Les citoyens iraniens ont largement tourné en dérision le discours de « victoire » du Guide suprême, multipliant les moqueries et les caricatures sur les réseaux sociaux. Khamenei tentait de présenter Israël et les États-Unis comme les perdants du conflit, contredisant la réalité sur le terrain. Cette communication depuis son abri souterrain a déclenché une vague de sarcasmes et de critiques de la part de la population.
Le discours de « victoire » prononcé par le Guide suprême iranien Ali Khamenei depuis son bunker a provoqué une vague de moqueries de la part des citoyens iraniens. Ces derniers ont massivement partagé des vidéos et caricatures de rats apeurés pour ridiculiser leur dirigeant qui affirmait que l’Iran avait triomphé face à Israël et aux États-Unis. Les internautes ont critiqué tant le fond que la forme de cette intervention, pointant du doigt la piètre qualité technique du message et l’isolement du Guide suprême.
Une communication depuis l’ombre qui fait réagir
Les déclarations de Khamenei n’ont pas tardé à susciter l’ironie des Iraniens. Nombreux sont ceux qui ont moqué le Guide suprême tentant de faire croire que l’Iran était sorti vainqueur de sa confrontation avec Israël et les États-Unis, alors que la réalité démentait ses propos.
« Ils ont annoncé depuis le quartier général que nous avions gagné – des gâteaux et des sandwichs ont été distribués sur toutes les places du pays », a ironisé un internaute, illustrant le décalage entre le discours officiel et la situation réelle.
Des moqueries sur l’isolement du dirigeant
L’absence prolongée de Khamenei des apparitions publiques n’a pas échappé aux citoyens iraniens. « Peut-être qu’il a honte de sortir de son trou », a lancé un utilisateur des réseaux sociaux, faisant référence à la réclusion du Guide suprême.
Un autre internaute s’est montré plus direct : « Ton QI est-il vraiment nul ou tu te mens simplement à toi-même ? » Cette question reflète l’exaspération d’une partie de la population face aux déclarations déconnectées de leur dirigeant.
La qualité technique du message critiquée
Au-delà du contenu, c’est également la forme qui a été pointée du doigt. Un citoyen a souligné les conditions précaires dans lesquelles le message avait été enregistré : « Il se trouve dans un endroit où il ne peut même pas utiliser une caméra convenable. »
« Pourquoi envoies-tu une vidéo ? Sors dehors pour ne pas mourir d’un manque de vitamine D », a ajouté un autre internaute, mêlant sarcasme et préoccupation sanitaire.
Un changement de rhétorique qui n’abuse personne
Les observateurs ont également relevé une modification notable dans le vocabulaire employé par Khamenei, perçue comme une tentative de se rapprocher du peuple et d’éviter les troubles sociaux.
« Sans vergogne – jusqu’à hier tu étais l’ennemi de l’histoire et de la culture iranienne. N’es-tu pas celui qui a ordonné d’effacer la dynastie achéménide des manuels scolaires ? », s’est indigné un utilisateur, rappelant les positions passées du Guide suprême concernant l’héritage perse pré-islamique.
Cette référence à la suppression de l’histoire achéménide des programmes scolaires illustre les tensions entre le régime théocratique et une partie de la population attachée à l’identité culturelle iranienne millénaire.
Une population qui exprime sa défiance
Ces réactions témoignent d’un fossé grandissant entre le pouvoir iranien et une partie significative de sa population. L’utilisation massive de l’ironie et de la dérision sur les réseaux sociaux révèle une forme de résistance pacifique face à un discours officiel perçu comme déconnecté de la réalité.
Les vidéos et caricatures d’animaux apeurés partagées massivement constituent une métaphore transparente de la situation du régime, contraint de communiquer depuis des abris souterrains tout en prétendant à la victoire.
L’Iran vient de voir s’effondrer en quelques jours quarante années d’investissements colossaux (plus de 1000 milliards de dollars) dans son programme nucléaire, rappelant étrangement le destin tragique de Korah dans la paracha de cette semaine. Ces deux exemples illustrent comment on peut tout perdre en un instant après des décennies d’efforts. Comment éviter ce piège destructeur qui nous guette tous ?
Par le Rav Yoav Aakriche
Cette réflexion explore les parallèles entre l’effondrement récent de l’Iran et la chute de Korah, montrant comment l’incapacité à lâcher prise sur des frustrations et des jalousies peut mener à la destruction totale. L’analyse révèle les mécanismes psychologiques qui nous poussent à gaspiller notre énergie dans des combats stériles, et propose des solutions pratiques basées sur la distinction entre ce qui peut être changé et ce qui doit être accepté. Le texte développe une approche spirituelle pour transformer notre regard sur les difficultés et cultiver la reconnaissance des miracles quotidiens.
Quand quarante ans d’efforts s’effondrent en une semaine
L’actualité nous offre un exemple saisissant avec l’Iran, qui après quatre décennies d’investissements estimés à des centaines de milliards de dollars dans son programme nucléaire, a vu ses capacités anéanties en quelques jours d’opérations militaires israéliennes. Cette situation fait écho au récit biblique de Korah, figure emblématique qui illustre comment on peut tout perdre par orgueil et jalousie.
Korah était pourtant un homme exceptionnel. Nos sages nous enseignent qu’il était l’un des porteurs de l’Arche sainte, issu de la tribu de Lévi, d’une famille prestigieuse. Il était immensément riche – d’où l’expression « riche comme Korah » – respecté et saint. Pourtant, la terre l’engloutit avec toute sa fortune et sa famille. Comment expliquer une telle chute ?
Cette question dépasse le cas de Korah et nous concerne tous. Combien de fois n’investissons-nous pas nos forces, notre temps, parfois notre argent, dans des entreprises vouées à l’échec ? Combien d’énergie perdons-nous dans des rancunes, des peurs ou des colères qui nous maintiennent prisonniers ?
L’injustice perçue qui consume tout
Nos sages expliquent que Korah était jaloux de la nomination d’Elitsafan ben Ouziel comme dirigeant de la tribu de Lévi. Faisant le calcul généalogique, Korah estimait que ce poste lui revenait de droit. Les frères de son grand-père étaient au nombre de quatre : Amram, Its’har, Hevron et Ouziel. Les fils d’Amram – Moché et Aharon – avaient reçu les fonctions les plus élevées, l’un comme dirigeant, l’autre comme Grand Cohen. Logiquement, pensait Korah, le fils d’Its’har (lui-même) devait recevoir le poste suivant, avant les descendants de Hevron et Ouziel.
Mais voilà qu’Elitsafan ben Ouziel, son cousin le plus jeune, fut choisi à sa place. Cette « injustice » devint une obsession qui consuma progressivement toute sa vie. Korah ne parvenait plus à voir les nombreux privilèges dont il jouissait, focalisé uniquement sur ce qu’il n’avait pas obtenu.
La spirale de l’amertume
Cette dynamique nous est familière. Quand nous ressentons une injustice, quand nous estimons être passés à côté de ce qui nous revenait, une spirale négative peut s’enclencher. Nous ruminons, accusons, développons des théories pour justifier notre ressentiment. Chez Korah, cela prit la forme de questions théologiques sophistiquées posées à Moché : « Si un vêtement est entièrement bleu, a-t-il encore besoin de franges bleues ? Si une maison est remplie de livres saints, a-t-elle encore besoin d’une mezouza ? »
Ces questions n’étaient que prétextes. Korah construisait un système intellectuel pour légitimer sa révolte, prétendant défendre les intérêts du peuple contre les « privilèges » de Moché et Aharon. Mais au fond, tout partait d’une jalousie personnelle qu’il n’arrivait pas à surmonter.
