Trump rend hommage au Rabbi de Loubavitch : « J’ai puisé force et inspiration dans son héritage »

Trump rend hommage au Rabbi de Loubavitch : « J’ai puisé force et inspiration dans son héritage »

Le président américain Donald Trump a adressé une lettre émouvante aux émissaires de Habad aux États-Unis, révélant l’influence profonde qu’a exercée sur lui l’enseignement du Rabbi de Loubavitch. Cette missive, rendue publique à l’occasion du 31e anniversaire de la Hilloula du Rabbi Menahem Mendel Schneerson, témoigne de l’impact durable de cette figure spirituelle majeure sur la politique américaine contemporaine.

 

À l’occasion du 31e anniversaire de la Hilloula du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, le président des États-Unis Donald Trump a transmis une lettre particulièrement significative aux émissaires de Habad présents sur le territoire américain. Cet anniversaire, commémoré le dimanche 29 juin 2025 selon le calendrier hébraïque (3 Tamouz 5785), revêt une importance capitale pour des millions de fidèles à travers le monde.

Dans cette correspondance, publiée sur le site officiel de Habad, Trump exprime sa reconnaissance envers l’héritage spirituel du Rabbi, soulignant que son enseignement « a constitué une inspiration centrale pour la réforme du système de justice pénale, comme on peut le voir dans la loi du Premier Pas ». Cette référence fait écho à une réforme majeure du système carcéral américain, démontrant l’influence concrète des valeurs prônées par le Rabbi sur les politiques publiques.

Une visite marquante au mausolée du Rabbi

Le président Trump fait également référence à sa visite personnelle au mausolée du Rabbi (l’Ohel) situé dans le Queens, qu’il a effectuée le 7 octobre 2024, jour du premier anniversaire du massacre du « Sim’hat Torah ». Cette démarche, hautement symbolique, illustre l’importance que le président accorde à cette figure spirituelle dans un contexte géopolitique particulièrement tendu.

« Lorsque j’ai visité l’Ohel, j’ai puisé force et inspiration dans l’héritage du Rabbi », confie Trump dans sa lettre. Il évoque également le retour d’Eidan Alexander, libéré plus tôt cette année après avoir vécu une expérience inimaginable aux mains du Hamas, soulignant que « tout le pays a ressenti le pouvoir du Ohel et l’exemple continu du Rabbi ».

L’influence du Rabbi sur la réforme du système judiciaire

Trump met particulièrement l’accent sur l’impact concret de l’enseignement du Rabbi sur la législation américaine. Il cite spécifiquement la « loi du Premier Pas » (First Step Act), une réforme majeure du système de justice pénale qui vise à réduire la récidive et à améliorer les conditions de détention. Cette référence démontre comment les principes spirituels et éthiques prônés par le Rabbi ont trouvé une application directe dans les politiques publiques contemporaines.

Le président souligne également l’ampleur du réseau d’institutions dirigées par les Chlou’him de Habad-Loubavitch, qu’elles soient religieuses, éducatives ou sociales, et leur « influence énorme sur la vie spirituelle en Amérique ».

Un engagement pour la paix mondiale et la lutte contre l’antisémitisme

Dans sa lettre, Trump établit un lien direct entre l’héritage du Rabbi et ses propres objectifs politiques. Il s’engage à « restaurer la paix à travers le monde, notamment au Moyen-Orient, comme nous l’avons vu la semaine dernière, et à éradiquer la haine antisémite partout où elle se manifeste ».

Cette déclaration s’inscrit dans la continuité des enseignements du Rabbi, qui prônait selon Trump le principe talmudique selon lequel « quand tu sauves une vie, tu sauves un monde entier ». Le président voit dans cette philosophie un guide pour ses actions internationales et sa politique de lutte contre l’antisémitisme.

La lettre intégrale du président Trump

« Chers rabbins de Habad-Loubavitch, Melania et moi sommes honorés d’adresser nos bénédictions à l’occasion de l’anniversaire du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, que sa mémoire soit bénie, aux émissaires de Habad et aux millions de personnes qu’il influence à travers notre pays et le monde entier.

Comme je l’ai confirmé dans ma proclamation du Jour de l’Éducation et du Partage aux États-Unis, le Rabbi était l’un des dirigeants religieux les plus dynamiques et influents de l’histoire moderne, et a contribué à lancer une renaissance de la foi juive dans les jours sombres qui ont suivi l’Holocauste. Parmi ses nombreuses réalisations, il a reçu la Médaille d’or du Congrès en reconnaissance de son influence énorme sur notre pays.

Avec le temps, ses nombreuses bénédictions n’ont fait que grandir. Son enseignement a constitué une inspiration centrale pour la réforme du système de justice pénale, comme on peut le voir dans la loi du Premier Pas, et les émissaires de Habad-Loubavitch dirigent toute une série d’institutions – qu’elles soient religieuses, éducatives ou sociales – ayant une influence énorme sur la vie spirituelle en Amérique.

Lorsque j’ai visité l’Ohel le jour de l’anniversaire des terribles attaques du 7 octobre, j’ai puisé force et inspiration dans l’héritage du Rabbi. Quand Eidan Alexander a été rendu à ses parents aimants plus tôt cette année, après une expérience inimaginable aux mains du Hamas, tout le pays a ressenti le pouvoir ddu Ohel et l’exemple continu du Rabbi. Comme cela est souvent cité dans le Talmud, le Rabbi a vécu selon le principe que quand tu sauves une vie, tu sauves un monde entier.

Par une grande force, une détermination sans compromis et beaucoup de prière, je suis engagé à restaurer la paix à travers le monde – pas moins au Moyen-Orient, comme nous l’avons vu la semaine dernière – et à éradiquer la haine antisémite partout où elle se manifeste. Ce faisant, nous ramènerons notre pays à une grande tradition et apporterons un nouvel âge d’or au monde entier. C’est, je crois, l’héritage du Rabbi.

Sincèrement, Donald J. Trump. »

 

Un héritage spirituel au cœur de la politique américaine

Cette lettre présidentielle illustre de manière saisissante comment l’héritage spirituel du Rabbi de Loubavitch continue d’influencer les plus hautes sphères du pouvoir américain, trente et un ans après sa Hilloula. Elle témoigne également de la reconnaissance officielle de l’impact du mouvement Habad sur la société américaine contemporaine, tant dans ses dimensions spirituelles que dans ses applications politiques concrètes.

 


 

 

 

 

 

3 Tamouz 5785 : Demande de bénédictions à l’occasion de la 31e  Hilloula du Rabbi

3 Tamouz 5785 : Demande de bénédictions à l’occasion de la 31e Hilloula du Rabbi

Dimanche 3 Tamouz 5785, 29 juin 2025, 31e Hilloula du Rabbi de Loubavitch

La semaine de la Hilloula, qui coïncide avec le 3 Tamouz, est une période propice pour se lier au Rabbi.

C’est le moment idéal pour lui demander d’intercéder en notre faveur auprès du Tout-Puissant, afin de recevoir les bénédictions spirituelles et matérielles dont nous avons besoin.

Profitons de cette occasion pour prendre 3 bonnes décisions:

  1. Dans les domaines de l’étude de la Torah et de la pratique des Mitsvot
  2. de la prière
  3. et de la Tsédaka, afin de recevoir ces bénédictions de la meilleure façon.

Extrait d’une lettre du Rabbi datée du 10 Nissan 5710 : « Quant à votre demande de poser des questions au Rabbi, il est important de comprendre que bien qu’il ne soit plus physiquement présent, si vous maintenez fermement votre attachement à lui et résistez aux tentations du mauvais penchant, il existe des moyens par lesquels le Rabbi peut vous répondre.
Une façon de le faire est d’envoyer une lettre au Ohel du Rabbi, en exprimant vos préoccupations et vos questions. Par la Providence Divine, le Rabbi peut trouver un moyen de vous répondre ». 

On commence sa demande avec la phrase suivante :
 « אנא לעורר רחמים רבים »
« Je vous en prie, d’éveillez de nombreuses miséricordes pour moi (votre prénom et le prénom de votre mère) »
Ensuite, veuillez indiquer les prénoms des membres de votre famille ou de vos proches, ainsi que les prénoms de leur mère
et la liste des demandes de bénédictions.

DEMANDE DE BENEDICTION

 

Le Ohel du Rabbi

Le “Ohel” est le lieu où le Rabbi de Loubavitch, Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, repose depuis le 3 Tamouz 5754 (le 12 Juin 1994), à côté de son beau-père, le sixième Rabbi de Loubavitch, Rabbi Yossef Yts’hak Schneersohn.

Le terme “Ohel” (littéralement: “tente”) désigne la structure édifiée au-dessus du tombeau d’un Tsadik, d’un Juste.

Le Rabbi a toujours été à l’écoute de chacun, quels qu’aient été son degré d’éducation ou de pratique religieuses.

Ceux qui ont approché le Rabbi savent l’extrême attention qu’il portait à chaque situation. Ils ont trouvé un puissant réconfort dans ses conseils et ses bénédictions.

Aujourd’hui, rien n’a changé : des milliers d’hommes et de femmes se rendent au Ohel ou écrivent au Rabbi pour le prier d’intercéder en leur faveur auprès du Tout-Puissant. Elles en ressentent une inspiration et une vitalité renouvelées.

A défaut de se rendre personnellement au Ohel, on peut lui écrire des lettres, des fax ou des mails.

“Un Tsaddik, un Juste, qui quitte ce monde n’en disparaît pas. Il s’y trouve avec une intensité encore plus grande”, nous enseigne le Zohar. Le 3 Tamouz, jour où le Rabbi quitta matériellement ce monde, cette phrase, immanquablement, résonne dans l’esprit et dans l’âme de chacun.

Par conséquent,  avec le déroulement du temps, chacun constate à quel point la présence du Rabbi semble être encore plus sensible avec les années. Par ses enseignements, par les actions croissantes qu’il suscite aux quatre coins du monde, le Rabbi continue de guider. Il conduit, vivifie des centaines de milliers de personnes, diverses tant par leur origine que par leur mode de vie, leurs opinions ou leur situation géographique.

Le Rabbi recevait des centaines de lettres chaque jour. Des gens de tous les milieux lui écrivaient, quels qu’aient été leur origine sociale, leur âge, leur niveau de pratique religieuse, leur lieu de résidence.

Aujourd’hui encore, des milliers de personnes continuent d’écrire au Rabbi pour solliciter ses bénédictions et ses conseils.

Qu’est-ce qu’un Rabbi ?

Traduction libre d’une lettre écrite par le Rabbi plusieurs mois après le décès de son beau-père et prédécesseur, Rabbi Yossef Its’hak Schneersohn de Loubavitch. La lettre a été imprimée en introduction d’un livret de Maamarim du Rabbi précédent.

« La notion du Rabbi en tant que Nassi n’est pas une abstraction, mais bien une réalité palpable qui imprègne chaque aspect de nos vies. Il est la source de notre vitalité spirituelle, le guide qui nous conduit sur le chemin de la Torah et le pont qui nous relie à notre source divine. Il est le berger qui veille sur son troupeau, nourrissant chaque âme avec le soin et l’amour qui convient à sa nature unique. Il est le pilier de lumière dans la nuit qui nous guide à travers les ténèbres, et la fontaine d’eau vive qui désaltère notre soif spirituelle ».

« En lui, se trouve le pouvoir de nous élever au-dessus de nos propres limitations et de nous aider à atteindre des sommets que nous n’aurions jamais pu atteindre seuls. Par son dévouement infatigable et sa foi inébranlable en chacun de nous, il nous inspire à aspirer à plus, à chercher plus profondément en nous-mêmes, à révéler les étincelles divines qui résident en nos âmes ».

« Chacun de nous, quel que soit son niveau spirituel ou sa position dans la vie, peut trouver en lui un guide, un maître, un ami. Il est notre source de sagesse et d’inspiration, notre rocher dans les moments de doute, notre réconfort dans les moments de peine. Sa vie est un modèle de sainteté et de dévotion, une preuve vivante de ce qu’il est possible d’accomplir lorsque l’on sert D.ieu avec un amour pur et inconditionnel ».

« Chacun d’entre nous est appelé à faire de cette vérité une réalité vivante dans sa vie, à reconnaître le Rabbi comme notre Nassi, notre chef spirituel, et à rechercher son orientation et sa bénédiction dans tous les aspects de notre vie. C’est par notre lien avec lui que nous sommes capables de puiser dans les courants profonds de sainteté et de divinité qui coulent en nous, et c’est à travers lui que nous sommes capables de nous relier à notre source divine la plus élevée ».

« En fin de compte, le rôle du Rabbi est de nous aider à réaliser notre potentiel divin, de nous guider dans notre voyage spirituel et de nous aider à nous élever vers des hauteurs plus grandes. Il est notre guide, notre lumière, notre source d’inspiration et d’espoir. Il est, en effet, notre Nassi – le chef de notre peuple, le gardien de notre héritage, le berger de notre âme ».

Guimel Tamouz

Nous allons célébrer la journée singulière de Guimel Tamouz. Cette date, profondément ancrée dans l’esprit des Hassidim Lubavitch du monde entier, revêt une importance pour tous les Juifs et, véritablement, pour l’ensemble de la population mondiale.

Malgré l’absence visuelle du Rabbi depuis Guimel Tamouz, sa présence dans la vie de centaines de milliers de ses Hassidim et des millions de ses admirateurs est indéniable. Et l’engagement du Rabbi dans les milliers d’institutions qu’il a fondées, et la douzaine d’institutions établies depuis Guimel Tamouz, est tangible.

Guimel Tamouz correspond au troisième jour du mois hébreu de Tamouz. Le chiffre trois revêt une grande importance dans les enseignements juifs. Nos Sages nous disent que le monde repose sur trois piliers : l’étude de la Torah, la prière, et les actes de bienfaisance. Ils affirment également que le Tsadik est le socle du monde entier.

Quelle fut l’impulsion du Rabbi, ce pilier du monde, durant ses décennies de leadership ? Comme le savent bien nos lecteurs, depuis que le Rabbi a accepté le manteau de la direction, il a exprimé clairement que l’objectif de notre génération, la septième génération, est d’apporter la Rédemption.

