Le Rabbi est notre miracle – Dvar-Mal’hout

Le Rabbi est notre miracle – Dvar-Mal’hout

Ce cours du Rav Abergel enseigne que notre époque nécessite de développer cette vision transformatrice du Rabbi, capable de percevoir la lumière cachée dans l’obscurité et de préparer la venue du Machia’h par cette transformation spirituelle.

 

La transformation du mal en bien

Le cours porte sur la Paracha Balak et les enseignements du Rabbi sur la capacité de transformer les malédictions en bénédictions, l’obscurité en lumière.

Points clés développés :

1. La Paracha Balak et la délivrance

  • Cette Paracha précède les 3 semaines avant Ticha Béav
  • Elle évoque la reconstruction du Temple et la transformation spirituelle
  • Balak, roi qui détestait le peuple juif, est paradoxalement l’ancêtre du Machia’h (via Ruth, arrière-grand-mère du roi David)

2. La vision du Rabbi vs la vision ordinaire

  • Histoire illustrative : L’Admour Haemtsai enfant s’évanouit en entendant les malédictions lues par un simple lecteur de la Torah, mais pas quand c’est son père qui les lit
  • Le Rabbi perçoit la racine divine des choses, transformant les malédictions apparentes en bénédictions cachées

3. Les niveaux de soumission à Dieu

  • Commandements compréhensibles : On obéit tout en comprenant (ex: interdiction de tuer)
  • Commandements incompréhensibles : La vache rousse – soumission totale même sans comprendre (messirou nefech)
  • Niveau de Moïse : Révélation de la volonté divine profonde qui dépasse l’intellect

4. Le Tsadik vs le Beinoni

  • Benoni : Doit lutter constamment contre son mauvais penchant
  • Tsadik : Sa volonté s’unit à celle de Dieu, transformation complète de l’âme animale

5. L’essence de la Torah

  • Comparée à l’huile qui pénètre partout
  • Touche chaque âme juive, même la plus éloignée
  • Pouvoir unique de transformer l’obscurité en lumière

6. Le Rabbi comme miracle

  • Le Rabbi incarne le messirou nefech (don de soi total)
  • Son âme est liée à l’Essence Divine
  • Il représente la capacité de voir et révéler le divin caché dans le monde

 

 

12-13 Tamouz : L’arrestation et la délivrance du Rabbi précédent – Rav Chmouel Brodowicz

12-13 Tamouz : L’arrestation et la délivrance du Rabbi précédent – Rav Chmouel Brodowicz

En juin 1927, le Rabbi précédent (6e Rabbi de Loubavitch) fut arrêté par les autorités soviétiques pour avoir organisé secrètement un réseau de plus de 500 institutions juives clandestines en Russie bolchevique. Son emprisonnement dans la terrible prison Scholerque et sa libération miraculeuse les 12-13 Tamouz, après avoir fait preuve d’un courage extraordinaire face à ses tortionnaires, constituent un épisode légendaire de résistance spirituelle qui permit la préservation du judaïsme hassidique.

 

Contexte historique

  • Le Rabbi Rayatz (Rabbi Yossef Itshak, 6e Rabbi de Lubavitch) dirigeait secrètement un réseau de plus de 500 institutions juives clandestines en Russie soviétique
  • Face à la persécution bolchevique qui fermait synagogues, écoles et institutions juives, il organisait la résistance spirituelle
  • Les autorités soviétiques, via la GPU (ancêtre du KGB) et sa section juive (Yevsectia), le surveillaient étroitement

L’arrestation (15 Sivan 1927)

  • La nuit fatidique : Agents de la GPU font irruption chez le Rabbi pendant le dîner familial
  • Courage remarquable : Le Rabbi reste ferme et digne face aux intimidations, refuse de s’incliner devant l’autorité
  • Perquisition : Les agents fouillent l’appartement, ses filles répondent aussi avec courage
  • Transport en prison : Conduit à la terrible prison Scholerque (connue pour sa cruauté)

L’emprisonnement

  • Miracle providentiel : Se trompe de couloir par « erreur divine » – évite ainsi l’exécution immédiate
  • Conditions terribles : Cellule surpeuplée, violences, tentatives d’humiliation
  • Résistance spirituelle :
    • Grève de la faim de 60 heures pour obtenir ses tefilines
    • Refuse de se lever devant les autorités (battu 3 fois pour cela)
    • Continue à prier et enseigner en prison
  • Interrogatoires : Affronte courageusement ses accusateurs, leur parle avec fermeté

La libération (12-13 Tamouz)

  • Pressions internationales : Interventions diplomatiques font réduire la peine
  • Libération annoncée le 12 Tamouz, effective le 13 Tamouz (bureaux fermés)
  • Exil temporaire : Condamné d’abord à 3 ans d’exil à Castrama
  • Libération totale : Grâce aux pressions continues, libéré définitivement

Enseignements

  • Courage exemplaire : Démontre qu’on peut résister même face à l’oppression la plus brutale
  • Départ de Russie : Quitte définitivement l’URSS en 1927 pour la Pologne puis l’Amérique
  • Héritage : Son sacrifice permet la préservation du judaïsme hassidique
  • « America is not different » : Continue son œuvre éducative en Amérique avec la même détermination

Ce récit illustre un mesirout nefesh (sacrifice de soi) extraordinaire pour préserver l’éducation juive et le judaisme face à la persécution totalitaire. Le 12-13 Tamouz est célébré chaque année comme un jour de délivrance miraculeuse par les hassidim Habad.

 

Cent enfants prennent la route pour l’aventure Panassaim en France

Cent enfants prennent la route pour l’aventure Panassaim en France

Une centaine de jeunes ont pris le départ aujourd’hui pour rejoindre la colonie de vacances Panassaim située en France. Cette initiative estivale, placée sous la direction du Rav Levi Its’hak Mimoun et de son épouse Braha, s’inscrit dans la tradition des programmes éducatifs de la communauté. Le photographe Mordehai Lubecki a immortalisé ces moments d’émotion et d’excitation précédant le grand voyage.

 

Le camp Panassaim accueille cette année près de cent enfants pour un séjour alliant détente, apprentissage et découverte. Dirigé par le couple Mimoun, ce programme offre aux jeunes participants une expérience enrichissante dans un cadre français. Cette colonie s’inscrit dans la continuité des initiatives éducatives visant à renforcer les liens communautaires et à transmettre les valeurs traditionnelles aux nouvelles générations.

Un départ sous le signe de l’enthousiasme

L’effervescence était palpable lors du rassemblement de départ. Les familles se sont réunies pour accompagner leurs enfants dans cette aventure estivale. « C’est un moment particulier pour toute la communauté », confie Sarah, mère de deux participants. « Voir nos enfants partir ensemble vers cette expérience enrichissante nous remplit de fierté. »

Les bagages chargés d’espoir et d’excitation, les jeunes voyageurs ont affiché une joie communicative. Pour beaucoup d’entre eux, il s’agit d’une première expérience loin du foyer familial, dans un environnement structuré et bienveillant.

La direction expérimentée du Rav Mimoun

Le Rav Levi Its’hak Mimoun, figure respectée de la communauté, apporte son expertise et sa sagesse à cette entreprise éducative. Accompagné de son épouse Braha, il garantit un encadrement de qualité alliant rigueur pédagogique et chaleur humaine. « Notre objectif est de créer un environnement où chaque enfant peut s’épanouir tout en découvrant de nouvelles perspectives », explique le Rav Mimoun.

Cette équipe dirigeante, forte de son expérience dans l’éducation et l’accompagnement des jeunes, assure aux familles un cadre sécurisé et enrichissant pour leurs enfants.

Un programme aux multiples facettes

La colonie Panassaim propose un programme diversifié combinant activités récréatives, moments d’apprentissage et découvertes culturelles. Située en France, elle offre aux participants l’opportunité de découvrir un nouveau pays tout en renforçant leurs liens avec leur héritage et leurs pairs.

Les activités prévues incluent des excursions, des ateliers créatifs, des moments d’étude et des rencontres interculturelles. « C’est l’occasion pour nos enfants de grandir, d’apprendre et de tisser des amitiés durables », souligne David, père d’un participant.

Ces départs en colonie s’inscrivent dans une longue tradition d’éducation et de transmission. Chaque été, des centaines de jeunes bénéficient de ces programmes spécialement conçus pour leur épanouissement personnel et communautaire.

Des retombées positives attendues

Les familles et les organisateurs attendent beaucoup de cette expérience. Au-delà de l’aspect récréatif, ces séjours contribuent au développement personnel des participants et au renforcement des liens communautaires.

« Nos enfants reviendront grandis de cette expérience », prédit Rachel, grand-mère de deux participants. « Ils auront découvert de nouveaux horizons tout en approfondissant leurs racines. »

La colonie Panassaim représente ainsi bien plus qu’un simple séjour de vacances : elle constitue un véritable investissement dans l’avenir de la communauté et de ses jeunes membres.

Le succès de telles initiatives témoigne de la vitalité et du dynamisme d’une communauté soucieuse de l’épanouissement de sa jeunesse et de la transmission de son patrimoine aux générations futures.

 

Des milliers de personnes à la Levaya  à Kfar Habad du musicien hassidique Avi Piamenta

Des milliers de personnes à la Levaya à Kfar Habad du musicien hassidique Avi Piamenta

Une foule immense venue de tout Erets Israel s’est rassemblée aujourd’hui pour rendre un dernier hommage au célèbre musicien hassidique Avi Piamenta z »l, décédé brutalement à l’âge de 69 ans. Les funérailles se sont déroulées à Kfar Habad avant l’inhumation au mont des Oliviers à Jérusalem. Sa disparition soudaine en veille de Chabbat a profondément ému la communauté hassidique mondiale.

