À l’occasion de Youd Beth Tamouz, Rav Elie Zekri, de Lyon, partage un souvenir précieux : la lettre que lui adressa personnellement le Rabbi il y a exactement 48 ans, accompagnée du Kountrass commémorant le cinquantième anniversaire de la délivrance du Rabbi précédent. Ce témoignage, offert lors d’un Farbrenguen, éclaire la profondeur du lien entre le Rabbi et ses ‘Hassidim, ainsi que l’importance des Ma’amarim fondateurs que le Rabbi souhaitait voir étudiés et transmis de génération en génération.

 

 

Un récit personnel partagé sur les conseils de Rav Mendel Azimov

Sur les conseils de Rav Mendel Azimov, Rav Elie Zekri a partagé un petit récit qui nous concerne directement. En 1978, il y a exactement 48 ans, le Rav Elie Zekri avait écrit au Rabbi pour lui demander des bénédictions. Le Rabbi lui répondit par une lettre, juste avant Youd Beth Tamouz. Cette lettre, qu’il a présentée à l’assemblée, lui était bien personnellement adressée. Elle était accompagnée d’un Kountrass intitulé Kountrass ‘Hag HaGueula Youd Beth – Youd Guimel Tamouz.

Le contexte historique : le cinquantième anniversaire de la délivrance

Si le Rabbi lui avait envoyé ce Kountrass, c’est parce que l’on commémorait alors les cinquante ans du miracle de la délivrance. L’année qui avait suivi ce miracle, en 1928, le Rabbi précédent avait prononcé deux Ma’amarim et rédigé une lettre. Le Rabbi décida donc de rassembler ces deux Ma’amarim en un Kountrass et de l’envoyer à certains ‘Hassidim. Rav Elie Zekri eut le mérite de le recevoir.

Le premier Ma’amar : l’importance du rassemblement pour l’étude et la prière

Dans ce Kountrass, le premier Ma’amar s’intitule Assara sheyoshvim ve’oskim baTorah. Il s’agit d’un Ma’amar extraordinaire et fondamental, consacré à l’importance de réunir des Juifs pour étudier la Torah et pour prier ensemble. Son enseignement demeure d’une actualité saisissante.

Le deuxième Ma’amar : un texte étudié chaque année

L’autre Ma’amar de ce Kountrass est tout aussi extraordinaire, et Rav Elie Zekri l’étudie d’ailleurs en ce moment même. Chaque année, à cette période, il relit la lettre du Rabbi et réapprend ce Ma’amar avec des amis. Dans sa lettre, le Rabbi lui conseillait en effet d’enseigner ce texte à des proches qui seraient touchés et influencés par son étude. Ce deuxième Ma’amar s’ouvre sur les mots : Zeh Hayom Asah Hachem Nagila Venism’cha Bo. Ana Hachem Hochi’a Na, Ana Hachem Hatsli’cha Na. Ces deux Ma’amarim renferment des secrets et des vérités profondes, de véritables fondamentaux de la pensée ‘hassidique. C’est pourquoi Rav Elie Zekri les étudie chaque année sans exception.

La grâce d’avoir reçu cette lettre

Rav Elie Zekri a ainsi eu le mérite de recevoir cette lettre, comme plusieurs autres ‘Hassidim en leur temps. En partageant ce souvenir avec l’assemblée, il a adressé à chacun et à chacune ses vœux chaleureux : Gut Chabbat, Gut Yom Tov, avec joie et allégresse, besimc’ha.

 


La lettre du 12 Tamouz 5688 : un appel à la responsabilité des Chlou’him

La lettre est envoyée le 12 Tamouz 5688 (1928) et s’adresse aux membres des cercles d’étude, aux enseignants de Torah et aux Chlou’him. Son ton est à la fois intime et solennel.

Le Rabbi Yossef Its’hak écrit que ce jour — le 12 Tamouz — est un jour de joie et de délivrance pour Israël tout entier. Il y a de cela deux ans, lui-même fut emprisonné et libéré, et ce souvenir demeure gravé dans sa mémoire comme un signe de la Providence divine. Mais la délivrance personnelle ne suffit pas : elle doit se transformer en élan collectif, en effort renouvelé pour diffuser la Torah et la lumière du ‘hassidisme parmi tous les Juifs.