« Le matin, et D.ieu connaîtra qui est à Lui »
Face à la révolte de Korah, Moché répond par cette phrase énigmatique : « Demain matin, D.ieu fera connaître qui est à Lui et qui est saint. » Nos sages y voient plusieurs niveaux d’enseignement.
D’abord, Moché conseille d’attendre, de ne pas réagir dans l’émotion. « Dormez là-dessus », dit-il en substance. « Tant que nous sommes dans la colère et la frustration, nous risquons de commettre des erreurs irréparables. »
Mais surtout, Moché transmet à Korah un principe fondamental de sagesse : apprendre à distinguer entre ce qui peut être changé et ce qui ne le peut pas. Comme D.ieu a établi des limites dans la création – entre la lumière et l’obscurité, entre le jour et la nuit – Il a aussi établi des limites dans les rôles humains. Aharon a été choisi pour la prêtrise, c’est un fait qu’aucune révolte ne pourra modifier.
Le secret de l’acceptation active
Cette distinction entre l’inchangeable et le modifiable constitue, selon le philosophe Rabbi Chlomo Ibn Gabirol, « le commencement de l’intelligence ». Dans son ouvrage « Mivhar HaPninim », il écrit : « Le commencement de l’intelligence est de distinguer entre le possible et l’impossible, entre ce qui existe et ce qui ne peut exister. »
Cette sagesse se retrouve dans notre liturgie. Chaque samedi soir, nous récitons la Havdala dans la bénédiction « Ata Honantanou » de la prière d’Arvit, qui traite justement de l’intelligence. Car sans intelligence, impossible de faire des distinctions justes. L’intelligence véritable se manifeste par notre capacité à discerner ce sur quoi nous avons prise et ce qui nous échappe totalement.
L’exemple du roi David : savoir passer à autre chose
Le roi David nous offre un modèle puissant de cette sagesse dans le livre de Samuel. Après sa faute avec Bat-Chéva, le prophète Nathan lui annonce que l’enfant qui naîtra mourra. David se lance alors dans un jeûne et des prières intenses, refusant de manger, dormant à même le sol, pleurant et suppliant D.ieu de sauver l’enfant.
Ses serviteurs s’inquiètent, le suppliant de se nourrir, mais David refuse tout. Puis l’enfant meurt. Les serviteurs n’osent le lui annoncer, craignant sa réaction. Mais David comprend à leurs chuchotements ce qui s’est passé. Sa réaction les stupéfie : il se lève, se lave, s’habille et demande qu’on lui serve un repas.
Devant leur incompréhension, David explique : « Tant que l’enfant était vivant, j’ai jeûné et pleuré, car je me disais : ‘Qui sait ? Peut-être D.ieu aura-t-il pitié de moi et l’enfant vivra-t-il ?’ Mais maintenant qu’il est mort, pourquoi jeûnerais-je ? Puis-je le ramener ? C’est moi qui irai vers lui, mais lui ne reviendra pas vers moi. »
David illustre parfaitement cette capacité royale à distinguer les moments d’action des moments d’acceptation. Quand l’action était possible, il s’investissait totalement. Une fois la situation devenue irréversible, il acceptait et continuait à vivre.
Accepter la coexistence avec l’imperfection
Mais que faire quand nous savons intellectuellement qu’une situation ne peut être changée, tout en restant prisonniers de pensées obsessionnelles ? Un conducteur d’autobus partageait son expérience : face aux passagers bruyants ou irrespectueux, il avait le choix entre se battre constamment ou accepter que « la vie n’est pas parfaite » et continuer à conduire malgré les perturbations.
Cette approche ne signifie pas la passivité totale – parfois il faut effectivement intervenir – mais elle évite de gaspiller notre énergie dans des combats sans fin. Quand nous cessons de nous focaliser obsessionnellement sur ce qui nous dérange, nous permettons parfois à ces situations de se résoudre naturellement.
Cultiver une vision royale de l’existence
La véritable liberté vient de ce que les maîtres hassidiques appellent une « conscience royale ». Un roi sait investir son énergie là où elle peut porter ses fruits. Il ne se laisse pas paralyser par les obstacles ou les injustices, mais garde le cap sur sa mission.
Cette conscience royale naît de la reconnaissance des miracles quotidiens dans notre existence. Plus nous reconnaissons les bienfaits et les protections dont nous jouissons, plus nous développons une confiance intérieure qui nous permet de relativiser les difficultés.
Reconnaître les miracles contemporains
Notre époque nous offre des exemples spectaculaires d’intervention divine. Les récentes opérations militaires contre l’Iran ont dépassé « les scénarios les plus optimistes », selon les planificateurs eux-mêmes. Des centaines de missiles avec des tonnes d’explosifs sont tombés, causant parfois des dégâts matériels mais épargnant miraculeusement les vies humaines. Un missile s’abat sur un service médical évacué la veille. Ces « coïncidences » répétées dépassent les probabilités statistiques normales.
Mais nous avons tendance à noter rapidement ces miracles avant de passer à autre chose. « Baruch Hachem, quel miracle ! » disons-nous, puis nous reprenons le cours de nos préoccupations quotidiennes.
La méditation sur les bienfaits
Rabbi Yossef Kimhi, père du Radak, enseigne : « Le cœur du sage se tourne vers sa droite. » Plus nous nous concentrons sur les bontés que D.ieu nous accorde, sur le bien que la vie nous apporte, plus nous développons une conviction profonde que nous sommes destinés au bien, que nous méritons de réussir.
Cette orientation mentale crée un cercle vertueux. Les personnes qui reconnaissent constamment les bienfaits dans leur vie, même après avoir traversé des épreuves difficiles, rayonnent d’optimisme et progressent effectivement. À l’inverse, celles qui se focalisent sur leurs malheurs et injustices stagnent dans l’amertume.
L’effet pratique de la reconnaissance
Cette approche n’est pas un simple « pensée positive » superficielle. Elle transforme concrètement notre rapport à la réalité. Quand nous cultivons activement la reconnaissance, nous développons une résistance naturelle aux influences négatives. Les personnes qui se plaignent constamment ne trouvent plus d’écho chez nous, car nous évoluons sur une fréquence différente.
Un apiculteur expérimenté résumait ainsi sa philosophie de vie : « Sois toujours une abeille, jamais une mouche. Mets une mouche dans un jardin de roses, elle ira directement vers la plus petite poubelle. Mets une abeille dans un désert, elle trouvera la seule fleur pour en extraire du miel. »
Le message de Moché à Korah
Moché termine son intervention par ces mots : « C’est trop pour vous, fils de Lévi ! » Il rappelle à Korah tous ses privilèges : être choisi parmi le peuple d’Israël, habiter près du Sanctuaire, porter les objets sacrés. « N’est-ce pas suffisant que D.ieu vous ait rapprochés de Lui ? »
Le reproche est clair : comment un petit manque peut-il éclipser tant de bienfaits ? Comment une frustration peut-elle détruire une existence par ailleurs bénie ?
La leçon pour notre époque
Cette leçon résonne particulièrement à notre époque de miracles manifestes. Au lieu de nous laisser consumer par les aspects négatifs – aussi réels soient-ils – nous pouvons choisir de nous concentrer sur les signes d’espoir et de protection divine qui nous entourent.