Le musicien hassidique de renom Avi Piamenta z »l est décédé subitement à New York pendant sa visite pour Guimel Tamouz. Âgé de 69 ans, il s’est éteint une semaine après sa dernière performance lors d’un rassemblement d’enfants au 770 Eastern Parkway. Ses funérailles ont mobilisé des milliers de personnes à Kfar Habad, témoignant de l’impact considérable de son œuvre musicale dans le monde hassidique.

Une disparition qui bouleverse la communauté Habad

La nouvelle du décès d’Avi Piamenta a créé une onde de choc dans la communauté hassidique internationale. Musicien emblématique du mouvement Habad-Loubavitch, il s’est éteint de manière inattendue lors de son séjour à New York, où il était venu spécialement pour commémorer Guimel Tamouz, date anniversaire du décès du Rabbi de Loubavitch.

« Sa disparition en veille de Chabbat constitue une perte immense pour notre communauté », confie un proche de la famille, visiblement ému par cette tragédie soudaine.

Une dernière performance mémorable

Ironiquement, Avi Piamenta avait donné sa dernière représentation il y a exactement une semaine, lors d’un rassemblement d’enfants organisé au célèbre 770 Eastern Parkway, siège mondial du mouvement Habad. Cette performance restera gravée dans les mémoires comme son ultime contribution artistique à la communauté qu’il chérissait tant.

Les témoins présents lors de cette soirée décrivent un artiste en pleine forme, loin de laisser présager le drame qui allait suivre quelques jours plus tard.

Des funérailles grandioses à Kfar Habad

La levaya (cérémonie funéraire) s’est déroulée selon les traditions hassidiques, partant du domicile familial à Kfar Habad pour se diriger vers la synagogue principale, Beth Mena’hem. Une procession solennelle a ensuite accompagné la dépouille vers sa dernière demeure au Har Hazeisim (mont des Oliviers) à Jérusalem.

Des milliers de personnes venues de tout Eretz Israel ont participé à cette cérémonie d’adieu, témoignant de l’immense respect que suscitait ce musicien d’exception. Rabbanim, fidèles et artistes se sont côtoyés pour rendre hommage à celui qui avait consacré sa vie à élever les âmes par la musique sacrée.

Un héritage musical inestimable

Avi Piamenta laisse derrière lui un patrimoine musical considérable qui a marqué plusieurs générations de hassidim. Ses compositions et interprétations ont accompagné d’innombrables célébrations religieuses, mariages et fêtes communautaires, contribuant à transmettre la joie et la spiritualité propres au mouvement Habad.

Son influence dépassait largement les frontières de Kfar Habad, rayonnant dans l’ensemble du monde hassidique et au-delà, touchant tous ceux qui recherchaient une connexion spirituelle authentique à travers la musique.

La disparition d’Avi Piamenta marque la fin d’une époque pour la musique hassidique contemporaine, mais son œuvre continuera d’inspirer les futures générations d’artistes et de fidèles.

Photos: Dovber Hechtman
Gaza : un commandant du Hamas reconnaît la perte de contrôle de 80% du territoire

Gaza : un commandant du Hamas reconnaît la perte de contrôle de 80% du territoire

Un haut responsable militaire du groupe terroriste a révélé à la BBC l’effondrement quasi-total de leur structure de commandement après 21 mois de guerre avec Israël. Ces déclarations confirment la désintégration progressive de l’autorité du Hamas sur l’enclave palestinienne. L’officier blessé évoque la mort de 95% des dirigeants et l’absence totale de contrôle sécuritaire.

 

Un lieutenant-colonel du Hamas, blessé en octobre 2023, a confié à la BBC que son organisation avait perdu le contrôle d’environ 80% de la bande de Gaza. Dans des messages vocaux transmis au média britannique, il décrit un effondrement total de la structure militaire et sécuritaire, avec 95% des dirigeants tués et une société gazaouie au bord du chaos. Ces révélations interviennent alors que l’armée israélienne poursuit ses opérations et que de nouvelles milices anti-Hamas émergent sur le terrain.

Les révélations d’un officier du terrain

Dans un témoignage rare et saisissant, un officier supérieur du Hamas a brisé l’omerta pour décrire la réalité sur le terrain à Gaza. « Soyons réalistes : il ne reste pratiquement plus rien de la structure de sécurité », a-t-il confié dans des messages vocaux obtenus par BBC News.

Ce lieutenant-colonel, blessé lors des premiers combats d’octobre 2023, dresse un tableau catastrophique de son organisation. « La majorité des chefs du Hamas, environ 95%, sont morts… Les personnalités qui étaient actives ont toutes été tuées », précise-t-il avec une franchise inhabituelle.

L’officier s’interroge sur la poursuite du conflit : « Alors, qu’est-ce qui empêche Israël de poursuivre cette guerre ? » Une question qui révèle l’ampleur de la défaite militaire subie par le groupe terroriste.

Un effondrement sécuritaire sans précédent

Depuis la fin du dernier cessez-le-feu en mars dernier, la situation s’est encore dégradée selon le commandant. « Le contrôle sécuritaire exercé par le Hamas à Gaza s’est complètement effondré. Il n’y a plus rien », affirme-t-il.

Les symptômes de cet effondrement sont multiples et dramatiques. « Il n’y a plus de contrôle nulle part », déplore l’officier en évoquant le pillage à grande échelle d’un complexe appartenant au Hamas, sans aucune intervention des forces de sécurité.

La désorganisation atteint tous les niveaux : « Il n’y a pas de leadership, il n’y a pas de commandement, il n’y a pas de communication. Les salaires arrivent en retard et quand ils arrivent, ils sont à peine utilisables. Certains meurent en essayant de les toucher. C’est l’effondrement total. »

L’émergence de forces rivales

Cette vacance du pouvoir a permis l’émergence de milices non-affiliées au Hamas, notamment le clan Abu Shabab dans le sud de Gaza. Pour la première fois dimanche, le chef de cette milice, Yasser Abu Shabab, a confirmé publiquement à la chaîne israélienne Makan que ses forces coopéraient avec l’armée israélienne.

Cette déclaration marque un tournant majeur dans la guerre. Abu Shabab n’a pas exclu « l’éventualité d’une guerre civile avec le Hamas », signalant l’émergence du premier mouvement d’opposition armé représentant une menace significative pour l’hégémonie du groupe terroriste.

Ces milices, que Tsahal a armées et renforcées, opèrent désormais à Rafah et Khan Younès, contestant directement l’autorité du Hamas sur les populations civiles.

La progression militaire israélienne

L’évaluation du commandant du Hamas diverge légèrement des chiffres officiels israéliens. Tandis qu’il évoque une perte de contrôle de 80% du territoire, Tsahal revendique le contrôle d’environ 65% de la bande, se rapprochant de son objectif déclaré des trois quarts de l’enclave.

Cette différence s’explique notamment par la montée en puissance des milices anti-Hamas, que le commandant semble inclure dans sa comptabilité territoriale. Certaines zones restent néanmoins préservées des opérations militaires par crainte pour la sécurité des otages encore détenus.

L’armée israélienne maintient cinq divisions militaires composées de dizaines de milliers de soldats qui poursuivent leurs opérations. Au cours des dernières 24 heures, l’aviation a frappé des dizaines de cibles, incluant des terroristes, des dépôts d’armes et des infrastructures militaires.

Un bilan humain dramatique

Ces révélations interviennent dans un contexte de pourparlers indirects au Qatar pour un possible cessez-le-feu. Sur le terrain, la violence ne faiblit pas. Lundi, l’agence de défense civile gazaouie a annoncé douze nouveaux décès.

« Nous perdons des jeunes, des familles et des enfants tous les jours, et ça doit s’arrêter maintenant. Le sang a suffisamment coulé », témoigne Osama al-Hanawi, un habitant de Gaza, exprimant la lassitude d’une population prise en étau.

Depuis le pogrom du 7 octobre 2023, qui avait coûté la vie à plus de 1200 Israéliens et conduit à l’enlèvement de 251 otages, les opérations militaires ont fait 441 morts côté israélien. À Gaza, le ministère de la Santé, contrôlé par le Hamas, revendique plus de 57 000 victimes, des chiffres invérifiables qui ne distinguent pas civils et combattants.

Israël affirme avoir éliminé quelque 20 000 terroristes depuis le début du conflit, auxquels s’ajoutent 1600 combattants tués lors de l’attaque initiale du 7 octobre.

 

 

Quand deux géants de la Torah se rencontraient : l’amitié exceptionnelle entre le Rabbi de Loubavitch et le Rav Soloveitchik

Quand deux géants de la Torah se rencontraient : l’amitié exceptionnelle entre le Rabbi de Loubavitch et le Rav Soloveitchik

Une rencontre historique dans un moment de deuil révèle la profondeur des liens entre deux figures emblématiques du judaïsme du XXe siècle. En 1964, lors de la période de deuil du Rabbi de Loubavitch pour sa mère, le Rav Joseph Soloveitchik lui rend une visite mémorable qui témoigne de leur respect mutuel forgé depuis leurs années d’études à Berlin. Cette amitié, née dans les amphithéâtres universitaires allemands, illustre parfaitement comment deux approches différentes de l’étude juive peuvent se nourrir mutuellement.

