19 Kislev (1798) et 12 Tamouz (1927) : Les deux étapes de la transformation spirituelle de la France

19 Kislev (1798) et 12 Tamouz (1927) : Les deux étapes de la transformation spirituelle de la France

Dans les annales du temps, se dessinent deux moments de transcendance, deux instants de métamorphose spirituelle pour la France. Le 19 Kislev a marqué le point de départ, l’éclat initial qui a éveillé les âmes à la lumière de la Torah. Puis, le 12 Tamouz est venu sceller cette transformation, libérant la nation de ses entraves spirituelles et lui ouvrant les portes d’une nouvelle destinée.

 

Rav Haïm Mellul

 

Le 15 Sivan 5687 (1927), commença l’incarcération bien connue du Rabbi Rayats. Au milieu de la nuit, il fut arrêté dans sa maison, à Leningrad et conduit à la prison Shpolerki, accusé d’avoir agi, avec abnégation, pour maintenir vivace la flamme du Judaïsme en Union soviétique.

Les autorités voulurent condamner le Rabbi Rayats à la peine capitale, mais, grâce à différentes démarches et à la bonté de D.ieu, celle-ci fut commuée d’abord en dix ans d’exil dans les îles slovaques, puis en trois ans d’exil à Kostroma.

Le 3 Tamouz, le Rabbi Rayats fut effectivement exilé à Kostroma, mais, peu après, le 12 Tamouz, sa libération définitive lui fut signifiée. Le 13 Tamouz, il quitta Kostroma pour rejoindre la cour de Loubavitch, à Leningrad. Quelques semaines après cette libération, au lendemain de la fête de Soukkot 5688 (1927), le Rabbi quitta la Russie et il parvint à Riga, en Lettonie.

La libération du Rabbi et son départ de Russie reçurent, par la suite, une signification plus importante et plus large, parce qu’une période nouvelle commença, grâce à cela, dans son œuvre et dans l’influence qu’il exerçait dans son entourage, y compris auprès des nations du monde et, notamment, en France.

Le Rabbi, chef de notre génération, évoqua cette importante signification, dans l’une de ses causeries, qu’il prononça à l’occasion de la fête de la libération, le 12 Tamouz 5749 (1989), qui était, cette année-là, le saint Chabbat Parchat ‘Houkat – Balak. Un important groupe d’invités de France, revenu à la pratique de la Torah et des Mitsvot grâce à ses émissaires, se trouvait alors chez le Rabbi.

Lors de cette réunion ‘hassidique, le Rabbi établit un lien entre l’arrivée de ces invités, venus de France et la libération du 12 Tamouz. Il développa, en particulier l’explication suivante(5) :

« On sait la relation que l’Admour Hazaken avait avec la Russie et la France. Quand ces deux pays étaient en guerre, il voulut la victoire de la Russie, contre la France, car la situation morale des enfants d’Israël, pour tout ce qui concerne leur crainte de D.ieu, serait meilleure sous l’autorité de la Russie que sous celle de la France ».

« On peut observer concrètement qu’en toutes les générations, depuis le Baal Chem Tov, jusqu’à mon beau-père et maître, le Rabbi, chef de notre génération, pendant les premières années de sa direction des ‘Hassidim, la révélation et la diffusion de l’enseignement de la ‘Hassidout se faisaient précisément en Russie ».

« Il en résulte que, même après la libération de l’Admour Hazaken, le 19 Kislev, lorsque : ‘l’Eternel a accompli des merveilles aux yeux des princes et de toutes les nations, dans toutes les provinces du Roi’, la transformation de la France n’avait pas encore été réalisée. Ce pays était et il restait dans une situation inférieure, par rapport à ce que doit être un comportement basé sur la crainte de D.ieu, selon la voie de la ‘Hassidout ».

« En la matière, un fait nouveau a été introduit par le chef de notre génération. Avant même de prendre la direction des ‘Hassidim, il a agi en France et il a transformé le pays. Quand il quitta la Russie, après la libération des 12 et 13 Tamouz, il envoya des émissaires et des manuscrits de ‘Hassidout, en France ».

« Par la suite, ce processus s’amplifia, jusqu’à ce jour et l’on peut observer concrètement, ces dernières années, la grande action de diffusion des sources de la ‘Hassidout à l’extérieur, qui est réalisée en France. De nombreux Juifs s’y sont rapprochés de la Torah et du Judaïsme. Ils se sont attachés au chef de la génération, à celui dont nous célébrons la libération. Désormais, ils étudient son enseignement ».

« Ils sont ainsi devenus des « lumières pour éclairer », en se consacrant à la diffusion de la Torah et du Judaïsme, à la diffusion des sources de la ‘Hassidout à l’extérieur, au point d’agir également sur les nations du monde qui se trouvent dans ce pays, afin qu’elles mettent en pratique les sept Mitsvot des descendants de Noa’h ».

« Cela veut dire que la libération du 12 Tamouz souligne l’action et l’influence exercée sur les nations du monde, y compris les plus basses, jusque dans le pays duquel l’Admour Hazaken craignait l’impact et l’autorité sur la situation morale des enfants d’Israël ».

« De cette façon, a été conduite à son terme la préparation de la délivrance véritable et complète, lorsque, d’une manière concrète et évidente, la Résidence de D.ieu, béni soit-Il, sera parmi les créatures inférieures, les plus inférieures qui soient »

Révélation de Celui Qui possède la vie éternelle dans les domaines du monde

A la suite de ces propos, le Rabbi établit un lien également entre la délivrance du Rabbi Rayats, le 12 Tamouz et l’arrivée de ces personnes qui avaient été rapprochées de la pratique juive en France. Le Rabbi dit ceci :

« Tout ce qui vient d’être exposé est encore plus clairement souligné parce que, dans cette réunion ‘hassidique en l’honneur de la fête de la libération du 12 Tamouz, dans les quatre coudées de celui dont nous célébrons la libération, se trouve un groupe de Juifs venus de France, qui ont été rapprochés de la Torah et des Mitsvot telles qu’elles sont pénétrées du luminaire de la Torah, l’enseignement de la ‘Hassidout, en conséquence du fait nouveau qui a été introduit par celui dont nous célébrons la libération, dans la diffusion des sources de la ‘Hassidout à l’extérieur. »

« Il est donc judicieux de les honorer en leur demandant de dire Le’haïm et un chant joyeux, l’hymne de la France qui a été transformé en sainteté. On notera que cet honneur est, en outre, une forme d’hospitalité. Cependant, ils le feront, non pas en tant qu’invités, mais comme des maîtres de maison, qui, notamment, seront rejoints par tous les présents, qui chanteront avec eux ».

« On rappellera que ces jours-ci marquent le bicentenaire de la révolution française, dont l’Admour Hazaken craignait les conséquences. Et, ceci a également été transformé en sainteté. On obtient, de cette façon, la révolution française dans sa dimension positive, la diffusion de la Torah et du Judaïsme, la diffusion des sources de la ‘Hassidout à l’extérieur, en France ».

« Ceci s’exprime aussi dans l’hymne de la France, un chant révolutionnaire, que l’on transforme en sainteté, ‘le pouvoir et la fidélité appartiennent à Celui Qui possède la vie éternelle’, comme c’est le cas pour la marche de Napoléon, que de nombreuses communautés des enfants d’Israël ont coutume de chanter à la fin et à la conclusion du jour sacré de Yom Kippour ».

« Et, l’on consultera, à ce propos, le Sefer Ha Si’hot 5703 selon lequel l’Admour Hazaken demanda qu’on lui fasse connaître la marche avec laquelle les Français avaient traversé la frontière russe. On le chanta donc devant lui et il constata que c’était une marche de victoire. Il resta alors profondément concentré, puis il conclut qu’au final, on emporterait la victoire ».

« Cette marche est chantée sur les mots : ‘le pouvoir et la fidélité appartiennent à Celui Qui possède la vie éternelle… la louange et la gloire appartiennent à Celui Qui possède la vie éternelle’. La signification de ces mots indique le dévoilement et la révélation de ‘Celui Qui possède la vie éternelle’ dans tous les domaines du monde, qui sont figurés par les vingt-deux lettres de l’alphabet, de l’Aleph jusqu’au Tav, par lesquelles le monde fut créé, ‘le pouvoir et la fidélité appartiennent à Celui Qui possède la vie éternelle… la louange et la gloire appartiennent à Celui Qui possède la vie éternelle’ ».

« Puisse D.ieu faire que ce qui vient d’être dit se renforce chez les membres de ce groupe, avec tous les participants à cette réunion ‘hassidique, au sein de tous les enfants d’Israël, où qu’ils se trouvent ».

« Et, que ceci se renforce encore plus quand ils rentreront chez eux. Ils étendront ainsi leur action au monde entier, depuis : ‘le pouvoir et la fidélité appartiennent à Celui Qui possède la vie éternelle’ jusqu’à : ‘la louange et la gloire appartiennent à Celui Qui possède la vie éternelle’ ». 

A l’issue de ces propos, le Rabbi s’adressa au groupe d’invités venus de France et il leur dit, en français :

« Que tous les invités venus de France pour la fête de la libération soient les bienvenus. Vous aurez l’honneur de chanter votre chant, ‘le pouvoir et la fidélité appartiennent à Celui Qui possède la vie éternelle’ jusqu’à : ‘ la louange et la gloire appartiennent à Celui Qui possède la vie éternell ».

« Lorsque vous rentrerez chez vous, vous diffuserez le message selon lequel : ‘‘le pouvoir et la fidélité appartiennent à Celui Qui possède la vie éternelle’ jusqu’à : ‘la louange et la gloire appartiennent à Celui Qui possède la vie éternelle’. Tout ceci sera dans la joie et dans l’enthousiasme, avec un bon Mazal, d’une manière fructueuse et bénie ».

Le Rabbi commença ensuite à chanter Ha Adéret Ve Ha Emouna. Concrètement, ces propos du Rabbi sur la signification de la libération du Rabbi Rayats, le 12 Tamouz 5687 (1927) et sur le lien qui peut être établi entre cette délivrance et l’action du Rabbi Rayats en France, permettent de comprendre plus profondément l’action importante qui fut menée par le Rabbi Rayats en France, pendant la décennie qui suivit sa libération.

Comme on le montrera ci-dessous, le Rabbi Rayats, pendant ces dix ans, se rendit en France, à Paris à de multiples reprises. Il mena une intense action auprès de personnalités et de dirigeants français. Il prit l’initiative d’organiser des réunions de Torah et de ‘Hassidout.

Le Rabbi Rayats diffusa lui-même la ‘Hassidout en France. Il intervint également par l’intermédiaire de son gendre, le Rabbi, chef de notre génération, de ses émissaires et de ses ‘Hassidim. De nombreuses actions furent menées de cette façon. Toutes furent, comme le souligna le Rabbi, une conséquence de sa libération du 12 Tamouz 5687 (1927).

 

« De la théorie à la pratique : Appliquer les enseignements du Rabbi dans un monde en mutation » par le Rav Haïm Mellul

« De la théorie à la pratique : Appliquer les enseignements du Rabbi dans un monde en mutation » par le Rav Haïm Mellul

Le Rav Haim Mellul, lors du Farbrenguen de Youd Beth Tamouz 5784 au Beth Habad de Flandre, nous a livré un enseignement profond sur l’importance des paroles du Rabbi de Loubavitch dans notre vie quotidienne. À travers le concept de « Hitvaadouiot Peiliot » (Farbrenguen actif), il nous a montré comment chaque rencontre, chaque étude, et chaque action peuvent être transformées en opportunités de croissance spirituelle et de préparation à la venue du Machia’h.

 

 

L’expression « Hitvaadouiot Peiliot » signifie qu’un Farbrenguen doit toujours être suivi d’une incidence sur l’action concrète. C’est-à-dire que le Rabbi nous montre en un seul terme comment il faut savoir évaluer la situation dans laquelle on se trouve.

L’étude de la Torah : Se décentrer de soi

L’étude de la Torah a pour objectif d’intégrer en soi ses enseignements. Pour y parvenir, il est nécessaire de faire abstraction de sa propre personne et de ne pas se focaliser sur soi-même. L’attention doit être entièrement portée sur l’idée étudiée. Cette approche permet une compréhension plus profonde et une assimilation véritable des concepts de la Torah.

L’importance de l’évaluation correcte des situations

L’objectif principal d’un Farbrenguen est d’apporter un changement concret dans l’action. Il est crucial de comprendre dans quel contexte une situation doit être abordée. Cependant, il faut éviter de déterminer à l’avance le cadre précis dans lequel on doit agir. Une telle approche rigide pourrait nous faire passer à côté du véritable but.

L’histoire du Hassid et de l’opération

Un jour, un Hassid tomba malade. Les médecins lui dirent : « Vous avez besoin d’être opéré. Il y a deux façons de procéder : la première et la seconde. » Le Hassid se dit alors : « Je vais demander au Rabbi quelle méthode choisir. » Il se rendit en Ye’hidout (il avait facilement accès au Rabbi) et exposa la situation : « Voilà, il y a deux façons de procéder. Dois-je choisir la première ou la seconde ? »

Le Rabbi lui répondit par une question : « Mais pourquoi ne me demandez-vous pas s’il faut faire l’opération ou non ? » À cet instant, le Hassid réalisa son erreur. Il comprit qu’il avait mal évalué la situation et ce que le Rabbi attendait de lui. Confus, il s’excusa : « Je suis désolé, je recommence. Dois-je faire l’opération ou pas ? » Le Rabbi lui répondit alors : « C’est trop tard. Vous êtes entré dans mon bureau avec l’idée que l’opération était indispensable. Je ne peux plus rien faire pour vous. »

Les conséquences d’une mauvaise évaluation

Une évaluation erronée d’une situation peut nous empêcher d’en tirer tous les bénéfices possibles. Le Farbrenguen a pour objectif principal d’engendrer un changement concret dans nos actions. Son efficacité dépend grandement de l’état d’esprit de chaque participant.

Lors d’un Farbrenguen, il est crucial de reconnaître que D.ieu nous offre une opportunité unique de réexaminer notre comportement et d’envisager des actions dont nous ne nous sentions pas capables auparavant. Cette prise de conscience transforme notre participation en une véritable responsabilité.

La question fondamentale du Farbrenguen

Assister à un Farbrenguen implique donc de se poser la question suivante : « Comment ce moment va-t-il me permettre de réévaluer et de transformer mon comportement ? » Cette réflexion nous incite à rester ouverts aux nouvelles perspectives, à remettre en question nos habitudes, et à saisir pleinement l’occasion de croissance spirituelle qui nous est offerte.

En adoptant cette attitude, nous maximisons le potentiel transformateur du Farbrenguen, permettant ainsi à ses enseignements de se traduire en changements tangibles dans notre vie quotidienne. Chaque Farbrenguen devient alors une opportunité précieuse de renouveau personnel et d’amélioration de nos actions concrètes.

L’enseignement de Tou B’Av : Nouvelles possibilités spirituelles

L’intensification de l’étude après Tou B’Av

La Guemara enseigne qu’à partir de Tou B’Av, on doit intensifier son étude de la Torah. La raison en est que, à partir de cette date, les nuits commencent à s’allonger. Comme le stipule la Guemara, la nuit a été créée spécifiquement pour l’étude de la Torah. Ainsi, l’allongement des nuits implique que nous devons consacrer plus de temps à l’étude.