Cela ne signifie pas ignorer les problèmes réels, mais refuser de leur accorder une place disproportionnée dans notre conscience. Comme l’enseigne l’Admour Hazaken dans le Tanya, quand des pensées parasites nous assaillent pendant la prière, nous pouvons les considérer comme un « étranger » qui fait du bruit dans la synagogue. Nous continuons notre prière sans nous laisser distraire.
Vers une transformation personnelle
La paracha de Korah nous invite à un examen de conscience. Où investissons-nous notre énergie mentale ? Dans la rumination de griefs anciens ou dans la construction de notre avenir ? Dans l’apitoiement sur ce qui nous manque ou dans la gratitude pour ce que nous avons reçu ?
Le choix nous appartient : être des abeilles qui trouvent le nectar même dans l’aridité, ou des mouches attirées par ce qui pourrit. Cette décision détermine non seulement notre bonheur personnel, mais aussi notre capacité à accomplir notre mission dans ce monde.
En reconnaissant et en célébrant les miracles quotidiens, nous nous alignons sur la fréquence divine de la bénédiction. Nous devenons des partenaires actifs dans la création d’un monde meilleur, en attendant le miracle ultime : la venue du Machia’h, bientôt et de nos jours.
La révolte de Korah contre Moïse révèle une vérité profonde sur la nature humaine : l’égalitarisme forcé peut paradoxalement créer les divisions les plus profondes. Cette controverse biblique illustre comment une vision déformée de l’unité mène à la destruction de ceux qui l’incarnent. L’analyse de cette tragique méprise nous enseigne que la véritable harmonie naît de la complémentarité des différences, non de leur négation.
D’après Likoutei Sih’ot, vol. 32
L’épisode de la révolte de Korah dévoile les mécanismes destructeurs d’une égalité mal comprise. Face aux revendications de Korah qui prônait un nivellement général – « toute la communauté est sainte » – Moïse répond par la métaphore du « Maalé Achane », l’encens qui s’élève. Cette image symbolise la beauté de la diversité dans l’unité : chaque élément a sa place unique et irremplaçable dans l’harmonie générale. Le châtiment différencié des rebelles – engloutissement pour les uns, consumation par le feu pour les autres – reflète cette réalité : l’égalitarisme forcé précipite chacun vers l’extrême opposé de sa nature véritable.
Deux groupes, deux destins
L’assemblée de Korah se divisait en deux factions distinctes. D’un côté, Korah lui-même avec sa famille, accompagnés de Dathan et Abiram. De l’autre, un groupe de 250 notables d’Israël, que la Torah décrit longuement pour souligner leur grandeur. Le Talmud (Sanhédrin 110a) les qualifie de « princes de l’assemblée », d’hommes particulièrement distingués, « convoqués aux assemblées », experts dans le calcul des années… « hommes de renom » qui jouissaient d’une réputation dans tout Israël.
Ces deux groupes subirent des châtiments différents : Korah et ses partisans furent engloutis par la terre qui s’ouvrit sous leurs pieds, tandis que les 250 chefs furent consumés par le feu lors de « l’épreuve des encensoirs », quand ils tentèrent de présenter leurs brûle-parfums dans le Tabernacle pour obtenir le feu céleste.
Un châtiment sur mesure
Quelle logique sous-tend ces punitions différenciées ? Pourquoi ne furent-ils pas tous engloutis ou tous consumés ensemble ?
Korah prônait l’égalité : « Toute la communauté, tous sont saints, et D.ieu est parmi eux ». Tous saints, tous justes, tous capables de communiquer avec D.ieu au même niveau. Les membres de la tribu de Dan peuvent s’adresser à D.ieu comme Moïse, tandis que Moïse devrait conduire un chariot comme la tribu de Dan. Pas de différences de statut, pas de distinctions de capacités entre les hommes.
Cependant, une unité factice génère les conflits les plus graves. Quand on rabaisse les grands et qu’on leur retire les capacités uniques que le Saint béni soit-Il leur a accordées, tout en élevant les petits et en leur attribuant des capacités sublimes qu’ils ne possèdent pas, on creuse le fossé entre les camps et on pousse chaque côté à se replier davantage sur lui-même.
La chute révèle la nature profonde
Les protagonistes vils de la controverse de l’assemblée de Korah tombèrent profondément dans la terre, encore plus bas que leur position initiale. Tandis que les grands hommes, comme les chefs de l’assemblée, furent consumés par le feu et s’élevèrent vers le haut, plus haut que leur état initial.
« Unité » ne signifie pas « uniformité ». Elle ne cherche pas à annuler les contrastes ni à égaliser les rôles, mais au contraire : elle est fusion des opposés. Elle est création d’une collaboration fructueuse entre les différentes capacités et talents. L’un est la tête qui détermine la direction, l’autre les jambes qui conduisent le corps vers l’objectif, et le troisième les mains qui concrétisent l’action.
La beauté dans la diversité
Le livre du Zohar rapporte que Moïse répondit à Korah par l’argument du « Maalé Achane » – une herbe aromatique que le Grand Prêtre ajoutait au mélange d’encens le jour de Kippour, et qui faisait s’élever le feu vers le haut de belle manière. Dans un sens plus profond, l’encens « Maalé Achane » symbolisait l’élévation de toute la création en ce jour sublime : le mot « Achane » forme l’acronyme des composantes centrales de la création : « Olam (monde – lieu), Chana (année – temps), Nefech (âme – homme) ».
Le jour de Kippour, ces trois niveaux se rencontraient : « le Grand Prêtre d’entre ses frères » (âme) se tenait dans le lieu le plus saint du monde – au Temple de Jérusalem (monde), au moment le plus saint de l’année – le jour de Kippour (année). C’est pourquoi le prêtre fait monter l’encens « Maalé Achane », pour symboliser l’élévation de tout « l’Ach-a-ne ».
L’harmonie des complémentaires
Moïse dit à Korah : vois, toute l’existence repose sur la diversité et les différences. Il n’y a qu’un seul Grand Prêtre, une seule Jérusalem et un seul jour de Kippour. Tous les hommes ne sont pas Grands Prêtres, toutes les villes ne sont pas Jérusalem et tous les jours ne sont pas le jour de Kippour.
La beauté de la vie réside précisément dans sa diversité : le Grand Prêtre a besoin de nombreux Israélites qui se tiennent derrière lui dans la prière ; Jérusalem vit et se maintient grâce à la collaboration avec les habitants de l’extérieur ; et le jour de Kippour n’est que le point culminant de tous les jours ordinaires de l’année.
Les forces de sécurité iraniennes ont découvert des équipements électroniques sophistiqués abandonnés dans le désert occidental, témoins d’une opération commandos du Mossad qui a détruit plusieurs batteries de missiles sol-air. Le directeur du Mossad, David Barnea, savourait le succès de ses réformes révolutionnaires qui ont transformé l’agence de renseignement israélienne. Cette opération illustre parfaitement la nouvelle doctrine opérationnelle mise en place depuis 2021.
Cet article révèle comment des commandos du Mossad ont mené des opérations spectaculaires sur le sol iranien, détruisant des systèmes de défense antiaérienne avant de disparaître sans laisser de traces. Ces missions s’inscrivent dans une transformation profonde de l’agence de renseignement israélienne sous la direction de David Barnea, qui a révolutionné les méthodes opérationnelles depuis son arrivée en 2021.
