Le Beth Habad de Budapest s’est transformé en centre d’aide humanitaire pour des centaines d’Israéliens bloqués dans la capitale hongroise sans possibilité de rentrer chez eux. Le Rav Chmouel Raskin, émissaire Habad de la ville, a mobilisé toute sa communauté pour offrir gîte, couvert et soutien psychologique aux compatriotes en détresse. Cette initiative illustre la solidarité exceptionnelle de la diaspora juive en temps de crise.
Face à l’impossibilité pour de nombreux Israéliens de regagner leur pays en raison de la situation sécuritaire, le Beth Habad de Budapest a organisé un dispositif d’accueil d’urgence. Dirigé par le Rav Chmouel Raskin, ce centre improvisé a hébergé des familles entières, y compris des malades nécessitant des soins spécialisés. L’initiative s’est étendue au soutien psychologique avec l’intervention de professionnels locaux, tandis que la communauté juive hongroise ouvrait ses portes aux réfugiés temporaires.
Un centre d’urgence improvisé dès les premières heures
« Dès que nous avons appris la situation particulière dans le pays, nous avons ouvert ici un centre de crise », explique le Rav Raskin, émissaire Habad dans la capitale hongroise. L’objectif était clair : « donner à chaque Israélien un sentiment de foyer, une réponse médicale, des informations, un soutien moral, et surtout – de la chaleur humaine ».
Selon ses déclarations au journaliste Josh Aaronson du quotidien Maariv, l’afflux d’Israéliens vers le Beth Habad a commencé immédiatement après l’annonce des événements. « Nous avons ouvert une salle supplémentaire à l’approche du Shabbat. Des centaines de personnes ont été hébergées, y compris des familles, des malades complexes – même des greffés du cœur et des reins. »
Une prise en charge globale des réfugiés temporaires
L’accueil ne s’est pas limité aux besoins matériels de base. « Chacun a reçu un endroit chaleureux, des repas et une réponse personnalisée », précise le Rav Raskin. L’émissaire Habad souligne particulièrement l’élan de solidarité de la communauté locale : « Cela nous a beaucoup émus de voir comment la communauté locale a ouvert son cœur – les gens ont simplement invité des inconnus à vivre chez eux ».
Au-delà de l’aspect logistique, l’équipe de le Beth Habad a accordé une attention particulière au soutien psychologique. Des psychothérapeutes et professionnels locaux ont organisé des séances de renforcement moral, des ateliers et fourni des outils pour faire face à la situation.
Un soutien adapté aux familles et aux enfants
« Beaucoup de personnes étaient anxieuses – leurs familles étaient restées au pays, les enfants étaient restés derrière. Il était important pour nous de soutenir aussi l’âme, pas seulement le corps », confie le responsable de la mission.
Des ressources spécifiques ont été dédiées aux plus jeunes : activités, programmes spéciaux, et même des comédiens venus d’Israël qui se sont portés volontaires pour divertir les enfants. « Nous voulions qu’ils ressentent une expérience positive, même dans la confusion », ajoute le Rav Raskin.
La mobilisation de la communauté hongroise
Parallèlement à l’action des émissaires Habad, d’autres ressources se sont mobilisées. « La communauté locale, dirigée par le Rav Shlomo Kovesh, a fait plus que le nécessaire », rapporte le responsable. « Nous avons ouvert notre camp d’été pour héberger les Israéliens – chambres, repas, tout en bénévolat complet. »
L’initiative Mosaic United, projet du ministère de la Diaspora et de la Lutte contre l’antisémitisme, a également exprimé sa volonté d’apporter son aide. Cette mobilisation illustre l’étendue du réseau de solidarité activé pour venir en aide aux compatriotes en difficulté.
Un témoignage vivant de la solidarité israélienne
L’histoire de le Beth Habad de Budapest constitue un témoignage concret de l’esprit de solidarité israélienne au-delà des frontières. En période d’incertitude et d’anxiété, le Rav Raskin et son équipe sont devenus un point d’ancrage pour de nombreuses personnes.
« Cela montre une fois de plus que le peuple d’Israël vit – et ensemble, même dans les moments difficiles, nous savons nous unir et nous soutenir mutuellement », conclut le Rav Raskin avec émotion.
Cette initiative spontanée démontre la capacité de la diaspora à se mobiliser rapidement face aux crises, transformant un lieu de culte en centre d’accueil humanitaire au service de la communauté nationale.
L’artiste Haïm-Hillel Zekri dévoile son nouveau titre « Gan Israel 5785 », un hymne estival dédié aux centres de loisirs juifs qui promet d’accompagner les vacances de milliers d’enfants. Cette production musicale, fruit d’une collaboration avec la parolière Rivka Sudry et les studios Spin Record, met en lumière l’expérience unique des camps d’été centrés sur les valeurs traditionnelles. Le morceau cumule déjà plus de 660 vues depuis sa mise en ligne et suscite l’enthousiasme de la communauté.
Cette nouvelle création musicale célèbre l’univers des camps de vacances Gan Israel, proposant une alternative ludique et éducative aux loisirs numériques. À travers des paroles entraînantes et un message positif, la chanson valorise l’apprentissage des traditions juives dans un cadre de détente et de convivialité, tout en prônant l’unité et le respect des différences.
Une production collaborative au service de l’éducation
Le projet musical réunit plusieurs talents de la scène culturelle juive. Haïm-Hillel assure l’interprétation tandis que Rivka Sudry signe les paroles de cette composition estivale. L’enregistrement et le mixage ont été confiés aux studios Spin Record, reconnus pour leur expertise dans le domaine. Nissan Nemanow complète l’équipe créative en prenant en charge l’aspect visuel et le design graphique.
« L’été est là ! C’est trop sympa, on va se détendre et si on chillait tous ensemble ? », lance d’emblée le premier couplet, établissant immédiatement le ton décontracté et festif de l’œuvre.
Un message fort contre la dépendance aux écrans
La chanson développe un discours critique envers l’usage excessif des technologies chez les jeunes. « Quoi t’as cru que j’allais rester sur un écran ? Mais ça va pas !? C’est géré, j’ai un super plan ! », scandent les paroles, proposant les activités du camp comme alternative constructive.
Cette approche s’inscrit dans une démarche éducative plus large, visant à reconnecter les enfants avec des expériences concrètes et des apprentissages traditionnels. Les camps Gan Israel se positionnent ainsi comme « le seul et unique pour kiffer », selon les termes employés dans le refrain.
La Torah comme pilier central des activités
L’aspect spirituel occupe une place prépondérante dans cette composition. Le refrain martèle : « Gan Gan Israel, la Torah comme repère », soulignant l’importance accordée à l’étude des textes sacrés dans le programme proposé.
Le deuxième couplet évoque plus spécifiquement les pratiques religieuses : « j’aime la Tefila, encore une Mitsva ! », intégrant naturellement les obligations rituelles dans le quotidien ludique du camp. Cette approche vise à démontrer que spiritualité et divertissement peuvent coexister harmonieusement.
L’unité dans la diversité comme philosophie
Le pont musical développe une réflexion sur l’acceptation mutuelle et le vivre-ensemble. « Nous les enfants du Gan, nos vraies valeurs, aimer chacun de tout cœur, nous sommes unis et pourtant on est tous unique », proclament les paroles.
Cette philosophie met l’accent sur l’Ahavat Israel, concept central du judaïsme prônant l’amour du peuple juif. « Accepter nos différences, apprécier nos ressemblances car Hachem qui nous observe à tout moment nous protège », poursuit le texte, invoquant la protection divine comme facteur d’unité.
Un succès qui dépasse les frontières communautaires
Depuis sa publication le 3 juillet 2025, le clip vidéo de « Gan Israel 5785 » enregistre une progression constante de son audience. Les 658 vues comptabilisées témoignent de l’intérêt suscité par cette production originale au sein de la communauté et au-delà.
La chaîne YouTube Haïm-Hillel, bénéficie de cette exposition médiatique pour faire découvrir son univers musical. Cette visibilité numérique contribue à la promotion des valeurs véhiculées par les camps Gan Israel auprès d’un public élargi.
Une ambition artistique au service de l’éducatif
« Découvrez le son qui va vous ambiancer tout l’été !! », annonce fièrement la description accompagnant la vidéo. Cette promesse reflète l’ambition des créateurs de marquer durablement la saison estivale 5785 (correspondant à l’été 2025 dans le calendrier grégorien).
La production se veut donc à la fois divertissante et porteuse de sens, illustrant la capacité de la musique à transmettre des messages éducatifs tout en procurant du plaisir auditif. Cette double dimension explique l’accueil favorable réservé à cette création par les familles et les éducateurs.
L’initiative s’inscrit dans une tradition de chansons thématiques accompagnant les activités des centres de loisirs juifs, perpétuant ainsi un patrimoine musical communautaire en constante évolution.
Dans les profondeurs du Tanya, l’Admour Hazaken dévoile une vérité fondamentale sur la nature même de l’existence : loin d’être un acte ponctuel relégué aux origines du temps, la création divine constitue un processus perpétuel qui se renouvelle à chaque instant. À travers l’enseignement lumineux du Baal Shem Tov, nous découvrons comment D.ieu maintient constamment l’univers dans l’être, révélant ainsi la portée véritable de Sa providence qui s’étend jusqu’aux moindres détails de la création.
Rav Yossef Itshak Ofen
La Parole Divine : Source Permanente de Toute Existence
Le Baal Shem Tov nous transmet une compréhension révolutionnaire du verset : « À jamais, Éternel, Ta parole subsiste dans les cieux » – לעולם ה’ דברך נצב בשמיים. Cette « parole » désigne les dix Paroles divines – עשרה מאמרות par lesquelles furent créés tous les firmaments. Mais contrairement à une conception statique de la création, ces paroles demeurent éternellement présentes, revêtues dans tous les firmaments pour les maintenir continuellement en vie.
Si cette force divine qui engendre les cieux venait à se retirer ne serait-ce qu’un instant, ces lettres divines retourneraient immédiatement au néant absolu, retrouvant l’état qui était le leur avant la création. Cette loi s’applique universellement à toutes les créatures, qu’elles appartiennent aux mondes supérieurs ou inférieurs.
Même l’inanimé, dans son apparente inertie, participe de cette vitalité spirituelle. Comme l’enseignent nos maîtres, les pierres elles-mêmes puisent leur existence dans les dix Paroles divines qui les maintiennent dans l’être à chaque instant, leur insufflant une vie cachée mais réelle.
L’Alchimie des Lettres Divines
Certaines créatures échappent à une mention explicite dans les dix Paroles de la Torah, mais elles n’en demeurent pas moins bénéficiaires de cette vitalité divine. Elle leur parvient par le biais de combinaisons subtiles et de permutations des lettres sacrées. En effet, la vitalité pure des dix Paroles s’avère trop intense pour les créatures particulières dans leur limitation. Elle doit donc subir un processus de descente et de contraction, passant par diverses transformations, permutations et guématries, jusqu’à pouvoir se revêtir harmonieusement dans chaque créature particulière.
Le nom de chaque être en langue sainte ne relève pas du hasard ou de l’arbitraire humain. Il constitue le réceptacle même de la vitalité qui se contracte dans ses lettres. Ainsi, le nom hébreu de chaque créature n’est nullement une appellation conventionnelle sur laquelle les hommes se seraient accordés par commodité. Il exprime la modalité même par laquelle cette créature reçoit sa vitalité des lettres divines qui composent son nom.
La Puissance Créatrice des Dix Paroles
Les dix Paroles de la Torah possèdent l’extraordinaire pouvoir de créer quelque chose à partir du néant absolu. Cette capacité découle de leur origine même : elles émanent de la Torah, et « la Torah et le Saint béni soit-Il ne font qu’un » – אורייתא וקודשא בריך הוא כולא חד. Ce pouvoir de créer ex nihilo appartient exclusivement au Saint béni soit-Il, manifestation de l’Infini qui seul peut transcender les lois de la logique ordinaire.
Cependant, pour que les créatures demeurent dans leur état de limitation nécessaire, cette vitalité divine et ces lettres sacrées s’avèrent parfois d’une intensité excessive. Elles requièrent alors un processus de transformations et de permutations sophistiquées, jusqu’à ce que cette vitalité puisse atteindre chaque créature particulière selon sa capacité, la maintenant en vie et la créant véritablement à chaque instant qui passe.
La Création : Un Processus Perpétuel, Non Ponctuel
L’enseignement que nous venons d’explorer nous conduit à une conclusion révolutionnaire. Notre conception naturelle nous porte à imaginer que le Créateur n’a agi qu’une seule fois au commencement des temps, créant l’univers qui, depuis lors, subsisterait de manière autonome. Cette vision, largement répandue, conçoit la création comme un événement inaugural après lequel les créatures auraient acquis une existence indépendante.
L’innovation fondamentale révélée ici bouleverse cette conception : la création ne constitue pas un événement ponctuel du passé, mais un processus qui se déploie à chaque instant. Pour que l’univers continue d’exister, il faut que l’acte créateur se renouvelle perpétuellement.
Cette compréhension éclaire d’un jour nouveau la question de l’anéantissement possible du monde. Tandis que certains imaginent que le Créateur devrait recourir à des catastrophes – incendies cosmiques, déluges universels ou tempêtes destructrices – notre enseignement révèle une vérité plus profonde : le Créateur n’aurait nul besoin d’intervenir activement pour faire cesser l’existence. Il lui suffirait de suspendre Son acte créateur continu, et l’univers retournerait instantanément au néant.
Le Créateur doit donc constamment faire exister la création, à chaque fraction d’instant, dans un renouvellement perpétuel qui échappe à notre perception ordinaire.
L’Erreur fondamentale : Nier la Providence Particulière
Cette compréhension révèle la source profonde de l’erreur de ceux qui nient la providence particulière – doctrine pourtant reconnue comme l’un des fondements essentiels de la foi. Si nous acceptions la conception erronée selon laquelle le Saint béni soit-Il n’aurait créé qu’une seule fois, abandonnant ensuite Sa création à une existence autonome, la notion même de providence perdrait toute signification et toute nécessité.
La Séduction de l’Idolâtrie
Cette erreur fondamentale constitua précisément le piège de l’idolâtrie antique. Les idolâtres professaient que le Saint béni soit-Il avait confié la terre aux astres et aux constellations, à la manière d’un monarque qui délègue ses pouvoirs à des ministres et des fonctionnaires. Ces derniers gouvernent certes selon les directives royales, mais le roi demeure dans ses appartements, détaché de la gestion quotidienne des affaires.