La Guemara affirme que celui qui augmente son étude de la Torah à partir de Tou B’Av « ajoute de la vie à sa vie ». Cette déclaration soulève une question importante : comment interpréter ce conseil ?

Le paradoxe apparent

En effet, deux situations se présentent : Si une personne a la possibilité d’étudier davantage la Torah avant Tou B’Av, elle n’a aucune raison d’attendre cette date pour le faire. Si quelqu’un a déjà consacré chaque instant disponible à l’étude de la Torah jusqu’à Tou B’Av, il semble avoir déjà maximisé son temps d’étude.

Dès lors, une question se pose : qu’est-ce que Tou B’Av peut apporter de plus à ces personnes ? Comment peut-on comprendre cette injonction d’augmenter l’étude de la Torah à partir de cette date spécifique, et quel est le sens profond de « ajouter de la vie à sa vie » dans ce contexte ?

La révélation de nouvelles capacités

Le Rabbi nous enseigne que l’arrivée de Tou B’Av marque l’émergence d’une nouvelle possibilité, inexistante auparavant. Cette date révèle au monde une opportunité inédite accordée par D.ieu.

À partir de Tou B’Av, même celui qui a déjà optimisé chaque instant disponible pour l’étude de la Torah se voit offrir la capacité de faire davantage. Cette révélation s’applique même à ceux qui ont pleinement consacré leur temps à l’étude jusqu’à présent.

Ainsi, Tou B’Av ne représente pas simplement un changement dans le calendrier, mais une transformation spirituelle profonde. Cette date ouvre de nouvelles dimensions dans notre capacité d’étude et de croissance spirituelle. Elle nous invite à repousser nos limites et à découvrir des ressources intérieures insoupçonnées.

La Providence divine dans chaque Farbrenguen

L’enseignement du Baal Shem Tov

Un Farbrenguen représente un jalon important dans la vie d’un Juif. Le Baal Shem Tov enseigne que même pour une feuille morte, le nombre exact de rotations qu’elle effectue dans l’air avant de toucher le sol a nécessité une pensée spécifique de D.ieu durant les six jours de la Création. À plus forte raison, imaginez la pensée divine précise qui détermine la participation de chaque Juif à un Farbrenguen particulier.

Cette perspective nous invite à reconnaître le Doigt de la Providence divine dans les événements de notre vie. Ainsi, notre présence à un Farbrenguen n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat d’une intention divine spécifique remontant à la Création. Cette prise de conscience confère une dimension unique à notre expérience du Farbrenguen.

La responsabilité qui en découle

Cette compréhension engendre une responsabilité pour chaque participant. Elle nous incite à analyser en profondeur notre comportement et à réfléchir sur la manière dont nous pouvons le modifier grâce aux forces que le Rabbi nous transmet.

Lors d’un Farbrenguen, nous pouvons être certains de la présence spirituelle du Rabbi parmi nous. Même si nous ne le voyons pas physiquement, sa présence est indubitable.

En somme, participer à un Farbrenguen, c’est répondre à un appel divin spécifique. C’est saisir une opportunité unique de croissance spirituelle, guidée par les enseignements du Rabbi et soutenue par sa présence spirituelle. Cette perspective transforme le Farbrenguen en un moment de connexion profonde avec le divin et d’introspection personnelle significative.

La continuité spirituelle : Le microphone et le haut-parleur

L’histoire symbolique

Lors de l’arrivée du Rabbi aux États-Unis, le Rabbi précédent, qui éprouvait des difficultés d’élocution, l’a immédiatement chargé de diriger les Farbrenguen. Durant ces rassemblements, un microphone relié à un haut-parleur était installé dans le bureau du Rabbi précédent.

Après la Histalkout du Rabbi précédent, lors de son premier Farbrenguen, le Rabbi a fait une déclaration importante : « N’imaginez surtout pas que le microphone a été retiré. Il est toujours là ; seul le haut-parleur est monté un peu plus haut. Le microphone et le haut-parleur sont toujours à leur place. »

La signification profonde

Cette déclaration symbolique souligne la continuité spirituelle et la présence constante du Rabbi parmi nous. Elle nous rappelle que le Rabbi est toujours avec nous, même si sa présence n’est plus physique.

Cette idée s’inscrit dans une perspective plus large : D.ieu, durant les six jours de la Création, a prévu que chaque Farbrenguen soit un moment propice à notre progression spirituelle. Si nous abordons le Farbrenguen avec cette conscience, en nous appuyant sur les forces que le Rabbi nous a transmises, nous pouvons être certains que chacun en sortira avec un élan renouvelé dans son service divin.

En résumé, chaque Farbrenguen est une opportunité unique, pensée par D.ieu et soutenue par la présence spirituelle du Rabbi. C’est un moment privilégié pour faire un pas en avant dans notre croissance personnelle et notre connexion au divin. En participant avec cette conscience, nous nous ouvrons à une transformation profonde et durable dans notre vie spirituelle.

Youd Beth Tamouz : La libération universelle

L’inclusion de toutes les âmes

On établit un lien profond entre l’action concrète et la pensée, particulièrement en ce qui concerne les âmes. J’ai récemment appris que la libération concerne même celui qu’Israël appelle « kinouil » (surnom). Un surnom ne décrit pas l’essence complète d’une personne ; ce n’est ni le nom donné lors de la circoncision, ni celui inscrit sur les documents officiels. Le Rabbi nous montre ainsi que même quelqu’un qui semble éloigné peut tirer bénéfice de Youd Beth Tamouz.

La prédiction sur l’effondrement du communisme

En réfléchissant ensemble à ce que Youd Beth Tamouz peut apporter à chacun, rappelons-nous l’histoire du Rabbi précédent. Après sa libération de prison, il quitta la Russie quelques mois plus tard. Le Rabbi précédent déclara alors que son départ de Russie entraînerait l’effondrement du communisme. Cette prédiction mit plus de 60 ans à se réaliser.

Ce long délai est remarquable, d’autant plus que pendant cette période, l’URSS est devenue ce que le Rabbi appelait une « super power », une superpuissance. Pour ceux qui ont vécu dans les années 60-70, quand l’URSS était comparable aux États-Unis en puissance, il était inimaginable que le communisme s’effondrerait.

Ainsi, Youd Beth Tamouz nous rappelle que chaque âme, même celle qui semble la plus éloignée, a le potentiel de se libérer et de s’élever. Il nous encourage à avoir une vision à long terme et à garder confiance dans les processus de transformation, même lorsqu’ils semblent impossibles à l’échelle humaine.

La réalisation des paroles du Rabbi

L’histoire du professeur Branover

La prédiction du Rabbi précédent concernant l’effondrement du communisme s’est pleinement réalisée, malgré les apparences contraires du monde à l’époque. Cela nous enseigne que les paroles essentielles d’un Rabbi se concrétisent littéralement, même si la réalité immédiate semble les contredire.

Au moment où le monde entier disait que le communisme allait se durcir, il y avait le professeur Branover qui s’occupait des quelques Russes qui étaient en Israël à l’époque. Il rentra en Ye’hidout, et le Rabbi lui dit que les Juifs allaient sortir en masse de Russie et qu’il fallait préparer en Israël un endroit où ils pourraient habiter, où ils pourraient trouver du travail.

Le professeur Branover a raconté par la suite qu’il avait vraiment un dilemme quand il est sorti du bureau du Rabbi. Il s’est dit : « Le monde entier dit que le communisme va devenir beaucoup plus fort, le monde entier dit que le rideau de fer va se renforcer. Moi, je vais arriver en Israël et je vais dire maintenant que des millions de Juifs vont sortir de Russie, ils vont venir en Israël. Si je dis cela, je vais être complètement ridicule. »

La confirmation miraculeuse

Après, on voit comment le communisme s’est effectivement effondré. Et par la suite, Gorbatchev est venu en visite en Israël, quand il n’était déjà plus président. Le professeur Branover l’a accueilli et lui a dit : « Vous savez, au moment où le monde entier parlait d’un durcissement du communisme, le Rabbi savait déjà que vous alliez mettre fin au communisme. » Gorbatchev a répondu : « Je ne comprends pas, à l’époque je n’avais pas encore décidé de mettre fin au communisme. »

C’est cela, on voit comment le Rabbi précédent a dit quelque chose et cela s’est réalisé pleinement. Cela veut dire que le moment où le Rabbi dit que c’est la génération de la délivrance, même si tout semble indiquer le contraire, malgré tout il faut avoir la conviction profonde que ce que le Rabbi a dit va se réaliser pleinement. C’est cela aussi Youd Beth Tamouz. Youd Beth Tamouz, c’est le moment où on a vu clairement comment ce que le Rabbi précédent a annoncé s’est réalisé dans le monde jusque dans le moindre détail.

La mission de rassurer les Juifs

Dans une période anxiogène

Cela veut dire qu’on vit dans une période anxiogène, et cela veut dire que c’est sûr et certain que le Rabbi confie à chacun la mission de rassurer les Juifs. C’est important de rassurer un Juif, qu’un Juif se sente bien. Il faut expliquer à tout le monde que le monde n’est pas fini, que chaque détail de ce qui se passe dans le monde est voulu par D.ieu et que D.ieu n’abandonne pas Israël.

La protection divine constante

Ce n’est pas parce qu’on va enlever la Mezouza de la porte ou qu’on va changer le nom que cela va changer quelque chose. Un Juif qui marche dans la rue a la protection de D.ieu. La protection de D.ieu est maintenant exactement identique à tout ce qu’elle était avant. Et cela, c’est important de l’expliquer aux gens.

La Mezouza est faite pour augmenter la protection, pas pour mettre un Juif en danger. Il faut expliquer à tout le monde qu’on a plus besoin qu’avant d’avoir une Mezouza à la porte. Il ne faut pas penser qu’en retirant la Mezouza, on protège qui que ce soit.

L’histoire des concierges

Je raconte souvent cette histoire parce que je pense que c’est une histoire importante. À la fin des années 60, quand on a commencé à faire ce qui ne s’appelait pas encore à l’époque « Mitzvah Tank », on rendait visite aux familles. À l’époque, il y avait dans chaque immeuble une concierge. Quand on allait voir la concierge, on lui disait : « Vous avez des Juifs dans l’immeuble ? » Et à chaque fois, elle disait : « 2ème gauche, 3ème droite ». Lorsqu’on allait voir les Juifs, à chaque fois ils disaient : « Mais ce n’est pas possible, personne ne sait que je suis Juif. Comment vous le savez ? » Cela veut dire que ce n’est pas en se cachant qu’on arrive à avoir une protection.

L’imminence du Machia’h

Le message fondamental

Il faut savoir que D.ieu protège chacun, que D.ieu est avec chacun, et qu’il se passe des choses dans le monde qu’on ne comprend pas parce que D.ieu ne donne pas de comptes, parce qu’il y a des choses qui dépassent la logique. Mais il faut savoir que ce que le Rabbi nous a dit, que le Machia’h arrive d’une seconde à l’autre, et que maintenant on a besoin de se préparer à l’arrivée du Machia’h, parce qu’une action concrète positive qu’on fait maintenant en plus permettra de percevoir le Machia’h beaucoup plus profondément. Cela, maintenant, c’est encore plus important de le dire dans un monde où on a l’impression que le monde est livré à lui-même.

Providence divine et libre arbitre

L’enseignement de la Hassidout

La Hassidout nous enseigne que le moindre détail de ce qui se passe dans le monde est voulu par D.ieu. Cela veut dire qu’un homme ne peut pas faire du mal à un autre homme si ce n’est pas décidé par D.ieu. Cela semble remettre en cause la notion de récompense et de punition.

La conciliation des concepts

On dit que quelqu’un qui prend lui-même la décision de faire du bien à un autre, alors le fait que c’est lui qui a pris la décision justifie qu’on lui donne une récompense. Si quelqu’un prend lui-même la décision de faire du mal à quelqu’un d’autre, alors sa décision personnelle justifie qu’il soit puni.

L’attitude recommandée

La Hassidout nous enseigne qu’un Juif devrait adopter l’attitude suivante : « S’il y a une bonne action à accomplir pour quelqu’un d’autre, je me porte volontaire pour la réaliser. En revanche, s’il s’agit de causer du tort à autrui, je refuse d’y participer. Si telle est vraiment la volonté de D.ieu, Il trouvera un autre moyen de l’accomplir. Mais je ne veux pas être l’instrument d’une action négative envers un autre Juif. »

Cette approche concilie effectivement la providence divine avec le libre arbitre et la responsabilité individuelle. Elle nous encourage à choisir activement le bien et à refuser d’être l’agent du mal, tout en reconnaissant la souveraineté ultime de D.ieu sur tous les événements.

La nature de la récompense et de la punition

Il est important de comprendre que la récompense d’un homme n’est pas basée sur l’action concrète qu’il a réalisée, car si ce n’était pas lui, quelqu’un d’autre l’aurait faite. Sa récompense vient plutôt de son désir que cette bonne action passe par lui. De même, la punition d’une personne qui fait du mal à une autre ne vient pas du mal lui-même, car celui-ci se serait produit de toute façon. La punition est liée à la pulsion négative, au désir que le mal passe par elle.

Le concept de « Raz Maï »

Notre nature divine

Rien dans ce monde ne se produit par hasard ou de manière autonome. Chaque événement, chaque détail de notre existence, est l’expression de la volonté divine. Cette compréhension fondamentale nous libère de toute crainte infondée.

Le concept de « Raz Maï », qui signifie « il me ressemble, il ressemble à mon père », nous rappelle notre nature divine. Nous sommes créés à l’image de D.ieu, porteurs d’une étincelle de Sa divinité. Cette ressemblance n’est pas seulement physique mais surtout spirituelle, nous conférant une dignité et une responsabilité uniques.

Source de réconfort et de force

En ces temps troublés, ce message revêt une importance capitale. Il est crucial de rappeler à chacun la présence constante et bienveillante de D.ieu. Il accompagne chaque Juif dans tous les aspects de sa vie, guidant ses pas et veillant sur lui.

Cette conscience profonde de la providence divine, associée à la compréhension de notre rôle dans le plan divin, constitue une source inépuisable de réconfort et de force. Elle nous permet d’aborder les moments difficiles avec sérénité et confiance, en sachant que rien n’échappe au contrôle de D.ieu. Chaque épreuve, aussi difficile soit-elle, a un sens et un but précis dans notre croissance spirituelle.

Double mission

En intériorisant ce message et en le partageant avec les autres, nous accomplissons une double mission :

Sur le plan personnel : Nous cultivons une paix intérieure qui nous soutient face aux défis de la vie. Cette paix n’est pas une simple absence de conflit, mais une confiance profonde en la bienveillance divine qui guide chacun de nos pas.

Sur le plan collectif : Nous devenons des phares de lumière et d’espoir pour notre entourage. En incarnant cette confiance et cette sérénité, nous inspirons les autres et les aidons à trouver leur propre force intérieure.

Ainsi, notre compréhension de la providence divine ne reste pas un concept abstrait, mais se transforme en une force active qui illumine notre vie et celle des autres. C’est en vivant pleinement cette vérité que nous contribuons à répandre la lumière divine dans le monde, préparant ainsi le terrain pour la rédemption finale.

La puissance de la confiance en le Rabbi

L’exemple de la maladie

Pour mieux comprendre cette idée, considérons la période où le Rabbi était malade et ne pouvait plus parler. Il répondait aux questions simplement en hochant la tête, par un signe oui ou non. Imaginons la situation suivante :

Une personne atteinte d’une maladie grave doit subir une opération risquée, dont l’issue est incertaine. Elle pose la question au Rabbi, qui répond par un simple hochement de tête affirmatif. Ce geste minimal, sans un mot prononcé, a un impact profond : la personne aborde l’opération avec sérénité, confiante d’avoir reçu la bénédiction du Rabbi.