Le Rabbi rappelle à ses correspondants que leur mission de Chalia’h — d’émissaire — est d’une importance capitale. Ce n’est pas simplement une fonction : c’est une responsabilité spirituelle engageant leur âme entière. Celui qui a reçu la charge de répandre la Torah dans sa communauté doit le faire avec toute la vigueur de son être, sans se décourager face aux obstacles, sans se laisser séduire par la facilité ou le confort. La diffusion de la Torah est l’œuvre de D.ieu elle-même.

Il souligne également la nécessité de la Tsedaka : non seulement comme aumône matérielle, mais comme acte de justice fondamental liant les membres d’une communauté les uns aux autres. La générosité envers les pauvres et le soutien des institutions d’étude sont, dit-il, les piliers sur lesquels repose la pérennité du peuple juif.

La lettre se conclut par l’envoi du Sefer HaMa’amarim, accompagné de la bénédiction que l’étude de ces Ma’amarim — ces discours intérieurs — illumine l’âme des lecteurs et les fortifie dans leur service de D.ieu.

Le Ma’amar « Assara Yoshvim » : dix personnes assises et la Chekhina parmi elles

Le Ma’amar s’ouvre sur une citation de la Michna (Avot, chapitre III) : « Dix personnes qui s’assoient et s’occupent de Torah — la Chekhina (la Présence divine) repose parmi elles. » Cette affirmation, apparemment simple, ouvre une profondeur infinie que le Rabbi explore avec toute la rigueur de la pensée ‘hassidique.

Pourquoi dix ? Parce que dix représente la complétude des dix Sefirot, les dix attributs divins à travers lesquels D.ieu Se révèle dans le monde. Lorsque dix Juifs se réunissent pour étudier, ils deviennent en quelque sorte l’image vivante de cette plénitude. Leur assemblée crée un espace spirituel où la Chekhina peut véritablement s’installer, non comme une métaphore mais comme une réalité ontologique.

Le Rabbi distingue ensuite entre les différents nombres évoqués dans la Michna : un, deux, trois, cinq, dix. Chaque nombre correspond à un niveau différent de révélation divine. Quand un seul individu étudie la Torah, D.ieu est présent — mais d’une manière plus intérieure, plus cachée. Quand deux étudient ensemble, la révélation grandit. Quand dix sont réunis, on atteint un niveau qualitatif distinct : la Chekhina ne se contente plus d’accompagner l’étude, elle y réside pleinement.

Cette gradation n’est pas anodine. Elle enseigne que la Torah n’est pas une affaire purement individuelle. L’étude en groupe possède une dimension supplémentaire que l’étude solitaire ne peut atteindre. Le lien entre les âmes, la responsabilité mutuelle, l’effort partagé — tout cela crée un vase spirituel d’une capacité supérieure, capable d’accueillir une lumière divine plus haute.

La Torah comme pont entre le fini et l’infini

Le Rabbi approfondit ensuite une question fondamentale : comment la Torah — qui est la Sagesse de D.ieu, infinie et transcendante — peut-elle être reçue et comprise par des êtres finis que nous sommes ? C’est le mystère central de la Révélation.

La réponse ‘hassidique est que la Torah est précisément le lieu où le Fini et l’Infini se rejoignent. D.ieu, dans Son désir de créer un monde et d’entrer en relation avec Ses créatures, a « condensé » Sa Sagesse dans les lettres et les mots de la Torah. Cette condensation — appelée en termes kabbalistiques Tsimtsoum — ne diminue pas la Torah : elle en fait le pont par lequel l’homme peut atteindre D.ieu, et D.ieu peut Se révéler à l’homme.

Ainsi, lorsque dix personnes étudient ensemble, elles ne font pas que s’instruire mutuellement : elles ouvrent un canal particulièrement large pour cette révélation divine. L’union de leurs âmes, toutes tournées vers le même but, amplifie la lumière de la Torah et fait descendre la Chekhina avec une intensité incomparable.

