Le ministre israélien de la Défense Israel Katz se recueille au Ohel du Rabbi de Loubavitch

Le ministre israélien de la Défense Israel Katz se recueille au Ohel du Rabbi de Loubavitch

En pleine guerre, le ministre de la Défense israélien Israel Katz s’est rendu au Ohel du Rabbi de Loubavitch à Queens pour une prière émouvante. Cette visite spirituelle fait suite à un important séjour diplomatique aux États-Unis dans un contexte de conflit armé. Accompagné d’émissaires Habad, le ministre a prié pour la réussite d’Israël et le retour des otages.

 

 

Le ministre de la Défense israélien Israel Katz a conclu sa mission diplomatique aux États-Unis par une visite au Ohel du Rabbi de Loubavitch à Queens, New York. Accompagné du Rav Zalman Zavoulinov et du Rav Levi Its’hak Wolowik, émissaires Habad auprès de la communauté boukhariote américaine, il s’est recueilli et a prié pour le succès des forces israéliennes, le retour des otages et disparus, et la protection du peuple d’Israël en ces temps difficiles.

Une mission diplomatique cruciale dans un contexte de guerre

Israel Katz, ministre de la Défense d’Israël, vient d’achever une série de rencontres diplomatiques stratégiques aux États-Unis. Dans un contexte de conflit armé intense, ces discussions revêtent une importance capitale pour l’État hébreu qui cherche à maintenir et renforcer ses alliances internationales.

Les enjeux de cette mission diplomatique s’inscrivent dans la continuité des relations privilégiées entre Israël et les États-Unis, particulièrement cruciales en période de crise sécuritaire. Les échanges ont porté sur les questions de défense, de coopération militaire et de soutien stratégique dans le contexte géopolitique actuel.

Un pèlerinage spirituel au cœur de Queens

À l’issue de cette mission officielle, le ministre Katz a choisi de se rendre au Ohel du Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, septième Rabbi de Loubavitch, situé dans le cimetière Montefiore de Queens. Cette démarche spirituelle témoigne de l’importance accordée par les dirigeants israéliens aux valeurs religieuses et à la tradition juive, même au plus haut niveau de l’État.

Le Ohel constitue un site de pèlerinage majeur pour la communauté juive mondiale. Des centaines de milliers de fidèles s’y rendent chaque année pour prier et demander des bénédictions, particulièrement en période de difficultés ou de crises nationales.

L’accompagnement des émissaires de la communauté boukhariote

Le ministre était accompagné du Rav Zalman Zavoulinov et du Rav Levi Its’hak Wolowik, tous deux émissaires du mouvement Habad auprès de la communauté juive boukhariote aux États-Unis. Cette communauté, originaire d’Asie centrale, représente une part significative de la diaspora juive américaine et maintient des liens étroits avec Israël.

Les émissaires Habad jouent un rôle essentiel dans le maintien des traditions religieuses et le renforcement des liens communautaires. Leur présence lors de cette visite souligne l’importance du dialogue entre les institutions officielles et les leaders spirituels des différentes communautés juives.

Des prières pour la nation en temps de guerre

Selon les témoins présents, le ministre Katz s’est longuement recueilli et a formulé des prières pour plusieurs intentions : le succès du peuple d’Israël dans ses épreuves actuelles, la protection et la victoire des soldats de Tsahal engagés dans les combats, ainsi que le retour des otages et des personnes portées disparues.

Cette démarche spirituelle illustre la dimension profondément humaine et émotionnelle que revêt la fonction de ministre de la Défense en temps de guerre. Au-delà des aspects stratégiques et militaires, elle rappelle l’attachement aux valeurs spirituelles qui guide l’action des dirigeants israéliens.

La visite de Katz au Ohel s’inscrit dans une tradition bien établie où de nombreuses personnalités politiques et militaires israéliennes viennent chercher force et guidance spirituelle avant ou après des missions cruciales pour la sécurité nationale.

 

Nouvelle agression antisémite à Crown Heights : un Hassid attaqué près du siège mondial de Loubavitch

Nouvelle agression antisémite à Crown Heights : un Hassid attaqué près du siège mondial de Loubavitch

Un membre de la communauté Habad a été violemment agressé samedi soir dans le quartier de Crown Heights, près du célèbre 770 Eastern Parkway. L’attaquant, un homme afro-américain, a proféré des slogans antisémites et pro-palestiniens avant de frapper sa victime. Cet incident s’inscrit dans une recrudescence alarmante des actes antisémites dans la métropole américaine.

 

 

 

Un hassid Habad marchant près du centre mondial du mouvement au 770 Eastern Parkway a été attaqué à coups de poing par un individu qui a ensuite été arrêté par les forces de l’ordre. La victime a été transportée à l’hôpital pour recevoir des soins médicaux. Cette agression illustre la montée préoccupante de l’antisémitisme à New York.

L’attaque en plein cœur de Crown Heights

L’incident s’est produit samedi soir dans le quartier emblématique de Crown Heights, Brooklyn, où réside une importante communauté hassidique. Selon les informations rapportées par Mendy Rizel, la victime se promenait paisiblement à proximité du 770 Eastern Parkway, siège historique du mouvement Habad dans le monde, lorsqu’elle a été prise pour cible.

L’agresseur, décrit comme un homme afro-américain, a d’abord proféré des injures antisémites accompagnées de slogans de soutien à la cause palestinienne avant de porter un coup de poing à la victime. Cette attaque gratuite a choqué les témoins présents sur les lieux.

Arrestation après une course-poursuite

Les forces de l’ordre ont rapidement réagi à l’incident. Après une brève poursuite dans les rues du quartier, l’agresseur a été interpellé et placé en garde à vue. Cette arrestation rapide témoigne de la vigilance des autorités face aux actes antisémites dans cette zone sensible de Brooklyn.

Parallèlement, les services d’urgence ont pris en charge la victime qui a été transportée vers un établissement hospitalier pour y recevoir les soins nécessaires. L’état de santé du hassid agressé n’a pas été précisé par les autorités.

Des images troublantes avant l’agression

Selon les témoignages recueillis, une vidéo aurait été enregistrée montrant l’agresseur dans un état d’agitation peu avant l’incident. Ces images, qui circulent sur les réseaux sociaux, documentent le comportement erratique de l’individu quelques instants avant qu’il ne s’en prenne physiquement au membre de la communauté Habad.