Appliquant cette logique défaillante au divin, ils imaginaient que le Saint béni soit-Il avait établi des anges dirigeants, puis s’était retiré de toute intervention directe. Cette conception les conduisit naturellement vers l’idolâtrie : ils se mirent à adorer les anges intermédiaires, bien qu’ils reconnussent que ces derniers tiraient leur pouvoir du Créateur suprême. Leur erreur résidait précisément dans cette conviction que le Créateur ne s’impliquait plus directement, laissant aux anges une autonomie décisionnelle.
Les Motivations du Déni
Pourquoi niaient-ils la providence particulière ? Leur refus s’enracinait dans une conception erronée de la dignité divine. Il leur paraissait indigne que le Saint béni soit-Il s’abaisse aux préoccupations matérielles les plus triviales. Pourquoi le Roi suprême se soucierait-Il de détails infimes ? Un fonctionnaire subalterne ne pourrait-il s’en charger ? Ils jugeaient inconvenant que le Saint béni soit-Il surveille la croissance d’une herbe quelconque.
Cette vision trouve un écho, sous une forme atténuée, jusque dans certains courants de la pensée juive traditionnelle. Même parmi les sages d’Israël, des opinions divergentes existent concernant l’étendue de la providence particulière. Tous s’accordent sur l’existence d’une providence particulière absolue concernant chaque juif, jusque dans les moindres détails de son existence. Mais pour l’ensemble du monde, certains limitent l’intervention divine à une providence générale, excluant que chaque détail – le vol d’un oiseau vers une destination précise, le mouvement d’une herbe ou d’une feuille sous l’effet du vent – soit l’objet d’un décret divin particulier.
L’Innovation révolutionnaire du Baal Shem Tov
C’est précisément sur ce point que le Baal Shem Tov apporta une innovation révolutionnaire. Sa doctrine de la providence particulière s’étend à chaque détail de l’existence, si infime soit-il, chacun entretenant un rapport essentiel avec l’harmonie générale de la création. Chaque détail, loin d’être anecdotique, participe à la perfection de l’ensemble.
Lorsqu’une herbe croît et que le vent la fait osciller, il existe un décret supérieur précis concernant chacun de ses mouvements : combien d’oscillations vers l’ouest, combien vers l’est, combien vers le sud et le nord, vers le haut et vers le bas. Chaque mouvement, si imperceptible soit-il, procède d’une volonté divine spécifique.
Cette conception s’harmonise parfaitement avec notre enseignement sur la création continue. Puisque le Créateur doit créer constamment chaque élément de l’existence, Il crée nécessairement cet élément dans tel mouvement précis, puis le recrée dans le mouvement suivant. S’Il le crée, comment pourrait-Il ne pas le superviser ? La supervision découle logiquement et nécessairement de l’acte créateur lui-même.
En revanche, ceux qui nient la providence se trouvent contraints, par cohérence logique, de nier également la réalité des miracles. Si D.ieu n’intervient pas dans le cours ordinaire des choses, pourquoi interviendrait-Il exceptionnellement ? Dans leur conception, le monde fonctionne selon les lois naturelles autonomes, excluant toute intervention divine, qu’elle soit ordinaire ou miraculeuse.
La Différence fondamentale : Œuvre humaine versus Œuvre Divine
Ceux qui établissent une analogie entre l’œuvre divine et l’œuvre humaine commettent une erreur conceptuelle majeure. Comme l’exprime l’Écriture, ils « assimilent les cieux et la terre » – ils ne sont pas seulement dans l’erreur théologique, mais font preuve d’un défaut de raisonnement fondamental.
L’Admour Hazaken entend démontrer la vérité de la providence particulière non seulement par la foi, mais par la raison pure. Il existe des preuves rationnelles contraignantes que l’intelligence doit accepter concernant cette doctrine.
L’Analogie trompeuse de l’artisan
L’œuvre divine ne saurait être comparée à l’œuvre humaine. Lorsqu’un artisan achève son travail, l’objet qu’il a façonné acquiert une existence autonome. La différence essentielle entre l’activité humaine et la création divine – « qui fait quelque chose à partir du néant » – leur échappe totalement.
L’analyse révèle les limites de l’action humaine. L’être humain, en réalité, ne crée rien ex nihilo. Que fait-il concrètement ? Il prend un morceau d’argent et le façonne, en fait un objet – une menorah ou un gobelet. A-t-il véritablement innové ? Nullement. La matière première existait déjà ; elle possède désormais une forme particulière. L’artisan n’a fait que modifier la configuration extérieure sans rien ajouter à la substance elle-même. La quantité de matière demeure rigoureusement identique.
Il devient évident que l’artisan n’est plus nécessaire une fois son œuvre achevée. Même avant son intervention, cette réalité matérielle existait sous forme de matière première informe. La transformation de la forme ne constitue pas une véritable innovation, car l’inanimé conserve naturellement la configuration qu’on lui imprime.
Cette propriété de l’inanimé s’observe facilement : si vous déplacez un objet d’un endroit à un autre, il demeure immobile à l’endroit où vous l’avez placé. De même, une fois la matière première transformée en objet fini, celui-ci conserve sa forme de manière permanente. Cette stabilité ne témoigne d’aucune innovation véritable, mais simplement des propriétés intrinsèques de la matière inerte.
L’artisan n’a donc rien ajouté à l’être de la matière ; il s’est contenté de réorganiser l’existant selon une configuration nouvelle.
L’Œuvre Divine : L’Innovation absolue
L’œuvre du Créateur – la création des cieux et de la terre – relève d’une tout autre dimension : elle constitue véritablement « quelque chose à partir du néant ». Cette expression désigne l’apparition d’une réalité qui n’existait absolument pas auparavant. Le Créateur a fait surgir l’être du non-être, innovation absolue qui transcende toute analogie avec l’activité humaine.
Quelle est la nature de cette innovation ? L’innovation elle-même n’est autre que la force qui l’actualise. L’existence créée n’a pas d’autre substance que la puissance divine qui la fait être.
L’Analogie du lancer de pierre
Une parabole classique illustre cette vérité avec l’exemple du lancer de pierre. Lorsque quelqu’un lance une pierre, l’effet dépend entièrement de la direction imprimée. S’il la projette vers le bas, elle y demeure naturellement, car telle est sa tendance intrinsèque. Le lanceur n’a rien modifié à sa nature.
Mais s’il la projette vers le haut, la pierre s’élève certes, mais uniquement sous l’impulsion d’une force extérieure qui la pousse. Dès que cette force cesse d’agir, la pierre retombe inexorablement vers le bas.
Nous ne saurions prétendre qu’après avoir été lancée vers le haut, la pierre aurait acquis une propriété volante permanente. L’élévation résulte exclusivement de l’impulsion reçue, impulsion étrangère à sa nature propre. Il apparaît donc évident que cette force doit demeurer constante pour maintenir l’effet produit. L’interruption de la force entraîne immédiatement le retour à l’état naturel.
De même, toute l’existence de la création ne consiste qu’en la force divine qui l’actualise. Par conséquent, si cette force divine se retirait, il ne subsisterait rigoureusement rien. Pourquoi ? Parce que l’existence entière de la création n’est rien d’autre que cette force divine en action.
L’Exemple Paradigmatique de l’ouverture de la Mer Rouge
Cette vérité trouve son illustration la plus saisissante dans le miracle de l’ouverture de la mer Rouge. L’Écriture rapporte : « L’Éternel fit souffler un vent d’est toute la nuit, et les eaux se fendirent et se dressèrent comme un mur des deux côtés » – ויולך ה’ את הים ברוח קדים עזה כל הלילה ויבקעו המים.
L’insistance du texte sur la durée – « toute la nuit » – révèle un enseignement profond. Le vent d’est devait maintenir son action durant toute la période nécessaire à l’accomplissement du prodige. Bien qu’il s’agît manifestement d’un miracle, ce dernier s’est accompli par l’intermédiaire d’un agent naturel, le vent d’est.
Cependant, un vent ordinaire ne saurait provoquer une fendaison bidirectionnelle – son effet dépend de sa direction unique. Pour créer la division complexe décrite par nos sages – qui parlent de douze sections distinctes – il aurait fallu un vent soufflant simultanément dans vingt-quatre directions différentes, ce qui constitue une impossibilité physique.
Le miracle authentique résidait donc dans cette action surnaturelle, bien qu’elle se soit revêtue de l’apparence d’un phénomène naturel. Dans l’enseignement hassidique, le terme « qadim » (est) évoque « qadmono chel olam » (l’Ancien du monde), désignant la force de l’Infini qui se manifeste à travers les phénomènes naturels.
La Nécessité de la Permanence
Pourquoi ce vent devait-il souffler durant toute la nuit ? La logique ordinaire suggérerait qu’une impulsion initiale suffise à déclencher le phénomène. Mais l’Écriture souligne explicitement cette durée, révélant une vérité essentielle : le miracle exigeait une action continue, ininterrompue.
Les eaux ne se contentèrent pas de se fendre ; elles « se dressèrent comme un mur » – ויעמדו כמו נד. Au-delà de la simple séparation, elles acquirent une solidité qui contredisait leur nature liquide. Cette transformation ne résultait pas d’un refroidissement – nous étions au mois de Nissan, période printanière où la température avoisinait vingt degrés. Pourtant, les eaux se solidifièrent, défiant les lois physiques ordinaires.
Cette solidification miraculeuse nécessitait un maintien constant de la force surnaturelle. Si le vent s’était interrompu ne serait-ce qu’un instant, les eaux auraient immédiatement repris leur cours naturel, sans aucune possibilité de maintenir leur configuration extraordinaire.
Le vent ne se contentait pas d’initier le phénomène ; il le maintenait activement à chaque moment. La nature intrinsèque des eaux les porte vers l’état liquide et l’écoulement. Seule l’action continue du vent surnaturel permettait de maintenir leur état solide et dressé. L’interruption de cette force aurait entraîné un retour immédiat à l’état naturel.
Les Eaux figées comme un mur
Le texte précise que les eaux « se dressèrent comme un mur » – ויעמדו כחומה – expression qui dépasse la simple métaphore. Au-delà de leur élévation verticale, elles acquirent la consistance même d’un mur, devenant parfaitement solides. Cette transformation radicale de leur état physique constituait un aspect essentiel du miracle.
Contrairement à ce qu’une explication naturelle pourrait suggérer, cette solidification ne résultait nullement d’un phénomène de congélation. Les conditions climatiques de la saison printanière l’excluaient formellement. Il s’agissait d’une transformation surnaturelle de l’état de la matière, maintenue uniquement par la volonté divine s’exprimant à travers l’action du vent.
La Création Continue : Plus extraordinaire que tout Miracle
L’enseignement révèle alors son point culminant : la création continue constitue un prodige infiniment plus extraordinaire que l’ouverture de la mer Rouge elle-même.
l’ouverture concernait des eaux dont la nature liquide, bien qu’habituelle, n’est pas absolument nécessaire. Après tout, de nombreuses substances demeurent naturellement solides sans intervention extérieure. Le fait que les eaux soient ordinairement liquides et requièrent une force particulière pour se solidifier ne relève pas d’une nécessité ontologique absolue.
Malgré cette relativité, puisque la solidification contredisait la nature habituelle des eaux, elle exigeait un maintien constant de la force transformatrice. À plus forte raison, la création « quelque chose à partir du néant », qui transcende infiniment l’ordre naturel, requiert-elle une actualisation permanente.
L’Innovation Absolue : Du Néant à l’Être
Dans la création ex nihilo, nous assistons au passage du néant absolu à l’existence positive. La nature propre du néant consiste précisément en l’absence totale d’être. L’existence constitue donc l’antithèse parfaite du néant. Il s’avère infiniment plus prodigieux que le néant accède à l’existence que de voir l’eau changer d’état physique.
Si une transformation qui ne constitue pas une nécessité ontologique absolue – comme le changement d’état des eaux – requiert néanmoins, de par son caractère contre-naturel, l’action constante d’une force maintenant cette transformation, à combien plus forte raison l’innovation radicale d’une existence nouvelle à partir du néant absolu exige-t-elle la présence permanente de la force créatrice.
Cette force ne peut jamais cesser d’agir, car l’être créé n’a aucune consistance propre en dehors de l’acte divin qui le fait être.
La Providence Particulière : Conséquence inéluctable
Cette compréhension de la création continue nous permet de saisir avec évidence la réalité de la providence particulière sur chaque détail de l’existence.
Puisqu’à chaque instant le Créateur renouvelle intégralement la création, Il doit nécessairement renouveler le vent qui déplace une feuille, renouveler la feuille elle-même, et renouveler l’espace dans lequel elle se déplace. Chaque élément, si minime soit-il, doit être recréé à chaque fraction d’instant.
Cette vérité rend évidente l’existence d’une providence particulière s’étendant à chaque détail. Comment le Créateur pourrait-Il renouveler constamment chaque élément sans exercer sur lui une supervision parfaite ? La providence découle naturellement et nécessairement de l’acte créateur continu.
Ainsi se révèle la grandeur de la vision hassidique : loin d’être un univers mécanique abandonné à ses propres lois après un acte créateur initial, notre monde constitue le théâtre d’un renouvellement perpétuel où la présence divine s’exprime dans chaque détail, si humble soit-il, de l’existence quotidienne.
Cette doctrine transforme radicalement notre perception du réel : chaque instant révèle la proximité immédiate du Créateur, chaque mouvement témoigne de Sa providence attentive, chaque existence proclame Sa présence renouvelée. Nous ne vivons pas dans un monde abandonné par son Créateur, mais dans un univers constamment recréé par amour, où chaque détail participe consciemment ou inconsciemment à l’harmonie universelle voulue par la sagesse divine.
Cet enseignement du Tanya nous dévoile ainsi les fondements métaphysiques de notre relation au divin : nous ne sommes pas les habitants d’un cosmos livré à l’autonomie après un acte créateur primordial, mais les témoins privilégiés d’une création qui se renouvelle sans cesse, manifestation perpétuelle de l’amour et de la sollicitude divines pour l’ensemble de l’existence.
À l’occasion du 3 Tamouz, jour de commémoration du Rabbi de Loubavitch, le Rav Yossef Its’hak Aharonov, président des institutions centrales de Habad en Terre Sainte, a accordé une interview exclusive au journal Michpaha. Cette conversation émouvante révèle la vision unique du Rabbi concernant la mission de chaque individu dans la génération de la Rédemption. Trente et un ans après sa disparition, l’influence du Rabbi continue de s’étendre à travers le monde par l’intermédiaire de ses émissaires.