 

Sholem B. Kowalsky raconte comment il a facilité la rencontre entre le Rabbi Menachem Mendel Schneerson et le Rav Joseph Ber Soloveitchik en 1964, lors du deuil du Rabbi pour sa mère. Cette visite révèle l’amitié profonde née durant leurs études communes à l’Université de Berlin, où le futur Rabbi de Loubavitch impressionnait déjà par sa piété et sa mémoire exceptionnelle. Leur échange durant la visite de condoléances démontre leur érudition mutuelle et leur respect, culminant avec une lettre d’excuses du Rabbi qui touche profondément le Rav par sa sincérité.

Les prémices d’une amitié berlinoise

C’est dans l’effervescence intellectuelle de Berlin que tout a commencé. Durant les années 1920, deux jeunes hommes promis à un destin exceptionnel se côtoient à l’Université de Berlin. Le futur Rabbi de Loubavitch, Menachem Mendel Schneerson, et Joseph Ber Soloveitchik, qui deviendra « le Rav », fréquentent tous deux les cercles d’étude chez le Rav Chaim Heller.

« Pendant cette période, ils se rencontraient souvent chez le Rav Chaim Heller », se souvient le Rav Soloveitchik des décennies plus tard. « C’est au cours de ces rencontres qu’une solide amitié s’est développée entre ces deux hommes, tous deux destinés à devenir d’éminents dirigeants spirituels du siècle. »

Un étudiant pas comme les autres

Ce qui frappe le plus le jeune Soloveitchik, c’est l’attitude singulière de son camarade d’études. Alors que Berlin représente alors l’un des centres intellectuels les plus séculiers d’Europe, le futur Rabbi maintient une observance religieuse stricte qui étonne ses pairs.

« Le Rabbi portait toujours sur lui la clé du mikvah lorsqu’il assistait aux cours à l’université », relate le Rav. « Vers deux ou trois heures de l’après-midi, quand il quittait l’université, il se rendait directement au mikvah. Personne n’était au courant de cette habitude et je ne l’ai découverte que par hasard. »

L’anecdote du jeûne révèle également cette rigueur spirituelle : « À une autre occasion, j’ai proposé au Rabbi une boisson. Il a refusé. Quand j’ai insisté, j’ai compris qu’il jeûnait ce jour-là. C’était un lundi et le Rabbi jeûnait. »

Pour le Rav Soloveitchik, cette constance dans l’observance impressionne profondément : « Imaginez cela : un étudiant de l’Université de Berlin plongé dans des études séculières maintient cette coutume du mikvah et du jeûne ! Berlin n’a absolument laissé aucune impression sur lui. »

Une mémoire prodigieuse

Au-delà de sa piété, le futur Rabbi se distingue par des capacités intellectuelles exceptionnelles. « Le Rabbi avait une mémoire stupéfiante », témoigne le Rav en utilisant le terme yiddish « gevaldig ». « De toute ma vie, je n’ai jamais rencontré quelqu’un avec une telle mémoire. »

Cette appréciation prend tout son sens quand on connaît la stature intellectuelle du Rav Soloveitchik lui-même, héritier de la prestigieuse école talmudique de Brisk. « Nous qui émanons de Brisk n’adhérons pas au système de pilpul pratiqué en Pologne », explique-t-il, « mais le Rabbi a une compréhension stupéfiante de la Torah. »

La visite de condoléances de 1964

L’occasion qui permet à Sholem B. Kowalsky de faciliter cette rencontre historique survient dans un contexte douloureux. En 1964, la mère du Rabbi, la Rebbetzin Chana Schneerson, décède le Shabbat, quatre jours avant Yom Kippour. Le Rabbi observe alors la période de deuil traditionnelle de sept jours, écourtée par l’arrivée de Yom Kippour.

Kowalsky, présent à une conférence du Rav sur les lois du repentir, saisit l’opportunité : « Quand le Rav est entré dans la salle avec sa famille, je me suis rapidement approché de lui et lui ai soigneusement annoncé la triste nouvelle. J’ai proposé de le conduire chez le Rabbi s’il souhaitait lui présenter ses respects et le consoler. »

Un échange d’érudits

La rencontre elle-même, dans la petite pièce de President Street où le Rabbi reçoit les visiteurs de condoléances, révèle immédiatement le niveau exceptionnel de ces deux maîtres. Malgré le contexte de deuil, leur conversation s’oriente naturellement vers l’étude.

« Il ne nous est pas possible de parler de Torah car « les commandements de D.ieu sont droits, apportant la joie au cœur », et c’est un moment de deuil », explique le Rabbi de Loubavitch avant d’engager une discussion halakhique sur le statut de l’onen – le proche du défunt entre le décès et l’enterrement.

La question soulevée porte sur la permission pour un cohen (prêtre) qui est onen de consommer la terouma. « Le Rambam (Maïmonide) parle de cette question », avance le Rabbi. Quand le Rav répond ne pas se souvenir que le Rambam aborde ce sujet, le Rabbi précise : « Je fais référence au Peirush HaMishnayot du Rambam. »

« Oui, oui », reconnaît alors le Rav. « Je crois que vous avez raison, Rabbi de Loubavitch. »

Une leçon d’intégrité intellectuelle

Plusieurs semaines plus tard, un geste du Rabbi touche profondément le Rav Soloveitchik. Dans une lettre de remerciement pour la visite de condoléances, le Rabbi inclut une note en marge demandant pardon pour une imprécision dans leur échange précédent.

« En marge de la lettre, le Rabbi demandait le pardon du Rav Soloveitchik pour le fait qu’il avait fait référence au Rambam quand son intention n’était pas le Yad Hachazaka – qui est couramment appelé « le Rambam » – mais le commentaire du Rambam sur la Michna », rapporte Kowalsky.

Cette attention au détail bouleverse le Rav : « Seul le Rabbi de Loubavitch manifeste ce phénomène dans son caractère avec son ehrlechkeit (honnêteté et douceur). Il n’y a personne d’autre comme lui. Une autre personne aurait laissé tomber la question, mais le Rabbi, un homme de vérité, s’est excusé auprès de moi. De plus, il a demandé mon pardon. »

Un héritage de vérité partagé

Lors d’une seconde visite, cette fois pour le deuil de la belle-mère du Rabbi, la conversation évoque les liens historiques entre leurs familles respectives. « La raison pour laquelle les deux familles, les Loubavitch et les Briskers, s’entendaient si bien », explique le Rabbi, « c’est parce qu’elles travaillaient toutes deux à atteindre « l’attribut ultime de vérité ». »

Cette recherche commune de la vérité, ce dénominateur commun entre deux approches parfois différentes de l’étude juive, constitue peut-être la clé de cette amitié exceptionnelle. Dans un monde où les divergences d’opinion peuvent créer des clivages, ces deux géants ont su maintenir un respect mutuel fondé sur leur quête partagée de l’authenticité spirituelle et intellectuelle.

Les racines de Khaslavichy : une enfance marquée par Habad

Pour comprendre pleinement cette relation exceptionnelle, il faut remonter aux années de formation du Rav Soloveitchik. Enfant à Khaslavichy, en Russie Blanche, où son père Reb Moshe officiait comme Rabbin, le jeune Joseph grandit au sein d’une communauté largement composée de Hassidim de Loubavitch.

« J’avais alors environ sept ou huit ans. Je fréquentais un heder dans une petite ville à la frontière entre la Russie Blanche et la Russie proprement dite », se souvient le Rav lors d’une conférence en 1975. « Mon professeur n’était pas un grand érudit, mais c’était un hassid, un Habadnik. Néanmoins, je lui ai été reconnaissant toute ma vie, car il m’a enseigné quelque chose que personne d’autre ne m’a appris : comment contempler une vision. »

Cette influence précoce de la spiritualité Habad marque profondément le futur géant de la pensée juive américaine, lui enseignant « comment pratiquer le judaïsme, la Torah et les mitzvot de manière imaginative ».

Berlin : quand les futurs géants se rencontrent

À l’Université de Berlin, la différence d’attitude entre les deux futurs dirigeants spirituels frappe immédiatement. « À l’université, personne ne connaissait mon origine ni d’où je venais. Tout le monde savait qui était le futur Rabbi de Loubavitch ! », confie le Rav des années plus tard.

Effectivement, alors que le jeune Soloveitchik adopte l’apparence des autres étudiants, le futur Rabbi fréquente l’université en habit hassidique, affichant sans complexe son identité religieuse dans l’environnement séculier berlinois.

Un étudiant du Rav rapporte plus tard ce témoignage : « Le Rav était déjà à l’Université de Berlin quand le futur Rabbi de Loubavitch y est arrivé. Le Rav lui a montré les ficelles à son arrivée et l’a initié à la méthode d’étude de Rabbi Haïm. Le futur Rabbi de Loubavitch était une personne très discrète durant ces années. »

L’intervention décisive du sixième Rabbi

En 1929 et 1930, le Rav fait la connaissance du sixième Rabbi de Loubavitch, Rabbi Yossef Its’hak Schneersohn, lors de visites de ce dernier à son gendre à Berlin. Cette rencontre s’avère déterminante pour l’avenir du Rav.

« Concernant le Rav Y. Soloveitchik, je le connais depuis de nombreuses années. Alors qu’il était encore à Berlin, mon gendre, Rabbi Menachem Mendel Schneerson, me l’a présenté. Mon gendre m’a parlé de sa grande compréhension approfondie de la Torah et de la façon dont il étudie assidûment. J’ai été très heureux de me rapprocher de lui », écrit Rabbi Schneersohn.