Cette documentation visuelle pourrait s’avérer cruciale dans l’enquête menée par les autorités pour établir les circonstances exactes de l’agression et déterminer la préméditation éventuelle de l’acte.

Une tendance inquiétante qui se confirme

Cet incident s’ajoute malheureusement à une série d’agressions antisémites recensées récemment dans la région new-yorkaise. Les statistiques officielles font état d’une augmentation significative des actes de haine visant la communauté juive, particulièrement depuis l’escalade des tensions au Moyen-Orient.

Les dirigeants communautaires expriment leur préoccupation face à cette dégradation du climat sécuritaire. Ils appellent les autorités à renforcer la protection des lieux de culte et des quartiers à forte concentration juive, notamment à Crown Heights où se concentre une importante population hassidique.

La police de New York a confirmé qu’une enquête était en cours pour qualifier juridiquement cet acte et déterminer s’il relève de la législation sur les crimes de haine. Cette qualification pourrait entraîner des sanctions pénales alourdies pour l’agresseur une fois jugé devant les tribunaux.

 

 

Entre voir et entendre – Cours du Rav Mendel Bitton de Sarcelles Village

Entre voir et entendre – Cours du Rav Mendel Bitton de Sarcelles Village

Dans un enseignement profond sur la nature de la foi et du service divin, le Rav Mendel Bitton explore la différence fondamentale entre deux modes d’appréhension de la vérité. D’un côté, la force inébranlable de ce qu’on a « vu » de ses propres yeux, de l’autre, la fragilité de ce qu’on a simplement « entendu dire ». Une réflexion sur la préparation spirituelle nécessaire aux temps messianiques, où l’enseignement divin se révélera dans toute sa puissance immédiate.

 

 

 

Habad en Suisse : « Tu peux réussir ta mission ! » : le message d’espoir du Rav Zalman Wiszacki, émissaire du Rabbi à Bâle

Habad en Suisse : « Tu peux réussir ta mission ! » : le message d’espoir du Rav Zalman Wiszacki, émissaire du Rabbi à Bâle

 

Le Rav Zalman Wiszacki, émissaire du Rabbi de Loubavitch à Bâle, livre une réflexion puissante sur la confiance en soi à travers les enseignements de Jérémie. Dans sa chronique hebdomadaire, il révèle comment chaque personne possède une mission unique, même quand elle doute de ses capacités. Un message d’encouragement qui résonne particulièrement en cette période de réflexion spirituelle.

 

À travers une anecdote savoureuse impliquant un grand Rav américain et le Rabbi de Loubavitch, puis l’analyse de la Haftarah du prophète Jérémie, le Rav Zalman Wiszacki démontre que D.ieu connaît chaque personne avant même sa naissance et lui confie une mission spécifique. Face aux doutes personnels, le message divin reste constant : « Je te connais, tu peux y arriver. »

Quand le silence coûte plus cher que la parole

L’histoire commence dans le bureau du Rabbi de Loubavitch avec un éminent Rav de la communauté juive américaine. Sollicité pour donner son avis sur une question importante, ce dernier préfère esquiver en citant le Talmud : * »Amrei beMaarava : mila beselah, mishtoka betarein »* – « En Terre d’Israël, on disait : si une parole vaut une pièce d’argent, le silence en vaut deux. »

Mais le Rabbi, avec son esprit aiguisé caractéristique, retourne l’argument : « Certes, pour le silence tu recevras deux pièces, mais seulement pendant une heure. En revanche, si tu parles beaucoup, tu gagneras une pièce par mot, et au bout d’une heure, tu auras bien plus de pièces en main. »

Cette joute intellectuelle illustre parfaitement l’approche du Rabbi : encourager l’expression et l’action plutôt que la retenue excessive.

Jérémie, le prophète qui doutait de lui-même

En ce Shabbat de la paracha Pinchas, la lecture de la Haftarah nous ramène au prophète Jérémie, celui que l’on surnomme « le prophète de la destruction ». Son histoire personnelle résonne étonnamment avec nos questionnements contemporains.

Quand D.ieu lui annonce sa mission prophétique, Jérémie tente de refuser : * »Hélas, Éternel D.ieu ! Je ne sais point parler, car je suis un jeune homme. »* Une réaction humaine face à l’ampleur de la tâche confiée.

Mais la réponse divine est sans appel : * »Ne crains rien… car Je suis avec toi ! »* Cette promesse accompagnera Jérémie pendant quarante-et-une années, jusqu’à la destruction du Temple.

Un message universel d’encouragement

« Le Rabbi a pris soin que chaque enseignement ait une dimension actuelle », explique le Rav Wiszacki. Les versets de Jérémie ne constituent pas seulement un récit historique fascinant, mais portent un message personnel pour chacun.

* »Avant de te former dans le ventre maternel, Je te connaissais ; avant que tu sortes du sein, Je t’avais consacré »* – ces mots s’adressent à chaque individu. D.ieu annonce à chacun : « Tu as une mission à accomplir, utilise les forces qui sont en toi et fais du bien à ton environnement. »

Face au doute légitime – « Moi ? Qui suis-je ? » – la réponse reste constante : « Je te connais depuis avant ta naissance ! Tu en es capable ! »

Et quand survient l’objection – « Mais je suis encore jeune, comment puis-je affronter le monde qui m’entoure ? » – la promesse divine demeure : « N’aie pas peur… car Je suis avec toi. »

 

Frontière syrienne : chaos sécuritaire et dilemmes stratégiques pour Israël

Frontière syrienne : chaos sécuritaire et dilemmes stratégiques pour Israël

La situation explosive à la frontière syrienne place Israël face à des choix complexes concernant l’intervention militaire et les relations avec la communauté druze. Les récents affrontements dans le sud de la Syrie soulèvent des questions cruciales sur les véritables intentions du nouveau dirigeant syrien Muhammad al-Jolani. Entre prudence stratégique et pressions humanitaires, Tsahal navigue dans un terrain miné géopolitique.