L’étude de la Torah comme service de D.ieu : dimension intérieure et dimension extérieure

Le Ma’amar distingue deux dimensions dans l’étude de la Torah. La première est la dimension extérieure — Niglé — qui concerne l’intelligence, la logique, le raisonnement halakhique. C’est l’étude du Talmud, des codes juridiques, des responsa. Cette dimension est indispensable : sans elle, le Juif ne saurait pas comment vivre sa vie conformément à la volonté divine.

Mais il existe une dimension intérieure — Pnimiyout HaTorah — qui est l’âme de la Torah, son cœur caché. C’est la ‘Hassidout, la Kabbale, la sagesse mystique qui dévoile le sens intérieur des commandements et des récits scripturaires. Cette dimension n’est pas un luxe réservé aux initiés : c’est une nécessité vitale pour l’âme. Sans elle, l’observance des Mitsvot risque de devenir mécanique, routinière, privée de son élan spirituel.

Le Rabbi insiste : l’étude de la Pnimiyout HaTorah est particulièrement urgente en ces générations. Car la nuit est longue, les difficultés de l’exil s’accumulent, et l’âme juive a besoin d’une nourriture particulièrement forte pour maintenir sa lumière intacte. La ‘Hassidout est cette nourriture.

Les dix disciples et la responsabilité de transmettre

Vers la fin du Ma’amar, le Rabbi revient à l’image des dix personnes assises. Il explique que cette assemblée n’est pas passive : elle a une mission. Ceux qui ont reçu la lumière de la Torah — et surtout ceux qui ont eu le privilège d’étudier la ‘Hassidout — portent la responsabilité de la transmettre.

La Chekhina qui repose parmi eux n’est pas un trésor à garder jalousement : c’est une lumière qui doit rayonner vers l’extérieur. Chaque cercle d’étude, chaque groupe de dix, est appelé à devenir un foyer d’où la Torah et le ‘hassidisme se répandent dans tout l’entourage — dans la famille, dans la communauté, dans la ville.

C’est en ce sens que le Rabbi comprend la mission des Chlou’him : ils ne sont pas simplement des émissaires administratifs. Ils sont des porteurs de Chekhina, des hommes et des femmes qui transportent avec eux la présence divine et l’installent dans les lieux les plus éloignés, les plus obscurs, les plus oubliés.

Note sur le texte et le contexte historique

Le Sefer HaMa’amarim Tarpah (5688 / 1927-1928) fut composé et diffusé dans une période particulièrement difficile pour les communautés juives d’Europe orientale et de Russie soviétique. Le Rabbi Yossef Its’hak Schneersohn venait d’être arrêté par la Guépéou soviétique, accusé de « contre-révolution » pour son activité de diffusion de la Torah. Sa libération le 12-13 Tamouz 5687 (1927) avait été vécue comme un miracle. Le recueil de Ma’amarim portant la date de l’année suivante, 5688 (1928), s’inscrit donc dans ce contexte de renaissance et de résistance spirituelle.

Les textes présentés ici — la lettre d’introduction et le Ma’amar « Assara Yoshvim » — témoignent de la volonté du Rabbi de transformer son expérience personnelle en message universel : la délivrance individuelle doit engendrer une délivrance collective, et l’étude de la Torah en groupe est l’un des chemins royaux vers cette délivrance.

Traduction de la lettre :

La lettre est rédigée sur le papier à en-tête officiel du Rabbi Mena’hem M. Schneerson, Loubavitch, 770 Eastern Parkway, Brooklyn, N.Y. 11213. Elle est datée du début du mois de Tamouz, de l’année 5748 (1988), et est adressée depuis Brooklyn, New York.

Avec l’aide de D-ieu, début du mois de Tamouz, [5]738, Brooklyn, N.Y.

À l’homme distingué, etc., Élie, qu’il vive longtemps.

Paix et bénédiction !

J’accuse réception de la lettre…

À l’occasion du jubilé d’années depuis la publication du discours de hassidisme intitulé « Dix qui sont assis et qui s’occupent de Torah, la Présence Divine réside parmi eux », avec la lettre qui y est jointe.