Par le Rav Yossef Its’hak Aharonov
Le Rav Aharonov partage des témoignages touchants sur l’approche révolutionnaire du Rabbi de Loubavitch en matière de foi et d’engagement actif. L’interview met en lumière la croissance extraordinaire du mouvement Habad depuis 1994, avec près de mille maisons Habad en Israël et plus de 1 600 familles d’émissaires. L’article explore également la philosophie du Rabbi selon laquelle chaque commandement supplémentaire peut basculer le monde entier vers le bien, conformément à l’enseignement du Rambam.
La foi active plutôt que la résignation passive
Le Rav Aharonov illustre l’approche unique du Rabbi par une anecdote saisissante. Un homme se présente devant le Rabbi avec un dossier médical organisé, cherchant une bénédiction pour une opération complexe et des conseils sur le choix du médecin approprié.
« Sans même ouvrir le dossier, le Rabbi a répondu avec surprise : ‘Je m’étonne de vous, vous auriez pu agir pour qu’il n’y ait pas d’opération du tout – si seulement vous aviez demandé !' » rapporte le Rav Aharonov.
Cette histoire incarne l’essence du leadership du Rabbi : ne pas seulement bénir, mais éduquer chacun à devenir un instrument vivant de foi et de bénédiction.
Une expansion mondiale dépassant toutes les prévisions
Trente et un ans après le 3 Tamouz 5754 (1994), l’ampleur de l’influence du Rabbi ne peut être ignorée, tant en Terre Sainte qu’à travers le monde entier.
« Même dans nos rêves les plus optimistes, nous n’avions pas imaginé que les émissaires du Rabbi deviendraient une force si significative dans chaque quartier et chaque rue », confie le Rav Aharonov.
Aujourd’hui, en Israël seulement, opèrent près de mille maisons Habad et plus de 1 600 familles d’émissaires qui portent le drapeau de la lumière – l’armée de la lumière.
Une soif authentique de spiritualité
Des sondages approfondis menés par Habad démontrent que le public a soif – non pas d’un judaïsme édulcoré et flou, mais d’un judaïsme authentique, chaleureux, simple et pur, exactement tel que Habad sait l’offrir.
Le Rabbi n’est pas venu « ramener vers la téchouva » au sens classique du terme, mais plutôt ajouter de la lumière, commandement après commandement.
La philosophie du Rambam au cœur de la mission
« Accomplis un commandement, et tu feras pencher la balance en ta faveur et en faveur du monde entier vers le mérite » – ce verdict du Rambam est gravé au fondement de l’œuvre d’émissariat du Rabbi, et il sert de guide aux milliers d’émissaires à travers le monde.
Cette approche révolutionnaire transforme chaque action positive en un acte potentiellement rédempteur pour l’humanité entière.
Un message d’espoir pour la génération présente
Le Rav Aharonov conclut l’interview par un message inspirant : « Le Rabbi a proclamé que nous sommes la dernière génération de l’exil et la première génération de la Rédemption. Chacun peut pousser un Juif supplémentaire à accomplir un commandement de plus – c’est la mission de notre vie, c’est la véritable stratégie de sortie : sortir de l’exil et entrer dans la Rédemption – par un commandement de plus, par un Juif de plus qui fait pencher le monde entier vers le mérite. »
Le Rav Aharonov résume : « Puissions-nous mériter très prochainement de voir de nos yeux l’accomplissement de la sainte promesse du Rabbi – dernière génération de l’exil et première génération de la Rédemption ! »
Cette vision transforme chaque geste quotidien en un acte messianique potentiel, offrant à chaque individu la possibilité de participer activement à la construction d’un monde meilleur.
Comment un leader doit-il se comporter lorsque le doute l’habite ? À travers l’exemple de Moïse face au géant Og et l’héroïsme du Rabbi précédent en prison, ce texte révèle les clés d’un leadership authentique. Un enseignement intemporel sur l’art de transformer la peur intérieure en victoire extérieure.
D’après un Farbrenguen du Rabbi du 12 Tamouz 5725-1965
La Leçon de Moïse face à Og
Concernant la guerre contre Og mentionnée à la fin de notre section hebdomadaire, il est dit : « Et l’Éternel dit à Moïse : Ne le crains point ! ». Le Talmud enseigne que l’on peut apprendre de cela « ce qui était dans le cœur » de Moïse notre maître, qui craignait « que ne lui vienne en aide [à Og] le mérite d’Abraham notre patriarche », du fait qu’il avait sauvé Lot parmi ses frères.
Le Talmud précise en disant que la peur « était dans son cœur » de Moïse. C’est-à-dire que bien que du point de vue de sa compréhension, il y avait lieu de dire qu’Og possédait un mérite qui pouvait lui être favorable au moment de la guerre, il prit soin de garder cela dans son cœur et de ne pas faire part de cette crainte aux enfants d’Israël.
Moïse notre maître savait qu’il avait été envoyé pour être le dirigeant d’Israël. Et puisqu’il en était ainsi, si une quelconque crainte de la guerre était perceptible sur lui, ne serait-ce que par l’expression de son visage, cela risquait d’affaiblir, D.ieu nous en préserve, les enfants d’Israël et de donner force au camp adverse.
Et puisque « l’homme voit ce qui frappe les yeux, mais l’Éternel regarde au cœur », seul le Saint, béni soit-Il, vit « ce qui était dans le cœur » de Moïse, et c’est pourquoi Il dit « Ne le crains point ».
L’Exemple du Rabbi Précédent
On peut dire que sur cette base était fondée la conduite du dirigeant, maître de la joie et de la délivrance [le Rabbi Rayatz], lors de son emprisonnement.
L’arrestation eut lieu pendant la nuit où régnait un état d’urgence extrême, car on avait alors assassiné l’ambassadeur russe en Pologne, et par conséquent ils avaient décidé qu’il fallait tuer un certain nombre de personnes.
Malgré cela, en entrant en prison, il prit la décision ferme que la connaissance de l’ampleur du danger n’influencerait en rien sa conduite, et que même en étant là-bas, il se tiendrait avec force et fermeté dans sa direction vis-à-vis de tous. Non seulement face aux fonctionnaires subalternes, mais aussi face à ceux qui menaient l’interrogatoire et l’enquête, selon ce qu’ils écriraient et leur état d’esprit au moment de l’écriture, le verdict et ses conséquences pouvaient en dépendre !
Et effectivement, il se comporta de cette manière, au point que cette conduite réussit et amena même ceux qui l’avaient arrêté à devoir reconnaître, etc., et à le libérer pour qu’il puisse voyager et retourner à sa place dans un état de liberté.
L’Enseignement pour Chaque Juif
Cette affaire constitue un enseignement pour chaque juif : chaque juif est un « dirigeant » dans son domaine – dans sa maison vis-à-vis de ses enfants, ou dans ses affaires ; et avant tout, il est dirigeant sur ses 248 membres et ses 365 tendons, y compris sur la cavité gauche du cœur où réside le mauvais penchant.
Et lorsqu’il commence à réfléchir sur sa position et sa situation, considérant que depuis hier il n’a rien accumulé, ni mérites, ni Torah, ni commandements, et que tout ce qu’il possède n’est pas à la mesure de la guerre qu’il doit mener aujourd’hui pour ne pas échouer dans les affaires vers lesquelles le monde l’attire, il s’inquiète et craint : comment pourra-t-il aujourd’hui mener la guerre contre les difficultés qui s’accumulent sur son chemin et accomplir la mission du Saint, béni soit-Il, de se conduire selon la volonté de la Torah ?
L’Attitude à Adopter
Eh bien, tous les « calculs » qu’il a ne doivent pas se révéler hors de son cœur ! Il doit se conduire comme si toutes les affaires étaient en sa faveur, et c’est de cette manière qu’il doit parler et aussi penser, jusqu’à ce que cela soit perceptible quand on regarde son visage ! Car lorsqu’on regarde son visage et qu’on voit qu’il désire faire quelque chose de bien, mais qu’il tremble et craint s’il pourra l’accomplir ou non, cela même facilite la victoire du côté gauche et rend plus difficile la victoire du côté de la sainteté.
Plus encore : cette conduite l’influence aussi lui-même. Car même s’il était craintif dans son cœur, puisqu’il a laissé la crainte dans son cœur seulement, tandis que dans l’action, la parole, la pensée et l’expression du visage il était comme un vainqueur – alors le Saint, béni soit-Il, lui promet « Ne le crains point ! », que la crainte disparaîtra aussi de son cœur.
L’Exemple Militaire
Comme l’exemple connu qu’apporta notre Rabbi, notre dirigeant, à ce sujet : on voit dans la conduite du monde que lorsque les soldats sortent au front, déjà au moment de leur marche vers le front, avant même que la guerre ait commencé, ils jouent déjà une « marche » (chant de marche) de victoire. Car pour la victoire dans la guerre, il faut une décision et un état d’esprit de victoire certaine sans aucun doute, par quoi la victoire se réalise plus rapidement et plus facilement.
Si dans l’expression de son visage il est perceptible qu’il tremble et craint s’il réussira ou non, cela même facilite la victoire du côté adverse.
Si lors d’un rassemblement nous reconnaissons quelqu’un qui chancelle et hésite s’il doit s’appuyer sur lui ou non, c’est précisément ce corps qui révèle la force de la victoire de l’autre côté.
Le désir de combattre un ennemi (section de Pinhas) et dire : « Qui habite l’éternité et le très haut dieu Israël – c’est lui qui enseigne : Il combat droit contre les enfants d’Israël, ils sont en guerre. Dans leurs guerres » en Israël, celui qui vit croit que « Qu’est-ce qui est dans mon cœur » depuis le monde où s’élève [Élohim] lui, le mérite de leurs pères fait la différence entre eux.
Le Talmud qui parle du temps et de l’éternité de la vie de Moïse exprime cela. L’enseignement : Une année pour tous, celui qui fut choisi et reconnu depuis le jour où l’Esprit Saint fut sur lui. Tous leurs jours sans exception – vivre pour D.ieu, et non pas vivre pour lui-même, et aussi toutes les commandements pour soutenir les pauvres car les jours arrivent quand il n’y aura pas d’aide pour le besoin du monde. D.ieu aide, le jour où Il amène la guerre contre les méchants et l’ennemi de l’âme.
Et comme il est impossible de commencer à comprendre dans l’affliction et la compassion, il a été dit qu’il n’y a pas d’obstacles, pas de limitations, pas de frontières et tout ce qui est à lui, pas de commandements, et aussi tous ceux qui viennent pour l’aider ne vont pas oublier le monde spirituel qui habite. Celui qui oublie cette aide, le jour où Il établit tout jour capable de faire : ne va-t-il pas faire une guerre juste pour élever les pauvres et ceux qui s’assemblent, et accomplir la sainteté de celui qui appelle toujours la Torah ?
Dans tous les « calculs » qui viennent de lui – il leur est interdit de révéler au-delà de son cœur ! Sur eux de se comporter comme toutes les affaires sont pour leur bien, et de cette manière ils doivent parler, et aussi penser, jusqu’à ce que la chose soit reconnaissable quand ils regardent sur son visage ! Car quand ils regardent sur son visage et voient que ses désirs sont de faire quelque chose de bien, mais il tremble et craint s’il pourra accomplir cela ou non, c’est cela même qui facilite la victoire du côté gauche, et rend difficile la victoire du côté de la sainteté.
Ce soir marque le 7 Tamouz, le Yortzeit de Mme Gitel Friedman, affectueusement surnommée « Gitel’lé » par tous les habitants de Kfar Habad. Propriétaire du kiosque mythique du village, elle incarnait bien plus qu’une simple commerçante vendant petits pains, produits laitiers et sodas. Sa figure rayonnante symbolisait l’amour du prochain, la bonté pure et le souci constant des plus démunis.
Gitel Friedman a marqué l’histoire de Kfar Habad par son dévouement exceptionnel envers sa communauté. Son petit kiosque servait de façade à une œuvre de bienfaisance discrète mais considérable, nourrissant les nécessiteux et créant un véritable foyer de solidarité. Née à Odessa et arrivée en Israël après la guerre, elle a transformé son commerce en centre névralgique de la vie villageoise, laissant des souvenirs impérissables aux générations qui ont grandi à Kfar Habad.
Une femme d’exception au cœur de Kfar Habad
Fille du Rav Pinhas Friedman et épouse du Rav Yaakov, que son souvenir soit béni, Gitel était une femme remarquable qui se distinguait par sa grandeur d’âme. Elle vouait sa vie au bien-être de chaque juif, en toutes circonstances et dans toutes les situations. Son approche maternelle touchait particulièrement les étudiants de la yechiva qui venaient se restaurer dans son établissement.
« Elle avait cette capacité unique de faire en sorte qu’aucune personne ne reparte le ventre vide de son kiosque », se souvient un ancien habitant du village. « Sa personnalité rayonnante et chaleureuse attirait naturellement les gens vers elle, et elle trouvait toujours un moyen d’aider chacun selon ses possibilités. »
L’odyssée d’une survivante devenue pilier communautaire
L’histoire de Gitel commence à Odessa, dans l’ancienne Union soviétique. Avec sa famille, elle a miraculeusement échappé aux persécutions russes et immigré en Terre sainte dans les années suivant la Seconde Guerre mondiale. C’est à Kfar Habad qu’elle a établi son petit kiosque, qui est progressivement devenu un point de repère central dans la vie quotidienne du village.
Cette trajectoire personnelle explique en partie sa sensibilité particulière envers ceux qui traversent des difficultés. Ayant elle-même connu l’exil et les épreuves, elle développait une empathie naturelle pour tous ceux qui avaient besoin d’aide ou de réconfort.
Un commerce qui cachait un royaume de bonté
De l’extérieur, le kiosque de Gitel ressemblait à n’importe quelle petite épicerie proposant petits pains, produits laitiers, journaux et boissons gazeuses. Mais derrière le comptoir se dissimulait un véritable royaume de bienfaisance. Dans une arrière-salle invisible aux passants, elle préparait des repas chauds pour les pauvres et les nécessiteux.
« Tout se faisait dans la plus grande discrétion », explique un témoin de l’époque. « Les bénéficiaires ne se sentaient jamais comme des assistés. Gitel avait ce don de préserver la dignité de chacun tout en répondant à ses besoins essentiels. »
Cette organisation permettait d’assurer qu’aucune personne dans le village ne souffre de la faim, le tout dans une humilité totale, sans que les intéressés aient même besoin de formuler une demande ou de se sentir dans une position de dépendance.
Les saveurs d’une enfance à Kfar Habad
Les enfants du village qui ont grandi à cette époque conservent des souvenirs sensoriels très précis de leurs passages chez Gitel. Ils évoquent avec nostalgie les petits pains frais tartinés de beurre et le soda à la framboise mélangé devant eux grâce à un appareil spécial et servi dans des verres transparents.