Par Mendy Rizel de radio Kol Barama

 

Les tensions à la frontière israélo-syrienne ont atteint un point critique suite aux violents affrontements entre clans druzes et bédouins dans la région d’As-Suwayda. L’arrivée au pouvoir d’Ahmad al-Jolani en décembre dernier a bouleversé l’équilibre régional, soulevant des interrogations sur ses véritables intentions. Malgré la loyauté historique des Druzes envers Israël, les autorités israéliennes adoptent une approche prudente face aux tentatives de franchissement de la frontière, tout en menant des frappes ciblées pour dissuader les forces jihadistes.

La crise actuelle trouve ses racines dans les événements de décembre 2024, lorsqu’Ahmad al-Jolani a pris le contrôle de la Syrie. Les tensions ont culminé récemment avec l’arrestation, le vol et la torture d’un jeune Druze, déclenchant des affrontements violents entre les communautés druze et bédouine dans la région d’As-Suwayda, le bastion druze du sud syrien.

Selon Mendy Rizel, correspondant militaire de ‘Kol Barama’, qui s’est exprimé dans l’émission radio ‘Vendredi Soir’ d’Herzl Kosaschvili, « les hommes d’Ahmad Ashra, qui est un jihadiste ayant appartenu à quatre organisations terroristes, ont commencé à envoyer des renforts dans la région ». Cette escalade a contraint les forces jihadistes à se diriger vers As-Suwayda en utilisant des véhicules similaires à ceux des Druzes, compliquant l’identification des cibles pour Tsahal.

Face à cette situation, Israël a mené plusieurs frappes en Syrie, notamment à Damas, et déployé des convois de chars, de véhicules blindés et de lance-roquettes multiples pour dissuader les jihadistes de poursuivre leur offensive.

Al-Jolani : rédemption ou déguisement ?

La transformation apparente d’Ahmad al-Jolani, ancien membre d’Al-Qaïda et de Daech, suscite un débat intense sur ses véritables motivations. « La nouvelle image d’Ahmad al-Jolani a troublé beaucoup d’Occidentaux », explique Rizel, soulignant que l’ancien président américain Donald Trump et d’autres dirigeants européens et arabes, notamment la Jordanie et les Émirats arabes unis, ont accueilli al-Jolani avec honneur.

« Il semble que tout le monde soit tombé amoureux de lui », observe Rizel avec cynisme, « et au final, ce qui compte, c’est le pouvoir, la force et le prix Nobel ». La question centrale demeure : al-Jolani a-t-il véritablement embrassé la voie de la paix pour promouvoir le bien-être des Syriens et du Moyen-Orient, ou s’agit-il d’un « archi-terroriste déguisé en agneau » cherchant à gagner les sympathies ?

Un éventuel accord avec Israël pourrait conduire à une normalisation des relations et démanteler l’alliance iranienne, représentant un succès majeur pour les dirigeants occidentaux. Cependant, Rizel met en garde : « C’est une grande question de savoir si cet homme a vraiment changé non seulement son apparence, mais aussi son essence. »

Tsahal face au dilemme frontalier

La stratégie d’attentisme de Tsahal soulève des interrogations sur la doctrine militaire israélienne. Bien que le porte-parole de Tsahal ait annoncé que les forces suivent la situation et agissent pour empêcher l’entrée de Druzes en Israël, la réalité sur le terrain diffère considérablement.

« Vous voyez des foules s’approcher de la clôture, une clôture de système, une clôture frontalière. Ils la détruisent, la brisent, entrent à l’intérieur, et les soldats, on ne sait pas vraiment ce qu’ils font », déplore Rizel. Cette passivité contraste avec le traitement habituel des tentatives de franchissement de frontière par des citoyens israéliens.

Rizel souligne une disparité troublante : alors qu’un citoyen israélien tentant de franchir une frontière serait arrêté et risquerait d’être touché par des balles en caoutchouc ou des tirs à balles réelles, « hier, ils n’ont pas tiré de balles en caoutchouc sur eux. Autrement dit, des citoyens israéliens qui sont de catégorie A+, et qui peuvent faire ce qu’ils veulent ».

Complexité des relations druzes

La loyauté historique de la communauté druze envers Israël se trouve mise à l’épreuve par les événements actuels. Un officier druze de haut rang a décrit des scènes difficiles d’humiliations infligées aux Druzes en Syrie, contrastant avec des moments émouvants de réunifications familiales. Ces témoignages révèlent la complexité du lien entre la communauté druze israélienne et leurs proches en Syrie.

Les images de destruction de la clôture frontalière par des civils druzes, sans intervention significative de Tsahal, rappellent douloureusement les failles sécuritaires révélées lors des événements d’octobre. « La vérité, c’est que ces images ont contribué » à créer une perception de vulnérabilité, selon Rizel.

Enjeux géopolitiques et contacts diplomatiques

Les rapports faisant état de rencontres entre le chef du Mossad Tzachi Hanegbi et des responsables syriens illustrent la complexité de la nouvelle donne régionale. « La Syrie est maintenant très compliquée pour Israël », explique Rizel. Si auparavant la situation était claire avec Bachar al-Assad, aujourd’hui « celui qui tente de combler le vide, c’est la Turquie ».

Israël s’oppose fermement à ce que la Turquie, ancien partenaire devenu problématique, ne remplisse ce vide géopolitique. Des messages ont été transmis indiquant qu’Israël attaquerait les forces turques si elles osaient déployer des troupes dans le sud de la Syrie, zone censée être démilitarisée.

« Si vous voulez chasser les Turcs de Syrie, vous devez faire un accord avec Jolani, qui comprendra qu’il vaut mieux avoir pour lui les voisins frontaliers, c’est-à-dire nous, plutôt qu’Erdogan », analyse Rizel. Cette équation stratégique place Israël dans une position délicate : « Vous faites la paix avec lui, il peut vous surprendre un jour… vous pouvez vous retrouver en conflit avec Erdogan. »

La récente élimination par Tsahal d’un responsable des forces d’al-Jolani complique davantage ces contacts diplomatiques naissants, soulevant des questions sur l’impact de ces actions militaires sur les négociations en cours.

Implications politiques internes

Concernant l’impact du retrait des partis religieux du gouvernement sur la nomination du général Eliahou Zini au poste de futur chef du Shin Bet, Rizel considère qu’il s’agit de « deux voies complètement différentes ». La nomination de Zini constitue principalement « une voie de collision entre Netanyahu et… tous les gens de gauche qui voient en Zini une sorte de ligne rouge et craignent beaucoup son choix ».

