Dans les profondeurs du Tanya, l’Admour Hazaken dévoile une vérité fondamentale sur la nature même de l’existence : loin d’être un acte ponctuel relégué aux origines du temps, la création divine constitue un processus perpétuel qui se renouvelle à chaque instant. À travers l’enseignement lumineux du Baal Shem Tov, nous découvrons comment D.ieu maintient constamment l’univers dans l’être, révélant ainsi la portée véritable de Sa providence qui s’étend jusqu’aux moindres détails de la création.
Rav Yossef Itshak Ofen
La Parole Divine : Source Permanente de Toute Existence
Le Baal Shem Tov nous transmet une compréhension révolutionnaire du verset : « À jamais, Éternel, Ta parole subsiste dans les cieux » – לעולם ה’ דברך נצב בשמיים. Cette « parole » désigne les dix Paroles divines – עשרה מאמרות par lesquelles furent créés tous les firmaments. Mais contrairement à une conception statique de la création, ces paroles demeurent éternellement présentes, revêtues dans tous les firmaments pour les maintenir continuellement en vie.
Si cette force divine qui engendre les cieux venait à se retirer ne serait-ce qu’un instant, ces lettres divines retourneraient immédiatement au néant absolu, retrouvant l’état qui était le leur avant la création. Cette loi s’applique universellement à toutes les créatures, qu’elles appartiennent aux mondes supérieurs ou inférieurs.
Même l’inanimé, dans son apparente inertie, participe de cette vitalité spirituelle. Comme l’enseignent nos maîtres, les pierres elles-mêmes puisent leur existence dans les dix Paroles divines qui les maintiennent dans l’être à chaque instant, leur insufflant une vie cachée mais réelle.
L’Alchimie des Lettres Divines
Certaines créatures échappent à une mention explicite dans les dix Paroles de la Torah, mais elles n’en demeurent pas moins bénéficiaires de cette vitalité divine. Elle leur parvient par le biais de combinaisons subtiles et de permutations des lettres sacrées. En effet, la vitalité pure des dix Paroles s’avère trop intense pour les créatures particulières dans leur limitation. Elle doit donc subir un processus de descente et de contraction, passant par diverses transformations, permutations et guématries, jusqu’à pouvoir se revêtir harmonieusement dans chaque créature particulière.
Le nom de chaque être en langue sainte ne relève pas du hasard ou de l’arbitraire humain. Il constitue le réceptacle même de la vitalité qui se contracte dans ses lettres. Ainsi, le nom hébreu de chaque créature n’est nullement une appellation conventionnelle sur laquelle les hommes se seraient accordés par commodité. Il exprime la modalité même par laquelle cette créature reçoit sa vitalité des lettres divines qui composent son nom.
La Puissance Créatrice des Dix Paroles
Les dix Paroles de la Torah possèdent l’extraordinaire pouvoir de créer quelque chose à partir du néant absolu. Cette capacité découle de leur origine même : elles émanent de la Torah, et « la Torah et le Saint béni soit-Il ne font qu’un » – אורייתא וקודשא בריך הוא כולא חד. Ce pouvoir de créer ex nihilo appartient exclusivement au Saint béni soit-Il, manifestation de l’Infini qui seul peut transcender les lois de la logique ordinaire.
Cependant, pour que les créatures demeurent dans leur état de limitation nécessaire, cette vitalité divine et ces lettres sacrées s’avèrent parfois d’une intensité excessive. Elles requièrent alors un processus de transformations et de permutations sophistiquées, jusqu’à ce que cette vitalité puisse atteindre chaque créature particulière selon sa capacité, la maintenant en vie et la créant véritablement à chaque instant qui passe.
La Création : Un Processus Perpétuel, Non Ponctuel
L’enseignement que nous venons d’explorer nous conduit à une conclusion révolutionnaire. Notre conception naturelle nous porte à imaginer que le Créateur n’a agi qu’une seule fois au commencement des temps, créant l’univers qui, depuis lors, subsisterait de manière autonome. Cette vision, largement répandue, conçoit la création comme un événement inaugural après lequel les créatures auraient acquis une existence indépendante.