En 1941, cette relation se révèle cruciale. Quand le Rav doit succéder à son père Reb Moshe Soloveitchik comme rosh yeshiva du Séminaire Théologique Rabbi Isaac Elchanan, le sixième Rabbi envoie une lettre de soutien qui s’avère déterminante.

« J’espère que le grand, excellent et renommé gaon, Rabbi Joseph Dov Soloveitchik, sera choisi pour siéger sur le fauteuil de son père comme rosh yeshiva du Séminaire Théologique Rabbi Isaac Elchanan », écrit le Rabbi. « Il ne fait que justice qu’il hérite de cette position. Il apportera d’abondantes bénédictions à la Yechiva après la perte récente de ses deux dirigeants. »

Le Dr Haym Soloveitchik, fils du Rav, confirme l’importance de cette intervention : « En fait, le Rabbi précédent a finalement été le facteur décisif dans l’obtention du poste par mon père. Le comité était divisé dans son opinion sur mon père. Un des membres du comité était M. Abraham Mazer, un philanthrope new-yorkais bien connu. Il était aussi un grand soutien de Loubavitch. Le Rabbi précédent a appelé M. Mazer et lui a demandé de soutenir mon père. Son vote a été le facteur clé dans la décision du comité d’offrir le poste à mon père. »

Un hommage public en 1942

Le 14 juin 1942, lors d’un banquet célébrant la fondation des Yechivot Loubavitch Unies aux États-Unis, le Rav prononce le discours principal. Il compare alors le sixième Rabbi au Tanna du premier siècle, Rav Hanina ben Dosa, évoquant le miracle talmudique où du vinaigre brûle comme de l’huile.

« Le Rav a déclaré que le hassidisme Loubavitch, sous la direction de Rabbi Yossef Its’hak Schneersohn, avait également démontré avec succès que le vinaigre peut brûler », rapporte un témoin. Malgré les obstacles du régime communiste athée, le hassidisme Loubavitch continuait de fonctionner dans tout le territoire russe. De même, le Rav était confiant que le mouvement Loubavitch pourrait réussir à allumer les flammes de la Torah aux États-Unis.

La reconnaissance mutuelle des années américaines

Dans les décennies suivantes, les deux hommes maintiennent une relation indirecte mais continue. Ils correspondent avant les fêtes et les yamim tovim. En 1967, lors du deuil du Rav pour sa mère, deux émissaires de Habad, les Rabbanim Yohanan Gordon et Israel Jacobson, lui rendent visite.

« J’ai observé le visage du Rav s’éclairer quand ils sont entrés », témoigne un visiteur présent. « Ils ont informé mon Rav qu’ils avaient été envoyés par le Rabbi de Loubavitch pour transmettre ses condoléances. » La conversation s’oriente naturellement vers les souvenirs de Loubavitch dans l’« Alter Heim » et les années de formation du Rav à Khaslavichy.

L’éloge des méthodes de Habad

En 1977, lors d’une interview avec le journaliste israélien Levi Its’hak HaYerushalmi du quotidien Ma’ariv, le Rav fait l’éloge des campagnes de Téfilines de Loubavitch : « Par cet acte de poser les Téfilines sur des Juifs, les fidèles de Habad rappellent à leurs frères qu’ils sont juifs. C’est louable. Le novice qui expérimente la performance des Téfilines peut commencer à se demander de quoi il s’agit dans ce précepte. »

Le Rav poursuit son évaluation des activités de Habad sur la scène américaine : « Aucune autre organisation n’aurait pu accomplir ce que Habad a accompli en Amérique. Habad a placé le judaïsme sur la voie publique. Même si les adhérents de Habad sont une minorité au sein de la communauté Torah américaine, son succès est très visible. Il a enseigné au Juif observant à affirmer sa « chutzpah ». Il a mis l’accent sur la diffusion de la Torah au peuple juif à chaque coin de rue. »

Le farbrengen historique de 1980

Le 10 Chevat 1980, lors du yahrtzeit de Rabbi Yossef Its’hak Schneersohn et du 30e anniversaire de l’accession au leadership de Rabbi Menachem Mendel Schneerson, le Rav assiste au farbrengen dans une démonstration publique de sa proximité avec Loubavitch.

Rabbi Herschel Schacter, qui accompagne le Rav, témoigne de cette rencontre mémorable : « Ils se sont approchés, se sont serré la main, et le Rabbi fait signe au Rav de marcher devant, et le Rav fait signe au Rabbi de marcher devant, alors le Rabbi a marché devant. À la table de devant se trouvaient seulement le Rabbi et le Rav, zatzal, et moi. »

« Le Rav a écouté très attentivement le Rabbi, et il avait dit qu’il ne resterait qu’une demi-heure. Une heure est passée, puis j’ai moi-même dit : « Peut-être que le Rav n’est pas à l’aise ? » Il a dit : « Non, non, non. Je veux rester. » Je pense qu’il est resté près de deux heures. »

Au moment du départ, Rabbi Schacter rapporte les paroles échangées : « Le Rabbi a dit au Rav : « Du host, Baruch Hashem, voile talmidim ! Tu as de merveilleux étudiants. » Dans cent ans, quand je me présenterai devant le Trône de Gloire, je rappellerai au Ribono chel Olam ce que ces deux Geonim se sont dit l’un à l’autre. »

Dans la voiture, Rabbi Schacter interroge le Rav sur ses impressions : « Il a hésité une minute et dit : « Er iz a Gaon. Er iz a Gadol. Er iz a Manhig Yisroel. C’est un génie, c’est un grand homme, c’est un dirigeant du peuple juif. » »

Un pont entre deux mondes

Cette réconciliation publique revêt une dimension historique particulière. Deux siècles plus tôt, le Gaon de Vilna avait quitté sa ville plutôt que de rencontrer Rabbi Shneur Zalman de Liadi, le fondateur de Loubavitch, tant l’abîme entre leurs conceptions de la Torah semblait infranchissable.

En 1980, le Rav, descendant direct de Rabbi Haïm de Volozhin, principal élève du Gaon, embrasse le Rabbi, descendant de l’« Alter Rabbi ». Lors de cet événement historique, ces deux mondes imposants fusionnent en une réalité élevée unique.

L’histoire de cette amitié, témoin d’une époque où les grands maîtres savaient allier rigueur intellectuelle et humilité, continue d’inspirer ceux qui cherchent à concilier tradition et modernité dans leur approche du judaïsme. Elle démontre que par-delà les différences d’approche, la quête commune de vérité peut unir les plus grands esprits de leur génération.

 

« D.ieu nous parle – mais comment L’entendre ? » Par le Rav Y. I. Jacobson

« D.ieu nous parle – mais comment L’entendre ? » Par le Rav Y. I. Jacobson

Entre une existence débordante de sens et une vie rongée par le doute, il n’y a parfois qu’une lettre de différence. Cette lettre, si petite qu’elle passe inaperçue, détient pourtant le secret d’une transformation radicale de notre rapport à l’existence.

Par le Rav Y. I. Jacobson

Deux visions du monde, deux destins

Qu’est-ce qui sépare une vie épanouie, portée par un sens profond et une mission claire, d’une existence marquée par l’hésitation, l’amertume et le découragement ? Cette différence ne relève ni du hasard ni de l’apparence. Elle touche aux fondements mêmes de notre être, à cette infrastructure invisible qui détermine notre rapport au monde.

La question qui nous hante tous : comment distinguer la voix divine du simple bruit de fond de l’existence ? Comment reconnaître notre mission personnelle ? Et surtout, comment trouver en nous la force de répondre « Me voici » quand l’histoire nous interpelle ?

Une lettre qui change l’histoire

L’enseignement le plus saisissant de Parashat Balak tient dans un détail apparemment insignifiant : une seule lettre hébraïque qui, par sa présence ou son absence, révèle deux conceptions diamétralement opposées de l’existence. Cette micro-différence génère des conséquences titanesques, séparant deux univers spirituels comme l’orient de l’occident.

Le contraste saisissant entre Moché et Bil’am

Moché et Bil’am incarnent les deux géants prophétiques des cinq livres de la Torah. Si l’Écriture proclame qu’« il ne s’est plus levé de prophète comme Moché », nos Sages précisent : « en Israël ». Car parmi les nations, un prophète égala Moché en puissance : Bil’am.

Ce dernier possédait un don extraordinaire, une intuition mystique si aiguë que Balak et tous les experts de son époque reconnaissaient : « Celui que tu maudis est maudit, celui que tu bénis est béni. » Pourtant, entre ces deux géants spirituels, un abîme béait.

« Vayikra » contre « Vayikar » : quand une lettre révèle tout

L’extraordinaire se cache dans l’ordinaire. Quand D.ieu s’adresse à Moché au début du Lévitique, le texte proclame : « Vayikra el Moché » – « Et Il appela Moché ». Pour Bil’am, dans notre paracha, l’Écriture emploie : « Vayikar Elohim el Bil’am » – « Et D.ieu rencontra Bil’am ».

Une seule lettre manque : le Aleph. Cette absence révèle deux réalités spirituelles incompatibles.

La différence entre l’appel et la coïncidence

La langue hébraïque distingue avec une précision chirurgicale deux concepts que notre époque confond constamment :

Mikreh (מקרה) évoque le hasard, l’accident, ces événements qui « arrivent » sans raison apparente. Le règne de l’arbitraire où nous dérivons d’une distraction à l’autre, sans cap ni boussole.