Rizel défend Zini, le décrivant comme « un Juif craignant D.ieu, un érudit », allant jusqu’à le qualifier de « religieux, pas moins que de nombreux religieux ». Cette caractérisation souligne les tensions politiques internes qui se superposent aux défis sécuritaires externes.

La situation à la frontière syrienne demeure imprévisible, soulevant des questions fondamentales sur l’avenir des relations israélo-syriennes et la stabilité régionale. Entre les pressions humanitaires liées à la communauté druze et les impératifs sécuritaires nationaux, Israël navigue dans un environnement géopolitique en mutation rapide, où chaque décision peut avoir des répercussions majeures sur l’équilibre régional.

 

Vendredi 18 juillet 2025 à 10h30 : Likouté Si’hot Pin’has volume 28, Si’ha 2 – par le Rav Levi Azimov

Vendredi 18 juillet 2025 à 10h30 : Likouté Si’hot Pin’has volume 28, Si’ha 2 – par le Rav Levi Azimov

En direct, chaque vendredi, étude du Likoutei Si’hot
avec le Rav Levi Azimov de 10h30 – 11h30
au Beth Loubavitch – 8 rue Lamartine 75009 Paris
Ce cours est retransmis en direct par téléphone
Tél.: +33159423068 – code: 33 41 593 (♯)

ET SUR RADIO HASSIDOUT
RADIO HASSIDOUT

Pin’has – Le «temps» d’un sacrifice perpétuel
Source : Likouté Si’hot volume 28, deuxième Si’ha sur Pin’has

https://drive.google.com/file/d/1AoxOKXTYI5n5T7MUnQfsKSeHrLaxHx55/view

Dans la Paracha Pin’has, la Torah nous enseigne les lois du sacrifice « Tamid », l’offrande quotidienne et perpétuelle qui était offerte chaque jour dans le Temple. Cette étude, basée sur le Likouté Si’hot volume 28, explore une divergence fascinante entre Rachi et Ibn Ezra concernant la signification du terme « moèd » (temps) appliqué à ce sacrifice perpétuel, et révèle un enseignement profond sur la sanctification du quotidien.

 

Les Lois du Sacrifice Tamid selon la Torah

La Torah énonce dans Pin’has (28, 1) : « D.ieu parla à Moché en ces termes : Ordonne ceci aux enfants d’Israël et dis-leur : Mon sacrifice, Mon pain qui se consume pour Moi en délectable odeur, vous aurez soin de Me le présenter en son temps (bemoado) ; deux par jour, en holocauste perpétuel. Un agneau tu offriras le matin et le second, tu l’offriras vers le soir. Et au jour du Chabbat, tu offriras deux agneaux d’un an, sans défaut ; l’holocauste du Chabbat, offert dans son Chabbat, indépendamment de l’holocauste perpétuel et de sa libation. »

La Divergence entre Rachi et Ibn Ezra

Rachi commente l’expression « en son temps » de manière révolutionnaire : « Chaque jour est le ‘temps (moèd)’ fixé pour les offrandes perpétuelles. » Pour Rachi, chaque jour possède sa propre dimension sacrée, constituant un moment spécifique destiné à l’offrande du sacrifice quotidien.

Cette interprétation soulève une question importante : si Rachi veut simplement indiquer que le sacrifice doit être offert même en état d’impureté, pourquoi ne l’indique-t-il pas explicitement comme il le fait ailleurs ?

Ibn Ezra propose une interprétation plus littérale : « En son temps. Il ne faut pas l’offrir avant le matin ni après le soir (la tombée de la nuit). » Cette explication se concentre sur les limites horaires de l’offrande.

Selon le Mizra’hi, Rachi vient indiquer que chaque jour est spécifiquement le « temps » des sacrifices perpétuels, sans aucune exception, au point que même en état d’impureté, on les offre le jour même. Cette constance absolue distingue le Tamid des autres sacrifices.

La Notion de Temps dans les Sacrifices

Le terme « moèd » appliqué aux sacrifices du Chabbat, du Roch ‘Hodech et des fêtes est facilement compréhensible, car ces célébrations ont des dates précises. Mais concernant le sacrifice Tamid, qui est perpétuel, l’expression « en son temps » semble moins appropriée.

C’est pourquoi Rachi ne suit pas l’explication d’Ibn Ezra, car cela concernerait alors non pas un temps spécifique réservé au Tamid, mais une règle applicable à tous les sacrifices. Rachi apporte plutôt une innovation : par le terme « moèd », la Torah souligne que « chaque jour est le temps des sacrifices perpétuels ». Chaque jour constitue un moment spécifique, désigné pour l’offrande du sacrifice quotidien de ce jour-là.

La Question de la Récupération des Sacrifices

Un sacrifice non offert à temps peut-il être « rattrapé » ? Cette question révèle deux aspects du rattrapage d’un sacrifice manqué :

Du point de vue de la personne : elle rattrape son devoir qui aurait dû être accompli le jour précédent.

Du point de vue de l’objet : l’acte devant être accompli sur un objet spécifique est réalisé ultérieurement sur ce même objet.

Pour les sacrifices du Chabbat, Rachi précise : « L’holocauste du Chabbat, en son Chabbat. Pas celui de ce Chabbat pour un autre Chabbat. Si le sacrifice d’un Chabbat n’a pas été offert, peut-on offrir deux sacrifices le Chabbat suivant ? La Torah répond : ‘en son Chabbat’, indiquant ainsi que si son jour du sacrifice est passé, son sacrifice est annulé. »

Cette règle s’applique également au Roch ‘Hodech : « Voici l’holocauste de chaque mois en son mois. Si son jour est passé, son sacrifice est annulé, sans possibilité de rattrapage. »

Selon l’explication de Rachi, ce principe doit s’appliquer également au sacrifice perpétuel : puisque « chaque jour est le temps spécifique du sacrifice perpétuel », si « son jour destiné à son offrande est passé », alors son sacrifice est annulé.