« Ces moments autour du kiosque de Gitel constituent pratiquement tous nos souvenirs authentiques d’enfance », confie un habitant aujourd’hui adulte. « Elle créait une atmosphère si particulière que même les plus simples achats devenaient des moments mémorables. »
Ces témoignages révèlent comment un simple commerce de proximité peut devenir le théâtre de souvenirs indélébiles pour toute une génération.
Le centre d’information officieux du village
À une époque où chaque foyer ne disposait pas encore d’un poste radio, le kiosque de Gitel s’était naturellement transformé en centre d’information communautaire. C’est là que les résidents apprenaient les dernières nouvelles des conflits israéliens – depuis la campagne du Sinaï jusqu’à la guerre des Six Jours – et qu’ils se tenaient au courant de l’actualité mondiale.
Cette fonction informelle mais cruciale renforçait encore davantage le rôle central de Gitel dans la vie collective du village, faisant de son établissement un véritable cœur battant de la communauté.
Des traditions qui réchauffent les cœurs
Pendant la fête de Hanoukka, Gitel développait une tradition particulièrement appréciée des plus jeunes. Elle se rendait au Talmud Torah avec un grand sac rempli de toupies et de bonbons, qu’elle distribuait aux enfants avec un sourire radieux.
« Elle considérait cette action comme une véritable mission spirituelle », raconte un ancien élève. « Son objectif était de répandre la joie parmi les enfants du village et d’éveiller en eux une authentique joie hassidique. »
Ces gestes simples mais réguliers contribuaient à créer une atmosphère festive et chaleureuse qui marquait profondément l’expérience religieuse des enfants.
La continuité assurée dans l’esprit hassidique
Après le décès de Gitel, survenu dans l’estime générale, son fils le Rav Meir Friedman a repris la gestion du lieu en préservant l’esprit hassidique qui l’animait. Le kiosque a même accueilli des rassemblements spirituels, transformant ce petit espace commercial en centre hassidique vibrant d’activité.
Cette transition témoigne de la volonté familiale de perpétuer l’œuvre exceptionnelle initiée par Gitel, en maintenant les valeurs de générosité et de service communautaire qui la caractérisaient.
Un héritage qui transcende le temps
Gitel Friedman représentait bien plus qu’une simple propriétaire de kiosque. Elle incarnait l’essence même du Kfar Habad d’autrefois, avec son écoute attentive, sa générosité sans limites et son âme immense vouée au bien d’autrui. En cette période commémorative de son anniversaire de décès, les habitants du village perpétuent sa mémoire en évoquant tout ce qu’elle accomplissait discrètement, avec simplicité et dans un esprit de bonté incommensurable.
Dans les montagnes des Carpates, loin des tensions qui traversent l’Ukraine, 127 jeunes juifs se sont retrouvés pour un séminaire d’unité sans précédent. L’événement a culminé avec la célébration de Bar et Bat Mitsva pour 60 adolescents venus de 15 clubs de jeunes répartis à travers le pays. Cette initiative remarquable illustre la vitalité et la résilience de la communauté juive ukrainienne en temps de crise.
Le mouvement EnerJew a organisé un séminaire exceptionnel dans l’ouest de l’Ukraine, rassemblant des jeunes juifs de tout le pays pour quatre journées mémorables. Au cœur de cet événement, 60 adolescents ont célébré leur majorité religieuse après une année complète de préparation avec les émissaires Habad de leurs villes respectives. Le programme, soutenu par des fondations internationales, a offert un moment de paix et de renforcement communautaire dans un contexte difficile.
Un refuge spirituel dans les montagnes des Carpates
Au cœur de l’Ukraine occidentale, les montagnes des Carpates ont accueilli un événement d’une portée exceptionnelle pour la jeunesse juive du pays. Loin du stress et des pressions qui règnent dans de nombreuses régions ukrainiennes, ce séminaire de quatre jours organisé fin juin a offert aux participants venus de tous les coins du territoire des moments privilégiés de sérénité et de communion.
L’atmosphère particulière de cette région montagneuse a créé un cadre idéal pour que ces jeunes puissent se ressourcer spirituellement. Dans ce havre de paix temporaire, ils ont pu vivre une expérience transformatrice, mêlant renforcement identitaire et découverte de nouvelles amitiés.
La consécration de 60 jeunes après une année de préparation intensive
Dès la première soirée du séminaire, l’émotion était palpable lors de la cérémonie de Bar et Bat Mitsva. Soixante adolescents, garçons et filles, ont franchi cette étape cruciale de leur vie juive après avoir suivi avec assiduité toutes les phases du cours de préparation organisé dans le cadre du projet Bar et Bat Mitsva de l’Union des Communautés Juives – FJC.
« C’est un moment extraordinaire pour ces jeunes qui ont travaillé dur toute l’année », explique l’un des organisateurs présents. « Voir leur fierté et leur joie lors de cette cérémonie, c’est comprendre l’importance de maintenir nos traditions même dans les circonstances les plus difficiles. »
Les nouveaux Bar et Bat Mitsva ont reçu des cadeaux précieux en reconnaissance de leurs efforts : des téfilines pour les garçons et des chandeliers en argent pour les filles, marquant symboliquement leur entrée dans l’âge adulte religieux.
Un programme riche entre tradition et modernité
Le séminaire a su allier harmonieusement les aspects traditionnels et contemporains de l’éducation juive. Les participants ont alterné entre activités sociales dynamiques, danses et rencontres, spectacles d’humour et de divertissement, cours et conférences, attractions et excursions en pleine nature.
Le point culminant du programme était un Chabbat vibrant d’énergie positive, qui a permis aux jeunes de vivre pleinement la spiritualité juive dans un cadre exceptionnel. Cette dimension spirituelle a été particulièrement appréciée par les participants, nombreux à découvrir certains aspects de la tradition pour la première fois.
Une mobilisation exemplaire des émissaires Habad
L’organisation de cet événement d’envergure a nécessité la mobilisation d’une équipe exceptionnelle. Le Rav Moshe Weber et son épouse de Dnipro, accompagnés de Mme Lena Koblova, ont coordonné cette initiative ambitieuse avec l’aide d’une équipe professionnelle du mouvement de jeunesse juive.
Plusieurs familles d’émissaires se sont spécialement déplacées pour l’occasion : le Rav Menahem et son épouse Glitzenstein de Tchernobyl, le Rav Mendel et son épouse Gottlieb de Lviv, le Rav Yossi et son épouse Teitelbaum de Khmelnitski, ainsi que les familles Tereshkevich et Nahshon de Dnipro.
« La présence de tous ces émissaires et de leurs familles témoigne de l’importance que nous accordons à l’éducation de notre jeunesse », souligne l’un des participants à l’organisation. « C’est un investissement dans l’avenir de notre communauté. »
Un soutien international pour la jeunesse juive ukrainienne
Cette initiative remarquable a pu voir le jour grâce au soutien généreux de mécènes internationaux. La Fondation de la famille Finger a apporté son soutien principal au projet, tandis que le Fonds Juif Uni de Chicago a également contribué à sa réalisation.
Ce partenariat international illustre la solidarité mondiale envers la communauté juive ukrainienne et sa détermination à maintenir ses traditions éducatives malgré les défis actuels. Il démontre également l’importance accordée par la diaspora juive au développement spirituel et culturel des jeunes générations en Ukraine.
L’événement s’inscrit dans la continuité des efforts de l’Union des Communautés Juives pour préserver et transmettre l’héritage juif aux nouvelles générations, confirmant la vitalité exceptionnelle de cette communauté face à l’adversité.
Trump, Javier Milei, Netanyahu et l’influence du Rabbi. Le Rav Chabtai Weintraub, journaliste du mouvement Habad, était l’invité du site Hidabroot et a révélé des révélations inédites sur les liens du Rabbi avec Netanyahu et son influence actuelle sur les dirigeants mondiaux.
Rav Chabtai Weintraub
Ce témoignage du Rav Chabtai Weintraub, auteur du livre ‘Il a illuminé l’Orient’ (האיר פני המזרח), explore l’influence durable du Rabbi sur la scène politique internationale, notamment à travers les témoignages de dirigeants comme Donald Trump et Benjamin Netanyahu. Il révèle comment cette figure spirituelle continue d’inspirer les décisions politiques et personnelles de nombreuses personnalités, tout en analysant les liens particuliers entretenus avec les communautés sépharades et les Rabbanim du Moyen-Orient. L’article détaille également des témoignages de miracles contemporains et l’expansion révolutionnaire du mouvement Habad à travers le monde.
Le livre ‘Il a illuminé l’Orient’ (האיר פני המזרח) paraît à l’occasion du 40e anniversaire de la mort du ‘Baba Sali’, révélant pour la première fois le réseau de relations remarquables qui s’est créé entre Sa Sainteté le Rabbi de Loubavitch et le saint sage Rabbi Israel Abuhatzeira, le saint ancêtre le ‘Baba Sali’, ainsi qu’avec son fils qui a continué sa voie, le saint sage Rabbi Meir Abuhatzeira, que sa mémoire soit bénie, le ‘Baba Meir’, et également avec les grands rabbins d’Orient au cours des deux derniers siècles.
Ces relations ont commencé à se former dès l’accession du Rabbi à la direction du mouvement Loubavitch en 1950, quand il a commencé à envoyer ses émissaires saints au Maroc, en Tunisie et ailleurs, avec l’objectif clair de sauver les dizaines de milliers de Juifs du Maroc et d’Orient des griffes de la destruction spirituelle qui avait commencé à cette époque, exprimée par l’établissement de réseaux éducatifs étrangers à l’esprit du judaïsme. Le Rabbi de Loubavitch a agi avec force, détermination et dévouement sans limites pour restaurer la couronne à sa gloire d’antan, en établissant des centaines d’institutions éducatives pour garçons et filles, en formant des milliers d’éducateurs, rabbins et servants du sacré dans des dizaines de villes et villages au Maroc et dans ses environs.
Trump et le pèlerinage au Ohel qui a changé son destin politique
L’histoire la plus saisissante de cette influence contemporaine se déroule en octobre dernier, durant les dix jours de pénitence entre Roch Hachana et Yom Kippour. Donald Trump, alors candidat à la présidence, traverse une période particulièrement difficile de sa campagne. Les sondages lui sont systématiquement défavorables et les principales prédictions électorales annoncent sa défaite face à Kamala Harris.
C’est dans ce contexte critique que des conseillers, dont plusieurs personnalités non-juives, lui suggèrent une démarche inhabituelle : se rendre au Ohel du Rabbi dans le quartier de Queens à New York. « Va au Ohel du Rabbi, tu auras des miracles », lui auraient-ils dit selon les témoignages rapportés par le Rav Chabtai Weintraub.
Le futur président accepte cette recommandation et se rend effectivement au Ohel un jour avant Roch Hachana, accompagné de sa délégation. Selon la tradition, il y dépose son pidione nefech, une demande écrite de bénédiction et de guidance spirituelle. Cette visite, filmée et largement diffusée, marque un tournant dramatique dans sa campagne électorale.
« Cette nuit-là même où il arrive au tombeau du Rabbi et y dépose son pidione nefech, les prédictions changent », relate le Rav Weintraub dans son témoignage émouvant. « Exactement un mois plus tard, il est élu président – c’est extraordinaire ! »
Aujourd’hui président élu, Trump a publié une lettre officielle en l’honneur du Guimel Tamouz, date de commémoration du Rabbi, démontrant ainsi la reconnaissance durable qu’il porte à cette figure spirituelle. Cette démarche inédite d’un président américain témoigne de l’impact profond de cette expérience sur sa perception du spirituel.
Netanyahu et ses 45 minutes historiques avec le Rabbi
Benjamin Netanyahu entretient depuis des décennies une relation particulière avec l’héritage du Rabbi, relation qui influence encore aujourd’hui ses décisions politiques majeures. Leur rencontre la plus marquante remonte aux années 1980, lorsque Netanyahu occupait le poste d’ambassadeur d’Israël aux Nations Unies.
« Un ami m’a dit que je devais venir à une grande convention ce soir, et nous y sommes allés ensemble. C’était fantastique, j’étais énormément impressionné et ému », confie Netanyahu dans un témoignage vidéo bouleversant. « On m’a dit d’aller l’approcher et j’ai dit que je ne pouvais pas, je ne peux pas aller l’approcher. Alors j’ai marché très doucement, j’ai tapé sur son épaule droite et j’ai dit que j’aimerais venir vous voir. Il a regardé de côté et a dit ‘juste pour voir, pas pour parler’, et nous avons commencé à parler. »
Cette rencontre exceptionnelle eut lieu un soir de Sim’hat Torah, la fête de la joie de la Torah, devant des milliers de fidèles rassemblés au siège mondial de Habad à Brooklyn. Le Rabbi, alors âgé de 89 ans, interrompit les célébrations traditionnelles et les danses avec les rouleaux de Torah pour s’entretenir avec le jeune diplomate israélien de 35 ans.
« Nous avons eu une conversation de 45 minutes et les gens étaient très impatients », poursuit Netanyahu. Cette durée exceptionnelle témoigne de l’importance que le Rabbi accordait à cet échange. Ils discutèrent en profondeur de politique israélienne, de stratégie de défense, d’intégrité territoriale et de la position d’Israël face aux pressions internationales.
Le Rabbi développa devant lui sa vision géopolitique, insistant sur la nécessité d’une « direction ferme en faveur de l’intégrité du territoire, de ne pas céder aux Arabes car c’est un danger ». Il alla jusqu’à critiquer la tendance d’Israël à « avoir honte de demander » face aux États-Unis, prônant une diplomatie plus affirmée et indépendante.
Les prédictions prophétiques qui défient la logique politique
Lors de leurs échanges approfondis, le Rabbi formula des prédictions qui se révélèrent prophétiques concernant l’avenir politique tumultueux de Netanyahu. Ces paroles, prononcées il y a plus de trois décennies, résonnent aujourd’hui avec une actualité saisissante.
« Le Rabbi lui dit que le Saint béni soit-Il est de ce côté-là, même si 119 députés sont contre toi », rappelle le Rav Weintraub, faisant référence aux difficultés politiques actuelles du Premier ministre israélien. Cette prédiction précise du nombre 119 frappe par sa justesse, la Knesset comptant 120 députés.
Netanyahu lui-même reconnaît cette influence prophétique avec une émotion palpable : « Le Rabbi est un prophète, il a des rayons laser qui percent l’avenir. Comment a-t-il pu me dire pour les 119 ? Il ne m’a pas laissé même un seul député. Il m’a pris tous les 119 contre moi. »
Cette prédiction prend tout son sens dans le contexte politique israélien actuel, où Netanyahu fait face à une opposition parlementaire quasi-totale, des manifestations massives et des procédures judiciaires complexes, tout en conservant miraculeusement son poste de Premier ministre. « Chaque fois que Netanyahu suit la voie du Rabbi, de protection de la terre, de ne pas céder, nous avons vu qu’il réussit », analyse le Rav Weintraub.