Mikra (מקרא) désigne l’appel, cette convocation personnelle qui nous assigne une place unique dans l’ordre cosmique. C’est le territoire du sacré, où chaque instant recèle une mission, chaque rencontre un sens, chaque épreuve un message.

L’intimité divine versus la rencontre fortuite

« Vayikra el Moshe » révèle une intimité bouleversante. Rachi y décèle « une expression d’affection, celle qu’utilisent les anges », une invitation personnelle chargée d’amour et de confiance.

« Vayikar », à l’inverse, suggère une rencontre de hasard, comme deux inconnus qui se croisent dans un couloir. Nulle chaleur, nulle intention particulière – juste le froid contact de l’accidentel.

Cette différence infime porte en elle l’opposition fondamentale entre deux visions du monde : celle qui perçoit un Créateur personnel nous appelant chacun par notre nom, et celle qui ne voit que le jeu aveugle des circonstances.

Pourquoi cette différence si discrète ?

Si l’enjeu est si considérable, pourquoi cette différence reste-t-elle si subtile ? Parce que le choix entre ces deux perspectives s’opère dans les nuances les plus fines de notre perception. Deux personnes contemplent le même événement : l’une y décèle la main divine, l’autre n’y voit qu’un concours de circonstances.

Le Aleph de « Vayikra » s’écrit d’ailleurs en caractères minuscules dans le Sefer Torah, presque invisible à l’œil nu. Métaphore saisissante : l’appel divin se murmure souvent dans le silence, exigeant de nous une écoute d’une finesse extrême.

La leçon de David et l’araignée

Un Midrash lumineux illustre cette vérité. David le roi s’interrogeait sur l’utilité des créatures apparemment parasites : « À quoi sert cette araignée qui tisse inlassablement sa toile ? Qui a besoin de ces fous qui dérangent l’ordre social ? »

La réponse lui vint de manière dramatique. Fuyant Saül, David se réfugia dans une grotte. Une araignée tissa sa toile à l’entrée, convainquant les poursuivants que nul n’avait pu pénétrer dans cet abri sans déchirer l’ouvrage délicat. Plus tard, se faisant passer pour fou chez le roi de Gath, David échappa encore à la mort.

L’araignée et le fou – ces éléments qu’il jugeait superflus – sauvèrent sa vie et, avec elle, toute la lignée royale d’Israël jusqu’au Messie.

La révélation du Rabbi de Loubavitch

Cette sagesse traverse les siècles. Quand Zalman Shazar, troisième président d’Israël, se plaignit au Rabbi de Loubavitch du froid new-yorkais qui « transperçait jusqu’aux os », ce dernier lui répondit avec un sourire : « C’est précisément pour cela qu’on a envoyé une âme juive : réchauffer le froid du monde ! »

Chaque situation difficile, chaque épreuve apparemment absurde cache une mission spécifique que nous seuls pouvons accomplir.

L’appel caché dans la dissimulation

Pourquoi le Aleph de « Vayikra » est-il si petit ? Pour nous enseigner que l’appel divin se fait parfois dans le murmure, cette « voix de silence subtile » dont parle le Tanakh. Même dans les périodes de « hester panim » (dissimulation divine), l’appel persiste – simplement, il exige de nous une écoute plus raffinée.

La prophétie d’Esther

L’histoire d’Esther cristallise cette vérité. Face aux réticences de la reine à risquer sa vie pour sauver son peuple, Mordekhaï prononce ces mots qui résonnent à travers l’histoire : « Qui sait si ce n’est pas pour un temps comme celui-ci que tu es parvenue à la royauté ? »

Chaque situation difficile, chaque position inconfortable pourrait bien être le lieu exact où nous devons accomplir notre mission la plus essentielle.

L’enseignement du petit Chmouel

L’épisode du jeune Chmouel illustre parfaitement notre difficulté à reconnaître l’appel divin. Trois fois, l’enfant entend son nom, trois fois il court vers Eli pensant que le vieux prêtre l’appelle. Eli finit par comprendre : « Si cela recommence, réponds : ‘Parle, Éternel, car ton serviteur écoute.’ »

Combien d’entre nous vivons comme Chmouel, attribuant au hasard ou aux circonstances ce qui relève peut-être d’un appel personnel ?

Notre époque de Chmouel

Bien que l’ère prophétique soit close, l’enseignement demeure. Trop souvent, nous réduisons notre existence à la survie : payer les factures, gérer les urgences, naviguer entre les problèmes. Nous perdons de vue cette dimension essentielle : nous sommes peut-être là, maintenant, avec nos talents et nos difficultés spécifiques, pour accomplir quelque chose que nul autre ne peut réaliser.

Comme le disait le Rabbi de Kotzk : « D.ieu se trouve là où on Le laisse entrer. » Il faut ouvrir la porte du cœur à notre mission personnelle.

L’impact cosmique du choix individuel

Cette perspective transforme notre rapport à l’existence. Le Rambam l’exprime avec une force saisissante : « Toujours, qu’une personne se considère elle-même et le monde entier comme étant en équilibre. » Une pensée, une parole, un acte peut faire basculer l’univers vers la lumière.

Nous ne sommes pas des notes perdues dans le chaos cosmique, mais des instruments irremplaçables dans la symphonie divine. Notre partition, si modeste soit-elle, contribue à l’harmonie universelle.

Le moment « Esther » de chaque existence

Chacun de nous traverse son « moment Esther » – cet instant où l’Histoire frappe à notre porte et nous demande de nous élever au-dessus de nos peurs pour accomplir notre destinée. Les dirigeants d’Israël l’ont vécu récemment face aux menaces iraniennes. Nous le vivons tous, à notre échelle, dans nos défis quotidiens.

Le choix permanent

À chaque croisée des chemins, nous choisissons entre deux visions : celle du hasard aveugle ou celle de l’appel personnalisé. Entre « Vayikar » – la rencontre fortuite – et « Vayikra » – l’invitation divine à participer consciemment à l’aventure de l’existence.

Ce choix ne dépend que de nous. Il détermine non seulement notre bonheur personnel, mais notre contribution à la réparation du monde.

L’appel résonne. Reste à savoir si nous saurons l’entendre.

« וַחֲסִידֶיךָ יְבָרְכוּכָה, Tes pieux Te béniront » : Les Trois Voies de l’Abondance Divine – Par le Rav Yossef Itshak Havlin

« וַחֲסִידֶיךָ יְבָרְכוּכָה, Tes pieux Te béniront » : Les Trois Voies de l’Abondance Divine – Par le Rav Yossef Itshak Havlin

Comment l’abondance divine descend-elle dans le monde ? Dans cet enseignement sur le verset « וַחֲסִידֶיךָ יְבָרְכוּכָה, Tes pieux Te béniront » (Tehilim 145), le Rav Yossef Its’hak Hallin révèle trois voies distinctes : le décret du Tsadik qui contraint l’ordre naturel, l’influence directe de l’Essence divine, et la transformation du ‘Hassid qui unit sa nature à la volonté divine. À travers l’exemple de Rabbi Chimon bar Yochaï qui fit pleuvoir par l’étude de la Torah, nous découvrons comment l’âme peut devenir un canal pour la bénédiction céleste.

 

 Cours du Rav Yossef Itshak Havlin  sur le livre Lilmod Ei’h Lehitpalel du Rav Zalman Gupin

 

Le concept de « Tsadik gozer veHaKadosh Baroukh Hou mekayyem » (le juste décrète et le Saint béni soit-Il accomplit) peut être comparé à la façon dont l’intellect influence le cœur. Lorsqu’il y a un conflit entre eux – l’intellect conclut par la raison qu’une personne ne doit pas se mettre en colère, ne doit pas attaquer ou faire quelque chose, tandis que le cœur ressent qu’il en a besoin et pense que c’est ce qu’il faut faire – l’intellect a le pouvoir de dominer le cœur.

Cette dynamique illustre comment un Tsadik peut « contraindre » l’ordre naturel. À l’image de l’histoire de Pinehas ben Yaïr qui voulait se rendre au rachat des captifs et arriva à une rivière. Lorsqu’il voulut la traverser, il dit à la rivière : « Arrête tes eaux pour moi. » Elle répondit : « Non, je ne peux pas m’arrêter. Le Saint béni soit-Il m’a désignée pour qu’il y ait de l’eau ici. » Alors il décréta et lui dit : « Écoute, si tu n’arrêtes pas les eaux, il n’y aura pas du tout de rivière ici. » Alors la rivière se fendit.

Cette approche fonctionne par contrainte, par persuasion, par la voie de l’intellect qui a le pouvoir de convaincre le cœur, bien que ce ne soit pas simple car le cœur veut autre chose.

L’influence directe : l’unité entre l’essence et l’expression

Il existe cependant un second type d’influence où le Saint béni soit-Il agit sans conflit, car D.ieu accomplit Sa propre volonté. Dès qu’Il veut quelque chose, cela existe. Il n’y a pas de différence entre la volonté et l’action, comme dans l’exemple où l’essence de l’âme veut marcher – la jambe ne fait pas de débat, elle ne dit pas « je veux » ou « je ne veux pas ». Quand l’âme veut écrire, elle écrit. Il n’y a ici aucun conflit nécessitant de convaincre.

Ces deux types d’influences reflètent deux modes d’action divine : l’influence par contrainte (comme l’intellect sur le cœur) et l’influence naturelle (comme l’âme sur le corps).