Cependant, le terme « en son Chabbat » nous apprend que si « son jour est passé, son sacrifice est annulé », le « sacrifice » n’existe plus. Mais pour le sacrifice perpétuel, aucun texte n’indique qu’en cas de retard, le sacrifice est annulé et qu’il n’existe plus. Selon le sens simple du texte, il est donc possible, voire nécessaire, d’offrir ces sacrifices le lendemain, car l’existence du sacrifice, ou de sa valeur, demeure.

Deux Types de Sacrifices, Deux Types de Révélations

Les sacrifices supplémentaires du Chabbat, du Roch ‘Hodech et des fêtes introduisent une sainteté qui modifie le « temps » – ces jours deviennent visiblement sacrés. La révélation divine qui illumine ces jours transforme ouvertement ces moments en temps saints.

À l’inverse, le sacrifice perpétuel représente une constance sans limites, révélant la sainteté continue liée à l’Essence même de D.ieu, qui ne connaît aucun changement, et qui est donc constante, intemporelle. Cette révélation divine est liée à l’aspect perpétuel, sans limitations.

Toutefois, « chaque jour est le temps spécifique du Tamid » – le temps lui-même (la journée) est également modifié par ce sacrifice pour devenir un jour sacré, même si cela n’est pas visible.

Enseignement Pratique : Transformer le Quotidien en Jour de Fête

Lorsqu’un Juif accomplit son service spirituel de manière constante (« Tamid »), son engagement ne varie pas selon les jours : aussi bien les jours ordinaires, le Chabbat, les fêtes et même Yom Kippour (le Chabbat des Chabbat) – dans toute situation et dans tout acte, un seul objectif prédomine : réaliser la volonté de D.ieu.

C’est ce que souligne Rachi : par ce service constant, chaque jour devient un « moèd » (temps), un jour particulier. Ce n’est plus un jour profane comme les autres, mais un jour spécialement destiné au sacrifice (korbane) – au rapprochement (kirouv) vers D.ieu.

Ainsi se réalise parfaitement l’objectif divin : avoir une résidence ici-bas. Même celui qui parvient à servir D.ieu de manière stable (« Tamid ») doit faire de chaque jour un « moèd », un grand jour de proximité avec D.ieu.

L’enseignement du sacrifice Tamid nous révèle que la spiritualité authentique ne se limite pas aux moments exceptionnels, mais consiste à transformer chaque instant du quotidien en moment sacré. Par un service constant et dévoué, nous pouvons faire de chaque jour ordinaire un « moèd », un temps de rencontre privilégiée avec le divin, réalisant ainsi l’aspiration suprême de D.ieu d’avoir une demeure dans notre monde matériel.

Parachat Pin’has: Quand le miracle se fait complice de la nature, Par Rav Chmouel Brodowicz

Parachat Pin’has: Quand le miracle se fait complice de la nature, Par Rav Chmouel Brodowicz

Dans ce profond enseignement du Rabbi sur la Parachat Pin’has, le Rav Chmouel Brodowicz nous révèle un secret fondamental de la providence divine : au-delà des miracles ponctuels que nous sollicitons dans nos difficultés, existe une dimension spirituelle supérieure où l’intervention divine devient notre mode de vie naturel.

 

Ce cours explore la différence entre les miracles et les prodiges à travers l’histoire de Pin’has, et comment obtenir l’intervention divine dans notre vie quotidienne.

  • Contexte : Après la faute des Juifs avec les filles de Moav, une épidémie frappe le peuple
  • L’acte héroïque : Pin’has (petit-fils d’Aaron) intervient courageusement pour arrêter la transgression publique de Zimri
  • La récompense : D.ieu lui accorde la brit shalom (alliance de paix) et la kehouna (prêtrise)

Question talmudique centrale

La Guemara dit que celui qui rêve de Pin’has aura un pelé (prodige), mais :

  • Problème 1 : Pourquoi un seul prodige alors que Pin’has a eu 6 ou 12 miracles ?
  • Problème 2 : Pourquoi parler de « prodige » et non de « miracle » ?

Distinction fondamentale : Miracles vs Prodiges

Les Miracles (nissim)

  • Interventions ponctuelles de D.ieu qui changent les lois naturelles
  • Chaque situation nécessite une nouvelle intervention divine
  • Exemple : la main de Moïse qui devient lépreuse puis guérit

Les Prodiges (pélé)

  • Attitude globale où toute la vie de la personne fonctionne au-dessus des lois naturelles
  • Pas besoin d’interventions répétées – c’est un état permanent
  • La personne vit dans une dimension surnaturelle constante

L’exemple de Joseph

  • Joseph a été puni pour avoir demandé l’aide de l’échanson car il aurait dû comprendre qu’il vivait déjà dans la dimension du prodige
  • Quand on vit au niveau du pélé, on ne doit plus compter sur les moyens naturels

Histoire illustrative moderne

Le Rav Brodowicz raconte l’histoire d’un émissaire du Rabbi qui a survécu miraculeusement à une agression après avoir reçu une bouteille et 50 dollars du Rabbi, avec des allusions aux lettres noun (liées aux miracles dans le Talmud).

Leçon pratique

Deux niveaux de pratique religieuse :

  1. Niveau logique : Pratiquer correctement mais selon la raison, avec efforts ponctuels
  2. Niveau du prodige : Pratiquer avec une attitude où tout est naturellement au-dessus des lois naturelles

L’attitude de Pin’has

  • Pas de calculs ni d’hésitations
  • Action immédiate par conviction absolue
  • Dépassement total de soi (messirat nefesh)
  • Comme les hassidim en Russie qui disaient : « Comment pouvions-nous faire autrement ? »

Message final

Pour obtenir l’intervention divine dans notre vie :

  • Adopter une attitude de « pélé » dans la pratique quotidienne
  • Ne pas se contenter de miracles ponctuels mais viser une vie entièrement prodigieuse
  • D.ieu répond à notre élévation par une élévation correspondante

Le cours se termine en mentionnant que la libération du Rabbi précédent de prison soviétique a eu lieu pendant la paracha Pin’has, illustrant cette même attitude de dépassement de soi.

 

Le Rav Gouraryé, émissaire du Rabbi à  Holon, se réveille après des semaines d’inquiétude : « Il a parlé ce matin »

Le Rav Gouraryé, émissaire du Rabbi à Holon, se réveille après des semaines d’inquiétude : « Il a parlé ce matin »

Après des semaines de prières intenses et d’inquiétude, la famille du Chalia’h et Grand Rabbin de Holon annonce une nouvelle encourageante ce jeudi matin. Le Rav Haïm Eliahou Yohanan Gouraryé, membre du tribunal rabbinique Habad, s’est réveillé et a même parlé. Cette évolution positive redonne espoir à la communauté juive mondiale qui prie pour sa guérison complète.