— De notre saint maître, mon beau-père le Rabbi, « qu’il envoya pour la première célébration du 12 Tamouz – en l’an 5688 », qui a été publié à nouveau — accompagné de son discours hassidique « Voici le jour qu’a fait l’Éternel, réjouissons-nous et soyons dans l’allégresse en lui », qu’il prononça « lors du festin d’action de grâces, le 12 Tamouz 5688. »

Ci-joint — et il est certain que le fascicule produira son effet, que l’étudieront tous ceux à qui il parviendra ainsi que ceux qui dépendent d’eux — qu’ils vivent longtemps — et l’étude conduira à l’action concrète, et en particulier dans les matières dont il est question dans la lettre susmentionnée.

Et que le Saint béni soit-Il accomplisse les bénédictions du juste, notre saint maître mon beau-père le Rabbi, telles qu’elles sont détaillées dans la lettre, jusqu’à sa conclusion et son sceau : « et notre affaire est dans le renforcement de la corne de la Torah, la corne d’Israël », et s’accomplisse la promesse que D-ieu, qui fait des merveilles, élèvera la corne de son Oint — dans la rédemption véritable et complète par notre juste Maschiah.

Avec la bénédiction du succès dans ce qui précède,
et avec la bénédiction de la fête de la Délivrance.

[Signature]

 

 

Dix qui siègent ensemble et s’occupent de la Torah
le Ma’amar de תרפ »ח (1927-1928)
TRADUCTION INTEGRALE

 

Tiré du Sefer HaMa’amarim תרפ »ח (1927-1928) du Rabbi Précédent, Rabbi Yossef Its’hak Schneerson, ce Ma’amar expose la profondeur mystique du verset « Dix qui siègent et s’occupent de la Torah — la Présence divine repose parmi eux ». Il déploie une méditation à plusieurs niveaux sur la relation entre l’étude de la Torah, la prière, et la révélation de la lumière divine dans ce monde. Le texte s’ouvre sur une bénédiction adressée aux ‘hassidim qui participent à ce Farbrenguen et s’achève par une vision eschatologique de la Délivrance.

 

Préambule et bénédiction aux ‘hassidim

Pour le mérite du plus grand nombre — et il est évident que cela concerne également chaque maison de réunion, car il ne s’agit pas d’une affaire particulière de certains ‘hassidim pris isolément.

À plus forte raison parce que leurs bénédictions se renforcent mutuellement à la source des bénédictions, en tout ce qui est bon pour l’âme et pour le corps.

Ce Ma’amar est envoyé à l’ensemble des communautés, avec notre prière que nous puissions les voir en face et les regarder, et que se réalise parmi eux l’élévation du Keren HaTorah et du Keren Israël.

Que nous méritions de voir la lumière, car D.ieu est bon.

Je souhaite à mes amis force et santé, du bien et de la réussite pour leur maison, qu’ils sèment et que leur descendance soit vivante sur la terre.

Celui qui les bénit.
(Lieu du sceau)

Le verset fondateur : dix qui siègent et s’occupent de la Torah

Bs »d. Pour l’étude de beaucoup, le 12 Tamouz (juillet 1928).

Dix qui siègent et s’occupent de la Torah — la Présence divine repose parmi eux, ainsi qu’il est dit : « D.ieu se tient dans l’assemblée divine » (Psaumes 82:1).

Et même si cinq seulement — ainsi qu’il est dit : « Il a établi sur la terre son assemblée » (Amos 9:6). Et même trois — ainsi qu’il est dit : « Il juge parmi les juges » (ibid.).

Et même deux — ainsi qu’il est dit : « Alors ceux qui craignent D.ieu se sont parlé l’un à l’autre, et D.ieu a écouté et entendu » (Malachie 3:16).

Et même un seul — et à plus forte raison, car D.ieu se souvient de lui en pensée pour lui rappeler son nom, ainsi qu’il est dit : « En tout lieu où je ferai mention de mon nom, je viendrai à toi et je te bénirai » (Exode 20:24).