Dans des centaines de discours publics, le Rabbi a exposé comment nous pouvons accomplir cela par une campagne tripartite : l’étude de la Torah, la prière, et les actes de bonté.

Notre étude de la Torah doit être renforcée dans tous les domaines de la connaissance juive en général, et de la Hassidout en particulier, en insistant sur les questions qui sont présentes partout dans l’enseignement juif qui traitent du Machia’h et de la Rédemption.

Nos prières doivent être imprégnées de requêtes sincères à D.ieu pour qu’il apporte la Rédemption, en criant « Combien de temps encore ? » et allant même jusqu’à exiger la Rédemption (comme l’explique le Hafets Haïm).

Enfin, à travers l’amour du prochain en général, et même par de simples actes de bonté et de bonnes actions, nous pouvons nous préparer à la Rédemption et en accélérer l’arrivée.

Puissions-nous être rapidement réunis avec notre Rabbi et être témoins de l’avènement de la Rédemption complète et éternelle.

 

DEMANDE DE BENEDICTION

 

 

 

 

Melavé Malka : Des Miracles du Rabbi de Loubavitch

Melavé Malka : Des Miracles du Rabbi de Loubavitch

Ces histoires véridiques témoignent de la sagesse exceptionnelle du Rabbi de Loubavitch, qui a consacré sa vie à aider le peuple juif dans le monde entier.

 

Par le Rav Etan Amitaï

 

Récit 1 – Le Sauveur Anonyme de France

Une jeune fille en fuite

Pendant la Seconde Guerre mondiale, une jeune fille juive réussit à s’échapper de Pologne au milieu des persécutions. Toute sa famille avait péri dans la Shoah, et elle se retrouva seule en France, sans papiers, sans argent, désespérément déterminée à rejoindre les États-Unis.

Errante dans les rues, ne sachant que faire, elle aperçut soudain un homme au visage empreint de bonté et de confiance – un juif hassidique. Sans même connaître son identité, elle s’approcha de lui : « Monsieur le Rabbin, je m’appelle… J’ai fui la Pologne grâce à la miséricorde divine. Je veux absolument rejoindre l’Amérique. Aidez-moi. »

L’intervention providentielle

L’homme mystérieux ne dit que peu de mots : « Venons au port, nous verrons ce qu’il est possible de faire. »

Arrivés au port, ils découvrirent qu’un navire devait appareiller dans quelques heures vers les États-Unis. Mais il fallait de l’argent, des autorisations, des papiers… Ce juif anonyme ne ménagea ni ses efforts, ni son temps, ni son argent. Il courut avec elle de bureau en bureau, accomplissant toutes les démarches nécessaires.

Quelques heures plus tard, il lui tendit ses papiers : « Voici votre autorisation d’embarquer. Vous pouvez partir pour l’Amérique. »

Une promesse sacrée

La jeune fille, bouleversée, ne parvenait pas à parler. Comment le remercier ? « Au moins, dites-moi votre nom ! Peut-être pourrai-je un jour vous rembourser ? »

Il refusa catégoriquement. Elle insista : « Mais tout de même, quelque chose… »

Alors il lui dit : « Écoutez, si vous voulez me rendre quelque chose, acceptez ceci : prenez sur vous l’engagement de respecter le Shabbat et la kashrout tous les jours de votre vie. C’est ainsi que vous pourrez me remercier. »

« Bien sûr, Rabbi ! Avec grande joie ! Je suis juive, n’est-ce pas ? »

La révélation quarante ans plus tard

Il l’accompagna jusqu’au navire et ne quitta pas le quai avant de voir le bateau partir au large avec elle à bord. Grâce à la miséricorde divine, elle arriva en Amérique et fonda un foyer juif. Bien qu’ils ne fussent pas religieux, ces deux mitzvot – le Shabbat et la kashrout – furent respectées dans leur maison « par le feu et par l’eau ».

Des années plus tard, le fils de cette femme raconte : « Un jour, ma mère regardait un journal et tomba sur un article sur le mouvement Habad. Elle s’exclama : ‘Ce juif, je le reconnais !’ En regardant la photo du Rabbi de Loubavitch, elle était bouleversée, en état de choc : ‘J’en suis sûre, c’est ce juif-là !' »

Après vérification, elle apprit qu’effectivement, le Rabbi avait été en France pendant ces années-là, avant de venir en Amérique. Elle se rendit chez lui. Naturellement, le Rabbi la reconnut immédiatement, s’intéressa à son bien-être et la bénit. Bien sûr, il refusa catégoriquement tout paiement.

« Ma mère a tenu sa promesse », conclut le fils.

 


Récit 2 – L’Oncle Mystérieux d’Argentine

Un étudiant sans famille

Un jeune homme qui avait survécu à l’Holocauste étudiait à la Yeshiva Torah Emet à Jérusalem en 5717 (1957). Orphelin, sans famille, sans argent, il pensait travailler quelques heures par jour en parallèle de ses études.

Il écrivit au Rabbi pour demander conseil. Le Rabbi lui répondit de continuer à étudier avec assiduité et application, de ne s’inquiéter de rien d’autre que ses études. « Quand viendra le temps de te marier, le Saint béni soit-Il arrangera tout pour le mieux, et rien ne te manquera. »

Le télégramme providentiel

L’année 5717 se terminait, 5718 commençait. Le jeune homme était déjà fiancé et la date du mariage était fixée. Mais comment financer la cérémonie ?

Un jour, un étudiant vint le voir : « On a reçu un télégramme pour toi. » Le message était court : « Je suis l’oncle Abraham, frère de ton père, d’Argentine. Je viens en Israël, j’aimerais te rencontrer demain à Tel Aviv, à l’hôtel Nahmani, rue Nahmani, à 15h. »

La rencontre extraordinaire

Le lendemain, après un voyage de Jérusalem à Tel Aviv (qui prenait bien plus de temps qu’aujourd’hui), il arriva à l’heure au rendez-vous. Un homme avec des lunettes rondes l’attendait : « Shalom, je suis Abraham. Comment t’appelles-tu ? Leibel ? Shalom aleihem, je suis l’oncle Abraham. »

Ils s’assirent et l’oncle lui demanda de raconter ce qu’il se souvenait des derniers jours de son père dans le ghetto, de la famille. Ils parlèrent pendant des heures.

À la fin, l’oncle lui dit : « Il se fait tard, je suis vraiment content de t’avoir rencontré. Que tout aille bien pour toi. » Avant de se séparer, il lui glissa une enveloppe : « Tiens, j’ai mis quelque chose là-dedans. » Et il partit précipitamment pour ne pas rater le dernier bus.

La découverte miraculeuse

De retour à Jérusalem tard dans la nuit, le jeune homme ouvrit l’enveloppe dans sa chambre. Elle contenait 10 billets de 50 dollars – 500 dollars ! Une somme considérable à l’époque, équivalent peut-être à 20 000 ou 30 000 dollars aujourd’hui. De quoi largement couvrir les frais du mariage et du logement.

Le mystère s’épaissit

Le lendemain, voulant remercier son généreux oncle, il retourna à Tel Aviv, à l’hôtel Nahmani. Mais le réceptionniste lui affirma qu’aucun juif de ce nom n’était descendu dans l’hôtel, ni ce jour-là, ni les jours précédents.

Malgré ses recherches acharnées dans tous les hôtels de Tel Aviv, il ne trouva aucune trace de cet « oncle Abraham ». Le nom l’avait aidé, il put se marier, et ainsi s’écoulèrent 15 années. Il eut des enfants et continua à vivre à Jérusalem.

Le retour impossible

Quinze ans plus tard, il reçut un nouvel appel ou télégramme : « Je suis l’oncle Abraham, je viens d’Argentine, j’aimerais te rencontrer à l’hôtel tel et tel. »

Il se rendit au rendez-vous et reconnut le même homme, mais plus âgé. Après les retrouvailles, il lui demanda : « Oncle, pardonne-moi, mais où étais-tu ? Je suis venu le lendemain pour te remercier, où t’es-tu volatilisé ? »

L’oncle répondit avec surprise : « Je vais te dire la vérité : c’est la première fois que je viens en Israël. Je n’y étais jamais venu auparavant. Je ne sais pas de quoi tu parles… C’est vraiment ma première visite dans ce pays. »

 


Récit 3 – Le Médecin et l’Épidémie Mystérieuse

Une femme dévouée à l’hôpital

Une femme israélienne qui aidait son mari aux États-Unis travaillait également pour une yeshiva Habad. Très énergique, elle dirigeait aujourd’hui un centre pour aveugles à Safed. Pendant son séjour en Amérique, elle tomba soudainement malade des jambes et ne pouvait plus se tenir debout.

Bien qu’elle dût être hospitalisée, ayant promis d’organiser un dîner pour la yeshiva, elle refusa d’abandonner. Elle s’installa à l’hôpital avec un téléphone, un fax et tout le nécessaire, et dirigea toute l’opération complexe depuis sa chambre d’hôpital.

La rencontre nocturne

Une nuit, alors qu’elle travaillait sur ses dossiers, elle entendit du bruit. Se retournant, elle vit l’un des jeunes médecins. Intriguée de le voir à cette heure tardive, elle s’enquit de sa présence.

« Je prépare un dîner pour la yeshiva de Loubavitch », lui dit-elle. Les yeux du médecin s’illuminèrent : « Loubavitch ? Vous les connaissez ? »

« Non, je ne suis pas religieux, mais je connais le Rabbi. Je vais vous raconter quelque chose que je n’ai jamais dit à personne. »

L’expert militaire en mission

Le médecin expliqua : « Je suis officier-médecin dans l’armée américaine. Pendant de nombreuses années, j’ai été médecin militaire avec une expertise considérable. Maintenant retraité, j’ai ma vie privée, ma clinique… »

« Un jour, j’ai reçu un appel de l’armée américaine, de la marine. Pouvais-je les aider pour un projet ? Ils avaient une base navale aux Philippines, sur une île appelée Guam, avec des centaines de soldats. Une épidémie mystérieuse s’était déclarée : presque tous les soldats souffraient d’ulcères gastriques, de maladies intestinales, d’inflammations. Ils avaient dû renvoyer de nombreux soldats chez eux. »

L’impasse médicale

« Tous les médecins sur place avaient fait des examens approfondis. Quelle était la cause de l’épidémie ? Ils n’avaient rien trouvé. Le gouvernement américain et la marine m’ont demandé de me joindre à l’équipe de recherche, moyennant un généreux salaire. Acceptais-je d’enquêter ? »

« J’ai accepté. Ma mère, apprenant que je devais passer par New York, m’a dit : ‘Parfait ! J’ai un magasin de vêtements très prospère et de temps en temps, je mets de l’argent de côté pour l’envoyer au Rabbi de Loubavitch. Je voudrais que tu remettes personnellement cet argent au Rabbi. Peux-tu me rendre ce service ?' »

La rencontre avec le Rabbi

« Malgré mes réticences et ma distance avec la religion, j’ai fini par accepter. Ma mère a organisé une audience privée avec le Rabbi pour 3h30 du matin. »

« Le Rabbi m’a reçu très chaleureusement et s’est intéressé à différents sujets. Soudain, le Rabbi m’a demandé : ‘Au fait, où allez-vous ?’ J’ai expliqué mon voyage aux Philippines et le problème médical. »

La solution mystique

« Le visage du Rabbi est devenu plus sérieux. Il a appuyé sur un bouton pour appeler son secrétaire et a demandé une carte des Philippines, une règle pour mesurer et quelques autres objets. À 3h30 du matin, ces choses n’étaient pas facilement disponibles, mais si le Rabbi le demandait… En une demi-heure, tout était là. »

« Le Rabbi a pris la carte et sorti un carnet de l’académie navale contenant la liste des bases navales et des informations sur les marées, les heures de marée haute et basse. Il a pris la carte et la règle, a fait des calculs et des mesures que je n’arrivais pas à comprendre. »

« Au bout de quelques minutes, le Rabbi m’a donné un papier avec des instructions : ‘Écoute bien, quand tu arriveras là-bas, va à ce point précis sur la côte et enquête là. J’espère avoir pu t’aider.' »

L’enquête infructueuse

« J’étais très fatigué, il était déjà 4h ou 5h du matin. J’ai mis le papier dans ma poche et j’ai oublié. »

« Je suis rapidement parti pour les Philippines, j’ai rejoint l’équipe de recherche. Nous avons enquêté partout : restaurants de la région, échantillons d’eau, échantillons de cuisine… Une semaine entière s’est écoulée sans succès. Nous nous creusions la tête, nous nous efforcions, nous ne trouvions rien. »

La découverte providentielle

« Alors que j’étais assis, découragé, j’ai senti quelque chose dans ma poche. Le papier que le Rabbi m’avait donné une semaine plus tôt ! J’avais honte de dire à mes collègues qu’un rabbin de New York m’avait donné des conseils… »

« J’y suis allé seul. Il était tard, je n’allais pas me coucher de toute façon. J’ai attendu 3h ou 4h du matin et je suis allé au point exact que le Rabbi avait indiqué. La mer était à marée basse selon les calculs. J’ai pris des échantillons de sable et d’eau de cet endroit précis. »

La révélation scientifique

« Je les ai apportés au laboratoire pour analyse, et j’ai commencé à voir quelque chose d’intéressant. J’ai alors orienté toute l’équipe vers cette direction d’enquête, sans leur dire d’où venait l’idée. »

« Il s’est avéré que dans les restaurants, les Philippins servaient toutes sortes de ‘fruits de mer’ – diverses créatures marines. Il y avait un type particulier de coquillages qu’ils servaient dans les restaurants. Ces coquillages, à l’heure où la mer était à marée basse, restaient coincés dans le sable et sécrétaient une substance toxique. Mais ensuite, les eaux revenaient et les nettoyaient, donc il était impossible de détecter le problème auparavant. »

« Maintenant que nous avions trouvé cela, nous avons vu que cette substance était responsable de tous les problèmes gastro-intestinaux des centaines de soldats. »

La reconnaissance officielle

« Je vous dis la vérité : pour cette recherche et cette découverte, j’ai reçu une décoration de la marine américaine, comme si j’étais le grand médecin qui avait finalement réussi à trouver la solution. »

« Mais je vous dis la vérité : c’est le Rabbi de Loubavitch qui l’a trouvée. »

 

Le Rabbi de Loubavitch : Un héritage qui transforme encore le monde

Le Rabbi de Loubavitch : Un héritage qui transforme encore le monde

Trente et un ans après son départ, l’influence du Rabbi de Loubavitch continue de grandir et d’inspirer des millions de personnes à travers le monde. Son approche révolutionnaire de l’enseignement de la Torah et de l’amour inconditionnel envers chaque Juif a créé un mouvement qui transcende les frontières traditionnelles du judaïsme. Les témoignages recueillis lors de cette journée spéciale de Guimel Tamouz révèlent l’ampleur extraordinaire de son impact spirituel et social.

