nombreux ‘hassidim, parvenus à fuir l’URSS ou venus d’Europe occidentale, font alors le voyage pour se joindre à leur maître à l’occasion de ce premier anniversaire.

C’est également durant cette période d’apaisement relatif sur la côte balte, loin de la terreur soviétique, que le Rabbi Rayatz commence à consigner par écrit les récits détaillés de son emprisonnement, les célèbres Rechimot HaMaassar, et à prononcer des Maamarim majeurs qui guideront par la suite la reconstruction du mouvement ‘hassidique en dehors des frontières russes.

Une célébration renouée près d’un siècle plus tard

Près de cent ans après cette première célébration, c’est cette même ville qui a de nouveau accueilli, pour la troisième année consécutive, une soirée spéciale organisée conjointement par Habad Riga et Habad Yourmala. L’événement s’est déroulé dans le cadre prestigieux de l’hôtel Baltic Beach, directement sur le littoral de la mer Baltique. Plus de cent membres de la communauté juive locale y ont pris part, écoutant des discours d’éveil spirituel, rédigeant une lettre destinée au Rabbi, mettant les Tefilines et prenant sur eux de bonnes résolutions.

L’invité d’honneur de la soirée était le Rav Yer’hmiel Gorelik, Chalia’h du Rabbi dans la ville de Tioumen, en Sibérie. Par ses récits sur la vie de Chli’hout et le dévouement sans limite envers chaque Juif, quelles que soient les conditions, il a captivé l’assistance tout au long de son intervention.

Des messages d’éveil et de gratitude

Le Rav Mordekhai Glazman, Chalia’h principal du Rabbi pour la Lettonie, a ouvert la soirée par des paroles inspirantes sur la portée profonde de cette journée. Le Rav Chnéor Kot, Chalia’h du Rabbi à Riga et l’un des organisateurs de l’événement, a récité des chapitres de Tehilim pour la réussite du peuple d’Israël en Terre sainte et pour une victoire totale.

De son côté, le Rav Mendy Zilberstrom, Chalia’h du Rabbi dans la station balnéaire de Yourmala, a partagé avec les participants l’exigence constante du Rabbi envers ses ‘hassidim : celle de toujours avancer davantage, sans jamais se contenter des acquis.

Un message des autorités locales

Quelques heures seulement avant le début de l’événement, le maire de Yourmala a adressé au Rav Zilberstrom une lettre chaleureuse saluant l’initiative. Il y assurait son soutien plein et entier à la communauté, exprimant le souhait que de telles manifestations puissent se tenir de façon régulière dans la ville, et affirmant vouloir œuvrer, aux côtés de la communauté juive, à l’embellissement de Yourmala.

Les participants ont quitté la soirée avec le sentiment que, près d’un siècle après la toute première célébration de la Guéoula à Yourmala, la lumière du Rabbi continue d’éclairer et d’éveiller chaque Juif, où qu’il se trouve.

Plus de 112 Chlou’him réunis au Royaume-Uni pour le Kinous Hachlou’him annuel

Plus de 112 Chlou’him réunis au Royaume-Uni pour le Kinous Hachlou’him annuel

 

Un rassemblement national a réuni cette semaine plus de 112 Chlou’him du Rabbi venus des quatre coins de la Grande-Bretagne, de l’Angleterre à l’Écosse en passant par le Pays de Galles et l’Irlande du Nord. Pendant deux jours, ils ont partagé étude de la Torah, formations professionnelles et échanges d’expérience autour des défis de la vie juive dans le Royaume-Uni contemporain. Le programme, marqué par une farbrenguen historique jusqu’à l’aube et une formation sécuritaire dispensée par la police métropolitaine, s’est achevé par des présentations d’initiatives locales, dont un nouveau « Tefilines Bank » national.

 

 

 

Le Kinous Hachlou’him du Royaume-Uni, événement phare de l’année pour le réseau Loubavitch britannique, a rassemblé cette semaine plus de 112 Chlou’him issus de communautés réparties à travers l’Angleterre, l’Écosse, le Pays de Galles et l’Irlande du Nord. Organisé sur deux journées, le rassemblement a été consacré à l’étude de la Torah, à la formation professionnelle continue et au renforcement de la Chli’hout sur l’ensemble du territoire du Royaume-Uni.