L’application pratique

Cette anecdote illustre la puissance de la confiance en le Rabbi. Si un simple geste du Rabbi peut transformer l’état d’esprit d’une personne face à une situation critique, à plus forte raison devrions-nous être capables de modifier notre comportement en réponse aux enseignements que le Rabbi a répétés maintes fois.

Le Rabbi nous a constamment rappelé que le Machia’h peut arriver à tout moment, d’une seconde à l’autre. Cette affirmation ne doit pas être perçue comme une éventualité lointaine ou hypothétique. Au contraire, nous devons intégrer cette imminence dans notre vie quotidienne.

La distinction entre « Yira » et « Pa’had »

Deux types de sentiment

Dans la Hassidout, on établit une distinction importante entre deux concepts : « Yira » et « Pa’had ».

« Yira » peut être compris comme une crainte respectueuse ou une révérence. C’est un sentiment qui résulte d’un processus intellectuel, d’une réflexion approfondie. La personne, après avoir médité sur la grandeur de D.ieu ou sur l’importance d’un commandement, arrive à la conclusion qu’elle doit éprouver un certain sentiment de respect ou de crainte. Ce sentiment, bien qu’il puisse affecter le cœur, trouve son origine dans l’intellect.

« Pa’had », en revanche, représente une peur ou une anxiété plus immédiate et viscérale. C’est un sentiment qui naît directement dans le cœur, souvent en réponse à un danger perçu comme immédiat et tangible. Il ne nécessite pas de réflexion préalable ; c’est une réaction émotionnelle instinctive.

L’importance de cette distinction

Cette distinction nous enseigne que la façon dont nous vivons et ressentons les choses peut varier considérablement selon que l’expérience est principalement intellectuelle ou profondément émotionnelle. Une idée qui reste au niveau de l’intellect, même si elle est parfaitement comprise, n’aura pas le même impact sur nos actions et notre comportement qu’un sentiment ressenti profondément dans notre cœur.

Vivre avec le Machia’h

Transformation de perception

Le Rabbi a cherché à transformer notre perception du Machia’h, passant d’une hypothèse théorique de la Torah à une réalité vécue quotidiennement. Vivre avec le Machia’h signifie reconnaître que chaque action positive – qu’il s’agisse d’étudier la Torah plus intensément, de prier avec plus de ferveur, d’aider un Juif à mettre les Tefilines, ou de poser une Mezouza – contribue à approfondir la révélation du Machia’h dans notre monde.

L’achèvement de l’Avodat Habirourim

Le Rabbi nous a enseigné que l’« avodat Habirourim » (le travail de raffinage spirituel) est achevé. Selon la Hassidout, cet accomplissement devrait entraîner la venue immédiate du Machia’h. Pourtant, nous constatons que le Machia’h n’est pas encore révélé. Le Rabbi n’a pas fourni d’explication directe à cette apparente contradiction, mais ses enseignements nous offrent des indices pour comprendre cette situation.

Le rôle des Mitsvot

Toutes les Mitsvot impliquent l’utilisation d’objets matériels, car leur but est de transformer la matière du monde. Cette idée s’applique également à l’être humain, comparé dans les textes à un « âne sauvage » qui doit apprendre à se maîtriser. Le moyen d’y parvenir est de s’imposer une discipline, guidée par la Torah.

La Torah fournit des instructions pour chaque instant de notre vie, nous montrant comment vivre en harmonie avec la volonté divine. Ce cadre constant nous permet de raffiner notre personnalité et d’élever notre être tout entier.

Notre travail continu

Dans ce contexte, on peut comprendre que même si l’« avodat Habirourim » global est achevé, notre travail personnel de raffinement continue. Chaque Mitsva que nous accomplissons, chaque moment où nous choisissons de vivre selon les enseignements de la Torah, contribue à préparer le monde pour la révélation finale du Machia’h.

Ainsi, bien que le Machia’h puisse venir à tout moment, notre rôle reste crucial : continuer à vivre avec la conscience du Machia’h, transformer notre environnement par nos actions positives, et nous raffiner personnellement. C’est peut-être dans cette tension entre l’imminence de la rédemption et notre travail continu que réside la réponse implicite du Rabbi à la question de l’attente prolongée du Machia’h.

L’analogie de la compensation sensorielle

L’enseignement du Rabbi

Le Rabbi nous dit : on voit qu’un aveugle, c’est quelqu’un qui a une ouïe très développée… A priori, on voit que la vision et l’audition sont deux sens qui sont totalement indépendants l’un de l’autre. Il n’y a pas une raison logique de penser qu’un aveugle va mieux entendre que les autres. Alors qu’est-ce qu’on voit ? On voit que la déficience d’un sens entraîne une suractivité de l’autre sens.

Application spirituelle

Lorsque les Mitsvot ont terminé de raffiner la matière du monde, parce que la matière du monde a été entièrement raffinée. Cela veut dire que la seconde utilité des Mitsvot, le raffinement de la personnalité, devient beaucoup plus important. Le Rabbi nous dit : finalement, le retard du Machia’h – le Rabbi ne dit pas qu’il faut abuser même des bonnes choses – mais le fait que le Machia’h ne soit pas encore là bien que l’avoda soit terminée, c’est une chance qui est donnée à chacun pour que chacun puisse intérioriser plus profondément en lui le « Machia’h ».

Ce texte présente une analogie puissante entre la compensation sensorielle chez les aveugles et le processus spirituel lié à l’attente du Machia’h. Il souligne que la période actuelle, bien que l’avodat habirourim soit terminée, offre une opportunité unique d’approfondir notre connexion personnelle avec le concept de Machia’h et de raffiner davantage notre personnalité à travers les Mitsvot.

Le niveau de Daat et les différences futures

La révélation de l’essence divine

On explique que Daat c’est le plus haut niveau de connaissance qu’un homme peut atteindre. Cela veut dire que viendra l’essence de D.ieu qui sera dévoilée dans le monde, et chacun pourra percevoir l’essence de D.ieu d’une façon de « daat ». Et après la fin du passouk, c’est « les katanim et les gdolim ». Là, on ne comprend plus. Ce n’est pas possible. Si l’essence de D.ieu est dévoilée dans le monde, que chacun a la possibilité de recevoir l’essence de D.ieu d’une façon de « daat », alors sur quelle base peut-on faire une différence entre les katanim et les gdolim ?

L’importance du travail actuel

Le Rabbi nous dit : toute la différence, c’est maintenant. C’est le travail qu’on fait maintenant. Tout ce qu’on peut accomplir maintenant, c’est ce qui permet que la perception du Machia’h d’une façon de « katnut », on arrive à la transformer en une perception de « gadlut ». C’est cela le point important pour soi-même et dans le message qu’on peut apporter aux autres.

L’universalité des enseignements du Rabbi

L’exemple des perroquets

Le Rabbi nous a donné des enseignements clairs sur chaque situation. Vous voyez, quand on regarde les Igrot Kodesh, on voit que c’est inimaginable. Il n’y a pas un sujet que le Rabbi n’a pas traité. Il y a une lettre, j’ai vu une lettre qui a été publiée il n’y a pas longtemps. Un Juif de New York écrit au Rabbi. Il dit : « J’ai deux perroquets chez moi à la maison. À votre avis, qu’est-ce que je dois faire avec ? » N’importe quel rabbin du monde qui reçoit une lettre comme cela, il la met à la poubelle. Le Rabbi lui répond par une lettre de deux pages, et avec toute une Hassidout.

Le Rabbi lui dit : « Vous savez, les perroquets sont des animaux qui aiment bien la liberté, qui vivent beaucoup mieux en liberté. Et c’est dommage que vous les gardiez chez vous à la maison. Essayez de les mettre dans un zoo. Et ici à New York, il y a plusieurs zoos, et je suis sûr que vous arriverez à trouver un zoo qui voudra adopter vos perroquets. »

La connexion à la Torah

Imaginez-vous comment le Rabbi se met au niveau de chacun, comment même quelqu’un qui pose la question la plus improbable, le Rabbi arrive à lui donner une réponse. Une réponse du Rabbi, c’est une partie de la Torah. Cela veut dire que le Rabbi, de cette façon-là, il arrive à attacher ce Juif-là à la Torah.

Vivre au quotidien avec les enseignements

On a vu comment le Rabbi a tellement encouragé la publication des Iguerot Kodech. On voit comment dans les Si’hot, dans les Maamarim, dans tout ce que le Rabbi nous a donné, on voit comment on a la possibilité de vivre au quotidien avec les enseignements du Rabbi. Et si on prend ces enseignements et que chacun arrive à les intégrer pour que, quand on arrive devant une situation, la première question qu’on se pose est : « Dans cette situation, qu’est-ce que le Rabbi attend de moi ? »

L’interpellation du Rav Yoel Kahn

La rencontre au Kotel

Lors d’un Farbrenguen à New York, le Rav Yoel Kahn partagea une expérience marquante. Au cours d’un voyage en Israël, alors qu’il se trouvait au Kotel, il fit une rencontre inattendue. Un membre d’un kibboutz de l’Hachomer Hatsaïr, mouvement généralement éloigné des pratiques religieuses traditionnelles, s’approcha de lui et demanda : « Est-ce que je peux faire quelque chose pour aider le Rabbi ? »

La question provocante

Frappé par la sincérité de cette question venant d’une source si improbable, le Rav Kahn utilisa cette anecdote pour interpeller son auditoire lors du Farbrenguen. Il posa alors une question provocante à l’assemblée : « Quand est-ce la dernière fois que nous, qui sommes supposés être proches du Rabbi, nous sommes-nous posé cette même question : ‘Que puis-je faire pour aider le Rabbi ?’ »

L’attitude proactive dans la vie spirituelle

Les questions essentielles

Cette réflexion nous invite à adopter une attitude proactive dans notre vie spirituelle. Nous devrions constamment nous poser ces questions essentielles : « Qu’est-ce que le Rabbi attend de moi ? Comment le Rabbi voudrait-il que je perçoive cet événement ? »

Lorsqu’un événement survient dans notre vie, il est crucial de comprendre qu’il ne s’agit pas d’un hasard, mais d’une manifestation de la volonté divine. Dans cette optique, les enseignements du Rabbi deviennent un outil précieux pour décrypter cette volonté. Ils nous aident à interpréter les événements de notre vie à travers le prisme de la sagesse hassidique.

Transformation de chaque expérience

Ainsi, face à chaque situation, nous devrions nous demander : « Comment dois-je comprendre cet événement à la lumière des enseignements du Rabbi ? Quelle leçon spirituelle puis-je en tirer ? » Cette approche transforme chaque expérience, qu’elle soit positive ou difficile, en une opportunité de croissance spirituelle et de connexion plus profonde avec la volonté divine.

L’objectif de Youd Beth Tamouz

Au-delà de la commémoration

Youd Beth Tamouz nous enseigne également cette capacité à décrypter les situations les plus improbables. L’exemple du Rabbi prédisant la chute du communisme alors que l’URSS était au sommet de sa puissance illustre parfaitement ce point. Avec le recul d’une génération, nous constatons comment les paroles du Rabbi se sont pleinement réalisées.

Cependant, le but de Youd Beth Tamouz va au-delà de la simple commémoration ou de l’écoute passive des enseignements. Il s’agit d’une invitation à l’introspection et à l’action personnelle. Chacun est appelé à :

  • Examiner sa propre vie à la lumière des enseignements du Rabbi
  • Réfléchir sur la manière d’intégrer profondément ces enseignements dans notre quotidien
  • Chercher à vivre chaque instant en connexion avec le Rabbi et ses directives

Transformation personnelle et collective

L’objectif ultime est de transformer notre perception du monde et notre comportement, de sorte que chaque moment de notre vie soit vécu en harmonie avec les enseignements du Rabbi. Cette approche nous permet non seulement de nous élever spirituellement, mais aussi de contribuer activement à la réalisation de la vision du Rabbi pour un monde meilleur et plus divin.

En adoptant cette perspective, nous faisons de Youd Beth Tamouz non pas simplement une date du calendrier, mais un catalyseur pour une transformation personnelle et collective continue, alignée sur les idéaux et les aspirations que le Rabbi nous a transmis.

L’histoire du Hassid de Samarkand

Survivre spirituellement dans l’isolement

Un jour, des Hassidim se rendirent en Russie et arrivèrent dans une petite ville nommée Samarkand. Là, ils firent une rencontre surprenante : un Hassid à la barbe complète, habillé selon la tradition hassidique. Cette vision était difficile à croire dans ce contexte.

Les visiteurs se demandaient : « Comment est-il possible de vivre pendant 70 ans dans une ville où il n’y a pas de minyan, en étant le seul Hassid de toute la communauté ? Comment peut-on survivre spirituellement dans de telles conditions ? »

La force d’un seul Maamar

Le Hassid, percevant leur étonnement, se dirigea vers un placard et en sortit un papier jauni par le temps. Il leur expliqua : « Voici le Maamar (discours hassidique) que j’ai entendu du Rabbi Rachab lors du dernier Chabbat que j’ai passé à Lubavitch. Cela fait 70 ans que je vis avec ce Maamar. »

La nature des épreuves (Nissayon)

Définition d’une épreuve

Lorsque le monde semble donner une impression contraire à nos attentes ou à nos croyances, il faut comprendre que c’est une épreuve (nissayon). Le but d’une épreuve est de la surmonter. Dans la Hassidout, on parle souvent de « Emounah » (foi), et il est intéressant de noter que cette foi est souvent associée au concept de « nissayon » (épreuve).

La Hassidout nous offre une définition profonde de ce qu’est un nissayon : Une épreuve, c’est arriver à conserver un comportement normal dans une situation anormale.

L’exemple d’Abraham

Cette définition est particulièrement pertinente dans le contexte actuel. La situation du monde peut sembler folle, l’obscurité n’a jamais paru aussi profonde, et des événements terribles se produisent partout. C’est précisément dans ces conditions que nous sommes confrontés à l’épreuve telle que la Hassidout la définit.

Surmonter l’épreuve, c’est l’ignorer. La Hassidout illustre souvent ce concept avec l’exemple d’Abraham Avinou :

D.ieu dit à Abraham : « Va sacrifier ton fils sur telle montagne. » Abraham commence alors à avancer vers cette montagne. Sur son chemin, il rencontre un fleuve qui lui barre la route.

Une analyse rationnelle de la situation pourrait être : « D.ieu me demande d’aller vers cette montagne, mais ce n’est pas possible, il y a un fleuve… Je ne peux pas traverser le fleuve, donc je devrais abandonner et rentrer chez moi. »

Cependant, Abraham Avinou ne raisonne pas de cette façon. Puisque D.ieu lui a demandé d’aller vers cette montagne, il entre dans l’eau jusqu’au cou. À ce moment-là, le fleuve disparaît.

Cette histoire enseigne que le but de l’épreuve est de l’ignorer, de continuer à avancer malgré les obstacles apparents.

Avodat Habirourim vs Avodat Hanissionot

Deux types de travail spirituel

Quelle est la différence entre l’Avodat Habirourim (le travail de raffinement) et l’Avodat Hanissionot (le travail des épreuves) ?