 

 

Le Rav Haïm Eliahou Yohanan Gouraryé, Grand Rabbin de Holon et membre du tribunal rabbinique Habad, a montré des signes encourageants de réveil après des semaines de grave préoccupation sanitaire. La famille a confirmé que le Rav s’est réveillé tôt ce matin et a réussi à parler, suscitant l’espoir d’une récupération complète. La communauté Habad mondiale continue de prier pour sa guérison.

Un réveil tant attendu par la communauté

La nouvelle a été accueillie avec un immense soulagement par la communauté Habad mondiale. « Le Rav s’est réveillé tôt ce matin, et par la grâce de D.ieu, il a même parlé », a déclaré un proche de la famille, s’exprimant sous couvert d’anonymat. Cette évolution marque un tournant potentiel dans l’état de santé du dirigeant spirituel, après des semaines d’incertitude.

Le Rav Gouraryé, figure respectée de la communauté juive israélienne, occupe une position centrale au sein du mouvement Habad. Son état de santé avait suscité une vague de préoccupation dans les cercles religieux, mobilisant des milliers de fidèles à travers le monde.

Mobilisation mondiale pour la prière

Ces dernières semaines, les communautés Habad du monde entier ont été appelées à s’unir dans la prière pour la guérison complète du Rav. Le tribunal rabbinique Habad en Terre Sainte avait publié un appel spécial, exhortant les fidèles et les étudiants de Yechiva à étudier et à mériter la communauté par leurs actions spirituelles.

« Nous avons vu une mobilisation extraordinaire », témoigne un responsable communautaire local. « Des synagogues de New York à celles de Paris, en passant par celles de Melbourne, partout les prières se sont élevées pour la guérison du Rav. »

Cette solidarité transcende les frontières géographiques et illustre l’influence spirituelle du Rav Gouraryé au-delà de sa communauté immédiate de Holon.

L’espoir d’une guérison complète

Malgré cette nouvelle encourageante, la famille reste prudente et appelle à poursuivre les prières. « Nous demandons de continuer à prier pour sa guérison complète », a insisté un porte-parole familial. Cette demande souligne que, bien que l’évolution soit positive, le processus de guérison demeure fragile.

La famille exprime sa gratitude envers D.ieu pour les miracles accomplis jusqu’à présent et évoque les bénédictions du Rabbi de Loubavitch, qui « accomplissent certainement leur œuvre ». Cette référence spirituelle rappelle l’importance de la dimension mystique dans la conception Habad de la guérison.

Un parcours exceptionnel au service de la communauté

Le Rav Haïm Eliahou Yohanan Gouraryé, né le 29 Kislev 5712 (1951) à Tel Aviv, incarne une figure majeure du judaïsme contemporain. Descendant d’une famille de notables Habad – il est le petit-fils du Rav Haïm Chemaryahou Gouraryé et du Rav Eliezer Krasik, tous deux figures importantes du mouvement Habad à Tel Aviv – son destin était déjà tracé.

À l’âge d’un an, sa famille émigre aux États-Unis où il grandit et étudie à la prestigieuse Yechiva Tomchei Tmimim de Brooklyn. Élève brillant, il obtient son ordination rabbinique sur instruction explicite du Rabbi de Loubavitch, avant même son mariage – honneur rare dans la tradition.

En 1976, le Rabbi l’envoie en Terre Sainte comme émissaire, dans le cadre du groupe des « émissaires pour la Terre Sainte ». Il épouse la Rabbanit Rivka, fille du Rav David Bravman, et s’établit définitivement en Israël.

Une œuvre éditoriale remarquable

Pendant plusieurs années, le Rav Gouraryé dirige l’administration de la Yechiva Hassidei Habad Loubavitch à Tsafat, fonction qui lui vaut des encouragements particuliers du Rabbi. Mais c’est surtout son œuvre éditoriale qui le distingue.

Directeur de l’institut de recherche « Ohalei Shem Loubavitch », il supervise la publication de dizaines d’ouvrages sur la halakha et les coutumes, ainsi que des livres de documentation historique sur le mouvement Habad. Son ouvrage « 248 Lettres », qui compile 248 sujets exclusivement tirés des livres de sa bibliothèque personnelle, témoigne de son érudition exceptionnelle.

Le Rabbi lui-même a encouragé de manière particulière ses travaux éditoriaux, reconnaissant l’importance de ses recherches pour la préservation et la transmission du patrimoine Habad.

Une autorité rabbinique reconnue

Nommé rabbin du quartier Kiryat Saret à Holon en 1984, puis élu Grand Rabbin de la ville en 1999, le Rav Gouraryé dirige une communauté de près de 200 000 habitants. Il supervise les départements des mariages, de la cacherout et autres services religieux municipaux.

Membre du tribunal rabbinique Habad en Terre Sainte, ses décisions halakhiques influencent la communauté mondiale. Sous sa direction, un réseau d’institutions Habad s’est développé à Holon, dirigé par des émissaires qu’il supervise personnellement.

Son autorité spirituelle explique l’émotion suscitée par son récent problème de santé. En Tamouz 5785, il a subi un infarctus, événement qui a conduit à l’ajout du prénom « Haïm » (vie) à son nom, selon la tradition juive.

Vers une récupération progressive

Les proches du Rav restent optimistes quant à la suite des événements. « L’espoir grandit en vue d’une amélioration continue et d’une guérison complète rapide », confie un membre de l’entourage. Cette perspective positive reflète l’impact encourageant du réveil matinal sur le moral des proches.

Les médecins n’ont pas encore communiqué officiellement sur l’état de santé du Rav, mais l’évolution décrite par la famille suggère une amélioration notable. La capacité à parler constitue un indicateur médical important dans ce type de situation.

Une communauté unie dans l’épreuve

Cette épreuve a démontré la solidarité remarquable de la communauté Habad mondiale. Les prières collectives, les études supplémentaires et les actions charitables entreprises témoignent de l’attachement profond à leur leader spirituel.