Si c’est seulement une personne qui siège et s’occupe de la Torah, c’est comme si les nombreux Rabbanim qui la perpétuent représentaient un niveau plus élevé que la prière de beaucoup. Car la prière du grand nombre ne rejoint pas, à vrai dire, le niveau des ‘hassidim qui la prolongent, comme par exemple la prière d’un seul grand ‘hassid — ce n’est pas comparable.

Les Rabbanim nombreux ne se prolongent pas dans la prière avec la même élévation, ainsi qu’il appert de ce que dit Rabbi Chim’on bar Yo’haï : par le mérite de la Torah, une communauté de ‘hassidim atteint en treize mesures ce que les Rabbanim atteignent à l’aide de trente-deux mesures.

La Torah révèle par en haut la lumière des Torah, et la mesure par laquelle la Torah est enseignée à de nouveaux niveaux — ainsi apprend-on de nouvelles choses dans la Torah qui illuminent des niveaux de plus en plus élevés.

Comme le dit la source première, c’est lui l’origine d’un niveau nouveau dans la Torah, car la Torah ouvre des portes sur de nouveaux sujets à l’intérieur d’elle-même, révélant ainsi toujours davantage la lumière de la Torah et sa saveur. C’est donc contre les treize mesures de la Miséricorde que la Torah est enseignée.

Comme le dit le Maguid de Mezeritch (dans l’introduction), que la rose de la Knesset Israël — ce qu’est cette rose, qu’elle soit elle-même libérée de tout ce qui l’accable — telle est notre responsabilité, car c’est par l’étude de la Torah que cela devient réalité.

L’étude de la Torah en général et en particulier — fondement essentiel

L’étude de la Torah en général et en particulier est l’essentiel de ce que la Torah accomplit par l’étude. C’est l’essentiel de ce que la Torah accomplit, et voilà le point central : le sujet de la prière est une élévation selon le niveau de l’élévation, qui est en soi le niveau de l’élévation de l’élévation.

La prière des nombreux Rabbanim est ce que les ‘hassidim atteignent par l’élévation de leurs propres prières. Voilà l’élévation que le « Moi » d’en haut leur communique — et la prière des Rabbanim est cette élévation qui n’est pas encore véritablement de l’ordre de l’élévation, ainsi que le dit ce maître.

Selon l’avis de certains, cela n’est pas dit ainsi. Ce n’est pas parce que cela ne correspond pas en valeur à l’élévation que cela serait communiqué du « Moi » d’en haut — non — car c’est l’élévation du « Moi » d’en haut par le biais de l’élévation de l’élévation.

C’est pourquoi il est juste que les ‘hassidim se réunissent et prient en leur propre nom dans l’ensemble de l’année, et de même les nombreux Rabbanim prient au nom de l’élévation de l’élévation.

C’est aussi ce que contient la Torah dans l’ensemble, à savoir la mesure de l’élévation vers le bas — c’est-à-dire ce qui n’est pas l’élévation vers le bas mais qui est quand même une élévation vers le haut.

Les ‘hassidim sont dans l’obligation de prier, car même si toute la Torah m’est étrangère, il faut que l’on s’occupe aussi de la prière, et l’essentiel est que l’on s’occupe de la Torah. Il faut que la Torah soit précisément la chose qui amène à la prière.

D’autant plus si l’élévation parvient précisément à cela — ce qui est dans la nature de l’être est bien le plus grand des niveaux d’élévation, et comme le dit ce maître en cent fois, car le travail de l’âme est le début du travail de l’élévation, et la raison du travail de l’âme est que ce soit fait par l’étude de la Torah.

Le Saint Béni Soit-Il a désiré avoir une demeure dans les mondes inférieurs

Le Saint Béni Soit-Il a désiré avoir une demeure dans les mondes inférieurs — ainsi que l’enseignent nos maîtres (Midrach Tan’houma) sur le verset d’Exode 25.

Ce monde a été ébranlé dès ses six jours de création, depuis les fondements jusqu’au ciel, et D.ieu a posé les piliers de la création depuis le commencement. Comme il est écrit : « Au commencement, D.ieu créa » — au commencement, c’est pour Israël qui est appelé commencement, et pour la Torah qui est appelée commencement.