Le décret du Tsadik : mécanisme d’influence supérieure

Lorsque le Tsadik décrète, il éveille les degrés divins qui sont au-dessus de l’ordre de l’émanation (Seder HaHishtalshelout) pour qu’ils décrètent sur l’ordre de l’émanation d’influencer l’abondance vers le monde. Ce processus comporte deux étapes :

  1. Première étape : Le Tsadik, qui appartient aux degrés supérieurs à l’ordre de l’émanation, veut qu’il y ait une influence vers le monde
  2. Seconde étape : Il décrète et ordonne à l’ordre de l’émanation de transmettre l’abondance vers le monde

Cette méthode fonctionne comme l’intellect qui domine le cœur.

L’influence divine directe : au-delà du décret

Mais lorsque dans l’Essence même du Saint béni soit-Il il y a une volonté de faire descendre vers le monde une abondance de bien et de bonté, il n’est pas nécessaire de passer par deux étapes. Car concernant l’Essence du Saint béni soit-Il, qui est la réalité de tout le monde et dont émanent tous les êtres, il n’y a pas deux aspects séparés – l’un au-dessus de l’ordre de l’émanation et l’autre dans l’ordre de l’émanation, où l’un contraindrait l’autre.

Puisque le Saint béni soit-Il est la vérité du monde, lorsqu’Il S’éveille avec la volonté d’influencer le monde avec le bien et la bonté, cette volonté devient la volonté de toute la création. Il n’y a pas ici de séparation où quelqu’un voudrait autre chose. Dès que le Saint béni soit-Il Lui-même veut maintenant l’abondance, il n’y a aucun problème avec l’ordre de l’émanation, car ce que le Saint béni soit-Il veut, c’est ce qui se réalise.

L’exemple de Rabbi Chimon bar Yochaï : la Torah comme vecteur d’union

Une fois, le monde avait besoin de pluie. On vint vers Rabbi Chimon bar Yochaï et on lui demanda de prier le Saint béni soit-Il pour qu’Il fasse descendre la pluie. Il y avait une véritable sécheresse. Rabbi Chimon bar Yochaï ouvrit la bouche et dit des paroles de Torah sur le verset « Voici combien il est bon et agréable que les frères demeurent unis » et il commença à pleuvoir.

Rabbi Chimon bar Yochaï ne pria pas, il ne bénit pas, mais il dit des paroles de Torah sur ce verset, et par cela il fit descendre la pluie.

La différence avec d’autres approches

Cette approche diffère de celle de ‘Honi HaMeaguel qui traça un cercle dans la terre et dit au Saint béni soit-Il : « Je ne bouge pas d’ici tant que Tu ne fais pas descendre la pluie. »

Elle diffère aussi de celle de Pinehas ben Yaïr qui décréta sur la rivière qu’elle se fende.

Rabbi Chimon bar Yochaï n’eut même pas besoin de décréter. Sa force était si grande qu’il provoqua la descente des pluies par son étude habituelle de la Torah.

L’élévation spirituelle de Rabbi Chimon bar Yochaï

La raison de l’excellence de Rabbi Chimon bar Yochaï provient de son degré élevé dans l’étude de la Torah. Il est écrit sur Rabbi Chimon bar Yochaï : « Torato oumanouto » (la Torah était son métier). Dans l’étude de la Torah, il était lié à l’Essence même du Saint béni soit-Il. Pour lui, « Torato oumanouto » – la Torah était sa réalité, était le Saint béni soit-Il. Sa réalité était la Torah. Il transforma son être pour que sa réalité devienne Torah : son intellect soit Torah, ses traits de caractère soient Torah – tout était Torah.

Dans l’étude de la Torah, il était connecté à l’Essence du Saint béni soit-Il. Lorsqu’on lui demanda de faire descendre la pluie, il dit des paroles de Torah et se connecta à l’Essence du Saint béni soit-Il. Il fit en sorte que la conduite du monde soit du côté de l’Essence du Saint béni soit-Il.

Le processus de transformation spirituelle

Lorsque Rabbi Chimon bar Yochaï étudiait, cet apprentissage était une connexion avec l’Essence même du Saint béni soit-Il. Comme nous l’avons dit précédemment, si l’Essence du Saint béni soit-Il veut changer l’ordre de l’émanation, il n’y a aucun problème – l’ordre de l’émanation ne résiste pas. Ce que Son Essence veut existe, comme ce que l’âme veut, la main fait, le pied fait, le pied va.

Ce que fit Rabbi Chimon bar Yochaï était simple : il éleva son être vers l’Essence divine, il se connecta simplement au Saint béni soit-Il dans Son Essence, car chez lui, toute étude de Torah était une connexion à l’Essence du Saint béni soit-Il.

La bénédiction naturelle : « Tes pieux Te béniront »

La bénédiction de Rabbi Chimon bar Yochaï, provenant de l’Essence du Saint béni soit-Il, est :

  1. La plus élevée – elle est certaine
  2. Créatrice – elle peut créer une abondance qui n’existe pas dans l’ordre de l’émanation
  3. Naturelle – elle devient partie intégrante de la nature du monde, car l’ordre de l’émanation lui-même veut influencer, et non par décret ou commandement

La définition du ‘Hassid : transformer la nature humaine

Pour comprendre pourquoi cette bénédiction est appelée « bénédiction des ‘Hassidim », il faut examiner l’essence du service divin du ‘Hassid qui peut faire en sorte que l’Essence du Saint béni soit-Il agisse naturellement dans le monde.

Il ne s’agit pas de dire que tout ‘Hassid est au degré de Rabbi Chimon bar Yochaï, mais que dans le ‘Hassid il y a un point particulier qui provient de l’essence du degré du Saint béni soit-Il.

Le travail du ‘Hassid : changer sa nature

Sur le service divin du ‘Hassid, il est dit qu’il a le pouvoir de « changer la nature » (mechalef teva), que ses forces naturelles deviennent des forces divines. C’est-à-dire qu’il change ses traits de caractère pour qu’ils deviennent des forces divines.

Le ‘Hassid change sa nature de telle sorte qu’au lieu de désirer les affaires de ce monde – comme la nourriture, la boisson, etc. – le ‘Hassid change sa nature pour désirer la divinité, au point que naturellement il veut étudier la Torah, accomplir la volonté divine et servir D.ieu dans la vie quotidienne, ordinaire et routinière.

Le conflit habituel entre l’âme et le corps

Normalement, quand il y a besoin d’accomplir une mitsva quelconque, se déroule un combat entre l’âme et le corps : l’âme veut accomplir la volonté divine et le corps attire la personne vers les affaires de ce monde. Mais puisque le Saint béni soit-Il aide l’âme divine, elle triomphe et réussit à agir sur le corps pour accomplir la volonté divine.

Cette situation ressemble au « Tsadik gozer » dont nous avons expliqué qu’il réussit à soumettre l’ordre de l’émanation pour qu’il agisse de façon supérieure à l’émanation.

La transformation du ‘Hassid

Le ‘Hassid accomplit un travail différent : changer sa nature en nature divine. Non pas tout le temps des combats, tout le temps devoir triompher et convaincre, mais faire en sorte que la nature et la volonté du corps deviennent la nature de l’âme.

Lorsque arrive le moment d’accomplir une mitsva, le corps lui-même, de par sa nature, est intéressé à accomplir la mitsva. C’est cela le ‘Hassid – celui qui change la nature corporelle. Il transforme ses traits de caractère matériels, ceux de son corps, pour qu’ils désirent les bonnes choses, qu’ils désirent les mitsvot, qu’ils désirent la divinité, qu’ils désirent la Torah.

L’exemple du Rabbi de Loubavitch : l’intégration totale

Le Rabbi Rachab témoigna sur lui-même qu’encore avant d’arriver à sa Bar Mitsva, il réussit à agir sur son corps pour se comporter uniquement selon le Choulhan Aroukh.

Il y a une histoire connue : le Rav ‘Haïm Brisker entra chez le Rabbi Rachab pour une certaine affaire. Le Rabbi Rachab insista sur quelque chose qui devait être fait d’une certaine manière. Le Rav ‘Haïm Brisker lui demanda : « D’où sais-tu que c’est ainsi que cela doit être ? » Il répondit : « Depuis avant ma Bar Mitsva, j’ai habitué mon être, j’ai agi sur moi-même pour que tout ce que mon corps fait soit entièrement selon le Choulhan Aroukh. »

C’est la volonté du corps, c’est la réalité du corps – c’est la définition des « ‘Hassidim ».

L’anecdote révélatrice de la kippa

Une fois, le Rabbi Rachab ouvrit la Yechiva de Tomekhei Temimim et dit au Rabbi précédent qu’il voulait aller voir comment dormaient les Temimim. Il passa regarder et vit que la kippa de quelqu’un était tombée au milieu de son sommeil. Il dit au Rabbi précédent qu’il fallait faire très attention à cet élève, regarder comment il se comporte, surveiller son éducation davantage, voir ce qui se passe avec lui.

Pourquoi ? Parce qu’un ‘Hassid doit s’habituer à ce que sa nature soit telle qu’il ne puisse pas dormir sans kippa. Même pendant le sommeil, si sa kippa tombe, il doit sentir qu’elle n’est pas sur lui. Si la kippa de quelqu’un tombe et qu’il ne le sent pas au milieu de la nuit, c’est le signe qu’il a un défaut, qu’il lui manque quelque chose dans sa connexion à la sainteté.