Ce rendez-vous annuel, ancré dans une tradition initiée par le Rabbi de Loubavitch dans les années 1980 et devenue depuis un rituel mondial du mouvement ‘hassidique, permet aux Chlou’him de communautés de toutes tailles de confronter leurs expériences, d’échanger des idées concrètes et de débattre ensemble des défis et des opportunités qui façonnent la vie juive britannique aujourd’hui.

Un programme entre Torah et compétences professionnelles

Aux côtés des cours de Torah et de Halakha pratique, les participants ont pris part à des ateliers consacrés à l’intelligence artificielle, à la gouvernance des associations caritatives, à la collecte de fonds, à l’action sur les campus universitaires, au programme CTeen destiné aux adolescents, ainsi qu’à la gestion quotidienne d’un Beth Habad. Ces sessions ont été animées par des intervenants internationaux, parmi lesquels le Rav Mendy Shishler, spécialiste de l’intelligence artificielle appliquée à la Chli’hout, et le Rav Menachem Cohen, du Vaad Michmeret Sta »m, organisme chargé des normes relatives aux objets rituels tels que les Tefilines et les Mezouzot.

La question de l’intelligence artificielle est d’ailleurs revenue à plusieurs reprises tout au long du Kinous, les discussions portant sur la manière dont ces nouvelles technologies peuvent aider les Chlou’him à optimiser la gestion courante de leurs institutions, à améliorer leur communication et à renforcer leurs structures respectives.

Une formation sécuritaire face aux défis persistants

Dans un contexte où les communautés juives font face à des préoccupations sécuritaires continues, l’ensemble des participants a suivi une formation à la vigilance antiterroriste et à la sécurité préventive, dispensée par des officiers de la police métropolitaine de Londres. Cette initiative traduit la volonté du réseau Habad-Loubavitch britannique de préparer ses représentants à protéger leurs institutions et leurs fidèles, alors que les incidents antisémites demeurent une source de préoccupation constante pour les communautés juives d’Europe.

Le dîner de gala et les figures de la Chli’hout

L’un des temps forts du Kinous a été le discours prononcé par le Rav Mendy Kotlarsky, directeur général de Merkos 302, lors du dîner de gala. Il y a évoqué les opportunités qui se présentent à la Chli’hout dans un monde en pleine mutation. Merkos 302, bras opérationnel de Merkos L’Inyonei Chinuch, l’organisme éducatif central de Habad-Loubavitch fondé sous la direction du Rabbi, accompagne le développement de nouveaux Beth Habad à travers le monde.

Parmi les intervenants figurait également Benjamin (Ben) Zaavi, directeur à la banque d’investissement Barclays, qui a partagé son parcours personnel et décrit l’influence qu’a eue Habad sur sa vie juive.

Au cours du dîner de gala, des Chlou’him britanniques ont présenté plusieurs initiatives locales couronnées de succès. Le Rav Yehouda Pink, de Solihull, a dévoilé le nouveau Tefilines Bank de Habad-Loubavitch Royaume-Uni, une initiative nationale destinée à permettre à tout Juif souhaitant poser les Tefilines de recevoir une paire cachère, indépendamment de sa situation financière.

Une farbrenguen jusqu’à l’aube

L’un des moments les plus marquants du rassemblement s’est déroulé dans la nuit de lundi, lorsque le Rav Yehouda Tiechtel, Chalia’h à Berlin, a dirigé une farbrenguen qui s’est prolongée jusqu’à six heures du matin. Malgré cette nuit écourtée, les Chlou’him se sont de nouveau réunis dès huit heures pour un cours de ‘hassidout précédant la Chaharit, dispensé par le Rav Yonathan Golomb.

Le témoignage de l’organisateur

« Les gens ne voient généralement que le visage public du Chalia’h, mais derrière les coulisses, chaque Beth Habad est à la fois une association caritative, un établissement éducatif et un centre de vie communautaire », a déclaré le Rav Yehouda Pink, membre du conseil d’administration de Habad-Loubavitch Royaume-Uni et organisateur du Kinous. « Un Chalia’h aujourd’hui doit être à la fois Rav, éducateur, conseiller, collecteur de fonds et responsable communautaire, souvent au cours de la même journée. Le Kinous vise à garantir que chaque Chalia’h reparte chez lui avec de nouvelles idées, des outils concrets et le soutien de ses collègues venus de tout le pays, prêt à renforcer sa communauté. »

Au terme de ce rassemblement, les Chlou’him sont retournés dans leurs communautés respectives, munis de nouveaux outils pratiques pour poursuivre le développement de la Chli’hout à travers l’ensemble du Royaume-Uni.