La famille conclut son message en exprimant l’espoir que cette guérison s’inscrive dans une perspective plus large : « Avec l’aide de D.ieu, jusqu’à sa guérison complète et à la délivrance véritable et complète de tout Israël. » Cette formulation traditionnelle lie le sort individuel au destin collectif, caractéristique de la pensée Habad.

La communauté continue donc d’espérer et de prier, portée par cette nouvelle encourageante qui marque peut-être le début d’une récupération complète du Rav Gouraryé.

La bénédiction « Asher Yatsar » selon le Choul’han Aroukh HaRav – Rav Moché Morde’haï Ginsburg

La bénédiction « Asher Yatsar » selon le Choul’han Aroukh HaRav – Rav Moché Morde’haï Ginsburg

Cette étude approfondie examine les lois relatives aux bénédictions matinales, en particulier la controverse entourant la bénédiction « Asher Yatsar » et son lien avec l’utilisation effective des toilettes, selon l’enseignement du Choul’han Aroukh HaRav et les traditions halakhiques de la communauté Habad.

 

Par le Rav Moché Morde’haï Ginsburg – 770 de Ramat Shlomo

 

L’Impératif de la Kavana (Intention)

Le principe fondamental régissant toutes les bénédictions stipule la nécessité d’avoir une intention consciente, c’est-à-dire de comprendre pleinement le sens des paroles prononcées. Cette exigence s’applique universellement à chaque bénédiction, requérant non seulement l’articulation correcte des mots, mais également leur compréhension spirituelle.

À priori, l’intention doit accompagner l’intégralité de la récitation. Cependant, la jurisprudence halakhique distingue entre les éléments dont l’absence d’intention invalide rétroactivement la bénédiction – comme certains passages du Shema, notamment le premier verset – et ceux pour lesquels cette lacune, bien que regrettable, n’empêche pas l’accomplissement de l’obligation.

Les Subtilités de la Mention du Nom Divin

La prononciation du Nom divin exige une attention particulière quant à l’intention qui doit l’accompagner. Cette complexité se manifeste sous plusieurs aspects :

  1. L’Intention d’Adonout : Lorsque le Nom apparaît sous la forme « Ado-naï », l’intention requise porte sur le concept d’Adonout – la reconnaissance que le Nom constitue le Maître absolu de l’univers, exerçant sa souveraineté sur toute la création.
  2. L’Intention du Tétragramme : Dans certains Siddourim, particulièrement le Siddour Torah Or, une scrupulosité particulière conduit à éviter l’abréviation du Nom divin. Cette pratique découle de la nécessité d’avoir une intention appropriée selon la forme sous laquelle le Nom apparaît.

La différence pratique s’avère significative : lorsque le Tétragramme apparaît dans sa forme complète, l’intention doit englober simultanément les concepts d’Adonout et de « Haya, Hoveh, VeYihiyeh » (Il était, Il est, Il sera) – expression de la transcendance divine par rapport aux limites temporelles.

Comme l’explique le Tanya, cette formulation unique synthétise passé, présent et futur en un seul terme, signifiant la transcendance absolue du Saint béni soit-Il au-delà des contraintes temporelles qui régissent l’existence humaine.

La Prononciation Correcte du Nom Divin

La tradition halakhique présente une controverse concernant la prononciation correcte du Nom divin selon sa forme écrite. Lorsque le Nom apparaît sous la forme « Ado-naï », le consensus établit la prononciation du Aleph avec un Patah. Cependant, dans les cas où le Tétragramme est écrit mais lu comme « Ado-naï », certaines autorités préconisent la prononciation du Aleph avec un Sheva.

Néanmoins, l’usage contemporain universel maintient la prononciation « Ado-naï », cette variante de prononciation étant tombée en désuétude.

L’Intention Spécifique pour « Elokim »

La mention du Nom « Elokim » requiert une intention particulière, centrée sur les attributs de force et de puissance divines. Ce terme exprime la capacité divine d’exercer un contrôle absolu sur les sphères supérieures et inférieures de l’existence.

« Elokim » évoque la domination divine sur la nature et la création, concept intrinsèquement lié à la Guevoura (force divine) qui régit et restreint l’abondance divine selon la volonté supérieure. Cette dimension contraste avec « Ado-naï » qui exprime plutôt notre annulation devant la souveraineté divine.

La Bénédiction Asher Yatsar : Analyse Halakhique

La Guemara établit le principe fondamental selon lequel l’obligation de réciter « Asher Yatsar » découle exclusivement de l’utilisation effective des toilettes. Cette bénédiction trouve sa justification première dans l’acte physique de soulagement corporel, constituant une reconnaissance de la complexité et de la perfection du système corporel humain.

Cependant, l’évolution historique de la pratique a conduit à une extension significative de cette obligation, indépendamment de l’utilisation concrète des toilettes.

La communauté juive a développé une coutume universelle consistant à réciter « Asher Yatsar » chaque matin, immédiatement après la bénédiction sur le lavage des mains, même en l’absence d’utilisation des toilettes. Cette pratique, bien qu’elle s’écarte de la prescription talmudique originale, trouve sa justification dans un concept halakhique profond.

Le Concept de Nouvelle Création : La justification halakhique de cette pratique repose sur le principe selon lequel chaque réveil matinal constitue une renaissance spirituelle complète. L’âme, ayant été restituée au corps après son ascension nocturne, transforme l’individu en une « nouvelle création ». Cette renaissance quotidienne justifie la récitation de « Asher Yatsar et HaAdam BeHokhma » comme expression de gratitude pour ce renouvellement existentiel.

Pour ceux qui souhaitent concilier la pratique contemporaine avec l’exigence talmudique originale, le Choul’han Aroukh propose une solution pratique élégante. La recommandation consiste à utiliser les toilettes immédiatement après le lavage des mains matinal, permettant ainsi de satisfaire simultanément les deux justifications de la bénédiction.

Cette approche présente l’avantage de transformer une pratique potentiellement problématique en accomplissement parfait de l’obligation, unifiant la dimension physique (utilisation des toilettes) et spirituelle (nouvelle création) de la bénédiction.