 

Cette enquête explore l’héritage durable du Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, le septième Rabbi de Loubavitch, à travers les témoignages de personnalités influencées par ses enseignements. L’article examine son approche unique de l’éducation juive, sa vision messianique, sa philosophie de l’amour inconditionnel, son utilisation pionnière de la technologie, et l’impact continu de ses idées sur la société contemporaine. Il révèle comment ses « ordres de marche » continuent de guider des millions de personnes dans leur quête de transformation personnelle et sociale.

La maîtrise encyclopédique d’un visionnaire

Contrairement à l’image parfois réductrice d’un leader spirituel, le Rabbi de Loubavitch était reconnu par ses pairs comme l’un des plus grands érudits de sa génération. Rav Moshe Feinstein, autorité halakhique incontestée, parlait avec admiration de « l’incroyable connaissance de la Torah du Rabbi ».

« Le Rabbi était un phénomène extraordinaire », témoigne un érudit interrogé. « Non seulement en Kabbale et en ‘Hassidout, qui sont le domaine spécifique d’un Rabbi, mais aussi en Niglé, en Guemara, en Shakla veTarya – le Rabbi maîtrisait tous ces domaines. »

Cette érudition n’était pas compartimentée. Le Rabbi possédait cette capacité rare d’intégrer tous les domaines de la connaissance juive dans une vision cohérente. Ses discours, parsemés de notes de bas de page d’une précision chirurgicale, révélaient une connaissance qui s’étendait même à l’histoire et aux coutumes, « des choses qui ne figurent même pas dans la littérature Torah traditionnelle ».

L’héritage intellectuel du mouvement Habad

Cette approche intellectuelle s’enracine dans l’histoire même du mouvement Habad. Le Rabbi Shneur Zalman, fondateur de la dynastie et connu sous le nom d’Alter Rebbe, était surnommé « le Litvak » par ses contemporaires – une reconnaissance de son approche analytique de l’étude.

« Habad a toujours mis l’accent historiquement sur l’importance du Nigla, du Shas, des Poskkim », explique l’un des intervenants. « L’Alter Rebbe, ce grand kabbaliste, était aussi l’auteur du Shul’han Aroukh HaRav, qui est reconnu non seulement dans Habad mais dans tous les segments du judaïsme orthodoxe comme l’une des principales autorités halakhiques. »

Démocratiser la sagesse

L’innovation pédagogique la plus remarquable du Rabbi résidait dans sa capacité à rendre accessibles les concepts les plus abstraits. Là où d’autres réservaient les enseignements profonds à une élite, le Rabbi les partageait avec tous, y compris les enfants.

« La grandeur du Rabbi, c’est qu’il comprenait qu’ultimement, la Torah concerne la façon dont D.ieu veut que nous vivions dans le monde », analyse un spécialiste. « Comment créons-nous une relation avec Lui ? Par conséquent, toute la Kabbale, tout l’apprentissage, toute l’érudition doivent se transformer en une voie pratique de relation au Saint, béni soit-Il. »

Cette approche trouvait son fondement dans une compréhension profonde du but de la Torah. Si quelqu’un pouvait articuler toutes sortes de structures théoriques mais n’avait aucun pont pour les ramener dans le monde de l’action pratique, alors « par définition, il ne comprend pas vraiment ce que la Torah fait ici ».

La sagesse de Rav Salanter

Le Rabbi s’inspirait également de grands penseurs comme Rav Israel Salanter, qui avait des connexions avec Habad. Rav Salanter enseignait : « Si vous ne pouvez pas expliquer un concept de Torah à un enfant de 9 ans, vous ne le comprenez pas complètement. Vous devez le comprendre si bien que vous voyez son essence, sa quintessence. »

Cette philosophie se traduisait concrètement dans tous les discours du Rabbi. Même lorsqu’il développait des analyses longues et complexes de différentes sources talmudiques, en y intégrant la Kabbale, « cela se terminait toujours, culminait toujours en leçons pratiques ».

Une foi inébranlable dans l’humanité

L’optimisme du Rabbi constituait bien plus qu’un trait de caractère : c’était une philosophie de vie révolutionnaire. Cette attitude positive, enracinée dans sa foi profonde en D.ieu, se traduisait par une confiance absolue dans le potentiel de chaque être humain.

« Ce qui me touche personnellement le plus chez le Rabbi, c’est sa notion d’optimisme », confie un de ses disciples. « Il avait foi en Klal Israël. Il avait foi qu’on peut faire de bonnes choses dans le monde. Il n’abandonnait jamais. Il refusait de laisser le pessimisme prendre le dessus, même face à la maladie, aux luttes, aux défaites, aux dangers. »

Cette positivité n’était pas naïve. Elle s’ancrait dans une compréhension profonde que la Torah et la connexion au divin donnent à chacun le pouvoir de surmonter les obstacles. « Son message était toujours un message d’espoir ancré dans la réalité pratique », souligne un témoin.

Une réponse au désespoir contemporain

Dans une époque où « tant de personnes dans le monde des Yechivot et en dehors se sentent tristes, déprimées, impuissantes, incapables de prendre des décisions constructives dans leur vie », l’approche du Rabbi offre un antidote puissant.

Son message était simple mais transformateur : « Vous n’abandonnez pas. Vous avez un problème, vous le gérez, vous travaillez dessus, vous le surmontez, et vous aurez du succès. »

Au-delà des clivages sectaires

La vision du Rabbi de l’amour inconditionnel pour chaque Juif constituait peut-être son enseignement le plus révolutionnaire. Cette philosophie transcendait toutes les divisions sectaires, politiques ou sociales au sein du peuple juif.

« Je n’ai pas encore trouvé de hétaire pour que quelqu’un ne soit pas loubavitch quand il s’agit d’Ahavat Israël », déclare un responsable communautaire d’Efrat. « Si quelqu’un peut me montrer le contraire, qu’il me le fasse savoir. Je n’ai pas encore trouvé cela. »

Cette approche se base sur une compréhension profonde de l’unité fondamentale du peuple juif. Comme l’explique ce même responsable : « Vous n’auriez jamais consciemment, dans votre bon sens, l’idée de nuire et d’endommager votre propre corps. Cette même notion s’applique à ma relation avec Klal Israël, avec Am Israël. »

L’anatomie spirituelle de l’unité

Le Rabbi enseignait que la relation entre les Juifs ressemble à celle entre les membres d’un même corps. « Vous ne regarderiez jamais une partie de votre corps en commençant à en dire du mal. Alors comment permettons-nous de parler négativement d’une extension de notre corps, qui sont les autres personnes ? »

Cette métaphore n’était pas seulement poétique. Elle reflétait une réalité kabbalistique profonde : tous les Juifs partagent une âme collective, et blesser l’un revient à se blesser soi-même. « Si vous vous cognez l’orteil dans une porte, je devrais ressentir une certaine connexion à cela, une certaine sensation », explique-t-il.

Une leçon de sagesse relationnelle

L’une des histoires les plus emblématiques de l’approche du Rabbi concernait un scientifique qui lui avait écrit plusieurs lettres critiques, remettant en question l’autorité du judaïsme. Au lieu de répondre par des arguments théologiques, le Rabbi lui envoyait des objets rituels : d’abord un Siddur, puis des tefillin.

Le scientifique, frustré par ces réponses apparemment inappropriées, continuait à écrire des lettres de plus en plus critiques. Il questionnait la pertinence du Shabbat dans le monde moderne, puis s’attaquait aux fondements mêmes de la Torah et au problème de la souffrance des justes.

Des années plus tard, ce scientifique, devenu religieux entre-temps, se présenta devant le Rabbi lors de la distribution des dollars. Il demanda : « Rabbi, je ne comprends pas. Vous auriez pu répondre à toutes mes questions dès la première fois que je vous ai contacté. Pourquoi ai-je dû traverser des années supplémentaires d’errance et de recherche ? »

La réponse du Rabbi fut révélatrice : « Écoutez, vous avez raison. J’aurais gagné un argument, mais j’aurais certainement perdu un ami. »

La primauté de la relation humaine

Cette anecdote illustre une philosophie profonde de la relation humaine. « Souvent, quand il s’agit de discussions, d’arguments ou d’essayer de faire passer votre point de vue, nous sommes si pressés de nous assurer que vous sachiez ce que je pense », observe le narrateur.

« Mais est-il tout aussi important pour vous que nous devenions amis à travers cette interaction ? Si c’est le cas, les réponses vous parviendront quand elles auront besoin de vous parvenir. En ce moment, ce qui doit vous parvenir, c’est l’idée que vous et moi sommes dans la même équipe. »

Redéfinir l’attente messianique

Contrairement à l’approche traditionnelle qui considérait l’ère messianique comme un événement lointain et passif, le Rabbi en faisait un objectif concret et accessible. Sa vision du Messie se déclinait sur deux niveaux complémentaires.

Au niveau révélé, basé sur le Rambam, l’ère messianique représente « une révélation complète, un accomplissement complet de l’intégralité de la Torah ». Si aujourd’hui nous ne pouvons observer qu’un pourcentage limité des commandements, « quand le Messie viendra, nous pourrons accomplir l’intégralité de la Torah ».

Au niveau mystique, cette ère signifie « la révélation de la divinité dans ce monde ». Cette transformation permettra d’expérimenter en permanence cette proximité divine que nous ne ressentons qu’occasionnellement lors de moments de prière intense ou de connexion spirituelle profonde.

Transformer le quotidien en sacré

« Quand vous regardez un arbre, ne pensez pas seulement à l’arbre », enseigne un disciple du Rabbi. « Pensez à ce qui donne de l’énergie à l’arbre, ce qui rend l’arbre vivant, ce qui donne la verdure à l’arbre, la couleur brune, la texture. Et quand vous y réfléchissez et que vous vous connectez et apprenez la lumière de la Torah, vous reliez cela à Hashem. »

Cette pratique, qui commence « par de très petites doses, peut vraiment devenir une conscience et une façon de vivre ». Que vous soyez bloqué dans la circulation ou en file au supermarché, « vous pourriez essayer de penser à D.ieu et de faire l’expérience de D.ieu régulièrement ».

La mission démocratisée

Vers la fin de sa vie active (1988-1992), le Rabbi révolutionna la compréhension traditionnelle de la responsabilité messianique. Il déclara que chaque Juif était désormais un « Shlia’h » – un émissaire chargé de hâter la venue du Messie.

« Le Rabbi disait : ‘Je vous transmets la chose’ – cette chose étant d’essayer d’amener le Messie », explique un commentateur. « Chaque personne qui apprend la Torah en profondeur, quand elle lit cela, pense que le Rabbi s’adresse à elle personnellement. »

Cette démocratisation explique en partie pourquoi le mouvement Habad a continué de croître après la disparition du Rabbi. « Ce n’est pas seulement que le Rabbi est décédé et qu’il y a eu un vide. Le Rabbi a donné la mission à chaque personne individuelle. »

La révolution des communications

Bien avant l’ère d’Internet, le Rabbi avait compris le potentiel révolutionnaire des nouvelles technologies pour diffuser les enseignements de la Torah. Il fut l’un des premiers leaders religieux à utiliser la radio, expliquant que « chaque nouvelle technologie pouvait être utilisée positivement, et la raison principale de l’existence des technologies est à des fins positives ».

Cette vision s’étendait naturellement aux médias sociaux et à Internet. « La réalité messianique décrite même par le Rambam est une société unifiée, un monde unifié où tout le monde est impliqué, où tout le monde communique, où tout le monde a un objectif unifié unique : connaître Hashem », analyse un spécialiste.

Internet comme outil messianique

« Comment cela est-il censé se produire ? », interroge ce même expert. « Si vous viviez il y a 200 ans, tout le monde vivait dans ses propres poches isolées. Personne ne se parlait. Personne ne comprenait les cultures des autres. Comment êtes-vous censé créer une société unifiée autour d’une seule idée de connexion au divin ? »

La réponse du Rabbi était prophétique : « Les réseaux sociaux représentent cela à grande échelle. Nous avons la capacité de transférer des idées, des personnes, des cultures et des valeurs d’une personne à une autre dans le monde entier. »

L’équilibre nécessaire

Cependant, le Rabbi n’était pas naïf face aux dangers potentiels de ces technologies. « Chaque nouvelle technologie qui arrive dans le monde a une klipa, un aspect négatif », reconnaissait-il. Sa recommandation était claire : « Si vous apprenez beaucoup de Torah, si vous avez un Rabbi, si vous avez un guide spirituel, vous pouvez vraiment utiliser ces choses pour faire avancer la mission d’amener le Messie. »

Une approche contre-intuitive

Alors que l’assimilation constituait (et constitue toujours) l’une des menaces les plus sérieuses pour la continuité juive, le Rabbi maintenait un optimisme étonnant. Cette attitude reposait sur une conviction théologique profonde.

« Le Rabbi était optimiste concernant chaque vision que la Torah a et chaque principe que la Torah a, indépendamment du fait que la réalité sur le terrain semble la contredire », explique un de ses étudiants. « La raison en est que le Rabbi disait que les choses peuvent paraître mauvaises ou négatives en surface, mais D.ieu a créé le monde. Il l’a déclaré bon. »

La bonté intrinsèque de chaque Juif

Cette philosophie s’étendait particulièrement aux Juifs assimilés. « Il a déclaré que le peuple juif était bon. Il a déclaré que le peuple juif était Ses enfants. Rien ne change cette définition essentielle », poursuivait le Rabbi.

