Le 3 Tamouz marque une date emblématique dans l’histoire du mouvement Chabad-Loubavitch : c’est le jour du décès physique du Rabbi Menachem Mendel Schneerson en 1994. Pourtant, trente ans après cette date, les témoignages de fidèles du monde entier continuent d’affluer, attestant de l’influence spirituelle persistante du Rabbi dans leur vie quotidienne.
Pearl Hikuman, originaire de Haïfa en Israël et installée au Brésil, nous livre un de ces témoignages bouleversants qui illustrent comment l’âme du Rabbi continue de veiller sur ses fidèles. Son récit, empreint d’émotion et de spiritualité, nous transporte à travers quatre décennies d’une relation mystique avec une simple Matsa qui changera le cours de sa vie. Cette histoire extraordinaire nous rappelle que le 3 Tamouz n’a pas marqué une fin, mais plutôt une transformation : le passage d’une présence physique à une influence spirituelle encore plus puissante et universelle.
Les Origines : Une Découverte Spirituelle à Crown Heights
L’histoire commence en 1982, lorsque Sri Halikman, le fils aîné de Pearl, participe à un Shabbaton au célèbre 770 Eastern Parkway à Crown Heights. L’expérience spirituelle est si intense que le jeune homme refuse de rentrer chez lui et décide de poursuivre ses études à la Yeshiva. C’est ainsi que Pearl découvre le mouvement Chabad-Loubavitch.
Lors d’une visite à Crown Heights pour écouter le Rabbi donner un fabrengen (rassemblement spirituel) pendant Pessah, Sri assiste à un moment historique : le Rabbi mange la Matsa et boit le vin rituels. En quittant la table, le jeune homme remarque des morceaux de Matsa qui sont restés sur la table. Comprenant la sainteté de ces restes, il s’empresse de les récupérer précieusement.
Un Trésor Spirituel Confié à une Mère
De retour au Brésil pour rendre visite à sa famille, Sri confie à sa mère ce précieux cadeau : « Maman, garde-moi cela. C’est de la Matsa sainte du Rabbi. » Pearl, consciente de l’importance de cette relique spirituelle, accepte cette responsabilité avec dévotion.
La perte et le regret
Les années passent, et lors d’une visite ultérieure, Sri demande à sa mère de lui rendre la Matsa qu’il lui avait confiée. Pearl se souvient parfaitement de cette demande, mais malgré ses recherches acharnées dans toute la maison, elle ne parvient pas à la retrouver. Deux déménagements successifs ont probablement causé la perte de ce trésor spirituel. Le cœur brisé, elle doit avouer à son fils qu’elle a perdu la précieuse Matsa du Rabbi.
L’Épreuve : Un diagnostic terrifiant
En 2018, à l’âge de 79 ans, Pearl commence à perdre l’audition de son oreille gauche. Inquiète, elle consulte un spécialiste ORL qui, après examen, lui explique qu’il est inhabituel de perdre l’audition d’une seule oreille. Pour approfondir le diagnostic, il lui prescrit une IRM.
Les résultats sont terrifiants : Pearl a une tumeur au cerveau de la taille d’une orange. Le médecin est formel : sans intervention chirurgicale, elle mourra. Confrontée à cette terrible nouvelle, Pearl, alors âgée de 79 ans, demande au médecin si elle peut espérer vivre jusqu’à 80 ans sans opération. Face au silence du praticien, elle comprend la gravité de la situation.
Le refus et la souffrance
Malgré l’urgence médicale, Pearl refuse initialement l’intervention. Pendant deux longues années, elle souffre, fait des chutes répétées et voit sa santé se détériorer progressivement. Sa qualité de vie se dégrade considérablement, mais elle reste réticente à subir une opération à son âge avancé.
La Rencontre Providentielle
En 2020, Pearl assiste à une bar-mitsva dans une maison Chabad. Là, elle rencontre son ancien rabbin de Satellite Beach, Rabbi Konikov, qu’elle n’avait pas vu depuis plusieurs années. Visiblement ému de la revoir, le rabbin lui demande comment elle va.
« Pas bien, Rabbi », répond Pearl avec honnêteté. Lorsqu’elle lui explique sa situation médicale, le rabbin lui donne un conseil qui changera tout : « Rentrez chez vous et écrivez une lettre au Rabbi. »
La Lettre au Rabbi
Suivant le conseil du rabbin, Pearl rentre chez elle et rédige une lettre adressée au Rabbi de Loubavitch. Après l’avoir pliée, elle se demande où l’envoyer. Soudain, son regard se pose sur une photo du Rabbi qu’elle possède. Inspirée, elle décide de glisser la lettre derrière cette photo, symboliquement remise au Rabbi lui-même.
Le Miracle : La Redécouverte de la Matsa
Après avoir placé la lettre derrière la photo, Pearl s’apprête à quitter la pièce. Par une providence divine inexplicable, elle ouvre machinalement un tiroir. À sa grande stupéfaction, tout le contenu du tiroir s’éparpille au sol. En ramassant les objets, elle découvre un petit paquet sur lequel est inscrit de la main même de son fils : « Matsa ».
Pearl ouvre délicatement le paquet et découvre la Matsa du Rabbi, perdue depuis tant d’années. Elle en prend un petit morceau et le goûte. Miracle : après quarante ans, la Matsa est encore fraîche, croustillante, comme si elle venait d’être sortie de sa boîte. Aucune trace de moisissure ou de détérioration.
La Révélation et la guérison
À cet instant précis, Pearl comprend qu’elle vient de recevoir sa réponse. Cette redécouverte miraculeuse de la Matsa, dans un état de fraîcheur parfaite après quatre décennies, est un signe divin clair : elle doit subir l’opération et tout se passera bien.
Remplie d’une confiance nouvelle, Pearl contacte immédiatement son médecin et programme l’intervention chirurgicale pour juin 2020. L’opération se déroule parfaitement, et cinq ans plus tard, Pearl est complètement rétablie.
Un Témoignage de Foi
Aujourd’hui, Pearl partage son histoire pour témoigner que le Rabbi continue de veiller sur ses fidèles et de prendre soin de ses « enfants » qu’il aime. Son récit illustre de manière saisissante comment la foi, la providence divine et les bénédictions spirituelles peuvent transcender le temps et l’espace pour apporter réconfort et guérison à ceux qui en ont besoin.
Cette histoire extraordinaire nous rappelle que parfois, les réponses à nos prières arrivent de la manière la plus inattendue, et que la foi authentique peut littéralement déplacer des montagnes – ou dans ce cas, préserver miraculeusement une Matsa pendant quarante ans pour qu’elle accomplisse sa mission de guérison au moment voulu.
