L’innovation fondamentale révélée ici bouleverse cette conception : la création ne constitue pas un événement ponctuel du passé, mais un processus qui se déploie à chaque instant. Pour que l’univers continue d’exister, il faut que l’acte créateur se renouvelle perpétuellement.
Cette compréhension éclaire d’un jour nouveau la question de l’anéantissement possible du monde. Tandis que certains imaginent que le Créateur devrait recourir à des catastrophes – incendies cosmiques, déluges universels ou tempêtes destructrices – notre enseignement révèle une vérité plus profonde : le Créateur n’aurait nul besoin d’intervenir activement pour faire cesser l’existence. Il lui suffirait de suspendre Son acte créateur continu, et l’univers retournerait instantanément au néant.
Le Créateur doit donc constamment faire exister la création, à chaque fraction d’instant, dans un renouvellement perpétuel qui échappe à notre perception ordinaire.
L’Erreur fondamentale : Nier la Providence Particulière
Cette compréhension révèle la source profonde de l’erreur de ceux qui nient la providence particulière – doctrine pourtant reconnue comme l’un des fondements essentiels de la foi. Si nous acceptions la conception erronée selon laquelle le Saint béni soit-Il n’aurait créé qu’une seule fois, abandonnant ensuite Sa création à une existence autonome, la notion même de providence perdrait toute signification et toute nécessité.
La Séduction de l’Idolâtrie
Cette erreur fondamentale constitua précisément le piège de l’idolâtrie antique. Les idolâtres professaient que le Saint béni soit-Il avait confié la terre aux astres et aux constellations, à la manière d’un monarque qui délègue ses pouvoirs à des ministres et des fonctionnaires. Ces derniers gouvernent certes selon les directives royales, mais le roi demeure dans ses appartements, détaché de la gestion quotidienne des affaires.
Appliquant cette logique défaillante au divin, ils imaginaient que le Saint béni soit-Il avait établi des anges dirigeants, puis s’était retiré de toute intervention directe. Cette conception les conduisit naturellement vers l’idolâtrie : ils se mirent à adorer les anges intermédiaires, bien qu’ils reconnussent que ces derniers tiraient leur pouvoir du Créateur suprême. Leur erreur résidait précisément dans cette conviction que le Créateur ne s’impliquait plus directement, laissant aux anges une autonomie décisionnelle.
Les Motivations du Déni
Pourquoi niaient-ils la providence particulière ? Leur refus s’enracinait dans une conception erronée de la dignité divine. Il leur paraissait indigne que le Saint béni soit-Il s’abaisse aux préoccupations matérielles les plus triviales. Pourquoi le Roi suprême se soucierait-Il de détails infimes ? Un fonctionnaire subalterne ne pourrait-il s’en charger ? Ils jugeaient inconvenant que le Saint béni soit-Il surveille la croissance d’une herbe quelconque.
Cette vision trouve un écho, sous une forme atténuée, jusque dans certains courants de la pensée juive traditionnelle. Même parmi les sages d’Israël, des opinions divergentes existent concernant l’étendue de la providence particulière. Tous s’accordent sur l’existence d’une providence particulière absolue concernant chaque juif, jusque dans les moindres détails de son existence. Mais pour l’ensemble du monde, certains limitent l’intervention divine à une providence générale, excluant que chaque détail – le vol d’un oiseau vers une destination précise, le mouvement d’une herbe ou d’une feuille sous l’effet du vent – soit l’objet d’un décret divin particulier.
L’Innovation révolutionnaire du Baal Shem Tov
C’est précisément sur ce point que le Baal Shem Tov apporta une innovation révolutionnaire. Sa doctrine de la providence particulière s’étend à chaque détail de l’existence, si infime soit-il, chacun entretenant un rapport essentiel avec l’harmonie générale de la création. Chaque détail, loin d’être anecdotique, participe à la perfection de l’ensemble.