Une anecdote particulièrement touchante révèle la profondeur spirituelle de ces échanges. Un jour, Netanyahu arriva en retard chez le Rabbi, qui lui dit : « Plusieurs heures ont déjà passé et le Messie n’est toujours pas venu. » Quand Netanyahu répondit « nous faisons, nous faisons », le Rabbi répliqua avec bienveillance : « Mais ce n’est pas suffisant. »
La rencontre diplomatique avec le président argentin et l’art de la guidance spirituelle
Un épisode récent illustre parfaitement la continuité de cette influence spirituelle sur la diplomatie contemporaine. Quarante-huit heures exactement avant la grande offensive israélienne en Iran – opération qui stupéfia le monde par sa précision et ses résultats « miraculeux » selon les observateurs -, Netanyahu reçoit en visite officielle le président argentin Javier Milei.
Cette rencontre, loin d’être anodine, révèle des dimensions spirituelles insoupçonnées. Le président argentin, qui avait rencontré personnellement le Rabbi à plusieurs reprises lors de distributions de dollars et assisté aux offices, offre à Netanyahu un tableau qu’il a personnellement peint représentant sa propre rencontre avec le Rabbi.
Le président argentin confie alors à Netanyahu avec une sincérité remarquable : « Si tu écoutes mes discours publics, tu verras que je cite aussi les enseignements du Rabbi dans mes allocutions. » Cette révélation surprenante démontre comment l’influence du Rabbi transcende les frontières religieuses et nationales, touchant même des dirigeants non-juifs.
La réponse de Netanyahu est tout aussi révélatrice : « Sache que le Rabbi est un prophète, il a des rayons laser qui percent l’avenir. » Cette conversation entre deux dirigeants de puissances mondiales, évoquant un leader spirituel disparu, témoigne de l’impact universel et durable des enseignements du Rabbi.
L’ironie de l’histoire veut que cette rencontre spirituelle précède de quelques heures seulement une opération militaire d’une complexité extraordinaire, dont le succès défia toutes les prévisions stratégiques conventionnelles.
L’héritage sépharade et la stratégie révolutionnaire vers les communautés du Moyen-Orient
L’influence du Rabbi ne se limitait nullement aux personnalités politiques ashkénazes. Sa vision géostratégique incluait une priorité particulière accordée aux communautés sépharades, vision qui se révéla prophétique pour l’avenir du judaïsme mondial.
Dès 1950, une semaine seulement après le décès de son beau-père le Rabbi Yossef Its’hak, le Rabbi prit une décision révolutionnaire : envoyer son tout premier émissaire non pas en Allemagne devastée par la Shoah, ni en Australie ou dans d’autres communautés ashkénazes, mais au Maroc, vers les communautés sépharades d’Afrique du Nord.
« Le Rabbi envoya au Maroc parce qu’il y avait là-bas encore comme dans les époques précédentes », explique le Rav Weintraub en détaillant cette stratégie visionnaire. « C’était en 1950, il y avait encore comme autrefois, mais la modernisation commençait et ils commençaient à installer des écoles laïques pour introduire des influences étrangères dans le judaïsme le plus important et authentique du monde – le judaïsme marocain. »
Le Rabbi envoya le Rav Michael Lipsker à Meknès, chez le Rav Raphaël Barouch Toledano, mémoire du juste, pour établir des écoles talmudiques traditionnelles. Cette mission révèle la compréhension profonde du Rabbi concernant les enjeux culturels et spirituels de l’époque.
Les correspondances de cette période, découvertes dans les archives, révèlent des échanges extraordinaires entre le Rabbi et les leaders sépharades. « Vous voyez la révolution immense », commente le Rav Weintraub. « J’ai rencontré le Rav Aviezer qui dirigeait l’éducation du parti Shas pendant 17 ans. Il a aussi étudié chez Habad au Maroc. Un Juif habitant Ramat Shlomo m’a dit : ‘Sache que chaque jour, quand tu vois à Porat Yosef, tous ceux-ci sont tous des élèves de Habad au Maroc que le Rabbi a transformés en érudits de la Torah.' »
Cette stratégie porta ses fruits de manière spectaculaire. Le fils du Rav Michael Lipsker, aujourd’hui âgé de 85 ans et résidant à Crown Heights, bénéficia même d’un Chidouh arrangé par le Rabbi lui-même. « Le Rabbi dit : ‘J’ai un Chidouh pour toi, il y a une jeune fille au Maroc’ – la fille du Rav Yaakov Abuhatzeira. Le Rabbi, à des milliers de kilomètres de distance, arrange le mariage. »
Baba Sali et la correspondance mystique entre géants spirituels
L’un des liens les plus remarquables et mystiques fut celui établi entre le Rabbi et Baba Sali (Rabbi Israel Abuhatzeira), figure légendaire du judaïsme sépharade. Cette relation transcendait les distances géographiques et les différences culturelles, révélant une reconnaissance mutuelle entre géants spirituels.
Selon les témoignages recueillis par le Rav Abergel, Baba Sali effectua un « Halom cheilah » (rêve de question), pratique kabbalistique permettant de recevoir des réponses spirituelles par le biais des songes, pour identifier qui était « le plus grand de la génération » à l’époque. La réponse qu’il reçut établit immédiatement un lien spirituel profond avec le Rabbi.
Cette connexion mystique se concrétisa par une correspondance extraordinaire dont subsistent quatre lettres et plusieurs envois. Ces documents révèlent des échanges d’une profondeur spirituelle remarquable entre deux maîtres qui ne se rencontrèrent jamais physiquement mais partageaient une vision commune du destin du peuple juif.
L’épisode le plus saisissant de cette relation concerne une décision cruciale de Baba Sali. Après avoir quitté le Maroc pour s’installer en Israël, il manifesta le désir de partir aux États-Unis pour être plus proche du Rabbi et se consacrer entièrement à l’étude et à la méditation. Cette décision révèle l’attraction spirituelle puissante qu’exerçait le Rabbi même sur les plus grands maîtres de l’époque.
Cependant, le Rabbi s’opposa fermement à ce projet dans une lettre d’une portée prophétique : « Les trésors et les pouvoirs spéciaux de ses ancêtres saints lui ont été donnés pour sauver tout le peuple d’Israël de l’apostasie, et il lui est interdit de quitter la Terre d’Israël. »
Cette directive du Rabbi se révéla prophétique. Aujourd’hui, des décennies après la disparition de Baba Sali, son influence spirituelle rayonne effectivement sur tout le peuple juif, et son tombeau à Netivot est devenu un lieu de pèlerinage majeur attirant des centaines de milliers de visiteurs annuellement.
« Beaucoup de justes d’Abuhatzeira étaient alors au Maroc, bien plus âgés et bien plus connus que Baba Sali, et le Rabbi détermine spécifiquement que c’est lui », observe le Rav Weintraub. « Et nous voyons aujourd’hui que le monde entier se tourne vers Baba Sali. Ce n’est pas par hasard. »
L’attachement profond au Baal Shem Tov et la continuité hassidique
La relation entre Baba Sali et l’héritage hassidique révèle des dimensions encore plus profondes. Un témoignage de première main, rapporté par le gendre de Baba Sali, le Rav Mahluf Krispil, illustre l’attachement passionné du maître sépharade aux enseignements du fondateur du hassidisme.
« Un jour, il y avait là-bas un directeur de yeshiva qui s’est permis de parler avec un certain dédain du Baal Shem Tov », raconte le Rav Weintraub. « Le lendemain, Baba Sali quitta Yavneh. C’est la raison pour laquelle il quitta Yavneh – parce qu’on avait parlé avec dédain du Baal Shem Tov. »
La réaction de Baba Sali fut immédiate et sans appel. Il déclara au Rav Krispil concernant ce directeur : « Si demain son kollel ne ferme pas, je ne suis plus Baba Sali. » Le lendemain même, les autorités municipales de Yavneh et le ministère des Affaires religieuses suspendirent le financement, entraînant la fermeture immédiate de l’institution.
Suite à cet incident, Baba Sali déménagea à Ashkelon, puis définitivement à Netivot, où il établit son centre spirituel. « Voyez comme il était zélé pour l’honneur du Baal Shem Tov », commente le Rav Weintraub. « Cette connexion intérieure n’est pas fortuite. »
Cette affinité spirituelle explique en partie pourquoi l’héritage de Baba Sali continue de rayonner aujourd’hui bien au-delà des frontières du judaïsme sépharade, touchant toutes les communautés juives et même des non-Juifs du monde entier.
L’histoire miraculeuse du Rav Mazouz et la guérison instantanée
Parmi les témoignages les plus bouleversants de l’influence contemporaine du Rabbi figure celui du Rav Chabtai Weintraub concernant le regretté Rav Meir Mazouz, figure emblématique du judaïsme sépharade contemporain. Ce récit, vécu personnellement par le narrateur, illustre la puissance spirituelle attribuée aux bénédictions du Rabbi.
En 1990, le jeune Weintraub, alors âgé de seulement 18 ans, effectue son premier voyage chez le Rabbi pour le mois de Tichri, période de fêtes juives particulièrement intense à Crown Heights. Cette expérience transformatrice allait marquer sa vie et celle de nombreuses autres personnes.
Le soir de Yom Kippour, qui tombait un samedi, le jeune homme reçoit un appel d’urgence depuis Israël. Son ami de Bnei Brak lui annonce une nouvelle dramatique : l’épouse du Rav Mazouz vient d’être hospitalisée dans un état critique. « Elle a une hémorragie cérébrale », lui explique-t-on avec les termes médicaux de l’époque. « Tu dois absolument repasser devant le Rabbi pour qu’il prononce le mot ‘guérison’. Car l’état est tel que les médecins disent que même si elle survit, elle restera dans un état végétatif toute sa vie. »
Le dilemme est de taille pour le jeune homme. Selon l’usage, on ne passe généralement qu’une seule fois devant le Rabbi lors de la distribution des dollars du dimanche. « J’ai dit : ‘Écoute, je suis déjà passé devant le Rabbi, on ne passe pas deux fois. Ce n’est pas simple' », raconte-t-il. Mais face à l’urgence vitale – « c’est une question de pikouah nefech (sauvetage d’une vie) qui repousse toute la Torah » -, il accepte cette mission délicate.
La scène qui suit révèle l’humanité extraordinaire du Rabbi. Durant la distribution des dollars, événement hebdomadaire où des milliers de personnes défilent devant le Rabbi pour recevoir une bénédiction personnelle et un dollar à donner à la charité, le jeune Weintraub s’approche avec appréhension.
« Je murmure vraiment au Rabbi : ‘Rav Mazouz, sa femme a une hémorragie cérébrale, je demande une bénédiction' », raconte-t-il avec émotion. « J’ai mentionné le nom – la Rabbanit – je ne me souviens plus du nom de la mère. »
La réponse du Rabbi fut immédiate, précise et prophétique. « Le Rabbi sort le dollar, ‘psourot tovot’ (bonnes nouvelles) comme ça en hébreu, ‘refouah kerova, ah, hatzlaha raba, refouah kerova’ (guérison proche, ah, beaucoup de succès, guérison proche). »
L’expression « refouah kerova » (guérison proche) résonne encore dans la mémoire du témoin. « J’ai couru immédiatement, j’ai dit : ‘Le Rabbi a dit cela !’ C’était le 11 Tichri 5751. Le Rabbi a dit ‘guérison proche’. »
L’organisation logistique qui suivit témoigne de l’efficacité du réseau mondial Habad. Immédiatement, quelqu’un prit l’avion pour Israël pour apporter le dollar béni au Rav Mazouz avant les fêtes de Souccot. Pendant ce temps, le jeune Weintraub, pris dans l’effervescence des célébrations hassidiques – « la grande affluence de Souccot et Sim’hat Beit Hashoeva et les discours » -, oublia temporairement cette mission.
« À la fin de Souccot, je rappelle en Israël le même ami. Il crie : ‘Tu ne comprends pas ce qui s’est passé ici !’ ‘Qu’est-ce qui s’est passé ?’, je ne me souvenais même plus, croyez-moi, j’avais oublié. Il me dit : ‘Tu ne comprends pas ce qui s’est passé ! Les médecins ont fait un scanner de contrôle, ils disent que tout a disparu comme si rien ne s’était passé !' »
La confirmation médicale du miracle et l’impact durable
La suite du récit révèle des dimensions encore plus extraordinaires. Le Rav Mazouz lui-même, homme de science autant que de spiritualité, entreprit de comprendre médicalement ce qui s’était produit. « Après cela, le Rav Mazouz raconte qu’il est allé voir les médecins pour demander ce qui s’était passé. Ils lui ont dit : ‘Honorable Rav, il n’y a pas d’explication. C’est ce qui arrive, nous ne voyons rien, nous ne voyons rien du tout.' »
Cette confirmation médicale de l’inexplicable – « Ce n’est pas une simple douleur qui a disparu, elle avait une hémorragie cérébrale et tout a disparu comme si rien ne s’était passé » – frappa profondément le Rav Mazouz et renforça sa vénération pour le Rabbi.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Des années plus tard, lorsque le jeune Weintraub revint en Israël, le Rav Mazouz manifesta une gratitude extraordinaire. « D’abord, il vint à la cérémonie de conclusion du Rambam à Bnei Brak dans le quartier Shikunei, il était tellement heureux avec moi. D’abord, le Rav Mazouz avait une telle reconnaissance, j’avais parfois honte, il mentionnait toujours que ‘le Rav Weintraub est passé devant le Rabbi et a demandé pour moi une bénédiction’ jusqu’à la dernière année de sa vie. »
Cette reconnaissance dura effectivement jusqu’aux derniers moments de la vie du Rav Mazouz. Récemment, lorsque le Rav Weintraub lui rendit visite avec le père de Yosef Haim ben Miriam Yohana (otage libéré), il apporta le livre documentant les relations entre le Rabbi et les sages sépharades.
« Il eut dix minutes, il n’arrêtait pas de louer le livre et de bénir et de bénir et s’enthousiasma pour la lettre du Rav Meir Abuhatzeira qu’il avait écrite au Rabbi deux mois avant que le Rabbi accepte la présidence », raconte le Rav Weintraub. Cette lettre, découverte par providentielle, révèle comment le Rav Meir Abuhatzeira reconnaissait déjà la grandeur du Rabbi en l’appelant « Sar HaTorah » (Prince de la Torah).