Selon cette vision, l’assimilation ne représente que des « couches externes » qui recouvrent la véritable nature de chaque Juif. « Tant que nous prenons la responsabilité d’essayer de percer toutes les couches externes, la vraie nature de la réalité, la vraie nature du peuple juif, la vraie nature d’un Juif individuel ou de tout être humain va vraiment ressortir. »

La stratégie de l’accès plutôt que de la persuasion

L’approche du Rabbi ne consistait pas à convaincre les Juifs éloignés, mais à leur donner accès à leur héritage. « Les Juifs sont en feu. Ils aiment Hashem. Ils aiment la Torah, mais ils n’ont pas nécessairement la capacité d’accéder à la Torah », analysait-il.

« C’est notre responsabilité d’aller là-bas, d’enlever les couches, de donner aux gens l’accès à la Torah. Et par eux-mêmes, ils vont vouloir se connecter à Am Israël, ils vont vouloir se connecter à D.ieu. »

Le défi de notre époque

L’un des défis majeurs de notre époque est la surcharge informationnelle. Avec Internet offrant « des centaines de milliers de pages de Torah en ligne, dont certaines valent la peine et d’autres non », plus « la pléthore de livres », le risque est réel « d’inculquer des habitudes de superficialité et de confusion ».

Le Rabbi avait anticipé ce problème, s’inspirant d’une maxime du Shaagas Aryeh : « Traitez les pauvres et les enfants des pauvres avec un grand respect, car des enfants des pauvres viendra la Torah. » Pourquoi ? « Parce qu’ils ne peuvent pas se permettre tant de livres et qu’ils doivent donc se concentrer sur l’essentiel. »

La nécessité d’un guide spirituel

Face à cette complexité, « nous avons besoin d’être connectés à un Rabbi, à un enseignant, pour séparer le bon grain de l’ivraie et aussi pour prendre le théorique et le transformer en pratique », explique un éducateur. « La plupart d’entre nous ne sont pas capables de faire ces sauts particuliers. »

Cette approche se justifie d’autant plus que « la Torah est éternelle et ne change jamais, mais la vie change tout le temps, chaque minute et chaque jour. Nous devons donc savoir comment appliquer la Torah immuable aux vicissitudes toujours changeantes de la vie. »

L’exemple des Yechivot avancées

Même dans l’environnement traditionnel des Yechivot, cette problématique existe. « Si un bachour ou un avrekh passe tout son temps à consulter ce commentaire-ci et ce commentaire-là au lieu de réviser le Rashi et les Tossafot encore et encore, il y aura un manque de clarté, une confusion. »

Le principe est universel : « Il y a un moment où vous devez être un peu sélectif pour vraiment intérioriser les messages. »

Un modèle négligé

Interrogé sur les enseignements du Rabbi que nous ne suivons pas suffisamment aujourd’hui dans nos institutions éducatives, un éducateur pointe vers un aspect fondamental souvent négligé : l’optimisme et la foi en chaque individu.

« Ce qui me touche personnellement le plus chez le Rabbi, c’est cette notion d’optimisme. Il avait foi en Klal Israël. Il avait foi qu’on peut faire de bonnes choses dans le monde », explique-t-il. « L’idée de cette positivité de vie est ultimement connectée à l’Emouna en Hashem, mais elle se traduit pratiquement en foi en soi-même et en sa capacité à faire de bonnes choses quand on se connecte à Hashem. »

Combattre la désespérance

Cette approche est particulièrement pertinente aujourd’hui : « Tant de personnes dans le monde des Yechivot et en dehors sont tristes, déprimées, se sentent impuissantes, incapables de prendre des décisions constructives dans leur vie. »

Le message du Rabbi offrait un antidote : « Vous n’abandonnez pas. Vous avez un problème, vous le gérez, vous travaillez dessus, vous le surmontez, et vous aurez du succès. »

L’apprentissage quotidien pour tous

Un autre enseignement crucial du Rabbi concernait la démocratisation de l’étude. « Le Rabbi a souligné que faire partie de la définition d’être un Juif observant de la Torah, c’est de réserver des temps quotidiens pour l’apprentissage de la Torah. »

Cette approche était réaliste et inclusive : « Le Rabbi comprenait qu’il était réaliste que tout le monde n’allait pas être en Yechiva ou au kollel avec 10 heures par jour pour apprendre. Mais ce n’est pas parce que vous ne pouvez pas apprendre 10 heures par jour que vous ne pouvez pas apprendre une heure par jour. »

Le principe du Rabbi était révolutionnaire dans sa simplicité : « Ne laissez pas le mieux être l’ennemi du bien. Si vous ne pouvez pas faire quelque chose parfaitement, vous ne vous embêtez pas à le faire du tout ? Le message du Rabbi est que c’est une erreur absolue. Un demi-pain vaut mieux qu’un pain entier, et un quart de pain vaut mieux que zéro pain. »

Les cicatrices de la division

L’un des enseignements les plus urgents du Rabbi concerne l’unité du peuple juif, particulièrement pertinent dans le contexte israélien contemporain. « La polarisation ici est très, très troublante », témoigne un résident d’Israël.

Paradoxalement, les événements tragiques du 7 octobre 2023 avaient initialement créé une unité remarquable : « Il y a eu beaucoup d’Ahdout, beaucoup d’unité, même entre les religieux et les laïcs. Les gens se rassemblaient. Les gens réalisaient que tout ce que nous avons, c’est Am Israël et nous-mêmes. »

Cependant, « les vieilles habitudes ont la vie dure, et alors que la guerre continue encore et encore, nous retournons en quelque sorte à nos vieilles habitudes désagréables. La sinat hinam et la polarisation relèvent leur vilaine tête de bien des manières. »

La vision du Rabbi pour l’unité

Le Rabbi enseignait que « Am Israël, nous devons être une nation unique. Si nous ne le sommes pas, toute notre connexion à la Torah est affaiblie, car l’unité elle-même est requise. » Cette unité n’impliquait pas l’uniformité d’opinion, mais « doit toujours être sur un fond d’amour, de respect et de validation ».

« Je peux être en désaccord avec vous, mais je vous aime. Je vous valide. Je vous légitime en tant que Juif qui est très précieux et très aimé par Hashem, et donc vous êtes aimé par moi », résumait-il.

L’exemple des soldats

Un témoignage particulièrement émouvant illustre cette unité potentielle. Un soldat revenant de Gaza expliquait : « J’aimerais que tout Am Israël vienne avec moi et mon équipe quand nous traversons la frontière de Gaza. Quand nous sommes dans notre équipement, aucun de nous n’a vraiment d’idée ou ne pense à quoi nous ressemblons en fonction d’où nous venons. Nous sommes entièrement engagés dans l’action, dans la bataille, dans la concentration, dans le but. Et quand nous traversons ces lignes vers Gaza, il y avait une unité absolue au sein de l’équipe. »

La question cruciale demeure : « Comment, quand vous sortez de Gaza, apportez-vous cela avec vous ? »

Le pouvoir de se sentir vu

Un responsable communautaire d’Efrat partage une anecdote personnelle révélatrice. À l’âge de six ans, dans un camp d’été, deux conseillers étaient venus chez lui le soir avec « du jus de raisin et des biscuits » en disant : « Bienvenue chez Hashem. »

« Je me suis senti vu à l’âge de 6 ans, et cela ne m’a jamais quitté », témoigne-t-il. « Ce sentiment que chaque personne qui traverse cette communauté et cette synagogue ne doit pas seulement être vue – c’est un niveau – mais doit savoir que nous comptons sur vous. »

La transformation par l’amour plutôt que par la prédication

Cette approche trouve son illustration la plus frappante dans l’histoire d’un Cohen qui était venu à contrecœur à la synagogue d’Efrat, traîné par un membre de sa famille. Cet homme, amer envers D.ieu à cause d’épreuves personnelles, avait décidé qu’il ne ferait pas la bénédiction sacerdotale.

« Il avait déjà décidé qu’il avait tant de plaintes, tant de récriminations contre D.ieu, et il sentait que sa vie était si amère qu’il estimait que ce serait mal de monter bénir le matin suivant », raconte le témoin.

Pourtant, le lendemain matin, ce même homme monta pour la bénédiction. Interrogé sur ce changement d’attitude, il expliqua : « Quand je suis venu prier avec vous et votre communauté vendredi soir, la joie, l’exubérance et l’amour étaient si apparents dans l’air. Ce que j’ai ressenti, c’est que j’étais entouré de beaucoup de personnes qui ont aussi beaucoup de questions, mais cela ne les empêche pas d’aimer. »

Cette révélation avait été transformatrice : « Je me suis dit que peut-être je pourrais aussi surmonter mes questions pendant quelques minutes et laisser l’amour entrer dans mon cœur, ce que j’ai fait. »

L’immortalité numérique

Cette présence technologique crée une forme d’immortalité unique. « Grâce à la technologie, vous pouvez même entendre sa voix et le voir parler », observe un commentateur. « Je dois admettre que bien que mon temps soit limité, l’un de mes plaisirs coupables est que je regarde souvent le Rabbi en vidéo, et j’apprécie particulièrement les distributions de dollars. »

Ces vidéos révèlent un aspect essentiel de la personnalité du Rabbi : « Quand vous voyez comment le Rabbi se rapporte à chaque personne individuelle – homme, femme, enfant, personnes simples – chaque personne reçoit l’attention du Rabbi, et c’est en soi une inspiration et un modèle que je peux essayer de suivre dans ma propre vie. »

L’humanité du guide spirituel

Lors d’un échange particulièrement intime, un disciple confie qu’il aimerait poser au Rabbi une question profondément personnelle : « Ma lutte personnelle est comment avoir une plus grande joie en Hashem. Parfois, comme on dit, nous traversons des périodes d’élévation et de descente, et la descente est une lutte que nous traversons tous. »

Cette vulnérabilité le mène à une interrogation touchante : « J’aimerais demander au Rabbi s’il a jamais été déprimé. J’aimerais le savoir parce qu’il était toujours si optimiste. D’un autre côté, le Rabbi était un peu une figure mystérieuse en ce sens que d’une part, il était la plus publique des personnes. D’autre part, même les gens qui lui étaient très, très proches disent qu’il y avait tant de choses chez lui qui étaient cachées. »

L’engagement total

Cette interrogation révèle l’ampleur extraordinaire de l’engagement du Rabbi. « Il ne prenait jamais de vacances. Il allait au Ohel voir son beau-père, et c’était sa sortie – je n’appellerais pas cela des vacances. Je pense qu’une fois il est allé dans un camp d’été dans les Catskills, mais le Rabbi ne prenait jamais de vacances. »

Cet engagement était « inouï même parmi les Gdolim. C’est inouï pour quelqu’un de ne jamais prendre de pause du tout. »

La question communautaire urgente

Au-delà des préoccupations personnelles, la question communautaire la plus pressante concernerait l’unité : « Comment guérissons-nous la fracture ? Comment rassemblons-nous Klal Israël ? Il y a tant de sinat hinam, tant de ressentiment ou au moins d’apathie. Chacun crée ses propres petits camps et ne pense pas à l’autre camp. »

Cette division préoccupante génère une frustration palpable : « Il y a moi et il y a eux, et tout est une situation de moi et eux. Comment guérissons-nous cela ? Que faisons-nous ? »

Une continuité extraordinaire

Trente et un ans après la disparition physique du Rabbi, le phénomène le plus remarquable reste la croissance continue du mouvement Habad. « On aurait pu penser que Habad était si lié à l’identité d’une seule personne que quand il est parti, c’est en quelque sorte la fin. C’est la fin de Habad », observe un commentateur.

« Pourtant, nous voyons l’inverse au cours des plus de 30 années qui se sont écoulées. Habad continue de croître. Les Beth Habad, différents programmes, nouvelles initiatives… Je vois une pléthore de commentaires et de traductions, que ce soit en anglais ou des traductions et commentaires sur le Tanya, les Likoutei Torah ou d’autres écrits du Rabbi. »

Cette expansion continue témoigne d’un phénomène unique : « Je pense qu’à bien des égards, c’est un témoignage formidable que son leadership, son influence et ses enseignements étaient si puissants qu’ils ont survécu à sa disparition physique. »

Les ordres de marche plutôt que l’héritage

La distinction établie par le Rabbin Krinsky après la disparition du Rabbi demeure éclairante : « Le Rabbi n’a pas laissé un héritage, le Rabbi a laissé des ordres de marche. » Cette formulation capture l’essence dynamique de l’influence continue du Rabbi.

« Guimel Tamouz n’est pas nécessairement un jour pour se connecter à la Neshama du Rabbi », explique un disciple qui ne s’identifie pas comme Habad. « Je ne visite pas le Ohel, je ne fais pas certaines des choses que font les vrais Habad. Mais j’essaie de réfléchir aux ordres de marche que le Rabbi nous a laissés et d’essayer de penser, à ma petite façon, comment puis-je les faire avancer pour aider à amener le Messie. »

« les Tsadikim, même dans leur mort, sont encore vivants »

La compréhension traditionnelle selon laquelle « les Tsadikim, même dans leur mort, sont encore vivants » trouve ici une illustration contemporaine frappante. « Le Rabbi est très vivant aujourd’hui dans ses enseignements », affirme un commentateur, « et bien sûr, grâce à la technologie, vous pouvez même entendre sa voix et le voir parler. »

Cette présence virtuelle crée une continuité unique entre les générations. Les vidéos du Rabbi distribuant des dollars révèlent « comment le Rabbi se rapporte à chaque personne individuelle – homme, femme, enfant, personnes simples – chaque personne reçoit l’attention du Rabbi. »

Au-delà de la performance et des résultats

L’un des enseignements les plus révolutionnaires du Rabbi pour notre époque concerne l’évaluation de la valeur personnelle. Dans un monde obsédé par la performance et les résultats, le Rabbi proposait une approche à deux niveaux.