Lorsqu’une herbe croît et que le vent la fait osciller, il existe un décret supérieur précis concernant chacun de ses mouvements : combien d’oscillations vers l’ouest, combien vers l’est, combien vers le sud et le nord, vers le haut et vers le bas. Chaque mouvement, si imperceptible soit-il, procède d’une volonté divine spécifique.
Cette conception s’harmonise parfaitement avec notre enseignement sur la création continue. Puisque le Créateur doit créer constamment chaque élément de l’existence, Il crée nécessairement cet élément dans tel mouvement précis, puis le recrée dans le mouvement suivant. S’Il le crée, comment pourrait-Il ne pas le superviser ? La supervision découle logiquement et nécessairement de l’acte créateur lui-même.
En revanche, ceux qui nient la providence se trouvent contraints, par cohérence logique, de nier également la réalité des miracles. Si D.ieu n’intervient pas dans le cours ordinaire des choses, pourquoi interviendrait-Il exceptionnellement ? Dans leur conception, le monde fonctionne selon les lois naturelles autonomes, excluant toute intervention divine, qu’elle soit ordinaire ou miraculeuse.
La Différence fondamentale : Œuvre humaine versus Œuvre Divine
Ceux qui établissent une analogie entre l’œuvre divine et l’œuvre humaine commettent une erreur conceptuelle majeure. Comme l’exprime l’Écriture, ils « assimilent les cieux et la terre » – ils ne sont pas seulement dans l’erreur théologique, mais font preuve d’un défaut de raisonnement fondamental.
L’Admour Hazaken entend démontrer la vérité de la providence particulière non seulement par la foi, mais par la raison pure. Il existe des preuves rationnelles contraignantes que l’intelligence doit accepter concernant cette doctrine.
L’Analogie trompeuse de l’artisan
L’œuvre divine ne saurait être comparée à l’œuvre humaine. Lorsqu’un artisan achève son travail, l’objet qu’il a façonné acquiert une existence autonome. La différence essentielle entre l’activité humaine et la création divine – « qui fait quelque chose à partir du néant » – leur échappe totalement.
L’analyse révèle les limites de l’action humaine. L’être humain, en réalité, ne crée rien ex nihilo. Que fait-il concrètement ? Il prend un morceau d’argent et le façonne, en fait un objet – une menorah ou un gobelet. A-t-il véritablement innové ? Nullement. La matière première existait déjà ; elle possède désormais une forme particulière. L’artisan n’a fait que modifier la configuration extérieure sans rien ajouter à la substance elle-même. La quantité de matière demeure rigoureusement identique.
Il devient évident que l’artisan n’est plus nécessaire une fois son œuvre achevée. Même avant son intervention, cette réalité matérielle existait sous forme de matière première informe. La transformation de la forme ne constitue pas une véritable innovation, car l’inanimé conserve naturellement la configuration qu’on lui imprime.
Cette propriété de l’inanimé s’observe facilement : si vous déplacez un objet d’un endroit à un autre, il demeure immobile à l’endroit où vous l’avez placé. De même, une fois la matière première transformée en objet fini, celui-ci conserve sa forme de manière permanente. Cette stabilité ne témoigne d’aucune innovation véritable, mais simplement des propriétés intrinsèques de la matière inerte.
L’artisan n’a donc rien ajouté à l’être de la matière ; il s’est contenté de réorganiser l’existant selon une configuration nouvelle.
L’Œuvre Divine : L’Innovation absolue
L’œuvre du Créateur – la création des cieux et de la terre – relève d’une tout autre dimension : elle constitue véritablement « quelque chose à partir du néant ». Cette expression désigne l’apparition d’une réalité qui n’existait absolument pas auparavant. Le Créateur a fait surgir l’être du non-être, innovation absolue qui transcende toute analogie avec l’activité humaine.
Quelle est la nature de cette innovation ? L’innovation elle-même n’est autre que la force qui l’actualise. L’existence créée n’a pas d’autre substance que la puissance divine qui la fait être.
L’Analogie du lancer de pierre
Une parabole classique illustre cette vérité avec l’exemple du lancer de pierre. Lorsque quelqu’un lance une pierre, l’effet dépend entièrement de la direction imprimée. S’il la projette vers le bas, elle y demeure naturellement, car telle est sa tendance intrinsèque. Le lanceur n’a rien modifié à sa nature.