La visite de reconnaissance au Rabbi et la distribution prophétique des dollars
L’épilogue de cette histoire révèle des dimensions prophétiques supplémentaires. En reconnaissance du miracle, le Rav Mazouz décida de se rendre personnellement chez le Rabbi avec son épouse guérie et leur fille Geoula. Cette visite eut lieu trois mois exactement avant l’accident vasculaire cérébral qui affecta le Rabbi, dernière occasion pour le Rav Mazouz de rencontrer physiquement celui qu’il considérait désormais comme son sauveur spirituel.
« Il présente sa femme et le Rav lors de la distribution des dollars, et il apporte au Rabbi aussi un livre qu’il avait publié sur les coutumes de Djerba et le livre de son père, le Rav Matzliah Mazouz, ‘HaShem Makom Damo’, qui correspondait aussi avec le Rabbi. »
La scène qui suivit défia tous les protocoles habituels de la distribution des dollars. « Le Rabbi lui donne dans cette même distribution encore 9 dollars supplémentaires ! Et chose extraordinaire, c’est une conversation qui dura près de deux minutes et le Rabbi lui donne encore 9 dollars durant toute la conversation pendant qu’il demande des bénédictions. »
Cette attention exceptionnelle – donner dix dollars au total lors d’une seule rencontre – était pratiquement inédite. Le Rabbi expliqua lui-même cette pratique symbolique : les dollars américains portent l’inscription « In God We Trust » (En D.ieu nous avons confiance), permettant ainsi à cette bénédiction monétaire de porter une dimension spirituelle particulière.
Le Rav Mazouz repartit transformé vers Israël. Sa femme vécut encore exactement neuf années supplémentaires, décédant en 5761 (2001). « Quand je vins le consoler, je n’oublierai jamais cela. Le Rav Mazouz, mémoire du juste, me fit asseoir à côté de lui et me demanda : ‘Décris-moi comment le Rabbi a dit quand tu es passé, comment le Rabbi a dit.' »
Après avoir écouté attentivement le récit détaillé, le Rav Mazouz livra une analyse qui révèle sa compréhension profonde de la dimension spirituelle de l’événement : « Écoute, exactement comme cela, le Rabbi lui a accordé dix années en cadeau. Sache qu’elle était censée ne pas vivre, il lui a accordé dix années en cadeau. »
La révolution technologique et médiatique initiée par le Rabbi
Le Rabbi fut également un visionnaire révolutionnaire dans l’utilisation des technologies modernes pour la diffusion de la spiritualité juive. Cette approche, considérée comme controversée à l’époque dans le monde religieux, se révéla prophétique et transforma radicalement la pratique religieuse contemporaine.
Dès les années 1950, à une époque où le monde religieux manifestait des réticences importantes envers les médias modernes, le Rabbi lança des émissions de radio hebdomadaires aux États-Unis. Cette initiative révolutionnaire s’appuyait sur un principe fondamental qu’il répétait constamment : « Tout ce que le Saint béni soit-Il a créé, Il ne l’a créé que pour Sa gloire, et il faut utiliser cela pour amener les millions vers la Torah. »
Cette vision s’opposait diamétralement aux conceptions traditionnelles de l’époque. « Il y avait alors une polémique tranchante dans le monde religieux sur comment se rapporter à la technologie », explique le Rav Weintraub. « Le Rabbi commença avec les médias déjà en 1970, mais dès 1950 il disait qu’il faut exploiter les médias pour la Torah car cela amènera les millions vers la Torah, vers l’accomplissement des commandements, vers l’étude de la Torah. »
Cette stratégie médiatique s’appuyait sur une compréhension profonde des enjeux de l’époque. Après la Shoah, des millions de Juifs se trouvaient déracinés, assimilés ou en voie d’assimilation. Les méthodes traditionnelles d’éducation religieuse ne permettaient plus d’atteindre ces populations dispersées géographiquement et culturellement.
Le Rabbi développa alors le concept révolutionnaire de « mivtza » (campagne), transformant l’approche passive traditionnelle en démarche proactive. « Qui avait pensé en général à rapprocher des Juifs ? Aujourd’hui, un Juif se tient dans la rue, il n’a pas mis de Tefilines depuis 60 ans, il n’a pas honte et il dit ‘Shema Israel’ dans la rue. »
Cette transformation culturelle majeure permit l’émergence du phénomène contemporain des Tefilines publiques, devenu emblématique du mouvement Habad. « Tu sais quel plaidoyer pour Israël c’est ? Des millions », s’enthousiasme le Rav Weintraub.
L’approche universelle de chaque Juif et la mission de proximité
La philosophie du Rabbi reposait sur le principe révolutionnaire que chaque Juif, indépendamment de son niveau de pratique ou de connaissance, possède une étincelle divine qu’il faut réveiller et nourrir. Cette approche, radicalement différente des méthodes élitistes traditionnelles, transforma la perception de la mission spirituelle.
« Dans notre génération, dit le Rabbi, tu ne peux pas être un bon Juif en restant dans ton coin si tu n’influences pas un autre Juif », rapporte le Rav Weintraub. « C’est un problème. Aujourd’hui, il n’est plus possible de ne pas influencer les autres. Chacun, dit le Rabbi, selon ce qu’il sait, doit influencer à son niveau. Tu n’as pas besoin d’être un grand Rav. Tu connais ‘Chir HaMaalot’ ? Récite-le avec ton ami. Tout ce que tu sais en judaïsme, transmets-le à un autre. »
Cette démocratisation de la mission spirituelle explique l’expansion phénoménale du mouvement Habad à travers le monde. L’anecdote récente d’un manifestant pro-palestinien à Paris, rue des Rosiers, illustre parfaitement cette approche sans exclusive.
« J’ai vu cette semaine une photo de quelqu’un à Paris qui avait l’air complètement non-juif, ‘Free Palestine’ écrit sur son T-shirt, vraiment l’un de ceux qui manifestent contre l’État d’Israël. Un eleve de la Yechiva Loubavitch de Brunoy lui a apparemment parlé quelques mots et il a découvert qu’il était juif. Il lui a dit ‘viens mettre les Tefilines’ et tu le vois passer de ‘Free Palestine’ avec les Tefilines sur lui. »
Cette image surréaliste – un manifestant anti-israélien portant simultanément un slogan hostile et les Tefilines – symbolise parfaitement la philosophie du Rabbi : « Cela montre comment les émissaires Habad n’abandonnent jamais personne. Certainement, ils n’abandonnent personne. L’étincelle juive existe chez chacun. »
La mission post-Shoah et la promesse d’une génération méritante
La motivation profonde de cette approche révolutionnaire s’enracine dans la réponse du Rabbi au traumatisme de la Shoah. Face à la destruction de six millions de Juifs et à la menace d’assimilation massive dans l’après-guerre, le Rabbi formula une promesse audacieuse qui défie toute logique démographique.
« Après la Shoah, le peuple d’Israël était dans le désespoir. Que va-t-il se passer ? Est-ce que des millions vont partir vers l’assimilation ? », rappelle le Rav Weintraub. « Le Rabbi dit : ‘Non, je ne permettrai pas qu’il y ait une génération entièrement coupable avant le Messie. Le Rabbi dit : ‘Chez moi, il y aura une génération entièrement méritante.' »
Cette promesse théologique audacieuse s’accompagna d’une stratégie pratique révolutionnaire. Au lieu de se contenter de préserver les communautés religieuses existantes, le Rabbi lança ses émissaires dans une mission mondiale de rapprochement spirituel.
L’exemple de la Russie soviétique illustre l’ampleur de ce défi. « Pensez à la Russie. Elle était dans un état d’effacement total, qu’il n’y ait plus un seul Juif qui observe Torah et commandements. Les émissaires ont fait là-bas – c’est impossible à décrire. Pas seulement la Russie, toute l’Union soviétique. »
Aujourd’hui, cette mission porte ses fruits de manière spectaculaire. « Aujourd’hui, il y a un Grand Rabbin, le Rav Ber Lazar, Rav de Russie », témoigne le Rav Weintraub. Cette transformation d’un territoire où le judaïsme était persécuté en une région dotée d’institutions religieuses officielles illustre la réalisation progressive de la vision du Rabbi.
La vision géopolitique prophétique et l’intégrité territoriale d’Israël
Sur le plan géopolitique, le Rabbi développa une vision claire et prémonitoire concernant la sécurité d’Israël et les dangers des concessions territoriales. Ses positions, souvent incomprises à l’époque, se révèlent aujourd’hui d’une actualité saisissante face aux défis sécuritaires contemporains.
Le Rabbi s’opposa fermement aux accords de Camp David avec l’Égypte dans les années 1970, prédisant que ces concessions territoriales ouvriraient la voie à des exigences toujours plus importantes de la part des pays arabes. « Le Rabbi pleura, cria des milliers d’heures aussi sur ce qui divise les Juifs sur la question de l’assimilation en Israël. L’intégrité de la terre, c’est important, pas du nationalisme – le Rabbi présenta cela comme du pikouah nefech (danger mortel), c’est un danger pour le peuple d’Israël. »
Cette analyse géostratégique se révéla prophétique. « Qu’est-ce qui arriva immédiatement après les accords de Camp David ? La révolution en Iran. Ce même Carter qui nous imposa les accords égyptiens, les accords de paix illusoires qui amenèrent toute la radicalisation, finit par reconnaître le Shah en Iran, amenant ce régime iranien qui devint un proxy dans le monde entier pour détruire le peuple d’Israël. »
L’enchaînement géopolitique décrit par le Rabbi – concessions territoriales menant à un renforcement des ennemis d’Israël – se concrétisa effectivement par l’émergence de l’Iran comme puissance régionale hostile et le développement de ses réseaux de proxies (Hezbollah au Liban, Hamas à Gaza, etc.).
Le Rabbi formula également des mises en garde précises concernant les négociations avec les Palestiniens. « Le Rabbi cria après la guerre des Six Jours de ne pas aller à la guerre d’usure et aux accords de cessez-le-feu. Cela amena la guerre de Yom Kippour », analyse rétrospectivement le Rav Weintraub.
Les prédictions contemporaines et l’opposition aux processus d’Oslo
L’opposition du Rabbi aux processus de paix se manifesta de manière particulièrement dramatique lors de la conférence de Madrid en 1991, sous le gouvernement Shamir. Le Rav Weintraub, présent à cette époque historique, témoigne de l’intervention directe du Rabbi dans la politique israélienne.
« J’eus la chance d’être en 5752 (1991), le 10 Shevat, quand Moshe Katsav commença la conférence de Madrid du Likoud pour faire la conférence de Madrid pour s’asseoir avec les Arabes à l’époque d’Yitzhak Shamir, avant qu’il ne tombe. »
La réaction du Rabbi fut sans appel : « Le Rabbi dit que cela amènera un danger pour des millions de Juifs, et le Rabbi dit : ‘Si ils n’arrêtent pas, si c’est cela, je ferai tomber le gouvernement.’ C’est dangereux. Et ils dirent : ‘Non, ce n’est pas dangereux, ce ne sont que des discussions.' »
La prédiction du Rabbi se réalisa avec une précision troublante : « Le gouvernement tomba et arriva Oslo. Et qu’est-ce qu’ils dirent ? ‘Nous continuons les discussions.’ Aussi le Rabbi était contre les discussions. Le Rabbi dit que si tu parles avec les Arabes de remise de territoires, c’est de la faiblesse, et la faiblesse, ils savent comment l’exploiter au Moyen-Orient. »
Cette analyse géopolitique révèle la compréhension profonde du Rabbi concernant la psychologie politique moyen-orientale, malgré le fait qu’il n’ait jamais physiquement visité la région. « Vous savez que le Rabbi comprenait le langage du Moyen-Orient quand il n’était pas au Moyen-Orient », observe le Rav Weintraub.
L’amour d’Israël comme fondement de la mission mondiale
L’ensemble de cette vision géopolitique s’enracinait dans un amour profond pour la Terre d’Israël qui caractérisait le Rabbi, malgré le fait qu’il n’y ait jamais physiquement résidé. Cet attachement spiritual transcendait les contingences géographiques et influençait toutes ses directives.
« Le Rabbi n’était pas en Terre d’Israël, mais je me souviens que notre maître le Pone Menahem Eigur, mémoire du juste, qui visitait le Rabbi, disait : ‘Vous pensez que nous vivons en Terre d’Israël ? Lui vit la Terre d’Israël 24 heures sur 24.’ Après qu’il soit sorti, ils disaient toujours dans les réclamations : ‘Le Rabbi dit quoi faire, que faire ici en Terre ? Faire des sottises dans des vanités ?' »
Cette passion pour Israël s’exprimait paradoxalement par un refus catégorique de quitter New York. « Le Rabbi était 40 ans enfermé dans sa chambre et ne sortait que vers l’Ohel du saint de son beau-père. Le Rabbi avait un amour d’Israël énorme. »
Cet amour se manifestait par une attention constante aux moindres détails concernant la sécurité et le bien-être des Juifs d’Israël, attention qui impressionnait tous ceux qui l’approchaient.
L’héritage contemporain et la mission de chaque individu
L’influence du Rabbi perdure aujourd’hui à travers les milliers d’émissaires Habad répartis dans le monde entier, créant un réseau spirituel sans précédent dans l’histoire juive moderne. Cette infrastructure permet la réalisation concrète de la vision du Rabbi concernant la mission universelle de chaque Juif.
« Le Rabbi dit que chaque Juif né dans notre génération est un émissaire du Créateur pour la diffusion du judaïsme », explique le Rav Weintraub. « Et cela dépend de la personne. C’est pourquoi le Rabbi voulait tellement que tous les milieux éduquent sur la mission, car un homme ne peut pas être seulement pour lui-même. »
Cette philosophie transforme radicalement la conception traditionnelle de la pratique religieuse, passant d’une approche individuelle à une responsabilité collective. « Cela donne au Juif la force aussi dans l’observance de la Torah et des commandements chez lui et chez les membres de sa famille, et aussi par le fait qu’il rapproche. »
Le principe talmudique sous-jacent renforce cette motivation : « Celui qui fait mériter les masses, aucun péché ne vient par sa faute », citation du traité Avot qui encourage chacun à devenir un vecteur de rapprochement spirituel.
Cette approche répond aux défis contemporains du judaïsme post-moderne. « Dans notre génération qui était très troublée après la Shoah et après tout ce que le peuple d’Israël a traversé, et l’assimilation et la réforme, les gens se tenaient confus. Aussi de grands de la génération ne savaient pas comment faire face à cette génération. »
L’expérience universelle des centres Habad et l’identité juive assumée
L’impact pratique de cette philosophie se mesure aujourd’hui par l’expérience universelle des Juifs voyageant à travers le monde. Le réseau Habad est devenu un repère identitaire incontournable, transcendant les différences de pratique religieuse ou d’origine géographique.