« Nous devons nous voir avec deux perspectives distinctes », explique un étudiant. « Une perspective est que je suis orienté mission. Je dois accomplir. Je dois produire. Je dois changer le monde. Mais une seconde perspective est que, indépendamment de tout ce que vous faites, vous êtes une Neshama. Vous avez un morceau de divinité en vous. »

Cette dualité offre une résilience psychologique cruciale : « Cela vous donne une valeur intrinsèque inhérente, totalement indépendante de vos comportements et totalement indépendante de vos choix et totalement indépendante de votre succès selon tout baromètre externe. »

Une révolution dans les relations humaines

Cette philosophie transforme également notre perception des autres. « Quand vous pensez aux autres, pensez aux autres de cette façon. Vous pouvez apprécier les accomplissements des autres, mais même si la personne assise en face de vous ne peut compter aucun de ses accomplissements, elle reste une Neshama, un morceau de divinité dans ce monde. »

Cette approche « donne une valeur intrinsèque inhérente » à chaque être humain et constitue « une façon très pertinente d’éviter une partie du doute de soi, de l’anxiété concernant ‘est-ce que je fais quelque chose ? Ma vie a-t-elle un sens ?' »

Un attrait universel

L’influence du Rabbi dépasse largement les frontières du mouvement Habad, comme en témoigne l’expérience de nombreuses personnalités qui ne s’identifient pas comme Habad mais reconnaissent son impact transformateur.

« Non seulement je n’ai pas grandi Habad, mais je ne m’identifie toujours pas comme Habad », confie un auteur qui a écrit sur les enseignements du Rabbi. « Pour moi, quand je pense à Guimel Tamouz, je pense au commentaire du Rabbin Krinsky après la disparition du Rabbi. »

La rencontre avec les enseignements

Cette même personnalité décrit sa première rencontre avec l’univers du Rabbi : « Avant de rencontrer la Torah du Rabbi, j’ai rencontré le Rabbi lui-même. Et je ne veux pas dire personnellement. Je n’ai jamais eu le privilège d’avoir une audience ou même d’être en ligne pour les dollars. »

Ce qui l’avait frappé était « le monde entier étant bénéficiaire et admirateur de tout ce qu’est Habad. Qui est cet homme et quelle est sa Torah ? D’où tire-t-il cela ? Quel est le moteur qui le mène à avoir cette armée qui révolutionne et change le monde de manière extraordinaire ? »

L’universalité du message

Cette attraction universelle s’explique par la pertinence contemporaine des enseignements. Comme l’observe un commentateur : « Je n’ai pas encore trouvé de Hater pour que quelqu’un ne soit pas Loubavitch quand il s’agit d’Ahavat Israël. Si quelqu’un peut me montrer le contraire, qu’il me le fasse savoir. »

La clarification suit immédiatement : « Peut-être que je devrais dire plus clairement : je n’ai pas trouvé de Hater pour que quelqu’un ne soit pas disciple du Rabbi quand il s’agit d’être amoureux d’Am Israël. »

Dépasser les étiquettes

Un défi contemporain majeur réside dans la tendance à l’identification sectaire rigide. « Je pense que beaucoup de personnes aujourd’hui sont dans un besoin si désespéré d’autodéfinition, et tout ce qui vient menacer leur propre titre, leur propre description de qui ils sont, les perturbe un peu », observe un responsable communautaire.

« Mais je pense que le Rabbi ne se souciait pas du tout de la façon dont vous l’étiquetez, tant que cela relevait d’Am Israël. » Cette perspective libératrice permet de transcender les divisions artificielles.

L’exemple de la diversité dans l’unité

L’expérience contemporaine d’Efrat illustre cette philosophie. « Nous parlons maintenant d’Efrat. Nous sommes entre Hébron et Jérusalem, et je regarde ici et je vois tant de maisons différentes de voisins dont les maris ou les fils sont dans les réserves depuis plus de 500 jours. »

Cette réalité crée une unité authentique : « Quand nous traversons ces lignes vers Gaza, il y avait une unité absolue au sein de l’équipe. La question entière est : quand vous sortez de Gaza, comment apportez-vous cela avec vous ? »

Une traduction erronée

L’un des concepts les plus mal compris des enseignements du Rabbi concerne le Bitul, souvent traduit par « nullification » ou « effacement de soi. » Cette interprétation génère une approche « auto-dégradante » du terme.

« Je ne pense pas que ce soit une traduction appropriée », corrige un spécialiste. « Je pense que la meilleure traduction est peut-être l’effacement ou se penser comme faisant partie d’un tout plus grand, comme faisant partie de quelque chose de plus grand que soi. »

La métaphore du rayon de soleil

Le Tanya illustre ce concept par une métaphore éclairante : « Le Bitul est décrit comme se voir comme un rayon de soleil émergeant du soleil. Si vous retracez le rayon de soleil vers le soleil, le rayon de soleil n’a pas d’existence indépendante. C’est juste une partie du soleil. »

Cependant, une fois émergé, « vous représentez le soleil. Vous êtes indépendant. Vous éclairez une zone du monde qu’aucun autre rayon de lumière n’éclaire, mais vous êtes toujours profondément connecté au soleil. Vous exprimez quelque chose de beaucoup plus grand que vous. »

Applications pratiques

Cette compréhension transforme l’approche des difficultés personnelles. « Si je suis confronté à une décision, si je traverse une mauvaise journée, ce que j’essaie de faire, ce n’est pas seulement penser à moi, mais me penser comme faisant partie d’une unité plus large. »

Cette perspective élargie – « faisant partie d’une famille, d’une communauté, du peuple juif dans la terre d’Israël, de personnes qui apprennent la Torah, du monde » – génère une force transformatrice : « Plus vous vous voyez comme faisant partie de quelque chose de plus grand que vous, plus vous avez le Koach, plus vous avez le pouvoir et la force d’avancer. »

Une vision prophétique pour Israël

L’influence du Rabbi s’étendait bien au-delà du domaine purement spirituel. Sa vision géopolitique, particulièrement concernant Israël, s’avère d’une actualité saisissante. Le livre « Make Peace » de SIE présente « la stratégie sécuritaire du Rabbi pour Israël, des décennies en avance sur son temps. »

Cette influence perdure : le livre « a littéralement été aperçu sur le bureau de Benjamin Netanyahu après le 7 octobre », témoignant de la pertinence continue de ses analyses géostratégiques.

Le paradoxe de l’engagement à distance

Un aspect remarquable de l’approche du Rabbi concernait sa relation avec Eretz Israël. Bien qu’il n’ait jamais visité physiquement le pays après son installation à Crown Heights, son engagement envers Israël était total.

« Il est très facile pour quelqu’un de dire : ‘Oh, le Rabbi ne vivait pas en Israël, il n’était pas là.’ Non, non, non. Il était si Am Israël et il sentait que sa responsabilité était d’être avec les Juifs à Crown Heights », explique un observateur.

Cette apparente contradiction révèle une compréhension profonde : « Trente ans de vie ici effleurerait à peine la surface de l’ongle du Ahavat Israël avec lequel le Rabbi vivait chaque seconde. »

Le pèlerinage des dirigeants

Cette influence se manifestait concrètement : « Tous ceux qui venaient d’Israël sentaient que la première chose qu’ils devaient faire en quittant Israël était de venir voir le Rabbi, en particulier les gens du gouvernement, les gens de haut rang, qui venaient toujours chercher conseil auprès de celui qui aimait la terre plus que quiconque d’autre qui existait à l’époque. »

Une vision technologique prophétique

Si le Rabbi devait donner un discours aujourd’hui sur les médias sociaux, sa vision serait probablement cohérente avec son approche révolutionnaire des technologies de son époque. « Le Rabbi était l’une des premières personnes à mettre la Torah à la radio et il décrivait comment chaque nouvelle technologie pouvait être utilisée positivement », rappelle un commentateur.

Le potentiel messianique des réseaux

« La réalité messianique décrite même par le Rambam est une société unifiée, un monde unifié où tout le monde participe, où tout le monde communique, où tout le monde a un objectif unifié unique : connaître Hashem », analyse un spécialiste.

Cette vision trouve son accomplissement technologique contemporain : « Les médias sociaux représentent cela à grande échelle. Nous avons la capacité de transférer des idées, des personnes, des cultures et des valeurs d’une personne à une autre dans le monde entier. C’est une valeur extraordinaire des médias sociaux. »

L’équilibre nécessaire

Cependant, le Rabbi aurait également mis en garde contre les dangers : « Chaque nouvelle technologie qui arrive dans le monde a une Klipa, un aspect négatif. Plutôt que d’avoir peur et de dire qu’on ne peut pas s’engager du tout, le Rabbi dirait que si vous apprenez beaucoup de Torah, si vous avez un Rabbi, si vous avez un guide spirituel, vous pouvez vraiment utiliser ces choses pour faire avancer la mission d’amener le Messie. »

Un pèlerinage contemporain

Crown Heights demeure un lieu unique, « figé dans le temps, littéralement figé en 1995 », où « les gens ne s’arrêtent pas de suivre les ordres de marche. » Cette fidélité exceptionnelle interroge : « Qu’est-ce qui caractérise les qualités de leadership du Rabbi qui ont fait que ses gens, 31 ans plus tard, continuent de suivre ses directives ? »

La démocratisation du leadership

La réponse réside partiellement dans la révolution que le Rabbi opéra vers la fin de sa vie active. « L’un des messages clés de 1988 à 1992 est que chaque Juif est un Shlia’h. À mesure que nous nous rapprochons du Messie, les grandes missions d’aide pour amener le Messie se démocratisent. »

Cette transmission de responsabilité explique la continuité : « Le Rabbi disait : ‘Ce n’est plus seulement le travail du Rabbi d’essayer d’amener le Messie. Beaucoup du travail majeur a déjà été fait, et maintenant c’est à chaque individu d’apprendre la Torah, d’assimiler les valeurs et d’essayer de les pratiquer dans sa vie.' »

Une mission personnalisée

« Le Rabbi dit : ‘Je vous transmets la chose’ – cette chose étant d’essayer d’amener le Messie », explique un commentateur. « Chaque personne qui apprend la Torah en profondeur, quand elle lit cela, pense que le Rabbi s’adresse à elle. Le Rabbi transmet la mission d’amener le Messie non seulement à lui mais à chaque personne. »

Cette personnalisation crée un engagement unique : « Ce n’est pas seulement que le Rabbi est décédé et qu’il y a eu un vide. Le Rabbi a donné la mission à chaque personne individuelle. »

Si chaque Juif internalisait le message

La question ultime posée par l’héritage du Rabbi concerne l’impact potentiel de ses enseignements s’ils étaient universellement adoptés. « Si chaque Juif intériorisait ce message du Rabbi – que chacun de nous compte infiniment et que nous avons tous la responsabilité d’amener le Messie plus près – quel genre de monde verrions-nous demain ? »

Une révolution de la conscience

Cette transformation commencerait par un changement fondamental de perception. « Disons que vous vous réveillez le matin et que vous regardez un enfant. La première chose à laquelle vous pensez n’est pas ‘comment vais-je amener cet enfant à l’école à temps’ ou ‘comment vais-je inspirer cet enfant à préparer son propre déjeuner.' »

Au lieu de cela, « la première chose que vous voyez quand vous regardez un enfant, quand vous regardez tout autre être humain, c’est une étincelle de divinité. Vous figez cette image et vous prenez cette conscience, cette idée, puis vous l’utilisez pour essayer de les inspirer à faire leurs responsabilités. »

L’impact sociétal

Cette révolution de la conscience aurait des répercussions sociales profondes : « Quand vous regardez quelqu’un d’autre, la première chose que vous voyez est une Neshama, un morceau de D.ieu dans ce monde, quelque chose à quoi je peux me connecter pour vraiment me connecter à la source de tout sens. »

Cette approche « va vraiment changer la façon dont nous voyons les autres, et finalement, cela va changer toute la société. »

Conclusion : un héritage vivant

Trente et un ans après Guimel Tamouz, l’héritage du Rabbi de Loubavitch défie toutes les prédictions. Loin de s’estomper, son influence continue de croître, touchant des millions de personnes bien au-delà des frontières traditionnelles du mouvement Habad.

Sa révolution pédagogique – rendre accessible la sagesse la plus profonde – trouve un écho particulier à notre époque de démocratisation de l’information. Sa philosophie de l’amour inconditionnel offre un antidote puissant aux divisions sectaires qui fragmentent nos sociétés. Sa vision messianique pratique transforme l’attente passive en engagement actif pour un monde meilleur.

Mais peut-être que l’aspect le plus révolutionnaire de son héritage réside dans cette conviction inébranlable que chaque être humain porte en lui une étincelle divine, une mission unique, une capacité infinie de transformer le monde. Dans une époque de crise identitaire et de désespoir existentiel, ce message résonne avec une force particulière.

Les « ordres de marche » du Rabbi ne sont pas des reliques du passé, mais un programme d’action pour l’avenir. Chaque acte d’amour, chaque geste de bonté, chaque effort d’étude et de croissance spirituelle contribue à cette vision grandiose d’un monde transformé.

Comme l’enseigne la sagesse hassidique : « Un petit peu de lumière dissipe beaucoup d’obscurité. » L’héritage du Rabbi nous rappelle que nous avons tous, individuellement et collectivement, le pouvoir d’allumer cette lumière. Le défi qui nous reste est de transformer cette inspiration en action, cette vision en réalité, ces enseignements en mode de vie.

Trente et un ans après sa disparition physique, le Rabbi de Loubavitch continue de vivre à travers ceux qui portent ses enseignements dans le monde. Son véritable monument n’est pas de pierre, mais de chair et de sang : des millions d’âmes inspirées qui œuvrent, chacune à sa manière, à la réalisation de sa vision d’un monde meilleur.

 

 

Des milliers de visiteurs affluent vers le Ohel du Rabbi pour Guimel Tamouz

Des milliers de visiteurs affluent vers le Ohel du Rabbi pour Guimel Tamouz

Des fidèles du monde entier ont commencé jeudi à se rendre vers le Ohel du Rabbi à Queens, en préparation de Guimel Tamouz qui aura lieu dimanche. L’ancien cimetière Montefiore se prépare à accueillir près de 100 000 visiteurs venus commémorer la Hilloula du Rabbi de Loubavitch. Un dispositif exceptionnel a été mis en place pour faciliter ce pèlerinage spirituel majeur du judaïsme hassidique.

 

 

À l’approche de Guimel Tamouz, le Ohel Habad-Loubavitch se transforme pour accueillir les dizaines de milliers de visiteurs attendus ce weekend. Sous la direction du Rav Aba Refson, une nouvelle configuration élargie a été aménagée avec des parcours séparés pour hommes et femmes, des installations climatisées et un service continu 24h/24. Des dispositions spéciales ont également été prises pour le Chabbat, incluant des espaces de prière, des repas communautaires et des hébergements temporaires.