La voie des ‘Hassidim : l’union naturelle avec le divin

Chaque juif doit s’habituer, en différents points et endroits, à ce que sa nature désire les bonnes choses, qu’elle désire la divinité, qu’elle désire la Torah, qu’elle désire les mitsvot. Non seulement qu’il doive combattre pour que le corps veuille, mais que cela devienne sa réalité.

C’est l’exemple qu’il donna des « ‘Hassidim » : quand quelqu’un se trouve au degré des « ‘Hassidim », qui est le degré du ‘Hassid – celui qui fait preuve de piété envers son Créateur, qui est comme entièrement connecté au Saint béni soit-Il – alors « ils Te béniront » signifie que lorsqu’il y a une influence, elle va par la voie de la bénédiction, sans retards, sans décrets, sans rien, et tout va bien parce qu’il est connecté à l’Essence du Saint béni soit-Il.

 

Rencontre Netanyahu – Trump : quand la sagesse du Rabbi de Loubavitch éclaire les négociations au Moyen-Orient

Rencontre Netanyahu – Trump : quand la sagesse du Rabbi de Loubavitch éclaire les négociations au Moyen-Orient

Le Premier ministre Netanyahu s’est rendu aux États-Unis pour une visite à Washington. Ce sera certainement une célébration d’Israël qui a triomphé de l’Iran – un événement qui n’est rien de moins qu’un miracle. Après tous les sourires et les félicitations, l’objectif suivant sera de poser les fondements de nouveaux arrangements sécuritaires et politiques à Gaza et dans tout le Moyen-Orient.

 

 

Aujourd’hui nous passerons en revue six points directement du Rabbi, qui sont pertinents pour ce qui semble, nous pensons, être à l’ordre du jour en ce moment. Il existe des discours et des lettres du Rabbi qui étayent chacun de ces points en profondeur. Pour maintenir cette présentation à une durée raisonnable, nous partagerons de courtes vidéos du Rabbi sur certains de ces points, et pour les autres, nous mettrons des liens ci-dessous.

Premier point : S’attendre à la pression américaine sans paniquer

Il existe une tendance à paniquer lorsqu’il y a une pression des États-Unis, à personnaliser la situation et à penser que la situation est intolérable. Le président américain exerce une pression si forte et nous lui sommes si redevables. Le mot « sans précédent » surgit toujours dans ce contexte. Et la question du jour, de la semaine, du mois, devient : le Premier ministre d’Israël résistera-t-il à la pression ou cédera-t-il ?

Tout d’abord, soyez conscients. Sachez que nous devons nous attendre à cela. Comme le Rabbi l’explique, le dirigeant des États-Unis est élu pour protéger, non pas le peuple d’Israël, mais les États-Unis. Donc si tout se déroule selon le plan, il y aura une pression énorme sur le Premier ministre. Oui, si tout se déroule selon le plan, il y aura une pression énorme sur le Premier ministre.

Le président des États-Unis, tout président, de toute opinion politique, est censé vouloir faire disparaître tout problème le plus rapidement possible. Cela ne fait pas de lui un antisémite ou un traître à Israël. Il a besoin du chemin le plus court et le plus rapide pour parvenir à la tranquillité régionale, afin de maintenir les prix du pétrole bas, afin de mettre fin aux tirs immédiatement. C’est une caractéristique, pas un virus.

Une fois que vous comprenez cela, cela devrait aider à ne pas paniquer quand cela arrive. Et aussi s’assurer que le Premier ministre d’Israël ou tout Juif soit bien préparé, quand, pas si, la pression et les torsions de bras se produisent. Ce dont nous avons besoin dans cette situation, c’est de la clarté. Une clarté sur comment maintenir Israël en sécurité et protégée précisément dans cette situation, tout en gérant les relations d’Israël avec les États-Unis. Une clarté sur comment apparaître comme un Juif fier, qui représente non seulement une nation en guerre, mais le peuple juif dans son ensemble, la terre juive, la Torah, et l’avenir du peuple juif.

Deuxième point : Même les « faucons » peuvent céder sous la pression

Vous devez comprendre que ce ne sont pas seulement les Premiers ministres de l’histoire qui se sont concentrés sur l’image internationale d’Israël, ou qui étaient plus « doux » en matière de sécurité, les « colombes » – qui étaient vulnérables à cette pression. En fait, trois des plus grands faucons parmi les Premiers ministres d’Israël ont mené aux plus grandes concessions sécuritaires et ont causé des catastrophes.

Le Premier ministre Menachem Begin a abandonné le désert du Sinaï, avec les puits de pétrole qui y étaient vitaux pour la sécurité. Its’hak Shamir a mis Israël sur la voie d’Oslo, et Ariel Sharon a abandonné Gaza. Chacun de ces Premiers ministres était un faucon, des hommes militaires forts qui avaient consacré leur vie à ce qui était perçu comme la droite conservatrice sur l’échiquier.

Le Rabbi soulève ce point de manière très claire dans une audience privée avec l’Admour de Sedigora. Il y a un enregistrement de cette audience. Le point du Rabbi n’est pas de remettre en question leur engagement envers la sécurité d’Israël, mais de souligner une vérité plus profonde. Les instincts politiques, aussi forts soient-ils, ne suffisent pas.

La seule façon de tenir bon est de rester ancré dans la Torah, et dans votre responsabilité envers le peuple juif à travers les générations, qui vous représentez et ce que vous représentez. Quand cela vous est clair, vous devenez inébranlable, et les autres parties dans les négociations devront être flexibles autour de vos positions. Sans l’ancrage et la clarté que la Torah fournit, même le dirigeant le plus fort échouera quand les enjeux et la pression sont les plus élevés.

Troisième point : Le principe fondamental du contrôle territorial selon la Torah

Que nous dit la Torah ici ? Selon la Torah, comme le Rabbi l’a formulé à de nombreuses occasions, le principe directeur – la manière véritable et unique d’atteindre une sécurité et une paix durables – c’est de contrôler le territoire. Et inversement, explique la Torah, si vous abandonnez toute forme de contrôle, vous créez une vulnérabilité qui sera exploitée.

Tout au long de l’histoire, chaque fois qu’Israël a abandonné le contrôle, de manière complète ou partielle, le résultat n’a pas été la paix, mais la mort. Ce principe talmudique fondamental a été transmis de génération en génération, depuis l’époque du roi David, il a été appliqué par la communauté juive à l’époque du Talmud sous la domination perse, et il est inscrit dans la halakha dans le Choulhan Aroukh, lois du Chabbat, chapitre 329.

La Torah clarifie que même la plus petite atteinte au territoire entraînera d’énormes vulnérabilités sécuritaires. Maintenant, ce n’est pas limité à Israël, cela concerne la sécurité partout. Abandonner le contrôle sur un territoire peut apporter un gain à court terme, mais très bientôt l’ennemi reviendra par vengeance.

La réalité difficile est que vous devez contrôler le territoire. Le Rabbi note que la Torah enseigne de manière non équivoque que si votre adversaire contrôle le territoire, il utilisera cette ouverture pour causer des dommages de plus en plus grands, et cela laissera tout Israël vulnérable à leurs attaques.

Quatrième point : Les dangers de l’autonomie – Une mise en garde prophétique

D’accord, dirons-nous, nous n’abandonnerons pas de territoire. Mais qu’en est-il d’un certain niveau d’autonomie gouvernementale ? Ou en d’autres termes, d’autonomie. Voulons-nous vraiment que Tsahal gouverne des millions d’Arabes ? Peut-être est-ce un compromis sage, une façon de réduire la présence d’Israël tout en diminuant la menace terroriste.

Mais le Rabbi a averti que la Torah met en garde que cette autonomie n’est pas un compromis de bonne volonté ou un pont vers la paix. Elle sera un tremplin vers le terrorisme, D.ieu nous en préserve. Appelez cela autodétermination. Appelez cela nomination de modérés qui travailleront avec Israël pour maintenir la paix. Peu importe comment vous l’appelez – c’est abandonner le contrôle.

Vous n’avez pas besoin de vous fier aux paroles de la Torah à ce sujet. Regardez l’histoire. C’est cohérent à cent pour cent. « Votre argument est : ‘Nous parlons seulement d’autonomie’. Il ne s’agit pas d’accorder l’autonomie aux Juifs. Il s’agit d’accorder l’autonomie à ceux qui ont déjà une certaine mesure d’autonomie à Sichem, à Hébron, à Ramla et dans d’autres endroits. Nous voyons qui ils choisissent comme leurs représentants.

Et au moment où vous leur donnez l’autonomie, même civile, l’intention pratique est que vous avez renoncé à l’autorité d’être là les maîtres de maison ‘sauf pour maintenir la sécurité’. Et quand ils viennent et disent qu’ils ne veulent pas attendre cinq ans – comme stipulé dans l’accord, il suffit d’attendre cinq jours, et ils veulent envoyer les modérés, et que Tsahal se retire – puisqu’ils ont une police. Ils sont aussi autorisés à la gérer. Et donc ils auront des armes !

Dès le départ, vous vous êtes tiré le tapis de sous les pieds pour continuer à rester là. Dans les cinq premières minutes, quand ils reconnaîtront la force qu’ils ont, vous aurez perdu toute capacité d’influencer la situation. S’ils avaient tenu ferme dès le début, cela n’en serait pas arrivé à ces exigences, mais maintenant c’est encore plus facile, que ce que ce sera, D.ieu nous en préserve, si l’impensable arrivait, si ils signent le texte qui est maintenant proposé, D.ieu nous en préserve.