L’Avodat Habirourim concerne une réalité concrète. Par exemple, dans un aliment posé dans l’assiette, il existe un « nitzotz » (étincelle divine) qui ne peut s’élever par lui-même. Il faut mener un combat intérieur tout au long du repas pour s’assurer de consommer cet aliment dans le but de servir D.ieu. L’aliment, le plat et le « nitzotz » qu’il contient ont une existence tangible.

En revanche, le « Nissayon » (l’épreuve) n’a pas d’existence concrète. C’est un mirage, un moyen de tester notre solidité et de révéler les forces profondes que nous possédons pour surmonter l’épreuve. Le « nissayon » n’a pas de réalité substantielle dans le monde physique.

La révélation du potentiel

Une fois que chacun surmonte ses épreuves et constate que celles-ci n’ont pas eu d’impact réel sur sa foi ou son service divin, on réalise que le « nissayon » n’avait pas d’existence véritable. Il n’était qu’un outil pour stimuler notre croissance spirituelle et révéler notre potentiel caché.

Cette distinction nous aide à comprendre comment aborder différemment les défis matériels et spirituels dans notre service de D.ieu.

L’enseignement sur la Shoah

Une déclaration courageuse

Le Rabbi écrit dans les Igrot Kodesh une déclaration qui demande une grande force morale :

« Beaucoup de gens disent qu’ils sont devenus non-pratiquants à cause de la Shoah. Je considère qu’il n’y a pas un seul Juif qui est devenu non-pratiquant à cause de la Shoah. Si quelqu’un était réellement pratiquant avant la Shoah, il est resté pratiquant après. Si quelqu’un prétend être devenu non-pratiquant à cause de la Shoah, cela signifie qu’avant la guerre, il cherchait déjà un prétexte pour abandonner sa pratique. S’il n’avait pas trouvé le prétexte de la Shoah, il en aurait trouvé un autre. »

La nature de la foi profonde

Cette déclaration puissante souligne que la « emounah » (foi) profonde ne peut être ébranlée par des événements extérieurs, aussi traumatisants soient-ils. Une personne ayant une foi authentique et enracinée ne l’abandonnera pas, même face aux pires épreuves.

Le but d’un « nissayon » (épreuve) est de réveiller en soi des forces profondes qu’on n’aurait pas découvertes autrement. C’est à travers ces défis que nous révélons notre véritable potentiel spirituel.

Cette perspective nous offre une grille de lecture pour comprendre la période actuelle. Les difficultés que nous traversons ne sont pas destinées à ébranler notre foi, mais à nous permettre de découvrir et de mobiliser des ressources intérieures insoupçonnées, renforçant ainsi notre connexion avec D.ieu et notre engagement dans la pratique du judaïsme.

Deux perspectives sur les difficultés actuelles

La perspective superficielle

On peut regarder les choses superficiellement : c’est une période très dure et l’anxiété est terrible et les gens ne supportent plus.

La perspective spirituelle

Et après, il y a une autre possibilité : c’est de dire que D.ieu veut que chacun puisse révéler les forces profondes qu’il a. Et c’est cela la raison pour laquelle on est confronté à de si grandes difficultés. Et une fois que chacun aura pleinement utilisé ses forces, on verra que l’épreuve a servi à tout ce qu’elle pouvait servir. Elle a permis à chacun de révéler pleinement son potentiel. À ce moment-là, l’épreuve disparaît.

Si on regarde de cette façon-là, avec la paire de lunettes que le Rabbi donne à chacun, on voit le monde d’une manière complètement différente.

L’histoire des 1000 dollars

Le défi progressif

Une fois, en 1957, lors de la vente des « aliyot » à la Torah avant les « hakafot » de Simhat Torah que l’on vendait aux enchères, un Israélien est rentré au 770. Il entend qu’on vend les « aliyot » aux enchères. Et alors il lance : « 1000 dollars! » Dans les années 50, 1000 dollars était une fortune. Après qu’il a dit cela, il se dit : « Je suis fou, qu’est-ce que je viens de dire ? D’où vais-je trouver tout cet argent? »

Puis, il s’est dit : « Bon, ce n’est pas tout de promettre quelque chose, mais quand on prend un engagement, il faut le tenir. » Il a commencé à chercher l’argent, il a emprunté à ses connaissances, jusqu’à ce que finalement il arrive aux 1000 dollars. Tout fier de lui, il va au secrétariat du Rabbi, il dépose l’argent. Et le lendemain, le Rav Groner l’appelle. Il se dit : « Le Rabbi veut me féliciter. » Et le Rav Groner lui dit : « Voilà, le Rabbi a dit que l’année prochaine, tu reviens et tu offres 2000 dollars. »

La révélation du potentiel

Il a senti que le sol s’ouvrait et qu’il s’enfonçait dans la terre. Ce n’est pas possible, 1000 dollars j’ai eu un mal fou à les trouver, comment je vais trouver 2000 dollars ? Et puis après il s’est dit : « Bon, je relève le défi. » Il a mis de l’argent de côté pendant toute l’année. Après, l’année suivante, il retourne au 770 et au moment des « aliyot », quand ils vendent les « aliyot », il dit : « 2000 dollars !. » Il apporte l’argent et le lendemain, le Rav Groner l’appelle. Il commence à trembler parce qu’il se demande ce qu’il va lui demander le Rabbi cette fois-ci. Et Le Rav Groner lui dit : « Le Rabbi a dit que tu peux venir reprendre les 2000 dollars. Il voulait juste te montrer que tu en étais capable! »

L’enseignement

Cela signifie que chacun possède un potentiel en lui et que le Rabbi souhaite que chacun puisse pleinement le révéler. Il est toujours difficile d’exposer ses enfants à des situations difficiles. Il est certain que le Rabbi n’approuve pas l’obscurité dans le monde. Vous pouvez être assuré que là-haut, le Rabbi fait tout ce qui est nécessaire pour que cela se termine le plus rapidement possible. En même temps, il est essentiel de ne pas perdre la capacité de développer le potentiel que chacun peut avoir en de telles périodes. Chacun peut découvrir des forces en lui qu’il n’aurait normalement pas eues.

L’analogie de la bête sauvage

L’exemple classique de la Hassidout

Dans la Hassidout, l’exemple classique utilisé pour illustrer le dévoilement du potentiel intérieur de chacun est celui-ci : si quelqu’un est poursuivi par une bête sauvage, il est capable de courir très vite. Si, en revanche, il n’est pas réellement poursuivi par une bête sauvage mais essaie simplement de se convaincre intellectuellement qu’il l’est, il ne pourra jamais courir aussi vite que lorsqu’il est réellement en danger.

Cet exemple met en lumière la notion que les situations difficiles ou les défis réels révèlent souvent des capacités extraordinaires chez une personne. C’est un enseignement qui souligne que notre potentiel véritable se manifeste souvent lorsque nous sommes confrontés à des circonstances qui exigent une réponse immédiate et authentique de notre part.

L’application actuelle

Alors voilà, actuellement le Rabbi nous place dans une situation où nous pouvons atteindre une performance similaire à celle lorsqu’on est poursuivi par une bête sauvage, même sans être effectivement dans cette situation extrême. Le Rabbi nous met face à une opportunité exceptionnelle où chacun peut révéler un potentiel profond. Cela signifie que lorsque ce potentiel nous est accordé, il est primordial de l’utiliser pleinement.

L’histoire du chapeau retourné

L’opportunité manquée

Une fois, lors d’un Farbrenguen, le Rabbi a déclaré au milieu de la réunion : « Ceux qui veulent devenir riches, qu’ils retournent leur chapeau. » Mais ce qui est moins souvent raconté dans cette histoire, c’est qu’après cette déclaration du Rabbi, lorsque les gens ont pensé que c’était peut-être une plaisanterie, très peu l’ont pris au sérieux. Trois ou quatre personnes seulement ont agi en conséquence. Il y en avait même un qui, entre parenthèses, hésitait sur le sérieux de la remarque, retournant son chapeau, le remettant, le retournant à nouveau… On dit que cela reflétait les hauts et les bas de sa fortune, tout comme il retournait son chapeau.

La déception du Rabbi

Ce qui est souvent négligé mais particulièrement significatif, c’est que les hassidim étaient présents juste à côté du Rabbi lorsqu’il a fait cette déclaration au Farbrenguen. Juste après ses paroles, le Rabbi avait un visage marqué par une profonde déception. Il a alors dit : « Chacun attend un moment opportun, mais lorsqu’il se présente, on ne le saisit pas. » Ce sont les mots exacts du Rabbi.

Cela signifie que le Rabbi, à travers tous ses enseignements, nous montre les capacités extraordinaires que nous pouvons développer en période opportune. Oui, il faut saisir ces opportunités… Le Rabbi peut élever les gens au-delà de toutes les lois de la nature. C’est quelque chose que l’on ne peut même pas imaginer…

Les miracles médicaux du Rabbi

L’histoire de la bouteille de vodka

Mais je me rappelle une fois, lors d’un Farbrenguen de Sim’hat Torah, j’étais debout derrière le Rabbi. Il y avait un Juif qui était assis juste devant moi, et ce Juif-là venait de sortir de Russie. C’était un médecin. Et le Rabbi lui a demandé de faire une clinique. Le Rabbi lui parlait en hébreu. À un moment, le Rabbi prend une bouteille de vodka et il lui donne. Juste à côté, je raconte ce que j’ai vu. Le Rabbi lui donne la bouteille, il lui dit en hébreu : « Et avec cette bouteille, tu vas arriver à guérir les malades. »

L’histoire du Dr Seligson

Une fois, un homme de France est venu chez le Rabbi avec une maladie particulière. Lors de sa rencontre en privé (Yechidout), le Rabbi lui a dit : « Le docteur Seligson vous dira que ce que vous avez n’est pas grave. » Plus tard, il est allé consulter le Dr Seligson qui, après avoir examiné ses analyses, a dit : « Vous savez, ce que vous avez est sérieux. » L’homme a répondu : « Mais le Rabbi m’a dit que vous alliez me dire que ce n’est pas grave. » Le Dr Seligson, contrarié, a répondu : « Pourquoi ne pas me l’avoir dit tout de suite ? Nous allons recommencer la consultation. » Après un nouvel examen, il a confirmé : « Non, ce n’est pas grave, comme je vous l’avais dit… »

Les instructions du Rabbi au Dr Seligson

Une autre fois, lors d’un Farbrenguen, le Rabbi a parlé avec le Dr Seligson et lui a dit : « Il y a des médecins, et il y a de grands médecins. » Il lui a dit : « Pour devenir un grand médecin, chaque fois que je dis quelque chose, tu dois dire la même chose que moi. » Le Dr Seligson a pris cette directive au pied de la lettre et l’a suivie toute sa vie, exactement comme le Rabbi l’avait dit.

Prendre les paroles du Rabbi au pied de la lettre

L’application pratique

Ce que le Dr Seligson a accompli dans le domaine de la médecine, chacun peut le réaliser dans sa vie quotidienne. C’est-à-dire prendre les paroles du Rabbi au pied de la lettre, les intégrer pleinement dans sa vie. Par exemple, on peut étudier un Maamar ou écouter une Si’ha, trouver cela intéressant, puis le ranger dans la bibliothèque en pensant avoir terminé.

La métaphore du livre relié

Cependant, le Rabbi a dit dans une Si’ha : « Si tu veux être sûr de ne jamais étudier ce Maamar à nouveau, il y a une bonne méthode : prends le livre et relie-le des deux côtés. Comme ça, tu es certain de ne plus jamais l’ouvrir. » Après avoir relié le livre des deux côtés, il reste une possibilité : se dire que quand le Rabbi a prononcé ce Maamar, il l’a fait pour moi personnellement.

Si on étudie un Maamar parce que le Rabbi a dit ce Maamar pour moi, c’est une étude qui est complètement différente. Ce n’est pas du tout la même étude.

L’histoire de l’opération du cœur

La consultation personnelle

Une fois, il y avait une femme qui est venue me voir au Beth Habad. Elle m’a dit : « Je dois avoir une opération à cœur ouvert. J’ai très peur, je ne sais pas comment faire. » Alors je lui ai dit : « Allez chez le Rabbi. » C’était l’époque où il y avait les yéhidouts Klaliot, et le Rabbi recevait les gens en groupe. Revenue à Paris, elle me dit : « Écoutez, j’étais là-bas. Il a parlé en yiddish, je n’ai pas compris un mot de ce que le Rabbi a dit. Et j’ai aussi peur qu’avant. »

La découverte remarquable

Je lui ai dit : « On va regarder ce que le Rabbi a dit lors de cette Yehidout. » On a étudié les derniers mots que le Rabbi a dit : « Servir D.ieu avec un cœur entier. » Il n’a pas répondu, il n’a pas donné la Bra’ha. Après cela, j’étais vraiment impressionné. Je suis rentré chez moi, j’ai fait une recherche dans toutes les Yehidout Klaliot à l’époque. Le Rabbi a employé l’expression « servir D.ieu avec un cœur entier ». C’était la première fois qu’il utilisait cette expression précise. La première fois que cette expression est utilisée, c’est qu’il y avait dans la salle une femme qui était venue le voir pour lui demander une Braha pour une opération du cœur.

La grandeur du Rabbi

Il y avait des yéhidouts privées, on était reçu par le Rabbi, on voyait bien comment le Rabbi s’adressait à chacun. Alors que maintenant on est en groupe.. Le Rabbi a répondu à l’époque : « ce qui se passe pendant la yéhidout clali, c’est beaucoup plus que ce qu’il y avait pendant la yéhidout pratit. » Peut-être on peut dire que la grandeur du Rabbi, c’est qu’il arrive à dire une Si’ha pour tout le monde. Et quand il arrive à dire une Si’ha pour tout le monde, alors il arrive à inclure chacun en particulier dans cette Si’ha. À tel point que chacun peut dire que les mots de la Si’ha, les mots du Maamar s’appliquent à lui en particulier.

L’histoire de Rav Bentsion Chemtov

Le miracle de la communication personnalisée

Je me rappelle, il y avait une fois un Farbrenguen ici à Paris de Rav Bentsion Chemtov. Et lui, il a rencontré dans ce Farbrenguen… L’histoire est imprimée partout, mais on l’a entendue vraiment de sa bouche. Il a dit qu’en 1947, le Rabbi était à l’hôtel Place de l’Opéra. Et une fois, il y avait trois hassidim, lui et deux autres, qui sont allés le visiter parce que le Rabbi voulait leur parler. Et ils sont allés le voir. Il les a reçus dans le lobby de l’hôtel en bas. Il y avait plusieurs petites salles. Ils sont entrés dans une petite salle. Et il a dit : lui est assis au milieu, il y avait les deux autres qui étaient de part et d’autre. Et il a dit qu’au début, le Rabbi a commencé à lui parler à lui. Et il a dit qu’au moment où le Rabbi lui parle à lui, les deux autres se sont endormis. Et lui, il s’est dit : « Ce n’est pas possible, on ne peut pas dormir devant le Rabbi. » Il a essayé d’envoyer des coups de coude, il a essayé de les réveiller, ils ne se sont pas réveillés. Le Rabbi lui a parlé, il lui a dit tout ce qu’il avait à lui dire.