Un afflux mondial de pèlerins vers le Ohel

Dès jeudi, les premiers visiteurs internationaux ont été aperçus se dirigeant vers le Ohel du Rabbi dans le Queens, marquant le début du grand rassemblement annuel de Guimel Tamouz. Cette mobilisation spirituelle, qui culmine chaque année le 3 Tamouz, attire des fidèles Habad du monde entier venus se recueillir sur la tombe du septième Rabbi de Loubavitch.

« C’est impressionnant de voir déjà tant de monde arriver de si loin », témoigne Sarah Cohen, résidente de Crown Heights venue en éclaireur. « Chaque année, l’affluence grandit et l’organisation s’améliore pour nous permettre de vivre cette expérience spirituelle dans les meilleures conditions. »

Des aménagements d’envergure pour 100 000 visiteurs

Après des mois de préparatifs intensifs menés en coordination avec Agudas Chassidei Habad, le Ohel Habad-Loubavitch dévoile sa nouvelle configuration destinée à fluidifier l’accueil des quelque 100 000 personnes attendues. Le Rav Aba Refson, responsable des lieux, a supervisé personnellement ces aménagements exceptionnels.

La réorganisation prévoit des parcours d’entrée distincts : les hommes, bochurim et jeunes garçons accèderont par l’entrée principale du cimetière Montefiore via le boulevard Francis Lewis, tandis que les femmes et filles emprunteront une entrée dédiée située derrière le bureau d’accueil. Ces chemins bénéficieront d’un équipement complet avec tentes climatisées, points de repos, rafraîchissements et diffusion de vidéos du Rabbi.

Un service continu de 24 heures au Ohel

L’innovation majeure de cette édition réside dans l’organisation de visites ininterrompues pendant les 24 heures de Guimel Tamouz. À l’image des distributions historiques de dollars et de kuntreisim par le Rabbi, l’accès au Ohel fonctionnera en continu, sans interruption. Une nouvelle porte de sortie, aménagée dans le mur nord, permet aux visiteurs de suivre deux sentiers balisés menant à des espaces de restauration équipés.

« Cette continuité respecte l’esprit de disponibilité permanente que le Rabbi manifestait envers chaque visiteur », explique un organisateur. « Nous voulons que chacun puisse vivre ce moment de recueillement sans contrainte de temps. »

Dispositions halakhiques pour les Cohanim

Une attention particulière a été portée aux exigences halakhiques concernant les Cohanim. Le Rav Yossef Yeshaya Braun, Rav et Mara d’Asra de Crown Heights, a personnellement inspecté l’ensemble des aménagements pour s’assurer de leur conformité religieuse. Son expertise a permis de valider tous les itinéraires, y compris pour les Cohanim suivant les avis les plus stricts.

Cette validation rabbinique, formalisée dans un psak din disponible sur place, garantit que l’accès au cimetière respecte intégralement les prescriptions de la loi juive, levant ainsi toute inquiétude pour les visiteurs concernés.

Un Chabbat exceptionnel au Ohel

L’organisation de Chabbat Guimel Tamouz représente un défi logistique majeur avec l’arrivée massive de fidèles dès vendredi. Des tentes spécialement aménagées accueilleront les offices de Chabbat, l’étude du Hassidout et les prières communautaires. Le minyan principal se déroulera près du Ohel, complété par des minyonim supplémentaires sous tentes pour permettre les montées à la Torah habituelles.

Pour les repas de Chabbat, une grande tente climatisée a été installée sur le campus de l’école voisine, accessible en cinq minutes de marche. Les hébergements temporaires, réservés aux personnes inscrites à l’avance, sont situés dans le parc de l’autre côté du boulevard Francis Lewis, également équipé d’une tente climatisée et d’un service de sécurité permanent.

Une mobilisation communautaire sans précédent

Cette mobilisation reflète l’attachement profond de la communauté Habad au Rabbi, trente-et-un ans après. Les préparatifs minutieux témoignent de la volonté de préserver la dimension spirituelle de ce rassemblement tout en assurant l’accueil digne de dizaines de milliers de pèlerins.

« Chaque détail compte pour que cette journée reste un moment de connexion spirituelle authentique », souligne un responsable de l’organisation. « Nous mettons tout en œuvre pour que chaque visiteur reparte enrichi de cette expérience unique. »

L’affluence de ces prochains jours confirmera une fois encore la place centrale qu’occupe le Ohel du Rabbi dans la géographie spirituelle du judaïsme contemporain, consolidant son statut de lieu de pèlerinage majeur pour la communauté hassidique mondiale.

 

Rav Yoel Kahn : « vivre à la hauteur de la confiance que le Rabbi place en nous pour accomplir notre mission »

Rav Yoel Kahn : « vivre à la hauteur de la confiance que le Rabbi place en nous pour accomplir notre mission »

À l’approche de Guimmel Tamouz, voici un discours du Hozere du Rabbi, Reb Yoël Kahn, prononcé lors du Kinouss Hatmimim Haolami de l’année 5771. Dans ce discours, il rappelle aux Bahourim d’aujourd’hui le privilège d’être des Hassidim du Rabbi et les encourage à vivre à la hauteur de la confiance que le Rabbi place en eux, particulièrement en ces temps difficiles.

Histoire d’introduction : Un fiancé pensait que le Rabbi signait ses lettres de bénédiction de façon mécanique. Le Rabbi a exceptionnellement dévié de ses habitudes pour lui dire personnellement qu’il avait signé sa lettre, prouvant son attention personnelle.

Enseignement principal : Comme D.ieu aime chaque Juif comme un enfant unique (selon le Baal Chem Tov), le Rabbi se consacre entièrement à chaque Hassid individuellement, malgré leur grand nombre.

Point central : Rien n’a changé depuis Guimmel Tamouz dans cette relation. Le Rabbi continue de penser à chaque Hassid et de se préoccuper de son bien-être.

Différence fondamentale : « Un orphelin se plaint, un enfant pleure » – nous ne sommes pas des orphelins spirituels car le Rabbi est notre père. Il faut s’adresser à lui comme un enfant à son père.

Responsabilité : Cette attention paternelle nous oblige à vivre à la hauteur de la confiance du Rabbi et accomplir notre mission spirituelle.

Outils donnés : Le Rabbi nous a fourni les enseignements les plus profonds de la Hassidout (comme un roi qui dépense ses trésors en temps de guerre) pour nous aider à amener la Géoulah.

Preuve concrète : Une lettre du Rabbi réfute l’idée fausse qu’il traiterait mieux un « étranger » qu’un Hassid – au contraire, il applique le principe talmudique de s’occuper d’abord des siens.

Conclusion : Réaliser cette relation personnelle continue doit renforcer notre attachement au Rabbi et nous motiver à accomplir notre mission avec détermination.

 

Discours de Reb Yoël Kahn au Kinouss Hatmimim Haolami 5771

Je souhaite commencer par une histoire que j’ai déjà racontée plusieurs fois. Je suis certain que nombreux d’entre vous s’en souviennent, mais je vais néanmoins la répéter.

Durant les dernières années, lorsque le Rabbi n’organisait plus de Yehidout (entrevues individuelles), un groupe de Hatanim (fiancés) défilait devant le Rabbi pour recevoir sa bénédiction pour leurs mariages respectifs. À chacun d’entre eux, le Rabbi distribuait un dollar accompagné de la formule habituelle « Braha Vehatsla’ha » (bénédiction et réussite). Soudainement, le Rabbi s’adressa particulièrement à l’un des Hatanim et lui demanda : « As-tu reçu ma lettre en l’honneur de ton mariage ? Je l’ai déjà signée. »

Un des témoins remarqua cet incident singulier et, incapable de contenir sa curiosité, décida de découvrir les raisons de cette attention particulière. Pourquoi le Rabbi avait-il distingué ce Hatane plutôt qu’un autre dans le groupe ?

Il interrogea donc le jeune homme concerné, qui lui répondit en relatant un incident survenu quelques semaines auparavant :

Plusieurs Bahourim étaient assis ensemble, discutant des lettres que le Rabbi envoyait à chacun des Hassidim pour leurs Smahot (joies familiales). De manière générale, chaque lettre avait un contenu similaire – quelques bénédictions pour l’occasion – avec pour seules différences la date et le nom du destinataire. Le Rabbi apposait ensuite sa sainte signature au bas de chaque lettre.

Il y avait plusieurs opinions parmi les Bahourim concernant le degré d’implication personnelle du Rabbi dans chacune de ces lettres.

Certains Bahourim affirmaient qu’en apposant sa signature, le Rabbi s’impliquait incontestablement dans chaque lettre de manière personnelle. Réfléchissez un instant : lorsque quelqu’un donne sa parole à autrui – même par le simple biais de l’écriture et de la signature d’une lettre – s’il est sincère, il pense vraiment ce qu’il dit. Plus il est sincère, plus ses paroles sont authentiques. Par conséquent, nous pouvons affirmer avec certitude que le Rabbi envoie réellement ses bénédictions avec chaque lettre qu’il poste. Bien que la même bénédiction soit nécessaire pour chaque Hatane et qu’il envoie une lettre identique à tous, cela ne diminue en rien l’attention personnelle du Rabbi portée à chaque lettre.

D’autres Bahourim suggéraient que puisque le contenu de chaque lettre était pratiquement identique, il était exagéré de croire que le Rabbi avait vraiment transmis une bénédiction issue des profondeurs de sa Néchama (âme) dans chaque lettre. Cependant, ils croyaient qu’une pensée et une bénédiction personnalisées avaient été incluses dans chaque envoi.

Un Bahour se montrait sceptique et s’opposait à ces deux opinions. Il pensait que le Rabbi avait simplement signé une pile de lettres se trouvant sur son bureau sans leur accorder de considération particulière, après quoi les Mazkirim (secrétaires) les avaient postées. « Qui peut affirmer que le Rabbi ait prêté attention au nom inscrit en haut de la lettre ? » prétendait-il.

« J’étais celui qui avait naïvement suggéré ce troisième point de vue », conclut ce Hatane avec regret. « Il semblerait que le Rabbi ait exceptionnellement dévié de ses habitudes pour me rassurer personnellement sur le fait qu’il avait signé ma lettre en toute conscience. »

J’ai personnellement entendu ce récit de la bouche du témoin curieux qui avait pris l’initiative de découvrir les détails de cette histoire.

Quelques années plus tard, après Guimmel Tamouz, j’ai répété cette histoire lors d’un Farbrengen, précisant que je l’avais entendue d’une personne de confiance et que je pouvais donc être certain de son authenticité.

Après le Farbrengen, un jeune homme s’approcha de moi : « Vous dites connaître l’exactitude de cette histoire car vous l’avez entendue d’une personne fiable ? Permettez-moi de vous dire que le naïf Hatane, c’était moi ! Il va sans dire qu’aujourd’hui, je regrette profondément cette attitude. »

Enseignements de cette histoire

Cette histoire contient plusieurs points remarquables à méditer.

Tout d’abord, nous pouvons être certains que le premier groupe de Bahourim avait la bonne compréhension : le Rabbi investit évidemment tout son être dans chaque bénédiction qu’il donne.

Mais il y a un concept plus profond que l’on discerne dans cette histoire : à quel point chaque Bahour est précieux aux yeux du Rabbi. Ce Hatane devait vraiment faire preuve de naïveté pour penser que le Rabbi ne lisait même pas les lettres qu’il signait. Malgré cela, le Rabbi a exceptionnellement dévié de ses habitudes pour lui démontrer que même lui mérite et reçoit l’attention du Rabbi, lui offrant ainsi « l’échelle » qui lui permettrait de s’élever et de sortir de son inconscience.

Comme un enfant unique

Cette idée s’enracine dans les célèbres paroles du Baal Chem Tov, qui affirmait que l’amour de D.ieu pour chaque Juif est infiniment plus grand que l’amour de parents âgés envers leur enfant unique né dans leur vieillesse.

On pourrait se demander comment cela est possible. Après tout, on ne peut qualifier chaque Juif d’enfant unique alors qu’il existe des millions de Juifs. Comment peut-on considérer chacun comme un enfant unique alors qu’en réalité il n’est pas le seul ?

Le concept réside dans le fait que, puisque Hachem est illimité, Il possède la capacité infinie d’aimer chacun sans limites, comme si chacun était véritablement un enfant unique.

En tant que simples mortels, nous ne pouvons concevoir une telle réalité : lorsque nous sommes complètement investis dans un sujet, nous sommes incapables de nous investir dans la même mesure ailleurs. Hachem, en revanche, n’est limité par aucune restriction et est capable d’aimer chaque Juif comme s’il était son enfant unique.

Dans le même esprit, le Tsadik dont il est écrit : « אנכי עומד בין ה’ וביניכם » (Je me tiens entre l’Éternel et vous), celui qui est notre « רועה נאמן » (berger fidèle), a la capacité de se consacrer entièrement à chaque Juif, et particulièrement à ceux qui se considèrent comme ses Hassidim.

La bienveillance continue du Rabbi

À la lumière de cette histoire, il est important pour nous de réaliser, comprendre et apprécier qu’à cet égard, rien n’a changé depuis Guimmel Tamouz.

Chacun d’entre nous doit savoir qu’il y a quelqu’un qui pense à nous, tient à nous et se préoccupe de notre bien-être.

Nous parlons souvent de renforcer notre Hitkachrout (attachement) au Rabbi. L’une des façons d’y parvenir est de réfléchir à la connexion profonde qu’il entretient avec chacun d’entre nous.

Dans le Tanya (chapitre 46), l’Admour Hazaken écrit :

« ויש דרך ישר לפני איש… לעורר ולהאיר אורה אהבה התקועה ומסותרת בלבו… למסור נפשו לה’… והוא כאשר ישים אל לבו מ »ש הכתוב כמים הפנים לפנים… »

Après avoir présenté dans les chapitres précédents les différentes méthodes pour éveiller un véritable amour pour Hachem, l’Admour Hazaken commence ce chapitre par ce qu’il appelle le « chemin simple et direct » pour éveiller un amour qui revivifiera la Néchama (l’âme), un amour qui élèvera la personne à un niveau si élevé qu’elle sera prête à donner sa vie pour Hachem. Ceci peut être atteint grâce au principe « כמים הפנים לפנים » (comme l’eau reflète un visage) : l’amour qu’Hachem éprouve pour nous influence un sentiment similaire de notre part en retour.