Le Lavage des Mains Matinal : Fondements et Pratiques

La jurisprudence halakhique présente deux justifications distinctes pour l’obligation du lavage des mains matinal :

  1. La Théorie de l’Impureté Nocturne : Selon cette approche, les mains contractent une impureté rituelle durant le sommeil par contact avec des zones corporelles impures. Cette théorie implique logiquement l’extension de l’obligation de lavage avant les prières de Min’ha et d’Arvit.
  2. La Théorie du Service Divin : Cette seconde approche établit un parallèle avec le service sacerdotal, où le Cohen devait sanctifier ses mains avant d’entamer son service divin. Selon cette conception, le lavage des mains constitue une préparation spirituelle au service divin quotidien, indépendamment de toute considération d’impureté.

Ces deux théories génèrent des différences pratiques significatives :

  1. Pour la Prière de Min’ha : La première théorie exige le lavage des mains avant chaque prière lorsque les mains sont impures. La seconde limite cette obligation au matin uniquement, moment privilégié pour l’éveil spirituel et la sanctification.
  2. Concernant les Bénédictions : Seul le lavage matinal s’accompagne d’une bénédiction spécifique, soulignant son caractère unique dans l’économie spirituelle quotidienne.

La Coutume Habad

La tradition Habad a développé une pratique distinctive consistant à placer de l’eau près du lit pour le lavage immédiat au réveil, sans réciter immédiatement la bénédiction correspondante. Cette précaution découle de la probabilité que la personne ressente le besoin d’utiliser les toilettes, situation dans laquelle la récitation de bénédictions est interdite.

La séquence recommandée comprend : lavage près du lit, habillage, utilisation des toilettes, puis lavage définitif accompagné des bénédictions appropriées (« Al Netilat Yadayim » et « Asher Yatsar »).

Les Pratiques Synagogales Alternatives

Certaines communautés ont développé la coutume de différer le lavage des mains et les bénédictions correspondantes jusqu’à l’arrivée à la synagogue. Cette pratique reflète une compréhension du lavage des mains comme préparation immédiate au service divin communautaire.

Justification Halakhique : Cette approche s’appuie sur la conception du lavage des mains comme sanctification préparatoire au service divin. Puisque l’essentiel du service contemporain s’accomplit par la prière, la louange et l’étude, la synagogue constitue le lieu approprié pour cette préparation rituelle.

Précautions Requises : Cette pratique exige une attention particulière pour éviter toute interruption entre le lavage et la bénédiction par des activités d’étude ou de prière non liées.

Les Règles Générales des Bénédictions

La formulation standard des bénédictions juives commence invariablement par « Baroukh » (Béni), établissant la reconnaissance de la source divine de toute bénédiction. Cette règle connaît cependant deux exceptions notables :

  1. Les Bénédictions Consécutives : Lorsqu’une bénédiction suit immédiatement une autre dans une séquence logique, comme « Ahavat Olam » après « Yotzer Or » dans les bénédictions du Shema, l’ouverture « Baroukh » de la première bénédiction couvre également la seconde.
  2. Les Bénédictions de Remerciement : Les formulations constituant essentiellement des expressions de gratitude, telles que « Modim Anaḥnou Lakh », ne requièrent pas l’ouverture « Baroukh » car leur nature même constitue une reconnaissance divine.

L’idéal halakhique préconise l’enchaînement immédiat entre « Asher Yatsar » et « Elokai Neshama », transformant cette dernière en bénédiction consécutive ne nécessitant pas d’ouverture « Baroukh ». Cette pratique optimise la séquence des bénédictions matinales et renforce leur unité thématique.

Situations Particulières et Cas d’Exception

La jurisprudence halakhique traite spécifiquement des cas de réveil nocturne avec intention de se rendormir. Dans ces circonstances, la personne récitera « Elokai Neshama » sans la conclusion habituelle, par précaution concernant les bénédictions douteuses.

Séquence Recommandée : Lors du réveil nocturne, récitation d' »Elokai Neshama » sans conclusion ; avant le second endormissement, récitation de « HaMapil » sans ouverture ; au réveil définitif, récitation complète d' »Elokai Neshama ».

Concernant le Lavage des Mains : Seul le premier réveil avec intention de commencer le service divin justifie la bénédiction sur le lavage des mains. Les réveils ultérieurs, même avec utilisation des toilettes, ne requièrent que le lavage sans bénédiction.

Les Réveils Multiples pour les Toilettes

Les réveils nocturnes uniquement motivés par les besoins corporels ne constituent pas un début de service divin. Dans ces cas, seul le lavage des mains sans bénédiction est requis, la bénédiction « Asher Yatsar » étant récitée uniquement lors du réveil matinal définitif.

La Récitation Collective

L’histoire halakhique témoigne d’une pratique communautaire où un officiant récitait toutes les bénédictions matinales à voix haute, la communauté répondant « Amen ». Cette pratique évitait la répétition problématique des bénédictions.

Justification Halakhique : Cette pratique se justifiait par l’absence d’intention mutuelle d’acquittement : l’officiant ne visait pas à acquitter la communauté de ses obligations, et les fidèles n’avaient pas l’intention d’être acquittés par sa récitation.

Les Pratiques Contemporaines

Certaines communautés maintiennent des variantes de cette pratique, particulièrement pour multiplier les occasions de répondre « Amen », considéré comme ayant une valeur spirituelle particulière selon certaines traditions mystiques.

L’Équilibre Halakhique

L’analyse de ces lois révèle la capacité remarquable de la halakha à équilibrer rigueur textuelle et adaptation pratique. La question de « Asher Yatsar » illustre parfaitement cette dynamique : tout en maintenant le fondement talmudique original, la tradition a développé des justifications doctrinales solides pour une pratique élargie répondant aux besoins spirituels contemporains.

Cette approche démontre que la halakha ne constitue pas un système figé, mais un organisme vivant capable d’intégrer l’évolution des pratiques communautaires dans un cadre halakhique cohérent. La notion de « nouvelle création » quotidienne enrichit considérablement la compréhension de notre relation au divin, transformant un acte rituel en reconnaissance profonde de la providence divine continue.

L’enseignement du Choul’han Aroukh HaRav, fidèle à cette tradition d’équilibre, offre ainsi aux praticiens contemporains un cadre à la fois rigoureux et adapté, permettant l’accomplissement optimal des obligations religieuses dans le contexte de la vie moderne.