Sans aucun doute, en plus du jugement susmentionné, cela augmente le danger mortel de manière incommensurable, si l’impensable arrivait, sans aucun doute, sur la base des faits qui ont été jusqu’à présent, peu de temps après cela, ils arriveront avec de nouvelles demandes, y compris des demandes de la part des extrémistes parmi eux : que je ne veux pas mentionner. »

Vous ne pouvez pas regarder votre intention quand vous parlez de gouvernement autonome. Pour Israël, l’intention est peut-être une chose. Une certaine mesure d’administration civile, mais l’autre partie le prendra comme un pas vers la souveraineté, les armes, la guerre et la conquête. Cette déconnexion, dit le Rabbi, crée un danger tangible.

Cinquième point : L’illusion des forces internationales de maintien de la paix

D’accord, si nous ne pouvons pas faire confiance aux résidents pour se gouverner eux-mêmes, qu’en est-il du déploiement de forces internationales qui seraient responsables du maintien de la paix ? Cette proposition semble assez stabilisante. Amenons une coalition d’armées professionnelles de pays qui ne sont pas hostiles à Israël, une force avec une structure de commandement organisée qui s’engage à maintenir le contrôle.

En réalité, note le Rabbi, cela n’a jamais fonctionné. Vous abandonnez encore le contrôle de votre territoire. Si c’est trop dangereux pour vos forces de protéger les citoyens juifs, pourquoi vous attendriez-vous qu’un autre pays fasse la même chose ? Chaque pays a ses propres intérêts nationaux.

L’idée de forces internationales qui protégeraient Israël n’est pas une proposition nouvelle. Il y a eu beaucoup de tentatives, les forces UNIFIL-1, UNIFIL et d’autres. En 1978, immédiatement après l’opération Litani, quand Tsahal avait réussi à accomplir presque tous ses objectifs militaires au Liban, Israël a accepté de se retirer et de laisser le Canada, la Suède, la France et quelques autres pays responsables du maintien de la paix.

Cela semble séduisant, mais le Rabbi a appelé cela construire un faux réconfort qui simplement ne fonctionnera pas. En fait, il n’a pas fallu plus de quelques semaines avant que le Rabbi ait des exemples réels sur lesquels pointer. « Ils voulaient convaincre de quoi il s’agissait ? Que ce sera pris en charge par ‘l’épée de la paix’ de l’ONU. Et jusqu’alors ils le tiendront eux-mêmes.

Qu’a fait l’ONU ? Quand les terroristes se sont dressés contre eux, les Français ont expliqué qu’ils ne pouvaient pas mettre en danger leurs soldats, alors ils se retireraient et resteraient dans leurs positions, jusqu’à ce que les terroristes acceptent qu’ils puissent le faire… » Bien sûr, cette zone est exactement l’endroit où le Hezbollah s’est établi peu de temps après cette conversation.

Peu importe si c’est un pays ami. La Torah déclare que la présence de toute force étrangère, même amicale, « l’épée de la paix » à laquelle le Rabbi a fait référence, est perçue comme le contraire d’une bénédiction. C’est un moment de décision.

Une guidance intemporelle pour des défis contemporains

Nous n’avons pas parlé aujourd’hui des standards de la Torah pour terminer une guerre. Cela est discuté dans une autre vidéo dans le contexte iranien, lien ci-dessous. Le poids des deux dernières années pèse très lourdement sur le peuple juif en Israël et dans le monde. Nous aspirons tous à ce que cela se termine.

Les guerres sur d’innombrables fronts, la souffrance insupportable des otages, les soldats qui ont sacrifié leur vie, et les réservistes dont la vie a été bouleversée. Nous voulons que tout se termine. Mais si nous voulons la paix, et ne pas retourner à la même situation encore, D.ieu nous en préserve, nous devrons adopter ce que la Torah nous dit.

Si vous abandonnez le contrôle du territoire, que ce soit par l’autonomie, les forces étrangères, ou un type de situation intermédiaire, cela ne mènera pas à la paix, mais à un autre retour, D.ieu nous en préserve. Une paix véritable et durable ne peut être construite que sur la clarté, la responsabilité et la vérité. La force que nous savons qui peut se produire, quand nous sommes ancrés dans la guidance éternelle de la Torah.

 

Attaque antisémite à Melbourne : le Rav David Grutnik appelle sa communauté à rester fière

Attaque antisémite à Melbourne : le Rav David Grutnik appelle sa communauté à rester fière

Une synagogue du centre-ville de Melbourne a été la cible d’un incendie criminel vendredi soir, interrompant brutalement les célébrations de Chabbat. Le Rav David Grutnik, dirigeant spirituel de l’établissement, témoigne de cette agression qui s’inscrit dans une série d’actes antisémites préoccupants en Australie. Malgré ce climat de tension, le leader religieux encourage sa communauté à continuer de vivre ouvertement son judaïsme.

 

Le Rav David Grutnik de Melbourne livre un témoignage poignant suite à l’attaque incendiaire de sa synagogue survenue pendant les célébrations de Chabbat. L’incident, qui a provoqué des dégâts limités grâce aux mesures de sécurité en place, s’inscrit dans un contexte d’augmentation des actes antisémites en Australie. Le responsable religieux appelle néanmoins sa communauté à ne pas céder à la peur et à continuer de vivre fièrement son identité juive dans un pays qu’il considère fondamentalement sûr.

Un Chabbat paisible interrompu par les flammes

Les événements se sont déroulés dans une atmosphère de sérénité caractéristique du Chabbat. « Nous étions donc en train de prendre le repas de Chabbat en chantant des chants traditionnels de joie et les enfants jouaient à l’intérieur de la synagogue », relate le Rav Grutnik. Cette synagogue du cœur de Melbourne accueille régulièrement des visiteurs du monde entier, créant une ambiance cosmopolite et chaleureuse.

L’alerte a été donnée par un enfant qui avait remarqué une activité suspecte à l’extérieur. « L’un des enfants est venu me dire que quelque chose d’étrange se passait, que quelqu’un sonnait à la porte », explique le dirigeant religieux. C’est en se dirigeant vers l’entrée que la fumée s’échappant sous la porte a révélé la gravité de la situation.

Une intervention rapide limite les dégâts

La réaction coordonnée des fidèles et des riverains a permis de maîtriser rapidement l’incendie. « Des passants australiens, des gens du quartier avaient déjà appelé les pompiers », souligne le Rav, mettant en évidence la solidarité de la communauté locale. Les pompiers sont intervenus efficacement, transformant rapidement les lieux en scène de crime sous surveillance policière.

Les mesures de sécurité préventives ont joué un rôle crucial dans la limitation des dégâts. « Nous avons un dispositif de sécurité assez sérieux et c’est probablement ça qui nous a aidé car les portes sont en acier et non en bois », précise-t-il. Seule la façade de la synagogue a été endommagée, permettant aux activités religieuses de reprendre rapidement.

L’Australie face à une minorité haineuse

Le Rav Grutnik dresse un portrait nuancé de la société australienne, distinguant clairement la majorité bienveillante d’une minorité problématique. « L’Australie est un pays de 26,5 millions d’habitants et l’immense majorité de ces gens sont les plus merveilleux qui soient avec nous », affirme-t-il avec conviction.

Il décrit une population australienne naturellement accueillante : « Ils sont simples, ils aiment la plage, la télévision, ils aiment la bière, les barbecues, le sport. Ils sont vraiment amicaux, chaleureux. Ils aiment les juifs, ils aiment les Israéliens. »

Cependant, le responsable religieux identifie des facteurs d’influence négatifs qui alimentent la haine. « Malheureusement, sous l’influence de toutes les choses insensées qui pèsent sur les gens aujourd’hui comme les réseaux sociaux, la politique, l’actualité, il y a des personnes qui ont beaucoup de haine dans leur cœur », analyse-t-il.

Une résurgence inquiétante de l’antisémitisme

L’incident s’inscrit dans une série d’événements préoccupants qui marquent un tournant. « On ne peut pas nier qu’il y a maintenant une série d’événements qui les uns après les autres nous font prendre conscience qu’il existe une frange de la population, une partie qui est très hostile », constate le Rav Grutnik.

Cette résurgence s’appuie sur des mécanismes anciens mais persistants : « Il y a des gens qui utilisent et exploitent ces circonstances pour attaquer les juifs et pour se délecter de la haine millénaire de l’antisémitisme. » Le leader religieux établit ainsi un lien entre les tensions contemporaines et l’antisémitisme historique.

Un appel à la fierté contre la peur

Face à cette situation, le Rav Grutnik adopte une position ferme contre la stratégie de repli. « Mon rôle en tant que Rav est de leur dire de ne pas avoir peur », déclare-t-il, citant le précepte hébraïque « Al tira » (ne crains point).

Sa philosophie repose sur l’idée que l’authenticité protège mieux que la dissimulation : « Vous devez croire qu’être un juif fier, c’est être un bon juif. Il n’y a jamais eu d’avantage à vivre son judaïsme en cachette. Au final, il vous retrouve de toute façon. »

Le dirigeant religieux maintient sa confiance dans le caractère fondamentalement sûr de l’Australie, malgré les inquiétudes légitimes. « Si nous sommes fiers de qui nous sommes, les gens nous respecteront encore plus », conclut-il, prônant une approche de dignité face à l’adversité.

Cette position reflète une stratégie de résistance par l’affirmation identitaire, refusant de laisser la peur dicter le mode de vie de la communauté juive australienne.