Des équipements abandonnés révèlent l’ampleur de l’opération
Dans les étendues désertiques de l’ouest de l’Iran, les agents de sécurité iraniens ont fait une découverte stupéfiante. Près d’une batterie de missiles sol-air détruite quelques heures plus tôt, ils ont trouvé plusieurs systèmes électroniques sophistiqués complètement abandonnés.
L’inventaire était impressionnant : deux lanceurs de missiles « Gil », une caméra thermique, un dispositif de communication longue portée et de nombreuses batteries haute puissance. Les lanceurs étaient vides de leurs missiles et l’appareil de communication avait été détruit par une explosion interne programmée.
« Il ne s’agissait que d’une seule des plusieurs cellules de commandos du Mossad qui avaient déployé des systèmes opérationnels d’armement guidé de précision dans les zones ouvertes proches des emplacements des systèmes de missiles sol-air iraniens », explique une source sécuritaire.
Une coordination parfaite avec l’aviation israélienne
L’opération révèle une sophistication tactique remarquable. Au début de l’attaque, en parallèle des frappes de l’aviation israélienne, les systèmes et missiles de précision ont été activés et dirigés simultanément vers leurs cibles respectives.
Pendant que les responsables sécuritaires iraniens tentaient de comprendre ce qui leur arrivait, David Barnea se trouvait dans un centre de commandement sécurisé souterrain en Israël, se frottant les mains de satisfaction. Le directeur du Mossad savait que la réforme qu’il avait lancée en juin 2021, immédiatement après sa prise de fonction, avait porté ses fruits.
La révolution Barnea au sein du Mossad
Cette réforme a fondamentalement changé l’ADN du Mossad et a fait l’objet de critiques acerbes à l’époque. « David a mené une révolution au sein de l’organisation, dont l’expression la plus frappante fut cette frappe d’ouverture en Iran », confie un ancien agent du Mossad.
Sous la direction de Barnea, le Mossad – officiellement « l’Institut pour le renseignement et les missions spéciales » – a franchi une nouvelle étape. L’organisation de renseignement, traditionnellement créée uniquement pour la collecte de renseignements et l’exécution d’opérations secrètes, est devenue partie intégrante du « bras de fer » d’Israël.
Une implication sans précédent dans les opérations militaires
Cette transformation s’est manifestée à travers plusieurs domaines : l’implication profonde dans les négociations pour la libération des otages, l’opération des bipeurs et l’élimination de dirigeants, jusqu’à cette frappe d’ouverture en Iran.
« Quand on examine l’histoire des guerres, il est exceptionnel qu’une organisation de renseignement prenne une part si dramatique dans un conflit », s’enthousiasme une source qui connaît de l’intérieur les opérations du Mossad ces derniers mois. « Ce que nous avons vu ici est historique. »
Des critiques sur les méthodes opérationnelles
Malgré ces succès spectaculaires, des critiques émergent de la part d’anciens hauts responsables du système sécuritaire qui connaissent parfaitement les plans d’attaque contre l’Iran et la conduite générale de la guerre.
Ces critiques portent notamment sur l’approche du Mossad et de son directeur concernant le Qatar et le Hamas dans le cadre des négociations pour la libération des otages. Elles concernent également la volonté de l’organisation d’exécuter rapidement des opérations du Mossad, avant que d’autres corps, selon leurs dires, ne soient préparés à y répondre et à y faire face de manière optimale.
La rapidité d’exécution, bien qu’impressionnante sur le plan opérationnel, soulève des questions sur la coordination interagences et la gestion des conséquences politiques et militaires à long terme.
L’évolution du rôle du renseignement israélien
Ces opérations marquent une évolution significative dans la doctrine israélienne de sécurité nationale. Le Mossad ne se contente plus d’un rôle de soutien mais devient un acteur opérationnel direct, capable d’infliger des dommages considérables aux capacités ennemies.
Cette transformation reflète les défis sécuritaires contemporains d’Israël et la nécessité d’adapter les outils de renseignement aux réalités du conflit moderne. L’intégration des capacités du Mossad dans l’effort de guerre global représente une innovation tactique majeure dans l’histoire du conflit au Moyen-Orient.
Le projet de construction d’une réplique exacte du célèbre bâtiment du 770 Eastern Parkway de Brooklyn à Jérusalem a défié toutes les règles urbanistiques locales. Cette aventure extraordinaire, racontée par son initiateur même, le Rav Yossef Its’hak Havlin, révèle comment la détermination spirituelle peut parfois surmonter les obstacles bureaucratiques les plus insurmontables. Entre miracle bureaucratique et prouesse architecturale, ce témoignage de première main illustre la puissance de la foi face à l’impossible.
Le Rav Yossef Its’hak Havlin, Rav de la communauté Habad de Ramat Shlomo à Jérusalem, nous livre le récit fascinant de son projet audacieux : construire une réplique parfaite du 770 de Brooklyn en Terre Sainte. Son témoignage, empreint d’émotion et de détails techniques, retrace l’histoire depuis l’acquisition historique du bâtiment original par le sixième Rabbi de Loubavitch en 1940, jusqu’à la réalisation miraculeuse de cette reproduction fidèle à Jérusalem, malgré l’interdiction formelle d’utiliser des briques rouges dans la construction locale. Ce récit personnel révèle comment une série d’événements providentiels ont transformé l’obstacle réglementaire en validation officielle.