« Tu connais un seul Israélien qui voyage à l’étranger et qui dans l’itinéraire ne demande pas où il y a un Beth Habad ? Il n’y a pas une telle chose », observe le Rav Weintraub avec justesse. Cette réalité sociologique témoigne de l’ancrage profond de l’héritage du Rabbi dans la conscience juive contemporaine.
L’exemple de l’aéroport JFK illustre cette réalité : « Ils descendent à JFK à New York, j’ai vu plusieurs fois là-bas des Israéliens qui crient : ‘Où y a-t-il Min’ha ? Combien de temps de trajet du tombeau du Rabbi ?’ Sept minutes, dix minutes. »
Cette proximité géographique entre l’aéroport international et le lieu de sépulture du Rabbi n’est pas fortuite selon les croyants. Elle permet à des milliers de visiteurs annuels de combiner voyage d’affaires et pèlerinage spirituel, créant un flux constant de Juifs du monde entier vers Crown Heights.
L’expérience type de ces visiteurs révèle l’efficacité de l’infrastructure Habad : « Il n’y avait pas besoin de chercher un lieu du tout, sept minutes vers son tombeau, puis Min’ha, cours de Torah, puis Arvit (office du soir), ils boivent et continuent. »
La transformation personnelle à travers l’étude de la Tanya
Le témoignage personnel du Rav Weintraub illustre comment l’héritage du Rabbi continue de transformer des vies individuelles, même des décennies après sa disparition. Son propre parcours révèle les dimensions pratiques de cette influence spirituelle.
« Je n’ai pas connu le Rabbi de près au niveau de l’étude et j’ai commencé il y a deux ans à étudier la Tanya, à étudier la Tanya intensément », confie-t-il avec une humilité touchante. « C’est vraiment un mérite car j’ai grandi dans la religiosité orthodoxe et dans mes nombreuses fautes, je n’étais pas tant dans cela. »
Cette découverte tardive de la Tanya, œuvre fondamentale du hassidisme Habad, illustre comment les enseignements du Rabbi continuent d’attirer de nouveaux adeptes à travers les générations. L’expérience personnelle du Rav Weintraub lors de son pèlerinage au tombeau du Baal HaTanya en Ukraine révèle des dimensions encore plus profondes de cette transformation.
« Il y a huit mois environ, j’étais chez le Baal HaTanya à Hadiatz, je voyageais chaque année jusqu’à la révolution, et nous avons failli rester bloqués là-bas un vendredi, nous avons failli rester bloqués là-bas en Moldavie à cause de la guerre d’Ukraine, très difficile. »
Cette expérience périlleuse – « nous avons failli rester bloqués là-bas un vendredi » – révèle les risques que prennent encore aujourd’hui les pèlerins pour se connecter aux sources spirituelles du hassidisme. Le fait que le Rav Weintraub ait immédiatement pensé à contacter le Rav de Moldavie, représentant local de Habad, illustre l’efficacité du réseau mondial créé par les disciples du Rabbi.
L’aide humanitaire internationale et l’impact sur les conflits contemporains
L’influence contemporaine du mouvement Habad se manifeste également lors des crises humanitaires majeures, comme l’illustre l’aide apportée aux réfugiés juifs d’Ukraine. Le témoignage du Rav Weintraub concernant Chypre révèle l’ampleur de cette mobilisation.
« Nous avons vu à Chypre maintenant, le Rav a aidé, je ne sais pas où il a reçu 2500 – il est aussi mon ami, le Rav Zraskey – 7000 ! 7000 personnes ! Tu vois, excuse-moi si je ne suis pas préparé – 7000 familles ! Rabbins, tous, où ont-ils reçu Torah, judaïsme, repas casher ? »
Ces chiffres révèlent l’ampleur de l’infrastructure Habad capable de mobiliser rapidement des ressources considérables pour des opérations humanitaires d’urgence. Cette capacité logistique s’enracine dans la vision du Rabbi concernant la responsabilité universelle des Juifs les uns envers les autres.
L’analyse géopolitique qui accompagne cette aide révèle également la continuité de la vision stratégique du Rabbi : « La grande guerre contre les réformés, si le Rabbi n’avait pas sorti le judaïsme à l’extérieur, nous aurions l’air de quoi aujourd’hui ? »
La bataille culturelle pour l’identité juive publique
L’une des révolutions les plus importantes initiées par le Rabbi concerne la visibilité publique du judaïsme. Avant son action, la pratique religieuse juive était largement confinée aux espaces privés ou communautaires. Le Rabbi transforma radicalement cette approche en prônant un judaïsme assumé et visible.
« Si le Rabbi n’avait pas commencé avec les grandes ménoras dans le monde entier, qui se battait contre les réformés ? Le Rabbi dans tous les tribunaux aux États-Unis pour ne pas sortir le judaïsme à l’extérieur ! »
Cette bataille juridique pour le droit d’exposer publiquement des symboles juifs comme la ménorah de Hanouka révèle une stratégie cohérente de reconquête de l’espace public. L’opposition venait paradoxalement des mouvements juifs réformés, inquiets de cette visibilité religieuse.
En Israël également, cette révolution culturelle se manifesta par les processions de Lag BaOmer : « Aussi ici en Israël, les processions de Lag BaOmer pour que les enfants n’aient pas honte du judaïsme, pas seulement à la synagogue. Le Juif traditionnel arrive le vendredi soir au Rabbi, le Rabbi sortit le judaïsme à l’extérieur. »
Cette transformation permit l’émergence d’une fierté juive publique qui influence encore aujourd’hui l’identité juive contemporaine. « Le judaïsme avec fierté, et cela transmit aux enfants, cela transmit à la génération future, à la génération de la Rédemption. Le judaïsme, c’est la continuation. Nous n’avons pas honte du judaïsme. »
La mission universelle et la promesse messianique
L’ensemble de cette œuvre s’inscrit dans une vision messianique qui donne sens à chaque action individuelle. Le Rabbi enseignait que chaque mitsva accomplie pouvait être celle qui basculerait le monde vers la Rédemption finale.
« Le Rabbi citait toujours notre maître Moïse ben Maïmon l’Espagnol que le Rabbi aussi corrigea pour étudier le Rambam – vous savez comme le Rabbi aimait le Rambam ? » Cette référence au Maïmonide révèle l’enracinement de la pensée du Rabbi dans la tradition philosophique juive classique.
La citation du Rambam que répétait constamment le Rabbi résume parfaitement cette philosophie : « Fais une mitsva, tu l’as fait pencher, lui et le monde entier, vers le mérite, et tu as causé pour eux repentir et salut. »
Cette promesse transforme chaque geste religieux en acte potentiellement rédempteur. « Je dis à tous les auditeurs de Hidbabroot, de cette chaîne importante et sainte : faites une mitsva, ne pensez pas, ne commencez pas par de grandes choses. Le Rabbi demandait une mitsva, petit à petit on monte, encore une mitsva et encore une mitsva et encore une mitsva. »
Cette approche graduelle et bienveillante contraste avec les exigences parfois décourageantes d’autres mouvements religieux. « Cela change le monde, et qui sait si ta mitsva ne sera pas celle qui amènera le Messie et la Rédemption complète, bientôt de nos jours, Amen. »
Conclusion : un héritage qui continue de façonner l’histoire
L’influence du Rabbi sur les dirigeants mondiaux illustre comment une figure spirituelle peut marquer durablement l’histoire contemporaine, transcendant les frontières religieuses, culturelles et nationales. De Trump à Netanyahu, en passant par les liens profonds avec les communautés sépharades et les témoignages de miracles contemporains, cet héritage continue de façonner les décisions politiques et personnelles à l’échelle internationale.
Cette influence ne se limite pas aux personnalités publiques mais s’étend à chaque individu à travers le réseau mondial des centres Habad et la mission de rapprochement spirituel qui caractérise ce mouvement. L’infrastructure créée par les disciples du Rabbi permet aujourd’hui à tout Juif, où qu’il se trouve dans le monde, de maintenir un lien avec ses racines spirituelles.
La vision prophétique du Rabbi concernant les enjeux géopolitiques, la révolution technologique dans la diffusion religieuse, et l’importance de l’unité du peuple juif face aux défis contemporains, continue de guider des millions de personnes dans leurs choix de vie.
Comme le conclut avec émotion le Rav Weintraub : « Qui sait si ta mitsva ne sera pas celle qui amènera le Messie et la Rédemption complète ? » Cette promesse d’espoir, enracinée dans l’action concrète et la responsabilité individuelle, résume parfaitement l’héritage durable du Rabbi sur notre époque.
La justice moscovite a condamné à 11 mois de prison ferme une chirurgienne pour faute professionnelle grave ayant causé la perte quasi-totale de la vue d’Inna Boroda. L’épouse du Rav Alexander Boroda, président de la Fédération des communautés juives de Russie depuis 2008, avait subi une intervention chirurgicale oculaire qui a mal tourné en octobre 2023. Les dommages causés ont nécessité quatre opérations de rattrapage en Italie et des frais médicaux astronomiques.
Un tribunal de Moscou a prononcé une lourde condamnation contre la chirurgienne Yekaterina Lonskaya suite à une intervention oculaire désastreuse pratiquée sur Inna Boroda en octobre 2023. L’épouse du président de la Fédération des communautés juives de Russie a failli perdre définitivement la vue à cause d’erreurs médicales graves. Malgré quatre opérations correctives coûteuses en Italie, sa vision n’a été récupérée qu’à hauteur de 30% dans un œil. La praticienne écope de 11 mois d’emprisonnement, d’une amende de 500 000 roubles et d’une interdiction d’exercer pendant deux ans et demi.
Une intervention chirurgicale qui tourne au cauchemar
En octobre 2023, Inna Boroda, épouse du Rav Alexander Boroda – figure emblématique de la communauté juive russe – s’est rendue à la clinique privée « Klezko » de Moscou pour une intervention au visage. Ce qui devait être une procédure de routine s’est transformé en drame médical aux conséquences irréversibles.
La chirurgienne Yekaterina Lonskaya, chargée de l’opération, a commis plusieurs erreurs graves qui ont failli coûter la vue à sa patiente. Selon les experts médicaux mandatés par la justice, les fautes professionnelles sont multiples et accablantes.
Des erreurs médicales en cascade
Le rapport d’expertise médicale, relayé par le site YNET, dresse un constat sans appel : « diagnostic erroné, tactique de traitement défaillante et absence de prévention des complications » constituent les facteurs déterminants de cette catastrophe médicale.
Ces négligences ont provoqué « une perte permanente de la fonction visuelle et une atteinte significative à la capacité de travail générale » chez Inna Boroda. La gravité des séquelles témoigne de l’ampleur des dysfonctionnements dans la prise en charge de la patiente.
Un parcours de soins dramatique en Italie
Face à l’urgence de la situation et l’inefficacité des soins locaux, Inna Boroda a dû se résoudre à quitter la Russie pour tenter de sauver sa vue. Direction l’Italie, où l’attendait un parcours médical long et incertain.
Quatre interventions chirurgicales successives ont été nécessaires dans une clinique italienne spécialisée. Malgré l’expertise des praticiens transalpins et la sophistication des techniques employées, les résultats demeurent très partiels. La vision n’a pu être restaurée qu’à hauteur de 30% dans un seul œil, laissant Inna Boroda avec un handicap visuel permanent.
Une facture astronomique de 300 000 euros
Les conséquences financières de cette négligence médicale atteignent des sommets vertigineux. Les médias russes révèlent que « les dépenses totales pour les traitements, l’hébergement, le transport et la rééducation se sont élevées à 27,6 millions de roubles » – soit l’équivalent d’environ 300 000 euros.
Ce montant colossal, réclamé par Inna Boroda devant la justice en guise de dédommagement, illustre l’ampleur des préjudices subis. Entre les frais médicaux spécialisés, les séjours prolongés à l’étranger et les thérapies de rééducation, la facture témoigne du long calvaire vécu par la famille Boroda.
Une condamnation exemplaire pour dissuader les négligences
Le tribunal de Moscou a rendu un verdict sévère à l’encontre de Yekaterina Lonskaya. La chirurgienne fautive écopera de 11 mois d’emprisonnement ferme, une sanction pénale rare dans ce type d’affaires médicales en Russie.
S’ajoutent à cette peine de prison une amende de 500 000 roubles et surtout une interdiction d’exercer la médecine pendant deux ans et demi. Cette mesure d’éloignement professionnel vise à protéger de futurs patients contre d’éventuelles récidives.
La sévérité de cette condamnation s’explique par la notoriété de la victime, épouse d’une personnalité influente de la communauté juive russe, mais aussi par la gravité exceptionnelle des fautes commises et de leurs conséquences irréversibles.
Le Rav Alexandre Boroda est Rabbin et activiste social juif russe, né le 2 juillet 1968 à Moscou (56 ans)
– Président de la Fédération des communautés juives de Russie depuis février 2008
– Membre de la Chambre civique de Russie depuis 2009
Parcours professionnel : – Formation : Diplômé de l’École supérieure de construction de transports de Moscou, spécialisé en géomètre minier – Début de carrière : Géomètre, a participé à la construction de stations de métro moscovites (Konkovo, Tyoply Stan, Bibirevo, Altufyevo) – Service militaire : Aviation navale soviétique (1987-1989)
Engagement religieux et social : – 1989 : Commence à fréquenter la synagogue – 1993-1998 : Travaille pour le magazine Lechaim –1996-2000 : Préside la Fondation pour le développement de la culture juive (programmes caritatifs et culturels) – 2000 : Vice-président exécutif de la FEOR, puis membre du conseil d’administration (2004) – 2008 : Élu président de la Fédération des communautés juives de Russie, réélu en 2020 – Distinctions : Ordre de l’Amitié, Médaille de l’Ordre « Pour le Mérite de la Patrie »
Nous avons tous été blessés dans la vie. Parfois par des mots, parfois par des actions, parfois par des événements qui nous ont marqués. Cette réflexion explore comment ces « morsures » peuvent devenir des sources de guérison et de croissance personnelle.
Par le Rav Y.I. Jacobson
Il y a une histoire amusante qu’on raconte souvent. Un homme émigre d’un pays où il était opprimé vers un pays libre. À son arrivée à l’aéroport, un journaliste l’aborde avec enthousiasme, espérant recueillir un témoignage poignant sur l’oppression qu’il a vécue.
« Comment était la vie dans votre ancien pays ? » demande le journaliste, micro en main.