Et après, quand il a fini de lui parler à lui, il s’est tourné vers celui qui était à gauche. Et à ce moment-là, il s’est réveillé en sursaut et le Rabbi a commencé à lui parler. Au moment où le Rabbi a commencé à parler à l’autre, Benoni a senti qu’il avait envie de dormir. Et Il nous a dit lui-même, il a dit : « Je me suis dit qu’il ne faut pas que je dorme. J’ai vu comment ce n’est pas bien de dormir devant le Rabbi, je ne peux pas faire cela. » Il a dit : « 10 secondes après, je dormais. »

L’enseignement sur la communication divine

Et Le Rabbi a parlé a donc parlé aux trois Hassidim. Il voulait dire ce qu’il avait à dire uniquement à cette personne-là. À chaque fois, il parlait à un des trois de telle façon que les deux autres dormaient.

Cela veut dire que le Rabbi dit une Si’ha pour tout le monde. On voit que le Rabbi n’était pas content quand il y avait des gens qui dormaient au Farbrenguen. C’est arrivé plusieurs fois. Cela veut dire que le Rabbi ne voulait pas qu’on dorme. Que le Rabbi lui-même dit comment la Si’ha concerne chacun.

La clé pour vivre avec le Rabbi

L’approche personnelle

Et cela veut dire qu’on peut étudier une Si’ha comme un exercice théorique de Hassidout. Et puis si on prend 30 secondes avant d’ouvrir le Maamar, et qu’on se dit : « Le Rabbi a dit ce Maamar pour moi, il s’est adressé à moi au moment où le Rabbi a dit ces mots ». On arrive à comprendre d’une façon complètement différente.

La richesse universelle

Cela, c’est la clé. C’est comment il faut vivre la période de maintenant. C’est le moyen de ressentir le Rabbi dans chaque chose qu’on fait. Et cela, c’est quelque chose qu’on ne peut pas garder uniquement pour soi. Il faut amener cette façon de vivre à d’autres Juifs. C’est une richesse pour soi-même, c’est une richesse pour les autres Juifs, c’est une richesse pour le monde entier.

Les Accords de Camp David : Une Analyse Hala’hique du « Processus de Paix »

Les Accords de Camp David : Une Analyse Hala’hique du « Processus de Paix »

En 1978-1979, les Accords de Camp David établirent un processus de paix entre Israël et l’Égypte, par lequel Israël acceptait de céder le Sinaï, ses champs pétrolifères et ses bases aériennes en échange de la reconnaissance égyptienne. Bien que de nombreux experts considèrent ces accords comme un succès géopolitique majeur, le Rabbi de Loubavitch s’y opposa véhémentement, les jugeant contraires à la halakha et dangereux pour la sécurité d’Israël. Cette analyse présente les arguments halakhiques du Rabbi, particulièrement pertinents dans le contexte actuel du conflit

 

 

Pendant des décennies, les tensions ont bouillonné entre Eretz Israël et les pays arabes environnants, qui refusaient de reconnaître la légitimité de la patrie juive. Leurs antagonismes militaires fréquents menaient souvent à la guerre, alors qu’ils tentaient d’accomplir leur objectif proclamé : effacer complètement l’État d’Israël de la carte.

Le vent a commencé à tourner en 1977 lorsqu’Anouar Sadate, alors président de l’Égypte, annonça ses projets de visiter Jérusalem et de signer un accord de paix avec Israël. Finalement, cela conduisit à une série d’accords de paix négociés par les États-Unis, signés en 1978 et 1979, qui devinrent connus sous le nom d’Accords de Camp David. Dans le cadre de cet accord, l’Égypte acceptait de reconnaître politiquement l’État d’Israël et de cesser les hostilités militaires, tandis qu’Israël acceptait de céder le territoire qu’il avait pris dans le désert du Sinaï pendant la guerre de Kippour, ainsi que les champs pétrolifères et les bases aériennes qui s’y trouvaient, tout en s’engageant à trouver une solution pour l’autonomie dite palestinienne.

Bien que de nombreux experts considèrent ces accords comme le plus grand succès géopolitique d’Israël, le Rabbi de Loubavitch s’opposa véhémentement et critiqua ces accords. Le Rabbi s’exprima contre eux publiquement et privément, soutenant qu’ils étaient contraires à la halakha, illogiques et préjudiciables à l’intégrité d’Israël et à sa position dans le monde.

Les paroles des justes sont éternelles, et dans la situation actuelle, alors qu’Israël mène une campagne militaire historique, les paroles du Rabbi d’il y a près d’un demi-siècle offrent beaucoup d’éclairage sur les circonstances d’aujourd’hui. Nous espérons que cela fournira à nos lecteurs des perspectives et des orientations dans le conflit actuel, et que cela contribuera à la résolution positive du conflit, renforçant l’intégrité d’Eretz Israël et engendrant une paix durable.


I. La Halakha : Le Fondement Religieux

Les Accords de Camp David : Une Menace Déguisée

Les Accords de Camp David, que tant de Juifs espéraient voir apporter la paix si longtemps attendue, sont en réalité exactement le contraire. Ils constituent un grave danger pour la sécurité d’Eretz Israël, et sur la base du pikouah nefesh (sauvegarde des vies), la halakha interdit l’abandon de tout territoire nécessaire à la sécurité.

Comme il est dit dans le Choulhan Aroukh, Orah Haïm, 329:6 :

ובעיר הסמוכה לספר, אפילו אינן רוצים לבוא אלא על עסקי תבן וקש – מחללין עליהם את השבת, שמא ילכדו העיר ומשם תהא הארץ נוחה לכבש לפניהם:

« Dans une ville qui est proche de la frontière, même s’ils ne cherchent qu’à venir pour des affaires concernant le foin et la paille, le Chabbat

peut être profané à cause d’eux, de peur qu’ils ne capturent la ville, et de là, la [totalité de la] terre sera plus facile à conquérir pour eux. »

Et comme l’enseigne Rachi sur Beréchit 1:1 :

כל הארץ של הקדוש ברוך הוא היא, הוא בראה ונתנה לאשר ישר בעיניו, ברצונו נתנה להם, וברצונו נטלה מהם ונתנה לנו:


« Toute la terre appartient au Saint, béni soit-Il ; Il l’a créée et l’a donnée à qui Il voulait. De Sa propre volonté, Il la leur a donnée, et de Sa propre volonté, Il la leur a reprise et nous l’a donnée. »

La Terre Promise : Notre Héritage Éternel

Le Rav Its’hak a dit : « La Torah aurait dû commencer par le verset ‘Ce mois-ci sera pour vous le premier des mois’, qui est le premier commandement donné à Israël. Pourquoi alors commence-t-elle par [le récit de] Beréchit ? Parce que [avec le concept exprimé dans le texte] ‘Il a déclaré à Son peuple la puissance de Ses œuvres afin de leur donner l’héritage des nations.’ Si les nations du monde disent à Israël : ‘Vous êtes des voleurs parce que vous avez pris les terres des sept nations [de Canaan] par la force’, Israël leur répondra :

כל הארץ של הקדוש ברוך הוא היא, הוא בראה ונתנה לאשר ישר בעיניו, ברצונו נתנה להם, וברצונו נטלה מהם ונתנה לנו:

‘Toute la terre appartient au Saint, béni soit-Il ; Il l’a créée et l’a donnée à qui Il voulait. De Sa propre volonté, Il la leur a donnée, et de Sa propre volonté, Il la leur a reprise et nous l’a donnée.' »

Depuis plus de trente ans, Eretz Israël est entre les mains de ses propriétaires légitimes, le peuple juif. Même en exil de notre terre, nous avons conservé notre propriété, un héritage éternel du D.ieu éternel à Son peuple éternel. Aucune puissance sur terre ne pourrait changer cela.

La Question de la Paix Véritable

Bien que nous puissions être déterminés à garder ce qui nous appartient, la guerre constante a exigé un tribut terrible. Le peuple juif a dû pleurer ses plus beaux fils perdus au combat au cours des dernières années. Combien de temps encore devons-nous vivre dans la crainte constante de la guerre, vigilants sans cesse pour nos vies mêmes ? Tous les Juifs aspirent désespérément à la paix, à une époque où les armes ne seront pas nécessaires pour notre survie même.

Ainsi, lorsque la perspective de paix sembla soudain un peu moins impossible il y a plusieurs années, les Juifs du monde entier commencèrent à espérer et à prier – peut-être pourrions-nous enfin vivre en paix. La visite du président Sadate en Égypte à Jérusalem ouvrit de nouveaux horizons, précédemment inimaginables. Les Arabes étaient-ils vraiment prêts à abandonner leur hostilité incessante et à reconnaître notre titre sur notre terre ?

Ainsi naquit le processus de paix de Camp David. Mais est-ce véritablement la paix ? Le mot même de paix déclenche des émotions profondes, et de tous les peuples, les Juifs, qui ont tant souffert et si longtemps, l’aspirent le plus. Mais parce que nous la désirons si désespérément, nous pouvons facilement être aveugles à la réalité. Pour le dire sans détour, les Accords de Camp David n’annoncent pas la paix, pas même un petit pas vers celle-ci. Cet accord est un désastre sans mélange pour Eretz Israël et a placé plus de trois millions de Juifs dans un péril plus grand qu’auparavant.


II. L’Analyse des Termes des Accords

Les Concessions d’Israël

Avant d’analyser les Accords de Camp David, voyons d’abord exactement quels en sont les termes. Eretz Israël abandonnera la majorité du Sinaï (en trois phases, les deux premières déjà achevées). Cela inclut :

  • (a) la terre
  • (b) les champs pétrolifères
  • (c) les terrains d’aviation avancés
  • (d) l’évacuation de toutes les colonies juives

De plus, les « Palestiniens » recevront une forme d’autonomie. En retour, l’Égypte étend sa reconnaissance aux Juifs d’Eretz Israël et signe un traité de paix, mettant officiellement fin à l’état de guerre qui a existé au cours des dernières années.

Le Pikouah Nefesh : Priorité Absolue

La question critique ici est le pikouah nefesh, sauver des vies. La Torah nous dit que le pikouah nefesh assume la priorité dans presque toutes les situations : le Chabbat est profané pour sauver une vie, les lois de la cacherout sont écartées pour sauver une vie, etc. Les Juifs sont entrés dans le processus de paix de Camp David en espérant qu’il mènerait à la paix et préviendrait donc la perte de vies. Que cet objectif ait été atteint, cependant, est une autre affaire.

Personne ne peut maintenir que la « paix » obtenue par Camp David est, ou peut être, assurée. Un traité n’est bon que la parole de l’homme qui le signe, et rien sur terre ne peut garantir sa permanence. L’histoire est trop pleine d’instances de traités brisés aussi facilement que le déchirement du papier sur lequel ils furent écrits.


III. Que Dit la Halakha ?

Le Principe Fondamental du Choulhan Aroukh

La Torah est le guide du Juif dans tous les aspects de la vie, et nous nous tournons vers elle pour la direction en toutes choses. Il y a une halakha dans le Choulhan Aroukh, le Code de Loi juive, qui donne une directive claire dans un cas tel que le nôtre. Dans les Lois du Chabbat, Orah Haïm, chapitre 329, paragraphe 6, il est dit :

נכרים שצרו על עיירות ישראל, אם באו על עסקי ממון, אין מחללין עליהם את השבת. ואם באו על נפשות, או אפילו באו סתם ויש לחוש שמא באו על נפשות, אפילו לא הגיעו עדיין אלא מתכוננים לבוא, יוצאין עליהם בכלי זין ומחללין עליהם את השבת. ובעיר הסמוכה לספר, אפילו לא באו אלא על עסקי תבן וקש, מחללין עליהם את השבת, שמא ילכדו את העיר ומשם תהא הארץ נוחה לכבש לפניהם.

« Quand les non-Juifs assiègent les villes juives, s’ils viennent pour des buts monétaires, nous ne profanons pas le Chabbat à cause d’eux. Mais s’ils viennent pour prendre des vies, ou même s’ils viennent sans but annoncé et qu’il y a raison de soupçonner qu’ils viennent peut-être pour prendre des vies, même s’ils ne se sont pas encore approchés, mais font des préparatifs pour s’approcher, nous sortons contre eux avec des armes et profanons le Chabbat à cause d’eux. Quand c’est une ville proche de la frontière, même s’ils veulent s’approcher seulement dans le but de [prendre] la paille et le chaume, nous profanons le Chabbat à cause d’eux ; car [si nous n’empêchons pas leur approche] ils peuvent conquérir la ville, et de là le [reste de la] terre sera facile à conquérir pour eux [puisque c’est une ville à la frontière]. »

Application à la Situation Actuelle

De cette halakha nous apprenons ce qui suit : Même si tout le but et l’intention de l’ennemi est seulement de prendre « paille et chaume » et non de tuer – et si nous succombons aux demandes de l’ennemi et lui donnons la paille et le chaume, il y aura « paix » et pas besoin de guerre – la Torah nous dit que la menace même des non-Juifs de prendre possession d’une ville proche de la frontière constitue un état de pikouah nefesh, et le Chabbat doit être profané pour empêcher que cela se produise.

L’essence de la halakha ci-dessus est l’interdiction de permettre aux non-Juifs de prendre le contrôle d’une ville près de la frontière de peur que cela ne compromette la sécurité du pays lui-même. C’est exactement la situation aujourd’hui. Chaque pouce de territoire dans Eretz Israël aujourd’hui contribue à sa sécurité, et le donner aux non-Juifs met en danger cette sécurité.

Les Dangers Spécifiques des Concessions

La profondeur stratégique est vitale pour la sécurité, comme cela fut si clairement démontré dans la guerre de Kippour de 1973. Nous ne pouvons qu’imaginer ce qui se serait passé, D.ieu nous en préserve, si l’Égypte avait été en possession du Sinaï ; l’armée égyptienne aurait pu facilement pénétrer jusqu’au cœur même d’Eretz Israël. Yehouda et la Samarie et les hauteurs du Golan sont encore plus vitales pour des frontières défendables, et les abandonner complètement ou sous forme d’autonomie, l’équivalent de les abandonner, met en danger notre sécurité.

Outre les terres actuelles, il y a plusieurs autres facteurs qui sont aussi une question de pikouah nefesh, questions de vie et de mort. À notre époque, l’armée d’une nation (et son économie) fonctionne au pétrole. Sans une source fiable de pétrole, aucune guerre ne peut être menée pendant une durée raisonnable. Dans le Sinaï, nous avions développé plusieurs champs pétrolifères importants qui constituaient une part majeure de notre approvisionnement en pétrole. Sans ces champs pétrolifères, Eretz Israël dépend de sources étrangères pour 98% de son pétrole.

Les terrains d’aviation que nous devons abandonner selon les termes du traité sont parmi les plus sophistiqués au monde, et ils seront remis entre les mains égyptiennes ! C’est un double péril : nous perdons les terrains d’aviation, et l’ennemi gagne des bases avancées d’où menacer tout le pays.


Conclusion : L’Impératif Halakhique

Pour résumer : le Choulhan Aroukh nous instruit qu’il est interdit de permettre que des terres nécessaires à la sécurité frontalière tombent entre les mains ennemies. Cela constitue un danger pour toute la terre et doit être empêché au point même de profaner le Chabbat. Tous les experts militaires s’accordent à dire que la plupart du Sinaï, les hauteurs du Golan, et Yehouda et la Samarie sont vitaux pour la sécurité d’Eretz Israël. La halakha est donc qu’il est interdit d’abandonner ces terres sur la base du pikouah nefesh, préservant la vie juive.