C’est dans le but d’Israël que D.ieu créa les fondements du monde, afin qu’Israël puisse apprendre la Torah selon ce que D.ieu avait planifié. C’est donc la Torah qui est le fondement de la création du monde, et la Torah est ainsi l’ensemble des affaires du monde.

Comme notre maître a dit (Likouti Si’hot) : D.ieu a planifié d’apporter une Torah aux Nations au moment où Il a planifié que les enfants d’Israël recevraient la Torah en premier. Si Israël et les Nations la reçoivent mutuellement, la Torah serait alors pour eux l’ensemble de la lumière du monde.

Comme il est dit dans la Michée : « Car c’est de Sion que sortira la Torah, et la parole de D.ieu de Jérusalem. »

C’est pourquoi la lumière de la Mitsva se tient et protège de tout. Car c’est seulement par l’intellect que l’on voit cela d’un regard superficiel, et certains estiment — comme les Tsitsit et la Mezouza, et de même les autres Mitsvot — qu’il n’y a pas de différence entre elles, car en réalité les Mitsvot requièrent toutes d’être accomplies.

L’essentiel est que les Mitsvot soient accomplies par l’étude de la Torah, pour que l’on puisse reconnaître les hommes qui agissent au niveau exact de la pratique de la prière, qui ignorent les détails des lois en question et n’accordent pas foi aux détails des lois.

Il faut donc la purification des mains et les questions importantes de l’observance du Chabbat et autres lois similaires, et il faut étudier pour reconnaître ce que la Torah prescrit selon les lois divines.

C’est là l’essentiel de l’étude de la Torah dans l’ensemble et en particulier, qui se révèle par les nombreux Rabbanim et est la lumière de l’élévation en haut, qui transforme les habitudes naturelles et les instincts — et c’est ainsi que l’on acquiert de bonnes qualités.

Quand l’homme contemple la finalité de l’âme

Quand l’homme contemple et porte en son cœur que la finalité est que l’âme descende dans le corps en vue d’accomplir les Mitsvot et d’étudier la Torah, cette descente est au bénéfice de la montée supérieure.

C’est pourquoi elle est plus forte que toutes les entraves et les obstacles. Lorsqu’une seule chose amène à cela, c’est l’essentiel du dessein de D.ieu dans la plénitude de la Torah — c’est alors que l’homme s’éveille à la grande aspiration à s’approcher de D.ieu et à accomplir ses commandements par la Torah et les Mitsvot.

Il accomplit les Mitsvot intérieurement et la Torah est alors l’action réelle. Car la vérité est que la Torah est la mesure qui fait passer de la séparation entre l’étude de la Torah et l’étude de la Torah à quelque chose de plus élevé encore.

Voilà pourquoi il y a une séparation entre les nombreux Rabbanim et ceux qui s’occupent entre eux de la Torah — la Présence divine repose entre eux — même si cinq seulement. Car la prière des Rabbanim ne serait pas supérieure à la prière sans élévation en tous les jours de l’année, et de même, la Torah dans son ensemble doit s’occuper du service d’en haut pour les ‘hassidim.

Voilà ce que la Torah peut pour eux, car la mesure de l’élévation d’en haut est que la Torah leur soit donnée dans leur capacité — et c’est ce que D.ieu dit à Moïse, que tous les enfants d’Israël ont entendu de la bouche de D.ieu : « Je suis D.ieu ton D.ieu. »

Que l’on donne à Israël la Torah ainsi, de sorte que la Torah soit comme le trésor de chacun, car D.ieu dit à tous en termes généraux. Il y a seulement une distinction entre les nombreux Rabbanim et ceux qui siègent et s’occupent de la Torah entre eux — la Présence divine repose entre eux — même si un seul.

C’est lui qui s’occupe principalement de la Torah, et il a même mérité par lui-même de s’élever et de mériter mille fois ce mérite-là. Il est la source des bénédictions qui stimule les treize mesures de la Miséricorde, dont la Torah révèle par l’étude de ses niveaux que les Rabbanim la rendent apparente dans le bien en gros comme en détail.

Et qui influencera la bonne santé visible et cachée dans les enfants, la vie et la nourriture en abondance.