L’épopée du 770 original à Brooklyn selon le Rav Havlin
Les circonstances de l’acquisition providentielle
« Laissez-moi vous raconter l’histoire extraordinaire de ce bâtiment, » commence le Rav Havlin avec passion. « En 1940, lorsque le sixième Rabbi de Loubavitch, Rabbi Yossef Its’hak Schneersohn, arrive à New York après les terribles persécutions subies en Russie soviétique, les anciens hassidim, particulièrement les plus âgés d’entre eux, souhaitaient ardemment qu’il s’installe à Lakewood. »
Le Rav Havlin explique leur raisonnement avec empathie : « Ils voulaient lui offrir la tranquillité après tant d’épreuves, un endroit paisible où il n’aurait pas à tout reconstruire depuis zéro. Mais le Rabbi refuse catégoriquement. Il déclare avec une détermination qui nous émeut encore aujourd’hui : ‘Dans cinq minutes, je serai assis. Je viendrai à New York, c’est à New York que je résiderai, nulle part ailleurs.' »
Cette décision révolutionnaire trouve son explication dans la vision prophétique du Rabbi : « Il aimait énormément Crown Heights. À l’époque, Crown Heights était un quartier conservateur, sans aucune présence orthodoxe. Le Rabbi déclare : ‘C’est là que je veux vivre, c’est ici que je veux résider.' »
Un bâtiment au passé singulier révélé par le Rav Havlin
« Savez-vous ce qu’était ce bâtiment avant notre arrivée ? » interroge le Rav Havlin avec un sourire. « C’était une clinique médicale, un centre de soins pour femmes. Un médecin juif avait construit ce bâtiment et l’avait aménagé avec beaucoup de raffinement, investissant à l’époque la somme considérable de 200 000 dollars. »
Le récit prend une tournure dramatique : « Mais ce médecin a commis des actes illégaux. Il a eu des procès, on l’a mis en prison – c’était un juif, soit dit en passant. Ce médecin qui résidait ici a fini par vendre le bâtiment au mouvement Loubavitch. »
Le Rav Havlin révèle alors les chiffres stupéfiants : « Savez-vous combien nous avons payé ? 30 000 dollars ! Imaginez : il avait investi 200 000 dollars, et nous l’avons acquis pour 30 000 dollars comptant. Il fallait apporter 5 000 dollars – l’équivalent aujourd’hui du prix d’un billet d’avion pour Israël – et nous avons acheté le bâtiment avec un prêt hypothécaire de 20 ans, à raison de 1 600 dollars par an. »
La transformation en centre spirituel selon le témoin
« Ce bâtiment convenait parfaitement au Rabbi, » poursuit le Rav Havlin, « car le Rabbi souhaitait qu’il y ait un ascenseur. Il avait déjà des difficultés à marcher, surtout dans New York, et il voulait donc ce bâtiment. Il l’achète et s’y installe. »
Le Rav Havlin souligne l’importance historique : « Maintenant, je veux vous dire quelque chose d’important : quand nous avons commencé à construire notre bâtiment et que nous cherchions ces briques spéciales… Si vous observez attentivement, vous verrez plusieurs couleurs différentes, et c’est authentique, le plus précis au monde. »
Le projet impossible : le témoignage personnel du Rav Havlin
La naissance d’une vision audacieuse
« L’idée de construire le 770 ne vient pas de moi au départ, » confie humblement le Rav Havlin. « Il y avait Rabbi Shlomo Cunin – peut-être en avez-vous entendu parler – de Los Angeles. Il voulait faire un 770, alors il se rend à New York pour demander au Rabbi. Mais avant d’entrer chez le Rabbi, il rencontre la Rabbanit. »
Le récit prend une dimension prophétique : « Il entre, pose la question à la Rabbanit : il veut faire un 770, alors peut-il demander au Rabbi ? Elle lui répond : ‘Tu n’as pas besoin de demander au Rabbi. Le Rabbi aime beaucoup tout ce qui concerne le 770. Alors construis.’ Avant même qu’il ne demande, comme la Rabbanit le lui avait dit, cela commença avec la Rabbanit qui dit : ‘Construis, car c’est ce que le Rabbi aime.' »
L’obsession de la précision selon le Rav Havlin
« Quand j’ai pris sur moi d’essayer de reproduire le bureau du Rabbi, » avoue le Rav Havlin avec émotion, « je ne savais pas à quel point c’était compliqué, à quel point c’était complexe. Je voulais que ce soit le plus précis possible au monde. »
Son témoignage révèle l’ampleur du défi : « Je pense qu’au monde, il n’y en a que deux qui ont fait comme le bureau du Rabbi : il y a celui de Kfar Habad et il y a nous. Mais devinez qui était le premier ? Ce n’est pas le bureau du Rabbi de Kfar Habad ! Nous avons été les premiers. Le bureau de Kfar Habad est une copie d’ici, nous sommes une copie de New York. »
La recherche de l’authenticité devient une quête personnelle : « Nous avons cherché ces briques dans toute l’Europe. J’étais en Italie, j’étais en Angleterre, je n’ai pas trouvé. J’ai voyagé à New York, et il s’est avéré que je l’ai acheté à 10 blocs du 770 ! Il y a là-bas un endroit – ceux qui connaissent savent qu’il y a là une grande rue où tout est fait de ces briques, et il y a trois types de briques. »
La reconstitution parfaite du bureau sacré
« Vous pensez tous que Habad a construit pour le Rabbi un beau bureau avec beaucoup de mobilier, avec des bois, avec tout, » observe le Rav Havlin avec un sourire. « Le Rabbi n’a fait aucun changement dans ce bureau, rien du tout ! C’était celui du docteur, c’était le bureau du médecin qui avait construit le 770 pour sa clinique. C’était son bureau, et cette table était à lui, et cette chaise était à lui. »
Cette révélation souligne l’authenticité spirituelle : « Donc, ils n’ont fait aucun changement au 770, et c’est pourquoi nous aussi, nous avons cherché à faire que ce soit exactement, exactement, exactement pareil. Alors faites attention : tous ces bois, toutes ces choses, nous avons envoyé un architecte à New York qui a photographié, mesuré et fait toutes les choses du monde. »
L’anecdote du lustre révélatrice
Le Rav Havlin partage une anecdote touchante : « Vous voyez le lustre ? Il est très simple, c’est un morceau de fer, il n’a rien de spécial, mais nous voulions faire comme là-bas. Celui qui l’a fait a pris 100 heures pour réaliser cette chose. Et sur ce lustre, il y a une histoire. »
« Un des hassidim entre un jour chez le Rabbi en audience privée et dit au Rabbi : ‘Quel lustre y a-t-il dans le bureau ! Ce n’est pas beau, ce n’est pas… Je veux acheter un cadeau au Rabbi, lui acheter un très beau lustre.’ Alors le Rabbi lui répond : ‘Ce bureau, je l’ai reçu du Rabbi précédent, alors vais-je changer, vais-je faire autre chose ? Tout ce que tu vois ici, je l’ai reçu du Rabbi précédent, je ne ferai aucun changement, rien du tout.' »
L’obstacle réglementaire insurmontable : le défi personnel
Les lois urbanistiques de Jérusalem selon l’expert
« Maintenant, vous savez tous que quiconque voit le bâtiment construit en briques… à Jérusalem, on ne peut pas construire avec des briques. Vous le savez ? On ne peut pas, » affirme catégoriquement le Rav Havlin. « Alors tout le monde pose la question : comment avez-vous construit avec des briques ? Comment avez-vous reçu l’autorisation de construire un bâtiment avec des briques ? C’est quelque chose qui non seulement n’est pas autorisé, ce n’est pas seulement une loi d’Israël, c’est une loi des Anglais, des Turcs, avant qu’Israël n’arrive ici, avant 1948. On ne peut construire à Jérusalem qu’en pierre naturelle, pas en briques. »
Le refus catégorique des professionnels
« Je veux vous raconter ce qui s’est passé – un véritable miracle, ce qu’on appelle une histoire du Baal Shem Tov, quelque chose qui n’est pas compréhensible jusqu’à maintenant, » annonce mystérieusement le Rav Havlin.