Mais s’il la projette vers le haut, la pierre s’élève certes, mais uniquement sous l’impulsion d’une force extérieure qui la pousse. Dès que cette force cesse d’agir, la pierre retombe inexorablement vers le bas.
Nous ne saurions prétendre qu’après avoir été lancée vers le haut, la pierre aurait acquis une propriété volante permanente. L’élévation résulte exclusivement de l’impulsion reçue, impulsion étrangère à sa nature propre. Il apparaît donc évident que cette force doit demeurer constante pour maintenir l’effet produit. L’interruption de la force entraîne immédiatement le retour à l’état naturel.
De même, toute l’existence de la création ne consiste qu’en la force divine qui l’actualise. Par conséquent, si cette force divine se retirait, il ne subsisterait rigoureusement rien. Pourquoi ? Parce que l’existence entière de la création n’est rien d’autre que cette force divine en action.
L’Exemple Paradigmatique de l’ouverture de la Mer Rouge
Cette vérité trouve son illustration la plus saisissante dans le miracle de l’ouverture de la mer Rouge. L’Écriture rapporte : « L’Éternel fit souffler un vent d’est toute la nuit, et les eaux se fendirent et se dressèrent comme un mur des deux côtés » – ויולך ה’ את הים ברוח קדים עזה כל הלילה ויבקעו המים.
L’insistance du texte sur la durée – « toute la nuit » – révèle un enseignement profond. Le vent d’est devait maintenir son action durant toute la période nécessaire à l’accomplissement du prodige. Bien qu’il s’agît manifestement d’un miracle, ce dernier s’est accompli par l’intermédiaire d’un agent naturel, le vent d’est.
Cependant, un vent ordinaire ne saurait provoquer une fendaison bidirectionnelle – son effet dépend de sa direction unique. Pour créer la division complexe décrite par nos sages – qui parlent de douze sections distinctes – il aurait fallu un vent soufflant simultanément dans vingt-quatre directions différentes, ce qui constitue une impossibilité physique.
Le miracle authentique résidait donc dans cette action surnaturelle, bien qu’elle se soit revêtue de l’apparence d’un phénomène naturel. Dans l’enseignement hassidique, le terme « qadim » (est) évoque « qadmono chel olam » (l’Ancien du monde), désignant la force de l’Infini qui se manifeste à travers les phénomènes naturels.
La Nécessité de la Permanence
Pourquoi ce vent devait-il souffler durant toute la nuit ? La logique ordinaire suggérerait qu’une impulsion initiale suffise à déclencher le phénomène. Mais l’Écriture souligne explicitement cette durée, révélant une vérité essentielle : le miracle exigeait une action continue, ininterrompue.
Les eaux ne se contentèrent pas de se fendre ; elles « se dressèrent comme un mur » – ויעמדו כמו נד. Au-delà de la simple séparation, elles acquirent une solidité qui contredisait leur nature liquide. Cette transformation ne résultait pas d’un refroidissement – nous étions au mois de Nissan, période printanière où la température avoisinait vingt degrés. Pourtant, les eaux se solidifièrent, défiant les lois physiques ordinaires.
Cette solidification miraculeuse nécessitait un maintien constant de la force surnaturelle. Si le vent s’était interrompu ne serait-ce qu’un instant, les eaux auraient immédiatement repris leur cours naturel, sans aucune possibilité de maintenir leur configuration extraordinaire.
Le vent ne se contentait pas d’initier le phénomène ; il le maintenait activement à chaque moment. La nature intrinsèque des eaux les porte vers l’état liquide et l’écoulement. Seule l’action continue du vent surnaturel permettait de maintenir leur état solide et dressé. L’interruption de cette force aurait entraîné un retour immédiat à l’état naturel.
Les Eaux figées comme un mur
Le texte précise que les eaux « se dressèrent comme un mur » – ויעמדו כחומה – expression qui dépasse la simple métaphore. Au-delà de leur élévation verticale, elles acquirent la consistance même d’un mur, devenant parfaitement solides. Cette transformation radicale de leur état physique constituait un aspect essentiel du miracle.