Nous devons méditer sur la bienveillance et l’intérêt que le Rabbi nous porte, même aujourd’hui. Lorsque quelqu’un se rend au Ohel (ou envoie une lettre au Rabbi), cela ne devrait pas être perçu comme une simple cérémonie, quelque chose que l’on fait parce que c’est ce que font les Hassidim.

Il faudrait plutôt s’arrêter un moment et y réfléchir : vous vous rendez maintenant chez le Rabbi, chez celui dont on dit « אנכי עומד בין ה’ וביניכם », celui qui nous relie à D.ieu. Et comme nous l’avons souligné, il n’est pas seulement présent pour le Klal Israël en général, mais il est là pour chacun d’entre nous individuellement.

Le Rabbi ressent un intérêt personnel pour le bien-être de tous ses Hassidim. Lorsque quelqu’un vient au Ohel et demande une bénédiction pour quelque chose qui le préoccupe, le Rabbi se sent concerné et fait tout ce qu’il peut pour l’aider et lui apporter le réconfort. Inversement, quand cette personne retourne au Ohel plus tard pour annoncer au Rabbi que tout va bien, cela procure au Rabbi une grande joie.

Les pleurs d’un enfant

Le Rabbi Précédent écrit dans une lettre : « א יתום קלאגט, א קינד וויינט » (un orphelin se plaint, un enfant pleure).

Un orphelin n’a malheureusement personne vers qui se tourner ; il n’a donc d’autre alternative que de se plaindre de sa situation. En revanche, un enfant qui a un père ne se plaint pas désespérément : il pleure vers son père pour qu’il l’aide.

On ne saurait trop insister sur ce point : chacun doit comprendre qu’il a un père. Le Rabbi est notre père et il se préoccupe de chacun personnellement.

Certes, le Rabbi est impliqué et aide chacun d’entre nous dans ce monde, œuvrant pour amener Machia’h, construire une Dira Betahtonim (demeure pour D.ieu ici-bas), et ainsi de suite. Mais simultanément, il se préoccupe de chaque individu et prend soin de nous comme un père prendrait soin de son fils. Il croit en nos capacités et sait que nous avons confiance en lui.

En même temps, cela nous oblige à demeurer fidèles à notre mission. Nous ne sommes pas libres de vagabonder selon notre bon plaisir. Nous avons un travail à accomplir et le Rabbi nous fait confiance pour mener cette mission à bien.

De précieux trésors à notre disposition

Un point supplémentaire : dans le célèbre discours hassidique Hemsheh Bati Legani, le Rabbi Précédent rapporte l’exemple du roi qui possède des trésors remplis de diamants et de pierres précieuses. Certaines de ces pierres ne seront jamais touchées, même dans les situations les plus désespérées, et pourtant elles ont toutes un objectif particulier. Par exemple, les perles et diamants sertis sur la couronne du roi ne seront peut-être jamais retirés ou utilisés à d’autres fins, néanmoins ils rehaussent la beauté de la couronne et symbolisent la majesté de son royaume.

Vient ensuite le trésor gardé caché. Non seulement il ne sert à rien de particulier, mais de plus, il n’est jamais vu par quiconque. Cependant, en temps de guerre, lorsque le roi a besoin de sortir vainqueur, il dépensera librement ce trésor si précieux (Bizbouz Haotsrot) afin de remporter la victoire.

La guerre, dans notre cas, c’est « מלחמת בית דוד » (la guerre de la maison de David), l’épreuve pour amener la Géoulah. Et pour que nous puissions gagner cette guerre, même les parties les plus profondes et les plus élevées de la Torah nous ont été données avec une ouverture extraordinaire.

Aucun des Rebbéim précédents n’a publié autant de Hassidout que notre Rabbi, au bénéfice du monde entier. Le Rabbi lui-même, dans ses Sihot et ses Maamarim, a rendu accessibles et clairs des sujets très profonds de Hassidout comme personne auparavant.

Et tout ceci nous a été donné afin que nous puissions continuer à nous battre et en finir avec cette Galout.

C’est entre nos mains. Nous savons que le Nitzahon (victoire) final de « Didane Notsah » (notre victoire) est sur le point de se produire ; à nous de le faire advenir encore plus rapidement. En accomplissant notre part, en nous imprégnant des paroles de Hassidout que le Rabbi nous a transmises et, naturellement, en les diffusant à l’extérieur, nous hâterons la Géoulah et le Rabbi nous sortira de cette Galout, Tehef Oumiyad Mamash – immédiatement, maintenant !

Témoignage de sollicitude personnelle

Comme mentionné précédemment, la bienveillance et l’intérêt du Rabbi pour chaque Hassid se manifestaient tout au long des années.

Dans la lettre suivante, le Rabbi réfute une théorie mal avisée entretenue par quelques Hassidim, selon laquelle le Rabbi (ou les Rebbéim en général) accorderait plus facilement une bénédiction à un « étranger » (qui n’est pas un Hassid du Rabbi) qu’à un Hassid :

« J’ai été surpris que vous ne mentionniez rien dans votre lettre concernant la santé de votre épouse תחי’. J’espère que lorsque vous recevrez cette lettre, sa situation se sera déjà améliorée, malgré la lettre que j’ai reçue de Rav Moshe Levertov à ce sujet.

Concernant ce qu’il écrit en votre nom, que ‘ce cas devrait être traité comme s’il s’agissait d’un étranger plutôt que de la façon dont on s’occuperait de l’un des nôtres’ : je n’arrive pas à comprendre la signification de cette phrase.

N’y a-t-il pas une décision bien connue de nos Sages concernant les besoins d’autrui : « עניי עירך קודמין » – les pauvres (c’est-à-dire ceux dans le besoin) de ta propre ville passent en priorité pour recevoir ton aide ?

Vous ne me soupçonneriez certainement pas d’être réticent à agir conformément à ce principe… »

Conclusion

Cette lettre du Rabbi démontre clairement son attention et sa sollicitude pour chaque Hassid individuellement. Le Rabbi réfute catégoriquement l’idée qu’il traiterait un « étranger » avec plus d’attention qu’un de ses propres Hassidim. Au contraire, il cite le principe talmudique selon lequel on doit d’abord s’occuper des besoins de ceux qui nous sont proches avant ceux des étrangers.

Le Rabbi exprime également sa surprise et son inquiétude quant au fait que le Hassid n’ait pas mentionné la santé de sa femme dans sa lettre, témoignant ainsi de son intérêt personnel pour le bien-être de chaque membre de la famille de ses Hassidim.

Cette lettre, comme l’ensemble du discours de Reb Yoël Kahn, souligne l’importance de comprendre et d’apprécier la relation personnelle et profonde que le Rabbi entretient avec chacun de ses Hassidim, même après Guimmel Tamouz. Elle encourage les Hassidim à renforcer leur Hitkachrout (attachement) au Rabbi en réalisant à quel point ils sont précieux à ses yeux, et à vivre à la hauteur de la confiance qu’il place en eux pour accomplir leur mission dans ce monde.

 

 

Coutumes liées au Guimel Tamouz, samedi soir 28 et dimanche 29 juin 2025

Coutumes liées au Guimel Tamouz, samedi soir 28 et dimanche 29 juin 2025

Le 29 juin 2025 marquera le 31e anniversaire de la Hilloula du Rabbi , figure emblématique du mouvement Habad. Les fidèles du monde entier s’apprêtent à observer les traditions établies par le Rabbi lui-même en 1951 pour honorer son prédécesseur. Ces pratiques spirituelles et communautaires visent à maintenir vivant l’héritage du leader hassidique et à renforcer les liens avec ses enseignements.

 

 1 – On allumera une bougie de vingt-quatre heures depuis samedi soir 28 juin 2025.

2 –  Pendant chacune des trois prières du jour, cinq bougies (de 24 heures( resteront allumées devant l’officiant.

3 –  On donnera de la Tsedaka (pendant la semaine), au nom de chacun des membres de sa famille, pour une institution du Rabbi.

4 –  On consacrera un moment dans la journée pour parler du Rabbi et de sa grande Ahavat Israël (amour du prochain) à sa famille et son entourage.

5 –  On étudiera les chapitres de Michnayot correspondant aux lettres qui constituent le nom du Rabbi.

6 –  On étudiera les enseignements du Rabbi.

 On rédigera un « Pane », « Pidyone Néfech », (vendredi, dimanche et les jours proches de la date) une lettre de demande de bénédictions (en y précisant les prénoms et les prénoms des mamans de chacun) qui sera déposée sur le Ohel du Rabbi.

ECRIRE AU RABBI

Le 3 Tamouz 5785 selon le calendrier hébraïque correspond au 31e anniversaire de la Hilloula du Rabbi . En 1951, ce dernier avait établi un protocole précis pour commémorer l’anniversaire de Hilloula de son beau-père, Rabbi Yossef Its’hak Schneerson. Ces directives, qui incluent des lectures de Torah, des études de textes sacrés, des actes de charité et des activités de diffusion de l’enseignement, sont aujourd’hui appliquées pour honorer sa propre mémoire. Les pratiques s’étendent sur 24 heures et impliquent l’ensemble de la communauté, hommes, femmes et enfants.

Des traditions établies par le Rabbi lui-même

En 1951, à l’approche du premier anniversaire de la Hilloula de son beau-père, le Rabbi publia une lettre détaillant les pratiques à observer. Dans ce document fondateur, il demandait à tous les membres du mouvement Habad de se rassembler dans les synagogues et les lieux d’étude de la Torah pour participer à une étude publique. « En ce jour, expliquait-il, le tsadik éveille la compassion céleste pour tous ceux qui se relient à lui, à son enseignement et à ses actions. »

Face aux interrogations de la communauté sur les modalités concrètes, le Rabbi envoya le même jour une seconde lettre contenant des directives claires et précises. Ces instructions, adaptées aujourd’hui au contexte actuel, constituent le cadre de référence pour commémorer sa propre Hilloula.

Rituels du Chabbat précédant la Hilloula

Les préparatifs commencent dès le Chabbat précédant le yahrtzeit. Selon les directives établies, tous les hommes s’efforcent d’être appelés à la Torah pour une aliya. En cas de nombre insuffisant d’aliyot disponibles, des lectures alternatives sont organisées dans d’autres salles, sans pour autant dépasser le nombre habituel de huit aliyot.

La lecture finale, appelée maftir, est réservée à la personne la plus respectée selon le choix de la majorité des fidèles. À défaut, un tirage au sort détermine l’heureux élu. La répartition des rôles s’étend également à la direction des prières du jour de la Hilloula, avec trois personnes désignées pour les offices du soir, du matin et de l’après-midi.

L’allumage des veilleuses et les lectures sacrées

La veille de la Hilloula, une veilleuse de 24 heures est allumée avant l’allumage des bougies de Chabbat si le yahrtzeit tombe un Chabbat. Idéalement en cire d’abeille, elle fait écho au verset hébraïque « Ceux qui reposent dans la poussière se lèveront et chanteront », dont les initiales forment le mot hébreu pour cire d’abeille.

Cinq veilleuses durables sont également allumées devant l’officiant. Après chaque prière, qui inclut la lecture quotidienne des Tehilim le matin, l’officiant complète son étude de chapitres spécifiques des traités de Michna Kélim et Mikvaot, suivie de récitations du Tanya et du Kaddich deRabbanane.

Étude collective et actes de charité

« Après la prière du soir, quelqu’un récite par cœur une partie du maamar publié pour le jour de la Hilloula », précisent les directives. Il s’agit originellement de Bati Legani 5710, remplacé pour la Hilloula du Rabbi par Véata Tetsavé 5741, dernier maamar qu’il donna à étudier avant son départ. Si personne ne peut le réciter par cœur, l’étude se fait collectivement.

L’aspect caritatif occupe une place centrale dans ces observances. Des dons sont effectués à des institutions liées au Rabbi, au nom de chaque participant et de sa famille. La tradition du pidyone néfech, lettre adressée au tsadik même après sa Hilloula, est maintenue. Cette missive, demandant l’éveil de la miséricorde céleste, est déposée entre les pages d’un enseignement du Rabbi puis envoyée au cimetière Montefiore de Queens par fax au (718) 723-4444 ou par courriel.

La diffusion de l’enseignement au cœur des pratiques

Durant ces 24 heures commémoratives, les fidèles visitent synagogues et lieux d’étude pour transmettre les enseignements du Rabbi. « Ils parleront de l’amour que le Rabbi portait à chaque Juif », souligne le protocole. Cette mission inclut la promotion des trois chiourim quotidiens institués : la récitation des Tehilim selon la répartition mensuelle, l’étude du ‘Houmach et celle du Tanya selon le cycle annuel, auxquelles s’ajoute l’étude quotidienne du Michné Torah de Maïmonide.

Les jeunes font l’objet d’une attention particulière. Les émissaires se rendent dans les lieux fréquentés par la jeunesse juive, pratiquante ou non, pour expliquer « combien le Rabbi aimait la jeunesse et combien il lui accordait une attention particulière en toutes circonstances ». L’objectif est de transmettre les espoirs et la confiance que le Rabbi plaçait en eux pour renforcer le judaïsme et diffuser la Torah.

Les campagnes de mitsvot et l’héritage spiritunel

Au-delà des rituels, la connexion au Rabbi passe par l’implication dans ses actions. Durant son leadership, il mit en place dix Campagnes de Mitsvot, véritable « trousse de départ pour chaque Juif ». Il sélectionna également douze versets fondamentaux de la Torah et d’enseignements des Sages que chaque enfant doit mémoriser.

Le Rabbi concluait ses directives par une prière prophétique : « Puisse D.ieu hâter la venue de Machia’h, et que ceux qui reposent dans la poussière se réveillent et chantent. Notre Rabbi sera parmi eux, et il nous révélera des merveilles, et nous guidera sur le chemin vers la Maison de D.ieu. »

 

 

 

Vague d’arrestations de dirigeants juifs en Iran sous prétexte de liens avec Israël

Vague d’arrestations de dirigeants juifs en Iran sous prétexte de liens avec Israël

Photo de couverture :  Le Rav Yehuda Gerami, grand rabbin d’Iran, avec les Chlou’him à New York en marge de la Conférence internationale 2021 des émissaires Chabad-Loubavitch. 