L’accord est un désastre sans mélange pour Eretz Israël et a placé plus de trois millions de Juifs dans un péril plus grand qu’auparavant. Une telle déclaration n’est pas faite à la légère. Mais c’est une question qui concerne la sécurité de millions de Juifs, et nous ne pouvons pas nous permettre de fermer les yeux et d’espérer le meilleur. Les Accords de Camp David et leurs résultats doivent être examinés de près, logiquement, et sans être obscurcis par l’émotion. Par-dessus tout, nous devons voir ce que la halakha, la loi juive, a à dire. Les Juifs gouvernent leurs vies par la Torah, et nous devons d’abord et avant tout nous tourner vers la Torah pour la direction.

 

 

Les avertissements prophétiques du Rabbi se confirment : l’Égypte se prépare-t-elle à la guerre contre Israel

Les avertissements prophétiques du Rabbi se confirment : l’Égypte se prépare-t-elle à la guerre contre Israel

Depuis des années, le Rabbi de Loubavitch avait mis en garde contre la sincérité douteuse de l’Égypte dans ses accords de paix avec Israël. Aujourd’hui, les faits semblent lui donner raison avec les révélations sur le renforcement militaire égyptien et les violations répétées des accords. Entre rhétorique hostile et préparatifs militaires, le « partenaire » égyptien soulève de sérieuses inquiétudes quant à ses véritables intentions.

 

 

Les avertissements du Rabbi concernant l’impossibilité de faire confiance à l’Égypte pour maintenir une paix durable résonnent aujourd’hui avec une actualité troublante. Malgré les accords de paix historiques, l’Égypte continue de se militariser dans le Sinaï, de soutenir indirectement le Hamas et d’entretenir une rhétorique anti-israélienne virulente. Les experts s’interrogent sur la stabilité de cette paix « sur le papier » face à un régime fragile et une population hostile.

L’héritage visionnaire du Rabbi face aux réalités géopolitiques

Les enseignements du Rabbi de Loubavitch concernant l’Égypte prennent aujourd’hui une dimension prophétique troublante. Pendant des années, il avait constamment averti qu’il était impossible de faire confiance au régime égyptien pour respecter ses engagements de paix. Ses mises en garde soulignaient que l’Égypte n’avait aucun intérêt véritable pour une paix durable, une intuition qui se révèle aujourd’hui douloureusement exacte.

« Le Rabbi avait prévu que derrière les accords officiels se cachait une réalité bien différente », explique un analyste spécialisé dans les relations israélo-arabes. « Ses avertissements portaient sur l’impossibilité structurelle pour l’Égypte de maintenir une paix sincère avec Israël. »

Une militarisation inquiétante du Sinaï

Les images satellites récentes du front égyptien révèlent une réalité préoccupante : expansion d’aéroports militaires, déploiement de chars, construction de tunnels sous le canal de Suez et édification de bunkers. Ces installations militaires contreviennent directement aux accords de paix signés avec Israël il y a plus de quatre décennies.

Le général Herzi Halevi, ancien chef d’état-major de Tsahal, avait choisi de briser le silence quelques semaines avant la fin de son mandat : « Nous sommes très préoccupés par cette situation, et ce n’est pas en tête de nos priorités. L’Égypte possède une grande armée avec des équipements avancés, des avions sophistiqués, des sous-marins et des missiles, ainsi qu’un très grand nombre de chars et de fantassins. Le régime là-bas peut changer en un instant. »

Le double jeu égyptien révélé au grand jour

Parallèlement à cette militarisation, l’Égypte continue de jouer un double jeu troublant. Malgré ses engagements publics de paix, de nombreuses armes sont acheminées vers les organisations terroristes de Gaza via le Sinaï, et ce malgré la présence militaire dans la région.

Le ton des médias d’État égyptiens s’est également durci, allant jusqu’à des menaces voilées d’annulation des accords de paix et de guerre contre Israël. Ces médias n’hésitent pas à qualifier Israël d' »ennemi éternel de l’Égypte et des Arabes ».

Une hostilité populaire profondément ancrée

L’expert Dr. Adi Cohen, spécialiste du Moyen-Orient, décrit dans une récente interview la réalité de l’opinion publique égyptienne : « La rue égyptienne nourrit une haine intense envers Israël, et les citoyens là-bas sont parmi les plus antisémites des pays arabes. »

Cette hostilité trouve ses racines dans l’histoire commune conflictuelle : « Les Égyptiens ont été humiliés à plusieurs reprises dans les guerres contre nous, d’où un grand désir de vengeance. Mais ils ne peuvent pas le réaliser, leurs mains sont liées. La frustration grandit, ils veulent nous détruire, mais ils ne le peuvent tout simplement pas », analyse l’expert.

Des incidents révélateurs d’un climat tendu

Cette haine ne reste pas confinée à la rhétorique. Il y a deux ans, un policier égyptien avait franchi la frontière israélienne près d’Eilat et ouvert le feu sur un poste de Tsahal. L’attentat avait coûté la vie à deux soldats israéliens, un troisième ayant été tué lors de la poursuite du terroriste.

Plus récemment, lors de l’opération « Glaives de fer », le général égyptien Samir Farag, qui nécessite une autorisation explicite des autorités pour le contenu de ses interviews, a déclaré à la télévision locale : « Nous nous identifions tous et nous nous tenons aux côtés de l’Iran. Notre ennemi n’est pas l’Iran mais Israël. Je le dis clairement, l’Égypte se tient aux côtés de l’Iran et il lui importe qu’elle ne soit pas attaquée. »

Les contraintes économiques comme seul garde-fou

Malgré cette hostilité manifeste et ce renforcement militaire, l’Égypte semble actuellement contrainte par sa situation économique catastrophique. « L’Égypte a une dette de 155 milliards de dollars – elle ne pourrait pas tenir dans une guerre d’un point de vue économique. Cependant, on ne peut pas savoir qui arrivera au pouvoir, donc tout peut exploser en un instant », prévient Dr. Cohen.

Une paix de façade aux fondements fragiles

L’analyse des relations actuelles révèle la superficialité de cette paix : « La paix avec l’Égypte n’existe que sur le papier – coopération sécuritaire, sans liens entre les peuples, sans normalisation et sans visites de dignitaires. Un président égyptien ne viendra pas à la Knesset, ne rencontrera pas un Premier ministre, c’est un message clair : ‘Nous ne vous reconnaissons pas’. »

L’affaire du gaz illustre parfaitement cette dynamique de faiblesse : « Plus nous nous montrons obséquieux, plus cela nous nuit. Malgré qu’un arbitrage international ait obligé l’Égypte à payer à Israël une compensation d’un milliard de dollars pour la rupture unilatérale du contrat avec la compagnie d’électricité, Israël a choisi de renoncer à cet argent, jusqu’au dernier shekel. »

Les révélations alarmantes du rapport Dekal

Un rapport israélien récent, préparé par le lieutenant-colonel de réserve Eli Dekal, spécialiste des systèmes d’infrastructure dans les pays arabes, vient corroborer ces inquiétudes grandissantes. Publié sous le titre « Le concept de paix avec l’Égypte… ce qui n’a pas été abordé » sur le site d’information israélien « nziv », ce document révèle des données particulièrement préoccupantes.

Dekal, qui a mené ses recherches pendant six ans, est parvenu à une conclusion alarmante : « Depuis 2014, l’armée égyptienne étend considérablement son infrastructure militaire dans le Sinaï. » Selon ses analyses, cette expansion s’est accélérée après l’arrivée au pouvoir du président Abdel Fattah al-Sissi et la chute des Frères musulmans.

« En 2014, après des jours de troubles régionaux et l’éviction des Frères musulmans du pouvoir en Égypte, la construction d’infrastructures militaires dans le Sinaï s’est accélérée, parallèlement à un processus d’acquisition d’armes avancées », explique l’expert. « Ce processus a permis à l’armée égyptienne d’atteindre le douzième rang mondial et a repoussé l’armée israélienne au dix-huitième rang. »

Un aveuglement institutionnel face aux signaux d’alarme

Le rapport Dekal met en lumière un phénomène troublant : l’indifférence généralisée des institutions israéliennes face à cette militarisation. « Les phénomènes inquiétants du renforcement significatif des forces de l’armée égyptienne et de la construction intensive d’infrastructures militaires, en particulier dans le Sinaï et sur les deux fronts du canal, ne préoccupent pas le public israélien », déplore-t-il.

Cette attitude s’étend même aux cercles militaires et académiques : « Les vétérans militaires de haut rang avec qui j’ai parlé dans les instituts de recherche académique, les commentateurs et les journalistes, y compris les journalistes des affaires militaires qui sont nourris par le système de sécurité israélien, partagent ce concept : l’Égypte, ayant reçu d’Israël le dernier grain de terre du Sinaï, n’a aucun intérêt à nuire à Israël. »

Des justifications remises en question

Dekal s’attaque méthodiquement aux justifications couramment avancées pour expliquer le renforcement militaire égyptien :

  • La menace éthiopienne sur les eaux du Nil
  • La menace de la faction libyenne occidentale
  • L’aspiration de l’Égypte à diriger l’Afrique et la nation arabe

« À travers mon rapport, je réfute toutes ces allégations une par une, soulignant que l’Égypte pose une menace sécuritaire pour Israël », affirme l’expert militaire. Il insiste sur le fait que « l’Égypte ne cesse d’armer le Sinaï et se prépare constamment à une guerre future contre Israël. »

L’écho des avertissements d’octobre 1973

Dekal va plus loin en évoquant les parallèles inquiétants avec la guerre de Kippour : « J’avertis contre une répétition de la guerre du 6 octobre et l’échec du renseignement israélien à anticiper l’attaque égyptienne soudaine contre Israël. »

Cette référence historique résonne particulièrement avec les enseignements du Rabbi, qui avait lui-même mis en garde contre les risques de faire confiance aux promesses égyptiennes. « Le leadership politique et sécuritaire en Israël traite l’Égypte comme un pays ami et non comme un ennemi », critique Dekal, rejoignant ainsi les préoccupations exprimées il y a des décennies.

Un appel à la vigilance stratégique

Le rapport se conclut par un avertissement sans équivoque : « Même si mes évaluations sur les intentions guerrières de l’Égypte étaient fondamentalement erronées, et que le président égyptien Sissi ne pensait qu’au bien d’Israël, même alors il me semble que le manque de préparation de Tsahal à un affrontement militaire potentiel avec l’Égypte équivaut à une négligence criminelle. »

Un avenir incertain face à des signaux d’alarme convergents

Face aux déclarations hostiles, au renforcement militaire documenté par le rapport Dekal, aux violations répétées des accords et à la haine intense dans la rue égyptienne, la menace venant du Caire ne semble plus seulement théorique. Les analyses convergentes d’experts militaires et les avertissements prophétiques du Rabbi dessinent un tableau préoccupant.

Même si aujourd’hui l’Égypte n’a pas d’intérêt direct dans un conflit militaire en raison de ses contraintes économiques, la réalité du Moyen-Orient enseigne que tout peut changer en un instant. L’histoire d’octobre 1973 reste dans toutes les mémoires comme un rappel que les surprises stratégiques peuvent être fatales.

Les avertissements du Rabbi résonnent aujourd’hui avec une acuité particulière, renforcés par les analyses techniques du rapport Dekal. Israël ne peut se permettre de sombrer dans l’illusion d’une paix stable, surtout quand de l’autre côté se dresse une armée que les experts classent désormais parmi les plus puissantes au monde.

Cette situation rappelle cruellement que dans cette région, la vigilance reste le prix de la survie, et que les accords diplomatiques, aussi solennels soient-ils, ne peuvent remplacer une analyse lucide des intentions réelles et des capacités militaires de chaque acteur régional.

 

https://www.c14.co.il/article/1264814

 

 

Le Rabbi est notre miracle – Dvar-Mal’hout

Le Rabbi est notre miracle – Dvar-Mal’hout

Ce cours du Rav Abergel enseigne que notre époque nécessite de développer cette vision transformatrice du Rabbi, capable de percevoir la lumière cachée dans l’obscurité et de préparer la venue du Machia’h par cette transformation spirituelle.

 

La transformation du mal en bien

Le cours porte sur la Paracha Balak et les enseignements du Rabbi sur la capacité de transformer les malédictions en bénédictions, l’obscurité en lumière.

Points clés développés :

1. La Paracha Balak et la délivrance

  • Cette Paracha précède les 3 semaines avant Ticha Béav
  • Elle évoque la reconstruction du Temple et la transformation spirituelle
  • Balak, roi qui détestait le peuple juif, est paradoxalement l’ancêtre du Machia’h (via Ruth, arrière-grand-mère du roi David)

2. La vision du Rabbi vs la vision ordinaire

  • Histoire illustrative : L’Admour Haemtsai enfant s’évanouit en entendant les malédictions lues par un simple lecteur de la Torah, mais pas quand c’est son père qui les lit
  • Le Rabbi perçoit la racine divine des choses, transformant les malédictions apparentes en bénédictions cachées

3. Les niveaux de soumission à Dieu

  • Commandements compréhensibles : On obéit tout en comprenant (ex: interdiction de tuer)
  • Commandements incompréhensibles : La vache rousse – soumission totale même sans comprendre (messirou nefech)
  • Niveau de Moïse : Révélation de la volonté divine profonde qui dépasse l’intellect

4. Le Tsadik vs le Beinoni

  • Benoni : Doit lutter constamment contre son mauvais penchant
  • Tsadik : Sa volonté s’unit à celle de Dieu, transformation complète de l’âme animale

5. L’essence de la Torah

  • Comparée à l’huile qui pénètre partout
  • Touche chaque âme juive, même la plus éloignée
  • Pouvoir unique de transformer l’obscurité en lumière

6. Le Rabbi comme miracle

  • Le Rabbi incarne le messirou nefech (don de soi total)
  • Son âme est liée à l’Essence Divine
  • Il représente la capacité de voir et révéler le divin caché dans le monde

 

 

12-13 Tamouz : L’arrestation et la délivrance du Rabbi précédent – Rav Chmouel Brodowicz

12-13 Tamouz : L’arrestation et la délivrance du Rabbi précédent – Rav Chmouel Brodowicz

En juin 1927, le Rabbi précédent (6e Rabbi de Loubavitch) fut arrêté par les autorités soviétiques pour avoir organisé secrètement un réseau de plus de 500 institutions juives clandestines en Russie bolchevique. Son emprisonnement dans la terrible prison Scholerque et sa libération miraculeuse les 12-13 Tamouz, après avoir fait preuve d’un courage extraordinaire face à ses tortionnaires, constituent un épisode légendaire de résistance spirituelle qui permit la préservation du judaïsme hassidique.