Contrairement à ce qu’une explication naturelle pourrait suggérer, cette solidification ne résultait nullement d’un phénomène de congélation. Les conditions climatiques de la saison printanière l’excluaient formellement. Il s’agissait d’une transformation surnaturelle de l’état de la matière, maintenue uniquement par la volonté divine s’exprimant à travers l’action du vent.
La Création Continue : Plus extraordinaire que tout Miracle
L’enseignement révèle alors son point culminant : la création continue constitue un prodige infiniment plus extraordinaire que l’ouverture de la mer Rouge elle-même.
l’ouverture concernait des eaux dont la nature liquide, bien qu’habituelle, n’est pas absolument nécessaire. Après tout, de nombreuses substances demeurent naturellement solides sans intervention extérieure. Le fait que les eaux soient ordinairement liquides et requièrent une force particulière pour se solidifier ne relève pas d’une nécessité ontologique absolue.
Malgré cette relativité, puisque la solidification contredisait la nature habituelle des eaux, elle exigeait un maintien constant de la force transformatrice. À plus forte raison, la création « quelque chose à partir du néant », qui transcende infiniment l’ordre naturel, requiert-elle une actualisation permanente.
L’Innovation Absolue : Du Néant à l’Être
Dans la création ex nihilo, nous assistons au passage du néant absolu à l’existence positive. La nature propre du néant consiste précisément en l’absence totale d’être. L’existence constitue donc l’antithèse parfaite du néant. Il s’avère infiniment plus prodigieux que le néant accède à l’existence que de voir l’eau changer d’état physique.
Si une transformation qui ne constitue pas une nécessité ontologique absolue – comme le changement d’état des eaux – requiert néanmoins, de par son caractère contre-naturel, l’action constante d’une force maintenant cette transformation, à combien plus forte raison l’innovation radicale d’une existence nouvelle à partir du néant absolu exige-t-elle la présence permanente de la force créatrice.
Cette force ne peut jamais cesser d’agir, car l’être créé n’a aucune consistance propre en dehors de l’acte divin qui le fait être.
La Providence Particulière : Conséquence inéluctable
Cette compréhension de la création continue nous permet de saisir avec évidence la réalité de la providence particulière sur chaque détail de l’existence.
Puisqu’à chaque instant le Créateur renouvelle intégralement la création, Il doit nécessairement renouveler le vent qui déplace une feuille, renouveler la feuille elle-même, et renouveler l’espace dans lequel elle se déplace. Chaque élément, si minime soit-il, doit être recréé à chaque fraction d’instant.
Cette vérité rend évidente l’existence d’une providence particulière s’étendant à chaque détail. Comment le Créateur pourrait-Il renouveler constamment chaque élément sans exercer sur lui une supervision parfaite ? La providence découle naturellement et nécessairement de l’acte créateur continu.
Ainsi se révèle la grandeur de la vision hassidique : loin d’être un univers mécanique abandonné à ses propres lois après un acte créateur initial, notre monde constitue le théâtre d’un renouvellement perpétuel où la présence divine s’exprime dans chaque détail, si humble soit-il, de l’existence quotidienne.
Cette doctrine transforme radicalement notre perception du réel : chaque instant révèle la proximité immédiate du Créateur, chaque mouvement témoigne de Sa providence attentive, chaque existence proclame Sa présence renouvelée. Nous ne vivons pas dans un monde abandonné par son Créateur, mais dans un univers constamment recréé par amour, où chaque détail participe consciemment ou inconsciemment à l’harmonie universelle voulue par la sagesse divine.
Cet enseignement du Tanya nous dévoile ainsi les fondements métaphysiques de notre relation au divin : nous ne sommes pas les habitants d’un cosmos livré à l’autonomie après un acte créateur primordial, mais les témoins privilégiés d’une création qui se renouvelle sans cesse, manifestation perpétuelle de l’amour et de la sollicitude divines pour l’ensemble de l’existence.
