 

 

Benjamin Netanyahou reçoit une délégation de Chlou’him du Rabbi venus de Floride

Benjamin Netanyahou reçoit une délégation de Chlou’him du Rabbi venus de Floride

 

Une rencontre chargée d’émotion a réuni, à Jérusalem, le Premier ministre Benjamin Netanyahou et un groupe de Chlou’him influents de Floride, à l’initiative du Chalia’h principal de l’État, le Rav Bentsion Karff. La délégation, conduite par le Rav Moché Shilat, directeur de « Habad pour la jeunesse » en Israël, comptait également plusieurs Chlou’him venus témoigner de l’ampleur du travail communautaire mené outre-Atlantique. L’entretien s’est achevé sur des mots de renforcement puisés dans l’enseignement du Rabbi, avant que le Rav Shilat ne salue l’organisateur de la rencontre.

 

 

 

 

Une délégation de Chlou’him reçue au sommet de l’État

Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a accueilli, dans le cadre d’une audience empreinte de chaleur, une délégation de Chlou’him du Rabbi représentant les principales communautés Habad-Loubavitch de Floride. Cette rencontre a été menée sous la houlette du Rav Bentsion Karff, Chalia’h principal du Rabbi pour l’État de Floride, accompagné du Rav Moché Shilat, qui dirige Habad pour la jeunesse en Israël et avait organisé la venue du groupe.

Le choix du Rav Karff pour conduire cette délégation n’est pas anodin. Il a repris ce rôle de Chalia’h principal à la suite du décès de son père, le Rav Avraham Karff, figure fondatrice du mouvement Habad en Floride, disparu à l’approche de Guimel Tamouz après plus de soixante ans de Chli’hout ininterrompue dans cet État. Le Rav Avraham Karff avait été envoyé sur place dès 1960 à la demande du secrétariat du Rabbi, à une époque où l’infrastructure juive religieuse de Floride se limitait à quelques synagogues et un unique Mikvé. Il y avait bâti, avec les années, un réseau tentaculaire de plus de cent quatre-vingts Batei Habad, des établissements scolaires accueillant aujourd’hui plusieurs milliers d’élèves, ainsi qu’une Yechiva fondée en 1966. Son fils, le Rav Bentsion Karff, à la tête du système éducatif Loubavitch de Miami, a été officiellement investi de la responsabilité de cet héritage familial lors d’un congrès régional des Chlou’him.

Des paroles de renforcement puisées dans l’enseignement du Rabbi

Au cours de l’audience, le Premier ministre s’est adressé aux membres de la délégation avant que plusieurs intervenants ne prennent la parole à leur tour. Le Rav Bentsion Karff, le Rav Moché Sheiner ainsi que le Rav Pin’has Alouche, Chalia’h en Arizona, ont livré des paroles de renforcement empreintes d’actualité, s’appuyant sur l’enseignement du Rabbi pour souligner la portée de la présence juive organisée aux États-Unis et le lien indéfectible entre les communautés de la diaspora et l’État d’Israël.

La Floride abrite aujourd’hui la troisième communauté juive en importance des États-Unis, forte de plusieurs centaines de milliers de membres, au sein de laquelle Habad-Loubavitch occupe une place structurante à travers ses institutions d’enseignement, ses Mikvaot et son maillage de Batei Habad présents dans plus d’une centaine de villes et localités.

 

 

Un mot de gratitude pour clore la rencontre

À l’issue de l’entretien, le Rav Shilat a tenu à remercier chaleureusement Reb Berl Kroumbi pour l’organisation de cette rencontre exceptionnelle, rendue possible par un travail de coordination minutieux entre les Chlou’him de Floride et les autorités israéliennes. Cette audience s’inscrit dans la tradition des liens étroits entretenus entre les dirigeants politiques israéliens et le réseau mondial des Chlou’him du Rabbi, dont l’action continue de rayonner bien au-delà des frontières d’Israël.

Note de transparence : cet article a été rédigé à partir d’un texte source transmis à la rédaction, enrichi par des recherches complémentaires sur le contexte institutionnel de Habad-Loubavitch en Floride.
Crédit photo : Maayan Toaff, Lea »m