 

Contexte historique

  • Le Rabbi Rayatz (Rabbi Yossef Itshak, 6e Rabbi de Lubavitch) dirigeait secrètement un réseau de plus de 500 institutions juives clandestines en Russie soviétique
  • Face à la persécution bolchevique qui fermait synagogues, écoles et institutions juives, il organisait la résistance spirituelle
  • Les autorités soviétiques, via la GPU (ancêtre du KGB) et sa section juive (Yevsectia), le surveillaient étroitement

L’arrestation (15 Sivan 1927)

  • La nuit fatidique : Agents de la GPU font irruption chez le Rabbi pendant le dîner familial
  • Courage remarquable : Le Rabbi reste ferme et digne face aux intimidations, refuse de s’incliner devant l’autorité
  • Perquisition : Les agents fouillent l’appartement, ses filles répondent aussi avec courage
  • Transport en prison : Conduit à la terrible prison Scholerque (connue pour sa cruauté)

L’emprisonnement

  • Miracle providentiel : Se trompe de couloir par « erreur divine » – évite ainsi l’exécution immédiate
  • Conditions terribles : Cellule surpeuplée, violences, tentatives d’humiliation
  • Résistance spirituelle :
    • Grève de la faim de 60 heures pour obtenir ses tefilines
    • Refuse de se lever devant les autorités (battu 3 fois pour cela)
    • Continue à prier et enseigner en prison
  • Interrogatoires : Affronte courageusement ses accusateurs, leur parle avec fermeté

La libération (12-13 Tamouz)

  • Pressions internationales : Interventions diplomatiques font réduire la peine
  • Libération annoncée le 12 Tamouz, effective le 13 Tamouz (bureaux fermés)
  • Exil temporaire : Condamné d’abord à 3 ans d’exil à Castrama
  • Libération totale : Grâce aux pressions continues, libéré définitivement

Enseignements

  • Courage exemplaire : Démontre qu’on peut résister même face à l’oppression la plus brutale
  • Départ de Russie : Quitte définitivement l’URSS en 1927 pour la Pologne puis l’Amérique
  • Héritage : Son sacrifice permet la préservation du judaïsme hassidique
  • « America is not different » : Continue son œuvre éducative en Amérique avec la même détermination

Ce récit illustre un mesirout nefesh (sacrifice de soi) extraordinaire pour préserver l’éducation juive et le judaisme face à la persécution totalitaire. Le 12-13 Tamouz est célébré chaque année comme un jour de délivrance miraculeuse par les hassidim Habad.

 

Cent enfants prennent la route pour l’aventure Panassaim en France

Cent enfants prennent la route pour l’aventure Panassaim en France

Une centaine de jeunes ont pris le départ aujourd’hui pour rejoindre la colonie de vacances Panassaim située en France. Cette initiative estivale, placée sous la direction du Rav Levi Its’hak Mimoun et de son épouse Braha, s’inscrit dans la tradition des programmes éducatifs de la communauté. Le photographe Mordehai Lubecki a immortalisé ces moments d’émotion et d’excitation précédant le grand voyage.

 

Le camp Panassaim accueille cette année près de cent enfants pour un séjour alliant détente, apprentissage et découverte. Dirigé par le couple Mimoun, ce programme offre aux jeunes participants une expérience enrichissante dans un cadre français. Cette colonie s’inscrit dans la continuité des initiatives éducatives visant à renforcer les liens communautaires et à transmettre les valeurs traditionnelles aux nouvelles générations.

Un départ sous le signe de l’enthousiasme

L’effervescence était palpable lors du rassemblement de départ. Les familles se sont réunies pour accompagner leurs enfants dans cette aventure estivale. « C’est un moment particulier pour toute la communauté », confie Sarah, mère de deux participants. « Voir nos enfants partir ensemble vers cette expérience enrichissante nous remplit de fierté. »

Les bagages chargés d’espoir et d’excitation, les jeunes voyageurs ont affiché une joie communicative. Pour beaucoup d’entre eux, il s’agit d’une première expérience loin du foyer familial, dans un environnement structuré et bienveillant.

La direction expérimentée du Rav Mimoun

Le Rav Levi Its’hak Mimoun, figure respectée de la communauté, apporte son expertise et sa sagesse à cette entreprise éducative. Accompagné de son épouse Braha, il garantit un encadrement de qualité alliant rigueur pédagogique et chaleur humaine. « Notre objectif est de créer un environnement où chaque enfant peut s’épanouir tout en découvrant de nouvelles perspectives », explique le Rav Mimoun.

Cette équipe dirigeante, forte de son expérience dans l’éducation et l’accompagnement des jeunes, assure aux familles un cadre sécurisé et enrichissant pour leurs enfants.

Un programme aux multiples facettes

La colonie Panassaim propose un programme diversifié combinant activités récréatives, moments d’apprentissage et découvertes culturelles. Située en France, elle offre aux participants l’opportunité de découvrir un nouveau pays tout en renforçant leurs liens avec leur héritage et leurs pairs.

Les activités prévues incluent des excursions, des ateliers créatifs, des moments d’étude et des rencontres interculturelles. « C’est l’occasion pour nos enfants de grandir, d’apprendre et de tisser des amitiés durables », souligne David, père d’un participant.

Ces départs en colonie s’inscrivent dans une longue tradition d’éducation et de transmission. Chaque été, des centaines de jeunes bénéficient de ces programmes spécialement conçus pour leur épanouissement personnel et communautaire.

Des retombées positives attendues

Les familles et les organisateurs attendent beaucoup de cette expérience. Au-delà de l’aspect récréatif, ces séjours contribuent au développement personnel des participants et au renforcement des liens communautaires.

« Nos enfants reviendront grandis de cette expérience », prédit Rachel, grand-mère de deux participants. « Ils auront découvert de nouveaux horizons tout en approfondissant leurs racines. »

La colonie Panassaim représente ainsi bien plus qu’un simple séjour de vacances : elle constitue un véritable investissement dans l’avenir de la communauté et de ses jeunes membres.

Le succès de telles initiatives témoigne de la vitalité et du dynamisme d’une communauté soucieuse de l’épanouissement de sa jeunesse et de la transmission de son patrimoine aux générations futures.

 

Des milliers de personnes à la Levaya  à Kfar Habad du musicien hassidique Avi Piamenta

Des milliers de personnes à la Levaya à Kfar Habad du musicien hassidique Avi Piamenta

Une foule immense venue de tout Erets Israel s’est rassemblée aujourd’hui pour rendre un dernier hommage au célèbre musicien hassidique Avi Piamenta z »l, décédé brutalement à l’âge de 69 ans. Les funérailles se sont déroulées à Kfar Habad avant l’inhumation au mont des Oliviers à Jérusalem. Sa disparition soudaine en veille de Chabbat a profondément ému la communauté hassidique mondiale.

Le musicien hassidique de renom Avi Piamenta z »l est décédé subitement à New York pendant sa visite pour Guimel Tamouz. Âgé de 69 ans, il s’est éteint une semaine après sa dernière performance lors d’un rassemblement d’enfants au 770 Eastern Parkway. Ses funérailles ont mobilisé des milliers de personnes à Kfar Habad, témoignant de l’impact considérable de son œuvre musicale dans le monde hassidique.

Une disparition qui bouleverse la communauté Habad

La nouvelle du décès d’Avi Piamenta a créé une onde de choc dans la communauté hassidique internationale. Musicien emblématique du mouvement Habad-Loubavitch, il s’est éteint de manière inattendue lors de son séjour à New York, où il était venu spécialement pour commémorer Guimel Tamouz, date anniversaire du décès du Rabbi de Loubavitch.

« Sa disparition en veille de Chabbat constitue une perte immense pour notre communauté », confie un proche de la famille, visiblement ému par cette tragédie soudaine.

Une dernière performance mémorable

Ironiquement, Avi Piamenta avait donné sa dernière représentation il y a exactement une semaine, lors d’un rassemblement d’enfants organisé au célèbre 770 Eastern Parkway, siège mondial du mouvement Habad. Cette performance restera gravée dans les mémoires comme son ultime contribution artistique à la communauté qu’il chérissait tant.

Les témoins présents lors de cette soirée décrivent un artiste en pleine forme, loin de laisser présager le drame qui allait suivre quelques jours plus tard.

Des funérailles grandioses à Kfar Habad

La levaya (cérémonie funéraire) s’est déroulée selon les traditions hassidiques, partant du domicile familial à Kfar Habad pour se diriger vers la synagogue principale, Beth Mena’hem. Une procession solennelle a ensuite accompagné la dépouille vers sa dernière demeure au Har Hazeisim (mont des Oliviers) à Jérusalem.

Des milliers de personnes venues de tout Eretz Israel ont participé à cette cérémonie d’adieu, témoignant de l’immense respect que suscitait ce musicien d’exception. Rabbanim, fidèles et artistes se sont côtoyés pour rendre hommage à celui qui avait consacré sa vie à élever les âmes par la musique sacrée.

Un héritage musical inestimable

Avi Piamenta laisse derrière lui un patrimoine musical considérable qui a marqué plusieurs générations de hassidim. Ses compositions et interprétations ont accompagné d’innombrables célébrations religieuses, mariages et fêtes communautaires, contribuant à transmettre la joie et la spiritualité propres au mouvement Habad.

Son influence dépassait largement les frontières de Kfar Habad, rayonnant dans l’ensemble du monde hassidique et au-delà, touchant tous ceux qui recherchaient une connexion spirituelle authentique à travers la musique.

La disparition d’Avi Piamenta marque la fin d’une époque pour la musique hassidique contemporaine, mais son œuvre continuera d’inspirer les futures générations d’artistes et de fidèles.

Photos: Dovber Hechtman
Gaza : un commandant du Hamas reconnaît la perte de contrôle de 80% du territoire

Gaza : un commandant du Hamas reconnaît la perte de contrôle de 80% du territoire

Un haut responsable militaire du groupe terroriste a révélé à la BBC l’effondrement quasi-total de leur structure de commandement après 21 mois de guerre avec Israël. Ces déclarations confirment la désintégration progressive de l’autorité du Hamas sur l’enclave palestinienne. L’officier blessé évoque la mort de 95% des dirigeants et l’absence totale de contrôle sécuritaire.

 

Un lieutenant-colonel du Hamas, blessé en octobre 2023, a confié à la BBC que son organisation avait perdu le contrôle d’environ 80% de la bande de Gaza. Dans des messages vocaux transmis au média britannique, il décrit un effondrement total de la structure militaire et sécuritaire, avec 95% des dirigeants tués et une société gazaouie au bord du chaos. Ces révélations interviennent alors que l’armée israélienne poursuit ses opérations et que de nouvelles milices anti-Hamas émergent sur le terrain.

Les révélations d’un officier du terrain

Dans un témoignage rare et saisissant, un officier supérieur du Hamas a brisé l’omerta pour décrire la réalité sur le terrain à Gaza. « Soyons réalistes : il ne reste pratiquement plus rien de la structure de sécurité », a-t-il confié dans des messages vocaux obtenus par BBC News.

Ce lieutenant-colonel, blessé lors des premiers combats d’octobre 2023, dresse un tableau catastrophique de son organisation. « La majorité des chefs du Hamas, environ 95%, sont morts… Les personnalités qui étaient actives ont toutes été tuées », précise-t-il avec une franchise inhabituelle.

L’officier s’interroge sur la poursuite du conflit : « Alors, qu’est-ce qui empêche Israël de poursuivre cette guerre ? » Une question qui révèle l’ampleur de la défaite militaire subie par le groupe terroriste.

Un effondrement sécuritaire sans précédent

Depuis la fin du dernier cessez-le-feu en mars dernier, la situation s’est encore dégradée selon le commandant. « Le contrôle sécuritaire exercé par le Hamas à Gaza s’est complètement effondré. Il n’y a plus rien », affirme-t-il.

Les symptômes de cet effondrement sont multiples et dramatiques. « Il n’y a plus de contrôle nulle part », déplore l’officier en évoquant le pillage à grande échelle d’un complexe appartenant au Hamas, sans aucune intervention des forces de sécurité.

La désorganisation atteint tous les niveaux : « Il n’y a pas de leadership, il n’y a pas de commandement, il n’y a pas de communication. Les salaires arrivent en retard et quand ils arrivent, ils sont à peine utilisables. Certains meurent en essayant de les toucher. C’est l’effondrement total. »

L’émergence de forces rivales

Cette vacance du pouvoir a permis l’émergence de milices non-affiliées au Hamas, notamment le clan Abu Shabab dans le sud de Gaza. Pour la première fois dimanche, le chef de cette milice, Yasser Abu Shabab, a confirmé publiquement à la chaîne israélienne Makan que ses forces coopéraient avec l’armée israélienne.

Cette déclaration marque un tournant majeur dans la guerre. Abu Shabab n’a pas exclu « l’éventualité d’une guerre civile avec le Hamas », signalant l’émergence du premier mouvement d’opposition armé représentant une menace significative pour l’hégémonie du groupe terroriste.

Ces milices, que Tsahal a armées et renforcées, opèrent désormais à Rafah et Khan Younès, contestant directement l’autorité du Hamas sur les populations civiles.

La progression militaire israélienne

L’évaluation du commandant du Hamas diverge légèrement des chiffres officiels israéliens. Tandis qu’il évoque une perte de contrôle de 80% du territoire, Tsahal revendique le contrôle d’environ 65% de la bande, se rapprochant de son objectif déclaré des trois quarts de l’enclave.

Cette différence s’explique notamment par la montée en puissance des milices anti-Hamas, que le commandant semble inclure dans sa comptabilité territoriale. Certaines zones restent néanmoins préservées des opérations militaires par crainte pour la sécurité des otages encore détenus.

L’armée israélienne maintient cinq divisions militaires composées de dizaines de milliers de soldats qui poursuivent leurs opérations. Au cours des dernières 24 heures, l’aviation a frappé des dizaines de cibles, incluant des terroristes, des dépôts d’armes et des infrastructures militaires.

Un bilan humain dramatique

Ces révélations interviennent dans un contexte de pourparlers indirects au Qatar pour un possible cessez-le-feu. Sur le terrain, la violence ne faiblit pas. Lundi, l’agence de défense civile gazaouie a annoncé douze nouveaux décès.

« Nous perdons des jeunes, des familles et des enfants tous les jours, et ça doit s’arrêter maintenant. Le sang a suffisamment coulé », témoigne Osama al-Hanawi, un habitant de Gaza, exprimant la lassitude d’une population prise en étau.

Depuis le pogrom du 7 octobre 2023, qui avait coûté la vie à plus de 1200 Israéliens et conduit à l’enlèvement de 251 otages, les opérations militaires ont fait 441 morts côté israélien. À Gaza, le ministère de la Santé, contrôlé par le Hamas, revendique plus de 57 000 victimes, des chiffres invérifiables qui ne distinguent pas civils et combattants.

Israël affirme avoir éliminé quelque 20 000 terroristes depuis le début du conflit, auxquels s’ajoutent 1600 combattants tués lors de l’attaque initiale du 7 octobre.

 

 

Quand deux géants de la Torah se rencontraient : l’amitié exceptionnelle entre le Rabbi de Loubavitch et le Rav Soloveitchik

Quand deux géants de la Torah se rencontraient : l’amitié exceptionnelle entre le Rabbi de Loubavitch et le Rav Soloveitchik

Une rencontre historique dans un moment de deuil révèle la profondeur des liens entre deux figures emblématiques du judaïsme du XXe siècle. En 1964, lors de la période de deuil du Rabbi de Loubavitch pour sa mère, le Rav Joseph Soloveitchik lui rend une visite mémorable qui témoigne de leur respect mutuel forgé depuis leurs années d’études à Berlin. Cette amitié, née dans les amphithéâtres universitaires allemands, illustre parfaitement comment deux approches différentes de l’étude juive peuvent se nourrir mutuellement.

 

Sholem B. Kowalsky raconte comment il a facilité la rencontre entre le Rabbi Menachem Mendel Schneerson et le Rav Joseph Ber Soloveitchik en 1964, lors du deuil du Rabbi pour sa mère. Cette visite révèle l’amitié profonde née durant leurs études communes à l’Université de Berlin, où le futur Rabbi de Loubavitch impressionnait déjà par sa piété et sa mémoire exceptionnelle. Leur échange durant la visite de condoléances démontre leur érudition mutuelle et leur respect, culminant avec une lettre d’excuses du Rabbi qui touche profondément le Rav par sa sincérité.