Les autorités iraniennes ont procédé à l’arrestation de Rabbanim et de dirigeants de la communauté juive à Téhéran et Chiraz, les accusant de maintenir des liens avec Israël. Ces arrestations, effectuées sans preuves tangibles selon les sources, interviennent dans un contexte de tensions croissantes entre l’Iran et Israël suite à l’opération « Am Kelavia ». Cette répression soulève de vives inquiétudes quant à la sécurité de la minorité juive iranienne, forte de 8 000 à 10 000 membres.

 

Des rapports en provenance d’Iran font état d’une campagne d’arrestations visant des personnalités juives éminentes, notamment des Rabbanim et des responsables communautaires de Téhéran et Chiraz. Ces interpellations, menées sans fondement probant apparent, s’inscrivent dans le climat de tensions exacerbées entre Téhéran et Jérusalem consécutif aux récentes opérations militaires israéliennes sur le territoire iranien. Parallèlement, le Grand Rabbin d’Iran Yehouda Gerami a confirmé la fermeture de toutes les synagogues et écoles juives du pays en raison de l’état d’urgence national.

Des arrestations sans fondement dans deux grandes villes

Selon un message publié par l’organisation des Femmes iraniennes, le régime de Téhéran a initié une série d’arrestations ciblant des figures proéminentes de la communauté juive. Les autorités iraniennes accusent ces personnalités religieuses et communautaires d’entretenir des relations avec l’État hébreu, sans pour autant fournir d’éléments probants à l’appui de ces allégations.

Ces interpellations se concentrent principalement sur Téhéran, la capitale, et Chiraz, deux centres névralgiques de la présence juive en Iran. Bien que ces informations n’aient pas reçu de confirmation officielle, elles suscitent une vive préoccupation quant aux mesures répressives dirigées contre cette minorité religieuse.

Le contexte post-opération « Am Kelavia »

Ces arrestations interviennent dans la foulée de l’opération militaire israélienne « Am Kelavia », au cours de laquelle Tsahal a frappé des objectifs stratégiques iraniens, notamment des installations nucléaires et militaires situées à Téhéran, Natanz et Ispahan. Cette offensive a également visé des hauts responsables des Gardiens de la Révolution et du programme nucléaire iranien.

« L’opération s’est achevée par un cessez-le-feu négocié avec la médiation américaine », précise une source diplomatique occidentale. Les autorités iraniennes ont réagi par des déclarations bellicistes et l’activation de leurs systèmes de défense antiaérienne, illustrant l’escalade des tensions régionales.

Fermeture généralisée des institutions juives

Dans ce contexte tendu, le Grand Rabbin d’Iran Yehouda Gerami a accordé un entretien téléphonique rarissime au journaliste Yisrael Rosner du journal Yated Ne’eman. Dans cette conversation transatlantique exceptionnelle, le dirigeant religieux a confirmé que « toutes les écoles et synagogues sont fermées » en raison de la détérioration de la situation sécuritaire.

« Pour l’instant, il n’y a pas de victimes juives connues », a précisé le Grand Rabbin Gerami, tout en soulignant que les Rabbanim de la communauté ont appelé à intensifier les prières « à la lumière de la réalité dramatique du pays ». Cette prise de parole publique constitue un événement remarquable, l’Iran interdisant officiellement tout contact avec les médias israéliens.

Selon le Dr Tamar Eilam Gindin, experte de l’Iran interrogée par Ynet, cet entretien revêt un caractère hautement inhabituel. « Il existe effectivement une interdiction de tels contacts, sauf avec des médias anti-sionistes. S’ils le citent en relayant la propagande de la République islamique, cela pourrait être autorisé », explique-t-elle.

Une communauté millénaire sous pression accrue

La communauté juive d’Iran, estimée à environ 9 000 membres, constitue la plus importante population juive du Moyen-Orient en dehors d’Israël. Cette diaspora millénaire, riche d’une histoire de plus de 2 500 ans, se concentre principalement à Téhéran (6 000 à 7 000 personnes), Chiraz (environ 2 000), Ispahan (1 500) et Kermanshah.

La communauté dispose d’une centaine de synagogues, dont 31 à Téhéran, bien que seulement une vingtaine soient utilisées régulièrement. Cinq écoles juives fonctionnent actuellement sous stricte surveillance gouvernementale, contre 20 avant la Révolution islamique de 1979.

Ces derniers jours, de nombreux Juifs iraniens sont restés confinés chez eux, craignant d’être vus en public. Les résidents de Téhéran, Chiraz et Ispahan ont tous subi les frappes aériennes israéliennes, tandis que d’autres villes abritant de petites populations juives, notamment Hamadan (traditionnellement associée aux figures bibliques Mardochée et Esther) et Kermanshah, ont également été touchées.

Déclarations de loyauté contraintes

Depuis le lancement de la campagne militaire israélienne « Opération Lion Féroce », les dirigeants de la communauté juive iranienne ont publié deux déclarations publiques dénonçant Israël. Ces condamnations sont perçues comme un moyen nécessaire d’assurer la sécurité communautaire face aux craintes d’accusations de déloyauté envers le régime.

Le Dr Homayoun Sameh, représentant juif au parlement iranien, a diffusé une lettre au sein de la communauté accusant Israël de crimes de guerre et exprimant ses condoléances aux familles iraniennes endeuillées. « Les Juifs iraniens font partie du peuple iranien », a-t-il écrit, réaffirmant leur loyauté à la République islamique.

« Chaque année, la communauté juive d’Iran participe aux marches du Jour de Qods à travers le pays », a-t-il souligné, condamnant « le régime sioniste répugnant ». Le clerc juif vétéran Hakham Younes Hamami Lalezar a publié une déclaration similaire, critiquant durement Israël.

L’agence de presse iranienne Fars a également publié une déclaration commune enflammée des représentants de diverses minorités religieuses à l’Assemblée consultative islamique, y compris le Dr Sameh, condamnant « l’agression du régime sioniste contre la terre de la République islamique ».

Pression systématique et craintes grandissantes

Selon les rapports du Département d’État américain sur la liberté religieuse, la communauté juive iranienne vit sous une pression constante et systématique. Bien que la constitution iranienne reconnaisse formellement les Juifs comme une minorité religieuse protégée avec le droit de travailler et de maintenir des institutions religieuses, la clause stipulant que ces droits doivent être exercés « dans le cadre de la loi » permet au gouvernement une large discrétion pour les restreindre.

L’escalade actuelle a suscité de nouvelles craintes au sein de la communauté, qui ne s’est pas encore remise de l’exécution l’année dernière d’Erwin Natanel Kahramani, malgré les efforts des dirigeants juifs et les appels internationaux. À cette époque, en raison des troubles intérieurs, les synagogues avaient reçu l’ordre de fermer quotidiennement à 17 heures, avec des avertissements émis par les dirigeants communautaires concernant la « situation dangereuse ».

Les arrestations actuelles de Rabbanim et dirigeants communautaires s’inscrivent dans cette logique de pression accrue, soulevant des inquiétudes majeures quant à l’instrumentalisation de cette minorité vulnérable dans le contexte géopolitique régional. Le régime iranien pourrait chercher à utiliser ces mesures répressives comme démonstration de force interne ou signal diplomatique adressé à Israël et aux puissances occidentales.

 

 

« דאווענען מיט א ניגון »,  « Prier avec une mélodie » : Une nouvelle dimension spirituelle pour la prière

« דאווענען מיט א ניגון », « Prier avec une mélodie » : Une nouvelle dimension spirituelle pour la prière

Un projet révolutionnaire qui transforme l’expérience de la prière grâce aux mélodies traditionnelles du Habad. À l’heure où le cœur se réjouit des miracles considérables et historiques qui touchent le peuple installé en Sion, accompagnés d’un renforcement de la foi et de la confiance malgré la terreur des alertes et des missiles, le moment est venu de prier avec une dimension nouvelle et profonde.

 

 

Chant : Rabbi Menahem Mendel Amar et ses fils
Arrangement et mixage : Elor Velner
Clarinette : Meir Velner
Dessins : Mendi Bril
Clip des paroles : Menahem Goldstein – Publication visible

 

Un héritage musical exceptionnel au service de la prière

« Ga’agou’im » (Nostalgie), sous la direction du vénérable Rabbi Menahem Mendel Amar, a déjà produit plus de 80 mélodies du Habad dans une interprétation précise et authentique. Ce patrimoine musical remarquable, qui a obtenu plus d’un million d’écoutes sur diverses plateformes, franchit aujourd’hui une nouvelle étape avec un projet unique et novateur.

« Davenen mit a Nigoun » – Prier avec une mélodie

Le nouveau projet porte le nom évocateur de « Davenen mit a Nigoun » – littéralement « Prier avec une mélodie ». Il présente six passages de la prière du matin chantés avec des mélodies du Habad spécifiquement adaptées aux paroles, ajoutant une saveur particulière à l’expérience spirituelle de la prière.

Une formule éprouvée dans la communauté ‘Or Menahem

Cette approche innovante a été développée par le Rav Amar au sein de la communauté ‘Or Menahem d’Ashdod, qui compte des centaines de fidèles, dont beaucoup sont devenus au fil des années de véritables hassidim. C’est ainsi que les prières du Chabbat acquièrent une douceur et une vitalité particulières, empreintes de mesure, d’aspiration et de nostalgie spirituelle.

L’harmonie parfaite entre mélodie et sens

Chaque Chabbat, toute l’assemblée chante ensemble les mots « Koulam ahouvim, koulam berourim, koulam kedoshim » (Tous sont aimés, tous sont purs, tous sont saints), sur la mélodie célèbre du Rabbi Hillel de Paritsh (mélodie n°56 dans le livre des mélodies). Cette même mélodie se prolonge et s’épanche, s’élève et monte également dans le passage suivant, avec les mots « LaEl baroukh ne’imot yitenou » (À Dieu béni, ils donneront des mélodies). L’adaptation précise de la mélodie sacrée aux paroles de la prière sonne comme une interprétation naturelle des mots.

Des moments privilégiés de communion spirituelle

L’illumination par la Torah

Les mots « Vehaer eineirou beToratekha » (Et éclaire nos yeux par Ta Torah) dans la bénédiction « Ahavat Olam » sont chantés par tous sur la mélodie pour Chabbat et jours de fête (mélodie n°84 dans le livre des mélodies). La mélodie est précise, authentique, sans aucun arrangement, et exprime magnifiquement la demande d’illumination des yeux par la Torah, l’attachement aux commandements et l’unification du cœur dans l’amour et la crainte.

La proclamation de foi

Avec la proclamation par l’officiant des mots « Hachem Elokeikhem Emet » (L’Éternel votre Dieu est vérité), à la fin du passage des franges qui conclut la lecture du Shema, tous éclatent comme dans un chœur avec la mélodie de danse de la sortie de l’isolement (mélodie n°328 dans le livre des mélodies) adaptée précisément aux mots « Veyatsiv venakhon vekayam » (Et stable et ferme et durable).

Les louanges divines

« El Adon » (Dieu Maître), chanté dans toutes les synagogues, reçoit sa couleur musicale avec la mélodie de rassemblement du célèbre chantre hassidique Rabbi Aharon Kharitonov, et se prolonge également dans le paragraphe « LaEl baroukh ne’imot yitenou ». Quant à « Ram veNissa » (Élevé et Sublime), au seuil de la prière silencieuse, le chant utilise la mélodie du célèbre chantre Rabbi Elkhanan Zev Klagsbaln, composée à l’origine sur « Odeh laEl » (Je rendrai grâce à Dieu).

Les fondements spirituels du projet

L’enseignement des maîtres

Cette initiative bénie puise dans les paroles de nos maîtres et dirigeants sur la grandeur du mérite du chant dans la prière. Ainsi, l’Admour Rayats a déclaré : « Le chant et la mélodie dans la prière constituent un remède en soi, pour conduire l’âme animale et clarifier le bien qui est en elle, et pour éveiller l’intention intérieure » (Livre des Discours 5702, page 134).

Particulièrement saisissantes sont les paroles de l’Admour Haemtsai : « Le chant et la mélodie dans la prière adoucissent les jugements et chassent les accusateurs, et sauvent l’homme en enfants, vie et subsistance » (Lettres de l’Admour Haemtsai, volume 1, lettre 40).

La vision du Rabbi

Et voici ce qu’a dit le Rabbi : « Un enseignement supplémentaire et également essentiel concernant le chant, relativement au ‘service de la prière’, sous forme de chant. Car en plus du chant lié à l’élévation de bas en haut – il doit y avoir maintenant le chant qui vient de l’attachement et de l’inclusion dans le Supérieur, comme préparation au ‘chant nouveau' » (Discours du Chabbat Parashat Beshalah 5752).

Une diffusion au service de tous

De la communauté locale au grand public

Ce format sort maintenant pour la première fois des murs de la communauté ‘Or Menahem’ vers le grand public. Tous peuvent s’exposer à cette prière de chant pur, s’y connecter et l’intégrer également dans leur propre prière. Ce modèle convient parfaitement à une intégration appropriée dans la prière du matin organisée dans les institutions éducatives. Grâce à lui, la prière peut passer d’un « commandement d’hommes enseigné » à un « service du cœur », avec émotion, mesure et connexion à l’interprétation des mots et au sens de chaque expression.

L’encouragement des autorités spirituelles

Une galerie distinguée d’influenceurs spirituels s’est mobilisée pour encourager le projet. Dans un manifeste spécial signé par une série d’influenceurs de tous les districts des hassidim et étudiants, il est dit, entre autres : « Et particulièrement, nous venons encourager vivement ce nouveau projet, dont le but est d’intégrer d’anciennes mélodies du Habad dans des passages de prière récités dans les synagogues et les maisons du Habad. L’objectif du projet est de donner à la prière une profondeur spirituelle et hassidique, d’éveiller le cœur et de connecter les fidèles à la prière grâce au pouvoir particulier de la mélodie. »