« Quand nous voulions construire le 770, j’ai dit à l’architecte que je voulais construire le 770. Il me dit : ‘Pas question ! Tu ne peux pas construire avec des briques, il n’y a rien de tel au monde. Si moi, de Jérusalem, je leur dis de construire avec des briques, ils nous jetteront par les escaliers. Il n’y a rien de tel.' »
La stratégie risquée : « Qu’est-ce qu’on fait ? Je lui ai dit : ‘Mais je dois absolument que ce soit le 770, cela ne m’intéresse pas.’ Nous avons pensé que nous n’écririons pas sur les plans que ce sont des briques rouges. Nous écrirons comme si c’était des pierres sculptées, mais de la même forme que le 770 : clochers, murs et fenêtres, la même chose. »
Le miracle bureaucratique : témoignage de première main
La dénonciation et ses conséquences
« Entre-temps, les opposants ont appris qu’on allait construire ici avec des briques du 770, » raconte le Rav Havlin. « Quelqu’un qui travaillait ici me dit que chez les opposants, on dit que ‘le Rav Havlin pense qu’il va construire le 770, il n’y arrivera pas. Nous ferons en sorte qu’il ne construise pas le 770.' »
« Et ils sont allés à la mairie, ils leur ont dit : ‘Écoutez ce qui se passe ici, Habad va construire des briques rouges.’ Ils n’avaient pas encore vu cela, mais c’était dans des conteneurs ici en bas, et je ne savais rien de tout cela. »
La nuit de prière décisive
« Après Roch Hachana, est arrivé le mois d’Eloul, le moment de construire les briques. J’ai voyagé une nuit chez le Rabbi – une nuit aller-retour, j’ai voyagé pour prier que les briques réussissent, que nous réussissions à construire avec des briques, et je ne savais rien de ce qui se passait. »
L’intervention providentielle révélée
« Après Souccot, il y avait ici une joie d’inauguration d’un Sefer Torah. Le vice-maire s’approche de moi et me dit : ‘Tu connais la maxime du Baal Shem Tov : ‘Il fait des merveilles, Lui seul, car Sa bonté est éternelle’ ? Il dit qu’parfois le Saint béni soit-Il fait des miracles à quelqu’un et il ne le sait même pas. Il le fait tout seul, sans que personne ne s’en aperçoive.' »
« Il me dit : ‘Tu ne sais pas quels miracles tu as eus.’ Je lui dis : ‘Quoi, qu’est-ce qui s’est passé ?’ Alors il me raconte. »
La réunion décisive à la mairie
Le Rav Havlin rapporte les paroles exactes du vice-maire : « Le conseiller juridique de la mairie arrive – vous savez ce qu’est un conseiller juridique ? Il vient et ils étaient assis, le maire et lui, il vient et dit : ‘Messieurs, je veux poser une question. J’ai reçu sur cette table une information qu’on va construire quelque chose avec des briques rouges à Jérusalem la sainte. Comment ? Alors je me suis dit que ce ne pouvait pas être. Je suis allé regarder les plans et j’ai vu qu’il était écrit qu’il y avait une autorisation là-dessus, et il était écrit là des briques rouges et tout. Alors je veux comprendre de vous, dites-moi comment c’est arrivé, comment vous avez donné une autorisation pour cela ?' »
La justification miraculeuse
« Alors le maire aussi s’est rendu compte qu’il était dans un problème difficile. Il est religieux, il est en fait des opposants mais il est proche de Habad. Alors il se reprend et lui dit : ‘Attends, attends, attends, tu acceptes Habad ?’ Il dit oui. ‘Alors qu’est-ce que c’est, cette chose, comment avez-vous donné l’autorisation pour une telle chose ?' »
« Alors il dit : ‘Oh ! ne demande pas. Habad est arrivé et a expliqué qu’il fallait faire une telle chose à Jérusalem. Jérusalem, c’est la capitale du peuple d’Israël, c’est la capitale de l’État, de la Terre d’Israël. Il faut un symbole pour chaque hassidisme, pour chaque courant du judaïsme. Il faut qu’il y ait quelque chose qui donne le symbole.' »
L’erreur miraculeuse révélée par l’architecte
Le Rav Havlin révèle alors le mystère : « Comment était-ce écrit dans les plans que c’étaient des briques rouges ? Nous avions convenu avec l’architecte d’apporter les plans sans briques ! Qu’est-ce qui s’est passé ici ? »
« J’appelle le designer et je lui dis : ‘Pourquoi as-tu écrit ‘rouges’ ? Tu avais dit que tu n’écrirais pas !’ Il me dit : ‘Rav Havlin, va dormir, tu dis n’importe quoi, nous n’avons pas écrit ‘rouges’ et il n’est pas écrit ‘rouges’, tu rêves.' »
« Je lui dis : ‘Regarde, je tiens les plans et je vois que tout est écrit rouge et rouge et rouge et briques.’ ‘Laisse-moi tranquille, ce n’est pas possible, ce n’est pas possible.’ Après, il me dit : ‘Tu sais quoi, moi aussi j’ai les plans dans mon dossier, je vais aller regarder.’ Il regarde, ouvre cela et voit que j’ai raison, tout est écrit briques rouges et tout. Il devient fou : ‘Comment est-ce possible ?' »
La révélation de Matityahou
« Alors il crie : ‘Matityahou !’ Il y a quelqu’un qui travaille là qui s’appelle ainsi. Il lui dit : ‘Matityahou, qu’est-ce que tu as fait ? Je t’avais dit de ne pas écrire ‘briques’, de ne pas écrire ‘briques rouges’, de ne rien écrire. Qu’est-ce que tu as fait ?' »
« Il répond : ‘Tu m’as dit, tu m’as montré un bâtiment du 770 à New York, tu m’as montré un bâtiment du 770 en Israël à Kfar Habad, tu m’as dit que je ferais les mêmes plans et que je les enverrais à la mairie, et tu ne m’as pas dit que cela devait être blanc, tu ne me l’as pas dit. Alors j’ai écrit rouge comme tu me l’avais montré.' »
La confirmation mystique
« C’est pourquoi, quand ils ont ouvert cela, ils ont vu qu’il était écrit rouge, et personne ne savait rien. Un juif s’est approché de moi – l’un des résidents ici qui était au centre commercial Malha et il posait les Tefillin. Quelqu’un s’approche de lui et lui dit : ‘Dis au Rav Havlin que je m’appelle Matityahou, transmets-lui mes salutations, grâce à moi vous avez votre autorisation.’ Il avait posé les Tefillin. ‘Dis-lui mes salutations, c’est grâce à moi.' »
Un symbole lumineux pour Jérusalem : l’accomplissement
L’éclairage municipal selon le Rav Havlin
« Vous savez qui donne la lumière sur le 770 toute la journée ? Il y a de la lumière sur le 770 d’ici la nuit, et il y a de la lumière sur le 770 d’ici. Qui donne cela ? La municipalité le donne, c’est connecté à l’électricité de la ville, comme il y a de la lumière dans la rue, c’est connecté à la rue, et ils donnent la lumière aussi devant, aussi derrière, et à leurs frais. »
« Et non seulement à leurs frais, ils ont aussi fait ces projecteurs, ils ont tout fait. Et jusqu’à ce jour, nous ne savons rien, seulement quand quelque chose se gâte, on appelle la mairie : ‘S’il vous plaît, il y a un problème.’ Alors ils doivent réparer cela. Et c’est la municipalité de Jérusalem qui donne la lumière sur le 770 des deux côtés. »
L’impact spirituel selon le témoin
« Un juif m’a dit ici, qui habite à Sanhedria Murchevet, en face du bâtiment, en face du 770 – pas un hassid de Habad, il ne sait pas – il dit : ‘J’ai l’impression que quand je prie, je prie en direction du 770.’ C’est exactement l’opposé du Mont du Temple. Le Mont du Temple, c’est là-bas. »
L’héritage spirituel selon le Rav Havlin
« Maintenant, nous devons comprendre ce bureau que nous regardons, ce qui s’est passé dans ce bureau, » conclut solennellement le Rav Havlin. « Il faut méditer : le Rabbi était assis ici jour et nuit, le Rabbi a reçu ici en audiences privées, le Rabbi a étudié ici, le Rabbi a écrit les discours, le Rabbi a écrit les ma’amarim (enseignements hassidiques). »
« Toutes les bénédictions et toutes les directives du Rabbi proviennent de ce lieu saint. Là-bas, je ne dis pas ici – ici, c’est seulement une copie, c’est quelque chose de similaire. Mais les gens entrent ici… Des gens viennent ici, des étudiants de Torah, des écoles entrent ici, écrivent des demandes, les mettent dans les livres du Rabbi, mettent les demandes avec sérieux, et c’est très intéressant que nous ayons mérité, béni soit D.ieu, de faire une telle chose, qui a de cela la lumière qui sort vers tous les lieux. »
Cette réalisation exceptionnelle, racontée avec passion par son initiateur, témoigne de la façon dont la foi, la détermination et la Providence divine peuvent transformer l’impossible en réalité tangible, créant un pont spirituel permanent entre Brooklyn et la Ville sainte.