Les prémices d’une amitié berlinoise

C’est dans l’effervescence intellectuelle de Berlin que tout a commencé. Durant les années 1920, deux jeunes hommes promis à un destin exceptionnel se côtoient à l’Université de Berlin. Le futur Rabbi de Loubavitch, Menachem Mendel Schneerson, et Joseph Ber Soloveitchik, qui deviendra « le Rav », fréquentent tous deux les cercles d’étude chez le Rav Chaim Heller.

« Pendant cette période, ils se rencontraient souvent chez le Rav Chaim Heller », se souvient le Rav Soloveitchik des décennies plus tard. « C’est au cours de ces rencontres qu’une solide amitié s’est développée entre ces deux hommes, tous deux destinés à devenir d’éminents dirigeants spirituels du siècle. »

Un étudiant pas comme les autres

Ce qui frappe le plus le jeune Soloveitchik, c’est l’attitude singulière de son camarade d’études. Alors que Berlin représente alors l’un des centres intellectuels les plus séculiers d’Europe, le futur Rabbi maintient une observance religieuse stricte qui étonne ses pairs.

« Le Rabbi portait toujours sur lui la clé du mikvah lorsqu’il assistait aux cours à l’université », relate le Rav. « Vers deux ou trois heures de l’après-midi, quand il quittait l’université, il se rendait directement au mikvah. Personne n’était au courant de cette habitude et je ne l’ai découverte que par hasard. »

L’anecdote du jeûne révèle également cette rigueur spirituelle : « À une autre occasion, j’ai proposé au Rabbi une boisson. Il a refusé. Quand j’ai insisté, j’ai compris qu’il jeûnait ce jour-là. C’était un lundi et le Rabbi jeûnait. »

Pour le Rav Soloveitchik, cette constance dans l’observance impressionne profondément : « Imaginez cela : un étudiant de l’Université de Berlin plongé dans des études séculières maintient cette coutume du mikvah et du jeûne ! Berlin n’a absolument laissé aucune impression sur lui. »

Une mémoire prodigieuse

Au-delà de sa piété, le futur Rabbi se distingue par des capacités intellectuelles exceptionnelles. « Le Rabbi avait une mémoire stupéfiante », témoigne le Rav en utilisant le terme yiddish « gevaldig ». « De toute ma vie, je n’ai jamais rencontré quelqu’un avec une telle mémoire. »

Cette appréciation prend tout son sens quand on connaît la stature intellectuelle du Rav Soloveitchik lui-même, héritier de la prestigieuse école talmudique de Brisk. « Nous qui émanons de Brisk n’adhérons pas au système de pilpul pratiqué en Pologne », explique-t-il, « mais le Rabbi a une compréhension stupéfiante de la Torah. »

La visite de condoléances de 1964

L’occasion qui permet à Sholem B. Kowalsky de faciliter cette rencontre historique survient dans un contexte douloureux. En 1964, la mère du Rabbi, la Rebbetzin Chana Schneerson, décède le Shabbat, quatre jours avant Yom Kippour. Le Rabbi observe alors la période de deuil traditionnelle de sept jours, écourtée par l’arrivée de Yom Kippour.

Kowalsky, présent à une conférence du Rav sur les lois du repentir, saisit l’opportunité : « Quand le Rav est entré dans la salle avec sa famille, je me suis rapidement approché de lui et lui ai soigneusement annoncé la triste nouvelle. J’ai proposé de le conduire chez le Rabbi s’il souhaitait lui présenter ses respects et le consoler. »

Un échange d’érudits

La rencontre elle-même, dans la petite pièce de President Street où le Rabbi reçoit les visiteurs de condoléances, révèle immédiatement le niveau exceptionnel de ces deux maîtres. Malgré le contexte de deuil, leur conversation s’oriente naturellement vers l’étude.

« Il ne nous est pas possible de parler de Torah car « les commandements de D.ieu sont droits, apportant la joie au cœur », et c’est un moment de deuil », explique le Rabbi de Loubavitch avant d’engager une discussion halakhique sur le statut de l’onen – le proche du défunt entre le décès et l’enterrement.

La question soulevée porte sur la permission pour un cohen (prêtre) qui est onen de consommer la terouma. « Le Rambam (Maïmonide) parle de cette question », avance le Rabbi. Quand le Rav répond ne pas se souvenir que le Rambam aborde ce sujet, le Rabbi précise : « Je fais référence au Peirush HaMishnayot du Rambam. »

« Oui, oui », reconnaît alors le Rav. « Je crois que vous avez raison, Rabbi de Loubavitch. »

Une leçon d’intégrité intellectuelle

Plusieurs semaines plus tard, un geste du Rabbi touche profondément le Rav Soloveitchik. Dans une lettre de remerciement pour la visite de condoléances, le Rabbi inclut une note en marge demandant pardon pour une imprécision dans leur échange précédent.

« En marge de la lettre, le Rabbi demandait le pardon du Rav Soloveitchik pour le fait qu’il avait fait référence au Rambam quand son intention n’était pas le Yad Hachazaka – qui est couramment appelé « le Rambam » – mais le commentaire du Rambam sur la Michna », rapporte Kowalsky.

Cette attention au détail bouleverse le Rav : « Seul le Rabbi de Loubavitch manifeste ce phénomène dans son caractère avec son ehrlechkeit (honnêteté et douceur). Il n’y a personne d’autre comme lui. Une autre personne aurait laissé tomber la question, mais le Rabbi, un homme de vérité, s’est excusé auprès de moi. De plus, il a demandé mon pardon. »

Un héritage de vérité partagé

Lors d’une seconde visite, cette fois pour le deuil de la belle-mère du Rabbi, la conversation évoque les liens historiques entre leurs familles respectives. « La raison pour laquelle les deux familles, les Loubavitch et les Briskers, s’entendaient si bien », explique le Rabbi, « c’est parce qu’elles travaillaient toutes deux à atteindre « l’attribut ultime de vérité ». »

Cette recherche commune de la vérité, ce dénominateur commun entre deux approches parfois différentes de l’étude juive, constitue peut-être la clé de cette amitié exceptionnelle. Dans un monde où les divergences d’opinion peuvent créer des clivages, ces deux géants ont su maintenir un respect mutuel fondé sur leur quête partagée de l’authenticité spirituelle et intellectuelle.

Les racines de Khaslavichy : une enfance marquée par Habad

Pour comprendre pleinement cette relation exceptionnelle, il faut remonter aux années de formation du Rav Soloveitchik. Enfant à Khaslavichy, en Russie Blanche, où son père Reb Moshe officiait comme Rabbin, le jeune Joseph grandit au sein d’une communauté largement composée de Hassidim de Loubavitch.

« J’avais alors environ sept ou huit ans. Je fréquentais un heder dans une petite ville à la frontière entre la Russie Blanche et la Russie proprement dite », se souvient le Rav lors d’une conférence en 1975. « Mon professeur n’était pas un grand érudit, mais c’était un hassid, un Habadnik. Néanmoins, je lui ai été reconnaissant toute ma vie, car il m’a enseigné quelque chose que personne d’autre ne m’a appris : comment contempler une vision. »

Cette influence précoce de la spiritualité Habad marque profondément le futur géant de la pensée juive américaine, lui enseignant « comment pratiquer le judaïsme, la Torah et les mitzvot de manière imaginative ».

Berlin : quand les futurs géants se rencontrent

À l’Université de Berlin, la différence d’attitude entre les deux futurs dirigeants spirituels frappe immédiatement. « À l’université, personne ne connaissait mon origine ni d’où je venais. Tout le monde savait qui était le futur Rabbi de Loubavitch ! », confie le Rav des années plus tard.

Effectivement, alors que le jeune Soloveitchik adopte l’apparence des autres étudiants, le futur Rabbi fréquente l’université en habit hassidique, affichant sans complexe son identité religieuse dans l’environnement séculier berlinois.

Un étudiant du Rav rapporte plus tard ce témoignage : « Le Rav était déjà à l’Université de Berlin quand le futur Rabbi de Loubavitch y est arrivé. Le Rav lui a montré les ficelles à son arrivée et l’a initié à la méthode d’étude de Rabbi Haïm. Le futur Rabbi de Loubavitch était une personne très discrète durant ces années. »

L’intervention décisive du sixième Rabbi

En 1929 et 1930, le Rav fait la connaissance du sixième Rabbi de Loubavitch, Rabbi Yossef Its’hak Schneersohn, lors de visites de ce dernier à son gendre à Berlin. Cette rencontre s’avère déterminante pour l’avenir du Rav.

« Concernant le Rav Y. Soloveitchik, je le connais depuis de nombreuses années. Alors qu’il était encore à Berlin, mon gendre, Rabbi Menachem Mendel Schneerson, me l’a présenté. Mon gendre m’a parlé de sa grande compréhension approfondie de la Torah et de la façon dont il étudie assidûment. J’ai été très heureux de me rapprocher de lui », écrit Rabbi Schneersohn.

En 1941, cette relation se révèle cruciale. Quand le Rav doit succéder à son père Reb Moshe Soloveitchik comme rosh yeshiva du Séminaire Théologique Rabbi Isaac Elchanan, le sixième Rabbi envoie une lettre de soutien qui s’avère déterminante.

« J’espère que le grand, excellent et renommé gaon, Rabbi Joseph Dov Soloveitchik, sera choisi pour siéger sur le fauteuil de son père comme rosh yeshiva du Séminaire Théologique Rabbi Isaac Elchanan », écrit le Rabbi. « Il ne fait que justice qu’il hérite de cette position. Il apportera d’abondantes bénédictions à la Yechiva après la perte récente de ses deux dirigeants. »

Le Dr Haym Soloveitchik, fils du Rav, confirme l’importance de cette intervention : « En fait, le Rabbi précédent a finalement été le facteur décisif dans l’obtention du poste par mon père. Le comité était divisé dans son opinion sur mon père. Un des membres du comité était M. Abraham Mazer, un philanthrope new-yorkais bien connu. Il était aussi un grand soutien de Loubavitch. Le Rabbi précédent a appelé M. Mazer et lui a demandé de soutenir mon père. Son vote a été le facteur clé dans la décision du comité d’offrir le poste à mon père. »

Un hommage public en 1942

Le 14 juin 1942, lors d’un banquet célébrant la fondation des Yechivot Loubavitch Unies aux États-Unis, le Rav prononce le discours principal. Il compare alors le sixième Rabbi au Tanna du premier siècle, Rav Hanina ben Dosa, évoquant le miracle talmudique où du vinaigre brûle comme de l’huile.

« Le Rav a déclaré que le hassidisme Loubavitch, sous la direction de Rabbi Yossef Its’hak Schneersohn, avait également démontré avec succès que le vinaigre peut brûler », rapporte un témoin. Malgré les obstacles du régime communiste athée, le hassidisme Loubavitch continuait de fonctionner dans tout le territoire russe. De même, le Rav était confiant que le mouvement Loubavitch pourrait réussir à allumer les flammes de la Torah aux États-Unis.

La reconnaissance mutuelle des années américaines

Dans les décennies suivantes, les deux hommes maintiennent une relation indirecte mais continue. Ils correspondent avant les fêtes et les yamim tovim. En 1967, lors du deuil du Rav pour sa mère, deux émissaires de Habad, les Rabbanim Yohanan Gordon et Israel Jacobson, lui rendent visite.

« J’ai observé le visage du Rav s’éclairer quand ils sont entrés », témoigne un visiteur présent. « Ils ont informé mon Rav qu’ils avaient été envoyés par le Rabbi de Loubavitch pour transmettre ses condoléances. » La conversation s’oriente naturellement vers les souvenirs de Loubavitch dans l’« Alter Heim » et les années de formation du Rav à Khaslavichy.

L’éloge des méthodes de Habad

En 1977, lors d’une interview avec le journaliste israélien Levi Its’hak HaYerushalmi du quotidien Ma’ariv, le Rav fait l’éloge des campagnes de Téfilines de Loubavitch : « Par cet acte de poser les Téfilines sur des Juifs, les fidèles de Habad rappellent à leurs frères qu’ils sont juifs. C’est louable. Le novice qui expérimente la performance des Téfilines peut commencer à se demander de quoi il s’agit dans ce précepte. »

Le Rav poursuit son évaluation des activités de Habad sur la scène américaine : « Aucune autre organisation n’aurait pu accomplir ce que Habad a accompli en Amérique. Habad a placé le judaïsme sur la voie publique. Même si les adhérents de Habad sont une minorité au sein de la communauté Torah américaine, son succès est très visible. Il a enseigné au Juif observant à affirmer sa « chutzpah ». Il a mis l’accent sur la diffusion de la Torah au peuple juif à chaque coin de rue. »

Le farbrengen historique de 1980

Le 10 Chevat 1980, lors du yahrtzeit de Rabbi Yossef Its’hak Schneersohn et du 30e anniversaire de l’accession au leadership de Rabbi Menachem Mendel Schneerson, le Rav assiste au farbrengen dans une démonstration publique de sa proximité avec Loubavitch.

Rabbi Herschel Schacter, qui accompagne le Rav, témoigne de cette rencontre mémorable : « Ils se sont approchés, se sont serré la main, et le Rabbi fait signe au Rav de marcher devant, et le Rav fait signe au Rabbi de marcher devant, alors le Rabbi a marché devant. À la table de devant se trouvaient seulement le Rabbi et le Rav, zatzal, et moi. »

« Le Rav a écouté très attentivement le Rabbi, et il avait dit qu’il ne resterait qu’une demi-heure. Une heure est passée, puis j’ai moi-même dit : « Peut-être que le Rav n’est pas à l’aise ? » Il a dit : « Non, non, non. Je veux rester. » Je pense qu’il est resté près de deux heures. »

Au moment du départ, Rabbi Schacter rapporte les paroles échangées : « Le Rabbi a dit au Rav : « Du host, Baruch Hashem, voile talmidim ! Tu as de merveilleux étudiants. » Dans cent ans, quand je me présenterai devant le Trône de Gloire, je rappellerai au Ribono chel Olam ce que ces deux Geonim se sont dit l’un à l’autre. »

Dans la voiture, Rabbi Schacter interroge le Rav sur ses impressions : « Il a hésité une minute et dit : « Er iz a Gaon. Er iz a Gadol. Er iz a Manhig Yisroel. C’est un génie, c’est un grand homme, c’est un dirigeant du peuple juif. » »

Un pont entre deux mondes

Cette réconciliation publique revêt une dimension historique particulière. Deux siècles plus tôt, le Gaon de Vilna avait quitté sa ville plutôt que de rencontrer Rabbi Shneur Zalman de Liadi, le fondateur de Loubavitch, tant l’abîme entre leurs conceptions de la Torah semblait infranchissable.

En 1980, le Rav, descendant direct de Rabbi Haïm de Volozhin, principal élève du Gaon, embrasse le Rabbi, descendant de l’« Alter Rabbi ». Lors de cet événement historique, ces deux mondes imposants fusionnent en une réalité élevée unique.

L’histoire de cette amitié, témoin d’une époque où les grands maîtres savaient allier rigueur intellectuelle et humilité, continue d’inspirer ceux qui cherchent à concilier tradition et modernité dans leur approche du judaïsme. Elle démontre que par-delà les différences d’approche, la quête commune de vérité peut unir les plus grands esprits de leur génération.