« Je ne peux pas me plaindre », répond tranquillement l’homme.
Le journaliste, surpris par cette réponse inattendue, insiste : « Et la nourriture ? Comment était votre niveau de vie ? » Même réponse : « Je ne peux pas me plaindre. » Il continue : « Et le logement ? La liberté ? » À chaque question, l’immigrant donne la même réponse frustrante : « Je ne peux pas me plaindre. »
Le journaliste, de plus en plus agacé par ce qui semble être un témoignage raté, finit par lancer avec irritation : « Mais alors, si tout était si merveilleux, pourquoi avoir quitté votre pays ? »
L’homme sourit alors largement et répond avec enthousiasme : « Ah ! Ici, je peux me plaindre ! »
Cette histoire nous fait sourire, mais elle révèle quelque chose de profond. Parfois, pouvoir simplement exprimer nos difficultés, les nommer, les partager, est déjà un premier pas vers la guérison. La liberté de dire notre vérité, même douloureuse, est précieuse.
Quand la Vie Nous Mord
Avez-vous déjà été profondément blessé ? Je ne parle pas forcément de blessures physiques, mais de ces morsures invisibles qui marquent l’âme. Peut-être avez-vous eu un patron qui ne vous comprenait pas, qui vous rabaissait constamment. Ou des parents qui, pris dans leurs propres tourments, n’ont pas su voir votre souffrance d’enfant. Peut-être un ami proche qui vous a trahi au moment où vous aviez le plus besoin de lui, ou un partenaire qui vous a abandonné quand vous pensiez que votre amour était éternel.
Il y a aussi ces blessures que nous inflige la vie elle-même : une maladie qui bouleverse tous nos projets, un accident qui change notre perspective, la perte d’un être cher qui laisse un vide immense, ou simplement l’accumulation de petites déceptions qui finissent par nous user.
Si aujourd’hui vous ressentez de l’anxiété qui vous ronge, une fatigue qui ne se soigne pas avec le sommeil, ou ce découragement qui colore tout en gris, sachez que vous n’êtes pas seul. Nous portons tous, à des degrés différents, des blessures invisibles qui influencent notre façon de voir le monde.
La question qui me fascine depuis longtemps est celle-ci : pourquoi certaines personnes arrivent-elles mieux que d’autres à surmonter ces épreuves ? Qu’est-ce qui fait que face à des difficultés similaires, certains s’effondrent tandis que d’autres semblent puiser dans l’adversité une force nouvelle ? Quel est donc leur secret ?
Une Histoire Ancienne qui Résonne Aujourd’hui
Pour explorer cette question, j’aimerais vous raconter une histoire très ancienne, tirée de la Bible, qui m’a toujours intrigué par son apparente contradiction. Il y a des milliers d’années, un peuple voyageait dans le désert, fuyant l’esclavage pour rejoindre une terre promise. Le voyage était long, difficile, et comme souvent dans ces situations, les gens commençaient à se plaindre, à critiquer leurs dirigeants, à regretter même leur ancienne vie d’esclaves.
C’est alors qu’une catastrophe survint : des serpents venimeux attaquèrent le campement. Beaucoup de personnes furent mordues et souffraient terriblement. Certaines mouraient. La panique s’empara de la communauté. Ils vinrent supplier leur leader, Moïse, de faire quelque chose.
Moïse se tourna vers Dieu pour demander conseil. La réponse qu’il reçut fut pour le moins surprenante : « Fabrique un serpent en métal et place-le au sommet d’un mât très haut. Quiconque aura été mordu et regardera vers ce serpent d’airain guérira. »
Imaginez la scène : des gens mordus par des serpents, souffrant du venin qui se répand dans leurs veines, et on leur dit que pour guérir, ils doivent regarder… un serpent ! L’image même de ce qui les a blessés ! Cette solution peut sembler non seulement étrange, mais presque cruelle. Pourquoi regarder l’image de ce qui vous a fait mal pour guérir ?
Le Vrai Secret de la Guérison
Les sages qui ont réfléchi à cette histoire pendant des siècles ont posé la même question : est-ce vraiment le serpent en métal qui guérissait ? Bien sûr que non. Ce qui guérissait, c’était le changement de perspective qui s’opérait chez la personne.
Quand les gens levaient les yeux vers le serpent placé en hauteur, quelque chose de fondamental se passait. Au lieu de rester fixés sur leur douleur immédiate, sur la morsure qui les faisait souffrir, ils sortaient de leur vision limitée du problème. Ils prenaient du recul, levaient littéralement les yeux vers quelque chose de plus élevé, connectaient avec une perspective plus large que leur souffrance du moment.
L’enseignement est à la fois simple et révolutionnaire : ne fuyez pas vos problèmes, mais apprenez à les regarder différemment. La guérison ne vient pas toujours de l’élimination de la source de douleur, mais souvent d’un changement radical de perspective.
La Mouche Prisonnière
Cette idée me rappelle une image frappante qu’utilisait le célèbre philosophe Ludwig Wittgenstein. Il disait que son rôle de philosophe était de « montrer à la mouche le chemin pour sortir de la bouteille ».
Il expliquait ainsi sa métaphore : une mouche est coincée dans une bouteille en verre. Elle se bat de toutes ses forces, se cogne frénétiquement contre les parois transparentes, s’épuise complètement dans ses tentatives d’évasion. Elle essaie à droite, puis à gauche, puis en bas, encore et encore, des centaines de fois peut-être, jusqu’à tomber d’épuisement. Mais il y a une direction qu’elle n’explore jamais : vers le haut. Si seulement elle regardait vers le haut, elle verrait que le ciel est ouvert et qu’elle peut s’échapper par là.
Nous sommes parfois exactement comme cette mouche. Face à nos problèmes, nous nous épuisons à chercher des solutions dans toutes les directions habituelles, nous nous cognons contre les mêmes murs, nous répétons les mêmes stratégies qui ne fonctionnent pas, sauf que nous oublions de regarder vers le haut, vers une perspective plus large, plus élevée.
Deux Mondes, Deux Regards
Chaque difficulté de notre vie peut être vue de deux manières complètement différentes. C’est comme si nous avions le choix entre deux lunettes pour regarder la même réalité.
Avec les premières lunettes, celles « d’en bas », nous voyons nos problèmes dans leur aspect le plus immédiat et le plus douloureux. Nous nous demandons « Pourquoi moi ? », nous ressentons l’injustice de la situation, nous nous percevons comme des victimes impuissantes, nous avons l’impression que notre vie est gâchée ou du moins profondément abîmée.
Mais il existe d’autres lunettes, celles « d’en haut », qui nous offrent une vue complètement différente. Avec celles-ci, nous pouvons nous demander « Qu’est-ce que cette expérience peut m’apprendre sur moi-même ? », « Comment puis-je grandir grâce à cette épreuve ? », « Quelle force inconnue puis-je découvrir en moi ? », « Comment cette difficulté peut-elle m’aider à mieux comprendre et aider d’autres personnes qui traversent la même chose ? »
Les circonstances extérieures ne changent peut-être pas – la maladie reste la maladie, la perte reste la perte, la trahison reste la trahison – mais leur signification peut complètement se transformer. Et c’est cette transformation de sens qui peut nous guérir, nous fortifier, nous faire grandir.
Quand le Poison Devient Remède
Il y a quelque chose de fascinant dans la médecine moderne qui illustre parfaitement cette sagesse ancienne. Savez-vous comment on soigne aujourd’hui une morsure de serpent venimeux ? Avec un antivenin qui est fabriqué à partir du venin du serpent lui-même ! On injecte au patient de petites quantités du poison même qui l’a rendu malade, ce qui stimule son système immunitaire à produire les anticorps nécessaires pour combattre le venin. Le poison devient littéralement le remède.
Cette réalité médicale est une métaphore puissante de ce qui peut se passer dans nos vies. Souvent, nos plus grandes forces naissent de nos plus grandes faiblesses. Nos cicatrices les plus profondes deviennent parfois nos sources de compassion les plus authentiques. Les épreuves qui nous ont le plus marqués peuvent devenir les expériences qui nous donnent le plus de sagesse pour aider d’autres.
J’ai vu des personnes qui avaient traversé une dépression profonde devenir des thérapeutes exceptionnellement empathiques. Des gens qui avaient vécu une addiction destructrice aider d’autres à s’en sortir avec une compréhension que seule l’expérience peut donner. Des parents qui avaient perdu un enfant créer des associations pour soutenir d’autres familles endeuillées. Dans chaque cas, la blessure la plus profonde était devenue une source de guérison pour d’autres.
L’Art de Demander une Bénédiction
Il y a une autre histoire dans la tradition qui m’émeut profondément. Un homme nommé Jacob passe une nuit entière à lutter avec un être mystérieux qui le blesse à la hanche. Au petit matin, cet adversaire veut partir, mais Jacob prononce alors une phrase qui résume toute une philosophie de vie : « Je ne te laisserai pas partir sans que tu me bénisses. »
Quelle audace ! Au lieu de simplement vouloir que son problème disparaisse, au lieu de dire « va-t’en et laisse-moi tranquille », Jacob exige quelque chose de précieux de son épreuve. Il refuse de laisser partir son adversité sans en avoir tiré un enseignement, une croissance, une bénédiction.
Cette attitude face à l’adversité me semble révolutionnaire. Elle transforme notre relation à nos difficultés. Au lieu d’être de simples victimes subissant passivement ce qui nous arrive, nous devenons des acteurs capables d’extraire du sens et de la valeur même de nos épreuves les plus dures.
Bien sûr, cela ne signifie pas qu’il faut chercher la souffrance ou la glorifier. Il ne s’agit pas non plus de nier la réalité de la douleur ou de prétendre que tout arrive pour le mieux. La souffrance reste la souffrance, et elle mérite d’être reconnue, ressentie, pleurée si nécessaire. Mais une fois que nous avons accueilli cette douleur, nous pouvons choisir ce que nous en faisons.
Votre Valeur Inaltérable
Parfois, dans nos moments les plus sombres, nous n’avons pas besoin d’explications compliquées sur pourquoi les choses arrivent. Les théories sur le sens de la souffrance peuvent sembler bien abstraites quand nous sommes en pleine tempête. Ce dont nous avons vraiment besoin dans ces moments-là, c’est de savoir une vérité fondamentale : notre valeur en tant qu’être humain ne diminue jamais, peu importe ce qui nous arrive.
Vous êtes précieux, non pas à cause de vos succès, de vos compétences, de votre apparence ou de ce que les autres pensent de vous, mais simplement parce que vous existez. Cette vérité ne fluctue pas selon les circonstances. Elle ne dépend pas de vos performances ou de vos échecs. Même dans vos moments les plus difficiles, même quand vous avez l’impression d’être brisé ou diminué, cette valeur fondamentale reste intacte.
Les Métamorphoses Inattendues
En repensant à ma propre vie et à celles des personnes que j’ai eu la chance de côtoyer, je suis frappé par la capacité de transformation que recèlent nos expériences les plus difficiles. Une maladie qui nous apprend soudain à savourer chaque jour comme un cadeau. Un échec professionnel retentissant qui nous pousse finalement vers notre vraie vocation. Une rupture douloureuse qui nous force à mieux nous connaître et nous prépare à une relation plus authentique. Une perte qui nous rend infiniment plus compatissants envers la souffrance d’autrui.
Ces transformations ne sont pas automatiques, bien sûr. Elles demandent du temps, de la patience avec nous-mêmes, parfois de l’aide extérieure. Elles nécessitent aussi ce changement de regard dont nous parlions, cette capacité à lever les yeux vers une perspective plus large.
Mais quand ces métamorphoses se produisent, elles ont quelque chose de miraculeux. Ce qui nous avait blessés le plus profondément devient parfois ce qui nous guérit le plus complètement. Nos faiblesses révèlent des forces que nous ne soupçonnions pas. Nos échecs nous enseignent des leçons plus précieuses que nos succès.
Un Chemin Vers la Transformation
Comment cultiver cette capacité à transformer nos blessures en forces ? Il n’y a pas de recette magique, mais quelques attitudes peuvent nous aider dans ce processus.
D’abord, accueillir nos émotions sans les juger. Il est normal et même sain de ressentir de la tristesse, de la colère, de la peur face aux épreuves. Ces émotions font partie du processus de guérison, elles ne sont pas des signes de faiblesse.
Ensuite, prendre du recul quand c’est possible. Se demander comment nous verrons cette situation dans quelques années, ou ce qu’elle pourrait nous enseigner. Ce recul ne vient pas toujours immédiatement, et c’est normal.
Il peut aussi être précieux de chercher du sens dans nos expériences, sans pour autant tomber dans la pensée magique. Chaque épreuve porte en elle une possibilité d’apprentissage ou de croissance, même si ce potentiel n’est pas toujours évident au premier regard.
Se connecter à quelque chose de plus grand que nous peut également aider. Que ce soit par la spiritualité, l’art, la nature, ou simplement par des relations humaines profondes, sortir de notre souffrance individuelle pour nous relier à une dimension plus vaste peut être libérateur.
Enfin, utiliser notre expérience pour aider d’autres peut être profondément guérisseur. Il y a quelque chose de puissant dans le fait de transformer notre douleur en compassion active, notre épreuve en source d’aide pour autrui.
L’Espoir au Cœur de l’Épreuve
Cette ancienne sagesse du serpent d’airain nous enseigne finalement que nos blessures peuvent devenir nos forces, que nos échecs peuvent se transformer en enseignements précieux, que nos moments les plus sombres peuvent révéler des lumières inattendues.
Cela ne minimise en rien la réalité de la souffrance. Cela ne prétend pas que tout est facile ou que tout arrive pour le mieux. Mais cela nous offre un chemin pour traverser l’épreuve autrement que comme de simples victimes. Cela nous propose un espoir : celui de pouvoir transformer même nos plus grandes difficultés en sources de croissance et de sagesse.
La prochaine fois que vous ferez face à un « serpent » dans votre vie, souvenez-vous de cette histoire. Ne fuyez pas nécessairement ce qui vous fait mal, mais apprenez à le regarder d’en haut, avec une perspective élargie. Cherchez la bénédiction cachée dans l’épreuve. Demandez-vous comment cette expérience pourrait vous faire grandir ou vous permettre d’aider d’autres.
Vos cicatrices peuvent devenir vos étoiles. Vos blessures les plus profondes peuvent révéler vos forces les plus authentiques. Et parfois, ce qui nous blesse le plus profondément devient ce qui nous guérit le plus complètement.
Car la guérison véritable n’est pas l’absence de douleur, mais la transformation de cette douleur en sagesse, en compassion, en force tranquille. Et cette transformation, personne ne peut vous l’enlever.