Des décennies après la campagne inoubliable « Terre d’Israël en danger », les jeunes de l’association Habad lancent une campagne identique, cette fois avec un message encourageant et renforçant. Au cœur de l’opération se trouvent l’élargissement de la campagne Tefilines, de la campagne Mezouzot, de la campagne Tsedaka et la distribution de stands de Tehilim.
Les jeunes Habad ont annoncé une campagne nationale spéciale intitulée « Terre d’Israël en sécurité ! », reprenant le design de la célèbre campagne Habad des années d’Oslo « Terre d’Israël en danger ! ». Cette nouvelle initiative, menée par 1400 émissaires du Rabbi à travers le pays et la division des forces de sécurité des jeunes Habad sous la direction du Rav Menahem Ofen, comprend une expansion significative des campagnes sacrées du Rabbi : Tefilines, Mezouzot et Tsedaka, ainsi que la distribution de stands de Tehilim dans les bâtiments.
Une campagne d’action spirituelle renforcée
Dans le cadre de cette nouvelle campagne, les organisateurs prévoient une extension substantielle des missions sacrées établies par le Rabbi de Loubavitch. **La campagne Tefilines bénéficie d’une attention particulière**, avec des démarches auprès des entreprises pour l’installation de stands de Tefilines, la mise en place et la gestion de nouveaux points, ainsi que la mise à jour du site national des emplacements.
« Une subvention spéciale sera accordée pour les stands de Tefilines à installer dans les entreprises et bureaux », précise l’organisation. Un bonus particulier sera également attribué à ceux qui mettront à jour le nom de l’entreprise et son emplacement dans la base de données.
Distribution de Tehilim et renforcement de la Tsedaka
L’innovation de cette campagne réside aussi dans **la distribution de stands de Tehilim dans les bâtiments**, accompagnée d’un encouragement à la récitation des Psaumes et au don de Tsedaka. Les organisateurs proposent une subvention spéciale pour l’acquisition du kit « Tehilim quotidien », comprenant les pages de Psaumes dans un présentoir prospectus élégant avec une boîte de Tsedaka.
Parallèlement, **les émissaires intensifieront la campagne Mezouzot**, encourageant le peuple d’Israël à se renforcer dans la pose de Mezouzot de qualité à chaque entrée, ainsi que dans la vérification des Mezouzot auprès de scribes de Sefer Torah certifiés, pour protéger et renforcer la sécurité personnelle.
Un message d’espoir après les épreuves
Le Rav Yossef Its’hak Aharonov, président des jeunes Habad, explique la motivation derrière cette initiative : « Les deux dernières semaines ont démontré à tout le peuple d’Israël à quel point la Terre sainte – toujours sous les yeux de D.ieu notre D.ieu – l’est de la manière la plus divine qui soit. »
**Cette déclaration fait écho aux récents événements sécuritaires** qui ont marqué le pays, transformant une période d’inquiétude en moment de reconnaissance spirituelle. « La nouvelle campagne apportera un élan d’action et exploitera l’état d’éveil pour le renforcement dans l’observance de la Torah et des commandements, comme l’a enseigné le Rabbi », ajoute-t-il.
Une mobilisation à l’échelle nationale
L’ampleur de cette campagne se mesure par **l’implication de 1400 émissaires** répartis sur l’ensemble du territoire, coordonnés par la division des forces de sécurité des jeunes Habad. Cette structure organisationnelle permet une couverture optimale et assure la diffusion du message dans toutes les communautés.
La campagne s’inscrit dans la continuité des enseignements du Rabbi de Loubavitch, tout en s’adaptant au contexte actuel. Là où la campagne précédente alertait sur les dangers, celle-ci célèbre la protection divine et encourage l’action spirituelle positive.
Cette initiative des jeunes Habad illustre comment les mouvements religieux adaptent leurs messages aux circonstances contemporaines, transformant les défis en opportunités de renforcement spirituel et communautaire.
Trois récits extraordinaires révèlent la philosophie révolutionnaire du grand maître talmudiste. Le Rav Meir Klein dévoile comment le Rav Adin Steinzaltz transformait les situations les plus délicates en opportunités d’apprentissage. Une vision qui place l’humain au cœur de la pratique religieuse.
Le Rav Meir Klein partage trois anecdotes marquantes illustrant l’approche unique du Rav Adin Steinzaltz face aux défis religieux du quotidien. Ces récits, allant du Kidouch sur pain aux funérailles d’un chien, en passant par un cours à l’Institut Van Leer, révèlent une philosophie où la Torah doit s’adapter aux réalités humaines plutôt que l’inverse.
Le Kidouch sur pain : pragmatisme et pédagogie
Dans un campus universitaire américain, le Rav Klein se trouvait confronté à un dilemme. Chargé d’effectuer le Kidouch du vendredi soir devant 180 étudiants, il ne pouvait utiliser de vin dans la cafétéria casher qui servait également une population musulmane. « Je cachais du vin dans une bouteille de jus de raisin », confie-t-il.
Consulté sur cette situation délicate, le Rav Steinzaltz apporta une réponse surprenante : « Pourquoi ne pas faire le Kidouch sur les ‘hallots ? C’est exactement la même chose sur le plan halakhique. »
Mais la véritable leçon vint ensuite. « Il y a même un avantage », expliqua le maître. « Ces jeunes vont se disperser partout dans le monde. Certains se retrouveront dans des endroits reculés sans infrastructure juive. S’ils savent qu’on peut faire le Kidouch sur le pain, cela pourra résoudre bien des problèmes. »
Cette réflexion révèle la vision pédagogique profonde du Rav Steinzaltz : anticiper les besoins futurs de chaque individu et leur donner les outils pour maintenir leur lien avec la tradition.
Le Kaddich pour un chien : compassion et créativité
Yoel, enseignant dans une école pluraliste, reçut un jour la visite d’un élève endeuillé. Son chien venait de mourir et le jeune homme souhaitait réciter le Kaddich en sa mémoire. Face à cette demande inhabituelle, Yoel consulta le Rav Steinzaltz.
La réponse fut inattendue : « Récitez le chapitre du ‘Perek Shira’ consacré aux chiens. » Ce texte mystique décrit le chant unique de chaque créature dans l’univers.
« Le principe du Kaddich », expliqua plus tard le Rav, « c’est de continuer sur la voie de celui qui nous a quittés, de combler le vide qu’il laisse. Il faut maintenant dire le chant que le chien ne peut plus prononcer. »
Cette approche révolutionnaire transformait un moment de détresse en opportunité d’enseignement sur la place de chaque être dans la création divine.
L’amateur de porc du Chabbat : transformer la transgression en observance
À l’Institut Van Leer de Jérusalem, le Rav Steinzaltz donnait des cours réguliers. Un jour, il interpella un membre du personnel qui n’y assistait jamais. « Je ne suis pas concerné par ces sujets », répondit l’homme. « Pour que vous compreniez à quel point je suis éloigné de tout cela, sachez que je mange du porc tous les Chabbats. »
« Vraiment, tous les Chabbats ? », s’enquit le Rav. « Pourquoi pas en semaine ? » « Je n’ai pas le temps en semaine, je suis trop occupé. Le Chabbat, j’ai du temps libre. »
La réponse du Rav fut magistrale : « Il y a une Mitsva dans la Torah : ‘Souviens-toi du jour du Chabbat pour le sanctifier.’ Cette Mitsva consiste à faire des choses spéciales en l’honneur du Chabbat. Je n’aurais pas choisi cette méthode, mais vous devez savoir qu’en agissant ainsi, vous accomplissez peut-être cette Mitsva. »
Cette interaction eut deux conséquences inattendues : l’homme se mit à fréquenter les cours et fit un don généreux à la yeshiva.
Une philosophie révolutionnaire
Ces trois récits illustrent l’approche unique du Rav Steinzaltz, résumée parfaitement par le Rav Klein : « Là où la réaction habituelle d’un orthodoxe classique serait de se crisper ou de chercher l’interdiction, la réaction du Rav était inverse à 180 degrés. »
Cette philosophie s’enracine dans un passage du ‘Tanna Devei Eliyahou’ que le Rav citait souvent. Interrogé sur la priorité entre la Torah et Israël, le prophète Élie répond : « Les gens disent que la Torah précède, mais moi je dis qu’Israël précède, car il est écrit : ‘Saint est Israël pour l’Éternel, prémices de sa récolte.' »
Pour le Rav Steinzaltz, cette priorité accordée au peuple juif signifiait qu’il fallait adapter la Torah aux réalités humaines plutôt que forcer les individus à s’adapter à une pratique rigide.
Un héritage vivant
« La question n’est pas de savoir comment amener le peuple juif vers la Torah, mais comment amener la Torah vers le peuple juif », souligne le Rav Klein. « Il faut penser de manière créative pour atteindre chaque Juif là où il se trouve, avec ses préoccupations, son univers conceptuel, et trouver comment établir ce lien de manière surprenante, non conventionnelle. »
Cette approche révolutionnaire continue d’inspirer ceux qui œuvrent pour maintenir le lien entre tradition et modernité. Elle rappelle que la grandeur d’un maître ne se mesure pas seulement à sa connaissance, mais à sa capacité à voir D.ieu dans chaque situation humaine et à y répondre avec créativité et compassion.
L’héritage du Rav Steinzaltz nous enseigne qu’au-delà des règles et des textes, la Torah est avant tout une sagesse vivante qui doit toucher le cœur de chaque individu, où qu’il se trouve sur son chemin spirituel.
La sagesse divine transcende totalement nos capacités de compréhension et ne peut être appréhendée par aucun concept intellectuel humain. Cette analyse révèle pourquoi nos tentatives de définir D.ieu par des attributs comme la sagesse constituent une erreur fondamentale de catégorie. La démonstration montre que même nos facultés les plus élevées restent inadéquates face à l’essence divine infinie.
Cette exploration du Tanya étudie la différence abyssale entre la perception humaine limitée et la réalité divine infinie. L’explication révèle pourquoi il est inapproprié d’attribuer à D.ieu des qualités intellectuelles comme la sagesse, même de manière élevée, car cela revient à appliquer des catégories humaines à ce qui les transcende totalement. La clarification explique également pourquoi la Torah utilise néanmoins ces termes pour décrire D.ieu.
L’erreur de catégorie dans notre approche du divin
Une problématique fondamentale émerge dans notre façon d’aborder la divinité. Nous sommes limités à percevoir uniquement ce qui s’étend « depuis le niveau de la sagesse, qui constitue leur commencement, jusqu’au niveau le plus bas de l’action ». Cette limitation nous conduit à commettre une erreur conceptuelle majeure.
Quand nous disons que D.ieu est « si élevé qu’on ne peut Le comprendre par l’intellect », nous appliquons encore des catégories intellectuelles à ce qui les transcende entièrement. C’est comme affirmer qu’une théorie mathématique est « si profonde qu’on ne peut la saisir avec les mains » – une déclaration dénuée de sens car elle applique des concepts physiques à une réalité abstraite.
L’analogie révélatrice du toucher et de la sagesse
Une analogie frappante se dessine : « De même qu’il serait ridicule de dire qu’on ne peut ‘toucher’ la sagesse à cause de sa profondeur, il est tout aussi inapproprié de dire qu’on ne peut ‘comprendre’ D.ieu par l’intellect. »
Cette comparaison illustre que le concept même de « compréhension » ou « d’incompréhension » ne s’applique qu’aux domaines de la sagesse et de l’intellect. D.ieu, qui transcende ces catégories, ne peut être défini par rapport à elles, même négativement.
La relativité de nos concepts les plus élevés
Une révélation saisissante émerge : « par rapport au Saint béni soit-Il, le niveau de l’intellect et de la compréhension est considéré exactement comme l’action matérielle ». Même nos facultés les plus raffinées – l’intellect, la compréhension, la sagesse – sont, relativement à D.ieu, aussi limitées que nos sens physiques le sont par rapport à nos capacités intellectuelles.
Cette perspective révolutionnaire montre que même « la compréhension des intellects des mondes supérieurs, et même le niveau de la sagesse suprême qui anime tout » ne peuvent appréhender l’essence divine.
Pourquoi la Torah attribue-t-elle des qualités à D.ieu ?
Face à cette incompréhensibilité totale, une question légitime se pose : pourquoi la Torah et nos Sages décrivent-ils D.ieu comme « sage » ou « miséricordieux » ?
Une explication différente de celle du Rambam (qui parlait d’attributs négatifs) se présente. Selon cette approche, ces termes indiquent que D.ieu est « la source de la sagesse, d’où découle et émane l’essence du niveau de sagesse suprême du monde d’Atsilout ».
Quand nous appelons D.ieu « sage », nous ne Lui attribuons pas cette qualité en elle-même, mais nous reconnaissons qu’Il est la source ultime de toute sagesse qui se manifeste dans les mondes créés.
L’origine divine de tous les attributs
Cette compréhension s’étend à tous les attributs divins : « De même, miséricordieux et bon, car Il est la source de la miséricorde et des bontés, ainsi que toutes les autres qualités qui découlent et émanent de Lui. »
Toutes les qualités positives que nous connaissons – sagesse, miséricorde, bonté – trouvent leur source en D.ieu, mais pas comme des attributs qu’Il posséderait au sens où nous l’entendons. Elles représentent plutôt des manifestations qui découlent de Son essence infinie vers les mondes créés.
La complexité du processus d’émanation
Une reconnaissance importante surgit : « la voie et le processus de cette émanation – comment et quoi – est connu des initiés ». Cette référence indique que la compréhension profonde de la façon dont l’infini divin se manifeste dans le fini constitue un domaine d’étude complexe, traditionnellement exploré dans la sagesse kabbalistique.
Le passage du niveau où aucun concept ne s’applique vers des manifestations que nous pouvons nommer et comprendre reste l’un des mystères les plus profonds de la pensée mystique juive.
Cette exploration du Tanya nous invite à réviser fondamentalement notre approche de la divinité, nous encourageant à dépasser nos limitations conceptuelles pour reconnaître l’absolue transcendance divine, tout en comprenant comment cette transcendance peut néanmoins être la source de toute perfection dans les mondes créés.